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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A l’heure où tant de festivals de musique cèdent à une logique industrielle, on apprécie l’artisanat préservé de Pete The Monkey, faisant grandir son aventure quasi utopique, au bord de la côte d’albâtre, à Saint-Aubin-sur-Mer.
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Festival : l’utopie franco-britannique de Pete The Monkey

A l’heure où tant de festivals de musique cèdent à une logique industrielle, on apprécie l’artisanat préservé de Pete The Monkey, faisant grandir son aventure quasi utopique, au bord de la côte d’albâtre, à Saint-Aubin-sur-Mer.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h01
    |

                            Stéphane Davet (Saint-Aubin-sur-Mer (envoyé spécial)








                        



                                


                            

Quand l’immense majorité des grands rassemblements estivaux annoncent désormais dès l’automne l’essentiel de leur programmation, on ne savait toujours rien de celle de la septième édition de ce festival normand, moins de deux mois avant son déroulement, du 12 au 14 juillet. Qu’importe. Trop modeste budgétairement pour s’offrir des têtes d’affiche, Pete The Monkey se singularise par un parti pris de prospection, misant sur des découvertes pop, groovy et electro. Dans le passé, le flair de cette petite équipe a fait ses preuves, puisqu’on a croisé ici de futures révélations comme Agar Agar, Juliette Armanet, Fishbach, L’Impératrice, Flavien Berger, Alex Cameron, Bagarre ou Tshegue.
Bien avant qu’on connaisse le détail du casting 2018, les quelques 3 700 places/jour avaient d’ailleurs trouvé preneur, très majoritairement vendues sous la forme d’un « pass » trois jours (au prix de 90 euros), souvent complété d’un forfait camping. « Les gens ne viennent pas ici pour un artiste en particulier, mais pour vivre une expérience globale, insiste le Franco-britannique Louis Dumas, cofondateur de Pete The Monkey, avec son frère Robert Dumas, Pauline Couten et Victor Hall. Un peu comme s’ils passaient trois jours dans une colonie de vacances pour adultes. »
Etendards, sculptures, installations…
De fait, le chemin qui, au milieu des près, permet d’accéder au site, fait tout pour donner l’impression de pénétrer dans une bulle enchantée. Étendards bigarrés flottant au vent, sculptures intégrées à l’environnement naturel, installations conçues par des collectifs artistiques tels les Rouennais des Plastiqueurs décorent chaque recoin d’un site agencé en un charmant patchwork arboré, tissé à quelques centaines de mètres des falaises et de la mer.
En 2012, 300 spectateurs assistaient à la première édition sur un pré jouxtant des cours de tennis. Avec quatre scènes désormais, ce terrain de jeu n’a depuis cessé de s’agrandir, tout en veillant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Un manuel pour deux 1|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de la bible de l’enseignement de l’histoire française (années 1920-1960) qui, en fin de compte, n’est l’œuvre que d’un seul homme.
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Pourquoi le Malet &  Isaac ne fut rédigé que par Isaac

Un manuel pour deux 1|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de la bible de l’enseignement de l’histoire française (années 1920-1960) qui, en fin de compte, n’est l’œuvre que d’un seul homme.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 13h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


Bréviaire de la nation » est sans doute excessif, mais pour des générations d’élèves du secondaire le « Malet-Isaac » a été la bible de ­l’enseignement de l’histoire. Présentée comme un monument pédagogique élaboré par un duo inspiré, la série de manuels scolaires signée Albert Malet et Jules Isaac n’a pourtant rien d’une création commune.
Jeune talent impécunieux
D’abord parce que les deux auteurs crédités de cet exceptionnel succès ne sont pas vraiment de la même génération – l’un est né en mai 1864, l’autre en novembre 1877 – mais surtout parce qu’ils ont fort peu travaillé ensemble. Recruté par Ernest Lavisse pour collaborer à sa monumentale Histoire générale, Albert Malet se voit confier par le maître la rédaction des manuels d’histoire chargés d’accompagner les nouveaux programmes scolaires de 1902. Pour Hachette, il s’y consacre en privilégiant la pédagogie par l’image et, choix plus personnel, l’histoire militaire. Seul, donc, il rédige les sept volumes du cours d’histoire en quelque 3 000 pages.
Cette même année 1902, Jules Isaac réussit l’agrégation et prend son premier poste à Nice. Ce n’est qu’en 1906 qu’il est recommandé par Lavisse, toujours, qui soutient ce jeune talent impécunieux, pour rédiger les aide-mémoire destinés à la préparation du baccalauréat. En poste au lycée Louis-le-Grand, à Paris, Isaac étend sa collaboration au projet de Malet en direction du primaire supérieur, assure les ajustements aux modifications de programme dès 1909, mais les deux hommes se connaissent peu, se croisent à peine, le cadet n’étant pour l’aîné qu’un collaborateur certes précieux et fiable, mais secondaire.
Quand la Grande Guerre éclate, tous deux partent au front, Malet s’engageant malgré son âge avancé. Il tombe au combat en Artois en septembre 1915. Isaac, blessé à Verdun, ­réchappe du carnage. Et se pense légitime pour reprendre la charge de Malet chez Hachette.
Souci de continuité
Même s’il est nécessaire de trancher entre les nombreux postulants, puisqu’il faut rédiger au plus tôt un chapitre sur la guerre qui vient de s’achever, l’éditeur hésite. L’historien proteste, arguant de son investissement et de sa parfaite connaissance du chantier. C’est finalement la modification des programmes de l’instruction publique arrêtée en août 1920 qui lui donne le poste.
Désormais l’histoire s’enseigne en continu de la sixième à la terminale. Le découpage de ­Malet ne convient plus. Tout est à reprendre, et c’est une totale refonte qu’engage Isaac. Toutefois, il n’en est crédité qu’en partie, le nom de Malet restant en vue, sur les contrats comme sur les couvertures alors que la formule du ­manuel qui va triompher pendant plus de ­quarante ans est l’œuvre du seul Jules Isaac. ­Hachette avance un souci de continuité qui masque mal celui de ne pas afficher un nom si « biblique », pour ne pas dire juif, quand le succès de la série se joue aussi dans les écoles catholiques.
Aiguiser l’esprit critique
Jules Isaac s’en accommode. Ayant renoncé à sa thèse au profit de sa « grande œuvre pédagogique », pour laquelle il s’entoure d’historiens confirmés et de pédagogues attentifs, le maître d’œuvre marque son empreinte : appel aux sources et aux textes documentaires pour ­familiariser l’élève à la méthodologie historique, confrontation de visions alternatives avec la méthode du double point de vue (même s’agissant de la guerre de 14, le souci d’équilibre tranche sur l’opinion en vogue) afin d’aiguiser l’esprit critique, élargissement à des champs « neufs » : science, économie, courants philosophiques (plus timidement certes).
Et toujours une large place à l’illustration, dont les légendes gagnent en efficacité. Le Malet-Isaac (si peu Malet et si fortement Isaac) défend clairement un idéal « républicain, laïque, de centre gauche », comme le définit André Kaspi, à qui l’on doit une formidable biographie d’un « travailleur d’histoire » jusque-là méconnu (Jules Isaac ou la passion de la vérité, Plon, 2002). A lire le manuel, on voit qu’il évite le patriotisme exacerbé qui conduit au nationalisme agressif puisque Isaac y ­dénonce « les effets déformants de l’optique nationale ». Peut-on rêver catéchisme plus ­pacifiste quand on écrit l’Histoire sans la moindre référence à Dieu et qu’on proclame : « La vérité historique n’a pas de patrie, ne porte pas d’écharpe tricolore » ?
« Les juifs perfides »
Si on se gardera d’oublier que seule une minorité d’enfants accède à l’enseignement secondaire (100 000 en 1920, 310 000 en 1945) et que chacun n’a pas eu entre les mains un Malet-Isaac, c’est statistiquement le choix le plus fréquent, les manuels concurrents ne s’octroyant vers 1946 qu’à peine 20 % du marché.
Jules Isaac y a eu quelque mérite. Nommé inspecteur général de l’instruction publique en 1936, celui qui n’hésitait pas à maintenir dans ses manuels des pans de savoir évacués par des réformes soucieuses d’allégement – « nous n’avons pas cru devoir sacrifier tout ce que les programmes ont éliminé » – est naturellement révoqué en 1940 en vertu du statut discriminatoire des juifs adopté par Vichy.
Abel Bonnard, ministre de l’éducation nationale sous Pétain, n’écrivait-il pas, dans l’hebdomadaire Gringoire, en novembre 1942, qu’« il n’était pas admissible que l’histoire de France soit enseignée aux jeunes Français par un Isaac » ? Hachette fait le gros dos, s’accommoderait de manuels où le nom d’Isaac ­disparaîtrait. Jules se bat et l’emporte. Car il ne cède jamais. Etant parvenu, réfugié en zone ­libre, à échapper aux nazis, il prie Pie XII au lendemain de la Shoah, en 1949, en audience papale, de réviser la prière universelle où sont stigmatisés « les juifs perfides ». C’est Jean XXIII qui l’exaucera en 1959.
C’est ce message de tolérance et d’ouverture, d’esprit critique aussi qu’a porté le Malet-Isaac, dès qu’il fut l’œuvre d’Isaac.

Quand Georges Perec se souvient
Ayant forgé, des années 1920 à 1970, une vision du monde et une conscience historique pour des générations d’élèves et de professeurs, les manuels inventés par Jules Isaac et présentés sous le double nom Malet-Isaac ne pouvaient pas ne pas figurer parmi les réminiscences héroïsées par Georges Perec (1936-1982). Un an après la publication de Je me souviens (Hachette, 1978), l’écrivain est sollicité par l’historien Laurent Theis, alors directeur de la rédaction de la toute nouvelle revue H Histoire, pour contribuer au premier numéro, « Enseigner l’Histoire » (Hachette, mars 1979).
Il y livre un texte, « Je me souviens de Malet & Isaac », qui sera repris dans le recueil posthume Penser/Classer (Hachette, 1985). En voici l’incipit (pp.73-74) : « Je croyais garder le souvenir intact de mes vieux manuels d’histoire ; je me suis aperçu qu’il n’en était rien et quand j’ai tenté de retrouver quelques titres de chapitre (La France de Louis XIV, Les Grandes Découvertes, etc.), quelques formules (la défenestration de Prague, la Pragmatique Sanction, la Sainte-Alliance, le Blocus continental, la Diète d’Augsbourg, les bourgs pourris, la paix de Presbourg, le traité de Tilsit, le concile de Trente, l’Affaire des poisons, le Camp du Drap d’or, etc.), quelques images (le paysan portant sur son dos un noble et un curé, la carte de la campagne de France en 1814, la coiffure de femme représentant une caravelle, etc.), il ne m’en est venu pratiquement aucune. Il a fallu que je ­recherche et retrouve, par hasard, quelques-uns de ces anciens livres de classe pour qu’en les feuilletant aussitôt ressurgissent, à travers ces ­mises en pages élaborées où alinéas, caractères gras et italiques esquissent le cadre immuable d’une pédagogie sûre de ses principes, quelques siècles de notre histoire, telle que l’ont rabâchée des générations de lycéens. »


La semaine prochaine : Lagarde et Michard.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La chanteuse et actrice française a fêté ses 90 ans le 2 juillet. L’occasion de revenir sur sa carrière, son engagement dans la lutte contre le sida, l’affection que lui portent les politiques… et le temps qui passe.
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Elle est comme ça… Line Renaud


                      La chanteuse et actrice française a fêté ses 90 ans le 2 juillet. L’occasion de revenir sur sa carrière, son engagement dans la lutte contre le sida, l’affection que lui portent les politiques… et le temps qui passe.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 12h15
    |

            Philippe Ridet








   


Désolé, on est en retard. Cela dit, nous avons une excuse. On ne savait pas que Line Renaud fêtait ses 90 ans le 2 juillet. Sinon, à l’instar de nos confrères et de nos consœurs de L’Express, de Paris Match, de Télérama, du Parisien, du Figaro – et on en oublie sûrement – qui ont consacré plusieurs pages à l’événement, nous y serions allés nous aussi de notre compliment de circonstance dès la semaine dernière.
Nous aurions regardé France 2, qui a consacré 195 minutes à la mise en scène et en images d’une émission spéciale depuis le théâtre Bobino, à Paris. Le service public est grand quand il privilégie la quête de sens à l’Audimat. Spécialiste de vieilles pierres, Stéphane Bern conduisait la cérémonie, en compagnie d’une pléiade de vedettes.
La force des femmes du Nord
Oui, si nous avions su, chère Line, nous serions, avec votre permission, bien sûr, volontiers montés à bord du bateau-mouche qui a embarqué tous vos merveilleux amis, de Brigitte Macron à Dany Boon en passant par Anne Hidalgo et Jean Reno, faire une virée sur la Seine. Nous aurions fait le déplacement jusqu’à votre maison de Rueil-Malmaison, joué avec les chiens, évoqué le souvenir de feu votre pygmalion et mari Loulou Gasté, fredonné quelques notes de Ma cabane au Canada.

On aurait parlé du temps qui passe, vous qui lui résistez si bien. De la force des femmes du Nord, de votre mère qui tenait la baraque quand votre père, camionneur en semaine et trompettiste de fanfare le dimanche, tenait, lui, le zinc des bars-tabacs d’Armentières. Du combat contre le sida. Des amis qui disparaissent et dont vous assurez, vaillante, la nécrologie, d’église en chaîne d’info. C’est à nous peut-être que vous auriez glissé : « La mort ne me fiche pas le blues. » Mais bon, voilà, on ne savait pas.
Line Renaud, c’est le Formica de la table de cuisine, la Simca de nos parents, le transistor sur l’étagère du salon.
Les hommes politiques ne s’y sont pas trompés. Sans nier le fait qu’ils puissent être sincères dans leur affection, ils ont tous cherché dans la popularité de Line Renaud ce qui, peut-être, manque à la leur. Des yeux myosotis ? La générosité ? La sincérité ? Des choses comme ça. Même le général de Gaulle, paraît-il, fredonnait Le Chien dans la vitrine, aboiements compris. De son côté, courtisane courtisée, il y en a peu qu’elle ait snobé. Après Jacques Chirac, son chouchou des eighties, elle s’est entichée du couple Macron : « Un coup de foudre d’amitié. » La Ve République est son jardin, l’Élysée, sa résidence secondaire.

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Sa carrière est si longue que la chanteuse figure à l’arrière-plan des souvenirs de trois générations de Français, au moins. Il nous suffit de voir ses cheveux blancs comme neige et d’entendre sa voix grave pour retomber en enfance. Line Renaud, c’est le Formica de la table de cuisine, la Simca de nos parents, le transistor sur l’étagère du salon. Et puis, disait-on : « Elle a du succès à Las Vegas. » Vu des années 1960, ça en bouchait un coin.
Las Vegas, parlons-en. L’ancienne meneuse de revue du Dunes et du Casino de Paris confie à Paris Match que Loulou Gasté ne fut pas son seul amour. Diable ! Dans le Nevada, elle s’enticha de Nate Jacobson, le patron du Caesars Palace. Elle essaya de s’en détacher. « Mais il débarquait à chaque fois n’importe où et me disait : “One more time”. » A 90 ans, Mademoiselle from Armentières, le titre d’une de ses chansons, révèle son tempérament rock’n’roll. Ça change tout. Promis, juré : l’année prochaine, on sera là !

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Moins d’un an après l’affaire Weinstein et le mouvement #metoo, les festivals de musique français tentent de prévenir les situations de harcèlement et les agressions sexuelles. Encore trop fréquentes.
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Dans les festivals, « tous les ans, il y a un mec pour me peloter pendant un concert »

Moins d’un an après l’affaire Weinstein et le mouvement #metoo, les festivals de musique français tentent de prévenir les situations de harcèlement et les agressions sexuelles. Encore trop fréquentes.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 10h10
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h29
    |

            Romain Geoffroy et 
                                Brice Laemle








                        



                                


                            

A l’heure de la sieste, des pieds dépassent des tentes chauffées par un soleil de plomb. Au camping des Eurockéennes de Belfort, samedi 7 juillet, on prend des forces et l’apéro, on s’arrose avec des pistolets à eau ou on se prépare pour les premiers concerts de l’après-midi. Vautrés sur des sièges de pêcheur, casquettes sur la tête et boissons anisées à la main, six jeunes hommes reluquent les filles qui reviennent de la douche, et leur assènent des réflexions sur leurs physiques en ricanant. « Libérez vos nichons ! », « montre un tété ! », « sympa le petit short »… Toutes ont droit à une petite phrase. Quelques-unes répondent, mais la plupart font mine d’ignorer les remarques, elles laissent filer.
Séparée par quelques tentes de l’allée centrale du camping, Caroline avoue s’être habituée à la misogynie qui règne l’été dans les festivals. « C’est devenu classique, tous les ans il y a un mec pour me peloter pendant un concert », dit presque blasée cette urbaniste franc-comtoise de 26 ans. Pour autant, pas question pour elle de louper « les Eurocks », qui réunissent chaque année 135 000 spectateurs et ouvrent le bal des festivals d’été.
« Les lieux festifs sont associés à des lieux de rencontres, et certains dépassent les bornes, confirme Mathilde Neuville, cofondatrice de la jeune association de prévention Consentis. Pour le harcèlement de rue ou au travail, il y a une prise de conscience qui s’établit. Mais on s’est rendu compte qu’il restait une zone grise. »
Des plaintes chaque année
Un constat qui dépasse les frontières. En avril, aux Etats-Unis, une journaliste de Teen Vogue interrogeait 54 jeunes femmes venues danser dans le désert californien au festival Coachella. Toutes disaient avoir « été victimes d’agressions sexuelles ou de harcèlement cette année ». Au Royaume-Uni, l’institut de sondage YouGov a mené une enquête auprès de 1 188 festivaliers. Publiée en juin, l’étude...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires d’Alessandra Sublet et d’Antoine Griezmann, Marc Beaugé scrute celui du rappeur star américain qui se produit en concert avec Beyoncé, les 14 et 15 juillet au Stade de France à Saint-Denis, et le 17 juillet à Nice. La classe ? Ou pas.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Bon courage ! 1|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, la philosophe Gaëlle Jeanmart oppose la conception chrétienne à la conception antique du courage.
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Gaëlle Jeanmart : « Le courage, une bataille intérieure ou un geste d’éclat »

Bon courage ! 1|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, la philosophe Gaëlle Jeanmart oppose la conception chrétienne à la conception antique du courage.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 12h05
    |

                            Julie Clarini








                        



   


Spécialisée en histoire de la philosophie antique et médiévale, maîtresse de conférences à l’université de Liège, Gaëlle Jeanmart est l’auteure d’une Généalogie de la docilité dans l’Antiquité et le Haut Moyen Age (Vrin, 2007) et, avec Thomas Berns et Laurence Blésin, de Du courage. Une histoire philosophique (Belles Lettres, 2010).
Pas un jour ne passe sans que l’on nous souhaite du courage pour accomplir les tâches les plus quotidiennes, celles qui nous incombent en tant que parent, travailleur, citoyen… De quel courage parle-t-on ?
Il y a plusieurs sens au mot « courage ». Le mot grec andreia, dérivé de aner, « homme » (ou ­virtus, en latin, dérivé de vir), se rapporte à la virilité, au monde de la guerre : c’est le courage du guerrier capable d’un geste d’éclat. Dans un premier temps, c’est un courage dont on n’est pas responsable, celui que les dieux d’Homère insufflent à Achille comme une sorte de bise. Avec Platon arrive un mouvement d’intériorisation : le courage est alors la force intérieure qu’il faut au soldat pour garder son poste, malgré les flèches qui pleuvent et le camarade qui tombe sous ses yeux.
Un changement majeur survient ensuite avec les chrétiens, qui correspond à notre usage du mot « courage ». Dorénavant on assume l’espèce de fatigue de l’existence : plus besoin de la guerre pour être courageux, l’existence est une épreuve suffisamment difficile ! Le courage est ce dont on a besoin tous les jours en se levant, comme si nous étions des soldats de l’existence. Son opposé n’est plus la couardise mais la paresse. On est passé du geste d’éclat, apanage des hommes, à l’acte minuscule, à la petite résistance au découragement – accessible aux femmes.
Dans les deux cas, il s’agit de trouver de la force ?
Oui. Mais chez Homère, les ressorts du courage et de la force sont externes, alors que la question qui se pose aux chrétiens est précisément l’inverse : comment fait-on pour être responsable de sa force morale ? On pense alors le courage comme le socle même des trois autres vertus cardinales parce qu’il est la force qui permet d’être prudent, tempérant, juste.
Les chrétiens posent alors la question de comment devenir courageux. Ils développent une tradition d’exercices spirituels qui rappellent les méditations à la mode aujourd’hui, mais qui s’appuient sur la grille des vertus. Chacun examine les actes et les pensées de la journée, dans une sorte de dédoublement permanent, en cherchant à savoir s’il a cédé au découragement, par exemple.
Le renversement, c’est que, alors que les stoïciens, dans des exercices très proches, se demandaient positivement comment ils allaient devenir meilleurs, les chrétiens se demandent par où ils ont péché. Le chrétien ausculte en permanence la pointe de paresse en lui. On peut, du même coup, se demander si la fabrique de soi comme être courageux est enviable et regretter le retour d’une injonction au courage !
Cela change l’idée qu’on se fait du courage comme héroïsme. Ce n’est plus ce qui conduit à l’acte exceptionnel ?
La virtus, le courage des Romains, c’est l’immortalité conquise par le geste qui reste dans les mémoires. Chez les chrétiens, le courage devient une bataille intérieure, qui ne doit pas être perçue : je lutte contre tous les vices et je suis condamné à lutter perpétuellement parce que je ne serai jamais parfait. On perd le lien grec entre vertu, visibilité et virilité. C’est peut-être à la condition de devenir ainsi banal et invisible que le courage a pu devenir aussi une qualité féminine.
On rejoint des combats féministes actuels pour faire reconnaître l’importance du care [l’ensemble des activités suscitées par l’empathie, la prévenance, la sollicitude] : ces éthiques du soin, du souci de l’autre, sont des éthiques de l’invisibilité.
Mais en vous parlant, je me fais la réflexion que nous vivons plutôt un retour du super-héros et à nouveau le règne de l’éclat et de la visibilité. Il y a toujours cette tension entre le courage éclatant du ­super-héros et le courage qu’on pourrait dévaloriser, d’une nature plus besogneuse, qui définit un rapport à l’existence sous la forme du labeur, de l’effort, du consentement à se lever le matin.
Justement, le courage est-ce rompre ou persévérer ? Parce qu’il peut y avoir des appels à être courageux qui sont des incitations à la résignation…
C’est une question très légitime. D’une certaine façon, le courage est à la mode, c’est la seule des quatre vertus cardinales (avec la prudence, la tempérance et la justice) qui nous intéresse encore. « Soyons tempérants ! » : est-ce qu’on se le dirait tous les matins ? Certainement pas. Mais alors, que cherche-t-on à entretenir ou à valoriser avec l’injonction au courage ?
Si l’idée est qu’on doit se lancer sans faillir dans une lutte pénible pour subir l’existence, c’est en effet une vertu de résignation bien arrangeante. Je questionnerais cela d’autant plus que, quand on dit « sois courageux », il y a une sorte de paradoxe potentiel : est-ce que ça m’aide vraiment qu’on m’exhorte ? Ou est-ce que ça me renvoie seulement à mon impuissance à l’être sur commande ?
On peut alors se demander ce qui détermine le courage…
En effet. Quelles sont les conditions du courage ? Qu’est-ce qui nous rend courageux ? En Chine, si j’en crois un exemple donné par le philosophe François Jullien, c’est la première question qu’on se pose : dans quelle situation mettre les gens pour qu’ils fassent montre de courage ? On n’attend pas des soldats qu’ils soient courageux par le fruit d’une vertu intérieure personnelle. Le bon stratège pense plutôt une situation dans laquelle les soldats vont être acculés.
D’ailleurs, lorsqu’on se demande quand on a été courageux, on trouve des moteurs de ce type-là. Si la situation est tout à fait désespérée, on ne peut pas ne pas l’être. Le courage arrive sans nous, malgré nous : « Je n’ai pas réfléchi. »
A vous entendre, l’acte de courage ne serait pas forcément une décision prise en pleine connaissance de cause ?
Entre le portrait chinois et le héros occidental, la différence est celle de la considération sur la liberté comme source de l’éthique. On peut considérer qu’il n’y a pas d’éthique sans le présupposé d’une capacité à se construire soi-même, selon tel ou tel modèle ou en incarnant telle vertu, principe, souci.
Mais d’un point de vue déterministe, l’acte moral est conçu comme étant le fruit d’un ensemble de conditions comme le contexte, la façon dont sa personnalité s’est construite, etc. Les philosophies matérialistes ont contesté l’idée de libre arbitre et de responsabilité individuelle. Sommes-nous bien responsables du courage dont nous sommes capables ?
Outre les affects comme le désespoir, quelles seraient les autres conditions du courage ?
Je pencherais pour ce qui a été suggéré par le philosophe américain John Dewey : on est courageux quand on ne représente pas que soi-même mais une idée qui nous dépasse et pour laquelle on est prêt à se sacrifier. C’est d’autant plus facile si on appartient à un groupe qui défend cette idée.
Réfléchissons au courage des terroristes auxquels nous sommes confrontés en Europe : plus le groupe auquel ils appartiennent est stigmatisé, plus ce ressort du courage est potentiellement puissant. Nous sommes probablement gênés de qualifier de courageux de tels actes, comme si par là nous les encouragions. Il s’agit seulement, ici, de penser les moteurs de l’acte courageux dans sa dimension de force et de sacrifice, pas d’en juger le bien-fondé.
Voulez-vous dire que le courage n’est pas toujours une vertu ?
En rappelant ces actes terroristes, on pourrait en effet se demander dans quelles conditions le courage est une vertu. Et, dans l’autre dimension du courage, la plus quotidienne, la plus banale, avoir le courage d’assumer le programme de la journée, est-ce si intéressant que cela ? D’un point de vue autant éthique que politique, il vaudrait peut-être mieux résister !
La semaine prochaine : Frédéric Gros, philosophe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection d’émissions à regarder en différé.
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Quatre replays pour patienter avant le match

Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection d’émissions à regarder en différé.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h48
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Que vous soyiez indifférent au foot ou que vous trépigniez en attendant la finale, voici trois documentaires et une fiction pour enrichir un week-end qui s’annonce festif.
« L’éloquence des sourds » : une jeune femme sourde au handicap

   


« Imaginez un monde où un avion qui décolle fait le bruit d’un oiseau (…). Ce monde, c’est le mien. » Virginie est sourde de naissance. Pourtant, cela ne se perçoit presque pas. Dès son plus jeune âge, ses parents l’ont initiée à la lecture labiale et à l’oralité. Et grâce à des heures innombrables d’orthophonie, elle a appris à parler, sans jamais entendre le son de sa voix. C’est ainsi qu’elle nous conte sa vie. Une vie entre « deux mondes », celui de la surdité et celui des entendants.
Première sourde profonde de naissance à avoir passé le diplôme d’avocate en France, épouse et mère de deux enfants, Virginie fait figure de modèle. Pourtant si tout semble lui avoir réussi, on perçoit ses doutes, ses inquiétudes. Et c’est là que réside la beauté de ce film : mettre au jour les émotions qui la traversent. Se faisant ce portrait sensible et émouvant met à mal bien des clichés sur la surdité et souligne la richesse de l’« éloquence des sourds », composée de signes, de lèvres et de paroles. Un univers peuplé d’« images, de vibrations, de sensations », comme le décrit Virginie. Camille Langlade
L’Eloquence des sourds, de Laëtitia Moreau (France, 2017, 50 min). Sur Arte + 7 jusqu’au 16 juillet.
De toutes les matières, c’est la wax qu’elles préfèrent

S’il y a toujours une touche d’Afrique sur les podiums des fashion weeks aujourd’hui, c’est grâce au wax. Dénigré il y a une dizaine d’années, ce tissu aux innombrables motifs vitaminés – avec des profils de Giscard, Mobutu ou Obama, selon les époques, ou des nuances tribales – est devenu l’emblème pop d’une génération.
Dans Wax in the City, Elie Séonnet retrace l’ascension de ce célèbre tissu et explique les enjeux, culturels, économiques et politiques, dont il fait l’objet. Dans les échoppes de la capitale économique du Bénin, les rues poussiéreuses du Mali ou sur une plage de Dakar, le documentaire restitue l’ambiance des villes africaines. Des images soignées ponctuent les séquences, rythmées par les entretiens et les ­déplacements de Flora Coquerel, Miss France 2014 et présentatrice inspirée de ce documentaire aussi vivifiant qu’un pagne en wax. Pierre Lepidi
Wax in the City, d’Elie Séonnet (Fr., 2018, 60 min). A revoir dimanche 15 juillet à 9 h 45 ou sur 6Play.
Steve McQeen, vitesse et séduction

La vitesse – vite, très vite – et la séduction – mâle, très mâle – sont les deux axes que parcourt le documentaire I Am Steve McQueen, de Jeff Renfroe, du premier film de McQueen, Danger planétaire (1958), d’Irvin S. Yeaworth Jr. et Russell S. Doughten Jr., à La Tour infernale (1974), de John Guillermin et Irwin Allen, son dernier grand succès, qui l’oppose à Paul Newman, l’autre paire d’yeux bleus du cinéma américain.
De nombreux témoignages, d’amis, d’admirateurs – cinéastes, acteurs, cascadeurs –, de ses ex-épouses, de son fils et de ses petits-enfants, apportent un commentaire intéressant à ce film agrémenté de films familiaux privés.
On y apprend que McQueen aimait la fumette, mais aurait également touché à des substances plus fortes, et que cet homme à l’apparence de bon père de famille, qui emmenait parfois ses enfants sur les tournages lointains, était un tombeur. Pour ces deux raisons, sa première femme se séparera de lui. Renaud Machart
I Am Steve McQueen, de Jeff Renfroe (EU, 2014, 90 min). A revoir sur Arte + 7.
« Mon prince à la mer » : amour, humour, coquillages et crustacés

   


Quand elle ne fait pas « grr » sur YouTube contre les sujets qui l’irritent, Klaire monte sur scène pour parler sans tabou et avec large dose d’autodérision de sexe et d’intimité féminine. Pour autant, celle qui « transpire la lose, le cynisme et le shampoing antipelliculaire » ne désespère pas – enfin pas encore – de trouver l’homme de sa vie. Après Mon prince viendra, série audio, drolatique et grinçante, dans laquelle elle relatait ses tribulations sur les sites de rencontres, voici notre héroïne repartie en chasse, persuadée que l’été est propice aux rencontres.
Direction donc la Normandie où elle rejoint ses amis et leurs enfants dans un Center Park. C’est là que ses mésaventures commencent. « Ca va pas être hyperpratique de pécho si j’ai une pelle en plastique et un pot de bébé de Dora l’exploratrice sous le bras », déplore-t-elle dès l’entame. Coiffée du réglementaire bonnet de bain en latex, autant dire que l’opération séduction est loin d’être gagnée. Mais Klaire a d’autres atouts à faire valoir. A commencer par un humour débridé et passablement foutraque qui se joue des codes et de clichés de notre époque. Léa Demirdjian
Mon prince à la mer, de Klaire fait Grr (France, 2018, 5 x 5’à 8’) sur Arte Radio.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.
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édition abonné


« Monsieur Macron, montrez que la France fait tout son possible pour sauver Oleg Sentsov »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 20h39
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, nous aimons ce sport collectif qu’est le football et dans cette Coupe du monde, nous avons été heureux de l’engouement grandissant provoqué par le parcours de notre équipe nationale, qui s’achèvera dimanche, nous l’espérons, par sa victoire.
Nous sommes fiers de la jeunesse de cette belle équipe, de sa diversité et de son talent. Nous nous sentons d’autant plus proches d’elle que nous essayons nous-même de dire parfois par nos films ce qui fait ces valeurs et cette réussite plurielle, car elles sont parmi les plus belles images que peut donner de lui notre pays dans le monde.

Au nom de cette longue histoire collective que vous connaissez bien, à laquelle participe aujourd’hui à sa manière l’équipe de France, nous nous adressons à vous. Monsieur le président, nous vous le disons avec toute la solennité qu’impose l’état de santé de notre confrère, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, dont vous savez qu’il mène actuellement une grève de la faim illimitée depuis plus de soixante jours, pour demander la libération des soixante-dix prisonniers politiques ukrainiens condamnés, comme lui, à de lourdes peines après des parodies de procès.

Le jour de la finale à Moscou, il en sera à son 63e jour de grève de la faim. Si rien n’est fait là, tout de suite, il va mourir dans une des colonies pénitentiaires de celui avec qui vous avez prévu d’assister à ce match.
Une faute
Monsieur le président, vous ne pouvez pas mettre dans la balance un match de foot, aussi important soit-il, et les fondements mêmes sur lesquels repose notre République. Ses fondements, comme ses valeurs.
Aller à Moscou, dimanche assister à la finale de la Coupe du Monde au côté du président Poutine, sans que soit fermement abordée la question des prisonniers politiques ukrainiens, serait une faute qui abîmerait longuement l’image de la France dans le monde.

Aussi, Monsieur le président, nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Notre choix du soir. Un documentaire retrace la vie et la carrière de l’acteur et coureur automobile américain au regard magnétique(sur Arte à 22 h 25).
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TV – « I Am Steve McQueen »

Notre choix du soir. Un documentaire retrace la vie et la carrière de l’acteur et coureur automobile américain au regard magnétique(sur Arte à 22 h 25).



Le Monde
 |    13.07.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 25

« La vitesse et les machines, c’est ce qu’il avait dans le caleçon – désolée… Je ne peux le dire autrement… », lâche à propos de Steve McQueen la première de ses trois épouses, la danseuse et chanteuse Neile Adams. Et « ses yeux couleur piscine : un électrochoc », ajoute la deuxième, la comédienne Ali MacGraw.
« Je ne sais pas si je suis un coureur qui joue dans des films ou un acteur qui fait des courses », dira pour sa part McQueen, qui vivait à 100 – ou plutôt 160 – à l’heure et tournera, quasiment sans doublure, l’une des plus stupéfiantes courses-poursuites automobiles de l’histoire du cinéma dans Bullitt (1968), de Peter Yates.
La vitesse – vite, très vite – et la séduction – mâle, très mâle – sont les deux axes que parcourt le documentaire I Am Steve McQueen, de Jeff Renfroe, du premier film de McQueen, Danger planétaire (1958), d’Irvin S. Yeaworth Jr. et Russell S. Doughten Jr., à La Tour infernale (1974), de John Guillermin et Irwin Allen, son dernier grand succès, qui l’oppose à Paul Newman, l’autre paire d’yeux bleus du cinéma américain.
Car ils s’opposent, en effet : Steve McQueen, qui est jaloux de son collègue – ainsi que le rappelle Ali MacGraw –, impose d’avoir exactement le même nombre de répliques que Newman. Et l’agressivité l’un pour l’autre dont leurs rôles témoignent semble taillée sur mesure pour coller au réel.
Mirobolant cachet
McQueen, dont le contrat prévoit qu’il reçoive un pourcentage des recettes, touche alors l’équivalent de quelque 70 millions de dollars (60 millions d’euros) actuels – en plus de son mirobolant cachet, le plus haut de l’époque.
Mais Steve McQueen, qui est un homme tourmenté et inquiet, s’éloigne des écrans : « Etre un acteur c’est le pied ; être une star de cinéma c’est casse-pieds », dira-t-il. On lui propose le premier rôle de films au devenir fameux (Vol au-dessus d’un nid de coucous, Rencontres du troisième type, Rambo, Apocalypse Now) : il les refuse tous.
Celui qui a pour égale passion la course en automobile ou à moto rencontre Barbara Minty, une jeune mannequin. Il est barbu, hirsute, à peine reconnaissable ; elle lui trouve « une allure de clochard », mais les yeux couleur piscine feront leurs ravages habituels.
La jeune femme partage son goût pour la course et adore les pick-up, les caravanes… Ce seront deux années de bourlingue interrompues tragiquement en 1980 : on diagnostique chez l’acteur un cancer des poumons contracté probablement dans ses jeunes années dans la marine, alors qu’il nettoyait les coques de bateaux bourrées d’amiante.

   


Il aura le temps de tourner et de produire un étrange western, Tom Horn (1980), et de faire un dernier film avant de succomber aux métastases qui ont envahi son abdomen. Steve McQueen n’avait que 50 ans.
De nombreux témoignages, d’amis, d’admirateurs – cinéastes, acteurs, cascadeurs –, de ses ex-épouses, de son fils et de ses petits-enfants, apportent un commentaire intéressant à ce film agrémenté de films familiaux privés.
On y apprend que McQueen aimait la fumette, mais aurait également touché à des substances plus fortes, et que cet homme à l’apparence de bon père de famille, qui emmenait parfois ses enfants sur les tournages lointains, était un tombeur. Pour ces deux raisons, sa première femme se séparera de lui.
Le format de 90 minutes n’évite pas les redites et les longueurs, ce qui impose parfois un tempo qui n’était pas celui de cet amateur pathologique de vitesse.
I Am Steve McQueen, de Jeff Renfroe (EU, 2014, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’instrumentiste et chanteuse d’origine anglo-gambienne est la seule à interpréter sur scène le répertoire traditionnel des griots d’Afrique de l’Ouest.
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Portrait

Sona Jobarteh, la kora en héritage

L’instrumentiste et chanteuse d’origine anglo-gambienne est la seule à interpréter sur scène le répertoire traditionnel des griots d’Afrique de l’Ouest.

Pierre Lepidi (Ariège, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-13T17:30:29+02:00"

        Le 13.07.2018 à 17h30






    
La chanteuse gambienne Sona Jobarteh et sa kora.
Crédits : DR


Quand Sona Jobarteh pose ses mains sur les poignées de sa kora, son visage se ferme et son regard se fige. Au moment où ses pouces effleurent les cordes, il se produit autour d’elle comme une libération. Les premières notes vous emmènent, les suivantes vous bercent. Le temps, lui, reste suspendu.
Que l’on vienne du Mali, de Guinée, du Sénégal ou de Gambie, les patronymes sont toujours les mêmes lorsqu’on est gardien de la tradition orale. Quand on s’appelle Susso, Diabaté, Kouyaté, Konté ou Jobarteh, on sait depuis toujours que ses ancêtres étaient des virtuoses du chant, des poètes, des artistes de la parole et des instruments. Sona Jobarteh, que Le Monde Afrique a rencontrée au Festival Kokopelli qui s’est tenu au Mas d’Azil (Ariège) début juin, vient d’une des cinq plus grandes familles de griots d’Afrique de l’Ouest.
Culture mandingue
Née en 1983 à Londres d’une mère anglaise et d’un père gambien, elle est la petite-fille d’Amadu Bansang Jobarteh, maître griot incontesté de la kora. Elle est aussi la cousine de Toumani Diabaté qui a fait vibrer les cordes de sa harpe à calebasse sur les scènes du monde entier. « La kora fait partie de ma tradition familiale, explique la musicienne. Avec cet instrument, le défi est de maîtriser un répertoire où la tradition est omniprésente et comprend des centaines de chansons qui racontent la gloire d’un empire séculaire. »

    
La chanteuse gambienne Sona Jobarteh pendant le tournage de son clip « Gambia ».
Crédits : DR


La kora fait partie de l’identité et de la culture mandingue, qui s’étend sur une grande partie de l’Afrique de l’Ouest. Unifié par Soundiata Keïta, fils de Naré Maghann Konaté, le territoire dont les frontières actuelles se situent à cheval sur le Mali, la Mauritanie, la Guinée, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Niger et le Sénégal fut l’un des plus prospères de la région au XIIIe siècle.

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L’origine de l’instrument est entourée de nombreuses légendes. L’une d’elles raconte que la première kora fut offerte par les esprits de la montagne de Kabou, dans l’actuelle Guinée-Bissau, il y a près de sept cents ans. Tiramakhan Traoré, un général de Soundiata Keïta, serait parti vers Kabou avec son griot appelé Djélimady Oulé afin de ramener une femme cachée au fond d’une grotte. En lançant un filet pour attraper la belle, les hommes auraient remonté une demi-calebasse recouverte d’une peau de bœuf et surmontée d’un manche tendu avec 22 cordes. Le griot s’en serait servi comme d’un instrument et la jeune femme, émerveillée par la beauté des notes, serait sortie de la caverne. C’est en hommage à Djélimady Oulé que, après sa mort, on aurait retiré une corde à l’instrument initial qui en compte aujourd’hui 21, bien qu’il existe quelques variantes – certaines koras sont montées avec un nombre de cordes variable de 22 à 28 – en Casamance notamment.
Très exigeant
Sona Jobarteh a été initiée à la kora par son frère Tunde Jegede, reconnu comme un maître de la kora et un virtuose du violoncelle. « J’ai commencé à l’âge de 4 ans avec lui, explique la musicienne. Il m’a enseigné les bases de cet instrument très exigeant. » Aujourd’hui elle n’est pas la seule femme à jouer de la kora, mais elle est la seule à interpréter sur scène le répertoire traditionnel des griots. Il y a toutefois une limite qu’elle ne s’autorise pas à franchir. « Je peux jouer et chanter ce registre mais ne souhaite pas le faire pendant une cérémonie comme un mariage ou un baptême, explique t-elle. Cela serait difficile pour moi et mal accepté. Lors d’un concert, il n’y a en revanche aucun problème. »

    
La chanteuse gambienne Sona Jobarteh et sa kora.
Crédits : DR


Ecolière studieuse et réservée, Sona Jobarteh grandi entre Banjul, capitale de la Gambie, Londres et Oslo, où son père fut muté. Joueuse de piano, de violoncelle et de clavecin (elle maîtrise aussi la guitare sans avoir suivi de formation), elle étudie au célèbre Royal Collège of Music de Kensington, dans le plus cossu des arrondissements londoniens, puis suit des cours à la Purcell School of Music où elle apprend à composer. Sona Jobarteh a une quinzaine d’années lorsqu’un professeur tente de la dissuader de poursuivre son apprentissage de la kora. « Il disait que l’instrument n’était pas dans les tonalités du moment sans comprendre que la musique puisse venir d’ailleurs », se souvient-elle.

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La jeune virtuose persiste, continue de « vivre avec sa kora » et multiplie les projets avec notamment l’ensemble River of sound, de l’Orchestre de chambre irlandais, en collaboration avec Evelyn Glennie, une célèbre percussionniste écossaise. Elle joue également avec l’Orchestre philharmonique royal puis en compagnie du jazzman britannique Cleveland Watkiss en 2002. Quand elle n’évolue pas avec l’African Classical Music Ensemble, où elle rejoint parfois son frère Tunde Jegede, sa kora lui ouvre les portes des festivals du monde entier.
En 2009, Sona Jobarteh compose la bande originale du film Motherland où elle explore différents thèmes musicaux propres à l’Afrique.
« Mon inspiration vient de mes racines et de ma volonté de faire bouger les lignes. Je ressens toujours quelque chose d’unique et de très profond quand je joue de la kora. En interprétant des musiques qui ont été composées il y a plusieurs siècles, je ressens la force de mes ancêtres et les mêmes émotions qu’eux. »
Invitation à l’introspection
Mais le pouvoir de la kora ne se cantonne pas à celle qui en joue. « Partout dans le monde, on s’aperçoit que l’instrument a la faculté de capter immédiatement l’attention, assure t-elle. Il installe le silence et crée dans l’air une forme d’apaisement. » En se mêlant à la voix suave de la chanteuse, les notes de la demi-calebasse sont une invitation au voyage et à l’introspection.

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Après un premier album intitulé Afro Acoustic Soul en 2008, Sona Jobarteh prévoit de sortir un deuxième opus à la fin de l’année. Il devrait compter une vingtaine de titres dont Gambia, une chanson dédiée à l’indépendance et à l’histoire pacifique de son pays d’origine, et dont le clip a déjà été visionné plus de 4 millions de fois sur YouTube.



A Banjul, la musicienne a ouvert en 2014 une école de musique où une vingtaine d’enfants, âgés de 10 à 18 ans, apprennent à jouer des instruments traditionnels (kora, balafon, ngoni, djembé) de la culture mandingue. « Tous les grands musiciens africains travaillent en Europe ou en Amérique et l’influence des musiques comme le hip-hop ou le R & B fait que les jeunes oublient leur histoire et leurs traditions, dit-elle. Avec cette académie, je veux transmettre une culture musicale et ainsi la faire durer. » Si la kora donne parfois le sentiment de figer l’instant, les griots n’ont pas le pouvoir d’arrêter le temps.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Alors que le Mondial de foot s’achève, le Kremlin est resté sourd aux appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.
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La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine

Alors que le Mondial de foot s’achève, le Kremlin est resté sourd aux appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La Coupe du Monde de football s’achève en Russie, et Oleg Sentsov risque de mourir. Le cinéaste ukrainien, incarcéré dans une colonie à régime sévère dans le nord du pays, a eu 42 ans ce vendredi 13 juillet, tandis qu’il franchissait un autre pallier : 61 jours de grève de la faim. Dans une lettre datée du 22 juin mais rendue publique le même jour, vendredi, sur le site de la radio Echo de Moscou, sa mère, Lioudmila Sentsova, a demandé sa grâce à Vladimir Poutine.
« Je ne vais pas essayer de vous convaincre de l’innocence d’Oleg, même si j’en suis persuadée, écrit-elle. Je dirai juste qu’il n’a tué personne. Il a déjà passé quatre ans en prison. Ses enfants l’attendent. Le cadet souffre d’autisme. Ils ne seront jamais heureux sans leur père. »
Vladimir Poutine est resté jusqu’ici inflexible. Ni les commentaires alarmés des défenseurs des droits de l’homme, ni les requêtes de ses interlocuteurs – Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a lui aussi demandé sa grâce – ni les nombreux appels d’intellectuels à l’étranger n’ont ébranlé le chef du Kremlin.

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« J’ose croire qu’il va le libérer pour ne pas laisser une ombre sur le Mondial. La mort [du nationaliste irlandais] Bobby Sands après soixante-six jours de grève de la faim [en Irlande du Nord], a pesé sur Thatcher comme quelque chose d’indélébile », souligne depuis Paris Michel Eltchaninoff. Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents à travers laquelle écrivains et intellectuels comme Leila Slimani, Jonathan Littell ou Philippe Claudel se sont mobilisés, il est lui-même l’auteur d’une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron lui demandant de ne pas se rendre en Russie sans un geste du Kremlin.
Pétitions et manifestations
Le président français a assisté à Saint-Pétersbourg à la demi-finale du Mondial disputée par la France le 10 juillet. Il sera de nouveau à Moscou ce dimanche, au côté de Vladimir Poutine, pour la finale qui opposera cette fois la France à la Croatie.
Publiée sur le site de la Société des réalisateurs de film, une pétition a réuni des dizaines de signatures françaises et étrangères parmi lesquels Jacques Audiard, Bertrand Tavernier, l’acteur américain George Clooney ou le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev. Depuis les Etats-Unis, d’autres appels ont été lancés, dont celui de l’écrivain Stephen King. Dans une lettre ouverte rédigée à l’attention de Vladimir Poutine et de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football, le Pen Club aux Etats-Unis a réuni les signatures d’une cinquantaine de personnalités, dont Patti Smith, Salman Rushdie, Paul Auster ou Michael Connelly. Toutes ces démarches sont restées sans résultat.

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En Russie, ceux qui osent manifester publiquement pour la libération d’Oleg Sentsov sont réprimés. Vendredi, le tribunal Tverskoï de Moscou a condamné deux acteurs de Teatr.doc, Maria Tchouprinskaïa et Gregori Gandlevski, à 20 000 roubles d’amende (environ 275 euros) pour avoir « distribué des tracts » en faveur du cinéaste. Huit autres personnes ont été interpellées à Saint-Pétersbourg, comme tous ceux qui ont tenté de sensibiliser les supporteurs de foot venus du monde entier. Rue Nikolskaïa, à Moscou, lieu de rassemblement privilégié des fans, la police les a promptement chassés.
Un chemin plein d’obstacles

   


« Nous avons appris aujourd’hui par les médias qu’une telle demande [de grâce] a été faite », a commenté, vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé sur la lettre de la mère d’Oleg Sentsov. « Bien sûr, elle sera examinée, nous y prêterons attention », a-t-il ajouté. Jusqu’ici, pourtant, tous les obstacles ont été dressés sur le chemin de la libération du cinéaste, à commencer par sa nationalité. Né en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, il s’est vu imposer la nationalité russe, compromettant ainsi la perspective d’un échange entre prisonniers un temps envisagé entre Kiev et Moscou. La Russie a ensuite argué qu’elle ne pouvait échanger un « citoyen russe ».

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Oleg Sentsov a lui-même lié son sort à celui de quelque 70 autres prisonniers ukrainiens, dont Alexandre Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié de « parodie de justice » par Amnesty International, les deux hommes avaient été condamnés en même temps, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « organisation » et « participation » à une entreprise « terroriste » sur la base d’aveux de deux complices présumés. Ces derniers ont, depuis, déclaré qu’ils leur avaient été extorqués sous la torture. « Manifestement, les droits élémentaires de la défense n’ont pas été respectés », a convenu le 10 juillet Bernard Griveaux, porte-parole du gouvernement français sur France Info.
Dans une colonie pénitentiaire
Accusé de faire partie de Praviy Sektor, un groupe ultranationaliste ukrainien, puis arrêté en Crimée en mai 2014, moins de deux mois après l’annexion de la péninsule ukrainienne, Oleg Sentsov purge aujourd’hui sa peine dans une colonie pénitentiaire de Labytnangui, à près de 2 000 kilomètres de Moscou, dans la région de Iamalo-Nénétsie. C’est là qu’il a commencé, le 14 mai, sa grève de la faim, en se disant déterminé à aller « jusqu’au bout ». Depuis, « chaque jour, il boit 3,5 litres d’eau, répète son avocat Dmitri Dinzé. Il a accepté des injections de glucose, d’amino-acides et de vitamines. »
« Oleg, qui mesure 1,90 mètre (…) a perdu 15 kg depuis le début de sa grève de la faim, a témoigné sa cousine, Natalia Kaplan, qui a pu lui rendre visite le 5 juillet. « Hier, il était dans un très mauvais état, aujourd’hui, il se sent mieux. Cela va surtout mal le soir », avait-elle poursuivi, en précisant qu’il irait effectivement « jusqu’au bout » : « Il croit en sa victoire. »

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La déléguée aux droits de l’homme de Vladimir Poutine, Tatiana Moskalkova, qui s’était résignée à faire le déplacement le 28 juin, a fait entendre sa différence. « Oleg Sentsov est en bonne forme émotionnelle. Il marche, il s’intéresse à ce qu’il se passe dans le monde, il regarde la télévision, les infos et le football, et il écrit un scénario pour un film », avait-elle déclaré, sans un mot sur son état physique. En quittant les lieux en cortège, la fonctionnaire, élevée au grade de générale du ministère de l’intérieur où elle a longtemps travaillé, a refusé de s’arrêter et de parler à son homologue ukrainienne, Lioudmila Denissova, qui s’était vu refuser l’accès au camp.
Vendredi, loin des projecteurs du Mondial qui vont s’éteindre, un autre Ukrainien, Evgueni Panov, a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire pour les mêmes motifs qu’Oleg Sentsov. Arrêté également en Crimée en août 2016, ce chauffeur d’entreprise avait avoué, sous l’effet de la torture a-t-il affirmé à ses avocats, avant de se rétracter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Ses textes parlent de skate, de drogue ou de balades entre Paris et Bruxelles. Cette valeur confirmée de la nouvelle vague de rappeurs belges prépare, en même temps que sa sœur, la chanteuse Angèle, un premier album à la croisée du rap et de la chanson.
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Roméo Elvis, un amour d’histoire belge


                      Ses textes parlent de skate, de drogue ou de balades entre Paris et Bruxelles. Cette valeur confirmée de la nouvelle vague de rappeurs belges prépare, en même temps que sa sœur, la chanteuse Angèle, un premier album à la croisée du rap et de la chanson.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h07
    |

                            Stéphanie Binet








                              

                        

Roméo Elvis profite d’un jour de pause dans sa longue tournée des festivals cet été. Assis sur un banc d’un parc parisien, le rappeur bruxellois se repose d’un voyage qui l’a mené de La Réunion à Montréal en passant par Berlin ou l’hippodrome de Longchamp pour Solidays. Mais celui qui chante, de sa voix grave, dans le titre Dessert, qu’il est « une bête de scène » repartira bientôt, notamment à Nyon (Paléo Festival) et à Carhaix (Vieilles Charrues). Un agenda chargé pour un artiste qui, à 25 ans, n’a, jusqu’ici, sorti que des EP.
Pour cette tournée, le chanteur a pris des cours : « J’ai travaillé avec Léo Walk, danseur de Christine and The Queens, raconte-t-il. Un ami de longue date qui se trouve aujourd’hui être le petit copain de ma sœur. » La petite sœur en question est Angèle, elle aussi chanteuse, dont le morceau La Loi de Murphy a marqué cette année musicale. Avec Léo Walk, Roméo Elvis dit avoir appris à se « débarrasser de [ses] complexes, à mieux gérer le souffle, puis à faire quelques petites chorégraphies ». 
Clips vidéo déjantés
Pourtant, dans ses clips vidéo déjantés, qui font sensation en ligne, Roméo Johnny Elvis van Laeken, son patronyme entier, n’a pas du tout l’air complexé. Dans le plus récent, L’Amour avec des crocos, il déambule, mi-homme, mi-reptile, dans un hôpital psychiatrique, pourchassé par Philippe Katerine. Inspirée à la fois par le film La Mouche, de David Cronenberg, le clip Who Dat Boy de Tyler, The Creator et la nouvelle La Métamorphose de Franz Kafka, la vidéo est un bon résumé de ses études artistiques entre photographie et peinture.

Expulsé de son collège à 15 ans pour « une série de bêtises dignes d’un adolescent qui veut se faire remarquer », Roméo Elvis a fini par rentrer dans le rang en intégrant une école d’arts : « On se faisait virer si on était...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans son dernier livre, « En camping-car », paru en janvier, l’historien convoque ses souvenirs d’enfance, villégiatures aoûtiennes d’une famille écolo-bobo, pour restituer la décennie 1980. Un récit intime qui raconte aussi un pan de notre histoire.
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Ivan Jablonka, par monts et par van


                      Dans son dernier livre, « En camping-car », paru en janvier, l’historien convoque ses souvenirs d’enfance, villégiatures aoûtiennes d’une famille écolo-bobo, pour restituer la décennie 1980. Un récit intime qui raconte aussi un pan de notre histoire.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h07
    |

            Philippe Ridet








                              

                        
Le 8 avril 1983, le prestidigitateur américain David Copperfield parvenait à faire disparaître la Statue de la Liberté devant des millions de téléspectateurs. Plus de trente ans plus tard, Ivan Jablonka est parvenu à tremper un camping-car, modèle Combi Volkswagen T3 Joker Westfalia de couleur beige, dans une tasse de thé. Sans trucage.
Jusqu’à présent, on n’y avait imbibé, à la manière de Marcel Proust, que des madeleines. De cette expérience, l’historien a tiré un livre, simplement intitulé En camping-car (Seuil, prix Essai France Télévisions). Publié en janvier 2018, il roule tranquillement vers les 35 000 exemplaires. Un chiffre plus que respectable.
Recueil de souvenirs personnels, petit traité de sociologie des loisirs à la fin du dernier millénaire, courte histoire de l’industrie automobile allemande après la guerre, essai politique sur les utopies de la gauche, ce camping-car est tout à la fois.

Jablonka ne se prive d’aucune des ressources des sciences humaines et de la littérature pour restituer l’itinérance estivale d’une famille juive, parisienne, soixante-huitarde, intello-écolo-bobo (père physicien, mère prof de latin-grec, deux garçons) et de leurs amis.
Et là, paf, le miracle ! Les années 1980 – « les dernières années du monde d’hier », dit-il – retrouvent leurs couleurs d’origine. Quand bien même n’aurais-je jamais campé, quand bien même mon adolescence aurait-elle eu d’autres rituels, les tribulations aoûtiennes de cette smala sont immédiatement familières.
« Je propose, écrit Jablonka, une autre façon de parler de soi-même. Débusquer ce qui en nous n’est pas à nous. Comprendre en quoi notre unicité est le produit d’un collectif, l’histoire et le social. Se penser soi-même comme les autres. » C’est donc ça ?
« Autobiographie collective »
Singulier et collectif, le livre se charge des réminiscences de ses lecteurs comme une boule de neige grossit au fur et à mesure...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Cet été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Première halte à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, où 1 300 appartements répartis sur quatre grands voiliers de béton entourent un élégant port de plaisance.
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Sur la Côte d’Azur, le secret des pyramides Marina Baie des Anges


                      Cet été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Première halte à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, où 1 300 appartements répartis sur quatre grands voiliers de béton entourent un élégant port de plaisance.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h06
    |

                            Anne-Lise Carlo








   


Des pyramides ou des collines ? La forme symbolique de la résidence Marina Baie des Anges, amarrée entre Antibes et Nice, reste un mystère. Les courbes des bâtiments, inédites jusque-là, viendraient d’un premier dessin griffonné dans le creux de la main de l’architecte André Minangoy. De ses croquis naîtront 1 300 appartements répartis sur quatre grands voiliers de béton entourant un élégant port de plaisance. Dopé par le développement du tourisme balnéaire, le promoteur immobilier Jean Marchand plonge alors dans l’aventure de sa vie juste après Mai 68.
Si les deux premiers bâtiments se construisent et se vendent aisément, les deux autres mettent presque vingt-cinq ans à voir le jour entre aléas de construction et soucis économiques. « Malgré cela, mon mari n’a jamais accepté de renoncer à son projet. On lui a souvent prédit que Marina finirait par s’effondrer mais les bâtiments ne vieillissent pas », confie Sylvie Marchand, veuve du promoteur qui réside sur place.
Balcons décalés
Le complexe a ses moments de gloire et, durant les années 1970, il y a plus de Ferrari ici qu’à Monaco. Dans la résidence se forme peu à peu une communauté discrète et soudée, celle des « mariniens », qui jouissent d’être comme seuls embarqués sur un grand paquebot grâce aux balcons décalés qui les isolent de leurs voisins et offrent une vue sur mer. Commerces et piscine privée complètent idéalement l’îlot.

Mais la controverse s’installe. En 1983, Max Querrien, alors président de la Caisse nationale des monuments historiques et des sites, fait part de son mécontentement à la télévision. Ces bâtiments « terriblement oppressants » seraient tout droit sortis de « la science-fiction ». Pour François Spoerry, l’architecte de la cité lacustre de Port-Grimaud, ces « beaux bâtiments » n’avaient « pas leur place sur une côte mais dans une ville nouvelle ».
En guise de réponse, l’architecte André Minangoy renverse les points de vue : « A l’échelle de la mer, rien n’est monstrueux. » Au fil du temps, les lignes de béton de Marina font référence et inspirent le village olympique de Montréal en 1976 ou l’Hôtel Jumeirah Beach à Dubaï en 1997. Depuis 2000, la résidence de la Côte d’Azur est classée Patrimoine du xxe siècle et ses appartements les plus spacieux et les plus en hauteur se vendent aujourd’hui 11 000 euros le mètre carré.
Y aller
En train : Aller-retour Paris Gare de Lyon-Nice à partir de 90 € en billets prem’s.
En avion : Aller-retour Paris-Orly-Nice à partir de 80 €.
Visite guidée
Le mercredi à 10 h en juillet-août. Réservation à l’Office du tourisme de Villeneuve-Loubet.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Nous retrouvons le pianiste parisien dans un nouvel entretien dont voici le dernier volet.
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Entretien avec Florian Pellissier, 6e partie : rêve de Brésil

Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Nous retrouvons le pianiste parisien dans un nouvel entretien dont voici le dernier volet.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 11h11
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


« Ils se parlent ! Ils continuent de se parler. » Nous avions laissé Florian Pellissier en pleine fête du vaudou à Ouidah au Bénin. Sur une plage proche de la Porte du non retour, il imagine les percussionnistes brésiliens jouer pour leurs cousins africains. L’esprit du pianiste était resté de l’autre côté de l’Atlantique. Il faut dire que Florian vit une histoire d’amour avec le Brésil.

        Lire l’entretien avec Florian Pellissier, 5e partie :
         

          Bijou Caillou Vaudou



Une belle histoire
« Et si tu me parlais de ton quintet brésilien… » Dès notre première entrevue il y a deux ans Florian avait évoqué un mystérieux quintet brésilien. « Ça n’est pas le Florian Pellissier Quintet ? » « Non, il s’appelle Os Foda. Je l’ai monté à Goiânia, la ville de ma copine Lola. » Florian avait rencontré une jeune Brésilienne, créatrice de bijoux en vogue, en mai 2013 au Caveau des Oubliettes à un concert de Setenta. « La nana était à la première table, une métisse brésilienne, sublime, je ne voyais qu’elle. J’étais timide, complètement inhibé. Au troisième set, je sors fumer une clope. Elle m’aborde : Est-ce que vous pourriez m’expliquer pourquoi Bill Evans est considéré comme un des plus grands pianistes de jazz ? » Du pain béni pour Florian qui, en plus d’être fan absolu, avait étudié à la Bill Evans Academy de Bernard Maury. « Bill Evans est le pianiste qui joue dans Kind of Blue de Miles Davis, le best-seller de l’histoire du jazz. » Elle repartait le lendemain. Début de l’histoire.



Le mystérieux quintet brésilien
Les deux jeunes gens restent connectés par à la magie d’internet. « Au bout d’un mois et demi, je lui dis que j’ai pris mon billet pour Goiânia. Si tu m’attends à l’aéroport c’est super, sinon je visiterai le Brésil ! Je débarque, elle m’attendait. Le Brésil j’adorais, la musique brésilienne est infinie, mais je n’y étais jamais allé. Goiânia, c’est la ville qui sert à rien. Malgré ses deux millions d’habitants, il n’y a pas beaucoup d’endroit pour la musique, pas de club de jazz. Ils écoutent surtout du rock 90’s et du sartajeno, la country locale. » Il précisera par la suite : « Goiânia est pleine de gens créatifs... si tu sais oú chercher. »
Pour preuve, la suite. « Je rencontre Fred Valle, un batteur hyperpolyvalent qui joue dans tous les groupes. On fait un bœuf, on joue pendant quatre heures, clavier-batterie. La connexion s’est faite tout de suite. On trouve un bassiste, on développe un répertoire, on monte un trio. Un lundi soir, on joue dans un bar, le Gloria. On fait un set en trio. Bouche-à-oreille : Tous les zicos de Goiânia se pointent, dont une super section de cuivres. On fait la jam, géniale ! On a pris les deux cuivres les plus sympas, sax et trompette [dont Evaldo Robson, le sax de Tim Maia]. On avait notre quintet. On jouait à chaque fois que j’y retournais. On a fini par enregistrer. Ils ont mixé les morceaux, m’ont envoyé le master, mais au final l’album n’est jamais sorti. » Depuis la belle s’est envolée mais le Brésil est toujours là.



A la recherche de Di Melo
« Parlons de Di Melo : Qu’est-ce qu’il représente pour toi ? » « Di Melo, c’est une star ! » « Il a sorti l’album Di Melo en 1975 qui est devenu mythique, ensuite il a complètement disparu, un peu comme Don Blackman, dont le disque est une référence pour les musiciens de funk. L’album de Di Melo était réalisé par Hermeto Pascoal. C’est du jazz funk brésilien chanté très facile à écouter à la Jorge Ben, et puis il y a des morceaux qui partent en vrille, complètement sombres. C’est un chef-d’œuvre. Tous les Djs le connaissent mais pas le grand public. »
« Comment tu l’as retrouvé ? » « L’histoire a commencé bien avant de rencontrer le Brésil. Grâce à Julien Lebrun, Setenta avait joué à Jazz à Vienne avec Orlando Julius. C’était le principe du Jazz Mix. Reza [Ackbaraly, programmateur du Jazz Mix] aimait bien Cotonete [le groupe jazz-funk brésilien de Florian] et souhaitait une rencontre. On a pensé à Di Melo. J’ai chiné sur internet. Il n’avait rien fait depuis 75. Je tombe sur un blog de musiciens qui étaient partis à sa recherche. Ils préparaient un documentaire, faisait des répets. A l’époque je ne parlais pas portugais. Je n’ai pas réussi à les contacter. C’est tombé à l’eau. »

    #cotonete #Simonemazzer #souvenir de #saopaulo #brazil Une publication partagée par  Florian Pellissier (@captaincavern75) le 10 Mai 2017 à 2 :17 PDT 

Brasil
« Au printemps 2017, on part au Brésil avec Cotonete pour accompagner Simone Mazzer. A l’origine de Cotonete, il y avait Frank Chatona, un sax que je connaissais avant d’aller à New York [pour ses études, voir l’épisode 2]. En 2004, il vient me voir : On y va ! On monte le groupe de nos rêves. » Dans l’idée : un Earth, Wind & Fire brésilien, avec une volonté affichée d’aller jouer au Brésil. « Treize ans après, on y est malgré tous les méandres, toutes les fois où le projet a failli capoter. Je ne l’aurais jamais cru. Le premier soir à Rio, Frank et moi avons embrassé la scène. On était dans le journal, on est passé à la télé dans Globo, deux jours de folie. On n’avait jamais réussi à avoir deux lignes dans Pariscope… On était sur un nuage. »
Cinq jours à São Paulo
« On avait deux dates à Rio, deux dates à São Paulo, puis une dernière à Rio. On se retrouve cinq jours off à Sao Paulo. J’avais ma petite idée. On était tous ensemble, le show était rodé. J’étais prêt à payer une session de studio si on arrivait à faire une rencontre, si on trouvait quelque chose à raconter. J’en parle à mon ingé-son brésilienne, adorable. On échange nos idées. Elle me dit qu’elle a fait le come-back de Di Melo quatre ans plus tôt au Circo Voador. Elle me donne son 06. Je n’imaginais pas ce qui allait arriver. »
« J’imaginais prendre un café, faire un selfie. J’appelle Di Melo, tombe sur sa femme. Vous êtes qui ? Je lui raconte. Je lui envoie deux-trois sons. Une demi-heure après je reçois un texto : Votre groupe sonne comme s’il pouvait réveiller les morts. Cotonete, c’est un tribute à la musique funk brésilienne. On jouait un son qui n’existe plus. Simone avait fait venir Cotonete pour cette raison-là. Rendez-vous demain à quinze heures. »

    #cotonete #dimelo #brazil #gaby #numerouno #jckebaili 💖#tour #brazil #simonemazzer #boagente tonight Cotonete plus special guest au pico do macaco São Paulo Une publication partagée par  Florian Pellissier (@captaincavern75) le 3 Mai 2017 à 9 :14 PDT 

La rencontre
« Dimanche après midi. La coccinelle débarque à 16 heures. Di Melo, sa femme et sa fille, un bonbon de dix ans, débarquent à la maison. Il dit à peine bonjour, me tend un CD : Mets la deux, mets la deux. Il se met à danser : Sabonete Cotonete Sabonete Cotonete, une pub qu’il avait fait. Il était en train de se ficher de nous, c’était parfait ! On va dans la cuisine. Il sort sa guitare : deux heures de concert non-stop avec sa fille. Au bout d’un moment, je fonds en larmes. A la fin du concert, il nous dit : Écoutez les gars, j’ai quatre cents chansons. J’adore votre son, Si vous voulez, on bosse ensemble. »
« On trouve un lieu à São Paulo, le Pico do Macaco, une résidence d’artistes, avec un studio de répet’ où les musiciens jouent le soir. Il était libre le mardi suivant. On avait filmé les deux heures de concert, on choisit les morceaux, se les répartit, on fait les arrangements en vingt-quatre heures. Le surlendemain on est au Pico. Le groupe qui avait fait le documentaire et qui entre-temps avait enregistré avec Di Melo vient nous encourager, des crèmes ! Dans la vraie vie, on se serait fait assassiner. Deux jours, deux concerts. Le lendemain, on trouve un super-studio et on finit par enregistrer vingt-deux titres »



L’histoire de Cotonote avec Di Melo est loin d’être terminée. Di Melo et Cotonete sont actuellement en tournée en France. Un single est sorti. L’album est prévu pour 2019.
Entretien avec Florian Pellissier (2è série) - 4è partie : L’accélération des particules - 5è partie : Bijou Caillou Vaudou - 6è partie : Rêve de Brésil
Florian Pellissier en concert
Florian Pellissier Quintet - 19/07 Nice Jazz Festival, Nice
Cotonete accompagne Di Melo - 13/07 Mona Bismark, Paris - 19/07 Nice Jazz Festival, Nice - 20/07 Samba Percussions, Monléon Magnoac - 22/07 La Petite Halle, Paris
Joe Bataan meets Setenta - 29/07 Tempo Latino, Vic Fezensac
Nouvel album : Florian Pellissier Quintet – « Bijou Caillou Voyou » (2018, Heavenly Sweetness)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La comédienne est sur scène au Festival samedi, où elle joue dans le feuilleton théâtral de David Bobée sur le genre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/07/2018
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Avignon a la « Dalle »

La comédienne est sur scène au Festival samedi, où elle joue dans le feuilleton théâtral de David Bobée sur le genre.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 12h29
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un 14 juillet avec ­Béatrice Dalle. Pas mal, comme fête ­nationale. Dalle en chair et en os, même pas ­virtuelle : elle est, cette année, la guest-star d’Avignon et de son Festival, le plus huppé du monde en matière de théâtre. Le 14 juillet, donc, elle va monter sur le petit plateau du jardin Ceccano, en compagnie de sa copine Virginie Despentes, pour participer au feuilleton théâtral sur le genre que mène le metteur en scène ­David Bobée, Mesdames, messieurs et le reste du monde.

A peine arrivée sur zone, deux jours avant l’événement, elle plonge dans le chaudron avignonnais. Va donner quelques pièces à un garçon qui gratte sa guitare – « un petit jeune de 18 ans qui joue du Jimi Hendrix, c’est trop génial ! » S’émerveille de l’ambiance, inimitable, de la cité des Papes au moment du Festival. A 53 ans, elle dégage toujours autant. Jean noir, tee-shirt noir, rangers noires, punk toujours. Et ce visage superlatif, la bouche et les yeux plus grands que nature, la présence monstre, qui aimante les regards.
Béatrice Dalle : « J’aime le combat que mène Bobée pour la diversité, à tous les sens du terme »
La transformation de la Dalle en créature de théâtre n’avait rien d’évident ni de gagné au départ. On l’a plutôt cataloguée comme actrice instinctive, pour ne pas dire comme un bel animal indocile et libre. Pas le profil idéal, a priori, pour le travail patient et ­rigoureux du théâtre. Et pourtant David Bobée, qui l’aime depuis toujours, y a cru. Le jeune ­directeur du Centre dramatique national de Rouen est venu la voir, en 2014, pour lui proposer de jouer Lucrèce Borgia, dans la pièce de Victor Hugo.

Béatrice Dalle a dit oui. « J’ai ­toujours aimé le théâtre, en fait. Mais c’est surtout ce théâtre-là de David Bobée que j’ai eu envie de faire : un théâtre qui n’est pas celui de vieux Blancs ne parlant qu’à de vieux Blancs. J’aime le combat que mène Bobée pour la diversité, à tous les sens du terme. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le feuilleton théâtral proposé par le metteur en scène David Bobée, tous les jours ou presque, à midi, explore ce thème.
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Avignon : les questions de genre déclinées en treize épisodes

Le feuilleton théâtral proposé par le metteur en scène David Bobée, tous les jours ou presque, à midi, explore ce thème.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 09h55
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le programme est dans le titre : Mesdames, messieurs et le reste du monde. Le feuilleton théâtral proposé par le metteur en scène David Bobée, tous les jours ou presque, à midi, explore le « genre », comme on dit maintenant, dans tous ses états. Et c’est un beau succès, à l’image des précédents feuilletons, cette nouvelle forme théâtrale voulue par Olivier Py : légère, gratuite, qui explore un thème, en de multiples épisodes, tout au long du Festival.

Après La République, de Platon, remise au goût du jour par le philosophe Alain Badiou, en 2015, après l’histoire du Festival vue par Thomas Jolly et sa troupe, en 2016, après le fracassant On aura tout vu conçu par Christiane Taubira en 2017, le feuilleton 2018 est le fer de lance d’une programmation que le directeur du Festival d’Avignon a voulu placer sous le signe du genre.

Et justement, de quoi parle-t-on, quand on parle de « genre » ? Le premier travail mené par David Bobée et son équipe est d’abord pédagogique, tant la notion est encore imprécise auprès d’une bonne ­partie du public. « Le genre, disait l’anthropologue Françoise Héritier, est un­ ­arsenal catégoriel qui classe (…) en ce que les valeurs portées par le pôle masculin sont considérées comme supérieures à ­celles portées par l’autre pôle. »
L’ « effet Matilda »
Cela, et bien d’autres choses encore, le spectateur peut le lire dans l’excellent petit livret distribué à qui vient assister au feuilleton. A partir de là, place au théâtre, pour déployer tout ce que la notion recouvre : les rapports hommes-femmes, le ­harcèlement, l’assignation sociale à un sexe, l’homosexualité, la transexualité…
Après un premier chapitre, le 7 juillet, consacré à se demander « Le genre c’est quoi », les épisodes suivants se sont penchés sur la notion de « tou-te-s minoritaires », ont proposé un atelier Drag King, avant de s’interroger sur l’« effet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’opéra d’Arrigo Boito a révélé le talent de la chef d’orchestre Nathalie Stutzmann, malgré un incident technique.
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Chorégies d’Orange : mistral gagnant pour « Mefistofele »

L’opéra d’Arrigo Boito a révélé le talent de la chef d’orchestre Nathalie Stutzmann, malgré un incident technique.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h02
    |

                            Marie-Aude Roux (Orange, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un incident technique a failli transformer la première du Mefistofele de Boito, qui ouvrait l’édition 2018 des Chorégies d’Orange, en fait divers. La nacelle qui tractait Faust et Méphisto vers les hauteurs s’est tout à coup déséquilibrée, menaçant de précipiter les chanteurs sur le plateau de plusieurs mètres de haut. Quelques longues minutes de frayeur partagée, avant une relative stabilisation permettant le retour au sol, ont convaincu le metteur en scène et directeur des Chorégies, Jean-Louis Grinda, d’abandonner ce mode de transport. C’est donc une nacelle rivée au sol ou s’élevant vide de tout occupant qu’ont vue les spectateurs de la deuxième représentation, le 9 juillet. Une métaphore de la situation précaire du plus ancien et plus populaire des festivals lyriques français ? En cessation de paiement il y a deux ans, avec à la clef 1,5 million d’euros de déficit d’exploitation, les Chorégies d’Orange ne sont en effet pas encore sorties d’affaire, même si, depuis le 16 mars, la région PACA a entériné la création d’une société publique aux côtés d’autres collectivités pour sauver la manifestation autofinancée par la billetterie à 80 %.

En programmant cet opéra rare, que les Chorégies n’avaient pas revu depuis 1905, avec en ligne de mire l’obligation de remplir la jauge de 8 300 places du théâtre antique, le successeur de Raymond Duffaut ose un geste fort et signe l’entrée dans une nouvelle ère. A tous points de vue : Jean-Louis Grinda fait aussi ses débuts de metteur en scène à Orange. Il connaît son Mefistofele pour l’avoir déjà monté en 2007 à l’Opéra de Liège dont il devait quitter le poste de directeur pour celui de l’Opéra de Monte-Carlo, où il a repris le grand œuvre de Boito en 2011, après l’Opéra de Montpellier en 2010.
« Voyage immobile » de Faust
Avec ses compères Rudy Sabounghi aux décors (un système de praticables et de colonnes, un bureau pour figurer le « voyage immobile » de Faust ainsi que la fameuse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Les affinités végétales 1|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historienne Arlette Farge nous fait partager son amour pour ce « petit pavot sauvage à fleur rouge vif ».
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L’historienne Arlette Farge et la fragile audace du coquelicot

Les affinités végétales 1|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historienne Arlette Farge nous fait partager son amour pour ce « petit pavot sauvage à fleur rouge vif ».



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 11h57
    |

                            Arlette Farge (Historienne)








                        



                                


                            
Je ne le crois pas timide, même si l’on se sert de sa couleur et de son nom pour évoquer une personne modeste et embarrassée. Bien que très visible, il est secret et furtif, ne dure pas longtemps. Eclat éphémère de l’été, le coquelicot se dresse dans les champs, préférant le bord des talus, les pentes herbues et les terrains vagues où les pesticides ne peuvent l’accabler. Tête haute, il apparaît soudain pour mon plus grand bonheur et m’étonne par sa vive couleur qui donne envie de lui parler. Sa manière bien particulière de n’être point groupé avec ses confrères, d’être un peu isolé des autres sans l’être tout à fait, agit sur moi comme un appel à le regarder, comme l’éblouissement de la lumière d’un phare, le soir venu, sur une mer calme.
Un phare ne se cueille pas ; de la même façon, on ne cueille pas un coquelicot à moins de désirer qu’il s’éteigne. Rouge d’une rare intensité – que mes mots peinent à décrire –, il s’érige le long de son pédicule velu, dépassant avec grâce les herbes folles. Il lui arrive de dodeliner sous la brise et le vent, sans rencontrer où s’appuyer. Les livres et les dictionnaires le décrivent comme un « petit pavot sauvage à fleur rouge vif », et son cœur est empli d’une légère substance hallucinogène. Ce n’est pas ce qui m’importe. En fait, j’aime sa liberté de surgir là où ce sera le plus confortable pour lui, quand viendra le printemps, quand s’éloignera l’été.
Jamais, on le sait, on ne pourra en faire des bouquets à mettre dans des vases, comme on le fait des roses ou des pivoines. Quelque chose me dit que c’est un peu de sa fierté d’être ainsi, et me plaît son refus d’être apprivoisé
Grâce aux graines qui s’échappent du fruit, il se ressème seul où bon lui semble, tel un fugitif. Cela ne fait que renforcer mon désir de l’approcher, sans le cueillir bien sûr tant j’aurais crainte qu’il ne s’étiole ou se chiffonne. Jamais, on le sait, on ne pourra en faire des bouquets à mettre dans des vases, comme on le fait des roses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ L’Iranien Gurshad Shaheman entrelace avec brio des récits recueillis à Calais, en particulier dans la communauté LGBT.
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Avignon croise les routes de l’amour et de l’exil

L’Iranien Gurshad Shaheman entrelace avec brio des récits recueillis à Calais, en particulier dans la communauté LGBT.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 08h25
    |

            Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La voilà, la bonne surprise que l’on attendait à Avignon : elle s’appelle Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, et c’est une création de Gurshad Shaheman, dont on n’a pas fini de parler. Acteur, auteur et metteur en scène, né en Iran en 1978, il est arrivé en France à l’âge de 12 ans, s’est formé au théâtre à l’ERAC (Ecole régionale d’acteurs de Cannes) et à la littérature à la faculté. Il joue, écrit, met en scène et il a traduit les poèmes de l’Iranien Reza Baraheni. Après une trilogie dont son histoire était le centre, Pourama Pourama, Gurshad Shaheman est parti sur la trace d’autres histoires d’exilés.
Et cela donne un spectacle remarquable, qui ne ressemble pas à ce que l’on voit d’ordinaire. En tout cas, pas à un certain théâtre documentaire en vogue, qui se contente d’égrener des récits sans les mettre en perspective, ou à l’inverse cherche à tous crins à les faire entrer dans un cadre idéologique. Dans les deux cas, les spectateurs sont sommés de compatir, au nom de la bonne conscience. Le théâtre de Gurshad Shaheman va à l’encontre de cette approche : il ne s’impose pas, mais laisse les spectateurs choisir leur chemin dans des récits entrelacés.
« Il n’y a que des injures »
Pour recueillir ces récits, Gurshad Shaheman a rencontré des exilés à Calais, en particulier dans la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Il dévoile ainsi un aspect rarement pris en compte dans les médias : la vie amoureuse et sexuelle de celles et ceux qui ont fui. Ce qu’elle était dans leurs pays, ce qu’elle est devenue sur le chemin de l’errance. Bien sûr, il y a la guerre et les bombes, les explosions et les morts, la mer et ses furies. Mais il y a aussi des corps, qui ne sont pas réductibles aux images souvent asexuées du déracinement.

On ne les voit pas, ces corps. On les entend crier de bonheur, hurler de douleur, pleurer de tristesse, vivre de leurs sens exaltés de jouissance ou...




                        

                        

