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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Un documentaire retrace la vie et la carrière de l’acteur et coureur automobile américain au regard magnétique(sur Arte à 22 h 25).
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TV – « I Am Steve McQueen »

Notre choix du soir. Un documentaire retrace la vie et la carrière de l’acteur et coureur automobile américain au regard magnétique(sur Arte à 22 h 25).



Le Monde
 |    13.07.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 25

« La vitesse et les machines, c’est ce qu’il avait dans le caleçon – désolée… Je ne peux le dire autrement… », lâche à propos de Steve McQueen la première de ses trois épouses, la danseuse et chanteuse Neile Adams. Et « ses yeux couleur piscine : un électrochoc », ajoute la deuxième, la comédienne Ali MacGraw.
« Je ne sais pas si je suis un coureur qui joue dans des films ou un acteur qui fait des courses », dira pour sa part McQueen, qui vivait à 100 – ou plutôt 160 – à l’heure et tournera, quasiment sans doublure, l’une des plus stupéfiantes courses-poursuites automobiles de l’histoire du cinéma dans Bullitt (1968), de Peter Yates.
La vitesse – vite, très vite – et la séduction – mâle, très mâle – sont les deux axes que parcourt le documentaire I Am Steve McQueen, de Jeff Renfroe, du premier film de McQueen, Danger planétaire (1958), d’Irvin S. Yeaworth Jr. et Russell S. Doughten Jr., à La Tour infernale (1974), de John Guillermin et Irwin Allen, son dernier grand succès, qui l’oppose à Paul Newman, l’autre paire d’yeux bleus du cinéma américain.
Car ils s’opposent, en effet : Steve McQueen, qui est jaloux de son collègue – ainsi que le rappelle Ali MacGraw –, impose d’avoir exactement le même nombre de répliques que Newman. Et l’agressivité l’un pour l’autre dont leurs rôles témoignent semble taillée sur mesure pour coller au réel.
Mirobolant cachet
McQueen, dont le contrat prévoit qu’il reçoive un pourcentage des recettes, touche alors l’équivalent de quelque 70 millions de dollars (60 millions d’euros) actuels – en plus de son mirobolant cachet, le plus haut de l’époque.
Mais Steve McQueen, qui est un homme tourmenté et inquiet, s’éloigne des écrans : « Etre un acteur c’est le pied ; être une star de cinéma c’est casse-pieds », dira-t-il. On lui propose le premier rôle de films au devenir fameux (Vol au-dessus d’un nid de coucous, Rencontres du troisième type, Rambo, Apocalypse Now) : il les refuse tous.
Celui qui a pour égale passion la course en automobile ou à moto rencontre Barbara Minty, une jeune mannequin. Il est barbu, hirsute, à peine reconnaissable ; elle lui trouve « une allure de clochard », mais les yeux couleur piscine feront leurs ravages habituels.
La jeune femme partage son goût pour la course et adore les pick-up, les caravanes… Ce seront deux années de bourlingue interrompues tragiquement en 1980 : on diagnostique chez l’acteur un cancer des poumons contracté probablement dans ses jeunes années dans la marine, alors qu’il nettoyait les coques de bateaux bourrées d’amiante.

   


Il aura le temps de tourner et de produire un étrange western, Tom Horn (1980), et de faire un dernier film avant de succomber aux métastases qui ont envahi son abdomen. Steve McQueen n’avait que 50 ans.
De nombreux témoignages, d’amis, d’admirateurs – cinéastes, acteurs, cascadeurs –, de ses ex-épouses, de son fils et de ses petits-enfants, apportent un commentaire intéressant à ce film agrémenté de films familiaux privés.
On y apprend que McQueen aimait la fumette, mais aurait également touché à des substances plus fortes, et que cet homme à l’apparence de bon père de famille, qui emmenait parfois ses enfants sur les tournages lointains, était un tombeur. Pour ces deux raisons, sa première femme se séparera de lui.
Le format de 90 minutes n’évite pas les redites et les longueurs, ce qui impose parfois un tempo qui n’était pas celui de cet amateur pathologique de vitesse.
I Am Steve McQueen, de Jeff Renfroe (EU, 2014, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’instrumentiste et chanteuse d’origine anglo-gambienne est la seule à interpréter sur scène le répertoire traditionnel des griots d’Afrique de l’Ouest.
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Portrait

Sona Jobarteh, la kora en héritage

L’instrumentiste et chanteuse d’origine anglo-gambienne est la seule à interpréter sur scène le répertoire traditionnel des griots d’Afrique de l’Ouest.

Pierre Lepidi (Ariège, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-13T17:30:29+02:00"

        Le 13.07.2018 à 17h30






    
La chanteuse gambienne Sona Jobarteh et sa kora.
Crédits : DR


Quand Sona Jobarteh pose ses mains sur les poignées de sa kora, son visage se ferme et son regard se fige. Au moment où ses pouces effleurent les cordes, il se produit autour d’elle comme une libération. Les premières notes vous emmènent, les suivantes vous bercent. Le temps, lui, reste suspendu.
Que l’on vienne du Mali, de Guinée, du Sénégal ou de Gambie, les patronymes sont toujours les mêmes lorsqu’on est gardien de la tradition orale. Quand on s’appelle Susso, Diabaté, Kouyaté, Konté ou Jobarteh, on sait depuis toujours que ses ancêtres étaient des virtuoses du chant, des poètes, des artistes de la parole et des instruments. Sona Jobarteh, que Le Monde Afrique a rencontrée au Festival Kokopelli qui s’est tenu au Mas d’Azil (Ariège) début juin, vient d’une des cinq plus grandes familles de griots d’Afrique de l’Ouest.
Culture mandingue
Née en 1983 à Londres d’une mère anglaise et d’un père gambien, elle est la petite-fille d’Amadu Bansang Jobarteh, maître griot incontesté de la kora. Elle est aussi la cousine de Toumani Diabaté qui a fait vibrer les cordes de sa harpe à calebasse sur les scènes du monde entier. « La kora fait partie de ma tradition familiale, explique la musicienne. Avec cet instrument, le défi est de maîtriser un répertoire où la tradition est omniprésente et comprend des centaines de chansons qui racontent la gloire d’un empire séculaire. »

    
La chanteuse gambienne Sona Jobarteh pendant le tournage de son clip « Gambia ».
Crédits : DR


La kora fait partie de l’identité et de la culture mandingue, qui s’étend sur une grande partie de l’Afrique de l’Ouest. Unifié par Soundiata Keïta, fils de Naré Maghann Konaté, le territoire dont les frontières actuelles se situent à cheval sur le Mali, la Mauritanie, la Guinée, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Niger et le Sénégal fut l’un des plus prospères de la région au XIIIe siècle.

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L’origine de l’instrument est entourée de nombreuses légendes. L’une d’elles raconte que la première kora fut offerte par les esprits de la montagne de Kabou, dans l’actuelle Guinée-Bissau, il y a près de sept cents ans. Tiramakhan Traoré, un général de Soundiata Keïta, serait parti vers Kabou avec son griot appelé Djélimady Oulé afin de ramener une femme cachée au fond d’une grotte. En lançant un filet pour attraper la belle, les hommes auraient remonté une demi-calebasse recouverte d’une peau de bœuf et surmontée d’un manche tendu avec 22 cordes. Le griot s’en serait servi comme d’un instrument et la jeune femme, émerveillée par la beauté des notes, serait sortie de la caverne. C’est en hommage à Djélimady Oulé que, après sa mort, on aurait retiré une corde à l’instrument initial qui en compte aujourd’hui 21, bien qu’il existe quelques variantes – certaines koras sont montées avec un nombre de cordes variable de 22 à 28 – en Casamance notamment.
Très exigeant
Sona Jobarteh a été initiée à la kora par son frère Tunde Jegede, reconnu comme un maître de la kora et un virtuose du violoncelle. « J’ai commencé à l’âge de 4 ans avec lui, explique la musicienne. Il m’a enseigné les bases de cet instrument très exigeant. » Aujourd’hui elle n’est pas la seule femme à jouer de la kora, mais elle est la seule à interpréter sur scène le répertoire traditionnel des griots. Il y a toutefois une limite qu’elle ne s’autorise pas à franchir. « Je peux jouer et chanter ce registre mais ne souhaite pas le faire pendant une cérémonie comme un mariage ou un baptême, explique t-elle. Cela serait difficile pour moi et mal accepté. Lors d’un concert, il n’y a en revanche aucun problème. »

    
La chanteuse gambienne Sona Jobarteh et sa kora.
Crédits : DR


Ecolière studieuse et réservée, Sona Jobarteh grandi entre Banjul, capitale de la Gambie, Londres et Oslo, où son père fut muté. Joueuse de piano, de violoncelle et de clavecin (elle maîtrise aussi la guitare sans avoir suivi de formation), elle étudie au célèbre Royal Collège of Music de Kensington, dans le plus cossu des arrondissements londoniens, puis suit des cours à la Purcell School of Music où elle apprend à composer. Sona Jobarteh a une quinzaine d’années lorsqu’un professeur tente de la dissuader de poursuivre son apprentissage de la kora. « Il disait que l’instrument n’était pas dans les tonalités du moment sans comprendre que la musique puisse venir d’ailleurs », se souvient-elle.

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La jeune virtuose persiste, continue de « vivre avec sa kora » et multiplie les projets avec notamment l’ensemble River of sound, de l’Orchestre de chambre irlandais, en collaboration avec Evelyn Glennie, une célèbre percussionniste écossaise. Elle joue également avec l’Orchestre philharmonique royal puis en compagnie du jazzman britannique Cleveland Watkiss en 2002. Quand elle n’évolue pas avec l’African Classical Music Ensemble, où elle rejoint parfois son frère Tunde Jegede, sa kora lui ouvre les portes des festivals du monde entier.
En 2009, Sona Jobarteh compose la bande originale du film Motherland où elle explore différents thèmes musicaux propres à l’Afrique.
« Mon inspiration vient de mes racines et de ma volonté de faire bouger les lignes. Je ressens toujours quelque chose d’unique et de très profond quand je joue de la kora. En interprétant des musiques qui ont été composées il y a plusieurs siècles, je ressens la force de mes ancêtres et les mêmes émotions qu’eux. »
Invitation à l’introspection
Mais le pouvoir de la kora ne se cantonne pas à celle qui en joue. « Partout dans le monde, on s’aperçoit que l’instrument a la faculté de capter immédiatement l’attention, assure t-elle. Il installe le silence et crée dans l’air une forme d’apaisement. » En se mêlant à la voix suave de la chanteuse, les notes de la demi-calebasse sont une invitation au voyage et à l’introspection.

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Après un premier album intitulé Afro Acoustic Soul en 2008, Sona Jobarteh prévoit de sortir un deuxième opus à la fin de l’année. Il devrait compter une vingtaine de titres dont Gambia, une chanson dédiée à l’indépendance et à l’histoire pacifique de son pays d’origine, et dont le clip a déjà été visionné plus de 4 millions de fois sur YouTube.



A Banjul, la musicienne a ouvert en 2014 une école de musique où une vingtaine d’enfants, âgés de 10 à 18 ans, apprennent à jouer des instruments traditionnels (kora, balafon, ngoni, djembé) de la culture mandingue. « Tous les grands musiciens africains travaillent en Europe ou en Amérique et l’influence des musiques comme le hip-hop ou le R & B fait que les jeunes oublient leur histoire et leurs traditions, dit-elle. Avec cette académie, je veux transmettre une culture musicale et ainsi la faire durer. » Si la kora donne parfois le sentiment de figer l’instant, les griots n’ont pas le pouvoir d’arrêter le temps.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Alors que le Mondial de foot s’achève en Russie, le Kremlin est resté sourd à tous les appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.
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La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine

Alors que le Mondial de foot s’achève en Russie, le Kremlin est resté sourd à tous les appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h12
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La Coupe du Monde de football s’achève en Russie, et Oleg Sentsov risque de mourir. Le cinéaste ukrainien, incarcéré dans une colonie à régime sévère dans le nord du pays, a eu 42 ans ce vendredi 13 juillet, tandis qu’il franchissait un autre pallier : 61 jours de grève de la faim. Dans une lettre datée du 22 juin mais rendue publique le même jour, vendredi, sur le site de la radio Echo de Moscou, sa mère, Lioudmila Sentsova, a demandé sa grâce à Vladimir Poutine.
« Je ne vais pas essayer de vous convaincre de l’innocence d’Oleg, même si j’en suis persuadée, écrit-elle. Je dirai juste qu’il n’a tué personne. Il a déjà passé quatre ans en prison. Ses enfants l’attendent. Le cadet souffre d’autisme. Ils ne seront jamais heureux sans leur père. »
Vladimir Poutine est resté jusqu’ici inflexible. Ni les commentaires alarmés des défenseurs des droits de l’homme, ni les requêtes de ses interlocuteurs – Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a lui aussi demandé sa grâce – ni les nombreux appels d’intellectuels à l’étranger n’ont ébranlé le chef du Kremlin.

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« J’ose croire qu’il va le libérer pour ne pas laisser une ombre sur le Mondial. La mort [du nationaliste irlandais] Bobby Sands après soixante-six jours de grève de la faim [en Irlande du Nord], a pesé sur Thatcher comme quelque chose d’indélébile », souligne depuis Paris Michel Eltchaninoff. Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents à travers laquelle écrivains et intellectuels comme Leila Slimani, Jonathan Littell ou Philippe Claudel se sont mobilisés, il est lui-même l’auteur d’une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron lui demandant de ne pas se rendre en Russie sans un geste du Kremlin.
Pétitions et manifestations
Le président français a assisté à Saint-Pétersbourg à la demi-finale du Mondial disputée par la France le 10 juillet. Il sera de nouveau à Moscou ce dimanche, au côté de Vladimir Poutine, pour la finale qui opposera cette fois la France à la Croatie.
Publiée sur le site de la Société des réalisateurs de film, une pétition a réuni des dizaines de signatures françaises et étrangères parmi lesquels Jacques Audiard, Bertrand Tavernier, l’acteur américain George Clooney ou le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev. Depuis les Etats-Unis, d’autres appels ont été lancés, dont celui de l’écrivain Stephen King. Dans une lettre ouverte rédigée à l’attention de Vladimir Poutine et de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football, le Pen Club aux Etats-Unis a réuni les signatures d’une cinquantaine de personnalités, dont Patti Smith, Salman Rushdie, Paul Auster ou Michael Connelly. Toutes ces démarches sont restées sans résultat.

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En Russie, ceux qui osent manifester publiquement pour la libération d’Oleg Sentsov sont réprimés. Vendredi, le tribunal Tverskoï de Moscou a condamné deux acteurs de Teatr.doc, Maria Tchouprinskaïa et Gregori Gandlevski, à 20 000 roubles d’amende (environ 275 euros) pour avoir « distribué des tracts » en faveur du cinéaste. Huit autres personnes ont été interpellées à Saint-Pétersbourg, comme tous ceux qui ont tenté de sensibiliser les supporteurs de foot venus du monde entier. Rue Nikolskaïa, à Moscou, lieu de rassemblement privilégié des fans, la police les a promptement chassés.
Un chemin plein d’obstacles

   


« Nous avons appris aujourd’hui par les médias qu’une telle demande [de grâce] a été faite », a commenté, vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé sur la lettre de la mère d’Oleg Sentsov. « Bien sûr, elle sera examinée, nous y prêterons attention », a-t-il ajouté. Jusqu’ici, pourtant, tous les obstacles ont été dressés sur le chemin de la libération du cinéaste, à commencer par sa nationalité. Né en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, il s’est vu imposer la nationalité russe, compromettant ainsi la perspective d’un échange entre prisonniers un temps envisagé entre Kiev et Moscou. La Russie a ensuite argué qu’elle ne pouvait échanger un « citoyen russe ».

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Oleg Sentsov a lui-même lié son sort à celui de quelque 70 autres prisonniers ukrainiens, dont Alexandre Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié de « parodie de justice » par Amnesty International, les deux hommes avaient été condamnés en même temps, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « organisation » et « participation » à une entreprise « terroriste » sur la base d’aveux de deux complices présumés. Ces derniers ont, depuis, déclaré qu’ils leur avaient été extorqués sous la torture. « Manifestement, les droits élémentaires de la défense n’ont pas été respectés », a convenu le 10 juillet Bernard Griveaux, porte-parole du gouvernement français sur France Info.
Dans une colonie pénitentiaire
Accusé de faire partie de Praviy Sektor, un groupe ultranationaliste ukrainien, puis arrêté en Crimée en mai 2014, moins de deux mois après l’annexion de la péninsule ukrainienne, Oleg Sentsov purge aujourd’hui sa peine dans une colonie pénitentiaire de Labytnangui, à près de 2 000 kilomètres de Moscou, dans la région de Iamalo-Nénétsie. C’est là qu’il a commencé, le 14 mai, sa grève de la faim, en se disant déterminé à aller « jusqu’au bout ». Depuis, « chaque jour, il boit 3,5 litres d’eau, répète son avocat Dmitri Dinzé. Il a accepté des injections de glucose, d’amino-acides et de vitamines. »
« Oleg, qui mesure 1,90 mètre (…) a perdu 15 kg depuis le début de sa grève de la faim, a témoigné sa cousine, Natalia Kaplan, qui a pu lui rendre visite le 5 juillet. « Hier, il était dans un très mauvais état, aujourd’hui, il se sent mieux. Cela va surtout mal le soir », avait-elle poursuivi, en précisant qu’il irait effectivement « jusqu’au bout » : « Il croit en sa victoire. »

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La déléguée aux droits de l’homme de Vladimir Poutine, Tatiana Moskalkova, qui s’était résignée à faire le déplacement le 28 juin, a fait entendre sa différence. « Oleg Sentsov est en bonne forme émotionnelle. Il marche, il s’intéresse à ce qu’il se passe dans le monde, il regarde la télévision, les infos et le football, et il écrit un scénario pour un film », avait-elle déclaré, sans un mot sur son état physique. En quittant les lieux en cortège, la fonctionnaire, élevée au grade de générale du ministère de l’intérieur où elle a longtemps travaillé, a refusé de s’arrêter et de parler à son homologue ukrainienne, Lioudmila Denissova, qui s’était vu refuser l’accès au camp.
Vendredi, loin des projecteurs du Mondial qui vont s’éteindre, un autre Ukrainien, Evgueni Panov, a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire pour les mêmes motifs qu’Oleg Sentsov. Arrêté également en Crimée en août 2016, ce chauffeur d’entreprise avait avoué, sous l’effet de la torture a-t-il affirmé à ses avocats, avant de se rétracter.



                            


                        

                        


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Roméo Elvis, un amour d’histoire belge


                      Ses textes parlent de skate, de drogue ou de balades entre Paris et Bruxelles. Cette valeur confirmée de la nouvelle vague de rappeurs belges prépare, en même temps que sa sœur, la chanteuse Angèle, un premier album à la croisée du rap et de la chanson.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h07
    |

                            Stéphanie Binet








                              

                        

Roméo Elvis profite d’un jour de pause dans sa longue tournée des festivals cet été. Assis sur un banc d’un parc parisien, le rappeur bruxellois se repose d’un voyage qui l’a mené de La Réunion à Montréal en passant par Berlin ou l’hippodrome de Longchamp pour Solidays. Mais celui qui chante, de sa voix grave, dans le titre Dessert, qu’il est « une bête de scène » repartira bientôt, notamment à Nyon (Paléo Festival) et à Carhaix (Vieilles Charrues). Un agenda chargé pour un artiste qui, à 25 ans, n’a, jusqu’ici, sorti que des EP.
Pour cette tournée, le chanteur a pris des cours : « J’ai travaillé avec Léo Walk, danseur de Christine and The Queens, raconte-t-il. Un ami de longue date qui se trouve aujourd’hui être le petit copain de ma sœur. » La petite sœur en question est Angèle, elle aussi chanteuse, dont le morceau La Loi de Murphy a marqué cette année musicale. Avec Léo Walk, Roméo Elvis dit avoir appris à se « débarrasser de [ses] complexes, à mieux gérer le souffle, puis à faire quelques petites chorégraphies ». 
Clips vidéo déjantés
Pourtant, dans ses clips vidéo déjantés, qui font sensation en ligne, Roméo Johnny Elvis van Laeken, son patronyme entier, n’a pas du tout l’air complexé. Dans le plus récent, L’Amour avec des crocos, il déambule, mi-homme, mi-reptile, dans un hôpital psychiatrique, pourchassé par Philippe Katerine. Inspirée à la fois par le film La Mouche, de David Cronenberg, le clip Who Dat Boy de Tyler, The Creator et la nouvelle La Métamorphose de Franz Kafka, la vidéo est un bon résumé de ses études artistiques entre photographie et peinture.

Expulsé de son collège à 15 ans pour « une série de bêtises dignes d’un adolescent qui veut se faire remarquer », Roméo Elvis a fini par rentrer dans le rang en intégrant une école d’arts : « On se faisait virer si on était...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans son dernier livre, « En camping-car », paru en janvier, l’historien convoque ses souvenirs d’enfance, villégiatures aoûtiennes d’une famille écolo-bobo, pour restituer la décennie 1980. Un récit intime qui raconte aussi un pan de notre histoire.
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Ivan Jablonka, par monts et par van


                      Dans son dernier livre, « En camping-car », paru en janvier, l’historien convoque ses souvenirs d’enfance, villégiatures aoûtiennes d’une famille écolo-bobo, pour restituer la décennie 1980. Un récit intime qui raconte aussi un pan de notre histoire.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h07
    |

            Philippe Ridet








                              

                        
Le 8 avril 1983, le prestidigitateur américain David Copperfield parvenait à faire disparaître la Statue de la Liberté devant des millions de téléspectateurs. Plus de trente ans plus tard, Ivan Jablonka est parvenu à tremper un camping-car, modèle Combi Volkswagen T3 Joker Westfalia de couleur beige, dans une tasse de thé. Sans trucage.
Jusqu’à présent, on n’y avait imbibé, à la manière de Marcel Proust, que des madeleines. De cette expérience, l’historien a tiré un livre, simplement intitulé En camping-car (Seuil, prix Essai France Télévisions). Publié en janvier 2018, il roule tranquillement vers les 35 000 exemplaires. Un chiffre plus que respectable.
Recueil de souvenirs personnels, petit traité de sociologie des loisirs à la fin du dernier millénaire, courte histoire de l’industrie automobile allemande après la guerre, essai politique sur les utopies de la gauche, ce camping-car est tout à la fois.

Jablonka ne se prive d’aucune des ressources des sciences humaines et de la littérature pour restituer l’itinérance estivale d’une famille juive, parisienne, soixante-huitarde, intello-écolo-bobo (père physicien, mère prof de latin-grec, deux garçons) et de leurs amis.
Et là, paf, le miracle ! Les années 1980 – « les dernières années du monde d’hier », dit-il – retrouvent leurs couleurs d’origine. Quand bien même n’aurais-je jamais campé, quand bien même mon adolescence aurait-elle eu d’autres rituels, les tribulations aoûtiennes de cette smala sont immédiatement familières.
« Je propose, écrit Jablonka, une autre façon de parler de soi-même. Débusquer ce qui en nous n’est pas à nous. Comprendre en quoi notre unicité est le produit d’un collectif, l’histoire et le social. Se penser soi-même comme les autres. » C’est donc ça ?
« Autobiographie collective »
Singulier et collectif, le livre se charge des réminiscences de ses lecteurs comme une boule de neige grossit au fur et à mesure...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Cet été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Première halte à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, où 1 300 appartements répartis sur quatre grands voiliers de béton entourent un élégant port de plaisance.
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Sur la Côte d’Azur, le secret des pyramides Marina Baie des Anges


                      Cet été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Première halte à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, où 1 300 appartements répartis sur quatre grands voiliers de béton entourent un élégant port de plaisance.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h06
    |

                            Anne-Lise Carlo








   


Des pyramides ou des collines ? La forme symbolique de la résidence Marina Baie des Anges, amarrée entre Antibes et Nice, reste un mystère. Les courbes des bâtiments, inédites jusque-là, viendraient d’un premier dessin griffonné dans le creux de la main de l’architecte André Minangoy. De ses croquis naîtront 1 300 appartements répartis sur quatre grands voiliers de béton entourant un élégant port de plaisance. Dopé par le développement du tourisme balnéaire, le promoteur immobilier Jean Marchand plonge alors dans l’aventure de sa vie juste après Mai 68.
Si les deux premiers bâtiments se construisent et se vendent aisément, les deux autres mettent presque vingt-cinq ans à voir le jour entre aléas de construction et soucis économiques. « Malgré cela, mon mari n’a jamais accepté de renoncer à son projet. On lui a souvent prédit que Marina finirait par s’effondrer mais les bâtiments ne vieillissent pas », confie Sylvie Marchand, veuve du promoteur qui réside sur place.
Balcons décalés
Le complexe a ses moments de gloire et, durant les années 1970, il y a plus de Ferrari ici qu’à Monaco. Dans la résidence se forme peu à peu une communauté discrète et soudée, celle des « mariniens », qui jouissent d’être comme seuls embarqués sur un grand paquebot grâce aux balcons décalés qui les isolent de leurs voisins et offrent une vue sur mer. Commerces et piscine privée complètent idéalement l’îlot.

Mais la controverse s’installe. En 1983, Max Querrien, alors président de la Caisse nationale des monuments historiques et des sites, fait part de son mécontentement à la télévision. Ces bâtiments « terriblement oppressants » seraient tout droit sortis de « la science-fiction ». Pour François Spoerry, l’architecte de la cité lacustre de Port-Grimaud, ces « beaux bâtiments » n’avaient « pas leur place sur une côte mais dans une ville nouvelle ».
En guise de réponse, l’architecte André Minangoy renverse les points de vue : « A l’échelle de la mer, rien n’est monstrueux. » Au fil du temps, les lignes de béton de Marina font référence et inspirent le village olympique de Montréal en 1976 ou l’Hôtel Jumeirah Beach à Dubaï en 1997. Depuis 2000, la résidence de la Côte d’Azur est classée Patrimoine du xxe siècle et ses appartements les plus spacieux et les plus en hauteur se vendent aujourd’hui 11 000 euros le mètre carré.
Y aller
En train : Aller-retour Paris Gare de Lyon-Nice à partir de 90 € en billets prem’s.
En avion : Aller-retour Paris-Orly-Nice à partir de 80 €.
Visite guidée
Le mercredi à 10 h en juillet-août. Réservation à l’Office du tourisme de Villeneuve-Loubet.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Nous retrouvons le pianiste parisien dans un nouvel entretien dont voici le dernier volet.
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Entretien avec Florian Pellissier, 6e partie : rêve de Brésil

Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Nous retrouvons le pianiste parisien dans un nouvel entretien dont voici le dernier volet.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h18
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


« Ils se parlent ! Ils continuent de se parler. » Nous avions laissé Florian Pellissier en pleine fête du vaudou à Ouidah au Bénin. Sur une plage proche de la Porte du non retour, il imagine les percussionnistes brésiliens jouer pour leurs cousins africains. L’esprit du pianiste était resté de l’autre côté de l’Atlantique. Il faut dire que Florian vit une histoire d’amour avec le Brésil.

        Lire l’entretien avec Florian Pellissier, 5e partie :
         

          Bijou Caillou Vaudou



Une belle histoire
« Et si tu me parlais de ton quintet brésilien… » Dès notre première entrevue il y a deux ans Florian avait évoqué un mystérieux quintet brésilien. « Ça n’est pas le Florian Pellissier Quintet ? » « Non, il s’appelle Os Foda. Je l’ai monté à Goiânia, la ville de ma copine Lola. » Florian avait rencontré une jeune Brésilienne, créatrice de bijoux en vogue, en mai 2013 au Caveau des Oubliettes à un concert de Setenta. « La nana était à la première table, une métisse brésilienne, sublime, je ne voyais qu’elle. J’étais timide, complètement inhibé. Au troisième set, je sors fumer une clope. Elle m’aborde : Est-ce que vous pourriez m’expliquer pourquoi Bill Evans est considéré comme un des plus grands pianistes de jazz ? » Du pain béni pour Florian qui, en plus d’être fan absolu, avait étudié à la Bill Evans Academy de Bernard Maury. « Bill Evans est le pianiste qui joue dans Kind of Blue de Miles Davis, le best-seller de l’histoire du jazz. » Elle repartait le lendemain. Début de l’histoire.



Le mystérieux quintet brésilien
Les deux jeunes gens restent connectés par à la magie d’internet. « Au bout d’un mois et demi, je lui dis que j’ai pris mon billet pour Goiânia. Si tu m’attends à l’aéroport c’est super, sinon je visiterai le Brésil ! Je débarque, elle m’attendait. Le Brésil j’adorais, la musique brésilienne est infinie, mais je n’y étais jamais allé. Goiânia, c’est la ville qui sert à rien. Malgré ses deux millions d’habitants, il n’y a pas beaucoup d’endroit pour la musique, pas de club de jazz. Ils écoutent surtout du rock 90’s et du sartajeno, la country locale. » Il précisera par la suite : « Goiânia est pleine de gens créatifs... si tu sais oú chercher. »
Pour preuve, la suite. « Je rencontre Fred Valle, un batteur hyperpolyvalent qui joue dans tous les groupes. On fait un bœuf, on joue pendant quatre heures, clavier-batterie. La connexion s’est faite tout de suite. On trouve un bassiste, on développe un répertoire, on monte un trio. Un lundi soir, on joue dans un bar, le Gloria. On fait un set en trio. Bouche-à-oreille : Tous les zicos de Goiânia se pointent, dont une super section de cuivres. On fait la jam, géniale! On a pris les deux cuivres les plus sympas, sax et trompette [dont Evaldo Robson, le sax de Tim Maia !]. On avait notre quintet. On jouait à chaque fois que j’y retournais. On a fini par enregistrer. Ils ont mixé les morceaux, m’ont envoyé le master, mais au final l’album n’est jamais sorti. » Depuis la belle s’est envolée mais le Brésil est toujours là.



A la recherche de Di Melo
« Parlons de Di Melo : Qu’est-ce qu’il représente pour toi ? » « Di Melo, c’est une star ! » « Il a sorti l’album Di Melo en 1975 qui est devenu mythique, ensuite il a complètement disparu, un peu comme Don Blackman, dont le disque est une référence pour les musiciens de funk. L’album de Di Melo était réalisé par Hermeto Pascoal. C’est du jazz funk brésilien chanté très facile à écouter à la Jorge Ben, et puis il y a des morceaux qui partent en vrille, complètement sombres. C’est un chef-d’œuvre. Tous les Djs le connaissent mais pas le grand public. »
« Comment tu l’as retrouvé ? » « L’histoire a commencé bien avant de rencontrer le Brésil. Grâce à Julien Lebrun, Setenta avait joué à Jazz à Vienne avec Orlando Julius. C’était le principe du Jazz Mix. Reza [Ackbaraly, programmateur du Jazz Mix] aimait bien Cotonete [le groupe jazz-funk brésilien de Florian] et souhaitait une rencontre. On a pensé à Di Melo. J’ai chiné sur internet. Il n’avait rien fait depuis 75. Je tombe sur un blog de musiciens qui étaient partis à sa recherche. Ils préparaient un documentaire, faisait des répets. A l’époque je ne parlais pas portugais. Je n’ai pas réussi à les contacter. C’est tombé à l’eau. »

    #cotonete #Simonemazzer #souvenir de #saopaulo #brazil Une publication partagée par  Florian Pellissier (@captaincavern75) le 10 Mai 2017 à 2 :17 PDT 

Brasil
« Au printemps 2017, on part au Brésil avec Cotonete pour accompagner Simone Mazzer. A l’origine de Cotonete, il y avait Frank Chatona, un sax que je connaissais avant New York. En 2004, il vient me voir : On y va, on monte le groupe de nos rêves ! » Dans l’idée : un Earth, Wind & Fire brésilien, avec la volonté affichée de jouer au Brésil. « Treize ans après, on y est malgré tous les méandres, toutes les fois où le projet a failli capoter. Je ne l’aurais jamais cru. Le premier soir à Rio, Frank et moi avons embrassé la scène. On était dans le journal, on est passé à la télé dans Globo, deux jours de folie. On n’avait jamais réussi à avoir deux lignes dans Pariscope… On était sur un nuage. »
Cinq jours à São Paulo
« On avait deux dates à Rio, deux dates à São Paulo, puis une dernière à Rio. On se retrouve cinq jours off à Sao Paulo. J’avais ma petite idée. On était tous ensemble, le show était rodé. J’étais prêt à payer une session de studio si on arrivait à faire une rencontre, si on trouvait quelque chose à raconter. J’en parle à mon ingé-son brésilienne, adorable. On échange nos idées. Elle me dit qu’elle a fait le come-back de Di Melo quatre ans plus tôt au Circo Voador. Elle me donne son 06. Je n’imaginais pas ce qui allait arriver. »
« J’imaginais prendre un café, faire un selfie. J’appelle Di Melo, tombe sur sa femme. Vous êtes qui ? Je lui raconte. Je lui envoie deux-trois sons. Une demi-heure après je reçois un texto : Votre groupe sonne comme s’il pouvait réveiller les morts. Cotonete, c’est un tribute à la musique funk brésilienne. On jouait un son qui n’existe plus. Simone avait fait venir Cotonete pour cette raison-là. Rendez-vous demain à quinze heures. »

    #cotonete #dimelo #brazil #gaby #numerouno #jckebaili 💖#tour #brazil #simonemazzer #boagente tonight Cotonete plus special guest au pico do macaco São Paulo Une publication partagée par  Florian Pellissier (@captaincavern75) le 3 Mai 2017 à 9 :14 PDT 

La rencontre
« Dimanche après midi. La coccinelle débarque à 16 heures. Di Melo, sa femme et sa fille, un bonbon de dix ans, débarquent à la maison. Il dit à peine bonjour, me tend un CD : Mets la deux, mets la deux. Il se met à danser : Sabonete Cotonete Sabonete Cotonete, une pub qu’il avait fait. Il était en train de se ficher de nous, c’était parfait ! On va dans la cuisine. Il sort sa guitare : deux heures de concert non-stop avec sa fille. Au bout d’un moment, je fonds en larmes. A la fin du concert, il nous dit : Écoutez les gars, j’ai quatre cents chansons. J’adore votre son, Si vous voulez, on bosse ensemble. »
« On trouve un lieu à São Paulo, le Pico do Macaco, une résidence d’artistes, avec un studio de repet où les musiciens jouent le soir. Il était libre le mardi suivant. On avait filmé les deux heures de concerts, on choisit les morceaux, se les répartit, on fait les arrangements en vingt-quatre heures. Le surlendemain on est au Pico. Le groupe qui avait fait le documentaire et qui entre-temps avait enregistré avec Di Melo vient à la répet nous encourager, des crèmes ! Dans la vraie vie, on se serait fait assassiner. Deux jours, deux concerts. Le lendemain, on trouve un super-studio et on finit par enregistrer vingt-deux titres ».



L’histoire de Di Melo et Cotonote est loin d’être terminée. Di Melo et Cotonete sont actuellement en tournée. Un single est sorti, l’album est prévu pour 2019.
Entretien avec Florian Pellissier - 4è partie : L’accélération des particules - 5è partie : Bijou Caillou Vaudou - 6è partie : Rêve de Brésil
Florian Pellissier en concert
Florian Pellissier Quintet - 19/07 Nice Jazz Festival, Nice
Cotonete accompagne Di Melo - 13/07 Mona Bismark, Paris - 19/07 Nice Jazz Festival, Nice - 20/07 Samba Percussions, Monléon Magnoac - 22/07 Petite Halle, Paris
Joe Bataan meets Setenta - 29/07 Tempo Latino, Vic Fezensac
Nouvel album : Florian Pellissier Quintet – « Bijou Caillou Voyou » (2018, Heavenly Sweetness)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La comédienne est sur scène au Festival samedi, où elle joue dans le feuilleton théâtral de David Bobée sur le genre.
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Avignon a la « Dalle »

La comédienne est sur scène au Festival samedi, où elle joue dans le feuilleton théâtral de David Bobée sur le genre.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 14h42
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un 14 juillet avec ­Béatrice Dalle. Pas mal, comme fête ­nationale. Dalle en chair et en os, même pas ­virtuelle : elle est, cette année, la guest-star d’Avignon et de son Festival, le plus huppé du monde en matière de théâtre. Le 14 juillet, donc, elle va monter sur le petit plateau du jardin Ceccano, en compagnie de sa copine Virginie Despentes, pour participer au feuilleton théâtral sur le genre que mène le metteur en scène ­David Bobée, Mesdames, messieurs et le reste du monde.

A peine arrivée sur zone, deux jours avant l’événement, elle plonge dans le chaudron avignonnais. Va donner quelques pièces à un garçon qui gratte sa guitare – « un petit jeune de 18 ans qui joue du Jimi Hendrix, c’est trop génial ! » S’émerveille de l’ambiance, inimitable, de la cité des Papes au moment du Festival. A 53 ans, elle dégage toujours autant. Jean noir, tee-shirt noir, rangers noires, punk toujours. Et ce visage superlatif, la bouche et les yeux plus grands que nature, la présence monstre, qui aimante les regards.
Béatrice Dalle : « J’aime le combat que mène Bobée pour la diversité, à tous les sens du terme »
La transformation de la Dalle en créature de théâtre n’avait rien d’évident ni de gagné au départ. On l’a plutôt cataloguée comme actrice instinctive, pour ne pas dire comme un bel animal indocile et libre. Pas le profil idéal, a priori, pour le travail patient et ­rigoureux du théâtre. Et pourtant David Bobée, qui l’aime depuis toujours, y a cru. Le jeune ­directeur du Centre dramatique national de Rouen est venu la voir, en 2014, pour lui proposer de jouer Lucrèce Borgia, dans la pièce de Victor Hugo.

Béatrice Dalle a dit oui. « J’ai ­toujours aimé le théâtre, en fait. Mais c’est surtout ce théâtre-là de David Bobée que j’ai eu envie de faire : un théâtre qui n’est pas celui de vieux Blancs ne parlant qu’à de vieux Blancs. J’aime le combat que mène Bobée pour la diversité, à tous les sens du terme. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le feuilleton théâtral proposé par le metteur en scène David Bobée, tous les jours ou presque, à midi, explore ce thème.
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Avignon : les questions de genre déclinées en treize épisodes

Le feuilleton théâtral proposé par le metteur en scène David Bobée, tous les jours ou presque, à midi, explore ce thème.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 09h55
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le programme est dans le titre : Mesdames, messieurs et le reste du monde. Le feuilleton théâtral proposé par le metteur en scène David Bobée, tous les jours ou presque, à midi, explore le « genre », comme on dit maintenant, dans tous ses états. Et c’est un beau succès, à l’image des précédents feuilletons, cette nouvelle forme théâtrale voulue par Olivier Py : légère, gratuite, qui explore un thème, en de multiples épisodes, tout au long du Festival.

Après La République, de Platon, remise au goût du jour par le philosophe Alain Badiou, en 2015, après l’histoire du Festival vue par Thomas Jolly et sa troupe, en 2016, après le fracassant On aura tout vu conçu par Christiane Taubira en 2017, le feuilleton 2018 est le fer de lance d’une programmation que le directeur du Festival d’Avignon a voulu placer sous le signe du genre.

Et justement, de quoi parle-t-on, quand on parle de « genre » ? Le premier travail mené par David Bobée et son équipe est d’abord pédagogique, tant la notion est encore imprécise auprès d’une bonne ­partie du public. « Le genre, disait l’anthropologue Françoise Héritier, est un­ ­arsenal catégoriel qui classe (…) en ce que les valeurs portées par le pôle masculin sont considérées comme supérieures à ­celles portées par l’autre pôle. »
L’ « effet Matilda »
Cela, et bien d’autres choses encore, le spectateur peut le lire dans l’excellent petit livret distribué à qui vient assister au feuilleton. A partir de là, place au théâtre, pour déployer tout ce que la notion recouvre : les rapports hommes-femmes, le ­harcèlement, l’assignation sociale à un sexe, l’homosexualité, la transexualité…
Après un premier chapitre, le 7 juillet, consacré à se demander « Le genre c’est quoi », les épisodes suivants se sont penchés sur la notion de « tou-te-s minoritaires », ont proposé un atelier Drag King, avant de s’interroger sur l’« effet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’opéra d’Arrigo Boito a révélé le talent de la chef d’orchestre Nathalie Stutzmann, malgré un incident technique.
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Chorégies d’Orange : mistral gagnant pour « Mefistofele »

L’opéra d’Arrigo Boito a révélé le talent de la chef d’orchestre Nathalie Stutzmann, malgré un incident technique.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h02
    |

                            Marie-Aude Roux (Orange, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un incident technique a failli transformer la première du Mefistofele de Boito, qui ouvrait l’édition 2018 des Chorégies d’Orange, en fait divers. La nacelle qui tractait Faust et Méphisto vers les hauteurs s’est tout à coup déséquilibrée, menaçant de précipiter les chanteurs sur le plateau de plusieurs mètres de haut. Quelques longues minutes de frayeur partagée, avant une relative stabilisation permettant le retour au sol, ont convaincu le metteur en scène et directeur des Chorégies, Jean-Louis Grinda, d’abandonner ce mode de transport. C’est donc une nacelle rivée au sol ou s’élevant vide de tout occupant qu’ont vue les spectateurs de la deuxième représentation, le 9 juillet. Une métaphore de la situation précaire du plus ancien et plus populaire des festivals lyriques français ? En cessation de paiement il y a deux ans, avec à la clef 1,5 million d’euros de déficit d’exploitation, les Chorégies d’Orange ne sont en effet pas encore sorties d’affaire, même si, depuis le 16 mars, la région PACA a entériné la création d’une société publique aux côtés d’autres collectivités pour sauver la manifestation autofinancée par la billetterie à 80 %.

En programmant cet opéra rare, que les Chorégies n’avaient pas revu depuis 1905, avec en ligne de mire l’obligation de remplir la jauge de 8 300 places du théâtre antique, le successeur de Raymond Duffaut ose un geste fort et signe l’entrée dans une nouvelle ère. A tous points de vue : Jean-Louis Grinda fait aussi ses débuts de metteur en scène à Orange. Il connaît son Mefistofele pour l’avoir déjà monté en 2007 à l’Opéra de Liège dont il devait quitter le poste de directeur pour celui de l’Opéra de Monte-Carlo, où il a repris le grand œuvre de Boito en 2011, après l’Opéra de Montpellier en 2010.
« Voyage immobile » de Faust
Avec ses compères Rudy Sabounghi aux décors (un système de praticables et de colonnes, un bureau pour figurer le « voyage immobile » de Faust ainsi que la fameuse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Les affinités végétales 1|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historienne Arlette Farge nous fait partager son amour pour ce « petit pavot sauvage à fleur rouge vif ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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L’historienne Arlette Farge et la fragile audace du coquelicot

Les affinités végétales 1|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historienne Arlette Farge nous fait partager son amour pour ce « petit pavot sauvage à fleur rouge vif ».



Le Monde
 |    13.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 11h29
    |

                            Arlette Farge (Historienne)








                        



                                


                            
Je ne le crois pas timide, même si l’on se sert de sa couleur et de son nom pour évoquer une personne modeste et embarrassée. Bien que très visible, il est secret et furtif, ne dure pas longtemps. Eclat éphémère de l’été, le coquelicot se dresse dans les champs, préférant le bord des talus, les pentes herbues et les terrains vagues où les pesticides ne peuvent l’accabler. Tête haute, il apparaît soudain pour mon plus grand bonheur et m’étonne par sa vive couleur qui donne envie de lui parler. Sa manière bien particulière de n’être point groupé avec ses confrères, d’être un peu isolé des autres sans l’être tout à fait, agit sur moi comme un appel à le regarder, comme l’éblouissement de la lumière d’un phare, le soir venu, sur une mer calme.
Un phare ne se cueille pas ; de la même façon, on ne cueille pas un coquelicot à moins de désirer qu’il s’éteigne. Rouge d’une rare intensité – que mes mots peinent à décrire –, il s’érige le long de son pédicule velu, dépassant avec grâce les herbes folles. Il lui arrive de dodeliner sous la brise et le vent, sans rencontrer où s’appuyer. Les livres et les dictionnaires le décrivent comme un « petit pavot sauvage à fleur rouge vif », et son cœur est empli d’une légère substance hallucinogène. Ce n’est pas ce qui m’importe. En fait, j’aime sa liberté de surgir là où ce sera le plus confortable pour lui, quand viendra le printemps, quand s’éloignera l’été.
Jamais, on le sait, on ne pourra en faire des bouquets à mettre dans des vases, comme on le fait des roses ou des pivoines. Quelque chose me dit que c’est un peu de sa fierté d’être ainsi, et me plaît son refus d’être apprivoisé
Grâce aux graines qui s’échappent du fruit, il se ressème seul où bon lui semble, tel un fugitif. Cela ne fait que renforcer mon désir de l’approcher, sans le cueillir bien sûr tant j’aurais crainte qu’il ne s’étiole ou se chiffonne. Jamais, on le sait, on ne pourra en faire des bouquets à mettre dans des vases, comme on le fait des roses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’Iranien Gurshad Shaheman entrelace avec brio des récits recueillis à Calais, en particulier dans la communauté LGBT.
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Avignon croise les routes de l’amour et de l’exil

L’Iranien Gurshad Shaheman entrelace avec brio des récits recueillis à Calais, en particulier dans la communauté LGBT.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 08h25
    |

            Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La voilà, la bonne surprise que l’on attendait à Avignon : elle s’appelle Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, et c’est une création de Gurshad Shaheman, dont on n’a pas fini de parler. Acteur, auteur et metteur en scène, né en Iran en 1978, il est arrivé en France à l’âge de 12 ans, s’est formé au théâtre à l’ERAC (Ecole régionale d’acteurs de Cannes) et à la littérature à la faculté. Il joue, écrit, met en scène et il a traduit les poèmes de l’Iranien Reza Baraheni. Après une trilogie dont son histoire était le centre, Pourama Pourama, Gurshad Shaheman est parti sur la trace d’autres histoires d’exilés.
Et cela donne un spectacle remarquable, qui ne ressemble pas à ce que l’on voit d’ordinaire. En tout cas, pas à un certain théâtre documentaire en vogue, qui se contente d’égrener des récits sans les mettre en perspective, ou à l’inverse cherche à tous crins à les faire entrer dans un cadre idéologique. Dans les deux cas, les spectateurs sont sommés de compatir, au nom de la bonne conscience. Le théâtre de Gurshad Shaheman va à l’encontre de cette approche : il ne s’impose pas, mais laisse les spectateurs choisir leur chemin dans des récits entrelacés.
« Il n’y a que des injures »
Pour recueillir ces récits, Gurshad Shaheman a rencontré des exilés à Calais, en particulier dans la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Il dévoile ainsi un aspect rarement pris en compte dans les médias : la vie amoureuse et sexuelle de celles et ceux qui ont fui. Ce qu’elle était dans leurs pays, ce qu’elle est devenue sur le chemin de l’errance. Bien sûr, il y a la guerre et les bombes, les explosions et les morts, la mer et ses furies. Mais il y a aussi des corps, qui ne sont pas réductibles aux images souvent asexuées du déracinement.

On ne les voit pas, ces corps. On les entend crier de bonheur, hurler de douleur, pleurer de tristesse, vivre de leurs sens exaltés de jouissance ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La ministre voit aujourd’hui, sous son mandat, ce secteur scindé en deux. Mauvais effet, estime dans sa chronique Guillaume Fraissard, chef du service Culture du « Monde ».
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« Retirer à Françoise Nyssen le secteur de l’édition revient à la priver d’un pouvoir sur le domaine qu’elle maîtrise le mieux »

La ministre voit aujourd’hui, sous son mandat, ce secteur scindé en deux. Mauvais effet, estime dans sa chronique Guillaume Fraissard, chef du service Culture du « Monde ».



Le Monde
 |    13.07.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 11h25
    |

            Guillaume Fraissard








                        



                                


                            
Chronique. Françoise Nyssen, ministre de la culture, ancienne présidente du directoire de la maison d’édition Actes Sud, figure respectée du monde des lettres, dont le nom est intimement lié à l’une des plus importantes maisons d’édition de France, n’a donc plus la charge… du secteur des livres. Du moins en partie, puisque la ministre continuera de piloter la consultation en cours sur la réforme du statut social des artistes-auteurs et de suivre les librairies, les bibliothèques ainsi que la politique de la lecture, toujours dans son giron. Mais fini la régulation économique de l’édition littéraire, terminé la tutelle sur le Centre national du livre.
L’annonce de cette dépossession a été faite par un décret publié au Journal officiel mardi 10 juillet. Et ce, à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), chargée de veiller aux éventuels conflits d’intérêts des membres du gouvernement, et sur proposition de la ministre de la culture elle-même. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si le ministère des armées perdait la main sur la marine ou si l’agriculture voyait le secteur laitier lui échapper… Impensable.

Au regard des liens, passés et présents, de Françoise Nyssen avec Actes Sud, la Haute Autorité a logiquement, bien que très tardivement, choisi de lui retirer certaines tutelles, quatorze mois après sa prise de fonctions. Mais la logique s’accommode parfois mal avec le symbolique. Cette décision ne va pas seulement amputer la Rue de Valois d’une partie importante de ses prérogatives sur un secteur clé et essentiel de la culture. Elle prive la ministre d’un pouvoir d’action sur le domaine qu’elle connaît et maîtrise le mieux.
Et renforce au passage le sentiment d’un membre du gouvernement obligé de travailler sous tutelle sur un nombre grandissant de dossiers – réforme de l’audiovisuel, projet de loi sur les « fake news » – ou de partager l’affiche avec des personnalités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ En ce vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour juillet-août.
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Des contes, des parcours et des festivals : nos idées de sorties culturelles pour l’été

En ce vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour juillet-août.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 07h14
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Pour la dernière sélection de sorties du week-end avant la pause estivale, nous vous proposons un large éventail de manifestations dont certaines se prolongent durant tout l’été, pour vous permettre de tenir jusqu’à la rentrée (et le retour de cette sélection, le vendredi 31 août).
CONTE. « Les Six Frères Cygnes », d’après les Grimm, à La Comédie Saint-Michel, à Paris

   


La metteuse en scène et comédienne Emma Lejeune (La Compagnie sur qui conter) a choisi de mêler théâtre, conte, danse et bruitage pour adapter sur scène un récit collecté par les frères Grimm au début du XIXe siècle, Les Six Frères Cygnes. C’est l’histoire d’une jeune fille de roi qui reste humaine alors que ses six frères sont transformés en cygnes par leur belle-mère. Pour lever le sort, elle doit rester six ans sans rire ni parler. Elle doit aussi tisser et coudre avec des fleurs des chemises pour ses frères, ils devront les porter à la fin de ces six années. Pour incarner cette fratrie confrontée à un destin tragique et à de multiples épreuves, ils sont cinq comédiens et comédiennes sur scène, à la fois narrateurs de cette histoire mais aussi personnages de l’intrigue représentés uniquement par des attributs qui les caractérisent (une casquette, un manteau, une couronne, etc.). Emma Lejeune a imaginé toute une scénographie autour du fil, à la fois symbole du lien qui unit la sœur et ses six frères, mais aussi de la matière qu’elle utilise pour les sauver. Ce fil omniprésent délimite également les différents espaces du conte et renvoie à d’autres mythes, comme le Minotaure ou les Parques. D’une durée assez courte (45 minutes), ce spectacle peut être vu en famille (avec des enfants à partir de 7-8 ans). Cristina Marino
« Les Six Frères Cygnes », par La Compagnie sur qui conter, mise en scène d’Emma Lejeune. La Comédie Saint-Michel, 95, boulevard Saint-Michel, Paris 5e. Tél. : 01-55-42-92-97. Jusqu’au 1er septembre. Le mercredi à 15 h 15 et le samedi à 14 heures. Relâche le 1er août. Tarifs : 9 € et 14 €.
DANSE. La compagnie Retouramont au cœur de la ville, à Clichy-sous-Bois

   


Pionnière sur le terrain de l’espace public et de la danse verticale, la compagnie Retouramont, créée en 1989, a choisi la ville sous tous ses aspects architecturaux pour y inscrire une danse vivante, accidentée et éprise de communauté. Régulièrement, la troupe, dirigéee par Fabrice Guillot, propose aux habitants de collaborer avec elle pour tracer de nouveaux trajets dans le quotidien. Elle invente aussi des agrès particuliers pour mieux distinguer les reliefs insolites du tissu urbain ou de monuments comme l’église Saint-Eustache ou l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Elle propose aujourd’hui Parcours sensoriel pour mettre le spectateur au cœur de la singularité de son travail par le biais d’accessoires ou de situations. Pour plonger dans la finesse des lois de la verticalité et du vertige, cette déambulation ouverte à tous s’appuie sur l’expérimentation d’objets comme des coussins gonflés d’air, un plan incliné glissant à descendre tête en bas retenu par les pieds… A faire les yeux fermés et en toute confiance. Rosita Boisseau
« Parcours sensoriel », de Retouramont. Le samedi 14 juillet, à 10 h 30, 14 heures et 16 h 30. Ateliers Médicis, 4, allée Françoise-N’Guyen, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Tél. : 01-58-31-11-00.
FESTIVAL. Contes en chemins fête ses 20 ans, dans le Haut Val de Sèvre

   


Créé en 1999 par la communauté de communes du Haut Val de Sèvre, le festival itinérant Contes en chemins célèbre cette année sa 20e édition, du 17 juillet au 22 juillet, avec un début de saison qui a eu lieu le 9 juin à Pamproux (Deux-Sèvres), et une fin de saison, le 28 septembre, à Saint-Maixent-l’Ecole (Deux-Sèvres). Pour l’occasion, sera inauguré le 17 juillet un « Village d’enfer », animé et festif, implanté dans la commune d’Exireuil (Deux-Sèvres), imaginé par les bénévoles et la compagnie La Volige/Nicolas Bonneau, avec des surprises concoctées par les associations locales et des rendez-vous quotidiens. Les spectacles progammés feront la part belle aux conteurs et conteuses qui ont marqué les vingt années d’existence du festival : Jean-Claude Botton (compagnie La Petite Rue des contes), Michèle Bouhet et Jean-Louis Compagnon (La Compagnie de la trace), qui proposeront une création originale pour la soirée d’ouverture à Exireuil, le 17 ; Jeanne Ferron avec deux spectacles Ma mère laie et L’Histoire de Juliette et de son Roméo ; Mélancolie Motte et sa Femme moustique ; Olivier Hédin avec deux spectacles, Plat du jour et Peluches ; Gigi Bigot et sa conférence-spectacle Le Manger pour cœur ; Jihad Darwiche qui animera la soirée de clôture, le 22, avec ses Rencontres sur le pont de Bagdad. Autre moment fort de cette 20e édition, la « Nuit d’enfer/Nuit contée » orchestrée par Jean-Claude Botton, qui mènera le public au fil des histoires du samedi soir au dîner au dimanche matin au petit-déjeuner, duvets et oreillers vivement recommandés. C. Mo.
Festival Contes en chemins, 20e édition, du 17 au 22 juillet, avec fin de saison, le 28 septembre. Dans 11 communes du Haut Val de Sèvre, dont Exireuil et Saint-Maixent-l’Ecole. Tarifs : 5 € et 8 €, forfait valable pour cinq spectacles au choix, 20 €.
PARCOURS ARTISTIQUE. « Les Extatiques », une exposition à ciel ouvert à la Défense

   


On le sait peu, mais le quartier d’affaires de la Défense a aussi son côté jardin. Il expose en permanence dans l’espace public 69 œuvres artistiques. Et pour ses 60 ans, c’est son penchant pour l’art moderne et l’art numérique qu’il a choisi de mettre en exergue. Jusqu’au 21 octobre, il se transforme ainsi en une gigantesque galerie à ciel ouvert, pour 108 jours d’un parcours extatique et initiatique. Neuf artistes invitent les visiteurs à porter un autre regard sur le quartier. Vus de loin, les deux bancs publics signés Lilian Bourgeat semblent ainsi à l’échelle du décor. Il faut s’en approcher pour percevoir peu à peu la démesure de leurs 5 mètres de large et 1,80 mètre de haut. A la rectitude des gratte-ciel, à leur immobilité, Fanny Bouyagui/Art Point M, oppose le mouvement magnétique des tournesols et l’incertitude du chemin dans un labyrinthe géant de fleurs. En arrivant par la place de l’Esplanade, les 4 000 tournesols ne recouvrent pas encore la perspective, ni la femme géante de Bombay, peinte sur des panneaux découpés comme on en trouve à l’extérieur des cinémas en Inde. Signé Hanif Kureishi, et son équipe de New Delhi, qui tente de réhabiliter la peinture traditionnelle de rue dans son pays. On peut flâner sous les arbres blanchis à la chaux de Vincent Lamouroux, se déplacer d’une installation à l’autre, d’une œuvre à l’autre, marcher sur les façades d’immeubles renversés de « l’illusionniste » argentin Leandro Erlich, ou bien se photographier à la mode selfie et Instagram dans les miroirs disposés là par « encoreunestp ». Olivier Zilbertin
« Les Extatiques », à La Défense (Hauts-de-Seine), jusqu’au 21 octobre.
VISITE CONTÉE. La Maison Maria Casarès ouvre grand ses portes, à Alloue

   


Pour la deuxième année d’affilée, La Maison Maria Casarès, ancienne propriété de l’actrice léguée à la commune d’Alloue (Charente) à sa mort, en 1996, s’ouvre au public durant l’été, du 17 juillet au 17 août, et propose un programme de rencontres et de spectacles autour du théâtre, du patrimoine et de la gastronomie. Dirigé depuis janvier 2017 par la comédienne Johanna Silberstein et le metteur en scène Matthieu Roy (qui codirigent aussi La Compagnie du veilleur), ce Centre culturel de rencontre, depuis 2008 (label d’Etat regroupant les lieux de patrimoine vivant) et Maison des illustres, depuis 2011, accueille tout au long de l’année des compagnies de théâtre en résidence artistique. Dans le cadre de cette programmation, outre des goûters-spectacles et des dîners-spectacles, ainsi qu’une exposition, la Maison Maria Casarès invite le public à une déambulation sonore à travers ses jardins et logis, une façon originale de découvrir en plein été le domaine de La Vergne, au bord de la Charente. C. Mo.
La Maison Maria Casarès, Centre culturel de rencontre et Maison des illustres, Domaine de La Vergne, Alloue (Charente). Du 17 juillet au 17 août. Entrée libre tous les jours de 11 heures à 19 heures, sauf le samedi. Tél. : 05-45-31-81-22. Tarif unique (pour la visite contée) : 5 €.
RÉCITS EN PLEIN AIR. Le Jardin des contes s’éveille au Quai Branly, à Paris

   


Dans le cadre de sa programmation spéciale en extérieur, baptisée « Jardin d’été », le Musée du quai Branly-Jacques Chirac propose comme chaque année plusieurs activités autour du conte. Les visiteurs sont invités à venir écouter le samedi, sous la bulle de l’abri jardin, des « Récits d’ailleurs » narrés par les conteurs et conteuses du musée. Ces récits de voyages d’artistes et d’explorateurs les conduiront dans des contrées lointaines, sur les traces de personnages réels ou imaginaires. Et, pour les plus intrépides et imaginatifs, des ateliers de fabrique de contes, intitulés « Histoires d’imaginer », sont également proposés le mardi en juillet-août dans le salon d’été (clairière du Candi). L’occasion d’inventer et de raconter en groupe des histoires fabuleuses grâce à un jeu collectif d’images et de mots. Les histoires les plus incroyables inventées dans le cadre de ces ateliers seront publiées sur les réseaux sociaux du musée. Le tout en accès gratuit pour permettre aux familles de faire le plein d’histoires en tous genres. C. Mo.
« Récits d’ailleurs » et « Histoires d’imaginer », au « Jardin des contes », dans le cadre de la programmation « Jardin d’été 2018 ». Jusqu’au 28 août, le samedi de 15 heures à 17 heures (en continu) et le mardi de 15 heures à 16 heures. Tous publics, en accès gratuit (dans la limite des places disponibles).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le musée du Petit Palais, à Paris, consacre une exposition aux artistes réfugiés en Angleterre pendant la guerre de 1870.
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Les impressionnistes, ces peintres français tapis dans Londres

Le musée du Petit Palais, à Paris, consacre une exposition aux artistes réfugiés en Angleterre pendant la guerre de 1870.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 05h42
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 10h02
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

C’est une histoire de migrants que présente, à Paris, le musée du Petit Palais. Ils fuyaient un pays en guerre, s’embarquaient sur des navires de fortune, le plus souvent en bois et propulsés à la voile : partis de Dieppe, du Havre, de Cherbourg ou de Saint-Malo, ils traversaient la mer pour se réfugier à Londres. A l’époque, l’Angleterre était ouverte aux expatriés de toute sorte.
1940 ? Non, 1870. Ceux-là étaient victimes de la guerre franco-prussienne, du siège de Paris, des massacres qui suivirent la Commune. L’un d’eux, Claude Monet, l’écrit crûment : « La fuite en Angleterre est complète. Les transatlantiques font le service pour Londres. Deux cents passagers sont restés ce soir sur le quai. » Pour ceux qui douteraient de la dangerosité du trajet, un tableau de ce dernier a été animé sur un écran par les miracles de la technologie moderne. La peinture bouge, l’eau tourmente les petits bateaux qui s’y risquent. Du point de vue scénographique, la chose n’était sans doute pas nécessaire, de celui de l’histoire de l’art encore moins, mais elle a le mérite de faire ressentir au visiteur un vrai mal de mer. « Seize heures de traversée et cinq heures de chemin de fer », précise François Bonvin, qui a fait le voyage et se plaint, comme tout le monde, du brouillard.

On l’a compris, et quoique Londres, ville qui, à l’époque, dévore ses enfants et réclame une main-d’œuvre continuelle, soit ouverte à tous – même aux Irlandais ! – il ne s’agit pas de péquins moyens, mais d’artistes. Eux aussi sont bien reçus. Le premier ministre, William Gladstone, se dit « ravi que [ses] compatriotes aient l’occasion de voir et de témoigner de la noblesse que l’art de la peinture et l’art de la sculpture ont acquise chez ceux qui sont douloureusement atteints dans leur engagement public et national ».
Les artistes britanniques, loin de crier à l’invasion ou à la concurrence déloyale, se mettent en quatre pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Durant tout l’été, Michel Pomarède nous entraîne, dans un captivant feuilleton, dans les pas de ceux qui ont pourchassé les criminels nazis (sur France Culture à 7 h 12 et 13 h 50 et en podcast).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

TV – « Chasseurs de nazis » : une longue traque contre l’oubli

Durant tout l’été, Michel Pomarède nous entraîne, dans un captivant feuilleton, dans les pas de ceux qui ont pourchassé les criminels nazis (sur France Culture à 7 h 12 et 13 h 50 et en podcast).



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Série documentaire sur France Culture à 7 h 12 et 13 h 50

   


Après un an de débats et quatre cents heures d’audience, le 1er octobre 1946 s’achevait, à Nuremberg, un procès qui fit date et où comparurent vingt-quatre hauts dignitaires nazis parmi lesquels Hermann Göring, Rudolf Hess, Joachim von Ribbentrop ou encore Albert Speer, Ernst Kaltenbrunner. Manquaient à l’appel ceux qui avaient préféré se suicider – Hitler, Goebbels, Himmler… – ou ceux qui, grâce à de multiples complicités, parvinrent à se cacher et à fuir vers des cieux plus cléments.
Quelque soixante-dix ans tard, le 15 juillet 2015, le tribunal de Lüneburg (Basse-Saxe) condamnait à quatre ans de prison pour complicité d’assassinat de 300 000 personnes, entre 1942 et 1944, un ancien comptable d’Auschwitz, Oskar Gröning. Ce dernier est mort le 18 mars à 96 ans.
Alors que disparaissent peu à peu les derniers témoins, la justice, dans une ultime course ­contre la montre, continue d’œu­vrer, sept décennies après les faits. Et avec elle ces « auxiliaires de mémoire » que représentent les chasseurs de nazis. Qui sont-ils ? Quelles méthodes ont-ils employées pour parvenir à leurs fins ? Quelles difficultés ont-ils rencontrées lors de leur traque ? De quelles complicités et protections – et à quel niveau – les criminels nazis ont-ils bénéficié pour échapper à la justice ? Surtout, comment comprendre que cette « chasse aux nazis » qui a alimenté nombre de romans, de films, d’articles et d’ouvrages ­historiques se poursuive aujour­d’hui ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions et bien d’autres encore, Michel Pomarède s’est lancé sur la piste de ces chasseurs.
Innombrables obstacles
Ainsi de l’appartement de Serge et Beate Klarsfeld, à Paris, au bureau d’Efraim Zuroff, au Centre Simon-Wiesenthal de Jérusalem, de l’Office central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes, à Ludwigsburg en Allemagne, dirigé par le procureur Jens Rommel, aux locaux du département de la justice à Washington, où ­officie le procureur Eli Rosenbaum, le documentariste nous entraîne dans une histoire au long cours. Un récit composé de 40 épisodes (dix minutes) et nourri abondamment de lectures, d’archives ­sonores, de témoignages et d’analyses de spé­cialistes et d’historiens (Dina ­Porat, Johann Chapoutot, Richard ­Rashke, Tom Segev…).
Quelques révélations
Chemin faisant, le réalisateur dresse le portrait des précurseurs. A commencer par celui de Simon Wiesenthal, le plus célèbre d’entre eux, dont il ne cache pas l’ambiguïté ; Abba Kovner, rare « chasseur » à avoir été mû par l’esprit de vengeance ou encore Fritz Bauer, tenace procureur qui tenta de mettre « l’Allemagne face à son passé » au travers des procès d’Auschwitz et de Francfort. Et détaille leur méthode et surtout les innombrables obstacles qu’ils durent surmonter pour débusquer les criminels qui, dès la fin de la guerre, bénéficièrent sinon de la protection de certains Etats – arabes ou sud-américains –, et parfois même, qui s’offrirent leurs services.
Au-delà du caractère proprement captivant de ce feuilleton aux faux airs de polar historique qui recèle quelques révélations – l’amitié de Wiesenthal avec Albert Speer, l’architecte du IIIe Reich, ou l’abandon de la traque de Josef Mengele par l’équipe du Mossad qui arrêta Adolf Eichmann –, Michel Pomarède déconstruit un « mythe » – selon l’expression de Serge Klarsfeld – pour mieux rendre hommage à ces « chasseurs d’oubli ».
Chasseurs de nazis, écrit par Michel Pomarède, réalisé par Jean-Philippe Navarre. (Fr., 2018, 40 × 10 min). Du lundi au vendredi jusqu’au 24 août et en podcast sur le site Franceculture.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans cette série de Radio Nova, Colas relate avec humour ses rencontres en ligne (sur Nova en podcast).
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TV – « Digital Love » : les aventures d’un don Juan numérique

Dans cette série de Radio Nova, Colas relate avec humour ses rencontres en ligne (sur Nova en podcast).



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


Podcast sur Radio Nova

   


Il s’appelle Colas. Il est né en 1990 et, comme beaucoup de jeunes gens de sa génération, il ne se sépare jamais de son téléphone portable, son doudou numérique, et vit au rythme sonore de ses notifications. Colas aime, aussi, les émoticônes, la poésie, les réseaux sociaux, ­Google Maps, son scooter, la 4G, son sac à dos et la drogue. Mais ce qu’il chérit par-dessus tout, c’est Internet : ce milieu de « l’underground » qui lui permet d’être ­libre dans ses relations amoureuses.
Grâce à lui, Colas est devenu en quelque sorte un don Juan numérique, capable de draguer en usant des applications de rencontres comme Tinder ou Happn avec habileté. Mais ce « digital native », comme il se qualifie, n’a rien du stéréotype du séducteur qui s’intéresserait uniquement à des histoires sans lendemain. Bien au contraire. Colas est un romantique 2.0 qui a accepté de raconter, de sa voix douce et assurée, comment on s’aime et on se quitte à l’heure de Messenger, Whatsapp, Instagram, ou Twitter.
Ainsi, dans Digital Love, dont le podcast est disponible sur le site de Radio Nova, cet ancien étudiant de l’université de Berkeley, aux Etats-Unis, relate ses aventures en ligne avec un romantisme assez déroutant. Il explique notamment comment la messagerie éphémère Snapchat a « compris » qu’il était attiré par un de ses contacts et de quelle manière cette application a tout fait pour rapprocher les deux tourtereaux. « Snapchat a, par son algorithme, bousculé notre relation, et on n’avait plus d’autre choix que de se rouler une pelle », souligne-t-il avec ironie.
Jeu de piste
Dans l’un des cinq épisodes (de six minutes chacun), il se rappelle avoir transformé des messages sur des applications de rencontres en un jeu de piste pour qu’une fille puisse le retrouver dans le monde réel. Puis, après que leurs « téléphones se sont rapprochés », pendant cinq heures, ils sont restés côte à côte, sans se parler. « On s’est énormément parlé sur Tinder. En fait, on n’a jamais passé de temps ensemble charnellement », précise-t-il. Colas préfère, également, écrire des emails « avec de bons vieux PDF » à ses amoureuses, car « c’est un truc beau que tu peux ranger dans des dossiers, puis un jour tu pourras les réimprimer, les brûler », lance-t-il avec malice.
Digital Love, de Christophe Payet et Charlène Nouyoux (France, 2018, 5 × 6 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans cette Coupe du Monde 2018, c’est l’un des hymnes que l’on aura le plus entendu. Retour sur les origines de cette chanson à l’esprit typiquement britannique.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Une sélection estivale de livres de jardins, avec des paysages, un peintre, quelques guides, une revue, un botaniste et… de la science-fiction.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Les machines intelligentes peuvent jouer les médiateurs entre les jeunes autistes et les adultes qui les prennent en charge.
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édition abonné


Le robot humanoïde, partenaire privilégié des autistes

Les machines intelligentes peuvent jouer les médiateurs entre les jeunes autistes et les adultes qui les prennent en charge.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Cela semble presque trop simple pour être vrai, mais les résultats s’accumulent : employés à bon escient, les robots sociaux parviennent souvent mieux que les humains à améliorer le quotidien des ­jeunes autistes. En Europe, aux Etats-Unis, au Canada, les expériences se multiplient qui montrent que ces machines intelligentes peuvent les aider à sortir de leur isolement, à communiquer et exprimer leurs émotions. Et pas seulement avec ce petit compagnon artificiel, mais aussi avec leur entourage.
Quelles que soient les stimulations apportées par leur entourage, les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) présentent des difficultés d’interaction sociale et perçoivent le monde comme confus et imprévisible. Ont-elles des difficultés à identifier les expressions de leurs interlo­cuteurs, et donc leurs émotions ? Celles-ci leur sont-elles au contraire accessibles, mais menaçant toujours de les déborder ?
Objectifs éducatifs précis
Quoi qu’il en soit, le robot humanoïde est à cet égard un partenaire privilégié. Il ne s’énerve jamais, ses interactions sont limitées et prévisibles, sa voix est métallique et peu nuancée, ses mimiques peu nombreuses et stéréotypées. Bien moins étrange qu’un humain, il a donc les qualités requises pour jouer les médiateurs entre les jeunes autistes et les adultes qui les prennent en charge.
Parmi ces auxiliaires thérapeutiques, trois se disputent actuellement la vedette : Kaspar, Nao et Leka. Kaspar est le plus ancien, et le moins performant sur le plan technologique. Conçu dans les années 2000 par des chercheurs de l’université du Hertfordshire (Royaume-Uni) pour développer des « jeux thérapeutiques ­robotiques », ce robot aux allures de poupée a la taille d’un petit enfant. Avec son visage de ­silicone aux traits simplifiés qui évoque les masques du théâtre japonais, il manifeste, sous le contrôle d’un opérateur, des émotions primaires : la joie quand on le chatouille, la tristesse quand on le...




                        

                        

