<FILE-date="2018/07/15/20">

<article-nb="2018/07/15/20-1">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Les hommes de Deschamps ont remporté dimanche la finale de la Coupe du monde en battant la Croatie (4-2). Ne manquez rien des célébrations.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/07/15/20-2">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’équipe de France a remporté la finale de la Coupe du monde 4 buts à 2 contre la Croatie. Les Bleus décrochent leur deuxième étoile.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/07/15/20-3">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La victoire doit continuer de nous inspirer et reporter sur le terrain politique nos désirs de transformation sociale, estime l’historien dans une tribune au « Monde ». Mais, si elle a lieu, elle sera plus réaliste qu’en 1998.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pap Ndiaye : « N’attendons pas de la victoire qu’elle change la société »

La victoire doit continuer de nous inspirer et reporter sur le terrain politique nos désirs de transformation sociale, estime l’historien dans une tribune au « Monde ». Mais, si elle a lieu, elle sera plus réaliste qu’en 1998.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 09h49
    |

Pap Ndiaye (professeur d’histoire à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. En ces jours suaves précédant la finale de la Coupe du monde de football, des dizaines de millions de Françaises et de Français espèrent revivre les moments de joie intense et collective de l’été 1998, lorsque le triomphe de l’équipe de France sembla ouvrir une nouvelle ère de fraternité « black-blanc-beur ». Depuis la victoire des Bleus sur l’Argentine, une douce euphorie s’est emparée du pays : « Liberté, égalité, Mbappé ». Pour les optimistes, la deuxième étoile est à portée de main.
Mais vingt ans après la conquête de la première, la joie de la victoire, si elle a lieu, sera sans doute plus circonspecte, plus modeste, plus réaliste. Nous savons que les espoirs politiques et sociaux générés par les exploits de Zinédine Zidane et de ses coéquipiers ne furent qu’une illusion, vite douchée : en 2002, Jean-Marie Le Pen parvenait au second tour de l’élection présidentielle et les émeutes de 2005 vinrent rappeler que 1998 n’avait rien changé au quotidien lugubre des banlieues populaires.

Les victoires sportives ne procurent que des moments brefs de fraternité, certes précieux et mémorables, mais qui n’ont aucun effet durable sur les sociétés. Il est même possible qu’elles accroissent le ressentiment et l’amertume : les espoirs suscités par une grande victoire suscitent, s’ils ne se matérialisent pas, une amertume plus grande qu’en cas de défaite. Les effusions de joie ne forment pas des communautés politiques.
Deux croyances très présentes
Au-delà de la finale tant attendue, deux croyances demeurent très présentes à propos du football : la première est qu’il serait intrinsèquement porteur de « valeurs » particulières de fraternité, de tolérance, de respect. Or le sport a pu servir des régimes politiques bien éloignés de ces valeurs démocratiques. La victoire du Brésil en 1970 ou celle de l’Argentine en 1978 furent utilisées à leur profit par les dictatures militaires féroces de ces pays, à l’instar de l’Italie de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-4">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Pragmatique, le sélectionneur des Bleus a remporté la Coupe du monde en Russie, vingt ans après l’avoir gagnée comme capitaine.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
Découvrir l’application


                        

Coupe du monde 2018 : Didier Deschamps, « père la victoire » du football français

Pragmatique, le sélectionneur des Bleus a remporté la Coupe du monde en Russie, vingt ans après l’avoir gagnée comme capitaine.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 19h55
    |

            Rémi Dupré (Istra, envoyé spécial)








                        



   


C’est à croire que Didier Deschamps porte, au fil des décennies, les plus grands espoirs du football français sur ses épaules. Non content d’avoir soulevé la Coupe du monde en tant que capitaine et milieu de « devoir » des Bleus, un fameux soir de juillet 1998, voici qu’il s’avance en conquérant, vingt ans après, vers son objectif suprême : accrocher une deuxième étoile mondiale à sa veste.
Mais cette fois, c’est dans son costume cintré de sélectionneur de l’équipe de France qu’il entend, en Russie, ajouter un énième trophée à son impressionnante collection de récompenses. Et, ainsi, marcher dans les pas du Brésilien Mario Zagallo et ceux de l’Allemand Franz Beckenbauer, les deux seules légendes à avoir remporté la Coupe du monde comme joueur puis sélectionneur.

        Lire aussi :
         

                France-Belgique : revivez la qualification des Bleus en finale de la Coupe du Monde 2018



« Je ne sais pas jouer pour jouer, je joue pour gagner. » Tel est le mantra de cet insatiable compétiteur, élevé à l’école Bernard Tapie à l’Olympique de Marseille (1989-1994) et à celle, très exigeante, de la famille Agnelli à la Juventus Turin (1994-1999). C’est bien connu, Deschamps, 49 ans, hait la défaite comme la peste. Cette aversion, il la cultive depuis cette lugubre soirée de novembre 1993 et ce revers contre la Bulgarie, synonyme d’élimination sur la route du Mondial 1994.
« Comme sélectionneur, je suis resté comme j’étais dans ma première vie : je ne lâche rien jusqu’au coup de sifflet final »
« Comme sélectionneur, je suis resté comme j’étais dans ma première vie : je ne lâche rien jusqu’au coup de sifflet final, a confié Deschamps, vendredi 6 juillet, à Nijni Novgorod, après la victoire (2-0) contre l’Uruguay, en quarts de finale. Mes joueurs ont aussi ça en eux : ils sont généreux et ne rechignent pas à l’effort. » Avant d’affronter la Belgique en demi-finales, mardi 10 juillet, à Saint-Pétersbourg, ses protégés ont des trémolos dans la voix lorsqu’ils évoquent sa « culture de la gagne » et ses indéniables qualités de meneur d’hommes.
« Jouer sous ses ordres, c’est exceptionnel. Il donne des petits conseils qui permettent d’évoluer, assure le jeune défenseur droit Benjamin Pavard, l’une des révélations de ce Mondial russe. Il a des mots forts qui motivent, on est prêt à aller à la guerre avec lui ! » « C’est un compétiteur. Il effectue un gros travail tactique pendant ce Mondial, assure l’attaquant Olivier Giroud. Rien n’est laissé au hasard. Il donne des clés aux joueurs afin qu’ils sachent à quoi s’attendre selon l’adversaire. »
« L’unique décideur »
Pas question d’omettre un détail et de trébucher, comme ce fut le cas face à l’Allemagne (0-1), en quarts du Mondial brésilien, en 2014. Ou bien contre le Portugal (0-1 après prolongations) en finale de l’Euro 2016 – ce revers à domicile que Deschamps, de son propre aveu, n’a jamais « digéré ». Pour préparer minutieusement chaque échéance, il s’appuie, depuis son arrivée aux commandes des Bleus en 2012, sur un staff restreint et dévoué. Avec sa garde rapprochée, il décortique les matchs de ses adversaires lors de longues séances vidéo. Il écoute les avis, récolte les informations mais règne en maître.
« Je prends la place que Didier me donne, pas plus, pas moins », a coutume de répéter Guy Stéphan, son fidèle adjoint et homme lige depuis neuf ans. « Notre staff est lié de manière très forte, complémentaire, autour de Didier, avec Didier, pour Didier. Nous lui remontons les informations. Mais au final, il n’y a qu’une voix : celle du sélectionneur, l’unique décideur », confirme Franck Raviot, l’entraîneur des gardiens.
D’un pragmatisme à toute épreuve, Deschamps a souvent donné l’impression de naviguer à vue et de changer de schéma tactique selon l’adversaire. En Russie, il n’a pas hésité à modifier ses plans après la victoire inaugurale (2-1) face à l’Australie. En quête de la bonne formule, désireux de « muscler son équipe », il s’est remis en cause et a sorti du placard, contre le Pérou (1-0), ses grognards Olivier Giroud et Blaise Matuidi. Même le match nul (0-0) – aux allures de « purge » – concédé par ses protégés face au Danemark, ne l’a pas fait dévier de sa route.
Peu importe « l’identité de jeu », une notion toute relative à ses yeux, ou la dimension stylistique, voire esthétique, du football. Seule la victoire compte. Quitte à bluffer et à brouiller les pistes. L’ex-capitaine des Bleus (103 sélections, de 1989 à 2000), également vainqueur de l’Euro 2000, n’est jamais aussi à l’aise et enjoué qu’avant un match à élimination directe : ces duels et la tension qui les accompagne sont son carburant. On l’a vu danser au bord du précipice, en novembre 2013, contre l’Ukraine, en barrages pour le Mondial 2014. Comme à chaque fois dans pareille situation, il a su renverser la table (3-0, après une défaite 0-2 au match aller) pour composter son billet pour le Brésil.
Un tandem très soudé avec Noël Le Graët
A Kazan, samedi 30 juin, c’est avec le poing rageur qu’il a su apprécier la « montée en puissance » des Tricolores, tombeurs au forceps de l’Argentine de Lionel Messi, en huitièmes de finale. Ce jour-là, il sauvait clairement sa tête : une élimination prématurée l’aurait poussé, sans nul doute, à démissionner, alors que son contrat expire à l’Euro 2020. En hissant l’équipe de France en demi-finales de la Coupe du monde pour la sixième fois de son histoire, il a atteint l’objectif fixé par Noël Le Graët, président de la Fédération française de football (FFF).

        Lire aussi :
         

                France-Belgique : Olivier Giroud, sans l’ombre d’un but



« Didier fait bien son boulot, il répond tout le temps de façon très positive aux attentes », estime le dirigeant, qui forme avec son sélectionneur un tandem très soudé. Quelle qu’en soit l’issue, cette épopée russe aura permis à Deschamps de raffermir son pouvoir et de balayer les critiques. Lui qu’on disait en panne d’idées, peu inspiré et bientôt dans l’ombre du « recours » Zinédine Zidane, démissionnaire de son poste d’entraîneur au Real Madrid et perçu comme son successeur putatif. « Père la victoire » du foot français, sélectionneur le plus capé (81 matchs dirigés), Deschamps aura évité les embûches et balayé les critiques.
« Je suis heureux pour mes amis et ma famille, qui peuvent avoir des moments plus difficiles à vivre, apparemment », a réagi, ému, le sélectionneur des Bleus après la victoire contre l’Uruguay. Sans filtre, il savourait sa revanche, marqué par les attaques et insinuations sur les zones d’ombre de sa carrière de joueur, notamment pour des soupçons de dopage lors de son passage à la Juventus, comme lors de la diffusion en mai, sur France 2, du numéro de « Complément d’enquête » qui lui était consacré.
« Stop, tu fais chier et c’est tout »
Dans le huis clos du camp de base d’Istra, il n’a jamais autant manié la carotte et le bâton avec ses joueurs, en pâmoison devant son palmarès à rallonge et menés à la baguette. Depuis l’ouverture du tournoi, il distribue les bons et les mauvais points, n’hésite pas à donner quelques coups de griffes si nécessaire. Une façon de piquer au vif son effectif, ainsi maintenu sous pression. « Il y a encore quelques imperfections et du déchet technique, a-t-il ainsi déclaré avant la demie face à la Belgique. On peut parfois aller au bout d’une action mais on va rater la dernière passe, le geste technique. »

        Lire aussi :
         

                France-Belgique : êtes-vous incollable sur les précédentes rencontres en Coupe du monde ?



Le sélectionneur sait aussi se montrer plus autoritaire. On s’en est aperçu, en quarts, lors de l’échauffourée entre ses joueurs et la Celeste. Au bord du terrain, Deschamps a rapidement invité le milieu Paul Pogba, très remonté et sous la menace d’une suspension au tour suivant, à faire profil bas afin de « ne pas commettre l’irréparable ». Il a également sèchement recadré Kylian Mbappé, particulièrement énervé. « Stop, tu fais chier et c’est tout », a-t-il lâché à son buteur.
« Si je pouvais aligner les 23 joueurs, je le ferais »
En chef de meute, le technicien ne cesse, à l’inverse, de louer « l’état d’esprit » de son groupe et l’investissement au quotidien de ses remplaçants. « Si je pouvais aligner les 23 joueurs, je le ferais », martèle-t-il à longueur de conférences de presse, enclin à se muer en paratonnerre et à renvoyer les journalistes un peu trop pinailleurs dans leurs cordes. Il n’a d’ailleurs jamais l’air aussi heureux que lors des séances d’entraînement, sifflet au bec et chronomètre en main, sur la pelouse du petit stade de Glebovets, à Istra. Là, il chambre à tout-va, multiplie les passes en retrait et fait corps avec ses joueurs.
En Russie, au gré des victoires, Deschamps a retrouvé son mordant. « Tu vas encore me redemander si j’ai déjà réussi ma Coupe du monde ? », a-t-il interpellé un reporter, sitôt la qualification pour les demies acquise. En position de force, bien calé dans son fauteuil de sélectionneur, le voici paré à offrir au football français un deuxième sacre mondial et, ainsi, à parfaire sa légende.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-5">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Il y a quelques mois, l’attaquant des Bleus avait accordé un entretien à l’un de nos journalistes pour les besoins d’un documentaire.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Kylian Mbappé : « Je la trouve belle cette coupe. Elle est en or, et l’or représente la suprématie »

Il y a quelques mois, l’attaquant des Bleus avait accordé un entretien à l’un de nos journalistes pour les besoins d’un documentaire.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 19h01
    |

            Mustapha Kessous








                        



                                


                            

Dans le cadre d’un documentaire (France 98 : nous nous sommes tant aimés, produit par Premières Lignes et diffusé en juin sur France 2), notre journaliste Mustapha Kessous s’était longuement entretenu, en novembre 2017, avec Kylian Mbappé, à la veille de ses 19 ans. Pendant quarante-cinq minutes, l’attaquant de l’équipe de France et du Paris-Saint-Germain avait parlé de lui, de France 1998, des supporteurs, du Mondial 2018 et de l’impact du football sur la société.
Que signifie pour vous le football ?
C’est quelque chose dont je ne peux pas me passer. C’est plus qu’une addiction, le football est ancré en moi. J’ai toujours su que c’était ça que je devais faire.
Pensez-vous, comme Michel Platini, que le football est « un jeu irrationnel » ?
Le football est, pour moi, plus qu’un sport, il suffit de voir l’impact qu’il a sur la société. Les gens viennent au stade pour oublier leur vie pendant quatre-vingt-dix minutes, et c’est à nous de se charger de leur donner satisfaction ; de les faire se lever de leur chaise pour qu’ils s’endorment avec des étoiles plein les yeux. Plus jeune, il y a des joueurs qui m’ont donné du plaisir, et maintenant, je suis dans ce rôle-là.
Est-ce grisant de se dire qu’il y a des millions de personnes qui vous regardent ?
Personnellement, j’ai la même sensation et la même joie de jouer que quand j’étais enfant. Sauf qu’il y a des millions de gens qui partagent ce sentiment avec moi. C’est comme une force supplémentaire.
Pourquoi cette obsession de faire du spectacle sur le terrain ?
« J’espère marquer le foot de mon empreinte »
C’est le plaisir du jeu, de marquer, de faire briller le copain. Lorsque vous faites ce que vous aimez, vous ne voulez pas être de passage : vous n’avez pas sacrifié toute votre vie pour être un figurant ; moi, j’espère marquer le foot de mon empreinte.
Enfant,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-6">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La France a gagné sa seconde étoile dimanche, en bénéficiant de deux premières en finale de la Coupe du monde 2018 contre la Croatie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : un « CSC » et l’assistance vidéo, des premières dans l’histoire des finales

La France a gagné sa seconde étoile dimanche, en bénéficiant de deux premières en finale de la Coupe du monde 2018 contre la Croatie.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 19h29
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 19h56
    |

                            Grégor Brandy








                        



   


C’est une finale qui restera dans la grande histoire. La France a battu la Croatie 4 à 2 et remporté la deuxième Coupe du monde de son histoire, le 15 juillet 2018.
Dominés pendant une large partie de la rencontre, les Bleus ont pourtant quasiment toujours mené au score. Et pour cela, ils ont bénéficié de deux premières à ce stade de la compétition, qui ne s’étaient jamais vu lors d’aucune des vingt précédentes éditions.
Premier CSC et première VAR en finale
Après quinze minutes de jeu, le coup franc d’Antoine Griezmann a trouvé la tête de Mario Mandzukic, auteur – malgré lui – du premier but « contre son camp » (CSC) en finale de Coupe du monde.

1 - Mario Mandzukic est le premier joueur dans l’histoire à inscrire un CSC en finale de la Coupe du Monde. Cadeau.… https://t.co/QExIMjrzOk— OptaJean (@OptaJean)


require(["twitter/widgets"]);

Si les Croates ont rapidement réagi grâce à Ivan Perisic, auteur d’une superbe frappe, c’est une autre première qui a changé le cours de la rencontre : l’appel à l’assistance vidéo (VAR) pour savoir si le même Perisic était bien l’auteur d’une faute de main dans la surface de réparation. Après les plaintes françaises auprès de l’arbitre argentin, Nestor Pitana s’est dirigé vers l’écran en dehors du terrain pour revenir quelques longues secondes plus tard, et accorder un penalty. Antoine Griezmann ne s’est pas fait prier pour transformer l’offrande et donner un avantage inespéré aux siens à la mi-temps (2-1).

La France, premier pays à marquer un but avec la goal-line technology, premier pays à choper un péno avec l’arbitra… https://t.co/jl57nWzZVI— jmpottier (@Jean-Marie Pottier)


require(["twitter/widgets"]);

La France, pays de premières
Plus tôt dans le tournoi, la France avait été la première équipe à bénéficier d’un penalty après l’appel à l’arbitrage vidéo. C’était contre l’Australie, et Antoine Griezmann, déjà, avait inscrit le premier but français de la compétition.
En 2014, la France avait été la première à bénéficier de la goal-line technology pour valider un but de Karim Benzema contre le Honduras. C’était aussi la première nation à bénéficier d’un but en or en Coupe du monde, quand Laurent Blanc avait éliminé le Paraguay lors du huitième de finale de la Coupe du monde 1998. Les Français avaient également participé à la première séance de tirs au but, contre la RFA, en 1982. Plus loin, Lucien Laurent avait inscrit le premier but de l’histoire de la Coupe du monde contre le Mexique, en 1930.
Autant de premières pour le pays qui a inventé la Coupe du monde (à l’initiative du président de la FIFA de l’époque, Jules Rimet), est-ce vraiment si surprenant ?




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-7">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Grâce à des buts de Griezmann, Pogba, Mbappé, et Mandzukic contre son camp, les Français remportent la Coupe du monde.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

La France est championne du monde après sa victoire contre la Croatie (4-2)

Grâce à des buts de Griezmann, Pogba, Mbappé, et Mandzukic contre son camp, les Français remportent la Coupe du monde.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 18h57
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 19h54
    |

            Luc Vinogradoff








                        



L’équipe de France est devenue championne du monde après avoir battu la Croatie en finale (4-2), dimanche 15 juillet à Moscou. La deuxième étoile sur le maillot bleu a été gagnée à l’issue d’un match étrange, que les Bleus n’ont presque jamais maîtrisé dans le jeu mais qu’ils ont renversé grâce à des sublimes actions individuelles, des erreurs de l’adversaire et l’aide de la VAR.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde : revivez la finale France - Croatie minute par minute



L’avalanche de buts français est venue, comme un symbole, des trois plus importants joueurs offensifs des Bleus lors de ce Mondial : Antoine Griezmann (un penalty sifflé après consultation de la VAR à la 38e, un coup-franc détourné par Mandzukic dans son propre but à la 18e), Paul Pogba (une frappe pure à la 59e) et Kylian Mbappé (une frappe encore plus pure de l’extérieur de la surface à la 67e).

⚽⚽⚽ BUT DE PAUL POGBA, 3-1 POUR LES BLEUS 🇨🇵🇨🇵🇨🇵

#CM2018 #FRACRO 59è, 3-1 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);


⚽⚽ MBAPPE POUR LE 4-1 
🇨🇵 LA FRANCE FILE LE SACRE 🇨🇵🇨🇵

#CM2018 #FRACRO 67è, 4-1 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

Le trio offensif, comme l’ensemble du milieu français, est pourtant passé par des séquences de vide total pendant la première période et le début de la seconde, incapable de prendre le jeu à son compte et laissant l’animation aux Croates. Les Français étaient dominés dans les duels, dans l’intensité et dans le placement tactique, sytématiquement débordés sur les ailes par les latéraux croates.
Mais à chaque fois que ces derniers pensaient être revenus (l’égalisation de Perisic à la 28e, l’incroyable erreur de Lloris à la 69e), les Français reprenaient le dessus. Et en fin de match, les Croates n’étaient plus capables que de centrer dans le tas et espérer qu’une tête propulse le ballon dans les buts.

😱 BOURDE ENOOOORME DE LLORIS
⚽ MANDZUKIC EN PROFITE ET MARQUE 

#CM2018 #FRACRO 69è, 4-2 
— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


require(["twitter/widgets"]);

C’est peut-être ce match qui a définitivement confirmé que la force de l’équipe de France de Didier Deschamps n’était pas de prendre le match à son compte, mais de laisser l’adversaire lui montrer son jeu pour mieux le contrer ensuite. Les Croates sont tombés dans le même piège que l’Argentine, l’Uruguay et la Belgique, et l’accumulation des matchs et des prolongations disputées par les Croates ne leur a pas permis de s’en sortir.
Pour la France, c’est le quatrième trophée majeur après la Coupe du monde 1998 et les Euros 2000 et 1984, et il arrive deux ans après la difficile défaite en finale de l’Euro 2016. Parmi les nouveaux champions du monde français, Kylian Mbappé pourra aussi dire que son quatrième but du tournoi en a fait le premier joueur de 19 ans à marquer en finale de Coupe du monde depuis la légende Pelé en 1958.
Antoine Griezmann, qui a marqué 4 buts et donné 3 passes décisives, devient le 4e meilleur buteur français en tournois majeurs derrière Platini (14), Fontaine (13), Henry (12) et à égalité à Zidane (10). Et Didier Deschamps, qui a soulevé la Coupe il y a vingt ans en tant que joueur, le refait en temps qu’entraîneur, devenant le troisième entraîneur à le faire après le Brésilien Zagallo et l’Allemand Beckenbauer.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-8">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Après avoir raté le titre européen face au Portugal, l’équipe de France a traversé deux ans de turbulences. Elle affronte la Croatie, dimanche, pour un deuxième titre mondial.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : 2016-2018, d’une finale à l’autre

Après avoir raté le titre européen face au Portugal, l’équipe de France a traversé deux ans de turbulences. Elle affronte la Croatie, dimanche, pour un deuxième titre mondial.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h31
    |

            Rémi Dupré (Istra, Russie, envoyé spécial) et 
Adrien Pécout (Istra, Russie, envoyé spécial)








                        



   


Les Bleus tentent vainement de cacher leurs larmes, têtes enfouies dans leur maillot, encore sous le choc de la défaite. Ce dimanche 10 juillet 2016, au Stade de France, ils viennent de s’incliner face au Portugal : 1-0 après prolongation. Les illusions s’envolent : l’équipe de France a laissé échapper son Euro, organisé dans son pays, devant son public. Ce goût amer de la défaite, que neuf joueurs du groupe actuel ont connu, semble désormais lointain.
Un profond rajeunissement de l’effectif, symbolisé par Kylian Mbappé, et l’investissement à toute épreuve de son sélectionneur ont porté les Bleus jusqu’à un autre rêve. L’équipe de France de Didier Deschamps doit désormais forcer son destin en finale de la Coupe du monde 2018, contre la Croatie. Dimanche 15 juillet, en fin d’après-midi, son voyage l’emmène jusqu’à Moscou et à ce stade Loujniki au charme si soviétique.
10 juillet 2016 : la défaite que Deschamps n’a pas « digérée »
De mémoire de suiveurs des Bleus, jamais Didier Deschamps n’avait été aussi marqué que ce dimanche d’été. Vers minuit, au bord des larmes, le capitaine des champions du monde 1998 s’avance dans l’auditorium du Stade de France, où l’attendent les journalistes. « C’est cruel de perdre cette finale comme ça, c’est très dur, soupire le sélectionneur, voix chevrotante. Cela n’a pas tourné dans le bon sens ce soir. »
Il s’en est fallu de peu : un tir d’André-Pierre Gignac qui rebondit sur le poteau, une frappe croisée du Portugais Eder qui, elle, s’achève dans les filets d’Hugo Lloris… « J’aurai besoin de temps pour digérer », grimace Deschamps. Ce soir-là, l’entraîneur refuse de mettre sa médaille du perdant au cou. Vainqueur de l’Euro 2000, l’ancien milieu de terrain manque là l’occasion d’égaler l’Allemand Berti Vogts, toujours le seul à avoir remporté la compétition continentale comme joueur puis comme sélectionneur.

   


Alors, pour assurer sa place au panthéon du football, le patron des Bleus se lance un nouveau défi : soulever la Coupe du monde 2018 en Russie et, ainsi, marcher dans les pas d’un autre Allemand, Franz Beckenbauer, et du Brésilien Mario Zagallo. Eux seuls, à ce jour, ont gagné le Mondial des deux côtés du banc de touche : comme joueur puis comme entraîneur.
Après pareille désillusion, Deschamps promet « des jours meilleurs » et renfile son bleu de chauffe. Ce retour à la routine le ramène à un dossier brûlant. Celui de Karim Benzema, déjà privé d’Euro en raison de sa mise en examen dans le scandale dit du chantage à la « sextape » : une affaire pour laquelle son ex-coéquipier tricolore, Mathieu Valbuena, a porté plainte.
25 août 2016 : le sélectionneur fait une croix sur Benzema
La question taraude tous les supporteurs de l’équipe de France : l’attaquant du Real Madrid figurera-t-il sur la liste de rentrée, pour le match amical contre l’Italie, le 1er septembre, et le déplacement en Biélorussie, cinq jours plus tard, en ouverture des éliminatoires pour le Mondial russe ? La réponse de Deschamps claque comme un couperet : « Je considère que ce n’est pas le moment. »
En réalité, la situation reste au point mort depuis cette date. Avant l’Euro, « DD » a très mal vécu une sortie médiatique du joueur. Dans un entretien au quotidien espagnol Marca, ce dernier accusait le sélectionneur des Bleus d’avoir « cédé à la pression d’une partie raciste de la France » par son refus de le réintégrer en équipe de France. L’interview a laissé des traces dans l’opinion publique. Sur le mur des Deschamps aussi : le technicien a découvert, furieux, un tag le traitant de « raciste » sur la façade de sa maison familiale, à Concarneau (Finistère).
« Benzema, c’est de l’histoire ancienne. Notre équipe de France a maintenant son style de jeu, et on ne peut pas revenir en arrière »
Sans l’assumer pleinement, Deschamps ferme désormais la porte au joueur. Au fil des mois, l’entraîneur campe toujours sur cette position, peu enclin à sortir de l’ambiguïté. Frappé d’anathème, l’avant-centre finit par se faire une raison, malgré plusieurs apparitions médiatiques. « Benzema, Didier n’en veut plus », souffle-t-on, courant 2017, à la Fédération française de football (FFF). A l’orée du Mondial russe, Noël Le Graët, le président de FFF, clarifie encore un peu plus les choses : « Benzema, c’est de l’histoire ancienne. Notre équipe de France a maintenant son style de jeu, et on ne peut pas revenir en arrière. »
Le constat n’a pas toujours été aussi évident lors des qualifications pour le Mondial. A chaque contre-performance, un nouveau débat sur l’avant-centre du Real Madrid. En septembre 2016, les Bleus s’enlisent (0-0) en Biélorussie. Un an plus tard, ils s’enfonceront encore davantage à Solna, dans la banlieue de Stockholm (Suède).
9 juin 2017 : l’erreur terrible de Lloris à Solna
Hugo Lloris s’en mordrait presque les gants. Ce 9 juin 2017, le capitaine des Bleus erre comme un gardien en peine, le jour de son 89e match sous le maillot tricolore. Malgré un sprint vers sa cage désertée, rien à faire : dans les arrêts de jeu, sa mauvaise relance dans l’axe permet à l’attaquant Ola Toivonen de marquer depuis la ligne médiane.
La France perd le match (2-1) et beaucoup de ses espoirs de qualification directe pour le Mondial 2018. Voilà d’un coup la Suède à la première place du groupe, devant les Bleus. « Je ne vais pas accabler Hugo, parce que quand ça arrive à un gardien, c’est forcément une bévue. Il est souvent décisif mais là, ça nous coûte une défaite », lâche, consterné, Deschamps.
La situation se complique pour lui, qui n’a guère besoin d’une calculette pour redouter la suite : un nouvel échec face aux Pays-Bas, le 31 août, entraînerait son équipe vers des matchs de barrages à quitte ou double. Comme en 2009 face à l’Irlande, comme en 2013 contre l’Ukraine.
Fausse frayeur : à Saint-Denis, la France domine (4-0) les Néerlandais. Dans ses rangs, plusieurs jeunes appelés à revenir : Thomas Lemar, Djibril Sidibé ou Samuel Umtiti. Sans compter un nommé Kylian Mbappé, 18 ans. Ce soir-là, le prodige a l’heureuse idée d’inscrire son premier but avec la France, quelques heures à peine après l’officialisation de son prêt record : le Paris-Saint-Germain le recrute en provenance de Monaco, moyennant la somme délirante de 180 millions d’euros. Le jeune Mbappé progressera de mois en mois. Tout comme s’intensifieront les critiques contre l’équipe nationale.
10 octobre 2017 : le temps des critiques
« On va en Russie ! » Le public du Stade de France peut bien s’égosiller et verser dans le triomphalisme, en ce doux soir d’octobre 2017 : victorieux de la Biélorussie (2-1), les Bleus viennent finalement de valider leur qualification pour le Mondial, sans même avoir à passer par les barrages.
Pourtant, Deschamps fait profil bas : « On n’a pas de maîtrise sur la durée. Je ne suis pas borgne ou aveugle, je m’en rends compte : il y a du travail dans toutes les lignes. » Lacunes défensives, physique déclinant, passes hasardeuses, manque de créativité, scories techniques : cette « petite » victoire inquiète, au même titre que celle à Sofia (1-0), contre la Bulgarie, perçue comme une purge.
Que dire, aussi, de la bouffonnerie face au Luxembourg ? En septembre 2017, à Toulouse, la France arrache le match nul… contre la 136e nation du football mondial. La presse éreinte alors Deschamps, en quête permanente de la bonne formule. Elle l’accuse de faire stagner ses troupes. « DD » pâtit de sa réputation : celle d’un entraîneur obsédé par la gagne, au point d’envoyer le beau jeu aux orties pour mieux cultiver son pragmatisme.
« Même si les gens voudraient qu’on gagne toujours 4-0, on s’est sorti des poules qualificatives très logiquement »
Paradoxalement, c’est en cet automne tempétueux que Noël Le Graët sécurise Deschamps, en prolongeant son contrat jusqu’à l’Euro 2020. « Les progrès étaient marquants, explique à présent le dirigeant. Même si les gens voudraient qu’on gagne toujours 4-0, on s’est sorti des poules qualificatives très logiquement. Didier a bâti une équipe très équilibrée, avec des jeunes qui se sont bien intégrés. »
2 novembre 2017 : Pavard, cet inconnu
Ce 2 novembre 2017, Benjamin Pavard a cours d’allemand. Ce n’est qu’après un coup de fil à ses parents qu’il apprend la nouvelle : voilà le défenseur de 21 ans convoqué en équipe de France ! Deschamps compte sur lui pour le prochain match amical contre l’Allemagne, à Cologne, le pays qui lui a justement donné une seconde chance de footballeur.
A dire vrai, journalistes et spectateurs partagent la surprise de l’intéressé, qui évoluait encore en deuxième division allemande la saison précédente. Des recherches à la hâte permettent d’en savoir plus sur ce joueur poussé vers la sortie à Lille, son club formateur, puis recueilli outre-Rhin, à Stuttgart. Jusque-là, « Pavard jouait souvent avec une provocante désinvolture, comme s’il cherchait à obtenir un rôle dans un remake du film Mister Cool », estiment les journalistes du Stuttgarter Nachrichten, le quotidien local.
Au sujet de sa trouvaille, Didier Deschamps loue sa faculté à contorsionner son 1,86 m avec souplesse. Quoique « défenseur central à la base, il peut jouer à d’autres positions », indique le sélectionneur. Au poste de latéral droit, par exemple, qu’il occupe désormais durant le Mondial russe.
Depuis son but fantastique en huitièmes face à l’Argentine, « Benji » a même droit à une chanson de supporteurs pour célébrer cette demi-volée sans contrôle à l’extérieur de la surface. Rimée, mais guère poétique, hélas : « Il sort de nulle part, une frappe de bâtard, on a Benjamin Pavard ! » Le latéral droit incarne ces nouvelles têtes que découvre la France, au même titre que Lucas Hernandez, son pendant à gauche, intégré en mars.
« Qui aurait cru voir Pavard et Hernandez titulaires en équipe de France ? »
« Qui aurait cru voir Pavard et Hernandez titulaires en équipe de France ? questionne Noël Le Graët. Tout le monde en parle aujourd’hui comme s’ils y jouaient depuis deux, quatre ans. » Le novice Pavard, à peine onze sélections au compteur, se disait même « prêt à jouer gardien » pour être du voyage en Russie. Son apport ainsi que celui de ses jeunes coéquipiers fraîchement intégrés dans le groupe tricolore seront primordiaux pour la suite.
23 mai-9 juin : une préparation agitée
Benjamin Pavard et Lucas Hernandez font bien partie des 23 joueurs retenus pour le Mondial. Le 23 mai, ils entament leur préparation à Clairefontaine (Yvelines), quartier général des Bleus. Pas Adrien Rabiot. Ce jour-là, le milieu du Paris-Saint-Germain décline son statut de réserviste. Dans un mail envoyé à Deschamps, le jeune homme lui fait part de ses états d’âme : le statut de suppléant prêt à intégrer le groupe en cas de blessure, très peu pour lui. Un « véritable suicide sportif », murmure-t-on à la FFF.
Pour le sélectionneur, le jeune joueur vient de commettre « une énorme erreur » : « Adrien s’est auto-exclu du groupe. » Rabiot assumera sa position dans un communiqué transmis au Monde : « Le choix du sélectionneur à mon égard ne répond à aucune logique sportive. »
Deschamps évacue vite le problème, mais il s’en serait bien passé : le lendemain, sur France 2, l’émission « Complément d’enquête » lui consacre son numéro. Un documentaire à charge, selon le principal concerné, qui a modérément apprécié l’évocation de sa carrière de joueur. Ou plutôt ses zones d’ombre : les insinuations sur sa connaissance de l’affaire « OM-VA », ce scandale de corruption qui a éclaté en 1993, ou encore les soupçons de dopage à son encontre, du temps où il évoluait à la Juventus Turin. Très remonté, l’entraîneur refuse de se rendre sur le plateau de Thomas Sotto, présentateur du magazine.
Comme d’habitude, Le Graët prend la défense de son sélectionneur. « S’il n’avait pas senti l’appui de la FFF et de son président, cela aurait été intenable, confie aujourd’hui le dirigeant. C’est normal que la presse le titille. Mais quand les critiques sont trop vives… » Sur le terrain, les Bleus réussissent leurs deux premiers matchs de préparation : victoires sur l’Irlande (2-0) et l’Italie (3-1). Mais le dernier test contre les Etats-Unis, le 9 juin, soulève plus d’inquiétudes : à Lyon, les joueurs quittent la pelouse – et la France – sur un match nul (1-1) préoccupant. « On va aller en Russie avec les clignotants », dit, souriant jaune, Didier Dechamps, qui met alors en garde contre toute sortie de route face à l’Australie, son premier adversaire dans ce Mondial.
16 juin : une entrée en matière laborieuse
Le sélectionneur a vu juste : ce 16 juin, à Kazan, le moteur tricolore a du retard à l’allumage. Face aux Australiens, les Bleus attendent la seconde période pour ouvrir le score. Et encore, après décision de l’arbitre : celui-ci a recours à l’assistance vidéo avant d’accorder un penalty aux Français. Une première dans l’histoire du tournoi. Antoine Griezmann transforme la sanction, qu’il avait lui-même provoquée. En toute fin de match, un but contre son camp garantit la victoire (2-1). Mais rien de bien rassurant pour Didier Deschamps, qui avait décidé d’aligner une équipe encore plus jeune que prévu : dans ses rangs, à peine trois joueurs de plus de 25 ans.
« Vous voulez que je vous dise quoi ? Ce type d’erreur arrive »
Samuel Umtiti rate aussi ses débuts : en pleine surface de réparation, sa main offre le penalty de l’égalisation aux Australiens. « Vous voulez que je vous dise quoi ? Ce type d’erreur arrive », réplique le joueur, qui aura le temps de se rattraper ensuite et de monter en puissance. Les jeunes Corentin Tolisso et Ousmane Dembélé, eux, perdent leur place dès le match suivant, contre le Pérou. « Il nous a manqué pas mal de liant, de vitesse dans la transmission, dans les prises de balle. On doit et on peut faire mieux », juge Deschamps. Le sélectionneur ne se fige pas dans ses certitudes et décide de rapidement revoir sa copie. Redevenus titulaires, les trentenaires Blaise Matuidi et Olivier Giroud accompagnent la montée en régime de l’équipe.
12 juillet : veillée d’armes à Istra
Les Bleus ont bien grandi en quatre semaines. Ils ont progressé en même temps que le tournoi. Ce 12 juillet, ils attendent la finale contre la Croatie. Dans leur camp de base d’Istra, à une heure de Moscou, les questions de journalistes les renvoient souvent à deux précédents. L’un, heureux mais très lointain : le 12 juillet 1998. Il y a vingt ans jour pour jour, leurs aînés remportaient le titre contre le Brésil et accrochaient une étoile au maillot tricolore. La seule à ce jour. L’autre, malheureux et beaucoup plus proche : il y a deux ans, neuf des vingt-trois joueurs présents en Russie s’inclinaient en finale de l’Euro 2016. Une défaite qui les hante encore.
« La phase à élimination directe a été un déclic pour nous tous, on s’est dit qu’une deuxième compétition commençait »
« Chacun, après ce match, a fait le bilan de cette finale », estime Samuel Umtiti. Au Mondial, le défenseur du FC Barcelone voit son équipe « sur le bon chemin » : « En huitièmes, en quarts, en demies, on est monté en puissance. » L’arrière s’est aussi découvert un profil de buteur providentiel. De la tête, sur un corner d’Antoine Griezmann, il éliminait la Belgique en demi-finale. Son complice de la charnière centrale, Raphaël Varane, avait, lui, ouvert le score contre l’Uruguay (2-0) en quarts.
Deux substituts sortis de nulle part pour épauler Kylian Mbappé : en huitièmes de finale, contre l’Argentine (4-3), l’ailier avait laissé éclater son talent aux yeux du monde entier. « La phase à élimination directe a été un déclic pour nous tous, on s’est dit qu’une deuxième compétition commençait », abonde-t-il aujourd’hui. Son doublé a fait de lui le plus jeune joueur à inscrire au moins deux buts en Coupe du monde depuis le Brésilien Pelé au Mondial 1958. Mbappé a 19 ans et demi, il est né cinq mois après le sacre de 1998. Avec lui, la France se met à rêver d’un deuxième titre mondial.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-9">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le président de la Fédération française de football revient sur le parcours des Bleus avant la finale du Mondial entre la France et la Croatie, dimanche, à Moscou.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/07/2018
Découvrir l’application


                        

Coupe du monde 2018 : « Deschamps sera là au moins jusqu’en 2020 », confirme Noël Le Graët

Le président de la Fédération française de football revient sur le parcours des Bleus avant la finale du Mondial entre la France et la Croatie, dimanche, à Moscou.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 19h30
    |

            Rémi Dupré (Moscou, envoyé spécial)








                        



   


A 76 ans, Noël Le Graët est un dirigeant comblé. Président de la Fédération française de football (FFF) depuis 2011, le Breton espère que les Bleus de Didier Deschamps accrocheront une deuxième étoile à leur maillot à l’issue de la finale de la Coupe du monde, dimanche 15 juillet, contre la Croatie, au stade Loujniki de Moscou. Avant ce duel, M. Le Graët revient sur le parcours de l’équipe de France en Russie.
Les Bleus affronteront la Croatie à Moscou, dimanche. Quel regard portez-vous sur la sélection à damier ?
Noël Le Graët : Ce sera un match très difficile. La Croatie a parfaitement joué le coup contre l’Angleterre [victoire 2-1 après prolongation] en demi-finale. Les Anglais avaient bien démarré mais, sur la deuxième mi-temps, il n’y a pas photo. J’avais senti les Croates un peu fatigués contre la Russie, en quarts [2-2 à la fin des prolongations]. Ils avaient gagné aux penalties [4-3] mais avaient un peu faibli. Techniquement, ils sont très bons. C’est une équipe très complémentaire. C’est un adversaire qui va être très difficile.
Les Croates ont disputé trois prolongations et ont donc un match de plus dans les pattes que les Bleus. Est-ce un avantage pour Didier Deschamps et pour ses joueurs ?
Je crois me souvenir que le Portugal avait eu deux prolongations avant la finale de l’Euro 2016 [remportée 1-0 contre la France]. Quand on est dans l’euphorie et qu’on dispute une finale, il n’y a plus de fatigue. Ils ont certes joué plus que d’autres. Mais sur la prolongation contre l’Angleterre, ils n’ont pas montré beaucoup de signes de fatigue. Les observateurs disaient qu’ils flanchaient physiquement. Or, ce n’est pas du tout le cas. Les Croates étaient très compacts. Ils ont de très bons joueurs.
On prépare sérieusement cette finale. Je ne crois pas que le fait d’avoir joué la demie un jour avant change quelque chose. Cela ne se jouera pas sur ça. Aucune équipe ne s’est écroulée physiquement. C’est la technique et la maîtrise du ballon qui font la différence. Et dans ce domaine, les Bleus sont très costauds.
A l’Euro 2016, vous estimiez que Didier Deschamps avait fait « d’une sélection une équipe » ? Qu’en est-il deux ans après ?
Le constat est encore plus fort aujourd’hui. Je le dis depuis longtemps : la France progresse. Si on repart de 2012 — on ne parle même pas de 2010 car c’était catastrophique — on a fait une Coupe du monde correcte au Brésil (élimination par l’Allemagne en quarts), une finale à l’Euro en 2016. L’équipe est en progrès.
On n’est pas les meilleurs, mais on s’en rapproche ou pas loin. Didier Deschamps a mis un système en place, il a des joueurs qu’il apprécie humainement. Il a réussi à trouver un vrai groupe. Il n’y a aucun problème d’humeur. Dans le jeu, c’est constant.
Son équipe est très équilibrée, avec des jeunes intégrés comme Benjamin Pavard et Lucas Hernandez. On a l’impression qu’ils sont là depuis toujours. Tout le monde en parle aujourd’hui comme s’ils jouaient depuis deux, quatre ans avec les Bleus. Je trouve cette équipe de France nettement en progrès. Les joueurs sont très forts à chaque poste, très complémentaires et disciplinés dans le jeu. Ils sont tous forts techniquement.
Quelles sont les clés de cette épopée russe ?
Cela s’est fait progressivement. On a fait des matchs amicaux intéressants. La qualification pour le Mondial a été difficile pour tout le monde. La France a quand même fini première de sa poule. Le match contre l’Argentine, en huitièmes, a un peu tout modifié. La veille, les joueurs présentaient un visage un peu différent. Si je prends les trois derniers matchs, les joueurs montrent pas mal de sérénité. Techniquement, cette équipe est l’une des meilleures.
L’Argentine, c’est le déclic, car on était un peu attendus. Il ne faut pas se raconter d’histoire. Ce jour-là, les observateurs s’interrogeaient : que va-t-il se passer contre l’équipe de Messi ? Or, on a gagné très logiquement. Cela a donné beaucoup d’espoir. Les matchs contre l’Uruguay et la Belgique ont été, à mon avis, gagnés tout aussi logiquement.
Didier Deschamps a toujours donné l’impression de se projeter avec cette cure de rajeunissement imposée à son équipe.
Il y a des révélations. Il y a peu de temps, personne n’imaginait Pavard titulaire à droite ni Hernandez titulaire à gauche. Personne ne se demande plus qui sont Pavard ou Hernandez. Ils ont 22 ans et se sont imposés naturellement par leurs qualités.
Je ne parle même pas de Kylian Mbappé [19 ans], bien évidemment… On a une génération de joueurs très forts. Ils ont l’habitude des grands matchs, se comportent en vieux briscards, ou du moins en garçons intelligents sur le terrain.
En octobre 2017, les critiques ont été pourtant très vives à l’égard de Deschamps.
C’est le moment où j’ai choisi de prolonger Didier jusqu’à l’Euro 2020. On a toujours travaillé ensemble sérieusement. Les Allemands, on les a dominés nettement en novembre 2017 en amical [2-2]. Sur cette Coupe du monde, le Brésil et l’Allemagne, deux grands pays de foot, n’ont pas été au niveau des Bleus. On est beaucoup plus complémentaires.
Quel a été votre rôle actif en Russie, auprès de Didier Deschamps et des joueurs ?
Le rôle d’un président est de rassurer quand il y a besoin de rassurer, d’être proche. On a eu trois ou quatre réunions avec les joueurs. Avec Didier, on déjeune le matin, on mange le midi, on mange le soir. On parle du foot, de la vie. Le rôle, c’est d’être discret mais rassurant. Il y a beaucoup de respect entre Didier et moi.
Quel serait l’impact d’une victoire en Coupe du monde pour la FFF ?
On a un budget fédéral prévisionnel [250 millions d’euros pour la saison 2017/2018, 266 millions d’euros en cas de participation en quarts] comme si la Coupe du monde n’existait pas. On fait en sorte de ne pas dépenser plus que ce qu’on va gagner. On n’en fait pas une opération financière. Tous les contrats commerciaux ont été signés avant, jusqu’après le Qatar [qui accueillera la Coupe du monde en 2022].
En termes d’image, nos rapports sont plus faciles avec nos sponsors, le président de la République, Emmanuel Macron, se déplace en Russie. On avait perdu beaucoup de licenciés en 2010 ; on en a récupéré au moins 400 000 depuis ; on est à 2,2 millions. Mais on a besoin d’installations. Donc notre parcours en Russie peut aider les collectivités à investir.
Qu’en est-il des primes reversées aux Bleus ?
Les joueurs ont 30 % des sommes de la FIFA, soit autour de 300 000 euros chacun en cas de défaite en finale, ou 400 000 euros en cas de victoire. Mbappé a décidé de verser sa prime à une association. On le savait depuis longtemps pour Mbappé. Sa maman m’en avait parlé depuis déjà six mois. C’est un acte intéressant.
Quant aux autres, chacun a sa manière de réagir, chacun fait comme il le ressent. Ils ont la liberté totale de faire ce qu’ils veulent de leur argent.
On a l’impression que Didier Deschamps a abordé le Mondial avec sérénité.
Si cela ne s’était pas bien passé pour Didier, vous auriez fait votre métier, c’est logique. Je voulais qu’on ne parle pas de contrat ni d’argent avant la Coupe du monde. Didier est là jusqu’en 2020. On a signé la prolongation de son contrat, en octobre 2017, en toute connaissance de cause. Je ne voulais pas qu’il y ait la moindre ambiguïté. Regardez l’Espagne, éliminée en huitièmes par la Russie [son sélectionneur Julen Lopetegui, a été débarqué la veille de l’entrée en lice de la Roja, après l’annonce de son arrivée cet été au Real Madrid, et remplacé par Fernando Hierro]…
La boucle serait-elle bouclée pour Deschamps s’il remportait la Coupe du monde comme sélectionneur, vingt ans après l’avoir soulevée comme capitaine ? Peut-il envisager de partir par la grande porte ?
Didier sera là au moins jusqu’en 2020. On a immédiatement la Ligue des nations à préparer en septembre avec la qualification pour l’Euro 2020 [premier match le 6 septembre contre l’Allemagne]. Il y a trois semaines, on me demandait : « S’en va-t-il s’il ne bat pas l’Argentine en huitièmes ? » Et maintenant on me demande : « S’en va-t-il s’il gagne ? » Laissez-le à la FFF.
Une victoire serait un couronnement pour vous également. Partiriez-vous par la grande porte en cas de sacre ?
J’ai eu quelques problèmes de santé dernièrement. Je continuerai jusqu’au terme de mon mandat, en 2020, si la santé me le permet. Je viens de passer six semaines en Russie. Je remplis ma fonction très normalement, sans fatigue. Le tandem Deschamps-Le Graët continuera.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-10">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le rappel incessant du succès de la génération Zidane ne doit pas masquer la réalité des relations en dents de scie entre la France et son équipe.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Equipe de France : depuis 1998, une histoire d’amour et de haine

Le rappel incessant du succès de la génération Zidane ne doit pas masquer la réalité des relations en dents de scie entre la France et son équipe.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h34
    |

                            François Krug








                        



                                


                            

Mêmes foules, mêmes chants, comme si vingt ans n’étaient pas passés… « On est, on est, on est en finale » : mardi soir, après la victoire des Bleus contre la Belgique, la France de 2018 a soudain ressemblé à celle de 1998. Un succès fêté avec la même ferveur devant l’Arc de triomphe et à Bondy, la ville de Kylian Mbappé. Dans cette commune populaire de Seine-Saint-Denis, la foule a envahi la place de l’église, scooters et voitures se sont lancés dans un concours de vitesse et de klaxons.
Des drapeaux français, mais aussi un algérien et un marocain, ont été brandis comme du temps où l’on célébrait la France black-blanc-beur de Zidane. « Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça ici », assurait Ami, un lycéen de 17 ans. Les fumigènes qui rendaient l’air irrespirable et les pétards lancés au milieu de la foule ont à peine gâché ces célébrations, finalement interrompues, au bout d’une heure, par une quinzaine de policiers casqués. Les fêtards se sont éloignés, en attendant dimanche.
La France aime son équipe quand elle gagne
Comment mesurer la passion retrouvée d’un pays pour son équipe ? Comme en 1998, aucun comptage officiel n’a été effectué, ce soir-là, sur les Champs-Elysées. Seul indicateur chiffré disponible : plus de 20,7 millions de téléspectateurs ont suivi le match chez eux (TF1 annonce avoir réuni 19,1 millions de personnes, et la chaîne payante BeIN Sports 1,62 million). C’est légèrement plus que pour la demi-finale de 1998 (20,6 millions de téléspectateurs devant TF1 et Canal+, à l’époque, pour France-Croatie). C’est moins que pour celle de 2006 (22,2 millions devant TF1 pour France-Portugal), à une époque, cependant, où le streaming ne concurrençait pas les téléviseurs.

Les sondages sur la relation des Français à cette équipe ne manquent pas, mais ils ne révèlent qu’une évidence : le pays l’aime quand elle gagne. Dans le baromètre Odoxa pour RTL, BeIN Sports et Groupama, 50 % seulement des sondés en avaient...




                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-11">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Si la France a remporté la finale de la Coupe du monde, elle le doit beaucoup à sa solidité défensive. Une histoire d’hommes mais aussi d’état d’esprit.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : les Bleus, un château fort en Russie

Si la France a remporté la finale de la Coupe du monde, elle le doit beaucoup à sa solidité défensive. Une histoire d’hommes mais aussi d’état d’esprit.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 19h30
    |

            Adrien Pécout (Istra, envoyé spécial)








                        



   


La Russie, qui n’en manque pas, découvre un nouveau château fort. Didier Deschamps a construit son équipe de France comme telle. Le sélectionneur la veut résistante en défense, du genre à « ne rien donner à l’adversaire », aucune chance de tirer au but, pas même à travers le créneau d’une muraille.
A Moscou, les Bleus ont joué dimanche leur finale du Mondial contre les Croates comme les six matchs précédents, avec ce même désir obsidional. Ce même « objectif », pour reprendre le mot de Raphaël Varane, « d’être d’abord solides » dans leur propre surface de réparation. Avant même le tournoi, le défenseur central insistait : « Ça doit être ce que représente l’équipe de France : un adversaire nous voit jouer et doit se dire “attention, cette équipe est solide”. »
Les fondations demeurent : Hugo Lloris dans les cages ; Benjamin Pavard à droite, Lucas Hernandez à gauche ; Samuel Umtiti et Raphaël Varane dans l’axe. Ces cinq-là ont passé tout le Mondial côté à côte. A l’exception du dernier match de poule (0-0) contre le Danemark, où Steve Mandanda, Presnel Kimpembe et Djibril Sidibé ont aussi pointé le bout de leurs crampons, la qualification pour les huitièmes de finale étant déjà acquise.
Contrariétés initiales
Quand elle débarque en Russie, cette équipe de France promène pourtant l’étiquette d’une formation fragile sur ses pattes arrières. Les esprits chagrins évoquent encore le souvenir de la défaite contre la Colombie en match amical le 23 mars à Saint-Denis (2-3) ou les flottements observés lors des matchs de préparation.
Pour ses débuts en Coupe du monde, une main délictueuse de Samuel Umtiti offre un penalty aux Australiens (2-1). En huitièmes, les petits Bleus encaissent ensuite trois buts contre l’Argentine (4-3) : « On défendait trop bas par moments, selon Hugo Lloris. On aurait dû mieux garder le ballon en fin de match. » Le trentenaire parle d’expérience, et tant mieux, dans cette équipe parmi les plus jeunes du tournoi. Varane et Umiti ont beau être des cadres du Real Madrid et du FC Barcelone, ils ont tout juste 25 et 24 ans. Pas prévus dans le casting initial, les latéraux Pavard (Stuttgart) et Hernandez (Atlético Madrid) déboulent avec l’ardeur de leurs 22 ans.
En quarts, puis en demi-finales, tous prennent la mesure de l’enjeu. Au point de se transformer en buteurs décisifs : une tête pour Varane contre l’Uruguay (2-0) sur corner, puis une pour Samuel Umtiti contre la Belgique (1-0) sur coup franc, toujours après un centre d’Antoine Griezmann. « lls ont été énormes sur le plan défensif », rappelle aussi et surtout Lloris. Sauf en de très rares occasions, qui permirent alors au gardien de se distinguer, sa timidité dût-elle en souffrir.
En bon capitaine, Hugo Lloris préfère élargir le champ des éloges pour vanter cette solidité nouvelle : « Depuis le début, tout le monde est impliqué sur le secteur défensif, même les trois joueurs offensifs font les efforts. » Le compliment s’adresse en particulier à Olivier Giroud, Antoine Griezmann et même Kylian Mbappé, pourtant plus enthousiaste à l’idée de courir avec le ballon qu’après lui.
« On préfère se qualifier même en ayant mal joué »
Repousser les attaques de l’adversaire pour mieux le prendre de vitesse en contre : la tactique a opéré contre les Uruguayens, puis les Belges. Tout cela, Benjamin Mendy l’a observé du banc de touche : « Dans les matchs comme ça, peu importe la manière, estime le défenseur. On a laissé le contrôle du ballon. Défensivement, on est une équipe très solide, on a bien fait le boulot. » Quitte à rendre le match plus âpre : « Contre la Belgique, il y avait moins de beau jeu, mais on préfère se qualifier même en ayant mal joué plutôt que de jouer super bien et de devoir partir. »
Une victoire sans panache, selon le gardien vaincu, Thibaut Courtois : « La France n’a pas joué, critiquait-il après le match. Ils ont défendu à onze à quarante mètres de leurs buts, et joué les contre-attaques avec Mbappé ». Réponse de ce dernier : « Il faut s’adapter aux situations. Surtout face à des équipes comme ça, qui imposent leur rythme, qui ont voulu miser sur leur impact physique. »
Même sur le ton de la blague, l’avant-centre des Bleus récuse « toute jalousie particulière » envers les défenseurs et leurs buts warholiens. « On veut tous la coupe. Après, si c’est Rapha qui doit avoir la lumière, on la lui donnera », déclare-t-il, bon prince, au moment d’évoquer le brio de Raphaël Varane. Lequel se tient déjà prêt dimanche à éclairer le stade Loujniki, même en plein après-midi d’été.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-12">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La France s’est imposée 4-2 face à la Croatie, dimanche, en Russie, au terme d’un match épique en finale de la Coupe du monde de football.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/15/20-13">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Non, il n’y a pas eu que du football ce weekend. On vous parle du reste de ce qui a animé l’actualité, aussi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

La France championne du monde de foot, défilé et délit de solidarité... les principales informations du week-end

Non, il n’y a pas eu que du football ce weekend. On vous parle du reste de ce qui a animé l’actualité, aussi.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 19h58
   





                        


Chaque dimanche, nous sélectionnons les cinq informations qui ont fait l’actualité, pour permettre à ceux qui se seraient mis au vert de rattraper leur retard. Mais en ce dimanche 15 juillet, difficile d’échapper à l’actualité du ballon rond :
La France salue l’exploit des Bleus en finale de la Coupe du monde
L’équipe de France s’est imposée 4 buts à 2 contre la Croatie lors de la finale de Coupe du monde en Russie. C’est Mandzukic qui a le malheur d’ouvrir le score contre son camp à la 18e minute. D’une frappe croisée magistrale, Perisic égalise dix minutes plus tard (1-1). Avec l’aide de la vidéo, les Bleus obtiennent un penalty, transformé par Griezmann (38e). Pogba (59e) et Mbappé (65e) scellent la victoire française en seconde période. Malgré une énorme erreur de Lloris qui offre un deuxième but à Mandzukic (69e), les Français restent devant et décrochent ainsi leur deuxième étoile, vingt ans après la première.
Les joueurs et l’encadrement de l’équipe de France seront reçus lundi en fin d’après-midi par le président Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée. Ce dernier avait assuré à son homologue russe, tout en le félicitant pour l’organisation de la compétition : « C’est la coupe qu’on est venus prendre ».
Les Diables Rouges renvoient les Anglais à la maison bredouilles  
En sport, « seule la victoire est belle », disait en 1978 le navigateur Michel Malinovsky, au terme d’une Route du Rhum de 23 jours où il avait fini 98 secondes derrière le vainqueur, Mike Birch. Le football ne déroge pas à la règle, et rares sont ceux qui se souviennent du résultat des « petites finales » des derniers Mondiaux. Les Belges, eux, se souviendront que leur brillante équipe des Diables rouges a battu, samedi 14 juillet, les Britanniques (2-0). La génération dorée de la Belgique termine à la troisième place, la meilleure performance du plat pays en Coupe du monde.
Et en dehors du football ? Voici ce qu’il fallait retenir de l’actualité :
Les blessés, une « sous-marinière », un astronaute et l’Asie à l’honneur du défilé du 14-Juillet
Comme chaque année depuis 1790 – à quelques exceptions près pendant la Révolution, puis la Restauration ou l’Occupation –, les « Français, au-delà des clivages, des origines, des différences » se sont rassemblés « pour célébrer ce qui les fédère, la République », a rappelé Florence Parly, la ministre de la défense. L’édition 2018 du défilé du 14-Juillet a mobilisé plus de 4 000 militaires, 220 véhicules, 250 chevaux et 30 hélicoptères.

        Lire aussi :
         

                Michel Bouquet, Laurence Parisot, Olivier Py... Qui sont les 392 promus de la Légion d’honneur du 14-Juillet ?




   


Cessez-le-feu fragile annoncé après un nouvel accès de tension entre Israël et le Hamas à Gaza
L’armée israélienne et le Hamas ne veulent pas de guerre dans la bande de Gaza, mais chacun contribue, à sa manière, au glissement vers cette sombre perspective. Trois Israéliens ont été blessés samedi par une roquette tombée à Sderot . A l’ouest de Gaza-ville, une frappe de l’armée israélienne a causé la mort de deux adolescents de 15 et 16 ans.
Relaxe pour Martine Landry, bénévole d’Amnesty poursuivie pour « délit de solidarité »
Il était reproché à Martine Landry, 73 ans, d’avoir, le 28 juillet 2017, convoyé à pieds, depuis le poste frontière italien de Vintimille jusqu’à celui de Menton côté français, deux mineurs guinéens en situation irrégulière. Des faits d’aide à l’entrée pouvant lui valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Le tribunal a indiqué que « la preuve de la matérialité du franchissement de la frontière » par la prévenue n’avait « pas été rapportée ».

        Lire aussi :
         

                La fraternité, au principe de l’aide aux migrants



Au Nicaragua, des étudiants assiégés par les paramilitaires dans une église
« Les balles sifflaient au-dessus de nos têtes », raconte, visage couvert, l’un des 200 étudiants rescapés d’une attaque des forces pro gouvernementales contre une église de Managua, capitale du Nicaragua. L’opération, menée avec des armes de guerre, a fait deux morts et quatorze blessés, selon le cardinal de Managua. Au total, plus de 270 personnes ont trouvé la mort et quelque 2 000 ont été blessées dans les violences qui secouent le Nicaragua depuis trois mois.

        Lire aussi :
         

                Au Nicaragua , Daniel Ortega se cramponne au pouvoir et réprime dans le sang



En tennis, Djokovic et Kerber remportent le tournoi de Wimbledon
Le Serbe Novak Djokovic a gagné son quatrième tournoi de Wimbledon, en battant (6-2, 6-2, 7-6) le Sud-Africain Kevin Anderson en finale, dimanche. La veille, l’Allemande Angelique Kerber a dominé l’Américaine Serena Williams (6-3, 6-3), remportant son troisième titre en Grand chelem.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-14">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Hormis pour Richie Porte, hors course, le Tour de France ne s’est pas joué dimanche sur les pavés de Roubaix. Mais Romain Bardet l’a échappé belle. John Degenkolb remporte l’étape.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Tour de France 2018 : sous les pavés, pas de gros changements entre favoris

Hormis pour Richie Porte, hors course, le Tour de France ne s’est pas joué dimanche sur les pavés de Roubaix. Mais Romain Bardet l’a échappé belle. John Degenkolb remporte l’étape.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h57
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Roubaix, Nord)








                        



   


La phrase au fronton de la chapelle de la citadelle d’Arras semblait avoir été écrite par eux, ces 169 coureurs au masque de peur : « Mater Dei, Ora Pro Nobis » (« Mère de Dieu, priez pour nous »). Le car de la Movistar s’était garé sous la chapelle Saint-Louis pour préparer le départ, comme s’il lui faudrait l’appui d’une force supérieure pour passer cette journée que l’on disait, pour ses trois leaders hispanophones, possiblement fatale.

        Lire aussi :
         

                Tour de France : John Degenkolb remporte la 9e étape sur les pavés



L’horloge indiquait midi et la place d’Armes de la citadelle, bondée et poussiéreuse, bruissait de noms, ceux dont on disait qu’ils perdraient le Tour dans l’après-midi. Trop maladroits, trop légers, mal accompagnés, mal équipés… la réponse était connue dans la traversée de Rœux, à 8 kilomètres d’Arras : l’Australien Richie Porte, l’un des plus malchanceux de sa corporation, ou des moins funambules, c’est selon, était à terre et se tenait l’épaule. Le Tour de France s’arrêtait là, loin des pavés, à la 9e étape où il avait déjà chuté, l’an dernier, lorsqu’on voyait en lui le rival de Christopher Froome.
Pour le reste, le Tour n’a éconduit aucun de ses prétendants dimanche 15 juillet, et la lecture du classement invite à revoir tous ses préjugés sur le cyclisme en terre hostile : dans le peloton de 31 qui a franchi la ligne à Roubaix, il y a l’immense Nils Politt, 1,92 m, et le grimpeur de poche Domenico Pozzovivo, 1,63 m ; le robuste Andre Greipel, 82 kg, et le fragile Rafal Majka, 62 kg.
Ce Tour se jouera en montagne
Les augures ont eu tort, eux qui prédisaient un tournant du Tour, les flammes et les torches pour les leaders jetés sur des routes trop rudes pour leurs frêles carcasses. Les organisateurs avaient placé 21,7 kilomètres de pavés sous leurs roues, un record depuis trente-cinq ans : « Quand c’est court, on ne peut avoir que le mauvais côté des pavés, c’est-à-dire une chute et non une sélection », avait argué le directeur technique du Tour de France, Thierry Gouvenou. Il avait tort : aucune équipe de favoris n’a vraiment tenté de faire la décision, à l’inverse de l’étape mémorable de 2014, lorsque l’équipe Astana du futur vainqueur Vincenzo Nibali avait dynamité le peloton sur le pavé humide. Ce Tour se jouera en montagne, dès mardi où le changement de braquet s’annonce ravageur.
Christopher Froome, dont on a pu constater qu’il garde ses coudes écartés sur le pavé comme dans le col, Vincenzo Nibali, qui a laissé filer, là, une grande occasion, ou Nairo Quintana, toujours aux avant-postes, sont devenus, à force de reconnaissances multiples, des habitués des pavés. Ils arrivèrent dans le même temps à Roubaix, c’est-à-dire à vingt-sept secondes d’un trio qui, lui, nous rappelait les classiques d’avril : deux vainqueurs de l’Enfer du Nord, l’Allemand John Degenkolb et le maillot jaune Greg Van Avermaet, et le champion de Belgique Yves Lampaert. Ils avaient filé dans l’avant-dernier secteur, celui de Camphin-en-Pévèle, et se disputèrent la victoire devant le vélodrome.
Bardet trahi par les pneumatiques
La Belgique a peut-être la meilleure équipe de football et les plus grands coureurs de pavés du monde, mais il était écrit qu’elle resterait en marge de la gloire, dimanche : Greg Van Avermaet et Lampaert étaient devancés sur la ligne par Degenkolb.
La proximité de la finale de la Coupe du monde de football, en Russie, sautait aux yeux sur le parcours, le blanc et le bleu des drapeaux s’ajoutant aux rouges des briques. On croisait des maillots des Bleus de toutes les époques, surtout celles qui gagnent, Euro 1984, Coupe du monde 1998, Coupe du monde 2018, bien sûr.
Ils poussèrent fort derrière Romain Bardet, mais les calicots ne sont d’aucune aide contre la malchance ou les mauvais pneumatiques : le Français a crevé trois fois, sur le premier pavé, le dernier et au milieu, et en fut quitte, à chaque fois, pour une poursuite effrénée. Bardet n’a pas perdu le Tour, et à l’arrivée, masque de boue sur le visage, il ne pouvait que remercier son équipe. « J’ai perdu combien ? », demandait-il à son coéquipier Silvan Dillier. « Sept secondes, l’informait le Suisse. Avec tout ce qui s’est passé, c’est pas mal, non ? »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-15">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Dans les années 2010, sponsorisée par un oligarque, l’équipe de foot de la capitale, Makhatchkala, s’offrait des stars mondiales. Le rêve a tourné court.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                
                                       
édition abonné


Au Daghestan, des dinosaures en plastique remplacent les footballeurs de l’Anzhi


                      Dans les années 2010, sponsorisée par un oligarque, l’équipe de foot de la capitale, Makhatchkala, s’offrait des stars mondiales. Le rêve a tourné court.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h48
    |

            Benoît Vitkine








                              

                        

Il y a peu, c’est ici qu’était censé se dessiner l’avenir radieux du football russe. Les mercenaires à crampons, recrutés à prix d’or, devaient bousculer la géopolitique mondiale du ballon rond. Mais voilà les supporteurs ramenés à l’ère jurassique. Quand ces maudits dinosaures en plastique sont apparus sur les terrains d’entraînement, il y a un an, même les plus optimistes ont compris que les ambitions planétaires de l’Anzhi Makhatchkala, vitrine du Daghestan, étaient bel et bien enterrées. Quand un parc d’attractions prend la place des athlètes, la fin est proche. Quelques mètres plus loin, la magnifique Anzhi-Arena, une enceinte de 30 000 places tout en verre et en courbes, qui n’a pas été retenue pour la Coupe du monde, subit elle aussi un lent grignotage. Des magasins, restaurants et autres salles de fitness rognent progressivement les espaces du club.
Résultats catastrophiques
Avec une affluence moyenne, lors de la saison 2017-2018, de 7 000 spectateurs par match, il faut bien compenser. En attendant le coup de grâce ? Les plans pour l’étape d’après, la transformation de l’Anzhi-Arena en un gigantesque parc aquatique, sont prêts. Le reste n’est qu’affaire de gros sous et de résultats sportifs. Ceux de la saison qui s’achève sont catastrophiques : à la traîne toute l’année, le club, relégable, n’a sauvé sa place en première division que sur tapis vert, profitant des déboires financiers d’une autre équipe. « Tout est encore possible, rien n’est décidé, tempère, fataliste, Roustambek Pirmagomedov, le directeur de l’Arena, cet écrin en perdition inauguré en 2013. Je ne sais pas comment le club trouve son argent, mais pour l’instant il continue de payer le loyer. »
Il y a cinq ans, une éternité, des vedettes d’envergure plus large qu’un diplodocus foulaient encore les pelouses de l’Anzhi-Arena : le Camerounais Samuel Eto’o, les Brésiliens Roberto Carlos et Willian, le Français Lassana Diarra et de nombreux autres, dont la crème...




<article-nb="2018/07/15/20-16">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Donald Trump a estimé que l’Union européenne était une « ennemie » des Etats-Unis en raison de « ce qu’elle fait [aux Américains] dans le domaine du commerce ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Trump estime que la Russie, l’Union européenne et la Chine sont des « ennemis » économiques

Donald Trump a estimé que l’Union européenne était une « ennemie » des Etats-Unis en raison de « ce qu’elle fait [aux Américains] dans le domaine du commerce ».



Le Monde
 |    15.07.2018 à 19h57
   





                        


Le président américain Donald Trump a estimé que la Russie, l’Union européenne et la Chine étaient, pour différentes raisons, des « ennemis » des Etats-Unis, dans une interview diffusée à la télévision américaine dimanche 15 juillet, à la veille de sa première rencontre bilatérale, à Helsinki, avec son homologue russe Vladimir Poutine.
« Je pense que nous avons beaucoup d’ennemis. Je pense que l’Union européenne est un ennemi, avec ce qu’ils nous font sur le commerce. Bien sûr on ne penserait pas à l’Union européenne, mais c’est un ennemi. La Russie est un ennemi par certains aspects. La Chine est un ennemi économique, évidemment c’est un ennemi. Mais ça ne veut pas dire qu’ils sont mauvais, ça ne veut rien dire. Ça veut dire qu’ils sont compétitifs », a détaillé M. Trump, dont les propos avaient été recueillis par la chaîne CBS samedi.

.@POTUS on why EU is a foe: "Both my parents were born in EU sectors... And, you know, I love those countries. I re… https://t.co/Ojt7DXuguB— CBSNews (@CBS News)


require(["twitter/widgets"]);

Manifestations en Ecosse et en Finlande
Donald Trump a quitté dimanche après-midi l’Ecosse à destination de la Finlande, où il est attendu en début de soirée. Vendredi 13 juillet, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Londres contre sa visite et des milliers d’autres ont manifesté samedi en Ecosse, où il a passé une bonne partie du week-end à jouer au golf.
Deux mille cinq cents personnes ont manifesté dimanche, dans les rues de la capitale finlandaise, en faveur des droits de l’homme, de la démocratie et de l’environnement, à la veille du sommet que doivent tenir, dans la capitale finlandaise, Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine.

   


Les manifestants brandissaient des banderoles frappées des slogans « Faites la paix, pas la guerre ! », « Les réfugiés sont bienvenus » et « Make human rights great again », détournement du slogan de campagne de Donald Trump « Make America great again ». Certains agitaient des drapeaux arc-en-ciel pour protester contre les lois et les attitudes homophobes en Russie.
« L’ordre mondial actuel (…) est contesté par l’admiration pour la force et par l’attitude du “chacun pour soi”. Et c’est bien ce que ces deux hommes ont en commun, Trump et Poutine, le mépris de la démocratie, le mépris des accords internationaux, le mépris des droits de l’homme », a déclaré, lors du rassemblement, Heidi Hautala, députée écologiste finlandaise au Parlement européen.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-17">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Plus de quarante ans après les accords d’Helsinki, le 1er août 1975, le président russe a opté pour la capitale finlandaise pour rencontrer son homologue américain.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Rencontre Trump-Poutine : le choix symbolique d’Helsinki

Plus de quarante ans après les accords d’Helsinki, le 1er août 1975, le président russe a opté pour la capitale finlandaise pour rencontrer son homologue américain.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h04
    |

            Marc Semo








                        



   


A vol d’oiseau par-dessus les eaux du golfe de Finlande, moins de 300 kilomètres séparent Helsinki de Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine, qui est né et a mené une bonne partie de sa carrière dans l’ex-Leningrad, vient donc à Helsinki en voisin. Le choix de cette ville pour sa rencontre avec Donald Trump, lundi 16 juillet, est plein de réminiscences « fleurant bon » la guerre froide.
A l’époque, le mot « finlandisation » signifiait, dans le jargon des relations internationales, une neutralité contrainte, voire une quasi-liberté surveillée pour un pays partageant 1 300 kilomètres de frontières avec la défunte Union soviétique. La Finlande est désormais membre de l’Union européenne et elle se rapproche de l’OTAN, inquiète des visées agressives de son puissant voisin, sans pour autant avoir osé jusqu’ici franchir le pas.

        Lire aussi :
         

                Poutine prêt à rencontrer son quatrième président américain



Etrange choix de la part de l’homme fort du Kremlin que celui de la capitale finlandaise. En 1990, elle hébergea le dernier sommet américano-soviétique entre George Bush et Mikhaïl Gorbatchev. Un an plus tard, l’URSS s’effondrait. Ce fut un traumatisme fondateur pour l’ex-officier du KGB qui n’eut de cesse, une fois devenu président, de vouloir rendre son rang à la Russie. « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur », aime-t-il à répéter, tout en précisant que celui qui veut la refaire comme elle était « n’a pas de cerveau ».
Moment-clé de la guerre froide
La capitale finlandaise est surtout le symbole d’un moment-clé de la guerre froide, avec la signature des accords d’Helsinki, le 1er août 1975, paraphés aussi par Gerald Ford et Leonid Brejnev, à l’issue de deux ans de Conférence sur la coopération et la sécurité en Europe, réunissant 35 pays. Tous les Européens de l’Ouest et de l’Est, à l’exception de l’Albanie – alignée à l’époque sur Pékin –, ainsi que les Etats-Unis et le Canada étaient autour de la table, et tous signèrent « l’Acte final ».

        Lire aussi :
         

                « L’Europe va devoir apprendre à faire sans les Etats-Unis »



« La Conférence avait été voulue par les Soviétiques pour entériner le statu quo de la division de l’Europe et les frontières de 1945, mais ils acceptèrent sous la pression des Occidentaux un troisième panier sur les droits de l’homme estimant qu’il n’aurait pas de conséquence. Or, ce fut le début du processus qui entraîna la dislocation du bloc soviétique », relève Thorniké Gordadzé, enseignant à Sciences Po Paris. L’Acte final d’Helsinki devint en effet une base de référence pour les dissidents des pays du glacis qui, malgré les emprisonnements et la dépression, s’engagèrent dans ce combat en rappelant à Moscou ses engagements et sa signature.
Un échec pour Moscou
« Alors comme aujourd’hui, le Kremlin voulait à la fois conforter sa zone d’influence et diviser les Occidentaux », souligne M. Gordadzé. Mais ce fut un échec pour Moscou. Une bonne partie des travaux se polarisèrent sur les questions des frontières, de leur « intangibilité » comme le voulaient les Soviétiques, ou de leur « inviolabilité » comme le souhaitaient les Occidentaux. La différence sémantique est essentielle. Dans le premier cas cela signifiait qu’elles ne pourraient jamais bouger, dans le second que c’était possible à condition que cela se fasse avec l’accord de toutes les parties. Ce fut mot retenu. Cela permit en 1990 la réunification de l’Allemagne. Jusqu’ici, le seul pays signataire qui a remis en cause ce principe est la Russie de Vladimir Poutine qui, au printemps 2014, annexa par la force la Crimée après l’arrivée au pouvoir en Ukraine d’un gouvernement réformiste pro-européen.

        Lire aussi :
         

                Un premier sommet Trump-Poutine aura lieu le 16 juillet à Helsinki



A l’époque, en 1975, les Occidentaux avaient su faire bloc. Aujourd’hui, Vladimir Poutine mise sur les divisions entre l’Europe et les Etats-unis attisées par le président américain. L’homme fort du Kremlin n’est pas superstitieux et compte bien faire de la rencontre d’Helsinki un moment de revanche.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-18">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Chaque semaine « L’Epoque » paie son coup. Voire plusieurs. Trois heures durant, l’humoriste a alterné rosé et clopes en évoquant le « Club Dorothée » et ses VHS.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                
                                       
édition abonné


Un apéro avec Manu Payet : « Je suis un gars qui vient de loin et se dit pourquoi moi ? »


                      Chaque semaine « L’Epoque » paie son coup. Voire plusieurs. Trois heures durant, l’humoriste a alterné rosé et clopes en évoquant le « Club Dorothée » et ses VHS.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 12h05
    |

            Mustapha Kessous








                              

                        

Il a enfilé un manteau couleur « saumon bio ». Et tant pis s’il fait près de 30 degrés : il faut savoir transpirer pour être beau sur la photo. Manu Payet a donné rendez-vous dans un endroit d’une élégance insolente : Blanche, un club privé ultraluxueux, situé non loin de Pigalle, dans le 9e arrondissement de Paris. Stan Smith aux pieds, le regard chaud, tee-shirt aussi grisonnant que sa barbe, Manu Payet, 42 ans, n’a pas grand-chose en commun avec l’esprit Art nouveau de ce lieu clinquant qui appartient à l’un des producteurs de son dernier film. « Ici, on sera plus au calme pour parler », promet-il.
Les années collège
Vingt heures trente. C’est sur la terrasse marbrée du restaurant de Jean Imbert, vainqueur de l’émission « Top Chef » en 2012, que se pose le comédien. Verre de rosé à la main, cigarette dans l’autre, il est épuisé : la veille, il a joué son one-man-show ­Emmanuel à Marseille et, l’avant-veille, il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Et pour cause : Budapest (Xavier Gens), dont il a coécrit le scénario, est sorti dans plus de trois cents salles en France. Dans ce film inspiré d’une histoire vraie, Manu Payet interprète le premier rôle, celui de Vincent, qui lance une entreprise « de ouf » spécialisée dans les enterrements de vie de garçon en Hongrie. « Il n’y a rien de pornographique », précise-t-il.
« Je n’ai aucune honte à le dire, j’étais Alf à mort, il était la preuve qu’on pouvait être con et aimé. »
En cette soirée de grande chaleur, on sent le stress le ronger, celui qui fait dire que le soleil n’est pas toujours le meilleur ami d’un cinéaste : il n’incite guère les spectateurs à s’enfermer dans une salle obscure, même pour une comédie un peu barrée. « Mais il y a la Fête du cinéma qui arrive », rappelle-t-il comme pour se rassurer. Autre malchance, plus prévisible celle-là : le film sort en plein Mondial de foot. « Ce n’est pas grave. Allez, on trinque...




<article-nb="2018/07/15/20-19">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le Serbe a battu le Sud-africain Kevin Anderson 6-2, 6-2, 7-6 (3) en finale, dimanche. Cela faisait plus de deux ans qu’il était absent du palmarès du Grand chelem.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Tennis : Novak Djokovic remporte le tournoi de Wimbledon

Le Serbe a battu le Sud-africain Kevin Anderson 6-2, 6-2, 7-6 (3) en finale, dimanche. Cela faisait plus de deux ans qu’il était absent du palmarès du Grand chelem.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h53
   





                        



   


Le Serbe Novak Djokovic a gagné son quatrième tournoi de Wimbledon, en battant Kevin Anderson 6-2, 6-2, 7-6 (3) en finale, dimanche 15 juillet. Il s’agissait de la première finale en Grand chelem pour Djokovic depuis l’édition 2016 de l’US Open.
Le Sud-Africain, fatigué par sa demi-finale interminable et gêné au niveau du coude à eu toutes les peines du monde à entrer dans la rencontre. Dès le début de la troisième manche, il se montre beaucoup plus offensif et met Djokovic en difficulté, jusqu’à obtenir deux balles de set. Mais le Serbe tient et s’impose dans le tie-break pour remporter son quatrième titre à Londres.
Novak Djokovic renoue ainsi avec une victoire en Grand chelem plus de deux ans après avoir triomphé à Roland-Garros, en 2016. Il avait déjà été titré trois fois à Londres, en 2011, 2014 et 2015.

        Lire aussi :
         

                Wimbledon : Angelique Kerber l’emporte face à Serena Williams






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-20">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Les six premiers mois de l’année 2018 ont été les plus meurtriers pour les civils afghans, depuis le début des bilans établis par l’agence de l’ONU dans le pays.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Afghanistan : 1 700 civils tués au cours du semestre le plus meurtrier depuis 2009

Les six premiers mois de l’année 2018 ont été les plus meurtriers pour les civils afghans, depuis le début des bilans établis par l’agence de l’ONU dans le pays.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 13h17
   





                        



   


Mille sept cents civils ont été tués en Afghanistan au cours des six premiers mois de l’année, pour la plupart dans des attentats du groupe djihadiste Etat islamique (EI), le pire bilan en dix ans, selon l’ONU. Au total 5 122 victimes, morts et blessés, ont été enregistrées sur ces six mois, dont la moitié (52 %) dans des attentats attribués à l’EI.
En dépit de trois jours de cessez-le-feu en juin entre talibans et forces gouvernementales, la période du 1er janvier au 30 juin s’avère la plus meurtrière depuis que la Mission d’assistance des Nations unies à l’Afghanistan (Manua) a commencé à compter les victimes civiles, en 2009, selon son bilan semestriel, publié dimanche 15 juillet.
La capitale, Kaboul, et la province du Nangarhar, dans l’Est, ont été les plus touchées. Dans le Nangarhar, le nombre de victimes civiles a pratiquement doublé en un an (304 morts, 607 blessés) du fait des attentats, y compris durant le cessez-le-feu, dont l’EI était exclu.
Le 30 avril avait été particulièrement meurtrier. Un double attentat-suicide au siège du renseignement afghan dans la capitale avait fait vingt-cinq morts, dont neuf journalistes accourus pour couvrir une première explosion. Parmi eux, le chef photographe de l’AFP Shah Marai.

        Lire aussi :
         

                Afghanistan : « Les récents attentats ne sont que le symptôme d’une détérioration générale »



La préparation des élections législatives d’octobre, les premières depuis 2010, s’accompagne de violences supplémentaires, relève l’ONU : 117 personnes ont été tuées et 224 blessées dans des attentats contre les centres d’inscription sur les registres électoraux, ouverts le 14 avril.
Opérations aériennes
Les talibans, qui ont observé la trêve de l’Aïd-El-Fitr avec le gouvernement du 15 au 17 juin, sont responsables de 40 % des morts sur les six derniers mois. Dans ce conflit qui s’éternise — près de quarante ans au total, dont dix-sept depuis l’arrivée des Américains, en octobre 2001 —, les attentats constituent désormais le principal danger pour les civils. Les combats terrestres n’arrivent qu’au deuxième rang des causes de mortalité et de blessures dans la population, en baisse de 18 % sur la période.

        Lire aussi :
         

                Les sikhs afghans visés par l’EI



« Le bref cessez-le-feu a prouvé qu’il est possible d’arrêter les combats et que les civils afghans n’ont pas à subir plus longtemps les brûlures de la guerre », a déclaré Tadamichi Yamamoto, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, commentant le rapport.
Pour la Manua, l’expansion des opérations aériennes a également entraîné une très forte augmentation du nombre de victimes civiles dues aux bombardements aériens — en hausse de 52 % — comparé à la même période l’an dernier, avec 149 morts et 204 blessés civils. Plus de la moitié de ces victimes (52 %) sont attribuables aux forces aériennes afghanes et 45 % aux avions américains, les seuls de la coalition occidentale conduite par l’OTAN à mener des opérations.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-21">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ A l’heure où les relations amoureuses balancent entre réel et virtuel, Maïa Mazaurette, chroniqueuse de « La Matinale », nous invite à reconsidérer le périmètre de nos sexualités. Et d’y inclure ces pratiques ou pensées platoniques zèbrant nos quotidiens.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                
                                    

Pas de sexe, merci : les nouveaux rapports platoniques


                      A l’heure où les relations amoureuses balancent entre réel et virtuel, Maïa Mazaurette, chroniqueuse de « La Matinale », nous invite à reconsidérer le périmètre de nos sexualités. Et d’y inclure ces pratiques ou pensées platoniques zèbrant nos quotidiens.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 06h35
    |

                            Maïa Mazaurette








   


A en croire les oiseaux de mauvais augure, nous serions toutes et tous devenus des obsédés sexuels, errant dans une société sur-sexuée, condamnés à ne penser qu’à « ça ». Très bien. Mais pendant que nous rejouons le mur des lamentations, les relations platoniques non seulement subsistent, mais prolifèrent, sous des formes anciennes et modernes.
La première population concernée est évidemment celle des asexuels : dans cette catégorie, qui rassemblerait tout de même 1 % des Français, on ne ressent jamais de désir envers quiconque. Ce qui ne signifie pas qu’on n’ait pas envie de belles histoires d’amour (dans le cas contraire, on serait aromantique), ou qu’on ne connaisse aucune libido (les asexuels ont droit à la masturbation comme tout le monde). Les asexuels ont leurs sites de rencontre, leurs relations, leurs trajectoires… mais platoniques. C’est donc non seulement possible, mais plus acceptable que par le passé.
Viennent ensuite les couples non-asexuels ayant glissé sur la peau de banane du long-terme. Il existe des mariages sans sexe, parmi lesquels on peut inclure les mariages « presque » sans sexe : les chiffres varient selon les études, mais tournent autour de 15 % à 20 % d’unions concernées. Cette situation est rarement volontaire. On évoque l’ennui, la lassitude, la mauvaise entente, les dysfonctions éventuellement liées à l’âge, la maladie, les médicaments… Ou le report de l’intérêt pour le sexe sur des partenaires extraconjugaux.
Platonisme sur la durée ou pour un temps
D’autres choisissent de jeter l’éponge pour des raisons personnelles, pragmatiques, religieuses. Parce que ça ne les intéresse pas, ou plus, ou pas pour le moment. La plupart des groupes passeront par des étapes platoniques autour des périodes de grossesse, et s’en remettront (pire encore, ils se reproduiront !). Sans même parler des moments de séparation, plus ou moins prolongés, ponctués de rapports intermédiaires mi-virtuels mi-réels, allant du sexto érotique à l’amour via webcam.

        Lire aussi :
         

                Comment ne pas casser l’ambiance sexuelle ?



A cela, nous devons également ajouter les amours logistiquement irréalisables. Selon une récente étude Zava sur les « parcours sexuels » 62 % des sondés ont connu leurs premiers émois en fantasmant sur un acteur ou une actrice, tandis que 9 % ont fondu pour un personnage de dessin animé. Ce dont on pourrait déduire que sauf énorme coup de chance lors du Festival de Cannes, nous commençons quasiment tous notre vie érotique via des relations platoniques – chanteurs, athlètes, profs, héros de romans, mannequins.
La tendance ne risque pas de ralentir, puisqu’à l’ère des fanfictions, nous pouvons nous plonger dans ces amours sur la durée ! Et via les jeux de rôles, nous pouvons nous-mêmes devenir d’inaccessibles objets du désir, pour mieux jouir du haut de notre piédestal.
Pas question d’en rester aux premiers soupirs ? D’accord. Parmi les rapports platoniques non seulement choisis mais préférés, citons les rapports BDSM sans pénétrations ni contacts, les flirts, les coups de cœur sans lendemain, ou les aventures impossibles dans le milieu professionnel. La frustration peut alors se transformer en alliée, qui pimente le couple sans le menacer.
L’« orbiting », ou le désir mis sur orbite
Certaines relations sont d’ailleurs vouées à l’évitement d’une sexualité charnelle, et de manière assumée. C’est le cas des infidélités émotionnelles. On expliquera ainsi certaines statistiques du site de rencontres extraconjugales Gleeden : quatre femmes sur dix se contentent volontiers de relations virtuelles pour briser leur routine (mais seulement 14 % des hommes). Une sur quatre ne compte absolument pas passer à l’acte. Et une sur cinq s’est inscrite seulement pour discuter.
Ce retour en grâce des relations distanciées télescope la pratique de l’« orbiting », un néologisme décrivant la mise en orbite de la personne désirée dont on suit virtuellement les tribulations, en se faisant remarquer comme spectateur ou en la suivant sur les réseaux sociaux. Mais sans jamais passer au contact réel.
Les relations platoniques peuvent aussi être choisies par arrogance ou par ennui. Selon une étude Yougov/Happn, 39 % des Français draguent pour le plaisir, ou pour jouer. Et 6 % considèrent la séduction comme un loisir (en attendant le championnat du monde ?). Une personne sur cinq flirte volontiers pour tester son pouvoir d’attraction, et une personne sur dix pour flatter son ego. Toujours selon cette enquête, 22 % d’entre nous seraient même capables de draguer une personne qui ne leur plaît pas !

        Lire aussi :
         

                Etre ou ne pas être un homme pénétré



Ce mélange des genres se retrouve dans les rapports purement amicaux entre hommes et femmes : au royaume des relations désintéressées, les zones de trouble affleurent. Les hommes, d’ailleurs, ont plus tendance à être attirés par leurs amies femmes, que les femmes par leurs amis hommes.
Enfin, une part croissante de nos vies sentimentales ou sexuelles esquive le face-à-face : non seulement nous trouvons nos amants en ligne, mais même quand nous les rencontrons à des soirées, nous les recontactons d’abord virtuellement – du coup, nous commençons à flirter bien avant le premier rendez-vous officiel.
Quand virtuel et réel se confondent
Selon une étude portant sur 1 500 célibataires britanniques, la moitié des sondés n’ont jamais demandé de rendez-vous de visu, de même que la moitié n’ont jamais quitté quelqu’un « en direct » ! Cet évitement des rapports IRL (« in real life ») provoque un glissement de ce que nous appelons un rapport platonique.
Ainsi, la moitié des étudiants américains estiment que « s’attacher émotionnellement » à quelqu’un relève de l’infidélité, de même que s’asseoir sur ses genoux. Pour plus d’un tiers, se raconter des secrets, c’est déjà tromper !

        Lire aussi :
         

                Hommes, femmes, qui gagne le match sexuel ?



A ce titre, de même que nous abandonnons progressivement les concepts de réel et virtuel, il sera bientôt absurde de séparer relations platoniques et relations charnelles – les deux s’interpénètrent volontiers. Si une femme se masturbe avec une courgette bio en pensant à son comptable, est-ce vraiment virtuel ? Bof.
Par ailleurs, en réincorporant dans le champ du désir « légitime » toutes ces sexualités parallèles, on limiterait les frustrations. Plus nous incorporons de possibilités platoniques à notre perception de la sexualité, plus nous étendons notre terrain de jeu : nous sortons d’une vision limitante et étroite de ce qui constitue un acte sexuel, pour y intégrer plus de fluidité… et plus de partenaires. Le platonique et l’érotique font l’amour, pas la guerre !



<article-nb="2018/07/15/20-22">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Pendant près de vingt heures, les étudiants ont vécu la terreur dans l’église de la Divine Miséricorde. Deux étudiants ont été tués d’une balle dans la tête.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/07/2018
Découvrir l’application


                        

Au Nicaragua, des étudiants assiégés par les paramilitaires dans une église

Pendant près de vingt heures, les étudiants ont vécu la terreur dans l’église de la Divine Miséricorde. Deux étudiants ont été tués d’une balle dans la tête.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h01
   





                        



« Les balles sifflaient au-dessus de nos têtes », raconte, visage couvert, un des 200 étudiants rescapés d’une attaque des forces pro gouvernementales contre une église de Managua, capitale du Nicaragua. L’opération, menée avec des armes de guerre, a fait deux morts et quatorze blessés, selon le cardinal de Managua, Mgr Leopoldo Brenes, qui a mené la mission d’évacuation des étudiants assiégés.
Pendant près de vingt heures, les étudiants, d’abord retranchés au sein de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), ont vécu la terreur dans l’église de la Divine Miséricorde, où ils avaient trouvé refuge vendredi 13 juillet. Les paramilitaires, visages masqués, « nous ont attaqués sans pitié, et ont essayé par deux fois de brûler l’église alors que nous étions à l’intérieur », a détaillé à l’Agence France-Presse un étudiant.
« Arrêter le massacre »
Grâce à l’intervention du clergé, très influent au Nicaragua, les étudiants ont finalement réussi à sortir de l’église assiégée samedi matin. Devant l’édifice, se trouvaient le cardinal Brenes et des membres de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) et du Haut Commissariat de l’ONU aux Droits de l’Homme.
Les deux victimes ont été tuées d’une balle dans la tête, l’une à l’intérieur même de l’édifice et l’autre sur une barricade, ont raconté des témoins. Le cardinal Leopoldo Brenes, président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), a qualifié le gouvernement d’« unique responsable » de ces événements et l’a appelé à « arrêter le massacre ».
Ce bilan vient alourdir le décompte des morts et des blessés de la crise qui sévit actuellement dans le pays sud-américain : au total, plus de 270 personnes ont trouvé la mort et quelque 2 000 ont été blessées dans les violences qui secouent le Nicaragua depuis trois mois, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).

        Lire aussi :
         

                Au Nicaragua , Daniel Ortega se cramponne au pouvoir et réprime dans le sang



Pays le plus pauvre d’Amérique centrale
Les étudiants sont le fer de lance d’un mouvement massif de protestation déclenché le 18 avril contre le président Ortega, 72 ans, arrivé à la tête du Nicaragua, le pays le plus pauvre d’Amérique centrale, en 2007, après l’avoir déjà dirigé de 1979 à 1990. Il est accusé d’avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse Rosario Murillo une « dictature » marquée par la corruption et le népotisme.
Vendredi, l’Alliance civique pour la démocratie et la justice, coalition de l’opposition, a lancé une grève générale pour exiger le départ du président. A Masaya, la ville la plus rebelle du pays située à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, des partisans de M. Ortega ont « tiré avec des armes de gros calibre » dans le quartier de Monimbo, tuant « un policier et un manifestant », a affirmé Alvaro Leiva, un responsable de l’Association nicaraguayenne des droits de l’homme (ANPDH).
M. Ortega avait mobilisé ses soutiens : ses fidèles étaient partis de Managua à bord de centaines de véhicules et à moto, agitant des drapeaux rouge et noir du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), le parti au pouvoir.

        Lire aussi :
         

                Nicaragua : nouvelle grève générale pour faire tomber le président et son clan



Le chef de l’Etat et son épouse, qui occupe les fonctions de vice-présidente, se trouvaient dans ce convoi qui commémorait un épisode clé de la révolution sandiniste de 1979. « Nous invitons tout le monde (…) à choisir le chemin de la paix », avait lancé M. Ortega devant un commissariat de police à Masaya, protégé par de nombreux policiers antiémeute lourdement armés. Pour le gouvernement, les protestataires sont des « délinquants » issus de la « droite putschiste » soutenue par les Etats-Unis.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-23">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Le Belge offre une belle mise en scène du texte du Néerlandais Louis Couperus sur le poison des secrets de famille, mais contaminée par son sujet.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ivo van Hove déploie toutes les nuances du noir

Le Belge offre une belle mise en scène du texte du Néerlandais Louis Couperus sur le poison des secrets de famille, mais contaminée par son sujet.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 17h16
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Trop de tragédie tuerait-elle la tragédie ? On se le demande, à la (presque) mi-temps du Festival d’Avignon, le 14 juillet au soir, au sortir de De Dingen die Voorbijgaan (« les choses qui passent »), la nouvelle création, présentée en première française, du metteur en scène belge Ivo van Hove. Le directeur du Toneelgroep d’Amsterdam, un des maîtres incontestés du théâtre européen actuel, est désormais un habitué d’Avignon, où, depuis 2008, ses spectacles ont marqué les esprits, qu’il s’agisse des Tragédies romaines de Shakespeare, de The Fountainhead, d’après Ayn Rand, ou de ces fameux Damnés, inspirés de Visconti, présentés dans la Cour d’honneur du Palais des papes, en 2016, avec la troupe de la Comédie-Française.
Dans une édition 2018 qui semble décliner toutes les nuances de noir, Ivo van Hove revient avec un auteur quasiment inconnu en France, le poète et romancier néerlandais Louis Couperus (1863-1923), qu’il présente comme un équivalent de Proust ou de Thomas Mann. De Dingen die Voorbijgaan, signé par Couperus en 1906, a tout de la tragédie, sous ses dehors naturalistes et psychologiques qui relèvent de la littérature de la fin du XIXe siècle.
C’est l’histoire d’une famille, dominée par une matriarche impressionnante, prénommée Ottilie. En elle se tapit le secret familial que tous connaissent, mais qui ne se dit pas, qui a été tu depuis soixante ans et qui ronge et détruit une génération après l’autre. Quelque chose s’est commis, il y a plus de soixante ans, alors qu’Ottilie, son mari et son amant vivaient aux Indes orientales. Un acte irréparable, qui comme un poison continue à produire lentement ses effets, d’une génération sur l’autre, dans ce roman dont l’un des aspects les plus intéressants – et très actuel – est la cohabitation entre deux générations déjà âgées, l’une approchant les 90 ans, l’autre les 70.
De belles actrices
De Dingen die Voorbijgaan,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-24">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Encore un tiers des candidats sur Parcoursup espèrent une place ou une proposition plus conforme à leurs vœux. Témoignages d’une attente souvent lancinante.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤                     
                                                

Parcoursup : en attendant une réponse…

Encore un tiers des candidats sur Parcoursup espèrent une place ou une proposition plus conforme à leurs vœux. Témoignages d’une attente souvent lancinante.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 06h37
    |

            Soazig Le Nevé et 
Adrien de Tricornot








                        



   


Partir en vacances ou rester ? Déménager ou continuer d’espérer une place à côté de chez soi ? Conserver ses vœux « en attente de place » ou s’inscrire dans le privé, hors Parcoursup ? Cet été, l’attente sur la plate-forme qui a remplacé Admission post-bac pèse sur les aspirants étudiants et leurs familles, qui ont répondu à un appel à témoignages sur Le Monde.fr.
« J’ai eu mon bac S mention bien, j’ai candidaté pour cinq Paces [première année commune des études de santé] du Grand-Ouest et je suis toujours sur liste d’attente ! », se désole ainsi Mathéo* :
« Quelle est la logique ? L’équité ? Aujourd’hui, seuls les très très bons sont admis en Paces, alors que l’an dernier, la porte était ouverte à tous. Quelle est ma faute ? Etre né un an trop tard. »
Rien n’est encore définitif, puisque la phase normale de Parcoursup s’achève le 5 septembre, et la phase complémentaire, qui permettant de formuler de nouveaux vœux, dans des formations disposant encore de places –, le 20 septembre. Mais depuis l’ouverture de la procédure, le 22 mai, seulement 52,8 % des 812 000 candidats initiaux ont accepté définitivement une proposition. Une partie ont quitté la plate-forme, mais 33,5 % restent dans l’attente, parfois lancinante : plus de 160 000 candidats ont accepté une proposition sans la valider définitivement, espérant une réponse qui leur convienne davantage. Et la situation est encore plus incertaine pour les près de 110 000 candidats qui n’ont encore aucune place, et dont une partie ont demandé un accompagnement de leur rectorat d’académie.

        Lire :
         

          Parcoursup 2018 : l’affichage du taux de remplissage inquiète les candidats



« Aujourd’hui, je ne sais pas encore ce que je vais faire en septembre, quels livres je dois lire pour me préparer à la prépa, si je dois trouver un logement ou même acheter une voiture », s’inquiète Juliette Le Provost, qui a décroché son bac ES avec une mention « Bien ».
« J’ai reçu une proposition de CPGE [classe préparatoire] économique ECE à côté de chez moi mais elle ne me plaît pas ! C’est mon vœu “au cas où”. »
Son véritable but : intégrer une des quinze classes préparatoires BL, c’est-à-dire littérature et sciences sociales où elle a postulé. Or, « avec un dossier à 15 de moyenne, j’ai été refusée à tous mes vœux de prépa hors de ma région (onze vœux) », regrette la jeune fille qui se donne jusqu’à fin juillet avant de chercher un logement dans la ville où elle est acceptée en prépa.
« Aucun adulte ne supporterait ce système »
« On est dans une procédure glissante sur toute la période de l’été. C’est très “sympa” aussi pour nous, profs principaux, car nous devons être joignables pour conseiller nos élèves. Cela nous demande donc une grande disponibilité, souligne Emilie Bathier, professeure principale d’une classe de terminale S. La difficulté étant que nous n’avons aucun recul en cette première année, et que nous n’avons pas grand-chose de factuel à leur répondre. » Dans la classe d’Emilie Bathier, sur 33 élèves devenus bacheliers, 8 attendent encore d’être fixés sur leur avenir.
La situation semble aussi délicate pour Lisa*, qui a obtenu avec la mention bien son bac S spécialité SVT (sciences de la vie et de la Terre). Cette Normande voudrait pouvoir déménager :
« J’ai formulé plusieurs vœux mais mon principal reste une licence de biologie à Toulouse, car j’avais des projets de vie là-bas : n’étant pas du secteur, j’étais 2572e le 22 mai, aujourd’hui je suis 294e. L’attente est interminable, avant, pendant et après le bac, on attend toujours… Cela veut dire que je ne sais même pas si je serai là où je veux en septembre ». 
« Chaque matin, c’est la même routine. Lancer la bouilloire et consulter Parcoursup », témoigne une maman d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-seine). « Personne ne comprend » que son fils, 5e de sa classe en terminale S, soit en liste d’attente dans plusieurs classes préparatoires scientifiques, et encore au 875e rang pour une licence scientifique à Paris. « Aucun adulte ne supporterait ce système. » Le salut est finalement venu d’un déblocage de liste d’attente inespéré, vendredi 13 juillet : le jeune homme ira à Dauphine, la seule université qui recrute hors Parcoursup.

        Lire :
         

          Parcoursup 2018 : la création de 10 000 places suffira-t-elle à répondre aux demandes ?



« Pensez-vous qu’il ait une chance ? »
Comme le résume Emilie Bathier, « au final, Parcoursup est une procédure anxiogène et chronophage » :
« Pourtant, au début, elle avait offert une perspective rassurante. Les élèves s’étaient dit “chouette, on va avoir le choix”. Mais ils l’ont vécue comme un piège, car beaucoup n’ont eu aucun choix. Le pire, c’est que le piège est alimenté par les élèves eux-mêmes, car rien ne bouge s’ils ne se désistent pas. Certains m’ont dit “nous, on ne se désiste pas car si d’autres le font avant nous, on sera gagnants”. »
De colère, « il a pris une école privée hors Parcoursup »
Certains n’ont plus la patience ou la possibilité d’attendre. « Mon fils a démissionné de Parcoursup car il était “en attente” partout », explique Sandra : le bachelier S mention « Bien » guignait des classes prépas et des écoles d’ingénieurs post-bac. « On ne peut pas appeler indéfiniment les écoles pour leur demander une tendance, et avoir des réponses forcément évasives », relate sa mère. De colère, « il a pris une école privée hors Parcoursup ». Des établissements « qui demandent des décisions fermes et des arrhes pour début juillet », obligeant à renoncer à ses vœux sur Parcoursup.

        Lire :
         

          Parcoursup 2018 : sans affectation, plus de 10 000 candidats ont saisi leur recteur d’académie



Cette famille n’est pas la seule à avoir finalement trouvé « une orientation sans l’aide de Parcoursup » : « Ma fille a demandé 10 BTS Management des unités commerciales. Elle a reçu deux refus, trois « en attente », et cinq en alternance – donc sous conditions de trouver un patron », explique une mère de la région lyonnaise. La jeune fille a fini par opter pour une formation privée « équivalente » de manager d’univers marchand, délivrant un « titre professionnel » sous l’égide du ministère du travail. « Donc, les études post-bac étant totalement bouchées, nous nous rabattons sur une formation qui est normalement plus du ressort de la formation continue et ce faisant, nous prenons la place de personnes en difficulté ou réinsertion ! Quel formidable système où chacun doit marcher sur l’autre pour trouver une place ! », regrette la maman.
* Le prénom a été modifié.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-25">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ Crinière blonde et défilé de cuissardes pour elle, costumes sobres et collier de rappeur pour lui, le duo a égrené une trentaine de titres samedi soir au Stade de France.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤                     
                                                

Beyoncé et Jay-Z, un couple au sommet

Crinière blonde et défilé de cuissardes pour elle, costumes sobres et collier de rappeur pour lui, le duo a égrené une trentaine de titres samedi soir au Stade de France.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 05h53
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 12h41
    |

                            Stéphane Davet








                        



   


Programmé le même jour que la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet, le deuxième concert au Stade de France de Beyoncé et de Shawn Carter, alias Jay-Z, avait du mal à se remplir. Si l’annonce par les organisateurs que le match France-Croatie serait diffusé sur grand écran, avant le show, a relancé les ventes, 10 000 places restaient encore disponibles la veille.
A en juger par la prestation des « Carters » le 14 juillet, dans une arène, cette fois, à guichets fermés, les supporteurs français pourraient soit se consoler soit prolonger l’euphorie de la victoire en assistant dimanche au spectacle XXL des stars américaines.
Plus qu’un simple couple de vedettes des musiques urbaines, la chanteuse et son rappeur entrepreneur de mari sont devenus une entité artistique et commerciale mettant en scène vie sentimentale et familiale dans leurs disques respectifs ou communs, tel le dernier album en date, Everything is Love, paru le 16 juin, sous le nom de The Carters.
Films familiaux
Dans la foulée, leur deuxième tournée en duo, OTR II, après le On The Run tour de 2014, se nourrit aussi de cette vie privée affichée en public. Au Stade de France, l’écran géant de fond de scène rythme ainsi le concert d’une suite d’épisodes vidéo — constituée d’un montage de clips et de films familiaux — contant plus ou moins métaphoriquement la passion originelle, les disputes et les tensions, la repentance et la réconciliation, le bonheur retrouvé avec leurs trois enfants. Sur fond de références religieuses, ces moments pourraient se réduire à l’esthétique neu-neu de la télé-réalité. La connexion artistique de Jay-Z et Beyoncé est heureusement plus riche que celle de Kanye West et Kim Kardashian.
Depuis leur première collaboration, en 2002, pour le single ‘03 Bonnie & Clyde, on sait à quel point leur différence et leur complémentarité peuvent faire des étincelles. Elle, vocaliste surdouée de la bourgeoisie texane, dont les talents de danseuse ont amplifié la popularité. Lui, le gamin de Bedford-Stuyvesant, quartier dur de Brooklyn, à New York, dont la culture de rue a façonné la verve de rappeur et l’efficacité de self-made-man.
Trouvailles musicales
Pendant deux heures et demie et une quarantaine de titres (souvent joués en version raccourcie) piochés dans le répertoire de chacun, leurs profils respectifs permettent d’alterner sans temps morts des tableaux où s’affirment l’énergie revencharde de Jay-Z (Dirt Off your Shoulder), son assurance bravache de milliardaire autodidacte (Fuckwithmeyouknowigotit, Clique), sa capacité à transformer les épreuves en potion euphorisante (99 Problems, Public Service Announcement), mais aussi sa vulnérabilité (Song Cry) et une conscience politique afro-américaine (The Story of O.J.).
Les performances de Beyoncé s’enchaînent à celles de son époux et s’y fondent brillamment grâce à des trouvailles musicales et vidéo, à la richesse d’une scénographie multipliant passerelles surélevées, trappes escamotables, promenades dans le public et des chorégraphies où continue d’exceller Queen Be, accompagnée d’une douzaine de danseuses aussi spectaculaires que la douzaine de danseurs de Jay-Z.
« Girl power »
Si son mari change encore plus souvent de tenue qu’elle, guêpières en strass ou en pied-de-poule, cuissardes en vinyle, short en jean ou corset d’argent amplifient un sex-appeal assumé avec une autorité de maîtresse femme. La désormais blonde peut piquer une colère soul (Ring the Alarm), incarner l’épouse blessée par les infidélités (Resentment), en jouant en virtuose du velouté de ses quatre octaves et demie. Aussi à l’aise dans les rythmes sudatoires que dans la volupté, elle peut aussi twerker sur ses hymnes féministes (Flawless, Run the World [Girls]) en icône du « girl power ».
Convaincant chacun de son côté, Beyoncé et Jay-Z font d’autant plus fructifier leurs différences quand ils se retrouvent en duo. Plusieurs des morceaux de bravoure du concert consistent ainsi en un jeu de contrastes entre cet aristo du ghetto et sa reine pop. Si le couple n’a pas joué Apeshit, le titre illustré par le désormais célèbre clip tourné au musée du Louvre, il a célébré royalement son « real love » et sa domination sur le R’n’B contemporain dans les éclatants Upgrade U, Déjà vu, Crazy in Love, avant de conclure avec Young Forever, rêvant d’une jeunesse – et d’un règne – éternels.
Concerts : le 15 juillet, au Stade de France, à Saint-Denis, de 56,50 euros à 139 euros ; le 17, au stade Allianz Riviera, à Nice (complet).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-26">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ Trois Israéliens ont été blessés par une roquette tombée à Sderot, a confirmé la police. A l’ouest de Gaza-ville, une frappe de l’armée israélienne a causé la mort de deux adolescents de 15 et 16 ans, blessant une douzaine de personnes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤                     
                                                

Cessez-le-feu fragile annoncé après un nouvel accès de tension entre Israël et le Hamas à Gaza

Trois Israéliens ont été blessés par une roquette tombée à Sderot, a confirmé la police. A l’ouest de Gaza-ville, une frappe de l’armée israélienne a causé la mort de deux adolescents de 15 et 16 ans, blessant une douzaine de personnes.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h36
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


L’armée israélienne et le Hamas ne veulent pas de guerre dans la bande de Gaza, mais chacun contribue, à sa manière, au glissement vers cette sombre perspective.
Le ciel au-dessus du territoire palestinien a été marqué par un chassé-croisé de frappes aériennes et de tirs déclenchés par les factions palestiniennes, dans la nuit du 13 au 14 juillet, puis à nouveau au cours de la journée de samedi. Les sirènes d’alerte ont intimé l’ordre aux habitants des communautés israéliennes, le long de la frontière, de se mettre à l’abri.
Il a fallu une intervention urgente de l’Egypte, médiateur habituel entre les parties, et d’autres diplomates étrangers pour obtenir du Hamas un engagement en faveur d’un nouveau cessez-le-feu, effectif dans la soirée de samedi. Mais sa viabilité semble fragile. Le cabinet de sécurité israélien doit se réunir dimanche après-midi pour envisager la suite.
Cette fois, les échanges de feu ont fait des victimes. Dans l’après-midi, trois Israéliens ont été blessés par une roquette tombée à Sderot, a confirmé la police. Du côté gazaoui, près d’une centaine de tirs de roquettes et de mortiers ont été initiés samedi, dont vingt interceptés par le système de défense israélien Dôme de fer, soixante-treize tombant dans des zones inhabitées selon l’armée. Vendredi, un soldat déployé le long de la clôture frontalière avait été blessé au torse par un engin explosif.
Quarante cibles du Hamas visées
La réplique israélienne a visé des installations militaires attribuées au Hamas. Une frappe de l’armée sur un bâtiment dans le camp de Chaati, au nord du territoire, a causé la mort de deux adolescents de 15 ans et 16 ans, blessant aussi une douzaine de personnes.
Interrogé par Le Monde, le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, explique que le lieu « était utilisé par le Hamas pour l’entraînement militaire en milieu urbain. Il disposait aussi sous terre d’un système de tunnels pour préparer les terroristes au combat dans ces conditions. »

   


Selon le porte-parole, l’armée a utilisé la procédure du « coup sur le toit » : c’est ainsi qu’on nomme les tirs de semonce. « Nous avons envoyé cinq petits missiles sur le toit du bâtiment pour avertir les gens et les inciter à quitter les lieux. Entre le premier tir de semonce et la destruction effective du bâtiment, une heure s’est écoulée. Si les deux jeunes ont vraiment été tués, que faisaient-ils là ? Etaient-ils retenus contre leur volonté par le Hamas ? » La cible de cinq étages se trouvait en pleine zone urbaine et le bombardement a eu lieu l’après-midi et non la nuit : la présence de victimes aux alentours était plus que probable.
Dans la seule après-midi de samedi, quarante cibles du Hamas ont été visées. Un même emplacement peut comporter plusieurs bâtiments à bombarder. Le quartier général du bataillon du Hamas à Beit Lahia a été entièrement détruit. Il comportait des entrepôts d’armement, des centres de commandement, des installations pour l’entraînement. En outre, deux tunnels – au nord de la bande et au sud, près de Rafah – ont été visés.
Répétition
« Notre message aux habitants de Gaza est que le Hamas les pousse au bord de l’abysse », explique Jonathan Conricus. Selon l’armée, le Hamas organise depuis des mois une escalade de violence sur plusieurs fronts, à laquelle Israël se doit de répliquer : il s’agit à la fois de tirs de roquettes, d’engins explosifs le long de la clôture et d’engins volants incendiaires, lancés en direction des communautés frontalières.
Des montées de fièvre similaires avaient eu lieu le 29 mai puis le 20 juin. Le Hamas a décidé de ne plus demeurer en position passive, lorsque des frappes israéliennes sont déclenchées sur le territoire gazaoui.
Depuis plusieurs mois, le Hamas et le Djihad islamique, les deux principales factions armées palestiniennes, disent accepter l’idée d’une trêve dans l’utilisation massive des roquettes. Les dirigeants du Hamas envisagent ouvertement la possibilité d’un cessez-le-feu à long terme avec Israël, sur dix ou quinze ans, à une condition : un allégement substantiel, voire une levée, du blocus égypto-israélien enserrant Gaza. Pour renforcer sa position dans les négociations, le Hamas a intérêt à montrer sa capacité de nuisance, alors que la situation économique et sociale est catastrophique dans le territoire.

   


Les factions se sont concentrées depuis la fin mars sur la « marche du grand retour », le long de la clôture frontalière, lors de laquelle près de 135 personnes ont été tuées et plus de 4 000 blessées par les soldats israéliens. Vendredi, un adolescent de 15 ans tentant d’escalader la clôture a été abattu. Malgré ce bilan, le Hamas n’a pas répliqué militairement de façon massive. Mais l’utilisation de ballons incendiaires, gonflés à l’hélium, et de cerfs-volants aux extrémités enflammées – encouragée voire organisée par le mouvement islamiste – a modifié les lignes rouges de chacun.
Efforts diplomatiques
Depuis deux mois, ces armes rudimentaires ont provoqué la destruction de vingt-cinq hectares de terres dans les communautés israéliennes proches de Gaza. Elles ont surtout créé, pour la première fois depuis la guerre de 2014, un sentiment d’insécurité et de colère parmi la population.
En outre, dans l’imaginaire israélien, l’idée de terre brûlée, d’atteinte à « Eretz Israel », selon l’appellation traditionnelle, est insupportable. La pression politique exercée par les faucons du Likoud et la droite messianique, en vue d’une réponse massive de l’armée, a placé l’état-major et le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, dans l’obligation d’agir.
Ce dernier a déclaré samedi soir que l’armée israélienne avait infligé au Hamas son « coup le plus dur » depuis l’opération Bordure protectrice à l’été 2014. Pourtant, les hauts gradés et le chef du gouvernement considèrent actuellement Gaza comme un sujet secondaire par rapport à la situation dans le sud de la Syrie, à savoir la reprise en main du pays par Damas et la question de la présence iranienne, qu’ils veulent empêcher.
En outre, M. Nétanyahou est impliqué dans les négociations multilatérales visant à améliorer la situation humanitaire à Gaza. Elles sont initiées par le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix, Nikolaï Mladenov.
Parallèlement, l’administration Trump, par l’intermédiaire de l’avocat Jason Greenblatt et du gendre-conseiller du président, Jared Kushner, essaie aussi d’impliquer les pays arabes sunnites dans des initiatives économiques pour faire bouger les lignes dans le conflit israélo-palestinien. Une nouvelle guerre entre Israël et le Hamas serait un désastre humain et compromettrait ces efforts diplomatiques.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-27">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’été, saison sportive de tous les dangers

Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 06h38
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Pourquoi ne pas profiter de la pause estivale pour faire du sport ? Les vacances sont des moments privilégiés pour les bonnes résolutions, avec la volonté parfois de rattraper le « temps perdu ». Le soleil, la nature et… le Mondial de football sont autant de facteurs qui incitent à bouger plus.
Les bienfaits de l’activité physique pour la santé ne sont un secret pour personne. Que ce soit pour améliorer l’endurance cardio-respiratoire, réduire le risque de maladies non transmissibles, d’anxiété… Or, un adulte sur quatre ne suit pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité soutenue. Sans parler des méfaits de la sédentarité.
Alors n’hésitez pas, les vacances sont l’occasion de davantage bouger et de faire du sport. Mais attention, tempère Eric Dugas, professeur des universités à Bordeaux en sciences de l’éducation et directeur du département recherche en sciences humaines et sociales, « il ne faut pas confondre activité sportive, a fortiori en compétition, où un certificat médical et une licence sportive sont exigés et un entraînement régulier est nécessaire, avec une activité physique de loisir, pratiquée pour être en forme ».
S’il n’y a aucun souci pour la natation, la marche… il faut en revanche être vigilant avant de se lancer dans une pratique intense, répétée, comme le tennis par exemple, avec des accélérations, des à-coups, ou faire un jogging ou du vélo avec intensité sous une forte chaleur. Attention aux chutes ; encore trop de cyclistes partent bille en tête faire du VTT ou monter et descendre des cols sans mettre de casque ! Pour limiter les risques, « il faut savoir s’auto­évaluer et connaître l’environnement dans lequel on évolue », avertit Eric Dugas.
Prévention à l’attention des vacanciers
Le ministère des sports a répertorié en 2017 pas moins de 3 000 interventions...




                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-28">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤                     
                                                

Les utopies négatives de Superstudio

Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 14h40
    |

                            Eric Loret








                        



   


Parmi les arts, c’est à l’architecture (et à l’urbanisme) que la modernité a d’abord confié la mission d’améliorer le sort des hommes. Projets visionnaires de Boullée au XVIIIe siècle, phalanstère de Fourier, machine à habiter de Le Corbusier, puis, plus près de nous, autoplanification de Yona Friedman, ­architecture de récupération…
Mais à la fin des années 1960, les lendemains commencent à déchanter. Pour certains architectes et théoriciens, les utopies industrielles des années 1920 et 1930, qui voulaient « réconcilier la technologie et la nature, les régimes collectifs et l’auto­détermination, l’accomplissement matériel et spirituel », comme le résume Benjamin Buchloh dans l’article « Fuck the Bauhaus » (revue Initiales n°11, ENSBA-Lyon, mai 2018), se sont cassé les dents sur les « transformations sociales réelles qui étaient arrivées durant la désublimation agressive de l’expérience, au temps de la consommation de masse d’après-guerre ». La contestation gronde.
Propositions irréalistes
Gordon Matta-Clark, par exemple, que l’on peut voir actuellement au Jeu de paume, à Paris, critique littéralement à coups de massue la modernisation forcée et la relégation sociale qu’exerce l’architecture. Quelques années auparavant, en 1966, Superstudio et ­Archizoom, deux agences d’architecture de Florence, bousculent les codes par leurs propositions irréalistes. Superstudio, en particulier, inonde le monde de l’art d’images aussi attrayantes que glaçantes. Des photomontages montrant des paysages ou des villes recouverts d’une grille blanche uniforme, « design unique » qui peut être répété et appliqué n’importe où. On ne sait rien de ce qui est dedans ou dessous, c’est une pure « surface neutre ».
Ces horizons immaculés sont habités par des ­hippies que l’on voit pique-niquer ou glandouiller. En 1973, dans la revue Design Quarterly (n° 89, « Sottsass, ­Superstudio : Mindscapes », Walker Art Center), ­Superstudio décrit ainsi la première de ses « douze villes idéales » : un unique bâtiment constitué de cellules. Dans chaque cellule, un individu occupe un siège qui se moule autour de lui, capable de « satisfaire tous ses besoins physiologiques ». Le mur d’en face émet des odeurs, des sons et des images en 3D tandis que le sol est un « simulateur capable d’évoquer toutes les sensations du vivant ». Sur le toit, un « analyseur sélectionne, compare et interprète les désirs de chaque individu » à partir des ondes cérébrales de ceux-ci et, en conséquence, « programme toute la ville à chaque instant. Tous les citoyens sont parfaitement égaux. La mort n’existe plus ».
Discours ironique
Superstudio entretient volontiers le doute sur ses intentions. Au début, ses six membres présentent leur travail comme une « utopie modérée pour l’avenir immédiat » mais, plus tard, ils écriront aussi avoir inventé des « utopies négatives » et proposé une « lobotomie délicate » par le design. Discours ironique, semblable à celui du pop art auquel Superstudio emprunte ses formes, qui retourne la consommation de masse contre elle-même. Mais l’ironie n’empêche pas l’ambiguïté, au contraire : les propositions de Superstudio témoignent à la fois d’une fascination et d’une répulsion pour le fonctionnalisme et les grilles totalitaires de Mies van der Rohe.
Superstudio n’a jamais rien construit, sauf des meubles « encombrants ». Un refus de produire que le chercheur en histoire de l’art Ross K. Elfline, dans l’article « Superstudio and the “Refusal to Work” » (revue Design and Culture, 8:1, 2016), a proposé de relier à l’« opéraïsme » et au « refus du travail » de Toni Negri.
En 1971, l’un de ses fondateurs résumait ainsi la philosophie du groupe : « Si le design est une pure incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l’architecture est une pure codification des modèles bourgeois de propriété et de société, alors nous devons rejeter l’architecture ; si l’urbanisme est une pure formalisation des injustices sociales du ­présent, alors nous devons rejeter l’urbanisme (…) jusqu’à ce que ces activités aient enfin toutes pour but de satisfaire nos besoins primordiaux. »
D’ici là, le monde que Superstudio présente, privé d’objets, de villes et de lieux où habiter, serait en quelque sorte le moins mauvais des purgatoires, mais sans doute pas un idéal à réaliser.
La semaine prochaine : Le design spéculatif d’Ai Hasegawa.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/15/20-29">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ L’édition 2018 du défilé du 14-Juillet a mobilisé plus de 4 000 militaires, 220 véhicules, 250 chevaux, 64 avions et 30 hélicoptères.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ 
<article-nb="2018/07/15/20-30">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤ Chaleur oblige, pour la chronique « Cuisinez-moi », la journaliste Elvire von Bardeleben et le pâtissier parisien se sont attelés à un gargantuesque banc d’essai de glaces. De chez Pierre Hermé à celles de chez Franprix. Résultats des courses.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤                
                                    

J’ai fait une overdose de glace avec Christophe Michalak


                      Chaleur oblige, pour la chronique « Cuisinez-moi », la journaliste Elvire von Bardeleben et le pâtissier parisien se sont attelés à un gargantuesque banc d’essai de glaces. De chez Pierre Hermé à celles de chez Franprix. Résultats des courses.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h21
    |

                            Elvire von Bardeleben








   


Mon ventre est un sanibroyeur, capable de tout avaler. » Cette phrase de Christophe Michalak, prononcée dans sa pâtisserie il y a quelques années de cela, n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde. Pour participer à un gargantuesque banc d’essai de glaces, on a naturellement pensé au pâtissier parisien. Qui a non seulement accepté de bonne grâce notre proposition, mais qui a aussi réussi à la caler dans son agenda, le lendemain de son retour du Japon (où il ouvrira sa première boutique à l’automne) et quelques jours avant son départ en vacances (d’où l’accueil en short et lunettes de soleil aviateur, la « chaleur de gueux » à Paris lui donnant l’impression d’être déjà en Corse).
Ce lundi-là, dans son école de pâtisserie parisienne de la rue du Faubourg-Poissonnière, on fait l’inventaire de notre magot : une star (Pierre Hermé), des jeunes outsiders (la Fabrique givrée), un Meilleur Ouvrier de France (David Wesmaël pour la Glacerie), la référence du secteur (Philippe Faur), un ancien chef de production Ladurée (Nicolas Haelewyn pour Karamel), une chaîne haut de gamme (Amorino) et des classiques du supermarché : Magnum, Carte d’or, Franprix. Comme repère, on a pris de la vanille chez chacun et une ou plusieurs spécialités maison, soit une trentaine de pots en tout.

   


On attaque l’Everest glacé par la Fabrique givrée. « Atomique ! », s’enflamme Christophe Michalak, à raison. Onctueuse, peu sucrée, la vanille puissante, réveillée par de la fève tonka, nous fait commettre l’erreur du débutant : on se ressert. Les vanilles de Philippe Faur (750 ml, 9,90 euros) et Karamel, quoique impeccables, n’ont pas ce goût de revenez-y.
Tandis qu’on essaie de sentir la différence entre vanille de Madagascar (Karamel, la boule est à 3 euros et les 2 à 4,50 euros) et de Tahiti (la Fabrique givrée, 12 euros les 600 ml), Christophe Michalak, d’une efficacité redoutable, s’attaque déjà aux denrées de la Glacerie, présentées sous une forme originale (un gros cylindre de 560 ml à 14 euros). Pour se servir, on le démoule, on se coupe une tranche comme un saucisson, puis on le remet dans son étui. Très pratique, elle est aussi très agréable, mais pas inoubliable, non ? Christophe Michalak est plus enthousiaste. Et rappelle les données du problème. « Il faut savoir qu’il y a trente ans, la vanille ne coûtait rien. Aujourd’hui, pour les pâtissiers, c’est 600 euros le kilo. Au supermarché, c’est même 1 500 euros. Et pour qu’une glace à la vanille ait du goût, il faut en mettre beaucoup. »
« C’est pas la fête du string »
Pierre Hermé, lui, a décidé de ne pas faire de vanille cet été. On teste tout de même sa « Milena » framboise et menthe (160 ml, 7,20 euros), totalement démente : on croirait avoir des feuilles de menthe fraîche dans la bouche. « Le patron est toujours là », constate Christophe Michalak. Forcément, Amorino souffre de la comparaison. « C’est pas la fête du string, mais le rapport qualité/prix reste honnête », estime le pâtissier.
Viennent ensuite les denrées du supermarché, qui font basculer dans un autre monde. « J’en connais un rayon, j’ai bouffé de la junk food jusqu’à mes 20 ans », annonce Christophe Michalak en s’emparant du pot de vanille Magnum (440 ml, 5,70 euros). Recouverte d’une couche craquante de chocolat blanc, elle n’a aucun rapport avec ce qu’on a goûté précédemment. La texture est mousseuse, on a presque l’impression de manger un gâteau (« un parfait glacé », précise le pâtissier). La vanille bio Carte d’or (450 ml, 4,20 euros) semble très terne après tout cela ; la Franprix au chocolat (il n’y avait plus de vanille) a vraiment un goût chimique. « En même temps, pour 1,65 euro le pot, je me demande bien ce qu’ils peuvent mettre dedans », s’interroge Christophe Michalak. Qui dégaine alors ses propres créations. En entamant son sorbet fromage blanc au coulis de framboise et verveine (90 g, 6,50 euros), il avoue : « Je ne suis pas mécontent de ma glaçounette… » Fraîche, légère mais pas chiche, elle atteint en effet un bel équilibre.

   


Alors que notre ventre envoie des signaux de détresse suppliant d’arrêter le délire sucré réfrigéré, Christophe Michalak se masse les lombaires. « J’ai 44 ans, je suis père de famille, je ne fais même plus de sport, mais j’ai quand même mal au dos. » Il dit qu’il doit faire un régime et nous prépare un doggy bag avec les reliques restantes. Une fois dans le métro, on constate qu’il a été très généreux en crèmes glacées, mais il a gardé toutes celles de la Fabrique givrée. Que disait-il déjà à propos de celle aux dattes et à la fleur d’oranger ? « Je pourrais me péter le bide dessus ! » On tient notre vainqueur.

        Lire aussi :
         

                J’ai fait la fête à Bilbao avec les meilleurs chefs du monde






<article-nb="2018/07/15/20-31">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-31"> ¤ La passion des Français pour l’Islande va grandissant. Voici six albums et romans venus de l’île volcanique, à glisser dans vos valises cet été – quelle que soit votre destination.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-31"> ¤     


                Six romans et albums islandais à emporter dans ses bagages


La passion des Français pour l’Islande va grandissant. Voici six albums et romans venus de l’île volcanique, à glisser dans vos valises cet été – quelle que soit votre destination.

Le Monde
                 |                 12.07.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 19h13
                 |

            Marie Charrel

















Derniers articles publiés


            Mohamed El Khatib : « Le stade représente l’un des derniers endroits de mixité sociale »


            Mariez-les ! Journée hors du commun à Faye-la-Vineuse, un village de 300 âmes


            Le succès inattendu d’un questionnaire de deux chercheurs « pour tomber amoureux »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            « De plus en plus d’histoires d’amour démarrent à l’âge de la retraite »


            « Tomber amoureux, cela n’arrive pas par hasard »


            Le succès inattendu d’un questionnaire de deux chercheurs « pour tomber amoureux »






les plus partagés











   


Plages de sable noir, geysers capricieux, fjords verdoyants où circulent quelques moutons libres comme le vent…, l’Islande, avec ses mystérieux paysages, tantôt lumineux, tantôt inquiétants, est la terre idéale pour l’évasion littéraire et musicale. Voici six romans et albums venus de l’île volcanique, à lire ou à écouter cet été.
L’Islande s’invite aussi au Monde Festival. Rendez-vous samedi 6 octobre avec les romanciers Audur Ava Olafsdottir et Arni Thorarinsson, le traducteur littéraire Eric Boury, et Mathias Malzieu, auteur-compositeur et chanteur du groupe de rock français Dionysos.
Or, Audur Ava Olafsdottir
Lassé par un quotidien grisâtre, Jonas plaque sa vie à Reykjavik pour partir vers un pays meurtri par des années de guerre. Loin de sa fille, de sa mère et de son ex-femme, il envisage de disparaître. Il échoue dans un hôtel en partie détruit, dans une ville à l’abandon. Muni de quelques outils, il aide comme il peut la jeune propriétaire de l’établissement à bricoler. Au fil des jours, il croise des habitants atteints de blessures plus profondes encore que les siennes. Peu à peu, une amitié réparatrice va naître. Et les âmes déchirées vont de nouveau croire en l’avenir…
Comme dans Rosa Candida ou L’Embellie, Audur Ava Olafsdottir dresse une histoire délicate, où le désespoir cède doucement la place à une lumière bouleversante, étrangement poétique.
Or, Audur Ava Olafsdottir, éd. Zulma, 19 €.
Le Crime, Arni Thorarinsson
C’est l’histoire d’une journée fatidique. Celle des 18 ans de Frida. Ce jour-là, ses parents lui révéleront leur grand secret. Celui qui a jeté une ombre destructrice sur leurs existences. Culpabilité, alcoolisme, douleur…, comment ce couple qui avait tout pour être heureux a-t-il basculé dans le drame ? La révélation, loin d’être celle que l’on imagine, assène un coup de poing au lecteur, point d’orgue de l’intrigue.
Arni Thorarinsson délaisse ici le polar, son terrain de jeu favori, pour livrer un récit haletant, où les sentiments broient la poitrine. Une tragédie geyser que l’on referme en chancelant.
Le Crime. Histoire d’amour, Arni Thorarinsson, éd. Points, 6,50 €.

        Lire aussi :
         

                Des sagas médiévales à Björk, pourquoi l’Islande fascine



Le Lagon noir, Arnaldur Indridason
A qui appartient le corps découvert dans l’étrange lagon ? Quels trafics se déroulent dans la base américaine de Keflavik ? Que transportent ces mystérieux convois vers le Groenland ? Le prince du polar islandais nous plonge en pleine guerre froide, sur les traces de l’inspecteur Erlendur. Celui-ci enquête en parallèle sur la disparition d’une jeune fille, des années plus tôt, écho à son propre passé.
Au fil des pages, un pan de l’histoire de l’île se dévoile. Et l’on découvre au passage comment s’est formé le « blue lagoon », lieu de baignade aujourd’hui prisé des touristes, entre l’aéroport et Reykjavik : ses eaux doucement laiteuses, riches en minéraux bienfaisants, sont nées des rejets d’une centrale géothermique…
Le Lagon noir, Arnaldur Indridason, éd. Points, 7,90 €.
Utopia, Björk
La reine de la musique nordique quitte ici les expérimentations sonores parfois déroutantes de ses précédents opus pour un retour aux sources foisonnant et lumineux. Si Vulnicura, sorti en 2015, était l’album d’une séparation amoureuse déchirante, Utopia est le disque d’une renaissance, même si les zones d’ombre subsistent. La flûte traversière, omniprésente, apporte un souffle de liberté vespérale à l’ensemble, d’où se dégage une harmonie organique. Magique.
Utopia, Björk (2017), One Little Indian, 13,99 €.

        Lire aussi :
         

                La femme-fleur Björk s’épanouit au festival We Love Green



Island Songs, Olafur Arnalds
Baissez les paupières, écoutez. Vous voilà sur les routes volcaniques d’Islande, en compagnie d’Olafur Arnalds. A l’été 2016, ce compositeur a sillonné son île afin d’enregistrer sept morceaux, en sept lieux. Chaque fois, le musicien, notamment connu pour avoir écrit la bande originale de la série Broadchurch, met en lumière les paysages et artistes locaux, qu’il accompagne au piano. On croise ainsi le poète Einar Georg Einarsson ou la chanteuse Nanna Bryndis Hilmarsdottir, du groupe Of Monsters and Men.
Chaque titre est baigné d’une mélancolie évanescente, entre pop et orchestrations classiques. Les clips, tournés sur place, valent le détour. Comme celui de Raddir, filmé dans une minuscule église en bois, offrant une vue spectaculaire sur un fjord solitaire.

Island Songs, Olafur Arnalds (2016), Mercury Classics, 17,50 €.
The Colorist & Emiliana Torrini
Après la sortie de son album Tookah, en 2013, l’italiano-islandaise Emiliana Torrini s’est offert une pause. Avec une idée : multiplier les collaborations à travers le monde, afin de trouver un nouveau souffle. Elle a ainsi accompagné des groupes manouches à Cordoba, un ensemble de jazz expérimental à Berlin, un orchestre islandais…
Lorsque le groupe belge The Colorist Orchestra lui a proposé de reprendre avec elle certains titres de ses disques précédents, elle n’a pas hésité. Et le résultat est exceptionnel. Les orfèvres belges insufflent une énergie solaire et créative aux morceaux, multipliant les instrumentations classico-pop et les trouvailles sonores jamais superflues, sublimant la voix d’Emiliana.

The Colorist & Emiliana Torrini, Rough Trade Records, 10,99 €.

        Rendez-vous au Monde Festival :
         

          Islande, une passion française




Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. Un rendez-vous porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Marie Charrel
    













<article-nb="2018/07/15/20-32">
<filnamedate="20180715"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180715"><AAMMJJHH="2018071520">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-32"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-32"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Russie : « Monsieur Macron, montrez que la France fait tout son possible pour sauver Oleg Sentsov »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 13h22
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, nous aimons ce sport collectif qu’est le football et dans cette Coupe du monde, nous avons été heureux de l’engouement grandissant provoqué par le parcours de notre équipe nationale, qui s’achèvera dimanche, nous l’espérons, par sa victoire.
Nous sommes fiers de la jeunesse de cette belle équipe, de sa diversité et de son talent. Nous nous sentons d’autant plus proches d’elle que nous essayons nous-même de dire parfois par nos films ce qui fait ces valeurs et cette réussite plurielle, car elles sont parmi les plus belles images que peut donner de lui notre pays dans le monde.

Au nom de cette longue histoire collective que vous connaissez bien, à laquelle participe aujourd’hui à sa manière l’équipe de France, nous nous adressons à vous. Monsieur le président, nous vous le disons avec toute la solennité qu’impose l’état de santé de notre confrère, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, dont vous savez qu’il mène actuellement une grève de la faim illimitée depuis plus de soixante jours, pour demander la libération des soixante-dix prisonniers politiques ukrainiens condamnés, comme lui, à de lourdes peines après des parodies de procès.

Le jour de la finale à Moscou, il en sera à son 63e jour de grève de la faim. Si rien n’est fait là, tout de suite, il va mourir dans une des colonies pénitentiaires de celui avec qui vous avez prévu d’assister à ce match.
Une faute
Monsieur le président, vous ne pouvez pas mettre dans la balance un match de foot, aussi important soit-il, et les fondements mêmes sur lesquels repose notre République. Ses fondements, comme ses valeurs.
Aller à Moscou, dimanche assister à la finale de la Coupe du Monde au côté du président Poutine, sans que soit fermement abordée la question des prisonniers politiques ukrainiens, serait une faute qui abîmerait longuement l’image de la France dans le monde.

Aussi, Monsieur le président, nous...




                        

                        

