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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, revient sur le parcours des Bleus avant la finale de la Coupe du monde France - Croatie, dimanche 15 juillet, à Moscou.
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Coupe du monde 2018 : « Deschamps sera là au moins jusqu’en 2020 », confirme Noël Le Graët

Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, revient sur le parcours des Bleus avant la finale de la Coupe du monde France - Croatie, dimanche 15 juillet, à Moscou.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h10
    |

            Rémi Dupré (Moscou, envoyé spécial)








                        



   


À 76 ans, Noël Le Graët est un dirigeant comblé. Président de la Fédération française de football (FFF) depuis 2011, le Breton espère que les Bleus de Didier Deschamps accrocheront une deuxième étoile à leur maillot en finale de la Coupe du monde, dimanche 15 juillet, contre la Croatie, au Stade Loujniki de Moscou. Avant ce duel, M. Le Graët revient sur le parcours des Tricolores en Russie.
Les Bleus affronteront la Croatie à Moscou, dimanche. Quel regard portez-vous sur la sélection à damier ? 
Ce sera un match très difficile. La Croatie a parfaitement joué le coup contre l’Angleterre (victoire 2-1 après prolongation) en demies. Les Anglais avaient bien démarré mais, sur la deuxième mi-temps, il n’y a pas photo. J’avais senti les Croates un peu fatigués contre la Russie, en quarts (2-2). Ils avaient gagné aux penalties mais avaient un peu faibli. Techniquement, ils sont très bons. C’est une équipe très complémentaire. C’est un adversaire qui va être très difficile.
Les Croates ont disputé trois prolongations et ont donc un match de plus dans les pattes que les Bleus. Est-ce un avantage pour Didier Deschamps et ses joueurs ?
Je crois me souvenir que le Portugal avait eu deux prolongations avant la finale de l’Euro 2016 (remportée 1-0 contre la France). Quand on est dans l’euphorie et qu’on dispute une finale, il n’y a plus de fatigue. Ils ont certes joué plus que d’autres. Mais sur la prolongation contre l’Angleterre, ils n’ont pas montré beaucoup de signes de fatigue. Les observateurs disaient qu’ils flanchaient physiquement. Or, ce n’est pas du tout le cas. Les Croates étaient très compacts. Ils ont de très bons joueurs.
On prépare sérieusement cette finale. Je ne crois pas que le fait d’avoir joué la demie un jour avant change quelque chose. Cela ne se jouera pas sur ça. Aucune équipe ne s’est écroulée physiquement. C’est la technique et la maîtrise du ballon qui font la différence. Et dans ce domaine, les Bleus sont très costauds.
À l’Euro 2016, vous estimiez que Deschamps avait fait « d’une sélection une équipe » ? Qu’en est-il deux ans après ?
Le constat est encore plus fort aujourd’hui Je le dis depuis longtemps : la France progresse. Si on repart de 2012 - on ne parle même pas de 2010 car c’était catastrophique - on a fait une Coupe du monde correcte au Brésil (élimination par l’Allemagne en quarts), une finale à l’Euro en 2016. L’équipe est en progrès. On n’est pas les meilleurs mais on s’en rapproche ou pas loin. Didier a mis un système en place, il a des joueurs qu’il apprécie humainement. Il a réussi à trouver un vrai groupe. Il n’y a aucun problème d’humeur. Dans le jeu, c’est constant.
Son équipe est très équilibrée avec des jeunes intégrés comme Pavard et Hernandez. On a l’impression qu’ils sont là depuis toujours. Tout le monde en parle aujourd’hui comme s’ils jouaient depuis deux, quatre ans avec les Bleus. Je trouve cette équipe de France nettement en progrès. Les joueurs sont très forts à chaque poste, très complémentaires et disciplinés dans le jeu. Ils sont tous forts techniquement.
Quelles sont les clés de cette épopée russe ?
Cela s’est fait progressivement. On a fait des matchs amicaux intéressants. La qualification pour le Mondial a été difficile pour tout le monde. La France a quand même fini première de sa poule. Le match contre l’Argentine, en huitièmes, a un peu tout modifié. La veille du match, les joueurs présentaient un visage un peu différent. Si je prends les trois derniers matchs, les joueurs montrent pas mal de sérénité. Techniquement, cette équipe est l’une des meilleures. L’Argentine, c’est le déclic car on était un peu attendu. Il ne faut pas se raconter d’histoire. Ce jour-là, les observateurs s’interrogeaient : que va-t-il se passer contre l’équipe de Messi ? Or, on a gagné très logiquement. Cela a donné beaucoup d’espoir. Les matchs contre l’Uruguay et la Belgique ont été, à mon avis, gagnés tout aussi logiquement.
Deschamps a toujours donné l’impression de se projeter avec cette cure de rajeunissement imposée à son équipe.
Il y a des révélations. Il y a peu de temps, personne n’imaginait Pavard titulaire à droite ni Hernandez titulaire à gauche. Personne ne se demande plus qui est Pavard ou Hernandez. Ils ont 22 ans et se sont imposés naturellement par leurs qualités. Je ne parle même pas de Mbappé (19 ans) bien évidemment… On a une génération de joueurs très forts. Ils ont l’habitude des grands matchs, se comportent en vieux briscards, ou du moins en garçons intelligents sur le terrain.
En octobre 2017, les critiques ont été pourtant très vives à l’égard de Deschamps.
C’est le moment où j’ai choisi de prolonger Didier jusqu’à l’Euro 2020. On a toujours travaillé ensemble sérieusement. Les Allemands ont les a dominés nettement en novembre en amical (2-2). Sur cette Coupe du monde, le Brésil et l’Allemagne, de grands pays de foot, n’ont pas été au niveau des Bleus. On est beaucoup plus complémentaires.
Quel a été votre rôle actif en Russie, auprès de Deschamps et des joueurs ?
Le rôle d’un président est de rassurer quand il y a besoin de rassurer, d’être proche. On a eu 3 ou 4 réunions avec les joueurs. Avec Didier, on déjeune le matin, on mange le midi, on mange le soir. On parle du foot, de la vie. Le rôle, c’est d’être discret mais rassurant. Il y a beaucoup de respect entre Didier et moi.
Quel serait l’impact d’une victoire en Coupe du monde pour la FFF ?
On a un budget fédéral prévisionnel (250 millions d’euros pour la saison 2017/2018, 266 millions d’euros en cas de participation en quarts) comme si la Coupe du monde n’existait pas. On fait en sorte de ne dépenser pas plus qu’on va gagner. On n’en fait pas une opération financière. Tous les contrats commerciaux ont été signés avant, jusqu’après le Qatar [qui accueillera la Coupe du monde en 2022].
En termes d’image, nos rapports sont plus faciles avec nos sponsors, le président Macron se déplace en Russie. On avait perdu beaucoup de licenciés en 2010. On en a récupéré au moins 400 000 depuis. On est à 2,2 millions de licenciés. Mais on a besoin d’installations. Donc notre parcours en Russie peut aider les collectivités à investir.
Qu’en est-il des primes reversées aux Bleus ?
Les joueurs ont 30 % des sommes de la FIFA, soit autour de 300 000 euros chacun en cas de défaite en finale, ou 400 000 euros en cas de victoire. Mbappé a décidé de verser sa prime à une association. On le savait depuis longtemps pour Mbappé. Sa maman m’en avait parlé depuis déjà six mois. C’est un acte intéressant.
Quant aux autres, chacun a sa manière de réagir, chacun fait comme il le ressent. Ils ont la liberté totale de faire ce qu’ils veulent de leur argent.
On a l’impression que Deschamps a abordé la Coupe du monde avec sérénité. 
Si cela ne s’était pas bien passé pour Didier, vous auriez fait votre métier, c’est logique. Je voulais qu’on ne parle pas de contrat ni d’argent avant la Coupe du monde. Didier est là jusqu’en 2020. On a signé la prolongation de son contrat, en octobre, en toute connaissance de cause. Je ne voulais pas qu’il y ait la moindre ambiguïté. Regardez l’Espagne, éliminée en huitièmes par la Russie [son sélectionneur Julen Lopetegui, a été débarqué la veille de l’entrée en lice de la Roja, après l’annonce de son arrivée cet été au Real Madrid, et remplacé par Fernando Hierro]…
La boucle serait-elle bouclée pour Deschamps s’il remportait la Coupe du monde comme sélectionneur, vingt ans après l’avoir soulevée comme capitaine ? Peut-il envisager de partir par la grande porte ?
Didier sera là au moins jusqu’en 2020. On a immédiatement la Ligue des nations à préparer en septembre avec la qualification pour l’Euro 2020 (premier match le 6 septembre contre l’Allemagne). Il y a trois semaines, on me demandait : « S’en va-t-il s’il ne bat pas l’Argentine en 8es ? » Et maintenant on me demande : « S’en va-t-il s’il gagne ? » Laissez-le à la FFF.
Une victoire serait un couronnement pour vous également. Partiriez-vous par la grande porte en cas de sacre ?
J’ai eu quelques problèmes de santé dernièrement. Je continuerai jusqu’au terme de mon mandat, en 2020, si la santé me le permet. Je viens de passer six semaines en Russie. Je remplis ma fonction très normalement, sans fatigue. Le tandem Deschamps-Le Graët continuera.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Le Serbe s’est imposé en cinq sets face à l’Espagnol, samedi, lors d’une rencontre de plus de cinq heures interrompue par la nuit, hier.
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Wimbledon : Djokovic décroche face à Nadal sa vingt-deuxième finale en Grand chelem

Le Serbe s’est imposé en cinq sets face à l’Espagnol, samedi, lors d’une rencontre de plus de cinq heures interrompue par la nuit, hier.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h06
   





                        



   


Novak Djokovic s’est qualifié samedi pour la finale du tournoi de Wimbledon en dominant le numéro un mondial Rafael Nadal en cinq sets (6-4, 3-6, 7-6 (11/9), 3-6, 10-8) et plus de 5 heures de jeu disputés sur deux jours.
Le Serbe, titré trois fois à Londres – en 2011, 2014 et 2015 – affrontera dimanche le Sud-Africain Kevin Anderson, qui a bataillé pendant 6 heures et 36 minutes vendredi pour venir à bout de l’Américain John Isner, lors du deuxième plus long simple de l’histoire en Grand Chelem.
Ce match sans fin – Anderson a remporté le cinquième set 26 jeux à 24 – avait contraint Nadal et Djokovic à patienter de longues heures avant de pénétrer sur le court central. Les deux champions ont dû revenir sur le terrain samedi car le couvre-feu imposé par les résidents de Wimbledon, les avait coupés dans leur élan vendredi soir.
Nadal s’offre la quatrième manche
Djokovic menait deux manches à une – après avoir effacé trois balles de set dans le troisième acte – quand la partie a repris sous le toit du court central, malgré le radieux soleil londonien.
Ces conditions ont plutôt tendance à favoriser le jeu du Serbe mais c’est pourtant Nadal qui s’offre la quatrième manche.
Dans le cinquième set, Rafael Nadal écarte une balle de break sur un service gagnant, avant de donner le tournis au Serbe en enchaînant amortie, lob et coup droit gagnant pour renverser la situation et convertir son jeu de service (4-4).
Djokovic, à son tour, écarte alors cinq balles de break dont trois dans un quinzième jeu irrespirable, qui a duré treize minutes (8-7). Le Serbe se procure une balle de match sur le jeu suivant, effacée par une amortie hardie de Nadal. Mais à 9-8, Djokovic décroche trois nouvelles balles de match et fait enfin céder l’Espagnol.
Pour Novak Djokovic, c’est la première finale en Grand Chelem depuis l’édition 2016 de l’US Open et la vingt-deuxième de sa carrière, pour douze victoires depuis 2005.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ La France va-t-elle renouer avec l’exploit de 1998 ? Les Croates ont-ils une envie plus forte de gagner ? Faites vos pronostics et partagez-les avec vos amis.
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Coupe du monde 2018 : faites vos pronostics pour France-Croatie

La France va-t-elle renouer avec l’exploit de 1998 ? Les Croates ont-ils une envie plus forte de gagner ? Faites vos pronostics et partagez-les avec vos amis.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 16h50
   





                        



 
 
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Déjà vainqueur vendredi à Chartres, le Néerlandais a devancé à Amiens André Greipel et Fernando Gaviria, déclassés par le jury. L’Irlandais Dan Martin, victime d’une chute, a perdu gros.
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Tour de France : Dylan Groenewegen s’impose au sprint dans la huitième étape

Déjà vainqueur vendredi à Chartres, le Néerlandais a devancé à Amiens André Greipel et Fernando Gaviria, déclassés par le jury. L’Irlandais Dan Martin, victime d’une chute, a perdu gros.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 17h03
   





                        



   


Le coureur de l’équipe LottoNL-Jumbo, Dylan Groenewegen, a remporté, samedi, la huitième étape du Tour de France entre Dreux et Amiens.
Le Belge Greg Van Avermaert conserve le maillot jaune à l’issue d’une étape de transition (181 kilomètres), seulement marquée par l’échappée constituée de Marco Minaard et Fabien Grellier, rattrapée à huit kilomètres de l’arrivée.
Groenewegen a devancé nettement l’Allemand André Greipel et le Colombien Fernando Gaviria qui se sont frotté le long des barrières. Les deux coureurs ont été déclassés par la suite. Le champion du monde, le Slovaque Peter Sagan, finit donc deuxième devant l’Allemand John Degenkolb. Le Picard Arnaud Démare doit se contenter de la 5e place (après déclassement).
Chute massive
Une chute massive, à 17 kilomètres de l’arrivée, a tronçonné le peloton et retardé notamment l’Irlandais Dan Martin. Le vainqueur de la 6e étape à Mûr-de-Bretagne, coude gauche ensanglanté, a cédé environ 1 min 15 sec.
Groenewegen, 25 ans, a enlevé pour la troisième fois une étape du Tour, sa deuxième cette année après son succès vendredi à Chartres. Il avait gagné l’étape des Champs-Elysées à Paris, en conclusion du Tour 2017.
Dimanche, la 9e étape, longue de 156,5 kilomètres entre Arras et Roubaix, emprunte des secteurs pavés sur 21,7 kilomètres. Le dernier est situé à 8 kilomètres de l’arrivée.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».
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Coupe du monde : pourquoi les Croates ne parlent pas de « football »

Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h43
    |

            William Audureau








                        



   


Rendez-vous est pris : dimanche, 17 heures, France et Croatie s’affronteront en finale de la Svjetsko prvenstvo u nogometu – ou Coupe du monde de football, dans la langue de Didier Deschamps. Les coéquipiers de Luka Modric, un des favoris pour le Ballon d’or 2018, ont la particularité d’être l’un des rares pays d’Europe à ne pas utiliser le mot football (France, Angleterre), ou ses variantes et dérivés futbal (Espagne), fotbal (République tchèque), futebol (Portugal), fußball (Allemagne), fodbold (Danemark), voetbal (Pays-Bas), ou encore futbol (Russie, Bulgarie, Biélorussie…).
A la place, le croate parle de nogomet, un mot formé à partir de noga (« jambe ») et metati (« mettre, placer »). Le terme, qui s’emploie également en bosnien et en slovène, est attribué à Slavko Rutzner Radmilović, qui aurait créé le terme de toutes pièces au début du XXe siècle. A l’origine de ce choix, l’histoire un peu particulière du football en Croatie : celui-ci a été importé en 1883 par Franjo Bučar, un étudiant croate revenu d’études en éducation physique en Suède, où le sport s’était déjà répandu. Quand il l’introduit à Zagreb, le concept fait fureur, mais les habitants ne connaissent ni son nom ni son vocabulaire. La Croatie appartient alors à l’empire d’Autriche-Hongrie, et les seuls documents et termes de référence sont en allemand.
Le pays où l’anglais n’avait pas eu d’influence
Dès 1903, relate Zagreb. info, le Hrvatski akademski sportski klub (club sportif académique croate, ou HASK) se lance de zéro dans la première traduction locale des règles du football, avec des documents germaniques et non anglais comme sources, et une volonté manifeste d’employer le serbo-croate, langue reconnue depuis les accords de Vienne de 1950. Là où les Français parlent déjà de penalty, de shoot, de goal ou encore de corner, autant de stigmates de l’influence britannique sur le sport, les futurs adversaires des Bleus créent leur propre vocabulaire, fait de vratar pour le gardien, d’udarac iz kuta pour le coup de pied de coin, ou encore de kazna pour le coup de pied de la mort, le petit nom du penalty à l’époque.

   


En 1918, quand l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes, rapidement rebaptisé Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, récupère son indépendance à la suite du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, pas question pour Zagreb de faire marche arrière : l’affirmation de la langue locale fait partie de la construction identitaire de la nation, qui devient en 1928, et jusqu’en 1991, la Yougoslavie.
Seulement, souci : même si l’intercompréhension est totale entre les différentes communautés qui constituent ce pays des Balkans, il n’existe pas une langue, mais un agrégat de parlers proches mais aux usages différents, à l’image du recours au cyrillique côté Belgrade et à l’alphabet latin côté Zagreb. Ou à des différences de vocabulaire, comme le terme nogomet, utilisé par les Croates, les Bosniens et les Slovènes, mais pas par les Serbes, indépendants de l’Autriche-Hongrie au début du siècle, et guère intéressé à traduire football par autre chose que… le calque fudbal. Résultat : le championnat yougoslave de football porte deux noms différents, le prvenstvo Jugoslavije u fudbalu côté serbe et le prvenstvo Jugoslavije u nogometu côté croate.
Un championnat yougoslave, deux noms
En 1950, intellectuels serbes et croates tentent bien, à l’occasion de l’accord de Novi Sad, d’instaurer une politique d’unification linguistique autour du srpskohrvatski jezi, le serbo-croate, ce mot-valise englobant plusieurs parlers et cultures. A tel point que, dans un contexte identitaire explosif qui a mené en 1991 à l’éclatement de la Yougoslavie, le serbo-croate a également été appelé par les instances internationales « BCMS » (bosnien, croate, monténégrin, serbe), tandis que l’usage, relate le Courrier des Balkans, est parfois de parler de naš jezik, « notre langue », pour couper court à des débats plus politiques que linguistiques.

   


A l’image du monténégrin, qui a été officiellement reconnu en décembre dernier comme langue indépendante, sur fond de poussées nationalistes, la tendance est depuis deux décennies à l’accentuation des différences et des originalités de chacun des parlers, sur fond de nationalisme. En 2017, pourtant, des intellectuels ont présenté une « déclaration sur la langue commune » pour rappeler l’existence d’un tronc commun, et surtout de l’intercompréhension quasi totale entre les différents dialectes. Selon Josip Baotic, un linguiste croate, moins de 10 % seulement du lexique distinguent les variantes de « serbo-croate ». A travers cette démarche, ils souhaitent également lutter contre le nationalisme balkan.
« Ceux qui soutiendront la Croatie sont des psychopathes »
La rivalité entre Serbes et Croates est particulièrement vive chez la génération qui a connu la guerre civile au début des années 1990. En marge de Wimbledon, le tennisman serbe Novak Djokovic a ainsi été insulté par un député de son pays pour avoir déclaré qu’il soutiendrait la Croatie en finale de la Coupe du monde.

   


« Je répète que tous ceux qui soutiendront la Croatie contre la Russie sont des psychopathes et des fous, mûrs pour être internés en asile », avait-il déjà déclaré en quarts de finale, rapporte So Foot. Peut-être a-t-il en tête les émeutes du match de football entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile rouge Belgrade en 1990, qui firent 138 blessés, et sont considérés comme l’un des éléments déclencheurs de la guerre civile.
Cette rivalité linguistique et politique occulte pourtant un passé sportif commun glorieux : sous les couleurs de la Yougoslavie, les « Brésiliens de l’Europe », comme on les appelait, ont remporté les Jeux olympiques de football 1960, atteint la finale de l’Euro en 1960 et 1968, et les demi-finales des Coupes du monde en 1930 et 1962. Depuis, chacun a fait bande à part.
Après la disqualification de la Yougoslavie de l’Euro en 1992, remplacée par des Danois bien heureux, la Croatie a atteint les demi-finales du Mondial en 1998, tandis que la Serbie-et-Monténégro se contentait d’un quart de finale d’Euro en 2000. Dimanche, l’équipe au damier aura l’occasion de faire entrer encore un peu plus le nogomet croate dans l’Histoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ La petite finale de la Coupe du monde 2018 opposait la Belgique et l’Angleterre. Les Diables rouges se sont imposés 2 à 0 grâce à Thomas Meunier et Eden Hazard.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Dans un communiqué, l’instance rappelle aux diffuseurs d’éviter les plans « exagérés » sur les spectatrices et spectateurs pour éviter toute « connotation sexuelle ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Coupe du monde : la FIFA demande l’arrêt des gros plans « privilégiant un sexe plutôt que l’autre »

Dans un communiqué, l’instance rappelle aux diffuseurs d’éviter les plans « exagérés » sur les spectatrices et spectateurs pour éviter toute « connotation sexuelle ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 13h43
   





                        



   


C’est quasiment un passage obligé pour qui regarde un match du Mondial. Au détour d’une action, le caméraman montre en gros plan la réaction de supporteurs en tribunes, qui s’avèrent souvent être des supportrices – plutôt jeunes et jolies. Une pratique à laquelle la FIFA entend mettre un terme.
Vendredi 13 juillet, la Fédération internationale de football a fait savoir qu’elle avait demandé aux réalisateurs de télévision d’éviter ces gros plans, les diffuseurs ayant tendance à privilégier de jeunes femmes parmi les supporters :
« Nous préférons que la couverture évite les gros plans exagérés et prolongés qui pourraient conduire à des suggestions à connotation sexuelle ou privilégiant un sexe plutôt que l’autre. »
Dans son communiqué, la FIFA précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté, puisque « cela fait partie des recommandations standards, émises plusieurs mois avant le tournoi ».
Les femmes journalistes victimes d’agressions
Le sujet a relancé le débat sur la misogynie du milieu footballistique. Depuis le début de la compétition en Russie, plusieurs femmes journalistes ont ainsi fait face à des agressions, parfois en direct à la télévision. La journaliste Julia Guimaraes, lors d’une intervention sur la chaîne brésilienne TV Globo le 24 juin, a notamment dû repousser un homme tentant de l’embrasser.
Trois jours plus tôt, un supporteur russe s’était publiquement excusé pour avoir embrassé par surprise, sur la joue, la journaliste colombienne Julieth Gonzalez Theran à Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.
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France - Croatie : « Nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale »

A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 14h11
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, envoyé spécial)








                        



   


Il ne fait pas tous les jours bon vivre dans le quartier de Zaprude, en périphérie de Zagreb. Les barres d’immeubles de huit étages bâties dans les années 1960 racontent une époque lointaine, un pays qui n’existe plus et un quotidien pas toujours facile. La Yougoslavie de Tito, son rêve socialiste et égalitaire ont laissé dans leur sillage des façades un peu décaties mais de jolis espaces verts. Mateo, 45 ans n’éprouve pas pour autant la moindre nostalgie pour l’utopie dont il habite des vestiges encore sur pied.
Depuis quelques mois, il est de retour chez lui. Après diverses affaires plus ou moins réussies au Moyen-Orient et au mitan d’une vie aventureuse, il a retrouvé le quartier populaire qui l’a vu grandir et où ses parents vivent encore. Sans nostalgie. Son pays, c’est la Croatie de 2018 et la Croatie est en finale. Pour Mateo, ce n’est pas qu’une question de football, c’est une question de revanche.
« Nous, les Croates, on n’est jamais assez bien »
« Tu as vu l’arrogance des Anglais avant la demi-finale ? L’arrogance de leurs journaux quand ils parlaient de la Croatie ? L’arrogance de leurs joueurs ? » enrage-t-il, attablé à la terrasse d’un petit café, « ils l’ont bien mérité leur défaite, pas vrai ? » Le match de dimanche n’a pas encore eu lieu mais, pour lui, il s’agit déjà d’un événement historique : « Nous, les Croates, on n’est jamais assez ceci, jamais assez cela pour l’Europe… Jamais assez bien. Eh bien là on est en finale, nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale. » Une cliente d’une cinquantaine d’années sort avec un café à emporter. Comme beaucoup à Zagreb, elle porte aujourd’hui le maillot national au damier blanc et rouge.
D’après Mateo, dans la capitale et dans tout le pays, le football a tout recouvert. Mais en Croatie le football – c’est un lieu commun – n’est pas qu’un sport. En témoigne la peinture murale qui recouvre le flanc de son ancienne école primaire. Quatre visages juvéniles peints au pochoir. Des gars du quartier. « Trois sont tombés au combat pendant la guerre d’indépendance, raconte Mateo. Le quatrième était un peu bohème. C’est le foie qui l’a tué. Mais il avait une belle âme, ça lui a valu sa place sur le mur. »
Tous étaient des ultras du Dinamo, le club de football de Zagreb dont les supporteurs les plus acharnés ont fourni les premières recrues aux forces croates au début des guerres de Yougoslavie. Avant la guerre, il y avait le football. Après la guerre, il reste le football.
« Cela me rappelle 1998 »
Au début du conflit, Mateo, adolescent, était courrier dans une unité locale croate qui avait creusé des tranchées autour du quartier. Une base de l’armée yougoslave, à dominante serbe, était située à proximité. « Quand ils sont partis, ils ont pris toutes leurs armes, les salauds. » se remémore Matéo, désormais au volant de sa modeste Volkswagen. Un petit ballon au damier blanc et rouge pend au rétroviseur. Zagreb n’est plus une ville en guerre, mais les souvenirs sont vifs. A Zaprudje, bien sûr, mais aussi dans les quartiers plus huppés du centre-ville où l’architecture n’a plus rien de collectiviste. L’urbanisme et l’architecture déploient tout le raffinement ravalé et le charme repeint de la Belle Epoque austro-hongroise.
A deux pas de la place centrale, Slavitsa – qui ne donnera pas son nom de famille – vient de garer son 4 × 4 noir. Damier rouge et blanc sur les housses qui recouvrent les rétroviseurs. Damier rouge et blanc sur deux petits fanions en plastique accrochés à la fenêtre arrière du véhicule. Damier rouge et blanc sur le tee-shirt qu’elle porte au-dessus de son chemisier. Notaire et mère de famille, Slavitsa s’enthousiasme : « La ferveur qu’on ressent, la fierté d’être croate, notre cohésion, cela me rappelle 1998. »
Reconnue internationalement depuis six ans, dont trois de conflit avec les ex-Républiques yougoslaves voisines, accédait il y a deux décennies aux demi-finales du Mondial avant d’être sortie par un doublé de Lilian Thuram. L’échec si près du but avait laissé un souvenir cuisant à ceux qui avaient l’âge, alimentant au passage diverses théories du complot farfelues. Alors dimanche, voilà une nouvelle revanche à prendre.
Football, nationalisme et guerre
Slavitsa a quelque chose à ajouter : « La ferveur de 1998, c’était déjà le prolongement de notre victoire, de notre indépendance. » Le football, le nationalisme, la guerre. Les fils invisibles qui relient ces univers pris à chaque fois comme un bloc tissent une mémoire, une identité et on ne fait pas le tri dans les gloires et les horreurs qui l’habitent. Entre les chapeaux à damier, les maillots de l’équipe nationale, les casquettes et les drapeaux en tout genre qu’on trouve en vente dans les rues et dans les boutiques à touristes, et qui arrivent à rupture de stock d’après Gabriella Taliareti, vendeuse de souvenirs établie près de la cathédrale, on trouve les traces d’une histoire un peu plus ancienne.
Certains des articles font référence au régime des Oustachis. Cet Etat d’inspiration fasciste allié à l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale qui s’est rendu coupable des pires exactions contre les populations serbes et juives présentes sur son territoire ressurgit sous la forme d’un jeu de mot. « Soyez prêts ! » le slogan des Oustachis résonne dans le slogan « soyez fiers ! » dont sont frappés des tee-shirts aux coloris variés mis en vente pour la finale. Au-delà leurs rivalités parfois meurtrières, les ultras des grands clubs croates ne rechignent pas à s’approprier de la même manière croix gammées et autres symboles d’extrême droite à l’occasion des matchs du championnat national comme à l’étranger.
Fran, 18 ans, n’a que faire de ces breloques et des bagarres de supporteurs qui rythment la vie du football croate. Il ne supporte que l’équipe nationale. « C’est très beau ce qui se passe. Je n’ai jamais vu les gens faire preuve d’autant de bienveillance même en dehors des soirs de match. Ça me donne la chair de poule ! », livre-t-il en ouvrant d’un coup de décapsuleur expert une bouteille de Karlovacko, une des bières nationales, derrière le bar du café où il officie.
Le football croate gangrené par la corruption
Cet été de Coupe du monde, il est serveur dans un établissement fréquenté du centre avant d’intégrer l’école d’aviation civile dont il a remporté le concours haut la main. « Mais bon, dans quelques semaines, tout sera redevenu comme avant, les problèmes économiques seront toujours là… » Une fois diplômé, il compte bien quitter le pays comme tant d’autres jeunes croates. Revenir peut-être à la retraite.
La ferveur que suscitent les succès de l’équipe nationale ne peut pas non plus effacer le fait que Zdravko Mamic, directeur exécutif du Dinamo Zagreb, l’homme fort du football croate mouillé dans un scandale de corruption tentaculaire, ait fui la justice de son pays dans la Bosnie-Herzégovine voisine. Les détournements de fonds concernent d’ailleurs le transfert, en 2004, du milieu de terrain héroïque de la sélection croate, Luka Modric, du Dinamo Belgrad au club londonien de Tottenham. Et ce dernier encourt cinq ans de prison pour faux témoignage devant le tribunal chargé de cette affaire.
D’après la journaliste sportive Dea Redzic du média en ligne Index.hr, le football croate a partie liée à l’identité nationale du pays mais aussi à des travers qui deviennent de plus en plus insupportables à la population : « Le football croate est gangrené par un système mafieux qui est directement lié à l’élite politique. » La présidente de la République Kolinda Grabar-Kitarovic n’a pas manqué de s’afficher abondamment à Moscou comme la première supportrice de l’équipe nationale. Ses liens avec le parrain du football croate fugitif sont cependant connus. « Maintenant, le gouvernement veut tirer parti de ces succès et faire oublier aux gens tous ces problèmes. Mais les gens ne sont pas dupes, la victoire de notre équipe est la nôtre, celle du peuple, pas la leur. »

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ A l’âge où Romain Bardet gagnait ses premières courses, Naesen était livreur pour une blanchisserie. Quatre ans après, ce Flamand élancé est l’équipier le plus précieux de son frêle leader français.
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Tour de France 2018 : Oliver Naesen, le garde du corps de Romain Bardet

A l’âge où Romain Bardet gagnait ses premières courses, Naesen était livreur pour une blanchisserie. Quatre ans après, ce Flamand élancé est l’équipier le plus précieux de son frêle leader français.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 14h20
   





                        



                                


                            

Bien avant que des mollets affûtés et précaires ne risquent leur peau dans les rues des capitales, il y avait déjà des livreurs cyclistes. Oliver Naesen en était : livreur le jour, cycliste la nuit. A 23 ans, un âge auquel Peter Sagan épinglait déjà quatre étapes du Tour de France à la boutonnière, Naesen roulait sous deux couleurs. Celles d’Initial Textiles, une blanchisserie pour qui il parcourait la Flandre à partir de 6 heures du matin, déposant nappes à carreaux dans les restaurants et draps de percale dans les hôtels. Et celles de Cibel, une petite équipe de vélo pour qui il parcourait la Flandre le week-end, récoltant les bouquets et les baisers des miss dans les kermesses.
On comprend qu’à 27 ans, sur son deuxième Tour de France, Naesen garde un sourire de bienheureux, en cette première semaine où il est l’homme de base de l’équipe AG2R-La Mondiale. En avril, Naesen est l’un des meilleurs coureurs du monde : la gloire l’attend sur les classiques pavées, quand la malchance l’aura laissé tranquille. En juillet, il fait garde du corps. Romain Bardet est son ombre. Naesen le protège de sa stature, joue des coudes pour remonter un peloton encombré. Quand la route devient tortueuse, Bardet passe devant ; le Belge ferme la porte derrière lui, en serre-file.
C’est dimanche, entre Arras et Roubaix, qu’il sera le plus attendu, sur les 21,7 kilomètres de pavés que Bardet craint autant que les kilos superflus. Naesen a, jusqu’à présent, accompli son devoir à la perfection, Romain Bardet n’étant jamais pris ni dans une chute, ni dans une cassure. Lorsque la roue du Français s’est voilée à quatre kilomètres de l’arrivée à Mûr-de-Bretagne (6e étape), « Oli » a sagement attendu le changement de vélo et tracté le grimpeur jusqu’à l’avant du peloton, dans son sillage. La valeur de cet homme est inestimable et Bardet le sait : le 24 juillet 2017, Oliver Naesen avait déjà sa place au Tour 2018.
Chemin de traverse

Les deux garçons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ « Roulette russe », épisode 31. Aujourd’hui Eddy Fleck explique pourquoi le match pour la 3e place va nous aider à patienter jusqu’à la rencontre qui compte vraiment, la finale entre la France et la Croatie.
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Coupe du monde 2018 : pourquoi regarder le match pour la troisième place ?

« Roulette russe », épisode 31. Aujourd’hui Eddy Fleck explique pourquoi le match pour la 3e place va nous aider à patienter jusqu’à la rencontre qui compte vraiment, la finale entre la France et la Croatie.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 10h30
   





                        


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.

   


Échouer à une marche de la finale de la Coupe du monde est une épreuve que je souhaite à tous les adversaires de l’équipe de France. Belges et Anglais se retrouvent aujourd’hui pour disputer la rencontre des perdants du dernier carré. Un moment magique pour tous les fans de football qui pourront observer ces joueurs courir après un résultat avec l’amertume du récent échec. Rassurez-vous Messieurs, on ne vous demande pas la Lune. On souhaite simplement que vous restiez sur place pour nous aider à faire passer le temps avant la finale de dimanche.
Je prie pour que le réalisateur nous gratifie de quelques gros plans sur les visages des acteurs de ce duel. Si une larme venait à courir sur la joue d’un Belge ou d’un Anglais, je ne manquerais pas l’occasion de lécher mon écran. Avec tout le respect que j’ai pour ces hommes, bien évidemment. J’entends déjà les apôtres de la bien-pensance fustiger le manque d’humilité des supporters français. Ils ont raison. Quel plaisir de gagner moche et de vous serrer la main à la fin du match. Quel bonheur de crier le nom de Didier Deschamps avec amour alors que j’espérais son départ après la finale de l’Euro 2016. Dans l’euphorie collective, je peux retourner ma veste sans que personne ne s’en rende compte. A quoi cela sert d’aller en finale de la plus belle compétition du monde sans être insupportable ? On aurait l’impression de ne pas remplir complètement notre mission.
Je sens malgré tout que le temps est long avant le rendez-vous fatidique. Quitte à proposer un match pour compléter le podium, pourquoi ne pas remplir la journée avec d’autres rencontres ? Je ne cracherais pas sur un Panama – Egypte pour déterminer la 32e place de la Coupe du monde. D’ailleurs, cela nous permettrait de nous souvenir que le Panama et l’Egypte étaient dans la compétition. Quand je regarde la liste des pays ayant quitté le tournoi avant nous, je ressens beaucoup de fierté et ce besoin de me moquer. Si je pleure dimanche, j’espère que ce sera de joie. Dans le cas contraire, je pourrais dire que nous avons perdu après les autres. Et ça, ça n’a pas de prix.
Eddy Fleck

Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs
Episode 8: pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Episode 9 : pourquoi il y a toujours un drapeau algérien dans un stade
Episode 10 : pourquoi l’Antarctique est le grand absent du tournoi
Episode 11 : pourquoi il n’est pas raisonnable d’aimer à la fois Lionel Messi et Cristiano Ronaldo
Episode 12 : pourquoi on peut suivre la Coupe du monde sans aimer le foot 
Episode 13 : pourquoi le dopage n’existe pas dans le football
Episode 14 : pourquoi 0-0 est le score parfait
Episode 15 : pourquoi le match Panama-Tunisie sera l’événement du soir
Episode 16 : pourquoi j’ai renoncé à la nationalité française durant la Coupe du monde
Episode 17 : comment échapper à un mariage le jour de France-Argentine ?
Episode 18: pourquoi les statistiques sont indispensables au football
Episode 19 : pourquoi les joueurs brésiliens choisissent-ils leur nom de famille ?
Episode 20 : comment expliquer la Coupe du monde à son enfant
Episode 21 : comment briller en société en parlant football ?
Episode 22 : pourquoi il faut croire en Dieu avant France - Uruguay
Episode 23 : pourquoi cette équipe de France ne me fait pas rêver
Episode 24 : pourquoi les footballeurs sont des gens bien, finalement
Episode 25 : comment noter les joueurs ?
Episode 26 : pourquoi le football ne me manque absolument pas
Episode 27 : pourquoi j’irai suivre France-Belgique à Armentières
Episode 28 : la Coupe du monde est-elle surcotée ?
Episode 29 : qu’aurions-nous fait sans Benjamin Pavard ? 
Episode 30 : pourquoi il faut détester la Croatie





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Avant de s’élancer dimanche à l’assaut des pavés, le peloton traversera la Picardie samedi, dans une étape qui ne devrait, une nouvelle fois, pas échapper aux sprinteurs.
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Tour de France : en attendant Roubaix

Avant de s’élancer dimanche à l’assaut des pavés, le peloton traversera la Picardie samedi, dans une étape qui ne devrait, une nouvelle fois, pas échapper aux sprinteurs.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 13h04
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Chartres, Eure-et-Loir)








                        



   


8E ÉTAPE : DREUX - AMIENS, 181 KM
« Le jour le plus long », titrions-nous hier. On aurait pu recycler la formule aujourd’hui, même si l’étape entre Dreux et Amiens ne compte que 180 bornes, soit cinquante de moins que celle entre Fougères et Chartres. « C’était assez long, 230 kilomètres, on peut se demander si c’est bien nécessaire », a constaté le Maillot jaune Greg Van Avermaet hier, au bout d’une journée qui, il faut bien le reconnaître, a parfois rappelé les heures les plus sombres de notre Histoire.

Loving this Jean-Marie Leblanc tribute stage. More please.— jeremycwhittle (@Jeremy Whittle)


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(« J’adore cette étape-hommage à Jean-Marie Leblanc [ancien directeur du Tour, coutumier des étapes-fleuve-insipides. Encore, s’il vous plaît.].  »)

Not since stage 6 in the 2007 tour have I witnessed a stage as boring as today -and I was there. A young man with t… https://t.co/8hjXEBQb7Y— MRasmussen1974 (@Michael Rasmussen)


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(« Je n’avais pas vu d’étape aussi ennuyeuse depuis la 6e étape en 2007 - et j’en étais. Un jeune homme dénommé Wiggins était le type seul à l’avant toute la journée »)
Vu les enjeux économiques du Tour aujourd’hui, et vu les invincibles armadas que sont devenues les équipes de sprinteurs, on a le sentiment que plus jamais une étape comme celle d’hier n’échappera à un finish en troupeau, et que son intérêt sportif est quasiment nul. Avis que partage manifestement avec nous Yoann Offredo, qui a dit sa colère à l’arrivée, en recourant carrément à l’usage du mot « quéquette » (cf. le lien ci-dessous).

        Lire aussi :
         

                Tour de France 2018 : Groenewegen s’installe, l’ennui aussi



Le Maillot vert Peter Sagan, statistique ahurissante, en a quand même profité pour franchir le cap des quarante places sur un podium du Tour, en 112 étapes disputées. Et l’éclopé Lawson Craddock, solide lanterne rouge, en a profité pour franchir le cap de l’heure de retard au classement général (1 h00’03’’).
Pour le reste, le peloton a donc pris toooout son temps (5 h 43), mais quand même moins que Kevin Anderson et John Isner (6 h 35) en demi-finale de l’autre événement sportif majeur dont tout le monde se fiche actuellement, pour cause de Coupe du monde (étiez-vous au courant que Roger Federer avait été éliminé à Wimbledon ?).
La France entière ne pense qu’à demain, le Tour aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Le peloton n’a que les pavés à l’esprit, les quinze secteurs de la route vers Roubaix, dont on peut espérer plus de spectacle et d’écarts que les huit premières étapes du Tour 2018 réunies. Autant dire que celle d’aujourd’hui, plate et peut-être très légèrement pimentée par le vent, va devoir faire se montrer bien imaginative pour ne pas tomber immédiatement dans l’oubli.
Une victoire d’Arnaud Démare (avec option pétage de durite de Marc Madiot) ferait peut-être l’affaire. Vaincu hier au pied de l’une des plus belles cathédrales de France, celle de Chartres, le Picard a l’occasion de prendre une revanche au pied d’une autre, celle d’Amiens (étant entendu qu’aucune de ces deux cathédrales n’arrive à la cheville de celle de Strasbourg). Mais un premier succès tricolore sur le Tour 2018, pour le sprinteur-chouchou de la patrie, un 14 juillet, à la veille d’une deuxième Coupe du monde, et deux semaines avant le sacre de Romain Bardet sur les Champs-Elysées, ça ferait sans doute un peu trop de bonheur d’un coup.

   


A PART ÇA, même le compte Twitter du Tour souligne qu’il n’y a pas grand-chose à écrire.

🤷‍♂️ @PhilippeGilbert 🤷‍♂️
"Did you bring some stories for today? Because there is not a lot to talk about"
— LeTour (@Le Tour de France)


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ET SINON, pour cause de crevaison d’une roue de leur bus, les coureurs de l’équipe Cofidis ont dû la jouer à l’ancienne hier matin, et faire le briefing d’étape dans le salon de la famille Dauguet. C’est jusqu’à présent le principal coup d’éclat de la formation française sur ce Tour.

Briefing chez l’habitant, massages dans le coffre et préparations en plein air. Il est super ce critérium de Fougèr… https://t.co/w0qoZHHFkl— TeamCOFIDIS (@Team COFIDIS)


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Départ à 11 h 50. Arrivée prévue vers 15 h 45.
Le Tour du comptoir : Fougères
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on vendit naguère des vaches sur un coin de table.

   


La ville de Fougères a adopté l’an dernier un slogan un poil agressif, qu’elle utilisait déjà dans les années 1990 : « T’as pas vu Fougères, t’as rien vu. » Agressif et faux, car la vérité serait plutôt : « T’as pas vu le café de l’Abattoir à Fougères, t’as rien vu », tant ce comptoir comme on les aime rivalise avec les merveilleux vestiges du château fort pour le titre d’attraction principale de cette sous-préfecture.
On y rencontre Claude, 51 ans, le taulier, qui a repris l’affaire il y a vingt-trois ans après une décennie à Paris, où il fabriquait des matelas et des sommiers. Le café de l’Abattoir, sur la place du même nom, se trouvait juste en face du bâtiment du même nom, qui avait franchement de l’allure.

   


Claude a ouvert son troquet le 1er juillet 1995. Le 1er janvier 1996, l’abattoir a fermé. Veaux, vaches et cochons sont allés se faire équarrir ailleurs, et ça a été la fin d’un monde, que Claude n’a qu’entr’aperçu, mais qu’il n’a pas oublié.
« Les fermiers et les bouchers se retrouvaient ici, et faisaient leurs affaires autour d’un verre. Plus le fermier payait à boire, plus il vendait sa bête cher. »
« Les types venaient en sortant de l’abattoir, on fermait parfois à minuit, 1 heure du matin, tant qu’il y avait du monde. On faisait de la tête de veau et des tripes, avec la viande qui venait d’en face, c’était quelque chose. Y avait beaucoup moins de contrôles qu’aujourd’hui, les mecs venaient avec leurs carcasses, on coupait ça à la hache, sur une table, dans une cuisine derrière, comme on pouvait. Ah, au niveau de l’hygiène, ça faisait peur. »
« Il arrivait qu’un fermier ait une bête blessée, il fallait alors l’abattre le plus vite possible, c’était parfois une question d’heures, pour sauver ce qui pouvait l’être. Alors le fermier venait à l’abattoir avec sa bête, et le tueur – on les appelait comme ça – lui disait “tu me paies un coup au café de l’Abattoir, sinon je tue pas ta bête.” »

   


La fermeture de l’abattoir a été difficile à encaisser, mais le café de l’Abattoir a survécu, et se porte bien. Tous les vendredis midi, c’est galette-saucisse. C’est sans doute pour cette raison que le Tour de France a choisi de faire étape à Fougères un vendredi. Claude et sa femme se sont levés à 3 heures du matin pour fabriquer la pâte des galettes. Les saucisses ne viennent plus d’en face, mais elles sont délicieuses. En temps normal, le café de l’Abattoir en écoule une centaine chaque vendredi. Le triple quand passe le Tour de France, ce qui est déjà arrivé quatre fois depuis 2013. L’abattoir, non content d’avoir été fermé, a été rasé et remplacé par des habitations sans charme.

   



   



   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Les deux équipes espéraient la victoire finale. Après leur défaite, elles vont devoir jouer un dernier match pour la troisième place.
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Coupe du monde 2018 : Belgique-Angleterre, le match que personne ne rêvait de jouer

Les deux équipes espéraient la victoire finale. Après leur défaite, elles vont devoir jouer un dernier match pour la troisième place.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 16h13
    |

                            Grégor Brandy








                        



   


C’est le match qu’ils auraient espéré ne jamais jouer. Belges et Anglais vont s’affronter pour la troisième place du Mondial, samedi à 16 heures. Battues par les Français et par les Croates, les deux sélections ont dû dire adieu à leurs rêves de titre en Russie.
Et contrairement aux adversaires qu’ils ont éliminés jusque-là, eux n’ont pas encore pu passer à autre chose. Il reste un dernier match, celui que certains aimeraient voir disparaître, à l’image de Luis Van Gaal, le sélectionneur néerlandais en 2014.
« Je ne pense pas que ce match devrait se jouer. Il n’y a rien de pire que de perdre deux fois de suite après avoir fait un tournoi fantastique. Je l’avais déjà dit il y a dix ans : on ne devrait pas jouer pour cette troisième place. Ça ne consolera pas du fait de ne pas être champion. »

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                Belgique-Angleterre en direct : les Belges prennent la troisième place de la Coupe du monde



D’ailleurs, les deux sélectionneurs anglais et belge reconnaissent qu’ils n’avaient pas vraiment en tête l’idée de jouer ce match-là. « C’est un match qu’aucune équipe ne veut jouer », concède Gary Southgate, le sélectionneur anglais. Pour Roberto Martinez, le sélectionneur de la Belgique, « c’est une émotion particulière à gérer. On est déçu d’avoir perdu la demi-finale. C’est difficile d’envisager l’idée de jouer un autre match comme quelque chose de positif ».
Un match de plus à diffuser
Alors pourquoi faire un match pour la troisième place ? L’Euro a abandonné l’idée en 1984. La Coupe du monde, elle, en a quasiment toujours connu un (à l’exception de 1930 et 1950). En plus de permettre de classer les équipes (et de jouer un rôle dans le controversé classement FIFA), cela permet surtout d’ajouter un match de plus, source de revenus supplémentaires pour la FIFA.
Pour le côté historique et sportif, une victoire contre l’Angleterre constituerait pour les Belges le meilleur résultat de l’histoire du pays dans cette compétition. Pour les Anglais, ce serait une revanche sur le match de poules, et le meilleur parcours depuis la victoire, en 1966. Une maigre consolation à laquelle certains semblent pourtant vouloir tenir.
« Je veux qu’on termine fort samedi pour prendre la troisième place. Je crois qu’on la mérite, on va tout faire pour l’avoir. On doit le faire, pour nous, pour que dans vingt, trente ans, on dise qu’en Russie on a joué un bon tournoi. Peut-être que, dans vingt, trente ans, il y aura de nouveau des grands talents en Belgique qui vont se dire : il faut battre le parcours des Diables en Russie », essaie de se convaincre Thibault Courtois, le portier belge. « Nous avons une chance de remporter une médaille à une Coupe du monde, ce que seule une équipe a pu faire par le passé, nous sommes donc très motivés », assure Gary Southgate, le sélectionneur anglais, de son côté.
Les Croates de Davor Suker, eux, avaient ainsi fait contre mauvaise fortune bon cœur, en 1998, après l’élimination contre la France :
« Pour nous, c’était incroyable de finir troisième devant certaines des plus grandes équipes du monde. Ça a confirmé que nous avions réalisé une grande Coupe du monde, et c’était une jolie façon de la finir. »
Un match pour l’oubli
Reste qu’un match pour la troisième place peut parfois être agréable à suivre, rappelle justement l’agence américaine Associated Press.

Did you know #WorldCup third-place games have produced an average of 4.1 total goals since 1978? We break down the… https://t.co/0Q69nh4EoX— Covers (@Covers)


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En 2010, l’Allemagne, menée 2-1 par l’Uruguay, a finalement remporté le match 3-2. La rencontre aurait d’ailleurs pu aller en prolongation si le coup franc de Diego Forlan avait trouvé les filets allemands plutôt que la barre transversale dans les derniers instants du match.

Mais plus généralement, même si les matchs sont intéressants, ce sont des rencontres jouées par des sélections parfois épuisées et démotivées et qui finissent par sombrer dans l’oubli collectif. Qui se souvient que la Croatie et les Pays-Bas se sont affrontés en 1998 ? Ou que le Brésil a enchaîné une nouvelle grosse défaite 3-0 contre les Pays-Bas après la claque 7-1, reçue en demi-finale en 2014 ?
Kane ou Lukaku meilleur buteur ?
L’un des seuls intérêts de la rencontre entre Belges et Anglais concernera l’identité du meilleur buteur de la compétition. Harry Kane (six buts) et Romelu Lukaku (quatre buts) ont l’occasion de remporter le trophée à l’issue de cette rencontre.

6 - Voici les joueurs impliqués sur le + de buts dans cette Coupe du Monde :

🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 Harry Kane (6 - 6 buts)

— OptaJean (@OptaJean)


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Leonidas en 1938, Salvatore Schillaci en 1990, Davor Suker en 1998 ou encore Thomas Müller et Diego Forlan en 2010, ont tous profité de ce dernier match pour faire la différence et s’assurer le titre de meilleur buteur. Just Fontaine avait inscrit un quadruplé pour son dernier match de la Coupe du monde 1958 et porter le record de buts dans la compétition à 13. Il n’a jamais été battu depuis.
Pourtant, même cette perspective semble avoir du mal à motiver Harry Kane. Le buteur anglais ne s’en est d’ailleurs pas caché en conférence de presse :
« Je n’y pense pas trop. Ce n’est pas le match que nous voulions jouer. C’est comme ça, mais on essaiera de jouer ce match avec autant de fierté que possible et finir sur une bonne note. Mais ça va faire mal. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Il y a dix ans, les Bleus prenaient la porte dès le premier tour du championnat d’Europe avec deux défaites en trois matchs et une demande en mariage.
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Equipe de France : l’Euro 2008, cet anniversaire que personne ne veut fêter

Il y a dix ans, les Bleus prenaient la porte dès le premier tour du championnat d’Europe avec deux défaites en trois matchs et une demande en mariage.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 07h00
    |

            William Audureau








                        



   


Et un, et deux, et trois, et quatre à un ! Les commentateurs se grisent, les spectateurs exultent, les rues sont en liesse : en ce 14 juin, le onze néerlandais vient de faire exploser en petits confettis l’équipe de France. Quatre jours plus tard, les vice-champions du monde 2006 se font à nouveau rouler dessus, cette fois par l’Italie (0-2), et quittent la Suisse (qui organise avec l’Autriche cet Euro 2008), éliminés d’entrée d’un Euro pour la première fois depuis seize ans.
Qui se souvient que l’équipementier des Bleus avait spécialement imaginé pour l’occasion un maillot hommage aux dix ans de la première Coupe du monde française ? Dix ans après 2008 et vingt après 1998, le parcours des Bleus, qui affronteront la Croatie en finale de la Coupe du monde en Russie (dimanche, 15 heures), ne cesse d’être comparé au parcours historique de la bande à Zizou, Djorkaeff, Lizarazu et compagnie. Le souvenir du tournoi de Gallas, Anelka, Nasri et consorts est en revanche bien caché sous le tapis.

Tâtonnements tactiques et maintien
Le parcours bleu est un raté du début à la fin. Lors du premier match, malgré un quatuor Malouda-Anelka-Benzema-Ribéry prometteur sur le papier, des Bleus sans imagination se cassent les dents contre la défense roumaine (0-0) dans ce qui reste un sommet de l’ennui. Les joueurs évoquent la chaleur étouffante. Parce que oui, il peut faire chaud un 10 juin, même à Zurich.
Quatre jours plus tard, c’est la débâcle. Avec une formation remaniée (Ribéry en meneur, Govou à droite, Henry en pointe à la place de Anelka et Benzema), les Bleus boivent la tasse contre les Pays-Bas (4-1). Grégory Coupet, auteur d’une faute de main, et Lilian Thuram, régulièrement pris de vitesse, sont montrés du doigt.
Dans la rencontre de la dernière chance contre l’Italie, Domenech tente à nouveau son va-tout, remplace Thuram par un Abidal qui se montre à son tour en déperdition : il est exclu dès la 25e minute pour avoir bousculé un avant-centre italien dans la surface. La France s’incline 2 buts à 0 et quitte la compétition la tête basse.

Une demande en mariage et un maintien
La question du maintien de Raymond Domenech est alors posée. Les observateurs s’attendent à ce qu’il présente sa démission, sans se douter que c’est le moment que l’imprévisible sélectionneur attend pour réaliser la plus belle feinte de tout le parcours des Bleus :
« Je n’ai qu’un projet, c’est d’épouser Estelle [Denis, présentatrice sportive], donc c’est aujourd’hui que je lui demande. Je sais que c’est difficile, mais c’est dans ces moments qu’on a besoin de monde, et moi j’ai besoin d’elle. »
La journaliste, qui présente alors l’émission qui suit l’élimination des Bleus, reste de marbre à l’antenne (elle refusera). « J’ai eu un moment d’humaine faiblesse », sourit-il le lendemain. Mais le tour de passe-passe de Raymond Domenech ne suffit pas à le dispenser d’un droit d’inventaire. Didier Deschamps, qui est en embuscade pour le remplacer, dresse sur RTL un bilan amer de la compétition :
« C’est triste, c’est du gâchis. Le football français, pour qu’il ait de la crédibilité, c’est dans la vitrine qu’on regarde. Et la vitrine c’est l’équipe de France. A travers de tels résultats, une telle contre-performance, évidemment que ça donne pas une bonne image. »
Domenech est finalement maintenu « sous conditions », et notamment celle de parfaire une « communication désastreuse », par la Fédération française de football, alors dirigée par Jean-Pierre Escalette. Nostalgique de l’épopée bleue de 2006, Franck Ribéry prend notamment position en sa faveur.

Le début des ennuis
Un climat délétère s’est toutefois installé. Même les anciens soutiens de Raymond Domenech comme Aimé Jacquet avouent un an plus tard leur incompréhension face à la gestion du sélectionneur bleu. « Il faudrait que Raymond fournisse des explications sur ce qui s’est passé et sur ce qui se passe depuis l’Euro 2008 (…). On se doit aussi de parler foot. Il le fait si bien. Il va le faire, j’espère. »
En interne, apprend-on des mois plus tard, le groupe vit mal, et le télescopage entre anciens champions du monde ou d’Europe et jeunes loups ambitieux crée des étincelles. A l’image de deux altercations qui opposent Samir Nasri et William Gallas, lors d’un entraînement puis dans un bus, après que le jeune meneur de jeu de 20 ans a préempté la place de bus d’habitude réservée à Thierry Henry.
« Comment tu me parles ? Je ne suis pas ton ami », envoie le vétéran, qui raconte l’épisode dans son autobiographie (La parole est à la défense, 2008). « Moi non plus, je ne suis pas ton ami », rétorque Nasri. « Les jeunes de cet Euro semblent culottés, très sûrs d’eux. Ils pensent tout connaître, mais ils ne savent rien », peste le défenseur. La scène contraste avec le sens du collectif et la bonne humeur collégiale affichée par les Bleus en Russie, qui leur a valu un détournement aux sons du générique de la sitcom Friends.

J'ai fait un petit générique pour la finale de dimanche : https://t.co/R6o3KlYyAU— Axelfoloeil (@Axel)


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Si le flop de la Coupe du monde 2002 était un accident industriel, l’Euro 2008 sera lui un fiasco fondateur. Certains joueurs préviennent dès l’été que l’échec sportif risque de se transformer en échec humain, comme le gardien Grégory Coupet. « Domenech joue avec les gens mais à force de jouer on finit par se casser la gueule », prophétise-t-il dans France Football, deux ans avant l’épisode de Knysna.
« Tout cela est triste à mourir car il y a une qualité énorme dans ce groupe et elle est en train d’être gâchée. C’est fou que des gars avec autant de talent soient aussi mal à l’aise chez les Bleus. » 
Deux ans plus tard, L’Equipe rapportera que Nicolas Anelka a insulté le sélectionneur lors de Mexique-France (0-2), prémisses du fiasco de 2010. Le gardien Steve Mandanda, unique rescapé avec Hugo Lloris de cette époque dans les 23 de Deschamps en Russie, évoquera en 2011 une période de « confusion », où lui-même ne savait où se situer.
Deschamps et l’anti-Euro 2008
Premier tournoi de l’ère post-Zidane, l’Euro 2008 a montré le délicat défi d’une France privée de son leader technique, confrontée à un renouvellement de générations qui implique des querelles d’ego, et le casse-tête tactique d’une équipe qui remportait ses matchs sur la défense, et voit affluer une nouvelle génération de techniciens surdoués.
Didier Deschamps a bâti son succès sur un grand ménage, avec la mise à l’écart systématique de tout élément menaçant de mettre en péril l’ambiance au sein du groupe ou d’écorner l’image de l’équipe de France. A cet égard, la Coupe du monde 2018 est l’anti-Euro 2008. Cela ne fait toutefois pas du tournoi de Raymond Domenech le plus mauvais de l’histoire des Bleus. Il y a trente ans, pour l’Euro 1988, les Bleus n’étaient même pas qualifiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Les Vatreni, qui affrontent les Bleus dimanche en finale de la Coupe du monde 2018, ont disputé trois prolongations dans la compétition, l’équivalent d’un match en plus.
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Finale de la Coupe du Monde 2018 : la fatigue, l’autre adversaire des Croates

Les Vatreni, qui affrontent les Bleus dimanche en finale de la Coupe du monde 2018, ont disputé trois prolongations dans la compétition, l’équivalent d’un match en plus.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 12h25
    |

            Clément Martel








                        



   


Ils ont emprunté « le chemin difficile » pour se rendre en finale. Comme le souligne leur entraîneur, Zlatko Dalic, la Croatie va, dimanche 15 juillet, « sans doute devenir la première équipe à jouer huit matches dans l’histoire de la Coupe du monde ». Car depuis la fin de la phase de groupes, les Vatreni (« flamboyants ») ont disputé les prolongations des huitièmes (1-1 t.a.b. 3-2 face au Danemark), quarts (1-1 t.a.b. 4-3 contre la Russie) et demi-finales (2-1 a.p. contre l’Angleterre). Trois fois trente minutes supplémentaires en dix jours, soit l’équivalent d’une rencontre de plus que les Bleus, leurs adversaires en finale.
Et ces longues minutes supplémentaires, adossées à un jour de récupération en moins que les Français, pourraient influer sur le jeu croate lors de l’ultime match de la compétition. Jamais, dans l’histoire, une nation ne s’était hissée en finale après avoir remporté trois rencontres après prolongation. Et seules deux équipes sont parvenues à conquérir le titre en ayant passé plus de temps sur le terrain que leur adversaire en finale : l’Italie (en 1934, 1938 et 2006) et la France (1998). Lors du dernier Mondial, l’Argentine de Lionel Messi est parvenue en finale après avoir disputé deux prolongations. Avec le résultat que l’on sait face aux Allemands, qui avaient passé moins de temps sur le terrain.

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Disposant de seulement soixante-douze heures de récupération avant la finale, les Croates risquent d’arriver sur le pré de Moscou sur les rotules. « Trois jours de récupération, c’est court, souligne au Parisien l’ancien médecin des Bleus, Fabrice Bryand. Au niveau des règlements, c’est le temps minimal nécessaire pour ne pas mettre la santé des joueurs en danger. Ça permet d’évacuer les toxines, de refaire le stock énergétique, mais ce n’est pas vraiment suffisant. »
Compenser par une volonté inébranlable
En dépit d’un gros travail sur la récupération, les Croates « ne seront pas frais physiquement, détaille à L’Equipe Alexandre Dellal, ex-préparateur physique de Nice. Pour eux, une quatrième prolongation, ce serait presque inhumain. Surtout en fin de compétition. » Pour autant, les Français ne doivent pas compter sur une défaillance des Vatreni à l’heure de se battre pour le titre mondial.
Car les hommes de Zlatko Dalic compensent leur manque de fraîcheur par une volonté inébranlable. « Les Croates sont forcément fatigués, souligne Gérard Houllier dans sa chronique au Monde. Mais on peut aussi se dire qu’ils ne peuvent que croire à leur étoile après un tel parcours. » Après la demi-finale face aux Anglais, le coach croate a mis en avant « la force et l’énergie qu’ont déployées » ses joueurs. Et de préciser avoir « voulu changer des joueurs, mais personne ne voulait sortir ». Ce n’est qu’à la 95e minute qu’il a effectué son premier changement. En dépit de plusieurs joueurs handicapés par des petites blessures, « tout le monde me répétait “je suis prêt, je peux encore courir” », a salué Dalic.

   


Et courir, ils l’ont fait. Depuis l’entame de la compétition, les joueurs au damier ont parcouru 723,909 km en Russie (contre 607,409 km pour les Bleus), selon les chiffres de la FIFA. Mais les Vatreni ne s’en préoccupent guère. « On dirait que plus les matchs durent, mieux nous sommes physiquement, s’exclamait mercredi le gardien monégasque Danijel Subasic. On a montré qu’on était au top physiquement, il faut juste bien se préparer. » « On connaît l’enjeu et dans ces moments, on oublie toute fatigue parce que c’est une opportunité qui ne se représentera peut-être jamais, complétait avant la demi-finale son coéquipier Dejan Lovren. Et on est assez professionnels pour savoir qui a besoin de quoi pour récupérer ». Même avec un jour de moins que la France.

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« Une petite iniquité entre les deux équipes »
Ce jour de repos supplémentaire « ne sera pas forcément déterminant, mais cela induit une petite iniquité entre les deux équipes », relate au Temps l’ancien triathlète français, Grégoire Millet, désormais professeur à l’Institut des sciences du sport de l’université de Lausanne. Notamment au milieu, car on récupère plus rapidement ses qualités de vitesse et d’explosivité que d’endurance. « Pour restaurer des aptitudes de sprint, il faut compter quarante-huit heures, donc il n’y aura pas de problème sur ce plan-là, même pour les Croates, précise le chercheur, spécialiste de la préparation physique et de l’optimisation des méthodes d’entraînement. Par contre, pour retrouver sa capacité à produire de gros volumes de course, il faut compter entre soixante-douze et quatre-vingt-seize heures. On peut donc imaginer que les milieux de terrain récupérateurs croates souffriront davantage de fatigue résiduelle que leurs homologues français. »
D’autant que les milieux du pays des Balkans n’ont pas rechigné à la tâche depuis le début de la compétition. Modric, Rakitic et Perisic ont tous parcouru plus de 60 km depuis l’entame du Mondial, et sont suivis de près par plusieurs de leurs partenaires. Côté français, seul l’infatigable ratisseur – obligé de préciser qu’il n’avait bien « que » deux poumons – Ngolo Kanté, a parcouru des distances similaires (en quatre-vingt-dix minutes de moins).
Lors de la première mi-temps face à l’Angleterre, les maîtres à jouer croates, à commencer par leur « Petit Mozart » Modric, ont semblé lessivés, émoussés. Sans pour autant perdre leur justesse technique, au moment de se hisser en finale. « La fatigue n’altérera pas la capacité de Luka Modric à réussir une longue transversale millimétrée, complète Grégoire Millet dans le quotidien helvète. Nous sommes face à des joueurs qui ont un tel bagage technique que même émoussés physiquement, ils réussissent leurs gestes. »

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A l’heure de disputer la première finale de Coupe du monde de leur histoire (vingt-sept ans après l’indépendance du pays), la Croatie n’entend pas laisser des jambes lourdes la priver d’un sacre. « On n’aura pas peur dimanche. Je suis sûr qu’on va récupérer à temps », a rassuré le sélectionneur. « Quand on joue une finale, la fatigue passe après, a renchéri le défenseur français Samuel Umtiti vendredi. On n’y pense pas trop sur un match, on se dit qu’on peut être champion du monde, même avec la fatigue. Ils seront là, ils seront présents, ils vont continuer à courir comme sur tous leurs matchs. » Fatigue ou pas, à lui et à ses coéquipiers de parvenir à terrasser les Flamboyants dimanche sur le pré de Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Les deux joueurs ont disputé vendredi 13 juillet le deuxième plus long match du tournoi. Kevin Anderson affrontera dimanche Novak Djokovic ou Rafael Nadal en finale.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Wimbledon : Anderson bat Isner au bout d’un match de six heures trente

Les deux joueurs ont disputé vendredi 13 juillet le deuxième plus long match du tournoi. Kevin Anderson affrontera dimanche Novak Djokovic ou Rafael Nadal en finale.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 22h18
   





                        



   


Un match de six heures trente, un dernier set de 50 jeux, et un vainqueur : le Sud-Africain Kevin Anderson, tombeur de Roger Federer, a battu l’Américain John Isner, vendredi 13 juillet, en demi-finale de Wimbledon (7-6, 6-7, 6-7, 6-4, 26-24).
Les deux hommes ont disputé le deuxième plus long match de l’histoire du tournoi. Isner est décidément rompu aux duels homériques : il avait remporté le match le plus long de l’histoire face au Français Nicolas Mahut, en 2010 au premier tour sur le gazon londonien après 11 h 05 de jeu étalé sur trois jours, 70-68 au cinquième set.
Vertige des chiffres
Mais vendredi, après avoir mené 2 sets à 1, le géant américain de 33 ans (2,08 m) a fini par céder face au géant sud-africain (2,03 m) au terme d’un cinquième set de 175 minutes… Les chiffres donnent le vertige, avec notamment 103 aces cumulés (49 pour Anderson, 53 pour Isner) et 247 coups gagnants au total (118 pour le Sud-Africain, 129 pour l’Américain).
La seconde demi-finale opposait l’Espagnol Rafael Nadal au Serbe Novak Djokovic, sous le toit fermé du court central. Ce dispositif permet de prolonger les parties dans la soirée, malgré le manque de luminosité, mais pas au-delà de 23 heures locales, en raison d’un couvre-feu imposé par les résidents de Wimbledon.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.
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édition abonné


« Monsieur Macron, montrez que la France fait tout son possible pour sauver Oleg Sentsov »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 20h39
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, nous aimons ce sport collectif qu’est le football et dans cette Coupe du monde, nous avons été heureux de l’engouement grandissant provoqué par le parcours de notre équipe nationale, qui s’achèvera dimanche, nous l’espérons, par sa victoire.
Nous sommes fiers de la jeunesse de cette belle équipe, de sa diversité et de son talent. Nous nous sentons d’autant plus proches d’elle que nous essayons nous-même de dire parfois par nos films ce qui fait ces valeurs et cette réussite plurielle, car elles sont parmi les plus belles images que peut donner de lui notre pays dans le monde.

Au nom de cette longue histoire collective que vous connaissez bien, à laquelle participe aujourd’hui à sa manière l’équipe de France, nous nous adressons à vous. Monsieur le président, nous vous le disons avec toute la solennité qu’impose l’état de santé de notre confrère, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, dont vous savez qu’il mène actuellement une grève de la faim illimitée depuis plus de soixante jours, pour demander la libération des soixante-dix prisonniers politiques ukrainiens condamnés, comme lui, à de lourdes peines après des parodies de procès.

Le jour de la finale à Moscou, il en sera à son 63e jour de grève de la faim. Si rien n’est fait là, tout de suite, il va mourir dans une des colonies pénitentiaires de celui avec qui vous avez prévu d’assister à ce match.
Une faute
Monsieur le président, vous ne pouvez pas mettre dans la balance un match de foot, aussi important soit-il, et les fondements mêmes sur lesquels repose notre République. Ses fondements, comme ses valeurs.
Aller à Moscou, dimanche assister à la finale de la Coupe du Monde au côté du président Poutine, sans que soit fermement abordée la question des prisonniers politiques ukrainiens, serait une faute qui abîmerait longuement l’image de la France dans le monde.

Aussi, Monsieur le président, nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Le sprinteur néerlandais s’impose au bout de la journée la plus soporifique du Tour, une première pour lui cette année. Démare attend la sienne. Et Offredo se fâche. Nos trois leçons de l’étape du jour.
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Tour de France 2018 : Groenewegen s’installe, l’ennui aussi

Le sprinteur néerlandais s’impose au bout de la journée la plus soporifique du Tour, une première pour lui cette année. Démare attend la sienne. Et Offredo se fâche. Nos trois leçons de l’étape du jour.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h27
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 02h04
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Chartres, Eure-et-Loir)








                        


La 7e étape du Tour entre Fougères et Chartres a tenu toutes ses promesses, qui étaient d’être ennuyeuse et de s’achever au sprint, malgré l’opération kamikaze de Yoann Offredo, aussi flamboyant sur son vélo que devant un micro. Il va falloir apprendre à prononcer le nom du sprinteur néerlandais Dylan Groenewegen – on vous dit comment faire –, vainqueur devant Gaviria et Sagan, alors que Van Avermaet a réussi à consolider son maillot jaune de trois secondes. Demain, le Tour met le cap vers les Hauts de France, avec les pavés de Roubaix en ligne de mire dimanche.
Dylan Groenewegen a bien fait d’être sprinteur

   


Il est sprinteur, il a une dégaine de boxeur mais il aurait pu être grimpeur. C’était en tout cas le plan jusqu’à ce qu’il dispute « une course où il y avait des bosses », a-t-il raconté au site Chronique du vélo : « J’ai compris que je ne serais pas un grimpeur. »
En sprint, ce court sur pattes, format à la Mark Cavendish et même regard noir quand ça tourne mal, tire son épingle du jeu dans les sprints en faux-plat montant, comme en mars sur Paris-Nice, ou l’an dernier sur les Champs-Elysées. Le sprinteur de la Lotto NL-Jumbo avait remporté ce championnat du monde non-officiel des sprinteurs et le grand public s’était pris à espérer qu’il retomberait vite dans l’anonymat, rapport à son nom : G-R-O-E-N-E-W-E-G-E-N. Prononcer Rrrrrouneuvéreune.
Mais Groenewegen est là pour rester, et c’est même lui que les spécialistes annonçaient comme possible terreur des sprints du Tour, dans une hiérarchie en pleine recomposition. Il a finalement attendu la septième étape pour s’imposer, et posé son doigt sur les lèvres, un geste bravache qui lui correspond assez bien : « Mes jambes n’étaient pas assez bonnes les premiers jours et les gens se sont dit que je n’étais pas assez bon pour gagner sur le Tour. Donc c’est bien de l’avoir fait. Beaucoup de gens parlent quand vous ne gagnez pas. »
>> Le classement de la 7e étape >> Le classement général
Groenewegen a roulé sur des pavés avant de toucher au bitume. C’était dans la rue de son enfance à Rivierenbuurt, dans le sud d’Amsterdam. Un quartier créé dans les années 1920 pour les vétérans de la Guerre et qui abritait de nombreuses familles juives venues d’Allemagne, dans les années 1930. Anne Frank a grandi dans le même ensemble que Dylan Groenewegen.
La famille y vit depuis quatre générations et y a installé son magasin de vélo, de sorte qu’il roulait sur des vélos sur mesure à l’âge de sept ans, comme le raconte le site Cycling Tips dans un reportage avec la famille Groenewegen. L’arrière-grand-père fabriquait déjà des cadres, le grand-père et le père ont suivi, tout en s’essayant à la compétition. Avec moins de succès que le fils, garçons souriant qui prévient : « Là je suis détendu, mais dans un sprint je peux devenir arrogant. » Le Tour a vu.
Chaque jour est une chance, mais Démare ne la saisit toujours pas
Arnaud Démare plus doucement qu’il n’aimerait ce Tour de France 2018 : quatre arrivées au sprint, 0 victoire pour le spécialiste du genre à la FDJ, et la pression de celui-qui-tarde-à-gagner qui s’installe lentement mais sûrement sur ses épaules.
Vendredi à Chartres, l’ancien champion de France a fini quatrième, derrière Groenewegen, Gaviria et Sagan, et n’avait pas l’air plus déprimé que ça : « Je reste content du travail de mes gars, on a réussi à se trouver, la jambe est bonne, mais je fais l’extérieur… » « Il était trop sur la corde, ça s’est un peu rabattu sur lui, décrypte Marc Madiot, le patron de l’équipe. Donc il a perdu de la vitesse, et après c’était fini, il était un poil trop loin au démarrage du sprint. » Voyez plutôt :

⏪🔻 Relive the last kilometer of the stage and Groenewegen's win in Chartres!
— LeTour (@Le Tour de France)


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L’an dernier à pareille époque, cinq jours avant de quitter le Tour hors délai, « Nono » avait déjà remporté le sprint aussi curieux que mémorable de Vittel (vidéo ci-dessous). Cette année, il a été pris dans une chute collective à 10 kilomètres de Fontenay-le-Comte (1ère étape, victoire de Gaviria), a fini 3e d’un sprint qu’il a lancé un peu trop tôt à La Roche-sur-Yon (2e, Sagan), et n’a jamais pu prendre le bon wagon à Sarzeau, où il termine 11e (4e, Gaviria).
Le Picard jouera à domicile demain, lors du sprint qui se profile à Amiens : « On n’est pas loin de la maison, j’espère briller. J’avais dit s’il y en avait deux à choisir, c’était la première jour et celle-là, le 14 juillet, à Amiens. Ça va être très rapide, j’aime bien ce genre d’arrivées. » Mieux vaut ne pas traîner, parce qu’après Amiens, le vainqueur de Milan – San Remo 2016 n’aura plus que trois occasions : Valence (13e étape), Pau (18e), et Paris (21e et dernière). Marc Madiot ne désespère pas : « C’est mieux quand on en gagne une vite, mais c’est comme en foot, c’est possible de gagner pendant les arrêts de jeu. » On le souhaite de tout cœur. Pas du tout par chauvinisme, juste pour revoir des images pareilles :

Yoann Offredo, sans chef et sans filtre
Sur le Tour de France, un jour comme celui-là, le métier de journaliste est relativement facile. Il faut trouver Yoann Offredo à l’arrivée et appuyer sur le bouton enregistrer. Puis le restituer, tel quel, car si ce n’est pas de la poésie, ça a le mérite de ne pas s’embarrasser de circonlocutions.

   


Le contexte, tout de même : Yoann Offredo (Wanty-Groupe Gobert) a attaqué au kilomètre 33 d’une étape qui en comptait 231, et roulé seul devant le peloton jusqu’au kilomètre 141, lorsqu’il a été repris. Il n’a pas été récompensé malgré tout du prix de la combativité (laid, rappelons-le), attribué à Laurent Pichon (Fortuneo-Samsic), qui a lui passé 47 kilomètres en tête de la course. Seul, aussi. L’analyse de tout cela, on la laisse à Offredo :
« Je n’avais pas prévu de m’échapper, mais qu’est-ce qu’on fait ? On se regarde les quéquettes et on attend l’arrivée, on fait un sprint ? Moi non plus je n’avais pas plus que ça envie d’y aller. Mais être récompensé d’aucune manière, je trouve ça navrant. C’est nul. On le donne pour quoi le prix de la combativité ? Quelqu’un qui anime la course, non ? A ce moment-là, il n’y a plus aucun intérêt à aller devant. Au moment où je vous parle, j’ai juste envie de prendre ma valise et de rentrer chez moi. 
Pourquoi plein d’équipes ne collaborent pas ? C’est déjà magnifique d’être en tête du Tour de France, certains devraient essayer. Toutes les équipes n’ont pas un sprinteur qui peut s’imposer ; toutes les équipes n’ont pas un leader qui peut gagner le Tour de France. Pourquoi ne pas animer ce Tour ? Il y a des heures d’antenne à prendre, ça ne ferait pas de mal à certains coureurs et certaines équipes. 
>> Le coup de gueule similaire de Yoann Offredo lors du Tour 2017
La consigne de l’équipe était de ne pas aller dans l’échappée, mais moi je n’ai pas de chef, personne ne me dit ce que j’ai à faire. Si j’ai envie d’aller dans l’échappée, je vais dans l’échappée. Si nous on n’y va pas, si Wanty-Groupe Gobert n’y va pas, il ne se passe rien. C’est un plaisir d’être devant, de voir les gens, mais ces étapes-là sont une mascarade. J’ai vu (le directeur du Tour) Christian Prudhomme m’applaudir sur le bord de la route, je pense que c’était une belle récompense. La récompense, ce sont les gens qui t’applaudissent, qui crient ton nom. Et leur prix de la combativité, qu’ils se le carrent dans les fesses.
(On vous a vu parler à certaines équipes avant d’attaquer ?) Je leur ai dit : “Bon, écoutez, j’y vais mais laissez moi 15 minutes au moins, qu’il y ait un peu de suspense, sinon c’est pas drôle.” Et puis tu vois que tu talonnes à sept minutes et ils te laissent là... Je ne comprends pas. Laissez un peu de suspense aux gens ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Le maillot jaune est resté le bien du Belge Greg Van Avermaet (BMC), en tête du classement général depuis lundi.
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Tour de France : le Néerlandais Dylan Groenewegen remporte la 7e étape

Le maillot jaune est resté le bien du Belge Greg Van Avermaet (BMC), en tête du classement général depuis lundi.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 19h09
   





                        



   


Les coureurs du Tour de France avaient décidé de prendre leur temps vendredi 13 juillet. Avec 231 km au programme, cette étape entre Fougères et Chartres était la plus longue du Tour 2018. Et sans doute la plus propice à une sieste. Dylan Groenewegen ne fera pas la fine bouche après six heures de selle.
Vainqueur de l’étape des Champs-Elysées en 2017, le Néerlandais de 25 ans confirme qu’il est l’étoile montante du sprint mondial. Le coureur de la Lotto Jumbo devance le Colombien Fernando Gaviria, le maillot vert Peter Sagan et les Français Arnaud Démare et Christophe Laporte sur la ligne installée en faux plat montant, à la sortie de Chartres.
Bien placé à 200 mètres de la ligne, Mark Cavendish a encore calé et terminé à la 10e place. A 33 ans, le Britannique aux 30 victoires d’étape sur le Tour amorce ce qui ressemble à un déclin.

🔎 Enjoy how Dylan Groenewegen dominated the sprint today!
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dan Martin un temps piégé
La journée s’est révélée tranquille pour les favoris du Tour. Sur les longues lignes droites de l’Eure-et-Loire, le vent ne soufflait pas assez pour la formation de ces bordures redoutées par certains et espérées par d’autres (dont les téléspectateurs devant leur écran). Le peloton a cheminé sans trop se presser vers un sprint massif à une allure de cyclotouristes. Hormis une première accélération en début de course et un coup de chaud, à moins de 100 kilomètres de l’arrivée, quand plusieurs équipes (AG2R La Mondiale, Trek, Movistar) ont brutalement accéléré.
Des candidats au podium, seul l’Irlandais Dan Martin a été piégé. Mais il a pu revenir quelques kilomètres plus loin. Le mouvement a condamné le Français Yoann Offredo, qui s’était lancé dans une échappée solitaire après 34 kilomètres de course. Laurent Pichon est parti à son tour à l’aventure à 84 kilomètres de l’arrivée. Le Français a fini par payer sa solitude et a vu le peloton revenir à 38 kilomètres de Chartres. Le coureur de Fortuneo pourra toujours se consoler avec le prix du combatif du jour.
Samedi, le programme annonce une nouvelle arrivée probable au sprint à Amiens avant l’étape tant attendue des « pavés », dimanche entre Arras et Roubaix.

📊 Here is today stage Top 10!
📊 Découvrez le Top 10 de l'étape du jour !
— LeTour (@Le Tour de France)


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Le pilote Techeetah aborde le Grand Prix de New York en tête du classement. Et si le pilote français estime que la FE est l’avenir du sport automobile, il ne ferme pas la porte à un retour en formule 1.
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Formule électrique : Jean-Eric Vergne, l’autre champion du monde

Le pilote Techeetah aborde le Grand Prix de New York en tête du classement. Et si le pilote français estime que la FE est l’avenir du sport automobile, il ne ferme pas la porte à un retour en formule 1.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h57
    |

            Catherine Pacary (Propos recueillis par)








                        



   


Il est à « une finale » du titre de champion du monde mais ne joue pas au football : Jean-Eric Vergne, ex-pilote de F1 (chez Toro Rosso) passé en 2014 à la formule E, court, samedi 14 et dimanche 15 juillet, le double ePrix de New York, qui clôt la 4e saison du championnat de monoplaces à propulsion électrique. Du bord de la piscine de l’hôtel Rooftop de Brooklyn, où il a pris ses quartiers, le Francilien âgé de 28 ans décrypte en amont les enjeux d’une discipline qui « a toutes les qualités pour être le futur du sport automobile ».
Vous courez ce week-end pour décrocher votre premier titre de champion du monde des pilotes de FE. L’affaire paraît plutôt bien engagée pour vous.
Si tout se passe bien, oui ! Il suffit que je marque 5 points samedi pour que Sam Bird [pilote DS Virgin, classé deuxième à 23 points] ne puisse plus me rattraper. Mais rien n’est jamais gagné. Il faut prendre les choses calmement, physiquement et mentalement.
Savez-vous que vous n’êtes pas le seul à jouer une finale dimanche ?
C’est pour cela que j’espère gagner aux points dès samedi, pour suivre le match [France-Croatie]. La finale tombe pendant les qualifications : il y aura un écran dans la chambre de contrôle des ingénieurs.

   


Vous êtes arrivé en FE il y a trois saisons, faute de volant en F1. Après Andretti puis DS Virgin vous avez rejoint l’écurie chinoise Techeetah. Estimez-vous que durant cette période la FE a gagné en notoriété ? 
Plusieurs championnats automobiles ont été créés par le passé et ont disparu après une ou deux saisons. Beaucoup anticipaient ce scénario pour la formule E. C’était un pari un peu fou d’Alejandro Aga [industriel espagnol, fondateur et propriétaire de la FE]. Un pari réussi : on roule dans les plus belles et les plus grandes villes du monde et c’est le championnat de sport auto qui attire le plus de constructeurs.

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          La formule E séduit les constructeurs automobiles



Il vous a fallu vous adapter au pilotage des monoplaces électriques. Pouvez-vous préciser ?
Impossible ! F1 et FE sont tellement différentes, même si de l’extérieur, elles se ressemblent. Elles sont en particulier plus instables, car il y a moins de grip [« adhérence »] aérodynamique. Sur les tracés urbains étroits, il est plus difficile de rouler à 100 % des capacités d’une FE qu’à 100 % d’une F1 sur circuit. Surtout, la FE, ce n’est pas juste être le plus rapide, il faut aussi gérer l’énergie. J’ai appris, mais cela m’a pris du temps. Je fournis un travail beaucoup plus important en FE qu’en F1.

   


Le retraité de la F1 Felipe Massa est annoncé en décembre chez Venturi…
Cela montre qu’il y a un intérêt réel pour les pilotes. Les premières années, pas grand monde voulait venir en formule E. Aujourd’hui, je ne connais pas un pilote, à part ceux qui ont un bon contrat en F1, qui ne veut pas venir. Les places sont extrêmement chères dans ce championnat et c’est une bonne chose.

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                Automobile : l’autonomie doublée des nouvelles formules E



L’événement de la saison prochaine est l’arrivée de la Gen2, monoplace capable de courir un ePrix entier, sans en changer à mi-course. Il s’agit d’une évolution importante.
C’était le point faible de ce championnat : en saison 5, la Gen2 aura 25 % de puissance en plus [250 kW au lieu de 200 kW] et le double d’autonomie. C’est un immense bon technologique, qui aurait pu être fait avant, mais il fallait attendre que le championnat soit stabilisé avant d’introduire une nouvelle monoplace.
La puissance ne vous manque pas (260 CV actuellement en FE ; près de 1 000 CV en F1) ?
Non non, pas trop… [il se reprend] Un petit peu bien sûr, parce que les F1 sont les voitures les plus puissantes au monde. Mais quel intérêt si on y réfléchit ? Les F1 de 2018 sont les plus rapides jamais créées… or devant leur écran de télévision, les téléspectateurs n’ont pas vu le changement.
En revanche, sur place, c’est sidérant…
100 % d’accord : c’est sidérant ! Il est certain que si vous mettez une formule E sur un circuit de F1, les gens vont s’endormir. Elle va beaucoup moins vite [220 km/h pour une FE, 360 km/h pour une F1]. En revanche sur les circuits urbains de New York ou Paris, la FE va bien assez vite. En qualifications [la puissance autorisée y est supérieure, à 260 km/h], franchement, ça fait peur !

   


Vous pensez donc que la FE est l’avenir du sport auto ?
Oui, totalement. A quoi se jauge l’attrait sportif d’une compétition ? A la bagarre en piste – il y en a en FE –, à la présence de « top drivers » – il y en a en FE –, à l’attrait pour les villes hôtes – promouvoir une mobilité non émettrice de CO2 – et à son business plan viable – sinon le championnat mourra. Il y a vingt ans, la F1 créait des technologies, qui ensuite s’appliquaient à la voiture de M. Tout-le-Monde. Les constructeurs avaient donc intérêt à être en F1 pour valoriser leur savoir-faire auprès du public. Aujourd’hui, pour profiter des avancées technologiques de la F1, il faut s’acheter une voiture à 2 millions ! Alors qu’en FE, les technologies utilisées en courses sont celles des voitures de série.
Mercedes doit d’ailleurs rejoindre le championnat de FE à la fin de 2019…
Donc oui, la formule E a toutes les qualités pour être le futur du sport auto.
Autre atout, l’image verte de la FE, qui a reçu, le 11 juillet, la certification environnementale ISO 20121 (comme les Jeux de Londres en 2012). 
On ne peut plus ignorer le changement climatique. J’ai passé quatre jours de vacances au Mexique, au bord de la mer des Caraïbes. J’y étais allé l’an dernier : la plage était de sable blanc et l’eau turquoise. Cette année elle est remplie d’algues, qui viennent du fleuve Amazone, à cause du réchauffement climatique. En FE, on est un peu plus sensibilisés. En revanche, quand les journalistes disent que le cyclisme ne pollue pas parce qu’il n’y a pas de moteur sur les vélos, c’est faux. L’emprunte carbone d’une étape du Tour de France doit être aussi importante que celle d’un Grand Prix. Il faut arrêter de stigmatiser tel ou tel sport et se poser les vraies questions.
Vous étiez au Castellet (Var) pour assister au Grand Prix de France du 24 juin. Qu’en avez-vous pensé ?
C’était génial de retrouver la formule 1 en France, sur ce circuit magnifique. En revanche, on s’ennuie à mourir sur un Grand Prix de F1 ! A part Vettel [Sebastian, quadruple champion et pilote allemand de Ferrari] qui repart dernier et remonte tout le monde, il ne se passe rien !
Selon la rumeur, toutefois, vous seriez prêt à rejoindre Toro Rosso, écurie de F1 pour laquelle vous couriez jusqu’en 2014 ?
Je le suis plus que jamais ! Je pense que je suis un bien meilleur pilote que lorsque j’ai quitté la F1. Et si Toro Rosso venait à m’appeler pour finir la fin de saison, j’irai directement. Mais de là à prolonger une saison entière en F1, en milieu de grille, et quitter le haut du tableau de la FE qui n’arrête pas de monter, la question se pose réellement.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Le match entre la France et la Belgique avait réuni 19,1 millions de téléspectateurs sur TF1. C’est 3 millions de moins que lors de la finale de l’Euro 2016 diffusée sur la même chaîne.
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Coupe du monde 2018 : le record d’audience de 2016 sera-t-il effacé ?

Le match entre la France et la Belgique avait réuni 19,1 millions de téléspectateurs sur TF1. C’est 3 millions de moins que lors de la finale de l’Euro 2016 diffusée sur la même chaîne.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h32
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Le record de la plus forte audience, détenu par la finale de l’Euro 2016 entre la France et le Portugal, sera-t-il battu, dimanche 15 juillet ? TF1 l’espère sûrement. Mardi 10 juillet, la qualification de l’équipe de France pour la finale, au terme du face-à-face avec la Belgique, a été suivie par 19,1 millions de personnes. Alors que les audiences augmentent à mesure que les Bleus enchaînent les victoires, il faudra quelque 3 millions de téléspectateurs en plus pour venir titiller le record de 22 millions, atteint lors de la défaite des Bleus face aux Portugais, en 2016.
Sur TF1 toujours, l’élimination des Britanniques en demi-finale a été suivie par 12,31 millions de personnes, soit 53,7 % des 4 ans et plus. Dans la foulée, les débats animés par Denis Brogniart et son équipe de consultants autour de la finale France-Croatie, qui sera diffusée ce dimanche à 17 heures, ont rassemblé 4,57 millions de téléspectateurs, soit 33,6 % des 4 ans et plus, entre 22 h 40 et 23 h 35.
De son côté, BeIN Sports a enregistré son record de la compétition lors du match Espagne-Russie, huitième de finale diffusé en exclusivité, avec 1 468 000 téléspectateurs en moyenne et un pic de 1 956 000 téléspectateurs. C’est le record de BeIN sur un match de compétition internationale. Le dernier en date étant également la finale de l’Euro 2016.
En légère baisse par rapport à 2014
En moyenne, la chaîne enregistre 1 million de téléspectateurs lors des matchs des Bleus, également diffusés sur TF1. Avant le début des rencontres, 632 000 spectateurs suivent en moyenne le magazine « Club Russia », tandis qu’ils sont 392 000 à s’attarder devant « Russia Night Show », en seconde partie de soirée. Ces audiences Médiamétrie ne comprennent pas celles mesurées sur les écrans mobiles, d’ordinateurs ou de tablettes. Ils ne comprennent pas non plus les audiences hors domicile, bars, hôtels et restaurants, nombreux à être branchés sur BeIN Sports.
Une étude menée par l’agence Publicis Media a ainsi montré que plusieurs millions de téléspectateurs hors domicile n’étaient pas comptabilisés. Dans le cadre de cette Coupe du monde, la chaîne qatarie a franchi le cap de 4 millions de foyers abonnés. Ils étaient 3,5 millions avant le début du mondial.

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                Coupe du monde 2018 : on connaît déjà les gagnants, et ce ne sont ni les Bleus, ni les Croates



Bien que très élevées, les audiences pour cette édition 2018 de la Coupe du monde sont en légère baisse par rapport à 2014, quand les matchs étaient diffusés en prime time, à 21 heures. En moyenne, 8,5 millions de téléspectateurs (depuis la mi-juin) ont suivi les rencontres, avec une part d’audience de 41,7 %, contre 8,8 millions il y a quatre ans (45,3 %).
58 millions d’euros de recettes publicitaires
Malgré ces millions de téléspectateurs, diffuser la compétition sportive la plus suivie au monde n’est pas rentable. Le groupe TF1, qui a acquis vingt-huit des meilleures affiches de la compétition pour près de 70 millions d’euros, devrait encaisser, selon un spécialiste du secteur, près de 58 millions d’euros de recettes publicitaires. Ces chiffres comprennent également le parrainage des émissions et les recettes issues des plates-formes numériques.
La somme de 58 millions d’euros ne suffit donc pas à rentabiliser les droits acquittés par TF1, ce qui n’est pas exceptionnel, puisqu’il est toujours très difficile, voire impossible, de rentabiliser les frais engagés lors des grandes compétitions.

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L’événement permet néanmoins au groupe de renforcer son image de numéro un et de consolider le rôle du média télévisuel dans un moment de liesse populaire. Pour les demi-finales, les tarifs pratiqués par TF1 pour les coupures publicitaires, diffusées lors de la mi-temps, ont varié entre 265 000 euros – pour un spot de quatre minutes diffusé lors de la première coupure publicitaire – et 250 000 euros pour les suivants. A titre de comparaison, le groupe M6 proposait des spots publicitaires à 270 000 euros lors de l’Euro 2016.
Pour la finale, les tarifs augmenteront très légèrement, puisque TF1 proposera un premier tarif à hauteur de 280 000 euros pour les écrans diffusés lors de la première coupure publicitaire et de 275 000 euros pour les suivants. Le bilan est donc positif pour le groupe, malgré un marché publicitaire en manque de dynamisme. C’est d’autant plus positif que, selon un connaisseur du marché, TF1 avait établi ses prévisions en pariant sur une équipe de France allant jusqu’en quarts de finale. La chaîne qatarie BeIN Sports ne communique pas ses recettes publicitaires.



                            


                        

                        

