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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Après avoir rencontré Theresa May, le président américain devait rejoindre le palais de Windsor pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.
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A Londres, des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la venue de Trump

Après avoir rencontré Theresa May, le président américain devait rejoindre le palais de Windsor pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 18h48
   





                        



Venu rencontrer la première ministre britannique ainsi que la reine, Donald Trump a commencé jeudi 12 juillet une visite très surveillée au Royaume-Uni. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé bruyamment dans les rues de Londres vendredi après-midi contre sa venue. Un « carnaval de la résistance » contre le président américain jugé « misogyne, homophobe, xénophobe ».
« #DumpTrump » (« Trump à la poubelle »), ou « Même ma mère, qui aime pourtant tout le monde, ne peut pas t’encadrer », pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles brandies par les participants. « Non à Trump, non au KKK [Ku Klux Klan], non à l’Amérique fasciste ! », chantaient-ils en descendant sous un soleil resplendissant la grande artère commerciale d’Oxford Street pour se rendre à Trafalgar Square, en plein cœur de la capitale britannique.
Notre correspondant à Londres, Philippe Bernard, s’est rendu sur place :

Alex, dans la manif anti-Trump à Londres: « Trump n’a pas à se mêler de nos affaires. En attaquant l’UE, il montre… https://t.co/iP6OtD5JEx— canalbernard (@Philippe Bernard)


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Sur Regent St, Trump mobilise la gauche britannique. https://t.co/84e9sQhGnJ— canalbernard (@Philippe Bernard)


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La manifestation londonienne, divisée en deux marches, l’une de femmes, l’autre regroupant une coalition d’organisations, constitue le point d’orgue du mouvement de protestation contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni. Celle-ci avait été longtemps différée par crainte de la réaction des détracteurs du président américain, ulcérés à l’idée que leur pays lui déroule le tapis rouge.
« Misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe »
« Donald Trump est misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe et promeut le sectarisme », a déclaré Georgina Rose, 42 ans, participante de la « Marche des femmes ». Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la première ministre britannique, des manifestants ont sifflé Theresa May, qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer M. Trump après son investiture, début 2017.
Dawn, 49 ans, est elle venue avec sa fille de 11 ans, Sadie. « Trump est l’homme avec le plus grand ego aux commandes de la plus grande puissance mondiale. Il n’a pas la moindre idée de ce dont le monde a besoin », a estimé cette mère de famille. Une vingtaine d’artistes drag-queen ont pris part au défilé, dont Joey « Bourgeoisie » Frenette, 27 ans, originaire de Washington et installé au Royaume-Uni depuis huit ans : « Je pense qu’il incarne une représentation particulièrement négative de ce que l’Amérique doit donner au monde. »

   


Plus insolite : dans la matinée, un ballon géant représentant un Trump en couche-culotte a flotté près du Parlement, une initiative qui a reçu le feu vert du maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, objet de nombreuses attaques verbales du président américain.
« En tant qu’Américain, je trouve ça génial. C’est une façon pacifique de protester », a commenté Brett Kirchner, 25 ans, originaire de Caroline du Nord, sur la côte est américaine. Même si, comme il en a convenu, « il y aura aux Etats-Unis des gens qui sont très contrariés par cette protestation et qui pensent que c’est insultant ».
Le parcours des manifestants tenait cependant M. Trump éloigné des protestations. Après s’être entretenu avec Mme May, M. Trump avait en effet rendez-vous, en compagnie de son épouse Melania, au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.
Plus tôt dans la journée, le président des Etats-Unis avait fait une entrée fracassante sur le sol britannique en soutenant, dans un entretien au tabloïd The Sun, les détracteurs de la première ministre partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne dans les négociations sur le Brexit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Décevante depuis vingt ans lors des grands rendez-vous, la sélection au damier s’appuie sur un groupe expérimenté à l’esprit revanchard.
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Coupe du monde 2018 : les « Flamboyants » croates, une équipe forgée dans l’épreuve

Décevante depuis vingt ans lors des grands rendez-vous, la sélection au damier s’appuie sur un groupe expérimenté à l’esprit revanchard.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h56
    |

            Anthony Hernandez (envoyé spécial à Moscou)








                        



   


Les footballeurs croates ont tué le père. Vingt ans après la génération dorée des Zvonimir Boban ou Davor Suker, leurs successeurs, emmenés par le capitaine Luka Modric, ont réussi l’impensable : qualifier leur petit pays de 4,1 millions d’habitants pour la finale de Coupe du monde, une première depuis l’Uruguay en 1950 (2,2 millions à l’époque).
Pourtant, la Croatie était comme fâchée avec la Coupe du monde depuis sa troisième place en 1998 pour la toute première participation de cette jeune nation. En 2002, 2006 et 2014, l’aventure s’est terminée à chaque fois au premier tour. Comme si le charme était déjà rompu. Lors de ce Mondial 2018, l’aventure des Vatreni (les « flamboyants ») a tenu du parcours du combattant. Après une phase de poules maîtrisée (trois victoires en trois matchs), les Croates enchaînent avec trois prolongations en dix jours et deux séances de tirs au but (contre le Danemark puis la Russie) lors desquelles le gardien, Danijel Subasic, endosse le costume de sauveur.
Et dire que le Monégasque et ses partenaires ont bien failli ne jamais voir la Russie à force d’enchaîner les résultats médiocres lors des qualifications. Entre juin et octobre 2017, la sélection au damier perd contre la Turquie et l’Islande, s’impose avec le minimum syndical (1-0) face au modeste Kosovo avant de concéder le nul contre la Finlande. Ce dernier résultat coûte sa place de sélectionneur à Ante Cacic, remplacé au pied levé par Zlatko Dalic, deux jours avant un match décisif face à l’Ukraine. Sous son impulsion, les Croates gagnent à Kiev et décrochent leur place au Mondial en passant par un barrage victorieux face à la Grèce.
La désillusion de l’Euro 2016
Le nouveau sélectionneur n’a pourtant pas un CV d’ancien international, et son expérience de technicien se résume à un poste d’adjoint de la sélection des moins de 21 ans et à des expériences d’entraîneur en Albanie, en Arabie saoudite ou encore à Abou Dhabi. Dalic décide de ne pas bouleverser le groupe en place et s’appuie toujours sur un solide noyau, déjà présent lors de l’Euro 2012 : le gardien, Danijel Subasic (33 ans), les défenseurs Ivan Strinic (30 ans) et Domagoj Vida (29 ans), mais surtout les milieux de terrain Luka Modric (32 ans) et Ivan Rakitic (30 ans), ainsi que les attaquants Ivan Perisic (29 ans) et Mario Mandzukic (32 ans). Malgré le renfort de jeunes loups, comme Marcelo Brozovic (25 ans) ou Ante Rebic (24 ans), la Croatie est une équipe de grognards qui s’est forgé un état d’esprit revanchard à travers les récentes déceptions.

   


La dernière remonte à l’Euro 2016, où, après un premier tour éblouissant (dont une victoire au passage contre l’Espagne), la Croatie n’avait pas trouvé la solution en huitièmes de finale face au casse-tête portugais. De cette désillusion, huit joueurs titulaires le 25 juin 2016 à Lens l’étaient aussi mercredi 11 juillet à Moscou contre les Anglais… Et ce chiffre impressionnant aurait pu monter à neuf si le défenseur de Liverpool, Lovren, ne s’était pas brouillé avec le précédent sélectionneur avant le tournoi organisé en France.
Luka Modric est toujours le chef de file et le baromètre de son équipe. A 32 ans, le vainqueur des trois dernières Ligues des champions avec le Real Madrid peut même rêver au Ballon d’or en cas de victoire, dimanche, face aux Bleus. Trois fois vainqueur de ce trophée, le Néerlandais Marco van Basten décrit le rôle capital du milieu au physique d’éternel adolescent : « Modric guide son équipe, dirige le jeu. Avoir un joueur comme lui vous mène très loin. La force des Croates est leur mental. Ce sont des battants qui jouent collectif et qui adorent ce genre de match. »
« Quatre millions de joueurs »
La cohésion de l’équipe est en effet leur principal atout. Et gare à celui qui manque de respect au maillot. Avec l’approbation de Modric, Zlatko Dalic n’a pas hésité à renvoyer chez lui Nikola Kalinic, coupable d’avoir renâclé à entrer en jeu en fin de match contre le Nigeria, prétextant un mal de dos.
Les scènes de joie après le deuxième but en demi-finale ont également fait le tour du monde : titulaires et remplaçants qui ne forment plus qu’une montagne humaine sous laquelle un photographe de l’AFP est enseveli. Damien Goulagovich, journaliste pour le site Footballski, spécialisé sur le football de l’Europe de l’Est, décrypte cet état d’esprit : « Les joueurs sont très attachés au pays, ils jouent pour la patrie, plus peut-être que d’autres. C’est lié au fait que la Croatie est une petite nation et aussi parce que la guerre est encore dans les esprits. Modric et certains de ses coéquipiers, qui ont la trentaine, ont entendu, gamins, les bombes tomber. »
Malgré les limites liées à sa population et à un manque criant d’infrastructures, le football est une vraie passion dans ce pays, indépendant depuis le 25 juin 1991. Preuve en est, là où la majorité des langues emploient un anglicisme, les Croates ont inventé leur propre mot pour désigner ce sport, nogomet, créé à partir du mot noga, qui signifie « jambe ».
« Je n’imagine même pas ce que ce serait si la Croatie était championne du monde. Sans doute que personne n’irait au travail pendant quelques jours, s’enthousiasme Zlatko Dalic. Tout est possible en Croatie, notre pays compte quatre millions de personnes, quatre millions d’entraîneurs, quatre millions de joueurs. Tout le pays est dans la rue pour fêter ça. » Plus que jamais prête au combat, en quatre-vingt-dix, cent vingt minutes ou au terme des tirs au but, la Croatie n’a jamais été aussi proche d’un rêve qui tenait de l’utopie il y a un mois à peine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Depuis la crise de 2017, le président multiplie les signes d’attention, mais sera jugé sur l’effort budgétaire.
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Macron et les militaires, vigilance dans les rangs

Depuis la crise de 2017, le président multiplie les signes d’attention, mais sera jugé sur l’effort budgétaire.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h32
    |

            Cédric Pietralunga et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Une matinée entière. Malgré un agenda chargé, Emmanuel Macron s’attarde, ce samedi 23 juin, aux Invalides. Venu rendre visite aux blessés de l’armée de terre, le chef de l’Etat prend son temps. Discret, avec le caporal-chef Loïc Liber, tétraplégique, rescapé des tueries de Mohamed Merah en mars 2012. Empathique, prenant longuement les mains des uns, accordant aux autres tous les selfies. « Merci, monsieur le président ! », lui lance un soldat du régiment médical de la Valbonne, grièvement blessé au Mali. « Non, c’est moi. Merci. Un bel exemple de courage », répond le chef des armées, tout en attentions.
Ce vendredi 13 juillet, à l’hôtel de Brienne, il s’exprimera comme tous les ans devant les militaires défilant le lendemain sur les Champs-Elysées. Il y a un an, dans ce même lieu, les relations entre le président de la République et l’armée avaient débuté dans le bruit et la fureur. Le 13 juillet 2017, M. Macron, tout juste élu, avait publiquement, sèchement, rappelé à l’ordre le chef d’état-major, le général Pierre de Villiers, qui venait d’exprimer des critiques sur de nouvelles coupes budgétaires subies par les armées, alors qu’il espérait une hausse des crédits. « Je suis votre chef. Les ­engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir et je n’ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire », avait grondé le président, provoquant une douloureuse ­stupeur chez les militaires réunis pour cette tradition.

Depuis, le général François Lecointre a remplacé le général de Villiers démissionnaire, qui a gardé l’image d’un chef proche de ses hommes. Les relations entre l’armée et le chef de l’Etat ont connu un début de normalisation. Après deux quinquennats marqués par la réduction des moyens, Emmanuel Macron a confirmé le réinvestissement sécuritaire, décidé par François Hollande en 2016 après les attentats tout en en renvoyant le financement après 2017.
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Alors que le Mondial de foot s’achève en Russie, le Kremlin est resté sourd à tous les appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.
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La vie d’Oleg Sentsov suspendue à la grâce de Vladimir Poutine

Alors que le Mondial de foot s’achève en Russie, le Kremlin est resté sourd à tous les appels pour la libération du cinéaste ukrainien, en grève de la faim depuis 61 jours.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h12
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La Coupe du Monde de football s’achève en Russie, et Oleg Sentsov risque de mourir. Le cinéaste ukrainien, incarcéré dans une colonie à régime sévère dans le nord du pays, a eu 42 ans ce vendredi 13 juillet, tandis qu’il franchissait un autre pallier : 61 jours de grève de la faim. Dans une lettre datée du 22 juin mais rendue publique le même jour, vendredi, sur le site de la radio Echo de Moscou, sa mère, Lioudmila Sentsova, a demandé sa grâce à Vladimir Poutine.
« Je ne vais pas essayer de vous convaincre de l’innocence d’Oleg, même si j’en suis persuadée, écrit-elle. Je dirai juste qu’il n’a tué personne. Il a déjà passé quatre ans en prison. Ses enfants l’attendent. Le cadet souffre d’autisme. Ils ne seront jamais heureux sans leur père. »
Vladimir Poutine est resté jusqu’ici inflexible. Ni les commentaires alarmés des défenseurs des droits de l’homme, ni les requêtes de ses interlocuteurs – Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a lui aussi demandé sa grâce – ni les nombreux appels d’intellectuels à l’étranger n’ont ébranlé le chef du Kremlin.

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« J’ose croire qu’il va le libérer pour ne pas laisser une ombre sur le Mondial. La mort [du nationaliste irlandais] Bobby Sands après soixante-six jours de grève de la faim [en Irlande du Nord], a pesé sur Thatcher comme quelque chose d’indélébile », souligne depuis Paris Michel Eltchaninoff. Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents à travers laquelle écrivains et intellectuels comme Leila Slimani, Jonathan Littell ou Philippe Claudel se sont mobilisés, il est lui-même l’auteur d’une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron lui demandant de ne pas se rendre en Russie sans un geste du Kremlin.
Pétitions et manifestations
Le président français a assisté à Saint-Pétersbourg à la demi-finale du Mondial disputée par la France le 10 juillet. Il sera de nouveau à Moscou ce dimanche, au côté de Vladimir Poutine, pour la finale qui opposera cette fois la France à la Croatie.
Publiée sur le site de la Société des réalisateurs de film, une pétition a réuni des dizaines de signatures françaises et étrangères parmi lesquels Jacques Audiard, Bertrand Tavernier, l’acteur américain George Clooney ou le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev. Depuis les Etats-Unis, d’autres appels ont été lancés, dont celui de l’écrivain Stephen King. Dans une lettre ouverte rédigée à l’attention de Vladimir Poutine et de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football, le Pen Club aux Etats-Unis a réuni les signatures d’une cinquantaine de personnalités, dont Patti Smith, Salman Rushdie, Paul Auster ou Michael Connelly. Toutes ces démarches sont restées sans résultat.

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En Russie, ceux qui osent manifester publiquement pour la libération d’Oleg Sentsov sont réprimés. Vendredi, le tribunal Tverskoï de Moscou a condamné deux acteurs de Teatr.doc, Maria Tchouprinskaïa et Gregori Gandlevski, à 20 000 roubles d’amende (environ 275 euros) pour avoir « distribué des tracts » en faveur du cinéaste. Huit autres personnes ont été interpellées à Saint-Pétersbourg, comme tous ceux qui ont tenté de sensibiliser les supporteurs de foot venus du monde entier. Rue Nikolskaïa, à Moscou, lieu de rassemblement privilégié des fans, la police les a promptement chassés.
Un chemin plein d’obstacles

   


« Nous avons appris aujourd’hui par les médias qu’une telle demande [de grâce] a été faite », a commenté, vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé sur la lettre de la mère d’Oleg Sentsov. « Bien sûr, elle sera examinée, nous y prêterons attention », a-t-il ajouté. Jusqu’ici, pourtant, tous les obstacles ont été dressés sur le chemin de la libération du cinéaste, à commencer par sa nationalité. Né en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, il s’est vu imposer la nationalité russe, compromettant ainsi la perspective d’un échange entre prisonniers un temps envisagé entre Kiev et Moscou. La Russie a ensuite argué qu’elle ne pouvait échanger un « citoyen russe ».

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Oleg Sentsov a lui-même lié son sort à celui de quelque 70 autres prisonniers ukrainiens, dont Alexandre Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié de « parodie de justice » par Amnesty International, les deux hommes avaient été condamnés en même temps, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « organisation » et « participation » à une entreprise « terroriste » sur la base d’aveux de deux complices présumés. Ces derniers ont, depuis, déclaré qu’ils leur avaient été extorqués sous la torture. « Manifestement, les droits élémentaires de la défense n’ont pas été respectés », a convenu le 10 juillet Bernard Griveaux, porte-parole du gouvernement français sur France Info.
Dans une colonie pénitentiaire
Accusé de faire partie de Praviy Sektor, un groupe ultranationaliste ukrainien, puis arrêté en Crimée en mai 2014, moins de deux mois après l’annexion de la péninsule ukrainienne, Oleg Sentsov purge aujourd’hui sa peine dans une colonie pénitentiaire de Labytnangui, à près de 2 000 kilomètres de Moscou, dans la région de Iamalo-Nénétsie. C’est là qu’il a commencé, le 14 mai, sa grève de la faim, en se disant déterminé à aller « jusqu’au bout ». Depuis, « chaque jour, il boit 3,5 litres d’eau, répète son avocat Dmitri Dinzé. Il a accepté des injections de glucose, d’amino-acides et de vitamines. »
« Oleg, qui mesure 1,90 mètre (…) a perdu 15 kg depuis le début de sa grève de la faim, a témoigné sa cousine, Natalia Kaplan, qui a pu lui rendre visite le 5 juillet. « Hier, il était dans un très mauvais état, aujourd’hui, il se sent mieux. Cela va surtout mal le soir », avait-elle poursuivi, en précisant qu’il irait effectivement « jusqu’au bout » : « Il croit en sa victoire. »

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La déléguée aux droits de l’homme de Vladimir Poutine, Tatiana Moskalkova, qui s’était résignée à faire le déplacement le 28 juin, a fait entendre sa différence. « Oleg Sentsov est en bonne forme émotionnelle. Il marche, il s’intéresse à ce qu’il se passe dans le monde, il regarde la télévision, les infos et le football, et il écrit un scénario pour un film », avait-elle déclaré, sans un mot sur son état physique. En quittant les lieux en cortège, la fonctionnaire, élevée au grade de générale du ministère de l’intérieur où elle a longtemps travaillé, a refusé de s’arrêter et de parler à son homologue ukrainienne, Lioudmila Denissova, qui s’était vu refuser l’accès au camp.
Vendredi, loin des projecteurs du Mondial qui vont s’éteindre, un autre Ukrainien, Evgueni Panov, a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire pour les mêmes motifs qu’Oleg Sentsov. Arrêté également en Crimée en août 2016, ce chauffeur d’entreprise avait avoué, sous l’effet de la torture a-t-il affirmé à ses avocats, avant de se rétracter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Le maillot jaune est resté le bien du Belge Greg Van Avermaet (BMC), en tête du classement général depuis lundi.
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Tour de France : le Néerlandais Dylan Groenewegen remporte la 7e étape

Le maillot jaune est resté le bien du Belge Greg Van Avermaet (BMC), en tête du classement général depuis lundi.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 19h09
   





                        



   


Les coureurs du Tour de France avaient décidé de prendre leur temps vendredi 13 juillet. Avec 231 km au programme, cette étape entre Fougères et Chartres était la plus longue du Tour 2018. Et sans doute la plus propice à une sieste. Dylan Groenewegen ne fera pas la fine bouche après six heures de selle.
Vainqueur de l’étape des Champs-Elysées en 2017, le Néerlandais de 25 ans confirme qu’il est l’étoile montante du sprint mondial. Le coureur de la Lotto Jumbo devance le Colombien Fernando Gaviria, le maillot vert Peter Sagan et les Français Arnaud Démare et Christophe Laporte sur la ligne installée en faux plat montant, à la sortie de Chartres.
Bien placé à 200 mètres de la ligne, Mark Cavendish a encore calé et terminé à la 10e place. A 33 ans, le Britannique aux 30 victoires d’étape sur le Tour amorce ce qui ressemble à un déclin.

🔎 Enjoy how Dylan Groenewegen dominated the sprint today!
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dan Martin un temps piégé
La journée s’est révélée tranquille pour les favoris du Tour. Sur les longues lignes droites de l’Eure-et-Loire, le vent ne soufflait pas assez pour la formation de ces bordures redoutées par certains et espérées par d’autres (dont les téléspectateurs devant leur écran). Le peloton a cheminé sans trop se presser vers un sprint massif à une allure de cyclotouristes. Hormis une première accélération en début de course et un coup de chaud, à moins de 100 kilomètres de l’arrivée, quand plusieurs équipes (AG2R La Mondiale, Trek, Movistar) ont brutalement accéléré.
Des candidats au podium, seul l’Irlandais Dan Martin a été piégé. Mais il a pu revenir quelques kilomètres plus loin. Le mouvement a condamné le Français Yoann Offredo, qui s’était lancé dans une échappée solitaire après 34 kilomètres de course. Laurent Pichon est parti à son tour à l’aventure à 84 kilomètres de l’arrivée. Le Français a fini par payer sa solitude et a vu le peloton revenir à 38 kilomètres de Chartres. Le coureur de Fortuneo pourra toujours se consoler avec le prix du combatif du jour.
Samedi, le programme annonce une nouvelle arrivée probable au sprint à Amiens avant l’étape tant attendue des « pavés », dimanche entre Arras et Roubaix.

📊 Here is today stage Top 10!
📊 Découvrez le Top 10 de l'étape du jour !
— LeTour (@Le Tour de France)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La police britannique, qui n’a pas encore déterminé comment le récipient était arrivé chez Charlie Rowley, estime que cette découverte est un « développement important » dans l’enquête.
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Une bouteille de Novitchok retrouvée chez une victime

La police britannique, qui n’a pas encore déterminé comment le récipient était arrivé chez Charlie Rowley, estime que cette découverte est un « développement important » dans l’enquête.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 19h34
   





                        



   


La police britannique a annoncé vendredi 13 juillet avoir trouvé une petite bouteille ayant contenu du Novitchok, l’agent innervant qui a empoisonné un couple de Britanniques à Amesbury, dans le sud-est de l’Angleterre.
La petite bouteille a été trouvée au domicile de Charlie Rowley, l’une des deux victimes – toujours hospitalisé, mais plus « dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury – et les tests effectués au laboratoire militaire de Porton Down ont confirmé qu’elle contenait du Novitchok.
« De plus amples tests vont être menés pour essayer d’établir si cela vient du même lot qui a contaminé Sergueï et Ioulia Skripal en mars, ce qui reste une piste d’enquête pour la police », a ajouté Scotland Yard.
Les enquêteurs essayent d’établir « d’où vient la bouteille et comment elle est arrivée au domicile de Charlie ». C’est un « développement important et positif », a salué le chef de l’antiterrorisme, Neil Basu, sans donner plus de détails sur l’objet retrouvé.
« Toutefois, nous ne pouvons garantir qu’il ne reste plus de substance [dans la nature] et des cordons policiers vont rester en place pour une période considérable », a-t-il prévenu.
« Faible » risque pour le public
Le risque pour le public reste « faible », mais par mesure de précaution, les autorités demandent à la population de ne pas ramasser d’objets inconnus, « comme des seringues, des aiguilles, des cosmétiques ou des objets similaires faits de métal, de plastique ou de verre ».
Les autorités britanniques ont invité des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à venir la semaine prochaine faire des prélèvements qui seront analysés dans les laboratoires qu’ils auront désignés, selon le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.
Charlie Rowley et Dawn Sturgess avaient été hospitalisés le 30 juin après avoir été empoisonnés au Novitchok. Si Charlie Rowley s’en est sorti, Dawn Sturgess, une mère de trois enfants âgée de 44 ans, est morte à l’hôpital dimanche soir. Son autopsie est prévue mardi.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Le site flambant neuf de General Electric en Loire-Atlantique est prêt à produire les éoliennes offshore pour les parcs français. Mais les retards s’accumulent.
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édition abonné


L’usine d’éoliennes General Electric de Montoir-de-Bretagne attend toujours les commandes françaises

Le site flambant neuf de General Electric en Loire-Atlantique est prêt à produire les éoliennes offshore pour les parcs français. Mais les retards s’accumulent.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 18h51
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Sur le quai du port, les monstres de 400 tonnes et 10 mètres de haut ressemblent aux véhicules blindés de L’Empire contre-attaque. Trois nacelles géantes – la partie supérieure d’une éolienne – sur lesquelles seront fixées les pales, attendent sagement face à l’usine General Electric de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), d’être délicatement posées sur des navires pour être transportées en mer du Nord.
Dans l’usine, plus de 120 salariés et des centaines d’intérimaires s’activent pour la finition des dernières nacelles d’éoliennes offshore à livrer en Allemagne pour le parc Merkur, l’un des plus gros du pays, avec 66 éoliennes. De quoi fournir de l’électricité à l’équivalent de 500 000 foyers.
Mais l’usine flambant neuve, construite par Alstom en 2014, reprise depuis par GE, fait face à un paradoxe. Alors que les investissements dans l’éolien offshore ont bondi de 40 % en deux ans en Europe, que les prix sont en chute libre et que la concurrence entre les géants du secteur fait rage, le site de Montoir va devoir fonctionner au ralenti à cause du retard pris par la filière française.
Recours d’opposants et lenteurs administratives
Dans le gigantesque hangar, le générateur est assemblé et testé avant d’être fixé sur la nacelle, avec sa plate-forme rouge, sur laquelle viendront se poser les hélicoptères pour les opérations de maintenance. « On met une vingtaine de jours pour produire un générateur », explique Jean-Baptiste Vilcoq, le responsable de la production, qui souligne que l’usine fait appel à une série de sous-traitants locaux pour son matériel et son outillage. L’assemblage entre le générateur, la nacelle et le nez de l’éolienne est un défi technique et se fait au dixième de millimètre près. « Ce sont de très gros assemblages, qui nécessitent énormément de précision », souligne M. Vilcoq.
A l’origine, en 2011, Alstom s’était engagé aux côtés d’EDF sur trois parcs éoliens en Bretagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Plusieurs entreprises ont contourné les règles stipulant que les travaux de nettoyage ne doivent pas être réalisés par des immigrés en formation.
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Japon : des entreprises ont utilisé des « apprentis » étrangers pour décontaminer Fukushima

Plusieurs entreprises ont contourné les règles stipulant que les travaux de nettoyage ne doivent pas être réalisés par des immigrés en formation.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 19h08
   





                        


Quatre entreprises ont fait participer des étrangers, venus au Japon dans le cadre d’un programme d’apprentissage, au travail de décontamination de la région de Fukushima à la suite de la catastrophe nucléaire de 2011, a confirmé le gouvernement, vendredi 13 juillet.
Le ministère de la justice a mené l’enquête auprès de 182 sociétés de construction après la découverte, en mars, des cas de trois Vietnamiens qui avaient dû effectuer des tâches de décontamination, a expliqué un porte-parole, confirmant des informations de presse.
« Ils étaient censés manipuler des engins de construction, mais ils ont en fait été assignés à des travaux de nettoyage, consistant par exemple à déblayer la terre » à la main, a-t-il précisé. Le ministère avait alors souligné qu’un tel travail ne pouvait convenir à la formation des immigrés qui entrent dans l’archipel grâce à un dispositif lancé en 1993.
Ces révélations risquent de relancer les critiques sur ce programme controversé, accusé d’avoir servi de cadre à l’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché.
Parmi les quatre entreprises concernées, l’une d’elles a été sanctionnée par une interdiction d’employer de nouveaux apprentis pour une durée de cinq ans. Le nombre de travailleurs affectés n’a pas encore été déterminé.
Après le violent séisme du 11 mars 2011, survenu au large de la côte nord-est du Japon, un gigantesque raz de marée avait ravagé la centrale Fukushima Daiichi, provoquant l’accident atomique le plus grave depuis celui de Tchernobyl, en 1986.

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                Sept ans après Fukushima, le Japon reprend le chemin du nucléaire



Le gouvernement encourage l’accueil de travailleurs étrangers
D’ici à la fin de septembre, 820 autres entreprises doivent faire l’objet d’une inspection. Le Japon comptait un peu plus de 250 000 de ces apprentis à la fin de 2017. Ils sont cependant de plus en plus nombreux à quitter leurs employeurs de manière précipitée (7 089 l’an dernier, contre 2 005 en 2012), selon l’étude du ministère. Beaucoup ont justifié leur départ par la faible rémunération perçue.
Cette enquête se déroule au moment même où le gouvernement japonais a décidé d’encourager l’accueil de travailleurs étrangers pour combler en partie la pénurie de main-d’œuvre due au vieillissement de la population et au faible taux de natalité du pays.

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                Retours à Fukushima, sept ans après



Un nouveau statut de visa va être créé, ouvert en théorie à des immigrés ayant des qualifications inférieures à celles habituellement requises pour entrer sur le territoire japonais pour y travailler. Il autorisera les demandeurs à rester pendant cinq ans au Japon sans toutefois leur permettre de faire venir leur famille.
Selon les statistiques officielles, l’archipel comptait en 2017 1,28 million de travailleurs étrangers sur une population de 128 millions d’habitants.
Mais plus d’un tiers (459 000 personnes) est constitué d’époux ou épouses de personnes de nationalité japonaise, de Sud-Coréens présents de très longue date au Japon mais ayant gardé leur nationalité d’origine, ou encore de descendants de nationalité étrangère de Japonais ayant émigré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La fontaine de la place du Pin, dans le centre-ville, a été fermée au début de l’été à la demande « de nombreux riverains et commerçants », selon la mairie.
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Accusée d’avoir coupé l’eau d’une fontaine pour éloigner des SDF, la ville de Nice dément

La fontaine de la place du Pin, dans le centre-ville, a été fermée au début de l’été à la demande « de nombreux riverains et commerçants », selon la mairie.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h29
   





                        


Accusée par des associations d’avoir fermé une fontaine utilisée par des personnes sans domicile fixe (SDF) pour les éloigner d’une place du centre-ville, la mairie de Nice a réagi vendredi 13 juillet. C’est « une polémique indigne qui n’a pas lieu d’être », a écrit la municipalité de droite sur Twitter.

@Nice_Matin La Ville de Nice réfute catégoriquement l’accusation d’avoir fermé la fontaine de la Place du Pin pour… https://t.co/3HjCL90rJo— VilledeNice (@Ville de Nice)


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La fontaine de la place du Pin a été fermée au début de l’été, à la demande « de nombreux riverains et commerçants », selon la mairie, qui explique cette décision par « une utilisation inadaptée qui générait des nuisances et des incivilités, y compris de la part de personnes disposant d’un logement ».
Des SDF y lavaient notamment leur linge et leur chien, selon une porte-parole de la mairie. Dans un article de Nice-Matin publié vendredi, des commerçants de la place du Pin, en plein centre-ville, soutiennent la mesure, évoquant des SDF posant « un souci de sécurité » et redoutant que « la vision de SDF (puisse) faire diminuer la clientèle ».
« Inacceptable »
« A Nice, il n’y a pas de toilettes ni de douches publiques gratuites que les SDF pourraient utiliser. On leur retire tout moyen de conserver un minimum d’hygiène, puis on prétexte de leur saleté pour les éloigner, a de son côté dénoncé le collectif Tous citoyens dans un communiqué. Couper l’accès à l’eau potable est inacceptable. Il ne s’agit de pas de positionnement politique ni même de solidarité avec les plus démunis, il s’agit du respect des conditions minimales d’existence. »
La mairie rétorque que Nice « dispose de 120 fontaines en libre service dans toute la ville notamment sur la promenade du Paillon, la promenade des Anglais et dans les parcs et jardins ».
La mairie a promis une concertation « plus large » dans les prochains jours « afin de mettre en place une fontaine plus adaptée permettant uniquement l’hydratation et la boisson ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Ces boutiques profitent d’un flou juridique pour vendre des dérivés de cannabis à faible taux de THC. Les gérants ont été mis en examen pour « transport, détention, offre ou session, acquisition ou emploi de stupéfiants ».
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Cannabis : quatre gérants de boutiques de CBD mis en examen à Paris

Ces boutiques profitent d’un flou juridique pour vendre des dérivés de cannabis à faible taux de THC. Les gérants ont été mis en examen pour « transport, détention, offre ou session, acquisition ou emploi de stupéfiants ».



Le Monde
 |    13.07.2018 à 19h27
   





                        


Quatre gérants de boutiques parisiennes vendant un dérivé de cannabis à faible taux de THC ont été mis en examen pour infraction à la législation sur les stupéfiants, tout comme leur magasin en tant que personne morale, a appris de source judiciaire l’Agence France-Presse, vendredi 13 juillet.
Ils ont été mis en examen pour « transport, détention, offre ou session, acquisition ou emploi de stupéfiants », ainsi que pour « provocation à l’usage de stupéfiants », et placés sous contrôle judiciaire, a précisé cette source.
Dans le détail, il s’agit de trois hommes et une femme gérant des établissements dans les 11e, 16e et 18e arrondissements de Paris. A la fin de juin, trois dirigeants de telles enseignes dans les 2e et 11e arrondissements de Paris avaient déjà été mis en examen pour les mêmes chefs.
Une centaine de boutiques
On compterait en France aujourd’hui près d’une centaine de ces boutiques dans lesquelles sont vendus des produits à base de cannabis ne contenant pas ou quasi pas de tétrahydrocannabinol (THC, la substance psychoactive du cannabis, interdite par la loi) mais du cannabidiol (CBD), une autre molécule du cannabis, non prohibée, sans effet euphorisant mais à laquelle on prête des vertus relaxantes.

        Lire aussi :
         

                Cannabis : en France, la bataille du CBD est engagée



Ces établissements se sont multipliés ces derniers mois en s’appuyant sur un flou juridique qui autorise le CBD dès lors que la teneur en THC, composant du cannabis ayant un effet psychotrope, n’excède pas 0,2 %. Cette autorisation découle d’un arrêté du 22 août 1990 qui ne permet cependant la vente du CBD que sous la forme de « fibres [herbes] ou graines », un élément qui n’est pas toujours respecté par ces enseignes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Au menu : le dernier repas d’Ötzi l’homme des glaces, un premier semestre 2018 très chaud en France, découverte d’une guêpe dotée d’un dard géant, etc.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Il y a quelques mois, l’attaquant des Bleus avait accordé un entretien à l’un de nos journalistes pour les besoins d’un documentaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
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Kylian Mbappé : « Je veux tout donner pour la France »

Il y a quelques mois, l’attaquant des Bleus avait accordé un entretien à l’un de nos journalistes pour les besoins d’un documentaire.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 11h23
    |

            Mustapha Kessous








                        



                                


                            

Dans le cadre d’un documentaire (France 98 : nous nous sommes tant aimés, produit par Premières Lignes et diffusé en juin sur France 2), notre journaliste Mustapha Kessous s’était longuement entretenu, en novembre 2017, avec Kylian Mbappé, à la veille de ses 19 ans. Pendant quarante-cinq minutes, l’attaquant de l’équipe de France et du Paris-Saint-Germain avait parlé de lui, de France 1998, des supporteurs, du Mondial 2018 et de l’impact du football sur la société.
Que signifie pour vous le football ?
C’est quelque chose dont je ne peux pas me passer. C’est plus qu’une addiction, le football est ancré en moi. J’ai toujours su que c’était ça que je devais faire.
Pensez-vous, comme Michel Platini, que le football est « un jeu irrationnel » ?
Le football est, pour moi, plus qu’un sport, il suffit de voir l’impact qu’il a sur la société. Les gens viennent au stade pour oublier leur vie pendant quatre-vingt-dix minutes, et c’est à nous de se charger de leur donner satisfaction ; de les faire se lever de leur chaise pour qu’ils s’endorment avec des étoiles plein les yeux. Plus jeune, il y a des joueurs qui m’ont donné du plaisir, et maintenant, je suis dans ce rôle-là.
Est-ce grisant de se dire qu’il y a des millions de personnes qui vous regardent ?
Personnellement, j’ai la même sensation et la même joie de jouer que quand j’étais enfant. Sauf qu’il y a des millions de gens qui partagent ce sentiment avec moi. C’est comme une force supplémentaire.
Pourquoi cette obsession de faire du spectacle sur le terrain ?
« J’espère marquer le foot de mon empreinte »
C’est le plaisir du jeu, de marquer, de faire briller le copain. Lorsque vous faites ce que vous aimez, vous ne voulez pas être de passage : vous n’avez pas sacrifié toute votre vie pour être un figurant ; moi, j’espère marquer le foot de mon empreinte.
Enfant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Treize personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attaque au cocktail Molotov de voitures de police à Viry-Châtillon seront jugées devant un tribunal pour mineurs.
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Attaque de Viry-Châtillon contre des policiers : 13 suspects renvoyés devant les assises

Treize personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attaque au cocktail Molotov de voitures de police à Viry-Châtillon seront jugées devant un tribunal pour mineurs.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 18h56
   





                        



   


Le 8 octobre 2016, deux policiers avaient été gravement brûlés dans l’attaque de leur voiture au cocktail Molotov, à Viry-Châtillon (Essonne). Treize suspects – dont trois mineurs au moment des faits – sont renvoyés devant les assises dans cette affaire, selon les déclarations, vendredi 13 juillet, du parquet d’Evry. Tous comparaîtront devant la cour d’assises des mineurs, suivant les recommandations du parquet. Certains avocats ont déjà fait appel de cette décision.
Les quatre autres mis en examen ont bénéficié d’un non-lieu, faute de charges suffisantes.

        Lire :
         

          Sept mises en examen dans l’attaque de policiers à Viry-Châtillon



Mouvement de colère dans la police
Lors de l’attaque, les voitures des policiers, stationnées à un carrefour attenant à la cité de la Grande Borne, à cheval sur les communes de Viry-Châtillon et Grigny, avaient été incendiées au moyen de cocktails Molotov, alors que quatre fonctionnaires se trouvaient à l’intérieur. Ils surveillaient depuis une semaine une caméra qui elle-même surveillait un carrefour où de nombreux vols à la portière étaient commis.
L’un d’eux, grièvement brûlé au visage, au torse et aux mains, a dû subir de nombreuses greffes de peau.

        Lire notre reportage à l’époque des faits :
         

          A la Grande Borne, « les gouvernements ont créé un ghetto »



Cette agression avait suscité un grand mouvement de colère des policiers, qui avaient manifesté plusieurs semaines durant dans de nombreuses villes de France, pour protester contre le manque de moyens et le « laxisme » de la justice.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le Festival international de journalisme a ouvert ses portes à Couthures-sur-Garonne, vendredi, pour sa troisième édition. Paroles de festivaliers.
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Festival international de journalisme : « Je viens ici pour décortiquer des sujets, pas pour y croiser des stars »

Le Festival international de journalisme a ouvert ses portes à Couthures-sur-Garonne, vendredi, pour sa troisième édition. Paroles de festivaliers.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 17h45
    |

            Léa Iribarnegaray et 
Adrien Naselli








                        



   


Intérêt pour l’actualité ou simple proximité géographique, promesse de rencontres originales, besoin de comprendre le travail des journalistes, engagement écologique ou féministe… autant de raisons de se rendre au Festival international de journalisme à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne). Dans ce village de 380 habitants, un bon millier de personnes investissent les lieux en ce week-end du 14 juillet. Témoignages de festivaliers.

   


Milène, 67 ans, administratrice dans une exploitation agricole
« Je viens de Gaujac, tout près de Couthures-sur-Garonne, un village de 260 habitants. Je viens chaque année, pour le plaisir d’entendre un tas de choses auxquelles on n’a pas accès d’habitude. On est isolés, ici, à la campagne. On ne vient pas vers nous. J’ai le sentiment qu’on compte peu, parce que les moyens ne sont pas là. Je ne lis pas beaucoup la presse, je regarde parfois BFM-TV ou les JT. Les informations semblent toujours tronquées : ce sont des flashs, des instantanés, qui méritent d’être approfondis. Je viens ici pour décortiquer des sujets, pas pour y croiser des stars. Je ne suis pas en admiration devant telle ou telle personne, tout le monde mérite de s’exprimer. Si on n’est pas vigilants, vous nous orientez, vous, les journalistes ! »
Inès et Victor, 20 ans, étudiants en journalisme et en sciences politiques
« Nous sommes venus de Toulouse en voiture. Je viens de terminer trois années d’études de journalisme là-bas, et un stage dans une boîte de production à Paris [Inès voudrait être journaliste d’investigation]. On lit les médias sur nos smartphones : Courrier International, Le Monde, des “pure players” comme Konbini. Rarement du papier. On trouve ça génial d’aborder des problématiques délicates sur nos métiers, comme la connivence entre politiques et journalistes, car on a mauvaise presse ! Cela permet de faire le lien entre les personnes qui reçoivent l’information et nous qui la rédigeons. »

   


Victoria, 8 ans, en classe de CE2
« Je suis née en Inde, mais j’habite à Bordeaux. Je suis venue avec mon centre d’animation. On fait un atelier photo, pour mettre les illustrations dans l’édition de ce soir. Ça s’appelle La P’tite Rédac. Moi je n’ai jamais lu un journal, je regarde les infos sur France 2 avec mes parents. »
Didier, 66 ans, retraité de la banque
« Je viens de Marmande, la commune voisine. Mon épouse me rejoint cet après-midi. On vient souvent pique-niquer sur les bords de Garonne l’été, ce village est très authentique. C’est la première année que je viens au Festival, grâce à des amis qui m’en ont dit beaucoup de bien. Ancien directeur d’un réseau bancaire, je ne me suis jamais senti proche du monde des médias. Pourtant, je suis abonné au Figaro et à Sud-Ouest. L’image qu’on a de la presse, c’est une image parisienne, très centralisée. Comme l’est un peu la France. Je trouve super qu’un festival vienne déplacer le centre, se mélanger à du terroir. Quand on va déjeuner, tout le monde est là, il n’y a pas la caste des invités et puis le bas peuple. Or, c’est souvent le cas dans les festivals ! J’ai hâte de pouvoir discuter avec Jean-Michel Apathie, mais surtout de me rendre à l’une des conférences sur le vin. Car les modifications climatiques peuvent mettre en péril les cépages actuels de Merlot ! »

   


Carole, 65 ans, éducatrice spécialisée
« C’est la deuxième fois que je viens. Cette fois, j’ai embarqué avec moi deux amies et mon mari. Nous venons de Tonneins, un petit village à une trentaine de kilomètres. Je suis très intéressée par tous les sujets traités, mais j’ai un grave défaut : je ne lis pas ! Ni journaux ni livres. Mon mari est abonné à Sud-Ouest mais je me contente de le voir passer. Ici, je peux m’informer sans avoir besoin de me plonger dans le journal ou, pire, sur les articles en ligne. J’écoute beaucoup la radio, en revanche. J’ai toujours été syndicaliste dans mon métier, les luttes sociales m’intéressent, l’histoire des femmes, de l’exil… et même le vin ! Mais je n’irai pas voir les sujets qui concernent la politique, car je sature un peu. “Infobésité”, c’est vraiment le mot ! D’ailleurs si je croise des célébrités, je ne les reconnaîtrais pas. »
Lucien, 27 ans, et Elaine, 29 ans, consultants en agence de communication à Paris
« On est des curieux. On avait envie d’un Festival sympathique, dans un cadre hyper agréable, avec un soupçon d’entre-soi entre journalistes parisiens, politiques et communicants. On passe la journée ici parce que c’est sur la route de nos vacances. Dans nos métiers, on lit la presse tous les jours, on est abonnés à tous les journaux. La profession de journaliste est en danger, elle a du mal à garder une qualité de contenus parce qu’elle fait face à la pression de l’audience. Et quid des relations entre les rédactions et les marques ? Il y aurait presque un festival à organiser sur l’avenir du journalisme ! »

   


Michelle, 62 ans, attachée culturelle au château de Duras
« J’habite à Marmande, je suis venue avec ma fille de 22 ans. Dans le Lot-et-Garonne, on doit se bouger et proposer des événements intéressants : les gens ne viendront pas ici pour la beauté des paysages ! A part nos tomates, les Parisiens ne connaissent pas la région. Petit à petit, les locaux se rendent compte qu’ils font aussi partie du monde. Il existe un vrai complexe des “culs-terreux” face aux “cultureux”. Ce Festival pourrait permettre de gommer ces frontières. Moi, j’ai pris du recul par rapport aux médias : au moment des attentats, j’ai trouvé insupportable cette forme de jouissance et de jubilation dans la voix de certains journalistes. Depuis, je n’écoute plus que France Culture. C’était un mal pour un bien ! »
Véro, 46 ans, militante associative
« J’ai entendu parler du Festival sur France Inter, ma radio fétiche. Je n’avais pas du tout réalisé que c’était le Couthures juste à côté de chez moi, ça me semblait improbable ! J’habite à une quinzaine de kilomètres d’ici, je suis venue toute seule. L’idée de départ me semble intéressante : la rencontre entre les journalistes et ceux qui la réceptionnent. Je n’aime pas l’expression “consommation” des médias, mais, en tout cas, je ne les subis pas : je n’ai plus de télé depuis vingt ans, et pour la presse écrite je lis Le Monde et Libération, en ligne. Je suis abonnée au Canard enchaîné, c’est mon seul média papier. J’ai bossé pendant huit ans dans le secteur social avec des personnes migrantes qui se prostituent. Auparavant, j’étais une militante très active dans le milieu LGBT à Bordeaux. Ça vient sans doute de là, mon intérêt pour le monde. »
Pour plus d’informations : Festival international de journalisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Suivre son cœur ou les débouchés professionnels ? Témoignages d’élèves et d’étudiants confrontés à ce dilemme lors de leurs choix d’orientation.
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Elèves brillants, ils ont choisi d’étudier hors de la « voie royale »

Suivre son cœur ou les débouchés professionnels ? Témoignages d’élèves et d’étudiants confrontés à ce dilemme lors de leurs choix d’orientation.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 15h47
    |

                            Ines Ameur








                        



   


« J’ai dû me battre durant ces deux années pour prouver que les élèves brillants pouvaient réussir en L, malgré toutes les rumeurs… » Pour Lou, même le premier choix d’orientation, qui s’effectue en classe de seconde, a été difficile à imposer : ses professeurs et amis voulaient la voir en filière scientifique, alors qu’elle visait un bac littéraire.
Apologie du bac S, dénigrement du bac L, et mépris pour les bacs technologiques et professionnels…, cette « hiérarchie » entre les différents baccalauréats est un obstacle souvent évoqué dans les réponses reçues à notre appel à témoignages adressé aux élèves et aux étudiants qui ont choisi de faire des études en dehors de la « voie royale » que leur ouvraient leurs bons résultats scolaires.

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« Un bac général me permettrait de me retourner vers une voie plus classique si besoin »
Laura, excellente élève et passionnée de mode depuis son enfance, a finalement cédé au pragmatisme plutôt que de choisir une voie professionnalisante dès le lycée : « Mes parents et mes professeurs m’ont conseillé un baccalauréat économique et social (ES) au cas où je me rende compte que le domaine de la mode n’était pas fait pour moi. Un bac général me permettrait de me retourner vers une voie plus classique si besoin », explique-t-elle. In fine, ce choix a été le résultat d’un arbitrage entre la « rentabilité » présumée du diplôme et ses « envies ». Un compromis à l’avantage d’une filière jugée plus « sûre ».
« On est venus me voir plusieurs fois en me conseillant de faire une prépa littéraire pour ne pas gâcher mon potentiel »
Cette inégalité de reconnaissance des cursus se retrouve plus encore au moment du choix des études supérieures. « J’ai choisi d’entrer en école de psychomotricité alors que tout le monde me voyait en prépa ou en médecine », témoigne ainsi Carole, qui a finalement tenu bon.
Combien de jeunes se retrouvent tiraillés entre les attentes familiales, celles des professeurs et leurs désirs, quand bien même ceux-ci sont clairs. « Je pleurais, ne sachant pas ce que je devais faire et si je prenais les bonnes décisions. Je me souviens parfaitement du soir où j’ai dû choisir mon premier vœu APB : le DUT ou la prépa », raconte Lou. La jeune fille, qui avait déjà bataillé pour faire le choix d’un bac L, a de nouveau fait face à la déception de ses proches quand elle a souhaité intégrer un DUT en métiers du livre : « On est venu me voir plusieurs fois en me conseillant de faire une prépa littéraire pour ne pas gâcher mon potentiel. » Elle a eu l’impression de subir une double pression, contre son choix d’une filière « moyenne » d’une part et parce qu’elle était particulièrement bonne élève d’autre part.
Nina en a assez, elle aussi, que les bons élèves soit automatiquement associés à la prépa. Elle a fait le choix d’entrer à l’université. « Ce n’est pas une “filière poubelle” pour les étudiants moins doués, ou moins favorisés que les autres. » Un point de vue partagé par Julian : « Avec une approche volontaire, ouverte et investie, l’université est une voie de réussite, au même titre que l’ENS. »
« Faire des études plus originales et suivre sa passion ne veut pas dire se la couler douce »
Laura, qui avait accepté de rester dans une filière générale jusqu’au baccalauréat, a ensuite suivi sa passion : elle a intégré, en septembre, une très sélective école de stylisme et modélisme en région parisienne. Mais son année de terminale n’a pas été de tout repos : « Certains ont essayé de me dissuader ou de me convaincre de m’orienter vers une école de commerce pour devenir chef de produit, tout en évoluant dans le milieu de la mode. Mais ce qui m’intéressait, c’était la partie création et non la partie business. »
Elle a dû sans arrêt se justifier, et jongler entre préparations au concours et au bac, et a subi une pression constante sur son orientation. Ses parents et d’autres proches l’ont toujours soutenue dans son choix, mais « on leur a parfois dit qu’ils étaient inconscients car les métiers artistiques ont la réputation d’être précaires », se souvient l’étudiante. Elle ne regrette pas son choix, mais met en garde : « Faire des études plus originales et suivre sa passion ne veut pas dire se la couler douce. Il faut travailler pour y arriver, il n’y a pas de secret. »

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« Certains membres de ma famille et proches considèrent que je mérite mieux »
Tanguy, très bon élève en terminale au lycée Faidherbe à Lille (Nord), a tenu bon, avec le soutien de sa mère : il intégrera une licence de droit à la rentrée, pour préparer le concours d’entrée de la police et devenir gardien de la paix.
Ses professeurs, qui l’incitaient à s’orienter en classe prépa pour viser des concours plus sélectifs et prestigieux, ont finalement respecté son choix : « Même les plus sceptiques m’ont parlé de forums et de sites Internet parlant du métier de policier, afin de m’assurer que c’était bien ce que je voulais faire. » En revanche, « certains membres de ma famille et proches considèrent que je mérite mieux, constate-t-il. Nous n’avons pas la même vision du travail. Je pense qu’il faut avant tout être épanoui, eux pensent qu’il faut que le travail rémunère un maximum en argent et apporte du prestige. »
Cette conception du travail est répandue parmi les étudiants. Selon un sondage du concours Passerelle auprès d’étudiants et jeunes diplômés des treize écoles de commerce auxquelles il mène, l’épanouissement personnel est l’élément qui définit très largement la réussite (46 %), devant le critère de rémunération (21 %). Ce qui n’empêche pas une certaine ambivalence : les milliardaires Steve Jobs, Mark Zuckerberg et Elon Musk apparaissent dans le top 5 des personnalités qui incarnent, selon eux, la réussite.
« J’ai arrêté Sciences Po parce que j’y entrai pour changer le monde, alors que c’est moi que j’ai senti changer »
Le refus de la voie royale est parfois plus tardif. Après s’être laissé entraîner mécaniquement dans de grandes écoles, certains étudiants ne s’y sentent pas à leur place.
« Vous êtes l’élite de la nation, des privilégiés, et cela vous oblige à une certaine responsabilité. » Robin* se souvient de ces mots du directeur de Sciences Po Lyon. Une école qu’il a choisi de quitter, déçu par une ambiance où la confiance élitiste affichée et entretenue était une « certitude réductrice ». « J’ai arrêté parce que j’y entrai pour changer le monde, alors que c’est moi que j’ai senti changer », résume ainsi Robin. Aujourd’hui âgé de 27 ans, il achève une licence d’histoire, après avoir travaillé en tant qu’animateur en centre de loisirs et surveillant d’établissements scolaires, le temps de se réorienter.
En refusant l’occasion d’intégrer de très bons cursus ou en les quittant, Lou, Laura, Tanguy et Robin ont fait preuve d’une vraie forme de courage. Le courage de s’écouter pour s’écarter du chemin d’un destin déjà tracé.

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* Le prénom a été modifié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.
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L’Agence de sécurité sanitaire alerte sur les dangers des rejets de l’usine Sanofi de Mourenx

L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 15h57
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


C’est un rapport qui ne devrait pas rassurer les salariés et les riverains de l’usine Sanofi qui fabrique la Dépakine à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) et est à l’arrêt depuis lundi 9 juillet pour des rejets toxiques hors normes. Dans un avis rendu jeudi 12 juillet au gouvernement et auquel Le Monde a eu accès, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que la valeur toxique de référence (VTR) du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, doit être revue à la baisse.

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La Dépakine est un médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développements chez des milliers d’enfants. La VTR permet de quantifier un risque pour la santé d’une exposition à une substance toxique. L’Anses avait été saisie le 29 juin suite à la mise en évidence de rejets de valproate de sodium par l’usine de Mourenx, sur le bassin chimique de Lacq. Contrairement à d’autres substances dangereuses émises dans des proportions dépassant très largement les limites autorisées, Sanofi ne bénéficie pas d’autorisation pour recracher dans l’air du valproate de sodium. Le groupe pharmaceutique indique qu’« il n’existe pas de valeur de limite de rejet dans la règlementation ».
Un groupe d’expertise collective a été réuni en urgence pour établir au pas de charge ce rapport entre le 5 et le 12 juillet. Il conclut que « la VTR fondée sur la dose posologique minimale doit être revue au regard des nouvelles études publiées et des effets observés ». La dose minimale, considérée comme « dose critique », est aujourd’hui fixée à 10 mg par kilo de poids corporel par jour. Les experts soulignent que « des effets neurodéveloppementaux et néfastes sur la reproduction pourraient apparaître à des doses plus faibles que celles induisant des malformations congénitales ».
Pas de seuil minimal sans risque
Plus inquiétant encore pour les salariés et les populations qui ont pu être exposés au valproate de sodium, ils rappellent que « malgré un grand nombre de données existantes, aucune dose minimale en dessous de laquelle des effets sur la reproduction et le développement sont susceptibles de ne pas se produire, n’a pu être identifiée ».
En d’autres termes, il n’y a pas de seuil minimal au-dessus duquel le principe actif de la Dépakine ne représenterait pas de risque pour la santé. Paradoxalement, cela n’empêche pas les experts réunis par l’Anses d’estimer que « le choix d’une VTR à seuil n’est pas remis en cause ».
Le gouvernement avait annoncé lundi 9 juillet qu’il attendait les conclusions de l’Anses pour « fixer des prescriptions supplémentaires à l’industriel ». De son côté, Sanofi « prend note des observations des services experts de l’Etat rendus sur la base des données qu’elle avait transmises aux autorités ». Dans un communiqué publié vendredi 13 juillet, le groupe pharmaceutique assure que « ces avis vont permettre de poursuivre le dialogue technique entre nos experts et les services concernés afin de compléter lorsque nécessaire le plan d’action proposé par Sanofi Chimie dans les meilleurs délais ».
Des flux de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an
Outre l’Anses, le ministère de la santé et celui de la transition écologique avaient également sollicité l’avis de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) pour évaluer les risques sanitaires liés aux émissions de valproate de sodium de l’usine Sanofi de Mourenx. L’Ineris a remis son rapport le 12 juillet. Le rapport fait d’abord apparaître des rejets importants, de l’ordre de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an selon les données communiquées par Sanofi ainsi que des pointes très au-dessus de la valeur limite proposée en décembre 2017 (0,8 kg/h) entre janvier 2016 et mars 2017.
« A défaut de mesure exploitable avant décembre 2015, il est impossible de déterminer quels étaient les flux antérieurs », relève l’Ineris. Les principales « réserves » de l’Institut portent sur la « non prise en compte des interactions microphysiques et chimiques » du valproate de sodium. Les experts notent ainsi qu’au contact de certains acides présents dans l’atmosphère, le valproate peut être libéré sous forme d’acide valproïque. L’Ineris recommande ainsi de « mener des travaux complémentaires ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Alors que la relation entre jeunes et forces de l’ordre est au plus mal, l’ex-agent du RAID Bruno Pomart explique dans une tribune au « Monde » que de nombreuses initiatives existent, notamment de la part de policiers.
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« Jeunes et les policiers ont un point commun essentiel : tous se sentent mal aimés et dévalorisés »

Alors que la relation entre jeunes et forces de l’ordre est au plus mal, l’ex-agent du RAID Bruno Pomart explique dans une tribune au « Monde » que de nombreuses initiatives existent, notamment de la part de policiers.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 18h55
    |

Bruno Pomart (Bruno Pomart, ex-policier instructeur au RAID, président-fondateur de l’association Raid Aventure Organisation)







                        



                                


                            

Tribune. Commençons par ce constat, évident mais sans appel : le fossé qui sépare la jeunesse française des représentants des forces de l’ordre a rarement été aussi profond. Ce contexte me semble des plus appropriés pour lancer un appel à la prise de conscience et à la mobilisation, tout particulièrement auprès du personnel politique, afin d’éviter qu’un tel clivage entre autorités et citoyens ne s’installe dans la durée et ne s’aggrave.
De nos jours, les policiers français vivent un véritable paradoxe : ils peuvent être acclamés et susciter des vocations un jour – suite aux attentats terroristes, par exemple – et le lendemain être insultés, agressés voire menacés de mort, quelques fois par les mêmes personnes qui les avaient portés aux nues la veille.

Comment peut-on exercer sereinement son métier, quand on passe aussi subitement du statut de héros à celui d’ennemi, et que l’opinion publique « change de camp » au gré de ses émotions ? La peur se transforme en amour et la contestation en haine.
L’image de la police, surtout auprès des jeunes, est une problématique des plus importantes pour la cohésion de notre société. Quand une partie de la population n’entretient plus que de la méfiance à l’égard de ceux qui sont censés la protéger, c’est que le malaise est grand et qu’il est plus que temps d’y remédier.
L’insécurité, grande gagnante
Cette partie de la population, c’est principalement celle des quartiers, qui se sent de plus en plus dégradée et stigmatisée, car dans les banlieues – il faut en avoir conscience – la minorité est majoritaire démographiquement parlant. Elle vit plus difficilement que par le passé dans des zones appauvries, gangrenées par le chômage et la délinquance.
La France manque d’une action coordonnée pour rapprocher sa jeunesse et ses forces de l’ordre
Pourtant, les jeunes et les policiers ont un point commun essentiel : tous se sentent mal aimés et dévalorisés. Les policiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La Commission européenne va vérifier si le rapprochement des deux entreprises industrielles ne réduirait pas la concurrence pour la fourniture de matériel.
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Enquête de l’Union européenne sur le projet de fusion d’Alstom et de Siemens

La Commission européenne va vérifier si le rapprochement des deux entreprises industrielles ne réduirait pas la concurrence pour la fourniture de matériel.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 18h36
   





                        



   


La Commission européenne, gendarme de la concurrence en Europe, a ouvert vendredi 13 juillet une enquête approfondie sur le projet d’union du constructeur ferroviaire français Alstom avec les activités mobilités de l’allemand Siemens. Elle explique dans un communiqué craindre que cette « concentration ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation ».
Alstom, qui fabrique notamment le TGV, et la division transport de Siemens, qui produit l’ICE, ont signé à la fin de mars un accord de rapprochement pour tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier.
Bruxelles compte examiner si ce projet de rachat « priverait les opérateurs ferroviaires européens d’un choix de fournisseurs et de produits innovants et conduirait à une hausse des prix » qui pourrait par ricochet porter préjudice aux clients passagers. La Commission rendra sa décision d’ici au 21 novembre 2018.
Polémique en France
Le 8 juin, Siemens et Alstom n’avaient pas exclu de retarder leur fusion au premier semestre 2019, invoquant « les travaux préparatoires de prénotification [auprès des autorités de la concurrence] extensifs et des efforts nécessaires à la collecte de données dans plusieurs pays ».
Cette union avait suscité en septembre une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d’un fleuron de l’industrie française. L’intersyndicale d’Alstom était opposée au projet, craignant des fermetures de sites et des suppressions d’emplois en France. En revanche en Allemagne, le projet n’a guère suscité d’émoi et a été perçu comme salutaire pour le rail européen mais aussi pour le pays.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Les juges vont se prononcer sur la culpabilité de 11 personnes, dont le président déchu Ben Ali et son ex-ministre de l’intérieur, absents des audiences.
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Compte rendu

En Tunisie, deux procès s’ouvrent pour rendre justice aux victimes de la révolution

Les juges vont se prononcer sur la culpabilité de 11 personnes, dont le président déchu Ben Ali et son ex-ministre de l’intérieur, absents des audiences.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 13.07.2018 à 17h12

     •
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          datetime="2018-07-13T17:16:44+02:00"

        Mis à jour le 13.07.2018 à 17h16






    
Des familles de victimes de la révolution tunisienne dans le palais de justice de la ville de Kasserine, au centre du pays, le 13 juillet 2018.
Crédits : HATEM SALHI/AFP


Pour la première fois, la justice transitionnelle en Tunisie a ouvert, vendredi 13 juillet, deux procès pour juger les responsables présumés de la mort de plusieurs manifestants lors de la révolution qui a abouti à la chute de la dictature, le 4 janvier 2011. Dans une petite salle du tribunal de première instance de Sidi Bouzid, la ville d’où partit le soulèvement populaire après l’immolation par le feu du jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, les familles des victimes et des représentants de la société civile se sont pressés avec émotion pour suivre les débats.

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Quelque 338 Tunisiens ont été tués et 2 174 blessés durant le soulèvement populaire qui lança le « printemps arabe » entre fin 2010 et début 2011, dont la majorité à Tunis et dans le centre-ouest du pays, selon un bilan officiel. Plus de sept ans après les faits, les juges spécialisés vont devoir se prononcer sur la culpabilité de 11 personnes – dont le président déchu Zine El-Abidine Ben Ali, son ex-ministre de l’intérieur et des membres de la Garde nationale – pour la mort d’un ingénieur informatique et d’un étudiant tués par balles après avoir manifesté contre le pouvoir le 24 décembre 2010 dans la ville de Menzel Bouzayane, à 60 km de Sidi Bouzid.
Ils sont également accusés d’être responsables pour les blessures de quatre autres manifestants et doivent répondre d’« homicide volontaire avec préméditation » et de « tentative d’homicide volontaire avec préméditation ». Aucun des accusés n’était présent à l’audience, a constaté une journaliste de l’AFP, à la grande déception des proches des victimes.
« Fidèles aux martyrs »
La tension est montée au fur et à mesure que le début de l’audience était repoussé. Celle-ci a finalement débuté avec deux heures de retard, « un très mauvais signe », selon un proche de victime. « Fidèles aux martyrs ! », ont crié des membres du public indignés à l’entrée des juges dans la salle.
Chawki Hidri, ingénieur en informatique, est décédé à l’âge de 43 ans, huit jours après avoir été blessé par balles au niveau de la colonne vertébrale et de l’épaule lors de ces affrontements. Mohamed Amari, un étudiant de 25 ans, a perdu la vie après avoir été touché par deux balles à la poitrine.

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Un autre procès visant les responsables présumés de la mort de vingt manifestants lors de la révolution s’est aussi ouvert vendredi à Kasserine, ville voisine de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest la Tunisie. Les proches ont brandi des photos des victimes dans la salle d’audience.
Ces procès sont les premiers instruits par l’Instance vérité dignité (IVD) chargée de rendre justice aux victimes de la dictature en Tunisie. Jusqu’ici, la justice spécialisée n’avait jugé que des affaires concernant la mort sous la torture d’opposants islamistes et de gauche sous les régimes autoritaires de Habib Bourguiba et de Zine El-Abidine Ben Ali.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Si le sommet de l’Organisation de l’Atlantique nord s’est achevé sur un renforcement de l’Alliance, le rapport de force permanent entretenu par Trump est en train de laisser des traces.
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L’OTAN à l’épreuve du doute

Editorial. Si le sommet de l’Organisation de l’Atlantique nord s’est achevé sur un renforcement de l’Alliance, le rapport de force permanent entretenu par Trump est en train de laisser des traces.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 11h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Une nouvelle fois, Donald Trump a assuré le spectacle, mais les dégâts sont limités. Du moins à court terme. Le sommet de l’Organisation de l’Atlantique nord (OTAN), qui menaçait de tourner au psychodrame à cause des foucades du président américain, s’est achevé, jeudi 12 juillet, sur un renforcement de l’Alliance.
Les Européens sont prêts à payer plus pour leur défense et les Etats-Unis ont réaffirmé leur engagement militaire auprès de leurs alliés historiques. Mais ce résultat a été obtenu dans un climat de doute de plus en plus palpable sur la fiabilité de la protection américaine, qui n’a cessé de faire l’objet de marchandages, au détriment de relations historiques qu’on croyait intangibles.

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Après avoir multiplié les menaces et les insultes, notamment à l’encontre des Allemands, accusés d’être « prisonniers des Russes » à cause de leur dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, le président américain a finalement su revenir à l’essentiel lors des réunions officielles, à savoir la pérennité de la relation transatlantique.
Dix-huit mois après l’arrivée de M. Trump à la tête de la première puissance militaire mondiale, ses manières n’en finissent pas de choquer. Durant ce sommet, il s’est attribué de façon exagérée les avancées obtenues auprès des Européens pour persuader ses électeurs qu’il tient ses promesses et qu’il défend les intérêts de l’Amérique contre vents et marées.
Il n’a cessé de caricaturer la situation, exhibant des chiffres inexacts et tenant des raisonnements biaisés pour mieux se pousser du col et tenter de se hisser dans la catégorie des hommes forts qu’il admire tant, de Kim Jong-un à Vladimir Poutine en passant par Xi Jinping. Mais au-delà des coups de menton auxquels les Européens auraient fini par obtempérer, la réalité se révèle un peu plus compliquée.
Menaces à l’Est
L’engagement pris par les alliés à partager le fardeau de leur défense ne date pas de l’élection de Donald Trump, mais de 2014, lorsque les pays européens, sous la présidence de Barack Obama, avaient promis d’y consacrer 2 % de leur PIB avant 2024. Certains, il est vrai, se font tirer l’oreille, d’autres jouent la montre. De ce point de vue, il faut reconnaître au président américain un rôle d’aiguillon, qui contribue certainement à accélérer le processus. Mais le mérite principal en revient surtout à Vladimir Poutine, qui, en intervenant en Ukraine, a fait prendre conscience aux Européens du fait que la disparition du Pacte de Varsovie n’avait pas mis fin à toutes les menaces à l’Est.
La méthode utilisée par Donald Trump sera peut-être efficace sur le plan intérieur. Les élections de mi-mandat, au mois de novembre, constitueront de ce point de vue un test sérieux. En revanche, sur le plan diplomatique, elle peut se révéler extrêmement contre-productive. Le rapport de force permanent qu’il entretient avec ses alliés, qu’il accuse de vivre aux crochets des Etats-Unis, est en train de laisser des traces.

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Faire le lien entre commerce et défense en feignant de se demander pourquoi il continuerait de participer à la protection de pays qui accumulent les excédents commerciaux sur son dos n’est pas à la hauteur des enjeux. Une alliance militaire ne se monnaye pas de cette façon. Elle repose sur des principes, une histoire, le partage de valeurs et d’intérêts communs. La question est de savoir si ce socle est aujourd’hui aussi solide qu’il l’a été au cours du siècle qui vient de s’écouler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Pour des millions de Français, ce décalage anéantit le suspense de leur Mondial. Il touche toutes les chaînes diffusées par Internet.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
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Coupe du monde : pourquoi vos voisins fêtent les buts dix secondes avant (ou après) vous

Pour des millions de Français, ce décalage anéantit le suspense de leur Mondial. Il touche toutes les chaînes diffusées par Internet.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 12h54
    |

                            Nicolas Six








                        



   


Après une chevauchée foudroyante, Kylian Mbappé place une frappe chirurgicale au fond des filets. Pendant que vos voisins exultent, sur votre télévision, le jeune prodige n’a même pas encore reçu le ballon. Vous vivez le match dans le passé, vous êtes victime d’un gros décalage de retransmission, le suspense est ruiné.
Certains téléspectateurs se plaignent sur Twitter d’un retard de cinq, dix, ou vingt longues secondes. Comment expliquer ce problème agaçant ?
Le décalage touche ceux qui regardent la télévision par Internet. Selon Nicolas Guillaume, PDG de Netalis et spécialiste de la diffusion de contenus sur réseau, « les chaînes de télé diffusées par “box Internet” accusent environ cinq secondes de retard par rapport à la TNT [télévision numérique terrestre] », qui est, rappelons-le, diffusée par d’énormes tours de télévision hertziennes.
Pis, lorsqu’on regarde le match sur un ordinateur ou une tablette, ce décalage monte facilement à une vingtaine de secondes. La raison en est simple : Internet n’a pas été conçu pour diffuser de la vidéo.
Vidéos hachées en morceaux
Pour voyager par Internet, les vidéos sont découpées en tout petits bouts qui empruntent des chemins séparés. Certains morceaux suivent un parcours très long, d’autres se perdent, ce qui oblige à les redemander. Ce « ballet » prend un certain temps et s’avère assez imprévisible.
« Par sécurité, les tablettes, ordinateurs, et TV intelligentes stockent donc quelques dizaines de secondes de vidéo dans leur mémoire. En cas de problème, grâce à cette “mémoire tampon”, ces appareils ont le temps de remettre la main sur les fragments vidéo égarés sans interrompre leur lecture. De même, si la connexion Internet est interrompue cinq secondes, le téléspectateur ne le perçoit pas », explique Nikolay Rodionov, cofondateur de Streamroot, une entreprise spécialisée dans la diffusion de vidéo par Internet qui travaille pour TF1 et Canal+.

   


Les box des opérateurs stockent seulement quelques secondes de vidéo dans leur mémoire tampon. Le réseau interne des opérateurs, moins vaste et plus sûr qu’Internet, permet de n’avoir qu’un léger décalage. Le risque d’égarer des « morceaux » de la vidéo est moindre, et si cela arrive, on les retrouve plus vite.
En revanche, lorsqu’on regarde la vidéo sur une application ou une page Web, les risques de perte sont plus importants – et c’est dix, vingt, ou même trente secondes de vidéo qui sont placées en mémoire, provoquant autant de retard du direct pour le téléspectateur.
Renouer avec le suspense
Pour renouer avec le suspense, il y a deux solutions, conseille Gaëlle Kaminsky, responsable développement chez TDF, l’opérateur des antennes hertziennes. La première consiste tout simplement à « brancher sa télévision sur prise hertzienne pour regarder le match via la télévision numérique terrestre ».
Faute de prise hertzienne, on peut opter pour une mini-antenne TNT de salon. L’autre solution consiste à… « fermer ses fenêtres et à pousser le volume de la TV » pour couvrir les clameurs de la rue. Tant pis si, par un coup du sort, le mercure bat des records ce jour-là…



                            


                        

                        

