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Dieselgate : Opel visé par une enquête en Allemagne

Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h37
   





                        



   


Le constructeur automobile Opel, filiale de PSA, est visé par une enquête des autorités allemandes dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé, samedi 14 juillet, le ministère allemand des transports.
« Il y a une audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles [de la norme diesel] Euro 6 », a indiqué un porte-parole du ministère, ajoutant que « rien de définitif » ne pouvait être dit avant les résultats finaux de la procédure.
Dans son édition à paraître dimanche, le tabloïd Bild, qui ne cite pas ses sources, affirme que l’Agence fédérale de l’automobile (KBA), tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides » selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ».

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Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen (VW) d’avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées.
Plus de dix fois les normes d’émission d’oxyde d’azote
Selon Bild, il s’agit pour Opel des modèles Cascada, Insignia et Zafira. Au total, 60 000 véhicules seraient concernés dans le monde, dont 10 000 en Allemagne. Ils excéderaient « plus de dix fois » les normes d’émission d’oxyde d’azote, écrit Bild.
« La production actuelle n’est toutefois pas touchée », poursuit le journal, citant des sources internes à Opel. Selon Bild, KBA a informé Opel « cette semaine » de ses soupçons et lui a donné « deux semaines » pour donner sa réponse. Mais « Opel n’a reçu aucune information de la part du KBA », a indiqué le constructeur sur Twitter.
KBA avait déjà demandé en 2016 à plusieurs constructeurs, dont Opel, de réduire leurs émissions, rappelle l’agence de presse allemande DPA. Concernant Opel, 90 000 véhicules des modèles pointés par Bild (Zafira, Cascada et Insignia) étaient alors concernés. La procédure de mise aux normes volontaire de ces modèles se poursuit, a encore fait valoir un porte-parole d’Opel, cité par DPA.

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Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de VW et de ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l’équipementier Bosch. Plusieurs hauts dirigeants de VW, dont l’ex-patron Martin Winterkorn, font l’objet de différentes enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère.
En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron du constructeur Audi, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire.



                            


                        

                        


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La météo influence (en partie) la politique : climat, crise agricole et Révolution française

Parmi les raisons du déclenchement de la Révolution française, dans une société dont la bourgeoisie était prête pour le changement, la météo et les mauvaises récoltes ont pu jouer un rôle d’« étincelle ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h20
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Dans un siècle où le climat occupe une place centrale et légitime dans les préoccupations, le lien entre modifications climatiques, météo (quotidienne) et pouvoir politique peut être moins subtil qu’on ne le pense. Même dans la Chine du XXIe siècle, le pouvoir commence à se préoccuper à la fois de la pollution et du changement climatique, après des décennies à soutenir la croissance aux dépens de l’environnement.
Le propos de cet article n’est pas de démontrer que la météo ou le climat sont à l’origine des changements politiques, mais comment — avec d’autres facteurs — ils influencent les régimes politiques et leur avenir.
Avant la révolution industrielle, ces événements météorologiques sont étroitement liés aux crises de subsistance, que l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie définit comme « des moments de baisse de la production agricole, participant souvent à la concrétisation de troubles sociaux latents jusqu’alors ».
L’hypothèse d’un volcan islandais
Parmi les historiens, les Anglo-Saxons estiment que l’éruption du Lakagígar, en Islande, du 8 juin 1783 au 7 février 1784, pourrait avoir eu une influence sur le cours de la politique française six ans plus tard. Difficile de lier les deux, mais une chose est sûre ; l’éruption rejette dans l’atmosphère des millions de mètres cubes de dioxyde de soufre.
Sur l’île, c’est une catastrophe ; la moitié du cheptel meurt (jusqu’à 80 % pour les moutons), 20 % de la maigre population meurt de faim. Poussé par les vents vers l’Europe occidentale, le nuage conduit à une surmortalité de l’ordre de 30 % au Royaume-Uni et en France au cours de la période, pour un total estimé à 160 000 morts en Europe occidentale. Du fait des poussières qui masquent en partie le soleil, l’hiver 1784-1785 se révèle précoce et rigoureux, avant un redoux qui occasionne des inondations sur le continent.
C’est un début d’Etat providence qui se met alors en place. Louis XVI débloque 3 millions de livres (soit environ 2,2 millions d’euros d’aujourd’hui, 1 % du budget de l’époque) pour aider les sinistrés. Mais pour l’historien Emmanuel Garnier (CRHQ, CNRS-université de Caen), cet événement antérieur de cinq ans à la révolution n’a que peu à voir avec la Révolution, c’est un « serpent de mer porté par les Anglo-Saxons et les géologues ».
La « gâchette météorologique » de 1787 et 1788
Si les volcanologues tendent à attribuer les mauvaises récoltes à ce nuage, selon tous les relevés disponibles à l’époque, ce sont plus volontiers les pluies diluviennes de l’automne 1787, la chaleur du printemps 1788 et les « grandes grêles » de l’été qui ont amputé la récolte 1788 d’environ 30 % de son volume, selon Emmanuel Le Roy Ladurie.
« C’est le climat qui fait d’une crise une catastrophe », affirme l’historien britannique Geoffrey Parker, selon qui « l’agriculture cesse alors d’être productive, et le prix des denrées monte en flèche ». Dans la société de l’Ancien Régime, le lien entre faiblesse des récoltes et hausse du prix des denrées est quasi mécanique.

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Une hausse du prix des denrées au fil du XVIIIe siècle
Ce graphique représente l'évolution du prix des produits agricoles français, entre 1726 et 1790. La base 100 est la moyenne de la période 1771-1789 (calculée par l'historien chercheur Emmanuel Le Roy Ladurie).
SurvolezSélectionnez les ronds sur le graphique pour afficher le contexte d'un chiffre.

Source : Histoire du climat depuis l'an mil, Emmanuel Le Roy Ladurie (1967)


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« traumatique », selon Leroy Ladurie. Il décrit la météo comme « anti-agricole », conjugée à un « déficit frumentaire et un déclic contestataire ». Les mois de mai et juin 1788 ont été chauds et secs, avant un retour des pluies diluviennes en juillet-août." }
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 y(d.indice));
    var valueline = d3.line()
        //  .curve(d3.curveCardinal)
 x(d.an))
 y(d.indice));
    var svg = d3.select("#graphiqueindices").append("svg")
        .attr("width", "100%")
        .attr("viewBox", "0 0 " + (width + margin.left + margin.right) + " " + (height + margin.top + margin.bottom))
        .append("g")
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            "translate(" + margin.left + "," + margin.top + ")");

    /* on reformate */
    dataprix.forEach(function(d) {
        d.an = parseTime(d.an);
        d.indice = +d.indice;
    });

    /* les scales */
    x.domain(d3.extent(dataprix, function(d) { return d.an; }));
    y.domain([0, d3.max(dataprix, function(d) { return d.indice; })]);

    /* les aires */
    svg.append("path")
        .data([dataprix])
        .attr("class", "aire")
        .attr("d", area);

    /* la ligne */
    svg.append("path")
        .data([dataprix])
        .attr("class", "lignejaune")
        .attr("d", valueline);

    /* la ligne de la base 100 et son texte  */
    basecent = svg.append("g")
        .attr("class", "base100")
    basecent.append("line")
        .attr("class", "lignebubulle passelect")
 0)
 y(100) + 1)
 width)
 y(100) + 1);

    basecent.append("text")
        .attr("class", "texteexergue")
 (0 + radius))
 y(102))
 "Base 100 (moy. 1771-1789)");

    /* les annotations, avec cercles, lignes et texte */
    var groupe = svg.selectAll("g")
        .data(dataprix)
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        .filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("g")
        .attr("class", "annotations")
        .attr("title", function(d) {
            e = dico[String((d.an).getFullYear())];
" + e.titre + ""
Indice des prix de " + String(d.indice).replace(".", ",") + ""
"
" + e.detail + ""
            return html
        });

    /* les cercles*/
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("circle")
        .attr("class", "bubulle")
 x(d.an))
 y(d.indice))
        .attr("r", radius);
    /* le texte */
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("text")
        .attr("class", "texteexergue")
 x(d.an))
 y(d.indice) - (radius * 2))
 dico[(d.an).getFullYear()].titre);
    /* les lignes avec pointillés */
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined }).append("line")
        .attr("class", "lignebubulle passelect")
 x(d.an))
 y(0))
 x(d.an))
 (y(d.indice) + radius));
    /* l'axe des abscisses  */
    svg.append("g")
        .attr("transform", "translate(0," + height + ")")
        .attr("class", "axes x")
 d.getFullYear()));
    /* l'axe des ordonnées  */
    svg.append("g")
        .attr("class", "axes y")
        .call(d3.axisLeft(y).ticks(8).tickSizeOuter(0)
 d));
    /* La gestion du tooltip, ici sur le sélecteur "g.annotations"   */
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L’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, spécialiste du climat, note par ailleurs la difficulté essentielle de « diagnostiquer, avant les thermomètres, des oscillations séculaires moyennes inférieures ou tout au plus égales à 1 °C ». En 1967, dans son Histoire du climat depuis l’an mil, il étudie les dates des vendanges, l’évolution de l’avancée des glaciers, la rigueur des hivers ou encore le cours des denrées.
Des conditions réunies pour le changement
De mauvaises récoltes et une hausse des prix des denrées ne sont néanmoins pas suffisantes pour engendrer des révolutions, « il y avait encore un pas gigantesque à franchir », écrit Le Roy Ladurie dans son Histoire humaine et comparée du climat : disettes et révolutions, 1740-1860 (Fayard, 2006). Ce pas sera franchi l’année suivante de ce drôle d’été 1788, pour « quantité d’autres raisons », essentiellement politiques et sociales, qui n’ont rien à voir avec le climat.
Parmi ces raisons, on peut citer :
l’influence des idées nouvelles, « les Lumières » ;la crise sociale d’une société divisée en trois états inégaux (noblesse, clergé et tiers état) ;la montée en puissance économique de la bourgeoisie, alors privée de droits politiques — tout comme le reste du tiers état — ;la crise institutionnelle que traverse la monarchie française ;la crise financière que traverse l’Etat — dont le budget est systématiquement en déficit.
Néanmoins, on ne meurt plus de faim dans la France du XVIIIe siècle. Le pays n’a plus connu de famine depuis 1709 ; à l’issue d’un hiver long et très rigoureux, le prix des céréales, dont les semences ont gelé, avait flambé, atteignant dix fois son prix de l’année précédente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.
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En Islande, le harponnage d’un mystérieux cétacé fait polémique

Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h21
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h34
   





                        



   


Baleine bleue, rorqual commun, ou hybride ? La polémique enfle en Islande, à la suite des accusations d’une association de défense des animaux, laquelle affirme qu’une baleine bleue aurait été harponnée, une première depuis cinquante ans.
« Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière Hvalur hf, à Hvalfjördur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet », a fait savoir l’association internationale dans un communiqué. La baleine bleue est en effet une espèce protégée depuis 1966 et sa chasse est interdite par la Commission baleinière internationale.
Pourtant, de nombreux experts en Islande mettent en doute les affirmations portées par Sea Shepherd. Selon les spécialistes, l’animal harponné présente des caractéristiques semblables à la baleine bleue… et au rorqual commun, deuxième plus grand animal vivant sur la planète derrière la baleine bleue. Or l’unique entreprise islandaise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf, a été autorisée en avril à reprendre la mer.
Une espèce hybride ?
L’animal possède ainsi « un large côté dorsal avec une petite nageoire comme les rorquals communs, ce qui peut expliquer la raison pour laquelle il a été tué en tant que tel », a indiqué Gisli Vikingsson, biologiste marin et spécialiste des baleines à l’Institut de recherche marine et d’eau douce. « Sa taille et ses marques sur la peau sur les côtés sont en revanche proches de la baleine bleue », a-t-il ajouté.

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« Nous l’avons harponné en pensant que c’était un rorqual commun, s’est défendu Hvalur hf, par la voix de Kristjan Loftsson, son PDG, interrogé par l’AFP. Nous voyons des baleines bleues en mer tout le temps sans jamais y toucher, car nous les identifions grâce au souffle émis par leur évent. » En effet, le souffle est plus important chez les baleines bleues que chez les autres espèces de baleines.
Selon Gisli Vikingsson, il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre la baleine bleue et du rorqual commun, un phénomène rare. Depuis 1987, cinq animaux de ce type ont été observés dans les fonds marins islandais, selon M. Loftsson. Ils souffrent tous d’infertilité.

   


« Activité imprécise et imparfaite »
D’ici à la fin du mois de juillet, les premiers résultats d’analyses devraient être connus – mais pourraient ne pas être suffisants. Un test ADN, initialement programmé pour cet automne, va également être rapidement pratiqué face aux débats que suscite la prise.

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                En Islande, les écologistes dénoncent le commerce de la viande de baleine



« Cela montre à quel point cette activité est imprécise et imparfaite et qu’il n’y a absolument aucun besoin de la poursuivre », a déclaré pour sa part Sigursteinn Masson, responsable de l’antenne islandaise du Fonds international pour la protection des animaux. « Les hybrides sont d’une rareté encore plus importante que les baleines bleues, qui sont pourtant elles-mêmes listées comme espèce en danger », a-t-il ajouté, appelant à l’arrêt immédiat de la chasse au rorqual commun.
Aucune loi ne régit la chasse à la baleine hybride. En revanche, son commerce est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Prix, pollution, activité : retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les feux d’artifice.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

14-Juillet : cinq questions sur les feux d’artifice

Prix, pollution, activité : retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les feux d’artifice.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 09h38
    |

                            Audrey Travère








                        


Ce week-end encore, le ciel hexagonal s’embrasera de milles feux pour la fête nationale. En moyenne, 15 000 feux d’artifice sont tirés en France pour cet unique week-end. Inventée aux IXe siècle par les Chinois, la poudre explosive utilisée reste encore mystérieuse pour beaucoup d’entre nous. Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées à ce sujet.
Combien ça coûte ?
La question du tarif dépend essentiellement de la durée du spectacle mais également de l’endroit où il est tiré et des moyens déployés. Logiquement, plus le spectacle dure longtemps, plus le prix sera élevé. Mais selon la localité, la politique tarifaire appliquée ne sera pas la même : en région, les spectacles pyrotechniques vont de 1 500 euros dans les petits villages à 5 000 euros en zone touristique. Dans les moyennes et grandes agglomérations telles Carcassonne, Marseille ou Bordeaux, les budgets avoisinent les 100 000 euros à 200 000 euros.
En tête du palmarès français, on retrouve le feu d’artifice du 14 juillet à Paris, dont le prix s’élève à 750 000 euros pour trente-cinq minutes cette année. Dans ce budget, 350 000 euros sont réellement consacrés aux artifices, le reste finançant la mise en scène, le personnel et la sécurité. Ainsi, quand une minute du feu d’artifice à Livarot-Pays-d’Auge, commune du Calvados, coûte 350 euros, celle-ci revient à 6 800 € euros Marseille et à 21 428 euros pour le spectacle parisien.
Couleurs et formes : comment ça marche ?
Les couleurs sont le fruit de réactions chimiques produites par des « bombes ». Ces artifices, de forme sphérique, sont projetés dans le ciel et produisent les bouquets colorés au moment de leur explosion. Ces projectiles sont d’une part composés de « poudre noire », plus connue sous le nom de « poudre à canon », mélangeant du soufre, du nitrate de potassium et du charbon de bois. A cela s’ajoutent, savamment disposées au cœur du projectile, des dizaines de billes en sel métallique produisant les couleurs. Au contact de la chaleur, produite par l’embrasement de la poudre dans la bombe, chaque composé émet une nuance différente : du strontium pour le rouge, du baryum pour le vert, du potassium pour le violet, du cuivre pour le bleu, etc. Produit d’une réaction chimique, il est donc impossible de nuancer les couleurs ou d’en produire d’autres, comme le rose par exemple.
Les formes, elles, dépendent de la disposition de ces mêmes billes dans la sphère. Le principe est très simple : pour obtenir un cœur, une étoile, ou une tout autre forme géométrique, il faudra installer les granules dans la sphère de manière à en reproduire les contours. Néanmoins, au moment de l’explosion, la rotation du projectile est difficilement contrôlable. C’est pour cela que vous verrez parfois les dessins de biais si les calculs ne sont pas effectués en amont par les artificiers.
Qui produit ces spectacles ?
Il existe plusieurs catégories d’entreprises dans le domaine. En premier lieu, on retrouve les grands groupes, comme Pyragric ou Riggieri. Ces deux sociétés organisent de grands événements à l’international et disposent de distributeurs agréés répartis sur tout le territoire. Grâce à cette présence massive, un grand nombre de spectacles en France sont, de fait, affiliés à ces groupes, sans qu’il ne soit forcément fait mention de leur nom. A Paris cette année, le groupe Ruggieri est d’ailleurs en charge du spectacle pyrotechnique. Fondée en 1739 par une fratrie italienne, l’entreprise s’est fait racheter en en 1997 par le groupe Etienne Le Croix, producteur entre autres d’armements et d’équipements contre « les fléaux naturels ». Le reste se répartit entre des structures plus petites, comme Jacques Couturier Organisation ou les Magiciens du Feux, et des artisans locaux.
Que fait un artificier le reste de l’année ?
Les artificiers réalisent 60 à 70 % de leur chiffre annuel le 14 juillet. Pour cette seule journée, 15 000 feux sont tirés en France, contre 5 000 le reste de l’année. Les entreprises ont donc recours à des saisonniers qui viennent mettre en œuvre les spectacles, l’espace de quelques heures à plusieurs jours. La plupart des ces techniciens ont une autre activité, celle d’artificier étant pour la plupart un loisir. Néanmoins, les grands groupes peuvent se permettre d’employer des salariés à l’année grâce à leur carnet de commande fourni.
Du point de vue de l’entreprise, l’année se découpe en plusieurs périodes distinctes. D’octobre à décembre, la saison des feux se prépare : commande des artifices, imagination des mises en scènes mais également prospection des éventuelles nouveautés. De décembre à mars, le but est alors pour les commerciales de décrocher le plus de contrats possible. D’avril à juillet, c’est la période faste, avec un pic d’activité le week-end de la fête nationale. Enfin, d’août à octobre, ce sont les congés, un peu forcés. De là redémarre de plus belle l’année.
Est-ce que ça pollue ?
Pour produire les explosions, les bombes sont remplies de « poudre noire », mélange de soufre, de nitrate de potassium et de charbon de bois. Ce cocktail dangereux produit une quantité de particules fines non négligeable. En effet, une étude de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) démontre l’augmentation drastique de ces rejets dans la zone du feu d’artifice pendant et après le spectacle pouvant atteindre + 370 %. En 2012, Airparif a analysé la concentration de ces particules dans l’air suite au spectacle dans la capitale. Résultat : une augmentation de plus de 3 000 % dans la zone, qui est rapidement descendue dans les heures suivantes.
Enfin, le fort niveau sonore des explosions est aussi problématique pour la faune environnante. Une étude néerlandaise démontre que durant le nouvel an, peu après minuit, un grand nombre d’oiseaux s’envolent brusquement du au bruit des explosions, abandonnant même parfois leurs nids.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Espèce invasive, les rats déciment les populations d’oiseaux marins. Or leurs fientes sont nécessaires au développement de la vie sous-marine.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Alternatives au plastique : « Un surcoût injuste »

Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h00
    |

Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann (Cofondateurs de Yumi, producteur de jus de légumes bio)







                        



                                


                            

Tribune. Ces dernières années, des alternatives concrètes aux emballages plastique ont été développées, à l’image des bouteilles 100 % végétales et compostables. Si cet engagement écoresponsable représente un coût supplémentaire pour les acteurs qui les choisissent (le matériau utilisé, résidus de canne à sucre, est 70 % plus cher que le plastique traditionnel), l’impact sur l’environnement est sans commune mesure : zéro hydrocarbure, 40 % d’émissions de carbone en moins comparé à des bouteilles plastique standards, et des bouteilles compostables en quatre-vingts jours dans un compost industriel.
Malheureusement, ce type d’initiatives est aujourd’hui freiné en France. Ces bouteilles, meilleures pour la planète, sont frappées d’un malus : la contribution financière liée au recyclage est deux fois plus importante que celle qui concerne le plastique classique. Un surcoût injuste pour ceux qui le subissent, et en contradiction totale avec les engagements du gouvernement actuel.

Une mesure d’autant plus regrettable qu’en France, en 2018, 45 % des bouteilles plastique à base de pétrole ne sont pas recyclées (soit environ 200 000 tonnes par an qui finissent dans la nature) et que, sur les 55 % des bouteilles effectivement recyclées, elles ne le seront en moyenne que deux ou trois fois, avant de terminer incinérées, enfouies, ou tout simplement dans l’océan.
Quatre cents ans à se dégrader
Nous sommes donc en droit d’interroger notre fonctionnement et de réfléchir à de nouveaux modèles. Comme le dit l’adage, ce n’est pas en améliorant la bougie que nous avons inventé l’électricité… Alors pourquoi rester figés sur un modèle qui fait la part belle au plastique, quand des alternatives responsables existent ?
Une bouteille plastique met environ quatre cents ans à se dégrader. Entre 1950 et 2015, nous avons produit plus de 8 milliards de tonnes de plastique. A cette cadence, plus de 12 milliards de tonnes de déchets plastique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

L’Agence de sécurité sanitaire alerte sur les dangers des rejets de l’usine Sanofi de Mourenx

L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 15h57
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


C’est un rapport qui ne devrait pas rassurer les salariés et les riverains de l’usine Sanofi qui fabrique la Dépakine à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) et est à l’arrêt depuis lundi 9 juillet pour des rejets toxiques hors normes. Dans un avis rendu jeudi 12 juillet au gouvernement et auquel Le Monde a eu accès, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que la valeur toxique de référence (VTR) du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, doit être revue à la baisse.

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                Rejets toxiques : dans le viseur du gouvernement, Sanofi met son usine de Mourenx à l’arrêt



La Dépakine est un médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développements chez des milliers d’enfants. La VTR permet de quantifier un risque pour la santé d’une exposition à une substance toxique. L’Anses avait été saisie le 29 juin suite à la mise en évidence de rejets de valproate de sodium par l’usine de Mourenx, sur le bassin chimique de Lacq. Contrairement à d’autres substances dangereuses émises dans des proportions dépassant très largement les limites autorisées, Sanofi ne bénéficie pas d’autorisation pour recracher dans l’air du valproate de sodium. Le groupe pharmaceutique indique qu’« il n’existe pas de valeur de limite de rejet dans la règlementation ».
Un groupe d’expertise collective a été réuni en urgence pour établir au pas de charge ce rapport entre le 5 et le 12 juillet. Il conclut que « la VTR fondée sur la dose posologique minimale doit être revue au regard des nouvelles études publiées et des effets observés ». La dose minimale, considérée comme « dose critique », est aujourd’hui fixée à 10 mg par kilo de poids corporel par jour. Les experts soulignent que « des effets neurodéveloppementaux et néfastes sur la reproduction pourraient apparaître à des doses plus faibles que celles induisant des malformations congénitales ».
Pas de seuil minimal sans risque
Plus inquiétant encore pour les salariés et les populations qui ont pu être exposés au valproate de sodium, ils rappellent que « malgré un grand nombre de données existantes, aucune dose minimale en dessous de laquelle des effets sur la reproduction et le développement sont susceptibles de ne pas se produire, n’a pu être identifiée ».
En d’autres termes, il n’y a pas de seuil minimal au-dessus duquel le principe actif de la Dépakine ne représenterait pas de risque pour la santé. Paradoxalement, cela n’empêche pas les experts réunis par l’Anses d’estimer que « le choix d’une VTR à seuil n’est pas remis en cause ».
Le gouvernement avait annoncé lundi 9 juillet qu’il attendait les conclusions de l’Anses pour « fixer des prescriptions supplémentaires à l’industriel ». De son côté, Sanofi « prend note des observations des services experts de l’Etat rendus sur la base des données qu’elle avait transmises aux autorités ». Dans un communiqué publié vendredi 13 juillet, le groupe pharmaceutique assure que « ces avis vont permettre de poursuivre le dialogue technique entre nos experts et les services concernés afin de compléter lorsque nécessaire le plan d’action proposé par Sanofi Chimie dans les meilleurs délais ».
Des flux de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an
Outre l’Anses, le ministère de la santé et celui de la transition écologique avaient également sollicité l’avis de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) pour évaluer les risques sanitaires liés aux émissions de valproate de sodium de l’usine Sanofi de Mourenx. L’Ineris a remis son rapport le 12 juillet. Le rapport fait d’abord apparaître des rejets importants, de l’ordre de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an selon les données communiquées par Sanofi ainsi que des pointes très au-dessus de la valeur limite proposée en décembre 2017 (0,8 kg/h) entre janvier 2016 et mars 2017.
« A défaut de mesure exploitable avant décembre 2015, il est impossible de déterminer quels étaient les flux antérieurs », relève l’Ineris. Les principales « réserves » de l’Institut portent sur la « non prise en compte des interactions microphysiques et chimiques » du valproate de sodium. Les experts notent ainsi qu’au contact de certains acides présents dans l’atmosphère, le valproate peut être libéré sous forme d’acide valproïque. L’Ineris recommande ainsi de « mener des travaux complémentaires ».



                            


                        

                        


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Le Brésil redoute la réapparition de la polio

Les autorités constatent une baisse alarmante de la couverture vaccinale contre cette maladie virale, mais aussi contre la rougeole.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h33
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Devaneide Rodrigues Gonçalves avait 1 an et 5 mois quand les médecins ont posé le diagnostic : poliomyélite. Nous sommes en 1989 dans l’Etat du Paraiba, au Brésil. Devaneide Rodrigues Gonçalves sera le dernier cas recensé dans le pays de « paralysie spinale infantile », autre nom de la polio, maladie virale aux terribles séquelles qui handicapa des millions d’enfants. Celui qui est aujourd’hui un jeune homme d’une trentaine d’années ne cesse, depuis, de marteler le même message : « Vaccinez vos enfants ! »
Efficace, le vaccin contre la polio, obligatoire, a permis d’éradiquer la maladie au Brésil. Mais, depuis quelques mois, les autorités sanitaires s’affolent : la couverture vaccinale se réduit dangereusement. Le 10 juillet, le ministère de la santé a lancé l’alerte : dans 312 villes, moins de la moitié des enfants de moins de 5 ans sont vaccinés contre la polio. Dans certaines municipalités telles Ribeira do Pombal, dans l’Etat de Bahia, ou Santo Antonio do Aracangua, dans l’Etat de Sao Paulo, la couverture ne dépasse pas 2 %. « On n’a jamais vu ça. C’est la porte ouverte à la réapparition de la maladie », s’inquiète Isabella Ballalai, présidente de la Société brésilienne d’immunisation.
« Négligence »
La polio n’est pas la seule maladie infantile à hanter les organismes de santé. Depuis plusieurs semaines, les cas de rougeole, fléau censé avoir disparu depuis 2016, se multiplient dans le pays. La maladie est apparue dans le Nord, dans les provinces du Roraima ou d’Amazonie du fait, notamment, de l’immigration d’une population vénézuélienne réduite à la misère. Là, le ministère de la santé a confirmé plus de 450 cas de rougeole, qui y a fait deux morts dont un nourrisson de 7 mois. La maladie s’étend désormais au sud. Ribeirao Preto, ville de l’Etat de Sao Paulo, a confirmé un cas en avril, une première depuis plus de dix ans, tandis que deux autres ont été recensés à Rio de Janeiro.
Ce début d’épidémie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère font l’objet d’un conflit entre la municipalité, qui veut y construire un écoquartier, et des occupants qui les défendent, ayant créé une sorte de ZAD. Deux visions de la ville durable.
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A Dijon, un quartier autogéré et un projet d’écoquartier se disputent des terres maraîchères

Les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère font l’objet d’un conflit entre la municipalité, qui veut y construire un écoquartier, et des occupants qui les défendent, ayant créé une sorte de ZAD. Deux visions de la ville durable.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h31
    |

            Camille Bordenet (Dijon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Voûtés au-dessus de longs rangs de salades, de jeunes maraîchers s’activent à la récolte matinale qui approvisionnera le marché à prix libre, en fin de journée. Quelques pas plus loin, le long de chemins sinueux bordés d’une végétation sauvage, des jardiniers plus âgés cultivent leurs petites parcelles, bercés par le gazouillis des troglodytes. On oublierait presque que l’on se trouve en ville, n’était le passage régulier du train au-dessus des têtes. Et, juste de l’autre côté du mur, sur une ancienne friche industrielle, un vaste chantier dévoilant des grues qui griffent le ciel et des immeubles sortant de terre : les premières pierres d’un écoquartier en construction.
Nous sommes au sud-est de Dijon, dans un triangle de terres de quelque 7 ha, en contrebas de la voie ferrée : les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère de la ville. Des terres que se disputent depuis huit ans la municipalité et des « potagistes-squatteurs ». La première, propriétaire du site, entend y construire la deuxième portion d’un écoquartier sur 19,6 ha – qui prévoit 1 500 logements et 28 000 m² de commerces, bureaux et services –, quand les seconds s’opposent à leur « bétonisation ».
« L’idée était de libérer les dernières terres agricoles intra-muros en les remettant en culture »
L’histoire de ce conflit d’aménagement commence en 2010, lorsque la ville officialise sa volonté d’y construire un nouvel écoquartier – elle en compte quatorze en tout. Fourches en main et slogans légumiers – « des tomates séchées, pas des écoquartiers » –, une centaine de manifestants décident de défricher et d’occuper illégalement les terres, à l’abandon depuis le départ des derniers maraîchers, partis au gré de précédents projets d’urbanisation.
« L’idée était de libérer les dernières terres agricoles intra-muros en les remettant en culture, raconte Yannick Sencébé, 46 ans, l’une des membres du collectif à l’origine de cette...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
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La France a déjà un stock de 1,5 million de mètres cubes de déchets radioactifs

L’inventaire publié par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs montre que, dans tous les scénarios sur l’avenir du nucléaire, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 08h21
    |

            Pierre Le Hir








                        



Chaque année, un Français produit, en volume de déchets radioactifs, l’équivalent d’une demi-brique de lait. Sur cette quantité, une cuillerée à café est composée de produits de haute activité ou à vie longue. C’est la métaphore alimentaire qu’a filée l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en présentant, jeudi 12 juillet, son nouvel inventaire hexagonal, établi tous les trois ans. Une façon, peut-être, d’édulcorer la réalité.
Car les chiffres bruts ont peu à voir avec la préparation d’un café au lait. Fin 2016, la France était à la tête d’un stock de 1,54 million de mètres cubes de déchets radioactifs, soit 85 000 m3 de plus que fin 2015. Ils proviennent en majorité (près de 60 %) du parc nucléaire, mais aussi des activités de recherche (27 %) et de la défense nationale (9 %), le reste étant issu d’autres industries (comme l’électronique utilisatrice de terres rares), ainsi que du secteur médical.
Ces déchets n’ont toutefois pas tous le même niveau de dangerosité. A 90 %, il s’agit de produits de faible ou moyenne activité à vie courte, voire de très faible activité. Seuls 3 % sont de haute activité ou à vie longue (des dizaines ou des centaines de milliers d’années), cette fraction concentrant 99,8 % de la radioactivité totale.
Le volume des déchets va continuer de croître
L’Andra ne s’est pas contentée de dresser un état des lieux. Elle a envisagé, pour l’avenir, plusieurs scénarios. Dans l’un d’entre eux, les 58 réacteurs actuellement en exploitation sont arrêtés au bout de quarante ans de fonctionnement (et l’EPR de Flamanville, dans la Manche, qui doit entrer en service en 2019, au bout de soixante), sans renouvellement du parc nucléaire. Dans les autres scénarios, les réacteurs sont poussés jusqu’à cinquante ou soixante ans, comme le souhaite EDF, puis remplacés par des EPR ou des réacteurs à neutrons rapides – une filière pour l’instant à l’étude.

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Dans tous les cas, le volume des déchets radioactifs va continuer de croître très fortement. Au terme du fonctionnement et du démantèlement du parc actuel, il aura été multiplié par trois ou par quatre, selon les scénarios, par rapport au stock déjà accumulé. Cela, sans même prendre en compte les « rebuts » des activités de recherche et de défense.

   


Cette augmentation s’explique notamment par l’afflux attendu des déchets de très faible activité qui seront générés par la déconstruction des centrales : béton, gravats, ferraille… Mais un autre facteur intervient. Fermer les réacteurs après quarante ans d’activité, et non cinquante ou soixante, mettrait fin plus rapidement à la réutilisation, qui est aujourd’hui pratiquée dans une partie du parc, de combustibles usés transformés, après retraitement, en combustibles MOx (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium). Ce sont ainsi 57 000 assemblages de combustibles usés qui, non recyclés, s’ajouteraient aux autres déchets.
Saturation des sites de stockage
En toute hypothèse, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires à court ou moyen terme. Les déchets de haute activité et à vie longue (résidus du retraitement, coques des assemblages de combustibles, effluents…) sont destinés au futur Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) qui doit être creusé dans le sous-sol de la commune de Bure, dans la Meuse. Une installation dont l’Andra prévoit de demander l’autorisation de création en 2019, pour une mise en service vers 2026, mais qui fait l’objet d’une vive contestation.

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Les produits de faible ou moyenne activité à vie courte (vêtements, outils, filtres…), eux, rejoignent le site de Soulaines-Dhuys (Aube). D’une capacité de 1 million de mètres cubes, il a pris, depuis 1992, le relais du centre de la Manche, où ont été déposés par le passé un peu plus de 500 000 m3 de déchets, et qui est en cours de fermeture.
Les matières de très faible activité, pour leur part, sont centralisées depuis 2003 à Morvilliers (Aube). D’une capacité de 650 000 m3, cette installation sera saturée d’ici à 2025 ou à 2030, et, après une possible extension, l’Andra devra trouver un second site d’entreposage.
Restent les déchets de faible activité, mais à vie longue (plus de trois cents ans), qui seront notamment générés par le démantèlement des six anciens réacteurs à graphite-gaz de la première génération du parc français (Bugey 1, dans l’Ain, Chinon A1, A2 et A3, dans l’Indre-et-Loire, Saint-Laurent A1 et A2, dans le Loir-et-Cher). Il n’existe pas encore de stockage pour ces résidus, que l’Andra prévoit de regrouper un jour à Soulaines-Dhuys.
Ce nouvel inventaire va nourrir le débat public qui sera organisé, de septembre à décembre, sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs. Il pourrait aussi contribuer à éclairer les discussions en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. En rappelant, par exemple, que relancer un parc atomique en France serait aussi relancer la production de déchets nucléaires.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.
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Le scandale des carburants pour l’Afrique

Editorial. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h05
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le scandale dure depuis des dizaines d’années. Des multinationales du négoce de produits pétroliers livrent en toute légalité un poison invisible en Afrique. Il s’agit de carburants de basse qualité volontairement mélangés à des produits chimiques à la toxicité bien connue. Il en ressort un sinistre cocktail de diesel et d’essence extrêmement polluant, émettant de grandes qualités de particules fines et à la teneur en soufre parfois 1 000 fois supérieure aux normes européennes.
La police environnementale des Pays-Bas vient de publier un rapport d’enquête sur le « dirty diesel », confirmant les résultats d’une étude rigoureuse publiée par l’Organisation non gouvernementale (ONG) suisse Public Eye, deux ans plus tôt. Le business des carburants toxiques tourne à plein régime et est pratiqué sans retenue par des grands groupes pétroliers et des mastodontes du négoce, aussi discrets qu’impitoyables dans leurs pratiques commerciales dépourvues d’éthique. C’est l’Afrique, se disent-ils sans doute. Le fait que les courtiers utilisent les termes de « qualité africaine » n’a rien d’anodin.
Un poison qui se répand partout en Afrique de l’Ouest
Leurs firmes ne se contentent pas de produire ce « dirty diesel » à quai ou en pleine mer, pour être plus discrètes. Elles l’exportent à bord de leurs tankers les plus vétustes, le distribuent à travers leurs réseaux de stations essence, parfois mis en place à l’issue de négociations opaques avec les dirigeants, de qui elles ont obtenu des parts dans des champs pétroliers et des pipelines.
Ce poison se répand ensuite partout en Afrique de l’Ouest, car il est recraché sous forme d’émissions polluantes par des voitures hors d’âge dont l’Europe se débarrasse, parce qu’elles ne sont plus aux normes occidentales. Ce scandale s’ajoute à d’autres fléaux : guerres, coups d’Etat, affaires de corruption, tragédies environnementales, dont l’or noir est systématiquement à l’origine. C’est, par exemple, ce qui se déroule au sud du Nigeria, dans la région du delta du Niger, ravagée par le pétrole, source de richesse potentielle devenue venin. Des milliers de fuites des exploitations du géant anglo-néerlandais Shell ont souillé peut-être à jamais l’un des écosystèmes les plus fragiles et précieux du continent.
Derrière le business du « dirty diesel », des grandes sociétés qui n’ont cure de l’environnement et de la santé des populations et tirent un maximum de profit de la faiblesse des normes en vigueur en Afrique. Ici s’applique la loi cynique de l’offre, qui s’adapte à une demande peu exigeante, parce que moins solvable. Rien d’illégal dans tout cela, car, jusqu’à présent, il n’est pas interdit d’exporter des carburants hautement soufrés.

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Toutefois, les choses commencent enfin à bouger. La plupart des Etats d’Afrique de l’Ouest, incités par le Programme des Nations unies pour l’environnement, se sont engagés à réduire drastiquement la teneur en soufre autorisée dans le diesel et appliquent peu à peu des standards internationaux. Mais ce mouvement est encore trop timide, car il se heurte à la pression des lobbys pétroliers et au renchérissement du prix à la pompe qu’il implique.
Du côté européen, il faut miser sur la crainte d’une mauvaise publicité pour que les acteurs pétroliers arrêtent de se livrer à ces pratiques peu reluisantes et pour que les gouvernements cessent de fermer les yeux. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ La production pétrolière libyenne a été sérieusement réduite suite au bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.
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Compte rendu

Reprise des exportations de pétrole dans l’Est libyen

La production pétrolière libyenne a été sérieusement réduite suite au bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 12.07.2018 à 12h00

     •
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        Mis à jour le 12.07.2018 à 12h40






    
Une raffinerie de pétrole libyen à Ras Lanouf, en janvier 2017.
Crédits : ABDULLAH DOMA / AFP


Les exportations de pétrole libyen ont repris, mercredi 11 juillet, dans le Croissant pétrolier, poumon économique du pays au nord-est, a annoncé la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), reconnue par la communauté internationale. Elle a expliqué que le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, lui avait remis les terminaux pétroliers après plus de deux semaines d’arrêt des exportations, dû à un bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.
« La NOC annonce la levée de l’état de force majeure dans les ports de Ras Lanouf, Al-Sedra, Al-Hariga et Zouetina après la remise des installations à la compagnie ce matin 11 juillet 2018. Les opérations de production et d’exportation reprendront à leurs niveaux normaux dans les prochaines heures », a précisé la compagnie dans un communiqué.

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Invoqué dans des circonstances exceptionnelles, l’état de « force majeure » permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.
Un milliard de dollars de pertes
En proie à une lutte de pouvoir acharnée et plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est dirigée par deux entités rivales : le Gouvernement d’union nationale, basé à Tripoli, issu d’un processus onusien et reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle installé dans l’Est, soutenu par le maréchal Haftar.
Ce dernier, qui dirige l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), avait annoncé fin juin qu’il livrait la gestion des installations pétrolières sous son contrôle aux autorités parallèles de l’Est, après que ses forces ont chassé des milices locales rivales des terminaux de Ras Lanouf et Al-Sedra, dans la région du Croissant pétrolier.

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Après ces deux sites pétroliers, pour lesquels les exportations sont gelées depuis le 14 juin en raison des violences, la NOC, basée à Tripoli, avait été contrainte d’arrêter également ses opérations dans Zoueitina et Al-Hariga, plus à l’est.

    
Les enjeux pétroliers et gaziers en Libye.
Crédits : Infographie Le Monde


Ce blocage a provoqué une chute de la production de près de 1,3 million de barils par jour à moins de 550 000 barils par jour et des pertes de près d’un milliard de dollars, selon la NOC.
La décision de M. Haftar avait ulcéré le gouvernement reconnu internationalement, alors que des résolutions de l’ONU stipulent que le pétrole doit rester sous le contrôle exclusif de la NOC et la seule supervision des autorités de Tripoli.
Les pays occidentaux, l’ONU et l’Union européenne ont eux aussi confirmé « les droits exclusifs » de la NOC à exporter le pétrole.
Apaisement
Pour justifier sa décision de remettre les terminaux aux autorités parallèles, le maréchal Haftar avait dénoncé une répartition inéquitable des revenus du pétrole entre l’Ouest et l’Est, et indiqué qu’une partie des revenus du pétrole était détournée par des groupes armés.
Les revenus du brut ont été gérés jusqu’ici par la Banque centrale dépendant du gouvernement installé à Tripoli, qui se charge de « redistribuer l’argent dans toutes les régions et institutions », y compris dans les zones sous contrôle des autorités parallèles.
Dans son communiqué, la NOC a « félicité le commandement général de l’Armée nationale libyenne pour avoir mis l’intérêt national en premier ».

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« Nous avons besoin d’un véritable débat national sur la répartition équitable des revenus pétroliers. (…) La vraie solution est la transparence », a déclaré Mustafa Sanallah, le dirigeant de la compagne nationale, cité dans le communiqué. « Je travaillerai avec d’autres parties nationales pour améliorer la transparence et résoudre cette crise, dans l’intérêt de tous nos citoyens », a-t-il promis.
Un autre geste d’apaisement est venu du chef du gouvernement d’union nationale, Fayez Al-Sarraj, qui a appelé mardi soir le Conseil de sécurité de l’ONU à former une Commission internationale indépendante chargée de faire l’audit des revenus et des dépenses des autorités de l’Est et de l’Ouest.
Selon des sources dans le camp de Haftar, le but du blocage des exportations était d’obtenir le limogeage du gouverneur de la Banque centrale basé à Tripoli, Seddik Al-Kebir, accusé de soutenir financièrement ses rivaux.
La Libye exporte son pétrole en particulier en Europe. Mais les Etats-Unis ou encore la Chine figurent aussi parmi ses clients les plus importants.


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La filière éolienne ralentie en France par un imbroglio juridique

Une décision du Conseil d’Etat prive d’autorité compétente l’étude d’impact de dizaines de projets éoliens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h48
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                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Déjà en retard sur ses voisins dans le développement de l’éolien, la France ajoute un imbroglio juridique aux difficultés de la filière. A la suite d’une décision du Conseil d’Etat, des dizaines de projets éoliens pourraient être annulés ou retardés. Avec un parc de 13 700 mégawatts de capacité installée, ces décisions pourraient menacer entre 2 000 et 5 000 mégawatts de projets en cours, selon les professionnels.
Le Conseil d’Etat a en effet annulé, en décembre 2017, un décret qui désigne le préfet de région comme autorité environnementale, avec pour compétence de valider les études de nombreux projets ayant un impact sur l’environnement. Ce qui concerne, entre autres, les projets éoliens.
Mais le Conseil n’a pas prévu de période de délai, le temps de désigner une nouvelle autorité apte à décider. Résultat : il n’y a plus d’autorité compétente, ce qui bloque des projets en cours, mais permet aussi aux opposants d’attaquer de manière rétroactive des projets déjà autorisés.
« Totalement à l’arrêt »
Cette situation ubuesque aurait pu prendre fin rapidement avec la publication d’un nouveau texte, mais celui-ci s’est perdu dans les limbes administratifs et ne devrait pas être en vigueur avant l’automne prochain. « Nous demandons au gouvernement de traiter ce dossier en urgence et qu’il mette en place une procédure de régularisation des projets bloqués », s’alarme Olivier Perot, président de l’association France Energie Eolienne (FEE).
Le paradoxe ne s’arrête pas là : ce ralentissement intervient alors que la France n’a jamais autant installé d’éoliennes sur son territoire. « La filière risque d’être totalement à l’arrêt au moment même où nous sommes en train d’atteindre les objectifs qu’a fixés le gouvernement, et tout ça pour des problèmes administratifs », se désole Pauline Le Bertre, déléguée générale de FEE. L’éolien représente aujourd’hui 4 % de la consommation électrique française, mais doit atteindre entre 10 %...




                        

                        


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L’usine d’éoliennes General Electric de Montoir-de-Bretagne attend toujours les commandes françaises

Le site flambant neuf de General Electric en Loire-Atlantique est prêt à produire les éoliennes offshore pour les parcs français. Mais les retards s’accumulent.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 18h51
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Sur le quai du port, les monstres de 400 tonnes et 10 mètres de haut ressemblent aux véhicules blindés de L’Empire contre-attaque. Trois nacelles géantes – la partie supérieure d’une éolienne – sur lesquelles seront fixées les pales, attendent sagement face à l’usine General Electric de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), d’être délicatement posées sur des navires pour être transportées en mer du Nord.
Dans l’usine, plus de 120 salariés et des centaines d’intérimaires s’activent pour la finition des dernières nacelles d’éoliennes offshore à livrer en Allemagne pour le parc Merkur, l’un des plus gros du pays, avec 66 éoliennes. De quoi fournir de l’électricité à l’équivalent de 500 000 foyers.
Mais l’usine flambant neuve, construite par Alstom en 2014, reprise depuis par GE, fait face à un paradoxe. Alors que les investissements dans l’éolien offshore ont bondi de 40 % en deux ans en Europe, que les prix sont en chute libre et que la concurrence entre les géants du secteur fait rage, le site de Montoir va devoir fonctionner au ralenti à cause du retard pris par la filière française.
Recours d’opposants et lenteurs administratives
Dans le gigantesque hangar, le générateur est assemblé et testé avant d’être fixé sur la nacelle, avec sa plate-forme rouge, sur laquelle viendront se poser les hélicoptères pour les opérations de maintenance. « On met une vingtaine de jours pour produire un générateur », explique Jean-Baptiste Vilcoq, le responsable de la production, qui souligne que l’usine fait appel à une série de sous-traitants locaux pour son matériel et son outillage. L’assemblage entre le générateur, la nacelle et le nez de l’éolienne est un défi technique et se fait au dixième de millimètre près. « Ce sont de très gros assemblages, qui nécessitent énormément de précision », souligne M. Vilcoq.
A l’origine, en 2011, Alstom s’était engagé aux côtés d’EDF sur trois parcs éoliens en Bretagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le Conseil de sécurité reconnaît son retard dans la prise en compte de cet enjeu majeur pour la sécurité mondiale.
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L’ONU se penche sur la question du lien entre changement climatique et risques de conflits

Le Conseil de sécurité reconnaît son retard dans la prise en compte de cet enjeu majeur pour la sécurité mondiale.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 11h16
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


Un monde plus chaud est un monde potentiellement plus conflictuel. C’est le constat dressé par le Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi 11 juillet, qui a tenu, pour la première fois depuis sept ans, un débat sur le lien de causalité entre le changement climatique et les risques de survenue ou d’aggravation des conflits.
L’organisation a pris acte de son retard dans la prise en compte de cet enjeu majeur pour la sécurité mondiale – alors que la tendance actuelle est à une augmentation des températures de 4 degrés d’ici à 2100 – sans pour autant adopter de mesures concrètes pour y remédier.
Car le sujet, qualifié de « sensible », est loin de faire l’unanimité au sein des Etats membres, notamment auprès de la Russie, la Chine et l’Ethiopie qui considèrent qu’il ne devrait pas être à l’agenda du Conseil de sécurité, faute d’expertises concluantes sur ces liens de corrélation. Au contraire, la Suède, qui en assure la présidence pour le mois de juillet, estime que « cette menace ne peut plus être ignorée ».
Il suffit de « superposer une carte de l’arc des conflits du Sahel à l’Afghanistan aux données sur les vagues de chaleur pour mieux comprendre l’enjeu », explique un diplomate qui voudrait voir l’ONU jouer un rôle de « lanceur d’alertes ».
« La disparition des ressources naturelles entraîne des conflits locaux qui deviennent nationaux puis régionaux », explique Hindou Ibrahim, représentante de l’International Indigenous Peoples Forum on Climate Change
« Le changement climatique est lié aux enjeux sécuritaires les plus pressants de notre époque. Aucun pays ne sera épargné », a reconnu la vice-secrétaire générale, Amina Mohamed, de retour d’un voyage dans la région du Sahel où elle a pu mesurer les effets des hausses des températures : « Déplacement forcé des populations locales, perte des moyens de subsistance, risques alimentaires accrus, marginalisation socio-économique et affaiblissement des institutions publiques qui agissent comme démultiplicateurs de la menace », a-t-elle détaillé.
De nombreux Etats avaient d’ailleurs fait le déplacement à New York pour souligner que si les événements climatiques extrêmes sont les plus visibles, d’autres phénomènes plus lents comme la sécheresse, la salinisation des sols ou la montée des eaux contribuent à générer ou raviver des tensions sur des sociétés déjà fragilisées.
Cette vulnérabilité des populations face à la hausse des températures a été incarnée avec force par Hindou Ibrahim, membre de la communauté peule au Tchad et représentante de l’ONG International Indigenous Peoples Forum on Climate Change (IIFPCC). « Plus de 80 % des communautés au Sahel sont dépendantes de l’environnement. La disparition des ressources naturelles entraîne des conflits locaux qui deviennent nationaux puis régionaux. C’est un terreau fertile pour le terrorisme », a-t-elle assené aux diplomates en leur demandant de « redonner de l’espoir » aux communautés locales, pas uniquement pour leur permettre de « survivre » mais de « vivre ».
Le ministre chargé des ressources en eau d’Irak, le Dr Hassan Janabi, dont 90 % du territoire est menacé par la désertification, a pris l’exemple du bassin du Tigre et de l’Euphrate qui ont perdu 50 % de leur volume en vingt ans. Ce stress hydrique a privé la vallée de 15 % de sa surface cultivable, poussant le gouvernement à interdire la culture du riz et du maïs.
Demande d’une « réponse vigoureuse »
Pour mieux appréhender « cette nouvelle réalité » des conflits contemporains, une majorité des Etats membres a demandé au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de mettre en place un rapport annuel détaillant les risques liés au changement climatique dans les zones de conflits mais aussi dans les régions stables. L’ambassadeur français, François Delattre, a soutenu l’idée d’une « diplomatie multilatérale du XXIe siècle qui intègre pleinement les impacts du changement climatique dans une démarche de prévention des conflits ».
M. Gutteres pourra s’appuyer sur l’ensemble des agences de l’ONU ayant une expertise sur le sujet (FAO pour l’agriculture, PNUE pour l’environnement, CCNUCC pour le changement climatique et le GIEC pour le climat) dont la coordination est encore trop limitée.
Baron Waqa, le président de la République de Nauru, petite île du Pacifique de 21 kilomètres carrés, a plaidé pour « une réponse vigoureuse » et suggéré la création d’un poste de représentant spécial pour le climat et le risque sécuritaire. Car « malgré l’accord de Paris, la situation va continuer à se dégrader à une ampleur qui dépasse tout ce qu’il s’est produit jusqu’à présent », a-t-il prédit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ En raison de difficultés sur le marché des agrocarburants, l’es-Sofiprotéol est dans le rouge pour la deuxième année de suite.
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Agrocarburants : la concurrence de l’huile de palme et du soja fait souffrir le groupe Avril

En raison de difficultés sur le marché des agrocarburants, l’es-Sofiprotéol est dans le rouge pour la deuxième année de suite.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h04
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Mi-juin, des agriculteurs de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) bloquaient des raffineries et des dépôts de carburant. En cause : la concurrence de l’huile de palme sur le marché des agrocarburants. La prochaine ouverture de la raffinerie Total de la Mède (Bouches-du-Rhône) servant de détonateur au mécontentement. Derrière ces opérations se profilaient les intérêts d’Avril, ex-Sofiprotéol, bras armé de la filière colza et puissant acteur de l’agriculture industrielle en France. Un groupe discret, mais dont les marques comme Lesieur, Puget ou Mâtines sont connues du grand public.
En effet, le groupe Avril traverse une zone de fortes turbulences, liées à ses difficultés sur le marché des agrocarburants. « Cela a été le plus gros point noir de notre activité en 2017 », confirme Jean-Philippe Puig, le gérant. Au point que les comptes ont viré au rouge pour la deuxième année de suite. En 2017, l’entreprise a accusé une perte de 56 millions d’euros, contre 51 millions d’euros un an plus tôt. Alors même que le chiffre d’affaires progressait de 6 %, à 6,2 milliards d’euros, porté par la hausse des matières premières.
L’ambiance n’est donc pas des plus sereines dans les usines de la filiale Saipol, spécialisée dans les agrocarburants. Déjà secoués par l’explosion sur le site de Dieppe, qui a causé la mort de deux employés d’un sous-traitant, en février 2018, les salariés sont au chômage technique depuis mars. « En mars et avril, les usines ont tourné à la moitié de leur capacité », précise M. Puig, qui va demander une prolongation de six mois des mesures de chômage technique.
Recours aux importations
Avril a pris de plein fouet la concurrence des agrocarburants à base d’huile de palme, mais aussi de soja. « En septembre 2017, l’Europe a levé les barrières douanières sur le biodiesel argentin à base de soja. L’Argentine en a exporté 250 000 tonnes par mois depuis, soit l’équivalent de la capacité...




                        

                        


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L’Amérique du Sud, eldorado du téléphérique urbain

Le continent, où les contraintes administratives sont moindres qu’ailleurs, attire les constructeurs européens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 11h04
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Samedi 14 juillet sera un grand jour à La Paz, principale agglomération de Bolivie et capitale administrative. La ville se prépare à l’inauguration de la septième ligne de téléphérique urbain, la celeste (« bleu ciel« ), couleur donnée aux cabines. La ligne celeste, qui comporte trois tronçons, sera plus rapide que les précédentes et établira des correspondances avec trois autres lignes, la jaune, la verte et la blanche. D’autres câbles doivent encore être installés, dotés de cabines violettes, dorées, argentées ou couleur café.
La Paz est devenue, quelques années à peine après l’inauguration de la première ligne, la rouge, en 2014, la capitale mondiale du téléphérique urbain. La ville se prête particulièrement à l’essor de ce moyen de transport. L’agglomération compte 2 millions d’habitants, dont 750 000 pour la seule ville de La Paz. La cité s’est bâtie à 3 500 mètres d’altitude, dans une vallée surplombée par l’Altiplano.

C’est sur ce plateau andin, à proximité de l’aéroport, qu’a poussé El Alto, ville à la population défavorisée. Jusqu’en 2014, les quelque 500 000 personnes qui, chaque matin, quittent El Alto pour travailler à La Paz, faisaient le trajet en colectivos, ces minibus multicolores qui se fraient un chemin dans le trafic infernal et bruyant.
La Paz, référence mondiale
Les premiers projets de téléphérique remontent aux années 1970. La proposition ressurgissait lors de chaque campagne électorale municipale, puis retombait dans l’oubli. Il a fallu la détermination d’Evo Morales, élu président du pays en 2006, pour que les blocages sautent. En 2012, au cours de son second mandat, le leader du Mouvement pour le socialisme décide la construction d’un réseau de transport par câbles. Les travaux, confiés au groupe autrichien Doppelmayr, sont menés tambour battant, et les premières cabines survolent la ville en mai 2014.
La Paz est ainsi devenue une référence mondiale pour les constructeurs...




                        

                        


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En France, le téléphérique urbain connaît un décollage difficile

Dans tout l’Hexagone, à Orléans, Bordeaux, Rouen ou Marseille, des dizaines de projets de transport de passagers par câble ont fleuri. Mais les nombreuses avaries du téléphérique de Brest ont refroidi l’enthousiasme.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 11h33
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

A Brest, le 30 juin, le téléphérique qui traverse le fleuve côtier Penfeld, inauguré en novembre 2016, a fêté son millionième passager. Les chiffres de fréquentation sont en avance sur les prévisions. « Enormément d’élus viennent le visiter. Le regard sur le téléphérique est en train de changer », se réjouit Nicolas Chapuis, directeur général de LST, une entreprise membre du consortium qui a construit l’ouvrage.
Dans tout l’Hexagone, à Orléans, Bordeaux, Rouen ou Marseille, des dizaines de projets de transport de passagers par câble ont fleuri. Parmi les plus avancés, on remarque celui de Toulouse, dont la réalisation a été confiée à Poma et qui doit aboutir fin 2020, et le Téléval, qui doit relier Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. Le téléphérique fascine, même là où il n’est pas nécessaire. Vice-président sans étiquette de la région Ile-de-France, Stéphane Beaudet douche volontairement les espoirs des élus franciliens qui réclament des cabines là où pourrait passer un bus. « J’ai compté à ce jour treize demandes. Nous n’en sélectionnerons que trois », assume-t-il.
Chute de cabine, arrêts intempestifs...
A l’exception de BMF Bartholet, le constructeur suisse qui a conçu l’ouvrage brestois, les professionnels du transport par câble n’arrivent pas à se réjouir. Les nombreuses avaries du téléphérique de Brest, chute de cabine, arrêts intempestifs, ouverture inopinée des portes, etc., ont refroidi l’enthousiasme. Les concurrents de BMF Bartholet dénoncent « un prototype », avec ces cabines qui se croisent curieusement, l’une au-dessus de l’autre.

« Brest, c’est une catastrophe », ose même Yoann Rispal, directeur de cabinet du président du département du Val-de-Marne et défenseur de longue date du Téléval. Au-delà des pannes, l’ouvrage de Brest ne répond pas selon lui aux critères du téléphérique urbain, au sens où il fonctionne à La Paz (Bolivie) ou à Ankara (Turquie). Le quartier des Capucins,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Selon un rapport des Pays-Bas, les tradeurs exportent vers le continent africain des hydrocarbures mélangés à des substances chimiques dangereuses pour la santé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/07/2018
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Des géants du pétrole livrent de l’essence toxique à l’Afrique de l’Ouest

Selon un rapport des Pays-Bas, les tradeurs exportent vers le continent africain des hydrocarbures mélangés à des substances chimiques dangereuses pour la santé.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 05h46
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h03
    |

            Joan Tilouine








                        



                                


                            

Bientôt, peut-être, l’Afrique de l’Ouest cessera d’être intoxiquée par de l’essence et du diesel émettant de grandes quantités de particules fines exportés par des géants du négoce sans scrupule. C’est la fameuse « qualité africaine », comme disent les courtiers : des produits pétroliers de piètre qualité mélangés à des substances très chimiques dans les cuves de tankers décatis.
La teneur en soufre est entre 200 et 1 000 fois supérieure aux normes européennes, les conséquences en matière de santé publique dévastatrices et les bénéfices pour les pétroliers considérables. Un scandale révélé par une enquête rigoureuse de l’organisation suisse Public Eye (ex-Déclaration de Berne) en septembre 2016.
Cette fois, ce n’est pas de la « propagande » d’ONG ou de militants écologistes passionnés, comme ont tenté de le faire croire certains tradeurs de grands groupes spécialisés dans la confection et l’exportation de ce « dirty diesel » invendable ailleurs qu’en Afrique.
Dans un rapport officiel rendu public lundi 9 juillet, l’Inspection pour l’environnement humain et les transports des Pays-Bas note que « les carburants destinés à l’Afrique de l’Ouest sont mélangés autant que possible ».
Mélange de produits pétroliers
A l’issue d’une enquête portant sur les cargaisons de quarante-quatre tankers en partance pour l’Afrique de l’Ouest, la police environnementale hollandaise constate l’usage « à grande échelle » de manganèse et de benzène, des substances hautement cancérigènes, ainsi que d’autres produits pétrochimiques interdits dans la majeure partie du monde. Elle note dans les carburants destinés à cette partie du monde « 300 fois plus de soufre qu’autorisé par les standards européens », recoupant les révélations de Public Eye.
Si les Pays-Bas ont diligenté cette enquête qui sera présentée au Parlement à une date encore inconnue et dont certains cas d’illégalité pourraient être transmis à la justice, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Dans les territoires contaminés par la catastrophe nucléaire, la fréquence des maladies cardiaques des enfants n’a pas augmenté, affirme une étude du « British Medical Journal ».
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