<FILE-date="2018/07/16/18">

<article-nb="2018/07/16/18-1">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’avionneur européen est parti le plus fort avec 222 commandes dépassant les 30 milliards de dollars au prix catalogue, soit plus du double que les 14 milliards enregistrés par son rival américain.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Au Salon de Farnborough, Airbus et Boeing engrangent les commandes

L’avionneur européen est parti le plus fort avec 222 commandes dépassant les 30 milliards de dollars au prix catalogue, soit plus du double que les 14 milliards enregistrés par son rival américain.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 17h57
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Boeing ne ménage pas ses efforts pour être épargné par la guerre commerciale à laquelle se livrent les Etats-Unis et la Chine. A l’occasion du Salon de l’aéronautique de Farnborough, qui se tient dans la grande banlieue de Londres du 16 au 22 juillet, Dennis Muilenburg, PDG de l’avionneur américain, a indiqué que, pour l’instant, le conflit entre les deux grandes puissances n’avait pas eu d’impact négatif sur Boeing. Il n’empêche, le constructeur américain a décidé de prendre les devants. Il a reconnu entretenir des contacts discrets avec les autorités américaines et chinoises pour faire entendre son point de vue et défendre ses intérêts. Une initiative stratégique pour Boeing dont près du quart du carnet de commandes provient de compagnies chinoises.

        Lire aussi :
         

                Il manque des pilotes dans l’avion



Pendant que Boeing s’inquiète, Airbus, présent en force à Farnborough, ne veut pas parier sur d’éventuels malheurs de son concurrent. « Pour l’instant nous ne voyons aucun signe que cette guerre commerciale » a un effet, négatif ou positif, notamment sur les commandes d’avions des deux constructeurs, signale Airbus. En clair aucune compagnie chinoise n’a encore annulé une commande de Boeing pour les remplacer par des Airbus. Au contraire, l’avionneur européen souhaite que le conflit entre les Etats-Unis et la Chine cesse rapidement car « une guerre commerciale n’est bonne pour personne ».
Boeing conserve son optimisme
Toutefois, malgré les tensions sino-américaine, Boeing conserve son optimisme. « Nous avons revu à la hausse nos estimations pour les 20 prochaines années. Nous estimons que le monde aura besoin d’environ 43 000 nouveaux avions commerciaux », a déclaré M. Muilenburg. Quelques jours plus tôt, Airbus avait été plus confiant dans ses prévisions. Selon lui d’ici 2037, les compagnies aériennes auront besoin de 48 000 appareils pour absorber la croissance du trafic aérien estimée à 4,4 % par an.
Au Salon, le duel à distance des deux géants ne connaît pas de temps morts. Les contrats viennent gonfler des carnets de commandes pourtant déjà pleins à craquer. C’est Airbus qui est parti le plus fort avec 222 commandes supplémentaires pour une valeur totale, prix catalogue, de plus de 30 milliards de dollars (plus de 25 milliards d’euros). Outre ce nouveau pactole, l’avionneur européen a eu la satisfaction de vendre vingt-sept exemplaires de son gros-porteur A350.
Dans le détail, ce sont toujours les monocouloirs de la famille A320 qui composent le gros des ventes avec 195 exemplaires commercialisés dès l’ouverture du Salon. Et ce n’est que le début ! Selon Airbus, « le rythme des commandes ne devrait pas faiblir ». Boeing a tenté de répliquer au démarrage en trombe d’Airbus avec près de 14 milliards de dollars de commandes lors de la première journée de la manifestation de la grande banlieue de Londres. En sus de trente-cinq exemplaires de son moyen-courrier remotorisé 737 Max, l’Américain a lui aussi confirmé la vente de cinq unités de son gros-porteur 777, en version cargo, à Qatar Airways.
Bataille sur le segment « Middle of the market »
Dans la coulisse de Farnborough, une lutte discrète mais féroce oppose Airbus et Boeing. Les deux concurrents ont trouvé un nouveau champ de bataille. Cette fois la guerre porte sur un nouveau segment commercial baptisé « Middle of the market », le milieu du marché. Il concerne des avions qui allient les qualités des monocouloirs et des long-courriers. L’A321LR d’Airbus est le moteur de ce nouveau créneau commercial. Le nouveau best-seller de l’avionneur européen propose un long-rayon d’action, comme un long-courrier, mais avec les coûts réduits d’un moyen-courrier. Une manière de quadrature du cercle qui a séduit les compagnies courrier à bas coûts telle Norwegian. Airbus a déjà raflé 120 commandes pour son A321LR. Pour capter l’essentiel de ce marché porteur, Airbus complète son offre avec son nouveau long-courrier A330Neo qui, lui aussi, permet aux compagnies de transporter jusqu’à 440 passagers à peu de frais. Un cocktail à succès. Ce n’est ainsi pas un hasard si la portugaise TAP est à la fois la compagnie de lancement de l’A321LR et une des clientes de l’A330Neo.
Pour l’heure, Boeing ne peut que regarder son rival faire la course en solitaire. Le constructeur de Seattle n’a aucun avion à mettre en face de l’A321LR. Dennis Muilenburg a annoncé que la décision de lancer ce que d’aucun nomme déjà le 797 sera prise en 2019. Un retard à l’allumage qui devrait permettre à Airbus de conforter sa domination sur le secteur des moyen-courriers dont il détient déjà plus de 60 % de part de marché. Seule consolation pour Boeing, c’est à bord d’un 777 que l’équipe de France championne du monde est rentrée de Moscou, lundi 16 juillet. Au grand dam d’Airbus.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-2">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vuk Jeremić : « Ceux qui demeurent attachés au futur démocratique de la Serbie, regardez vers la France »

À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans



Le Monde
 |    16.07.2018 à 16h29
    |

Vuk Jeremić (Président du parti serbe d’opposition centriste, Narodna Stranka/Parti Populaire)







                        



                                


                            

Tribune. En juin 2003, les leaders européens se sont réunis à Thessalonique (Grèce) afin d’affirmer sans ambiguïté que « l’avenir des Balkans est dans l’Union européenne ». Quinze ans plus tard, au sommet de Sofia, une nouvelle génération de leaders européens s’est prononcée sur le sujet, mais de façon plus prudente.
La déclaration signée ne faisait nulle mention du processus d’adhésion, et les parties prenantes n’ont que simplement annoncé leur « soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Emmanuel Macron le plus clair
Parmi les leaders européens, c’est le président Emmanuel Macron qui aura été le plus clair dans la présentation des raisons de ce changement de situation. À l’occasion d’un discours historique prononcé au Parlement européen à Strasbourg, et de remarques exprimées à Sofia quelques semaines après, il s’estimait favorable à l’ancrage des Balkans dans l’Europe, tout en notant qu’aller vers un prochain élargissement ne pourrait prendre place qu’à la seule condition de l’accomplissement d’une vraie réforme, qui résulterait en un approfondissement et un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.

La franchise d’Emmanuel Macron est bienvenue : elle est indicatrice d’un réel intérêt dans le futur de l’Union européenne, tout en indiquant clairement que la transformation des Balkans occidentaux en région conforme aux valeurs et standards européens, demeure une responsabilité commune.
Cette franchise porte un véritable coup envers ceux qui souhaiteraient maintenir un statu quo qui coincerait la région entre l’Union européenne et le Moyen-Orient. Le risque d’avoir une telle zone tampon, est qu’elle créerait l’illusion faisant semblant que tout va bien dans notre coin du monde.
Je considère que cette dernière approche est erronée. Elle creuserait davantage le fossé entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, diminuant ainsi sur le long...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-3">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Après leur intrusion sur la pelouse où se jouait la finale de la Coupe du monde, quatre membres du collectif punk anti-Poutine ont été arrêtés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Un policier russe aux Pussy Riot : « Parfois, je regrette 1937 »

Après leur intrusion sur la pelouse où se jouait la finale de la Coupe du monde, quatre membres du collectif punk anti-Poutine ont été arrêtés.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 15h34
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Une « splendide finale ! », s’est ému un internaute russe qui pensait moins à la victoire de la France sur la Croatie qu’à la performance des Pussy Riot. Vêtus d’uniformes semblables à ceux de la police, deux femmes et un homme du collectif punk anti-Poutine (ainsi nommé depuis 2011) sont parvenus à troubler quelques secondes la finale de la Coupe du monde, dimanche 15 juillet, en pénétrant sur la pelouse en plein milieu du match. Furtive, leur action spectaculaire n’en a pas moins fait le tour du monde, comme cette photographie saisie sur l’instant d’une Pussy Riot tapant dans les mains du joueur français Kylian Mbappé.
Ils étaient quatre, un homme, Piotr Verzilov, et trois femmes — Olga Kouratcheva, Olga Pakhtousova et Veronika Nikoulchina —, bien décidés à attirer l’attention sur les atteintes aux droits humains en Russie. Mais seuls trois d’entre eux ont parcouru quelques mètres sur le terrain ; la quatrième a été attrapée sur la touche. Dans un texte intitulé « le milicien entre en jeu » publié sur la page Facebook du collectif, le groupe fait allusion au sort d’Oleg Sentsov, le cinéaste ukrainien condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire pour « terrorisme », et en grève de la faim depuis plus de soixante jours.

        Lire aussi :
         

                La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine



Se présentant comme des « policiers célestes », les Pussy Riot réclamaient la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des arrestations et des affaires pénales « fabriquées » ou bien l’instauration du pluralisme politique. « Tandis que le policier céleste regarde gentiment les fans du championnat du monde, le policier terrestre se prépare à dissiper les rassemblements », écrivaient-ils.
« Petites merdes »
Les siloviki, les services de sécurité russes, s’en sont étranglés de colère, humiliés de ne pas avoir su prévenir, sous les yeux de Vladimir Poutine et des caméras du monde entier, cette intrusion dans les derniers instants d’une compétition jusque-là sans accroc.
Très vite, dans les instants qui ont suivi l’interpellation des Pussy Riot, une autre image s’est en effet superposée. Filmée par source inconnue, la scène, par ailleurs postée sur le compte Twitter de l’opposant Alexeï Navalny, est pénible. Emmenés dans des locaux à l’intérieur même du stade, deux des militants, Piotr Verzilov et Veronika Nikoulchina, essuient la fureur d’un policier dont le visage n’apparaît pas. « Des menottes ! Que quelqu’un me donne des menottes pour ces deux-là ! », aboie la voix en qualifiant les militants de « petites merdes ». « Alors, vous avez décidé de vous en prendre à la Russie, hein ? poursuit la voix. La Russie va devoir payer une amende à la FIFA à cause de vous. »
Placement en détention
Bravache, Piotr Verzilov, répond : « Nous sommes pour la Russie, comme vous, si vous êtes pour la Russie. » Mais son interlocuteur s’énerve de plus belle, après s’être enquis de la provenance des uniformes portés par les militants. « Vous les avez loués ? Parfois, je regrette que ce ne soit pas encore 37 ! », s’écrie-t-il. Le pic de la terreur stalinienne avait commencé en 1937.
Pour l’heure, une procédure administrative a été ouverte contre les Pussy Riot, qui se trouvaient toujours en détention dans un poste de police lundi matin. Le collectif s’était fait connaître en 2012 lorsque trois militantes avaient chanté une chanson hostile à Vladimir Poutine dans la principale église orthodoxe à Moscou. Condamnées à deux ans de colonie pénitentiaire pour blasphème et vandalisme, l’une avait été libérée à l’automne 2012 et les autres en décembre 2013, avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi.
Enthousiastes pour certains, critiques pour d’autres, les réactions à l’opération éclair, dimanche soir, du collectif ont afflué sur les réseaux sociaux en Russie. Dans un sens comme dans l’autre, un sentiment général, cependant, dominait : après un mois de bonne humeur, les étrangers partis, la fête en Russie est finie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-4">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les présidents américain et russe se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet très attendu.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

A Helsinki, Trump et Poutine en quête de meilleures relations

Les présidents américain et russe se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet très attendu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 16h11
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale) et 
Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Vladimir Poutine, dont l’avion s’était posé avec un peu de retard sur l’horaire officiel, est arrivé le premier au palais présidentiel d’Helsinki, théâtre de la première véritable rencontre bilatérale avec Donald Trump, lundi 16 juillet. Comme pour celui du président de la fédération russe, le véhicule du président des Etats-Unis s’est arrêté ensuite, un peu avant 14 heures, devant le perron, sous une tente dont l’entrée a été aussitôt masquée pour des raisons de sécurité.
Dix minutes plus tard, les deux hommes ont commencé leurs entretiens. Pendant les quelques minutes initiales ouvertes à la presse, Donald Trump a longuement félicité Vladimir Poutine pour l’organisation de la Coupe du monde de football qui s’est achevée la veille, à Moscou, avant d’exprimer son désir de parvenir à « une relation extraordinaire » avec la Russie.
« Chasse aux sorcières »
Quelques heures auparavant, Donald Trump affichait déjà une volonté de nouer un dialogue, qui le poussait à pointer du doigt tout ce qui pourrait faire obstacle à celle-ci. Il a ainsi dénoncé avec virulence, sur son compte Twitter, la « chasse aux sorcières truquée » que constitue selon lui l’enquête sur les interférences prêtées à la Russie pendant la présidentielle de 2016.

Our relationship with Russia has NEVER been worse thanks to many years of U.S. foolishness and stupidity and now, the Rigged Witch Hunt!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

Quatre jours après l’inculpation de douze membres du renseignement russe par le procureur spécial Robert Mueller, le président des Etats-Unis a estimé que cette enquête était en partie responsable de la détérioration des relations avec Moscou. « Elles n’ont jamais été pires », a-t-il assuré, ajoutant que « des années de bêtise et de stupidité américaines » y avaient également contribué. Le ministère des affaires étrangères russe a aussitôt partagé ce message agrémenté du commentaire: « Nous sommes d’accord ». La veille, M. Trump avait déjà insisté sur le fait que ces interférences étaient survenues sous « l’administration Obama », mise en cause pour sa passivité supposée.

        Lire :
         

          Les ambiguïtés de Trump face à Poutine



Depuis l’annonce de ces inculpations, la Maison Blanche s’est abstenue de toute forme de critique visant la Russie. Un souci d’apaisement à la veille de la rencontre de lundi, qui a tranché avec l’agressivité déployée par le président américain à l’égard de ses alliés depuis le début de sa tournée en Europe, le 10 juillet. Celle-ci devait s’achever après les entretiens avec le président de la fédération russe.
« L’Union européenne est un ennemi »
Donald Trump est d’ailleurs revenu à la charge dimanche contre l’Union européenne. « Je pense que nous avons beaucoup d’ennemis. Je pense que l’Union européenne est un ennemi, avec ce qu’ils nous font sur le commerce. Bien sûr, on ne penserait pas à l’Union européenne, mais c’est un ennemi », a-t-il assuré à la chaîne CBS.
Au cours du même entretien, il a ajouté que « la Russie [était] un ennemi par certains aspects », un qualificatif également utilisé à propos de la Chine, présentée comme un « ennemi économique ». Le président, qui a assuré « croire aux rencontres », comme en atteste sa conviction que celle avec le dirigeant nord-coréen à Singapour a été un succès, a cependant relativisé les attentes à propos du sommet d’Helsinki en laissant entendre qu’il ne se traduirait pas immédiatement par des percées diplomatiques significatives.

        Lire l’analyse de l’historienne Maya Kandel :
         

          « MM. Trump et Poutine convergent vers une vision alternative des relations internationales »



Son homologue, pour qui la rencontre constitue en soi une victoire appréciable, est resté quant à lui muet sur ses objectifs. Selon Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, ce sommet n’est pas destiné à un « marchandage » mais à « comparer les positions de chacun, afin de confirmer ou de dissiper les craintes de part et d’autre ». Les discussions devaient porter sur le contrôle des armes, la situation en Ukraine et en Syrie.
La partie russe est attachée à trouver un terrain d’entente sur les armes, où les contentieux se sont accumulés. C’est l’un des sujets que Vladimir Poutine a le plus travaillés avec son état-major avant de quitter Moscou. Les deux délégations devraient notamment aborder la question du renouvellement du New Start, un traité de réduction des armes nucléaires signé en 2010 par les deux pays qui limite à 1 550 le nombre de têtes nucléaires chacun. Ce traité expire en 2021, mais il peut être prolongé pour une période de cinq ans. Autre sujet sur la table : le traité sur les forces nucléaires dissuasives à portée intermédiaire signé en 1987.

        Lire aussi :
         

                Comment Trump réarme la dissuasion nucléaire



« Bienvenue en terre de liberté de la presse »
A Helsinki, une campagne de presse a précédé l’arrivée des deux dirigeants. Dans toute la ville, les panneaux publicitaires, à l’initiative du principal quotidien finlandais, Helsingin Sanomat, affichaient le même message en anglais et en russe : « Bienvenue, Monsieur le président, en terre de liberté de la presse » Impossible pour les cortèges présidentiels de ne pas les voir.
Dimanche, plus d’un millier de personnes ont manifesté contre les deux présidents, fédérés autour d’une même banderole « Make Human Rights Great Again », un pastiche du slogan de campagne de Donald Trump « Make America Great Again ». Un autre petit cortège a défilé lundi dans la capitale finlandaise à bonne distance du périmètre sécurisé établi autour du palais de la présidence.
Des Ukrainiens et des Russes venus de Saint-Pétersbourg ont fait cause commune dimanche pour exiger la libération du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire en Russie pour « terrorisme » et aujourd’hui en grève de la faim depuis plus de soixante jours. Le Pen Club américain n’a pas été en reste, avec une grande banderole portant cette même revendication.
Lors de ce rassemblement festif et coloré, animé au cœur de la capitale finlandaise par un concert, beaucoup de pancartes « Non aux dictateurs » ont été brandies, les participants ne faisant pas de différence entre les deux dirigeants. Un « Non à la séparation des familles » a visé la politique migratoire de Donald Trump, pendant qu’un « troll factory no » a fait allusion aux interférences reprochées à des pirates informatiques russes dans les élections occidentales.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-5">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ De Zagreb à Zadar, le pays entier, encore marqué par la guerre d’indépendance, s’est passionné pour ses joueurs qui jouaient leur première finale.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : en Croatie, « le football met tout à l’envers »

De Zagreb à Zadar, le pays entier, encore marqué par la guerre d’indépendance, s’est passionné pour ses joueurs qui jouaient leur première finale.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 12h22
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, Zadar, envoyé spécial)








                        



   


Un grand cri d’encouragement, de reconnaissance – d’affection presque – s’abat sur le forum romain de Zadar. La foule rassemblée au milieu des vénérables vestiges d’édifices antiques acclame son héros tandis qu’à l’horizon, les lumières chaudes du soir descendent sur l’Adriatique et ses îles. La finale est terminée depuis un moment et la Croatie ne l’a pas gagnée. Mais sur les écrans, l’enfant du pays, Luka Modric, milieu de terrain de la sélection croate, vient d’être désigné meilleur joueur du tournoi et tient le trophée entre ses mains.
A Zadar, sur la côte dalmate, on l’acclame. C’est ici que sa famille, jetée sur les routes par la guerre contre les milices serbes, s’est réfugiée alors qu’il n’avait que 6 ans. Chacune de ses apparitions suscite l’enthousiasme d’une foule qui sourit, pleure et danse. On le voit à l’image, il pleut dru à Moscou. « Ce sont nos larmes qui tombent du ciel, dit le commentateur de la télévision croate. Mais il faut être fier ! »

        Lire aussi :
         

                Le Croate Luka Modric élu meilleur joueur et Kylian Mbappé meilleur jeune de la Coupe du monde 2018



Fiers, les supporteurs croates le sont à Zadar. Fiers de leur compatriote Modric, des autres joueurs venus des environs mais surtout d’une équipe qui a dépassé toutes leurs attentes. « Peu importe la Coupe du monde, ils ont été magnifiques. Nous, un petit pays de même pas 4,5 millions d’habitants, nous sommes deuxièmes au monde », sourit Ivana Becki.
De Zagreb, la capitale au charme très Mitteleuropa jusqu’à ce bord de mer aux airs d’Italie, les supporteurs ont suivi les exploits de leurs joueurs. Une épopée s’achève dans ce pays où les occasions de se réjouir ne sont pas si fréquentes : une économie à la traîne, qui pousse les jeunes diplômés à s’expatrier, une mémoire encore vive de la guerre et une vie politique émaillée de scandales.
« Les usines de la région ont fermé »
Samedi, dans la capitale, les drapeaux croates fleurissaient aux fenêtres des appartements, le long des augustes avenues héritées de la période austro-hongroise et jusqu’à la sortie de la ville, là où commence l’autoroute qui mène de la capitale à la mer. Parmi les véhicules de vacanciers norvégiens, danois et néerlandais lancés en direction du soleil de l’Adriatique, les voitures immatriculées en Croatie, roulaient drapeaux au vent. 288 kilomètres de route à parcourir avant Zadar et la côte.
A 75 km de la capitale, le petit village de Bosiliejo apparaît dans le paysage qui défile. La sortie numéro 5 mène à son église, à sa mairie et à la terrasse du bar du coin où Robert Biturajac boit une petite bière : « Bosiliejo, c’est une poignée de hameaux à moitié déserts, mille habitants et pas de travail. » L’homme parle haut et sourit volontiers au milieu d’une belle tablée qu’il partage avec deux vieux messieurs, sept gaillards d’âge mûr et une jeune femme.
Derrière l’établissement de son ami Ivitsa Spelic, on s’apprête à planter des troncs d’arbres taillés en pointe pour monter une tente. « On se prépare pour la finale ! Quel que soit le résultat, c’est déjà une victoire d’y être, ce sera une fête ! », se réjouit le patron. « Cette Coupe du monde, c’est la suite de notre qualification en demies en 1998, de l’indépendance en 1995, de notre victoire contre les forces serbes », reprend Robert Biturajac.
Comme souvent, la conversation sportive échoue sur les récifs d’une mémoire toujours en guerre et sur les difficultés du quotidien. « Après la guerre, les usines de la région ont fermé et beaucoup de gens qui travaillaient en Slovénie se sont trouvés coincés de ce côté-ci », raconte Robert Biturajac qui officie comme douanier à la frontière bosnienne, où, d’après lui, « la tension monte » en ce moment avec les migrants afghans et pakistanais qui tentent de la traverser.
« Passer à autre chose »
Bosiliejo et sa scierie, qui n’emploie plus que dix personnes, ne sont qu’un point dans le paysage pour les conducteurs qui passent sur l’autoroute toute proche et bifurquent vers le sud. Mais samedi, il y régnait malgré tout un petit air de fête.
En comparaison, 82 km plus loin, la petite ville d’Otocac s’ennuie. Les pas des rares passants résonnent entre les façades de la rue principale. De loin en loin, certaines portent encore les morsures cruelles d’une guerre que les quelques jeunes hommes, la vingtaine, qui se retrouvent sur des terrasses largement désertes n’ont pas connue. Le bar Igo a affiché sur sa vitrine un poster publicitaire d’une marque de bière. Modric y pose, souriant, sous le slogan de la marque : « Le football met tout à l’envers ! » Cela arrache un sourire à Zdravko Bunjevcevic, 58 ans : « Ah ça oui, tout est à l’envers. »
Trois années durant, M. Bunjevcevic a combattu les forces serbes dans les rangs croates. Blessé deux fois au combat, il se débrouille en enchaînant les petits boulots malgré une jambe boiteuse. « La Croatie d’aujourd’hui, ce n’est pas vraiment celle dont on rêvait, dit-il. Mais il fallait la faire, cette guerre. Et puis on est arrivé en finale, ça fait connaître le pays et ça attirera peut-être des touristes qui voudront voir autre chose que la côte. » A une dizaine de mètres, le restaurant le grand hôtel Zvonimir est bien vide. Et bien sombre.
La route qui mène à la mer laisse à l’est l’ancien territoire de la Krajina, zone dominée par les milices serbes avant de passer sous le contrôle de la Croatie indépendante en 1995. Le paysage montagneux s’assèche, pâlit, prend les atours plus cléments de la Méditerranée en descendant vers Zadar. Ancienne possession vénitienne, le port fleure bon l’Italie qui y a laissé une architecture et un art de vivre aimables, ainsi que de très mauvais souvenirs, ceux de l’occupation de l’ère mussolinienne.

        Lire aussi :
         

                Luka Modric, un perdant magnifique en finale de Coupe du monde



Sur une place dallée de pierre patinée, Bruno Skoblar, ancien joueur de l’équipe d’Aix-en-Provence 1972, frère du buteur légendaire de l’OM Josip Skoblar et ancien combattant du siège de Zadar par les forces serbes, prend le café. Il travaillait au NK Zadar dans les années 1990 quand le jeune Luka Modric y faisait ses premiers entraînements. « On n’avait rien à lui apprendre à ce garçon, il avait le football dans le sang », se souvient-il, à quelques heures du coup d’envoi de la finale.
« Luka appartient à une génération qui a grandi sous les bombes et maintenant il joue en finale à Moscou. Les politiques veulent faire entrer les succès de notre équipe dans l’histoire de nos guerres. Mais pour moi, ce tournoi, c’est une belle occasion de passer à autre chose », veut croire Bruno Skoblar. Après la défaite, le gamin de Zadar n’apportera pas la Coupe avec lui quand il sera de retour en ville mardi après un crochet par la capitale. Mais dimanche, la cité où il a fui la guerre, bien que déçue, était tout de même en fête.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-6">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’événement, dont la FIFA a salué la « magnifique » organisation, a été un ballon d’oxygène pour la population.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La Russie tire profit du succès de « sa » Coupe du monde

L’événement, dont la FIFA a salué la « magnifique » organisation, a été un ballon d’oxygène pour la population.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 14h27
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


L’intrusion, à la 52e minute de la rencontre France-Croatie, n’a duré que quelques secondes lorsque deux femmes et un homme, portant des uniformes semblables à ceux de la police, sont parvenus à zigzaguer sur la pelouse du stade Loujniki de Moscou. Affilié aux Pussy Riot, un groupe punk anti-Poutine formé en 2011, le trio voulait attirer « l’attention sur les atteintes aux droits de l’homme en Russie ».
Ce fut le seul couac de ce Mondial 2018, organisé pour la première fois en Russie, qui s’est achevé dimanche 15 juillet avec la remise de la Coupe du monde à l’équipe de France de Didier Deschamps par Vladimir Poutine. Gianni Infantino, président de la FIFA, n’avait pas attendu la finale pour décerner au tournoi le titre de « meilleure Coupe du monde de tous les temps ». « La Russie a changé, a-t-il insisté dès vendredi depuis le stade Loujniki. Tout a été magnifique. »

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde : « Le temps d’une victoire, aimons-nous vivants »



De fait, en un mois de compétition, la Russie est parvenue à gommer l’image déplorable qu’elle avait dans l’univers du football, notamment depuis l’Euro 2016, lorsque ses supporteurs s’étaient violemment accrochés avec leurs homologues anglais sur le Vieux-Port à Marseille. Interdits de stades, les hooligans russes sont restés invisibles, tout comme leurs bannières provocantes. Pas l’ombre d’une bagarre au cours des 64 matchs de la compétition. Pas de cris racistes non plus, ni d’onomatopées du même acabit.
Supporteurs chouchoutés
Les autorités ont même toléré l’ouverture d’une « Maison de la diversité » à Moscou, devenue, le temps du Mondial, un refuge pour les minorités sexuelles. Quoique régulièrement inspecté par des agents du FSB, les services de sécurité russes, le lieu, installé dans un théâtre à l’initiative du réseau Football Against Racism in Europe et de la FIFA sous la pression des défenseurs des droits humains, a accueilli des jeunes gays et lesbiennes venus regarder sur écran géant les matchs au milieu de drapeaux arc-en-ciel. Une première en Russie, où l’homophobie est ancrée et où une loi de 2013 punit toute manifestation homosexuelle pour « propagande auprès de mineurs ».
Les craintes formulées dans les médias étrangers avant le tournoi se sont dissipées. La consigne du Kremlin a été suivie à la lettre : montrer sous son meilleur jour le pays, plombé sur le plan international par le conflit ukrainien, l’ingérence dans les élections américaines ou l’affaire Skripal – du nom d’un ex-agent double empoisonné avec sa fille au Royaume-Uni. La Russie, il est vrai, n’a pas lésiné sur les moyens, avec plus de 9,5 milliards d’euros investis pour séduire la planète foot.
Partout, les quelque 750 000 supporteurs venus du monde entier ont été chouchoutés par un public chaleureux, des policiers polis et quelque 17 040 volontaires enthousiastes déployés dans les onze villes hôtes. « Je pense qu’il n’y a jamais eu autant d’étrangers dans notre pays », s’est réjoui Alexeï Sorokine, le patron du comité d’organisation russe.
En se propulsant en quarts de finale, la Sbornaïa, l’équipe nationale que personne n’attendait à ce niveau, a elle aussi rempli son contrat, entraînant d’inhabituelles manifestations de liesse chez les supporteurs russes gagnés par l’ambiance de carnaval. Dans les fan-zones officielles et spontanées, des milliers de personnes, toutes nationalités confondues, se sont retrouvées chaque soir. Une bouffée d’oxygène pour beaucoup de Russes – dont 68 % n’ont jamais voyagé à l’extérieur des frontières –, qui plus est dans un pays où les rassemblements sont soit interdits soit très encadrés.
« Vous êtes russe ? Alors ce sera interdit »
« Quand la Coupe du monde se terminera, on pourra boire de la bière comme ça [dans la rue] ? », s’est enquis un jeune homme auprès de deux policiers en faction dans la rue Nikolskaïa, devenue le lieu de rassemblement préféré à Moscou. « Vous êtes russe ? Alors ce sera interdit », lui ont répondu les deux fonctionnaires. La vidéo de l’échange s’est taillé un vif succès sur les réseaux sociaux.
La Russie peut également se targuer d’avoir testé avec succès la « fan ID », la carte d’identité des supporteurs pour la première fois dans un Mondial, qui a permis d’alléger les contraintes de visa et de voyager gratuitement dans les transports.
L’équipe d’Angleterre – seul pays dont les autorités avaient décidé de boycotter le Mondial en réaction à l’affaire Skripal – a été « très bien traitée », soulignait, samedi 14 juillet, le sélectionneur, Gareth Southgate, sans qu’il ait été besoin de lui poser la question. « On a beaucoup parlé des relations entre nos deux pays mais, d’un point de vue personnel, nous n’aurions pas pu recevoir meilleur accueil. »
Absent des stades, hormis lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, même pour soutenir l’équipe russe, le président Vladimir Poutine s’est offert une tournée mondiale d’entretiens en recevant plus d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Presqu’un Ballon d’or diplomatique.

        Lire notre éditorial :
         

          Le rêve en bleu






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-7">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Italie : les 450 migrants à bord de deux navires militaires ont tous débarqué en Sicile

Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 11h05
   





                        


Les 450 migrants qui se trouvaient à bord de deux navires militaires dans les eaux italiennes depuis samedi ont tous débarqué dimanche, a déclaré lundi 16 juillet le maire de Pozzallo, la ville sicilienne où ils ont été accueillis. « Le terrible voyage des migrants qui se trouvaient depuis des jours sur deux navires face au port de Pozzallo s’est achevé dans la nuit avec leur débarquement », a déclaré Roberto Ammatuma, cité par l’agence AGI.
La décision du gouvernement italien fait suite à l’engagement de cinq pays de l’Union européenne – la France, l’Espagne, le Portugal, Malte et l’Allemagne – d’accueillir chacun 50 migrants. « Aujourd’hui, pour la première fois, nous pouvons dire que les migrants ont débarqué en Europe », a commenté avec satisfaction la présidence du conseil des ministres.

        Lire aussi :
         

                Migrants : l’Italie annonce que la France et Malte vont prendre leur part



L’Italie se plaint depuis des années du manque de solidarité des autres pays de l’UE dans la gestion du problème migratoire, estimant avoir été abandonnée face à l’arrivée de centaines de milliers de migrants sur ses côtes. « Les migrants recevront toute l’assistance nécessaire dans l’attente d’être répartis dans les autres pays européens » qui ont accepté de les accueillir, ajoute la présidence du conseil des ministres.
Embarcation repérée vendredi
Une embarcation de bois avec 450 migrants à bord partis de Libye avait été repérée vendredi à l’aube dans les eaux internationales, dans la zone d’intervention maltaise.
Dans un échange de messages, courriels et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome avait tenté vendredi de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte. Malte a répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.
Depuis samedi matin, les deux navires militaires restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive. Les malades, les femmes et les enfants avaient été autorisés à débarquer en plusieurs tranches samedi et dimanche avant le feu vert au débarquement des hommes aussi, tard dimanche soir.

        Lire aussi :
         

                Plus de 600 migrants sont morts en Méditerranée ces quatre dernières semaines






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-8">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’Eglise orthodoxe commémore le tsar Nicolas II et sa famille, cent ans après leur mort, mais s’oppose toujours à l’Etat russe sur l’authenticité des restes retrouvés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Russie, une marche pour le dernier empereur

L’Eglise orthodoxe commémore le tsar Nicolas II et sa famille, cent ans après leur mort, mais s’oppose toujours à l’Etat russe sur l’authenticité des restes retrouvés.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 09h42
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Le patriarche orthodoxe Kirill devait prendre la tête d’une immense procession dans la nuit de lundi 16 à mardi 17 juillet, à Ekaterinbourg, dans la région de l’Oural où furent massacrés il y a tout juste cent ans, en juillet 1918, le tsar Nicolas II et sa famille. Objet de culte pour les uns – l’an passé, plus de 60 000 personnes s’étaient déjà rassemblées sur les lieux –, simple figure historique pour d’autres, le dernier empereur de Russie continue de diviser la société devenant même, depuis quelques années, source de conflit entre l’Etat et l’Eglise. Aucune commémoration officielle n’est ainsi prévue.
Vingt ans après l’inhumation des restes présumés du tsar, de son épouse Alexandra Feodorovna et de trois de leurs filles, Olga, Tatiana et Anastasia, découverts en 1979, l’Eglise orthodoxe conteste toujours leur authenticité, refusant même l’idée que des tests ADN puissent être pratiqués. En 1998, Alexis II, alors patriarche de l’Eglise orthodoxe, avait été jusqu’à snober les funérailles d’Etat organisées à la forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg. A la place, il avait envoyé un prêtre pour enterrer les « restes d’une personne inconnue ».
« Pas droit à l’erreur »
Les dépouilles d’une autre fille du couple impérial, Maria, et leur fils, le tsarévitch Alexeï, ont été retrouvés en 2007 seulement, à quelques dizaines de mètres de leurs parents, mais n’ont pas pu être encore inhumées, faute d’accord, là encore, avec les autorités. Elles sont entreposées à Moscou dans le monastère Novopasski. Le clergé, dominé par les conservateurs, refuse aussi de reconnaître leur authenticité, estimant qu’il n’y a pas assez de preuves. « Les experts n’ont aucun doute, fustigeait samedi 14 juillet l’agence russe Interfax. Les scientifiques ont comparé l’ADN d’Alexandre III avec les restes de Nicolas II et du tsarévitch Alexeï et ont établi qu’il s’agissait de la même lignée sur trois générations des Romanov ».
Selon la doxa...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-9">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans certains lieux touristiques, les recettes de TVA ont progressé de 200 %, les commerçants redoutant des sanctions en cas de triche.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Grèce, la lutte contre la fraude fiscale récolte ses premiers fruits

Dans certains lieux touristiques, les recettes de TVA ont progressé de 200 %, les commerçants redoutant des sanctions en cas de triche.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 15h00
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        



                                


                            

Alors que la saison touristique bat son plein en Grèce, il n’est pas rare de voir un serveur se précipiter avant la fin du repas afin de donner un reçu fiscal aux clients. « J’ai déjà été contrôlé deux fois cette saison, et je suis désormais prudent, je ne veux pas fermer ma boutique ! », avoue Stavros, propriétaire d’un restaurant sur l’île de Mykonos. Depuis 2016 et la création du secrétariat général aux recettes publiques (AADE en grec), les inspecteurs des impôts qui dépendent de cet organisme font des descentes dans les îles. Non sans succès : les recettes de TVA dans certains lieux touristiques comme Mykonos ont bondi de plus de 200 % ! Plus généralement, sur les cinq premiers mois de 2018, les recettes fiscales ont augmenté de 393 millions d’euros. Autre chiffre significatif pour l’AADE : le recouvrement de l’impôt sur le revenu est désormais de 91 % en Grèce, contre 88 % en 2014. Il est en moyenne de 95 % dans l’Union européenne.
Depuis 2011, diverses mesures ont été prises pour lutter contre la fraude fiscale, qui représente pour l’Etat grec un manque à gagner annuel de 11 à 16 milliards d’euros. Les contribuables ont l’obligation de faire leur déclaration en ligne, les contrôles fiscaux sont plus nombreux, les informations sont recoupées pour estimer le revenu réel des individus, des sanctions ont été mises en place en cas de fraude – par exemple la fermeture pendant 30 jours des magasins et des entreprises qui tentent de ne pas payer la TVA –, le Secrétariat général aux recettes publiques, dont les inspecteurs sont mieux formés, a été créé, tout comme une unité de règlement des contentieux pour éviter d’aller jusqu’aux tribunaux qui sont débordés.
La marque de la France
Derrière cette réforme de l’administration fiscale, on trouve la marque de la France qui, dès 2011, dans le cadre du premier plan d’aide à la Grèce, avait été chargée de cette mission difficile. « Du chemin a été parcouru en ce qui concerne l’aspect du...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-10">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les présidents russe et américain se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet extrêmement attendu.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Au sommet entre Trump et Poutine à Helsinki, la tentation des zones d’influence

Les présidents russe et américain se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet extrêmement attendu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 10h56
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale) et 
Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La perspective d’un départ américain de l’OTAN est restée à l’état de menace au cours du sommet organisé les 11 et 12 juillet à Bruxelles – un levier manifestement utilisé par le président des Etats-Unis pour obtenir un engagement plus consistant de ses alliés à augmenter leurs dépenses de défense. Donald Trump l’a revendiqué comme un succès personnel, renouvelant son attachement à une organisation qu’il a souvent critiquée.
Ces relations ambivalentes avec l’Alliance atlantique s’inscrivent dans une remise en cause systématique des piliers de l’ordre mondial mis en place par Washington après la seconde guerre mondiale. Aucune instance multilatérale n’échappe à ses diatribes. Aucun des alliés historiques des Etats-Unis n’est épargné par ses décisions, qu’il s’agisse de la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien ou des taxes sur les importations, qui visent à rééquilibrer une balance commerciale lourdement déficitaire.
Son jugement sur l’Union européenne (UE), conçue selon lui pour nuire aux Etats-Unis, s’inscrit dans le même registre. Favorable au Brexit, le président américain préférerait des relations bilatérales avec chacun des pays européens.

Donald Trump n’a pas formulé pour autant une véritable alternative à cet ordre décrié. Il s’est contenté de revendiquer un très vague « réalisme basé sur des principes », rompant avec les idéaux jugés dévastateurs du néoconservatisme, et un recentrage sur les seuls intérêts américains, tournant le dos à l’interventionnisme des trois dernières décennies. Sa première véritable rencontre avec Vladimir Poutine, à Helsinki, lundi 16 juillet, va donc mettre à l’épreuve ces instincts unilatéralistes.
Un souci de recentrage
Sur au moins deux dossiers qui tiennent à cœur à son homologue – l’annexion de la Crimée et la Syrie –, Donald Trump a alimenté l’ambiguïté. Avant de quitter Bruxelles, jeudi, il a assuré « ne pas être content » d’une annexion qui a provoqué l’adoption...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-11">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La ville anglaise vit un cauchemar après la mort d’une habitante, quatre mois après l’attentat contre l’ex-agent double Sergueï Skripal.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Salisbury, charmante cité anglaise empoisonnée par le Novitchok

La ville anglaise vit un cauchemar après la mort d’une habitante, quatre mois après l’attentat contre l’ex-agent double Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 13h33
    |

                            Allan Kaval (Salisbury, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Jason Regent croise les jambes, assis à son bureau, vêtu d’élégants pantalons en tissu prince-de-galles. « Le plus perturbant dans toute cette histoire, c’est l’inconnu, n’est-ce pas ? » Au premier étage de sa boutique sur High Street, à Salisbury, M. Regent, tailleur, s’interroge. Chaussures de fabrication anglaise ou vestes de tweed, gins d’exception ou whiskys fins, jolis foulards pour excentriques ou chaussettes en double fil d’Ecosse, il sait parfaitement d’où provient et comment a été produit chacun des articles qui garnissent sa boutique. Il reconnaît au toucher chacun des tissus sélectionnés pour tailler les plus belles pièces disponibles à la vente, celles qu’il a dessinées lui-même. Il sait aussi qui sont ses voisins et est à peu près sûr de croiser quelqu’un qu’il connaît lorsque, à pied, il quitte son domicile pour aller travailler, barbe longue bien taillée, chemise et cravate impeccables.

Il y a pourtant quelque chose que M. Regent ignore, qui l’interpelle et le trouble, une question à laquelle il ne sait pas répondre et qui perturbe l’élégant ordinaire de ses jours. Pourquoi, quatre mois après avoir manqué d’ôter la vie à un ancien agent double soviétique – oui, Salisbury en abritait un parmi ses 45 000 habitants, Sergueï Skripal, sous la protection des services secrets de Sa Majesté –, un composé chimique baptisé du nom russe de Novitchok a frappé, peu avant le 30 juin, un couple de marginaux locaux en prise à des problèmes de drogue ? Dawn Sturgess, 44 ans, en a perdu la vie le 8 juillet, et son compagnon, Charlie Rowley, 45 ans, est toujours hospitalisé. Pourquoi eux ? Pourquoi si longtemps après le premier incident ? Le mal invisible qui les a frappés rôde-t-il toujours ?
Vendredi, la police britannique a annoncé avoir trouvé une petite bouteille ayant contenu du Novitchok au domicile de M. Rowley. Les autorités parlent d’un « développement important et positif ». L’énigme reste pourtant...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-12">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le vingtième sommet Union européenne-Chine s’est tenu à Pékin, lundi 16 juillet. Les deux parties ont rappelé leur soutien au multilatéralisme face au protectionnisme américain
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Face à Trump, l’UE et la Chine tentent de s’entendre sur le commerce

Le vingtième sommet Union européenne-Chine s’est tenu à Pékin, lundi 16 juillet. Les deux parties ont rappelé leur soutien au multilatéralisme face au protectionnisme américain



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 15h19
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance) et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

Un front commun entre la Chine et l’Europe face à l’Amérique protectionniste de Donald Trump ? Inimaginable il y a quelques mois encore, une telle alliance, soulevant de nombreuses questions, fut l’un des enjeux du 20e sommet Union européenne (UE)-Chine, organisé à Pékin, lundi 16 juillet. Les dirigeants européens, dont le président du Conseil, Donald Tusk, ont rencontré le premier ministre chinois, Li Keqiang, et le président Xi Jinping. Au menu des discussions : la sécurité, le changement climatique mais, surtout, les relations commerciales entre les deux blocs, et le multilatéralisme, sur la sellette en raison de l’attitude agressive de Washington.
« Il est encore temps d’éviter le conflit et le chaos », a déclaré M. Tusk, s’adressant à la Chine, à la Russie mais surtout aux Etats-Unis, lancés dans un bras de fer avec ses principaux partenaires commerciaux. « Dans les circonstances actuelles, il est important de défendre le multilatéralisme et le libre-échange », a affirmé Li Keqiang. Les deux parties se sont entendues sur la création d’un groupe de travail pour moderniser l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pékin a également pris une série d’engagements sur l’ouverture de son économie, et la facilitation de l’accès à ses marchés pour les entreprises étrangères.
Ciblée par des droits de douanes américains de 25 % sur 34 milliards de dollars (29 milliards d’euros) de produits, menacée par des taxes supplémentaires à hauteur de 200 milliards de dollars dès septembre, la Chine cherche à s’allier à l’UE. Ces dernières semaines, les officiels chinois ont multiplié les appels à travailler ensemble.
Crispations
Mais cette main tendue place les Européens dans une situation délicate. Car, sur le fond, ils partagent nombre des griefs de Washington vis-à-vis de Pékin. Notamment à l’égard du dumping des importations chinoises bon marché. « La rationalité voudrait que les Américains et les Européens s’allient...




                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-13">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ A Pékin, le président du Conseil européen a joué l’apaisement, et prôné la nécessité de réformer l’Organisation mondiale du commerce.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Donald Tusk appelle la Chine, les Etats-Unis et la Russie à « éviter le conflit et le chaos »

A Pékin, le président du Conseil européen a joué l’apaisement, et prôné la nécessité de réformer l’Organisation mondiale du commerce.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 05h55
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 13h51
   





                        


Au moment où l’Amérique de Donald Trump a engagé un bras de fer avec ses principaux partenaires commerciaux, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé lundi 16 juillet à Pékin la Chine, mais aussi les Etats-Unis et la Russie, à « éviter le conflit et le chaos ».

        Lire aussi :
         

                Angela Merkel joue la prudence face aux attaques de Donald Trump



« Nous sommes tous conscients que l’architecture mondiale est en train de changer sous nos yeux », a déclaré M. Tusk, lors d’une rencontre avec le premier ministre chinois, Li Keqiang, rappelant que « le monde que nous avons construit pendant des décennies (…) a apporté une Europe en paix, le développement à la Chine et la fin de la guerre froide ».
« Il est du devoir commun de l’Europe et de la Chine, mais aussi de l’Amérique et de la Russie, de ne pas détruire cet ordre mondial mais plutôt de l’améliorer, et de ne pas engager des guerres commerciales qui ont débouché sur des conflits ouverts si souvent dans notre histoire. »
« Défendre le multilatéralisme »
« C’est pourquoi j’appelle nos hôtes chinois, mais aussi les présidents Trump et Poutine, à engager conjointement un processus de réforme complet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) », a ajouté M. Tusk, alors que les présidents russe et américain doivent se retrouver dans la journée à Helsinki.
Le président du Conseil européen est à Pékin en compagnie du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, à l’occasion du sommet annuel Chine-UE. Les deux hommes doivent être reçus dans la journée par le président chinois Xi Jinping.

        Lire aussi :
         

                Pagaille à l’Organisation mondiale du commerce



« Nous sommes tombés d’accord pour dire que dans les circonstances internationales actuelles, il est important de défendre le multilatéralisme et le libre-échange », a déclaré le premier ministre chinois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-14">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Plus de quarante ans après les accords d’Helsinki, le 1er août 1975, le président russe a opté pour la capitale finlandaise pour rencontrer son homologue américain.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Rencontre Trump-Poutine : le choix symbolique d’Helsinki

Plus de quarante ans après les accords d’Helsinki, le 1er août 1975, le président russe a opté pour la capitale finlandaise pour rencontrer son homologue américain.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 06h25
    |

            Marc Semo








                        



   


A vol d’oiseau par-dessus les eaux du golfe de Finlande, moins de 300 kilomètres séparent Helsinki de Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine, qui est né et a mené une bonne partie de sa carrière dans l’ex-Leningrad, vient donc à Helsinki en voisin. Le choix de cette ville pour sa rencontre avec Donald Trump, lundi 16 juillet, est plein de réminiscences « fleurant bon » la guerre froide.
A l’époque, le mot « finlandisation » signifiait, dans le jargon des relations internationales, une neutralité contrainte, voire une quasi-liberté surveillée pour un pays partageant 1 300 kilomètres de frontières avec la défunte Union soviétique. La Finlande est désormais membre de l’Union européenne et elle se rapproche de l’OTAN, inquiète des visées agressives de son puissant voisin, sans pour autant avoir osé jusqu’ici franchir le pas.

        Lire aussi :
         

                Poutine prêt à rencontrer son quatrième président américain



Etrange choix de la part de l’homme fort du Kremlin que celui de la capitale finlandaise. En 1990, elle hébergea le dernier sommet américano-soviétique entre George Bush et Mikhaïl Gorbatchev. Un an plus tard, l’URSS s’effondrait. Ce fut un traumatisme fondateur pour l’ex-officier du KGB qui n’eut de cesse, une fois devenu président, de vouloir rendre son rang à la Russie. « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur », aime-t-il à répéter, tout en précisant que celui qui veut la refaire comme elle était « n’a pas de cerveau ».
Moment-clé de la guerre froide
La capitale finlandaise est surtout le symbole d’un moment-clé de la guerre froide, avec la signature des accords d’Helsinki, le 1er août 1975, paraphés aussi par Gerald Ford et Leonid Brejnev, à l’issue de deux ans de Conférence sur la coopération et la sécurité en Europe, réunissant 35 pays. Tous les Européens de l’Ouest et de l’Est, à l’exception de l’Albanie – alignée à l’époque sur Pékin –, ainsi que les Etats-Unis et le Canada étaient autour de la table, et tous signèrent « l’Acte final ».

        Lire aussi :
         

                « L’Europe va devoir apprendre à faire sans les Etats-Unis »



« La Conférence avait été voulue par les Soviétiques pour entériner le statu quo de la division de l’Europe et les frontières de 1945, mais ils acceptèrent sous la pression des Occidentaux un troisième panier sur les droits de l’homme estimant qu’il n’aurait pas de conséquence. Or, ce fut le début du processus qui entraîna la dislocation du bloc soviétique », relève Thorniké Gordadzé, enseignant à Sciences Po Paris. L’Acte final d’Helsinki devint en effet une base de référence pour les dissidents des pays du glacis qui, malgré les emprisonnements et la dépression, s’engagèrent dans ce combat en rappelant à Moscou ses engagements et sa signature.
Un échec pour Moscou
« Alors comme aujourd’hui, le Kremlin voulait à la fois conforter sa zone d’influence et diviser les Occidentaux », souligne M. Gordadzé. Mais ce fut un échec pour Moscou. Une bonne partie des travaux se polarisèrent sur les questions des frontières, de leur « intangibilité » comme le voulaient les Soviétiques, ou de leur « inviolabilité » comme le souhaitaient les Occidentaux. La différence sémantique est essentielle. Dans le premier cas, cela signifiait qu’elles ne pourraient jamais bouger, dans le second que c’était possible à condition que cela se fasse avec l’accord de toutes les parties. Ce fut mot retenu. Cela permit en 1990 la réunification de l’Allemagne. Jusqu’ici, le seul pays signataire qui a remis en cause ce principe est la Russie de Vladimir Poutine qui, au printemps 2014, annexa par la force la Crimée après l’arrivée au pouvoir en Ukraine d’un gouvernement réformiste pro-européen.

        Lire aussi :
         

                Un premier sommet Trump-Poutine aura lieu le 16 juillet à Helsinki



A l’époque, en 1975, les Occidentaux avaient su faire bloc. Aujourd’hui, Vladimir Poutine mise sur les divisions entre l’Europe et les Etats-Unis, attisées par le président américain. L’homme fort du Kremlin n’est pas superstitieux et compte bien faire de la rencontre d’Helsinki un moment de revanche.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-15">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Andrew Griffiths, parlementaire depuis 2010, a présenté ses excuses à sa femme et à sa famille, ainsi qu’au gouvernement et à la première ministre, Theresa May, dont il fut directeur de cabinet.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Un ministre britannique démissionne pour avoir harcelé sexuellement deux femmes

Andrew Griffiths, parlementaire depuis 2010, a présenté ses excuses à sa femme et à sa famille, ainsi qu’au gouvernement et à la première ministre, Theresa May, dont il fut directeur de cabinet.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 10h09
   





                        


Il s’est dit « profondément embarrassé ». Andrew Griffiths, le ministre des petites et moyennes entreprises britannique, a démissionné, vendredi 13 juillet, après que le Sunday Mirror eut révélé quelques-uns des deux mille messages à caractère sexuel envoyés par le politicien à deux jeunes femmes, âgées de vingt ans de moins que lui.
Selon le tabloïd britannique, l’ancien chef de cabinet de la première ministre Theresa May suivait ces deux jeunes femmes sur Snapchat depuis six mois lorsqu’il a établi un premier contact, en juin. C’est ensuite sur les réseaux sociaux — Facebook, Instagram, WhatsApp et Snapchat — qu’Andrew Griffiths, 47 ans, a envoyé plus de deux mille messages en seulement trois semaines à ces deux femmes, toutes deux employées dans des bars.
Messages « ignobles » et « dégoûtants »
Les deux amies avaient au départ accepté de recevoir de l’argent — environ 700 livres (792 euros) au total — de M. Griffiths en échange de photos et de vidéos d’elles. Mais l’une des femmes a témoigné auprès du Sunday Mirror que son interlocuteur « ne parlait que de sexe », décrivant certains messages comme « ignobles » et « dégoûtants ». « J’ai coupé les ponts car c’était trop vulgaire, a-t-elle expliqué. La manière dégradante dont il me parlait a affecté ma vie, ma confiance en moi. » 
Andrew Griffiths, parlementaire depuis 2010, a présenté ses excuses à sa femme et à sa famille, à qui il a dit « tout devoir », ainsi qu’au gouvernement pour « la honte profonde » qu’il cause à cet Etat « qu’il a eu l’honneur de servir ». 
« Avec le temps, j’espère obtenir le pardon de tous ceux qui avaient placé leur confiance en moi et que j’ai terriblement déçus. La première ministre et le gouvernement qu’elle dirige continueront d’avoir mon entier soutien. »
L’homme politique a également fait savoir qu’il chercherait de « l’aide professionnelle pour faire en sorte que cela n’arrive plus jamais ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-16">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Lors d’une finale inédite, des Croates fatigués mais galvanisés tenteront de renverser l’équipe de France, favorite au terme d’une Coupe du monde maîtrisée.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Finale France-Croatie : le pragmatisme des Bleus face à l’héroïsme des « Vatreni »

Lors d’une finale inédite, des Croates fatigués mais galvanisés tenteront de renverser l’équipe de France, favorite au terme d’une Coupe du monde maîtrisée.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 14h20
   





                        



   


Dimanche 15 juillet, à partir de 17 heures, l’équipe de France de football tentera d’inscrire sur son maillot une deuxième étoile de champion du monde, vingt ans après le sacre à domicile des Bleus d’Aimé Jacquet.
Face à une sélection croate héroïque – les joueurs de Zlatko Dalic ont été menés dans deux des trois rencontres de la phase à élimination directe, sont allés trois fois en prolongation et ont remporté deux séances de tirs au but – les Français restent favoris, mais attention : forts de leurs stars européennes et poussés par 4 millions de supporters, les Croates ont de légitimes chances de croire en leur victoire dans le stade Loujniki de Moscou, pour ce qui serait un succès inédit en cinq participations à la Coupe du monde.
Léger avantage statistique aux Français
Depuis le début de la Coupe du monde, les Bleus n’ont encaissé que quatre buts – dont trois contre l’Argentine, en huitième de finale – contre cinq pour les Croates, sans compter les penaltys encaissés par ceux-ci lors des deux séances de tirs au but.
Les Croates ont, cependant, l’avantage côté offensif : douze buts inscrits, contre huit seulement pour la France en six matchs. Ils ont aussi mieux réussi leur phase de poule, avec trois victoires en trois matchs, dont une de prestige face à l’Argentine (3-0).
Les « Vatreni » entre fougue et fatigue
C’est l’une des principales certitudes avant la rencontre de dimanche : les Croates ne lâcheront rien. Extrêmement soudé, le collectif guidé par Luka Modrić a montré une grande ténacité depuis le début de la phase finale : face au Danemark, « les Enflammés », leur surnom, ont subi le score avant de remporter la rencontre aux tirs au but – la première de l’histoire de la Coupe du monde avec cinq arrêts de la part des gardiens, dont trois pour le portier de Monaco, Danijel Subašić.
Face à la Russie, l’histoire se répète : à égalité à la fin des prolongations, après avoir été menés, les Croates l’emportent aux tirs au but. En demi-finale, cette fois face à l’Angleterre, l’attaquant Mario Mandžukić libère ses coéquipiers en inscrivant, une nouvelle fois en prolongation, le but qualifiant son équipe pour la finale face à la France.
Revers de la médaille : le temps de jeu, beaucoup plus important pour les Croates, est devenu le principal désavantage de la sélection au damier – les Bleus ont donc l’avantage, ayant également profité d’une journée supplémentaire de repos.
L’opposition de style défensif, enjeu central de la finale
La solidité de la défense française, verrouillée autour de Rafael Varane et N’Golo Kanté, scellée par l’efficacité d’Hugo Lloris dans les buts, permet aux Bleus de garder un bloc bas et d’attendre les offensives de leurs adversaires.
Les deux équipes se complètent à ce stade, puisque pour la Croatie, c’est l’inverse : le sélectionneur Zlatko Dalic encourage ses joueurs à garder le ballon le plus loin de leur but – et donc de maintenir un bloc haut. Luka Modrić se charge de l’animation offensive, permettant aux Croates de déclencher rapidement leurs actions vers l’avant.
Comme face à l’Argentine et à l’Uruguay, les défenseurs français pourraient donc profiter d’un coup de pied arrêté dans la surface adverse pour exploiter les failles de la Croatie. Les courses de Kylian Mbappé vers l’avant, précieuses pour percer le premier rideau croate, vont constituer une des clefs de la rencontre.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : France-Croatie, bataille d’idées pour un trophée



L’espoir du Ballon d’or pour Luka Modrić
Vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid, véritable star dans son pays et grand animateur du jeu croate, le milieu de terrain pourrait, en ramenant chez lui la première Coupe du monde de l’histoire de sa sélection, décrocher dans quelque mois le Ballon d’Or.
« Quand on parle de toi sur ce genre de sujet c’est super et agréable, mais je ne me préoccupe pas de cela, préfère-t-il répondre face à la presse. Je veux que mon équipe gagne, que, si Dieu veut, on remporte la Coupe »
Côté français, malgré les bonnes saisons d’Antoine Griezmann à l’Atlético Madrid et de Kylian Mbappé au Paris-Saint-Germain, une victoire en Coupe du monde ne suffirait pas à espérer le titre de meilleur joueur de la planète.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde 2018 : pourquoi il faut détester la Croatie






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-17">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La rencontre permettra, selon l’Elysée, d’évoquer les grands dossiers internationaux, en particulier la Syrie et l’Iran, malgré les divergences entre les deux capitales.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se verront dimanche à Moscou

La rencontre permettra, selon l’Elysée, d’évoquer les grands dossiers internationaux, en particulier la Syrie et l’Iran, malgré les divergences entre les deux capitales.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 20h03
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h36
   





                        


Bonus diplomatique des victoires des Bleus lors de la Coupe du monde, la rencontre entre le président de la République Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine au Kremlin, dimanche 15 juillet, à la veille du sommet Trump-Poutine, arrive « au bon moment », a estimé, samedi 14 juillet, l’Elysée.
« [Elle] survient dans un contexte important, après le sommet de l’OTAN et avant la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Elle permettra de faire le suivi de la très longue et positive rencontre des présidents français et russe à Saint-Pétersbourg, sur les coopérations bilatérales et les grands dossiers internationaux, en particulier sur la Syrie et l’Iran, malgré nos divergences », selon l’Elysée.

        Lire aussi :
         

                Poutine prêt à rencontrer son quatrième président américain



Les deux dirigeants avaient convenu de se voir lorsqu’ils s’étaient croisés pour la demi-finale des Bleus, mardi. L’un des sujets principaux sera le règlement politique du conflit en Syrie, où la France a mis en place un mécanisme de concertation avec Moscou, pour tenter de rapprocher les initiatives russo-turques et celles des Occidentaux.
Les Européens très inquiets de l’attitude russe
« Ce mécanisme, nous le faisons fonctionner et il permet de bâtir des convergences, notamment sur l’aspect humanitaire », soulignent les conseillers de la présidence. La France tente de rapprocher les positions entre le groupe d’Astana (Russie, Iran, Turquie) et le « small group » sur la Syrie (Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis, France, Arabie saoudite, Jordanie, Egypte).
Quant à la rencontre Trump-Poutine prévue lundi à Helsinki, elle pourrait permettre de faire avancer les efforts de désarmement, estime la France.
Elle reflète le souhait de Donald Trump « d’établir un contact avec le président russe », en dépit de l’enquête aux Etats-Unis sur une possible ingérence du Kremlin dans la présidentielle américaine de 2016.

        Lire aussi :
         

                Qu’est-ce que le Novitchok, poison neurotoxique d’origine soviétique ?



Vendredi, le procureur spécial Robert Mueller, chargé de ces investigations, a inculpé douze agents russes du renseignement accusés d’avoir piraté les ordinateurs du Parti démocrate. Son enquête s’intéresse aussi aux soupçons de collaboration entre Moscou et l’équipe de campagne de Donald Trump.
Le président américain devra toutefois compter avec des alliés européens « évidemment très inquiets de l’attitude [de Moscou] », notamment après l’affaire de l’ancien agent double russe Sergueï Skripal – victime, ainsi que sa fille, d’une tentative d’empoisonnement au Royaume-Uni en mars – et l’annexion de la Crimée, avertit Paris.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-18">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Dieselgate : Opel visé par une enquête en Allemagne

Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h37
   





                        



   


Le constructeur automobile Opel, filiale de PSA, est visé par une enquête des autorités allemandes dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé, samedi 14 juillet, le ministère allemand des transports.
« Il y a une audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles [de la norme diesel] Euro 6 », a indiqué un porte-parole du ministère, ajoutant que « rien de définitif » ne pouvait être dit avant les résultats finaux de la procédure.
Dans son édition à paraître dimanche, le tabloïd Bild, qui ne cite pas ses sources, affirme que l’Agence fédérale de l’automobile (KBA), tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides » selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ».

        Lire aussi :
         

                « Dieselgate » : l’automobiliste risque de payer l’addition



Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen (VW) d’avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées.
Plus de dix fois les normes d’émission d’oxyde d’azote
Selon Bild, il s’agit pour Opel des modèles Cascada, Insignia et Zafira. Au total, 60 000 véhicules seraient concernés dans le monde, dont 10 000 en Allemagne. Ils excéderaient « plus de dix fois » les normes d’émission d’oxyde d’azote, écrit Bild.
« La production actuelle n’est toutefois pas touchée », poursuit le journal, citant des sources internes à Opel. Selon Bild, KBA a informé Opel « cette semaine » de ses soupçons et lui a donné « deux semaines » pour donner sa réponse. Mais « Opel n’a reçu aucune information de la part du KBA », a indiqué le constructeur sur Twitter.
KBA avait déjà demandé en 2016 à plusieurs constructeurs, dont Opel, de réduire leurs émissions, rappelle l’agence de presse allemande DPA. Concernant Opel, 90 000 véhicules des modèles pointés par Bild (Zafira, Cascada et Insignia) étaient alors concernés. La procédure de mise aux normes volontaire de ces modèles se poursuit, a encore fait valoir un porte-parole d’Opel, cité par DPA.

        Lire aussi :
         

                « Dieselgate » : Volkswagen annonce qu’il paiera un milliard d’euros d’amende en Allemagne



Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de VW et de ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l’équipementier Bosch. Plusieurs hauts dirigeants de VW, dont l’ex-patron Martin Winterkorn, font l’objet de différentes enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère.
En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron du constructeur Audi, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-19">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Finale de la Coupe du monde : pourquoi les Croates ne parlent pas de « football »

Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 11h12
    |

            William Audureau








                        



   


Rendez-vous est pris : dimanche, 17 heures, France et Croatie s’affronteront en finale de la Svjetsko prvenstvo u nogometu – ou Coupe du monde de football, dans la langue de Didier Deschamps. Les coéquipiers de Luka Modric, un des favoris pour le Ballon d’or 2018, ont la particularité d’être l’un des rares pays d’Europe à ne pas utiliser le mot football (France, Angleterre), ou ses variantes et dérivés futbal (Espagne), fotbal (République tchèque), futebol (Portugal), fußball (Allemagne), fodbold (Danemark), voetbal (Pays-Bas), ou encore futbol (Russie, Bulgarie, Biélorussie…).
A la place, le croate parle de nogomet, un mot formé à partir de noga (« jambe ») et metati (« mettre, placer »). Le terme, qui s’emploie également en bosnien et en slovène, est attribué à Slavko Rutzner Radmilović, qui aurait créé le terme de toutes pièces au début du XXe siècle. A l’origine de ce choix, l’histoire un peu particulière du football en Croatie : celui-ci a été importé en 1883 par Franjo Bučar, un étudiant croate revenu d’études en éducation physique en Suède, où le sport s’était déjà répandu. Quand il l’introduit à Zagreb, le concept fait fureur, mais les habitants ne connaissent ni son nom ni son vocabulaire. La Croatie appartient alors à l’empire d’Autriche-Hongrie, et les seuls documents et termes de référence sont en allemand.
Le pays où l’anglais n’avait pas eu d’influence
Dès 1903, relate Zagreb. info, le Hrvatski akademski sportski klub (club sportif académique croate, ou HASK) se lance de zéro dans la première traduction locale des règles du football, avec des documents germaniques et non anglais comme sources, et une volonté manifeste d’employer le serbo-croate, langue reconnue depuis les accords de Vienne de 1950. Là où les Français parlent déjà de penalty, de shoot, de goal ou encore de corner, autant de stigmates de l’influence britannique sur le sport, les futurs adversaires des Bleus créent leur propre vocabulaire, fait de vratar pour le gardien, d’udarac iz kuta pour le coup de pied de coin, ou encore de kazna pour le coup de pied de la mort, le petit nom du penalty à l’époque.

   


En 1918, quand l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes, rapidement rebaptisé Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, récupère son indépendance à la suite du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, pas question pour Zagreb de faire marche arrière : l’affirmation de la langue locale fait partie de la construction identitaire de la nation, qui devient en 1928, et jusqu’en 1991, la Yougoslavie.
Seulement, souci : même si l’intercompréhension est totale entre les différentes communautés qui constituent ce pays des Balkans, il n’existe pas une langue, mais un agrégat de parlers proches mais aux usages différents, à l’image du recours au cyrillique côté Belgrade et à l’alphabet latin côté Zagreb. Ou à des différences de vocabulaire, comme le terme nogomet, utilisé par les Croates, les Bosniens et les Slovènes, mais pas par les Serbes, indépendants de l’Autriche-Hongrie au début du siècle, et guère intéressé à traduire football par autre chose que… le calque fudbal. Résultat : le championnat yougoslave de football porte deux noms différents, le prvenstvo Jugoslavije u fudbalu côté serbe et le prvenstvo Jugoslavije u nogometu côté croate.
Un championnat yougoslave, deux noms
En 1950, intellectuels serbes et croates tentent bien, à l’occasion de l’accord de Novi Sad, d’instaurer une politique d’unification linguistique autour du srpskohrvatski jezi, le serbo-croate, ce mot-valise englobant plusieurs parlers et cultures.Mais la greffe ne prend pas, bien au contraire. A tel point que, dans un contexte identitaire explosif qui a mené en 1991 à l’éclatement de la Yougoslavie, le serbo-croate a également été appelé par les instances internationales « BCMS » (bosnien, croate, monténégrin, serbe), tandis que l’usage, relate le Courrier des Balkans, est parfois de parler de naš jezik, « notre langue », pour couper court à des débats plus politiques que linguistiques.

   


A l’image du monténégrin, qui a été officiellement reconnu en décembre dernier comme langue indépendante, la tendance est depuis deux décennies à l’accentuation des différences et des originalités de chacun des parlers, sur fond de nationalisme. En 2017, pourtant, des intellectuels ont présenté une « déclaration sur la langue commune » pour rappeler l’existence d’un tronc commun, et surtout de l’intercompréhension quasi totale entre les différents dialectes. Selon Josip Baotic, un linguiste croate, moins de 10 % seulement du lexique distinguent les variantes de « serbo-croate ». A travers cette démarche, ils souhaitent également lutter contre le nationalisme balkan.
« Ceux qui soutiendront la Croatie sont des psychopathes »
La rivalité entre Serbes et Croates est particulièrement vive chez la génération qui a connu la guerre civile au début des années 1990. En marge de Wimbledon, le tennisman serbe Novak Djokovic a ainsi été insulté par un député de son pays pour avoir déclaré qu’il soutiendrait la Croatie en finale de la Coupe du monde.

   


« Je répète que tous ceux qui soutiendront la Croatie contre la Russie sont des psychopathes et des fous, mûrs pour être internés en asile », avait-il déjà déclaré en quarts de finale, rapporte So Foot. Peut-être a-t-il en tête les émeutes du match de football entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile rouge Belgrade en 1990, qui firent 138 blessés, et sont considérés comme l’un des éléments déclencheurs de la guerre civile.
Cette rivalité linguistique et politique occulte pourtant un passé sportif commun glorieux : sous les couleurs de la Yougoslavie, les « Brésiliens de l’Europe », comme on les appelait, ont remporté les Jeux olympiques de football 1960, atteint la finale de l’Euro en 1960 et 1968, et les demi-finales des Coupes du monde en 1930 et 1962. Depuis, chacun a fait bande à part.
Après la disqualification de la Yougoslavie de l’Euro en 1992, remplacée par des Danois bien heureux, la Croatie a atteint les demi-finales du Mondial en 1998, tandis que la Serbie-et-Monténégro se contentait d’un quart de finale d’Euro en 2000. Dimanche, l’équipe au damier aura l’occasion de faire entrer encore un peu plus le nogomet croate dans l’Histoire.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/16/18-20">
<filnamedate="20180716"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180716"><AAMMJJHH="2018071618">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a annoncé que la France et Malte étaient disposées à prendre chacune 50 des 450 migrants secourus et se trouvant à bord de deux navires dans les eaux italiennes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Migrants : l’Italie annonce que la France et Malte vont prendre leur part

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a annoncé que la France et Malte étaient disposées à prendre chacune 50 des 450 migrants secourus et se trouvant à bord de deux navires dans les eaux italiennes.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h43
   





                        


Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé, samedi 14 juillet, que la France et Malte étaient disposées à prendre chacune 50 des 450 migrants secourus et se trouvant à bord de deux navires dans les eaux italiennes.
« La France et Malte prendront respectivement 50 des 450 migrants transbordés sur deux navires militaires. Très rapidement les acceptations d’autres pays européens arriveront », a écrit M. Conte sur sa page Facebook.
Le chef du gouvernement revendique ce succès « après une journée de contacts téléphoniques et écrits avec les vingt-sept leaders européens », affirmant qu’il leur avait rappelé « la logique et l’esprit de partage contenus dans les conclusions du Conseil européen de fin juin ».
M. Conte ajoute à ce commentaire une copie de la lettre adressé à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et à Donald Tusk, président du Conseil européen. « Dans ce contexte qui voit l’Italie toujours en première ligne face à l’urgence de sauver des vies humaines en mer, je te demande un signe clair de partage de la responsabilité de la gestion du phénomène migratoire et d’envisager la possibilité d’accueillir dans un port ou de prendre en charge une partie des quelque 450 personnes secourues », écrit M. Conte dans cette lettre également adressée aux autres leaders de l’Union européenne (UE).

   



        Lire aussi, en Europe :
         

          Un conseil des ministres de l’intérieur sous le signe exclusif de la sécurité



Nouveau bras de fer avec Malte
Une embarcation de bois partie depuis la Libye avait été repérée, vendredi à l’aube, dans les eaux internationales mais dans la zone d’intervention maltaise. Dans un échange de messages, e-mails et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome avait tenté de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte.
La Valette avait répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.
Malte a réitéré samedi avoir respecté « toutes les obligations prévues par les conventions internationales » en ce qui concerne les secours en mer. Dans la matinée, les migrants avaient été transbordés à bord de deux navires ; huit personnes, des femmes et des enfants, avaient été transportées pour des raisons médicales sur l’île de Lampedusa. Certains migrants se seraient jetés à l’eau en voyant les deux navires militaires, un italien et un anglais dans le cadre de la mission européenne Frontex, obligeant ainsi les secours à intervenir.

        Lire aussi :
         

                Plus de 600 migrants sont morts en Méditerranée ces quatre dernières semaines



Le ministre italien de l’intérieur Matteo Salvini a insisté auprès du chef du gouvernement Giuseppe Conte pour que les deux navires aient pour instruction de « faire route vers le Sud, la Libye ou Malte ». Cette situation rappelle celle du navire humanitaire allemand Lifeline avec ses 233 migrants à bord, obligé d’attendre une semaine en mer l’issue d’un bras de fer entre La Valette et Rome, avant d’être autorisé à accoster à Malte.
L’Espagne en première ligne
En poste depuis le 1er juin, M. Salvini, qui veut réduire à zéro le nombre de migrants arrivant sur les côtes italiennes, a décidé il y a un mois d’interdire l’accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée, position qui marque la nouvelle ligne dure de son pays en matière migratoire.
Il souhaite désormais élargir cette interdiction aux navires des missions internationales en Méditerranée, la position de l’Italie étant de partager avec l’UE la gestion des flux migratoires.

        Lire aussi :
         

                Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



De leur côté, les services de secours espagnols ont annoncé avoir sauvé plus de 340 migrants en Méditerranée samedi, dont un qui tentait la traversée sur une chambre à air de camion. En juin, l’Espagne a accepté d’accueillir 630 migrants arrivés à bord de trois navires, dont le bateau Aquarius d’une ONG française, refusé par l’Italie et par Malte. Le 4 juillet, un bateau de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a accosté à Barcelone avec soixante migrants arrivés de Libye à son bord, après que l’Italie avait refusé de les accueillir.



                            


                        

                        

