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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Paule Muxel et Bertrand de Solliers nous font découvrir les entrailles du tribunal pour enfants de Paris, en toute transparence et honnêteté (sur France 3 à 23 h 15).
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TV – « Tribunal pour enfants » : ainsi va la justice des mineurs

Notre choix du soir. Paule Muxel et Bertrand de Solliers nous font découvrir les entrailles du tribunal pour enfants de Paris, en toute transparence et honnêteté (sur France 3 à 23 h 15).



Le Monde
 |    16.07.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 17h49
    |

            Pascale Robert-Diard








                        


Documentaire sur France 3 à 23 h 15

   


En ouverture de leur documentaire consacré à la justice des mineurs, les deux réalisateurs, Paule Muxel et Bertrand de Solliers, posent eux-mêmes les limites de leur travail. Pendant les mois passés dans les couloirs, les bureaux et les salles d’audience du tribunal pour enfants de Paris, ils n’ont pu filmer qu’une toute petite part de ce qui s’y jouait. La majorité des familles qu’ils ont croisées ont refusé de se laisser filmer. Seules quelques-unes, « issues de milieux défavorisés », ont donné leur accord. « Les familles de milieu aisé ont toutes exprimé un “non” catégorique », précisent les auteurs. Leur démarche de transparence et d’honnêteté permet d’entrer dans ce film, d’apprécier pleinement ce qu’il montre, sans prétention à l’exhaustivité et sans en tirer, comme trop souvent, de leçon générale. C’est précieux.
Deux mondes se font face. Celui de la justice, procureurs, juges, éducateurs, avec leur vocabulaire propre, parfois abscons, et la conscience plus ou moins aiguë qu’ils ont de leur métier. Et celui de cet échantillon de mineurs délinquants, filmés parfois en présence d’un de leurs parents, rarement les deux. Certains sont encore des enfants, d’autres deviendront dans quelques mois des adultes. Quelle décision prendre pour retenir du bon côté de la ligne l’adolescent en bascule, tout en lui ­faisant mesurer la gravité de ses actes ? Et avec quels moyens ?
Tiraillement quotidien
Un éducateur regarde avec lassitude le grand ado vautré sur une chaise. « Et la loi ?, lui demande-t-il. – C’est-à-dire ? », répond le ­garçon, qui s’obstine à ne pas comprendre en quoi le « petit business » de stupéfiants auquel il se livre serait un problème. Deux juges pour enfants discutent dans un bureau du cas d’un mineur qui vient d’être interpellé pour en avoir agressé sexuellement un autre, dans le foyer où ils ont été placés. Il est en récidive, il faut lui trouver d’urgence un nouveau lieu d’hébergement. « Je vais le mettre là, parce qu’il va se retrouver avec des plus grands, il osera moins… », dit le juge à son collègue. Un temps de réflexion, un soupir. « Après, bien sûr, il peut se retrouver victime… »
Dans un bureau voisin, un autre juge soupire en lisant le dossier du mineur qui va lui être présenté. « Mais qu’est-ce que je vais en faire de celui-là ? » Il a 12 ans, il est poursuivi en récidive de racket. Lorsque le juge lui annonce sa décision de le placer en foyer, le garçon explose littéralement sous les yeux de son père impuissant. « MDR, j’irai pas ! Au nom du Coran, j’irai pas ! » Plus loin encore, le découragement guette un troisième juge face à l’apathie hostile d’un jeune familier de son service. « Pourquoi n’allez-vous pas aux rendez-vous avec votre éducateur ? » Un haussement d’épaules lui répond. « Pourquoi avez-vous arrêté le foot ? – Ça m’intéressait plus. – Qu’est-ce qui vous intéresse ? – Ben, j’sais pas. – Et la boxe ? Ça vous dirait ? » Silence. Le juge patiente. Un « ouais » ­d’ennui finit par échapper aux ­lèvres du garçon.
Ils sont saisis là, à un âge où tous les espoirs devraient encore être possibles. Ce conditionnel est la couture invisible du documentaire. Par fonction, les juges des enfants ont un devoir ontologique d’espérance. Mais, de tous les magistrats, ce sont aussi ceux qui sont confrontés chaque jour aux situations de plus grande désespérance. La force du documentaire de Paule Muxel et Bertrand de Solliers est de montrer leur ­tiraillement quotidien, entre réparer, prévenir et punir.
Tribunal pour enfants, de Bertrand de Solliers et Paule Muxel (Fr., 2018, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Passion jazz 1|6. Francis Marmande a partagé l’intimité des plus grands musiciens d’un genre en perpétuelle révolution. Aujourd’hui, étrange rencontre, à Paris, avec le précurseur du « free ».
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                Hôtel Meurice, suite 506, avec Ornette Coleman


Passion jazz 1|6. Francis Marmande a partagé l’intimité des plus grands musiciens d’un genre en perpétuelle révolution. Aujourd’hui, étrange rencontre, à Paris, avec le précurseur du « free ».

Le Monde
                 |                 16.07.2018 à 16h00
                 |

                            Francis Marmande

















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Ornette Coleman au Meurice. Free Jazz sous les lambris ! L’ange du bizarre à « l’Hôtel des rois »… Pourquoi pas Boulez au Moulin-Rouge ? Les yeux à l’envers, je repose le combiné dans l’évier. Reprenons. Ce vendredi de vendanges, en tout début du siècle, il est 10 heures, 10 h 05. Je prépare mon séminaire sur Le Bleu du ciel. De jolis cumulus fessus traversent celui de Paris.
« Allôôôô ? Monsieur Francis de Miomandre ? » Cette imbécile et fréquente confusion avec Miomandre, prénom Francis, prix Goncourt mort et oublié depuis 1959, me gonfle
Coup de téléphone bizarre. La sonnerie, déjà… Voix de dame de la haute. Castafiore surjouée par Cécile Sorel : « Allôôôô ? Monsieur Francis de Miomandre ? » Cette imbécile et fréquente confusion avec Miomandre, prénom Francis, prix Goncourt mort et oublié depuis 1959, me gonfle.
Peu contrariant : « J’écoute… »
– « Voilâââââ… Je suis chargée de vous annoncer que M. Bill Coleman vient recevoir bientôt le Grand Prix de l’Empereur du Japon. » Nooooon ! « Lequel lui sera remis par M. Raymond Barre, en la galerie des Glaces du château de Versailles. » Pas besoin de sous-titre. Après Miomandre, prénom Francis, la duchesse recyclée dans l’événementiel confond Bill Coleman (1904-1981), excellent trompettiste quasi contemporain de Louis Armstrong (1901-1971), avec Ornette Coleman (1930-2015). Noms d’esclaves…
Richement doté, le Praemium Imperiale ne découvre personne, il consacre. Les plus grands artistes l’obtiennent, en toutes disciplines. Musique ? Boulez, Rostropovitch, Fischer-Dieskau, Oscar Peterson… Le nom si féminin d’Ornette, dans la liste, semble aussi incongru que, comment dire, bienvenu.
Ornette Coleman, l’avant-garde des sixties, « père du funk free rock » dans les eighties (ciel !), ne vient pas d’une famille pauvre du ghetto de Fort Worth (Texas). Non. Il vient d’une « pô family ». Le lumpen. « Pô family » soudée par la musique,...


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                                                Par                                                    Francis Marmande














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Ce concours récompense un photographe dont le travail répond aux exigences du jury : un thème lié à l’environnement.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Catherine Deneuve : « Les Parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 16.07.2018 à 14h49
                 |

            Alexis Duval

















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Avec plus de 120 films en soixante ans, l’actrice Catherine Deneuve est une ambassadrice du cinéma français. C’est à Jacques Demy qu’elle doit le vrai démarrage de sa carrière. En décembre, elle sera à l’affiche, aux côtés de sa fille, Chiara Mastroianni, du film Le Dernier Vide-Grenier de Claire Darling, de Julie Bertuccelli.
« Je pense tout de suite à l’air des Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy sur une musique composée par Michel Legrand. C’est la chanson de la scène où j’accompagne mon amoureux à la gare. « Non, je ne pourrai jamais vivre sans toi… » Quand on a connu un grand amour, c’est quelque chose qu’on se dit – sans forcément le dire à l’autre. Cette chanson raconte l’impossibilité de redevenir un être unique, la perte de l’indépendance, l’état d’émotion tellement fébrile, tellement violent…
Je vois l’amour comme quelque chose de dramatique. Le happy end à l’américaine, ça ne me convainc pas tout à fait. Le côté tragique me semble plus vrai, avec l’exacerbation des sentiments, des sensations. Sauf exception, l’amour passionné se termine rarement bien. Les événements prennent des proportions terribles, c’est toujours très excessif. Cette chanson m’évoque donc des choses personnelles, évidemment. Il m’arrive régulièrement de la chanter, pas forcément lors de moments tristes, plutôt dans des moments lyriques.
Expérience inoubliable
« Avec ce qui se passe en Algérie en ce moment… » De manière furtive, la chanson évoque la guerre d’Algérie – le film est un des premiers à en parler. En 1963, lors du tournage, c’était une période qu’on venait de vivre. Je me souviens que j’avais été très touchée : j’avais à l’époque un amoureux qui avait dû partir faire la guerre en Algérie, et la séparation avait été terrible, extrêmement difficile, violente, douloureuse. Quand je chante cet air, je pense à lui.
Et si cette musique me vient souvent en tête, c’est parce qu’elle évoque un film qui fait partie de ma vie, une expérience qui m’a complètement transportée. Les Parapluies de Cherbourg a été très important pour moi, le film est très présent dans ma mémoire. Au-delà de son succès, la rencontre avec Jacques Demy a été déterminante. On est restés très liés après le tournage. Je ne sais pas si j’aurais continué à faire du cinéma si nos chemins ne s’étaient pas croisés.
Tourner un film en musique, avec cette mise en scène tellement lyrique, ces grands travellings, cela a constitué une expérience inoubliable. Déjà, lors de l’enregistrement de la musique auquel j’avais assisté – j’avais appris mon rôle en play-back –, je me souviens à quel point tout le monde était bouleversé avant même que ne commence le tournage. Le film est une tragédie musicale, un opéra tragique, et Michel Legrand est l’auteur de la moitié des Parapluies. Jacques Demy et lui étaient en osmose, il composait les paroles, Michel la musique… Leur collaboration était incroyable. »

Prochain épisode Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe.


Alexis Duval
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’équipe de France, victorieuse de la Coupe du monde 2018, descendra la célèbre avenue avec le trophée, vingt ans après le premier sacre de 1998. Leur avion a atterri à Roissy juste avant 17 heures.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le vibraphoniste était en concert, dimanche, avec le saxophoniste Guillaume Perret au Paris Jazz Festival.
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La victoire du « Collectiv » de Franck Tortiller au Parc floral

Le vibraphoniste était en concert, dimanche, avec le saxophoniste Guillaume Perret au Paris Jazz Festival.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 12h57
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 13h07
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Vibraphoniste, compositeur, chef d’orchestre, arrangeur, Franck Tortiller est depuis quelques mois à la tête d’une nouvelle formation, le Franck Tortiller Collectiv. Dimanche 15 juillet, alors que la finale de la Coupe du monde de football avait lieu, c’est dans la paisible oasis de l’Espace Delta, au Parc floral de Paris, pour le Paris Jazz Festival, que jouaient les douze musiciens de cet épatant groupe, avec en invité le saxophoniste Guillaume Perret, qui intervient à plusieurs reprises comme soliste, avec des effets de déformation du son, d’échos. Seule évocation sportive, Franck Tortiller le présentera, en souriant, comme l’avant-centre de l’orchestre.
Lequel orchestre a enregistré un album intitulé comme lui Collectiv (Label MCO), commercialisé depuis fin avril. Avec une musique riche, toute en parties rythmiques infernales et mélodiques lyriques, à mi-chemin du swing d’un big band et d’une sorte de fusion de jazz et de funk, évocateur par endroits du jazz électrique du début des années 1970. Ainsi la composition Up and Standing, que Tortiller annonce comme étant inspirée par les climats, des parties solistes de Miles Davis dans son disque Bitches Brew (mars 1970).

C’est à La Scène nationale Les Gémeaux, à Sceaux, où Tortiller est en résidence d’artiste depuis 2015, qu’a été en partie enregistré le disque et qu’ont eu lieu les premiers concerts de création de l’orchestre, début février. Une formation de jeunes musiciens, qui pourraient être les enfants du vibraphoniste, né en 1963 – d’ailleurs, son fils Vincent Tortiller est à la batterie. Nombre d’entre eux sont passés par l’Orchestre des jeunes jazzmen de Bourgogne (OJJB), que Franck Tortiller mène depuis le début des années 2010. Juste avant ce passage musicalement victorieux au Parc floral, l’orchestre était le 5 juillet au festival Jazz à Couches, commune rurale de Saône-et-Loire, dont Franck Tortiller est l’un des co-fondateurs.
Une couleur originale
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Plusieurs manifestations mettent à l’honneur le livre pour enfants et adolescents, sur fond d’inquiétude des auteurs au sujet de la réforme de leur statut.
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Le livre jeunesse n’est pas complètement à la fête

Plusieurs manifestations mettent à l’honneur le livre pour enfants et adolescents, sur fond d’inquiétude des auteurs au sujet de la réforme de leur statut.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 11h55
    |

                            Marie Frumholtz








                        



   


« Rien à faire, ce sont les livres papier qu’elle préfère ! », s’exclame la maman de Marie. Ce mercredi 11 juillet, elle arpente tout sourire avec ses deux filles le Parc d’attractions littéraires de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), en ce jour d’inauguration de la quatrième édition du festival Partir en livre, destiné à donner accès à la lecture à des enfants issus de territoires éloignés de la culture. Ici, pas de liseuse électronique ou autre technologie dernier cri, mais des tas et des tas de livres papier. Encore faut-il choisir… Sur le stand intitulé « Les îles de lecture », les enfants ne peuvent emporter qu’un seul ouvrage parmi ceux donnés par les maisons d’édition. Et c’est seulement après de longues minutes de concertation avec sa maman que Marie finit par trancher.

        Lire le récit :
         

          Françoise Nyssen privée d’édition par le gouvernement



La ministre de la culture, Françoise Nyssen, est présente à cette inauguration. La veille, elle s’est vu retirer la régulation économique de l’édition littéraire et la tutelle du Centre national du livre (CNL), confiées désormais au premier ministre, par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. L’ancienne directrice des éditions Actes Sud devrait cependant continuer à mener les concertations avec les acteurs du livre sur la réforme de leur statut. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir les auteurs mobilisés sur le sujet comme Joann Sfar sur Twitter.

...quel pouvoir aura ce ministère ainsi fragilisé pour nous défendre? Et quelle cohérence attendre dans un moment o… https://t.co/J9Y0E5zdjC— joannsfar (@Sfar Joann)


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A La Courneuve, la ministre est également interpellée sur la question, au stand des jeux de rôles qu’elle traverse aux côtés du directeur du CNL, Vincent Monadé, et de Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Karim Friha, auteur et illustrateur de bandes dessinées, n’hésite pas à faire part de l’inquiétude de sa profession. « Si un auteur ne peut pas vivre de sa création, il ne crée plus » assène-t-il. Françoise Nyssen l’assure du maintien des réunions de discussion déjà fixées.

        Lire la chronique :
         

          « Retirer à Françoise Nyssen le secteur de l’édition revient à la priver d’un pouvoir sur le domaine qu’elle maîtrise le mieux »



Malgré le succès de sa BD, La Flamme et l’Orage, Karim Friha ne pourrait se passer de ses activités dans le dessin animé pour vivre. « Il y a un équilibre à trouver dans la redistribution de la richesse créée entre auteur-libraire-éditeur. L’intérêt des trois est lié », affirme-t-il, après le départ de la ministre. « La viabilité du métier, c’est aussi la première question que me posent mes lecteurs âgés de 9 à 13 ans », ajoute-t-il.
« Une vraie concertation »
A Saint-Dié-des-Vosges, le 12 juillet, l’ambiance est tout aussi festive pour le Parc d’attractions littéraires dédié aux adolescents, le Livrodrome. A l’atelier radio, Yasmine, 11 ans, ne mène pas moins de sept interviews au fil de la journée. « Est-ce que vous vivez de votre métier ? » est la première question qu’elle pose aux écrivains qui passent à son micro. Beaucoup préfèrent répondre qu’ils exercent cette profession « par passion et non pour l’argent ». Mais, un peu en retrait des enfants et de son atelier de dessin, Marie Spénale, membre de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, confie : « La réforme du statut des auteurs n’est clairement pas prête. Nous ne savons rien de ce qui se trame et nos interlocuteurs au ministère et au CNL non plus visiblement. Leur désorganisation est assez inquiétante ».

   


Vincent Monadé, président du CNL, accuse le coup. « Le Centre national du livre reste évidemment aux côtés des auteurs et des éditeurs pour que la particularité de leur statut professionnel soit reconnu, insiste-t-il. Mais cela fait cinq ans que les auteurs réclament une vraie concertation et des réunions et ils les ont enfin obtenues. Ils ont enfin une ministre de la culture qui est issue du monde de l’édition, qui les comprend et qui est clairement de leur côté ».
Le Parc d’attractions littéraires, jusqu’au 17 juillet. Parc départemental Georges Valbon, 67, avenue Waldeck Rochet, La Courneuve (Seine-Saint-Denis).
Le Livrodrome, festival littéraire itinérant, le 16 juillet à Gruissan, le 18 juillet à Bordeaux et le 20 juillet à Rouen.
Partir en livre, jusqu’au 22 juillet partout en France, programme complet sur www.partir-en-livre.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Une exposition à Versailles permet de redécouvrir Jean Cotelle, qui fut le peintre des jardins de Louis XIV, et dont douze toiles viennent d’êtres restaurées.
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Tableaux (de jardins) et parterres (de fleurs) au Grand Trianon

Une exposition à Versailles permet de redécouvrir Jean Cotelle, qui fut le peintre des jardins de Louis XIV, et dont douze toiles viennent d’êtres restaurées



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h38
    |

            Lucien Jedwab








                        


L’exposition « Jean Cotelle (1646-1708). Des jardins et des dieux », présentée au Grand Trianon, à Versailles, jusqu’au 16 septembre, ne manquera pas de ravir les amateurs de jardins historiques. Tout d’abord pour son principal sujet : les vingt et une peintures de grand format des jardins de Louis XIV, commandées par le roi lui-même à ce talentueux peintre de miniatures – mais dont la renommée est demeurée modeste. Mais aussi parce que la vue sur les jardins, à travers les baies vitrées de la « galerie des Cotelle », accompagne le visiteur, avant qu’il n’arpente les « vrais » parterres, dont le fleurissement a été conçu spécialement par les jardiniers de Versailles.

   


Le choix de Jean Cotelle pour la décoration d’un des séjours favoris du roi à Versailles, loin des fastes de la galerie des Glaces et des Grands Appartements, lieux mêmes de représentation du pouvoir monarchique, n’est probablement pas dû au hasard. Louis XIV confia l’agencement de ses jardins, extension magistrale de son château, à un « jardinier » de génie, André Le Nôtre, qu’il honora sa vie durant. Celui-ci dessina un domaine à la (dé)mesure de son monarque, fait de terrasses, de perspectives, de bassins et de fontaines. Les figures mythologiques d’Apollon ou de Neptune, exaltées par la statuaire et les jeux d’eau, semblaient y accueillir ce « Roi-Soleil » dans leur Olympe.
Comme un contrepoint plein d’imprévu, les bosquets, également conçus à l’origine par Le Nôtre, jardins clos délimités par des treillages et des palissades de verdure, réservaient aux invités de marque ou aux visiteurs, voire au roi lui-même, des surprises. Celles-ci pouvaient être visuelles – avec statues, cascades et jets d’eau – ou musicales, voire nocturnes et... pyrotechniques. La commande faite à Cotelle semble avoir donné satisfaction au « plus puissant des rois », alors même que ce dernier était l’auteur d’une Manière de montrer les jardins de Versailles.

   


Le peintre, sans que l’on sache qui du commanditaire royal ou de l’artiste en a eu l’idée, a représenté avec exactitude ces jardins sur de grandes toiles au rare format vertical, qu’il a peuplées de nymphes et de naïades, de monstres et de divinités mythologiques. La précision du miniaturiste et l’éclat des coloris rendaient ainsi justice à cette quintessence de l’art des jardins qu’étaient le parterre de l’orangerie ou les bosquets de Versailles. Mais leur mise en scène picturale – qui rappelle celle de l’opéra – devait aussi flatter ce monarque qui se voulait, pour ses sujets, l’égal des dieux.
A la faveur de l’exposition, qui sert d’écrin au nouvel accrochage permanent, un spectaculaire travail de restauration a permis, grâce au mécénat privé, de redonner tout leur éclat à une douzaine d’œuvres endommagées. La présentation des grands formats (avec les trois toiles commandées aux peintres Etienne Allegrain et Jean-Baptiste Martin, peuplées, elles, de courtisans... en costume d’époque) s’accompagne de gouaches miniatures de Cotelle, dont on ne sait si elles ont précédé ou suivi l’exécution des toiles. Des sculptures en plomb doré qui ornaient, au temps des fêtes royales, des pavillons dans les bosquets, présentées dans l’exposition, sont identifiables sur les toiles. Dont l’inspirateur de Jean de La Fontaine, un certain Esope, fabuliste disgracieux mais au verbe brillant, ou cet Amour joufflu sonnant une trompette (disparue) dans le bosquet de la... Renommée.

   


Exposition « Jean Cotelle (1646-1708). Des jardins et des dieux », au Grand Trianon, à Versailles, jusqu’au 16 septembre 2018. Renseignements pratiques sur chateauxversaille.fr/ Catalogue (sous la direction de Béatrice Sarrazin), Liénart/Château de Versailles éd., 240 p., 39 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Deux pépites, « Je m’en vais mais l’Etat demeure », d’Hugues Duchêne, et « Ce qui demeure », d’Elise Chatauret, et une déception, « Pur présent », nouvelle création du directeur du Festival.
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Avignon : une balade entre le « off » et le « in », du meilleur au Py

Deux pépites, « Je m’en vais mais l’Etat demeure », d’Hugues Duchêne, et « Ce qui demeure », d’Elise Chatauret, et une déception, « Pur présent », nouvelle création du directeur du Festival.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 08h44
    |

            Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est plus fort que lui : Olivier Py ne peut pas s’empêcher d’écrire. Les mots sortent de lui comme des dés, il enchaîne romans, essais et pièces depuis trente ans. Le temps fera le tri dans cette production frénétique qui recèle des réussites, mais nous, ses contemporains, nous découvrons et souvent nous nous « fadons » tout en direct, comme on le disait quand Olivier Py n’écrivait pas encore. Cette année, l’exercice critique porte sur Pur présent. Il sera rapide. Tragédie en trois parties, la nouvelle pièce de l’auteur, metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon semble sortie d’un cerveau adolescent qui aurait découvert la dureté de la prison et la saleté de l’argent.
Olivier Py enchaîne des phrases définitives s’adressant au ciel, aux étoiles et à Dieu pour que soit répondu à une question : comment vivre plus dignement ? Le texte ronfle de platitude, il bourdonne d’injonctions, et cela dure tant et plus – 3 h 15 – qu’à la fin on n’en peut plus. Inutile de dire qu’après ce spectacle consternant on est content d’aller se rafraîchir dans le « off », où une nouvelle salle au joli nom, Le Train bleu, parie sur « la malice de la jeunesse ». Pari réussi, en tout cas avec un spectacle qui fait le plein à 11 h 45 : Je m’en vais mais l’Etat demeure, écrit et mis en scène par Hugues Duchêne.
Une pièce « en mouvement »
Comme ses camarades avec qui il joue, Hugues Duchêne (27 ans) a été élève comédien à la Comédie-Française, c’est-à-dire qu’il a partagé le plateau avec la troupe des sociétaires et pensionnaires pendant la saison 2015-2016, pour finir de se roder au métier. En 2017, il a joué au Studio de la Comédie-Française avec la joyeuse bande de Comme une pierre qui… Plus jeune, il est passé par Sciences Po Lille, s’est engagé dans les jeunesses socialistes. C’est un observateur ironique de la France, qui a écrit une trilogie sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy avant de lancer le projet très particulier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Collèges, hôpitaux, prisons, salles des fêtes : le comédien Didier Galas joue « Ahmed revient », d’Alain Badiou.
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A Avignon, Ahmed en habits de Galas

Collèges, hôpitaux, prisons, salles des fêtes : le comédien Didier Galas joue « Ahmed revient », d’Alain Badiou.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 07h37
    |

            Laurent Carpentier (Avignon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

S’il y a une leçon à retenir du spectacle itinérant que le Festival d’Avignon propose depuis quelques années, c’est qu’un spectacle n’est jamais le même selon qu’on le joue au milieu des cigales à la maison des associations de Mérindol, dans le complexe sportif de Rochefort-du-Gard, ou ici, dans le gymnase de la prison du Pontet.
On le sent aux aguets, Didier Galas, qui, devant un parterre de détenus, se maquille sur scène au début d’Ahmed revient, le monologue d’une heure et demie écrit pour lui par Alain Badiou. Ahmed, c’est lui, Didier Galas. C’était déjà lui, il y a un quart de siècle, pour les premiers épisodes de cette série où le philosophe marxiste-léniniste avait transformé Scapin et ses fourberies en un Ahmed malin dans une cité de banlieue.
Errance philosophique
Ahmed, c’est eux. Ces soixante détenus – sur les 800 que compte le centre pénitentiaire –, courtes et longues peines, jeunes, petites barbes, accent du Midi, tatouages, quelques gueules. Et puis un invité de marque, le philosophe lui-même, qui rit, bon public, aux tirades de son héros, lequel convoque Socrate, Descartes ou Lacan dans une démonstration de l’indémontrable, oscillant entre jeux sur les mots, glissements sémantiques et envolées politiques pour dénoncer tout à la fois le racisme et le machisme, le voile et la chasse au burkini, le sens et son contraire, finissant sur une paraphrase malicieuse de L’Internationale à laquelle Alain Badiou a été biberonné : « Si nous ne sommes rien… nous serons tout. »
Pas sûr que le public ait tout suivi de cette errance philosophique (pas nous, en tout cas). Et on a senti Didier Galas, derrière son masque de Scapin-Ahmed, passer vite sur la scène où il crie « Allah akhbar ! » Mais le public est acquis. Les détenus le diront plus tard quand l’acteur leur demandera si cela les a gênés que ce ne soit pas un Arabe qui joue un Arabe. « Au contraire, c’est encore plus fort ! », ont-ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La comédienne présente un récital en langue des signes sur des textes allant d’Anne Sylvestre à Amy Winehouse en passant par Boris Vian.
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Avignon : Emmanuelle Laborit « chansigne » de tout son corps

La comédienne présente un récital en langue des signes sur des textes allant d’Anne Sylvestre à Amy Winehouse en passant par Boris Vian.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 07h35
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Emmanuelle Laborit est stupéfiante. Elle n’a peur de rien. Dévaste-moi, son nouveau spectacle musical mis en scène par Johanny Bert, le prouve formidablement. Sentimental, cru, rock et opéra, Donna Summer et Alain Bashung, L’amour est un oiseau rebelle et Tango ménopause, la comédienne y va franco. Ce concert-cabaret ne s’intitule pas pour rien Dévaste-moi, d’après une chanson de Brigitte Fontaine en 1965.Il ravage large, ouvre les vannes d’une tempête de désir et de brutalité arrosant le plateau d’eau de rose, de sueur, de sang, de champagne, et ça éclabousse !
« Sourde comme un pot », comme elle le dit elle-même, Emmanuelle Laborit se risque dans un show de « chansigne », autrement dit, chanté en langue des signes. Cette « discipline issue du champ de l’art sourd », la comédienne, codirectrice avec Jennifer Lesage-David de l’International Visual Theatre (IVT), première scène consacrée à la culture sourde et à la langue des signes, à Paris, la sublime dans ce drôle de récital qu’est Dévaste-moi. En compagnie des cinq jeunes musiciens du Delano Orchestra, épaulée par le metteur en scène Johanny Bert et le chorégraphe Yan Raballand, elle enchaîne vingt-quatre titres follement hétéroclites, poussant la chansonnette, gueulant l’opérette, maltraitant la valse musette, fouettant la varièt’avec un appétit tout bonnement jubilatoire.

Chansigner donc. De quoi s’agit-il ? Emmanuelle Laborit traduit non seulement chaque morceau en langue des signes, mais le joue, le danse, l’habille au gré de changements de costumes et d’un dialogue théâtral ininterrompu avec les musiciens. La langue des signes est une merveilleuse chorégraphie. Elle fait ruisseler The Man I Love, de Gershwin, elle bat comme plâtre Fais-moi mal Johnny, de Boris Vian, et n’y va pas par quatre chemins pour Masturbation Blues, de Candye Kane. Les mains, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
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Festivals de jazz et pop ensoleillée : la sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 08h03
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
UNE VIDÉO : « Sound Museum », par Tahiti 80

Une mélodie enjouée qui fleure bon l’été, on n’en attendait pas moins pour le grand retour des esthètes pop Tahiti 80. Déjà près de 25 ans que les Beach Boys normands exportent avec bonheur leur pop éclatante et érudite, notamment au pays du soleil levant, où ils sont adulés. Quatre ans après un Ballroom teinté d’influences tropicalistes brésiliennes (produit par le regretté Richard Swift, mort brutalement le 3 juillet), la formation rouennaise revient propager ses bonnes ondes avec Sound Museum, second extrait après le déjà stimulant Let Me Be Your Story tiré de leur prochain album The Sunsh ! ne Beat Vol.1 (Human Sounds Records), attendu pour le 12 octobre.
Servi par un clip coloré et fauché digne d’AB productions, Sound Museum exhale un parfum d’insouciance sixties avec son riff de guitare entêtant, son orgue électrique au diapason et sa mélodie ensoleillée façon yé-yé. Le titre de ce huitième opus, The Sunsh ! ne Beat Vol.1, se veut, selon le chanteur et leader Xavier Boyer, « une contraction de plusieurs genres musicaux : la Sunshine Pop et le Beat ». Le groupe sera en concert le 28 septembre à Rouen, puis partira en tournée dans l’Hexagone, avec une date (le 29 novembre) à Paris, à la Maroquinerie. Franck Colombani
TROIS FESTIVALS :
Saint-Emilion Jazz Festival, du 20 au 22 juillet

   


A Saint-Emilion (Gironde), le programme du Jazz Festival a été « concocté par de grands connaisseurs », soulignait notre collègue Francis Marmande dans notre supplément festivals, publié le 23 juin. Prévu du vendredi 20 au dimanche 22 juillet, il propose des concerts en soirée dans les douves du Palais Cardinal. On y entendra la chanteuse Cécile McLorin-Salvant et le pianiste Eric Legnini (le 20) ; le guitariste Sylvain Luc (qui dans l’après-midi aura participé, au Château-Soutard, à la « dégustation musicale », une improvisation à partir des parfums et goûts de vins) et le trompettiste Stéphane Belmondo pour un programme consacré au compositeur Philippe Sarde (le 21) ; le Blues Band du guitariste Javier Vargas et le saxophoniste Maceo Parker (le 22).
Par ailleurs, au Parc Guadet, en accès libre, sont attendus en journée l’Old School Funky Family, le big band du pianiste Franck Dijeau, Sax Tape et ses cinq saxophonistes, le violoniste Scott Tixier, le quintette Robin & The Woods, le saxophoniste Eric Seva… En soirée, à 23 heures, on écoutera le 21 juillet Tom Ibarra, jeune guitariste que le bassiste Marcus Miller avait invité sur scène en 2016, et le groupe NoJazz (le 22). A la Salle des Dominicains, programme jazz et cinéma, avec documentaires et concerts. Sylvain Siclier
Sain-Emilion Jazz Festival, au Palais Cardinal, Parc Guadet et Salle des Dominicains. Du 20 au 22 juillet. Tél. : 05-57-55-50-56. De 38 € à 45 € ; forfait 3 jours 110 €.
Jazz à Toulon, du 20 au 29 juillet

   


Avec presque autant de lieux que de concerts annoncés, le festival Jazz à Toulon se déplace un peu partout dans la ville, ses scènes étant installées essentiellement sur diverses places (Victor-Hugo, Saint-Jean, de l’Equarre…). Ce festival est en accès libre, avec un programme de vedettes assez similaire à celui d’événements proches sur la Côte d’Azur, qui eux ont un prix d’entrée. Pour cette 29e édition, organisée du 20 au 29 juillet, on verra en soirée le chanteur Myles Sanko (le 20), le guitariste et organiste Lucky Peterson (21), la chanteuse Michele Hendricks (le 23). Le 25, le guitariste Philippe Petrucciani rendra un hommage à son frère Michel avec la chanteuse Nathalie Blanc et un orchestre de haute tenue, comprenant le trompettiste Nicolas Folmer, le saxophoniste Lionel Belmondo et le bassiste Dominique Di Piazza. Egalement au programme, le pianiste Carlos Maza (le 26), le percussionniste Trilok Gurtu en quartette (le 27) et le bassiste Stanley Clarke en quintette, qui lui jouera plage du Mourillon, non loin du parcours de mini-golf (le 28). En complément, à 17 h 30, plusieurs formations à découvrir, en particulier place Puget. S. Si.
Jazz à Toulon, quinze formations dans douze lieux différents de Toulon (Var). Du 20 au 29 juillet. Accès libre.
Cosmo Jazz, à Chamonix, du 21 au 29 juillet

   


Fondé en 2010, le festival Cosmo Jazz, à Chamonix (Haute-Savoie) et ses environs, est devenu en quelques années un rendez-vous apprécié par les amateurs de musique et de randonnées. Certains concerts ont lieu en fin de journée ou soirée dans des salles (à La Maison des artistes ou à l’Alpina Eclectic Hotel) ou dans le plein air du Parc Couttet. D’autres ont lieu en matinée et début d’après-midi dans les espaces naturels des montagnes, accessibles après une promenade plus ou moins longue, en prenant le petit train rouge à crémaillère ou un téléphérique.
Pour cette édition, organisée du 21 au 29 juillet, le festival proposera d’emprunter le chemin de la bisse du Trinet pour écouter la chanteuse franco-vénézuélienne La Chica (le 21), de rejoindre le barrage d’Emosson avec le groupe Shijin et l’ensemble Arat Kilo avec Mamani Keita et Mike Ladd (le 22), de retrouver la chanteuse China Moses et cent choristes au cirque naturel du Brévent (le 25), et la chanteuse Camille, à mi-chemin au balcon de Planpraz (le 26), la trompettiste Airelle Besson au plateau du Prarion (le 29)… Autant de lieux qui favorisent l’étonnement et l’enchantement musical. Au Parc Couttet sont annoncés le trio du pianiste Gauthier Toux et le chanteur Hugh Coltman (le 26), le chanteur Sly Johnson et le clarinettiste Yom (le 27). Dimanche 29, on entendra la chanteuse Sandra Nkaké et le pianiste André Manoukian, qui est aussi le directeur artistique du festival. S. Si.
Cosmo Jazz, à Chamonix (Haute-Savoie) et ses environs. Du 21 au 29 juillet. Accès libre aux concerts, transports et remontées mécaniques payantes, de 17 € à 115 € selon les formules de 1 à 7 jours.
UN SPECTACLE : « Café Polisson », par Nathalie Joly, à l’Espace Roseau d’Avignon jusqu’au 29 juillet

   


Créé en septembre et octobre 2015 au Musée d’Orsay, à Paris, en lien avec l’exposition « Splendeurs et misères, images de la prostitution (1850-1910) », le spectacle Café Polisson, conçu et interprété par la chanteuse Nathalie Joly et mis en scène par Jacques Verzier, s’installe au Festival d’Avignon jusqu’au 29 juillet. Le répertoire est constitué de chansons grivoises, de fantaisies polissonnes (La Raie, Partie carrée sur les échanges entre messieurs et mesdames Bouton et Boudin), de drames aussi, avec un regard sur le tragique de la vie de « ces femmes dites “de mauvaise vie” », comme l’écrivait notre collègue Véronique Mortaigne.
Ce sont des chansons populaires aux auteurs anonymes (La Pierreuse consciencieuse, La Grande Pine, L’Aviateur…) ou des classiques rendus célèbres par Yvette Guilbert (Madame Arthur, L’Eloge des vieux, La Buveuse d’absinthe) par Aristide Bruant, Damia, Lucienne Delyle, Suzy Solidor… Avec Nathalie Joly, figurent sur scène le pianiste Jean-Pierre Gesbert, les bandonéistes (en alternance) Carmela Delgado ou Marion Chinon, la danseuse Bénédicte Charpiat et Jacques Verzier au chant. Un disque, enregistré lors des représentations au Musée d’Orsay, vient d’être publié par Frémeaux & associés. S. Si.
« Café Polisson » à l’Espace Roseau, 8, rue Pétramale, Avignon (Vaucluse). Tél. : 04-90-25-96-05. Jusqu’au 29 juillet, à 18 heures ; relâche lundi 16 et 23. De 14 € à 20 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Au Château La Coste, l’artiste présente une sépulture-confessionnal ainsi que deux expositions, jusqu’au 15 août.
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Sophie Calle ouvre une tombe à secrets provençale

Au Château La Coste, l’artiste présente une sépulture-confessionnal ainsi que deux expositions, jusqu’au 15 août.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 08h07
    |

            Emmanuelle Jardonnet (Le Puy-Sainte-Réparade (Bouches-du-Rhône), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Elle y a pris ses quartiers d’été, et une concession à perpétuité. Sophie Calle vient d’ajouter une œuvre pérenne au Château La Coste, sur la commune du Puy-Sainte-Réparade, près d’Aix-en-Provence. Un lieu qui donne ­d’année en année davantage de raisons d’arpenter son domaine viticole sur les traces des commandes que son propriétaire, ­l’Irlandais Paddy McKillen, passe auprès d’artistes et d’architectes et dissémine sur ses terres. Pour Sophie Calle, la commande était une de ces sépultures dont elle a le secret : une tombe-confessionnal. « Ici reposent les secrets des promeneurs », dit l’épitaphe gravée dans le marbre blanc, tandis qu’une fente façon boîte aux lettres permet à chacun de glisser feuilles et enveloppes mises à disposition dans un coffre.
Sophie Calle, artiste : « Je vais m’asseoir, ceux qui voudront me raconter leur secret avant de l’écrire pourront le faire s’ils en ont envie »
Ce dispositif, l’artiste l’avait expérimenté une première fois en Bretagne, en 2014. Sans fente : la tombe, ouverte une journée pour accueillir tous les secrets d’un ­village des Côtes-d’Armor, avait été scellée le soir. Les versions ­suivantes, dans des cimetières de ­Genève, en 2016, et à Brooklyn, en 2017, et désormais dans ce sous-bois provençal, ont toutes été pourvues de cet accès à confidences. Comme pour chacun de ses tombeaux-installations, l’artiste le complétera par un happening : sa présence, le samedi 21 juillet. « Je vais m’asseoir, ceux qui voudront me raconter leur secret avant de l’écrire pourront le faire s’ils en ont envie », explique-t-elle.

Un rôle de confidente qui relève du secret professionnel : « Je ne dis jamais les secrets… Je suis une tombe ! C’est très étrange car je ne suis ni psy, ni prêtre, ni coach, ma position est un petit peu ambiguë. Ne rien dire, consoler, conseiller comme une amie, être chaleureuse, rester neutre, je fais au cas par cas, comme dans la vie », détaille-t-elle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. Un documentaire sensible permet de mieux découvrir l’aventure artistique de l’auteur et metteur en scène de théâtre (sur Arte à 0 h 00).
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TV – « Joël Pommerat, le théâtre comme absolu »

Notre choix du soir. Un documentaire sensible permet de mieux découvrir l’aventure artistique de l’auteur et metteur en scène de théâtre (sur Arte à 0 h 00).



Le Monde
 |    15.07.2018 à 18h00
    |

                            Fabienne Darge








                        


Documentaire sur Arte à 0 h 00

   


« Je cherche le réel. Mais ce réel, il faut le recomposer, le refabriquer. » Tout le théâtre de Joël Pommerat est là, et toute son aventure artistique qui, depuis vingt ans, a pris peu à peu une place aussi importante que celle menée auparavant par Patrice Chéreau. Pour autant, l’auteur et metteur en scène reste un homme secret, de tempérament farouche, tendu vers son art, fuyant le cirque médiatique.
C’est le grand mérite du film de Blandine Armand que de les faire mieux connaître, lui et cette aventure menée avec sa compagnie Louis Brouillard – nom choisi en clin d’œil au Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine –, fondée en 1990. La documentariste ­connaît bien le travail de l’« auteur de spectacles », comme il aime à se définir lui-même, et elle le saisit par petites touches sensibles, tel qu’en lui-même, longue silhouette dégingandée, travailleur inlassable, d’hôtel en appartement temporaire, avant de se poser, enfin, dans la maison qu’il a achetée dans le sud-ouest de la France.
Avant tout une équipe
Le Théâtre comme absolu – titre du documentaire – le dit bien : Joël Pommerat a vécu dans, par et pour son théâtre pendant trente ans, créant une trentaine de pièces, traduites en quarante langues, et tournant dans le monde entier. De nombreux extraits de ces spectacles émaillent le film, qu’il s’agisse d’Au monde, des Marchands, de Ma chambre froide ou de Ça ira (fin de Louis), le dernier créé : en s’attaquant à la Révolution française, Pommerat et son équipe ont fait date, avec cette pièce qui est reprise au Centquatre-Paris, du 16 au 20 juillet, dans le cadre du festival Paris l’été.
Car Pommerat, c’est aussi et avant tout une équipe, une compagnie de fidèles, qui tous interviennent dans le film. Les quatre actrices qui forment le socle de la troupe au premier chef : Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Ruth Olaizola et Marie Piemontese. Et, bien sûr, Eric Soyer, scénographe et bien plus encore, le premier interlocuteur, qui résume en une phrase le cœur de ce théâtre : « Ce qui m’a toujours fasciné dans son écriture, c’est le point de glissement entre la banalité et le monde de l’inconscient. » Si l’on ajoute à cela le travail à l’Opéra et celui que mène Joël Pommerat à la prison d’Arles, c’est un tableau complet qu’offre le film de Blandine Armand.
Joël Pommerat, le théâtre comme absolu, de Blandine Armand (Fr., 2017, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le chorégraphe libanais présente au Théâtre Benoît-XII le troisième volet de sa trilogie centrée sur les liturgies funéraires dans le monde arabe.
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Avignon : Ali Chahrour prend la mort à la gorge

Le chorégraphe libanais présente au Théâtre Benoît-XII le troisième volet de sa trilogie centrée sur les liturgies funéraires dans le monde arabe.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 08h21
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La place du mort. Une fois encore, le chorégraphe libanais Ali Chahrour, 29 ans, choisit de danser le mort dans sa nouvelle pièce May he rise and smell the fragrance, à l’affiche jusqu’au 17 juillet, du Théâtre Benoît-XII à Avignon. Une fois encore, il se poste en vigie dans l’espace impossible, le lieu intouchable, ose l’expérience spectaculaire de l’innommable à travers un rituel contemporain hypnotisant inspiré des cérémonies de deuils chiites.

May he rise and smell the fragrance (2017) est le dernier volet d’une trilogie centrée sur les liturgies funéraires dans le monde arabe. Les deux premiers, Fatmeh (2014) et Leïla se meurt (2015), dans lequel Ali Chahrour jouait le rôle du cadavre, ont été présentés en 2016, au Festival d’Avignon. La manifestation, qui a permis de faire connaître Chahrour, clôt ainsi cette immersion dans un chaudron de mélopées, de percussions, de tambourins, qui frémissent, bouillonnent, dégorgent, apaisent.

Ça pique les yeux
Fumigènes, barre de projos pleine face dans le public, ça pique les yeux. Un long cri, scandé, bloqué, laissé au bord du vide, avant d’être relancé dans l’air, saisit l’espace et le fige. Voix de femme seule devant le décès de son enfant. Sur un écran, où est projetée la traduction du texte arabe en français, il est question de résurrection, de désir d’éternité, d’effondrement. Un énorme rouleau compresseur sonore déchiquète tout, attaque la salle comme si on écrasait toute vie au passage. Trois hommes se dressent au premier rang des spectateurs et se tournent vers la communauté rassemblée. La mère arrive. Elle pleure son fils, elle le chante, elle le hurle. May he rise and smell the fragrance prend la mort à la gorge pour l’avaler, s’en empoisonner, la recracher peut-être.
Le corridor funèbre mis en scène par Ali Chahrour ouvre sur trois pièces comme autant de chambres funéraires. On y convulse, on y veille les disparus, on les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le Belge offre une belle mise en scène du texte de Louis Couperus sur le poison des secrets de famille.
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Avignon : Ivo van Hove déploie toutes les nuances du noir

Le Belge offre une belle mise en scène du texte de Louis Couperus sur le poison des secrets de famille.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 07h52
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Trop de tragédie tuerait-elle la tragédie ? On se le demande, à la (presque) mi-temps du Festival d’Avignon, le 14 juillet au soir, au sortir de De Dingen die Voorbijgaan (« les choses qui passent »), la nouvelle création, présentée en première française, du metteur en scène belge Ivo van Hove. Le directeur du Toneelgroep d’Amsterdam, un des maîtres incontestés du théâtre européen actuel, est désormais un habitué d’Avignon, où, depuis 2008, ses spectacles ont marqué les esprits, qu’il s’agisse des Tragédies romaines, de Shakespeare, de The Fountainhead, d’après Ayn Rand, ou de ces fameux Damnés, inspirés de Visconti, présentés dans la Cour d’honneur du Palais des papes, en 2016, avec la troupe de la Comédie-Française.

Dans une édition 2018 qui semble décliner toutes les nuances de noir, Ivo van Hove revient avec un auteur quasiment inconnu en France, le poète et romancier néerlandais Louis Couperus (1863-1923), qu’il présente comme un équivalent de Proust ou de Thomas Mann. De Dingen die Voorbijgaan, signé par Couperus en 1906, a tout de la tragédie, sous ses dehors naturalistes et psychologiques qui relèvent de la littérature de la fin du XIXe siècle.
C’est l’histoire d’une famille, dominée par une matriarche impressionnante, prénommée Ottilie. En elle se tapit le secret familial que tous connaissent, mais qui ne se dit pas, qui a été tu depuis soixante ans et qui ronge et détruit une génération après l’autre. Quelque chose s’est commis, il y a plus de soixante ans, alors qu’Ottilie, son mari et son amant vivaient aux Indes orientales. Un acte irréparable, qui comme un poison continue à produire lentement ses effets, d’une génération sur l’autre, dans ce roman dont l’un des aspects les plus intéressants – et très actuel – est la cohabitation entre deux générations déjà âgées, l’une approchant les 90 ans, l’autre les 70.
De belles actrices
De Dingen die Voorbijgaan,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La reprise de la production présentée en 2014 suscite à nouveau l’enthousiasme sous la direction magnifique de Raphaël Pichon.
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Aix : la « Flûte » inoubliable de Simon McBurney

La reprise de la production présentée en 2014 suscite à nouveau l’enthousiasme sous la direction magnifique de Raphaël Pichon.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 08h14
    |

                            Marie-Aude Roux (Aix-en-Provence, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Quatre ans plus tard, qu’allait-il rester de cette Flûte enchantée mozartienne qui avait émerveillé en 2014 le Festival d’Aix-en-Provence ? Tout. Et plus encore. Car le spectacle mis en scène par Simon McBurney s’est à la fois enrichi et épuré. Enrichi des mille et une familiarités acquises par le jeu des chanteurs, épuré par leur souplesse et leur naturel.
Le propos n’a rien perdu de son impact dramaturgique. Toujours s’invitent dans cette Flûte sauvée des ténèbres, l’ombre de La Tempête shakespearienne avec ses spectres, ses monstres et ses fols. Il y a du Prospero dans Sarastro, du Caliban dans Monostatos, du Miranda dans Pamina, du Ferdinand dans Tamino, et même, pourquoi pas, l’esprit d’Ariel dans les trois jeunes garçons grimés en trolls…
Les beaux ciels d’orage de Jean Kalman, la vidéo inventive de Finn Ross, et plus encore les deux « magiciens » circonscrits de part et d’autre du plateau – un scribe virtuose et une bruiteuse poète – habillent des songes en forme de cauchemars ou de rêves, sans que nul répit ne soit laissé à la musique. On a beau s’y attendre, l’arrivée de la Reine de la Nuit en vieillarde claudicante à longs cheveux gris reste un choc, d’autant qu’elle dégage l’incoercible violence d’une douleur abyssale, bien loin des colères telluriques des méchantes reines et autres féés stellaires.
Frustré sexuel au bord de la crise de nerfs
Comme il y a quatre ans, la soprano américaine Kathryn Levek, Reine de la Nuit paroxystique mais profondément humaine, recueillera par deux fois un succès mérité. Tout comme le Papageno du baryton néerlandais Thomas Oliemans (dont le costume constellé de fientes pourrait justifier le surnom de « Papaguano »), frustré sexuel au bord de la crise de nerfs, que poursuit une meute d’oiseaux de papier blanc bruissant les ailes du désir.
Plus encore que dans le souvenir nous a séduit la franche et très expressive Pamina de la soprano norvégienne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.
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Les utopies négatives de Superstudio

Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 14h40
    |

                            Eric Loret








                        



   


Parmi les arts, c’est à l’architecture (et à l’urbanisme) que la modernité a d’abord confié la mission d’améliorer le sort des hommes. Projets visionnaires de Boullée au XVIIIe siècle, phalanstère de Fourier, machine à habiter de Le Corbusier, puis, plus près de nous, autoplanification de Yona Friedman, ­architecture de récupération…
Mais à la fin des années 1960, les lendemains commencent à déchanter. Pour certains architectes et théoriciens, les utopies industrielles des années 1920 et 1930, qui voulaient « réconcilier la technologie et la nature, les régimes collectifs et l’auto­détermination, l’accomplissement matériel et spirituel », comme le résume Benjamin Buchloh dans l’article « Fuck the Bauhaus » (revue Initiales n°11, ENSBA-Lyon, mai 2018), se sont cassé les dents sur les « transformations sociales réelles qui étaient arrivées durant la désublimation agressive de l’expérience, au temps de la consommation de masse d’après-guerre ». La contestation gronde.
Propositions irréalistes
Gordon Matta-Clark, par exemple, que l’on peut voir actuellement au Jeu de paume, à Paris, critique littéralement à coups de massue la modernisation forcée et la relégation sociale qu’exerce l’architecture. Quelques années auparavant, en 1966, Superstudio et ­Archizoom, deux agences d’architecture de Florence, bousculent les codes par leurs propositions irréalistes. Superstudio, en particulier, inonde le monde de l’art d’images aussi attrayantes que glaçantes. Des photomontages montrant des paysages ou des villes recouverts d’une grille blanche uniforme, « design unique » qui peut être répété et appliqué n’importe où. On ne sait rien de ce qui est dedans ou dessous, c’est une pure « surface neutre ».
Ces horizons immaculés sont habités par des ­hippies que l’on voit pique-niquer ou glandouiller. En 1973, dans la revue Design Quarterly (n° 89, « Sottsass, ­Superstudio : Mindscapes », Walker Art Center), ­Superstudio décrit ainsi la première de ses « douze villes idéales » : un unique bâtiment constitué de cellules. Dans chaque cellule, un individu occupe un siège qui se moule autour de lui, capable de « satisfaire tous ses besoins physiologiques ». Le mur d’en face émet des odeurs, des sons et des images en 3D tandis que le sol est un « simulateur capable d’évoquer toutes les sensations du vivant ». Sur le toit, un « analyseur sélectionne, compare et interprète les désirs de chaque individu » à partir des ondes cérébrales de ceux-ci et, en conséquence, « programme toute la ville à chaque instant. Tous les citoyens sont parfaitement égaux. La mort n’existe plus ».
Discours ironique
Superstudio entretient volontiers le doute sur ses intentions. Au début, ses six membres présentent leur travail comme une « utopie modérée pour l’avenir immédiat » mais, plus tard, ils écriront aussi avoir inventé des « utopies négatives » et proposé une « lobotomie délicate » par le design. Discours ironique, semblable à celui du pop art auquel Superstudio emprunte ses formes, qui retourne la consommation de masse contre elle-même. Mais l’ironie n’empêche pas l’ambiguïté, au contraire : les propositions de Superstudio témoignent à la fois d’une fascination et d’une répulsion pour le fonctionnalisme et les grilles totalitaires de Mies van der Rohe.
Superstudio n’a jamais rien construit, sauf des meubles « encombrants ». Un refus de produire que le chercheur en histoire de l’art Ross K. Elfline, dans l’article « Superstudio and the “Refusal to Work” » (revue Design and Culture, 8:1, 2016), a proposé de relier à l’« opéraïsme » et au « refus du travail » de Toni Negri.
En 1971, l’un de ses fondateurs résumait ainsi la philosophie du groupe : « Si le design est une pure incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l’architecture est une pure codification des modèles bourgeois de propriété et de société, alors nous devons rejeter l’architecture ; si l’urbanisme est une pure formalisation des injustices sociales du ­présent, alors nous devons rejeter l’urbanisme (…) jusqu’à ce que ces activités aient enfin toutes pour but de satisfaire nos besoins primordiaux. »
D’ici là, le monde que Superstudio présente, privé d’objets, de villes et de lieux où habiter, serait en quelque sorte le moins mauvais des purgatoires, mais sans doute pas un idéal à réaliser.
La semaine prochaine : Le design spéculatif d’Ai Hasegawa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Crinière blonde pour elle, costume sobre pour lui, le duo a égrené une trentaine de titres samedi soir.
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Beyoncé et Jay-Z, un couple réconcilié au Stade de France

Crinière blonde pour elle, costume sobre pour lui, le duo a égrené une trentaine de titres samedi soir.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 05h53
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 07h18
    |

                            Stéphane Davet








                        



   


Programmé le même jour que la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet, le deuxième concert au Stade de France de Beyoncé et de Shawn Carter, alias Jay-Z, a eu du mal à se remplir. Si l’annonce par les organisateurs que le match France-Croatie serait diffusé sur grand écran, avant le show, a relancé les ventes, 10 000 places restaient encore disponibles la veille.
Plus qu’un simple couple de vedettes des musiques urbaines, la chanteuse et son rappeur entrepreneur de mari sont devenus une entité artistique et commerciale mettant en scène vie sentimentale et familiale dans leurs disques respectifs ou communs, tel le dernier album, Everything is Love, paru le 16 juin, sous le nom de The Carters.

        Lire la critique :
         

          L’album de Beyoncé et Jay-Z, un pétard mouillé



Films familiaux
Dans la foulée, leur deuxième tournée en duo, OTR II, après le On The Run tour de 2014, se nourrit aussi de cette vie privée affichée en public. Au Stade de France, l’écran géant de fond de scène rythme ainsi le concert d’une suite d’épisodes vidéo — constituée d’un montage de clips et de films familiaux — contant plus ou moins métaphoriquement la passion originelle, les disputes et les tensions, la repentance et la réconciliation, le bonheur retrouvé avec leurs trois enfants. Sur fond de références religieuses, ces moments pourraient se réduire à l’esthétique neu-neu de la télé-réalité. La connexion artistique de Jay-Z et Beyoncé est heureusement plus riche que celle de Kanye West et Kim Kardashian.
Depuis leur première collaboration, en 2002, pour le single ‘03 Bonnie & Clyde, on sait à quel point leur différence et leur complémentarité peuvent faire des étincelles. Elle, vocaliste surdouée de la bourgeoisie texane, dont les talents de danseuse ont amplifié la popularité. Lui, le gamin de Bedford-Stuyvesant, quartier dur de Brooklyn, à New York, dont la culture de rue a façonné la verve de rappeur et l’efficacité de self-made-man.
Trouvailles musicales
Pendant deux heures et demie et une quarantaine de titres (souvent joués en version raccourcie) piochés dans le répertoire de chacun, leurs profils respectifs permettent d’alterner sans temps morts des tableaux où s’affirment l’énergie revencharde de Jay-Z (Dirt Off Your Shoulder), son assurance bravache de milliardaire autodidacte (Fuckwithmeyouknowigotit, Clique), sa capacité à transformer les épreuves en potion euphorisante (99 Problems, Public Service Announcement), mais aussi sa vulnérabilité (Song Cry) et une conscience politique afro-américaine (The Story of O.J.).
Les performances de Beyoncé s’enchaînent à celles de son époux et s’y fondent brillamment grâce à des trouvailles musicales et vidéo, à la richesse d’une scénographie multipliant passerelles surélevées, trappes escamotables, promenades dans le public et chorégraphies où continue d’exceller Queen Be, accompagnée d’une douzaine de danseuses aussi spectaculaires que la douzaine de danseurs de Jay-Z.
« Girl power »
Si son mari change encore plus souvent de tenue qu’elle, guêpières en strass ou en pied-de-poule, cuissardes en vinyle, short en jean ou corset d’argent amplifient un sex-appeal assumé avec une autorité de maîtresse femme. La désormais blonde peut piquer une colère soul (Ring the Alarm), incarner l’épouse blessée par les infidélités (Resentment), en jouant en virtuose du velouté de ses quatre octaves et demie. Aussi à l’aise dans les rythmes sudatoires que dans la volupté, elle peut aussi twerker sur ses hymnes féministes (Flawless, Run the World [Girls]) en icône du girl power.
Convaincant chacun de son côté, Beyoncé et Jay-Z font fructifier leurs différences plus encore quand ils se retrouvent en duo. Plusieurs des morceaux de bravoure du concert consistent ainsi en un jeu de contrastes entre cet aristo du ghetto et sa reine pop. Si le couple n’a pas joué Apeshit, le titre illustré par le désormais célèbre clip tourné au Musée du Louvre, il a célébré royalement son « real love » et sa domination sur le R’n’B contemporain dans les éclatants Upgrade U, Déjà vu, Crazy in Love, avant de conclure avec Young Forever, rêvant d’une jeunesse, et d’un règne, éternels.
Le 17 juillet, au stade Allianz Riviera, à Nice (complet).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Notre choix du soir. Dans un documentaire en six parties, Loïc Prigent revient sur tendances de la mode masculine, entre coupes classiques et silhouettes excentriques (sur Arte à 1 heure).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

TV – « Des hommes stylés » : le vestiaire masculin sens dessus dessous

Notre choix du soir. Dans un documentaire en six parties, Loïc Prigent revient sur tendances de la mode masculine, entre coupes classiques et silhouettes excentriques (sur Arte à 1 heure).



Le Monde
 |    14.07.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 1 heure



Des hommes stylés, le nouveau documentaire de Loïc Prigent, est proposé en six tranches fines, servies chaque samedi, à des heures tardives, à partir du 7 juillet sur Arte. Nous n’avons pu en voir que les quatre premiers épisodes.
C’est du Prigent dans le texte : vif, narquois, sexy, foutraque, drôle, avec les inévitables – mais qui s’en lasserait ? – saillies de Karl Lagerfeld et les micros-trottoirs de « Fashion Victims » de retour du carnaval de Rio.
Le récit est habilement troussé avec des perles d’archives qui montrent que les excès dont la mode masculine peut faire état ne datent pas du siècle – comme le prouve, entre autres, un imprimé zèbre des temps postzazous.
En gros, les deux lignes de force restent les mêmes : l’éternel masculin classique et chic dans un costume bien coupé, ou le renouvellement total du vestiaire pour des personnes binaires, ni masculines ni féminines. (Jean Paul Gaultier ayant été précurseur à cet égard comme à tant d’autres.)
« Détails cachés et égoïstes »
La marque Palomo Spain fait défiler des garçons très féminins en slip et cuissardes sous une redingote frangée, ou en talons hauts, bicorne à plumes et cape bordée de frou-frou. Violet Chachki, artiste transformiste gagnante de la septième saison de l’émission de télé-réalité « RuPaul’s Drag Race », interrogée à l’issue du défilé, adore. Louis XIV ? On ne sait.
Amanda Lear trouve « excitant et très sexy des garçons très féminins ». Mais, comme le reconnaît un jeune homme questionné quant à la « portabilité » de la chose : « C’est un peu limite pour prendre le métro… »
Pour ceux qui prennent le métro, rien de mieux qu’un costume structuré, mais souple, avec des « détails cachés et égoïstes », ainsi que le dit Véronique Nichanian, directrice artistique de l’homme chez Hermès. Encore faut-il avoir les moyens de son égoïsme en forme de poche doublée de peau d’agneau… Paul Smith, qui a, comme Agnès b., débarrassé la veste de son « cartonnage », rappelle qu’il fut avec Giorgio Armani le réinventeur du costume. Avec ce chic fané si élégant dont les Britanniques ont gardé le secret.
Sinon, dans ce documentaire, tout le monde ou presque en est d’accord : rien de mieux qu’un garçon en tee-shirt blanc et blue-jeans. Tout ça pour ça…
Des hommes stylés, de Loïc Prigent (Fr., 2018, 6 × 8-10 min.)



                            


                        

                        

