<FILE-date="2018/07/17/18">

<article-nb="2018/07/17/18-1">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, un procès théâtralisé de l’UE s’est tenu lundi à Paris avec, à la barre, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et son ex-homologue italien, Sandro Gozi.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Un faux procès de l’Union européenne afin de faire avancer les débats

Dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, un procès théâtralisé de l’UE s’est tenu lundi à Paris avec, à la barre, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et son ex-homologue italien, Sandro Gozi.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h40
    |

                            Sarah Calamand








                        



   


Dans la salle du tribunal de la « Cour des affaires exceptionnelles à caractère communautaire », l’Europe est sur le banc des accusés. Lundi 16 juillet, à la Maison de la poésie (Paris 3e), le procès de l’Europe est mené par les comédiens de l’association marseillaise Les Têtes de l’art, qui campent les rôles du président du tribunal, de la procureure, de l’avocat de la défense et du greffier. Les chefs d’inculpation sont nombreux : « entrave à la libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen », « atteinte au principe de solidarité », « publicité mensongère et tromperie sur la nature du projet européen ».
Autant de critiques qui résonnent avec l’actualité et soulignent les difficultés de l’Union européenne. Deux témoins, qui connaissent bien l’accusée, mais qui ignorent les questions qui leur seront posées, sont appelés à la barre face à un public de jurés : la ministre française Nathalie Loiseau, et l’ancien secrétaire d’Etat italien Sandro Gozi, tous deux chargés des affaires européennes.

        Lire aussi :
         

                Union européenne : Les « conventions démocratiques » manquent d’ambition



Ce procès entre dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, proposition de campagne du candidat Emmanuel Macron. Depuis le lancement de ce processus, le 17 avril à Epinal, dans les Vosges, plus de 400 événements ont déjà été organisés dans plusieurs Etats membres, en premier lieu la France. De formes variées, ils visent à rassembler les propositions des Européens afin de construire le projet de refondation autour de leurs préoccupations. Mais ce dispositif peine à trouver un écho dans les médias et auprès du grand public.
Public hilare
Cette fois, Nathalie Loiseau, cheville ouvrière de ces consultations au sein du gouvernement, est entourée de personnages souvent cocasses, d’un public hilare, dans un décor et une ambiance burlesques. A la barre, elle doit répondre aux critiques formulées à l’égard de l’Europe concernant la sécurité des Européens, leur nostalgie des frontières et des monnaies nationales, ou le coût du projet commun. Au passage, la ministre vante l’intérêt de la récente loi commune censée protéger les données personnelles des citoyens, une première dans le monde. Elle reconnaît cependant qu’en matière de politique sociale l’Europe « manque d’ambition ». En mai 2018, selon Eurostat, le chômage s’élevait à 16,8 % chez les jeunes de la zone euro de moins de 25 ans. Pour autant, à l’en croire, la disparition de l’Europe n’est pas la solution : « Les jeunes sont les premiers frappés par la crise. Mais sans Europe, il n’y a pas de filet de sécurité. »

        Lire aussi :
         

                « La proposition de M. Macron de consulter les citoyens sur l’Europe est nécessaire et réalisable »



Sandro Gozi, deuxième témoin à comparaître, sera interrogé sur le manque de clarté des institutions de l’Union. « En principe, ça devrait être simple. Mais dans la pratique, le nombre de comités, de fonctionnaires, de bureaucrates complique les choses. » Et pour revenir à un fonctionnement sain de l’Union, l’ancien secrétaire d’Etat italien propose de se rapprocher du contenu des traités : « Les traités sont bons. Il faut prendre du recul, observer l’Europe de l’extérieur. On voit alors tout ce qu’on a à perdre. » « Est-ce bien normal ? », lui demande la procureure, en dénonçant le « simulacre de démocratie » que représenterait, selon elle, le Parlement européen, privé du pouvoir d’initiative des lois. N’ayant le choix qu’entre « oui » et « non », Sandro Gozi répondra « non », dans un sourire gêné, sous les rires du public.
La pièce se termine par une scène comique, dans laquelle le réquisitoire et la plaidoirie sont prononcés en même temps, dans une cacophonie générale, puis le président du Tribunal invite les jurés, non pas à rendre leur verdict, mais « à forger [leur] intime conviction » quant à l’avenir de l’Europe.
Propositions des citoyens
Si le spectacle se veut participatif, la véritable « consultation » ne commence qu’une fois la pièce terminée. A la sortie, les spectateurs sont invités à écrire leurs propositions pour l’Europe et à les glisser dans une urne. Ils peuvent également décrire leurs peurs et leurs espoirs sur des panneaux installés à cet effet dans le couloir menant à la salle de spectacle. Ainsi, le « programme Erasmus », « plus de soixante ans de paix », l’envie d’une « vraie force contre Trump » inspirent les Européens en ce qui concerne l’avenir. Le public s’inquiète cependant de la « perte d’influence de la France » ou encore des « disparités ».
« L’intérêt de ce rendez-vous, c’est de comprendre pourquoi il est important de conserver l’Union. Les gens ne se sentent pas assez concernés par l’Europe. » Kenza, avocate
Les spectateurs sortent toutefois requinqués de l’audience. Alix et Eva, étudiantes de 23 et 21 ans, plébiscitent l’événement, car il clarifie le fonctionnement de l’Europe auprès des jeunes : « Tout le monde devrait participer à ce genre d’occasion ! » Pour Kenza, avocate en droit public, « l’intérêt de ce rendez-vous, c’est de comprendre pourquoi il est important de conserver l’Union Européenne, de ne pas la laisser disparaître. Les gens ne se sentent pas assez concernés par l’Europe ».
La salle affichait pourtant complet, et pour Nathalie Loiseau, l’objectif semble atteint : « Les gens se sont posé des questions tout en se distrayant. » Concernant la suite du programme, les propositions des citoyens seront regroupées. « Nous allons demander à un groupe d’experts complètement indépendants de faire une synthèse de ces consultations. Je n’ai pas voulu que ce soit fait par les gouvernements, car c’est vraiment la voix des citoyens, et il faut que ça le soit de bout en bout », explique la ministre.

Mme Loiseau n’en a pas fini avec les consultations citoyennes voulues par Emmanuel Macron, puisqu’elles sont censées se tenir jusqu’en octobre 2018, avant de faire l’objet d’une synthèse lors d’un Conseil européen extraordinaire en mai 2019, pour contribuer à fixer l’agenda du continent pour les cinq ans à venir. Quant à la troupe des Têtes de l’art, elle est déjà en route pour renouveler l’exercice ailleurs en France. Sans ses deux témoins majeurs.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-2">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La Commission électorale britannique rend ses conclusions quelques mois après les accusations portées par un lanceur d’alerte.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Au Royaume-Uni, la campagne pour le Brexit sanctionnée pour infraction au code électoral

La Commission électorale britannique rend ses conclusions quelques mois après les accusations portées par un lanceur d’alerte.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h02
   





                        



   


La campagne officielle pour le vote en faveur du Brexit, Vote Leave, a reçu une amende pour avoir enfreint le code électoral, a annoncé mardi 17 juillet la Commission électorale britannique, quelques mois après les accusations d’un lanceur d’alerte.
La Commission électorale a « mené une enquête approfondie » sur les campagnes menées par Vote Leave, soutenue par des figures du parti conservateur, comme l’ex-ministre des affaires étrangères Boris Johnson, le ministre de l’environnement, Michael Gove, et BeLeave, un plus petit groupe militant également pour le Brexit lors du référendum sur le maintien dans l’Union européenne (UE) en juin 2016.
« Nous avons trouvé des preuves substantielles que les deux groupes travaillaient à un plan commun, ne déclaraient pas leur travail commun et ne respectaient pas les limites de dépenses [de campagne] légales », a expliqué la Commission.
Elle rend ses conclusions quelques mois après les accusations du lanceur d’alerte Christopher Wylie, selon lesquelles la société Cambridge Analytica, accusée d’avoir utilisé à des fins politiques les données privées de millions d’utilisateurs de Facebook, avait joué un « rôle crucial » dans le vote en faveur du Brexit.
Christopher Wylie avait affirmé qu’Aggregate IQ, une entreprise canadienne liée à Cambridge Analytica, avait travaillé avec cette dernière afin d’aider la campagne en faveur de la sortie de l’UE, « Leave. EU », à contourner son plafond de dépenses. Dans un entretien avec plusieurs journaux européens, M. Wylie avait déclaré que « sans Aggregate IQ, le camp du “Leave” n’aurait pas pu gagner le référendum du 23 juin 2016, qui s’est joué à moins de 2 % des votes ». Les Britanniques avaient voté à 52 % pour la sortie de l’UE.
Sur son site Internet, Aggregate IQ dément avoir fait partie de Cambridge Analytica ou de sa société mère SCL, avoir employé Christopher Wylie et avoir eu accès à des données Facebook obtenues de manière irrégulière.

        Lire aussi :
         

                Brexit : deux ans de reculades britanniques



Un résultat « plus suspect que jamais »
Le groupe BeLeave, fondé par l’étudiant en mode Darren Grimes, a dépensé plus de 675 000 livres (761 000 euros) pour Aggregate IQ, spécialisée dans la publicité politique en ligne, « dans le cadre d’un plan commun avec Vote Leave », selon la Commission.
« Ces dépenses auraient dû être déclarées par Vote Leave », affirme-t-elle, calculant que le groupe a dépassé le plafond de dépenses, fixé à 7 millions de livres (7,9 millions d’euros), de presque 500 000 livres (565 000 euros).
Vote Leave devra payer 61 000 livres (69 000 euros) pour plusieurs infractions au code électoral, et le fondateur du groupe BeLeave, Darren Grimes, 20 000 livres, le maximum possible pour un particulier. La Commission a alerté la police et lui a transmis les résultats de son enquête.
Pour les partisans du maintien dans l’Union européenne, les conclusions de la Commission ont jeté le doute sur la valeur du résultat issu du référendum et renforcé la nécessité d’en organiser un second. « Le résultat serré du référendum a l’air plus suspect que jamais », a tweeté le député travailliste et proeuropéen David Lammy :

It's official, the Leave campaign broke electoral law. 

— DavidLammy (@David Lammy)


require(["twitter/widgets"]);

A la Chambre des communes, le député travailliste Chuka Umunna, proeuropéen, a interrogé le gouvernement sur l’impact des ces irrégularités sur le résultat du référendum. Selon Downing Street, le référendum était un « exercice démocratique légitime, lors duquel le public a donné son avis ».

        Lire aussi :
         

                Le Brexit, une émancipation incontrôlable



Un autre mouvement pro-Brexit déjà sanctionné
Un porte-parole de Vote Leave a riposté en accusant le rapport de la commission de contenir « un certain nombre de fausses accusations et d’affirmations incorrectes ». Il a regretté que les enquêteurs aient écouté de « soi-disant lanceurs d’alertes » et « n’ait interviewé personne de Vote Leave ». « Nous étudions les options possibles mais sommes confiants [dans le fait] que ces conclusions seront rejetées », a ajouté ce porte-parole.
Mais selon la Commission, Vote Leave a « refusé de coopérer » à l’enquête, « a rejeté nos demandes d’entretien avec un représentant [du mouvement] et nous a forcés à utiliser nos pouvoirs légaux pour le contraindre à fournir des preuves ». « Néanmoins, nous avons trouvé des preuves claires et importantes », a-t-elle poursuivi.
De son côté, Darren Grimes s’est dit « choqué » et « déçu » par la décision de la Commission de le sanctionner « pour avoir coché la mauvaise case sur un formulaire ». « L’amende est totalement disproportionnée et injustifiée », a-t-il posté sur Twitter.
En mai, la Commission électorale britannique avait sanctionné un autre mouvement pro-Brexit, Leave. EU, qui avait reçu une amende de 70 000 livres (79 000 euros) à cause de multiples irrégularités dans le financement de sa campagne.
Créé en 2015 pour défendre une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Leave. EU était soutenu par l’ancien leader du parti europhobe UKIP, Nigel Farage, mais ne faisait pas partie de la campagne officielle du référendum. Très présent sur les réseaux sociaux et axant sa campagne sur un fort sentiment anti-establishment, Leave. EU avait toutefois été décisif quant au vote des Britanniques en faveur du Brexit.

        Lire aussi :
         

                Brexit : la crainte d’un « no deal » grandit à Bruxelles




Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur le Brexit :
six questions sur la situation au 29 mars 2018, soit un an jour pour jour avant la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européennele décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transitionl’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UEl’analyse du correspondant du Monde au Royaume-Uni, selon qui les Britanniques ne regrettent pas le Brexitle zoom sur la City de Londres, qui se rêve en terre d’accueil des capitaux d’Asie ou du Moyen-Orientles conséquences en Irlande, où le Brexit ébranle vingt années de paixla tribune de l’économiste Nicolas-Jean Brehon pour qui le Brexit pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-mêmecomprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneretour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-3">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’homme politique britannique a posté une photo pour critiquer les militants pro-immigration. Mais le montage grossier est un détournement d’une campagne d’Amnesty International.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Mes jambes sont ouvertes pour les réfugiés » : Nigel Farage partage une photo truquée insultante

L’homme politique britannique a posté une photo pour critiquer les militants pro-immigration. Mais le montage grossier est un détournement d’une campagne d’Amnesty International.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h08
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Croyant pourfendre les militants favorables aux réfugiés, Nigel Farage s’est embourbé dans une fausse information. « Quelle insulte envers les victimes d’abus sexuels à Cologne et de viols à Malmö. Ces gens sont malades », a tweeté l’ancien chef du UKIP, parti europhobe et anti-immigration britannique, samedi 14 juillet. Ces quelques mots étaient accompagnés de la photo d’une femme portant une pancarte aux couleurs de l’arc-en-ciel, sur laquelle est écrit en lettres d’imprimerie et à la main « mes jambes sont ouvertes pour les réfugiés ».

   


C’est faux
Las, la photographie partagée par Nigel Farage n’est… qu’un faux grossier. Le cliché a été pris par la journaliste Lasia Kretzel au Canada, en octobre 2015. Dans une série de tweets, la reportrice est revenue sur la genèse de cette photographie :
« Cette femme, dont je ne connais pas le nom, portait une pancarte faite par Amnesty International, sur laquelle était écrit “ma porte est ouverte aux réfugiés”. La photographie a été retouchée (grossièrement) et a fleuri sur Internet pour servir une propagande anti-immigration. Cette photo n’a rien à voir avec Cologne, Malmö, des abus sexuels ou des viols. »

.@Nigel_Farage 
— lkretzel1130 (@Lasia Kretzel)


require(["twitter/widgets"]);

Nigel Farage a, depuis, supprimé son Tweet. « La photo s’est avérée être une “fake news”, mais la brigade des “refugees welcome” doit réfléchir à ce qui est en train de se passer », a-t-il écrit peu après le correctif de Lasia Kretzel — dans un Tweet lui aussi supprimé.
Mais la photographie retouchée continue son voyage de pages complotistes en comptes Twitter d’extrême droite. Elle a également été partagée par des personnalités issues du secteur du divertissement — à l’instar de l’acteur américain James Woods, prenant fréquemment position contre l’immigration et pour de Donald Trump.
Interrogée par le site canadien The Province, Lasia Kretzel a exprimé sa colère face aux détournements de sa photographie. « C’est nul de voir son image réutilisée à mauvais escient, s’est attristée la photographe. Produire de vraies informations nous demande beaucoup de temps et de travail. A l’ère des fausses informations, cela ne fait pas avancer la discussion. »

Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils des Décodeurs pour éviter les fausses informations :
Installez en quelques clics notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) pour savoir en un clin d’oeil si les sites que vous consultez sont fiables ;Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-4">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le président des Etats-Unis réussit l’exploit de faire l’unanimité au sein des médias. Tous décrient, avec plus ou moins de virulence, une soumission à Vladimir Poutine.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Sommet d’Helsinki : Donald Trump dénigré par les médias américains, y compris Fox News

Le président des Etats-Unis réussit l’exploit de faire l’unanimité au sein des médias. Tous décrient, avec plus ou moins de virulence, une soumission à Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h54
   





                        



   


On n’est jamais mieux trahi que par les siens, dit l’adage populaire. Au lendemain du sommet d’Helsinki, même Fox News a vivement critiqué l’attitude de Donald Trump envers Vladimir Poutine, laissant le président des Etats-Unis plus isolé que jamais sur la scène politique nationale.
A l’antenne de la pourtant très droitière chaîne de télévision, d’ordinaire prompte à soutenir la Maison Blanche, l’un des présentateurs a affirmé que la conférence de presse de Donald Trump avec son homologue russe, « a donné une très mauvaise image de lui. […] Il a semblé en décalage avec la réalité et les faits ».

        Lire aussi :
         

                Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine



Sur son site, Fox News publie en outre une longue tribune – intitulée « Ce n’est pas une manière de gagner contre la Russie » – qui, là encore, dénonce l’attitude du président. Ce dernier a dit croire aux dénégations de Vladimir Poutine, malgré les preuves fournies par ses services de renseignements, sur l’ingérence russe lors des élections de 2016.
Fox News s’insurge :
« Plutôt que de s’opposer à Poutine, Trump a proposé de coopérer avec la Russie sur les problèmes qu’elle a elle-même créés. C’est comme demander à un criminel d’enquêter sur ses propres crimes. »
« Des carottes pour Vladimir Poutine »
Ce désaveu est d’autant plus cinglant qu’il vient du propre camp du président, qui réussit la gageure de susciter un large consensus dans le paysage médiatique américain, habituellement opposé idéologiquement. Ainsi, de nombreux sites prorépublicains dénoncent, mardi 17 juillet, « l’échec » du sommet, le Washington Examiner osant un jeu de mots en titre évoquant le « flop » d’« Hell-sinki » (littéralement, « le sommet de l’enfer »).
A l’unisson, The Federalist évoque une « grande occasion manquée pour les intérêts américains ». « D’ordinaire, Trump sait traiter ses interlocuteurs avec à la fois le bâton et la carotte. Pourquoi n’y a-t-il eu que des carottes pour Vladimir Poutine ? », s’interroge le site d’information, pourtant partisan d’un rapprochement avec la Russie.

        Lire aussi :
         

                En se rapprochant de Poutine, Trump consterne le Parti républicain



Le très conservateur National Review tacle tout aussi violemment – sinon plus – l’attitude du locataire de la Maison Blanche :
« Ce sommet ne signifie pas, comme l’ont suggéré les démocrates, que Trump partage son lit avec les Russes. De manière beaucoup plus probable, cela signifie que l’ego de Trump est une blessure géante grande ouverte, qui suppure d’une rage discontinue dès qu’on ose suggérer que sa victoire électorale en 2016 a pu venir d’une manipulation. »
Sans surprise, l’ensemble de la presse a tiré à boulets rouges sur la stratégie présidentielle. CNN qualifie cette rencontre de « moment le plus stupéfiant d’une présidence qui n’en manque pas ». La chaîne télévisée déplore « un gouffre aussi grand que le Grand Canyon », entre les allégations du président à Helsinki et la réalité d’une présidence russe qui « a depuis toujours pour objectif de réussir à déstabiliser le monde occidental ». 
« Le rôle du chien dominant »
Comment justifier ce discours ? ce désaveu complet des services de renseignement états-uniens ? cette adoption de la novlangue russe en matière de complot anti-Moscou ? La presse cherche des réponses. « Un tel comportement est si pervers, si contraire aux valeurs et aux intérêts américains qu’une seule conclusion s’impose : soit Donald Trump travaille pour le renseignement russe, soit il aime jouer ce personnage à la télévision », tente d’avancer le New York Times.

        Lire aussi :
         

                A Helsinki, Trump prend la défense de Poutine



Le média en ligne Vice News tout comme CNN optent pour la théorie du « kompromat » : « Il est probable que les Russes aient quelque chose de compromettant à son sujet, quelque chose de tellement embarrassant qu’il préfère ignorer le danger immédiat évident posé par la Russie plutôt que de le voir devenir public. »
Le Los Angeles Times préfère y lire, au minimum, une histoire de cohérence politique, puisque parler d’une ingérence reviendrait à délégitimer son élection et donc sa présidence. Ou alors, de formuler une hypothèse plus testostéronée et cryptique : « Trump admire Poutine parce que les hommes comme lui admirent les hommes comme Poutine », résume le quotidien californien.
Serait-ce là la seule clé de lecture du sommet d’Helsinki ? Une histoire de domestication, qu’a également soulignée le New Yorker, dans un article consacré notamment à la gestuelle des deux acteurs du sommet :
« Poutine a clairement joué le rôle du chien dominant dès le début. […] Il montre son ennui. Il s’avachit dans son siège, les jambes écartées. Souvent, il ne regarde même pas Trump. Trump, qui porte invariablement sa cravate rouge, est assis sur le bord de son fauteuil. Ses doigts s’entrechoquent, peut-être instinctivement, peut-être nerveusement. »
Et le Boston Globe de filer cette métaphore canine, évoquant ce moment où « Poutine a caressé son caniche ». Le quotidien conclut qu’il est « désormais impossible de ne pas réaliser que Trump ne combattra pas la Russie s’il n’y est pas forcé par le Congrès. C’est à lui désormais de désavouer officiellement Donald Trump ».

        Lire aussi :
         

                Sommet d’Helsinki : « La révolution de la realpolitik par le duo Trump-Poutine »







                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-5">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Parallèlement à l’accord commercial visant à contrer les mesures protectionnistes engagées par Donald Trump, Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

L’Union européenne et le Japon concluent un accord de libre-échange historique

Parallèlement à l’accord commercial visant à contrer les mesures protectionnistes engagées par Donald Trump, Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Tandis que Donald Trump poursuit le virage isolationniste américain, l’Union européenne (UE) multiplie, a contrario, les alliances. Mardi 17 juillet, ses principaux dirigeants — Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission, et Donald Tusk, le président du Conseil — ont signé un « accord de partenariat économique » entérinant définitivement le traité de libre-échange UE-Japon.
Un accès inédit des produits agricoles européens au marché nippon
Ce dernier est le plus important à ce jour jamais signé par les Européens : il devrait permettre un accès inédit des produits agricoles européens au marché nippon, encore très fermé, avec la reconnaissance d’environ deux cents appellations d’origine protégée, et, à terme, entraîner l’annulation de un milliard d’euros de droits de douane annuels sur les produits importés par le Japon. En échange, Tokyo a obtenu une levée progressive des droits de douane sur ses voitures et sur ses pièces détachées automobiles.
Quelques jours après que le président américain a qualifié l’UE d’« ennemie », MM. Juncker et Tusk ont de nouveau profité de l’occasion, à Tokyo, « si éloignée, mais si proche politiquement », comme l’a souligné le président du Conseil, pour insister sur l’importance du multilatéralisme. « Nous envoyons un message clair contre le protectionnisme », a déclaré M. Tusk, « l’accord UE-Japon est une lumière dans la noirceur croissante de la politique internationale », a ajouté, très grave, l’ex-premier ministre polonais.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine



« Nous démontrons que nous sommes plus forts quand nous travaillons de concert. Il n’y a pas de protection dans le protectionnisme », a ajouté M. Juncker, lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre japonais, M. Shinzo Abe. Le président de la Commission doit rencontrer Donald Trump avant la fin de juillet à Washington, mais déjà Bruxelles est tétanisée par les menaces du président américain d’imposer les exportations automobiles européennes aux Etats-Unis.
Tokyo s’aligne sur la protection des données personnelles
Bruxelles a conclu un autre accord majeur, mardi, avec Tokyo, même si l’événement a été un peu éclipsé par ces déclarations politiques. Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles. Pour ce faire, le Japon a accepté d’aligner sa législation, déjà très protectrice, sur le fameux règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), entré en force en mai et considéré comme un des plus avancés au monde. Il donne théoriquement aux internautes le contrôle complet de l’usage que les services en ligne font de leurs données.
Le Japon s’est notamment engagé à réviser sa définition des « données sensibles »
« Les données sont le carburant des économies mondialisées, et cet accord va leur permettre de circuler de manière sécurisée, pour le bénéfice des citoyens et des entreprises », s’est félicitée la commissaire à la justice européenne, Vera Jourova. Pour se mettre en conformité, le Japon s’est notamment engagé à réviser sa définition des « données sensibles », et a accepté l’établissement d’une instance de recours, au sein de l’autorité japonaise de protection des données, au cas où des Européens auraient à se plaindre de l’utilisation faite de leurs données personnelles sur le sol nippon.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Bruxelles s’attaque à la régulation des plates-formes du Web



L’UE a déjà accommodé ce type d’équivalences, notamment avec l’Argentine, Andorre, Guernesey, Jersey, la Nouvelle-Zélande, le Canada ou les Etats-Unis. Mais dans ces deux derniers cas, les équivalences sont partielles ; dans le cas canadien, elles ne concernent que les entreprises soumises à la « loi fédérale sur les données personnelles et les documents électroniques ». Elles ne valent, en l’absence de règlement général sur la protection des données aux Etats-Unis, que pour les entreprises américaines s’étant engagées à respecter le mécanisme dit « Privacy Shield », entré en vigueur en 2016.
Etudié par les Britanniques
A l’heure de la numérisation accélérée des échanges, cet accord constitue un précédent pour l’UE, qui rêve d’exporter le plus possible son RGDP. Dans l’intérêt de ses citoyens, mais aussi dans celui de ses entreprises.
Il devrait être étudié de près par les Britanniques, à qui l’UE a proposé, pour l’après-Brexit, un régime d’équivalences afin que leurs services financiers puissent continuer à opérer dans le marché intérieur de l’Union. Mais Londres aura aussi forcément besoin d’un traité régissant les échanges dématérialisés avec l’Union.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-6">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le magazine « The Economist » a publié, le 12 juillet, la version actualisée de son indice, un outil visant à comparer le coût de la vie entre plusieurs pays.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

L’« indice Big Mac » est-il fiable pour comparer le coût de la vie à travers le monde ?

Le magazine « The Economist » a publié, le 12 juillet, la version actualisée de son indice, un outil visant à comparer le coût de la vie entre plusieurs pays.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h16
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


Créé en 1986 par le magazine britannique The Economist, l’indice Big Mac est un outil interactif, actualisé tous les six mois, permettant de comparer des devises. Il utilise comme référence le prix du célèbre sandwich de McDonald’s, considéré comme un produit universel, la franchise américaine étant présente dans plus de cent vingt pays.
Son calcul est basé sur la théorie de la parité du pouvoir d’achat (PPA). D’après cette théorie, le prix d’un même bien devrait être similaire partout dans le monde. Si ce n’est pas le cas, cela signifie qu’une monnaie est sous-évaluée ou surévaluée par rapport à une autre.
Quelle est la méthodologie de calcul de cet indice ?
Pour mener cette étude, The Economist a relevé le prix du sandwich au 1er juillet dans la zone euro et dans quarante-huit autres pays à travers le monde. Tous les prix relevés sont convertis en dollars américains, selon les taux de change en vigueur. Afin d’établir un taux de change « implicite », selon le magazine britannique, le prix (dans la devise d’origine) du Big Mac dans chacun des pays est simplement divisé par le prix du sandwich aux Etats-Unis. Ce taux de change « implicite » est comparé avec le taux de change en vigueur. Si le taux de change « implicite » calculé pour un pays est supérieur au taux de change en vigueur entre le dollar américain et la devise de ce pays, cela signifie que la monnaie de ce pays est surévaluée par rapport au dollar américain.
D’après les données mises à disposition par The Economist, au 1er juillet, « un sandwich Big Mac coûte en moyenne 5,51 dollars américains aux Etats-Unis contre 4,04 euros en moyenne dans la zone euro ». Selon la méthode de calcul de l’indice, le taux de change « implicite » est de 1,36 (5,51/4,04). La différence entre ce taux de change « implicite » et le taux de change en vigueur (1,17) « suggère que le dollar est surévalué de 16,4 % par rapport à l’euro », d’après l’hebdomadaire britannique. « Un Big Mac coûte donc 16 % plus cher aux Etats-Unis (4,70 euros) que dans la zone euro (4,40 euros), selon les taux de change en vigueur. »

   


En suivant cet indice, il faudrait qu’un euro s’échange contre 1,36 dollar américain pour que le Big Mac coûte le même prix dans la zone euro et aux Etats-Unis. Cependant, en juillet, un euro s’échange contre 1,17 dollar américain. L’euro est donc sous-évalué de 16 % par rapport au dollar américain. Selon l’économiste Karine Daniel, « l’intérêt d’une monnaie sous-évaluée est de proposer des prix relatifs plus bas et donc de faciliter l’exportation de biens ».
Cet indicateur est-il fiable ?
L’indice Big Mac est considéré comme un indicateur sérieux pour comparer les monnaies entre elles ; il a notamment fait l’objet d’une dizaine de travaux universitaires. Cependant, la précision de cet indicateur est critiquée, principalement en raison du fait qu’il ne prend pas en compte les différences de coûts du travail entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres, où les salaires sont plus bas.
« Cet indice même ajusté reste fragile »
Pour répondre à ces critiques, The Economist met à disposition, depuis 2011, un indice corrigé prenant en compte le produit intérieur brut (PIB) par habitant. En comptabilisant la différence de PIB par habitant entre les deux zones géographiques étudiées, le Big Mac « devrait coûter 22 % de moins aux Etats-Unis (4,30 dollars américains contre 5,51), et le dollar serait sous-évalué de 5 % par rapport à l’euro », d’après l’hebdomadaire britannique.
« Cet indice même ajusté reste fragile, car tous les pays n’appliquent pas la même fiscalité à ce produit, et les us et coutumes eu égard à la restauration rapide diffèrent selon les régions du monde », estime Karine Daniel. Le prix du célèbre hamburger dépend « surtout » de la politique commerciale de la multinationale américaine, « la marge de McDonald’s peut être différente selon le pays ou est implantée la franchise ou selon sa durée de présence dans ce pays, par exemple », complète l’économiste.
Existe-t-il d’autres outils de comparaison du niveau de vie ?
« Il serait plus pertinent de comparer le prix d’un service qui n’est pas délocalisable, comme une coupe de cheveux, ajoute Karine Daniel. Le coiffeur, c’est un service de proximité présent partout dans le monde et très lié à la notion d’offre et de demande. C’est un indice assez performant pour comparer le niveau de vie entre les pays. »
D’autres outils existent pour comparer le niveau de vie entre les pays. L’édition 2018 de l’étude intitulée « Prices and Earnings », de la banque d’investissement UBS AG, permet de connaître le nombre d’heures de travail qu’un employé moyen doit effectuer pour s’offrir un Big Mac ou un iPhone X dans soixante-dix villes à travers le monde. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dispose d’un outil statistique permettant de mesurer les différences de pouvoir d’achat entre les trente-six pays membres de l’organisation internationale.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-7">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Meurtre d’Anna Politkovskaïa : la CEDH condamne la Russie pour manquements dans l’enquête

Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h45
   





                        



   


La Cour européenne des droits de l’homme a condamné, mardi 17 juillet, la Russie pour manquements dans l’enquête sur l’assassinat en octobre 2006 de la journaliste Anna Politkovskaïa, connue pour ses enquêtes sur les violations des droits de l’Homme en Tchétchénie et ses critiques contre Vladimir Poutine.
La cour impute à Moscou une violation du « droit à la vie », au regard des défaillances de l’enquête qui est officiellement toujours en cours. Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.
« Dans un homicide de ce type, on ne peut toutefois pas considérer que l’enquête a été appropriée si aucun effort n’a été fait pour identifier le commanditaire du meurtre », affirme la juridiction du Conseil de l’Europe.

        Lire aussi :
         

                Les assassins de la journaliste Anna Politkovskaïa condamnés à la perpétuité



Indemnités pour préjudice moral
Les juges de Strasbourg soulignent que les autorités russes ont élaboré une « théorie principale » impliquant un homme d’affaires résidant à Londres et aujourd’hui mort sans qu’aucune pièce ait jamais été présentée pour étayer cette hypothèse.
« L’Etat aurait dû examiner les allégations des requérants [la famille de la victime] selon lesquelles des agents du FSB [les services secrets russes] ou des représentants de l’administration tchétchène avaient été impliqués dans l’organisation du meurtre », ajoutent-ils.
Les autorités russes devront verser 20 000 euros à la mère, à la sœur et aux enfants de la journaliste assassinée au titre du préjudice moral. L’arrêt, rendu à la majorité de cinq juges contre deux, est susceptible d’appel.

        Lire aussi :
         

                La longue liste des journalistes russes assassinés






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-8">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les traversées de migrants sont plus dangereuses après le retrait forcé des navires de sauvetage.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les gardes-côtes libyens interceptent de plus en plus de migrants en Méditerranée

Les traversées de migrants sont plus dangereuses après le retrait forcé des navires de sauvetage.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h09
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

Est-ce la conséquence d’une raréfaction des secours en Méditerranée ? Pendant le week-end du 14 juillet, un bateau de pêche en bois, avec à son bord 450 personnes, a été secouru dans les eaux internationales, non loin de l’île italienne de Lampedusa. Un mois après la crise de l’Aquarius, le navire que l’Italie – sous la pression de son ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini – a refusé d’accueillir avec 630 migrants à son bord, les ONG ne peuvent presque plus opérer au large des côtes libyennes, poussant les migrants à tenter des voies toujours plus dangereuses.
« Ce n’est pas la première fois que ce type d’embarcations tente la traversée depuis la Libye, même si l’on voit plus souvent des petits bateaux pneumatiques, réagit Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage à bord du navire humanitaire “Aquarius”. En revanche, le fait qu’ils soient parvenus aussi loin est clairement une conséquence du manque de moyens de sauvetage en mer. »
L’Aquarius est à quai à Marseille, tandis que le Lifeline et le Sea-Watch sont empêchés de repartir de Malte. Seul l’Open-Arms, le bateau affrété par l’ONG catalane Proactiva, navigue actuellement en Méditerranée centrale, de retour de Barcelone où il avait accosté le 4 juillet, avec à son bord soixante migrants que l’Italie avait refusé d’accueillir.
Le navire secouru ce week-end rappelle le naufrage d’un chalutier aux abords de Lampedusa en 2013, au cours duquel près de 400 personnes s’étaient noyées. La catastrophe avait déclenché l’opération militaire et humanitaire européenne « Mare Nostrum ». « Ces bateaux sont particulièrement dangereux, car le risque de chavirage est très important, ajoute M. Stalla. En fonction de la quantité de carburant et d’eau à bord, le centre de gravité est modifié. Il y a aussi un risque d’asphyxie dans la cale, souvent surchargée. »
Ping-pong...



                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-9">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ En 2017, 240 000 citoyens européens se sont installés au Royaume-Uni alors qu’ils étaient 250 000 en 2016 : ce chiffre est en baisse depuis le Brexit.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Les citoyens européens de plus en plus nombreux à quitter le Royaume-Uni

En 2017, 240 000 citoyens européens se sont installés au Royaume-Uni alors qu’ils étaient 250 000 en 2016 : ce chiffre est en baisse depuis le Brexit.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 18h36
   





                        


C’est l’une des conséquences du Brexit. Le solde migratoire pour les citoyens européens installés au Royaume-Uni est à son niveau le plus bas depuis quatre ans, s’établissant à 101 000, a révélé lundi l’Office des statistiques nationales britannique (ONS).
Cette chute s’explique par une baisse de 4 % du nombre de citoyens européens partis vivre au Royaume-Uni et, à l’inverse, une hausse de près de 19 % du nombre de ceux qui ont quitté le pays, entre 2016 et 2017.
En mars 2013, à son plus bas, la différence entre le nombre de citoyens européens qui s’installaient et partaient du Royaume-Uni était de 95 000, selon les chiffres officiels. En 2017, 240 000 citoyens européens se sont installés au Royaume-Uni alors qu’ils étaient 250 000 en 2016 : ce chiffre est en baisse depuis le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne, en juin 2016.

        Lire aussi :
         

                Un an avant la date fatidique, où en est-on du Brexit ?



Dans le même temps, en 2017, 139 000 habitants de l’Union européenne ont quitté le Royaume-Uni, un chiffre record selon l’ONS. Ils étaient 117 000 en 2016.
Solde migratoire en hausse à l’échelle mondiale
« L’estimation du nombre de citoyens européens arrivant au Royaume-Uni pour chercher un travail a continué de baisser l’année dernière et le nombre de personnes venant au Royaume-Uni pour un emploi précis est resté stable », a déclaré l’organisme.

        Lire aussi :
         

                Six questions pour comprendre où en est le Brexit



A l’échelle mondiale, le solde migratoire du Royaume-Uni est cependant en hausse, s’établissant à environ 282 000 l’an passé. « Ces derniers chiffres montrent que la migration a continué à s’ajouter à la population britannique. Le solde migratoire a diminué à des niveaux records en 2015 et début 2016 et a été assez stable depuis », a déclaré Nicola White, directeur du service des migrations internationales à l’ONS. Et d’ajouter :
« L’immigration est restée globalement stable, à 630 000, et l’émigration est en augmentation progressive depuis 2015 et est actuellement autour de 350 000. »
La première ministre britannique, Theresa May, avait déclaré fin 2016 qu’elle voulait réduire le solde migratoire à quelques dizaines de milliers de personnes par an.

        Lire aussi :
         

                Les Français de Londres dans le brouillard






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-10">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’avionneur européen est parti le plus fort avec 222 commandes dépassant les 30 milliards de dollars au prix catalogue, soit plus du double que les 14 milliards enregistrés par son rival américain.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Au Salon de Farnborough, Airbus et Boeing engrangent les commandes

L’avionneur européen est parti le plus fort avec 222 commandes dépassant les 30 milliards de dollars au prix catalogue, soit plus du double que les 14 milliards enregistrés par son rival américain.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 17h57
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Boeing ne ménage pas ses efforts pour être épargné par la guerre commerciale à laquelle se livrent les Etats-Unis et la Chine. A l’occasion du Salon de l’aéronautique de Farnborough, qui se tient dans la grande banlieue de Londres du 16 au 22 juillet, Dennis Muilenburg, PDG de l’avionneur américain, a indiqué que, pour l’instant, le conflit entre les deux grandes puissances n’avait pas eu d’impact négatif sur Boeing. Il n’empêche, le constructeur américain a décidé de prendre les devants. Il a reconnu entretenir des contacts discrets avec les autorités américaines et chinoises pour faire entendre son point de vue et défendre ses intérêts. Une initiative stratégique pour Boeing dont près du quart du carnet de commandes provient de compagnies chinoises.

        Lire aussi :
         

                Il manque des pilotes dans l’avion



Pendant que Boeing s’inquiète, Airbus, présent en force à Farnborough, ne veut pas parier sur d’éventuels malheurs de son concurrent. « Pour l’instant nous ne voyons aucun signe que cette guerre commerciale » a un effet, négatif ou positif, notamment sur les commandes d’avions des deux constructeurs, signale Airbus. En clair aucune compagnie chinoise n’a encore annulé une commande de Boeing pour les remplacer par des Airbus. Au contraire, l’avionneur européen souhaite que le conflit entre les Etats-Unis et la Chine cesse rapidement car « une guerre commerciale n’est bonne pour personne ».
Boeing conserve son optimisme
Toutefois, malgré les tensions sino-américaine, Boeing conserve son optimisme. « Nous avons revu à la hausse nos estimations pour les 20 prochaines années. Nous estimons que le monde aura besoin d’environ 43 000 nouveaux avions commerciaux », a déclaré M. Muilenburg. Quelques jours plus tôt, Airbus avait été plus confiant dans ses prévisions. Selon lui d’ici 2037, les compagnies aériennes auront besoin de 48 000 appareils pour absorber la croissance du trafic aérien estimée à 4,4 % par an.
Au Salon, le duel à distance des deux géants ne connaît pas de temps morts. Les contrats viennent gonfler des carnets de commandes pourtant déjà pleins à craquer. C’est Airbus qui est parti le plus fort avec 222 commandes supplémentaires pour une valeur totale, prix catalogue, de plus de 30 milliards de dollars (plus de 25 milliards d’euros). Outre ce nouveau pactole, l’avionneur européen a eu la satisfaction de vendre vingt-sept exemplaires de son gros-porteur A350.
Dans le détail, ce sont toujours les monocouloirs de la famille A320 qui composent le gros des ventes avec 195 exemplaires commercialisés dès l’ouverture du Salon. Et ce n’est que le début ! Selon Airbus, « le rythme des commandes ne devrait pas faiblir ». Boeing a tenté de répliquer au démarrage en trombe d’Airbus avec près de 14 milliards de dollars de commandes lors de la première journée de la manifestation de la grande banlieue de Londres. En sus de trente-cinq exemplaires de son moyen-courrier remotorisé 737 Max, l’Américain a lui aussi confirmé la vente de cinq unités de son gros-porteur 777, en version cargo, à Qatar Airways.
Bataille sur le segment « Middle of the market »
Dans la coulisse de Farnborough, une lutte discrète mais féroce oppose Airbus et Boeing. Les deux concurrents ont trouvé un nouveau champ de bataille. Cette fois la guerre porte sur un nouveau segment commercial baptisé « Middle of the market », le milieu du marché. Il concerne des avions qui allient les qualités des monocouloirs et des long-courriers. L’A321LR d’Airbus est le moteur de ce nouveau créneau commercial. Le nouveau best-seller de l’avionneur européen propose un long-rayon d’action, comme un long-courrier, mais avec les coûts réduits d’un moyen-courrier. Une manière de quadrature du cercle qui a séduit les compagnies courrier à bas coûts telle Norwegian. Airbus a déjà raflé 120 commandes pour son A321LR. Pour capter l’essentiel de ce marché porteur, Airbus complète son offre avec son nouveau long-courrier A330Neo qui, lui aussi, permet aux compagnies de transporter jusqu’à 440 passagers à peu de frais. Un cocktail à succès. Ce n’est ainsi pas un hasard si la portugaise TAP est à la fois la compagnie de lancement de l’A321LR et une des clientes de l’A330Neo.
Pour l’heure, Boeing ne peut que regarder son rival faire la course en solitaire. Le constructeur de Seattle n’a aucun avion à mettre en face de l’A321LR. Dennis Muilenburg a annoncé que la décision de lancer ce que d’aucun nomme déjà le 797 sera prise en 2019. Un retard à l’allumage qui devrait permettre à Airbus de conforter sa domination sur le secteur des moyen-courriers dont il détient déjà plus de 60 % de part de marché. Seule consolation pour Boeing, c’est à bord d’un 777 que l’équipe de France championne du monde est rentrée de Moscou, lundi 16 juillet. Au grand dam d’Airbus.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-11">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vuk Jeremić : « Ceux qui demeurent attachés au futur démocratique de la Serbie, regardez vers la France »

À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans



Le Monde
 |    16.07.2018 à 16h29
    |

Vuk Jeremić (Président du parti serbe d’opposition centriste, Narodna Stranka/Parti Populaire)







                        



                                


                            

Tribune. En juin 2003, les leaders européens se sont réunis à Thessalonique (Grèce) afin d’affirmer sans ambiguïté que « l’avenir des Balkans est dans l’Union européenne ». Quinze ans plus tard, au sommet de Sofia, une nouvelle génération de leaders européens s’est prononcée sur le sujet, mais de façon plus prudente.
La déclaration signée ne faisait nulle mention du processus d’adhésion, et les parties prenantes n’ont que simplement annoncé leur « soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Emmanuel Macron le plus clair
Parmi les leaders européens, c’est le président Emmanuel Macron qui aura été le plus clair dans la présentation des raisons de ce changement de situation. À l’occasion d’un discours historique prononcé au Parlement européen à Strasbourg, et de remarques exprimées à Sofia quelques semaines après, il s’estimait favorable à l’ancrage des Balkans dans l’Europe, tout en notant qu’aller vers un prochain élargissement ne pourrait prendre place qu’à la seule condition de l’accomplissement d’une vraie réforme, qui résulterait en un approfondissement et un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.

La franchise d’Emmanuel Macron est bienvenue : elle est indicatrice d’un réel intérêt dans le futur de l’Union européenne, tout en indiquant clairement que la transformation des Balkans occidentaux en région conforme aux valeurs et standards européens, demeure une responsabilité commune.
Cette franchise porte un véritable coup envers ceux qui souhaiteraient maintenir un statu quo qui coincerait la région entre l’Union européenne et le Moyen-Orient. Le risque d’avoir une telle zone tampon, est qu’elle créerait l’illusion faisant semblant que tout va bien dans notre coin du monde.
Je considère que cette dernière approche est erronée. Elle creuserait davantage le fossé entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, diminuant ainsi sur le long...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-12">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Après leur intrusion sur la pelouse où se jouait la finale de la Coupe du monde, quatre membres du collectif punk anti-Poutine ont été arrêtés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Un policier russe aux Pussy Riot : « Parfois, je regrette 1937 »

Après leur intrusion sur la pelouse où se jouait la finale de la Coupe du monde, quatre membres du collectif punk anti-Poutine ont été arrêtés.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 06h40
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Une « splendide finale ! », s’est ému un internaute russe qui pensait moins à la victoire de la France sur la Croatie qu’à la performance des Pussy Riot. Vêtus d’uniformes semblables à ceux de la police, deux femmes et un homme du collectif punk anti-Poutine (ainsi nommé depuis 2011) sont parvenus à troubler quelques secondes la finale de la Coupe du monde, dimanche 15 juillet, en pénétrant sur la pelouse en plein milieu du match. Furtive, leur action spectaculaire n’en a pas moins fait le tour du monde, comme cette photographie saisie sur l’instant d’une Pussy Riot tapant dans les mains du joueur français Kylian Mbappé.
Ils étaient quatre, un homme, Piotr Verzilov, et trois femmes – Olga Kouratcheva, Olga Pakhtousova et Veronika Nikoulchina –, bien décidés à attirer l’attention sur les atteintes aux droits humains en Russie. Mais seuls trois d’entre eux ont parcouru quelques mètres sur le terrain ; la quatrième a été attrapée sur la touche. Lundi, les quatre membres du collectif ont été condamnés par un tribunal de Moscou à quinze jours de prison et à trois ans d’interdiction de fréquenter des événements sportifs.
Dans un texte intitulé « le milicien entre en jeu » publié sur la page Facebook du collectif, le groupe fait allusion au sort d’Oleg Sentsov, le cinéaste ukrainien condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire pour « terrorisme », et en grève de la faim depuis plus de soixante jours.

        Lire aussi :
         

                La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine



Se présentant comme des « policiers célestes », les Pussy Riot réclamaient la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des arrestations et des affaires pénales « fabriquées » ou bien l’instauration du pluralisme politique. « Tandis que le policier céleste regarde gentiment les fans du championnat du monde, le policier terrestre se prépare à dissiper les rassemblements », écrivaient-ils.
« Petites merdes »
Les siloviki, les services russes de sécurité, s’en sont étranglés de colère, humiliés de ne pas avoir su prévenir, sous les yeux de Vladimir Poutine et des caméras du monde entier, cette intrusion dans les derniers instants d’une compétition jusque-là sans accroc.
Très vite, dans les instants qui ont suivi l’interpellation des Pussy Riot, une autre image s’est en effet superposée. Filmée par une source inconnue, la scène, par ailleurs postée sur le compte Twitter de l’opposant Alexeï Navalny, est pénible. Emmenés dans des locaux à l’intérieur même du stade, deux des militants, Piotr Verzilov et Veronika Nikoulchina, essuient la fureur d’un policier dont le visage n’apparaît pas. « Des menottes ! Que quelqu’un me donne des menottes pour ces deux-là ! », aboie la voix en qualifiant les militants de « petites merdes ». « Alors, vous avez décidé de vous en prendre à la Russie, hein ? poursuit la voix. La Russie va devoir payer une amende à la FIFA à cause de vous. »
Placement en détention
Bravache, Piotr Verzilov, qui a fondé le site bien connu en Russie, MediaZona, spécialisé dans l’information sur les démêlés de la justice avec les droits de l’homme, répond : « Nous sommes pour la Russie, comme vous, si vous êtes pour la Russie. » Mais son interlocuteur s’énerve de plus belle, après s’être enquis de la provenance des uniformes portés par les militants. « Vous les avez loués ? Parfois, je regrette que ce ne soit pas encore 37 ! », s’écrie-t-il. Le pic de la terreur stalinienne avait commencé en 1937.
Pour l’heure, seule une procédure administrative a été ouverte contre les Pussy Riot. Le collectif s’était fait connaître en 2012 lorsque trois militantes avaient chanté une chanson hostile à Vladimir Poutine dans la principale église orthodoxe de Moscou. Condamnées à deux ans de colonie pénitentiaire pour blasphème et vandalisme, l’une avait été libérée à l’automne 2012 et les autres en décembre 2013, avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi.
Enthousiastes pour certains, critiques pour d’autres, les réactions à l’opération éclair du collectif, dimanche soir, ont afflué sur les réseaux sociaux en Russie. Dans un sens comme dans l’autre, un sentiment général, cependant, dominait : après un mois de bonne humeur, les étrangers partis, la fête en Russie est finie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-13">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Lors d’une conférence de presse commune, lundi en fin d’après-midi, le président russe a surtout énuméré une longue liste de sujets sur lesquels il attendait une amélioration sensible des relations.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/07/2018
Découvrir l’application


                        

Vladimir Poutine domine la rencontre d’Helsinki face à Donald Trump

Lors d’une conférence de presse commune, lundi en fin d’après-midi, le président russe a surtout énuméré une longue liste de sujets sur lesquels il attendait une amélioration sensible des relations.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 06h39
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale) et 
Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Une relation sur un pied d’égalité, c’est ce que Vladimir Poutine semble avoir récolté de ses entretiens avec Donald Trump, lundi 16 juillet, à Helsinki, au terme d’une tournée de ce dernier en Europe, marquée par des échanges sans précédent avec les alliés des Etats-Unis. Au cours d’une conférence de presse commune, très amicale, tenue par les deux présidents en fin d’après-midi, M. Poutine a qualifié les pourparlers avec son homologue de « très réussis et très utiles ».
M. Trump, qui avait exprimé au début de la rencontre son désir de parvenir à « une relation extraordinaire » avec la Russie, a abondé en ce sens, au point de consacrer une partie de son intervention à une critique brutale de son opposition démocrate et des médias, jugés uniformément hostiles au rapprochement qu’il appelait de ses vœux. Ses félicitations adressées à son interlocuteur à propos de l’organisation de la Coupe du monde, qui s’est achevée la veille, ont été payées en retour par un exemplaire du ballon officiel de la compétition remis par Vladimir Poutine, que le président des Etats-Unis a promis de confier à son fils Barron, grand amateur de ce sport.

        Lire aussi :
         

                La « faiblesse » de Trump face à Poutine scandalise jusque dans les rangs républicains



Précis, le président de la fédération russe a surtout énuméré, au cours de cet exercice commun, une longue liste de sujets sur lesquels il attendait une amélioration sensible des relations entre deux superpuissances nucléaires, voire entre deux puissances dans le domaine de l’énergie, comme il l’a aussi rappelé, insistant, à sa manière, sur cette notion d’égalité. Il a plaidé à chaque fois pour une coopération approfondie dans la lutte contre le terrorisme, le contrôle des armes nucléaires, la situation en Syrie ou en Crimée.
« Chasse aux sorcières »
Vladimir Poutine a été le premier à aborder le sujet sans doute le plus délicat entre les deux capitales : les interférences imputées à la Russie pendant la présidentielle américaine de 2016. Il les a niées froidement avant de proposer, également sur ce point, une collaboration entre la Russie et les Etats-Unis. Interrogé à ce sujet, Donald Trump a donné l’impression d’abonder dans son sens en dénonçant « un désastre » pour son pays. Il a préféré longuement s’étendre sur les zones d’ombre qui, selon lui, continuent d’entourer l’enquête aux dépens des démocrates, s’interrogeant comme il l’avait fait au cours de la campagne sur des courriers électroniques de son adversaire démocrate Hillary Clinton.
Quelques heures auparavant, Donald Trump affichait déjà une volonté de nouer un dialogue, qui le poussait à pointer du doigt tout ce qui pourrait faire obstacle à celle-ci. Il a ainsi dénoncé avec virulence, sur son compte Twitter, la « chasse aux sorcières truquée » que constitue, selon lui, l’enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Our relationship with Russia has NEVER been worse thanks to many years of U.S. foolishness and stupidity and now, the Rigged Witch Hunt!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

Quatre jours après l’inculpation de douze membres du renseignement russe par le procureur spécial, le président des Etats-Unis a estimé que cette enquête était en partie responsable de la détérioration des relations avec Moscou. « Elles n’ont jamais été pires », a-t-il assuré, ajoutant que « des années de bêtise et de stupidité américaines » y avaient également contribué. Le ministère des affaires étrangères russe a aussitôt partagé ce message agrémenté du commentaire « Nous sommes d’accord ». La veille, M. Trump avait déjà insisté sur le fait que ces interférences étaient survenues sous « l’administration Obama », mise en cause pour sa passivité supposée.

        Lire :
         

          Les ambiguïtés de Trump face à Poutine



Depuis l’annonce de ces inculpations, la Maison Blanche s’est abstenue de toute forme de critique visant la Russie. Un souci d’apaisement à la veille de la rencontre de lundi, qui a tranché avec l’agressivité déployée par le président américain à l’égard de ses alliés depuis le début de sa tournée en Europe, le 10 juillet. Celle-ci devait s’achever après les entretiens avec le président de la fédération russe.
« L’Union européenne est un ennemi »
Donald Trump est d’ailleurs revenu à la charge dimanche contre l’Union européenne. « Je pense que nous avons beaucoup d’ennemis. Je pense que l’Union européenne est un ennemi, avec ce qu’ils nous font sur le commerce. Bien sûr, on ne penserait pas à l’Union européenne, mais c’est un ennemi », a-t-il assuré à la chaîne CBS.
Au cours du même entretien, il a ajouté que « la Russie [était] un ennemi par certains aspects », un qualificatif également utilisé à propos de la Chine, présentée comme un « ennemi économique ».

        Lire l’analyse de l’historienne Maya Kandel :
         

          « MM. Trump et Poutine convergent vers une vision alternative des relations internationales »



La bonne volonté mise en scène lundi a fait l’économie de détails sur la Syrie, même si Vladimir Poutine a mentionné la priorité d’une stabilisation du sud du pays, qui bénéficierait, selon lui, à tous les pays frontaliers. A propos de la Crimée, le président russe a évoqué les accords de Minsk, tout en invitant son homologue à user également de son influence auprès du gouvernement ukrainien.
Comme l’ont montré les propos de Vladimir Poutine, la partie russe est attachée à trouver un terrain d’entente sur les armes, où les contentieux se sont accumulés. C’est l’un des sujets que le président russe a le plus travaillés avec son état-major avant de quitter Moscou. Les deux délégations devaient notamment aborder la question du renouvellement du New Start, un traité de réduction des armes nucléaires signé en 2010 par les deux pays, qui limite à 1 550 le nombre de têtes nucléaires chacun. Ce traité expire en 2021, mais il peut être prolongé pour une période de cinq ans. Autre sujet sur la table : le traité sur les forces nucléaires dissuasives à portée intermédiaire, signé en 1987.
« Bienvenue en terre de liberté de la presse »
A Helsinki, une campagne de presse a précédé l’arrivée des deux dirigeants. Dans toute la ville, les panneaux publicitaires, à l’initiative du principal quotidien finlandais, Helsingin Sanomat, affichaient le même message en anglais et en russe, « Bienvenue, Monsieur le président, en terre de liberté de la presse ». Impossible pour les cortèges présidentiels de ne pas les voir.
Dimanche, plus d’un millier de personnes ont manifesté contre les deux présidents, fédérés autour d’une même banderole, « Make Human Rights Great Again » – pastiche du slogan de campagne de Donald Trump « Make America Great Again ». Un autre petit cortège a défilé lundi dans la capitale finlandaise à bonne distance du périmètre sécurisé établi autour du palais de la présidence.

        Lire aussi :
         

                Comment Trump réarme la dissuasion nucléaire



Des Ukrainiens et des Russes venus de Saint-Pétersbourg ont fait cause commune, dimanche, pour exiger la libération du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire en Russie pour « terrorisme » et aujourd’hui en grève de la faim depuis plus de soixante jours. Le Pen Club américain n’a pas été en reste, avec une grande banderole portant cette même revendication.
Lors de ce rassemblement festif et coloré, animé au cœur de la capitale finlandaise par un concert, beaucoup de pancartes « Non aux dictateurs » ont été brandies, les participants ne faisant pas de différence entre les deux dirigeants. Un « Non à la séparation des familles » a visé la politique migratoire de Donald Trump, pendant qu’un « Troll factory no » a fait allusion aux interférences reprochées à des pirates informatiques russes dans les élections occidentales.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-14">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ De Zagreb à Zadar, le pays entier, encore marqué par la guerre d’indépendance, s’est passionné pour ses joueurs qui jouaient leur première finale.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : en Croatie, « le football met tout à l’envers »

De Zagreb à Zadar, le pays entier, encore marqué par la guerre d’indépendance, s’est passionné pour ses joueurs qui jouaient leur première finale.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 12h22
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, Zadar, envoyé spécial)








                        



   


Un grand cri d’encouragement, de reconnaissance – d’affection presque – s’abat sur le forum romain de Zadar. La foule rassemblée au milieu des vénérables vestiges d’édifices antiques acclame son héros tandis qu’à l’horizon, les lumières chaudes du soir descendent sur l’Adriatique et ses îles. La finale est terminée depuis un moment et la Croatie ne l’a pas gagnée. Mais sur les écrans, l’enfant du pays, Luka Modric, milieu de terrain de la sélection croate, vient d’être désigné meilleur joueur du tournoi et tient le trophée entre ses mains.
A Zadar, sur la côte dalmate, on l’acclame. C’est ici que sa famille, jetée sur les routes par la guerre contre les milices serbes, s’est réfugiée alors qu’il n’avait que 6 ans. Chacune de ses apparitions suscite l’enthousiasme d’une foule qui sourit, pleure et danse. On le voit à l’image, il pleut dru à Moscou. « Ce sont nos larmes qui tombent du ciel, dit le commentateur de la télévision croate. Mais il faut être fier ! »

        Lire aussi :
         

                Le Croate Luka Modric élu meilleur joueur et Kylian Mbappé meilleur jeune de la Coupe du monde 2018



Fiers, les supporteurs croates le sont à Zadar. Fiers de leur compatriote Modric, des autres joueurs venus des environs mais surtout d’une équipe qui a dépassé toutes leurs attentes. « Peu importe la Coupe du monde, ils ont été magnifiques. Nous, un petit pays de même pas 4,5 millions d’habitants, nous sommes deuxièmes au monde », sourit Ivana Becki.
De Zagreb, la capitale au charme très Mitteleuropa jusqu’à ce bord de mer aux airs d’Italie, les supporteurs ont suivi les exploits de leurs joueurs. Une épopée s’achève dans ce pays où les occasions de se réjouir ne sont pas si fréquentes : une économie à la traîne, qui pousse les jeunes diplômés à s’expatrier, une mémoire encore vive de la guerre et une vie politique émaillée de scandales.
« Les usines de la région ont fermé »
Samedi, dans la capitale, les drapeaux croates fleurissaient aux fenêtres des appartements, le long des augustes avenues héritées de la période austro-hongroise et jusqu’à la sortie de la ville, là où commence l’autoroute qui mène de la capitale à la mer. Parmi les véhicules de vacanciers norvégiens, danois et néerlandais lancés en direction du soleil de l’Adriatique, les voitures immatriculées en Croatie, roulaient drapeaux au vent. 288 kilomètres de route à parcourir avant Zadar et la côte.
A 75 km de la capitale, le petit village de Bosiliejo apparaît dans le paysage qui défile. La sortie numéro 5 mène à son église, à sa mairie et à la terrasse du bar du coin où Robert Biturajac boit une petite bière : « Bosiliejo, c’est une poignée de hameaux à moitié déserts, mille habitants et pas de travail. » L’homme parle haut et sourit volontiers au milieu d’une belle tablée qu’il partage avec deux vieux messieurs, sept gaillards d’âge mûr et une jeune femme.
Derrière l’établissement de son ami Ivitsa Spelic, on s’apprête à planter des troncs d’arbres taillés en pointe pour monter une tente. « On se prépare pour la finale ! Quel que soit le résultat, c’est déjà une victoire d’y être, ce sera une fête ! », se réjouit le patron. « Cette Coupe du monde, c’est la suite de notre qualification en demies en 1998, de l’indépendance en 1995, de notre victoire contre les forces serbes », reprend Robert Biturajac.
Comme souvent, la conversation sportive échoue sur les récifs d’une mémoire toujours en guerre et sur les difficultés du quotidien. « Après la guerre, les usines de la région ont fermé et beaucoup de gens qui travaillaient en Slovénie se sont trouvés coincés de ce côté-ci », raconte Robert Biturajac qui officie comme douanier à la frontière bosnienne, où, d’après lui, « la tension monte » en ce moment avec les migrants afghans et pakistanais qui tentent de la traverser.
« Passer à autre chose »
Bosiliejo et sa scierie, qui n’emploie plus que dix personnes, ne sont qu’un point dans le paysage pour les conducteurs qui passent sur l’autoroute toute proche et bifurquent vers le sud. Mais samedi, il y régnait malgré tout un petit air de fête.
En comparaison, 82 km plus loin, la petite ville d’Otocac s’ennuie. Les pas des rares passants résonnent entre les façades de la rue principale. De loin en loin, certaines portent encore les morsures cruelles d’une guerre que les quelques jeunes hommes, la vingtaine, qui se retrouvent sur des terrasses largement désertes n’ont pas connue. Le bar Igo a affiché sur sa vitrine un poster publicitaire d’une marque de bière. Modric y pose, souriant, sous le slogan de la marque : « Le football met tout à l’envers ! » Cela arrache un sourire à Zdravko Bunjevcevic, 58 ans : « Ah ça oui, tout est à l’envers. »
Trois années durant, M. Bunjevcevic a combattu les forces serbes dans les rangs croates. Blessé deux fois au combat, il se débrouille en enchaînant les petits boulots malgré une jambe boiteuse. « La Croatie d’aujourd’hui, ce n’est pas vraiment celle dont on rêvait, dit-il. Mais il fallait la faire, cette guerre. Et puis on est arrivé en finale, ça fait connaître le pays et ça attirera peut-être des touristes qui voudront voir autre chose que la côte. » A une dizaine de mètres, le restaurant le grand hôtel Zvonimir est bien vide. Et bien sombre.
La route qui mène à la mer laisse à l’est l’ancien territoire de la Krajina, zone dominée par les milices serbes avant de passer sous le contrôle de la Croatie indépendante en 1995. Le paysage montagneux s’assèche, pâlit, prend les atours plus cléments de la Méditerranée en descendant vers Zadar. Ancienne possession vénitienne, le port fleure bon l’Italie qui y a laissé une architecture et un art de vivre aimables, ainsi que de très mauvais souvenirs, ceux de l’occupation de l’ère mussolinienne.

        Lire aussi :
         

                Luka Modric, un perdant magnifique en finale de Coupe du monde



Sur une place dallée de pierre patinée, Bruno Skoblar, ancien joueur de l’équipe d’Aix-en-Provence 1972, frère du buteur légendaire de l’OM Josip Skoblar et ancien combattant du siège de Zadar par les forces serbes, prend le café. Il travaillait au NK Zadar dans les années 1990 quand le jeune Luka Modric y faisait ses premiers entraînements. « On n’avait rien à lui apprendre à ce garçon, il avait le football dans le sang », se souvient-il, à quelques heures du coup d’envoi de la finale.
« Luka appartient à une génération qui a grandi sous les bombes et maintenant il joue en finale à Moscou. Les politiques veulent faire entrer les succès de notre équipe dans l’histoire de nos guerres. Mais pour moi, ce tournoi, c’est une belle occasion de passer à autre chose », veut croire Bruno Skoblar. Après la défaite, le gamin de Zadar n’apportera pas la Coupe avec lui quand il sera de retour en ville mardi après un crochet par la capitale. Mais dimanche, la cité où il a fui la guerre, bien que déçue, était tout de même en fête.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-15">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’événement, dont la FIFA a salué la « magnifique » organisation, a été un ballon d’oxygène pour la population.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

La Russie tire profit du succès de « sa » Coupe du monde

L’événement, dont la FIFA a salué la « magnifique » organisation, a été un ballon d’oxygène pour la population.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 14h27
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


L’intrusion, à la 52e minute de la rencontre France-Croatie, n’a duré que quelques secondes lorsque deux femmes et un homme, portant des uniformes semblables à ceux de la police, sont parvenus à zigzaguer sur la pelouse du stade Loujniki de Moscou. Affilié aux Pussy Riot, un groupe punk anti-Poutine formé en 2011, le trio voulait attirer « l’attention sur les atteintes aux droits de l’homme en Russie ».
Ce fut le seul couac de ce Mondial 2018, organisé pour la première fois en Russie, qui s’est achevé dimanche 15 juillet avec la remise de la Coupe du monde à l’équipe de France de Didier Deschamps par Vladimir Poutine. Gianni Infantino, président de la FIFA, n’avait pas attendu la finale pour décerner au tournoi le titre de « meilleure Coupe du monde de tous les temps ». « La Russie a changé, a-t-il insisté dès vendredi depuis le stade Loujniki. Tout a été magnifique. »

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde : « Le temps d’une victoire, aimons-nous vivants »



De fait, en un mois de compétition, la Russie est parvenue à gommer l’image déplorable qu’elle avait dans l’univers du football, notamment depuis l’Euro 2016, lorsque ses supporteurs s’étaient violemment accrochés avec leurs homologues anglais sur le Vieux-Port à Marseille. Interdits de stades, les hooligans russes sont restés invisibles, tout comme leurs bannières provocantes. Pas l’ombre d’une bagarre au cours des 64 matchs de la compétition. Pas de cris racistes non plus, ni d’onomatopées du même acabit.
Supporteurs chouchoutés
Les autorités ont même toléré l’ouverture d’une « Maison de la diversité » à Moscou, devenue, le temps du Mondial, un refuge pour les minorités sexuelles. Quoique régulièrement inspecté par des agents du FSB, les services de sécurité russes, le lieu, installé dans un théâtre à l’initiative du réseau Football Against Racism in Europe et de la FIFA sous la pression des défenseurs des droits humains, a accueilli des jeunes gays et lesbiennes venus regarder sur écran géant les matchs au milieu de drapeaux arc-en-ciel. Une première en Russie, où l’homophobie est ancrée et où une loi de 2013 punit toute manifestation homosexuelle pour « propagande auprès de mineurs ».
Les craintes formulées dans les médias étrangers avant le tournoi se sont dissipées. La consigne du Kremlin a été suivie à la lettre : montrer sous son meilleur jour le pays, plombé sur le plan international par le conflit ukrainien, l’ingérence dans les élections américaines ou l’affaire Skripal – du nom d’un ex-agent double empoisonné avec sa fille au Royaume-Uni. La Russie, il est vrai, n’a pas lésiné sur les moyens, avec plus de 9,5 milliards d’euros investis pour séduire la planète foot.
Partout, les quelque 750 000 supporteurs venus du monde entier ont été chouchoutés par un public chaleureux, des policiers polis et quelque 17 040 volontaires enthousiastes déployés dans les onze villes hôtes. « Je pense qu’il n’y a jamais eu autant d’étrangers dans notre pays », s’est réjoui Alexeï Sorokine, le patron du comité d’organisation russe.
En se propulsant en quarts de finale, la Sbornaïa, l’équipe nationale que personne n’attendait à ce niveau, a elle aussi rempli son contrat, entraînant d’inhabituelles manifestations de liesse chez les supporteurs russes gagnés par l’ambiance de carnaval. Dans les fan-zones officielles et spontanées, des milliers de personnes, toutes nationalités confondues, se sont retrouvées chaque soir. Une bouffée d’oxygène pour beaucoup de Russes – dont 68 % n’ont jamais voyagé à l’extérieur des frontières –, qui plus est dans un pays où les rassemblements sont soit interdits soit très encadrés.
« Vous êtes russe ? Alors ce sera interdit »
« Quand la Coupe du monde se terminera, on pourra boire de la bière comme ça [dans la rue] ? », s’est enquis un jeune homme auprès de deux policiers en faction dans la rue Nikolskaïa, devenue le lieu de rassemblement préféré à Moscou. « Vous êtes russe ? Alors ce sera interdit », lui ont répondu les deux fonctionnaires. La vidéo de l’échange s’est taillé un vif succès sur les réseaux sociaux.
La Russie peut également se targuer d’avoir testé avec succès la « fan ID », la carte d’identité des supporteurs pour la première fois dans un Mondial, qui a permis d’alléger les contraintes de visa et de voyager gratuitement dans les transports.
L’équipe d’Angleterre – seul pays dont les autorités avaient décidé de boycotter le Mondial en réaction à l’affaire Skripal – a été « très bien traitée », soulignait, samedi 14 juillet, le sélectionneur, Gareth Southgate, sans qu’il ait été besoin de lui poser la question. « On a beaucoup parlé des relations entre nos deux pays mais, d’un point de vue personnel, nous n’aurions pas pu recevoir meilleur accueil. »
Absent des stades, hormis lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, même pour soutenir l’équipe russe, le président Vladimir Poutine s’est offert une tournée mondiale d’entretiens en recevant plus d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Presqu’un Ballon d’or diplomatique.

        Lire notre éditorial :
         

          Le rêve en bleu






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-16">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

La France va accueillir 50 des 450 migrants débarqués en Italie

Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 19h39
   





                        


La France va accueillir, « dans un esprit de solidarité européenne », 50 des 450 migrants ayant débarqué lundi 16 juillet en Italie, dans la ville sicilienne de Pozzallo, après avoir été secourus par des navires italiens, a fait savoir l’Elysée. Quatre autres pays – l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne et Malte – se sont également engagés à accueillir aussi 50 personnes, très affaiblies par la détention en Libye et le voyage qui a coûté la vie à quatre Somaliens.
« Comme ses partenaires, la France a conditionné cet accueil au débarquement des personnes concernées en Italie, en application des règles internationales » et « dans le cadre d’une solution coopérative européenne », a déclaré l’Elysée. Une mission de l’OFPRA se rendra en Sicile, où ont débarqué les migrants, pour « examiner au cas par cas les situations individuelles », comme cela a été fait en Espagne avec les rescapés de l’Aquarius. « La France est ainsi fidèle à son approche de solidarité européenne et de responsabilité », fait valoir l’Elysée.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations, les migrants débarqués à Pozzallo, originaires principalement d’Erythrée et de Somalie, se trouvent dans un grand état de faiblesse : malnutrition, déshydratation, gale et séquelles des abus subis dans des centres de détention informels en Libye.
« Les migrants ont débarqué en Europe »
Les 450 migrants qui se trouvaient à bord de deux navires militaires dans les eaux italiennes depuis samedi ont tous débarqué dimanche, a fait savoir lundi matin le maire de Pozzallo. La décision du gouvernement italien fait suite à l’engagement de la France, l’Espagne, le Portugal, Malte et l’Allemagne d’accueillir chacun 50 migrants. « Aujourd’hui, pour la première fois, nous pouvons dire que les migrants ont débarqué en Europe », avait commenté avec satisfaction la présidence du conseil des ministres.

        Lire aussi :
         

                Migrants : l’Italie annonce que la France et Malte vont prendre leur part



L’Italie se plaint depuis des années du manque de solidarité des autres pays de l’UE dans la gestion du problème migratoire, estimant avoir été abandonnée face à l’arrivée de centaines de milliers de migrants sur ses côtes. « Les migrants recevront toute l’assistance nécessaire dans l’attente d’être répartis dans les autres pays européens » qui ont accepté de les accueillir, ajoute la présidence du conseil des ministres.
L’embarcation de bois avec 450 migrants à bord partis de Libye avait été repérée vendredi à l’aube dans les eaux internationales, dans la zone d’intervention maltaise.
Dans un échange de messages, courriels et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome avait tenté vendredi de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte. Malte a répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.
Depuis samedi matin, les deux navires militaires restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive. Les malades, les femmes et les enfants avaient été autorisés à débarquer en plusieurs tranches samedi et dimanche avant le feu vert au débarquement des hommes aussi, tard dimanche soir.

        Lire aussi :
         

                Plus de 600 migrants sont morts en Méditerranée ces quatre dernières semaines






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-17">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’Eglise orthodoxe commémore le tsar Nicolas II et sa famille, cent ans après leur mort, dans la nuit de lundi 16 à mardi 17 juillet, mais s’oppose toujours à l’Etat russe sur l’authenticité des restes retrouvés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Russie, une marche pour le dernier empereur

L’Eglise orthodoxe commémore le tsar Nicolas II et sa famille, cent ans après leur mort, dans la nuit de lundi 16 à mardi 17 juillet, mais s’oppose toujours à l’Etat russe sur l’authenticité des restes retrouvés.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 08h34
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Le patriarche orthodoxe Kirill devait prendre la tête d’une immense procession dans la nuit de lundi 16 à mardi 17 juillet, à Ekaterinbourg, dans la région de l’Oural où furent massacrés il y a tout juste cent ans, en juillet 1918, le tsar Nicolas II et sa famille. Objet de culte pour les uns – l’an passé, plus de 60 000 personnes s’étaient déjà rassemblées sur les lieux –, simple figure historique pour d’autres, le dernier empereur de Russie continue de diviser la société devenant même, depuis quelques années, source de conflit entre l’Etat et l’Eglise. Aucune commémoration officielle n’est ainsi prévue.
Vingt ans après l’inhumation des restes présumés du tsar, de son épouse Alexandra Feodorovna et de trois de leurs filles, Olga, Tatiana et Anastasia, découverts en 1979, l’Eglise orthodoxe conteste toujours leur authenticité, refusant même l’idée que des tests ADN puissent être pratiqués. En 1998, Alexis II, alors patriarche de l’Eglise orthodoxe, avait été jusqu’à snober les funérailles d’Etat organisées à la forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg. A la place, il avait envoyé un prêtre pour enterrer les « restes d’une personne inconnue ».
« Pas droit à l’erreur »
Les dépouilles d’une autre fille du couple impérial, Maria, et leur fils, le tsarévitch Alexeï, ont été retrouvés en 2007 seulement, à quelques dizaines de mètres de leurs parents, mais n’ont pas pu être encore inhumées, faute d’accord, là encore, avec les autorités. Elles sont entreposées à Moscou dans le monastère Novopasski. Le clergé, dominé par les conservateurs, refuse aussi de reconnaître leur authenticité, estimant qu’il n’y a pas assez de preuves. « Les experts n’ont aucun doute, fustigeait samedi 14 juillet l’agence russe Interfax. Les scientifiques ont comparé l’ADN d’Alexandre III avec les restes de Nicolas II et du tsarévitch Alexeï et ont établi qu’il s’agissait de la même lignée sur trois générations des Romanov ».
Selon la doxa...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-18">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans certains lieux touristiques, les recettes de TVA ont progressé de 200 %, les commerçants redoutant des sanctions en cas de triche.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Grèce, la lutte contre la fraude fiscale récolte ses premiers fruits

Dans certains lieux touristiques, les recettes de TVA ont progressé de 200 %, les commerçants redoutant des sanctions en cas de triche.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 15h00
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        



                                


                            

Alors que la saison touristique bat son plein en Grèce, il n’est pas rare de voir un serveur se précipiter avant la fin du repas afin de donner un reçu fiscal aux clients. « J’ai déjà été contrôlé deux fois cette saison, et je suis désormais prudent, je ne veux pas fermer ma boutique ! », avoue Stavros, propriétaire d’un restaurant sur l’île de Mykonos. Depuis 2016 et la création du secrétariat général aux recettes publiques (AADE en grec), les inspecteurs des impôts qui dépendent de cet organisme font des descentes dans les îles. Non sans succès : les recettes de TVA dans certains lieux touristiques comme Mykonos ont bondi de plus de 200 % ! Plus généralement, sur les cinq premiers mois de 2018, les recettes fiscales ont augmenté de 393 millions d’euros. Autre chiffre significatif pour l’AADE : le recouvrement de l’impôt sur le revenu est désormais de 91 % en Grèce, contre 88 % en 2014. Il est en moyenne de 95 % dans l’Union européenne.
Depuis 2011, diverses mesures ont été prises pour lutter contre la fraude fiscale, qui représente pour l’Etat grec un manque à gagner annuel de 11 à 16 milliards d’euros. Les contribuables ont l’obligation de faire leur déclaration en ligne, les contrôles fiscaux sont plus nombreux, les informations sont recoupées pour estimer le revenu réel des individus, des sanctions ont été mises en place en cas de fraude – par exemple la fermeture pendant 30 jours des magasins et des entreprises qui tentent de ne pas payer la TVA –, le Secrétariat général aux recettes publiques, dont les inspecteurs sont mieux formés, a été créé, tout comme une unité de règlement des contentieux pour éviter d’aller jusqu’aux tribunaux qui sont débordés.
La marque de la France
Derrière cette réforme de l’administration fiscale, on trouve la marque de la France qui, dès 2011, dans le cadre du premier plan d’aide à la Grèce, avait été chargée de cette mission difficile. « Du chemin a été parcouru en ce qui concerne l’aspect du...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-19">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les présidents russe et américain se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet extrêmement attendu.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Au sommet entre Trump et Poutine à Helsinki, la tentation des zones d’influence

Les présidents russe et américain se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet extrêmement attendu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 10h56
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale) et 
Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La perspective d’un départ américain de l’OTAN est restée à l’état de menace au cours du sommet organisé les 11 et 12 juillet à Bruxelles – un levier manifestement utilisé par le président des Etats-Unis pour obtenir un engagement plus consistant de ses alliés à augmenter leurs dépenses de défense. Donald Trump l’a revendiqué comme un succès personnel, renouvelant son attachement à une organisation qu’il a souvent critiquée.
Ces relations ambivalentes avec l’Alliance atlantique s’inscrivent dans une remise en cause systématique des piliers de l’ordre mondial mis en place par Washington après la seconde guerre mondiale. Aucune instance multilatérale n’échappe à ses diatribes. Aucun des alliés historiques des Etats-Unis n’est épargné par ses décisions, qu’il s’agisse de la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien ou des taxes sur les importations, qui visent à rééquilibrer une balance commerciale lourdement déficitaire.
Son jugement sur l’Union européenne (UE), conçue selon lui pour nuire aux Etats-Unis, s’inscrit dans le même registre. Favorable au Brexit, le président américain préférerait des relations bilatérales avec chacun des pays européens.

Donald Trump n’a pas formulé pour autant une véritable alternative à cet ordre décrié. Il s’est contenté de revendiquer un très vague « réalisme basé sur des principes », rompant avec les idéaux jugés dévastateurs du néoconservatisme, et un recentrage sur les seuls intérêts américains, tournant le dos à l’interventionnisme des trois dernières décennies. Sa première véritable rencontre avec Vladimir Poutine, à Helsinki, lundi 16 juillet, va donc mettre à l’épreuve ces instincts unilatéralistes.
Un souci de recentrage
Sur au moins deux dossiers qui tiennent à cœur à son homologue – l’annexion de la Crimée et la Syrie –, Donald Trump a alimenté l’ambiguïté. Avant de quitter Bruxelles, jeudi, il a assuré « ne pas être content » d’une annexion qui a provoqué l’adoption...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-20">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La ville anglaise vit un cauchemar après la mort d’une habitante, quatre mois après l’attentat contre l’ex-agent double Sergueï Skripal.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Salisbury, charmante cité anglaise empoisonnée par le Novitchok

La ville anglaise vit un cauchemar après la mort d’une habitante, quatre mois après l’attentat contre l’ex-agent double Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 10h40
    |

                            Allan Kaval (Salisbury, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Jason Regent croise les jambes, assis à son bureau, vêtu d’élégants pantalons en tissu prince-de-galles. « Le plus perturbant dans toute cette histoire, c’est l’inconnu, n’est-ce pas ? » Au premier étage de sa boutique sur High Street, à Salisbury, M. Regent, tailleur, s’interroge. Chaussures de fabrication anglaise ou vestes de tweed, gins d’exception ou whiskys fins, jolis foulards pour excentriques ou chaussettes en double fil d’Ecosse, il sait parfaitement d’où provient et comment a été produit chacun des articles qui garnissent sa boutique. Il reconnaît au toucher chacun des tissus sélectionnés pour tailler les plus belles pièces disponibles à la vente, celles qu’il a dessinées lui-même. Il sait aussi qui sont ses voisins et est à peu près sûr de croiser quelqu’un qu’il connaît lorsque, à pied, il quitte son domicile pour aller travailler, barbe longue bien taillée, chemise et cravate impeccables.

Il y a pourtant quelque chose que M. Regent ignore, qui l’interpelle et le trouble, une question à laquelle il ne sait pas répondre et qui perturbe l’élégant ordinaire de ses jours. Pourquoi, quatre mois après avoir manqué d’ôter la vie à un ancien agent double soviétique – oui, Salisbury en abritait un parmi ses 45 000 habitants, Sergueï Skripal, sous la protection des services secrets de Sa Majesté –, un composé chimique baptisé du nom russe de Novitchok a frappé, peu avant le 30 juin, un couple de marginaux locaux en prise à des problèmes de drogue ? Dawn Sturgess, 44 ans, en a perdu la vie le 8 juillet, et son compagnon, Charlie Rowley, 45 ans, est toujours hospitalisé. Pourquoi eux ? Pourquoi si longtemps après le premier incident ? Le mal invisible qui les a frappés rôde-t-il toujours ?
Vendredi, la police britannique a annoncé avoir trouvé une petite bouteille ayant contenu du Novitchok au domicile de M. Rowley. Les autorités parlent d’un « développement important et positif ». L’énigme reste pourtant...




                        

                        

