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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le pays le plus pauvre d’Amérique centrale est secoué depuis trois mois par des manifestations. Des centaines de personnes ont été tuées.
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Nicaragua : une ville rebelle cible d’une violente opération des forces du gouvernement

Le pays le plus pauvre d’Amérique centrale est secoué depuis trois mois par des manifestations. Des centaines de personnes ont été tuées.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 18h00
   





                        



Les violences n’en finissent plus au Nicaragua, secoué depuis trois mois par des manifestations réprimées dans le sang, qui ont causé la mort de centaines de personnes. La ville rebelle de Masaya était, mardi 17 juillet au matin, la cible de tirs nourris provenant des forces progouvernementales, a annoncé l’Eglise catholique de ce pays.
« Ils attaquent Monimbo [un quartier de Masaya] ! Les balles atteignent la paroisse de Marie-Madeleine, où le prêtre s’est réfugié », a écrit sur Twitter l’évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, appelant le président nicaraguayen, Daniel Ortega, à « arrêter ce massacre ».
Cette opération, baptisée par l’opposition « opération nettoyage », cible le quartier indigène de Monimbo, où la population est particulièrement mobilisée contre le gouvernement. Des barricades allant jusqu’à deux mètres de haut y ont été élevées.
Au bruit des rafales, provenant des différentes entrées de la ville, s’est mêlé celui des cloches des églises afin d’alerter la population, ont raconté par téléphone des habitants à des radios de la capitale, Managua.

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          « Au Nicaragua, les féministes ont vu venir la dictature actuelle »



Six civils et quatre policiers tués depuis dimanche
Une quarantaine de pick-up avec des membres des forces antiémeutes et des paramilitaires fortement armés sont entrés au petit matin dans Masaya, à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.
« On nous attaque de plusieurs points d’entrée à Monimbo », a déclaré dans un message audio envoyé par la messagerie WhatsApp le dirigeant du mouvement étudiant du « 19 avril », Cristian Fajardo.

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Six civils et quatre policiers ont été tués dimanche dans des opérations des forces de police et paramilitaires à Masaya et dans ses environs. La police n’a confirmé que deux morts, dont un de ses agents.

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Le Nicaragua, pays le plus pauvre d’Amérique centrale, est secoué depuis trois mois par des violences. Un mouvement de protestation, dont les étudiants sont le fer de lance, a été lancé le 18 avril contre le gouvernement de Daniel Ortega, 72 ans, à la tête du Nicaragua depuis 2007, après l’avoir déjà dirigé de 1979 à 1990.

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Il est accusé d’avoir mis en place avec son épouse, Rosario Murillo, qui occupe les fonctions de vice-présidente, une « dictature » marquée par la corruption et le népotisme. Ses adversaires demandent des élections anticipées ou son départ.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, un procès théâtralisé de l’UE s’est tenu lundi à Paris avec, à la barre, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et son ex-homologue italien, Sandro Gozi.
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Un faux procès de l’Union européenne afin de faire avancer les débats

Dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, un procès théâtralisé de l’UE s’est tenu lundi à Paris avec, à la barre, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et son ex-homologue italien, Sandro Gozi.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h40
    |

                            Sarah Calamand








                        



   


Dans la salle du tribunal de la « Cour des affaires exceptionnelles à caractère communautaire », l’Europe est sur le banc des accusés. Lundi 16 juillet, à la Maison de la poésie (Paris 3e), le procès de l’Europe est mené par les comédiens de l’association marseillaise Les Têtes de l’art, qui campent les rôles du président du tribunal, de la procureure, de l’avocat de la défense et du greffier. Les chefs d’inculpation sont nombreux : « entrave à la libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen », « atteinte au principe de solidarité », « publicité mensongère et tromperie sur la nature du projet européen ».
Autant de critiques qui résonnent avec l’actualité et soulignent les difficultés de l’Union européenne. Deux témoins, qui connaissent bien l’accusée, mais qui ignorent les questions qui leur seront posées, sont appelés à la barre face à un public de jurés : la ministre française Nathalie Loiseau, et l’ancien secrétaire d’Etat italien Sandro Gozi, tous deux chargés des affaires européennes.

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Ce procès entre dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, proposition de campagne du candidat Emmanuel Macron. Depuis le lancement de ce processus, le 17 avril à Epinal, dans les Vosges, plus de 400 événements ont déjà été organisés dans plusieurs Etats membres, en premier lieu la France. De formes variées, ils visent à rassembler les propositions des Européens afin de construire le projet de refondation autour de leurs préoccupations. Mais ce dispositif peine à trouver un écho dans les médias et auprès du grand public.
Public hilare
Cette fois, Nathalie Loiseau, cheville ouvrière de ces consultations au sein du gouvernement, est entourée de personnages souvent cocasses, d’un public hilare, dans un décor et une ambiance burlesques. A la barre, elle doit répondre aux critiques formulées à l’égard de l’Europe concernant la sécurité des Européens, leur nostalgie des frontières et des monnaies nationales, ou le coût du projet commun. Au passage, la ministre vante l’intérêt de la récente loi commune censée protéger les données personnelles des citoyens, une première dans le monde. Elle reconnaît cependant qu’en matière de politique sociale l’Europe « manque d’ambition ». En mai 2018, selon Eurostat, le chômage s’élevait à 16,8 % chez les jeunes de la zone euro de moins de 25 ans. Pour autant, à l’en croire, la disparition de l’Europe n’est pas la solution : « Les jeunes sont les premiers frappés par la crise. Mais sans Europe, il n’y a pas de filet de sécurité. »

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Sandro Gozi, deuxième témoin à comparaître, sera interrogé sur le manque de clarté des institutions de l’Union. « En principe, ça devrait être simple. Mais dans la pratique, le nombre de comités, de fonctionnaires, de bureaucrates complique les choses. » Et pour revenir à un fonctionnement sain de l’Union, l’ancien secrétaire d’Etat italien propose de se rapprocher du contenu des traités : « Les traités sont bons. Il faut prendre du recul, observer l’Europe de l’extérieur. On voit alors tout ce qu’on a à perdre. » « Est-ce bien normal ? », lui demande la procureure, en dénonçant le « simulacre de démocratie » que représenterait, selon elle, le Parlement européen, privé du pouvoir d’initiative des lois. N’ayant le choix qu’entre « oui » et « non », Sandro Gozi répondra « non », dans un sourire gêné, sous les rires du public.
La pièce se termine par une scène comique, dans laquelle le réquisitoire et la plaidoirie sont prononcés en même temps, dans une cacophonie générale, puis le président du Tribunal invite les jurés, non pas à rendre leur verdict, mais « à forger [leur] intime conviction » quant à l’avenir de l’Europe.
Propositions des citoyens
Si le spectacle se veut participatif, la véritable « consultation » ne commence qu’une fois la pièce terminée. A la sortie, les spectateurs sont invités à écrire leurs propositions pour l’Europe et à les glisser dans une urne. Ils peuvent également décrire leurs peurs et leurs espoirs sur des panneaux installés à cet effet dans le couloir menant à la salle de spectacle. Ainsi, le « programme Erasmus », « plus de soixante ans de paix », l’envie d’une « vraie force contre Trump » inspirent les Européens en ce qui concerne l’avenir. Le public s’inquiète cependant de la « perte d’influence de la France » ou encore des « disparités ».
« L’intérêt de ce rendez-vous, c’est de comprendre pourquoi il est important de conserver l’Union. Les gens ne se sentent pas assez concernés par l’Europe. » Kenza, avocate
Les spectateurs sortent toutefois requinqués de l’audience. Alix et Eva, étudiantes de 23 et 21 ans, plébiscitent l’événement, car il clarifie le fonctionnement de l’Europe auprès des jeunes : « Tout le monde devrait participer à ce genre d’occasion ! » Pour Kenza, avocate en droit public, « l’intérêt de ce rendez-vous, c’est de comprendre pourquoi il est important de conserver l’Union Européenne, de ne pas la laisser disparaître. Les gens ne se sentent pas assez concernés par l’Europe ».
La salle affichait pourtant complet, et pour Nathalie Loiseau, l’objectif semble atteint : « Les gens se sont posé des questions tout en se distrayant. » Concernant la suite du programme, les propositions des citoyens seront regroupées. « Nous allons demander à un groupe d’experts complètement indépendants de faire une synthèse de ces consultations. Je n’ai pas voulu que ce soit fait par les gouvernements, car c’est vraiment la voix des citoyens, et il faut que ça le soit de bout en bout », explique la ministre.

Mme Loiseau n’en a pas fini avec les consultations citoyennes voulues par Emmanuel Macron, puisqu’elles sont censées se tenir jusqu’en octobre 2018, avant de faire l’objet d’une synthèse lors d’un Conseil européen extraordinaire en mai 2019, pour contribuer à fixer l’agenda du continent pour les cinq ans à venir. Quant à la troupe des Têtes de l’art, elle est déjà en route pour renouveler l’exercice ailleurs en France. Sans ses deux témoins majeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Dès l’accession du président Daniel Ortega au pouvoir, le mouvement féministe a mis en garde contre le risque d’un basculement du régime dans la dictature, relève dans une tribune au « Monde » Delphine Lacombe, sociologue chargée de recherche au CNRS.
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« Au Nicaragua, les féministes ont vu venir la dictature actuelle »

Dès l’accession du président Daniel Ortega au pouvoir, le mouvement féministe a mis en garde contre le risque d’un basculement du régime dans la dictature, relève dans une tribune au « Monde » Delphine Lacombe, sociologue chargée de recherche au CNRS.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h15
    |

Delphine Lacombe (Sociologue, chargée de recherche au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune - Depuis quatre-vingt-dix jours, Daniel Ortega et son épouse, Rosario Murillo, répriment dans le sang la population nicaraguayenne opposée à leur dictature. Le week-end dernier, à Managua, deux étudiants ont été tués d’une balle dans la tête, dans une église où ils s’étaient réfugiés avec une centaine de leurs camarades. Les 15 et 16 juillet, une nouvelle opération de terreur a été menée dans plusieurs villes proches de la capitale, ajoutant au moins dix personnes à la liste des trois cent cinquante tués depuis la fin d’avril.
Force est de constater que quelques témoins et observateurs avaient précocement compris que le retour au pouvoir de Daniel Ortega (chef de l’Etat de 1984 à 1990) n’était que l’aboutissement d’une stratégie de réascension politique à des fins dictatoriales.
Il suffisait d’écouter nombre de féministes pour comprendre la genèse de la tyrannie actuelle.
Dès 1994, au moment où Daniel Ortega finit par s’imposer seul à la tête du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), la journaliste et sociologue Sofía Montenegro rappelle dans un article intitulé « le FSLN est-il révolutionnaire ? » (« ¿Es Revolucionario el FSLN? », voir le lien PDF) que cette organisation s’est toujours donné pour principales vertus l’autoritarisme et l’obéissance, certes confortées par la polarisation guerrière des années 1980.
Egoïsme et déviationnisme idéologique
Si la « mystique révolutionnaire » a pu fomenter une énergie collective tournée vers la dignité nationale, elle a aussi été une « mystique de la négation, négation des individus et de la vie même », tant le fait d’exprimer un désir de libération personnelle et collective, notamment en tant que femmes, pouvait être marqué au sceau de l’égoïsme et du déviationnisme idéologique.
Elle affirmait que sans un véritable aggiornamiento, le FSLN serait voué à reproduire à nouveaux frais ce modèle, proclamateur de vœux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La Commission électorale britannique rend ses conclusions quelques mois après les accusations portées par un lanceur d’alerte.
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Au Royaume-Uni, la campagne pour le Brexit sanctionnée pour infraction au code électoral

La Commission électorale britannique rend ses conclusions quelques mois après les accusations portées par un lanceur d’alerte.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h02
   





                        



   


La campagne officielle pour le vote en faveur du Brexit, Vote Leave, a reçu une amende pour avoir enfreint le code électoral, a annoncé mardi 17 juillet la Commission électorale britannique, quelques mois après les accusations d’un lanceur d’alerte.
La Commission électorale a « mené une enquête approfondie » sur les campagnes menées par Vote Leave, soutenue par des figures du parti conservateur, comme l’ex-ministre des affaires étrangères Boris Johnson, le ministre de l’environnement, Michael Gove, et BeLeave, un plus petit groupe militant également pour le Brexit lors du référendum sur le maintien dans l’Union européenne (UE) en juin 2016.
« Nous avons trouvé des preuves substantielles que les deux groupes travaillaient à un plan commun, ne déclaraient pas leur travail commun et ne respectaient pas les limites de dépenses [de campagne] légales », a expliqué la Commission.
Elle rend ses conclusions quelques mois après les accusations du lanceur d’alerte Christopher Wylie, selon lesquelles la société Cambridge Analytica, accusée d’avoir utilisé à des fins politiques les données privées de millions d’utilisateurs de Facebook, avait joué un « rôle crucial » dans le vote en faveur du Brexit.
Christopher Wylie avait affirmé qu’Aggregate IQ, une entreprise canadienne liée à Cambridge Analytica, avait travaillé avec cette dernière afin d’aider la campagne en faveur de la sortie de l’UE, « Leave. EU », à contourner son plafond de dépenses. Dans un entretien avec plusieurs journaux européens, M. Wylie avait déclaré que « sans Aggregate IQ, le camp du “Leave” n’aurait pas pu gagner le référendum du 23 juin 2016, qui s’est joué à moins de 2 % des votes ». Les Britanniques avaient voté à 52 % pour la sortie de l’UE.
Sur son site Internet, Aggregate IQ dément avoir fait partie de Cambridge Analytica ou de sa société mère SCL, avoir employé Christopher Wylie et avoir eu accès à des données Facebook obtenues de manière irrégulière.

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Un résultat « plus suspect que jamais »
Le groupe BeLeave, fondé par l’étudiant en mode Darren Grimes, a dépensé plus de 675 000 livres (761 000 euros) pour Aggregate IQ, spécialisée dans la publicité politique en ligne, « dans le cadre d’un plan commun avec Vote Leave », selon la Commission.
« Ces dépenses auraient dû être déclarées par Vote Leave », affirme-t-elle, calculant que le groupe a dépassé le plafond de dépenses, fixé à 7 millions de livres (7,9 millions d’euros), de presque 500 000 livres (565 000 euros).
Vote Leave devra payer 61 000 livres (69 000 euros) pour plusieurs infractions au code électoral, et le fondateur du groupe BeLeave, Darren Grimes, 20 000 livres, le maximum possible pour un particulier. La Commission a alerté la police et lui a transmis les résultats de son enquête.
Pour les partisans du maintien dans l’Union européenne, les conclusions de la Commission ont jeté le doute sur la valeur du résultat issu du référendum et renforcé la nécessité d’en organiser un second. « Le résultat serré du référendum a l’air plus suspect que jamais », a tweeté le député travailliste et proeuropéen David Lammy :

It's official, the Leave campaign broke electoral law. 

— DavidLammy (@David Lammy)


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A la Chambre des communes, le député travailliste Chuka Umunna, proeuropéen, a interrogé le gouvernement sur l’impact des ces irrégularités sur le résultat du référendum. Selon Downing Street, le référendum était un « exercice démocratique légitime, lors duquel le public a donné son avis ».

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Un autre mouvement pro-Brexit déjà sanctionné
Un porte-parole de Vote Leave a riposté en accusant le rapport de la commission de contenir « un certain nombre de fausses accusations et d’affirmations incorrectes ». Il a regretté que les enquêteurs aient écouté de « soi-disant lanceurs d’alertes » et « n’ait interviewé personne de Vote Leave ». « Nous étudions les options possibles mais sommes confiants [dans le fait] que ces conclusions seront rejetées », a ajouté ce porte-parole.
Mais selon la Commission, Vote Leave a « refusé de coopérer » à l’enquête, « a rejeté nos demandes d’entretien avec un représentant [du mouvement] et nous a forcés à utiliser nos pouvoirs légaux pour le contraindre à fournir des preuves ». « Néanmoins, nous avons trouvé des preuves claires et importantes », a-t-elle poursuivi.
De son côté, Darren Grimes s’est dit « choqué » et « déçu » par la décision de la Commission de le sanctionner « pour avoir coché la mauvaise case sur un formulaire ». « L’amende est totalement disproportionnée et injustifiée », a-t-il posté sur Twitter.
En mai, la Commission électorale britannique avait sanctionné un autre mouvement pro-Brexit, Leave. EU, qui avait reçu une amende de 70 000 livres (79 000 euros) à cause de multiples irrégularités dans le financement de sa campagne.
Créé en 2015 pour défendre une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Leave. EU était soutenu par l’ancien leader du parti europhobe UKIP, Nigel Farage, mais ne faisait pas partie de la campagne officielle du référendum. Très présent sur les réseaux sociaux et axant sa campagne sur un fort sentiment anti-establishment, Leave. EU avait toutefois été décisif quant au vote des Britanniques en faveur du Brexit.

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Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
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six questions sur la situation au 29 mars 2018, soit un an jour pour jour avant la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européennele décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transitionl’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UEl’analyse du correspondant du Monde au Royaume-Uni, selon qui les Britanniques ne regrettent pas le Brexitle zoom sur la City de Londres, qui se rêve en terre d’accueil des capitaux d’Asie ou du Moyen-Orientles conséquences en Irlande, où le Brexit ébranle vingt années de paixla tribune de l’économiste Nicolas-Jean Brehon pour qui le Brexit pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-mêmecomprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneretour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’homme politique britannique a posté une photo pour critiquer les militants pro-immigration. Mais le montage grossier est un détournement d’une campagne d’Amnesty International.
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« Mes jambes sont ouvertes pour les réfugiés » : Nigel Farage partage une photo truquée insultante

L’homme politique britannique a posté une photo pour critiquer les militants pro-immigration. Mais le montage grossier est un détournement d’une campagne d’Amnesty International.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h08
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Croyant pourfendre les militants favorables aux réfugiés, Nigel Farage s’est embourbé dans une fausse information. « Quelle insulte envers les victimes d’abus sexuels à Cologne et de viols à Malmö. Ces gens sont malades », a tweeté l’ancien chef du UKIP, parti europhobe et anti-immigration britannique, samedi 14 juillet. Ces quelques mots étaient accompagnés de la photo d’une femme portant une pancarte aux couleurs de l’arc-en-ciel, sur laquelle est écrit en lettres d’imprimerie et à la main « mes jambes sont ouvertes pour les réfugiés ».

   


C’est faux
Las, la photographie partagée par Nigel Farage n’est… qu’un faux grossier. Le cliché a été pris par la journaliste Lasia Kretzel au Canada, en octobre 2015. Dans une série de tweets, la reportrice est revenue sur la genèse de cette photographie :
« Cette femme, dont je ne connais pas le nom, portait une pancarte faite par Amnesty International, sur laquelle était écrit “ma porte est ouverte aux réfugiés”. La photographie a été retouchée (grossièrement) et a fleuri sur Internet pour servir une propagande anti-immigration. Cette photo n’a rien à voir avec Cologne, Malmö, des abus sexuels ou des viols. »

.@Nigel_Farage 
— lkretzel1130 (@Lasia Kretzel)


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Nigel Farage a, depuis, supprimé son Tweet. « La photo s’est avérée être une “fake news”, mais la brigade des “refugees welcome” doit réfléchir à ce qui est en train de se passer », a-t-il écrit peu après le correctif de Lasia Kretzel — dans un Tweet lui aussi supprimé.
Mais la photographie retouchée continue son voyage de pages complotistes en comptes Twitter d’extrême droite. Elle a également été partagée par des personnalités issues du secteur du divertissement — à l’instar de l’acteur américain James Woods, prenant fréquemment position contre l’immigration et pour de Donald Trump.
Interrogée par le site canadien The Province, Lasia Kretzel a exprimé sa colère face aux détournements de sa photographie. « C’est nul de voir son image réutilisée à mauvais escient, s’est attristée la photographe. Produire de vraies informations nous demande beaucoup de temps et de travail. A l’ère des fausses informations, cela ne fait pas avancer la discussion. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Refusant d’accuser la Russie de toute collusion avec son équipe de campagne, en 2016, le président Trump a ouvertement soutenu Vladimir Poutine, même contre le FBI.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le président des Etats-Unis réussit l’exploit de faire l’unanimité au sein des médias. Tous décrient, avec plus ou moins de virulence, une soumission à Vladimir Poutine.
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Sommet d’Helsinki : Donald Trump dénigré par les médias américains, y compris Fox News

Le président des Etats-Unis réussit l’exploit de faire l’unanimité au sein des médias. Tous décrient, avec plus ou moins de virulence, une soumission à Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h54
   





                        



   


On n’est jamais mieux trahi que par les siens, dit l’adage populaire. Au lendemain du sommet d’Helsinki, même Fox News a vivement critiqué l’attitude de Donald Trump envers Vladimir Poutine, laissant le président des Etats-Unis plus isolé que jamais sur la scène politique nationale.
A l’antenne de la pourtant très droitière chaîne de télévision, d’ordinaire prompte à soutenir la Maison Blanche, l’un des présentateurs a affirmé que la conférence de presse de Donald Trump avec son homologue russe, « a donné une très mauvaise image de lui. […] Il a semblé en décalage avec la réalité et les faits ».

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Sur son site, Fox News publie en outre une longue tribune – intitulée « Ce n’est pas une manière de gagner contre la Russie » – qui, là encore, dénonce l’attitude du président. Ce dernier a dit croire aux dénégations de Vladimir Poutine, malgré les preuves fournies par ses services de renseignements, sur l’ingérence russe lors des élections de 2016.
Fox News s’insurge :
« Plutôt que de s’opposer à Poutine, Trump a proposé de coopérer avec la Russie sur les problèmes qu’elle a elle-même créés. C’est comme demander à un criminel d’enquêter sur ses propres crimes. »
« Des carottes pour Vladimir Poutine »
Ce désaveu est d’autant plus cinglant qu’il vient du propre camp du président, qui réussit la gageure de susciter un large consensus dans le paysage médiatique américain, habituellement opposé idéologiquement. Ainsi, de nombreux sites prorépublicains dénoncent, mardi 17 juillet, « l’échec » du sommet, le Washington Examiner osant un jeu de mots en titre évoquant le « flop » d’« Hell-sinki » (littéralement, « le sommet de l’enfer »).
A l’unisson, The Federalist évoque une « grande occasion manquée pour les intérêts américains ». « D’ordinaire, Trump sait traiter ses interlocuteurs avec à la fois le bâton et la carotte. Pourquoi n’y a-t-il eu que des carottes pour Vladimir Poutine ? », s’interroge le site d’information, pourtant partisan d’un rapprochement avec la Russie.

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Le très conservateur National Review tacle tout aussi violemment – sinon plus – l’attitude du locataire de la Maison Blanche :
« Ce sommet ne signifie pas, comme l’ont suggéré les démocrates, que Trump partage son lit avec les Russes. De manière beaucoup plus probable, cela signifie que l’ego de Trump est une blessure géante grande ouverte, qui suppure d’une rage discontinue dès qu’on ose suggérer que sa victoire électorale en 2016 a pu venir d’une manipulation. »
Sans surprise, l’ensemble de la presse a tiré à boulets rouges sur la stratégie présidentielle. CNN qualifie cette rencontre de « moment le plus stupéfiant d’une présidence qui n’en manque pas ». La chaîne télévisée déplore « un gouffre aussi grand que le Grand Canyon », entre les allégations du président à Helsinki et la réalité d’une présidence russe qui « a depuis toujours pour objectif de réussir à déstabiliser le monde occidental ». 
« Le rôle du chien dominant »
Comment justifier ce discours ? ce désaveu complet des services de renseignement états-uniens ? cette adoption de la novlangue russe en matière de complot anti-Moscou ? La presse cherche des réponses. « Un tel comportement est si pervers, si contraire aux valeurs et aux intérêts américains qu’une seule conclusion s’impose : soit Donald Trump travaille pour le renseignement russe, soit il aime jouer ce personnage à la télévision », tente d’avancer le New York Times.

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Le média en ligne Vice News tout comme CNN optent pour la théorie du « kompromat » : « Il est probable que les Russes aient quelque chose de compromettant à son sujet, quelque chose de tellement embarrassant qu’il préfère ignorer le danger immédiat évident posé par la Russie plutôt que de le voir devenir public. »
Le Los Angeles Times préfère y lire, au minimum, une histoire de cohérence politique, puisque parler d’une ingérence reviendrait à délégitimer son élection et donc sa présidence. Ou alors, de formuler une hypothèse plus testostéronée et cryptique : « Trump admire Poutine parce que les hommes comme lui admirent les hommes comme Poutine », résume le quotidien californien.
Serait-ce là la seule clé de lecture du sommet d’Helsinki ? Une histoire de domestication, qu’a également soulignée le New Yorker, dans un article consacré notamment à la gestuelle des deux acteurs du sommet :
« Poutine a clairement joué le rôle du chien dominant dès le début. […] Il montre son ennui. Il s’avachit dans son siège, les jambes écartées. Souvent, il ne regarde même pas Trump. Trump, qui porte invariablement sa cravate rouge, est assis sur le bord de son fauteuil. Ses doigts s’entrechoquent, peut-être instinctivement, peut-être nerveusement. »
Et le Boston Globe de filer cette métaphore canine, évoquant ce moment où « Poutine a caressé son caniche ». Le quotidien conclut qu’il est « désormais impossible de ne pas réaliser que Trump ne combattra pas la Russie s’il n’y est pas forcé par le Congrès. C’est à lui désormais de désavouer officiellement Donald Trump ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Parallèlement à l’accord commercial visant à contrer les mesures protectionnistes engagées par Donald Trump, Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.
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L’Union européenne et le Japon concluent un accord de libre-échange historique

Parallèlement à l’accord commercial visant à contrer les mesures protectionnistes engagées par Donald Trump, Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Tandis que Donald Trump poursuit le virage isolationniste américain, l’Union européenne (UE) multiplie, a contrario, les alliances. Mardi 17 juillet, ses principaux dirigeants — Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission, et Donald Tusk, le président du Conseil — ont signé un « accord de partenariat économique » entérinant définitivement le traité de libre-échange UE-Japon.
Un accès inédit des produits agricoles européens au marché nippon
Ce dernier est le plus important à ce jour jamais signé par les Européens : il devrait permettre un accès inédit des produits agricoles européens au marché nippon, encore très fermé, avec la reconnaissance d’environ deux cents appellations d’origine protégée, et, à terme, entraîner l’annulation de un milliard d’euros de droits de douane annuels sur les produits importés par le Japon. En échange, Tokyo a obtenu une levée progressive des droits de douane sur ses voitures et sur ses pièces détachées automobiles.
Quelques jours après que le président américain a qualifié l’UE d’« ennemie », MM. Juncker et Tusk ont de nouveau profité de l’occasion, à Tokyo, « si éloignée, mais si proche politiquement », comme l’a souligné le président du Conseil, pour insister sur l’importance du multilatéralisme. « Nous envoyons un message clair contre le protectionnisme », a déclaré M. Tusk, « l’accord UE-Japon est une lumière dans la noirceur croissante de la politique internationale », a ajouté, très grave, l’ex-premier ministre polonais.

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          Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine



« Nous démontrons que nous sommes plus forts quand nous travaillons de concert. Il n’y a pas de protection dans le protectionnisme », a ajouté M. Juncker, lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre japonais, M. Shinzo Abe. Le président de la Commission doit rencontrer Donald Trump avant la fin de juillet à Washington, mais déjà Bruxelles est tétanisée par les menaces du président américain d’imposer les exportations automobiles européennes aux Etats-Unis.
Tokyo s’aligne sur la protection des données personnelles
Bruxelles a conclu un autre accord majeur, mardi, avec Tokyo, même si l’événement a été un peu éclipsé par ces déclarations politiques. Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles. Pour ce faire, le Japon a accepté d’aligner sa législation, déjà très protectrice, sur le fameux règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), entré en force en mai et considéré comme un des plus avancés au monde. Il donne théoriquement aux internautes le contrôle complet de l’usage que les services en ligne font de leurs données.
Le Japon s’est notamment engagé à réviser sa définition des « données sensibles »
« Les données sont le carburant des économies mondialisées, et cet accord va leur permettre de circuler de manière sécurisée, pour le bénéfice des citoyens et des entreprises », s’est félicitée la commissaire à la justice européenne, Vera Jourova. Pour se mettre en conformité, le Japon s’est notamment engagé à réviser sa définition des « données sensibles », et a accepté l’établissement d’une instance de recours, au sein de l’autorité japonaise de protection des données, au cas où des Européens auraient à se plaindre de l’utilisation faite de leurs données personnelles sur le sol nippon.

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          Bruxelles s’attaque à la régulation des plates-formes du Web



L’UE a déjà accommodé ce type d’équivalences, notamment avec l’Argentine, Andorre, Guernesey, Jersey, la Nouvelle-Zélande, le Canada ou les Etats-Unis. Mais dans ces deux derniers cas, les équivalences sont partielles ; dans le cas canadien, elles ne concernent que les entreprises soumises à la « loi fédérale sur les données personnelles et les documents électroniques ». Elles ne valent, en l’absence de règlement général sur la protection des données aux Etats-Unis, que pour les entreprises américaines s’étant engagées à respecter le mécanisme dit « Privacy Shield », entré en vigueur en 2016.
Etudié par les Britanniques
A l’heure de la numérisation accélérée des échanges, cet accord constitue un précédent pour l’UE, qui rêve d’exporter le plus possible son RGDP. Dans l’intérêt de ses citoyens, mais aussi dans celui de ses entreprises.
Il devrait être étudié de près par les Britanniques, à qui l’UE a proposé, pour l’après-Brexit, un régime d’équivalences afin que leurs services financiers puissent continuer à opérer dans le marché intérieur de l’Union. Mais Londres aura aussi forcément besoin d’un traité régissant les échanges dématérialisés avec l’Union.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Editorial. La rencontre entre le président américain et son homologue russe s’est faite aux dépens du premier, prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour lui complaire.
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Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine

Editorial. La rencontre entre le président américain et son homologue russe s’est faite aux dépens du premier, prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour lui complaire.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 15h04
   





                        



Editorial du « Monde ». « Faible ». Voilà pour Donald Trump ce qui constitue la sentence suprême. Celle qu’il fait tomber régulièrement comme un couperet sur ses adversaires depuis qu’il s’est installé à la Maison Blanche. Cette obsession est ancienne. Sa première publicité de campagne, il y a plus de trente ans, reprochait à Ronald Reagan une absence de « colonne vertébrale ». A l’opposé, le président des Etats-Unis n’a cessé jusqu’à présent de mettre en avant sa « force », une défense intraitable de la souveraineté américaine, à des années-lumière d’un Barack Obama qui, selon lui, avait passé ses deux mandats à s’excuser auprès du monde entier de diriger la première puissance mondiale et d’avoir pour mission principale la défense opiniâtre de ses intérêts.

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Cette construction binaire, efficace auprès des électeurs de Trump, s’est brisée sur un roc, lundi 16 juillet. « Personne n’a probablement été aussi dur que moi sur la Russie », avait-il assuré en avril. Une phrase qui a curieusement résonné dans le palais présidentiel d’Helsinki.
La rencontre espérée de longue date par Donald Trump avec son homologue Vladimir Poutine s’est bien traduite en démonstration de force, mais aux dépens d’un président américain manifestement mal préparé à l’exercice et prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour complaire à son interlocuteur.
Conférence de presse dévastatrice
Dans cette mauvaise séquence de télé-réalité, Donald Trump a été réduit à un rôle de faire-valoir. Validant sans le moindre état d’âme des dénégations glaciales du président russe, à propos d’interférences dans la campagne présidentielle de 2016 qui l’avait consacré. Opinant du bonnet à la mention, par le maître du Kremlin, des dossiers sur lesquels ce dernier attendait un rapprochement entre Washington et Moscou, à ses conditions.

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Contre l’avis de la justice et des services de renseignement de son pays, Donald Trump se montre depuis le 8 novembre 2016 incapable de reconnaître la moindre interférence russe dans une élection gagnée sur le fil, grâce à une différence d’un peu plus de soixante-dix mille voix obtenues dans trois Etats américains décisifs. On peut en comprendre les ressorts intimes, la hantise d’un procès en illégitimité qui sous-tend nombre des critiques du président venu sur le tard en politique et de manière particulièrement non conventionnelle. Le problème, pour Donald Trump, est que ce blocage psychologique pèse désormais sur l’ensemble de la relation avec la Russie.
Le sommet de la conférence de presse dévastatrice qui a marqué la fin de la rencontre avec Vladimir Poutine a été sans doute atteint lorsque Donald Trump a estimé ne voir « aucune raison de croire » à cette ingérence, alors que son homologue lui en a aussitôt fourni une en assurant qu’il avait eu sa préférence « parce qu’il a parlé de ramener la relation entre les Etats-Unis et la Russie à la normale ».
Une mise en garde prémonitoire
L’effet ravageur pour la crédibilité du président des Etats-Unis au sommet d’Helsinki a été décuplé par les jours qui ont précédé, marqués par ses déclarations agressives visant les alliés historiques des Etats-Unis au cours de la réunion annuelle de l’OTAN, à Bruxelles, comme au cours d’une visite à Londres. A la veille de sa rencontre avec son homologue russe, Donald Trump avait encore classé l’Union européenne parmi les « ennemis » de Washington, du fait de pratiques commerciales qualifiées d’injustes, conseillant même à la première ministre britannique, Theresa May, selon les confidences de cette dernière, de traîner l’UE devant les tribunaux.

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La vision stratégique américaine publiée en décembre et qui porte le paraphe du président des Etats-Unis contenait pourtant une mise en garde prémonitoire. Qualifiant la Russie de puissance « révisionniste », ce testament politique du deuxième conseiller à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, détaillait une volonté russe de « couper » Washington « de [ses] alliés et de [ses] partenaires » et d’« affaiblir l’unité transatlantique ». Avec l’aide aussi déterminante que désespérante de Donald Trump, cette volonté semble s’étendre tous les jours davantage.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.
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Meurtre d’Anna Politkovskaïa : la CEDH condamne la Russie pour manquements dans l’enquête

Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h45
   





                        



   


La Cour européenne des droits de l’homme a condamné, mardi 17 juillet, la Russie pour manquements dans l’enquête sur l’assassinat en octobre 2006 de la journaliste Anna Politkovskaïa, connue pour ses enquêtes sur les violations des droits de l’Homme en Tchétchénie et ses critiques contre Vladimir Poutine.
La cour impute à Moscou une violation du « droit à la vie », au regard des défaillances de l’enquête qui est officiellement toujours en cours. Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.
« Dans un homicide de ce type, on ne peut toutefois pas considérer que l’enquête a été appropriée si aucun effort n’a été fait pour identifier le commanditaire du meurtre », affirme la juridiction du Conseil de l’Europe.

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Indemnités pour préjudice moral
Les juges de Strasbourg soulignent que les autorités russes ont élaboré une « théorie principale » impliquant un homme d’affaires résidant à Londres et aujourd’hui mort sans qu’aucune pièce ait jamais été présentée pour étayer cette hypothèse.
« L’Etat aurait dû examiner les allégations des requérants [la famille de la victime] selon lesquelles des agents du FSB [les services secrets russes] ou des représentants de l’administration tchétchène avaient été impliqués dans l’organisation du meurtre », ajoutent-ils.
Les autorités russes devront verser 20 000 euros à la mère, à la sœur et aux enfants de la journaliste assassinée au titre du préjudice moral. L’arrêt, rendu à la majorité de cinq juges contre deux, est susceptible d’appel.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Sur les chantiers de la prochaine Coupe du monde, la main-d’œuvre, souvent d’origine asiatique a bénéficié de quelques avancées, en matière de logement et de sécurité. Mais elle reste sous tutelle, et en l’absence de statistiques officielles, le flou reste complet sur le nombre de décès.
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édition abonné


Au Qatar, le sort préoccupant des ouvriers du Mondial 2022

Sur les chantiers de la prochaine Coupe du monde, la main-d’œuvre, souvent d’origine asiatique a bénéficié de quelques avancées, en matière de logement et de sécurité. Mais elle reste sous tutelle, et en l’absence de statistiques officielles, le flou reste complet sur le nombre de décès.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h58
    |

            Benjamin Barthe (Doha, envoyé spécial)








                        



                                


                            

De gigantesques arènes de béton et d’acier ont commencé à sortir du désert qatari. Tout autour de Doha, la capitale, là où il n’y avait que du sable, des cailloux et des buissons desséchés, les futurs stades de la Coupe du monde de football 2022, qui se jouera dans cet émirat de la péninsule Arabique, sont en train de prendre forme.
L’un des plus avancés, qui devrait être terminé à la fin de l’année, est celui d’Al-Wakrah, situé en lisière de la ville du même nom, au sud de Doha. Tout le squelette est en place, jusqu’à la charpente de 378 tonnes, sur laquelle un toit ondulé, en forme de voile de boutre, les embarcations traditionnelles du Golfe, est en cours d’installation.
D’ordinaire, la construction de ces enceintes n’intéresse les médias que dans les mois précédant la compétition, les observateurs se demandant rituellement si elles seront « prêtes à temps ». Mais, dans le cas du Qatar, ces grands travaux ont généré une attention immédiate, pour deux raisons spécifiques au Golfe.
Demande d’abolition de la « kafaka »
D’une part l’extrême chaleur qui y sévit l’été, avec des températures pouvant dépasser les 50 degrés, soupçonnées d’être la cause de nombreux décès sur les chantiers ; et, d’autre part, le système de la « kafala » (tutelle), qui, dans cette région, enchaîne les travailleurs étrangers à leur employeur, les soumettant au bon vouloir de ce dernier pour changer d’emploi ou sortir du pays.
Choquées à l’idée que les centaines de milliers d’immigrés asiatiques attendus sur les chantiers de la Coupe du monde se retrouvent à trimer dans des conditions proches de « l’esclavage », les organisations de défense des droits de l’homme ont tiré la sonnette d’alarme, en réclamant l’abolition de la kafala.
En 2013, dans une enquête retentissante parue dans le Guardian, la Confédération syndicale internationale (CSI) avait même affirmé que 4 000 ouvriers risquaient de périr au Qatar d’ici au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’assaut a visé une position de l’armée congolaise à Kabasewa, à 60 km à l’est de Béni, dans la province du Nord-Kivu.
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Compte rendu

En RDC, au moins cinq morts dans une attaque attribuée aux rebelles ougandais de l’ADF

L’assaut a visé une position de l’armée congolaise à Kabasewa, à 60 km à l’est de Béni, dans la province du Nord-Kivu.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-17T10:55:44+02:00"

        Le 17.07.2018 à 10h55






    
Des soldats de l’armée congolaise lors de l’opération Sokoda 1 contre les rebelles de l’ADF, dans le Nord-Kivu, le 13 janvier 2018.
Crédits : ALAIN WANDIMOYI / AFP


Cinq personnes au moins ont été tuées lundi 16 juillet dans une attaque attribuée aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est troublé de la République démocratique du Congo, a appris l’AFP de sources concordantes. L’attaque a visé une position de l’armée à Kabasewa, à 60 km à l’est de Béni, dans la province du Nord-Kivu.
« Nous déplorons la mort de trois militaires, alors que trois autres sont blessés », a déclaré à l’AFP le capitaine Mak Hazukay, porte-parole de l’armée dans la région. Deux rebelles ont également été tués, a-t-il ajouté. « L’ennemi a pillé la pharmacie du poste de santé, du bétail et a fait des villageois des porteurs » des affaires pillées.

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Outre les trois militaires et deux présumés ADF, « trois civils ont également été tués, dont un infirmier », a déclaré à l’AFP Noella Muliwavyo, présidente de la société civile de Béni. « Nous nous posons la question de savoir comment les rebelles peuvent franchir plusieurs kilomètres jusqu’à arriver à brûler un camp de l’armée sans que l’armée n’arrive à les voir. C’est vraiment déplorable », a lancé Mme Muliwavyo.
Série de massacres
Les ADF sont des rebelles ougandais musulmans présents dans l’est de la RDC depuis 1995 et accusés par les autorités congolaises et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) d’être responsables d’une série de massacres de plusieurs centaines de civils depuis 2014.
Cette version a été remise en cause en 2015 par le Groupe d’études sur le Congo de l’université de New York, selon lequel les responsabilités sont partagées entre les ADF et d’autres éléments armés, dont des soldats congolais. Membres d’un groupe à l’idéologie méconnue, les ADF sont aussi accusés de la mort de quinze casques bleus tanzaniens dans la région de Béni en décembre 2017.
Le Nord-Kivu, l’une des régions les plus peuplées de la RDC, est le fief de nombreux groupes armés qui tuent ou enlèvent des civils.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Il a fallu cinq heures au bus à impériale pour se frayer un passage dans la capitale croate, le 16 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le chef de l’Etat, qui maintient le doute sur ses intentions pour la présidentielle de 2020, a appelé lundi à « transférer le pouvoir à une nouvelle génération ».
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Compte rendu

Le président ivoirien Alassane Ouattara lance son nouveau « parti unifié »

Le chef de l’Etat, qui maintient le doute sur ses intentions pour la présidentielle de 2020, a appelé lundi à « transférer le pouvoir à une nouvelle génération ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-17T10:35:29+02:00"

        Le 17.07.2018 à 10h35






    
Le président ivoirien Alassane Ouattara, chef du nouveau parti RHDP, à Abidjan le 16 juillet 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Le nouveau « parti unifié » du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a été lancé, lundi 16 juillet, en Côte d’Ivoire, avec à sa tête le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, à deux ans de la prochaine élection présidentielle.
« L’assemblée générale constitutive » du nouveau mouvement s’est tenue dans l’après-midi dans un grand hôtel d’Abidjan. Les délégués de plusieurs partis politiques et des personnalités favorables au nouveau parti unifié en ont adopté « à l’unanimité » les statuts après une heure de débat, et désigné sans surprise comme leader M. Ouattara, qui était le seul candidat déclaré, selon un communiqué.
Dans une deuxième étape, un « congrès constitutif » entérinera la création du RHDP d’ici à la fin de l’année, selon un responsable.
Le PDCI mécontent
Lancé une semaine après un remaniement ministériel, le RHDP regroupe le Rassemblement des Républicains (RDR), la formation du président Ouattara, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI – six députés), présidée par Albert Toikeusse Mabri, et des personnalités d’autres partis.

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Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’un des deux grands partis de la coalition au pouvoir, a refusé de se joindre au RHDP, mécontent des termes de l’alliance proposée. Il exigeait comme préalable à l’union qu’une personnalité issue de ses rangs soit le candidat unique du RHDP à la prochaine présidentielle. Ce que le RDR a refusé, bien que le PDCI ait soutenu M. Ouattara aux précédents scrutins présidentiels de 2010 et 2015.
Cependant plusieurs élus et cadres du PDCI ont choisi d’adhérer au RHDP. Une douzaine d’entre eux ont été nommés ministres dans le nouveau cabinet.
Dans son discours devant les militants du nouveau RHDP, le président Ouattara a lancé un appel au président du PDCI, Henri Konan Bédié.

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« Il faut que nous restions ensemble (…) c’est que je vais dire à mon aîné », a déclaré M. Ouattara, rappelant les victoires passées obtenues grâce à l’union avec le parti de l’ancien président, en particulier pendant les heures sombres de la crise post-électorale de 2010-2011, qui avait conclu la décennie de crise politico-militaire des années 2000.
« Moi je veux le rassemblement. Il faut poursuivre les discussions entre les deux présidents [Bédié et Ouattara]. On ne veut pas retomber dans la violence », a expliqué à l’AFP Guy Kanga, secrétaire d’une section PDCI à Bouaké – la deuxième ville ivoirienne – présent à l’assemblée générale.
Situation confuse
Des personnalités se revendiquant de trois autres petits partis politiques ont également rejoint le RHDP : l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI, 3 députés), le Mouvement des forces d’avenir (MFA) et le Parti ivoirien des travailleurs (PIT).
La situation est confuse pour ces trois petits partis. Leurs congrès se sont prononcés contre l’union avec le RHDP, mais des dissidences sont apparues ensuite, avec des tentatives de putsch en interne, qui font l’objet de procédures en justice. Certains de ces « dissidents » ont été nommés au nouveau gouvernement.

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« Il est difficile de parler de grand parti unifié, puisque le RDR se retrouve avec des partis satellites ne représentant que quelques pourcents de l’électorat », commente le politologue Sylvain N’Guessan, directeur de l’institut de stratégie d’Abidjan. « Ce n’est pas ce dont rêvait le président Ouattara. Il a attiré des décideurs du PDCI, mais la base de ce parti reste réfractaire. »
Le RHDP « crée une confusion dans l’arène politique ivoirienne. Peut-il exister sans le PDCI ? », estime Pierre Dagbo Gode, professeur de sciences politiques à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. « Dans ces conditions, personne ne pourra gagner l’élection présidentielle au premier tour » en 2020.
Evoquant ce scrutin, le président Ouattara a martelé : « Nous allons gagner » avec le RHDP. Mais il a ensuite parlé de sa succession au terme de son deuxième mandat.
« Nous devons travailler, le président Bédié et moi, pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération en 2020 », a déclaré M. Ouattara, suscitant un tonnerre d’applaudissements dans l’assistance.
M. Ouattara, 76 ans, avait laissé planer le doute sur son intention de se représenter en 2020 pour un troisième mandat, en principe défendu par la Constitution de 2016 qui n’en autorise que deux. Mais la rédaction de cette constitution laisse cependant un flou juridique sur la question.

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M. Ouattara avait déclaré la semaine dernière qu’il indiquerait son intention précise lors de son allocution à la Nation le 6 août, la veille de la fête de l’indépendance.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le président américain ne ménage pas ses efforts pour écarter l’hypothèse que Moscou aurait pu contribuer à sa victoire électorale.
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« Enquête russe » : Donald Trump désavoue ses propres services

Le président américain ne ménage pas ses efforts pour écarter l’hypothèse que Moscou aurait pu contribuer à sa victoire électorale.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h34
    |

            Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Donald Trump s’est senti obligé de rectifier le tir, peu après la fin de ses entretiens avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lundi 16 juillet à Helsinki. Après avoir éreinté l’enquête du procureur spécial Robert Mueller consacrée aux interférences prêtées à la Russie pendant la campagne présidentielle de 2016 au cours d’une conférence de presse commune, le président des Etats-Unis a jugé nécessaire de faire part de son « IMMENSE confiance dans [ses] agents du renseignement ».
Quelques instants plus tôt, il avait assuré ne voir « aucune raison » d’une ingérence russe, manifestement impressionné, comme déjà après une rencontre avec Vladimir Poutine au Vietnam, lors d’un sommet régional en novembre 2017, par les dénégations de ce dernier.
Comme à chaque fois que cette question lui est posée, Donald Trump a répondu de manière quasi viscérale, écartant avec force l’hypothèse d’une victoire à laquelle d’autres que lui auraient contribué, a fortiori une puissance étrangère, pour écarter Hillary Clinton, une candidate jugée plus dure que lui face à Moscou.

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Une ressortissante russe arrêtée
Le directeur du renseignement américain, Dan Coats, un républicain nommé à ce poste par Donald Trump, n’a pas tardé à lui répliquer avec fermeté. « Nous avons été clairs sur nos évaluations de l’ingérence russe dans l’élection de 2016 et des efforts [russes] pour saper notre démocratie », a-t-il assuré dans un communiqué.
Après les inculpations de douze membres des services russes le 13 juillet, trois jours avant la rencontre d’Helsinki, le ministère de la justice américain s’est aussi rappelé aux bons souvenirs du président en rendant publique l’arrestation d’une ressortissante russe de 29 ans, Mariia Butina. Cette dernière est accusée d’avoir agi « en tant qu’agente d’un responsable d’un gouvernement étranger » pour « infiltrer des organisations » politiques « en vue de promouvoir les intérêts de la Fédération de Russie », selon l’acte d’accusation.
Le même document évoque une « organisation militant pour le droit au port d’arme » dans une allusion transparente à la National Rifle Association, à laquelle Donald Trump est étroitement lié. Le ministère de la justice américain parle d’un lien de subordination entre la jeune femme et un proche du président russe, Alexandre Torchine, déjà sous le coup de sanctions américaines.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Donald Trump a fait renier au parti beaucoup de ses convictions, mais semble buter sur une sourde défiance envers Moscou.
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En se rapprochant de Poutine, Trump consterne le Parti républicain

Donald Trump a fait renier au parti beaucoup de ses convictions, mais semble buter sur une sourde défiance envers Moscou.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 15h20
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Lorsque l’avion de Donald Trump s’est posé sur la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, lundi 16 juillet au soir, le président a pu prendre la mesure de l’émoi suscité par sa prestation lors de la conférence de presse avec Vladimir Poutine qui a conclu leur première véritable rencontre. Le président des Etats-Unis avait anticipé une partie des critiques en ironisant sur Twitter, la veille : même s’il obtenait « la ville de Moscou pour prix de tous les péchés commis par la Russie », imaginait-il, « une bonne partie de nos médias qui sont vraiment l’ennemi du peuple et tous les démocrates jugeraient que ce ne serait pas suffisant ».
Donald Trump avait vu juste à propos de son opposition, qui a déploré, par la voix de la responsable des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, « un triste jour pour l’Amérique ». Il n’a sans doute pas été surpris non plus par la stupéfaction affichée par certains experts de politique étrangère, de l’ancien ambassadeur en Russie, Michael McFaul, nommé par Barack Obama, à l’ancien conseiller d’administrations républicaines Richard Haass. Ni par la critique acerbe de l’ancien chef d’état-major, le général Marty Dempsey, qui, sur Twitter, a affirmé que « le monde ne doit pas être une compétition où seule la force compte ».

Mais le président américain n’avait pas prévu le malaise que les attaques répétées contre une partie des institutions américaines, proférées aux côtés de son homologue russe, ont suscité au sein de son propre parti. Pour une fois, l’indignation causée par un comportement jugé complaisant, au terme de près de deux heures passées en tête-à-tête avec Vladimir Poutine, a dépassé le cercle de plus en plus restreint des élus du Congrès qui ont conservé leur liberté de parole à propos de M. Trump – qu’il s’agisse du sénateur de l’Arizona John McCain, impitoyable à propos de « l’une des performances les plus honteuses d’un président américain »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain donne raison à son homologue dans l’enquête sur l’ingérence de la Russie dans la campagne électorale de 2016.
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A Helsinki, Trump prend la défense de Poutine

Le président américain donne raison à son homologue dans l’enquête sur l’ingérence de la Russie dans la campagne électorale de 2016.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h16
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Donald Trump, meilleur avocat de Vladimir Poutine. Le président des Etats-Unis s’est arc-bouté, lundi 16 juillet, en refusant à plusieurs reprises de condamner Moscou sur l’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016, voire d’émettre le moindre doute. « Vladimir Poutine a contesté avec force » une telle ingérence, a justifié le chef de la Maison Blanche, prenant ainsi le contre-pied de ses propres services de renseignement qui ont conclu du contraire. A Helsinki, où les deux dirigeants se sont entretenus en tête-à-tête pendant deux heures dans le palais présidentiel finlandais, théâtre de leur première rencontre vraiment bilatérale, le sujet a éclipsé tous les autres.
« Cette théorie du complot, a insisté M. Trump au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue russe, a beaucoup affecté la relation de nos deux pays (…). Ces douze ou quatorze agents, vous savez, n’ont rien à voir avec les élections. » Poursuivant son enquête, le procureur spécial, Robert Mueller, chargé d’enquêter sur l’ingérence russe, venait pourtant, trois jours plus tôt, d’inculper douze membres des services russes de renseignement militaire (GRU) pour leur rôle présumé dans le piratage et la diffusion de données du Parti démocrate, avant le scrutin présidentiel de novembre 2016. Mais, pour M. Trump, « cette enquête est un désastre (…) qui a eu des conséquences négatives sur les relations des premières puissances nucléaires du monde ».
Dans la salle partagée en deux rangées égales, journalistes américains, d’un côté, et russes, de l’autre, les premiers échangeaient des regards interloqués. Quelques heures plus tôt, déjà, M. Trump avait mis en cause la « stupidité » de son propre pays comme unique source de la dégradation des relations avec la Russie. Cette volonté conciliante du président américain tranche beaucoup avec les coups de menton et les déclarations faites lors de sa tournée européenne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les traversées de migrants sont plus dangereuses après le retrait forcé des navires de sauvetage.
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Les gardes-côtes libyens interceptent de plus en plus de migrants en Méditerranée

Les traversées de migrants sont plus dangereuses après le retrait forcé des navires de sauvetage.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h09
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

Est-ce la conséquence d’une raréfaction des secours en Méditerranée ? Pendant le week-end du 14 juillet, un bateau de pêche en bois, avec à son bord 450 personnes, a été secouru dans les eaux internationales, non loin de l’île italienne de Lampedusa. Un mois après la crise de l’Aquarius, le navire que l’Italie – sous la pression de son ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini – a refusé d’accueillir avec 630 migrants à son bord, les ONG ne peuvent presque plus opérer au large des côtes libyennes, poussant les migrants à tenter des voies toujours plus dangereuses.
« Ce n’est pas la première fois que ce type d’embarcations tente la traversée depuis la Libye, même si l’on voit plus souvent des petits bateaux pneumatiques, réagit Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage à bord du navire humanitaire “Aquarius”. En revanche, le fait qu’ils soient parvenus aussi loin est clairement une conséquence du manque de moyens de sauvetage en mer. »
L’Aquarius est à quai à Marseille, tandis que le Lifeline et le Sea-Watch sont empêchés de repartir de Malte. Seul l’Open-Arms, le bateau affrété par l’ONG catalane Proactiva, navigue actuellement en Méditerranée centrale, de retour de Barcelone où il avait accosté le 4 juillet, avec à son bord soixante migrants que l’Italie avait refusé d’accueillir.
Le navire secouru ce week-end rappelle le naufrage d’un chalutier aux abords de Lampedusa en 2013, au cours duquel près de 400 personnes s’étaient noyées. La catastrophe avait déclenché l’opération militaire et humanitaire européenne « Mare Nostrum ». « Ces bateaux sont particulièrement dangereux, car le risque de chavirage est très important, ajoute M. Stalla. En fonction de la quantité de carburant et d’eau à bord, le centre de gravité est modifié. Il y a aussi un risque d’asphyxie dans la cale, souvent surchargée. »
Ping-pong...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Dans un courrier, la haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, dénonce les accusations « sans fondement » contenues dans un rapport officiel qui prétend que Bruxelles financerait des ONG liées à des groupes terroristes.
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Nouvelle passe d’arme entre l’UE et l’Etat hébreu au sujet du mouvement de boycottage d’Israël

Dans un courrier, la haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, dénonce les accusations « sans fondement » contenues dans un rapport officiel qui prétend que Bruxelles financerait des ONG liées à des groupes terroristes.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 10h23
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Sous la politesse qui sied à la diplomatie européenne se devine un énervement profond. Le 5 juillet, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a adressé une lettre au ton ferme, dont Le Monde a eu connaissance, à l’attention du gouvernement israélien. Plus précisément à Gilad Erdan, le ministre de la sécurité publique et des affaires stratégiques. Son administration avait publié, fin mai, un rapport mettant en cause le financement par l’UE, à hauteur d’environ cinq millions d’euros en 2016, d’une douzaine d’ONG accusées d’appeler au boycottage d’Israël et de soutenir le terrorisme. Des « accusations vagues et sans fondement servant seulement à alimenter des campagnes de désinformation », estime Mme Mogherini.
En mai, Gilad Erdan expliquait qu’il était « inconcevable que l’UE donne des millions de l’argent des contribuables européens à des organisations qui promeuvent le boycottage d’Israël, et dont certaines sont connectées à des groupes classés terroristes par l’UE ». Le rapport, qui n’avait rien à voir avec le ministère des affaires étrangères, faisait la leçon aux Européens, sans nuance ni diplomatie, mais surtout sans apporter de preuves étayées. Il appelait l’UE à agir « en pleine transparence » et à révéler « l’ampleur de son aide financière à des organisations en lien avec le terrorisme et la promotion des boycottages d’Israël ».
Les partisans du « mouvement BDS » (boycottage, désinvestissement, sanctions) souhaitent qu’Israël soit puni de différentes façons en raison de la poursuite de l’occupation en Cisjordanie depuis cinquante et un ans. Les autorités israéliennes, elles, considèrent que le BDS est un faux-nez, prétendument plus acceptable, pour des groupes hostiles à l’existence même d’Israël, voire antisémites.
Dans son courrier, Federica Mogherini dénonce « la confusion inacceptable » que le rapport du ministère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Après trois mois de manifestations où des centaines de personnes ont trouvé la mort, la communauté internationale réclame de toutes parts l’arrêt de la répression.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Nicaragua : intensification des pressions diplomatiques sur Ortega

Après trois mois de manifestations où des centaines de personnes ont trouvé la mort, la communauté internationale réclame de toutes parts l’arrêt de la répression.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h56
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 07h39
   





                        



Les pressions diplomatiques s’accentuent sur le président nicaraguayen Daniel Ortega, la communauté internationale réclamant de toutes parts l’arrêt de la répression après trois mois de manifestations violemment réprimées qui ont causé la mort de centaines de personnes.
« Il est absolument essentiel que cesse immédiatement la violence et que soit relancé le dialogue national, parce que seule une solution politique est acceptable pour le Nicaragua », a déclaré lundi 16 juillet le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. « Une responsabilité essentielle de l’Etat est la protection de ses citoyens, et ce principe fondamental ne peut pas être oublié, surtout lorsque nous avons malheureusement un nombre de morts qui est absolument choquant », a-t-il encore dit à San José, lors d’une intervention au côté du président du Costa Rica, Carlos Alvarado.
Depuis Bruxelles, où se tient jusqu’à mardi une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (UE) et de la Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), 13 pays d’Amérique latine ont réclamé lundi dans une déclaration commune « la cessation immédiate des actes de violence » au Nicaragua. Ces pays condamnent les violences qui ont causé « plus de 300 morts et des centaines de blessés » et la « répression » des autorités contre des étudiants et des civils et réclament « le démantèlement de groupes paramilitaires ».
Les 13 pays exhortent également Managua à « réactiver le dialogue national », qui « implique toutes les parties pour générer des solutions pacifiques et durables » et expriment leur soutien aux évêques nicaraguayens dans leur travail « en faveur de la recherche et de la promotion de solutions au conflit ». Le document est signé par l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, l’Uruguay et l’Equateur.
Pression européenne
Dimanche, la diplomatie européenne avait condamné « les actes de violence contre les étudiants et les civils » au Nicaragua, appelant à « mettre fin à toute violence » et à « une solution pacifique et démocratique dans le pays dans le cadre du dialogue national ».
La France et l’Espagne ont également appelé les autorités nicaraguayennes à cesser leur « répression » après la mort d’au moins dix personnes dimanche. « La France condamne les attaques perpétrées ces derniers jours par les forces de police et les unités paramilitaires contre des responsables religieux et des manifestants pacifiques, notamment des étudiants », a déclaré le ministère des affaires étrangères français dans un communiqué.
« Le gouvernement de l’Espagne condamne tous les faits de violence survenus récemment au Nicaragua et réitère la nécessité de respecter les droits de réunion, de manifestation et la liberté d’expression », a écrit dans un communiqué le ministère espagnol des affaires étrangères. L’Espagne, dirigée depuis le 1er juin par le socialiste Pedro Sanchez, souhaite « que toutes les morts survenues dans cette crise depuis le 18 avril fassent l’objet d’une enquête et soient jugées ».
Le département d’Etat américain a pour sa part exhorté M. Ortega « à cesser immédiatement sa répression contre le peuple ».
« Qu’ils s’en aillent »
Six civils et quatre policiers ont trouvé la mort dimanche dans des opérations des forces de police et paramilitaires à Masaya, une ville rebelle située à une trentaine de kilomètres de la capitale Managua, et dans ses environs. Dans la nuit de vendredi à samedi, deux jeunes avaient été tués durant une attaque menée par les forces progouvernementales contre une église de Managua, où quelque 200 étudiants s’étaient retranchés. Il s’agit des derniers épisodes en date dans les violences qui secouent depuis trois mois ce pays, le plus pauvre d’Amérique centrale.

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« Qu’ils s’en aillent ! », ont scandé lundi des centaines d’étudiants qui ont défilé dans les rues de la capitale, déterminés à protester « jusqu’à ce que ces criminels démissionnent ». « Même s’ils nous tuent et nous répriment, on va poursuivre cette lutte », ont-ils lancé en réclamant « justice » pour leurs camarades tués lors des affrontements avec les forces de l’ordre. « Non à la répression. Ortega assassin, tu vas finir par partir », pouvait-on lire sur une pancarte de la marche, qui s’est terminée devant la prison d’El Chipote, dans le centre de la capitale. Des centaines de jeunes ont été arrêtés au cours des manifestations de ces dernières semaines.

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Le gouvernement qualifie les protestataires de « putschistes » et de « délinquants ». Un mouvement de protestation, dont les étudiants sont le fer de lance, a été lancé le 18 avril contre le gouvernement de Daniel Ortega. Le chef de l’Etat, 72 ans, à la tête du Nicaragua depuis 2007 après l’avoir déjà dirigé de 1979 à 1990, est accusé d’avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse Rosario Murillo, qui occupe les fonctions de vice-présidente, une « dictature » marquée par la corruption et le népotisme. Ses adversaires demandent des élections anticipées ou son départ.



                            


                        

                        

