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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Selon le journal Bild, le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.
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Dieselgate : Opel visé par une enquête en Allemagne

Selon le journal Bild, le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h30
   





                        


Le constructeur automobile Opel, filiale de PSA, est visé par une enquête des autorités allemandes dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé, samedi 14 juillet, le ministère allemand des transports. « Il y a une audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles (de la norme diesel) Euro 6 », a indiqué un porte-parole du ministère, ajoutant que « rien de définitif » ne pouvait être dit avant les résultats finaux de la procédure.
Dans son édition à paraître dimanche, le tabloïd Bild, qui ne cite pas ses sources, affirme que l’Agence fédérale de l’automobile KBA, tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides » selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ».
Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen d’avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux États-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à 40 fois les normes autorisées.

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Plus de dix fois les normes d’émission d’oxyde d’azote
Selon Bild, il s’agit pour Opel des modèles Cascada, Insignia et Zafira. Au total, 60 000 véhicules seraient concernés dans le monde, dont 10 000 en Allemagne. Ils excéderaient « plus de dix fois » les normes d’émission d’oxyde d’azote, écrit Bild. « La production actuelle n’est toutefois pas touchée », poursuit le journal, citant des sources internes à Opel. Selon Bild, le KBA a informé Opel « cette semaine » de ses soupçons et lui a donné « deux semaines » pour donner sa réponse. Mais « Opel n’a reçu aucune information de la part du KBA », a indiqué le constructeur sur Twitter.
Le BKA avait déjà demandé en 2016 à plusieurs constructeurs, dont Opel, de réduire leurs émissions, rappelle l’agence de presse allemande DPA. Concernant Opel, 90 000 véhicules des modèles pointés par Bild (Zafira, Cascada et Insignia) étaient alors concernés. La procédure de mise aux normes volontaire de ces modèles se poursuit, a encore fait valoir un porte-parole d’Opel, cité par DPA.
Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de Volkswagen et ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l’équipementier Bosch. Plusieurs hauts dirigeants de Volkswagen, dont l’ancien patron Martin Winterkorn, font l’objet de différentes enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère. En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron du constructeur Audi, filiale de Volkswagen, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les avions de chasse israéliens ont visé des installations du mouvement islamiste, qui a de son côté déclenché des dizaines de tirs de mortier et de roquettes, vendredi et samedi.
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Les tensions redoublent entre Israël et le Hamas à Gaza

Les avions de chasse israéliens ont visé des installations du mouvement islamiste, qui a de son côté déclenché des dizaines de tirs de mortier et de roquettes, vendredi et samedi.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 17h36
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


L’armée israélienne et le Hamas ne veulent pas de guerre dans la bande de Gaza, mais chacun contribue, à sa manière, au glissement vers cette sombre perspective. Le ciel au-dessus du territoire palestinien a été marqué par un chassé-croisé de frappes aériennes et de tirs déclenchés par les factions palestiniennes, dans la nuit du 13 au 14 juillet, puis à nouveau au cours de la journée de samedi. Les sirènes d’alerte ont intimé l’ordre aux habitants des communautés israéliennes, le long de la frontière, de se mettre à l’abri.
Du côté gazaoui, plus d’une cinquantaine de tirs de roquettes et de mortiers ont été initiés. Vendredi, un soldat déployé le long de la clôture frontalière a été blessé au torse par un engin explosif. L’armée israélienne, elle, a déclenché des frappes sur des installations militaires attribuées au Hamas. Dans la seule après-midi de samedi, 40 cibles ont été visées selon le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. Un même emplacement peut comporter plusieurs bâtiments à bombarder. Le quartier général du bataillon du Hamas à Beit Lahia a été entièrement détruit. Il comportait des entrepôts d’armement, des centres de commandement, des installations pour l’entraînement. En outre, deux tunnels - au nord de la bande et au sud, près de Rafah - ont été visés.
Répétition
« Notre message aux habitants de Gaza est que le Hamas les pousse au bord de l’abysse », explique Jonathan Conricus. Selon l’armée, le Hamas organise depuis des mois une escalade de violence sur plusieurs fronts, à laquelle Israël se doit de répliquer : il s’agit à la fois de tirs de roquettes, d’engins explosifs le long de la clôture et d’engins volants incendiaires, lancés en direction des communautés frontalières. Des montées de fièvre similaires avaient eu lieu le 29 mai puis le 20 juin. Le Hamas a décidé de ne plus demeurer en position passive, lorsque des frappes israéliennes sont déclenchées sur le territoire gazaoui.
Depuis plusieurs mois, le Hamas et le Djihad islamique, les deux principales factions armées palestiniennes, disent accepter l’idée d’une trêve dans l’utilisation massive des roquettes. Les dirigeants du Hamas envisagent ouvertement la possibilité d’un cessez-le-feu à long terme avec Israël, sur dix ou quinze ans, à une condition : un allégement substantiel, voire une levée, du blocus égypto-israélien enserrant Gaza. Pour renforcer sa position dans les négociations, le Hamas a intérêt à montrer sa capacité de nuisance, alors que la situation économique et sociale est catastrophique dans le territoire.
Les factions se sont concentrées depuis la fin mars sur « marche du grand retour », le long de la clôture frontalière, lors de laquelle près de 135 personnes ont été tuées et plus de 4 000 blessées par les soldats israéliens. Vendredi, un adolescent de 15 ans tentant d’escalader la clôture a été abattu. Malgré ce bilan, le Hamas n’a pas répliqué militairement de façon massive. Mais l’utilisation de ballons incendiaires, gonflés à l’hélium, et de cerfs-volants aux extrémités enflammées - encouragée voire organisée par le mouvement islamiste - a modifié les lignes rouges de chacun.
Efforts diplomatiques
Depuis deux mois, ces armes rudimentaires ont provoqué la destruction de 25 hectares de terres dans les communautés israéliennes proches de Gaza. Elles ont surtout créé, pour la première fois depuis la guerre de 2014, un sentiment d’insécurité et de colère parmi la population. La pression politique exercée par les faucons du Likoud et la droite messianique, en vue d’une réponse massive de l’armée, a placé l’état-major et le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, dans l’obligation d’agir.
Pourtant, les hauts gradés et le chef du gouvernement considèrent actuellement Gaza comme un sujet secondaire par rapport à la situation dans le sud de la Syrie, à savoir la reprise en main du pays par Damas et la question de la présence iranienne, qu’ils veulent empêcher. En outre, M. Nétanyahou est impliqué dans les négociations multilatérales visant à améliorer la situation humanitaire à Gaza. Elles sont initiées par le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix, Nikolaï Mladenov. Parallèlement, l’administration Trump, par l’intermédiaire de l’avocat Jason Greenblatt et du gendre-conseiller du président, Jared Kushner, essaie aussi d’impliquer les pays arabes sunnites dans des initiatives économiques pour faire bouger les lignes dans le conflit israélo-palestinien. Une nouvelle guerre entre Israël et le Hamas serait un désastre humain et compromettrait ces efforts diplomatiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Sur fond de violences, le sacrifice de M. Sharif est censé galvaniser ses partisans, à deux semaines d’élections générales organisées sous la mainmise de l’armée.
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édition abonné


L’ex-premier ministre Nawaz Sharif incarcéré à son retour au Pakistan

Sur fond de violences, le sacrifice de M. Sharif est censé galvaniser ses partisans, à deux semaines d’élections générales organisées sous la mainmise de l’armée.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h57
    |

            Louis Imbert (Islamabad, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Risquer dix ans de prison pour relancer une campagne électorale. L’ex-premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a fait le pari de quitter Londres pour revenir dans son pays avec sa fille, Maryam, et y être incarcéré, vendredi 13 juillet. Ils avaient tous deux été condamnés, une semaine plus tôt par défaut, dans une affaire de corruption. Par ce sacrifice inédit dans sa longue carrière politicienne, M. Sharif entend galvaniser les électeurs de son parti, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), talonnée dans les sondages à deux semaines des élections générales, prévues pour le 25 juillet.
M. Sharif a fait ses adieux vendredi à son épouse, malade du cancer et hospitalisée dans la capitale britannique. L’ex-premier ministre a quitté leur appartement de la très chic Park Lane, qu’il est accusé d’avoir acquis grâce à des fonds illégaux. Il a été arrêté quelques minutes après son atterrissage dans le fief de sa famille, à Lahore, la grande ville de la province du Pendjab, où se joue en large partie ce scrutin. Le père, qui encourt une peine de dix ans, et la fille, condamnée à sept ans de prison, ont été renvoyés immédiatement par avion à Islamabad, selon leur parti. Ils auraient été emmenés par la suite dans la ville de garnison de Rawalpindi, proche de la capitale, pour y être incarcérés dans la prison d’Adiala, selon le quotidien Dawn. Tous deux devaient faire appel de leur condamnation avant lundi.
Résurgence des attentats
Ce retour dramatique a lieu alors que le Pakistan renouait avec une violence islamiste en partie réduite depuis trois ans. Quelques heures avant l’atterrissage des Sharif, un attentat-suicide avait fait près de 130 morts et 300 blessés dans un meeting politique à Mastung, dans la province du Baloutchistan (Sud-Ouest), revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI).
M. Sharif avait dû quitter le pouvoir en juillet 2017, pour la troisième fois depuis 1990. La justice lui interdit de se présenter aux élections,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».
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Coupe du monde : pourquoi les Croates ne parlent pas de « football »

Héritage d’une introduction tardive du sport et d’une histoire linguistique complexe, l’équipe à damier jouera dimanche pour le titre de championne du monde de « nogomet ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h43
    |

            William Audureau








                        



   


Rendez-vous est pris : dimanche, 17 heures, France et Croatie s’affronteront en finale de la Svjetsko prvenstvo u nogometu – ou Coupe du monde de football, dans la langue de Didier Deschamps. Les coéquipiers de Luka Modric, un des favoris pour le Ballon d’or 2018, ont la particularité d’être l’un des rares pays d’Europe à ne pas utiliser le mot football (France, Angleterre), ou ses variantes et dérivés futbal (Espagne), fotbal (République tchèque), futebol (Portugal), fußball (Allemagne), fodbold (Danemark), voetbal (Pays-Bas), ou encore futbol (Russie, Bulgarie, Biélorussie…).
A la place, le croate parle de nogomet, un mot formé à partir de noga (« jambe ») et metati (« mettre, placer »). Le terme, qui s’emploie également en bosnien et en slovène, est attribué à Slavko Rutzner Radmilović, qui aurait créé le terme de toutes pièces au début du XXe siècle. A l’origine de ce choix, l’histoire un peu particulière du football en Croatie : celui-ci a été importé en 1883 par Franjo Bučar, un étudiant croate revenu d’études en éducation physique en Suède, où le sport s’était déjà répandu. Quand il l’introduit à Zagreb, le concept fait fureur, mais les habitants ne connaissent ni son nom ni son vocabulaire. La Croatie appartient alors à l’empire d’Autriche-Hongrie, et les seuls documents et termes de référence sont en allemand.
Le pays où l’anglais n’avait pas eu d’influence
Dès 1903, relate Zagreb. info, le Hrvatski akademski sportski klub (club sportif académique croate, ou HASK) se lance de zéro dans la première traduction locale des règles du football, avec des documents germaniques et non anglais comme sources, et une volonté manifeste d’employer le serbo-croate, langue reconnue depuis les accords de Vienne de 1950. Là où les Français parlent déjà de penalty, de shoot, de goal ou encore de corner, autant de stigmates de l’influence britannique sur le sport, les futurs adversaires des Bleus créent leur propre vocabulaire, fait de vratar pour le gardien, d’udarac iz kuta pour le coup de pied de coin, ou encore de kazna pour le coup de pied de la mort, le petit nom du penalty à l’époque.

   


En 1918, quand l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes, rapidement rebaptisé Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, récupère son indépendance à la suite du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, pas question pour Zagreb de faire marche arrière : l’affirmation de la langue locale fait partie de la construction identitaire de la nation, qui devient en 1928, et jusqu’en 1991, la Yougoslavie.
Seulement, souci : même si l’intercompréhension est totale entre les différentes communautés qui constituent ce pays des Balkans, il n’existe pas une langue, mais un agrégat de parlers proches mais aux usages différents, à l’image du recours au cyrillique côté Belgrade et à l’alphabet latin côté Zagreb. Ou à des différences de vocabulaire, comme le terme nogomet, utilisé par les Croates, les Bosniens et les Slovènes, mais pas par les Serbes, indépendants de l’Autriche-Hongrie au début du siècle, et guère intéressé à traduire football par autre chose que… le calque fudbal. Résultat : le championnat yougoslave de football porte deux noms différents, le prvenstvo Jugoslavije u fudbalu côté serbe et le prvenstvo Jugoslavije u nogometu côté croate.
Un championnat yougoslave, deux noms
En 1950, intellectuels serbes et croates tentent bien, à l’occasion de l’accord de Novi Sad, d’instaurer une politique d’unification linguistique autour du srpskohrvatski jezi, le serbo-croate, ce mot-valise englobant plusieurs parlers et cultures. A tel point que, dans un contexte identitaire explosif qui a mené en 1991 à l’éclatement de la Yougoslavie, le serbo-croate a également été appelé par les instances internationales « BCMS » (bosnien, croate, monténégrin, serbe), tandis que l’usage, relate le Courrier des Balkans, est parfois de parler de naš jezik, « notre langue », pour couper court à des débats plus politiques que linguistiques.

   


A l’image du monténégrin, qui a été officiellement reconnu en décembre dernier comme langue indépendante, sur fond de poussées nationalistes, la tendance est depuis deux décennies à l’accentuation des différences et des originalités de chacun des parlers, sur fond de nationalisme. En 2017, pourtant, des intellectuels ont présenté une « déclaration sur la langue commune » pour rappeler l’existence d’un tronc commun, et surtout de l’intercompréhension quasi totale entre les différents dialectes. Selon Josip Baotic, un linguiste croate, moins de 10 % seulement du lexique distinguent les variantes de « serbo-croate ». A travers cette démarche, ils souhaitent également lutter contre le nationalisme balkan.
« Ceux qui soutiendront la Croatie sont des psychopathes »
La rivalité entre Serbes et Croates est particulièrement vive chez la génération qui a connu la guerre civile au début des années 1990. En marge de Wimbledon, le tennisman serbe Novak Djokovic a ainsi été insulté par un député de son pays pour avoir déclaré qu’il soutiendrait la Croatie en finale de la Coupe du monde.

   


« Je répète que tous ceux qui soutiendront la Croatie contre la Russie sont des psychopathes et des fous, mûrs pour être internés en asile », avait-il déjà déclaré en quarts de finale, rapporte So Foot. Peut-être a-t-il en tête les émeutes du match de football entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile rouge Belgrade en 1990, qui firent 138 blessés, et sont considérés comme l’un des éléments déclencheurs de la guerre civile.
Cette rivalité linguistique et politique occulte pourtant un passé sportif commun glorieux : sous les couleurs de la Yougoslavie, les « Brésiliens de l’Europe », comme on les appelait, ont remporté les Jeux olympiques de football 1960, atteint la finale de l’Euro en 1960 et 1968, et les demi-finales des Coupes du monde en 1930 et 1962. Depuis, chacun a fait bande à part.
Après la disqualification de la Yougoslavie de l’Euro en 1992, remplacée par des Danois bien heureux, la Croatie a atteint les demi-finales du Mondial en 1998, tandis que la Serbie-et-Monténégro se contentait d’un quart de finale d’Euro en 2000. Dimanche, l’équipe au damier aura l’occasion de faire entrer encore un peu plus le nogomet croate dans l’Histoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le président du conseil italien Giuseppe Conte refuse à deux navires militaires, qui ont secouru, vendredi, une embarcation en provenance de Libye, d’accoster en Italie.
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Nouveau bras de fer entre Malte et l’Italie sur le sort de 450 migrants

Le président du conseil italien Giuseppe Conte refuse à deux navires militaires, qui ont secouru, vendredi, une embarcation en provenance de Libye, d’accoster en Italie.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 15h16
   





                        



   


Un nouveau bras de fer oppose samedi 14 juillet l’Italie à Malte, après le transbordement de quelque 450 migrants sur deux navires militaires dans les eaux italiennes. Une embarcation de bois partie depuis la Libye avait été repérée, vendredi 13 juillet à l’aube, dans les eaux internationales mais dans la zone d’intervention maltaise.
Dans un échange de messages, e-mails et appels téléphoniques entre les autorités des deux pays, Rome a tenté vendredi de faire prendre la responsabilité de ces migrants à Malte.
La Valette a répliqué en affirmant que l’embarcation était bien plus proche de l’île italienne de Lampedusa que de son propre territoire, soulignant que les migrants ne voulaient pas d’aide maltaise mais souhaitaient poursuivre leur route vers l’Italie.

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Malte a réitéré samedi avoir respecté « toutes les obligations prévues par les conventions internationales » en ce qui concerne les secours en mer.
Samedi matin, ils ont donc été transbordés à bord de deux navires mais leur sort demeure incertain. Huit personnes, des femmes et des enfants, ont été transportées pour des raisons médicales sur l’île de Lampedusa.
Certains migrants se seraient jetés à l’eau en voyant les deux navires militaires, un italien et un anglais dans le cadre de la mission européenne Frontex, obligeant ainsi les secours à intervenir.
Rome demande une redistribution immédiate des migrants
Selon des sources de la présidence du conseil des ministres, citées par les médias italiens, M. Conte a l’intention de réclamer aux autres pays de l’Union européenne la redistribution immédiate des migrants, faute de quoi leur débarquement en Italie serait interdit.
Le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini a insisté auprès du chef du gouvernement Giuseppe Conte pour que les deux navires aient pour instruction de « faire route vers le sud, la Libye ou Malte ».

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« Il faut un acte de justice, de respect et de courage pour lutter contre les trafiquants d’êtres humains et susciter une intervention européenne », a dit le ministre, également chef du parti d’extrême droite la Ligue, selon son entourage, cité par les agences.
Cette situation rappelle celle du navire humanitaire allemand Lifeline avec ses 233 migrants à bord, obligé d’attendre une semaine en mer l’issue d’un bras de fer entre La Valette et Rome, avant d’être autorisé à accoster à Malte.
En poste depuis le 1er juin, Matteo Salvini, qui veut réduire à zéro le nombre de migrants arrivant sur les côtes italiennes, a décidé il y a un mois d’interdire l’accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée, position qui marque la nouvelle ligne dure de l’Italie en matière migratoire.
Il souhaite désormais élargir cette interdiction aux navires des missions internationales en Méditerranée, la position de l’Italie étant de partager avec l’Union européenne la gestion des flux migratoires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.
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France - Croatie : « Nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale »

A Zagreb, les supporteurs croates attendent la finale de la Coupe du monde face à la France avec un espoir teinté d’un sentiment identitaire.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 14h11
    |

                            Allan Kaval (Zagreb, envoyé spécial)








                        



   


Il ne fait pas tous les jours bon vivre dans le quartier de Zaprude, en périphérie de Zagreb. Les barres d’immeubles de huit étages bâties dans les années 1960 racontent une époque lointaine, un pays qui n’existe plus et un quotidien pas toujours facile. La Yougoslavie de Tito, son rêve socialiste et égalitaire ont laissé dans leur sillage des façades un peu décaties mais de jolis espaces verts. Mateo, 45 ans n’éprouve pas pour autant la moindre nostalgie pour l’utopie dont il habite des vestiges encore sur pied.
Depuis quelques mois, il est de retour chez lui. Après diverses affaires plus ou moins réussies au Moyen-Orient et au mitan d’une vie aventureuse, il a retrouvé le quartier populaire qui l’a vu grandir et où ses parents vivent encore. Sans nostalgie. Son pays, c’est la Croatie de 2018 et la Croatie est en finale. Pour Mateo, ce n’est pas qu’une question de football, c’est une question de revanche.
« Nous, les Croates, on n’est jamais assez bien »
« Tu as vu l’arrogance des Anglais avant la demi-finale ? L’arrogance de leurs journaux quand ils parlaient de la Croatie ? L’arrogance de leurs joueurs ? » enrage-t-il, attablé à la terrasse d’un petit café, « ils l’ont bien mérité leur défaite, pas vrai ? » Le match de dimanche n’a pas encore eu lieu mais, pour lui, il s’agit déjà d’un événement historique : « Nous, les Croates, on n’est jamais assez ceci, jamais assez cela pour l’Europe… Jamais assez bien. Eh bien là on est en finale, nous sommes un petit pays, c’est notre fierté nationale. » Une cliente d’une cinquantaine d’années sort avec un café à emporter. Comme beaucoup à Zagreb, elle porte aujourd’hui le maillot national au damier blanc et rouge.
D’après Mateo, dans la capitale et dans tout le pays, le football a tout recouvert. Mais en Croatie le football – c’est un lieu commun – n’est pas qu’un sport. En témoigne la peinture murale qui recouvre le flanc de son ancienne école primaire. Quatre visages juvéniles peints au pochoir. Des gars du quartier. « Trois sont tombés au combat pendant la guerre d’indépendance, raconte Mateo. Le quatrième était un peu bohème. C’est le foie qui l’a tué. Mais il avait une belle âme, ça lui a valu sa place sur le mur. »
Tous étaient des ultras du Dinamo, le club de football de Zagreb dont les supporteurs les plus acharnés ont fourni les premières recrues aux forces croates au début des guerres de Yougoslavie. Avant la guerre, il y avait le football. Après la guerre, il reste le football.
« Cela me rappelle 1998 »
Au début du conflit, Mateo, adolescent, était courrier dans une unité locale croate qui avait creusé des tranchées autour du quartier. Une base de l’armée yougoslave, à dominante serbe, était située à proximité. « Quand ils sont partis, ils ont pris toutes leurs armes, les salauds. » se remémore Matéo, désormais au volant de sa modeste Volkswagen. Un petit ballon au damier blanc et rouge pend au rétroviseur. Zagreb n’est plus une ville en guerre, mais les souvenirs sont vifs. A Zaprudje, bien sûr, mais aussi dans les quartiers plus huppés du centre-ville où l’architecture n’a plus rien de collectiviste. L’urbanisme et l’architecture déploient tout le raffinement ravalé et le charme repeint de la Belle Epoque austro-hongroise.
A deux pas de la place centrale, Slavitsa – qui ne donnera pas son nom de famille – vient de garer son 4 × 4 noir. Damier rouge et blanc sur les housses qui recouvrent les rétroviseurs. Damier rouge et blanc sur deux petits fanions en plastique accrochés à la fenêtre arrière du véhicule. Damier rouge et blanc sur le tee-shirt qu’elle porte au-dessus de son chemisier. Notaire et mère de famille, Slavitsa s’enthousiasme : « La ferveur qu’on ressent, la fierté d’être croate, notre cohésion, cela me rappelle 1998. »
Reconnue internationalement depuis six ans, dont trois de conflit avec les ex-Républiques yougoslaves voisines, accédait il y a deux décennies aux demi-finales du Mondial avant d’être sortie par un doublé de Lilian Thuram. L’échec si près du but avait laissé un souvenir cuisant à ceux qui avaient l’âge, alimentant au passage diverses théories du complot farfelues. Alors dimanche, voilà une nouvelle revanche à prendre.
Football, nationalisme et guerre
Slavitsa a quelque chose à ajouter : « La ferveur de 1998, c’était déjà le prolongement de notre victoire, de notre indépendance. » Le football, le nationalisme, la guerre. Les fils invisibles qui relient ces univers pris à chaque fois comme un bloc tissent une mémoire, une identité et on ne fait pas le tri dans les gloires et les horreurs qui l’habitent. Entre les chapeaux à damier, les maillots de l’équipe nationale, les casquettes et les drapeaux en tout genre qu’on trouve en vente dans les rues et dans les boutiques à touristes, et qui arrivent à rupture de stock d’après Gabriella Taliareti, vendeuse de souvenirs établie près de la cathédrale, on trouve les traces d’une histoire un peu plus ancienne.
Certains des articles font référence au régime des Oustachis. Cet Etat d’inspiration fasciste allié à l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale qui s’est rendu coupable des pires exactions contre les populations serbes et juives présentes sur son territoire ressurgit sous la forme d’un jeu de mot. « Soyez prêts ! » le slogan des Oustachis résonne dans le slogan « soyez fiers ! » dont sont frappés des tee-shirts aux coloris variés mis en vente pour la finale. Au-delà leurs rivalités parfois meurtrières, les ultras des grands clubs croates ne rechignent pas à s’approprier de la même manière croix gammées et autres symboles d’extrême droite à l’occasion des matchs du championnat national comme à l’étranger.
Fran, 18 ans, n’a que faire de ces breloques et des bagarres de supporteurs qui rythment la vie du football croate. Il ne supporte que l’équipe nationale. « C’est très beau ce qui se passe. Je n’ai jamais vu les gens faire preuve d’autant de bienveillance même en dehors des soirs de match. Ça me donne la chair de poule ! », livre-t-il en ouvrant d’un coup de décapsuleur expert une bouteille de Karlovacko, une des bières nationales, derrière le bar du café où il officie.
Le football croate gangrené par la corruption
Cet été de Coupe du monde, il est serveur dans un établissement fréquenté du centre avant d’intégrer l’école d’aviation civile dont il a remporté le concours haut la main. « Mais bon, dans quelques semaines, tout sera redevenu comme avant, les problèmes économiques seront toujours là… » Une fois diplômé, il compte bien quitter le pays comme tant d’autres jeunes croates. Revenir peut-être à la retraite.
La ferveur que suscitent les succès de l’équipe nationale ne peut pas non plus effacer le fait que Zdravko Mamic, directeur exécutif du Dinamo Zagreb, l’homme fort du football croate mouillé dans un scandale de corruption tentaculaire, ait fui la justice de son pays dans la Bosnie-Herzégovine voisine. Les détournements de fonds concernent d’ailleurs le transfert, en 2004, du milieu de terrain héroïque de la sélection croate, Luka Modric, du Dinamo Belgrad au club londonien de Tottenham. Et ce dernier encourt cinq ans de prison pour faux témoignage devant le tribunal chargé de cette affaire.
D’après la journaliste sportive Dea Redzic du média en ligne Index.hr, le football croate a partie liée à l’identité nationale du pays mais aussi à des travers qui deviennent de plus en plus insupportables à la population : « Le football croate est gangrené par un système mafieux qui est directement lié à l’élite politique. » La présidente de la République Kolinda Grabar-Kitarovic n’a pas manqué de s’afficher abondamment à Moscou comme la première supportrice de l’équipe nationale. Ses liens avec le parrain du football croate fugitif sont cependant connus. « Maintenant, le gouvernement veut tirer parti de ces succès et faire oublier aux gens tous ces problèmes. Mais les gens ne sont pas dupes, la victoire de notre équipe est la nôtre, celle du peuple, pas la leur. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Suspecté d’avoir « incité » au djihad en animant le site Internet Ansar Al-Haqq, le Belgo-Tunisien a fait appel, comme deux de ses coprévenus et le parquet de Paris.
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« Djihad médiatique » : procès en appel pour Farouk Ben Abbes, condamné à quatre ans de prison

Suspecté d’avoir « incité » au djihad en animant le site Internet Ansar Al-Haqq, le Belgo-Tunisien a fait appel, comme deux de ses coprévenus et le parquet de Paris.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 13h50
   





                        



   


En première instance, Farouk Ben Abbes, avait été condamné à quatre ans de prison ferme pour son activité, à la fin des années 2000, sur Ansar Al-Haqq, site djihadiste francophone de référence. Cette figure de l’islam radical sera finalement rejugé, selon des sources proches du dossier à l’AFP, et l’exécution de sa peine suspendue d’ici là.
Le Belgo-Tunisien de 32 ans avait fait appel de sa condamnation, prononcée le 6 juillet, tout comme deux de ses coprévenus. Le parquet, qui avait requis des peines plus lourdes et demandé leur incarcération immédiate, avait également fait appel, selon une source judiciaire.

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Outre les quatre ans d’emprisonnement, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Farouk Ben Abbes à une interdiction définitive du territoire français. Mais en l’absence de mandat de dépôt prononcé à l’audience, Farouk Ben Abbes, qui était jusqu’au printemps l’un des plus anciens assignés à résidence de France, avait quitté libre le tribunal.
C’était la première fois que cet homme, cité dans plusieurs dossiers antiterroristes sans y être poursuivi, était condamné dans une telle affaire. Il avait bénéficié en 2012 d’un non-lieu dans une enquête sur des projets d’attentat signalés en 2009 par les autorités égyptiennes, où la salle de spectacles du Bataclan apparaissait parmi les cibles – six ans avant l’attaque du 13 novembre 2015 qui y fit 90 morts.
Trois autres prévenus condamnés
Comme lui, trois autres anciens administrateurs du site Ansar Al-Haqq avaient été condamnés pour association de malfaiteurs terroriste. Les deux autres prévenus présents au tribunal, Nordine Z. et David R., avaient été condamnés à respectivement quatre et trois ans de prison.

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Le quatrième prévenu, Léonard Lopez, parti en 2015 pour le djihad et qui serait aux mains des Kurdes de Syrie, avait été condamné en son absence à cinq ans assortis d’un mandat d’arrêt.
Désormais fermé, Ansar Al-Haqq, dont le nom signifie « les partisans de la vérité », était une référence du Web djihadiste en langue française à une époque où le djihad armé se menait notamment en Afghanistan ou au Pakistan.
Alors que les prévenus avaient affirmé que leurs activités sur le site se résumaient à « informer », le tribunal avait jugé que le site avait bien « incité » au djihad, avec « une vocation de recrutement » pour le combat armé « dans la lignée de ce qu’Al-Qaida recherchait, mener le “djihad médiatique” ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le chef de l’Etat doit concrétiser en personne la spectaculaire normalisation entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique, après vingt ans de guerre.
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Compte rendu

Visite historique du président érythréen en Ethiopie

Le chef de l’Etat doit concrétiser en personne la spectaculaire normalisation entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique, après vingt ans de guerre.


Le Monde.fr avec AFP et Reuters
              datetime="2018-07-14T10:56:15+02:00"

        Le 14.07.2018 à 10h56






    
Des drapeaux érythréens et éthiopiens dans les rues d’Addis-Abeba, samedi 14 juillet.
Crédits : TIKSA NEGERI / REUTERS


C’est une visite historique, après vingt ans de guerre. Le président érythréen, Issaias Afeworki, est arrivé samedi 14 juillet en Ethiopie, pour concrétiser en personne la spectaculaire normalisation entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique, qui ont adopté, il y a quelques jours à peine, une inattendue « déclaration conjointe de paix et de coopération ».
A son arrivée à Addis-Abeba, le chef de l’Etat érythréen a été accueilli par le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed. La visite officielle du leader de ce petit pays de plus de 5 millions d’habitants doit durer trois jours.

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« Une nouvelle ère de paix et d’amitié »
La semaine passée, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed était lui-même venu à Asmara, capitale de l’Erythrée. Dans la foulée de cette rencontre, l’Ethiopie et l’Erythrée ont annoncé cette semaine qu’ils allaient rouvrir leurs ambassades et les routes les reliant, reprendre les vols entre les deux pays et coopérer au développement des ports érythréens.
La déclaration conjointe des deux Etats précise, en outre, que « l’état de guerre qui existait entre les deux pays est arrivé à sa fin. Une nouvelle ère de paix et d’amitié s’ouvre ». « Les deux pays œuvreront à promouvoir une étroite coopération, dans les secteurs de la politique, de l’économie, du social, de la culture et de la sécurité », ajoute ce document.

    
Les revendications frontalières historiques entre l'Ethiopie et l'Erythrée
Crédits : Infographie Le Monde


Entre 70 000 et 100 000 victimes
Autrefois façade maritime de l’Ethiopie avec les ports de Massawa et d’Assab, l’Erythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991.
Or, de 1998 à 2000, l’Ethiopie et l’Erythrée se sont livré une guerre conventionnelle, avec chars d’assaut et tranchées, qui avait fait entre 70 000 et 100 000 victimes, notamment en raison d’un désaccord sur leur frontière commune. Le refus éthiopien d’appliquer une décision en 2002 d’une commission soutenue par l’ONU sur le tracé de la frontière a ensuite entretenu l’animosité entre les deux pays.

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L’Erythrée, pays paria
Cette tension de presque deux décennies a été traversée par d’accès de violence, notamment lors d’incidents le long de la frontière, demeurée litigieuse malgré les indications de délimitation proposées par une commission indépendante à la demande des belligérants dans le cadre des accords d’Alger.
Ces troubles sont aussi à l’origine des déplacements de populations et des flux migratoires vers l’Europe. L’Erythrée, un des régimes les plus fermés et les plus répressifs au monde, a pris prétexte de questions sécuritaires pour museler toute opposition et interdire la presse indépendante. Il impose aussi un service militaire obligatoire qui peut durer indéfiniment, une autre des raisons qui incite les jeunes à fuir le pays. La détente avec l’Ethiopie voisine est ainsi assurément une manière pour le pays paria d’ouvrir la voie à une certaine normalisation, en s’inscrivant dans les changements en cours dans la Corne de l’Afrique.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Tous les Etats membres, à l’exception notable des Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une meilleure coopération internationale sur le sujet.
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L’ONU s’accorde sur un pacte mondial sur la migration

Tous les Etats membres, à l’exception notable des Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une meilleure coopération internationale sur le sujet.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 09h56
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


L’ONU a démontré que le multilatéralisme n’était pas complètement mort en s’accordant, vendredi 13 juillet, sur un pacte mondial sur la migration, l’un des sujets les plus controversés du moment. C’est une « une bouffée d’air frais », a reconnu un diplomate, en référence au durcissement des politiques migratoires en Europe ou aux Etats-Unis.
Au total, 192 Etats membres des Nations unies – excepté les Etats-Unis, qui se sont retirés des négociations au mois de décembre – ont entériné l’idée d’un « pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée », qui doit encore être formellement adopté à Marrakech les 10 et 11 décembre prochain. Les deux cofacilitateurs, l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, et le Mexicain Juan José Gomez Camacho, ont salué un effort de coopération « historique ».
« On peut se mettre la tête dans le sable »
La manœuvre – qui avait commencé il y a plus de dix-huit mois à la suite de la « déclaration de New York » – était périlleuse, tant les Etats membres sont soucieux de préserver leur souveraineté sur un sujet qui suscite de vives réactions populistes à travers le monde, et notamment en Europe qui connaît sa plus grave crise migratoire depuis la seconde guerre mondiale.

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Le président de l’Assemblée générale, le Slovaque Miroslav Lajčák, avait rappelé au début du cycle de négociation l’urgence de trouver un accord :
« On peut se mettre la tête dans le sable, se dire qu’on s’en occupera demain, que ce sera pour une autre génération, lors d’une autre crise. Ou alors agir, planifier, organiser un système et répondre à un phénomène mondial par une solution mondiale. »
Grâce à ce document non contraignant, les Etats s’engagent à mieux coopérer pour réduire le chaos de la migration irrégulière et combattre les trafics d’êtres humains, comme en Libye notamment.
L’Union européenne « d’une seule voix »
Le pacte, qui repose sur vingt-trois objectifs, est « un guide des bonnes pratiques et un catalogue de solutions », résume Louise Arbour, la représentante spéciale du secrétaire général sur la migration, et ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme. « Il rappelle tous les grands principes tels que la défense des droits de l’homme et de l’enfant et couvre tout le spectre de la migration, que ce soit la compilation de données pour mieux appréhender le phénomène migratoire ou les questions liées au départ, au transit, à l’accueil, au travail, à l’accès aux services sociaux, au retour et à la réintégration, explique-t-elle. Les Etats membres ont accepté de négocier, car ils ont compris que ce pacte ne forçait en rien l’adoption de politiques nationales. »
L’Union européenne, profondément divisée sur la réponse à apporter à cette crise, a parlé « d’une seule voix durant les négociations », assurent les deux cofacilitateurs. C’est même, selon un participant, l’Autriche qui a pris la parole au nom des Vingt-Sept alors que Vienne – qui préside l’Union européenne pour les six prochains mois – tente de renégocier toutes les règles du droit d’asile européen.

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Des pays « ancrés dans la paranoïa »
« La conversation à New York entre Etats membres a été plus sereine, plus respectueuse, plus ancrée dans la réalité. Maintenant, le défi va être de réconcilier des discours nationaux qui sont ancrés dans la paranoïa. C’est un pari sur l’avenir, car la mobilité humaine est non seulement un phénomène inévitable mais surtout, bien gérée, elle peut donner des dividendes extrêmement positifs », assure Mme Arbour.
Selon l’ONU, les migrants représentent 3,4 % de la population mondiale soit 258 millions de personnes. Ils contribuent à près de 10 % du produit intérieur brut global, selon une étude du cabinet de conseil McKinsey.

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Si les organisations internationales se sont réjouies de l’adoption de ce pacte, elles se sont élevées contre le langage employé sur la détention des mineurs, qui, selon le pacte, ne doit intervenir « qu’en dernier recours ». « J’aurais évidemment voulu que ce soit une interdiction totale, assure une négociatrice, mais le principe d’une négociation est de faire des compromis et cette question était une ligne rouge pour de nombreux Etats. »
« C’est un très bon texte ! Est-ce que c’est parfait ? Non, évidemment. Le langage aurait pu être plus robuste, mais ce pacte va dans la bonne direction », estime pour sa part une diplomate. « L’important, c’était d’avoir cette vision collective et un engagement », assure, quant à elle, Mme Arbour. « Nous ouvrons pour la première fois un grand débat de manière progressiste. A nous maintenant d’insuffler un vent de concrétisation. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès, qui achèvent leurs études dans ces prestigieuses universités britanniques, racontent l’effervescence et le faste de ces bals mythiques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

« A Oxford et Cambridge, démesure et excentricité marquent les bals de fin d’année »

Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès, qui achèvent leurs études dans ces prestigieuses universités britanniques, racontent l’effervescence et le faste de ces bals mythiques.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h30
   





                        



   


Chronique britannique. Diplômés de Sciences Po, Noé Michalon et Pierre-Yves Anglès ont étudié dans les universités d’Oxford et de Cambridge ces derniers mois, le premier dans un master en études africaines et le second dans le cadre d’un séjour de recherche en master de littérature.
A Oxford comme à Cambridge, l’année s’est terminée sous un vaste soleil – événement suffisamment rare pour être salué. Les pelouses ont été prises d’assaut pour jouer au croquet ou pique-niquer. Les punts – ces barques à fond plat emblématiques d’« Oxbridge » [mot-valise désignant à la fois les universités de Cambridge et d’Oxford] – ont sillonné les rivières Cherwell et Cam des deux villes. Des étudiants de toutes les nationalités se sont agglutinés devant les écrans géants des pubs pour suivre la Coupe du monde – les règles du football moderne ont d’ailleurs été formalisées en 1863 dans l’un des parcs de Cambridge.
La fameuse May Week d’une dizaine de jours à Cambridge et plus à Oxford
Mais l’événement de fin d’année le plus emblématique d’Oxbridge reste la saison des bals et des garden-parties, resserrée sur la fameuse May Week d’une dizaine de jours à Cambridge et un peu plus étalée tout au long du printemps dans la plus fêtarde ville d’Oxford. Ces événements prestigieux sont extrêmement prisés, et largement cathartiques après le stress des examens, permettant de souder étudiants, professeurs, membres d’un département ou chercheurs d’une même discipline.

   


Le fric, c’est chic
Pour être présents, nous avions pris nos dispositions dès janvier. Les places se vendent comme des petits scones, malgré les tarifs pas franchement abordables de ces sauteries à l’ambiance Great Gatsby. C’est même à l’aune de la démesure d’un bal qu’on jauge le prestige du college organisateur. Comptez ainsi 300 livres sterling (340 euros) pour le bal de Christchurch, à Oxford ; le lieu qui aurait inspiré Poudlard dans la saga « Harry Potter », tandis que le modeste Kellogg College de Noé en demande 65 livres.
Les récits d’intrusion, plus ou moins discrète, dans des bals abondent
Une parade existe néanmoins : « De nombreux bals offrent des billets gratuits contre quelques heures de bénévolat », explique Claire Poullias, doctorante française en neurosciences, incollable sur les mondanités printanières d’Oxford. Les récits d’intrusion, plus ou moins discrète, dans des bals abondent : par la fenêtre, voire par la nage pour les colleges en bord de rivière. Mais difficile de faire illusion très longtemps dans un bal quand on arrive grelottant, le smoking trempé…
Certains s’indignent sur des forums en ligne de ces prix « scandaleusement chers et socialement discriminants ». Tout un marché d’échange et de revente de places fait également fureur sur Facebook. S’y ajoute un juteux business lié au dress code très strict de certains colleges : les hommes devront louer des ensembles white tie (« cravate blanche ») avec queue-de-pie – ce qui coûte une centaine d’euros supplémentaires. Le plus abordable black tie (« cravate noire ») l’emporte quand même le plus souvent – costumes sombres avec nœud papillon et robes de soirée.
Gondoles, autos tamponneuses et magiciens
La démesure déployée lors de ces événements exceptionnels semblent légitimer une hausse des prix… menant vers toujours plus d’extravagances. Des artistes de renommée mondiale, comme Calvin Harris ou le groupe de rock The Hoosiers, s’y sont produits. Les colleges, si granitiques qu’ils soient, sont habilement décorés pour coller aux thèmes choisis : forêt, jardin d’Eden et autres bizarreries. On y trouve de nombreuses scènes, des stands photo, manucure et attractions en tout genre – gondoles, autos tamponneuses, magiciens et jeu de laser.
Des centaines de personnes casquées dansant frénétiquement
Cette année, la tendance semblait aussi aux paillettes et aux silent discos : des centaines de personnes casquées dansant frénétiquement dans les halls médiévaux ou victoriens silencieux, chacun choisissant la fréquence musicale du DJ qui lui convient.
Les colleges les plus riches s’offrent également des feux d’artifice somptueux. A Cambridge, on prétend d’ailleurs que St. John’s College garde l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de livres sterling de feux d’artifice en stock au cas où Trinity, le college rival, tenterait de leur voler la vedette. Les budgets d’un bal de « grands colleges » avoisine 500 000 livres (565 600 euros), loin des « modestes » 33 000 livres du Kellogg College d’Oxford.
Organiser la rareté et stimuler la demande
Si la nourriture est illimitée dans ces bals, la boisson cristallise toutes les passions. De nombreux bars proposent bières, cocktails et gin tonic. La rupture de stock en Prosecco arrive généralement vers 1 heure du matin.
En 1993, on raconte aussi qu’il y a eu une petite insurrection lorsque des étudiants du bal de Christ Church, à Oxford, se sont aperçus que les 130 livres dépensées ne leur donnaient pas droit à un open bar de mousseux. L’Angleterre rencontrait alors des difficultés économiques et plusieurs bals avaient dû être annulés faute de clientèle, faisant dire à un responsable étudiant que « de plus en plus d’étudiants préfèrent dépenser 20 livres en bières que 80 en champagne ». En 2013, le Guardian relatait un bal calamiteux où quelques-uns des convives affamés avaient mis le feu à leur tenue de soirée en patienter près des grils…
Il faut séduire les étudiants avant les autres bals avec des sites Internet éphémères au design épuré
Mais l’organisation est habituellement millimétrée : Vicki Hodgson, présidente du May Bal du college d’Homerton, à Cambridge, explique que son « comité d’étudiants consacre environ quinze heures par semaine à l’organisation d’un événement pour 1 500 invités ». Robin Ankele, vice-président de la common room (le bureau des élèves local) du Kellogg College d’Oxford, explique avoir commencé à y travailler dès février, ce qu’il juge assez tardif : il faut séduire les étudiants avant les autres bals, en donnant un avant-goût de l’événement avec des sites Internet éphémères au design épuré.
Certains bals n’ont d’ailleurs lieu que tous les deux ou trois ans, pour limiter les frais, organiser la rareté et stimuler la demande. Ils témoignent néanmoins d’une caractéristique d’Oxbridge : la multitude et l’ampleur des événements organisés et gérés par les étudiants. Pièces de théâtre, défilés de mode, expositions, édition de revues, concerts… dans ces petites villes, la vie sociale et culturelle est largement à l’initiative des étudiants qui se forment aussi à travers ces initiatives.
Une bouffée d’euphorie et d’inventivité

   


A ces événements s’ajoutent de nombreuses garden-parties très détendues, plus familiales et souvent informelles, où le Pimm’s – cet énigmatique alcool fruité – coule à flots. Et à Cambridge, le King’s College, qui se revendique d’extrême gauche, préfère organiser un « festival » plutôt que s’astreindre au formalisme de May Week. Un thème parfois ésotérique – « musique des sphères » cette année – régit l’ensemble et les étudiants rivalisent de créativité dans des costumes fantasques, volontiers queer, voire minimalistes. Il paraît que la MDMA [une amphétamine] circule largement dans ces soirées. La King’s Affair s’avère en tout cas une bouffée d’euphorie et d’inventivité.
Nous aurions sûrement payé davantage si nous avions consommé ailleurs tant de nourriture, de boissons…
Ces bals d’Oxbridge sont souvent mémorables. Ils raffermissent l’esprit d’appartenance à ces universités et contribuent au mythe qui les entoure. Nous relativisons d’autant mieux le prix de certaines soirées que nous aurions sûrement payé davantage si nous avions consommé ailleurs tant de nourriture, de boissons et d’activités en l’espace de dix heures.
A 5 heures du matin, nous avons fait « la photo des survivants » et gagné notre petit déjeuner. Le jour était déjà bien levé sur l’Angleterre, et nous mesurions notre chance, pas seulement pour le café gratuit, mais aussi d’avoir expérimenté cette excentricité britannique inimitable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.
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En Islande, le harponnage d’un mystérieux cétacé fait polémique

Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h21
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h39
   





                        



   


Baleine bleue, rorqual commun, ou hybride ? La polémique enfle en Islande à la suite des accusations d’une association de défense des animaux, laquelle affirme qu’une baleine bleue aurait été harponnée, une première depuis cinquante ans.
« Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière Hvalur hf, à Hvalfjördur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet », a fait savoir l’association internationale dans un communiqué. La baleine bleue est en effet une espèce protégée depuis 1966 et sa chasse est interdite par la Commission baleinière internationale.
Pourtant, de nombreux experts en Islande mettent en doute les affirmations portées par Sea Shepherd. Selon les spécialistes, l’animal harponné présente des caractéristiques semblables à la baleine bleue… et au rorqual commun, deuxième plus grand animal vivant sur la planète derrière la baleine bleue. Or l’unique entreprise islandaise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf, a été autorisée en avril à reprendre la mer.
Une espèce hybride ?
L’animal possède ainsi « un large côté dorsal avec une petite nageoire comme les rorquals communs, ce qui peut expliquer la raison pour laquelle il a été tué en tant que tel », a indiqué Gisli Vikingsson, biologiste marin et spécialiste des baleines à l’Institut de recherche marine et d’eau douce. « Sa taille et ses marques sur la peau sur les côtés sont en revanche proches de la baleine bleue », a-t-il ajouté.

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« Nous l’avons harponné en pensant que c’était un rorqual commun, s’est défendu Hvalur hf, par la voix de Kristjan Loftsson, son PDG interrogé par l’AFP. Nous voyons des baleines bleues en mer tout le temps sans jamais y toucher car nous les identifions grâce au souffle émis par leur évent. » En effet, le souffle est plus important chez les baleines bleues que chez les autres espèces de baleines.
Selon Gisli Vikingsson, il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre la baleine bleue et du rorqual commun, un phénomène rare. Depuis 1987, cinq animaux de ce type ont été observés dans les fonds marins islandais, selon M. Loftsson. Ils souffrent tous d’infertilité.

   


« Activité imprécise et imparfaite »
D’ici à la fin du mois de juillet, les premiers résultats d’analyses devraient être connus – mais pourraient ne pas être suffisants. Un test ADN, initialement programmé pour cet automne, va également être rapidement pratiqué face aux débats que suscite la prise.

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« Cela montre à quel point cette activité est imprécise et imparfaite et qu’il n’y a absolument aucun besoin de la poursuivre », a déclaré pour sa part Sigursteinn Masson, responsable de l’antenne islandaise du Fonds international pour la protection des animaux. « Les hybrides sont d’une rareté encore plus importante que les baleines bleues qui sont pourtant elles-mêmes listées comme espèce en danger », a-t-il ajouté, appelant à l’arrêt immédiat de la chasse au rorqual commun.
Aucune loi ne régit la chasse à la baleine hybride. En revanche, son commerce est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Des dizaines de milliers de personnes ont défilé vendredi à Londres contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Dans un monde de plus en plus chaotique, l’ancien ministre des affaires étrangères appelle à un sursaut mental des Européens.
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L’avertissement d’Hubert Védrine

Dans un monde de plus en plus chaotique, l’ancien ministre des affaires étrangères appelle à un sursaut mental des Européens.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h00
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Le livre. Toujours, il a récusé les illusions nées de la chute du mur de Berlin et l’hubris d’un Occident dominé par l’hyperpuissance américaine imaginant la fin de l’Histoire sur fond de triomphe du marché et de la démocratie libérale. Hubert Védrine se revendique volontiers comme un tenant de l’école réaliste en politique étrangère. « Pour comprendre notre monde, il faut se défaire de nos chimères, rejeter nos œillères et l’analyser avec un œil réaliste, non idéologique, ni occidentalo-centré, ni occidentalo-expiateur, saisir des tendances de fond et les déplacements des plaques tectoniques », écrit l’ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin et ex-secrétaire général de l’Elysée de François Mitterrand. S’il n’a jamais été un grand optimiste, Hubert Védrine s’est rarement montré aussi inquiet quant à l’état du monde et l’avenir de l’Europe que dans ce dernier livre dont le titre, Comptes à rebours, sonne comme un avertissement.
Trois grands chocs vont totalement bouleverser la donne. Il y a l’urgence écologique « qui commande tout le reste même si ce sujet ennuie au plus haut point ceux qui vivent de et pour la politique », note-t-il avec la ferveur du converti. Il y a l’explosion démographique, notamment celle de l’Afrique, qui en 2050 comptera plus de 2,4 milliards d’individus – un quart de l’humanité – et l’Europe à peine 500 millions. « D’où le spectre d’un suicide démographique européen et celui d’un débordement brutal des zones de haute pression démographique des pays en expansion voire en explosion démographique de l’ancien Sud sur les zones de basse pression, d’une sorte d’invasion moderne, lente mais inéluctable, impossible à endiguer comme une montée des eaux », note Védrine. Et, enfin, le choc de la révolution numérique.
Les Occidentaux toujours plus désorientés
Face à ces défis existentiels, les pays occidentaux – à commencer par les Etats-Unis –...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Oscar Muñoz, qui occupait des postes à responsabilités au sein de l’archevêché de Santiago, est soupçonné d’avoir abusé d’au moins sept mineurs.
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Chili : un curé placé en détention provisoire pour agression sexuelle

Oscar Muñoz, qui occupait des postes à responsabilités au sein de l’archevêché de Santiago, est soupçonné d’avoir abusé d’au moins sept mineurs.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 06h13
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h49
   





                        


Soupçonné d’avoir abusé d’au moins sept mineurs, un curé a été placé en détention provisoire pour 180 jours, vendredi 13 juillet au Chili, a annoncé la justice de ce pays secoué par une série de scandales de pédophilie au sein de son église.
Oscar Muñoz, 56 ans, qui occupait ces dernières années des postes à responsabilités au sein de l’archevêché de Santiago, a été arrêté jeudi. Il restera en détention pendant que l’enquête de la justice chilienne progresse.
« La prison provisoire est une mesure très lourde, cela implique la privation totale de liberté pour une personne », a déclaré à la presse Emiliano Arias, le procureur de Rancagua (120 km au sud de Santiago), où le prêtre a été arrêté. Pour ces affaires qui se seraient déroulées entre les années 2002 et 2018 dans les villes de Santiago et Rancagua, Muñoz encourt une peine de quinze ans, selon le magistrat.

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Des perquisitions
Par ailleurs, des enquêteurs de la police et des procureurs ont mené des perquisitions dans des bureaux des évêchés de Temuco et Villarrica, dans la région d’Araucania (Sud), toujours à la suite d’allégations d’abus sexuels, a rapporté une source policière. L’enquête qui a débuté le 19 juin porte sur des accusations à l’encontre de cinq religieux, selon la presse locale.

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L’opération a été menée après que les évêchés concernés eurent refusé de fournir des informations requises par le parquet. Selon la presse locale, les enquêteurs ont saisi des documents et des ordinateurs.
Le 18 mai, l’ensemble de la hiérarchie de l’Eglise chilienne a présenté sa démission au pape dans le cadre d’un énorme scandale de pédophilie et d’omerta, un coup de tonnerre qui a fait suite à une série de mea culpa du Saint-Père adressés au peuple chilien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Conformément à l’accord de paix, les FARC vont être jugés pour leurs exactions. Trente et un anciens chefs guérilleros sont inculpés de « détention illégale de personnes ».
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Colombie : « Timochenko » demande pardon pour les exactions des FARC

Conformément à l’accord de paix, les FARC vont être jugés pour leurs exactions. Trente et un anciens chefs guérilleros sont inculpés de « détention illégale de personnes ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 03h48
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 15h10
   





                        



   


« Nous demandons pardon. » Outre les excuses, le chef de l’ancienne guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Londono, alias « Timochenko », s’est engagé à faire « l’impossible » pour que les victimes connaissent la vérité, lors du procès vendredi 13 juillet pour les exactions commises par des responsables du mouvement. « Nous assumerons la responsabilité qui nous incombe », a ajouté Rodrigo Londono, à l’issue de cette première journée du procès à Bogota.

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Conséquence de l’accord de paix conclu avec le gouvernement en 2016 à La Havane, les FARC se sont converties l’an dernier en parti politique, gardant le même acronyme. Les ex-guérilleros, qui se sont également engagés à rendre compte de leurs crimes et à dédommager leurs victimes, sont poursuivis pour 6 162 cas d’enlèvements, commis entre 1993 et 2012, parmi lesquels celui de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, séquestrée durant six ans jusqu’à sa libération par l’armée le 2 juillet 2008.
Des peines plus courtes
La justice a convoqué trente et un anciens chefs guérilleros, sous l’inculpation de « détention illégale de personnes ». Seuls Timochenko, Pablo Catatumbo et Carlos Lozada – deux autres ex-dirigeants des FARC – se sont présentés au procès, les autres accusés ayant envoyé leurs avocats. Ils vivent tous en liberté, sauf Jesus Santrich – un autre ex-dirigeant détenu par les États-Unis pour trafic de drogue – qui s’est exprimé par vidéoconférence depuis sa prison.
S’ils respectent l’accord signé avec le gouvernement colombien et abandonnent toute violence, les anciens membres de la guérilla, devenue parti politique, purgeront des peines plus courtes, allant de cinq à huit ans d’incarcération dans un lieu alternatif à la prison.
« Je suis ici à votre disposition, profondément ému de voir la manière dont se concrétise le rêve que nous avons bâti à La Havane », où l’accord qui a mis fin à plus de cinquante ans de conflit a été conclu, a déclaré Timochenko.

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Près de 7 000 guérilleros ont depuis déposé les armes et le parti nouvellement créé, la Force alternative révolutionnaire commune, aura dix députés au Parlement à partir du 20 juillet. L’accord de paix divise toutefois encore profondément la Colombie, certaines victimes exigeant d’abord la vérité concernant les enlèvements de leurs proches et le sort qui leur a été réservé, avant toute clémence de la justice.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 13/07/2018
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Trump quitte l’Angleterre après avoir attisé les braises du Brexit

Le président américain n’a pas ménagé son hôte, Theresa May, lors de son voyage. Une visite déstabilisante en plein chaos politique.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 02h51
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h58
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

L’impossible cousin d’Amérique, celui qu’on gâte mais qui vous méprise, a quitté l’Angleterre, vendredi 13 juillet au soir. La première ministre britannique Theresa May doit se sentir soulagée. Le président des Etats-Unis Donald Trump ne lui a rien épargné. Ni le désaveu claironné dans le tabloïd Sun de ses tentatives de rapprochement avec l’Union européenne (UE) dans la négociation du Brexit.
Ni le coup de poignard dans le dos qui a consisté à désigner son adversaire, l’ultra brexiter Boris Johnson, comme « un type qui ferait un formidable premier ministre » à sa place. Insulte répétée devant l’intéressée lors d’une conférence de presse surréaliste, tenue en plein air à Chequers, la résidence de campagne des chefs du gouvernement britannique. Une sorte de cruel jeu de rôle où l’humiliée a dû ravaler sa fierté tandis que son persécuteur, tout en condescendance, faisait mine de s’excuser.

Oui, un article était paru dans la presse, a admis M. Trump, mais « il ne reflète pas ce que j’ai dit de la première ministre. C’est ce qu’on appelle des fake news », a-t-il osé. En réalité, Mme May est une « femme incroyable qui fait un travail fantastique ». En la revoyant vendredi matin, après la publication de l’interview assassine, a assuré le président américain, « je lui ai dit : “je voudrais m’excuser parce que [en réalité] j’ai dit beaucoup de bonnes choses sur vous”. Elle m’a dit : “ne vous en faites pas, ce n’est que la presse”. J’ai trouvé que c’était très professionnel. » 

Quant au « niet » à un accord de libre-échange Londres-Washington pour cause de maintien des liens avec l’UE, clairement exprimé et justifié dans l’entretien du Sun, ce serait encore un malentendu. « Quoi que vous fassiez [sur le Brexit], ça me va, c’est votre décision. Assurez-vous seulement que vous pouvez commercer avec nous, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Près de cinq ans après le début de la guerre civile, le conseil de sécurité espère porter un coup d’arrêt aux violences et mieux protéger les populations civiles.
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Compte rendu

L’ONU frappe le Soudan du sud d’un embargo sur les armes

Près de cinq ans après le début de la guerre civile, le conseil de sécurité espère porter un coup d’arrêt aux violences et mieux protéger les populations civiles.

Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-14T00:44:53+02:00"

        Le 14.07.2018 à 00h44





Fallait-il décider d’un embargo sur les armes maintenant au Soudan du Sud alors que les deux leaders – le président Salva Kiir et l’ex-vice président Riek Machar – montrent de timides signaux de leur volonté d’aboutir à un accord de paix ? Le conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a répondu par la positive, vendredi 13 juillet, en frappant le jeune état d’un embargo sur les armes jusqu’au 31 mai 2019 et en imposant des sanctions individuelles contre deux responsables militaires. Mais la forte polarisation du conseil (neuf votes positifs – le minimum pour l’adoption d’une résolution – et six abstentions) témoigne d’un embarras certain face aux risques de fragiliser les avancées des dernières semaines. Fin juin, Salva Kiir et son rival Riek Machar avaient annoncé à Khartoum la signature d’un énième accord de cessez-le-feu.

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Les Etats-Unis, état parrain du Soudan du Sud et à l’origine du texte voté, ont balayé la question. « Un cessez-le-feu a déjà été signé en décembre dernier », a rappelé l’ambassadrice Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU. « Tous les mois, on nous en annonce un nouveau. Ils n’ont jamais tenu. Pourquoi octroyer plus de temps à ceux responsables de cette folie ? » L’embargo sur les armes devrait permettre de réduire le niveau de violence. « Ce sont des armes que les groupes armés ont utilisées pour tirer sur des pères devant femmes et enfants, pour braquer les convois d’aide alimentaire ou pour attaquer des femmes et des filles », a-t-elle justifié. « Nous devons changer la donne et montrer que l’ère de l’impunité est terminée. »

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Ce vote positif est une petite victoire diplomatique pour Mme Haley qui avait rencontré le président Kiir au mois d’octobre et lui avait fait part de l’intense frustration de Washington face aux retards persistants dans l’application de l’accord de paix et aux attaques répétées contre les civils, les casques bleus et les personnels humanitaires. Depuis des mois, les Etats-Unis travaillaient à réunir le nombre de voix nécessaires pour aboutir à cet embargo – qui avait déjà été rejeté en décembre 2016 sous l’administration du président Obama. C’est le vote positif de la Côte d’Ivoire, qui s’est désolidarisée du groupe africain au conseil de sécurité, qui a rendu possible son adoption, largement saluée par la société civile qui y voit « une lueur d’espoir » mais qui estime que le défi réside maintenant dans son application.

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Les conséquences pour le processus de paix questionnées
Le texte souligne la « préoccupation profonde » des diplomates « face à l’échec des dirigeants du Soudan du Sud à mettre un terme aux hostilités » et « condamne les violations continues et flagrantes » de l’accord de cessez-le-feu et de libre accès humanitaire conclu en 2015. Il donne par ailleurs le droit aux états membres de détruire ou neutraliser toute livraison d’armes interdites. Deux responsables militaires, appartenant aux deux camps-Malek Reuben Riak, ex-chef d’état-major adjoint, et Paul Malong Awan, ex-chef d’état-major devenu un des dirigeants de l’opposition, sont sanctionnés.
Pour aboutir à ce vote, les Etats Unis ont été contraints à des concessions, notamment le retrait de la liste des sanctionnés de trois ministres du gouvernement – de la défense et de l’information notamment – qui figurait à l’origine dans le texte partagé aux quinze membres du conseil. Washington a dû faire marche arrière face à la levée de bouclier que cela avait suscité chez certains états membres qui y voyaient une provocation alors que les tractations diplomatiques pour un processus de paix ont repris sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD) et de l’Union Africaine (UA).

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L’Ethiopie, par la voix de son représentant à l’ONU a dénoncé un vote « qui aura des conséquences très graves pour le processus de paix » alors que le conseil de sécurité a voté un embargo qui était dénoncé par l’UA et les pays de la sous-région. « Le conseil fait bande à part » a t-il dénoncé « et n’a pas écouté les appels de la région » Les parties aux conflits « devraient recevoir des encouragements », a t-il souligné et ne pourront être que « confuses » de ces sanctions. Cet embarras était perceptible parmi les états membres qui ont voté en faveur de l’embargo. « Cette résolution ne vise pas à nuire aux négociations menées par l’IGAD. Son objectif est de protéger les populations civiles », a plaidé le représentant français François Delattre qui s’est efforcé de ménager les susceptibilités et de protéger les acquis – même timides – des derniers jours en faveur de la paix.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Comme promis lors de sa campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à ce régime d’exception durant lequel il a mené une traque contre ses opposants.
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Après deux ans, l’état d’urgence prend fin en Turquie

Comme promis lors de sa campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à ce régime d’exception durant lequel il a mené une traque contre ses opposants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 22h42
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h32
   





                        



   


Deux ans après son instauration, à la suite d’un putsch avorté, l’état d’urgence en Turquie prendra fin mercredi. « L’état d’urgence actuel arrivera à expiration au soir du 18 juillet. Notre président a la volonté (…) de ne pas le prolonger », a déclaré vendredi 13 juillet le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, lors d’une conférence de presse à Ankara.
« La lutte contre le terrorisme va se poursuivre dans le cadre des lois actuelles », mais l’état d’urgence pourrait être rétabli « en cas de situation extraordinaire », a-t-il ajouté. Recep Tayyip Erdogan, qui a entamé le 9 juillet un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs renforcés après sa réélection le 24 juin, avait promis lors de sa campagne de lever d’état d’urgence après que ses principaux rivaux l’eurent fait.
77 000 personnes incarcérées
Ce régime d’exception avait été instauré le 20 juillet 2016, dans la foulée de la tentative de putsch du 15 au 16 juillet imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, lequel nie toute implication. Mis en place pour une durée initiale de trois mois, l’état d’urgence a été sans cesse prolongé depuis, suscitant des critiques de plus en plus vives contre ce régime qui élargit considérablement les prérogatives du président et des forces de sécurité.

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Dans le cadre de l’état d’urgence, les autorités turques ont mené une traque impitoyable contre les partisans présumés de M. Gülen. Au-delà des putschistes présumés, les purges ont également frappé des opposants prokurdes, des médias critiques et des ONG. En tout, quelque 77 000 personnes ont été incarcérées et plus de 150 000 limogées ou suspendues.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ En trois mois, au moins 264 personnes ont été tuées dans cette vague de contestation. Il s’agit des troubles les plus sanglants dans le pays depuis la guerre civile.
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Nicaragua : nouvelle grève générale pour faire tomber le président et son clan

En trois mois, au moins 264 personnes ont été tuées dans cette vague de contestation. Il s’agit des troubles les plus sanglants dans le pays depuis la guerre civile.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 21h52
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 07h50
   





                        



   


« Vidons les rues pour montrer que nous ne voulons plus de répression et que nous voulons qu’ils s’en aillent. » Au Nicaragua, l’Alliance civique pour la démocratie et la justice, coalition de l’opposition, a lancé, vendredi 13 juillet, une grève générale pour exiger le départ du président Daniel Ortega.
Les banques et écoles privées sont restées fermées, tout comme les magasins et centres commerciaux. Les rues et les bus étaient vides. La crainte des pillards a aussi poussé les commerçants à baisser leur rideau. De leur côté, la police et les groupes paramilitaires ont réalisé de violentes opérations pour démonter les barricades des manifestants.
Des étudiants se sont en outre retranchés à l’intérieur de l’Université autonome nationale du Nicaragua, dans la capitale Managua, tandis que des groupes paramilitaires favorables à Ortega ouvraient le feu sur le bâtiment, ont rapporté des médias. On ignore pour l’heure si des victimes sont à déplorer.
Dans la ville de Masaya, épicentre de la contestation, des violences ont émaillées la journée de mobilisation. « Il y a deux morts, un policier et un manifestant », a déclaré Alvaro Leiva, un responsable de l’Association nicaraguayenne des droits de l’homme (ANPDH). Les deux ont été tués dans un quartier du sud de Masaya, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, lorsque des partisans pro-Ortega ont « tiré avec des armes de gros calibre », a-t-il dit.
264 morts en trois mois
Le Nicaragua est en proie à des troubles depuis le mois d’avril, quand le président Ortega a voulu réduire les allocations des retraités afin de combler le déficit de la sécurité sociale. Son projet, abandonné par la suite, a provoqué des manifestations meurtrières et conduit les protestataires à réclamer le départ du chef de l’Etat et la tenue d’élections anticipées.
Au moins 264 personnes ont été tuées dans les affrontements entre les forces favorables à Ortega et les manifestants, selon des organisations de défense des droits de l’homme. Il s’agit des troubles les plus sanglants au Nicaragua depuis la guerre civile, qui a pris fin en 1990.

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Corruption et népotisme
Les adversaires d’Ortega demandent des élections anticipées ou le départ du président, accusé d’avoir durement réprimé les manifestations qui secouent le pays et mis en place avec son épouse, Rosario Murillo, également sa vice-présidente, une dictature marquée par la corruption et le népotisme.
« J’invite (les manifestants) à cesser la confrontation et à faire en sorte que nous nous unissions tous pour apporter à la population la paix dont le Nicaragua a besoin », a réagie vendredi Daniel Ortega. Le chef de l’Etat en est actuellement à son troisième mandat présidentiel consécutif, qui doit prendre fin en 2021.
Face à l’aggravation de la situation, l’Organisation des Etats américains a convoqué une session extraordinaire vendredi sur le Nicaragua. Très influente au Nicaragua, l’Eglise catholique joue le rôle de médiatrice entre le gouvernement et l’opposition, en demandant notamment des élections anticipées, mais sans succès : le président Ortega a rejeté samedi cette éventualité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La dernière attaque-suicide, revendiquée par le groupe Etat islamique, a fait au moins 128 victimes vendredi 13 juillet, dans le sud-ouest du pays, où des élections législatives doivent se dérouler le 25 juillet.
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Pakistan : plusieurs réunions électorales ciblées par des attentats

La dernière attaque-suicide, revendiquée par le groupe Etat islamique, a fait au moins 128 victimes vendredi 13 juillet, dans le sud-ouest du pays, où des élections législatives doivent se dérouler le 25 juillet.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 21h00
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 21h49
   





                        



   


Au moins cent vingt-huit personnes ont été tuées dans un attentat-suicide contre un meeting électoral, à Mastung, dans le sud-ouest du Pakistan. Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué cette attaque dans un communiqué publié par l’agence de propagande de l’organisation djihadiste, Aamaq.
Il s’agit du troisième attentat en quatre jours au Pakistan, où des élections législatives doivent se dérouler le 25 juillet dans un climat de plus en plus tendu. Selon le ministre de l’intérieur de la province du Baloutchistan, Agha Umar Bungalzai, l’attentat visait un rassemblement de l’homme politique Mir Siraj Raisani, candidat à un siège de député provincial sous l’étiquette du parti Baluchistan Awami Party (BAP), qui est mort dans l’attaque.
Déploiement de 370 000 soldats
Plus tôt dans la journée, une bombe cachée sur une moto avait explosé près de Bannu (nord-ouest) au passage du convoi d’un autre candidat aux élections, tuant 4 personnes et en blessant une quarantaine, selon la police. L’homme politique visé, Akram Khan Durrani, représentant d’une coalition de partis religieux, le MMA, a survécu à l’attaque.
Un attentat-suicide revendiqué par les talibans pakistanais avait également visé mardi 10 juillet au soir une réunion électorale du Awami National Party (ANP) à Peshawar (nord-ouest), tuant 22 personnes, dont l’homme politique local Haroon Bilour.
« Les autorités pakistanaises ont le devoir de protéger les droits de tous les Pakistanais en cette période d’élections, leur sécurité physique et leur capacité à exprimer librement leurs opinions politiques, quel que soit le parti auquel ils appartiennent », a réagi Omar Waraich, directeur adjoint pour l’Asie du Sud à Amnesty International. L’armée a déclaré plus tôt cette semaine qu’elle prévoyait le déploiement de plus de 370 000 hommes pour assurer la sécurité le jour du vote.
Par ailleurs, l’ancien premier ministre, Nawaz Sharif, et sa fille Maryam ont été arrêtés en revenant dans le pays. Ils avaient été condamnés respectivement à dix et sept ans de prison par un tribunal anticorruption vendredi dernier alors qu’ils se trouvaient à Londres au chevet de leur épouse et mère, qui y est soignée pour un cancer.

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