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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans
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Vuk Jeremić : « Ceux qui demeurent attachés au futur démocratique de la Serbie, regardez vers la France »

À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans



Le Monde
 |    16.07.2018 à 16h29
    |

Vuk Jeremić (Président du parti serbe d’opposition centriste, Narodna Stranka/Parti Populaire)







                        



                                


                            

Tribune. En juin 2003, les leaders européens se sont réunis à Thessalonique (Grèce) afin d’affirmer sans ambiguïté que « l’avenir des Balkans est dans l’Union européenne ». Quinze ans plus tard, au sommet de Sofia, une nouvelle génération de leaders européens s’est prononcée sur le sujet, mais de façon plus prudente.
La déclaration signée ne faisait nulle mention du processus d’adhésion, et les parties prenantes n’ont que simplement annoncé leur « soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Emmanuel Macron le plus clair
Parmi les leaders européens, c’est le président Emmanuel Macron qui aura été le plus clair dans la présentation des raisons de ce changement de situation. À l’occasion d’un discours historique prononcé au Parlement européen à Strasbourg, et de remarques exprimées à Sofia quelques semaines après, il s’estimait favorable à l’ancrage des Balkans dans l’Europe, tout en notant qu’aller vers un prochain élargissement ne pourrait prendre place qu’à la seule condition de l’accomplissement d’une vraie réforme, qui résulterait en un approfondissement et un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.

La franchise d’Emmanuel Macron est bienvenue : elle est indicatrice d’un réel intérêt dans le futur de l’Union européenne, tout en indiquant clairement que la transformation des Balkans occidentaux en région conforme aux valeurs et standards européens, demeure une responsabilité commune.
Cette franchise porte un véritable coup envers ceux qui souhaiteraient maintenir un statu quo qui coincerait la région entre l’Union européenne et le Moyen-Orient. Le risque d’avoir une telle zone tampon, est qu’elle créerait l’illusion faisant semblant que tout va bien dans notre coin du monde.
Je considère que cette dernière approche est erronée. Elle creuserait davantage le fossé entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, diminuant ainsi sur le long...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Spécialiste du XVIIe siècle, période sur laquelle il a écrit plusieurs ouvrages à succès, François Bluche est mort le 28 juin à l’âge de 92 ans.
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La mort de François Bluche, historien du Grand Siècle

Spécialiste du XVIIe siècle, période sur laquelle il a écrit plusieurs ouvrages à succès, François Bluche est mort le 28 juin à l’âge de 92 ans.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 15h24
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Spécialiste du Grand Siècle (le XVIIe) et biographe révérant autant que révéré de Louis XIV, l’historien François Bluche est mort le 28 juin à Cornimont, dans les Vosges, où il s’était retiré, à l’âge de 92 ans.
Si sa famille est originaire de l’Est et a été profondément marquée par les conflits qui ont vu l’Alsace-Moselle disputée entre Français et Allemands, le petit François naît le 17 septembre 1925 en terre languedocienne, son père, industriel, ayant élu le village de Ganges pour y implanter une usine de bonneterie de soie.
Malgré ce que Christian Amalvi, dans la notice qu’il consacre à Bluche dans le Dictionnaire biographique des protestants français, codirigé par Patrick Cabanel et André Encrevé (2015), qualifie d’« éducation profondément patriotique », ce fils d’ancien combattant n’épouse pas la cause maréchaliste de son père et rallie, à 17 ans, les Francs-tireurs et partisans (FTP) de Montpellier avant d’adhérer au PCF ; ce qui lui ouvre la rédaction de Rouge-Midi, l’« organe du Rayon communiste et des syndicats unitaires », né en 1930, qui reparaît après cinq ans d’interruption en août 1944. Dirigé par Jean Cristofol, éphémère maire de Marseille (décembre 1946-octobre 1947), le périodique ne retient pas longtemps Bluche, qui ne persévère pas dans le journalisme et entreprend des études d’histoire.
Sommes érudites et livres de vulgarisation
Reçu à l’agrégation, il est assistant à la Sorbonne (1951-1955), avant d’être nommé professeur à la faculté des lettres de Besançon (1957-1969) puis d’intégrer Paris-X-Nanterre, où il finira sa carrière.
Tout en se consacrant à sa thèse sur les « Magistrats du Parlement de Paris au XVIIIe siècle », d’un classicisme qui tourne résolument le dos aux options des Annales – il dédiera l’ouvrage achevé à l’académicien Pierre Gaxotte (1895-1982), maurrassien convaincu qui refusa toutefois la Collaboration –, François Bluche, s’il a rompu avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie narre sa finale, tendue, indécise, unique.
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Coupe du monde : magie noire, irrationnel et baraka, par Olivier Guez

L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie narre sa finale, tendue, indécise, unique.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 16h04
    |

                            Olivier Guez (écrivain)








                        



                                


                            

En guise d’apothéose, je prévoyais un récit épique, une chanson de gestes exaltant le onze français en quête d’un deuxième titre mondial : Griezmann en Gilgamesh ; Varane puisant en lui une énergie surhumaine pour enrayer les offensives adverses. Après un quart d’heure de jeu, j’ai envie d’écrire sur les Croates et, puisqu’ils ont perdu, je rends hommage au valeureux Vida (dans une vie antérieure, il fut cosaque sur le Don, il en a le coffre et la queue-de-cheval), à l’excellent Perisic (quel but !) et à leurs milieux de terrain, emmenés par le maestro Modric, désigné meilleur joueur de la compétition à juste titre.
Ce petit homme à tête de rapace est la gloire du football. Il doit posséder un pinceau à l’extrémité de chaque pied. Vista, feintes ; intelligence du corps et de l’esprit, Modric ratisse, oriente, dévie, élastique et gracile, et à le regarder cabrioler sur un terrain, d’un camp l’autre, on se dit que le football est un art.
Il n’empêche, la Croatie a perdu et c’est tant mieux. L’après-midi passant, j’avais des nœuds dans le ventre, grandissants. Mais pourquoi m’inquiéter ? Comment oublier la chance de Deschamps ? Sans jamais tirer au but, ni même esquisser un mouvement, et alors que la Croatie a développé un jeu remarquable, la France mène 2-1 à la mi-temps
Cet avantage relève de la magie noire, et pendant que dans le vestiaire français Deschamps prononce une énième incantation satanique, je pense à la malédiction des équipes d’Europe centrale, à la Wunderteam autrichienne de l’entre-deux-guerres, à la Hongrie et à la Tchécoslovaquie, qui, bien que brillantissimes, n’ont jamais réussi à remporter la Coupe du monde.
Mandzukic signe un improbable doublé : un but pour, un but contre, du jamais-vu en finale de Coupe du monde
La finale bascule dans l’irrationnel lorsqu’un commando des Pussy Riot envahit la pelouse et que deux extraterrestres français assomment les Croates, pour toujours. L’équipe de France n’est pas seulement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. De Paris à Marseille, tout un peuple, laissant pour un temps de côté ses querelles et ses divisions, a fait un rêve en bleu.
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Ce moment est d’autant plus précieux qu’il rassemble un pays traumatisé par les attentats

Editorial. De Paris à Marseille, tout un peuple, laissant pour un temps de côté ses querelles et ses divisions, a fait un rêve en bleu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 14h51
   





                        



Editorial du « Monde ». Dès le coup de sifflet final, une fantastique liesse s’est emparée de la France entière. Une ribambelle de supporteurs, fraternels et joyeux, ont célébré la victoire des Bleus, qui ont remporté, dimanche 15 juillet au stade Loujniki de Moscou, une deuxième Coupe du monde en battant (4-2) l’équipe de Croatie. D’un bout à l’autre du pays, la fête a été totale. De Paris – avec des Champs-Elysées en folie – à Marseille, en passant par Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg, Montpellier ou La Réunion, tout un peuple, laissant pour un temps de côté ses querelles et ses divisions, a fait un rêve en bleu. Ce moment est d’autant plus précieux qu’il rassemble, dans toute sa diversité, à coups de drapeaux tricolores et de Marseillaise, un pays traumatisé par la succession d’attentats commis sur son sol depuis janvier 2015 et l’attaque contre Charlie Hebdo.

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                Coupe du monde : « Le temps d’une victoire, aimons-nous vivants »



La France a ainsi exprimé sa fierté et sa reconnaissance à des Bleus venus de loin, qui, en retour, lui ont dédié leur victoire et ont même salué « la République ». Au début de ce Mondial en Russie, les Bleus de Didier Deschamps, jeunes (26 ans de moyenne d’âge) et relativement inexpérimentés, étaient loin d’être favoris. A ces joueurs, issus pour la plupart des banlieues populaires de la région parisienne, il a fallu beaucoup de sueur, de larmes et même de souffrance pour faire triompher leur sens du collectif et de la solidarité. La réussite de Didier Deschamps, le capitaine victorieux de 1998, s’est aussi appuyée sur un « ascenseur social » qui a bien fonctionné : le repérage, la formation et la promotion des jeunes talents du football français, grâce à un tissu de clubs et d’éducateurs que les masses d’argent qui pèsent sur ce sport n’a jamais fait craquer. La précoce éclosion de Kylian Mbappé, 19 ans, en est un brillant exemple.
Regonfler le moral
Ce moment de bonheur collectif apporte aussi un cinglant démenti aux théoriciens rances d’une obsession nationale fondée sur le nom de famille ou la couleur de peau. Pour ces Bleus, aux parcours et aux origines multiples, qui se sont drapés dans des drapeaux tricolores, l’appartenance à la communauté nationale va de soi. En même temps, le pays ne va pas être transfiguré par cette seconde étoile. L’histoire a montré la fugacité de ces instants d’union nationale. L’euphorie provoquée par la victoire de 1998 n’a pas empêché, en 2002, Jean-Marie Le Pen de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. En 2005, l’explosion dans les banlieues a montré la persistance des fractures urbaines et sociales. Et l’esprit du 11 janvier 2015 s’est vite évanoui.

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                Quand Macron exulte avec les Bleus



La France ne va pas se métamorphoser comme par enchantement. Les inégalités sociales ne vont pas s’effacer, le chômage de masse et la précarité ne vont pas disparaître. Les querelles et les polémiques qui sont notre lot quotidien vont vite réapparaître. La magie d’une gloire sportive est fugitive et ne suffit pas, à elle seule, à rétablir la cohésion sociale. Mais, pour autant, la France aurait tort de bouder son plaisir. Dans un climat politiquement et socialement morose, la victoire de l’équipe de France est susceptible de regonfler le moral des Français. Elle est un signe de confiance en sa jeunesse et offre une salutaire bouffée d’optimisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’avocat Yann Padova, dans une tribune au « Monde », entend dissiper les craintes d’arbitraire et d’intrusion de la justice américaine qui entourent le « Cloud Act », la nouvelle loi sur l’accès judiciaire aux données informatiques votée aux Etats-Unis.
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La loi américaine sur les données n’est « ni extraterritoriale, ni extrajudiciaire »

L’avocat Yann Padova, dans une tribune au « Monde », entend dissiper les craintes d’arbitraire et d’intrusion de la justice américaine qui entourent le « Cloud Act », la nouvelle loi sur l’accès judiciaire aux données informatiques votée aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h45
    |

                            Yann Padova (Avocat au cabinet Baker McKenzie)








                        



                                


                            

Tribune. Adopté aux Etats-Unis sans véritable débat parlementaire le 23 mars, le « Cloud Act » a provoqué une avalanche de commentaires parfois circonstanciés, parfois outrés, mais bien souvent inexacts.
Le premier mythe à propos du Cloud Act serait son « champ d’application extraterritorial », qui permettrait aux autorités américaines d’avoir un accès illimité et inconditionnel aux données stockées dans le monde entier par tout opérateur ou intermédiaire technique. La réalité est plus subtile.
Le Cloud Act, acronyme de Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (« loi clarifiant l’usage légal des données hébergées à l’étranger »), a pour premier objet de… « clarifier ». A cet effet, il clôt une controverse judiciaire qui opposait depuis de nombreuses années Microsoft au gouvernement américain et qui concernait les modalités d’accès aux données « sous le contrôle » de prestataires soumis au droit américain mais stockées dans d’autres pays. Ce contentieux a donné lieu à de nombreuses décisions judiciaires pas toujours cohérentes entre elles.
Dans le respect de la Constitution américaine
Désormais, le Cloud Act s’applique à toute société relevant de la juridiction des Etats-Unis et qui contrôle les données quel que soit le lieu où elles sont stockées. Les grands acteurs américains du cloud et leurs filiales étant dans cette situation, ils devront s’y conformer. Tout comme le devront les autres entreprises du secteur, y compris européennes, qui opèrent légalement sur le territoire américain.
Le Cloud Act n’est donc pas une loi extraterritoriale s’appliquant indifféremment à toutes les entreprises dans le monde entier, mais une loi qui s’applique à toute société relevant de la juridiction des Etats-Unis. C’est une différence qui a son importance. Notre propre droit pénal connaît d’ailleurs des dispositions comparables réprimant des faits commis par un Français hors du territoire national.

Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que la victoire de l’équipe de France en Russie s’inscrit dans le récit national qu’Emmanuel Macron tente d’inculquer à son peuple rétif : oui, la France peut faire de grandes choses.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
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Des « Bleus » 100 % politiques

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que la victoire de l’équipe de France en Russie s’inscrit dans le récit national qu’Emmanuel Macron tente d’inculquer à son peuple rétif : oui, la France peut faire de grandes choses.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 13h04
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Ils sont décidément formidables, ces Bleus. Non seulement, ils gagnent, non seulement ils assurent à la France sa deuxième Coupe du monde en vingt ans, mais ils rendent le pays heureux et se chargent à eux seuls de tout le travail des politiques.
Emmanuel Macron n’avait pas besoin d’en faire beaucoup, dimanche soir 15 juillet au stade Loujniki de Moscou. Il suffisait d’entendre le sélectionneur Didier Deschamps s’exclamer « on est fiers d’être français, vive la République ! », Paul Pogba souhaiter « que tout le monde s’embrasse », Hugo Lloris commenter « c’est beau de voir les Français unis, dans la joie, de les voir avec le sourire, de les voir avec les larmes. C’est comme ça qu’on aime voir notre pays », pour réaliser que quelque chose d’important était en train de se passer.

En ce 15 juillet, les Bleus ont apporté au président de la République ce derrière quoi il court depuis plus d’un an : un événement qui fait ciment, une grande fête populaire rassemblant toutes les catégories sociales et fédérant toutes les générations, un moment de fierté nationale, un instant de fusion. Ce faisant, ils se sont inscrits de plain-pied dans le récit national que l’élu de 2017 tente d’inculquer à son peuple rétif : oui, la France peut faire de grandes choses. Oui, elle a la capacité de surprendre le monde, n’en déplaise aux grincheux qui ne la voyaient pas forcément en finale.
L’alchimie du verbe et de l’action
Mais ce que le pays a démontré, dimanche, c’est qu’il n’avait pas nécessairement besoin d’être coaché par l’Elysée pour y parvenir. Le succès des Bleus est d’abord celui d’un homme tenace et taiseux, Didier Deschamps, en tout point différent d’Emmanuel Macron : le Basque, âgé de 49 ans, n’est pas un disruptif. En 1998, il jouait dans l’équipe de France, lors de la première victoire en Coupe du monde, puis il est devenu capitaine et, enfin, entraîneur.
« Je veux tout donner à la France » Kylian Mbappé
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Analyse. La réforme constitutionnelle améliore les garanties de nomination des procureurs, mais oublie que 95,8 % des juges restent choisis par le gouvernement, explique le journaliste du « Monde », Jean-Baptiste Jacquin.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
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Le débat escamoté sur l’indépendance de la justice

Analyse. La réforme constitutionnelle améliore les garanties de nomination des procureurs, mais oublie que 95,8 % des juges restent choisis par le gouvernement, explique le journaliste du « Monde », Jean-Baptiste Jacquin.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 09h57
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Analyse. Il est une disposition du projet de réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron qui fait consensus : l’article 12 renforçant l’indépendance de la justice. Il devrait être examiné et adopté en séance à l’Assemblée nationale dans la semaine du 16 au 21 juillet, sans modification ni bataille enflammée, contrairement à ce que l’on a pu voir depuis le 10 juillet sur les autres articles du projet de loi réformant, notamment, le fonctionnement du Parlement.
Pourtant, le véritable débat sur l’indépendance de la justice semble avoir été escamoté. Le projet de loi propose de modifier les conditions de nomination des magistrats du parquet. Le gouvernement ne pourra désormais nommer ces magistrats chargés des enquêtes, poursuites et réquisitions aux procès qu’avec un feu vert du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
« Enfin ! », s’est félicitée la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, lors de l’examen du texte. De fait, c’est un vieux projet, alors que la nomination des procureurs de la République par le gouvernement a toujours alimenté les soupçons de connivence. En parallèle, la réforme confie au CSM un pouvoir disciplinaire sur les magistrats du parquet équivalent à celui qu’il détient sur ceux du siège, les juges.
« Une occasion manquée »
Le gouvernement Jospin (1997-2002) s’était le premier imposé de ne procéder à ces nominations qu’après « avis conforme » du CSM. Une pratique qui n’a pas résisté aux quinquennats de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Elle est redevenue la règle avec François Hollande, qui ne l’a pourtant pas constitutionnalisée, malgré sa promesse de 2012 et un accord en 2016 entre les deux assemblées parlementaires sur un même texte.
« On progresse doucement, mais on progresse », analyse Fabrice Hourquebie, professeur de droit public à l’université de Bordeaux, qui voit dans cette réforme « un vrai gain d’indépendance du parquet »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Fin du patriarcat (1/5). En quelques années, les féministes ont remporté différentes victoires dans les pays du Proche-Orient. Beaucoup reste à faire, mais pour l’écrivaine Malu Halasa, le mouvement engagé ne sera pas facilement arrêté.
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                Une nouvelle masculinité prend forme dans le monde arabo-musulman


Fin du patriarcat (1/5). En quelques années, les féministes ont remporté différentes victoires dans les pays du Proche-Orient. Beaucoup reste à faire, mais pour l’écrivaine Malu Halasa, le mouvement engagé ne sera pas facilement arrêté.

Le Monde
                 |                 16.07.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 07h13
                 |

Malu Halasa (romancière et journaliste)
















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Sur la Corniche de Beyrouth, une étrange installation de robes de mariée flottant dans la brise marine comme des fantômes a frappé l’imaginaire des Libanais. Il s’agit de l’une des nombreuses interventions menées en 2017 par l’ONG Abaad, qui parvint à convaincre les parlementaires libanais d’abroger l’article 522 autorisant un violeur à échapper à la prison s’il épouse sa victime. Il se pourrait bien que les féministes, les politologues et les historiens se penchent à l’avenir sur cette année 2017 pour identifier les facteurs qui auront enclenché la fin du patriarcat arabe.
L’installation de Beyrouth n’est pas la seule avancée réalisée récemment dans la région : pour la première fois en Arabie saoudite, le 24 juin, les femmes étaient officiellement autorisées à conduire ; au Liban, en Palestine et en Jordanie, la loi permettant aux violeurs d’épouser leurs victimes a été abolie, et en Tunisie, premier pays arabe autorisant les femmes musulmanes à épouser des hommes d’une autre religion, une loi d’ampleur contre les violences domestiques, le harcèlement dans les lieux publics et la discrimination salariale a été votée. Pendant ce temps, en Syrie, sept années de guerre et de déplacements forcés ont renversé les rôles traditionnels entre les femmes et les hommes ; les femmes et les jeunes filles ayant dû quitter le foyer familial pour devenir les nouveaux chefs de famille, même sans grandes ressources.

Dans nombre de ces pays, la reconfiguration de problèmes culturellement sensibles par des militants locaux et des féministes n’a pas simplement ouvert de nouveaux horizons au débat public sur la question des femmes. Les femmes commencent à l’emporter sur des hommes qui jusque-là étaient encore indifférents.
Les princesses ont disparu
Depuis Schéhérazade déjouant son assassinat programmé dans les Mille et Une Nuits, on a admis que la violence contre les femmes et la misère sexuelle des Arabes faisaient partie de la vie du Moyen-Orient....


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Une nouvelle masculinité prend forme dans le monde arabo-musulman
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                                                Par                        Malu Halasa (romancière et journaliste)













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.
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Les utopies négatives de Superstudio

Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 14h40
    |

                            Eric Loret








                        



   


Parmi les arts, c’est à l’architecture (et à l’urbanisme) que la modernité a d’abord confié la mission d’améliorer le sort des hommes. Projets visionnaires de Boullée au XVIIIe siècle, phalanstère de Fourier, machine à habiter de Le Corbusier, puis, plus près de nous, autoplanification de Yona Friedman, ­architecture de récupération…
Mais à la fin des années 1960, les lendemains commencent à déchanter. Pour certains architectes et théoriciens, les utopies industrielles des années 1920 et 1930, qui voulaient « réconcilier la technologie et la nature, les régimes collectifs et l’auto­détermination, l’accomplissement matériel et spirituel », comme le résume Benjamin Buchloh dans l’article « Fuck the Bauhaus » (revue Initiales n°11, ENSBA-Lyon, mai 2018), se sont cassé les dents sur les « transformations sociales réelles qui étaient arrivées durant la désublimation agressive de l’expérience, au temps de la consommation de masse d’après-guerre ». La contestation gronde.
Propositions irréalistes
Gordon Matta-Clark, par exemple, que l’on peut voir actuellement au Jeu de paume, à Paris, critique littéralement à coups de massue la modernisation forcée et la relégation sociale qu’exerce l’architecture. Quelques années auparavant, en 1966, Superstudio et ­Archizoom, deux agences d’architecture de Florence, bousculent les codes par leurs propositions irréalistes. Superstudio, en particulier, inonde le monde de l’art d’images aussi attrayantes que glaçantes. Des photomontages montrant des paysages ou des villes recouverts d’une grille blanche uniforme, « design unique » qui peut être répété et appliqué n’importe où. On ne sait rien de ce qui est dedans ou dessous, c’est une pure « surface neutre ».
Ces horizons immaculés sont habités par des ­hippies que l’on voit pique-niquer ou glandouiller. En 1973, dans la revue Design Quarterly (n° 89, « Sottsass, ­Superstudio : Mindscapes », Walker Art Center), ­Superstudio décrit ainsi la première de ses « douze villes idéales » : un unique bâtiment constitué de cellules. Dans chaque cellule, un individu occupe un siège qui se moule autour de lui, capable de « satisfaire tous ses besoins physiologiques ». Le mur d’en face émet des odeurs, des sons et des images en 3D tandis que le sol est un « simulateur capable d’évoquer toutes les sensations du vivant ». Sur le toit, un « analyseur sélectionne, compare et interprète les désirs de chaque individu » à partir des ondes cérébrales de ceux-ci et, en conséquence, « programme toute la ville à chaque instant. Tous les citoyens sont parfaitement égaux. La mort n’existe plus ».
Discours ironique
Superstudio entretient volontiers le doute sur ses intentions. Au début, ses six membres présentent leur travail comme une « utopie modérée pour l’avenir immédiat » mais, plus tard, ils écriront aussi avoir inventé des « utopies négatives » et proposé une « lobotomie délicate » par le design. Discours ironique, semblable à celui du pop art auquel Superstudio emprunte ses formes, qui retourne la consommation de masse contre elle-même. Mais l’ironie n’empêche pas l’ambiguïté, au contraire : les propositions de Superstudio témoignent à la fois d’une fascination et d’une répulsion pour le fonctionnalisme et les grilles totalitaires de Mies van der Rohe.
Superstudio n’a jamais rien construit, sauf des meubles « encombrants ». Un refus de produire que le chercheur en histoire de l’art Ross K. Elfline, dans l’article « Superstudio and the “Refusal to Work” » (revue Design and Culture, 8:1, 2016), a proposé de relier à l’« opéraïsme » et au « refus du travail » de Toni Negri.
En 1971, l’un de ses fondateurs résumait ainsi la philosophie du groupe : « Si le design est une pure incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l’architecture est une pure codification des modèles bourgeois de propriété et de société, alors nous devons rejeter l’architecture ; si l’urbanisme est une pure formalisation des injustices sociales du ­présent, alors nous devons rejeter l’urbanisme (…) jusqu’à ce que ces activités aient enfin toutes pour but de satisfaire nos besoins primordiaux. »
D’ici là, le monde que Superstudio présente, privé d’objets, de villes et de lieux où habiter, serait en quelque sorte le moins mauvais des purgatoires, mais sans doute pas un idéal à réaliser.
La semaine prochaine : Le design spéculatif d’Ai Hasegawa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Un manuel pour deux 1|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de la bible de l’enseignement de l’histoire française (années 1920-1960) qui, en fin de compte, n’est l’œuvre que d’un seul homme.
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Pourquoi le Malet &  Isaac ne fut rédigé que par Isaac

Un manuel pour deux 1|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de la bible de l’enseignement de l’histoire française (années 1920-1960) qui, en fin de compte, n’est l’œuvre que d’un seul homme.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 20h23
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


Bréviaire de la nation » est sans doute excessif, mais pour des générations d’élèves du secondaire le « Malet-Isaac » a été la bible de ­l’enseignement de l’histoire. Présentée comme un monument pédagogique élaboré par un duo inspiré, la série de manuels scolaires signée Albert Malet et Jules Isaac n’a pourtant rien d’une création commune.
Jeune talent impécunieux
D’abord parce que les deux auteurs crédités de cet exceptionnel succès ne sont pas vraiment de la même génération – l’un est né en mai 1864, l’autre en novembre 1877 – mais surtout parce qu’ils ont fort peu travaillé ensemble. Recruté par Ernest Lavisse pour collaborer à sa monumentale Histoire générale, Albert Malet se voit confier par le maître la rédaction des manuels d’histoire chargés d’accompagner les nouveaux programmes scolaires de 1902. Pour Hachette, il s’y consacre en privilégiant la pédagogie par l’image et, choix plus personnel, l’histoire militaire. Seul, donc, il rédige les sept volumes du cours d’histoire en quelque 3 000 pages.
Cette même année 1902, Jules Isaac réussit l’agrégation et prend son premier poste à Nice. Ce n’est qu’en 1906 qu’il est recommandé par Lavisse, toujours, qui soutient ce jeune talent impécunieux, pour rédiger les aide-mémoire destinés à la préparation du baccalauréat. En poste au lycée Louis-le-Grand, à Paris, Isaac étend sa collaboration au projet de Malet en direction du primaire supérieur, assure les ajustements aux modifications de programme dès 1909, mais les deux hommes se connaissent peu, se croisent à peine, le cadet n’étant pour l’aîné qu’un collaborateur certes précieux et fiable, mais secondaire.
Quand la Grande Guerre éclate, tous deux partent au front, Malet s’engageant malgré son âge avancé. Il tombe au combat en Artois en septembre 1915. Isaac, blessé à Verdun, ­réchappe du carnage. Et se pense légitime pour reprendre la charge de Malet chez Hachette.
Souci de continuité
Même s’il est nécessaire de trancher entre les nombreux postulants, puisqu’il faut rédiger au plus tôt un chapitre sur la guerre qui vient de s’achever, l’éditeur hésite. L’historien proteste, arguant de son investissement et de sa parfaite connaissance du chantier. C’est finalement la modification des programmes de l’instruction publique arrêtée en août 1920 qui lui donne le poste.
Désormais l’histoire s’enseigne en continu de la sixième à la terminale. Le découpage de ­Malet ne convient plus. Tout est à reprendre, et c’est une totale refonte qu’engage Isaac. Toutefois, il n’en est crédité qu’en partie, le nom de Malet restant en vue, sur les contrats comme sur les couvertures alors que la formule du ­manuel qui va triompher pendant plus de ­quarante ans est l’œuvre du seul Jules Isaac. ­Hachette avance un souci de continuité qui masque mal celui de ne pas afficher un nom si « biblique », pour ne pas dire juif, quand le succès de la série se joue aussi dans les écoles catholiques.
Aiguiser l’esprit critique
Jules Isaac s’en accommode. Ayant renoncé à sa thèse au profit de sa « grande œuvre pédagogique », pour laquelle il s’entoure d’historiens confirmés et de pédagogues attentifs, le maître d’œuvre marque son empreinte : appel aux sources et aux textes documentaires pour ­familiariser l’élève à la méthodologie historique, confrontation de visions alternatives avec la méthode du double point de vue (même s’agissant de la guerre de 14, le souci d’équilibre tranche sur l’opinion en vogue) afin d’aiguiser l’esprit critique, élargissement à des champs « neufs » : science, économie, courants philosophiques (plus timidement certes).
Et toujours une large place à l’illustration, dont les légendes gagnent en efficacité. Le Malet-Isaac (si peu Malet et si fortement Isaac) défend clairement un idéal « républicain, laïque, de centre gauche », comme le définit André Kaspi, à qui l’on doit une formidable biographie d’un « travailleur d’histoire » jusque-là méconnu (Jules Isaac ou la passion de la vérité, Plon, 2002). A lire le manuel, on voit qu’il évite le patriotisme exacerbé qui conduit au nationalisme agressif puisque Isaac y ­dénonce « les effets déformants de l’optique nationale ». Peut-on rêver catéchisme plus ­pacifiste quand on écrit l’Histoire sans la moindre référence à Dieu et qu’on proclame : « La vérité historique n’a pas de patrie, ne porte pas d’écharpe tricolore » ?
« Les juifs perfides »
Si on se gardera d’oublier que seule une minorité d’enfants accède à l’enseignement secondaire (100 000 en 1920, 310 000 en 1945) et que chacun n’a pas eu entre les mains un Malet-Isaac, c’est statistiquement le choix le plus fréquent, les manuels concurrents ne s’octroyant vers 1946 qu’à peine 20 % du marché.
Jules Isaac y a eu quelque mérite. Nommé inspecteur général de l’instruction publique en 1936, celui qui n’hésitait pas à maintenir dans ses manuels des pans de savoir évacués par des réformes soucieuses d’allégement – « nous n’avons pas cru devoir sacrifier tout ce que les programmes ont éliminé » – est naturellement révoqué en 1940 en vertu du statut discriminatoire des juifs adopté par Vichy.
Abel Bonnard, ministre de l’éducation nationale sous Pétain, n’écrivait-il pas, dans l’hebdomadaire Gringoire, en novembre 1942, qu’« il n’était pas admissible que l’histoire de France soit enseignée aux jeunes Français par un Isaac » ? Hachette fait le gros dos, s’accommoderait de manuels où le nom d’Isaac ­disparaîtrait. Jules se bat et l’emporte. Car il ne cède jamais. Etant parvenu, réfugié en zone ­libre, à échapper aux nazis, il prie Pie XII au lendemain de la Shoah, en 1949, en audience papale, de réviser la prière universelle où sont stigmatisés « les juifs perfides ». C’est Jean XXIII qui l’exaucera en 1959.
C’est ce message de tolérance et d’ouverture, d’esprit critique aussi qu’a porté le Malet-Isaac, dès qu’il fut l’œuvre d’Isaac.

Quand Georges Perec se souvient
Ayant forgé, des années 1920 à 1970, une vision du monde et une conscience historique pour des générations d’élèves et de professeurs, les manuels inventés par Jules Isaac et présentés sous le double nom Malet-Isaac ne pouvaient pas ne pas figurer parmi les réminiscences héroïsées par Georges Perec (1936-1982). Un an après la publication de Je me souviens (Hachette, 1978), l’écrivain est sollicité par l’historien Laurent Theis, alors directeur de la rédaction de la toute nouvelle revue H Histoire, pour contribuer au premier numéro, « Enseigner l’Histoire » (Hachette, mars 1979).
Il y livre un texte, « Je me souviens de Malet & Isaac », qui sera repris dans le recueil posthume Penser/Classer (Hachette, 1985). En voici l’incipit (pp.73-74) : « Je croyais garder le souvenir intact de mes vieux manuels d’histoire ; je me suis aperçu qu’il n’en était rien et quand j’ai tenté de retrouver quelques titres de chapitre (La France de Louis XIV, Les Grandes Découvertes, etc.), quelques formules (la défenestration de Prague, la Pragmatique Sanction, la Sainte-Alliance, le Blocus continental, la Diète d’Augsbourg, les bourgs pourris, la paix de Presbourg, le traité de Tilsit, le concile de Trente, l’Affaire des poisons, le Camp du Drap d’or, etc.), quelques images (le paysan portant sur son dos un noble et un curé, la carte de la campagne de France en 1814, la coiffure de femme représentant une caravelle, etc.), il ne m’en est venu pratiquement aucune. Il a fallu que je ­recherche et retrouve, par hasard, quelques-uns de ces anciens livres de classe pour qu’en les feuilletant aussitôt ressurgissent, à travers ces ­mises en pages élaborées où alinéas, caractères gras et italiques esquissent le cadre immuable d’une pédagogie sûre de ses principes, quelques siècles de notre histoire, telle que l’ont rabâchée des générations de lycéens. »


La semaine prochaine : Lagarde et Michard.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Bon courage ! 1|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, la philosophe Gaëlle Jeanmart oppose la conception chrétienne à la conception antique du courage.
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Gaëlle Jeanmart : « Le courage, une bataille intérieure ou un geste d’éclat »

Bon courage ! 1|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, la philosophe Gaëlle Jeanmart oppose la conception chrétienne à la conception antique du courage.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 18h29
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Spécialisée en histoire de la philosophie antique et médiévale, maîtresse de conférences à l’université de Liège, Gaëlle Jeanmart est l’auteure d’une Généalogie de la docilité dans l’Antiquité et le Haut Moyen Age (Vrin, 2007) et, avec Thomas Berns et Laurence Blésin, de Du courage. Une histoire philosophique (Belles Lettres, 2010).
Pas un jour ne passe sans que l’on nous souhaite du courage pour accomplir les tâches les plus quotidiennes, celles qui nous incombent en tant que parent, travailleur, citoyen… De quel courage parle-t-on ?
Il y a plusieurs sens au mot « courage ». Le mot grec andreia, dérivé de aner, « homme » (ou ­virtus, en latin, dérivé de vir), se rapporte à la virilité, au monde de la guerre : c’est le courage du guerrier capable d’un geste d’éclat. Dans un premier temps, c’est un courage dont on n’est pas responsable, celui que les dieux d’Homère insufflent à Achille comme une sorte de bise. Avec Platon arrive un mouvement d’intériorisation : le courage est alors la force intérieure qu’il faut au soldat pour garder son poste, malgré les flèches qui pleuvent et le camarade qui tombe sous ses yeux.
Un changement majeur survient ensuite avec les chrétiens, qui correspond à notre usage du mot « courage ». Dorénavant on assume l’espèce de fatigue de l’existence : plus besoin de la guerre pour être courageux, l’existence est une épreuve suffisamment difficile ! Le courage est ce dont on a besoin tous les jours en se levant, comme si nous étions des soldats de l’existence. Son opposé n’est plus la couardise mais la paresse. On est passé du geste d’éclat, apanage des hommes, à l’acte minuscule, à la petite résistance au découragement – accessible aux femmes.
Dans les deux cas, il s’agit de trouver de la force ?
Oui. Mais chez Homère, les ressorts du courage et de la force sont externes, alors que la question qui se pose aux chrétiens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans un monde de plus en plus chaotique, l’ancien ministre des affaires étrangères appelle à un sursaut mental des Européens.
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L’avertissement d’Hubert Védrine

Dans un monde de plus en plus chaotique, l’ancien ministre des affaires étrangères appelle à un sursaut mental des Européens.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 10h04
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Le livre. Toujours, il a récusé les illusions nées de la chute du mur de Berlin et l’hubris d’un Occident dominé par l’hyperpuissance américaine imaginant la fin de l’Histoire sur fond de triomphe du marché et de la démocratie libérale. Hubert Védrine se revendique volontiers comme un tenant de l’école réaliste en politique étrangère.
« Pour comprendre notre monde, il faut se défaire de nos chimères, rejeter nos œillères et l’analyser avec un œil réaliste, non idéologique, ni occidentalo-centré, ni occidentalo-expiateur, saisir des tendances de fond et les déplacements des plaques tectoniques », écrit l’ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin et ex-secrétaire général de l’Elysée de François Mitterrand.
S’il n’a jamais été un grand optimiste, Hubert Védrine s’est rarement montré aussi inquiet quant à l’état du monde et l’avenir de l’Europe que dans ce dernier livre dont le titre, Comptes à rebours, sonne comme un avertissement.
Trois grands chocs vont totalement bouleverser la donne. Il y a l’urgence écologique « qui commande tout le reste même si ce sujet ennuie au plus haut point ceux qui vivent de et pour la politique », note-t-il avec la ferveur du converti. Il y a l’explosion démographique, notamment celle de l’Afrique, qui en 2050 comptera plus de 2,4 milliards d’individus – un quart de l’humanité – et l’Europe à peine 500 millions. « D’où le spectre d’un suicide démographique européen et celui d’un débordement brutal des zones de haute pression démographique des pays en expansion voire en explosion démographique de l’ancien Sud sur les zones de basse pression, d’une sorte d’invasion moderne, lente mais inéluctable, impossible à endiguer comme une montée des eaux », note Védrine. Et, enfin, le choc de la révolution numérique.
Les Occidentaux toujours plus désorientés
Face à ces défis existentiels, les pays occidentaux – à commencer par les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.
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Russie : « Monsieur Macron, montrez que la France fait tout son possible pour sauver Oleg Sentsov »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 13h22
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, nous aimons ce sport collectif qu’est le football et dans cette Coupe du monde, nous avons été heureux de l’engouement grandissant provoqué par le parcours de notre équipe nationale, qui s’achèvera dimanche, nous l’espérons, par sa victoire.
Nous sommes fiers de la jeunesse de cette belle équipe, de sa diversité et de son talent. Nous nous sentons d’autant plus proches d’elle que nous essayons nous-même de dire parfois par nos films ce qui fait ces valeurs et cette réussite plurielle, car elles sont parmi les plus belles images que peut donner de lui notre pays dans le monde.

Au nom de cette longue histoire collective que vous connaissez bien, à laquelle participe aujourd’hui à sa manière l’équipe de France, nous nous adressons à vous. Monsieur le président, nous vous le disons avec toute la solennité qu’impose l’état de santé de notre confrère, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, dont vous savez qu’il mène actuellement une grève de la faim illimitée depuis plus de soixante jours, pour demander la libération des soixante-dix prisonniers politiques ukrainiens condamnés, comme lui, à de lourdes peines après des parodies de procès.

Le jour de la finale à Moscou, il en sera à son 63e jour de grève de la faim. Si rien n’est fait là, tout de suite, il va mourir dans une des colonies pénitentiaires de celui avec qui vous avez prévu d’assister à ce match.
Une faute
Monsieur le président, vous ne pouvez pas mettre dans la balance un match de foot, aussi important soit-il, et les fondements mêmes sur lesquels repose notre République. Ses fondements, comme ses valeurs.
Aller à Moscou, dimanche assister à la finale de la Coupe du Monde au côté du président Poutine, sans que soit fermement abordée la question des prisonniers politiques ukrainiens, serait une faute qui abîmerait longuement l’image de la France dans le monde.

Aussi, Monsieur le président, nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Alors que la relation entre jeunes et forces de l’ordre est au plus mal, l’ex-agent du RAID Bruno Pomart explique dans une tribune au « Monde » que de nombreuses initiatives existent, notamment de la part de policiers.
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« Jeunes et les policiers ont un point commun essentiel : tous se sentent mal aimés et dévalorisés »

Alors que la relation entre jeunes et forces de l’ordre est au plus mal, l’ex-agent du RAID Bruno Pomart explique dans une tribune au « Monde » que de nombreuses initiatives existent, notamment de la part de policiers.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 18h55
    |

Bruno Pomart (Bruno Pomart, ex-policier instructeur au RAID, président-fondateur de l’association Raid Aventure Organisation)







                        



                                


                            

Tribune. Commençons par ce constat, évident mais sans appel : le fossé qui sépare la jeunesse française des représentants des forces de l’ordre a rarement été aussi profond. Ce contexte me semble des plus appropriés pour lancer un appel à la prise de conscience et à la mobilisation, tout particulièrement auprès du personnel politique, afin d’éviter qu’un tel clivage entre autorités et citoyens ne s’installe dans la durée et ne s’aggrave.
De nos jours, les policiers français vivent un véritable paradoxe : ils peuvent être acclamés et susciter des vocations un jour – suite aux attentats terroristes, par exemple – et le lendemain être insultés, agressés voire menacés de mort, quelques fois par les mêmes personnes qui les avaient portés aux nues la veille.

Comment peut-on exercer sereinement son métier, quand on passe aussi subitement du statut de héros à celui d’ennemi, et que l’opinion publique « change de camp » au gré de ses émotions ? La peur se transforme en amour et la contestation en haine.
L’image de la police, surtout auprès des jeunes, est une problématique des plus importantes pour la cohésion de notre société. Quand une partie de la population n’entretient plus que de la méfiance à l’égard de ceux qui sont censés la protéger, c’est que le malaise est grand et qu’il est plus que temps d’y remédier.
L’insécurité, grande gagnante
Cette partie de la population, c’est principalement celle des quartiers, qui se sent de plus en plus dégradée et stigmatisée, car dans les banlieues – il faut en avoir conscience – la minorité est majoritaire démographiquement parlant. Elle vit plus difficilement que par le passé dans des zones appauvries, gangrenées par le chômage et la délinquance.
La France manque d’une action coordonnée pour rapprocher sa jeunesse et ses forces de l’ordre
Pourtant, les jeunes et les policiers ont un point commun essentiel : tous se sentent mal aimés et dévalorisés. Les policiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.
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Alternatives au plastique : « Un surcoût injuste »

Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h00
    |

Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann (Cofondateurs de Yumi, producteur de jus de légumes bio)







                        



                                


                            

Tribune. Ces dernières années, des alternatives concrètes aux emballages plastique ont été développées, à l’image des bouteilles 100 % végétales et compostables. Si cet engagement écoresponsable représente un coût supplémentaire pour les acteurs qui les choisissent (le matériau utilisé, résidus de canne à sucre, est 70 % plus cher que le plastique traditionnel), l’impact sur l’environnement est sans commune mesure : zéro hydrocarbure, 40 % d’émissions de carbone en moins comparé à des bouteilles plastique standards, et des bouteilles compostables en quatre-vingts jours dans un compost industriel.
Malheureusement, ce type d’initiatives est aujourd’hui freiné en France. Ces bouteilles, meilleures pour la planète, sont frappées d’un malus : la contribution financière liée au recyclage est deux fois plus importante que celle qui concerne le plastique classique. Un surcoût injuste pour ceux qui le subissent, et en contradiction totale avec les engagements du gouvernement actuel.

Une mesure d’autant plus regrettable qu’en France, en 2018, 45 % des bouteilles plastique à base de pétrole ne sont pas recyclées (soit environ 200 000 tonnes par an qui finissent dans la nature) et que, sur les 55 % des bouteilles effectivement recyclées, elles ne le seront en moyenne que deux ou trois fois, avant de terminer incinérées, enfouies, ou tout simplement dans l’océan.
Quatre cents ans à se dégrader
Nous sommes donc en droit d’interroger notre fonctionnement et de réfléchir à de nouveaux modèles. Comme le dit l’adage, ce n’est pas en améliorant la bougie que nous avons inventé l’électricité… Alors pourquoi rester figés sur un modèle qui fait la part belle au plastique, quand des alternatives responsables existent ?
Une bouteille plastique met environ quatre cents ans à se dégrader. Entre 1950 et 2015, nous avons produit plus de 8 milliards de tonnes de plastique. A cette cadence, plus de 12 milliards de tonnes de déchets plastique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Fabien Tastet, président de l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF) alerte dans une tribune au « Monde » sur le danger que constitue l’assouplissement des règles de recrutement des contractuels dans la fonction publique.
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« Les cadres du privé ont leur place dans les administrations publiques, mais sans encadrement, l’ouverture devient impasse »

Fabien Tastet, président de l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF) alerte dans une tribune au « Monde » sur le danger que constitue l’assouplissement des règles de recrutement des contractuels dans la fonction publique.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 15h43
    |

Fabien Tastet (Président de l’Association des administrateurs territoriaux de France)







                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement a décidé de remettre en cause un des piliers du service public, en introduisant nuitamment et cavalièrement, mercredi 27 juin, à l’Assemblée nationale, trois articles dans le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ».
Les dispositions en question visent à ouvrir l’accès des emplois de direction dans les administrations de l’Etat, les hôpitaux et les collectivités locales sans aucune règle ni encadrement.
En dépit du rejet par le Sénat de ces articles, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics, a d’ores et déjà annoncé que le gouvernement irait jusqu’au bout. Et, à entendre certains députés de la majorité, on peut craindre que, l’obéissance tenant lieu de réflexion, ce dispositif soit voté les yeux fermés, avec de doux accents caporalistes de discipline parlementaire.
La méthode choque
Disons d’abord que la méthode choque. Alors qu’une loi sur la fonction publique est en préparation pour le premier semestre 2019, que des consultations sont programmées avec les associations d’élus et les organisations syndicales, quel prurit démange à ce point l’exécutif pour tenter de faire adopter, à la sauvette et au mépris de toute concertation, des mesures sur un sujet aussi sensible que les allers-retours de cadres dirigeants entre le secteur public et la sphère privée ? Les sénateurs, qui siègent actuellement dans une commission d’enquête dédiée aux mutations de la haute fonction publique, apprécieront sûrement la marque de considération que leur adresse le gouvernement par cette initiative qui court-circuite leurs conclusions.
Sur le fond, il faut beaucoup d’imagination pour trouver quelques arguments qui permettent de voler au secours du dispositif gouvernemental. A l’évidence, les cadres du privé ont leur place dans les administrations publiques et ils occupent déjà une part non négligeable de postes à responsabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Un collectif de quatorze économistes, géographes et urbanistes, parmi lesquels Erik Orsenna, Hervé Le Bras et Dominique Perrault appelle dans une tribune au « Monde » à une refonte complète du découpage politique du territoire francilien.
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Il faut « rendre au Grand Paris le souffle qu’il mérite »

Un collectif de quatorze économistes, géographes et urbanistes, parmi lesquels Erik Orsenna, Hervé Le Bras et Dominique Perrault appelle dans une tribune au « Monde » à une refonte complète du découpage politique du territoire francilien.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La question du Grand Paris, souvent présentée comme un problème d’urbanisme et d’architecture, est d’abord politique. Les institutions comptent. Il est urgent de retrouver du souffle, d’oser enfin la réforme en profondeur.
Il est temps de créer un véritable polycentrisme, exprimant les énergies et les compétences des quatre cinquièmes des habitants qui habitent hors du périphérique, leur vitalité, leur soif d’entreprendre. Temps de faire émerger une vision stratégique sur les sujets qui concernent l’agglomération dans son ensemble : qui peut croire, par exemple, qu’on pourra agir sur la pollution de l’air autrement qu’à cette échelle ?
Une vision simple
Il est temps, pour l’urbanisme, le droit du sol et la construction, de réduire les coûts de transaction, les blocages fonciers, la dispersion des investissements qui résultent de l’émiettement extravagant des pouvoirs communaux. Il est temps, enfin, grand temps, d’organiser une véritable solidarité entre les riches et les pauvres (habitants et collectivités), avec des péréquations non symboliques.
Comment atteindre ces objectifs ? Aujourd’hui, chaque portion de territoire espère capter à son profit les retombées de la puissance de la ville-monde, sans le plus souvent se soucier d’y contribuer. Plus qu’une rationalisation, c’est la création d’un édifice de responsabilité collective qui constitue l’enjeu de la réforme. Certains considèrent que les découpages institutionnels importent peu, qu’il faut penser projets, réseaux, partenariats. Mais les découpages sont là, qui engendrent inefficacités et injustices. Et l’expression démocratique n’existe pas en dehors de la référence territoriale.
S’agissant d’abord des départements, leur découpage fragmente les politiques sociales et perpétue des inégalités de ressources choquantes. Mais leur suppression n’agirait qu’à la marge sur les problèmes majeurs de l’agglomération. Elle n’est donc pas, à notre avis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Claude Prioul, professeur de génie mécanique, explique dans une tribune au « Monde » que le dénigrement culturel et éducatif de la technologie est autant responsable de la perte d’emplois et de compétitivité industrielle que les facteurs économiques.
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Désindustrialisation : « Une spécificité bien française relègue les disciplines technologiques au rang de connaissances secondaires »

Claude Prioul, professeur de génie mécanique, explique dans une tribune au « Monde » que le dénigrement culturel et éducatif de la technologie est autant responsable de la perte d’emplois et de compétitivité industrielle que les facteurs économiques.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 14h52
    |

Claude Prioul (Professeur des universités retraité en génie mécanique à l’université Paris-XIII, IUT de Saint-Denis)







                        



                                


                            

Tribune. La part de la production industrielle dans la production de richesses ne cesse de décroître en France depuis une trentaine d’années, décroissance que l’on attribue principalement au phénomène de mondialisation. Cette explication simple permet de s’affranchir d’une réflexion plus approfondie sur la place attribuée à la technologie et plus généralement à l’industrie dans « l’inconscient collectif » français.
C’est justement au début des années 1990 que le concept « d’entreprise sans usine » a vu le jour en France, associé à l’idée bien ancrée que la Chine serait l’usine du monde et que, en conséquence, la France devrait désormais se consacrer uniquement à la conception, laissant ainsi libre cours au « génie français » bien connu (seulement de nous-mêmes !).
Arrogance
En dehors d’une arrogance évidente, ce concept reposait sur deux erreurs d’analyse dont la France paye encore les conséquences. La première était la sous-estimation d’une Chine ambitieuse, ayant les capacités d’être effectivement l’usine du monde avec une main-d’œuvre bon marché, mais aussi possédant des universités scientifiques et techniques de niveau international offrant des capacités de recherche et d’innovation à la hauteur, voire de niveau supérieur à celles des nations industrielles traditionnelles.
La deuxième erreur d’analyse consistait à ignorer les relations de plus en plus étroites qui se tissaient entre recherche fondamentale, recherche appliquée, innovation, développement industriel et fabrication de produits nouveaux. Le temps écoulé entre une découverte fondamentale et son application industrielle se raccourcissait considérablement. L’idée de conception industrielle sans confrontation avec la réalisation a conduit inexorablement à l’impasse actuelle.
Ces erreurs d’analyse, qui n’ont pas été commises par l’Allemagne, résultent d’une spécificité bien française établissant une hiérarchie stricte entre les disciplines dites « nobles »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ En termes de travail, de capital et de chiffre d’affaires, les très grandes sociétés cotées à Paris créent de la valeur dans un espace qui est de moins en moins national. Ce qui n’est pas le cas de leur gouvernance qui reste majoritairement « française », explique dans sa chronique l’économiste Pierre-Yves Gomez.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Protéger les entreprises « nationales » ? « Mais qu’est-ce qu’une entreprise “nationale” » ?

En termes de travail, de capital et de chiffre d’affaires, les très grandes sociétés cotées à Paris créent de la valeur dans un espace qui est de moins en moins national. Ce qui n’est pas le cas de leur gouvernance qui reste majoritairement « française », explique dans sa chronique l’économiste Pierre-Yves Gomez.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 11h56
    |

                            Pierre-Yves Gomez (professeur à l'EM Lyon)








                        



                                


                            

Entreprises. A l’heure où des publics joyeux agitent leurs drapeaux et s’enflamment pour des footballeurs qu’ils voient rarement évoluer dans leurs propres championnats, la Coupe du monde éclaire, à sa façon, les enjeux complexes de la mondialisation : une équipe « nationale » peut être composée de joueurs qui n’évoluent qu’à l’étranger, où ils créent de la valeur.
Même constat dans la compétition géopolitique qui fait rage depuis quelques mois : les politiques prétendent défendre bruyamment leurs entreprises « nationales », à coups de tarifs douaniers ou de lois protectrices. Mais qu’est-ce qu’une entreprise « nationale » ?
Le rapport annuel 2018 du cabinet d’audit PwC dresse la liste des 100 premières entreprises mondiales selon leur capitalisation boursière et leur nationalité (« Global Top 100 Companies », mars 2018) : 54 d’entre elles sont américaines, 17 asiatiques dont 12 chinoises, 1 africaine, 1 sud-américaine et 27 européennes dont 4 françaises (LVMH, Total, L’Oréal, Sanofi).
Ce classement met en évidence la concentration et le contrôle du financement par des marchés dominants, ainsi que la modification des forces géopolitiques, puisqu’on voit émerger cette année deux entreprises chinoises parmi les dix premières. Mais les entreprises qui entrent dans le classement sont rarement strictement « nationales », c’est-à-dire entièrement américaines, chinoises ou françaises.
Euronext
Une étude de l’Institut français de gouvernement des entreprises le montre dans le cas français (« Les grandes entreprises sont-elles (encore) françaises ? », Preuves à l’appui n° 6, mars 2018). Elle porte sur les 85 plus grandes sociétés inscrites au registre du commerce en France, cotées sur Euronext Paris et qui réalisent environ le tiers de notre produit intérieur brut. Trois dimensions sont prises en compte : leurs effectifs, leur chiffre d’affaires et leur capital. Pour chacune de ces dimensions est calculée la part...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Pas de trêve estivale pour le cycle de fusions et acquisitions, qui est « le signe de la confiance des entreprises dans l’avenir, au moment même où l’horizon se brouille », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Les entreprises pensent toutes au mariage pour réduire la concurrence et accroître leur pouvoir sur le marché »

Pas de trêve estivale pour le cycle de fusions et acquisitions, qui est « le signe de la confiance des entreprises dans l’avenir, au moment même où l’horizon se brouille », explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    13.07.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 12h41
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            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Et toi, tu fais quoi pour tes vacances ? L’urbain pressé enfile son short, les affaires sérieuses attendront la rentrée. Pourtant, avec la montée du protectionnisme, des populismes, le désordre du Brexit, ou la menace que fait planer le terrorisme, le monde donne l’impression de danser sur un volcan. Mais l’économie, comme le vacancier, regarde ailleurs.
Gagnées par la douce torpeur de l’été, ou par l’euphorie qui accompagne des carnets de commande bien remplis, les entreprises gardent un moral d’acier et pensent toutes au mariage, signe de leur confiance dans l’avenir au moment même où l’horizon se brouille. Le cabinet d’avocat Allen & Overy nous le confirme dans sa dernière publication : jamais dans l’histoire nous n’avions connu un aussi long cycle de fusions et acquisitions dans le monde.

Selon les chiffres de l’agence de presse Thomson Reuters, sur le premier semestre de cette année, la valeur des mariages supérieurs à 5 milliards de dollars a doublé par rapport à l’an dernier. Avec des opérations spectaculaires et toujours en cours comme le rapprochement entre ATT et Time Warner ou la bataille dans les médias pour le contrôle de la 21st Century Fox, les Etats-Unis sont en pointe dans cette tendance. Mais l’Europe n’est pas en reste avec des volumes de transactions qui ont eux aussi doublé. Et pour une fois, la Chine est loin derrière, en dépit de son appétit pour les entreprises occidentales. Il faut donc s’attendre à ce que l’été qui commence nous apporte de nouvelles surprises de taille en la matière.
Réduction de la concurrence
La concentration est à la mode, comme les rengaines latino-américaines sur les plages des vacances. Ce qui se comprend aisément. Outre la recherche de la croissance par la diversification et la satisfaction des ego de toutes sortes, les acquisitions ont pour principal intérêt de réduire la concurrence et d’accroître le pouvoir de marché des entreprises et, donc,...




                        

                        

