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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ La journaliste Astrid de Villaines avait déposé une plainte contre le présentateur de « Questions d’info », en novembre 2017, pour agression sexuelle.
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Le journaliste de LCP Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle, a eu un rappel à la loi

La journaliste Astrid de Villaines avait déposé une plainte contre le présentateur de « Questions d’info », en novembre 2017, pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 16h12
   





                        


Frédéric Haziza, présentateur vedette de La Chaîne parlementaire (LCP), qui faisait l’objet d’une enquête à la suite d’accusations d’agression sexuelle portées par la journaliste Astrid de Villaines dans une plainte, a fait l’objet d’un rappel à la loi, le 11 juillet.
« Le parquet de Paris lui a remis une convocation devant le délégué du procureur qui lui a notifié un rappel à la loi », a précisé une source judiciaire à l’AFP, confirmant l’annonce faite par le journaliste dans la matinée sur le site La Règle du jeu.

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                LCP suspend le journaliste Frédéric Haziza, visé par une plainte pour agression sexuelle



« Je n’ai jamais été un agresseur sexuel », s’est défendu Frédéric Haziza dans une tribune sur ce site, évoquant un « pincement aux mollets blagueur » alors que la journaliste décrit un pincement à la fesse.
« Il m’a juste été rappelé, le 11 juillet, qu’il valait mieux éviter désormais les blagues vaseuses », a-t-il commenté au sujet de ce rappel à la loi, une mesure alternative aux poursuites pénales, qui vient clore l’enquête menée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne.
« Un geste lourd mais jamais à connotation sexuelle »
Cette mesure a été décidée en présence « de versions contradictoires », selon son avocate Jacqueline Laffont, qui souligne que le délégué du procureur avait employé les termes de « rappel à la loi – classement sans suite ». Selon elle, son client a reconnu « qu’il avait eu un geste lourd mais jamais à connotation sexuelle ».
Le parquet de Paris avait ouvert cette enquête préliminaire après la plainte déposée le 19 novembre dernier par une ancienne collègue de la chaîne, la journaliste Astrid de Villaines, l’accusant de faits s’étant déroulés en novembre 2014.
Dans sa plainte, révélée par le site Buzzfeed, elle relatait que Frédéric Haziza lui avait pincé la fesse après lui avoir bloqué le passage dans les bureaux de la chaîne, un geste qui avait valu à l’époque un avertissement au présentateur, selon LCP. La journaliste affirmait s’être décidée à parler à la faveur du contexte de la libération de la parole des femmes, consécutive au mouvement #metoo et à l’affaire Weinstein.
L’affaire avait suscité des remous au sein de la chaîne, qui avait suspendu dans la foulée son présentateur vedette avant de le réintégrer au début de janvier.
Ce retour avait suscité la colère d’une partie de la rédaction, qui avait voté une motion de défiance à l’encontre des dirigeants de la chaîne, et motivé en partie la décision en février de son accusatrice de démissionner.

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                La journaliste de LCP qui a porté plainte contre Frédéric Haziza démissionne



La direction avait justifié cette réintégration par le fait qu’une enquête interne avait conclu que, depuis la sanction reçue en 2014, Frédéric Haziza n’avait pas eu de comportements inappropriés.
« J’ai toujours contesté cette histoire. Je suis un blagueur, mais ce n’est pas parce qu’on est un plaisantin qu’on est un agresseur sexuel », a déclaré à l’AFP Frédéric Haziza. Il ajoute que depuis la plainte il « ne plaisante plus » : « J’ai complètement changé de comportement, je serre à peine la main. »
Sur LCP, Frédéric Haziza anime l’émission « Question d’Info » – en partenariat avec l’AFP et Le Point. Il s’entretient également chaque dimanche avec une personnalité politique sur Radio J.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ A Couthures-sur-Garonne, le festival international de journalisme bat son plein le week-end du 13 au 15 juillet 2018.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Dans un communiqué, l’instance rappelle aux diffuseurs d’éviter les plans « exagérés » sur les spectatrices et spectateurs pour éviter toute « connotation sexuelle ».
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Coupe du monde : la FIFA demande l’arrêt des gros plans « privilégiant un sexe plutôt que l’autre »

Dans un communiqué, l’instance rappelle aux diffuseurs d’éviter les plans « exagérés » sur les spectatrices et spectateurs pour éviter toute « connotation sexuelle ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 13h43
   





                        



   


C’est quasiment un passage obligé pour qui regarde un match du Mondial. Au détour d’une action, le caméraman montre en gros plan la réaction de supporteurs en tribunes, qui s’avèrent souvent être des supportrices – plutôt jeunes et jolies. Une pratique à laquelle la FIFA entend mettre un terme.
Vendredi 13 juillet, la Fédération internationale de football a fait savoir qu’elle avait demandé aux réalisateurs de télévision d’éviter ces gros plans, les diffuseurs ayant tendance à privilégier de jeunes femmes parmi les supporters :
« Nous préférons que la couverture évite les gros plans exagérés et prolongés qui pourraient conduire à des suggestions à connotation sexuelle ou privilégiant un sexe plutôt que l’autre. »
Dans son communiqué, la FIFA précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté, puisque « cela fait partie des recommandations standards, émises plusieurs mois avant le tournoi ».
Les femmes journalistes victimes d’agressions
Le sujet a relancé le débat sur la misogynie du milieu footballistique. Depuis le début de la compétition en Russie, plusieurs femmes journalistes ont ainsi fait face à des agressions, parfois en direct à la télévision. La journaliste Julia Guimaraes, lors d’une intervention sur la chaîne brésilienne TV Globo le 24 juin, a notamment dû repousser un homme tentant de l’embrasser.
Trois jours plus tôt, un supporteur russe s’était publiquement excusé pour avoir embrassé par surprise, sur la joue, la journaliste colombienne Julieth Gonzalez Theran à Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Le journaliste intervenait deux fois par semaine dans « On est pas forcément d’accord », animé par Yves Calvi.
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La chronique d’Eric Zemmour supprimée des programmes de RTL

Le journaliste intervenait deux fois par semaine dans « On est pas forcément d’accord », animé par Yves Calvi.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h18
   





                        



   


La chronique « On n’est pas forcément d’accord » de la matinale de RTL, tenue deux fois par semaine par le journaliste Eric Zemmour, ne sera pas renouvelée la saison prochaine, selon des informations publiées, vendredi 13 juillet, par le magazine Challenges.
Le journaliste, qui officie depuis 2010 sur la radio du groupe M6, pourrait continuer à intervenir à l’antenne lors du débat du vendredi face à Alain Duhamel. Il pourrait aussi animer une tranche horaire du week-end, toujours selon le magazine.
La radio avait reçu, à deux reprises, des mises en garde du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour des propos tenus par le journaliste, connu pour ses positions polémiques sur l’islam et l’immigration. Contesté au sein de la rédaction, qui a demandé son départ à plusieurs reprises, Eric Zemmour a continuellement été soutenu par la direction de M6 et de RTL.

        Lire aussi :
         

                Eric Zemmour condamné en appel pour des propos islamophobes



Le 3 mai 2018, le journaliste a été condamné par la cour d’appel de Paris pour provocation à la haine religieuse en raison de propos islamophobes qu’il avait tenus en 2016 dans l’émission de télévision « C à vous », sur France 5. Eric Zemmour avait déjà été condamné en 2011 pour provocation à la haine pour avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Le Festival international de journalisme a ouvert ses portes à Couthures-sur-Garonne, vendredi, pour sa troisième édition. Paroles de festivaliers.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Festival international de journalisme : « Je viens ici pour décortiquer des sujets, pas pour y croiser des stars »

Le Festival international de journalisme a ouvert ses portes à Couthures-sur-Garonne, vendredi, pour sa troisième édition. Paroles de festivaliers.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 17h45
    |

            Léa Iribarnegaray et 
Adrien Naselli








                        



   


Intérêt pour l’actualité ou simple proximité géographique, promesse de rencontres originales, besoin de comprendre le travail des journalistes, engagement écologique ou féministe… autant de raisons de se rendre au Festival international de journalisme à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne). Dans ce village de 380 habitants, un bon millier de personnes investissent les lieux en ce week-end du 14 juillet. Témoignages de festivaliers.

   


Milène, 67 ans, administratrice dans une exploitation agricole
« Je viens de Gaujac, tout près de Couthures-sur-Garonne, un village de 260 habitants. Je viens chaque année, pour le plaisir d’entendre un tas de choses auxquelles on n’a pas accès d’habitude. On est isolés, ici, à la campagne. On ne vient pas vers nous. J’ai le sentiment qu’on compte peu, parce que les moyens ne sont pas là. Je ne lis pas beaucoup la presse, je regarde parfois BFM-TV ou les JT. Les informations semblent toujours tronquées : ce sont des flashs, des instantanés, qui méritent d’être approfondis. Je viens ici pour décortiquer des sujets, pas pour y croiser des stars. Je ne suis pas en admiration devant telle ou telle personne, tout le monde mérite de s’exprimer. Si on n’est pas vigilants, vous nous orientez, vous, les journalistes ! »
Inès et Victor, 20 ans, étudiants en journalisme et en sciences politiques
« Nous sommes venus de Toulouse en voiture. Je viens de terminer trois années d’études de journalisme là-bas, et un stage dans une boîte de production à Paris [Inès voudrait être journaliste d’investigation]. On lit les médias sur nos smartphones : Courrier International, Le Monde, des “pure players” comme Konbini. Rarement du papier. On trouve ça génial d’aborder des problématiques délicates sur nos métiers, comme la connivence entre politiques et journalistes, car on a mauvaise presse ! Cela permet de faire le lien entre les personnes qui reçoivent l’information et nous qui la rédigeons. »

   


Victoria, 8 ans, en classe de CE2
« Je suis née en Inde, mais j’habite à Bordeaux. Je suis venue avec mon centre d’animation. On fait un atelier photo, pour mettre les illustrations dans l’édition de ce soir. Ça s’appelle La P’tite Rédac. Moi je n’ai jamais lu un journal, je regarde les infos sur France 2 avec mes parents. »
Didier, 66 ans, retraité de la banque
« Je viens de Marmande, la commune voisine. Mon épouse me rejoint cet après-midi. On vient souvent pique-niquer sur les bords de Garonne l’été, ce village est très authentique. C’est la première année que je viens au Festival, grâce à des amis qui m’en ont dit beaucoup de bien. Ancien directeur d’un réseau bancaire, je ne me suis jamais senti proche du monde des médias. Pourtant, je suis abonné au Figaro et à Sud-Ouest. L’image qu’on a de la presse, c’est une image parisienne, très centralisée. Comme l’est un peu la France. Je trouve super qu’un festival vienne déplacer le centre, se mélanger à du terroir. Quand on va déjeuner, tout le monde est là, il n’y a pas la caste des invités et puis le bas peuple. Or, c’est souvent le cas dans les festivals ! J’ai hâte de pouvoir discuter avec Jean-Michel Apathie, mais surtout de me rendre à l’une des conférences sur le vin. Car les modifications climatiques peuvent mettre en péril les cépages actuels de Merlot ! »

   


Carole, 65 ans, éducatrice spécialisée
« C’est la deuxième fois que je viens. Cette fois, j’ai embarqué avec moi deux amies et mon mari. Nous venons de Tonneins, un petit village à une trentaine de kilomètres. Je suis très intéressée par tous les sujets traités, mais j’ai un grave défaut : je ne lis pas ! Ni journaux ni livres. Mon mari est abonné à Sud-Ouest mais je me contente de le voir passer. Ici, je peux m’informer sans avoir besoin de me plonger dans le journal ou, pire, sur les articles en ligne. J’écoute beaucoup la radio, en revanche. J’ai toujours été syndicaliste dans mon métier, les luttes sociales m’intéressent, l’histoire des femmes, de l’exil… et même le vin ! Mais je n’irai pas voir les sujets qui concernent la politique, car je sature un peu. “Infobésité”, c’est vraiment le mot ! D’ailleurs si je croise des célébrités, je ne les reconnaîtrais pas. »
Lucien, 27 ans, et Elaine, 29 ans, consultants en agence de communication à Paris
« On est des curieux. On avait envie d’un Festival sympathique, dans un cadre hyper agréable, avec un soupçon d’entre-soi entre journalistes parisiens, politiques et communicants. On passe la journée ici parce que c’est sur la route de nos vacances. Dans nos métiers, on lit la presse tous les jours, on est abonnés à tous les journaux. La profession de journaliste est en danger, elle a du mal à garder une qualité de contenus parce qu’elle fait face à la pression de l’audience. Et quid des relations entre les rédactions et les marques ? Il y aurait presque un festival à organiser sur l’avenir du journalisme ! »

   


Michelle, 62 ans, attachée culturelle au château de Duras
« J’habite à Marmande, je suis venue avec ma fille de 22 ans. Dans le Lot-et-Garonne, on doit se bouger et proposer des événements intéressants : les gens ne viendront pas ici pour la beauté des paysages ! A part nos tomates, les Parisiens ne connaissent pas la région. Petit à petit, les locaux se rendent compte qu’ils font aussi partie du monde. Il existe un vrai complexe des “culs-terreux” face aux “cultureux”. Ce Festival pourrait permettre de gommer ces frontières. Moi, j’ai pris du recul par rapport aux médias : au moment des attentats, j’ai trouvé insupportable cette forme de jouissance et de jubilation dans la voix de certains journalistes. Depuis, je n’écoute plus que France Culture. C’était un mal pour un bien ! »
Véro, 46 ans, militante associative
« J’ai entendu parler du Festival sur France Inter, ma radio fétiche. Je n’avais pas du tout réalisé que c’était le Couthures juste à côté de chez moi, ça me semblait improbable ! J’habite à une quinzaine de kilomètres d’ici, je suis venue toute seule. L’idée de départ me semble intéressante : la rencontre entre les journalistes et ceux qui la réceptionnent. Je n’aime pas l’expression “consommation” des médias, mais, en tout cas, je ne les subis pas : je n’ai plus de télé depuis vingt ans, et pour la presse écrite je lis Le Monde et Libération, en ligne. Je suis abonnée au Canard enchaîné, c’est mon seul média papier. J’ai bossé pendant huit ans dans le secteur social avec des personnes migrantes qui se prostituent. Auparavant, j’étais une militante très active dans le milieu LGBT à Bordeaux. Ça vient sans doute de là, mon intérêt pour le monde. »
Pour plus d’informations : Festival international de journalisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace… Pour le psychiatre Serge Tisseron, les machines dotées d’une intelligence artificielle vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
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Serge Tisseron : « Les  robots vont modifier la psychologie humaine »

Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace… Pour le psychiatre Serge Tisseron, les machines dotées d’une intelligence artificielle vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 08h13
    |

            Catherine Vincent








                        



   


Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et, depuis 2015, membre de l’Académie des technologies. Il a cofondé, en 2013, l’Institut pour l’étude des relations homme/robots (IERHR), dont il est toujours un membre actif. Serge Tisseron participera à deux rencontres dans le cadre du festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne : vendredi 13 juillet, à 16 heures, sur « Peut-on tout faire avec un sexbot? » et samedi 14 juillet, à 12 heures, sur « Fausses émotions, vrais sentiments ».
Comment l’omniprésence de machines dotées d’une intelligence artificielle (IA) dans notre quotidien va-t-elle modifier le psychisme humain ?
Les robots vont modifier la psychologie ­humaine autant que les progrès de l’alimentation et de la médecine ont modifié nos corps. Notre taille et notre corpulence ont changé, notre résistance aux maladies et à la douleur aussi, mais nous ne nous en rendons pas compte car ces changements nous sont devenus naturels. Il en sera de même avec les ­machines intelligentes, qui vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.
Quatre domaines, au moins, seront profondément modifiés. D’abord, notre capacité à différer la satisfaction de nos désirs. Le téléphone, puis le mail, ont déjà commencé à altérer notre capacité de résistance à l’attente relationnelle : avec la livraison quasi instantanée par drone, nous allons aussi devenir intolérants à l’attente des objets. Le degré suivant sera probablement l’intolérance à nos attentes de reconnaissance, car nos robots de proximité pourront nous gratifier de quantité de félicitations et gentillesses. Dès lors, serons-nous capables de supporter que la société humaine qui nous entoure soit moins aimable avec nous ? Aurons-nous seulement envie de continuer à la fréquenter ?
Le deuxième changement concerne le rapport à la solitude et au discours intérieur. Avec nos « chatbots »[« agents conversationnels »], nous allons développer une tendance à nous raconter en permanence. Contrairement à la plupart des humains, ces machines nous ­feront constamment rebondir par des questions, des plaisanteries et des gentillesses. Pour une raison simple : la capture de nos données personnelles…
Mais, du coup, la ­notion de solitude changera : la compagnie ne se définira plus seulement par la présence d’un humain, mais aussi d’une machine. Que deviendra la possibilité de se tenir à soi-même un discours intérieur, sans interlocuteur, lorsque nous serons habitués à en avoir un à demeure, prêt à nous écouter aussi longtemps que nous le voudrons ?
Les deux autres domaines dans lesquels l’IA va modifier notre psychisme sont notre ­mémoire et notre relation à l’espace. Demain, notre smartphone ne sera pas seulement en mesure de stocker quantité de nos données personnelles, il pourra les classer à notre place, participant ainsi en permanence à la construction de notre biographie.
Quant aux outils de géolocalisation, ils nous permettront bientôt de nous déplacer dans l’espace sans en avoir la moindre compréhension. Si la téléportation, aujourd’hui banale dans les jeux vidéo, existe un jour dans le monde réel, elle sera perçue comme totalement naturelle, car nous avons déjà perdu la représentation des espaces intermédiaires entre le point dont nous partons et le point où nous arrivons !
Les robots vont-ils obliger l’homme à redéfinir l’idée qu’il se fait de lui-même ?
Dans toutes les technologies inventées jusqu’alors, les objets étaient à mon service : je les mettais en route quand j’en avais besoin, comme un chef d’orchestre. Ce qui sera nouveau avec les objets dotés d’IA, c’est qu’ils pourront m’interpeller et me proposer leurs services comme des partenaires à part ­entière. Lorsque je rentrerai dans ma voiture autonome – Ford prévoit sa commercialisation pour 2021 –, je serai accueilli par une voix couplée à une petite caméra, qui me dira par exemple : « A voir ton visage ce matin, j’ai ­l’impression que tu as mal dormi ! »
Si j’ai oublié mon parapluie avant de sortir, ce ne sera pas ma femme ou mes enfants qui me le feront remarquer, mais mon assistant personnel qui me morigénera : « Rappelle-toi, je t’ai dit ce matin qu’il allait pleuvoir ! » Nous ­serons de plus en plus confrontés au fait que les machines ont des compétences que nous n’avons pas, c’est-à-dire à notre incomplétude humaine. Avec le risque d’une certaine honte face à nos insuffisances… Et celui d’une ­confiance de plus en plus aveugle dans leurs capacités. Nous serons ainsi graduellement enfermés dans une dépendance affective croissante vis-à-vis d’elles.
Comment la psychologie peut-elle étudier ces nouveaux phénomènes ?
Il va lui falloir intégrer notre relation aux ­objets comme un élément d’appréciation de la qualité de notre relation au monde – autrement dit de notre santé mentale. On estime aujourd’hui que celle-ci est bonne lorsqu’on a un bon réseau social, une sexualité satisfaisante, un travail à peu près stable…
Il faudra y ajouter la reconnaissance d’une dépendance affective saine aux objets. Elle pourrait en ­effet devenir pathologique, comme c’est le cas pour ceux qui souffrent de manque quand ils sont privés de jeux vidéo, de réseaux sociaux ou d’alcool. Un autre risque étant de glisser du bonheur de l’anthropomorphisme (je projette mes émotions et mes pensées sur un objet ou un animal, mais je sais qu’il s’agit d’une projection) aux illusions de l’animisme (je prête à l’objet en question des capacités cognitives et émotionnelles identiques aux miennes).
Pourquoi les machines intelligentes vont-elles augmenter ce risque d’animisme ?
Parce qu’elles pourront prendre l’initiative de la relation, et aussi parce que leurs fabricants alimenteront l’illusion qu’elles ont des émotions. Cela aggravera le phénomène constaté, il y a plus d’un demi-siècle, par l’informaticien Joseph Weizenbaum. Il avait écrit un programme baptisé Eliza, un précurseur des chatbots destiné à simuler un psychothérapeute dont la méthode consiste à reformuler les propos du patient en se concentrant sur ses réactions émotionnelles. Weizenbaum s’aperçut que certains des étudiants qui l’aidaient dans cette tâche avaient tendance à penser que la machine les comprenait vraiment ! Il eut alors cette phrase, qui devrait être inscrite au fronton de tous les laboratoires de recherche en IA : « Je n’aurais jamais cru qu’un programme aussi simple puisse provoquer chez des gens normaux de tels délires. »
C’est ce qu’on appelle un phénomène de dissonance cognitive : on a beau savoir que ce sont des machines, on ne peut pas s’empêcher de développer avec elles la même relation qu’avec des humains, et croire qu’elles ont des émotions. Plus récemment, l’état-major américain a découvert que certains soldats envoyés en Irak et en Afghanistan s’attachaient de manière déraisonnable à leur robot démineur : les dommages que ­subissait celui-ci les affectaient gravement, et ils voulaient absolument qu’on le leur répare plutôt que de recevoir un robot tout neuf sorti de l’usine. Pendant le combat, certains pouvaient même mettre leur vie en danger pour lui éviter des dommages.
Vous écrivez dans votre dernier ouvrage : « Si j’étais plus jeune, je créerais un ­laboratoire d’étude de la psychologie des IA. » Inventer une psychologie des machines, est-ce vraiment nécessaire ?
J’ai été conforté dans cette évidence par ce qui s’est passé avec Tay, une IA censée jouer le rôle d’une adolescente capable d’interagir sur les réseaux sociaux. Mise au point par Microsoft et « lâchée » sur Twitter en mars 2016, elle avait été programmée pour apprendre par imitation et renforcement. Résultat : après une journée et plus de 96 000 Tweet, des internautes mal intentionnés lui avaient fait tenir des propos misogynes, racistes et antisémites, contraignant Microsoft à suspendre en urgence son compte Twitter. Ce qu’il faut retenir de cette expérience désastreuse, c’est que les machines douées d’apprentissage évolueront différemment au contact de leurs utilisateurs.
S’agit-il à proprement parler de psychologie ? D’une certaine façon, oui. Si l’on s’en tient à ce qui est observable, des machines élevées dans des environnements différents se distingueront les unes des autres par leurs comportements, par leurs propos, voire par les émotions qu’elles simuleront. Il nous faudra donc étudier la manière dont ces IA se transformeront au fil des inter­actions avec les humains. Et aussi au fil de leurs propres interactions !
Car on l’oublie trop souvent, les communautés de robots vont prendre une importance croissante : ils pourront par exemple se connecter la nuit à un serveur central, une sorte d’école du soir qui corrigera leurs ­apprentissages les plus antisociaux. Cette ­interconnexion est le grand défi que nous poseront les objets dotés d’une IA. Les ­informaticiens nous présentent leurs créatures comme des objets « autonomes », mais leur puissance d’apprentissage et de stockage des données sera basée sur leur interconnexion permanente.
Les robots, dites-vous, vont changer notre rapport à la culpabilité. De quelle manière ?
D’une part en nous culpabilisant, de l’autre en nous déculpabilisant. Les machines vont pouvoir nous culpabiliser car nous allons leur donner le droit de nous punir. Reprenons l’exemple de la voiture autonome, dans laquelle le conducteur est censé rester ­disponible en cas de nécessité. Pour s’en assurer, le véhicule vous envoie régulièrement un ­signal, auquel vous devez répondre en mettant la main sur le volant. Si vous ne répondez pas au signal – parce que vous dormez, ou êtes plongé dans un film sur la banquette ­arrière –, que se passe-t-il ? L’algorithme vous sanctionne en vous obligeant, la prochaine fois que vous prendrez votre véhicule, à ­conduire vous-même, à l’ancienne.
Accepterons-nous de telles punitions comme relevant d’un pacte social ? Certains se sentiront-ils persécutés par leur machine ? C’est à ce genre de questions que les psychologues de demain seront confrontés. Mais les machines auront aussi le pouvoir de déculpabiliser, avec le risque de rendre certains ­d’entre nous de plus en plus inhumains. Les « robots tueurs », ces machines militaires programmées pour ouvrir le feu sur telle ou telle cible, présentent déjà ce danger. A partir du moment où l’homme sort de la boucle des décisions, il lui devient plus facile de se déresponsabiliser et d’accepter pour son propre ­intérêt des « dommages collatéraux » plus importants, autrement dit un plus grand nombre de morts civils.
Même si leurs fabricants font tout pour nous en donner l’illusion, les robots n’éprouvent ni émotion ni souffrance. Cela pourrait-il changer un jour ?
Il n’y a aucune raison de donner des émotions aux robots, bien au contraire. Rappelez-vous HAL, dans 2001 l’Odyssée de l’espace, et son ­fameux « J’ai peur » : c’est à partir de là que tout tourne mal. Mais une grande rupture surviendra probablement quand les robots combineront des matériaux inertes et biologiques. A ce moment-là, les humains eux-mêmes seront probablement transformés. Il n’y aura plus alors que des créatures métissées, des cyborgs. Certains plutôt humains, d’autres plutôt machines, sans que la limite entre les deux soit peut-être très claire.

A lire
Ouvrages de Serge Tisseron :
« Petit traité de cyberpsychologie » (Le Pommier, 304 p., 19 €) ; « Robots, de nouveaux partenaires de soins psychiques », en codirection avec Frédéric Tordo (Erès, 208 p., 12 €) ; « Le jour où mon robot m’aimera » (Albin Michel, 2015).



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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.
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TF1 en passe de racheter Doctissimo

TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h16
    |

            Sandrine Cassini








                        


Dix ans après sa reprise par Lagardère, Doctissimo change de mains. TF1 a annoncé jeudi 12 juillet être entré en négociations exclusives pour reprendre le site consacré à la santé. Selon nos informations, le montant de la transaction s’élèverait à 15 millions d’euros. En une décennie, Doctissimo, qui enregistre pourtant 12 millions de visiteurs uniques chaque mois d’après Médiamétrie, a vu sa valeur divisée quasiment par dix. A l’époque, Lagardère avait repris 53,4 % du capital de Doctissimo dans une opération valorisant l’entreprise 138 millions d’euros.

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Las, depuis, le site – qui a continué de croître et qui réunit une importante communauté féminine – a, selon des sources proches du dossier, eu du mal à suivre les évolutions du marché publicitaire. Ainsi, il est resté ancré sur la publicité classique, ne prenant pas le virage du programmatique, ces publicités ciblées commercialisées via des plates-formes d’enchères automatisées, ou du e-commerce.
Comparaison cruelle
La comparaison est cruelle avec Aufeminin, également propriétaire de Marmiton, qui faisait à l’époque figure de concurrent de Doctissimo, et que TF1 a racheté fin 2017 pour 365 millions d’euros. Depuis deux ans, le site féminin s’est réinventé pour se tourner vers ces nouvelles formes de publicité. D’ailleurs, de bonne source, c’est parce que la Une a mis la main sur les équipes d’Aufeminin et leur savoir-faire qu’elle peut se permettre de reprendre Doctissimo.
Ensemble, les deux marques cumuleront 20 millions de visiteurs uniques. Une force de frappe conséquente pour le groupe de médias propriété de Bouygues sur le marché de la publicité en ligne.



                            


                        

                        


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Télévision : surenchères dans la bataille pour racheter Sky

Les géants américains des médias 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h59
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

C’est depuis Sun Valley, petite commune de l’Idaho (nord-ouest des Etats-Unis) où se réunit cette semaine l’essentiel des grands chefs d’entreprise américains, que la bataille pour Sky est encore montée d’un cran. Mercredi 11 juillet, 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.
L’avantage reste, pour le moment, au second : il demeure le plus offrant, proposant 26 milliards de livres (29,4 milliards d’euros) pour acquérir 61 % du capital de Sky. C’est 4 milliards de plus que précédemment et 1,5 milliard de mieux que l’offre rivale. Pour remporter la mise, Fox, le groupe fondé et dirigé par Rupert Murdoch, qui possède déjà 39 % du bouquet, devra de nouveau surenchérir. A condition toutefois d’obtenir le feu vert de Disney, auquel il souhaite vendre la majorité de ses actifs.
C’est en effet une partie de billard à trois bandes qui se joue entre les trois géants américains des médias. Fin 2017, Disney avait trouvé un accord avec Fox pour mettre la main sur ses studios de cinéma, ses chaînes de télévision (mais pas Fox News), le groupe de télévision indien Star, et sur Sky, une fois ce dernier racheté par Fox. Le créateur de Mickey va ainsi financer la surenchère : il reprendra la dette additionnelle que Fox devra contracter pour finaliser cette opération.

Jouer les trouble-fêtes
Face à cette alliance, Comcast est bien décidé à jouer les trouble-fêtes. En avril, le premier cablo-opérateur aux Etats-Unis, également propriétaire du groupe de télévision NBC et des studios de cinéma Universal, s’est d’abord lancé à l’assaut de Sky, soumettant une offre supérieure à celle de Fox. Deux mois plus tard, il a proposé 20 % de plus pour racheter les actifs de Fox convoités par Disney, obligeant la société californienne à surenchérir.
Malgré cette offensive, Fox privilégie toujours la proposition de Disney, qui a déjà reçu le feu vert des autorités de la concurrence quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ L’application de télévision recrute « 650 abonnés par jour », mais cherche des investisseurs.
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Molotov à la recherche du modèle gagnant

L’application de télévision recrute « 650 abonnés par jour », mais cherche des investisseurs.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h39
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Une interface séduisante mais un modèle économique fragile ? La question de la viabilité du modèle se pose depuis le lancement en juillet 2016 de Molotov, qui propose de regarder les chaînes de télévision classiques avec une application moderne, rappelant celle du champion de la vidéo à la demande, Netflix.
L’entreprise ne cache pas qu’elle recherche actuellement des partenaires pour passer un cap. « L’ADN de Molotov reste le même. C’est un projet de long terme, nous avons besoin de fonds pour accélérer notre développement. Nous visons la rentabilité à cinq ans », soit en 2021, explique Jean-David Blanc, cofondateur avec Pierre Lescure, l’ancien président de Canal+ et Jean-Marc Denoual, un ex-cadre de TF1.
Si M. Blanc refuse de communiquer sur le chiffre d’affaires ou le résultat de la start-up, il assure que le nombre d’abonnés, qui n’était que de quelques milliers, augmente ces derniers mois. « Début 2018, nous avons réellement commencé à travailler la monétisation : à l’époque, nous recrutions 15 à 20 abonnés par jour. Six mois plus tard, nous engrangeons 650 nouveaux abonnés quotidiennement, et parfois jusqu’à 1 500. » A ce rythme, l’entreprise séduirait actuellement environ 20 000 abonnés par mois. Selon M. Blanc, le revenu moyen par abonné est de 8 à 9 euros par mois.
Devenir un « carrefour »
Si la « monétisation » n’a pas décollé rapidement, c’est que rendre Molotov accessible sur toutes les plateformes ou inclure de nouvelles chaînes dans les offres a pris du temps, sans compter un problème juridique initial empêchant l’enregistrement, explique M. Blanc. Après avoir constitué une équipe de 70 personnes environ, dont une cinquantaine d’ingénieurs, Molotov s’est attaché à construire et fidéliser une audience, raconte M. Blanc. Six millions « d’utilisateurs », auraient téléchargé l’application et se seraient inscrits sur la plateforme. 40 % d’entre eux sont des « fidèles » regardant plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ A titre de comparaison, 17,7 millions de Français avaient regardé la demi-finale face à la Croatie en 1998.
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Audience France-Belgique : sur TF1, 19 millions de Français ont regardé la demi-finale de Coupe du monde 2018

A titre de comparaison, 17,7 millions de Français avaient regardé la demi-finale face à la Croatie en 1998.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h29
   





                        



   


Jamais la Belgique et la France ne s’étaient affrontées à un stade aussi avancé d’une Coupe du monde de football. Alors que près de 13 millions de téléspectateurs avaient regardé les quarts de finale opposant la France à l’Uruguay, vendredi 6 juillet, la demi-finale contre la Belgique, mardi 10 juillet, a réuni un peu plus de 19 millions de spectateurs, soit 71 % de part d’audience, selon les chiffres publiés par TF1.
A titre de comparaison, 17,7 millions de Français étaient devant la demi-finale face à la Croatie lors de la Coupe du monde de 1998.
C’est aussi un tout petit peu moins que les 20,6 millions de spectateurs qui ont suivi le sacre face au Brésil. Et que les audiences des finales du Mondial 2006 et de l’Euro 2000, mais aussi que le record absolu de la demi-finale de 2006 face aux Portugais, nombreux dans l’hexagone : 22,2 millions de spectateurs.
Toutefois, le chiffre de ce jeudi ne prend pas en compte l’audience additionnelle de BeINSports. Un record pourrait-il être battu pour la finale dimanche ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ La ministre de la culture s’est vu retirer la régulation économique du secteur de l’édition, afin d’éviter tout conflit d’intérêt avec ses anciennes fonctions à la tête d’Actes Sud.
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Françoise Nyssen privée d’édition par le gouvernement

La ministre de la culture s’est vu retirer la régulation économique du secteur de l’édition, afin d’éviter tout conflit d’intérêt avec ses anciennes fonctions à la tête d’Actes Sud.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 13h45
    |

            Nicole Vulser et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

C’est une nouvelle pierre dans le jardin de Françoise Nyssen. Selon un décret, publié mardi 10 juillet au Journal officiel, la ministre de la culture ne peut plus s’occuper de « la régulation économique du secteur de l’édition littéraire », un domaine pourtant stratégique de son ministère. De même, elle ne pourra plus exercer de tutelle sur le Centre national du livre (CNL) et devra se tenir éloignée de toute décision concernant la maison d’édition Actes Sud. Les deux premières fonctions seront désormais exercées par le premier ministre, Edouard Philippe.
Cette décision a été prise à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), chargée d’étudier les éventuels conflits d’intérêt des membres du gouvernement. Avant de devenir ministre, Françoise Nyssen dirigeait, avec son mari, Jean-Paul Capitani, la maison arlésienne Actes Sud, numéro dix de l’édition en France, avec 80 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 (+ 5,2 % par rapport à 2016) et 2,9 millions de bénéfice net, selon le dernier classement de Livres Hebdo. Des fonctions jugées incompatibles avec certaines tutelles exercées par le ministère de la culture.

Caractère tardif
Lors de son entrée au gouvernement, le 17 mai 2017, Mme Nyssen avait pourtant mis fin aux mandats qu’elle exerçait au sein d’Actes Sud, que ce soit au conseil d’administration de la maison mère ou dans ses différentes filiales. Mais elle a gardé un lien capitalistique puisque, selon son entourage, la ministre de la culture jouit de l’usufruit des parts détenues par ses enfants dans la maison d’édition. De plus, la HATVP prend en compte les cinq années précédant l’entrée au gouvernement pour déterminer les risques de conflit d’intérêt avec les fonctions ministérielles exercées.
« Le CNL distribuant des subventions aux éditeurs, la HATVP a considéré que Françoise Nyssen ne pouvait exercer d’autorité sur cet organisme »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.
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« La presse papier est une réalité durable et un point lumineux dans le devenir tourmenté des démocraties »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h36
    |

Olivier Postel-Vinay (Journaliste, fondateur du magazine "Books")







                        



                                


                            

Tribune. Au début de l’été 1618, voici précisément quatre cents ans, sortait des presses à Amsterdam le numéro 1 de Courante uyt Italien, Duytslandt, & c. (« Evénements courants d’Italie, d’Allemagne, etc. »).
D’aucuns y voient le premier journal véritable. Un hebdomadaire en format folio d’une parfaite austérité. Une feuille unique à ses débuts. Deux larges colonnes de néerlandais en caractères gothiques sur un support en chiffons recyclés.
La suite en accéléré : l’arbre remplace le chiffon, la presse devient une industrie, un « quatrième pouvoir ». On voit les journaux résister tant bien que mal à la radio, à la télévision, aux débuts d’Internet, et puis… vient le XXIe siècle. En quelques années, lecteurs et publicité basculent vers le Web. Depuis l’an 2000, la diffusion de la presse papier payante ne cesse de baisser. Les quotidiens sont particulièrement affectés : - 40 % en vingt ans aux Etats-Unis.
Le dernier en 2043
En 2005, l’universitaire américain Philip Meyer fixe à 2043 la date du dernier exemplaire d’un journal imprimé. Aujourd’hui, la plupart des quotidiens, concurrencés par des sites en ligne, ne parviennent pas à compenser les pertes de leur version papier par les gains des abonnements à la version numérique.
Quel est l’enjeu ? Ira-t-on regretter, diront certains, une presse pétrie de partis pris et de bien-pensance, phagocytée par les lobbies, un journalisme souvent superficiel, des rédactions en chef désorientées ? « Le journaliste, esclave des trois M, écrivait Nietzsche. Le moment, les opinions [“Meinungen”] et les modes. » Question de degré.
On doit l’espérer, une société a d’autant plus de chances de bien se porter, à terme, qu’elle contrecarre plus efficacement la tendance naturelle à voir la mauvaise information chasser la bonne. L’argument vaut du point de vue politique mais aussi économique. Or à cet égard le numérique tarde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.
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« Le Média », en proie à des tensions, s’interroge sur son avenir

Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h30
    |

                            Yassine El Azzaz et 
Alexandre Piquard








                        



   


Deux semaines de séminaire. C’est l’exercice qu’entreprend, depuis le lundi 2 juillet, Le Média, pour tirer les leçons de neuf mois d’activité en tant que « pure player » de la gauche alternative, soutenu par des proches de La France insoumise (LFI). Le rassemblement a donné lieu à des débats houleux et à des changements parmi les dirigeants de premier plan.
Les tensions ont notamment été relatées par un article paru le 8 juillet sur Mediapart, qui a notamment eu accès à des échanges issus d’un groupe de discussion interne sur la messagerie cryptée Telegram. En réponse, Le Média accuse le site fondé par Edwy Plenel de vouloir nuire à un concurrent. Mais l’équipe est bel et bien confrontée à une nouvelle crise, après le départ, en février, de plusieurs journalistes, notamment en raison de divergences sur le traitement du conflit syrien. Elle tente de surmonter les dissensions.
Un premier point sensible est l’état des finances : signe des tensions internes, celui-ci a donné lieu mardi à de vifs échanges, la fondatrice Sophia Chikirou étant soupçonnée d’avoir sous-estimé le déficit, avant que ce débat comptable ne soit résolu. Reste que les recettes n’atteignaient que 152 000 euros pour 185 000 euros de dépenses, soit environ 30 000 euros de perte par mois, selon les chiffres avancés par la direction mi-juin.
Lors du séminaire aurait été annoncée la réduction du déficit à 25 000 euros par mois environ, grâce à de meilleurs recrutements de « socios » – équivalents d’abonnés, membres de l’association de soutien au Média, aujourd’hui au nombre de 19 000 – et à une subvention reçue du Centre national du cinéma pour une mini-série historique sur les assassinats politiques à Paris.
Le manque de collégialité dénoncé
L’équipe espère pourtant toujours atteindre l’équilibre en deux ans. Pour cela, Sophia Chikirou prône de longue date la « diversification » des revenus. Elle voudrait tester l’insertion de publicités d’annonceurs sélectionnés, mais cette solution suscite des réticences de certains journalistes, notamment Aude Lancelin. Lancé après la web-télé, le premier numéro du mensuel papier, 99 %, aurait lui généré environ 6 000 euros d’excédent, grâce à 10 000 précommandes. Et une boutique de « goodies » siglés du Média serait à l’étude. Mme Chikirou compte aussi obtenir des « subventions » publiques, comme celle du CNC ou des aides à la presse.
Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre « Le Média » et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction.
Enfin, le journaliste Serge Faubert a suggéré jeudi que Le Média accueille à l’avenir des « investisseurs ». L’expression a suscité de vives réactions de presque toute l’équipe, certains craignant une « bollorisation », en référence à l’industriel breton Vincent Bolloré, qui a racheté Vivendi. Seule Sophia Chikirou a soutenu l’idée d’intégrer des apports d’institutionnels comme la Caisse des dépôts et consignations, des collectivités locales ou des entreprises sociales et solidaires. Ce débat devra être tranché lors de la conversion de l’association en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), promise de longue date et prévue, en principe, à l’automne.
L’autre source de conflit a été le management : des journalistes ont dénoncé, lundi 2 juillet, un certain autoritarisme et un manque de collégialité. En ligne de mire, la figure centrale de Sophie Chikirou accusée de concentrer tous les pouvoirs en cumulant les postes de présidente de la société de presse et de la société de production, détenues par l’association.
Dans la foulée, mardi, celle qui assurait seule la direction entrepreneuriale du projet a annoncé qu’elle démissionnait de ses fonctions à la société de presse, pour travailler à l’alliance entre La France insoumise et le parti espagnol Podemos en vue des élections européennes. Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre Le Média et le parti de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction. Mais son annonce, qui a surpris tout le monde, n’a pas apaisé les tensions.
Une société des journalistes créée
Jeudi, le nom d’Aude Lancelin a été proposé pour prendre la présidence de la société de presse et la direction de la publication. Mais l’ancienne journaliste de L’Obs ne semblait pas prête à assurer ce remplacement au pied-levé sans avoir des garanties : elle ne veut pas être responsable des activités commerciales et souhaite que la rédaction soit renforcée. En effet, deux nouvelles démissions sont annoncées, notamment celle d’Iban Raïs, en conflit avec Mme Chikirou. Depuis, cette dernière aurait dit que les départs seront remplacés. Lundi, une société des journalistes a été créée.
Un autre changement important se profile : le psychanalyste Gérard Miller annonce depuis des mois qu’il veut démissionner de la présidence de l’association. En remplacement, le nom de Mathias Enthoven, chargé de la communication sur les réseaux sociaux et ancien de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, a été avancé, mais il suscite des réserves, notamment de Mme Chikirou.
L’équipe espère trancher les questions non résolues d’ici vendredi et la fin du séminaire, une échéance invoquée par tous les participants pour refuser de s’exprimer dans les médias. Lundi 9 juillet, l’ambiance des débats était plus apaisée. Les discussions ont porté sur les programmes et notamment sur l’emblématique « JT » de 20 heures. Certains le jugent trop lourd à produire. Il est envisagé de le suspendre certains jours, de le raccourcir ou de le tourner en différé.
Un débat a aussi lieu sur le profil des invités et la place des politiques, notamment issus de La France insoumise. Un signe de la tension latente entre une logique journalistique et une approche plus militante. Une autre des difficultés à dépasser pour Le Média.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ La question soulevée par le journal « Libération » sur la diversité des profils au sein de sa rédaction met en lumière l’homogénéité de toute la profession, estime la chercheuse Marion Dalibert.
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Diversité dans les médias : « Il faut s’interroger sur la division genrée et raciale du travail journalistique »

La question soulevée par le journal « Libération » sur la diversité des profils au sein de sa rédaction met en lumière l’homogénéité de toute la profession, estime la chercheuse Marion Dalibert.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 03h01
    |

                            Simon Auffret








                        


Il n’existe, à ce jour, qu’une seule étude statistique sur la diversité ethnique et sociale des journalistes. Menée en 2009 par la commission « Médias et diversités » mise sur pied par le ministère de la culture, elle rencontra d’ailleurs un relatif échec : sur 117 entreprises de presse contactées, seules 40 avaient répondu aux questions. Le taux de réponse le plus faible est venu de la presse écrite (20 %), bien loin derrière la télévision (42 %) et la radio (78 %), plus actives sur le sujet depuis le début des années 2000.

        Lire aussi, en 2010 :
         

          Les médias ne sont toujours pas le reflet de la société française



La quasi-absence de débat public concernant la diversité des profils dans les rédactions de presse écrite rend la démarche de Libération, le 3 juillet, tout à fait inédite. Un journaliste y a raconté, dans un article intitulé « La rédaction de “Libé” est-elle “blanche” ? », les discussions internes au journal sur le recrutement de journalistes issus des « minorités visibles », en réaction notamment à une photo de l’équipe publiée en 2015.
Si l’initiative est nouvelle, le sujet est depuis plusieurs années couvert par les chercheurs : Marion Dalibert, maître de conférences à l’université de Lille, spécialisée dans les médias et l’accès à l’espace public des minorités et des mouvements sociaux, s’y est notamment intéressée.
L’homogénéité des profils ethniques et sociaux dans la profession journalistique est-elle, aujourd’hui, avérée ?
Les différents travaux menés en sociologie du journalisme mettent en avant que, depuis les années 1980, la profession a changé. Elle s’est notamment rajeunie et féminisée et les titulaires de la carte de presse sont aujourd’hui beaucoup plus diplômés qu’auparavant.
En revanche, comme les statistiques ethnoraciales ne sont pas autorisées en France, on ne dispose pas de données permettant de mesurer précisément l’homogénéité ou non des rédactions selon ce critère, même si on peut faire l’hypothèse que celles-ci sont majoritairement « blanches » vu que les rapports de classe s’articulent à la dimension ethnoraciale.
Les questions de l’accès au métier et de la formation sont régulièrement citées comme les raisons majeures de ce manque de diversité. Est-ce bien là que se situe le problème ?
Effectivement, les rédactions prestigieuses embauchent avant tout des journalistes qui sortent des grandes écoles dont l’accès par concours est significatif d’inégalités sociales. D’ailleurs, la critique du « manque de diversité » au sein des rédactions n’est pas nouvelle – elle sera même formulée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel dès la fin des années 1990 et trouvera une visibilité médiatique importante lors des émeutes de novembre 2005.
Les chercheurs ont aussi montré comment les écoles de journalisme ont été invitées à mettre en place, par exemple, des classes préparatoires aux concours à destination d’étudiants boursiers pour développer l’hétérogénéité des rédactions.
La question de la diversité dans les rédactions est posée depuis plusieurs années à la télévision et à la radio, mais assez peu en presse écrite. Qu’est-ce qui explique ce décalage ? 
Les démarches pour plus de « diversité » ont effectivement été plus importantes dans le secteur audiovisuel, grâce au CSA qui interroge depuis 1999, avec son « baromètre de la diversité », la différence de représentation entre « blancs » et « non-blancs » à la télévision. Le CSA a également participé à modifier le cahier des charges des chaînes publiques de télévision en 1999, et celui des chaînes privées en 2005, afin que celles-ci soient plus représentatives de la société française. 
Les enjeux autour de la représentation des minorités ethnoraciales dans les médias se sont donc centrés dès le départ sur la télévision et, effectivement, plus sur la présence à l’antenne ou sur les écrans que dans les rédactions elles-mêmes.
Cette focalisation sur la télévision vient aussi du fait que ce média fait l’objet d’un nombre important de critiques. Dans les années 1990, on lui a beaucoup reproché la manière dont elle représentait la banlieue et ses habitants par exemple. Ces critiques ont poussé les journalistes et autres producteurs de contenus à se remettre en question. La presse écrite est moins critiquée, notamment parce qu’elle est considérée comme beaucoup plus analytique et moins « divertissante » que la télévision. Culturellement, l’écrit bénéficie d’une légitimité sociale beaucoup plus forte que l’image.

        Lire aussi :
         

                "Les médias ont un retard phénoménal sur la manière dont on doit traiter les banlieues"



Dans ce débat, les arguments de diversité « sociale » et diversité « ethnoraciale » sont souvent utilisés en même temps. Ce recoupement a-t-il une pertinence sociologique ? 
En France, on interroge souvent les rapports de pouvoir à l’aune de la classe sociale, c’est-à-dire dans leur dimension économique, et moins sur des critères liés à « l’identité » comme le genre, l’attribut ethnoracial, la religion, l’âge… Cette façon de voir provient du fait que nous sommes dans un système politique républicain, qui refuse de reconnaître l’existence de groupes sociaux en son sein, de peur que ces groupes formulent des revendications et que la réponse collective à ces revendications soit discriminante à l’égard des autres groupes.
Pour garantir l’égalité, l’échelle d’action de la République est toujours individuelle et non pas collective. C’est d’ailleurs en partie pour cela que les statistiques ethnoraciales ne sont pas autorisées en France, car elles participeraient à reconnaître l’existence des groupes « blancs » et « non-blancs ». Or, prendre uniquement en compte la classe sociale empêche de comprendre que les inégalités économiques sont articulées à d’autres rapports de pouvoir, et notamment au racisme et au sexisme.
Ainsi, même s’il est tout à fait salutaire que les rédactions travaillent à être plus représentatives de la société, les réflexions doivent aller au-delà de critères purement quantitatifs. Il faut s’interroger aussi sur la division genrée et raciale du travail journalistique : qui est chef de rubrique ? Quels sont les journalistes qui composent les rubriques « International », prestigieuse, ou « Vie pratique », moins valorisée ? Ou encore qui a le plus la parole dans les conférences de rédaction ? Les rapports de pouvoir se manifestent en effet de multiples façons, qu’il faut aussi interroger et prendre en compte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Libre-penseuse, féministe avant l’heure et socialiste par conviction, George Sand (1804-1876) ne peut être réduite à ses amours tumultueuses avec Musset et Chopin, ou à la « bonne dame de Nohant ». Les extraits proposés dans ce hors-série permettent de prendre la mesure d’une œuvre considérable, accompagnés d’un entretien avec Michelle Perrot, de critiques et d’hommages, signés Baudelaire, Flaubert ou Sagan…
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George Sand, la libre-penseuse

Libre-penseuse, féministe avant l’heure et socialiste par conviction, George Sand (1804-1876) ne peut être réduite à ses amours tumultueuses avec Musset et Chopin, ou à la « bonne dame de Nohant ». Les extraits proposés dans ce hors-série permettent de prendre la mesure d’une œuvre considérable, accompagnés d’un entretien avec Michelle Perrot, de critiques et d’hommages, signés Baudelaire, Flaubert ou Sagan…



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h38
    |

Martine Reid (Professeure à l’université de Lille)







                        



   


Née à Paris en 1804, Aurore Dupin, devenue « George Sand » à l’occasion de la publication de son premier roman, Indiana, en 1832, n’est plus aujourd’hui réduite à ses amours tumultueuses ou à quelque image de « bonne dame » que le temps aurait assagie. Son œuvre ne se trouve plus limitée aux romans champêtres et leur lecture réservée aux enfants. Le temps a débarrassé l’œuvre et la vie des attaques et caricatures innombrables dont elles ont longtemps fait l’objet.
Comme Victor Hugo, George Sand occupe la scène littéraire pendant près d’un demi-siècle.
Comme lui, au nom de l’égalité, elle prend la défense du peuple, des paysans surtout, et affiche toute sa vie de fortes convictions socialistes et républicaines. L’œuvre qu’elle laisse est considérable : plus de soixante-dix romans, des contes et des nouvelles en nombre, une autobiographie monumentale, une vingtaine de pièces de théâtre, des essais, des récits de voyages, des centaines d’articles publiés dans les grands journaux et revues auxquels s’ajoute une correspondance comptant près de vingt-cinq mille lettres.
« Génie narratif »
Au-delà de sa grande inventivité formelle, l’ensemble témoigne d’une remarquable attention aux questions esthétiques, politiques, philosophiques et religieuses, à l’apport des Lumières et de la Révolution, au monde rural et à ses spécificités berrichonnes au moment où se développe l’intérêt pour le folklore, à la condition des femmes, enfin, que le code civil de 1804 a privées des droits civils et politiques.
Balzac, Musset, Delphine de Girardin, Marie d’Agoult, Hugo et Sainte-Beuve reconnaissent à George Sand ce « génie narratif » que Flaubert et Taine salueront plus tard. Tocqueville voit en elle « une manière d’homme politique » quand elle soutient activement la révolution de 1848 puis s’oppose à l’empire.
Quand elle meurt à Nohant, en 1876, Flaubert confie : « Il fallait la connaître comme je l’ai connue pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme, l’immensité de tendresse qui se trouvait dans ce génie », tandis que Victor Hugo déclare : « Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire. »
Le hors-série du Monde qui lui est consacré propose un portrait, signé Martine Reid, des extraits de l’œuvre de l’écrivain, un entretien avec l’historienne Michelle Perrot, des critiques de son œuvre et des hommages d’auteurs contemporains (Baudelaire, Barbey d’Aurevilly, Proudhon, Musset, Flaubert, etc.), ou modernes (Simone de Beauvoir, Julien Gracq, Françoise Sagan, etc.)…
Martine Reid est spécialiste de littérature du XIXe siècle et des auteures. Elle a consacré deux ouvrages à George Sand, dont une biographie (Signer Sand. L’œuvre et le nom, Belin, 2003 ; George Sand, Gallimard, Folio biographie, 2013). Elle a réédité plusieurs de ses romans et nouvelles, ainsi qu’Histoire de ma vie (Gallimard/Quarto, 2004).
« George Sand. L’insoumise », un hors-série du Monde, 124 p., 8,50 euros. En vente en kiosque ou sur la boutique du monde.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Pendant son long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’ancienne capitale de l’empire khmer, sujet du dernier hors-série du « Monde ».
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Angkor, passion française

Pendant son long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’ancienne capitale de l’empire khmer, sujet du dernier hors-série du « Monde ».



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h37
    |

            Michel Lefebvre et 
Florence Evin








                        



                                


                            

Hors-série. D’Henri Mouhot à Louis Delaporte, de Pierre Loti à André Malraux, Angkor est une passion française. Le premier, le « découvreur », s’exclamait : « Quel est ce Michel-Ange de l’Orient qui a conçu ces merveilles ? » Le deuxième en a rapporté des moulages et des œuvres qui peuplent le merveilleux Musée Guimet à Paris. Le troisième a trouvé les mots les plus émouvants pour décrire le temple du Bayon : « La forêt l’enlace étroitement de toute part, l’étouffe et le broie (…). Voici les portes ; des racines, comme de vieilles chevelures les drapent de mille franges. »
Le dernier, futur grand écrivain, a été tellement enthousiasmé qu’il a voulu rapporter des souvenirs, quelques statues. Tour à tour, explorateurs, archéologues, écrivains sont revenus d’Angkor fascinés. Et même le général de Gaulle clamait son amour pour le Cambodge, sur place, en 1966, en déclarant avec son emphase inimitable : « L’amitié, la confiance ! Oui ! Entre le Cambodge et la France, quelle que soit la diversité des origines et des latitudes, que d’affinités, en effet ! »
Le Cambodge a subi un étrange colonialisme aussi bien prédateur que protecteur. Pendant ce long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’emprise de la forêt qui avait repris ses droits durant quatre siècles sur l’ancienne capitale de l’empire khmer. Après la parenthèse tragique de la barbarie des Khmers rouges dans la région (1972-1992), le site de nouveau abandonné, et miné, ne commencera à renaître qu’avec son classement sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, pour sa valeur universelle exceptionnelle.
400 kilomètres carrés
Désormais, aux côtés des Cambodgiens, la France n’est plus seule pour la sauvegarde des 400 kilomètres carrés du site monumental d’Angkor. Dans le cadre du Comité international...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Malgré sa suspension, le directeur du service des sports du groupe Canal+ assure au « Monde » que la chaîne continuera de diffuser les prochains combats du boxeur.
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Boxe : Canal+ reste « aux côtés » de Tony Yoka

Malgré sa suspension, le directeur du service des sports du groupe Canal+ assure au « Monde » que la chaîne continuera de diffuser les prochains combats du boxeur.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 19h42
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h03
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Il se dit « triste ». Thierry Cheleman, le directeur du service des sports du groupe Canal+, assure au Monde « avoir de la peine » pour le boxeur Tony Yoka, qui a été condamné, jeudi 5 juillet, à une suspension d’un an ferme par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), pour avoir manqué trois contrôles inopinés en moins de douze mois. Depuis le 2 juin 2017, la chaîne cryptée retransmet les combats du poids lourd, titré aux Jeux de Rio, qui doivent le mener, en moins de quatre ans, selon lui, au titre mondial. Mais « La conquête », comme elle est scénarisée par Canal+, vient subitement de s’arrêter.

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                Boxe : Tony Yoka suspendu un an ferme pour ses infractions aux règles antidopage



« Pour l’avoir vu lors de ses entraînements à San Francisco, je sais les efforts considérables qu’il fait pour atteindre son objectif, celui d’être champion du monde, explique M. Cheleman. C’est un coup de frein à sa carrière pour des négligences administratives. Mais le professionnalisme passe aussi par l’administratif. » Mais pas question pour autant de tourner le dos au champion olympique. « Canal » ne croît pas que son jeune prodige de 26 ans se soit dopé et affirme clairement un soutien sans faille au boxeur. « Le groupe est à ses côtés lors des victoires, et dans des moments difficiles, aussi, informe-t-il. Je suis convaincu qu’il reviendra plus fort. » Il n’est pas prévu de diffuser des combats de Yoka si ce dernier devait boxer à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, pour éventuellement contourner sa suspension. « Ce n’est pas dans ses attentions », précise Thierry Cheleman.
« Le prochain combat de Tony Yoka sera sur Canal+ »
Ainsi, il n’y a aucune raison, pour le patron des sports, de casser le contrat avec le professionnel même après une lourde condamnation pour manquements aux régles de lutte contre le dopage. « Le prochain combat de Tony Yoka sera sur Canal+, fût-il dans un an », affirme-t-il. Avec Yoka, Canal+ a souhaité faire renaître la boxe en France, qui n’intéressait plus aucun diffuseur et voulait faire de cette discipline « un des points de développement » du groupe comme le sont déjà le Top 14 et la formule 1. Pour cela, la chaîne cryptée n’a pas lésiné sur les moyens. Signer avec la star montante des rings était vital : la chaîne de Vincent Bolloré avait réussi à chiper la nouvelle star des athlètes tricolores à SFR Sport en surenchérissant, selon nos informations, de quelque 1,5 million d’euros sur l’offre initiale déjà conséquente (1 million d’euros à la signature du contrat et 250 000 euros par combat).
Canal+ va devoir se passer de quatre réunions de boxe et de sa tête de gondole qui attire, un soir de gala, plus de 400 000 téléspectateurs « Rien n’est encore fixé », dit son patron des sports en cherchant à rassurer. Quoi qu’il en soit, c’est un nouveau coup dur pour la chaîne, qui n’a pas encore digéré la perte des droits du champion de France de football. « Ne vous inquiétez pas, sourit Thierry Cheleman, nous sommes costauds. »



                            


                        

                        


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Sophia Chikirou, ex-conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon, quitte la présidence du « Média »

Sophia Chikirou devrait travailler à l’alliance entre La France insoumise et le parti espagnol Podemos pour les élections européennes.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 17h56
   





                        


Sophia Chikirou quitte la présidence du site d’actualité Le Média moins de six mois après son lancement, a annoncé Le Figaro mercredi 4 juillet. L’ex-conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon devrait travailler à l’alliance entre La France insoumise et le parti espagnol Podemos pour les élections européennes.

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                Le Média : les coulisses d’une crise



Toujours selon Le Figaro, Sophia Chikirou a annoncé son départ ce mardi dans un message publié dans le groupe Facebook « Les socios », les associés-donateurs de la webtélé créée par des membres de La France insoumise (LFI) :
« Après un an consacré au lancement du magnifique projet du Média, je mets fin à ma fonction de présidente de l’entreprise de presse et de celle de directrice de la publication du “Média”. (…) Je pense être utile au “Média” et garantir son indépendance en mettant fin à mes responsabilités en son sein. »
« J’ai en effet accepté ce matin la proposition de Jean-Luc Mélenchon et de Manuel Bompard de prendre en charge une mission de contact permanent avec les équipes de communication de Podemos pour la campagne européenne », poursuit-elle, en référence au parti antisystème espagnol, allié de LFI au niveau européen.
Proposition de Jean-Luc Mélenchon
Sophia Chikirou précise qu’elle reprendra son activité de consultante en communication « dès le mois de septembre », et qu’elle reste « pour le moment » présidente de la société de production audiovisuelle du Média.
Lors du lancement du Média, plusieurs conflits d’intérêts apparaissaient, notamment sur le rôle de Sophia Chikirou. A l’époque, elle répondait que cela ne posait aucun problème : « Ce sont deux choses très différentes. Je conseillerai Jean-Luc Mélenchon sur sa chaîne YouTube. Et j’aurai un rôle de directrice générale avec Le Média. » Autre question : Le Média aura-t-il le droit de critiquer M. Mélenchon ? « Oui, mais si vous voulez du “Mélenchon bashing”, vous irez sur TF1, France 2 ou BFM-TV », répondait du tac au tac Mme Chikirou.
« Evidemment que les idées de La France insoumise sont inscrites dans la ligne éditoriale du “manifeste”. Mais ce ne sera pas un organe de propagande insoumise. Cela inclura la pensée de l’insoumission mais aussi la pensée communiste, socialiste et écologiste », voulait croire alors la trentenaire.

        Pour en savoir plus, lire aussi :
         

          Les « insoumis » lancent « Le Média », garanti sans « Mélenchon bashing »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Les mots « populiste » et « populisme » sont-ils toujours utilisés à bon escient ? Franck Nouchi, médiateur du « Monde », se penche sur cette question d’autant plus complexe que les définitions sont floues.
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Du bon usage du mot « populiste » dans « Le Monde »

Les mots « populiste » et « populisme » sont-ils toujours utilisés à bon escient ? Franck Nouchi, médiateur du « Monde », se penche sur cette question d’autant plus complexe que les définitions sont floues.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 18h37
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                            Franck Nouchi (Médiateur du "Monde")








                        



   


Les demandes les plus simplement énoncées sont parfois celles qui requièrent les réponses les plus longues. Il y a trois semaines, voici ce que m’écrivait un lecteur, Solal Azoulay : « Très intéressé par le journalisme et l’actualité, j’ai remarqué l’emploi fréquent du terme “populiste” dans les colonnes des quotidiens français, en particulier Le Monde. Dans un souci de respect du droit à l’information, pourriez-vous expliciter ce concept, lui donner une définition claire et définitive ? »
Depuis quelques mois, la lecture du Monde peut en effet parfois donner le tournis. Pas un jour sans que des personnalités aussi différentes que Recep Tayyip Erdogan, Donald Trump, Sebastian Kurz, Viktor Orban, Jaroslaw Kaczynski, Giuseppe Conte, Milos Zeman, Andrej Babis, Andrés Manuel Lopez Obrador, Nicolas Maduro, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, la liste est loin d’être exhaustive, se voient qualifiés de « populistes » dans des articles ou dans des titres.
« La question est de savoir si la notion de populisme subsume ou non d’autres notions comme celle d’extrême gauche et d’extrême droite. » Thomas Wieder, correspondant du « Monde » à Berlin
Vous êtes évidemment nombreux à réagir à cette vague « populiste » planétaire. A vous lire, Le Monde ne serait pas exempt de reproches. Deux exemples. A peine notre éditorialiste, Gérard Courtois, eut-il défendu le principe de la limitation de vitesse à 80 km/h dans une chronique titrée « Jacquerie automobile » (Le Monde du 23 mai), Jean-Pierre Rieupeyrout dégainait : « Il est triste de voir comme la “gauche” ne comprend plus les “jacqueries”. Le vilain mot et les vilains populistes… Heureusement les hommes d’Etat et les technocrates veillent (…). Vous déplorerez ensuite le vote populiste, mais vous êtes incapables de prendre en compte la vie des gens. »
Un autre lecteur, Guillaume Simier, nous annonce qu’il mettra fin à son abonnement en mars 2019. La raison ? Notre traitement des informations économiques qui, dit-il, « fait le jeu des populistes, de La France insoumise et du FN ». « Ceci est tout simplement indigne du quotidien de référence de centre gauche. L’explication centrale de la montée du populisme ne vient pas d’un racisme primaire, d’une conviction idéologique, mais de la peur du déclassement et de son corollaire, le sentiment d’injustice qu’un autre nous vole ce que l’on nous doit. »
« Le Monde, ajoute ce lecteur, contribue à créer ce faux-semblant d’injustice avec des données tronquées, fallacieuses, voire fausses. » Faisant référence à notre titre de « une » du 15 mai 2018 « CAC 40 : les grands profits des actionnaires » et à la « puce » qui l’explicitait – « Les actionnaires ont reçu l’équivalent de 67,5 % des bénéfices (depuis 2009), contre 5 % pour les salariés » –, il nous tance vertement : « Un petit peu de connaissance économique et comptable vous éviterait peut-être de raconter cela. Il est tout à fait logique que les employés ne touchent qu’une part minime des profits : c’est de la pure mécanique comptable ! (…) Vos articles renforcent le sentiment d’injustice dans le pays, votre statut de journal de référence leur donne une visibilité certaine et pousse les gens à regarder les extrêmes. »

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Je pourrais évidemment répondre point par point à ces lecteurs. Le Monde consacre une place importante, par le biais d’enquêtes et de reportages, à raconter la « vie des gens ». Ne le faisons-nous pas suffisamment ? La question vaut d’être posée, mais à mon avis en des termes autrement plus mesurés. Quant à notre prétendu manque de « connaissance économique », permettez-moi de ne pas être d’accord. Rien n’est plus faux s’agissant des journalistes du service « Economie ». J’ajoute que je suis profondément convaincu que, en ces temps troublés, l’une des missions du Monde est de mettre en lumière les mécanismes d’accroissement des inégalités.
Revenons-en maintenant à la question posée par M. Azoulay. Quelle est la définition du populisme ? Emploie-t-on ce mot toujours à bon escient dans les colonnes du Monde ?
Pour commencer, permettez-moi de vous conseiller la lecture de deux ouvrages:  Qu’est-ce que le populisme? de Jan-Werner Müller (Folio essais, 208 pages, 6,60 €) et Les Populismes (Perrin, 2007), dirigé par Jean-Pierre Rioux et auquel ont participé des historiens aussi éminents que Pierre-André Taguieff, Michel Winock, Pierre Milza, Marc Lazar, ou encore Nicolas Werth.
Outre de nombreux éclairages passionnants, vous trouverez dans ce dernier livre une citation extraite d’un article du théoricien politique argentin Ernesto Laclau : « Populisme est un concept insaisissable autant que récurrent. Peu de termes ont été aussi largement employés dans l’analyse politique contemporaine, bien que peu aient été définis avec une précision moindre. Nous savons intuitivement à quoi nous nous référons lorsque nous appelons populiste un mouvement ou une idéologie, mais nous éprouvons la plus grande difficulté à traduire cette intuition en concepts. C’est ce qui a conduit à une sorte de pratique ad hoc : le terme continue d’être employé d’une façon purement allusive, et toute tentative de vérifier sa teneur est abandonnée. » 
Une histoire qu’il ne faut pas oublier
Et les journalistes du Monde, du moins ceux qui sont chaque jour confrontés à cette question, qu’en pensent-ils ? Ancien chef du service politique, actuellement correspondant du Monde à Berlin, Thomas Wieder rappelle tout d’abord que le mot populisme a une histoire qu’il ne faut pas oublier : « Quand on parle du populisme aujourd’hui, il faut bien garder à l’esprit qu’on utilise un mot qui a lui-même une généalogie. Je dirai qu’on est aujourd’hui dans le troisième âge du populisme après :
a/ Le premier  “populisme”, celui de la Russie du XIXe siècle, le populisme des fameux narodniks, ces intellectuels de la classe moyenne opposés au tsarisme, influencés par le socialisme et préoccupés par le sort de la paysannerie. 
b/ Le deuxième “populisme”, celui de l’Amérique latine des années 1940, incarné par le péronisme, qui est souvent considéré par les spécialistes de la question comme l’exemple abouti du populisme arrivé au pouvoir. »
« Je travaille dans un pays où toutes les forces politiques pourraient, peu ou prou, se voir attribuer le qualificatif de populiste. » Jérôme Gautheret, correspondant du « Monde » à Rome
« La difficulté, ajoute Thomas Wieder, c’est que, selon les auteurs, le populisme n’a pas exactement la même définition. Quand on parle de populisme, parle-t-on du populisme tel que l’entendaient un Alexandre Herzen (1812-1870) ou un Nikolaï Tchernychevski (1828-1889) au XIXe ? Ou se réfère-t-on plutôt à la définition qu’en a donnée plus récemment quelqu’un comme le politiste argentin Ernesto Laclau (1935-2014) dans La Raison populiste (Seuil, 2008) ? 
Si l’on s’en tient à une définition contemporaine, on peut peut-être dire que le populisme “chimiquement pur ” serait une pensée politique qui repose à la fois sur la vision d’un peuple qui fait bloc face aux élites et sur une promotion du nationalisme. Si l’on s’en tient à une telle définition, le modèle populiste décrit donc à la fois un ordre social et politique – la démocratie directe plutôt que la démocratie représentative, la valorisation des “petits” contre les “gros”, avec toutes les ambivalences d’un tel schéma qui débouche inévitablement sur la désignation de boucs émissaires, et enfin un ordre géopolitique (le protectionnisme plutôt que le libre-échange, l’unilatéralisme plutôt que le multilatéralisme). » 
Cela posé, précise encore Thomas Wieder, « la question est de savoir si la notion de populisme subsume ou non d’autres notions comme celle d’extrême gauche et d’extrême droite ». « Là-dessus, l’enjeu n’est pas seulement philosophique, il est aussi politique car on voit bien l’intérêt qu’il y a, de la part de certains, à procéder à une telle subsumption, en mettant par exemple dans le même sac (à des fins de délégitimation) un Mélenchon et une Le Pen. 
C’est là, à mon avis, qu’il faut être vigilant. A titre personnel (mais je rejoins ici des analyses comme celle de Pierre Rosanvallon, par exemple), la notion de populisme est opérante, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a qu’un populisme. Je pense au contraire qu’il y a un populisme d’extrême gauche qui n’est pas le même que le populisme d’extrême droite dans la mesure où leur rapport à la nation n’est pas le même et où les boucs émissaires qu’ils ciblent ne sont pas les mêmes non plus. 
De la même façon, je dirai que d’autres partis du spectre politique n’échappent pas forcément au populisme. A ce titre, je fais partie de ceux qui estiment que le macronisme a une composante populiste, dans sa façon de dénigrer les corps intermédiaires, de s’en prendre à la presse, dans son rapport compliqué, aussi, au parlementarisme. A certains égards, le macronisme est un libéral populisme, ou, pour le dire autrement, un libéralisme qui se sert de certaines armes du populisme pour mieux combattre d’autres populismes comme ceux de La France insoumise ou du FN. »
« Pour tout dire, conclut Thomas Wieder, je suis assez réticent sur cette “labellisation” dans nos colonnes. A titre personnel, par exemple, je ne qualifie jamais dans mes papiers Alternative pour l’Allemagne (AfD) de “parti populiste” mais de “parti d’extrême droite”. »
« Le terme véhicule aujourd’hui une connotation “morale” et un sens à la fois trop large et trop flou » Solenn de Royer, chef du service politique du « Monde »
Correspondant du Monde à Rome, Jérôme Gautheret partage les réserves exprimées par Thomas Wieder : « Je travaille dans un pays où toutes les forces politiques pourraient, peu ou prou, se voir attribuer le qualificatif de populiste. Les 5 Etoiles sont ils “plus” populistes que l’a été Berlusconi ? Et Renzi l’a-t-il été moins qu’eux dans sa pratique ? Je ne sais pas, je n’en suis pas sûr. Et ce simple doute me dissuade d’employer ce mot. » 
« Pourtant, ajoute Jérôme Gautheret, s’il y a en Europe un mouvement qui possède des traits communs avec la définition “péroniste” du populisme, c’est bien les 5 Etoiles des origines, nées d’une protestation très italienne contre des élites locales corrompues, et d’une faillite des corps intermédiaires à laquelle les partis traditionnels n’ont jamais su apporter de réponse. Mais voilà, l’emploi un peu trop généreux de ce terme me retient de qualifier les 5 Etoiles de “populistes”, parce qu’il crée des analogies qui, au bout du compte, obscurcissent les particularités de ce mouvement. Pourquoi chercher à tout prix à qualifier les 5 Etoiles de la même manière que Podemos ou Le Pen ? Je pense que cela ne sert pas à grand-chose.
Au fond, c’est cela qui me retient le plus d’écrire “populisme” : ça complique les choses sans être pour autant précis. Par ailleurs, on peut toujours qualifier les formations politiques autrement et de façon plus neutre. Car, et c’est mon dernier point, le mot “populisme”, tel que nous l’employons, me semble plus relever du jugement moral que de la qualification politique. En l’utilisant de la même manière qu’on employait “démagogue” il y a une génération, je suis persuadé qu’on parle plus de nous que de l’objet qu’on cherche à décrire. C’est ça, me semble-t-il, qui irrite le plus les lecteurs – du moins d’après les mails que je reçois régulièrement à ce sujet. »
Les mêmes problèmes avec Trump
Chef du service politique, Solenn de Royer approuve ses deux confrères : « Même si le terme a des racines historiques précises, il véhicule aujourd’hui à la fois une connotation “morale” et un sens à la fois trop large et trop flou. Elu sur une vague dégagiste, Emmanuel Macron, qui s’oppose au “système”, et qui contourne les corps intermédiaires, est porteur lui aussi d’une forme de populisme. Il pousse le paradoxe jusqu’à jouer sur des ressorts “populistes” pour échapper à la vague “populiste”. Et pourtant, ça n’aurait aucun sens de le rapprocher d’un Mélenchon qui défend une vision populaire de la nation, à la Jaurès, ou d’une Marine Le Pen, qui s’adresse à la sensibilité identitaire du peuple. Ce mot-valise est ambigu et peu pertinent pour décrire la pluralité et la richesse des cas. »
Ces soucis d’ordre typologique ne sont pas l’apanage des Européens. Correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris rencontre les mêmes problèmes avec Trump. L’actuel locataire de la Maison Blanche renvoie, dit-il, « à d’autres inspirations historiques, l’anti-élitisme de combat d’Andrew Jackson (président des Etats-Unis de 1829 à 1837), en réaction à la méfiance des Pères fondateurs pour le “peuple” ; Huey Pierce Long (1893-1935), ou Charles Lindbergh (1902-1974), pour la politique étrangère. La difficulté vient de sa pratique qui repose sur des instincts politiques parfois en contradiction avec ce qui reste de la doctrine du Parti républicain (notamment la tentation de sabrer dans les filets sociaux pour contenir [un peu] l’explosion du déficit, et qui serait mortifère pour la base trumpiste). Il rajoute des éléments de “culture war” pour conserver dans sa coalition les évangéliques, ce qui complique encore la situation. On retrouve bien sûr des éléments populistes à profusion dans ses discours, mais ils ne résument pas tout Trump. »
Cette difficulté à définir le populisme, ajoute Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde, « répond à notre difficulté à définir, avec nos propres critères, ces régimes d’apparence démocratique, mais avec des tendances autocratiques, qui émergent un peu partout, y compris en Europe. Nous ne disposons pas toujours des bons instruments pour définir ces nouveaux phénomènes ».
La conclusion s’impose d’elle-même : n’utilisons les mots « populiste » et « populisme » qu’avec parcimonie !



                            


                        

                        


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« Fausses informations » : l’Assemblée vote les propositions de loi

Les deux propositions visent à faire cesser la diffusion de fausses informations durant les trois mois précédant un scrutin national.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 11h24
   





                        



   


L’Assemblée nationale a voté, dans la nuit de mardi 3 à mercredi 4 juillet, deux propositions de loi controversées contre « la manipulation de l’information » en période électorale, dont l’examen avait été suspendu au début de juin, après des heures d’un débat plusieurs fois tendu autour des « fausses nouvelles ».
Ces deux propositions de loi – l’une ordinaire, l’autre organique pour légiférer sur l’élection présidentielle – visent à permettre à un candidat ou un parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de « fausses informations » durant les trois mois précédant un scrutin national.
Elles imposent aux plates-formes numériques comme Facebook et Twitter des obligations de transparence lorsqu’elles diffusent des contenus contre rémunération.
La première a été adoptée par 52 voix contre 22, la seconde par 54 contre 21, soutenues par La République en marche (LRM) et une majorité des députés du Mouvement démocrate (Modem), malgré des réserves sur ce « premier pas ».

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La définition de « fausse information » fait débat
Toujours « hostiles », droite et gauche ont regretté un texte, au mieux « inapplicable » et « inefficace » vu la rapidité de propagation sur les réseaux sociaux par des sites souvent installés « à l’étranger », au pire « dangereux pour la liberté d’opinion ».
Le Rassemblement national a critiqué « une sorte de totalitarisme glamour » des « censeurs de l’information » ; Nicolas Dupont-Aignan, une initiative du « roi de la fausse information élu président de la République ».
Moteurs des textes, annoncés par Emmanuel Macron au début de janvier, « les tentatives de déstabilisation, notamment de l’extérieur » par « la diffusion virale de fausses informations », selon la rapporteuse LRM Naïma Moutchou. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) a dénoncé « une loi de circonstance faite pour interdire Russia Today et Sputnik », chaînes russes accusées de relayer l’ingérence du Kremlin dans les présidentielles américaine et française.
Cœur de la polémique : la volonté de définir une « fausse information ». Au début de juin, la rapporteuse avait fait voter tardivement une nouvelle formulation : « Toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information. »
« Droit de censure »
Mardi, les députés ont, par amendement gouvernemental, stipulé que la procédure en référé concernait les diffusions d’une fausse information de « manière délibérée », pas seulement « de mauvaise foi ». Droite et gauche ont ironisé sur plusieurs « tergiversations ».
L’objectif est de faire cesser « un trouble objectif » en période électorale, a plaidé la ministre, répétant qu’« on ne vise en aucun cas les auteurs de fausses nouvelles, mais leur diffusion » par les plates-formes.
Avant des mesures « proportionnées et nécessaires », comme le blocage du site, le juge des référés devra apprécier, sous quarante-huit heures, si ces fausses informations sont diffusées « de manière artificielle ou automatisée » et « massive ».

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Des syndicats de journalistes et des médias ont dénoncé le risque de légitimer une fausse information si le juge n’a pas les éléments pour l’interdire.
Les plates-formes devront notamment révéler la somme versée, instaurer un système permettant aux utilisateurs de signaler de fausses informations, être plus transparentes sur leur algorithme, sous l’œil du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Celles qui dépassent un certain volume de connexions par jour devront avoir un représentant légal en France, stipule un amendement LRM voté mardi soir. Un autre amendement LRM, soutenu par le gouvernement, entend obliger les opérateurs de plates-formes à davantage de transparence sur le fonctionnement de leurs algorithmes.
Le CSA pourra aussi empêcher, suspendre ou interrompre la diffusion de services de télévision contrôlés « par un Etat étranger ou sous l’influence de cet Etat », et portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, « dont le fonctionnement régulier de ses institutions ».
Le renforcement de l’éducation aux médias, soutenu même par le Parti socialiste et La France insoumise, a déclenché des échanges vifs, notamment entre Marine Le Pen et la majorité, et entre Mme Le Pen et M. Mélenchon.
Dans une série d’amendements, rejetés, les « insoumis » ont défendu la création d’un « Conseil national de la déontologie journalistique ». Sans « opposition de principe », Mme Nyssen, la ministre de la culture, s’est dite « pas favorable à une instance créée unilatéralement par la loi » et a insisté sur « une large consultation » à venir.
Soutenus par le Rassemblement national et Nicolas Dupont-Aignan, ils ont aussi échoué à inscrire dans la loi la neutralité du Net.




                            


                        

                        

