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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les migrants ont été abandonnés par des passeurs, en attendant leur départ par bateau pour les côtes italiennes.
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Compte rendu

En Libye, huit migrants dont six enfants morts asphyxiés dans un camion

Les migrants ont été abandonnés par des passeurs, en attendant leur départ par bateau pour les côtes italiennes.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-16T17:39:03+02:00"

        Le 16.07.2018 à 17h39






    
Des migrants africains sauvés par les garde-côtes libyens, à Tripoli, le 12 juillet 2018.
Crédits : AFP


Huit personnes, dont six enfants, ont été découvertes mortes dans un camion frigorifique dans lequel se trouvait une centaine de migrants, lundi 16 juillet, près de Zouara, a indiqué la Direction de la sécurité de cette ville de l’Ouest libyen. « Enfermés dans le camion pendant longtemps, huit migrants sont morts asphyxiés. Parmi eux six enfants, une femme et un jeune homme », a affirmé cette source dans un communiqué publié sur Facebook.
« Nous avons reçu une information sur la présence d’un camion frigorifique suspect à l’est [de Zouara] », a précisé à l’AFP un porte-parole de cette administration, Hafed Mouammar. « Nous avons découvert à l’intérieur 100 migrants de nationalités africaines et asiatiques (…) dans un état de grande fatigue et d’asphyxie. »

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Des personnes en détresse respiratoire ont été admises aux urgences de l’hôpital de Zouara, ville côtière située à 100 km à l’ouest de Tripoli. Selon la Direction de la sécurité, le camion a été saisi près du complexe gazier de Mellitah, proche de la frontière avec la Tunisie et point de départ du gazoduc Greenstream qui relie la Libye à l’Italie.
Chaos libyen
Les migrants, originaires du Bangladesh, du Pakistan et de pays africains et arabes, ont été laissés là par des passeurs, en attendant leur départ par bateau pour les côtes italiennes. « Les responsables ont été identifiés et sont recherchés » par les forces de l’ordre, explique le communiqué qui précise que ce camion était normalement « utilisé pour le transport des viandes et des poissons ».
Des véhicules de ce type sont souvent utilisés par les trafiquants pour transférer les migrants clandestins en toute discrétion d’un point de transit à un autre ou vers les plages de départ. En février, vingt migrants avaient été tués dans un accident de camion dans l’ouest de la Libye. En juin 2017, sept migrants avaient été retrouvés asphyxiés dans un camion frigorifique abandonné près de Tripoli.

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Du temps de Mouammar Kadhafi, des milliers de migrants traversaient chaque année les frontières poreuses de la Libye pour venir travailler dans ce pays ou pour tenter la traversée de la Méditerranée vers l’Europe. La situation a empiré après la chute du dictateur en 2011, les passeurs profitant du chaos régnant pour envoyer annuellement des dizaines de milliers de migrants à destination de l’Italie sur des embarcations de fortune.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les Vingt-Huit ont adopté un instrument juridique pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines.
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Les Européens rejettent la demande américaine d’isoler l’Iran

Les Vingt-Huit ont adopté un instrument juridique pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 18h09
   





                        


N’en déplaise à Donald Trump, les Européens ont rejeté, lundi 16 juillet, la demande des Etats-Unis d’isoler économiquement l’Iran. Les Vingt-Huit ont adopté un instrument juridique pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines, a annoncé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.
« Nous avons approuvé l’actualisation du statut de blocage et nous prenons toutes les mesures pour permettre à l’Iran de bénéficier des retombées économiques de la levée des sanctions », a expliqué Mme Mogherini à l’issue d’une réunion avec les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’UE.

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La loi de blocage européenne entrera en application le 6 août, date du premier volet des sanctions américaines. Le second volet entrera en vigueur le 4 novembre, pendant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
Ce règlement établi en 1996 doit permettre de contrer le fait que les sanctions américaines s’appliquent à toutes les entreprises et personnes physiques dans le monde, en vertu du principe de l’extraterritorialité du droit américain. Nombre de grandes entreprises européennes comme le groupe pétrolier Total ont décidé de se retirer d’Iran s’ils ne sont pas exemptés des sanctions américaines.

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Washington a refusé d’en dispenser les entreprises européennes après avoir dénoncé l’accord sur le nucléaire avec l’Iran.
« L’exercice est difficile »
Federica Mogherini a reconnu que « l’exercice est difficile » car le poids des Etats-Unis dans l’économie mondiale « n’est pas négligeable ». Et d’avertir :
« Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ne meure, car les conséquences seraient catastrophiques pour tous. »
Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves le Drian, a insisté pour sa part sur « la nécessité de permettre à l’Iran de continuer à vendre son pétrole » :
« L’UE et les autres signataires de l’accord conclu avec Téhéran en 2015, la Chine et la Russie, cherchent un mécanisme financier permettant de garantir à l’Iran la capacité d’exporter son pétrole. »

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Le secteur de l’énergie a fourni 50 milliards de dollars (42 milliards d’euros) de recettes à l’Etat iranien en 2017, selon les données européennes. Les ressources proviennent essentiellement du pétrole, car les exportations de gaz sont très faibles – 10 milliards de mètres cubes en 2017.
L’Iran exporte 3,8 millions de barils de pétrole par jour ; 20 % sont achetés par l’UE et 70 % par la Chine et d’autres pays d’Asie, d’après les chiffres de l’UE. Les services du commissaire européen à l’énergie, Miguel Arias Cañete, travaillent sur ce mécanisme et « des propositions sont attendues », a-t-on dit de source diplomatique.

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L’euro et non plus le dollar devrait être la devise utilisée pour les transactions sur le pétrole iranien, réglées via des transferts entre les banques centrales européennes et la banque centrale iranienne. Des assurances seront en outre souscrites dans les Etats européens importateurs pour les cargaisons, comme cela se fait en Grèce, en France et en Italie.

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quelles conséquences du retrait de l’accord pour l’économie iranienne ?la tentation d’un changement de régime à Téhéran, un voeu commun aux faucons de Washington et Tel-Avivles Iraniens « pessimistes » et « dégoûtés » au lendemain de l’annonce américaine« Une décision absurde aux effets déstabilisateurs », l’éditorial du Monde le 9 mailes réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les Européens déterminés à défendre l’accordles points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président âgé de 85 ans est candidat à un septième mandat le 7 octobre. Face à lui, des personnalités hétéroclites qui peinent à mobiliser les électeurs.
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Reportage

L’opposition camerounaise dénonce le « bilan catastrophique » de Paul Biya et réfléchit à s’unir

Le président âgé de 85 ans est candidat à un septième mandat le 7 octobre. Face à lui, des personnalités hétéroclites qui peinent à mobiliser les électeurs.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
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        Le 16.07.2018 à 17h05

     •
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        Mis à jour le 16.07.2018 à 17h44






    
John Fru Ndi, président du Social Democratic Front, à Bamenda (Nod-Ouest) en février 2018.
Crédits : REINNIER KAZE/AFP


« Nous sommes au pouvoir et nous allons tout faire pour y rester. » Dimanche 15 juillet, sur les antennes de la chaîne privée Spectrum Télévision (STV) de Douala, capitale économique du Cameroun, Mouthe Ambassa, homme d’affaires et membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) affichait son assurance.

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Deux jours plus tôt, Paul Biya, 85 ans, président de la République depuis trente-six ans, annonçait sur son compte Twitter sa candidature à un septième mandat pour la présidentielle prévue le 7 octobre. Depuis, ses partisans louent sa « vivacité », « son amour du peuple camerounais », « sa sagesse », « son travail exemplaire ». L’opposition, pas surprise de sa candidature, dénonce de son côté, son « bilan catastrophique ».
« Donner une chance aux jeunes »
« Pourquoi Paul Biya ne peut-il pas céder sa place aux jeunes ? Pourquoi, alors que son bilan est catastrophique ? », s’interroge John Fru Ndi. En février, à 77 ans, le président du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition, avait, à la surprise générale, décidé de ne pas se porter candidat à la présidentielle. Le « Chairman » avait préféré « donner une chance aux jeunes de son parti ». Joshua Osih, 49 ans, avait par la suite été désigné candidat du parti.
« Paul Biya n’a jamais gagné une élection. Il a toujours utilisé l’argent pour corrompre le peuple. Il n’a jamais permis aux Camerounais de voter librement », explique au Monde Afrique John Fru Ndi. Pour appuyer ses dires, le fondateur du SDF (en 1990) énumère les multiples problèmes auxquels font face la majorité des Camerounais depuis plus de trois décennies : pas d’accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’éducation, à l’électricité, un taux de chômage élevé, la pauvreté grandissante.

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Plus grave, celui qui a défié le chef d’Etat actuel à trois reprises (1992, 2004 et 2011), souligne que la crise qui secoue depuis deux ans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, les deux régions anglophones du pays représentant environ 20 % de la population, montre « l’incapacité de Paul Biya à diriger le Cameroun ».
Débutée par une revendication corporatiste qui exigeait le respect des spécificités anglophones au sein de la nation camerounaise, la crise s’est muée au fil des mois en un conflit armé entre les forces de défense et des militants pacifiques devenus sécessionnistes. Le 1er octobre 2017, ils revendiquaient symboliquement l’indépendance de leur République autoproclamée d’« Ambazonie ». Depuis novembre 2017, plus de 80 militaires et policiers ont été tués, selon le gouvernement, près de 135 selon le décompte d’International Crisis Group (ICG).

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« Si, en trente-six ans, il n’a pas pu apporter quelque chose de bien aux Camerounais, ce n’est pas les sept prochaines années qu’il le fera. Monsieur Biya confirme juste sa méchanceté vis-à-vis des Camerounais et du Cameroun », dénonce Serge Espoir Matomba, 38 ans, candidat à l’élection présidentielle du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS), un parti d’opposition. Quant à Etonne Etonde, candidat indépendant du mouvement Les Dreamers, il estime que « jamais dans l’histoire de la République du Cameroun, la fonction de président n’aura été autant affaiblie ».
« Jusqu’à sa mort »
Face à cette situation, que faire pour renverser celui qui règne sans partage sur le Cameroun depuis 1982 ? « Une coalition des candidats de l’opposition », répondent experts et hommes politiques. Joshua Osih et Akere Muna, – fils de Salomon Tandeng Muna, qui fut premier ministre du Cameroun anglophone de 1968 à 1972 alors que le pays était encore une fédération –, tous deux candidats à la présidentielle, confiaient au Monde Afrique être « prêts » à former une coalition à certaines « conditions ».
« Paul Biya ne gagnera pas. Les Camerounais ont le choix entre la continuité après trente-six ans et le changement qui passe par l’alternance. L’opposition est en pleine réflexion. Les négociations sont en train d’être menées », souligne Jean Robert Wafo, « ministre » du « shadow cabinet » chargé de l’information et des médias du SDF.

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Dans les rues, loin de cette confiance, de nombreux Camerounais semblent résignés à « accepter Paul Biya au pouvoir jusqu’à sa mort ». « Vous pensez que quelqu’un d’autre que Paul Biya peut gagner ? On n’est pas au Burkina Faso ou au Zimbabwe où l’armée, la principale force de défense d’un pays, peut faire des miracles et soutenir une manifestation. Ici, tout appartient à Paul Biya. Le gouvernement, l’armée, la police, les mairies, les chefs traditionnels, les enseignants d’université… Ils vivent pour et par Paul Biya et, dans ce contexte, peu de surprises sont possibles », analyse Samuel, étudiant en sciences politiques.
« Depuis trente-six ans, il promet la construction des routes, des hôpitaux, l’école pour tous, le travail pour tous et ne les réalise pas. Mais on continue de voter pour lui. Même nos professeurs ont du mal à expliquer les raisons d’un tel constat politique », ironise près de lui, l’une de ses camarades.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans
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Vuk Jeremić : « Ceux qui demeurent attachés au futur démocratique de la Serbie, regardez vers la France »

À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans



Le Monde
 |    16.07.2018 à 16h29
    |

Vuk Jeremić (Président du parti serbe d’opposition centriste, Narodna Stranka/Parti Populaire)







                        



                                


                            

Tribune. En juin 2003, les leaders européens se sont réunis à Thessalonique (Grèce) afin d’affirmer sans ambiguïté que « l’avenir des Balkans est dans l’Union européenne ». Quinze ans plus tard, au sommet de Sofia, une nouvelle génération de leaders européens s’est prononcée sur le sujet, mais de façon plus prudente.
La déclaration signée ne faisait nulle mention du processus d’adhésion, et les parties prenantes n’ont que simplement annoncé leur « soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Emmanuel Macron le plus clair
Parmi les leaders européens, c’est le président Emmanuel Macron qui aura été le plus clair dans la présentation des raisons de ce changement de situation. À l’occasion d’un discours historique prononcé au Parlement européen à Strasbourg, et de remarques exprimées à Sofia quelques semaines après, il s’estimait favorable à l’ancrage des Balkans dans l’Europe, tout en notant qu’aller vers un prochain élargissement ne pourrait prendre place qu’à la seule condition de l’accomplissement d’une vraie réforme, qui résulterait en un approfondissement et un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.

La franchise d’Emmanuel Macron est bienvenue : elle est indicatrice d’un réel intérêt dans le futur de l’Union européenne, tout en indiquant clairement que la transformation des Balkans occidentaux en région conforme aux valeurs et standards européens, demeure une responsabilité commune.
Cette franchise porte un véritable coup envers ceux qui souhaiteraient maintenir un statu quo qui coincerait la région entre l’Union européenne et le Moyen-Orient. Le risque d’avoir une telle zone tampon, est qu’elle créerait l’illusion faisant semblant que tout va bien dans notre coin du monde.
Je considère que cette dernière approche est erronée. Elle creuserait davantage le fossé entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, diminuant ainsi sur le long...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’armée israélienne a frappé ce week-end des installations militaires du Hamas.
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édition abonné


A Gaza, un cessez-le-feu précaire avant la prochaine fièvre

L’armée israélienne a frappé ce week-end des installations militaires du Hamas.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 14h50
    |

            Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans une main, il tient un pantalon en lambeaux. Dans l’autre, son Coran aux pages noircies et déchirées dans la déflagration de la veille. Fouad Gemziri, 60 ans, marche dans les ruines du bâtiment dont il assurait la surveillance. Ses sandales soulèvent la poussière grise. Cela faisait six mois qu’il s’occupait du gardiennage d’un immeuble vide de cinq étages. Un chantier arrêté depuis des années, sans portes ni fenêtres, qui devait abriter la bibliothèque nationale.
Cette carcasse de béton dans le quartier de Katiba, dans la ville de Gaza, a été visée samedi 14 juillet par l’aviation israélienne, au cours d’une journée intense d’échanges de tirs avec le Hamas. Deux adolescents de 15 et 16 ans qui se trouvaient sur le toit ont été tués. Une quinzaine d’autres personnes ont été blessées. Dans la ville de Sderot, trois Israéliens ont été blessés par une roquette.
Quelques heures plus tard, sous la pression de l’Egypte et de son directeur du renseignement Abbas Kamel, les factions palestiniennes acceptaient un cessez-le-feu, après vingt-quatre heures de dérapage contrôlé. « Nous étions hier au bord de la guerre », a déclaré le coordinateur spécial de l’ONU, Nikolaï Mladenov, en visite à Gaza dimanche pour promouvoir un plan humanitaire d’urgence.
Fouad Gemziri indique du doigt le périmètre de son ancienne guérite. Son employeur est l’administration de la prison voisine, qui comptait s’approprier les lieux. « On avait l’ordre de ne laisser personne entrer dans le bâtiment, dit-il. Vers 18 heures, les Israéliens ont fait des tirs de semonce. C’est alors que les deux jeunes qui étaient sur le toit pour prendre des photos ont été atteints. Nous, on s’est sauvés. » La mosquée contiguë a été touchée par la déflagration : toutes les vitres et les huisseries ont explosé, s’éparpillant sur le tapis rouge de prière aux bordures dorées.
Des hauteurs, la vue est parfaite sur l’esplanade qui s’étend devant le bâtiment....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Après leur intrusion sur la pelouse où se jouait la finale de la Coupe du monde, quatre membres du collectif punk anti-Poutine ont été arrêtés.
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Un policier russe aux Pussy Riot : « Parfois, je regrette 1937 »

Après leur intrusion sur la pelouse où se jouait la finale de la Coupe du monde, quatre membres du collectif punk anti-Poutine ont été arrêtés.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 15h34
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Une « splendide finale ! », s’est ému un internaute russe qui pensait moins à la victoire de la France sur la Croatie qu’à la performance des Pussy Riot. Vêtus d’uniformes semblables à ceux de la police, deux femmes et un homme du collectif punk anti-Poutine (ainsi nommé depuis 2011) sont parvenus à troubler quelques secondes la finale de la Coupe du monde, dimanche 15 juillet, en pénétrant sur la pelouse en plein milieu du match. Furtive, leur action spectaculaire n’en a pas moins fait le tour du monde, comme cette photographie saisie sur l’instant d’une Pussy Riot tapant dans les mains du joueur français Kylian Mbappé.
Ils étaient quatre, un homme, Piotr Verzilov, et trois femmes — Olga Kouratcheva, Olga Pakhtousova et Veronika Nikoulchina —, bien décidés à attirer l’attention sur les atteintes aux droits humains en Russie. Mais seuls trois d’entre eux ont parcouru quelques mètres sur le terrain ; la quatrième a été attrapée sur la touche. Dans un texte intitulé « le milicien entre en jeu » publié sur la page Facebook du collectif, le groupe fait allusion au sort d’Oleg Sentsov, le cinéaste ukrainien condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire pour « terrorisme », et en grève de la faim depuis plus de soixante jours.

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                La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine



Se présentant comme des « policiers célestes », les Pussy Riot réclamaient la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des arrestations et des affaires pénales « fabriquées » ou bien l’instauration du pluralisme politique. « Tandis que le policier céleste regarde gentiment les fans du championnat du monde, le policier terrestre se prépare à dissiper les rassemblements », écrivaient-ils.
« Petites merdes »
Les siloviki, les services de sécurité russes, s’en sont étranglés de colère, humiliés de ne pas avoir su prévenir, sous les yeux de Vladimir Poutine et des caméras du monde entier, cette intrusion dans les derniers instants d’une compétition jusque-là sans accroc.
Très vite, dans les instants qui ont suivi l’interpellation des Pussy Riot, une autre image s’est en effet superposée. Filmée par source inconnue, la scène, par ailleurs postée sur le compte Twitter de l’opposant Alexeï Navalny, est pénible. Emmenés dans des locaux à l’intérieur même du stade, deux des militants, Piotr Verzilov et Veronika Nikoulchina, essuient la fureur d’un policier dont le visage n’apparaît pas. « Des menottes ! Que quelqu’un me donne des menottes pour ces deux-là ! », aboie la voix en qualifiant les militants de « petites merdes ». « Alors, vous avez décidé de vous en prendre à la Russie, hein ? poursuit la voix. La Russie va devoir payer une amende à la FIFA à cause de vous. »
Placement en détention
Bravache, Piotr Verzilov, répond : « Nous sommes pour la Russie, comme vous, si vous êtes pour la Russie. » Mais son interlocuteur s’énerve de plus belle, après s’être enquis de la provenance des uniformes portés par les militants. « Vous les avez loués ? Parfois, je regrette que ce ne soit pas encore 37 ! », s’écrie-t-il. Le pic de la terreur stalinienne avait commencé en 1937.
Pour l’heure, une procédure administrative a été ouverte contre les Pussy Riot, qui se trouvaient toujours en détention dans un poste de police lundi matin. Le collectif s’était fait connaître en 2012 lorsque trois militantes avaient chanté une chanson hostile à Vladimir Poutine dans la principale église orthodoxe à Moscou. Condamnées à deux ans de colonie pénitentiaire pour blasphème et vandalisme, l’une avait été libérée à l’automne 2012 et les autres en décembre 2013, avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi.
Enthousiastes pour certains, critiques pour d’autres, les réactions à l’opération éclair, dimanche soir, du collectif ont afflué sur les réseaux sociaux en Russie. Dans un sens comme dans l’autre, un sentiment général, cependant, dominait : après un mois de bonne humeur, les étrangers partis, la fête en Russie est finie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les présidents américain et russe se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet très attendu.
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A Helsinki, Trump et Poutine en quête de meilleures relations

Les présidents américain et russe se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet très attendu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 16h11
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale) et 
Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Vladimir Poutine, dont l’avion s’était posé avec un peu de retard sur l’horaire officiel, est arrivé le premier au palais présidentiel d’Helsinki, théâtre de la première véritable rencontre bilatérale avec Donald Trump, lundi 16 juillet. Comme pour celui du président de la fédération russe, le véhicule du président des Etats-Unis s’est arrêté ensuite, un peu avant 14 heures, devant le perron, sous une tente dont l’entrée a été aussitôt masquée pour des raisons de sécurité.
Dix minutes plus tard, les deux hommes ont commencé leurs entretiens. Pendant les quelques minutes initiales ouvertes à la presse, Donald Trump a longuement félicité Vladimir Poutine pour l’organisation de la Coupe du monde de football qui s’est achevée la veille, à Moscou, avant d’exprimer son désir de parvenir à « une relation extraordinaire » avec la Russie.
« Chasse aux sorcières »
Quelques heures auparavant, Donald Trump affichait déjà une volonté de nouer un dialogue, qui le poussait à pointer du doigt tout ce qui pourrait faire obstacle à celle-ci. Il a ainsi dénoncé avec virulence, sur son compte Twitter, la « chasse aux sorcières truquée » que constitue selon lui l’enquête sur les interférences prêtées à la Russie pendant la présidentielle de 2016.

Our relationship with Russia has NEVER been worse thanks to many years of U.S. foolishness and stupidity and now, the Rigged Witch Hunt!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Quatre jours après l’inculpation de douze membres du renseignement russe par le procureur spécial Robert Mueller, le président des Etats-Unis a estimé que cette enquête était en partie responsable de la détérioration des relations avec Moscou. « Elles n’ont jamais été pires », a-t-il assuré, ajoutant que « des années de bêtise et de stupidité américaines » y avaient également contribué. Le ministère des affaires étrangères russe a aussitôt partagé ce message agrémenté du commentaire: « Nous sommes d’accord ». La veille, M. Trump avait déjà insisté sur le fait que ces interférences étaient survenues sous « l’administration Obama », mise en cause pour sa passivité supposée.

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          Les ambiguïtés de Trump face à Poutine



Depuis l’annonce de ces inculpations, la Maison Blanche s’est abstenue de toute forme de critique visant la Russie. Un souci d’apaisement à la veille de la rencontre de lundi, qui a tranché avec l’agressivité déployée par le président américain à l’égard de ses alliés depuis le début de sa tournée en Europe, le 10 juillet. Celle-ci devait s’achever après les entretiens avec le président de la fédération russe.
« L’Union européenne est un ennemi »
Donald Trump est d’ailleurs revenu à la charge dimanche contre l’Union européenne. « Je pense que nous avons beaucoup d’ennemis. Je pense que l’Union européenne est un ennemi, avec ce qu’ils nous font sur le commerce. Bien sûr, on ne penserait pas à l’Union européenne, mais c’est un ennemi », a-t-il assuré à la chaîne CBS.
Au cours du même entretien, il a ajouté que « la Russie [était] un ennemi par certains aspects », un qualificatif également utilisé à propos de la Chine, présentée comme un « ennemi économique ». Le président, qui a assuré « croire aux rencontres », comme en atteste sa conviction que celle avec le dirigeant nord-coréen à Singapour a été un succès, a cependant relativisé les attentes à propos du sommet d’Helsinki en laissant entendre qu’il ne se traduirait pas immédiatement par des percées diplomatiques significatives.

        Lire l’analyse de l’historienne Maya Kandel :
         

          « MM. Trump et Poutine convergent vers une vision alternative des relations internationales »



Son homologue, pour qui la rencontre constitue en soi une victoire appréciable, est resté quant à lui muet sur ses objectifs. Selon Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, ce sommet n’est pas destiné à un « marchandage » mais à « comparer les positions de chacun, afin de confirmer ou de dissiper les craintes de part et d’autre ». Les discussions devaient porter sur le contrôle des armes, la situation en Ukraine et en Syrie.
La partie russe est attachée à trouver un terrain d’entente sur les armes, où les contentieux se sont accumulés. C’est l’un des sujets que Vladimir Poutine a le plus travaillés avec son état-major avant de quitter Moscou. Les deux délégations devraient notamment aborder la question du renouvellement du New Start, un traité de réduction des armes nucléaires signé en 2010 par les deux pays qui limite à 1 550 le nombre de têtes nucléaires chacun. Ce traité expire en 2021, mais il peut être prolongé pour une période de cinq ans. Autre sujet sur la table : le traité sur les forces nucléaires dissuasives à portée intermédiaire signé en 1987.

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                Comment Trump réarme la dissuasion nucléaire



« Bienvenue en terre de liberté de la presse »
A Helsinki, une campagne de presse a précédé l’arrivée des deux dirigeants. Dans toute la ville, les panneaux publicitaires, à l’initiative du principal quotidien finlandais, Helsingin Sanomat, affichaient le même message en anglais et en russe : « Bienvenue, Monsieur le président, en terre de liberté de la presse » Impossible pour les cortèges présidentiels de ne pas les voir.
Dimanche, plus d’un millier de personnes ont manifesté contre les deux présidents, fédérés autour d’une même banderole « Make Human Rights Great Again », un pastiche du slogan de campagne de Donald Trump « Make America Great Again ». Un autre petit cortège a défilé lundi dans la capitale finlandaise à bonne distance du périmètre sécurisé établi autour du palais de la présidence.
Des Ukrainiens et des Russes venus de Saint-Pétersbourg ont fait cause commune dimanche pour exiger la libération du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire en Russie pour « terrorisme » et aujourd’hui en grève de la faim depuis plus de soixante jours. Le Pen Club américain n’a pas été en reste, avec une grande banderole portant cette même revendication.
Lors de ce rassemblement festif et coloré, animé au cœur de la capitale finlandaise par un concert, beaucoup de pancartes « Non aux dictateurs » ont été brandies, les participants ne faisant pas de différence entre les deux dirigeants. Un « Non à la séparation des familles » a visé la politique migratoire de Donald Trump, pendant qu’un « troll factory no » a fait allusion aux interférences reprochées à des pirates informatiques russes dans les élections occidentales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’accès à Internet a été très fortement perturbé dans le sud du pays, alors que les habitants manifestaient pour demander de meilleures conditions de vie.
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En Irak, des coupures d’Internet pour limiter la contestation sociale

L’accès à Internet a été très fortement perturbé dans le sud du pays, alors que les habitants manifestaient pour demander de meilleures conditions de vie.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 12h36
   





                        



   


L’accès à Internet en Irak est fortement perturbé depuis ce 15 juillet, alors que des manifestations ont eu lieu dans le sud du pays pour protester contre la déliquescence des services publics, le chômage et la corruption, qui ont fait au moins cinq morts et des dizaines de blessés en une semaine. Lancé à Bassora, la principale province pétrolière du pays, le 8 juillet, le mouvement s’est durci et s’étend désormais à toutes les provinces du Sud chiite. Dimanche 15 juillet, de nouveaux heurts ont opposé les forces de sécurité aux manifestants, faisant au moins deux morts et des dizaines de blessés.
Ce samedi, l’accès à Internet a été quasi totalement coupé dans le sud du pays. La coupure a touché le réseau du fournisseur d’accès à Internet EarthLink, qui est le seul fournissaur d’accès à Internet (FAI) opérant à Bassora et dans la région. Cette coupure globale s’est doublée d’une censure ciblée des réseaux sociaux sur les réseaux des autres FAI. Plusieurs témoignages montrent la mise en place d’un filtrage DNS touchant Facebook, WhatsApp et d’autres services – une méthode de censure simple à mettre en place mais facilement contournable.

   


Une coupure politique
Le Gulf Centre for Human Rights (GCHR) a condamné cette coupure du réseau, dénonçant « une menace directe contre la liberté d’expression en ligne ». L’Irak procède régulièrement à des coupures d’Internet à l’échelle du pays dans les périodes d’examen, comme mesure de lutte contre la triche. Mais les coupures visant à limiter la capacité d’organisation de manifestants sont rares dans le pays, et généralement limitées dans leur ampleur et leur durée.
En 2011, en plein cœur de la contestation massive qui avait abouti à la chute du gouvernement de Hosni Moubarak, l’Egypte avait été le premier pays à couper quasi totalement l’accès à Internet sur son territoire de manière intentionnelle. D’autres pays coupent ponctuellement l’accès au réseau, dont l’Algérie, là aussi durant les périodes d’examens, ou l’Iran, pour limiter la contestation sociale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’éloge de l’ancien président américain est annoncé par son entourage comme son discours le plus important depuis sa retraite politique.
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Compte rendu

L’Afrique du Sud célèbre avec Barack Obama la mémoire de Nelson Mandela

L’éloge de l’ancien président américain est annoncé par son entourage comme son discours le plus important depuis sa retraite politique.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 16.07.2018 à 11h44

     •
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        Mis à jour le 16.07.2018 à 12h19






    
Nelson Mandela à Kliptown, près de Johannesburg, le 12 juillet 2008.
Crédits : Mike Hutchings / REUTERS


L’Afrique du Sud célèbre cette semaine, avec l’ancien président Barack Obama en vedette américaine, le centième anniversaire de la naissance de son héros et libérateur Nelson Mandela, incarnation d’un rêve « arc-en-ciel » toujours inachevé. Cinq ans après sa mort, « Madiba » a gardé son statut d’icône mondiale pour son combat contre le régime raciste blanc de l’apartheid et son message de réconciliation, qui a permis au pays d’en tourner la page en évitant un bain de sang.
Après l’ancien président américain Bill Clinton, le milliardaire philanthrope Bill Gates ou l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le premier chef d’Etat noir des Etats-Unis prononcera mardi 17 juillet l’hommage annuel à Nelson Mandela, point d’orgue de plusieurs jours de festivités.

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                Nelson Mandela : « L’honneur appartient à ceux qui ne renoncent jamais à la vérité »



Lors d’une visite en Afrique du Sud en 2013, Barack Obama avait longuement honoré son « héros ». « Le combat ici contre l’apartheid et pour la liberté, le courage moral de “Madiba”, la transition historique de son pays vers une nation libre et démocratique ont été une source d’inspiration pour moi et le monde entier », avait-il déclaré.
Anecdotes et éloges
Un an et demi après son départ de la Maison Blanche, l’éloge de Barack Obama est annoncé par son entourage comme son discours le plus important depuis sa retraite politique. « Il lui donnera l’occasion de livrer un message de tolérance, d’inclusion et de démocratie à un moment où l’héritage de Mandela est remis en question dans le monde », a souligné son conseiller Benjamin Rhodes au New York Times. Une allusion à la politique de Donald Trump, qui a pris le contre-pied systématique de son prédécesseur, notamment sur l’immigration et l’Afrique.
En attendant ce grand oral, toute l’Afrique du Sud s’est déjà mise à l’heure Mandela, qui aurait eu 100 ans le 18 juillet. Spectacles, expositions et compétitions sportives le célèbrent. Son visage souriant illumine de nouveaux billets. « Agissez, inspirez le changement, faites de chaque jour un jour Mandela », exhorte le slogan de la fondation qui porte son nom.

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                #100ansMandela : Le bagnard de l’apartheid



Ex-syndicaliste reconverti en homme d’affaires, le président sud-africain Cyril Ramaphosa y est allé de sa contribution en versant la moitié de son salaire à un fonds qui finance des microprojets pour réduire la pauvreté. « En mémoire de “Madiba”, en hommage à (….) son engagement sans relâche pour l’amélioration de la vie des plus démunis, beaucoup d’entre nous peuvent faire quelque chose », a lancé le chef de l’Etat en annonçant son geste.
Ceux qui ont connu de près le détenu le plus célèbre de la planète – resté vingt-sept ans derrière les barreaux – rivalisent d’anecdotes et d’éloges. A commencer par le dernier président blanc d’Afrique du Sud, Frederik de Klerk, l’adversaire devenu partenaire avec lequel il a partagé le prix Nobel de la paix en 1993. « Oui, nous avons eu des conflits. A certains moments, de vives tensions nous ont opposés. Mais il y a toujours eu du respect, qui est devenu de l’amitié personnelle, s’est-il rappelé pour l’AFP. C’était un homme bon et unique. »
Un héritage politique plus controversé
L’ancien chauffeur et garde du corps de Madiba, Fuad Floris, s’est lui souvenu de la simplicité et des attentions de celui qu’il appelait « Tata ». « Quand ma fille a eu son bac, il lui a écrit de sa main un petit mot de félicitation, a-t-il raconté à l’AFP. Il était très excité quand il voyait des enfants, ce qui lui faisait oublier toutes les consignes de sécurité, c’était notre pire cauchemar ».
Si l’homme Mandela ne suscite que louanges, son héritage politique est aujourd’hui plus controversé. Un quart de siècle après la chute de l’apartheid, l’Afrique du Sud est considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire de la planète. Son économie patine, la pauvreté persiste et le racisme y attise toujours autant les tensions.

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« Je suis convaincu que le président Mandela, s’il était encore vivant, serait très, très inquiet de la situation actuelle en Afrique du Sud », a estimé Frederik de Klerk. Certains mettent en cause les successeurs de « Madiba » et la corruption qui a gagné le plus haut sommet de l’Etat, notamment sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).
D’autres, plus rares, vont jusqu’à le traiter de « vendu » pour avoir prêché la modération envers les élites blanches, qui détiennent toujours l’essentiel des leviers économiques du pays. « Mandela a combattu pour que nous soyons politiquement libres », a résumé à l’AFP Mtate Phaleka, un photographe noir de 19 ans. « Nous ne le sommes toujours pas économiquement. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Deux récentes attaques d’envergure des djihadistes de Boko Haram témoignent de leur emprise dans le nord-est du Nigeria.
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Compte rendu

Une importante base militaire nigériane prise par Boko Haram

Deux récentes attaques d’envergure des djihadistes de Boko Haram témoignent de leur emprise dans le nord-est du Nigeria.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 16.07.2018 à 11h36

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        Mis à jour le 16.07.2018 à 15h54






    
Des soldats nigérians montent la garde près des la rivière Yobe, qui sépare le Nigeria du Niger, en avril 2017.
Crédits : FLORIAN PLAUCHEUR / AFP


Des combattants de Boko Haram ont envahi, samedi 14 juillet au soir, une base militaire nigériane forte de plus de 700 soldats dans l’Etat de Yobe, région frontalière du Niger.
Il s’agit de la deuxième attaque d’envergure en deux jours des djihadistes affiliés à l’organisation Etat islamique contre les forces nigérianes dans le nord-est du pays, pourtant entrée dans une « phase de stabilisation post-conflit », selon le président Muhammadu Buhari.

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                Un repenti de Boko Haram : « J’ai plus appris à tuer qu’à lire le Coran »



« Les terroristes de Boko Haram ont attaqué les troupes de la 81e division avancée dans le village de Jilli du district de Geidam. Les terroristes, nombreux, ont lancé l’assaut vers 19 h 30 et ont pris le contrôle de la base après de durs combats qui se sont prolongés jusqu’à 21 h 10 », a déclaré à l’AFP une source militaire.
« Nous ne savons pas s’il y a des victimes »
Le commandant de la base et 63 soldats ont pris la fuite pour trouver refuge à Geidam, un chef-lieu situé à une soixantaine de kilomètres, où sont attendus les 670 autres militaires en poste dans la garnison attaquée, a indiqué cette source.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué par les autorités après l’attaque de samedi, mais une source militaire a affirmé à l’AFP sous couvert d’anonymat : « Jusque-là, nous avons perdu 31 soldats, parmi lesquels 3 officiers. »
« Deux miliciens [engagés avec l’armée contre Boko Haram] ont été également été tués dans l’attaque », a ajouté cette source, précisant que 24 soldats blessés avaient été évacués à l’hôpital pour être soignés.
Un chef d’une milice locale a attribué l’attaque de la base militaire à la faction Abou Musab Al-Barnawi de Boko Haram, qui cible notamment les forces nigérianes. « Nous avons appris que les assaillants ont conduit depuis le lac Tchad, traversé Gubio [dans l’Etat voisin de Borno] avant d’attaquer la base », a-t-il soutenu.

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                Au Cameroun, la montagne des persécutés de Boko Haram



Selon la source militaire, les combattants de Boko Haram seraient entrés dans la base vêtus de treillis militaires et conduisant des véhicules aux couleurs de l’armée nigériane. « Les soldats les ont pris pour des collègues de [la ville proche de] Gubio et ont ouvert les portes de la base », a ajouté le milicien.
Sophistication des attaques
Vingt-trois soldats nigérians sont par ailleurs toujours portés disparus après être tombés vendredi dans une embuscade de Boko Haram dans l’Etat voisin de Borno. « Une centaine de terroristes » avaient participé à cette attaque qui a en outre permis aux insurgés de faire main basse sur des véhicules de l’armée, selon une source militaire.
L’ampleur et la sophistication des attaques de Boko Haram témoignent de la menace que fait peser ce groupe armé sur le nord du pays, mais révèlent peut-être aussi des tensions au sein même de la nébuleuse djihadiste, selon Yan Saint-Pierre, de la société Modern Security Consulting basée à Berlin. Des combattants de Boko Haram tenteraient de s’imposer sur les autres afin de prendre le contrôle de la faction dirigée par Abubakar Shekau, chef historique du groupe tenu pour gravement malade, souligne-t-il.



« Lorsqu’un chef presque mythique est sur la voie de sortie, il y a toujours des combats pour déterminer qui lui succédera », affirme-t-il, ajoutant par ailleurs que Boko Haram pouvait compter sur un afflux de combattants pour « refaire ses forces », quoi qu’en disent les autorités nigérianes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Isaias Afwerki a achevé une visite historique de trois jours pour sceller la paix avec l’Ethiopie. ONG et réfugiés espèrent la fin du régime dictatorial d’Asmara.
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Reportage

A Addis-Abeba, le président érythréen promet de lancer son pays sur « la voie de la prospérité »

Isaias Afwerki a achevé une visite historique de trois jours pour sceller la paix avec l’Ethiopie. ONG et réfugiés espèrent la fin du régime dictatorial d’Asmara.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
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        Le 16.07.2018 à 11h08

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        Mis à jour le 16.07.2018 à 12h31






    
Le président érythréen Isaias Afwerki (à gauche) avec son homologue éthiopien Abiy Ahmed, le 15 juillet 2018 au Millenium Hall d’Addis-Abeba.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Quand le convoi du président érythréen Isaias Afwerki a traversé l’artère principale de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, samedi 14 juillet, cela a été l’effusion de joie. Parmi les milliers de personnes venues célébrer cette visite historique, certaines scandaient son nom, d’autres portaient des tee-shirts à l’effigie des dirigeants éthiopien et érythréen. Moins d’une semaine plus tôt, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et Isaias Afwerki signaient une « déclaration de paix et de coopération » à Asmara, en Erythrée, mettant ainsi fin à « l’état de guerre » qui durait depuis vingt ans. Lundi matin, la visite s’est conclue par la réouverture de l’ambassade d’Erythrée, scellant la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays.

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                Visite historique du président érythréen en Ethiopie



A l’instar d’Abiy Ahmed à Asmara le 8 juillet, le président érythréen a été accueilli en héros à Addis-Abeba. « Bienvenue à la maison, président Isaias », a tweeté Fitsum Arega, le chef de cabinet du premier ministre éthiopien. Cet accueil n’était pas du goût de tous. « C’est une chose d’accueillir cet accord de paix et une autre d’embrasser et d’idéaliser complètement un dictateur », déplore Vanessa Berhe, fondatrice de l’association One Day Seyoum. Cette femme milite pour la libération de son oncle journaliste, détenu depuis 2001, et « de tous ceux injustement emprisonnés en Erythrée ».
L’Erythrée à huis clos
L’indéboulonnable président érythréen, au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1993, dirige l’un des Etats les plus répressifs au monde, que certains appellent encore la « Corée du Nord de l’Afrique ». Les enquêteurs des Nations unies se sont vu refuser tout accès au territoire, et ont dénoncé, en 2016, les « crimes contre l’humanité » commis depuis près d’un quart de siècle à huis clos.
« Il n’y a pas eu une seule mention de ses crimes contre le peuple érythréen, ce qui est un problème parce que ce sont eux qui ont le plus souffert de cette guerre » qui a fait entre 70 000 et 100 000 morts entre 1998 et 2000, poursuit Vanessa Berhe. Pendant vingt ans, les frontières ont été fermées et les communications, coupées. Celles-ci ont été rétablies il y a une semaine. Et la liaison aérienne entre les deux capitales doit reprendre mercredi.

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Pour Amnesty International (AI), la paix entre les deux pays doit entraîner des changements en Erythrée, où des milliers de personnes « languissent en détention pour avoir simplement exprimé leur opinion ». L’ONG appelle également à mettre un terme à la conscription militaire à durée indéterminée qui mobilise toute la jeunesse à partir de 17 ans. Seif Magango, le directeur adjoint d’AI pour l’Afrique de l’Est, la Corne et les Grands Lacs, a dénoncé samedi « une pratique honteuse touchant même des jeunes de 15 ou 16 ans, qui a porté atteinte aux droits de milliers de personnes et a créé une génération de réfugiés ». Elle a entraîné la migration illégale de centaines de milliers d’Erythréens dans les pays voisins, mais aussi en Europe, tentant la traversée périlleuse de la Méditerranée.

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Meaza*, une jeune réfugiée érythréenne qui vit à Addis-Abeba depuis cinq ans, reste perplexe devant cette réconciliation : « L’Erythrée a sacrifié toute une génération, déplore-t-elle. Je ne retournerai pas à Asmara tant qu’il n’y aura pas le retour à la Constitution. » Meaza assure que de nombreux réfugiés érythréens ne veulent pas rentrer au pays : « Ils ont tellement souffert. » Ils ne veulent pas retrouver l’état de terreur dans lequel ils vivaient en Erythrée. La peur et la méfiance les suivent même jusqu’à la capitale éthiopienne : plusieurs d’entre eux ont refusé de témoigner.
« Changer d’état d’esprit »
La paix entre avec l’Ethiopie pourrait toutefois obliger Isaias Afwerki à ouvrir son pays. « La suspension de la Constitution et du processus de démocratisation était justifiée par la menace éthiopienne, analyse Goitom Gebreluel, doctorant à l’université de Cambridge. Maintenant qu’il y a la paix, Isaias doit soit organiser des élections et appliquer la Constitution, soit trouver une autre excuse. La paix menace donc la domination autocratique en Erythrée. » Surtout si le président érythréen souhaite la levée des sanctions contre son pays, instaurées en 2009 quand Asmara était accusée de soutenir les Chabab somaliens, ce que les autorités ont toujours nié.

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Lors d’une visite à Addis-Abeba, le 9 juillet, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a déclaré que ces sanctions risquaient de devenir obsolètes « si les raisons qui ont mené à [celles-ci] n’existent plus ».
« Isaias va changer d’état d’esprit », veut croire Teshome, un fonctionnaire éthiopien venu assister dimanche au concert pour la paix au Millenium Hall d’Addis-Abeba. Ici, pas de rancœur mais des milliers d’Ethiopiens acclamant le président érythréen. Pour Teshome, cette paix est l’occasion de revoir des proches de l’autre côté de la frontière. Il attend avec impatience le retour d’un de ses amis érythréens dont il n’a pas de nouvelles depuis plus de deux ans. « Sa femme et ses enfants sont ici, on ne sait pas s’il est encore vivant », poursuit-il. Pour lui, cette réconciliation est « un cadeau de Dieu ».
Triomphe
« Quand nous disons que nous nous sommes réconciliés, nous voulons dire que nous avons choisi un chemin de pardon et d’amour », a déclaré Abiy Ahmed pendant la soirée. Dans un discours très bref, Isaias Afwerki, surnommé « Issou » par un public survolté, a rappelé la volonté des deux dirigeants de « se lancer maintenant conjointement, avec détermination, sur la voie du développement, de la prospérité et de la stabilité ». Une déclaration impensable il y a encore quelques mois quand le Front populaire de libération du Tigré (FPLT) dominait encore la vie politique éthiopienne.

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Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed, en avril, cette faction a perdu ses assises au sein de la coalition au pouvoir depuis 1991. « Nous avons triomphé des schémas toxiques des dernières années visant à semer les graines de la haine, du ressentiment et de la destruction », a déclaré Isaias Afwerki, dont l’inimitié envers les dirigeants tigréens d’Ethiopie est avouée.

    
Ils étaient plusieurs milliers à Addis-Abeba pour accueillir le président érythrée, Isaias Afwerki, venu sceller la réconciliation avec son voisin éthiopien le 15 juillet 2018.
Crédits : MICHAEL TEWELDE/AFP


Pour de nombreux participants, au-delà de la célébration de la paix, ce concert était aussi l’occasion de crier victoire contre le FPLT. Quand ils n’ovationnaient pas les deux dirigeants, ils comptaient d’ailleurs jusqu’à 27 en amharique puis criaient de joie. La joie d’avoir mis fin à « 27 années difficiles » selon Teshome. « Nous la voulions depuis si longtemps, nous l’avons finalement obtenue : la liberté », chantaient en chœur des participants.
*Le prénom a été changé.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ De Zagreb à Zadar, le pays entier, encore marqué par la guerre d’indépendance, s’est passionné pour ses joueurs qui jouaient leur première finale.
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Coupe du monde 2018 : en Croatie, « le football met tout à l’envers »

De Zagreb à Zadar, le pays entier, encore marqué par la guerre d’indépendance, s’est passionné pour ses joueurs qui jouaient leur première finale.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 12h22
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, Zadar, envoyé spécial)








                        



   


Un grand cri d’encouragement, de reconnaissance – d’affection presque – s’abat sur le forum romain de Zadar. La foule rassemblée au milieu des vénérables vestiges d’édifices antiques acclame son héros tandis qu’à l’horizon, les lumières chaudes du soir descendent sur l’Adriatique et ses îles. La finale est terminée depuis un moment et la Croatie ne l’a pas gagnée. Mais sur les écrans, l’enfant du pays, Luka Modric, milieu de terrain de la sélection croate, vient d’être désigné meilleur joueur du tournoi et tient le trophée entre ses mains.
A Zadar, sur la côte dalmate, on l’acclame. C’est ici que sa famille, jetée sur les routes par la guerre contre les milices serbes, s’est réfugiée alors qu’il n’avait que 6 ans. Chacune de ses apparitions suscite l’enthousiasme d’une foule qui sourit, pleure et danse. On le voit à l’image, il pleut dru à Moscou. « Ce sont nos larmes qui tombent du ciel, dit le commentateur de la télévision croate. Mais il faut être fier ! »

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Fiers, les supporteurs croates le sont à Zadar. Fiers de leur compatriote Modric, des autres joueurs venus des environs mais surtout d’une équipe qui a dépassé toutes leurs attentes. « Peu importe la Coupe du monde, ils ont été magnifiques. Nous, un petit pays de même pas 4,5 millions d’habitants, nous sommes deuxièmes au monde », sourit Ivana Becki.
De Zagreb, la capitale au charme très Mitteleuropa jusqu’à ce bord de mer aux airs d’Italie, les supporteurs ont suivi les exploits de leurs joueurs. Une épopée s’achève dans ce pays où les occasions de se réjouir ne sont pas si fréquentes : une économie à la traîne, qui pousse les jeunes diplômés à s’expatrier, une mémoire encore vive de la guerre et une vie politique émaillée de scandales.
« Les usines de la région ont fermé »
Samedi, dans la capitale, les drapeaux croates fleurissaient aux fenêtres des appartements, le long des augustes avenues héritées de la période austro-hongroise et jusqu’à la sortie de la ville, là où commence l’autoroute qui mène de la capitale à la mer. Parmi les véhicules de vacanciers norvégiens, danois et néerlandais lancés en direction du soleil de l’Adriatique, les voitures immatriculées en Croatie, roulaient drapeaux au vent. 288 kilomètres de route à parcourir avant Zadar et la côte.
A 75 km de la capitale, le petit village de Bosiliejo apparaît dans le paysage qui défile. La sortie numéro 5 mène à son église, à sa mairie et à la terrasse du bar du coin où Robert Biturajac boit une petite bière : « Bosiliejo, c’est une poignée de hameaux à moitié déserts, mille habitants et pas de travail. » L’homme parle haut et sourit volontiers au milieu d’une belle tablée qu’il partage avec deux vieux messieurs, sept gaillards d’âge mûr et une jeune femme.
Derrière l’établissement de son ami Ivitsa Spelic, on s’apprête à planter des troncs d’arbres taillés en pointe pour monter une tente. « On se prépare pour la finale ! Quel que soit le résultat, c’est déjà une victoire d’y être, ce sera une fête ! », se réjouit le patron. « Cette Coupe du monde, c’est la suite de notre qualification en demies en 1998, de l’indépendance en 1995, de notre victoire contre les forces serbes », reprend Robert Biturajac.
Comme souvent, la conversation sportive échoue sur les récifs d’une mémoire toujours en guerre et sur les difficultés du quotidien. « Après la guerre, les usines de la région ont fermé et beaucoup de gens qui travaillaient en Slovénie se sont trouvés coincés de ce côté-ci », raconte Robert Biturajac qui officie comme douanier à la frontière bosnienne, où, d’après lui, « la tension monte » en ce moment avec les migrants afghans et pakistanais qui tentent de la traverser.
« Passer à autre chose »
Bosiliejo et sa scierie, qui n’emploie plus que dix personnes, ne sont qu’un point dans le paysage pour les conducteurs qui passent sur l’autoroute toute proche et bifurquent vers le sud. Mais samedi, il y régnait malgré tout un petit air de fête.
En comparaison, 82 km plus loin, la petite ville d’Otocac s’ennuie. Les pas des rares passants résonnent entre les façades de la rue principale. De loin en loin, certaines portent encore les morsures cruelles d’une guerre que les quelques jeunes hommes, la vingtaine, qui se retrouvent sur des terrasses largement désertes n’ont pas connue. Le bar Igo a affiché sur sa vitrine un poster publicitaire d’une marque de bière. Modric y pose, souriant, sous le slogan de la marque : « Le football met tout à l’envers ! » Cela arrache un sourire à Zdravko Bunjevcevic, 58 ans : « Ah ça oui, tout est à l’envers. »
Trois années durant, M. Bunjevcevic a combattu les forces serbes dans les rangs croates. Blessé deux fois au combat, il se débrouille en enchaînant les petits boulots malgré une jambe boiteuse. « La Croatie d’aujourd’hui, ce n’est pas vraiment celle dont on rêvait, dit-il. Mais il fallait la faire, cette guerre. Et puis on est arrivé en finale, ça fait connaître le pays et ça attirera peut-être des touristes qui voudront voir autre chose que la côte. » A une dizaine de mètres, le restaurant le grand hôtel Zvonimir est bien vide. Et bien sombre.
La route qui mène à la mer laisse à l’est l’ancien territoire de la Krajina, zone dominée par les milices serbes avant de passer sous le contrôle de la Croatie indépendante en 1995. Le paysage montagneux s’assèche, pâlit, prend les atours plus cléments de la Méditerranée en descendant vers Zadar. Ancienne possession vénitienne, le port fleure bon l’Italie qui y a laissé une architecture et un art de vivre aimables, ainsi que de très mauvais souvenirs, ceux de l’occupation de l’ère mussolinienne.

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Sur une place dallée de pierre patinée, Bruno Skoblar, ancien joueur de l’équipe d’Aix-en-Provence 1972, frère du buteur légendaire de l’OM Josip Skoblar et ancien combattant du siège de Zadar par les forces serbes, prend le café. Il travaillait au NK Zadar dans les années 1990 quand le jeune Luka Modric y faisait ses premiers entraînements. « On n’avait rien à lui apprendre à ce garçon, il avait le football dans le sang », se souvient-il, à quelques heures du coup d’envoi de la finale.
« Luka appartient à une génération qui a grandi sous les bombes et maintenant il joue en finale à Moscou. Les politiques veulent faire entrer les succès de notre équipe dans l’histoire de nos guerres. Mais pour moi, ce tournoi, c’est une belle occasion de passer à autre chose », veut croire Bruno Skoblar. Après la défaite, le gamin de Zadar n’apportera pas la Coupe avec lui quand il sera de retour en ville mardi après un crochet par la capitale. Mais dimanche, la cité où il a fui la guerre, bien que déçue, était tout de même en fête.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’événement, dont la FIFA a salué la « magnifique » organisation, a été un ballon d’oxygène pour la population.
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La Russie tire profit du succès de « sa » Coupe du monde

L’événement, dont la FIFA a salué la « magnifique » organisation, a été un ballon d’oxygène pour la population.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 14h27
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


L’intrusion, à la 52e minute de la rencontre France-Croatie, n’a duré que quelques secondes lorsque deux femmes et un homme, portant des uniformes semblables à ceux de la police, sont parvenus à zigzaguer sur la pelouse du stade Loujniki de Moscou. Affilié aux Pussy Riot, un groupe punk anti-Poutine formé en 2011, le trio voulait attirer « l’attention sur les atteintes aux droits de l’homme en Russie ».
Ce fut le seul couac de ce Mondial 2018, organisé pour la première fois en Russie, qui s’est achevé dimanche 15 juillet avec la remise de la Coupe du monde à l’équipe de France de Didier Deschamps par Vladimir Poutine. Gianni Infantino, président de la FIFA, n’avait pas attendu la finale pour décerner au tournoi le titre de « meilleure Coupe du monde de tous les temps ». « La Russie a changé, a-t-il insisté dès vendredi depuis le stade Loujniki. Tout a été magnifique. »

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De fait, en un mois de compétition, la Russie est parvenue à gommer l’image déplorable qu’elle avait dans l’univers du football, notamment depuis l’Euro 2016, lorsque ses supporteurs s’étaient violemment accrochés avec leurs homologues anglais sur le Vieux-Port à Marseille. Interdits de stades, les hooligans russes sont restés invisibles, tout comme leurs bannières provocantes. Pas l’ombre d’une bagarre au cours des 64 matchs de la compétition. Pas de cris racistes non plus, ni d’onomatopées du même acabit.
Supporteurs chouchoutés
Les autorités ont même toléré l’ouverture d’une « Maison de la diversité » à Moscou, devenue, le temps du Mondial, un refuge pour les minorités sexuelles. Quoique régulièrement inspecté par des agents du FSB, les services de sécurité russes, le lieu, installé dans un théâtre à l’initiative du réseau Football Against Racism in Europe et de la FIFA sous la pression des défenseurs des droits humains, a accueilli des jeunes gays et lesbiennes venus regarder sur écran géant les matchs au milieu de drapeaux arc-en-ciel. Une première en Russie, où l’homophobie est ancrée et où une loi de 2013 punit toute manifestation homosexuelle pour « propagande auprès de mineurs ».
Les craintes formulées dans les médias étrangers avant le tournoi se sont dissipées. La consigne du Kremlin a été suivie à la lettre : montrer sous son meilleur jour le pays, plombé sur le plan international par le conflit ukrainien, l’ingérence dans les élections américaines ou l’affaire Skripal – du nom d’un ex-agent double empoisonné avec sa fille au Royaume-Uni. La Russie, il est vrai, n’a pas lésiné sur les moyens, avec plus de 9,5 milliards d’euros investis pour séduire la planète foot.
Partout, les quelque 750 000 supporteurs venus du monde entier ont été chouchoutés par un public chaleureux, des policiers polis et quelque 17 040 volontaires enthousiastes déployés dans les onze villes hôtes. « Je pense qu’il n’y a jamais eu autant d’étrangers dans notre pays », s’est réjoui Alexeï Sorokine, le patron du comité d’organisation russe.
En se propulsant en quarts de finale, la Sbornaïa, l’équipe nationale que personne n’attendait à ce niveau, a elle aussi rempli son contrat, entraînant d’inhabituelles manifestations de liesse chez les supporteurs russes gagnés par l’ambiance de carnaval. Dans les fan-zones officielles et spontanées, des milliers de personnes, toutes nationalités confondues, se sont retrouvées chaque soir. Une bouffée d’oxygène pour beaucoup de Russes – dont 68 % n’ont jamais voyagé à l’extérieur des frontières –, qui plus est dans un pays où les rassemblements sont soit interdits soit très encadrés.
« Vous êtes russe ? Alors ce sera interdit »
« Quand la Coupe du monde se terminera, on pourra boire de la bière comme ça [dans la rue] ? », s’est enquis un jeune homme auprès de deux policiers en faction dans la rue Nikolskaïa, devenue le lieu de rassemblement préféré à Moscou. « Vous êtes russe ? Alors ce sera interdit », lui ont répondu les deux fonctionnaires. La vidéo de l’échange s’est taillé un vif succès sur les réseaux sociaux.
La Russie peut également se targuer d’avoir testé avec succès la « fan ID », la carte d’identité des supporteurs pour la première fois dans un Mondial, qui a permis d’alléger les contraintes de visa et de voyager gratuitement dans les transports.
L’équipe d’Angleterre – seul pays dont les autorités avaient décidé de boycotter le Mondial en réaction à l’affaire Skripal – a été « très bien traitée », soulignait, samedi 14 juillet, le sélectionneur, Gareth Southgate, sans qu’il ait été besoin de lui poser la question. « On a beaucoup parlé des relations entre nos deux pays mais, d’un point de vue personnel, nous n’aurions pas pu recevoir meilleur accueil. »
Absent des stades, hormis lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, même pour soutenir l’équipe russe, le président Vladimir Poutine s’est offert une tournée mondiale d’entretiens en recevant plus d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Presqu’un Ballon d’or diplomatique.

        Lire notre éditorial :
         

          Le rêve en bleu






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.
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Italie : les 450 migrants à bord de deux navires militaires ont tous débarqué en Sicile

Transbordés sur deux navires militaires depuis samedi, les migrants restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 11h05
   





                        


Les 450 migrants qui se trouvaient à bord de deux navires militaires dans les eaux italiennes depuis samedi ont tous débarqué dimanche, a déclaré lundi 16 juillet le maire de Pozzallo, la ville sicilienne où ils ont été accueillis. « Le terrible voyage des migrants qui se trouvaient depuis des jours sur deux navires face au port de Pozzallo s’est achevé dans la nuit avec leur débarquement », a déclaré Roberto Ammatuma, cité par l’agence AGI.
La décision du gouvernement italien fait suite à l’engagement de cinq pays de l’Union européenne – la France, l’Espagne, le Portugal, Malte et l’Allemagne – d’accueillir chacun 50 migrants. « Aujourd’hui, pour la première fois, nous pouvons dire que les migrants ont débarqué en Europe », a commenté avec satisfaction la présidence du conseil des ministres.

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L’Italie se plaint depuis des années du manque de solidarité des autres pays de l’UE dans la gestion du problème migratoire, estimant avoir été abandonnée face à l’arrivée de centaines de milliers de migrants sur ses côtes. « Les migrants recevront toute l’assistance nécessaire dans l’attente d’être répartis dans les autres pays européens » qui ont accepté de les accueillir, ajoute la présidence du conseil des ministres.
Embarcation repérée vendredi
Une embarcation de bois avec 450 migrants à bord partis de Libye avait été repérée vendredi à l’aube dans les eaux internationales, dans la zone d’intervention maltaise.
Dans un échange de messages, courriels et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome avait tenté vendredi de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte. Malte a répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.
Depuis samedi matin, les deux navires militaires restaient proches des côtes siciliennes dans l’attente d’une solution définitive. Les malades, les femmes et les enfants avaient été autorisés à débarquer en plusieurs tranches samedi et dimanche avant le feu vert au débarquement des hommes aussi, tard dimanche soir.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’Eglise orthodoxe commémore le tsar Nicolas II et sa famille, cent ans après leur mort, mais s’oppose toujours à l’Etat russe sur l’authenticité des restes retrouvés.
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En Russie, une marche pour le dernier empereur

L’Eglise orthodoxe commémore le tsar Nicolas II et sa famille, cent ans après leur mort, mais s’oppose toujours à l’Etat russe sur l’authenticité des restes retrouvés.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 09h42
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Le patriarche orthodoxe Kirill devait prendre la tête d’une immense procession dans la nuit de lundi 16 à mardi 17 juillet, à Ekaterinbourg, dans la région de l’Oural où furent massacrés il y a tout juste cent ans, en juillet 1918, le tsar Nicolas II et sa famille. Objet de culte pour les uns – l’an passé, plus de 60 000 personnes s’étaient déjà rassemblées sur les lieux –, simple figure historique pour d’autres, le dernier empereur de Russie continue de diviser la société devenant même, depuis quelques années, source de conflit entre l’Etat et l’Eglise. Aucune commémoration officielle n’est ainsi prévue.
Vingt ans après l’inhumation des restes présumés du tsar, de son épouse Alexandra Feodorovna et de trois de leurs filles, Olga, Tatiana et Anastasia, découverts en 1979, l’Eglise orthodoxe conteste toujours leur authenticité, refusant même l’idée que des tests ADN puissent être pratiqués. En 1998, Alexis II, alors patriarche de l’Eglise orthodoxe, avait été jusqu’à snober les funérailles d’Etat organisées à la forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg. A la place, il avait envoyé un prêtre pour enterrer les « restes d’une personne inconnue ».
« Pas droit à l’erreur »
Les dépouilles d’une autre fille du couple impérial, Maria, et leur fils, le tsarévitch Alexeï, ont été retrouvés en 2007 seulement, à quelques dizaines de mètres de leurs parents, mais n’ont pas pu être encore inhumées, faute d’accord, là encore, avec les autorités. Elles sont entreposées à Moscou dans le monastère Novopasski. Le clergé, dominé par les conservateurs, refuse aussi de reconnaître leur authenticité, estimant qu’il n’y a pas assez de preuves. « Les experts n’ont aucun doute, fustigeait samedi 14 juillet l’agence russe Interfax. Les scientifiques ont comparé l’ADN d’Alexandre III avec les restes de Nicolas II et du tsarévitch Alexeï et ont établi qu’il s’agissait de la même lignée sur trois générations des Romanov ».
Selon la doxa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Des heurts opposent les forces de sécurité aux manifestants, dont la mobilisation ne faiblit pas, en dépit des promesses du gouvernement.
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La contestation sociale s’étend dans le sud de l’Irak

Des heurts opposent les forces de sécurité aux manifestants, dont la mobilisation ne faiblit pas, en dépit des promesses du gouvernement.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 12h23
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

L’Irak est en proie à un vaste mouvement de contestation sociale dans les provinces du Sud, qui a fait au moins cinq morts et des dizaines de blessés depuis une semaine. Lancé à Bassora, la principale province pétrolière du pays, le 8 juillet, par des habitants protestant contre la déliquescence des services publics, le chômage et la corruption endémique, le mouvement s’est durci et s’étend désormais à toutes les provinces du Sud chiite.
Dimanche 15 juillet, de nouveaux heurts ont opposé les forces de sécurité aux manifestants, qui ont tenté de bloquer des installations pétrolières à Bassora et se sont attaqués à des bâtiments gouvernementaux et des sièges de partis politiques dans plusieurs villes, faisant au moins deux morts à Samawa et des dizaines de blessés à Bassora et Nassiriya parmi les manifestants et les forces de l’ordre.
Le premier ministre, Haïder Al-Abadi, a durci le ton, dimanche, dénonçant les actes violents autour des manifestations. « Profiter des manifestations pour brûler des bâtiments publics, couper des routes, enflammer des pneus et attaquer les forces de sécurité est une tentative de faire reculer le pays », a plaidé le chef du gouvernement, pour qui « des éléments du crime organisé » se tenaient « prêts à susciter le chaos ». Il a ordonné la réouverture de l’aéroport de Nadjaf, envahi vendredi par des manifestants. Trois compagnies internationales avaient annoncé plus tôt la suspension de leurs vols vers la ville sainte chiite.
Corruption endémique
Les promesses sociales et les mesures sécuritaires n’ont pas suffi à juguler le mouvement. Samedi soir, le gouvernement avait annoncé une allocation immédiate de 3 milliards de dollars pour la province de Bassora, outre des annonces d’investissement dans l’habitat, les écoles, la santé, les réseaux d’électricité et d’eau.
Parallèlement, un couvre-feu a été décrété dans les principales villes du sud et plusieurs bataillons de l’armée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain devait amorcer, lundi à Helsinki, un dialogue controversé avec son homologue russe.
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Les ambiguïtés de Trump face à Poutine

Le président américain devait amorcer, lundi à Helsinki, un dialogue controversé avec son homologue russe.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 11h31
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            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Donald Trump l’a assuré, les interférences prêtées à la Russie pendant la présidentielle de 2016 figureront au menu des discussions qu’il devait avoir, lundi 16 juin, à Helsinki, avec Vladimir Poutine. Le procureur spécial qui enquête à ce sujet aux Etats-Unis, Robert Mueller, ne lui a guère laissé le choix en inculpant, vendredi, douze membres des services russes de renseignement pour leur rôle présumé dans le piratage et la diffusion de données du Parti démocrate, avant le scrutin.
Cette annonce, quatre jours avant le premier sommet bilatéral entre les deux présidents, a constitué un camouflet pour M. Trump, qui ne cesse de dénoncer un dossier vide et une « chasse aux sorcières ». D’autant que pour la première fois sont évoqués des liens entre les pirates et des proches de son équipe de campagne ainsi qu’avec un élu du Congrès, sans que soient dévoilées leurs identités. « On vient de trouver des sorcières et elles ont été inculpées », a commenté John Podesta, l’ancien proche conseiller de la candidate démocrate, Hillary Clinton, qui compte parmi les victimes de ces piratages.
Réagissant à cette annonce faite par le numéro deux du ministère de la justice, Rod Rosenstein, qui l’en avait informé avant son départ pour l’Europe, Donald Trump a dénoncé une nouvelle fois une tentative de diversion des démocrates pour remettre en cause la légitimité de sa victoire électorale. Un an et demi après son arrivée à la Maison Blanche, ces investigations constituent en effet le seul véritable obstacle à son dessein de « s’entendre » avec Vladimir Poutine.
« Deviendra-t-il mon meilleur ami ? »
Le président des Etats-Unis s’est fixé ce cap bien avant son entrée en politique. Intéressé par des projets immobiliers à Moscou qui ne se sont jamais concrétisés, il avait espéré que le président russe assiste au concours de Miss Univers, dont il détenait les droits, organisé dans la capitale russe en 2013. « Auquel cas, deviendra-t-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le changement d’état-major a été décidé après l’attaque contre le QG de la force conjointe à Sévaré qui avait fait trois morts, dont deux militaires maliens.
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Compte rendu

Un général mauritanien et un adjoint tchadien prennent la tête de la force du G5 Sahel

Le changement d’état-major a été décidé après l’attaque contre le QG de la force conjointe à Sévaré qui avait fait trois morts, dont deux militaires maliens.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-16T08:41:02+02:00"

        Le 16.07.2018 à 08h41






    
De Gauche à droite : les présidents mauritanien, français, tchadien, burkinabé, nigérien et malien lors d’une réunion du G5 Sahel à Nouakchott, le 2 juillet 2018, en marge du sommet de l’Union africaine.
Crédits : LUDOVIC MARIN/AFP


Le chef d’état-major adjoint mauritanien, le général Hanena Ould Sidi, a été nommé commandant de la force antidjihadiste du G5 Sahel, succédant ainsi au général malien Didier Dacko, avec pour adjoint le général tchadien Oumar Bikimo, a-t-on appris, samedi 14 juillet, de sources officielles à Nouakchott et à NDjamena.
La décision de remplacer le général Dacko et son adjoint burkinabé, le colonel major Yaya Séré, a été prise lors d’un sommet du G5, organisation régionale regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, le 2 juillet à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union africaine (UA), selon des participants, mais n’a pas été annoncée officiellement.

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                Les djihadistes maliens s’invitent au sommet de l’Union africaine



Elle fait suite à un attentat djihadiste survenue le 29 juin contre le quartier général de la force conjointe à Sévaré, dans le centre du Mali, qui avait fait trois morts, dont deux militaires maliens de cette force, outre deux assaillants, à trois jours de cette réunion en présence du président français Emmanuel Macron.
« Le général Hanena Ould Sidi a été officiellement nommé à la tête de la force conjointe du G5 Sahel », a déclaré à l’AFP une source officielle mauritanienne.
Le général Ould Sidi a notamment dirigé dans son pays les renseignements militaires, un domaine dans lequel la force du G5 Sahel montre de nombreuses carences, selon l’ONU et des experts.
Exécution sommaire
Le lendemain de l’attentat, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avait dénoncé des « failles » au sein de l’état-major de la force du G5 Sahel. « Si l’état-major a été attaqué, c’est qu’il y a énormément de failles que nous nous devons de corriger si nous voulons stabiliser la région du Sahel », avait-il dit.
Le commandant adjoint de la force sera le général Bikimo, plusieurs fois chef d’état-major particulier au ministère tchadien de la défense, commandant du contingent tchadien en Centrafrique, dans le cadre de l’intervention militaires régionale en Centrafrique en 2006-2007, puis entre 2008 et 2013, a annoncé de son côté la radio d’Etat tchadienne.
Cette figure de l’armée tchadienne connaît bien le Mali, pour y avoir commandé les forces du Tchad envoyées en 2013 pour chasser les djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. Il avait ensuite servi comme chef adjoint de la force militaire de la Mission de l’ONU (Minusma), en 2015-2016.

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                Le groupe djihadiste d’Iyad Ag-Ghali revendique l’attentat contre « Barkhane » au Mali



Le G5 Sahel a réactivé en 2017 son projet de force conjointe, initialement lancé en 2015, avec l’appui de la France, qui conduit au Sahel l’opération « Barkhane » contre les djihadistes.
Paris y voit un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité. Mais sa mise en œuvre est marquée par des problèmes de financement, malgré des promesses de quelque 420 millions d’euros, et des accusations de violations des droits humains.
Quelques jours avant l’attentat contre le QG de Sévaré, la Minusma avait annoncé qu’une enquête de sa division des droits humains concluait à l’exécution sommaire de douze civils par le bataillon malien de cette force le 19 mai à Boulkessy, dans le centre du Mali.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’avocat Yann Padova, dans une tribune au « Monde », entend dissiper les craintes d’arbitraire et d’intrusion de la justice américaine qui entourent le « Cloud Act », la nouvelle loi sur l’accès judiciaire aux données informatiques votée aux Etats-Unis.
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La loi américaine sur les données n’est « ni extraterritoriale, ni extrajudiciaire »

L’avocat Yann Padova, dans une tribune au « Monde », entend dissiper les craintes d’arbitraire et d’intrusion de la justice américaine qui entourent le « Cloud Act », la nouvelle loi sur l’accès judiciaire aux données informatiques votée aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h45
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                            Yann Padova (Avocat au cabinet Baker McKenzie)








                        



                                


                            

Tribune. Adopté aux Etats-Unis sans véritable débat parlementaire le 23 mars, le « Cloud Act » a provoqué une avalanche de commentaires parfois circonstanciés, parfois outrés, mais bien souvent inexacts.
Le premier mythe à propos du Cloud Act serait son « champ d’application extraterritorial », qui permettrait aux autorités américaines d’avoir un accès illimité et inconditionnel aux données stockées dans le monde entier par tout opérateur ou intermédiaire technique. La réalité est plus subtile.
Le Cloud Act, acronyme de Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (« loi clarifiant l’usage légal des données hébergées à l’étranger »), a pour premier objet de… « clarifier ». A cet effet, il clôt une controverse judiciaire qui opposait depuis de nombreuses années Microsoft au gouvernement américain et qui concernait les modalités d’accès aux données « sous le contrôle » de prestataires soumis au droit américain mais stockées dans d’autres pays. Ce contentieux a donné lieu à de nombreuses décisions judiciaires pas toujours cohérentes entre elles.
Dans le respect de la Constitution américaine
Désormais, le Cloud Act s’applique à toute société relevant de la juridiction des Etats-Unis et qui contrôle les données quel que soit le lieu où elles sont stockées. Les grands acteurs américains du cloud et leurs filiales étant dans cette situation, ils devront s’y conformer. Tout comme le devront les autres entreprises du secteur, y compris européennes, qui opèrent légalement sur le territoire américain.
Le Cloud Act n’est donc pas une loi extraterritoriale s’appliquant indifféremment à toutes les entreprises dans le monde entier, mais une loi qui s’applique à toute société relevant de la juridiction des Etats-Unis. C’est une différence qui a son importance. Notre propre droit pénal connaît d’ailleurs des dispositions comparables réprimant des faits commis par un Français hors du territoire national.

Le...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
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Au sommet entre Trump et Poutine à Helsinki, la tentation des zones d’influence

Les présidents russe et américain se retrouvent lundi dans la capitale finlandaise pour un sommet extrêmement attendu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 10h56
    |

            Isabelle Mandraud (Helsinki, envoyée spéciale) et 
Gilles Paris (Helsinki, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La perspective d’un départ américain de l’OTAN est restée à l’état de menace au cours du sommet organisé les 11 et 12 juillet à Bruxelles – un levier manifestement utilisé par le président des Etats-Unis pour obtenir un engagement plus consistant de ses alliés à augmenter leurs dépenses de défense. Donald Trump l’a revendiqué comme un succès personnel, renouvelant son attachement à une organisation qu’il a souvent critiquée.
Ces relations ambivalentes avec l’Alliance atlantique s’inscrivent dans une remise en cause systématique des piliers de l’ordre mondial mis en place par Washington après la seconde guerre mondiale. Aucune instance multilatérale n’échappe à ses diatribes. Aucun des alliés historiques des Etats-Unis n’est épargné par ses décisions, qu’il s’agisse de la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien ou des taxes sur les importations, qui visent à rééquilibrer une balance commerciale lourdement déficitaire.
Son jugement sur l’Union européenne (UE), conçue selon lui pour nuire aux Etats-Unis, s’inscrit dans le même registre. Favorable au Brexit, le président américain préférerait des relations bilatérales avec chacun des pays européens.

Donald Trump n’a pas formulé pour autant une véritable alternative à cet ordre décrié. Il s’est contenté de revendiquer un très vague « réalisme basé sur des principes », rompant avec les idéaux jugés dévastateurs du néoconservatisme, et un recentrage sur les seuls intérêts américains, tournant le dos à l’interventionnisme des trois dernières décennies. Sa première véritable rencontre avec Vladimir Poutine, à Helsinki, lundi 16 juillet, va donc mettre à l’épreuve ces instincts unilatéralistes.
Un souci de recentrage
Sur au moins deux dossiers qui tiennent à cœur à son homologue – l’annexion de la Crimée et la Syrie –, Donald Trump a alimenté l’ambiguïté. Avant de quitter Bruxelles, jeudi, il a assuré « ne pas être content » d’une annexion qui a provoqué l’adoption...




                        

                        

