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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».
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Coupe du monde : pourquoi les Croates ne parlent pas de « football »

Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h43
    |

            William Audureau








                        



   


Rendez-vous est pris : dimanche, 17 heures, France et Croatie s’affronteront en finale de la Svjetsko prvenstvo u nogometu – ou Coupe du monde de football, dans la langue de Didier Deschamps. Les coéquipiers de Luka Modric, un des favoris pour le Ballon d’or 2018, ont la particularité d’être l’un des rares pays d’Europe à ne pas utiliser le mot football (France, Angleterre), ou ses variantes et dérivés futbal (Espagne), fotbal (République tchèque), futebol (Portugal), fußball (Allemagne), fodbold (Danemark), voetbal (Pays-Bas), ou encore futbol (Russie, Bulgarie, Biélorussie…).
A la place, le croate parle de nogomet, un mot formé à partir de noga (« jambe ») et metati (« mettre, placer »). Le terme, qui s’emploie également en bosnien et en slovène, est attribué à Slavko Rutzner Radmilović, qui aurait créé le terme de toutes pièces au début du XXe siècle. A l’origine de ce choix, l’histoire un peu particulière du football en Croatie : celui-ci a été importé en 1883 par Franjo Bučar, un étudiant croate revenu d’études en éducation physique en Suède, où le sport s’était déjà répandu. Quand il l’introduit à Zagreb, le concept fait fureur, mais les habitants ne connaissent ni son nom ni son vocabulaire. La Croatie appartient alors à l’empire d’Autriche-Hongrie, et les seuls documents et termes de référence sont en allemand.
Le pays où l’anglais n’avait pas eu d’influence
Dès 1903, relate Zagreb. info, le Hrvatski akademski sportski klub (club sportif académique croate, ou HASK) se lance de zéro dans la première traduction locale des règles du football, avec des documents germaniques et non anglais comme sources, et une volonté manifeste d’employer le serbo-croate, langue reconnue depuis les accords de Vienne de 1950. Là où les Français parlent déjà de penalty, de shoot, de goal ou encore de corner, autant de stigmates de l’influence britannique sur le sport, les futurs adversaires des Bleus créent leur propre vocabulaire, fait de vratar pour le gardien, d’udarac iz kuta pour le coup de pied de coin, ou encore de kazna pour le coup de pied de la mort, le petit nom du penalty à l’époque.

   


En 1918, quand l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes, rapidement rebaptisé Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, récupère son indépendance à la suite du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, pas question pour Zagreb de faire marche arrière : l’affirmation de la langue locale fait partie de la construction identitaire de la nation, qui devient en 1928, et jusqu’en 1991, la Yougoslavie.
Seulement, souci : même si l’intercompréhension est totale entre les différentes communautés qui constituent ce pays des Balkans, il n’existe pas une langue, mais un agrégat de parlers proches mais aux usages différents, à l’image du recours au cyrillique côté Belgrade et à l’alphabet latin côté Zagreb. Ou à des différences de vocabulaire, comme le terme nogomet, utilisé par les Croates, les Bosniens et les Slovènes, mais pas par les Serbes, indépendants de l’Autriche-Hongrie au début du siècle, et guère intéressé à traduire football par autre chose que… le calque fudbal. Résultat : le championnat yougoslave de football porte deux noms différents, le prvenstvo Jugoslavije u fudbalu côté serbe et le prvenstvo Jugoslavije u nogometu côté croate.
Un championnat yougoslave, deux noms
En 1950, intellectuels serbes et croates tentent bien, à l’occasion de l’accord de Novi Sad, d’instaurer une politique d’unification linguistique autour du srpskohrvatski jezi, le serbo-croate, ce mot-valise englobant plusieurs parlers et cultures. A tel point que, dans un contexte identitaire explosif qui a mené en 1991 à l’éclatement de la Yougoslavie, le serbo-croate a également été appelé par les instances internationales « BCMS » (bosnien, croate, monténégrin, serbe), tandis que l’usage, relate le Courrier des Balkans, est parfois de parler de naš jezik, « notre langue », pour couper court à des débats plus politiques que linguistiques.

   


A l’image du monténégrin, qui a été officiellement reconnu en décembre dernier comme langue indépendante, sur fond de poussées nationalistes, la tendance est depuis deux décennies à l’accentuation des différences et des originalités de chacun des parlers, sur fond de nationalisme. En 2017, pourtant, des intellectuels ont présenté une « déclaration sur la langue commune » pour rappeler l’existence d’un tronc commun, et surtout de l’intercompréhension quasi totale entre les différents dialectes. Selon Josip Baotic, un linguiste croate, moins de 10 % seulement du lexique distinguent les variantes de « serbo-croate ». A travers cette démarche, ils souhaitent également lutter contre le nationalisme balkan.
« Ceux qui soutiendront la Croatie sont des psychopathes »
La rivalité entre Serbes et Croates est particulièrement vive chez la génération qui a connu la guerre civile au début des années 1990. En marge de Wimbledon, le tennisman serbe Novak Djokovic a ainsi été insulté par un député de son pays pour avoir déclaré qu’il soutiendrait la Croatie en finale de la Coupe du monde.

   


« Je répète que tous ceux qui soutiendront la Croatie contre la Russie sont des psychopathes et des fous, mûrs pour être internés en asile », avait-il déjà déclaré en quarts de finale, rapporte So Foot. Peut-être a-t-il en tête les émeutes du match de football entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile rouge Belgrade en 1990, qui firent 138 blessés, et sont considérés comme l’un des éléments déclencheurs de la guerre civile.
Cette rivalité linguistique et politique occulte pourtant un passé sportif commun glorieux : sous les couleurs de la Yougoslavie, les « Brésiliens de l’Europe », comme on les appelait, ont remporté les Jeux olympiques de football 1960, atteint la finale de l’Euro en 1960 et 1968, et les demi-finales des Coupes du monde en 1930 et 1962. Depuis, chacun a fait bande à part.
Après la disqualification de la Yougoslavie de l’Euro en 1992, remplacée par des Danois bien heureux, la Croatie a atteint les demi-finales du Mondial en 1998, tandis que la Serbie-et-Monténégro se contentait d’un quart de finale d’Euro en 2000. Dimanche, l’équipe au damier aura l’occasion de faire entrer encore un peu plus le nogomet croate dans l’Histoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le président du conseil italien Giuseppe Conte refuse à deux navires militaires, qui ont secouru, vendredi, une embarcation en provenance de Libye, d’accoster en Italie.
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Nouveau bras de fer entre Malte et l’Italie sur le sort de 450 migrants

Le président du conseil italien Giuseppe Conte refuse à deux navires militaires, qui ont secouru, vendredi, une embarcation en provenance de Libye, d’accoster en Italie.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h16
   





                        



   


Un nouveau bras de fer oppose samedi 14 juillet l’Italie à Malte, après le transbordement de quelque 450 migrants sur deux navires militaires dans les eaux italiennes. Une embarcation de bois partie depuis la Libye avait été repérée, vendredi 13 juillet à l’aube, dans les eaux internationales mais dans la zone d’intervention maltaise.
Dans un échange de messages, e-mails et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome a tenté vendredi de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte.
La Valette a répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.

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Malte a réitéré samedi avoir respecté « toutes les obligations prévues par les conventions internationales » en ce qui concerne les secours en mer.
Samedi matin, ils ont donc été transbordés à bord de deux navires mais leur sort demeure incertain. Huit personnes, des femmes et des enfants, ont été transportées pour des raisons médicales sur l’île de Lampedusa.
Certains migrants se seraient jetés à l’eau en voyant les deux navires militaires, un italien et un anglais dans le cadre de la mission européenne Frontex, obligeant ainsi les secours à intervenir.
Rome demande une redistribution immédiate des migrants
Selon des sources de la présidence du conseil des ministres, citées par les médias italiens, M. Conte a l’intention de réclamer aux autres pays de l’Union européenne la redistribution immédiate des migrants, faute de quoi leur débarquement en Italie serait interdit.
Le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini a insisté auprès du chef du gouvernement Giuseppe Conte pour que les deux navires aient pour instruction de « faire route vers le sud, la Libye ou Malte ».

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« Il faut un acte de justice, de respect et de courage pour lutter contre les trafiquants d’êtres humains et susciter une intervention européenne », a dit le ministre, également chef du parti d’extrême droite la Ligue, selon son entourage, cité par les agences.
Cette situation rappelle celle du navire humanitaire allemand Lifeline avec ses 233 migrants à bord, obligé d’attendre une semaine en mer l’issue d’un bras de fer entre La Valette et Rome, avant d’être autorisé à accoster à Malte.
En poste depuis le 1er juin, Matteo Salvini, qui veut réduire à zéro le nombre de migrants arrivant sur les côtes italiennes, a décidé il y a un mois d’interdire l’accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée, position qui marque la nouvelle ligne dure de l’Italie en matière migratoire.
Il souhaite désormais élargir cette interdiction aux navires des missions internationales en Méditerranée, la position de l’Italie étant de partager avec l’Union européenne la gestion des flux migratoires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.
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France - Croatie : « Nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale »

A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 14h11
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, envoyé spécial)








                        



   


Il ne fait pas tous les jours bon vivre dans le quartier de Zaprude, en périphérie de Zagreb. Les barres d’immeubles de huit étages bâties dans les années 1960 racontent une époque lointaine, un pays qui n’existe plus et un quotidien pas toujours facile. La Yougoslavie de Tito, son rêve socialiste et égalitaire ont laissé dans leur sillage des façades un peu décaties mais de jolis espaces verts. Mateo, 45 ans n’éprouve pas pour autant la moindre nostalgie pour l’utopie dont il habite des vestiges encore sur pied.
Depuis quelques mois, il est de retour chez lui. Après diverses affaires plus ou moins réussies au Moyen-Orient et au mitan d’une vie aventureuse, il a retrouvé le quartier populaire qui l’a vu grandir et où ses parents vivent encore. Sans nostalgie. Son pays, c’est la Croatie de 2018 et la Croatie est en finale. Pour Mateo, ce n’est pas qu’une question de football, c’est une question de revanche.
« Nous, les Croates, on n’est jamais assez bien »
« Tu as vu l’arrogance des Anglais avant la demi-finale ? L’arrogance de leurs journaux quand ils parlaient de la Croatie ? L’arrogance de leurs joueurs ? » enrage-t-il, attablé à la terrasse d’un petit café, « ils l’ont bien mérité leur défaite, pas vrai ? » Le match de dimanche n’a pas encore eu lieu mais, pour lui, il s’agit déjà d’un événement historique : « Nous, les Croates, on n’est jamais assez ceci, jamais assez cela pour l’Europe… Jamais assez bien. Eh bien là on est en finale, nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale. » Une cliente d’une cinquantaine d’années sort avec un café à emporter. Comme beaucoup à Zagreb, elle porte aujourd’hui le maillot national au damier blanc et rouge.
D’après Mateo, dans la capitale et dans tout le pays, le football a tout recouvert. Mais en Croatie le football – c’est un lieu commun – n’est pas qu’un sport. En témoigne la peinture murale qui recouvre le flanc de son ancienne école primaire. Quatre visages juvéniles peints au pochoir. Des gars du quartier. « Trois sont tombés au combat pendant la guerre d’indépendance, raconte Mateo. Le quatrième était un peu bohème. C’est le foie qui l’a tué. Mais il avait une belle âme, ça lui a valu sa place sur le mur. »
Tous étaient des ultras du Dinamo, le club de football de Zagreb dont les supporteurs les plus acharnés ont fourni les premières recrues aux forces croates au début des guerres de Yougoslavie. Avant la guerre, il y avait le football. Après la guerre, il reste le football.
« Cela me rappelle 1998 »
Au début du conflit, Mateo, adolescent, était courrier dans une unité locale croate qui avait creusé des tranchées autour du quartier. Une base de l’armée yougoslave, à dominante serbe, était située à proximité. « Quand ils sont partis, ils ont pris toutes leurs armes, les salauds. » se remémore Matéo, désormais au volant de sa modeste Volkswagen. Un petit ballon au damier blanc et rouge pend au rétroviseur. Zagreb n’est plus une ville en guerre, mais les souvenirs sont vifs. A Zaprudje, bien sûr, mais aussi dans les quartiers plus huppés du centre-ville où l’architecture n’a plus rien de collectiviste. L’urbanisme et l’architecture déploient tout le raffinement ravalé et le charme repeint de la Belle Epoque austro-hongroise.
A deux pas de la place centrale, Slavitsa – qui ne donnera pas son nom de famille – vient de garer son 4 × 4 noir. Damier rouge et blanc sur les housses qui recouvrent les rétroviseurs. Damier rouge et blanc sur deux petits fanions en plastique accrochés à la fenêtre arrière du véhicule. Damier rouge et blanc sur le tee-shirt qu’elle porte au-dessus de son chemisier. Notaire et mère de famille, Slavitsa s’enthousiasme : « La ferveur qu’on ressent, la fierté d’être croate, notre cohésion, cela me rappelle 1998. »
Reconnue internationalement depuis six ans, dont trois de conflit avec les ex-Républiques yougoslaves voisines, accédait il y a deux décennies aux demi-finales du Mondial avant d’être sortie par un doublé de Lilian Thuram. L’échec si près du but avait laissé un souvenir cuisant à ceux qui avaient l’âge, alimentant au passage diverses théories du complot farfelues. Alors dimanche, voilà une nouvelle revanche à prendre.
Football, nationalisme et guerre
Slavitsa a quelque chose à ajouter : « La ferveur de 1998, c’était déjà le prolongement de notre victoire, de notre indépendance. » Le football, le nationalisme, la guerre. Les fils invisibles qui relient ces univers pris à chaque fois comme un bloc tissent une mémoire, une identité et on ne fait pas le tri dans les gloires et les horreurs qui l’habitent. Entre les chapeaux à damier, les maillots de l’équipe nationale, les casquettes et les drapeaux en tout genre qu’on trouve en vente dans les rues et dans les boutiques à touristes, et qui arrivent à rupture de stock d’après Gabriella Taliareti, vendeuse de souvenirs établie près de la cathédrale, on trouve les traces d’une histoire un peu plus ancienne.
Certains des articles font référence au régime des Oustachis. Cet Etat d’inspiration fasciste allié à l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale qui s’est rendu coupable des pires exactions contre les populations serbes et juives présentes sur son territoire ressurgit sous la forme d’un jeu de mot. « Soyez prêts ! » le slogan des Oustachis résonne dans le slogan « soyez fiers ! » dont sont frappés des tee-shirts aux coloris variés mis en vente pour la finale. Au-delà leurs rivalités parfois meurtrières, les ultras des grands clubs croates ne rechignent pas à s’approprier de la même manière croix gammées et autres symboles d’extrême droite à l’occasion des matchs du championnat national comme à l’étranger.
Fran, 18 ans, n’a que faire de ces breloques et des bagarres de supporteurs qui rythment la vie du football croate. Il ne supporte que l’équipe nationale. « C’est très beau ce qui se passe. Je n’ai jamais vu les gens faire preuve d’autant de bienveillance même en dehors des soirs de match. Ça me donne la chair de poule ! », livre-t-il en ouvrant d’un coup de décapsuleur expert une bouteille de Karlovacko, une des bières nationales, derrière le bar du café où il officie.
Le football croate gangrené par la corruption
Cet été de Coupe du monde, il est serveur dans un établissement fréquenté du centre avant d’intégrer l’école d’aviation civile dont il a remporté le concours haut la main. « Mais bon, dans quelques semaines, tout sera redevenu comme avant, les problèmes économiques seront toujours là… » Une fois diplômé, il compte bien quitter le pays comme tant d’autres jeunes croates. Revenir peut-être à la retraite.
La ferveur que suscitent les succès de l’équipe nationale ne peut pas non plus effacer le fait que Zdravko Mamic, directeur exécutif du Dinamo Zagreb, l’homme fort du football croate mouillé dans un scandale de corruption tentaculaire, ait fui la justice de son pays dans la Bosnie-Herzégovine voisine. Les détournements de fonds concernent d’ailleurs le transfert, en 2004, du milieu de terrain héroïque de la sélection croate, Luka Modric, du Dinamo Belgrad au club londonien de Tottenham. Et ce dernier encourt cinq ans de prison pour faux témoignage devant le tribunal chargé de cette affaire.
D’après la journaliste sportive Dea Redzic du média en ligne Index.hr, le football croate a partie liée à l’identité nationale du pays mais aussi à des travers qui deviennent de plus en plus insupportables à la population : « Le football croate est gangrené par un système mafieux qui est directement lié à l’élite politique. » La présidente de la République Kolinda Grabar-Kitarovic n’a pas manqué de s’afficher abondamment à Moscou comme la première supportrice de l’équipe nationale. Ses liens avec le parrain du football croate fugitif sont cependant connus. « Maintenant, le gouvernement veut tirer parti de ces succès et faire oublier aux gens tous ces problèmes. Mais les gens ne sont pas dupes, la victoire de notre équipe est la nôtre, celle du peuple, pas la leur. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Tous les Etats membres, à l’exception notable des Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une meilleure coopération internationale sur le sujet.
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L’ONU s’accorde sur un pacte mondial sur la migration

Tous les Etats membres, à l’exception notable des Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une meilleure coopération internationale sur le sujet.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 09h56
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


L’ONU a démontré que le multilatéralisme n’était pas complètement mort en s’accordant, vendredi 13 juillet, sur un pacte mondial sur la migration, l’un des sujets les plus controversés du moment. C’est une « une bouffée d’air frais », a reconnu un diplomate, en référence au durcissement des politiques migratoires en Europe ou aux Etats-Unis.
Au total, 192 Etats membres des Nations unies – excepté les Etats-Unis, qui se sont retirés des négociations au mois de décembre – ont entériné l’idée d’un « pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée », qui doit encore être formellement adopté à Marrakech les 10 et 11 décembre prochain. Les deux cofacilitateurs, l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, et le Mexicain Juan José Gomez Camacho, ont salué un effort de coopération « historique ».
« On peut se mettre la tête dans le sable »
La manœuvre – qui avait commencé il y a plus de dix-huit mois à la suite de la « déclaration de New York » – était périlleuse, tant les Etats membres sont soucieux de préserver leur souveraineté sur un sujet qui suscite de vives réactions populistes à travers le monde, et notamment en Europe qui connaît sa plus grave crise migratoire depuis la seconde guerre mondiale.

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Le président de l’Assemblée générale, le Slovaque Miroslav Lajčák, avait rappelé au début du cycle de négociation l’urgence de trouver un accord :
« On peut se mettre la tête dans le sable, se dire qu’on s’en occupera demain, que ce sera pour une autre génération, lors d’une autre crise. Ou alors agir, planifier, organiser un système et répondre à un phénomène mondial par une solution mondiale. »
Grâce à ce document non contraignant, les Etats s’engagent à mieux coopérer pour réduire le chaos de la migration irrégulière et combattre les trafics d’êtres humains, comme en Libye notamment.
L’Union européenne « d’une seule voix »
Le pacte, qui repose sur vingt-trois objectifs, est « un guide des bonnes pratiques et un catalogue de solutions », résume Louise Arbour, la représentante spéciale du secrétaire général sur la migration, et ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme. « Il rappelle tous les grands principes tels que la défense des droits de l’homme et de l’enfant et couvre tout le spectre de la migration, que ce soit la compilation de données pour mieux appréhender le phénomène migratoire ou les questions liées au départ, au transit, à l’accueil, au travail, à l’accès aux services sociaux, au retour et à la réintégration, explique-t-elle. Les Etats membres ont accepté de négocier, car ils ont compris que ce pacte ne forçait en rien l’adoption de politiques nationales. »
L’Union européenne, profondément divisée sur la réponse à apporter à cette crise, a parlé « d’une seule voix durant les négociations », assurent les deux cofacilitateurs. C’est même, selon un participant, l’Autriche qui a pris la parole au nom des Vingt-Sept alors que Vienne – qui préside l’Union européenne pour les six prochains mois – tente de renégocier toutes les règles du droit d’asile européen.

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Des pays « ancrés dans la paranoïa »
« La conversation à New York entre Etats membres a été plus sereine, plus respectueuse, plus ancrée dans la réalité. Maintenant, le défi va être de réconcilier des discours nationaux qui sont ancrés dans la paranoïa. C’est un pari sur l’avenir, car la mobilité humaine est non seulement un phénomène inévitable mais surtout, bien gérée, elle peut donner des dividendes extrêmement positifs », assure Mme Arbour.
Selon l’ONU, les migrants représentent 3,4 % de la population mondiale soit 258 millions de personnes. Ils contribuent à près de 10 % du produit intérieur brut global, selon une étude du cabinet de conseil McKinsey.

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Si les organisations internationales se sont réjouies de l’adoption de ce pacte, elles se sont élevées contre le langage employé sur la détention des mineurs, qui, selon le pacte, ne doit intervenir « qu’en dernier recours ». « J’aurais évidemment voulu que ce soit une interdiction totale, assure une négociatrice, mais le principe d’une négociation est de faire des compromis et cette question était une ligne rouge pour de nombreux Etats. »
« C’est un très bon texte ! Est-ce que c’est parfait ? Non, évidemment. Le langage aurait pu être plus robuste, mais ce pacte va dans la bonne direction », estime pour sa part une diplomate. « L’important, c’était d’avoir cette vision collective et un engagement », assure, quant à elle, Mme Arbour. « Nous ouvrons pour la première fois un grand débat de manière progressiste. A nous maintenant d’insuffler un vent de concrétisation. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès, qui achèvent leurs études dans ces prestigieuses universités britanniques, racontent l’effervescence et le faste de ces bals mythiques.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« A Oxford et Cambridge, démesure et excentricité marquent les bals de fin d’année »

Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès, qui achèvent leurs études dans ces prestigieuses universités britanniques, racontent l’effervescence et le faste de ces bals mythiques.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h30
   





                        



   


Chronique britannique. Diplômés de Sciences Po, Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès ont étudié dans les universités d’Oxford et de Cambridge ces derniers mois, le premier dans un master en études africaines et le second dans le cadre d’un séjour de recherche en master de littérature.
A Oxford comme à Cambridge, l’année s’est terminée sous un vaste soleil – événement suffisamment rare pour être salué. Les pelouses ont été prises d’assaut pour jouer au croquet ou pique-niquer. Les punts – ces barques à fond plat emblématiques d’« Oxbridge » [mot-valise désignant à la fois les universités de Cambridge et d’Oxford] – ont sillonné les rivières Cherwell et Cam des deux villes. Des étudiants de toutes les nationalités se sont agglutinés devant les écrans géants des pubs pour suivre la Coupe du monde – les règles du football moderne ont d’ailleurs été formalisées en 1863 dans l’un des parcs de Cambridge.
La fameuse May Week d’une dizaine de jours à Cambridge et plus à Oxford
Mais l’événement de fin d’année le plus emblématique d’Oxbridge reste la saison des bals et des garden-parties, resserrée sur la fameuse May Week d’une dizaine de jours à Cambridge et un peu plus étalée tout au long du printemps dans la plus fêtarde ville d’Oxford. Ces événements prestigieux sont extrêmement prisés, et largement cathartiques après le stress des examens, permettant de souder étudiants, professeurs, membres d’un département ou chercheurs d’une même discipline.

   


Le fric, c’est chic
Pour être présents, nous avions pris nos dispositions dès janvier. Les places se vendent comme des petits scones, malgré les tarifs pas franchement abordables de ces sauteries à l’ambiance Great Gatsby. C’est même à l’aune de la démesure d’un bal qu’on jauge le prestige du college organisateur. Comptez ainsi 300 livres sterling (340 euros) pour le bal de Christchurch, à Oxford ; le lieu qui aurait inspiré Poudlard dans la saga « Harry Potter », tandis que le modeste Kellogg College de Noé en demande 65 livres.
Les récits d’intrusion, plus ou moins discrète, dans des bals abondent
Une parade existe néanmoins : « De nombreux bals offrent des billets gratuits contre quelques heures de bénévolat », explique Claire Poullias, doctorante française en neurosciences, incollable sur les mondanités printanières d’Oxford. Les récits d’intrusion, plus ou moins discrète, dans des bals abondent : par la fenêtre, voire par la nage pour les colleges en bord de rivière. Mais difficile de faire illusion très longtemps dans un bal quand on arrive grelottant, le smoking trempé…
Certains s’indignent sur des forums en ligne de ces prix « scandaleusement chers et socialement discriminants ». Tout un marché d’échange et de revente de places fait également fureur sur Facebook. S’y ajoute un juteux business lié au dress code très strict de certains colleges : les hommes devront louer des ensembles white tie (« cravate blanche ») avec queue-de-pie – ce qui coûte une centaine d’euros supplémentaires. Le plus abordable black tie (« cravate noire ») l’emporte quand même le plus souvent – costumes sombres avec nœud papillon et robes de soirée.
Gondoles, autos tamponneuses et magiciens
La démesure déployée lors de ces événements exceptionnels semblent légitimer une hausse des prix… menant vers toujours plus d’extravagances. Des artistes de renommée mondiale, comme Calvin Harris ou le groupe de rock The Hoosiers, s’y sont produits. Les colleges, si granitiques qu’ils soient, sont habilement décorés pour coller aux thèmes choisis : forêt, jardin d’Eden et autres bizarreries. On y trouve de nombreuses scènes, des stands photo, manucure et attractions en tout genre – gondoles, autos tamponneuses, magiciens et jeu de laser.
Des centaines de personnes casquées dansant frénétiquement
Cette année, la tendance semblait aussi aux paillettes et aux silent discos : des centaines de personnes casquées dansant frénétiquement dans les halls médiévaux ou victoriens silencieux, chacun choisissant la fréquence musicale du DJ qui lui convient.
Les colleges les plus riches s’offrent également des feux d’artifice somptueux. A Cambridge, on prétend d’ailleurs que St. John’s College garde l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de livres sterling de feux d’artifice en stock au cas où Trinity, le college rival, tenterait de leur voler la vedette. Les budgets d’un bal de « grands colleges » avoisine 500 000 livres (565 600 euros), loin des « modestes » 33 000 livres du Kellogg College d’Oxford.
Organiser la rareté et stimuler la demande
Si la nourriture est illimitée dans ces bals, la boisson cristallise toutes les passions. De nombreux bars proposent bières, cocktails et gin tonic. La rupture de stock en Prosecco arrive généralement vers 1 heure du matin.
En 1993, on raconte aussi qu’il y a eu une petite insurrection lorsque des étudiants du bal de Christ Church, à Oxford, se sont aperçus que les 130 livres dépensées ne leur donnaient pas droit à un open bar de mousseux. L’Angleterre rencontrait alors des difficultés économiques et plusieurs bals avaient dû être annulés faute de clientèle, faisant dire à un responsable étudiant que « de plus en plus d’étudiants préfèrent dépenser 20 livres en bières que 80 en champagne ». En 2013, le Guardian relatait un bal calamiteux où quelques-uns des convives affamés avaient mis le feu à leur tenue de soirée en patienter près des grils…
Il faut séduire les étudiants avant les autres bals avec des sites Internet éphémères au design épuré
Mais l’organisation est habituellement millimétrée : Vicki Hodgson, présidente du May Bal du college d’Homerton, à Cambridge, explique que son « comité d’étudiants consacre environ quinze heures par semaine à l’organisation d’un événement pour 1 500 invités ». Robin Ankele, vice-président de la common room (le bureau des élèves local) du Kellogg College d’Oxford, explique avoir commencé à y travailler dès février, ce qu’il juge assez tardif : il faut séduire les étudiants avant les autres bals, en donnant un avant-goût de l’événement avec des sites Internet éphémères au design épuré.
Certains bals n’ont d’ailleurs lieu que tous les deux ou trois ans, pour limiter les frais, organiser la rareté et stimuler la demande. Ils témoignent néanmoins d’une caractéristique d’Oxbridge : la multitude et l’ampleur des événements organisés et gérés par les étudiants. Pièces de théâtre, défilés de mode, expositions, édition de revues, concerts… dans ces petites villes, la vie sociale et culturelle est largement à l’initiative des étudiants qui se forment aussi à travers ces initiatives.
Une bouffée d’euphorie et d’inventivité

   


A ces événements s’ajoutent de nombreuses garden-parties très détendues, plus familiales et souvent informelles, où le Pimm’s – cet énigmatique alcool fruité – coule à flots. Et à Cambridge, le King’s College, qui se revendique d’extrême gauche, préfère organiser un « festival » plutôt que s’astreindre au formalisme de May Week. Un thème parfois ésotérique – « musique des sphères » cette année – régit l’ensemble et les étudiants rivalisent de créativité dans des costumes fantasques, volontiers queer, voire minimalistes. Il paraît que la MDMA [une amphétamine] circule largement dans ces soirées. La King’s Affair s’avère en tout cas une bouffée d’euphorie et d’inventivité.
Nous aurions sûrement payé davantage si nous avions consommé ailleurs tant de nourriture, de boissons…
Ces bals d’Oxbridge sont souvent mémorables. Ils raffermissent l’esprit d’appartenance à ces universités et contribuent au mythe qui les entoure. Nous relativisons d’autant mieux le prix de certaines soirées que nous aurions sûrement payé davantage si nous avions consommé ailleurs tant de nourriture, de boissons et d’activités en l’espace de dix heures.
A 5 heures du matin, nous avons fait « la photo des survivants » et gagné notre petit déjeuner. Le jour était déjà bien levé sur l’Angleterre, et nous mesurions notre chance, pas seulement pour le café gratuit, mais aussi d’avoir expérimenté cette excentricité britannique inimitable.



                            


                        

                        


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En Islande, le harponnage d’un mystérieux cétacé fait polémique

Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h21
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h39
   





                        



   


Baleine bleue, rorqual commun, ou hybride ? La polémique enfle en Islande à la suite des accusations d’une association de défense des animaux, laquelle affirme qu’une baleine bleue aurait été harponnée, une première depuis cinquante ans.
« Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière Hvalur hf, à Hvalfjördur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet », a fait savoir l’association internationale dans un communiqué. La baleine bleue est en effet une espèce protégée depuis 1966 et sa chasse est interdite par la Commission baleinière internationale.
Pourtant, de nombreux experts en Islande mettent en doute les affirmations portées par Sea Shepherd. Selon les spécialistes, l’animal harponné présente des caractéristiques semblables à la baleine bleue… et au rorqual commun, deuxième plus grand animal vivant sur la planète derrière la baleine bleue. Or l’unique entreprise islandaise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf, a été autorisée en avril à reprendre la mer.
Une espèce hybride ?
L’animal possède ainsi « un large côté dorsal avec une petite nageoire comme les rorquals communs, ce qui peut expliquer la raison pour laquelle il a été tué en tant que tel », a indiqué Gisli Vikingsson, biologiste marin et spécialiste des baleines à l’Institut de recherche marine et d’eau douce. « Sa taille et ses marques sur la peau sur les côtés sont en revanche proches de la baleine bleue », a-t-il ajouté.

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« Nous l’avons harponné en pensant que c’était un rorqual commun, s’est défendu Hvalur hf, par la voix de Kristjan Loftsson, son PDG interrogé par l’AFP. Nous voyons des baleines bleues en mer tout le temps sans jamais y toucher car nous les identifions grâce au souffle émis par leur évent. » En effet, le souffle est plus important chez les baleines bleues que chez les autres espèces de baleines.
Selon Gisli Vikingsson, il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre la baleine bleue et du rorqual commun, un phénomène rare. Depuis 1987, cinq animaux de ce type ont été observés dans les fonds marins islandais, selon M. Loftsson. Ils souffrent tous d’infertilité.

   


« Activité imprécise et imparfaite »
D’ici à la fin du mois de juillet, les premiers résultats d’analyses devraient être connus – mais pourraient ne pas être suffisants. Un test ADN, initialement programmé pour cet automne, va également être rapidement pratiqué face aux débats que suscite la prise.

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« Cela montre à quel point cette activité est imprécise et imparfaite et qu’il n’y a absolument aucun besoin de la poursuivre », a déclaré pour sa part Sigursteinn Masson, responsable de l’antenne islandaise du Fonds international pour la protection des animaux. « Les hybrides sont d’une rareté encore plus importante que les baleines bleues qui sont pourtant elles-mêmes listées comme espèce en danger », a-t-il ajouté, appelant à l’arrêt immédiat de la chasse au rorqual commun.
Aucune loi ne régit la chasse à la baleine hybride. En revanche, son commerce est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le président américain n’a pas ménagé son hôte, Theresa May, lors de son voyage. Une visite déstabilisante en plein chaos politique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/07/2018
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Trump quitte l’Angleterre après avoir attisé les braises du Brexit

Le président américain n’a pas ménagé son hôte, Theresa May, lors de son voyage. Une visite déstabilisante en plein chaos politique.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 02h51
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h58
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

L’impossible cousin d’Amérique, celui qu’on gâte mais qui vous méprise, a quitté l’Angleterre, vendredi 13 juillet au soir. La première ministre britannique Theresa May doit se sentir soulagée. Le président des Etats-Unis Donald Trump ne lui a rien épargné. Ni le désaveu claironné dans le tabloïd Sun de ses tentatives de rapprochement avec l’Union européenne (UE) dans la négociation du Brexit.
Ni le coup de poignard dans le dos qui a consisté à désigner son adversaire, l’ultra brexiter Boris Johnson, comme « un type qui ferait un formidable premier ministre » à sa place. Insulte répétée devant l’intéressée lors d’une conférence de presse surréaliste, tenue en plein air à Chequers, la résidence de campagne des chefs du gouvernement britannique. Une sorte de cruel jeu de rôle où l’humiliée a dû ravaler sa fierté tandis que son persécuteur, tout en condescendance, faisait mine de s’excuser.

Oui, un article était paru dans la presse, a admis M. Trump, mais « il ne reflète pas ce que j’ai dit de la première ministre. C’est ce qu’on appelle des fake news », a-t-il osé. En réalité, Mme May est une « femme incroyable qui fait un travail fantastique ». En la revoyant vendredi matin, après la publication de l’interview assassine, a assuré le président américain, « je lui ai dit : “je voudrais m’excuser parce que [en réalité] j’ai dit beaucoup de bonnes choses sur vous”. Elle m’a dit : “ne vous en faites pas, ce n’est que la presse”. J’ai trouvé que c’était très professionnel. » 

Quant au « niet » à un accord de libre-échange Londres-Washington pour cause de maintien des liens avec l’UE, clairement exprimé et justifié dans l’entretien du Sun, ce serait encore un malentendu. « Quoi que vous fassiez [sur le Brexit], ça me va, c’est votre décision. Assurez-vous seulement que vous pouvez commercer avec nous, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Comme promis lors de sa campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à ce régime d’exception durant lequel il a mené une traque contre ses opposants.
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Après deux ans, l’état d’urgence prend fin en Turquie

Comme promis lors de sa campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à ce régime d’exception durant lequel il a mené une traque contre ses opposants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 22h42
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h32
   





                        



   


Deux ans après son instauration, à la suite d’un putsch avorté, l’état d’urgence en Turquie prendra fin mercredi. « L’état d’urgence actuel arrivera à expiration au soir du 18 juillet. Notre président a la volonté (…) de ne pas le prolonger », a déclaré vendredi 13 juillet le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, lors d’une conférence de presse à Ankara.
« La lutte contre le terrorisme va se poursuivre dans le cadre des lois actuelles », mais l’état d’urgence pourrait être rétabli « en cas de situation extraordinaire », a-t-il ajouté. Recep Tayyip Erdogan, qui a entamé le 9 juillet un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs renforcés après sa réélection le 24 juin, avait promis lors de sa campagne de lever d’état d’urgence après que ses principaux rivaux l’eurent fait.
77 000 personnes incarcérées
Ce régime d’exception avait été instauré le 20 juillet 2016, dans la foulée de la tentative de putsch du 15 au 16 juillet imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, lequel nie toute implication. Mis en place pour une durée initiale de trois mois, l’état d’urgence a été sans cesse prolongé depuis, suscitant des critiques de plus en plus vives contre ce régime qui élargit considérablement les prérogatives du président et des forces de sécurité.

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Dans le cadre de l’état d’urgence, les autorités turques ont mené une traque impitoyable contre les partisans présumés de M. Gülen. Au-delà des putschistes présumés, les purges ont également frappé des opposants prokurdes, des médias critiques et des ONG. En tout, quelque 77 000 personnes ont été incarcérées et plus de 150 000 limogées ou suspendues.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.
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édition abonné


« Monsieur Macron, montrez que la France fait tout son possible pour sauver Oleg Sentsov »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de réalisateurs, parmi lesquels Michel Hazanavicius, Bertrand Tavernier et Cédric Klapisch appelle le président de la République à faire son possible pour obtenir la libération de leur confrère, Oleg Sentsov, qui, le jour de la finale de la Coupe du monde à Moscou, en sera à son 63e jour de grève de la faim.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 20h39
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, nous aimons ce sport collectif qu’est le football et dans cette Coupe du monde, nous avons été heureux de l’engouement grandissant provoqué par le parcours de notre équipe nationale, qui s’achèvera dimanche, nous l’espérons, par sa victoire.
Nous sommes fiers de la jeunesse de cette belle équipe, de sa diversité et de son talent. Nous nous sentons d’autant plus proches d’elle que nous essayons nous-même de dire parfois par nos films ce qui fait ces valeurs et cette réussite plurielle, car elles sont parmi les plus belles images que peut donner de lui notre pays dans le monde.

Au nom de cette longue histoire collective que vous connaissez bien, à laquelle participe aujourd’hui à sa manière l’équipe de France, nous nous adressons à vous. Monsieur le président, nous vous le disons avec toute la solennité qu’impose l’état de santé de notre confrère, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, dont vous savez qu’il mène actuellement une grève de la faim illimitée depuis plus de soixante jours, pour demander la libération des soixante-dix prisonniers politiques ukrainiens condamnés, comme lui, à de lourdes peines après des parodies de procès.

Le jour de la finale à Moscou, il en sera à son 63e jour de grève de la faim. Si rien n’est fait là, tout de suite, il va mourir dans une des colonies pénitentiaires de celui avec qui vous avez prévu d’assister à ce match.
Une faute
Monsieur le président, vous ne pouvez pas mettre dans la balance un match de foot, aussi important soit-il, et les fondements mêmes sur lesquels repose notre République. Ses fondements, comme ses valeurs.
Aller à Moscou, dimanche assister à la finale de la Coupe du Monde au côté du président Poutine, sans que soit fermement abordée la question des prisonniers politiques ukrainiens, serait une faute qui abîmerait longuement l’image de la France dans le monde.

Aussi, Monsieur le président, nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La police britannique, qui n’a pas encore déterminé comment le récipient était arrivé chez Charlie Rowley, estime que cette découverte est un « développement important et positif » dans l’enquête.
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Royaume-Uni : une « petite bouteille » du poison Novitchok retrouvée chez une victime

La police britannique, qui n’a pas encore déterminé comment le récipient était arrivé chez Charlie Rowley, estime que cette découverte est un « développement important et positif » dans l’enquête.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 19h34
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h33
   





                        



   


La police britannique a annoncé vendredi 13 juillet avoir trouvé une petite bouteille ayant contenu du Novitchok, l’agent innervant qui a empoisonné un couple de Britanniques à Amesbury, dans le sud-est de l’Angleterre.
La petite bouteille a été trouvée au domicile de Charlie Rowley, l’une des deux victimes – toujours hospitalisé, mais plus « dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury – et les tests effectués au laboratoire militaire de Porton Down ont confirmé qu’elle contenait du Novitchok.
« De plus amples tests vont être menés pour essayer d’établir si cela vient du même lot qui a contaminé Sergueï et Ioulia Skripal en mars, ce qui reste une piste d’enquête pour la police », a ajouté Scotland Yard.
Les enquêteurs essayent d’établir « d’où vient la bouteille et comment elle est arrivée au domicile de Charlie ». C’est un « développement important et positif », a salué le chef de l’antiterrorisme, Neil Basu, sans donner plus de détails sur l’objet retrouvé. « Toutefois, nous ne pouvons garantir qu’il ne reste plus de substance [dans la nature] et des cordons policiers vont rester en place pour une période considérable », a-t-il prévenu.
« Faible » risque pour le public
Le risque pour le public reste « faible », mais par mesure de précaution, les autorités demandent à la population de ne pas ramasser d’objets inconnus, « comme des seringues, des aiguilles, des cosmétiques ou des objets similaires faits de métal, de plastique ou de verre ».
Les autorités britanniques ont invité des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à venir la semaine prochaine faire des prélèvements qui seront analysés dans les laboratoires qu’ils auront désignés, selon le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.
Charlie Rowley et Dawn Sturgess avaient été hospitalisés le 30 juin après avoir été empoisonnés au Novitchok. Si Charlie Rowley s’en est sorti, Dawn Sturgess, une mère de trois enfants âgée de 44 ans, est morte à l’hôpital dimanche soir. Son autopsie est prévue mardi.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le président états-unien, en visite au Royaume-Uni le 13 juillet, est revenu sur ses déclarations parues dans la presse et critiquant le plan de Theresa May pour le Brexit.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Après avoir rencontré Theresa May, le président américain devait rejoindre le palais de Windsor pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.
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A Londres, des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la venue de Trump

Après avoir rencontré Theresa May, le président américain devait rejoindre le palais de Windsor pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 20h20
   





                        



Venu rencontrer la première ministre britannique ainsi que la reine, Donald Trump a commencé jeudi 12 juillet une visite très surveillée au Royaume-Uni. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé bruyamment dans les rues de Londres vendredi après-midi contre sa venue. Un « carnaval de la résistance » contre le président américain jugé « misogyne, homophobe, xénophobe ».
« #DumpTrump » (« Trump à la poubelle »), ou « Même ma mère, qui aime pourtant tout le monde, ne peut pas t’encadrer », pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles brandies par les participants. « Non à Trump, non au KKK [Ku Klux Klan], non à l’Amérique fasciste ! », chantaient-ils en descendant sous un soleil resplendissant la grande artère commerciale d’Oxford Street pour se rendre à Trafalgar Square, en plein cœur de la capitale britannique.
Notre correspondant à Londres, Philippe Bernard, s’est rendu sur place :

Alex, dans la manif anti-Trump à Londres: « Trump n’a pas à se mêler de nos affaires. En attaquant l’UE, il montre… https://t.co/iP6OtD5JEx— canalbernard (@Philippe Bernard)


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Sur Regent St, Trump mobilise la gauche britannique. https://t.co/84e9sQhGnJ— canalbernard (@Philippe Bernard)


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La manifestation londonienne, divisée en deux marches, l’une de femmes, l’autre regroupant une coalition d’organisations, constitue le point d’orgue du mouvement de protestation contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni. Celle-ci avait été longtemps différée par crainte de la réaction des détracteurs du président américain, ulcérés à l’idée que leur pays lui déroule le tapis rouge.
« Misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe »
« Donald Trump est misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe et promeut le sectarisme », a déclaré Georgina Rose, 42 ans, participante de la « Marche des femmes ». Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la première ministre britannique, des manifestants ont sifflé Theresa May, qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer M. Trump après son investiture, début 2017.
Dawn, 49 ans, est elle venue avec sa fille de 11 ans, Sadie. « Trump est l’homme avec le plus grand ego aux commandes de la plus grande puissance mondiale. Il n’a pas la moindre idée de ce dont le monde a besoin », a estimé cette mère de famille. Une vingtaine d’artistes drag-queen ont pris part au défilé, dont Joey « Bourgeoisie » Frenette, 27 ans, originaire de Washington et installé au Royaume-Uni depuis huit ans : « Je pense qu’il incarne une représentation particulièrement négative de ce que l’Amérique doit donner au monde. »

   


Plus insolite : dans la matinée, un ballon géant représentant un Trump en couche-culotte a flotté près du Parlement, une initiative qui a reçu le feu vert du maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, objet de nombreuses attaques verbales du président américain.
« En tant qu’Américain, je trouve ça génial. C’est une façon pacifique de protester », a commenté Brett Kirchner, 25 ans, originaire de Caroline du Nord, sur la côte est américaine. Même si, comme il en a convenu, « il y aura aux Etats-Unis des gens qui sont très contrariés par cette protestation et qui pensent que c’est insultant ».
Le parcours des manifestants tenait cependant M. Trump éloigné des protestations. Après s’être entretenu avec Mme May, M. Trump avait en effet rendez-vous, en compagnie de son épouse Melania, au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II. Un honneur qui passe mal auprès de nombreux Britanniques.
Plus tôt dans la journée, le président des Etats-Unis avait fait une entrée fracassante sur le sol britannique en soutenant, dans un entretien au tabloïd The Sun, les détracteurs de la première ministre partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne dans les négociations sur le Brexit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Alors que le Mondial de foot s’achève, le Kremlin est resté sourd aux appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.
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La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine

Alors que le Mondial de foot s’achève, le Kremlin est resté sourd aux appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La Coupe du Monde de football s’achève en Russie, et Oleg Sentsov risque de mourir. Le cinéaste ukrainien, incarcéré dans une colonie à régime sévère dans le nord du pays, a eu 42 ans ce vendredi 13 juillet, tandis qu’il franchissait un autre pallier : 61 jours de grève de la faim. Dans une lettre datée du 22 juin mais rendue publique le même jour, vendredi, sur le site de la radio Echo de Moscou, sa mère, Lioudmila Sentsova, a demandé sa grâce à Vladimir Poutine.
« Je ne vais pas essayer de vous convaincre de l’innocence d’Oleg, même si j’en suis persuadée, écrit-elle. Je dirai juste qu’il n’a tué personne. Il a déjà passé quatre ans en prison. Ses enfants l’attendent. Le cadet souffre d’autisme. Ils ne seront jamais heureux sans leur père. »
Vladimir Poutine est resté jusqu’ici inflexible. Ni les commentaires alarmés des défenseurs des droits de l’homme, ni les requêtes de ses interlocuteurs – Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a lui aussi demandé sa grâce – ni les nombreux appels d’intellectuels à l’étranger n’ont ébranlé le chef du Kremlin.

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                Michel Eltchaninoff : « Monsieur Macron, conditionnez votre visite en Russie à la libération d’Oleg Sentsov »



« J’ose croire qu’il va le libérer pour ne pas laisser une ombre sur le Mondial. La mort [du nationaliste irlandais] Bobby Sands après soixante-six jours de grève de la faim [en Irlande du Nord], a pesé sur Thatcher comme quelque chose d’indélébile », souligne depuis Paris Michel Eltchaninoff. Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents à travers laquelle écrivains et intellectuels comme Leila Slimani, Jonathan Littell ou Philippe Claudel se sont mobilisés, il est lui-même l’auteur d’une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron lui demandant de ne pas se rendre en Russie sans un geste du Kremlin.
Pétitions et manifestations
Le président français a assisté à Saint-Pétersbourg à la demi-finale du Mondial disputée par la France le 10 juillet. Il sera de nouveau à Moscou ce dimanche, au côté de Vladimir Poutine, pour la finale qui opposera cette fois la France à la Croatie.
Publiée sur le site de la Société des réalisateurs de film, une pétition a réuni des dizaines de signatures françaises et étrangères parmi lesquels Jacques Audiard, Bertrand Tavernier, l’acteur américain George Clooney ou le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev. Depuis les Etats-Unis, d’autres appels ont été lancés, dont celui de l’écrivain Stephen King. Dans une lettre ouverte rédigée à l’attention de Vladimir Poutine et de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football, le Pen Club aux Etats-Unis a réuni les signatures d’une cinquantaine de personnalités, dont Patti Smith, Salman Rushdie, Paul Auster ou Michael Connelly. Toutes ces démarches sont restées sans résultat.

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En Russie, ceux qui osent manifester publiquement pour la libération d’Oleg Sentsov sont réprimés. Vendredi, le tribunal Tverskoï de Moscou a condamné deux acteurs de Teatr.doc, Maria Tchouprinskaïa et Gregori Gandlevski, à 20 000 roubles d’amende (environ 275 euros) pour avoir « distribué des tracts » en faveur du cinéaste. Huit autres personnes ont été interpellées à Saint-Pétersbourg, comme tous ceux qui ont tenté de sensibiliser les supporteurs de foot venus du monde entier. Rue Nikolskaïa, à Moscou, lieu de rassemblement privilégié des fans, la police les a promptement chassés.
Un chemin plein d’obstacles

   


« Nous avons appris aujourd’hui par les médias qu’une telle demande [de grâce] a été faite », a commenté, vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé sur la lettre de la mère d’Oleg Sentsov. « Bien sûr, elle sera examinée, nous y prêterons attention », a-t-il ajouté. Jusqu’ici, pourtant, tous les obstacles ont été dressés sur le chemin de la libération du cinéaste, à commencer par sa nationalité. Né en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, il s’est vu imposer la nationalité russe, compromettant ainsi la perspective d’un échange entre prisonniers un temps envisagé entre Kiev et Moscou. La Russie a ensuite argué qu’elle ne pouvait échanger un « citoyen russe ».

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Oleg Sentsov a lui-même lié son sort à celui de quelque 70 autres prisonniers ukrainiens, dont Alexandre Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié de « parodie de justice » par Amnesty International, les deux hommes avaient été condamnés en même temps, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « organisation » et « participation » à une entreprise « terroriste » sur la base d’aveux de deux complices présumés. Ces derniers ont, depuis, déclaré qu’ils leur avaient été extorqués sous la torture. « Manifestement, les droits élémentaires de la défense n’ont pas été respectés », a convenu le 10 juillet Bernard Griveaux, porte-parole du gouvernement français sur France Info.
Dans une colonie pénitentiaire
Accusé de faire partie de Praviy Sektor, un groupe ultranationaliste ukrainien, puis arrêté en Crimée en mai 2014, moins de deux mois après l’annexion de la péninsule ukrainienne, Oleg Sentsov purge aujourd’hui sa peine dans une colonie pénitentiaire de Labytnangui, à près de 2 000 kilomètres de Moscou, dans la région de Iamalo-Nénétsie. C’est là qu’il a commencé, le 14 mai, sa grève de la faim, en se disant déterminé à aller « jusqu’au bout ». Depuis, « chaque jour, il boit 3,5 litres d’eau, répète son avocat Dmitri Dinzé. Il a accepté des injections de glucose, d’amino-acides et de vitamines. »
« Oleg, qui mesure 1,90 mètre (…) a perdu 15 kg depuis le début de sa grève de la faim, a témoigné sa cousine, Natalia Kaplan, qui a pu lui rendre visite le 5 juillet. « Hier, il était dans un très mauvais état, aujourd’hui, il se sent mieux. Cela va surtout mal le soir », avait-elle poursuivi, en précisant qu’il irait effectivement « jusqu’au bout » : « Il croit en sa victoire. »

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                Mme Françoise Nyssen, demandez à Moscou « la libération immédiate d’Oleg Sentsov »



La déléguée aux droits de l’homme de Vladimir Poutine, Tatiana Moskalkova, qui s’était résignée à faire le déplacement le 28 juin, a fait entendre sa différence. « Oleg Sentsov est en bonne forme émotionnelle. Il marche, il s’intéresse à ce qu’il se passe dans le monde, il regarde la télévision, les infos et le football, et il écrit un scénario pour un film », avait-elle déclaré, sans un mot sur son état physique. En quittant les lieux en cortège, la fonctionnaire, élevée au grade de générale du ministère de l’intérieur où elle a longtemps travaillé, a refusé de s’arrêter et de parler à son homologue ukrainienne, Lioudmila Denissova, qui s’était vu refuser l’accès au camp.
Vendredi, loin des projecteurs du Mondial qui vont s’éteindre, un autre Ukrainien, Evgueni Panov, a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire pour les mêmes motifs qu’Oleg Sentsov. Arrêté également en Crimée en août 2016, ce chauffeur d’entreprise avait avoué, sous l’effet de la torture a-t-il affirmé à ses avocats, avant de se rétracter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Début juin, l’ancien chef conservateur du gouvernement espagnol s’est retiré de la vie politique en reprenant son poste de fonctionnaire. Depuis, ses adversaires lui découvrent des qualités.
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Mariano Rajoy sur la voie de la rédemption en Espagne


                      Début juin, l’ancien chef conservateur du gouvernement espagnol s’est retiré de la vie politique en reprenant son poste de fonctionnaire. Depuis, ses adversaires lui découvrent des qualités.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 15h36
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








   


La glace au touron pour terminer son déjeuner, c’est son péché mignon. Tous les midis, ou presque, Mariano Rajoy s’installe à sa place habituelle avec vue sur le port dans le coquet restaurant Batiste, spécialiste en fruits de mer, poissons et paellas, à Santa Pola, petite ville côtière située au sud d’Alicante, en Espagne. Il faut dire que l’emplacement est idéal : c’est à seulement deux cents mètres de son nouveau bureau.
Fini les réunions à Bruxelles avec les chefs d’État et de gouvernement européens, les visites officielles, inaugurations de bâtiments publics, conseils des ministres, crises indépendantistes et autres réjouissances. Celui qui occupait encore il y a un peu plus d’un mois la présidence du gouvernement espagnol a commencé une nouvelle vie. Ou, plutôt, repris celle qui l’attendait depuis trente ans, avant qu’il ne se lance pour de bon dans une intense carrière politique, délaissant son poste de fonctionnaire : il a récupéré la place de conservateur des hypothèques qu’il occupait… en 1989.
« J’ai essayé d’être juste, j’ai assumé mes erreurs et celles qui n’étaient pas les miennes. » Mariano Rajoy
Cette décision de reprendre sa profession d’origine est inédite pour un chef de l’exécutif en Espagne. Aussitôt évincé du pouvoir par la motion de censure inattendue déposée par le socialiste Pedro Sánchez, le 1er juin, il a fait ce choix sans hésiter. La politique, c’est terminé : après quatorze ans aux commandes du Parti populaire (PP), à patauger dans la boue de la corruption systémique qui s’est installée sous son prédécesseur José María Aznar, et près de sept ans à la tête d’un royaume qui a enchaîné crises économique, institutionnelle et territoriale, il a dit « basta ». « C’est le mieux pour moi, pour le PP et, je crois, pour l’Espagne, a-t-il expliqué avec émotion, incapable de retenir ses larmes, le 5 juin. J’ai essayé d’être juste, j’ai assumé mes erreurs et celles qui n’étaient pas les miennes. »

Le politicien galicien, père de deux adolescents, a renoncé à sa retraite à vie de président du gouvernement et au poste qui l’attendait au Conseil d’État, rétribué 100 000 euros par an. Les conservateurs d’hypothèques sont, il est vrai, bien rémunérés en Espagne, avec un salaire mensuel moyen oscillant entre 10 000 et 20 000 euros en fonction de l’activité immobilière de la municipalité où ils officient.
« Ce fut un honneur d’être son rival et de le combattre politiquement. Il a gagné mon respect. » Pablo Iglesias, dirigeant de Podemos
Il n’a finalement gardé des privilèges de son ancien mandat que la voiture de fonction et quatre gardes du corps. Ce choix de vie lui vaut les applaudissements d’une partie de l’opinion espagnole. Et pour Mariano Rajoy, éclaboussé par plusieurs affaires de corruption liées au PP, c’est une forme de rédemption.
Depuis l’annonce de son retrait de la politique, ses adversaires lui découvrent subitement des qualités. Le président du Parti nationaliste basque (PNV), Andoni Ortuzar, a vanté « sa personne et son attitude, toujours impeccables avec moi ». Pablo Iglesias, le secrétaire général de la formation de gauche radicale Podemos, a salué sur Twitter le départ d’« un homme politique élégant et intelligent qui savait écouter ». « Ce fut un honneur d’être son rival et de le combattre politiquement. Il a gagné mon respect », a-t-il ajouté.

Rajoy no se ha ido, le ha echado la gente que no perdió la esperanza y que no dejó de pedir una moción contra la co… https://t.co/2wMqC9NlKt— Pablo_Iglesias_ (@Pablo Iglesias)


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Enfin, un essai écrit par le journaliste d’El País Nacho Carretero, intitulé Fariña, vient de dresser de lui un portrait plutôt flatteur, soulignant le rôle qu’a joué Mariano Rajoy, lorsqu’il était élu à Pontevedra, dans la rupture des liens étroits entre une branche de l’Alliance populaire de Galice (AP, ancêtre du PP) et les narcotrafiquants.
Cinquante minutes de retard
A la fin du mois de juin, pour son premier jour de travail, l’homme de 63 ans est arrivé sans veste ni cravate, avec cinquante minutes de retard. Sans doute la faute à sa pratique quotidienne de la marche rapide, tous les matins à 7 heures, face au bord de mer d’Alicante, où il loge dans un hôtel. A Santa Pola, en guise d’accueil, une grande affiche publicitaire l’interpelle à l’entrée de la ville : « Bienvenue Mariano ! Tu as une maison ? On t’aide à la chercher ? »
Les journalistes et paparazzis, après avoir saisi deux clichés, au travail et en promenade, se sont déjà lassés : on peut difficilement faire plus monotone. Alors que son parti se déchire entre les deux candidats à sa succession lors du congrès prévu les 20 et le 21 juillet, Mariano Rajoy a décidé de ne pas voter aux primaires ni de dévoiler vers qui vont ses faveurs, « afin de ne privilégier aucun candidat ».



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Depuis le 9 juillet, dans la chaîne d’établissements Wetherspoon appartenant au multimillionnaire et ultra-Brexit Tim Martin, les alcools non britanniques sont remplacés par des boissons fabriquées au Royaume-Uni et en dehors de l’UE.
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Dans des pubs anglais, haro sur le champagne français et les bières allemandes


                      Depuis le 9 juillet, dans la chaîne d’établissements Wetherspoon appartenant au multimillionnaire et ultra-Brexit Tim Martin, les alcools non britanniques sont remplacés par des boissons fabriquées au Royaume-Uni et en dehors de l’UE.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h05
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                              

                        

Theresa May, la première ministre britannique, peut bien mettre de l’eau dans son Brexit, pas question pour Tim Martin d’en verser une seule goutte dans la bière qui a fait sa fortune. Au contraire : deux ans après le référendum, le patron multimillionnaire de Wetherspoon, une chaîne de 895 pubs présents dans les quartiers populaires du Royaume-Uni, continue de militer à fond pour le divorce d’avec l’Union européenne au nom du libéralisme économique et d’un certain nationalisme.
Sa dernière action : depuis le 9 juillet, le champagne et la bière allemande sont progressivement remplacés, dans ses établissements, par des succédanés britanniques ou non européens. Alors que la baisse de la livre sterling et le ralentissement de l’économie consécutifs au Brexit menacent ses marges en renchérissant ses coûts, le truculent Tim, 63 ans, deux mètres de haut, visage rougeaud et tignasse grise, désigne un autre coupable : l’UE, qu’il accuse de protectionnisme.
Lumières glauques et étonnante convivialité
Il est trop tôt pour savoir si les clients de Wetherspoon apprécieront le Sparkling Whitedowns, un brut anglais, et le vin pétillant australien qui doivent remplacer les bulles champenoises. La chaîne gère les pubs les plus antibobos qui soient : lumières glauques, décors aussi chaleureux que des lounges d’aéroport, mais prix imbattables et étonnante convivialité. On y lit davantage le Daily Mail que le Financial Times, et la rhétorique antieuropéenne affichée par Tim Martin est loin de repousser la clientèle.

Le Brexit va faire baisser les prix, promet-il, à rebours de toutes les prévisions à court et moyen terme. Selon lui, multiplier les achats dans les pays non membres de l’UE va non seulement « élargir nos horizons » – un thème néo-impérial proche de celui de la « Grande-Bretagne mondiale » magnifié par les pro-Brexit –, mais aussi « améliorer le pouvoir d’achat au Royaume-Uni ».

Pour...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le président américain soutient les détracteurs de la première ministre britannique partisans d’une rupture nette avec l’UE.
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Humiliée par Donald Trump, Theresa May garde son flegme britannique

Le président américain soutient les détracteurs de la première ministre britannique partisans d’une rupture nette avec l’UE.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 14h18
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Un chef de gouvernement a-t-il déjà été humilié de la sorte par l’un de ses « amis », en l’occurrence le président des Etats-Unis ? Ce n’est pas seulement le contenu de l’entretien accordé au tabloïd Sun par Donald Trump qui apparaît offensant pour Theresa May, c’est son timing.
A l’heure où son contenu était mis en ligne — 22 h 59 —, la première ministre vantait les occasions commerciales « sans précédent » ouvertes par le Brexit au cours d’un dîner de gala donné en l’honneur du président américain au château de Blenheim, lieu de naissance de Winston Churchill, l’homme qui préférait « le grand large » à l’Europe. Tapis rouge, horse-guards, cornemuse écossaise, parterre de grands patrons exportateurs, saumon et filet de bœuf : rien n’avait été oublié pour satisfaire l’hôte qui, par deux fois, s’était décommandé.
Pour Theresa May, cette journée était « spéciale ». Pas seulement en raison de la visite de celui qui, depuis son élection, promet de satisfaire « très rapidement » l’une des promesses centrales des partisans du Brexit : la signature d’un traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Quelques heures plus tôt, son « ministère du Brexit » avait rendu public le « livre blanc » de 104 pages décrivant enfin la « future relation » que les Britanniques souhaitent entretenir avec l’UE après le Brexit.
Le document, bien que son contenu soit probablement inacceptable pour les Vingt-Sept, traduit la volonté de maintenir une très grande proximité avec le continent, notamment par le maintien de la libre circulation des marchandises et le respect de toutes les règles de l’UE en la matière.
« J’ai dit à Theresa May comment faire, mais elle ne m’a pas écouté » Donald Trump
Curieusement, les avertissements de l’ambassadeur des Etats-Unis au Royaume-Uni n’avaient pas été entendus. Woody Johnson avait pourtant été clair : le choix de Mme May de coller aux réglementations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Kolinda Grabar-Kitarovic ne cesse de s’afficher en première fan de son équipe nationale. Peu surprenant dans un pays où football et politique ont toujours entretenu des liens étroits.
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Coupe du monde 2018 : la présidente croate, ambassadrice d’une équipe nationale très politisée

Kolinda Grabar-Kitarovic ne cesse de s’afficher en première fan de son équipe nationale. Peu surprenant dans un pays où football et politique ont toujours entretenu des liens étroits.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 13h03
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 13h54
   





                        



   


C’est « sa » Coupe du monde. Même en déplacement à Bruxelles pour le sommet de l’OTAN, Kolinda Grabar-Kitarovic, la présidente de la République de Croatie, n’a pu s’empêcher d’enrouler autour de son cou un foulard à damier rouge et blanc, le caractéristique šahovnica, blason de la Croatie.
Une coquetterie patriotique qui illustre combien la présidente croate, à la tête du pays depuis trois ans, est devenue la première ambassadrice de son équipe nationale, qui a réussi l’exploit de se hisser en finale du Mondial et affrontera, dimanche 15 juillet, la France.
Congé sans solde
Dès les huitièmes de finale, celle que le magazine Forbes place à la 39e place de son classement des femmes les plus puissantes du monde avait mis le paquet. Après la qualification des Croates dans une poule D pourtant très disputée, Mme Grabar-Kitarovic annonce prendre un « congé sans solde » pour se rendre en Russie, et achète un siège sur une ligne commerciale classique. Un voyage évidemment immortalisé sur les réseaux sociaux, alors que la présidente ne se départit plus de son maillot des Vatreni (les Flamboyants).
Le soir du 1er juillet, la présidente croate choisit de suivre la rencontre contre le Danemark dans les travées du stade de Nijni-Novgorod, plutôt que d’opter pour la tribune présidentielle, où se massent les autres responsables politiques. Là encore, la machine de communication fonctionne à plein pour montrer l’enthousiasme de celle que les médias rebaptisent la « première supportrice du pays ». 
En quarts de finale, Kolinda Grabar-Kitarovic remet ça pour gagner Sotchi : congé sans solde et nouveau vol commercial. Cette fois, elle reste dans la tribune présidentielle, au côté du président de la FIFA, Gianni Infantino, et du vice-président russe, Dmitri Medvedev. Au terme d’une épique séance de tirs au but, elle opte pour un geste triomphal, poings serrés en l’air pour marquer le « V » de la victoire.
Quelques minutes après la fin du match, la présidente croate poste sur ses réseaux sociaux des images d’elle dans le vestiaire, donnant une chaleureuse accolade à l’entraîneur Zlatko Dalic, puis dansant gaiement au milieu des joueurs.

Des victoires qui « forgent l’identité nationale »
Cet enthousiasme présidentiel est loin d’être anecdotique, dans un pays issu de l’éclatement de la Yougoslavie. Depuis l’indépendance de la Croatie, le 25 juin 1991, le football y a toujours été instrumentalisé pour porter le récit national, et pour faire rayonner à l’étranger ce petit Etat de 4,1 millions d’habitants.
Le premier président du pays, Franjo Tudjman ne s’y trompait pas, créant des liens plus qu’étroits entre son pouvoir et le monde du ballon rond. « Les victoires en football forgent l’identité nationale autant que les guerres le font », affirmait-il, lui qui s’affichait toujours en tribune les jours de match important du Dinamo Zagreb, qu’il fit un temps rebaptiser Croatia Zagreb pour en effacer la connotation communiste.
En 1998, alors que le pays participe à sa première Coupe du monde et crée la surprise en atteignant les demi-finales, Franjo Tudjman et son hégémonique parti, l’Union démocratique croate (HDZ), multiplient les mises en scènes patriotiques. La rumeur dit alors que le président croate a même un droit de regard sur la composition de l’équipe nationale…
Réseau mafieux
Cette étroite association a toutefois vite donné lieu à des dérives. La fédération nationale de football croate est devenue, au fil des ans, un réseau à caractère mafieux, contrôlé par des proches de la HDZ : elle est ainsi la fédération européenne ayant le plus subi de condamnations et de sanctions de la part de l’Union des associations européennes de football (UEFA).
Un héritage dont ne s’est jamais vraiment départi Kolinda Grabar-Kitarovic. Loin d’avoir fait le ménage, la présidente entretient des relations avec des personnalités souvent sulfureuses du football croate. Ainsi, durant le quart de finale contre la Russie, elle était accompagnée dans les gradins par Danir Vrbanovic, directeur général de la fédération, condamné début juin à trois ans de prison dans une affaire d’escroquerie. L’homme a fait appel de cette décision.

   


Proximités douteuses
Ce scandale, dans lequel plus de 15 millions d’euros ont été détournés lors de transferts de joueurs, a éclaboussé l’équipe nationale. Plusieurs stars sont mises en cause, et le meneur, Luka Modric, soupçonné de faux témoignage, risque même la prison. Surtout, cette affaire a fait tomber Zdravko Mamic, vice-président de la fédération croate, condamné à six ans et demi de prison. Ce dernier a choisi de se réfugier en Bosnie et d’en prendre la nationalité, pour éviter une extradition. De son côté, Kolinda Grabar-Kitarovic a été contrainte de reconnaître que cette personnalité « controversée » du football croate avait organisé plusieurs dîners en sa faveur, notamment pour sa campagne présidentielle.
Mais ces proximités douteuses entre monde du football et politiciens ne choquent plus tant que ça dans un pays si coutumier du fait. Sur Twitter, le chercheur Dario Brentin, spécialiste du football dans les Balkans, a écrit que « beaucoup de fans craignent que le succès de la Croatie à la Coupe du monde compromette leur lutte pour un football plus démocratique, en fournissant aux détenteurs du pouvoir actuel un important capital social, culturel et économique ».
Pour la plupart des supporteurs, en revanche, la question de la récupération politique n’est qu’un enjeu « secondaire » par rapport à l’enjeu sportif, selon le spécialiste.
Dimanche, pour la finale, la présidente croate sera bien évidemment au stade. A l’image de la nation croate, la présidente ne s’économisera pas pour soutenir son équipe nationale. Tout comme son homologue français, Emmanuel Macron, soutiendra la sienne, dimanche à Moscou.



                            


                        

                        


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Le gouvernement italien confirme le rejet de l’accord de libre-échange UE-Canada

Le vice-premier ministre italien, Luigi Di Maio a confirmé que la majorité parlementaire rejetterait le CETA, mettant ainsi en danger son existence même.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 12h59
   





                        


Le vice-premier ministre italien, Luigi Di Maio, leadeur du Mouvement 5 étoiles, a confirmé, vendredi 13 juillet, que la majorité parlementaire rejetterait le CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada, mettant ainsi en danger son existence même.
« Rapidement le CETA arrivera au Parlement pour la ratification, et cette majorité le rejettera », a dit M. Di Maio, devant l’assemblée de la Coldiretti, le principal syndicat agricole italien. Et de menacer :
« Si seulement un des fonctionnaires italiens à l’étranger continue à défendre des traités scélérats comme le CETA, il sera renvoyé. »
« Etre ici, pour moi, signifie revendiquer un peu de souverainisme sain. (...) Si tu t’occupes de produits italiens sur le marché, tu cherches à les défendre. (...) Nous devons défendre l’Italie et l’économie italienne », a déclaré M. Di Maio, qui est aussi ministre du développement économique et du travail.

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Signature des 28 parlements européens nécessaire
Le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), signé en octobre 2016 entre l’UE et le Canada et approuvé en février 2017 par le Parlement européen, doit être ratifié par chaque Parlement des vingt-huit pays de l’Union européenne (UE) pour être valide, même s’il est entré depuis le 21 septembre en vigueur de manière provisoire. Pour le moment, il a été ratifié par une dizaine de pays.

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Le ministre de l’agriculture italien, Gian Marco Centinaio, membre de la Ligue, avait annoncé le 14 juin que la majorité parlementaire « ne ratifierait pas l’accord de libre-échange avec le Canada parce qu’il ne protège qu’une petite partie [des] AOP [appellations d’origine protégée] et [des] IGP [indications géographiques protégées] » italiennes.

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« Nous demanderons au Parlement de ne pas ratifier ce traité et d’autres similaires au CETA. Tout cela est prévu dans le contrat de gouvernement », composé du M5S et de la Ligue, avait-il dit dans un entretien à La Stampa.

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En visite au Royaume-Uni, Trump torpille le projet de Brexit de May

Le président américain doit s’entretenir avec la dirigeante britannique dans un contexte tendu. Des manifestations sont prévues à Londres contre lui.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 09h39
   





                        



   


Difficile de prédire le ton de la rencontre. Après avoir torpillé dans la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 juillet le projet de la dirigeante britannique de relation commerciale avec l’Union européenne (UE) post-Brexit, le président américain doit s’entretenir avec Theresa May.
« S’ils font un tel accord, nous traiterons avec l’UE au lieu de traiter avec le Royaume-Uni », a dit M. Trump au tabloïd The Sun, alors que Mme May comptait profiter de sa visite officielle au Royaume-Uni pour faire avancer les discussions sur la conclusion d’un accord de libre-échange avec Washington, une fois que son pays aura quitté l’UE, à la fin de mars 2019.
« Cela tuera probablement l’accord » avec les Etats-Unis, a ajouté M. Trump, arrivé au Royaume-Uni jeudi après-midi de Bruxelles, où il a sommé ses partenaires de l’OTAN de mettre davantage la main à la poche en matière de dépense de défense.
Avant de quitter la capitale belge, il avait porté un premier coup au projet de Mme May, présenté le jour même, affirmant « ne pas savoir » s’il correspondait au vote des Britanniques de quitter l’UE.
Il n’a pas non plus exclu de rencontrer son « ami » Boris Johnson, partisan d’un Brexit dur, qui a claqué la porte du gouvernement en début de semaine pour protester contre le plan de Mme May et qui ferait, selon lui, un « grand premier ministre ». « Cela en dit long sur ses préférences personnelles, et vers quel genre de Brexit dur il veut voir le Royaume-Uni prendre le chemin », écrit le quotidien The Guardian.
Instaurer une nouvelle « zone de libre-échange »
A Washington, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a tenté de minimiser l’impact des déclarations de M. Trump, assurant que le président américain « aime et respecte beaucoup » Mme May, puisque, a-t-elle ajouté devant la presse, « il a dit dans son interview qu’elle était “une très bonne personne” et qu’il n’a jamais rien dit de méchant à son encontre ».
Le plan que Mme May a proposé à Bruxelles prévoit de maintenir des liens étroits avec l’UE à vingt-sept en matière de commerce de biens, en instaurant une nouvelle « zone de libre-échange » qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agroalimentaire.
La nouvelle sortie de M. Trump constitue un revers d’autant plus cinglant pour Mme May que, jeudi soir, elle a vanté la force du lien transatlantique, y voyant une chance « sans précédent ».
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas seulement « les plus proches alliés, mais aussi les amis les plus chers », a-t-elle déclaré en accueillant le président américain et son épouse, Melania Trump, pour un dîner au palais de Blenheim, résidence de campagne près d’Oxford, où étaient également invités de nombreux représentants du monde économique.
Vendredi matin, les deux dirigeants doivent se retrouver pour inspecter les troupes à la prestigieuse académie royale militaire de Sandhurst, avant des discussions bilatérales et un déjeuner à Chequers, la résidence de campagne des premiers ministres britanniques, à 70 km au nord-ouest de Londres. Une conférence de presse commune est ensuite prévue.
Manifestations à Londres contre Trump

   


Outre le commerce, les échanges entre M. Trump et Mme May porteront sur le Proche-Orient et la Russie, alors que le premier s’apprête à rencontrer pour la première fois son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d’un sommet à Helsinki lundi.
Le président et son épouse sont ensuite attendus au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour prendre le thé avec Elizabeth II.
Ce parcours le tiendra éloigné des manifestations prévues à Londres contre sa venue, qui devraient culminer par un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Trafalgar Square pour dénoncer la politique migratoire de Trump, son « sexisme » et son « déni » du changement climatique.
Le matin, un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte flottera dans le ciel londonien près du Parlement.
Les démonstrations de mécontentement contre le président américain ont démarré dès jeudi avec un rassemblement devant la résidence de l’ambassadeur américain à Londres. « Donald Trump n’est pas le bienvenu ! » ont scandé en chœur les quelques centaines de manifestants rassemblés devant les grilles de Winfield House, sise dans Regent’s Park.



                            


                        

                        


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Les juteuses activités annexes de certains eurodéputés français

D’après Transparency International, des députés français élus au Parlement européen exercent des activités rentables en marge de leur fonction d’élu.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 14h46
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


L’étude publiée mardi 10 juillet par l’ONG Transparency International Europe met en lumière les pratiques de certains députés européens qui exercent des activités annexes parfois très lucratives en marge de leur mandature d’élu. L’organisation a épluché plus de 2 000 déclarations d’intérêts, dont celles des 74 députés européens français. Selon le rapport, un peu plus de la moitié d’entre eux (38) déclarent gagner un revenu annexe en plus de leurs émoluments de députés. Cette pratique est-elle légale ?
Que dit le règlement du Parlement européen ?
L’ensemble des 751 députés européens est soumis au règlement intérieur du Parlement européen. Ce règlement ne leur interdit pas d’exercer une activité rémunérée durant leur mandature. Il intègre également un code de conduite qui impose aux députés de présenter au président du Parlement une déclaration d’intérêts financiers « vérifiée et régulièrement mise à jour ».
D’après l’article 4 de ce code de conduite, cette déclaration doit mentionner « toute indemnité perçue pour l’exercice d’un mandat au sein d’un autre parlement », ainsi que « toute activité régulière rémunérée exercée par le député parallèlement à l’exercice de ses fonctions, que ce soit en qualité de salarié ou de travailleur indépendant » et enfin « toute activité extérieure occasionnelle rémunérée si la rémunération totale excède 5 000 euros par année civile ».

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                Les activités bien payées des eurodéputés hors de l’hémicycle



Quel est le salaire d’un député européen ?
8 484 euros brut
La rémunération mensuelle des députés européens est prévue par un statut unique et imputée sur le budget du Parlement. Depuis le 1er juillet 2016, elle s’élève à 8 484,05 euros brut et s’établit à 6 611,42 euros après déduction de l’impôt européen et des cotisations sociales. Cependant, comme leurs homologues français, les députés du Parlement européen perçoivent différentes indemnités « visant à couvrir les frais qu’ils encourent dans l’exercice de leurs fonctions parlementaires » pour un montant pouvant atteindre 4 416 euros par mois.
Exercer une ou plusieurs activité(s) extérieure(s) permet à certains eurodéputés français de gagner bien plus d’argent que leurs homologues ayant choisi de renoncer à leur(s) activité(s) professionnelle(s) d’origine pendant la durée de leur mandat. Ainsi, Renaud Muselier (Les Républicains/Parti populaire européen), médecin et directeur de deux cliniques, a déclaré avoir gagné au moins 816 000 euros entre le début de sa mandature (en 2014) et le 7 mars 2018. Sur la même période, un député qui ne reçoit que ses émoluments versés par le Parlement européen a perçu au maximum 496 234 euros.





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 Les dix eurodéputés français percevant le plus d'argent en dehors de leur rémunération d'élu européen



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Les montants affichés concernent les revenus extérieurs perçus entre le 1er juillet 2014 et le 3 juillet 2018. Un eurodéputé français a été retiré de ce classement car le Parlement européen examine la dernière mise à jour de ses déclarations d’intérêts financiers.
De surprenantes augmentations de revenus
Selon l’étude de Transparency International Europe, deux élus français font partie des dix députés européens qui ont vu leurs revenus annexes le plus progresser entre le début de leur mandat et le 7 mars. Jean-Luc Schaffhauser (Rassemblement Bleu Marine/ENL) figure en troisième position de ce classement. L’eurodéputé a expliqué, dans sa dernière déclaration d’intérêts, percevoir 270 012 euros de revenus annexes par an contre 30 012 euros annuels mentionnés dans sa première déclaration d’intérêts, soit une augmentation de 240 000 euros. Contacté par Le Monde, le député qui exerce en marge de son mandat le métier de consultant, a fait savoir par le biais de ses assistants parlementaires « qu’il communiquera sur cette affaire seulement devant les tribunaux avec Transparency International Europe ».
Membre du même groupe politique (Europe des nations et des libertés) que M. Schaffhauser, l’eurodéputé Gilles Lebreton (Rassemblement national) est aussi pointé du doigt par l’ONG. Il a indiqué, dans sa dernière déclaration d’intérêts, percevoir 60 036 euros de revenus extérieurs annuels contre « 0,00 euro » mentionnés lors de sa première déclaration, au début de son mandat. Cependant, Gilles Lebreton conteste ces chiffres : « Je suis professeur d’université depuis 1990, ces 60 000 euros correspondent à ma rémunération annuelle en tant que professeur d’université », explique l’élu, qui estime que « Transparency s’est trompé ».


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Un phénomène qui concerne 60 % des partis politiques français ayant des députés européens dans leurs rangs
Répartition par parti politique des eurodéputés français déclarant exercer au moins une activité extérieure rémunérée au cours leur mandature.

Source : Transparency International Europe



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Pourquoi ces activités annexes peuvent-elles soulever des interrogations ?
Parmi les trente-huit députés européens français ayant mentionné percevoir un revenu extérieur, trois déclarent exercer le métier d’avocat, un le métier de consultant et un autre le métier de financier. D’autres déclarent être médecin, professeur ou encore agriculteur. Près de deux tiers (23) d’entre eux exercent un mandat électif en France, tous à un échelon local (municipalité, département, région).
Ces activités annexes peuvent soulever des interrogations sur la disponibilité des élus concernés pour jouer pleinement leur rôle législatif. Surtout, des métiers comme « avocat, consultant ou financier » exercés par certains députés européens en fonction peuvent « créer des conflits d’intérêts », affirme Transparency International Europe dans son rapport.
Les clients pour lesquels travaillent ces députés ne sont pas clairement identifiés, ces clients peuvent notamment être des entreprises ayant recours à des activités de lobbying. Dans son rapport, Transparency International Europe dénonce notamment un système de surveillance actuel « particulièrement faible » et un « manque de sanction » pour les cas avérés de conflits d’intérêts. Pour retirer toute suspicion, l’ONG recommande la création d’une instance de surveillance indépendante du Parlement européen et l’augmentation du niveau d’informations requis pour les déclarations d’intérêts financiers remplies par les eurodéputés.



                            


                        

                        

