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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Plus de quarante ans après les accords d’Helsinki, le 1er août 1975, le président russe a opté pour la capitale finlandaise pour rencontrer son homologue américain.
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Rencontre Trump-Poutine : le choix symbolique d’Helsinki

Plus de quarante ans après les accords d’Helsinki, le 1er août 1975, le président russe a opté pour la capitale finlandaise pour rencontrer son homologue américain.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h04
    |

            Marc Semo








                        



   


A vol d’oiseau par-dessus les eaux du golfe de Finlande, moins de 300 kilomètres séparent Helsinki de Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine, qui est né et a mené une bonne partie de sa carrière dans l’ex-Leningrad, vient donc à Helsinki en voisin. Le choix de cette ville pour sa rencontre avec Donald Trump, lundi 16 juillet, est plein de réminiscences « fleurant bon » la guerre froide.
A l’époque, le mot « finlandisation » signifiait, dans le jargon des relations internationales, une neutralité contrainte, voire une quasi-liberté surveillée pour un pays partageant 1 300 kilomètres de frontières avec la défunte Union soviétique. La Finlande est désormais membre de l’Union européenne et elle se rapproche de l’OTAN, inquiète des visées agressives de son puissant voisin, sans pour autant avoir osé jusqu’ici franchir le pas.

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Etrange choix de la part de l’homme fort du Kremlin que celui de la capitale finlandaise. En 1990, elle hébergea le dernier sommet américano-soviétique entre George Bush et Mikhaïl Gorbatchev. Un an plus tard, l’URSS s’effondrait. Ce fut un traumatisme fondateur pour l’ex-officier du KGB qui n’eut de cesse, une fois devenu président, de vouloir rendre son rang à la Russie. « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur », aime-t-il à répéter, tout en précisant que celui qui veut la refaire comme elle était « n’a pas de cerveau ».
Moment-clé de la guerre froide
La capitale finlandaise est surtout le symbole d’un moment-clé de la guerre froide, avec la signature des accords d’Helsinki, le 1er août 1975, paraphés aussi par Gerald Ford et Leonid Brejnev, à l’issue de deux ans de Conférence sur la coopération et la sécurité en Europe, réunissant 35 pays. Tous les Européens de l’Ouest et de l’Est, à l’exception de l’Albanie – alignée à l’époque sur Pékin –, ainsi que les Etats-Unis et le Canada étaient autour de la table, et tous signèrent « l’Acte final ».

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« La Conférence avait été voulue par les Soviétiques pour entériner le statu quo de la division de l’Europe et les frontières de 1945, mais ils acceptèrent sous la pression des Occidentaux un troisième panier sur les droits de l’homme estimant qu’il n’aurait pas de conséquence. Or, ce fut le début du processus qui entraîna la dislocation du bloc soviétique », relève Thorniké Gordadzé, enseignant à Sciences Po Paris. L’Acte final d’Helsinki devint en effet une base de référence pour les dissidents des pays du glacis qui, malgré les emprisonnements et la dépression, s’engagèrent dans ce combat en rappelant à Moscou ses engagements et sa signature.
Un échec pour Moscou
« Alors comme aujourd’hui, le Kremlin voulait à la fois conforter sa zone d’influence et diviser les Occidentaux », souligne M. Gordadzé. Mais ce fut un échec pour Moscou. Une bonne partie des travaux se polarisèrent sur les questions des frontières, de leur « intangibilité » comme le voulaient les Soviétiques, ou de leur « inviolabilité » comme le souhaitaient les Occidentaux. La différence sémantique est essentielle. Dans le premier cas cela signifiait qu’elles ne pourraient jamais bouger, dans le second que c’était possible à condition que cela se fasse avec l’accord de toutes les parties. Ce fut mot retenu. Cela permit en 1990 la réunification de l’Allemagne. Jusqu’ici, le seul pays signataire qui a remis en cause ce principe est la Russie de Vladimir Poutine qui, au printemps 2014, annexa par la force la Crimée après l’arrivée au pouvoir en Ukraine d’un gouvernement réformiste pro-européen.

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A l’époque, en 1975, les Occidentaux avaient su faire bloc. Aujourd’hui, Vladimir Poutine mise sur les divisions entre l’Europe et les Etats-unis attisées par le président américain. L’homme fort du Kremlin n’est pas superstitieux et compte bien faire de la rencontre d’Helsinki un moment de revanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Andrew Griffiths, parlementaire depuis 2010, a présenté ses excuses à sa femme et à sa famille, ainsi qu’au gouvernement et à la première ministre, Theresa May, dont il fut directeur de cabinet.
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Un ministre britannique démissionne pour avoir harcelé sexuellement deux femmes

Andrew Griffiths, parlementaire depuis 2010, a présenté ses excuses à sa femme et à sa famille, ainsi qu’au gouvernement et à la première ministre, Theresa May, dont il fut directeur de cabinet.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 10h09
   





                        


Il s’est dit « profondément embarrassé ». Andrew Griffiths, le ministre des petites et moyennes entreprises britannique, a démissionné, vendredi 13 juillet, après que le Sunday Mirror eut révélé quelques-uns des deux mille messages à caractère sexuel envoyés par le politicien à deux jeunes femmes, âgées de vingt ans de moins que lui.
Selon le tabloïd britannique, l’ancien chef de cabinet de la première ministre Theresa May suivait ces deux jeunes femmes sur Snapchat depuis six mois lorsqu’il a établi un premier contact, en juin. C’est ensuite sur les réseaux sociaux — Facebook, Instagram, WhatsApp et Snapchat — qu’Andrew Griffiths, 47 ans, a envoyé plus de deux mille messages en seulement trois semaines à ces deux femmes, toutes deux employées dans des bars.
Messages « ignobles » et « dégoûtants »
Les deux amies avaient au départ accepté de recevoir de l’argent — environ 700 livres (792 euros) au total — de M. Griffiths en échange de photos et de vidéos d’elles. Mais l’une des femmes a témoigné auprès du Sunday Mirror que son interlocuteur « ne parlait que de sexe », décrivant certains messages comme « ignobles » et « dégoûtants ». « J’ai coupé les ponts car c’était trop vulgaire, a-t-elle expliqué. La manière dégradante dont il me parlait a affecté ma vie, ma confiance en moi. » 
Andrew Griffiths, parlementaire depuis 2010, a présenté ses excuses à sa femme et à sa famille, à qui il a dit « tout devoir », ainsi qu’au gouvernement pour « la honte profonde » qu’il cause à cet Etat « qu’il a eu l’honneur de servir ». 
« Avec le temps, j’espère obtenir le pardon de tous ceux qui avaient placé leur confiance en moi et que j’ai terriblement déçus. La première ministre et le gouvernement qu’elle dirige continueront d’avoir mon entier soutien. »
L’homme politique a également fait savoir qu’il chercherait de « l’aide professionnelle pour faire en sorte que cela n’arrive plus jamais ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Lors d’une finale inédite, des Croates fatigués mais galvanisés tenteront de renverser l’équipe de France, favorite au terme d’une Coupe du monde maîtrisée.
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Finale France-Croatie : le pragmatisme des Bleus face à l’héroïsme des « Vatreni »

Lors d’une finale inédite, des Croates fatigués mais galvanisés tenteront de renverser l’équipe de France, favorite au terme d’une Coupe du monde maîtrisée.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 14h20
   





                        



   


Dimanche 15 juillet, à partir de 17 heures, l’équipe de France de football tentera d’inscrire sur son maillot une deuxième étoile de champion du monde, vingt ans après le sacre à domicile des Bleus d’Aimé Jacquet.
Face à une sélection croate héroïque – les joueurs de Zlatko Dalic ont été menés dans deux des trois rencontres de la phase à élimination directe, sont allés trois fois en prolongation et ont remporté deux séances de tirs au but – les Français restent favoris, mais attention : forts de leurs stars européennes et poussés par 4 millions de supporters, les Croates ont de légitimes chances de croire en leur victoire dans le stade Loujniki de Moscou, pour ce qui serait un succès inédit en cinq participations à la Coupe du monde.
Léger avantage statistique aux Français
Depuis le début de la Coupe du monde, les Bleus n’ont encaissé que quatre buts – dont trois contre l’Argentine, en huitième de finale – contre cinq pour les Croates, sans compter les penaltys encaissés par ceux-ci lors des deux séances de tirs au but.
Les Croates ont, cependant, l’avantage côté offensif : douze buts inscrits, contre huit seulement pour la France en six matchs. Ils ont aussi mieux réussi leur phase de poule, avec trois victoires en trois matchs, dont une de prestige face à l’Argentine (3-0).
Les « Vatreni » entre fougue et fatigue
C’est l’une des principales certitudes avant la rencontre de dimanche : les Croates ne lâcheront rien. Extrêmement soudé, le collectif guidé par Luka Modrić a montré une grande ténacité depuis le début de la phase finale : face au Danemark, « les Enflammés », leur surnom, ont subi le score avant de remporter la rencontre aux tirs au but – la première de l’histoire de la Coupe du monde avec cinq arrêts de la part des gardiens, dont trois pour le portier de Monaco, Danijel Subašić.
Face à la Russie, l’histoire se répète : à égalité à la fin des prolongations, après avoir été menés, les Croates l’emportent aux tirs au but. En demi-finale, cette fois face à l’Angleterre, l’attaquant Mario Mandžukić libère ses coéquipiers en inscrivant, une nouvelle fois en prolongation, le but qualifiant son équipe pour la finale face à la France.
Revers de la médaille : le temps de jeu, beaucoup plus important pour les Croates, est devenu le principal désavantage de la sélection au damier – les Bleus ont donc l’avantage, ayant également profité d’une journée supplémentaire de repos.
L’opposition de style défensif, enjeu central de la finale
La solidité de la défense française, verrouillée autour de Rafael Varane et N’Golo Kanté, scellée par l’efficacité d’Hugo Lloris dans les buts, permet aux Bleus de garder un bloc bas et d’attendre les offensives de leurs adversaires.
Les deux équipes se complètent à ce stade, puisque pour la Croatie, c’est l’inverse : le sélectionneur Zlatko Dalic encourage ses joueurs à garder le ballon le plus loin de leur but – et donc de maintenir un bloc haut. Luka Modrić se charge de l’animation offensive, permettant aux Croates de déclencher rapidement leurs actions vers l’avant.
Comme face à l’Argentine et à l’Uruguay, les défenseurs français pourraient donc profiter d’un coup de pied arrêté dans la surface adverse pour exploiter les failles de la Croatie. Les courses de Kylian Mbappé vers l’avant, précieuses pour percer le premier rideau croate, vont constituer une des clefs de la rencontre.

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L’espoir du Ballon d’or pour Luka Modrić
Vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid, véritable star dans son pays et grand animateur du jeu croate, le milieu de terrain pourrait, en ramenant chez lui la première Coupe du monde de l’histoire de sa sélection, décrocher dans quelque mois le Ballon d’Or.
« Quand on parle de toi sur ce genre de sujet c’est super et agréable, mais je ne me préoccupe pas de cela, préfère-t-il répondre face à la presse. Je veux que mon équipe gagne, que, si Dieu veut, on remporte la Coupe »
Côté français, malgré les bonnes saisons d’Antoine Griezmann à l’Atlético Madrid et de Kylian Mbappé au Paris-Saint-Germain, une victoire en Coupe du monde ne suffirait pas à espérer le titre de meilleur joueur de la planète.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La rencontre permettra, selon l’Elysée, d’évoquer les grands dossiers internationaux, en particulier la Syrie et l’Iran, malgré les divergences entre les deux capitales.
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Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se verront dimanche à Moscou

La rencontre permettra, selon l’Elysée, d’évoquer les grands dossiers internationaux, en particulier la Syrie et l’Iran, malgré les divergences entre les deux capitales.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 20h03
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h36
   





                        


Bonus diplomatique des victoires des Bleus lors de la Coupe du monde, la rencontre entre le président de la République Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine au Kremlin, dimanche 15 juillet, à la veille du sommet Trump-Poutine, arrive « au bon moment », a estimé, samedi 14 juillet, l’Elysée.
« [Elle] survient dans un contexte important, après le sommet de l’OTAN et avant la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Elle permettra de faire le suivi de la très longue et positive rencontre des présidents français et russe à Saint-Pétersbourg, sur les coopérations bilatérales et les grands dossiers internationaux, en particulier sur la Syrie et l’Iran, malgré nos divergences », selon l’Elysée.

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Les deux dirigeants avaient convenu de se voir lorsqu’ils s’étaient croisés pour la demi-finale des Bleus, mardi. L’un des sujets principaux sera le règlement politique du conflit en Syrie, où la France a mis en place un mécanisme de concertation avec Moscou, pour tenter de rapprocher les initiatives russo-turques et celles des Occidentaux.
Les Européens très inquiets de l’attitude russe
« Ce mécanisme, nous le faisons fonctionner et il permet de bâtir des convergences, notamment sur l’aspect humanitaire », soulignent les conseillers de la présidence. La France tente de rapprocher les positions entre le groupe d’Astana (Russie, Iran, Turquie) et le « small group » sur la Syrie (Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis, France, Arabie saoudite, Jordanie, Egypte).
Quant à la rencontre Trump-Poutine prévue lundi à Helsinki, elle pourrait permettre de faire avancer les efforts de désarmement, estime la France.
Elle reflète le souhait de Donald Trump « d’établir un contact avec le président russe », en dépit de l’enquête aux Etats-Unis sur une possible ingérence du Kremlin dans la présidentielle américaine de 2016.

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Vendredi, le procureur spécial Robert Mueller, chargé de ces investigations, a inculpé douze agents russes du renseignement accusés d’avoir piraté les ordinateurs du Parti démocrate. Son enquête s’intéresse aussi aux soupçons de collaboration entre Moscou et l’équipe de campagne de Donald Trump.
Le président américain devra toutefois compter avec des alliés européens « évidemment très inquiets de l’attitude [de Moscou] », notamment après l’affaire de l’ancien agent double russe Sergueï Skripal – victime, ainsi que sa fille, d’une tentative d’empoisonnement au Royaume-Uni en mars – et l’annexion de la Crimée, avertit Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.
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Dieselgate : Opel visé par une enquête en Allemagne

Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h37
   





                        



   


Le constructeur automobile Opel, filiale de PSA, est visé par une enquête des autorités allemandes dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé, samedi 14 juillet, le ministère allemand des transports.
« Il y a une audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles [de la norme diesel] Euro 6 », a indiqué un porte-parole du ministère, ajoutant que « rien de définitif » ne pouvait être dit avant les résultats finaux de la procédure.
Dans son édition à paraître dimanche, le tabloïd Bild, qui ne cite pas ses sources, affirme que l’Agence fédérale de l’automobile (KBA), tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides » selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ».

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Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen (VW) d’avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées.
Plus de dix fois les normes d’émission d’oxyde d’azote
Selon Bild, il s’agit pour Opel des modèles Cascada, Insignia et Zafira. Au total, 60 000 véhicules seraient concernés dans le monde, dont 10 000 en Allemagne. Ils excéderaient « plus de dix fois » les normes d’émission d’oxyde d’azote, écrit Bild.
« La production actuelle n’est toutefois pas touchée », poursuit le journal, citant des sources internes à Opel. Selon Bild, KBA a informé Opel « cette semaine » de ses soupçons et lui a donné « deux semaines » pour donner sa réponse. Mais « Opel n’a reçu aucune information de la part du KBA », a indiqué le constructeur sur Twitter.
KBA avait déjà demandé en 2016 à plusieurs constructeurs, dont Opel, de réduire leurs émissions, rappelle l’agence de presse allemande DPA. Concernant Opel, 90 000 véhicules des modèles pointés par Bild (Zafira, Cascada et Insignia) étaient alors concernés. La procédure de mise aux normes volontaire de ces modèles se poursuit, a encore fait valoir un porte-parole d’Opel, cité par DPA.

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Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de VW et de ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l’équipementier Bosch. Plusieurs hauts dirigeants de VW, dont l’ex-patron Martin Winterkorn, font l’objet de différentes enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère.
En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron du constructeur Audi, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».
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Finale de la Coupe du monde : pourquoi les Croates ne parlent pas de « football »

Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 11h12
    |

            William Audureau








                        



   


Rendez-vous est pris : dimanche, 17 heures, France et Croatie s’affronteront en finale de la Svjetsko prvenstvo u nogometu – ou Coupe du monde de football, dans la langue de Didier Deschamps. Les coéquipiers de Luka Modric, un des favoris pour le Ballon d’or 2018, ont la particularité d’être l’un des rares pays d’Europe à ne pas utiliser le mot football (France, Angleterre), ou ses variantes et dérivés futbal (Espagne), fotbal (République tchèque), futebol (Portugal), fußball (Allemagne), fodbold (Danemark), voetbal (Pays-Bas), ou encore futbol (Russie, Bulgarie, Biélorussie…).
A la place, le croate parle de nogomet, un mot formé à partir de noga (« jambe ») et metati (« mettre, placer »). Le terme, qui s’emploie également en bosnien et en slovène, est attribué à Slavko Rutzner Radmilović, qui aurait créé le terme de toutes pièces au début du XXe siècle. A l’origine de ce choix, l’histoire un peu particulière du football en Croatie : celui-ci a été importé en 1883 par Franjo Bučar, un étudiant croate revenu d’études en éducation physique en Suède, où le sport s’était déjà répandu. Quand il l’introduit à Zagreb, le concept fait fureur, mais les habitants ne connaissent ni son nom ni son vocabulaire. La Croatie appartient alors à l’empire d’Autriche-Hongrie, et les seuls documents et termes de référence sont en allemand.
Le pays où l’anglais n’avait pas eu d’influence
Dès 1903, relate Zagreb. info, le Hrvatski akademski sportski klub (club sportif académique croate, ou HASK) se lance de zéro dans la première traduction locale des règles du football, avec des documents germaniques et non anglais comme sources, et une volonté manifeste d’employer le serbo-croate, langue reconnue depuis les accords de Vienne de 1950. Là où les Français parlent déjà de penalty, de shoot, de goal ou encore de corner, autant de stigmates de l’influence britannique sur le sport, les futurs adversaires des Bleus créent leur propre vocabulaire, fait de vratar pour le gardien, d’udarac iz kuta pour le coup de pied de coin, ou encore de kazna pour le coup de pied de la mort, le petit nom du penalty à l’époque.

   


En 1918, quand l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes, rapidement rebaptisé Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, récupère son indépendance à la suite du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, pas question pour Zagreb de faire marche arrière : l’affirmation de la langue locale fait partie de la construction identitaire de la nation, qui devient en 1928, et jusqu’en 1991, la Yougoslavie.
Seulement, souci : même si l’intercompréhension est totale entre les différentes communautés qui constituent ce pays des Balkans, il n’existe pas une langue, mais un agrégat de parlers proches mais aux usages différents, à l’image du recours au cyrillique côté Belgrade et à l’alphabet latin côté Zagreb. Ou à des différences de vocabulaire, comme le terme nogomet, utilisé par les Croates, les Bosniens et les Slovènes, mais pas par les Serbes, indépendants de l’Autriche-Hongrie au début du siècle, et guère intéressé à traduire football par autre chose que… le calque fudbal. Résultat : le championnat yougoslave de football porte deux noms différents, le prvenstvo Jugoslavije u fudbalu côté serbe et le prvenstvo Jugoslavije u nogometu côté croate.
Un championnat yougoslave, deux noms
En 1950, intellectuels serbes et croates tentent bien, à l’occasion de l’accord de Novi Sad, d’instaurer une politique d’unification linguistique autour du srpskohrvatski jezi, le serbo-croate, ce mot-valise englobant plusieurs parlers et cultures.Mais la greffe ne prend pas, bien au contraire. A tel point que, dans un contexte identitaire explosif qui a mené en 1991 à l’éclatement de la Yougoslavie, le serbo-croate a également été appelé par les instances internationales « BCMS » (bosnien, croate, monténégrin, serbe), tandis que l’usage, relate le Courrier des Balkans, est parfois de parler de naš jezik, « notre langue », pour couper court à des débats plus politiques que linguistiques.

   


A l’image du monténégrin, qui a été officiellement reconnu en décembre dernier comme langue indépendante, la tendance est depuis deux décennies à l’accentuation des différences et des originalités de chacun des parlers, sur fond de nationalisme. En 2017, pourtant, des intellectuels ont présenté une « déclaration sur la langue commune » pour rappeler l’existence d’un tronc commun, et surtout de l’intercompréhension quasi totale entre les différents dialectes. Selon Josip Baotic, un linguiste croate, moins de 10 % seulement du lexique distinguent les variantes de « serbo-croate ». A travers cette démarche, ils souhaitent également lutter contre le nationalisme balkan.
« Ceux qui soutiendront la Croatie sont des psychopathes »
La rivalité entre Serbes et Croates est particulièrement vive chez la génération qui a connu la guerre civile au début des années 1990. En marge de Wimbledon, le tennisman serbe Novak Djokovic a ainsi été insulté par un député de son pays pour avoir déclaré qu’il soutiendrait la Croatie en finale de la Coupe du monde.

   


« Je répète que tous ceux qui soutiendront la Croatie contre la Russie sont des psychopathes et des fous, mûrs pour être internés en asile », avait-il déjà déclaré en quarts de finale, rapporte So Foot. Peut-être a-t-il en tête les émeutes du match de football entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile rouge Belgrade en 1990, qui firent 138 blessés, et sont considérés comme l’un des éléments déclencheurs de la guerre civile.
Cette rivalité linguistique et politique occulte pourtant un passé sportif commun glorieux : sous les couleurs de la Yougoslavie, les « Brésiliens de l’Europe », comme on les appelait, ont remporté les Jeux olympiques de football 1960, atteint la finale de l’Euro en 1960 et 1968, et les demi-finales des Coupes du monde en 1930 et 1962. Depuis, chacun a fait bande à part.
Après la disqualification de la Yougoslavie de l’Euro en 1992, remplacée par des Danois bien heureux, la Croatie a atteint les demi-finales du Mondial en 1998, tandis que la Serbie-et-Monténégro se contentait d’un quart de finale d’Euro en 2000. Dimanche, l’équipe au damier aura l’occasion de faire entrer encore un peu plus le nogomet croate dans l’Histoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a annoncé que la France et Malte étaient disposées à prendre chacune 50 des 450 migrants secourus et se trouvant à bord de deux navires dans les eaux italiennes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Migrants : l’Italie annonce que la France et Malte vont prendre leur part

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a annoncé que la France et Malte étaient disposées à prendre chacune 50 des 450 migrants secourus et se trouvant à bord de deux navires dans les eaux italiennes.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h43
   





                        


Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé, samedi 14 juillet, que la France et Malte étaient disposées à prendre chacune 50 des 450 migrants secourus et se trouvant à bord de deux navires dans les eaux italiennes.
« La France et Malte prendront respectivement 50 des 450 migrants transbordés sur deux navires militaires. Très rapidement les acceptations d’autres pays européens arriveront », a écrit M. Conte sur sa page Facebook.
Le chef du gouvernement revendique ce succès « après une journée de contacts téléphoniques et écrits avec les vingt-sept leaders européens », affirmant qu’il leur avait rappelé « la logique et l’esprit de partage contenus dans les conclusions du Conseil européen de fin juin ».
M. Conte ajoute à ce commentaire une copie de la lettre adressé à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et à Donald Tusk, président du Conseil européen. « Dans ce contexte qui voit l’Italie toujours en première ligne face à l’urgence de sauver des vies humaines en mer, je te demande un signe clair de partage de la responsabilité de la gestion du phénomène migratoire et d’envisager la possibilité d’accueillir dans un port ou de prendre en charge une partie des quelque 450 personnes secourues », écrit M. Conte dans cette lettre également adressée aux autres leaders de l’Union européenne (UE).

   



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Nouveau bras de fer avec Malte
Une embarcation de bois partie depuis la Libye avait été repérée, vendredi à l’aube, dans les eaux internationales mais dans la zone d’intervention maltaise. Dans un échange de messages, e-mails et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome avait tenté de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte.
La Valette avait répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.
Malte a réitéré samedi avoir respecté « toutes les obligations prévues par les conventions internationales » en ce qui concerne les secours en mer. Dans la matinée, les migrants avaient été transbordés à bord de deux navires ; huit personnes, des femmes et des enfants, avaient été transportées pour des raisons médicales sur l’île de Lampedusa. Certains migrants se seraient jetés à l’eau en voyant les deux navires militaires, un italien et un anglais dans le cadre de la mission européenne Frontex, obligeant ainsi les secours à intervenir.

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Le ministre italien de l’intérieur Matteo Salvini a insisté auprès du chef du gouvernement Giuseppe Conte pour que les deux navires aient pour instruction de « faire route vers le Sud, la Libye ou Malte ». Cette situation rappelle celle du navire humanitaire allemand Lifeline avec ses 233 migrants à bord, obligé d’attendre une semaine en mer l’issue d’un bras de fer entre La Valette et Rome, avant d’être autorisé à accoster à Malte.
L’Espagne en première ligne
En poste depuis le 1er juin, M. Salvini, qui veut réduire à zéro le nombre de migrants arrivant sur les côtes italiennes, a décidé il y a un mois d’interdire l’accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée, position qui marque la nouvelle ligne dure de son pays en matière migratoire.
Il souhaite désormais élargir cette interdiction aux navires des missions internationales en Méditerranée, la position de l’Italie étant de partager avec l’UE la gestion des flux migratoires.

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De leur côté, les services de secours espagnols ont annoncé avoir sauvé plus de 340 migrants en Méditerranée samedi, dont un qui tentait la traversée sur une chambre à air de camion. En juin, l’Espagne a accepté d’accueillir 630 migrants arrivés à bord de trois navires, dont le bateau Aquarius d’une ONG française, refusé par l’Italie et par Malte. Le 4 juillet, un bateau de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a accosté à Barcelone avec soixante migrants arrivés de Libye à son bord, après que l’Italie avait refusé de les accueillir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/07/2018
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France-Croatie : « Nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale »

A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h15
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, envoyé spécial)








                        



   


Il ne fait pas tous les jours bon vivre dans le quartier de Zaprude, en périphérie de Zagreb. Les barres d’immeubles de huit étages bâties dans les années 1960 racontent une époque lointaine, un pays qui n’existe plus et un quotidien pas toujours facile. La Yougoslavie de Tito, son rêve socialiste et égalitaire ont laissé dans leur sillage des façades un peu décaties mais de jolis espaces verts. Mateo, 45 ans n’éprouve pas pour autant la moindre nostalgie pour l’utopie dont il habite des vestiges encore sur pied.
Depuis quelques mois, il est de retour chez lui. Après diverses affaires plus ou moins réussies au Moyen-Orient et au mitan d’une vie aventureuse, il a retrouvé le quartier populaire qui l’a vu grandir et où ses parents vivent encore. Sans nostalgie. Son pays, c’est la Croatie de 2018 et la Croatie est en finale. Pour Mateo, ce n’est pas qu’une question de football, c’est une question de revanche.
« Nous, les Croates, on n’est jamais assez bien »
« Tu as vu l’arrogance des Anglais avant la demi-finale ? L’arrogance de leurs journaux quand ils parlaient de la Croatie ? L’arrogance de leurs joueurs ? » enrage-t-il, attablé à la terrasse d’un petit café, « ils l’ont bien mérité leur défaite, pas vrai ? » Le match de dimanche n’a pas encore eu lieu mais, pour lui, il s’agit déjà d’un événement historique : « Nous, les Croates, on n’est jamais assez ceci, jamais assez cela pour l’Europe… Jamais assez bien. Eh bien là on est en finale, nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale. » Une cliente d’une cinquantaine d’années sort avec un café à emporter. Comme beaucoup à Zagreb, elle porte aujourd’hui le maillot national au damier blanc et rouge.
D’après Mateo, dans la capitale et dans tout le pays, le football a tout recouvert. Mais en Croatie le football – c’est un lieu commun – n’est pas qu’un sport. En témoigne la peinture murale qui recouvre le flanc de son ancienne école primaire. Quatre visages juvéniles peints au pochoir. Des gars du quartier. « Trois sont tombés au combat pendant la guerre d’indépendance, raconte Mateo. Le quatrième était un peu bohème. C’est le foie qui l’a tué. Mais il avait une belle âme, ça lui a valu sa place sur le mur. »

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Tous étaient des ultras du Dinamo, le club de football de Zagreb dont les supporteurs les plus acharnés ont fourni les premières recrues aux forces croates au début des guerres de Yougoslavie. Avant la guerre, il y avait le football. Après la guerre, il reste le football.
« Cela me rappelle 1998 »
Au début du conflit, Mateo, adolescent, était courrier dans une unité locale croate qui avait creusé des tranchées autour du quartier. Une base de l’armée yougoslave, à dominante serbe, était située à proximité. « Quand ils sont partis, ils ont pris toutes leurs armes, les salauds. » se remémore Mateo, désormais au volant de sa modeste Volkswagen. Un petit ballon au damier blanc et rouge pend au rétroviseur. Zagreb n’est plus une ville en guerre, mais les souvenirs sont vifs. A Zaprude, bien sûr, mais aussi dans les quartiers plus huppés du centre-ville, où l’architecture n’a plus rien de collectiviste. L’urbanisme et l’architecture déploient tout le raffinement ravalé et le charme repeint de la Belle Epoque austro-hongroise.
A deux pas de la place centrale, Slavitsa – qui ne donnera pas son nom de famille – vient de garer son 4 × 4 noir. Damier rouge et blanc sur les housses qui recouvrent les rétroviseurs. Damier rouge et blanc sur deux petits fanions en plastique accrochés à la fenêtre arrière du véhicule. Damier rouge et blanc sur le tee-shirt qu’elle porte au-dessus de son chemisier. Notaire et mère de famille, Slavitsa s’enthousiasme :
« La ferveur qu’on ressent, la fierté d’être croate, notre cohésion, cela me rappelle 1998. »
Reconnue internationalement depuis six ans, dont trois de conflit avec les ex-Républiques yougoslaves voisines, la Croatie accédait il y a deux décennies aux demi-finales du Mondial avant d’être sortie par un doublé de Lilian Thuram. L’échec si près du but avait laissé un souvenir cuisant à ceux qui avaient l’âge, alimentant au passage diverses théories du complot farfelues. Alors dimanche, voilà une nouvelle revanche à prendre.
Football, nationalisme et guerre
Slavitsa a quelque chose à ajouter : « La ferveur de 1998, c’était déjà le prolongement de notre victoire, de notre indépendance. » Le football, le nationalisme, la guerre. Les fils invisibles qui relient ces univers pris à chaque fois comme un bloc tissent une mémoire, une identité et on ne fait pas le tri dans les gloires et les horreurs qui l’habitent. Entre les chapeaux à damier, les maillots de l’équipe nationale, les casquettes et les drapeaux en tout genre qu’on trouve en vente dans les rues et dans les boutiques à touristes, et qui arrivent à rupture de stock d’après Gabriella Taliareti, vendeuse de souvenirs établie près de la cathédrale, on trouve les traces d’une histoire un peu plus ancienne.

   


Certains des articles font référence au régime des Oustachis. Cet Etat d’inspiration fasciste allié à l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale qui s’est rendu coupable des pires exactions contre les populations serbes et juives présentes sur son territoire ressurgit sous la forme d’un jeu de mot. « Soyez prêts ! » le slogan des Oustachis résonne dans le slogan « soyez fiers ! » dont sont frappés des tee-shirts aux coloris variés mis en vente pour la finale. Au-delà leurs rivalités parfois meurtrières, les ultras des grands clubs croates ne rechignent pas à s’approprier de la même manière croix gammées et autres symboles d’extrême droite à l’occasion des matchs du championnat national comme à l’étranger.
Fran, 18 ans, n’a que faire de ces breloques et des bagarres de supporteurs qui rythment la vie du football croate. Il ne supporte que l’équipe nationale. « C’est très beau ce qui se passe. Je n’ai jamais vu les gens faire preuve d’autant de bienveillance même en dehors des soirs de match. Ça me donne la chair de poule ! », livre-t-il en ouvrant d’un coup de décapsuleur expert une bouteille de Karlovacko, une des bières nationales, derrière le bar du café où il officie.
Le football croate gangrené par la corruption
Cet été de Coupe du monde, il est serveur dans un établissement fréquenté du centre avant d’intégrer l’école d’aviation civile dont il a remporté le concours haut la main. « Mais bon, dans quelques semaines, tout sera redevenu comme avant, les problèmes économiques seront toujours là… » Une fois diplômé, il compte bien quitter le pays comme tant d’autres jeunes croates. Revenir peut-être à la retraite.
La ferveur que suscitent les succès de l’équipe nationale ne peut pas non plus effacer le fait que Zdravko Mamic, directeur exécutif du Dinamo Zagreb, l’homme fort du football croate mouillé dans un scandale de corruption tentaculaire, ait fui la justice de son pays dans la Bosnie-Herzégovine voisine. Les détournements de fonds concernent d’ailleurs le transfert, en 2004, du milieu de terrain héroïque de la sélection croate, Luka Modric, du Dinamo Zagreb au club londonien de Tottenham. Et ce dernier encourt cinq ans de prison pour faux témoignage devant le tribunal chargé de cette affaire.

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D’après la journaliste sportive Dea Redzic, du média en ligne Index.hr, le football croate est en partie liée à l’identité nationale du pays mais aussi à des travers qui deviennent de plus en plus insupportables à la population : « Le football croate est gangrené par un système mafieux qui est directement lié à l’élite politique. » La présidente de la République, Kolinda Grabar-Kitarovic, n’a pas manqué de s’afficher abondamment à Moscou comme la première supportrice de l’équipe nationale. Ses liens avec le parrain du football croate fugitif sont cependant connus. « Maintenant, le gouvernement veut tirer parti de ces succès et faire oublier aux gens tous ces problèmes. Mais les gens ne sont pas dupes, la victoire de notre équipe est la nôtre, celle du peuple, pas la leur. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Tous les Etats membres, à l’exception notable des Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une meilleure coopération internationale sur le sujet.
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L’ONU s’accorde sur un pacte mondial sur la migration

Tous les Etats membres, à l’exception notable des Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une meilleure coopération internationale sur le sujet.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 09h56
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


L’ONU a démontré que le multilatéralisme n’était pas complètement mort en s’accordant, vendredi 13 juillet, sur un pacte mondial sur la migration, l’un des sujets les plus controversés du moment. C’est une « une bouffée d’air frais », a reconnu un diplomate, en référence au durcissement des politiques migratoires en Europe ou aux Etats-Unis.
Au total, 192 Etats membres des Nations unies – excepté les Etats-Unis, qui se sont retirés des négociations au mois de décembre – ont entériné l’idée d’un « pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée », qui doit encore être formellement adopté à Marrakech les 10 et 11 décembre prochain. Les deux cofacilitateurs, l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, et le Mexicain Juan José Gomez Camacho, ont salué un effort de coopération « historique ».
« On peut se mettre la tête dans le sable »
La manœuvre – qui avait commencé il y a plus de dix-huit mois à la suite de la « déclaration de New York » – était périlleuse, tant les Etats membres sont soucieux de préserver leur souveraineté sur un sujet qui suscite de vives réactions populistes à travers le monde, et notamment en Europe qui connaît sa plus grave crise migratoire depuis la seconde guerre mondiale.

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Le président de l’Assemblée générale, le Slovaque Miroslav Lajčák, avait rappelé au début du cycle de négociation l’urgence de trouver un accord :
« On peut se mettre la tête dans le sable, se dire qu’on s’en occupera demain, que ce sera pour une autre génération, lors d’une autre crise. Ou alors agir, planifier, organiser un système et répondre à un phénomène mondial par une solution mondiale. »
Grâce à ce document non contraignant, les Etats s’engagent à mieux coopérer pour réduire le chaos de la migration irrégulière et combattre les trafics d’êtres humains, comme en Libye notamment.
L’Union européenne « d’une seule voix »
Le pacte, qui repose sur vingt-trois objectifs, est « un guide des bonnes pratiques et un catalogue de solutions », résume Louise Arbour, la représentante spéciale du secrétaire général sur la migration, et ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme. « Il rappelle tous les grands principes tels que la défense des droits de l’homme et de l’enfant et couvre tout le spectre de la migration, que ce soit la compilation de données pour mieux appréhender le phénomène migratoire ou les questions liées au départ, au transit, à l’accueil, au travail, à l’accès aux services sociaux, au retour et à la réintégration, explique-t-elle. Les Etats membres ont accepté de négocier, car ils ont compris que ce pacte ne forçait en rien l’adoption de politiques nationales. »
L’Union européenne, profondément divisée sur la réponse à apporter à cette crise, a parlé « d’une seule voix durant les négociations », assurent les deux cofacilitateurs. C’est même, selon un participant, l’Autriche qui a pris la parole au nom des Vingt-Sept alors que Vienne – qui préside l’Union européenne pour les six prochains mois – tente de renégocier toutes les règles du droit d’asile européen.

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Des pays « ancrés dans la paranoïa »
« La conversation à New York entre Etats membres a été plus sereine, plus respectueuse, plus ancrée dans la réalité. Maintenant, le défi va être de réconcilier des discours nationaux qui sont ancrés dans la paranoïa. C’est un pari sur l’avenir, car la mobilité humaine est non seulement un phénomène inévitable mais surtout, bien gérée, elle peut donner des dividendes extrêmement positifs », assure Mme Arbour.
Selon l’ONU, les migrants représentent 3,4 % de la population mondiale soit 258 millions de personnes. Ils contribuent à près de 10 % du produit intérieur brut global, selon une étude du cabinet de conseil McKinsey.

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Si les organisations internationales se sont réjouies de l’adoption de ce pacte, elles se sont élevées contre le langage employé sur la détention des mineurs, qui, selon le pacte, ne doit intervenir « qu’en dernier recours ». « J’aurais évidemment voulu que ce soit une interdiction totale, assure une négociatrice, mais le principe d’une négociation est de faire des compromis et cette question était une ligne rouge pour de nombreux Etats. »
« C’est un très bon texte ! Est-ce que c’est parfait ? Non, évidemment. Le langage aurait pu être plus robuste, mais ce pacte va dans la bonne direction », estime pour sa part une diplomate. « L’important, c’était d’avoir cette vision collective et un engagement », assure, quant à elle, Mme Arbour. « Nous ouvrons pour la première fois un grand débat de manière progressiste. A nous maintenant d’insuffler un vent de concrétisation. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès, qui achèvent leurs études dans ces prestigieuses universités britanniques, racontent l’effervescence et le faste de ces bals mythiques.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

« A Oxford et Cambridge, démesure et excentricité marquent les bals de fin d’année »

Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès, qui achèvent leurs études dans ces prestigieuses universités britanniques, racontent l’effervescence et le faste de ces bals mythiques.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h30
   





                        



   


Chronique britannique. Diplômés de Sciences Po, Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès ont étudié dans les universités d’Oxford et de Cambridge ces derniers mois, le premier dans un master en études africaines et le second dans le cadre d’un séjour de recherche en master de littérature.
A Oxford comme à Cambridge, l’année s’est terminée sous un vaste soleil – événement suffisamment rare pour être salué. Les pelouses ont été prises d’assaut pour jouer au croquet ou pique-niquer. Les punts – ces barques à fond plat emblématiques d’« Oxbridge » [mot-valise désignant à la fois les universités de Cambridge et d’Oxford] – ont sillonné les rivières Cherwell et Cam des deux villes. Des étudiants de toutes les nationalités se sont agglutinés devant les écrans géants des pubs pour suivre la Coupe du monde – les règles du football moderne ont d’ailleurs été formalisées en 1863 dans l’un des parcs de Cambridge.
La fameuse May Week d’une dizaine de jours à Cambridge et plus à Oxford
Mais l’événement de fin d’année le plus emblématique d’Oxbridge reste la saison des bals et des garden-parties, resserrée sur la fameuse May Week d’une dizaine de jours à Cambridge et un peu plus étalée tout au long du printemps dans la plus fêtarde ville d’Oxford. Ces événements prestigieux sont extrêmement prisés, et largement cathartiques après le stress des examens, permettant de souder étudiants, professeurs, membres d’un département ou chercheurs d’une même discipline.

   


Le fric, c’est chic
Pour être présents, nous avions pris nos dispositions dès janvier. Les places se vendent comme des petits scones, malgré les tarifs pas franchement abordables de ces sauteries à l’ambiance Great Gatsby. C’est même à l’aune de la démesure d’un bal qu’on jauge le prestige du college organisateur. Comptez ainsi 300 livres sterling (340 euros) pour le bal de Christchurch, à Oxford ; le lieu qui aurait inspiré Poudlard dans la saga « Harry Potter », tandis que le modeste Kellogg College de Noé en demande 65 livres.
Les récits d’intrusion, plus ou moins discrète, dans des bals abondent
Une parade existe néanmoins : « De nombreux bals offrent des billets gratuits contre quelques heures de bénévolat », explique Claire Poullias, doctorante française en neurosciences, incollable sur les mondanités printanières d’Oxford. Les récits d’intrusion, plus ou moins discrète, dans des bals abondent : par la fenêtre, voire par la nage pour les colleges en bord de rivière. Mais difficile de faire illusion très longtemps dans un bal quand on arrive grelottant, le smoking trempé…
Certains s’indignent sur des forums en ligne de ces prix « scandaleusement chers et socialement discriminants ». Tout un marché d’échange et de revente de places fait également fureur sur Facebook. S’y ajoute un juteux business lié au dress code très strict de certains colleges : les hommes devront louer des ensembles white tie (« cravate blanche ») avec queue-de-pie – ce qui coûte une centaine d’euros supplémentaires. Le plus abordable black tie (« cravate noire ») l’emporte quand même le plus souvent – costumes sombres avec nœud papillon et robes de soirée.
Gondoles, autos tamponneuses et magiciens
La démesure déployée lors de ces événements exceptionnels semblent légitimer une hausse des prix… menant vers toujours plus d’extravagances. Des artistes de renommée mondiale, comme Calvin Harris ou le groupe de rock The Hoosiers, s’y sont produits. Les colleges, si granitiques qu’ils soient, sont habilement décorés pour coller aux thèmes choisis : forêt, jardin d’Eden et autres bizarreries. On y trouve de nombreuses scènes, des stands photo, manucure et attractions en tout genre – gondoles, autos tamponneuses, magiciens et jeu de laser.
Des centaines de personnes casquées dansant frénétiquement
Cette année, la tendance semblait aussi aux paillettes et aux silent discos : des centaines de personnes casquées dansant frénétiquement dans les halls médiévaux ou victoriens silencieux, chacun choisissant la fréquence musicale du DJ qui lui convient.
Les colleges les plus riches s’offrent également des feux d’artifice somptueux. A Cambridge, on prétend d’ailleurs que St. John’s College garde l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de livres sterling de feux d’artifice en stock au cas où Trinity, le college rival, tenterait de leur voler la vedette. Les budgets d’un bal de « grands colleges » avoisine 500 000 livres (565 600 euros), loin des « modestes » 33 000 livres du Kellogg College d’Oxford.
Organiser la rareté et stimuler la demande
Si la nourriture est illimitée dans ces bals, la boisson cristallise toutes les passions. De nombreux bars proposent bières, cocktails et gin tonic. La rupture de stock en Prosecco arrive généralement vers 1 heure du matin.
En 1993, on raconte aussi qu’il y a eu une petite insurrection lorsque des étudiants du bal de Christ Church, à Oxford, se sont aperçus que les 130 livres dépensées ne leur donnaient pas droit à un open bar de mousseux. L’Angleterre rencontrait alors des difficultés économiques et plusieurs bals avaient dû être annulés faute de clientèle, faisant dire à un responsable étudiant que « de plus en plus d’étudiants préfèrent dépenser 20 livres en bières que 80 en champagne ». En 2013, le Guardian relatait un bal calamiteux où quelques-uns des convives affamés avaient mis le feu à leur tenue de soirée en patienter près des grils…
Il faut séduire les étudiants avant les autres bals avec des sites Internet éphémères au design épuré
Mais l’organisation est habituellement millimétrée : Vicki Hodgson, présidente du May Bal du college d’Homerton, à Cambridge, explique que son « comité d’étudiants consacre environ quinze heures par semaine à l’organisation d’un événement pour 1 500 invités ». Robin Ankele, vice-président de la common room (le bureau des élèves local) du Kellogg College d’Oxford, explique avoir commencé à y travailler dès février, ce qu’il juge assez tardif : il faut séduire les étudiants avant les autres bals, en donnant un avant-goût de l’événement avec des sites Internet éphémères au design épuré.
Certains bals n’ont d’ailleurs lieu que tous les deux ou trois ans, pour limiter les frais, organiser la rareté et stimuler la demande. Ils témoignent néanmoins d’une caractéristique d’Oxbridge : la multitude et l’ampleur des événements organisés et gérés par les étudiants. Pièces de théâtre, défilés de mode, expositions, édition de revues, concerts… dans ces petites villes, la vie sociale et culturelle est largement à l’initiative des étudiants qui se forment aussi à travers ces initiatives.
Une bouffée d’euphorie et d’inventivité

   


A ces événements s’ajoutent de nombreuses garden-parties très détendues, plus familiales et souvent informelles, où le Pimm’s – cet énigmatique alcool fruité – coule à flots. Et à Cambridge, le King’s College, qui se revendique d’extrême gauche, préfère organiser un « festival » plutôt que s’astreindre au formalisme de May Week. Un thème parfois ésotérique – « musique des sphères » cette année – régit l’ensemble et les étudiants rivalisent de créativité dans des costumes fantasques, volontiers queer, voire minimalistes. Il paraît que la MDMA [une amphétamine] circule largement dans ces soirées. La King’s Affair s’avère en tout cas une bouffée d’euphorie et d’inventivité.
Nous aurions sûrement payé davantage si nous avions consommé ailleurs tant de nourriture, de boissons…
Ces bals d’Oxbridge sont souvent mémorables. Ils raffermissent l’esprit d’appartenance à ces universités et contribuent au mythe qui les entoure. Nous relativisons d’autant mieux le prix de certaines soirées que nous aurions sûrement payé davantage si nous avions consommé ailleurs tant de nourriture, de boissons et d’activités en l’espace de dix heures.
A 5 heures du matin, nous avons fait « la photo des survivants » et gagné notre petit déjeuner. Le jour était déjà bien levé sur l’Angleterre, et nous mesurions notre chance, pas seulement pour le café gratuit, mais aussi d’avoir expérimenté cette excentricité britannique inimitable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.
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En Islande, le harponnage d’un mystérieux cétacé fait polémique

Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h21
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h34
   





                        



   


Baleine bleue, rorqual commun, ou hybride ? La polémique enfle en Islande, à la suite des accusations d’une association de défense des animaux, laquelle affirme qu’une baleine bleue aurait été harponnée, une première depuis cinquante ans.
« Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière Hvalur hf, à Hvalfjördur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet », a fait savoir l’association internationale dans un communiqué. La baleine bleue est en effet une espèce protégée depuis 1966 et sa chasse est interdite par la Commission baleinière internationale.
Pourtant, de nombreux experts en Islande mettent en doute les affirmations portées par Sea Shepherd. Selon les spécialistes, l’animal harponné présente des caractéristiques semblables à la baleine bleue… et au rorqual commun, deuxième plus grand animal vivant sur la planète derrière la baleine bleue. Or l’unique entreprise islandaise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf, a été autorisée en avril à reprendre la mer.
Une espèce hybride ?
L’animal possède ainsi « un large côté dorsal avec une petite nageoire comme les rorquals communs, ce qui peut expliquer la raison pour laquelle il a été tué en tant que tel », a indiqué Gisli Vikingsson, biologiste marin et spécialiste des baleines à l’Institut de recherche marine et d’eau douce. « Sa taille et ses marques sur la peau sur les côtés sont en revanche proches de la baleine bleue », a-t-il ajouté.

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« Nous l’avons harponné en pensant que c’était un rorqual commun, s’est défendu Hvalur hf, par la voix de Kristjan Loftsson, son PDG, interrogé par l’AFP. Nous voyons des baleines bleues en mer tout le temps sans jamais y toucher, car nous les identifions grâce au souffle émis par leur évent. » En effet, le souffle est plus important chez les baleines bleues que chez les autres espèces de baleines.
Selon Gisli Vikingsson, il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre la baleine bleue et du rorqual commun, un phénomène rare. Depuis 1987, cinq animaux de ce type ont été observés dans les fonds marins islandais, selon M. Loftsson. Ils souffrent tous d’infertilité.

   


« Activité imprécise et imparfaite »
D’ici à la fin du mois de juillet, les premiers résultats d’analyses devraient être connus – mais pourraient ne pas être suffisants. Un test ADN, initialement programmé pour cet automne, va également être rapidement pratiqué face aux débats que suscite la prise.

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                En Islande, les écologistes dénoncent le commerce de la viande de baleine



« Cela montre à quel point cette activité est imprécise et imparfaite et qu’il n’y a absolument aucun besoin de la poursuivre », a déclaré pour sa part Sigursteinn Masson, responsable de l’antenne islandaise du Fonds international pour la protection des animaux. « Les hybrides sont d’une rareté encore plus importante que les baleines bleues, qui sont pourtant elles-mêmes listées comme espèce en danger », a-t-il ajouté, appelant à l’arrêt immédiat de la chasse au rorqual commun.
Aucune loi ne régit la chasse à la baleine hybride. En revanche, son commerce est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.




                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 13/07/2018
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Trump quitte l’Angleterre après avoir attisé les braises du Brexit

Le président américain n’a pas ménagé son hôte, Theresa May, lors de son voyage. Une visite déstabilisante en plein chaos politique.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 02h51
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h58
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

L’impossible cousin d’Amérique, celui qu’on gâte mais qui vous méprise, a quitté l’Angleterre, vendredi 13 juillet au soir. La première ministre britannique Theresa May doit se sentir soulagée. Le président des Etats-Unis Donald Trump ne lui a rien épargné. Ni le désaveu claironné dans le tabloïd Sun de ses tentatives de rapprochement avec l’Union européenne (UE) dans la négociation du Brexit.
Ni le coup de poignard dans le dos qui a consisté à désigner son adversaire, l’ultra brexiter Boris Johnson, comme « un type qui ferait un formidable premier ministre » à sa place. Insulte répétée devant l’intéressée lors d’une conférence de presse surréaliste, tenue en plein air à Chequers, la résidence de campagne des chefs du gouvernement britannique. Une sorte de cruel jeu de rôle où l’humiliée a dû ravaler sa fierté tandis que son persécuteur, tout en condescendance, faisait mine de s’excuser.

Oui, un article était paru dans la presse, a admis M. Trump, mais « il ne reflète pas ce que j’ai dit de la première ministre. C’est ce qu’on appelle des fake news », a-t-il osé. En réalité, Mme May est une « femme incroyable qui fait un travail fantastique ». En la revoyant vendredi matin, après la publication de l’interview assassine, a assuré le président américain, « je lui ai dit : “je voudrais m’excuser parce que [en réalité] j’ai dit beaucoup de bonnes choses sur vous”. Elle m’a dit : “ne vous en faites pas, ce n’est que la presse”. J’ai trouvé que c’était très professionnel. » 

Quant au « niet » à un accord de libre-échange Londres-Washington pour cause de maintien des liens avec l’UE, clairement exprimé et justifié dans l’entretien du Sun, ce serait encore un malentendu. « Quoi que vous fassiez [sur le Brexit], ça me va, c’est votre décision. Assurez-vous seulement que vous pouvez commercer avec nous, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Comme promis lors de sa campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à ce régime d’exception durant lequel il a mené une traque contre ses opposants.
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Après deux ans, l’état d’urgence prend fin en Turquie

Comme promis lors de sa campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à ce régime d’exception durant lequel il a mené une traque contre ses opposants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 22h42
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h32
   





                        



   


Deux ans après son instauration, à la suite d’un putsch avorté, l’état d’urgence en Turquie prendra fin mercredi. « L’état d’urgence actuel arrivera à expiration au soir du 18 juillet. Notre président a la volonté (…) de ne pas le prolonger », a déclaré vendredi 13 juillet le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, lors d’une conférence de presse à Ankara.
« La lutte contre le terrorisme va se poursuivre dans le cadre des lois actuelles », mais l’état d’urgence pourrait être rétabli « en cas de situation extraordinaire », a-t-il ajouté. Recep Tayyip Erdogan, qui a entamé le 9 juillet un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs renforcés après sa réélection le 24 juin, avait promis lors de sa campagne de lever d’état d’urgence après que ses principaux rivaux l’eurent fait.
77 000 personnes incarcérées
Ce régime d’exception avait été instauré le 20 juillet 2016, dans la foulée de la tentative de putsch du 15 au 16 juillet imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, lequel nie toute implication. Mis en place pour une durée initiale de trois mois, l’état d’urgence a été sans cesse prolongé depuis, suscitant des critiques de plus en plus vives contre ce régime qui élargit considérablement les prérogatives du président et des forces de sécurité.

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                Le Vénézuélien Maduro séduit par Erdogan « leader du nouveau monde multipolaire »



Dans le cadre de l’état d’urgence, les autorités turques ont mené une traque impitoyable contre les partisans présumés de M. Gülen. Au-delà des putschistes présumés, les purges ont également frappé des opposants prokurdes, des médias critiques et des ONG. En tout, quelque 77 000 personnes ont été incarcérées et plus de 150 000 limogées ou suspendues.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.
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édition abonné


Russie : « Monsieur Macron, montrez que la France fait tout son possible pour sauver Oleg Sentsov »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 13h22
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, nous aimons ce sport collectif qu’est le football et dans cette Coupe du monde, nous avons été heureux de l’engouement grandissant provoqué par le parcours de notre équipe nationale, qui s’achèvera dimanche, nous l’espérons, par sa victoire.
Nous sommes fiers de la jeunesse de cette belle équipe, de sa diversité et de son talent. Nous nous sentons d’autant plus proches d’elle que nous essayons nous-même de dire parfois par nos films ce qui fait ces valeurs et cette réussite plurielle, car elles sont parmi les plus belles images que peut donner de lui notre pays dans le monde.

Au nom de cette longue histoire collective que vous connaissez bien, à laquelle participe aujourd’hui à sa manière l’équipe de France, nous nous adressons à vous. Monsieur le président, nous vous le disons avec toute la solennité qu’impose l’état de santé de notre confrère, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, dont vous savez qu’il mène actuellement une grève de la faim illimitée depuis plus de soixante jours, pour demander la libération des soixante-dix prisonniers politiques ukrainiens condamnés, comme lui, à de lourdes peines après des parodies de procès.

Le jour de la finale à Moscou, il en sera à son 63e jour de grève de la faim. Si rien n’est fait là, tout de suite, il va mourir dans une des colonies pénitentiaires de celui avec qui vous avez prévu d’assister à ce match.
Une faute
Monsieur le président, vous ne pouvez pas mettre dans la balance un match de foot, aussi important soit-il, et les fondements mêmes sur lesquels repose notre République. Ses fondements, comme ses valeurs.
Aller à Moscou, dimanche assister à la finale de la Coupe du Monde au côté du président Poutine, sans que soit fermement abordée la question des prisonniers politiques ukrainiens, serait une faute qui abîmerait longuement l’image de la France dans le monde.

Aussi, Monsieur le président, nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La police britannique, qui n’a pas encore déterminé comment le récipient était arrivé chez Charlie Rowley, estime que cette découverte est un « développement important et positif » dans l’enquête.
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Royaume-Uni : une « petite bouteille » du poison Novitchok retrouvée chez une victime

La police britannique, qui n’a pas encore déterminé comment le récipient était arrivé chez Charlie Rowley, estime que cette découverte est un « développement important et positif » dans l’enquête.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 19h34
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h33
   





                        



   


La police britannique a annoncé vendredi 13 juillet avoir trouvé une petite bouteille ayant contenu du Novitchok, l’agent innervant qui a empoisonné un couple de Britanniques à Amesbury, dans le sud-est de l’Angleterre.
La petite bouteille a été trouvée au domicile de Charlie Rowley, l’une des deux victimes – toujours hospitalisé, mais plus « dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury – et les tests effectués au laboratoire militaire de Porton Down ont confirmé qu’elle contenait du Novitchok.
« De plus amples tests vont être menés pour essayer d’établir si cela vient du même lot qui a contaminé Sergueï et Ioulia Skripal en mars, ce qui reste une piste d’enquête pour la police », a ajouté Scotland Yard.
Les enquêteurs essayent d’établir « d’où vient la bouteille et comment elle est arrivée au domicile de Charlie ». C’est un « développement important et positif », a salué le chef de l’antiterrorisme, Neil Basu, sans donner plus de détails sur l’objet retrouvé. « Toutefois, nous ne pouvons garantir qu’il ne reste plus de substance [dans la nature] et des cordons policiers vont rester en place pour une période considérable », a-t-il prévenu.
« Faible » risque pour le public
Le risque pour le public reste « faible », mais par mesure de précaution, les autorités demandent à la population de ne pas ramasser d’objets inconnus, « comme des seringues, des aiguilles, des cosmétiques ou des objets similaires faits de métal, de plastique ou de verre ».
Les autorités britanniques ont invité des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à venir la semaine prochaine faire des prélèvements qui seront analysés dans les laboratoires qu’ils auront désignés, selon le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.
Charlie Rowley et Dawn Sturgess avaient été hospitalisés le 30 juin après avoir été empoisonnés au Novitchok. Si Charlie Rowley s’en est sorti, Dawn Sturgess, une mère de trois enfants âgée de 44 ans, est morte à l’hôpital dimanche soir. Son autopsie est prévue mardi.

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                La mort de la Britannique empoisonnée au Novitchok relance la tension entre Londres et Moscou






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le président états-unien, en visite au Royaume-Uni le 13 juillet, est revenu sur ses déclarations parues dans la presse et critiquant le plan de Theresa May pour le Brexit.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Après avoir rencontré Theresa May, le président américain devait rejoindre le palais de Windsor pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.
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A Londres, des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la venue de Trump

Après avoir rencontré Theresa May, le président américain devait rejoindre le palais de Windsor pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 20h20
   





                        



Venu rencontrer la première ministre britannique ainsi que la reine, Donald Trump a commencé jeudi 12 juillet une visite très surveillée au Royaume-Uni. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé bruyamment dans les rues de Londres vendredi après-midi contre sa venue. Un « carnaval de la résistance » contre le président américain jugé « misogyne, homophobe, xénophobe ».
« #DumpTrump » (« Trump à la poubelle »), ou « Même ma mère, qui aime pourtant tout le monde, ne peut pas t’encadrer », pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles brandies par les participants. « Non à Trump, non au KKK [Ku Klux Klan], non à l’Amérique fasciste ! », chantaient-ils en descendant sous un soleil resplendissant la grande artère commerciale d’Oxford Street pour se rendre à Trafalgar Square, en plein cœur de la capitale britannique.
Notre correspondant à Londres, Philippe Bernard, s’est rendu sur place :

Alex, dans la manif anti-Trump à Londres: « Trump n’a pas à se mêler de nos affaires. En attaquant l’UE, il montre… https://t.co/iP6OtD5JEx— canalbernard (@Philippe Bernard)


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Sur Regent St, Trump mobilise la gauche britannique. https://t.co/84e9sQhGnJ— canalbernard (@Philippe Bernard)


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La manifestation londonienne, divisée en deux marches, l’une de femmes, l’autre regroupant une coalition d’organisations, constitue le point d’orgue du mouvement de protestation contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni. Celle-ci avait été longtemps différée par crainte de la réaction des détracteurs du président américain, ulcérés à l’idée que leur pays lui déroule le tapis rouge.
« Misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe »
« Donald Trump est misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe et promeut le sectarisme », a déclaré Georgina Rose, 42 ans, participante de la « Marche des femmes ». Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la première ministre britannique, des manifestants ont sifflé Theresa May, qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer M. Trump après son investiture, début 2017.
Dawn, 49 ans, est elle venue avec sa fille de 11 ans, Sadie. « Trump est l’homme avec le plus grand ego aux commandes de la plus grande puissance mondiale. Il n’a pas la moindre idée de ce dont le monde a besoin », a estimé cette mère de famille. Une vingtaine d’artistes drag-queen ont pris part au défilé, dont Joey « Bourgeoisie » Frenette, 27 ans, originaire de Washington et installé au Royaume-Uni depuis huit ans : « Je pense qu’il incarne une représentation particulièrement négative de ce que l’Amérique doit donner au monde. »

   


Plus insolite : dans la matinée, un ballon géant représentant un Trump en couche-culotte a flotté près du Parlement, une initiative qui a reçu le feu vert du maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, objet de nombreuses attaques verbales du président américain.
« En tant qu’Américain, je trouve ça génial. C’est une façon pacifique de protester », a commenté Brett Kirchner, 25 ans, originaire de Caroline du Nord, sur la côte est américaine. Même si, comme il en a convenu, « il y aura aux Etats-Unis des gens qui sont très contrariés par cette protestation et qui pensent que c’est insultant ».
Le parcours des manifestants tenait cependant M. Trump éloigné des protestations. Après s’être entretenu avec Mme May, M. Trump avait en effet rendez-vous, en compagnie de son épouse Melania, au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II. Un honneur qui passe mal auprès de nombreux Britanniques.
Plus tôt dans la journée, le président des Etats-Unis avait fait une entrée fracassante sur le sol britannique en soutenant, dans un entretien au tabloïd The Sun, les détracteurs de la première ministre partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne dans les négociations sur le Brexit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Alors que le Mondial de foot s’achève, le Kremlin est resté sourd aux appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.
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La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine

Alors que le Mondial de foot s’achève, le Kremlin est resté sourd aux appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La Coupe du Monde de football s’achève en Russie, et Oleg Sentsov risque de mourir. Le cinéaste ukrainien, incarcéré dans une colonie à régime sévère dans le nord du pays, a eu 42 ans ce vendredi 13 juillet, tandis qu’il franchissait un autre pallier : 61 jours de grève de la faim. Dans une lettre datée du 22 juin mais rendue publique le même jour, vendredi, sur le site de la radio Echo de Moscou, sa mère, Lioudmila Sentsova, a demandé sa grâce à Vladimir Poutine.
« Je ne vais pas essayer de vous convaincre de l’innocence d’Oleg, même si j’en suis persuadée, écrit-elle. Je dirai juste qu’il n’a tué personne. Il a déjà passé quatre ans en prison. Ses enfants l’attendent. Le cadet souffre d’autisme. Ils ne seront jamais heureux sans leur père. »
Vladimir Poutine est resté jusqu’ici inflexible. Ni les commentaires alarmés des défenseurs des droits de l’homme, ni les requêtes de ses interlocuteurs – Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a lui aussi demandé sa grâce – ni les nombreux appels d’intellectuels à l’étranger n’ont ébranlé le chef du Kremlin.

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« J’ose croire qu’il va le libérer pour ne pas laisser une ombre sur le Mondial. La mort [du nationaliste irlandais] Bobby Sands après soixante-six jours de grève de la faim [en Irlande du Nord], a pesé sur Thatcher comme quelque chose d’indélébile », souligne depuis Paris Michel Eltchaninoff. Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents à travers laquelle écrivains et intellectuels comme Leila Slimani, Jonathan Littell ou Philippe Claudel se sont mobilisés, il est lui-même l’auteur d’une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron lui demandant de ne pas se rendre en Russie sans un geste du Kremlin.
Pétitions et manifestations
Le président français a assisté à Saint-Pétersbourg à la demi-finale du Mondial disputée par la France le 10 juillet. Il sera de nouveau à Moscou ce dimanche, au côté de Vladimir Poutine, pour la finale qui opposera cette fois la France à la Croatie.
Publiée sur le site de la Société des réalisateurs de film, une pétition a réuni des dizaines de signatures françaises et étrangères parmi lesquels Jacques Audiard, Bertrand Tavernier, l’acteur américain George Clooney ou le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev. Depuis les Etats-Unis, d’autres appels ont été lancés, dont celui de l’écrivain Stephen King. Dans une lettre ouverte rédigée à l’attention de Vladimir Poutine et de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football, le Pen Club aux Etats-Unis a réuni les signatures d’une cinquantaine de personnalités, dont Patti Smith, Salman Rushdie, Paul Auster ou Michael Connelly. Toutes ces démarches sont restées sans résultat.

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En Russie, ceux qui osent manifester publiquement pour la libération d’Oleg Sentsov sont réprimés. Vendredi, le tribunal Tverskoï de Moscou a condamné deux acteurs de Teatr.doc, Maria Tchouprinskaïa et Gregori Gandlevski, à 20 000 roubles d’amende (environ 275 euros) pour avoir « distribué des tracts » en faveur du cinéaste. Huit autres personnes ont été interpellées à Saint-Pétersbourg, comme tous ceux qui ont tenté de sensibiliser les supporteurs de foot venus du monde entier. Rue Nikolskaïa, à Moscou, lieu de rassemblement privilégié des fans, la police les a promptement chassés.
Un chemin plein d’obstacles

   


« Nous avons appris aujourd’hui par les médias qu’une telle demande [de grâce] a été faite », a commenté, vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé sur la lettre de la mère d’Oleg Sentsov. « Bien sûr, elle sera examinée, nous y prêterons attention », a-t-il ajouté. Jusqu’ici, pourtant, tous les obstacles ont été dressés sur le chemin de la libération du cinéaste, à commencer par sa nationalité. Né en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, il s’est vu imposer la nationalité russe, compromettant ainsi la perspective d’un échange entre prisonniers un temps envisagé entre Kiev et Moscou. La Russie a ensuite argué qu’elle ne pouvait échanger un « citoyen russe ».

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Oleg Sentsov a lui-même lié son sort à celui de quelque 70 autres prisonniers ukrainiens, dont Alexandre Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié de « parodie de justice » par Amnesty International, les deux hommes avaient été condamnés en même temps, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « organisation » et « participation » à une entreprise « terroriste » sur la base d’aveux de deux complices présumés. Ces derniers ont, depuis, déclaré qu’ils leur avaient été extorqués sous la torture. « Manifestement, les droits élémentaires de la défense n’ont pas été respectés », a convenu le 10 juillet Bernard Griveaux, porte-parole du gouvernement français sur France Info.
Dans une colonie pénitentiaire
Accusé de faire partie de Praviy Sektor, un groupe ultranationaliste ukrainien, puis arrêté en Crimée en mai 2014, moins de deux mois après l’annexion de la péninsule ukrainienne, Oleg Sentsov purge aujourd’hui sa peine dans une colonie pénitentiaire de Labytnangui, à près de 2 000 kilomètres de Moscou, dans la région de Iamalo-Nénétsie. C’est là qu’il a commencé, le 14 mai, sa grève de la faim, en se disant déterminé à aller « jusqu’au bout ». Depuis, « chaque jour, il boit 3,5 litres d’eau, répète son avocat Dmitri Dinzé. Il a accepté des injections de glucose, d’amino-acides et de vitamines. »
« Oleg, qui mesure 1,90 mètre (…) a perdu 15 kg depuis le début de sa grève de la faim, a témoigné sa cousine, Natalia Kaplan, qui a pu lui rendre visite le 5 juillet. « Hier, il était dans un très mauvais état, aujourd’hui, il se sent mieux. Cela va surtout mal le soir », avait-elle poursuivi, en précisant qu’il irait effectivement « jusqu’au bout » : « Il croit en sa victoire. »

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La déléguée aux droits de l’homme de Vladimir Poutine, Tatiana Moskalkova, qui s’était résignée à faire le déplacement le 28 juin, a fait entendre sa différence. « Oleg Sentsov est en bonne forme émotionnelle. Il marche, il s’intéresse à ce qu’il se passe dans le monde, il regarde la télévision, les infos et le football, et il écrit un scénario pour un film », avait-elle déclaré, sans un mot sur son état physique. En quittant les lieux en cortège, la fonctionnaire, élevée au grade de générale du ministère de l’intérieur où elle a longtemps travaillé, a refusé de s’arrêter et de parler à son homologue ukrainienne, Lioudmila Denissova, qui s’était vu refuser l’accès au camp.
Vendredi, loin des projecteurs du Mondial qui vont s’éteindre, un autre Ukrainien, Evgueni Panov, a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire pour les mêmes motifs qu’Oleg Sentsov. Arrêté également en Crimée en août 2016, ce chauffeur d’entreprise avait avoué, sous l’effet de la torture a-t-il affirmé à ses avocats, avant de se rétracter.



                            


                        

                        


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Mariano Rajoy sur la voie de la rédemption en Espagne


                      Début juin, l’ancien chef conservateur du gouvernement espagnol s’est retiré de la vie politique en reprenant son poste de fonctionnaire. Depuis, ses adversaires lui découvrent des qualités.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 15h36
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








   


La glace au touron pour terminer son déjeuner, c’est son péché mignon. Tous les midis, ou presque, Mariano Rajoy s’installe à sa place habituelle avec vue sur le port dans le coquet restaurant Batiste, spécialiste en fruits de mer, poissons et paellas, à Santa Pola, petite ville côtière située au sud d’Alicante, en Espagne. Il faut dire que l’emplacement est idéal : c’est à seulement deux cents mètres de son nouveau bureau.
Fini les réunions à Bruxelles avec les chefs d’État et de gouvernement européens, les visites officielles, inaugurations de bâtiments publics, conseils des ministres, crises indépendantistes et autres réjouissances. Celui qui occupait encore il y a un peu plus d’un mois la présidence du gouvernement espagnol a commencé une nouvelle vie. Ou, plutôt, repris celle qui l’attendait depuis trente ans, avant qu’il ne se lance pour de bon dans une intense carrière politique, délaissant son poste de fonctionnaire : il a récupéré la place de conservateur des hypothèques qu’il occupait… en 1989.
« J’ai essayé d’être juste, j’ai assumé mes erreurs et celles qui n’étaient pas les miennes. » Mariano Rajoy
Cette décision de reprendre sa profession d’origine est inédite pour un chef de l’exécutif en Espagne. Aussitôt évincé du pouvoir par la motion de censure inattendue déposée par le socialiste Pedro Sánchez, le 1er juin, il a fait ce choix sans hésiter. La politique, c’est terminé : après quatorze ans aux commandes du Parti populaire (PP), à patauger dans la boue de la corruption systémique qui s’est installée sous son prédécesseur José María Aznar, et près de sept ans à la tête d’un royaume qui a enchaîné crises économique, institutionnelle et territoriale, il a dit « basta ». « C’est le mieux pour moi, pour le PP et, je crois, pour l’Espagne, a-t-il expliqué avec émotion, incapable de retenir ses larmes, le 5 juin. J’ai essayé d’être juste, j’ai assumé mes erreurs et celles qui n’étaient pas les miennes. »

Le politicien galicien, père de deux adolescents, a renoncé à sa retraite à vie de président du gouvernement et au poste qui l’attendait au Conseil d’État, rétribué 100 000 euros par an. Les conservateurs d’hypothèques sont, il est vrai, bien rémunérés en Espagne, avec un salaire mensuel moyen oscillant entre 10 000 et 20 000 euros en fonction de l’activité immobilière de la municipalité où ils officient.
« Ce fut un honneur d’être son rival et de le combattre politiquement. Il a gagné mon respect. » Pablo Iglesias, dirigeant de Podemos
Il n’a finalement gardé des privilèges de son ancien mandat que la voiture de fonction et quatre gardes du corps. Ce choix de vie lui vaut les applaudissements d’une partie de l’opinion espagnole. Et pour Mariano Rajoy, éclaboussé par plusieurs affaires de corruption liées au PP, c’est une forme de rédemption.
Depuis l’annonce de son retrait de la politique, ses adversaires lui découvrent subitement des qualités. Le président du Parti nationaliste basque (PNV), Andoni Ortuzar, a vanté « sa personne et son attitude, toujours impeccables avec moi ». Pablo Iglesias, le secrétaire général de la formation de gauche radicale Podemos, a salué sur Twitter le départ d’« un homme politique élégant et intelligent qui savait écouter ». « Ce fut un honneur d’être son rival et de le combattre politiquement. Il a gagné mon respect », a-t-il ajouté.

Rajoy no se ha ido, le ha echado la gente que no perdió la esperanza y que no dejó de pedir una moción contra la co… https://t.co/2wMqC9NlKt— Pablo_Iglesias_ (@Pablo Iglesias)


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Enfin, un essai écrit par le journaliste d’El País Nacho Carretero, intitulé Fariña, vient de dresser de lui un portrait plutôt flatteur, soulignant le rôle qu’a joué Mariano Rajoy, lorsqu’il était élu à Pontevedra, dans la rupture des liens étroits entre une branche de l’Alliance populaire de Galice (AP, ancêtre du PP) et les narcotrafiquants.
Cinquante minutes de retard
A la fin du mois de juin, pour son premier jour de travail, l’homme de 63 ans est arrivé sans veste ni cravate, avec cinquante minutes de retard. Sans doute la faute à sa pratique quotidienne de la marche rapide, tous les matins à 7 heures, face au bord de mer d’Alicante, où il loge dans un hôtel. A Santa Pola, en guise d’accueil, une grande affiche publicitaire l’interpelle à l’entrée de la ville : « Bienvenue Mariano ! Tu as une maison ? On t’aide à la chercher ? »
Les journalistes et paparazzis, après avoir saisi deux clichés, au travail et en promenade, se sont déjà lassés : on peut difficilement faire plus monotone. Alors que son parti se déchire entre les deux candidats à sa succession lors du congrès prévu les 20 et le 21 juillet, Mariano Rajoy a décidé de ne pas voter aux primaires ni de dévoiler vers qui vont ses faveurs, « afin de ne privilégier aucun candidat ».



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Depuis le 9 juillet, dans la chaîne d’établissements Wetherspoon, appartenant au multimillionnaire et ultra-Brexit Tim Martin, les alcools non britanniques sont remplacés par des boissons fabriquées au Royaume-Uni et en dehors de l’UE.
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Dans des pubs anglais, haro sur le champagne français et les bières allemandes


                      Depuis le 9 juillet, dans la chaîne d’établissements Wetherspoon, appartenant au multimillionnaire et ultra-Brexit Tim Martin, les alcools non britanniques sont remplacés par des boissons fabriquées au Royaume-Uni et en dehors de l’UE.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h38
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                              

                        

Theresa May, la première ministre britannique, peut bien mettre de l’eau dans son Brexit, pas question pour Tim Martin d’en verser une seule goutte dans la bière qui a fait sa fortune. Au contraire : deux ans après le référendum, le patron multimillionnaire de Wetherspoon, une chaîne de 895 pubs présents dans les quartiers populaires du Royaume-Uni, continue de militer à fond pour le divorce d’avec l’Union européenne au nom du libéralisme économique et d’un certain nationalisme.
Sa dernière action : depuis le 9 juillet, le champagne et la bière allemande sont progressivement remplacés, dans ses établissements, par des succédanés britanniques ou non européens. Alors que la baisse de la livre sterling et le ralentissement de l’économie consécutifs au Brexit menacent ses marges en renchérissant ses coûts, le truculent Tim, 63 ans, deux mètres de haut, visage rougeaud et tignasse grise, désigne un autre coupable : l’UE, qu’il accuse de protectionnisme.
Lumières glauques et étonnante convivialité
Il est trop tôt pour savoir si les clients de Wetherspoon apprécieront le Sparkling Whitedowns, un brut anglais, et le vin pétillant australien qui doivent remplacer les bulles champenoises. La chaîne gère les pubs les plus antibobos qui soient : lumières glauques, décors aussi chaleureux que des lounges d’aéroport, mais prix imbattables et étonnante convivialité. On y lit davantage le Daily Mail que le Financial Times, et la rhétorique antieuropéenne affichée par Tim Martin est loin de repousser la clientèle.

Le Brexit va faire baisser les prix, promet-il, à rebours de toutes les prévisions à court et moyen terme. Selon lui, multiplier les achats dans les pays non membres de l’UE va non seulement « élargir nos horizons » – un thème néo-impérial proche de celui de la « Grande-Bretagne mondiale » magnifié par les pro-Brexit –, mais aussi « améliorer le pouvoir d’achat au Royaume-Uni ».

Pour...



