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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, milite pour une alliance entre le parti de Laurent Wauquiez et le Rassemblement national.
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Chez les jeunes LR, la tentation de l’union des droites

Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, milite pour une alliance entre le parti de Laurent Wauquiez et le Rassemblement national.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h13
    |

                            Hugo Wintrebert








                        


L’union des droites passera par la jeunesse. C’est l’idée défendue par Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, dont l’élection se tiendra les 14 et 15 octobre. Le Breton de 24 ans, qui vient de lancer sa campagne, plaide pour une coalition entre son parti avec le Rassemblement national (RN, ex-Front national), Debout la France et le Parti chrétien-démocrate. Une stratégie toujours rejetée par le président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, qui rêve de siphonner l’électorat d’extrême droite mais répète à longueur d’interviews qu’il n’y aura « jamais d’alliance » avec le parti de Marine Le Pen.
L’étudiant en école de management souhaite mettre fin à « l’hypocrisie qui règne » chez LR. « C’est une arnaque de s’opposer au rassemblement quand on voit que sur la loi asile et immigration, les députés LR et RN votent quasiment la même chose, s’agace Erik Tegnér. Pourquoi refuser le dialogue quand des figures du parti comme Guillaume Peltier ou Julien Aubert portent des idées proches des personnalités d’extrême droite ? »

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Erik Tegnér, qui ne se départ jamais de sa veste bleu marine sur une chemise blanche, tient Sebastian Kurz pour modèle. Comme le chancelier autrichien allié avec l’extrême droite, il se dit libéral-conservateur et tient un discours très dur sur l’immigration. « Je parle à la jeunesse conservatrice de La Manif pour tous et à la jeunesse identitaire qui se sent dépossédée culturellement », répète à l’envi le candidat.
« Dépasser les frontières »
Inconnu du grand public, Erik Tegnér est pourtant régulièrement invité par les médias préférés des partisans de la droite dure, conservatrice ou russophile, tels que le site Boulevard Voltaire ou la chaîne TV Libertés. Le Breton qui a peu de réseaux pour l’instant s’enorgueillit de déjeuner avec le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, ou avec le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, et de prendre le café avec Emmanuelle et Robert Ménard, respectivement députée et maire de Béziers. Ambitieux, il affirme chercher à rencontrer le premier ministre hongrois, Viktor Orban, devenu la figure de proue de la droite populiste en Europe.
Lancé dans sa pré-campagne, Erik Tegnér n’hésite pas à franchir la digue qui sépare encore la droite du RN. Et à le revendiquer. Le 31 mai, il s’affichait à la soirée organisée par le magazine réactionnaire L’incorrect avec Marion Maréchal en invitée vedette. A la rentrée, l’étudiant compte même suivre une formation à l’Issep, l’institut lyonnais de sciences sociales dirigé par l’ancienne députée frontiste. Erik Tegnér parle aussi très ouvertement de ses accointances avec les membres de Génération nation, le nouveau nom du mouvement des jeunes au sein du RN. « On débat ensemble, on va dans les mêmes bars, raconte-t-il. Eux sont dans une logique d’ouverture alors que Les Républicains sont dans une logique d’exclusion. »
Ancien président des jeunes frontistes, Gaëtan Dussausaye loue la capacité d’une frange des jeunes LR, encore minoritaire, à « dépasser les frontières » sans se dissimuler. « Avant, quand on se voyait avec Erik, on se cachait dans une arrière-salle d’un café, se souvient Gaëtan Dussasaye. Maintenant, il vient directement à la permanence des jeunes du RN. » 
Jurisprudence Mariani
« Il explicite la ligne que prend le parti », estime Cédric Rivet-Sow, ancien président des Jeunes avec Fillon. L’actuel soutien de Valérie Pécresse s’étonne de constater qu’Erik Tegnér reste membre de LR. « On ne va pas commenter les faits et gestes de tous nos militants », s’énerve Laurence Sailliet, porte-parole de LR, rappelant que le jeune candidat n’a aucune fonction officielle au sein du parti. « On verra bien au moment du dépôt des candidatures, mi-septembre », ajoute-t-elle. 
Erik Tegnér sait qu’il bénéficie de la jurisprudence Mariani. Comme l’ancien ministre des transports, il peut exprimer ses velléités de rassemblement avec l’extrême droite. Tant que l’alliance n’est pas effective, aucune sanction ne sera prise à son encontre. Il laisse même entendre que Laurent Wauquiez a besoin de lui pour parler aux militants séduits par une alliance avec le RN. « Déjà quatre-vingts personnes se sont engagées chez Les Républicains à voter pour moi », jure-t-il, n’hésitant pas à envoyer le numéro de ses soutiens aux journalistes pour qu’ils puissent vérifier.

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Mais son premier véritable test de popularité consistera à recueillir les quinze parrainages de responsables départementaux des jeunes LR, d’ici à la rentrée. Confiant, le candidat s’appuie sur un sondage Kantar Sofres One-Point paru en mars, dans lequel 43 % des sympathisants LR se disent prêts à une alliance globale ou de circonstance avec le RN.
« Un infiltré ou un arriviste »
« Il ne représente rien et il n’a aucune colonne vertébrale », tance un jeune pro-Pécresse ironique sur le parcours sinusoïdal d’Erik Tegnér. Le Breton se lance en politique à 17 ans en prenant sa carte… au Front national. L’année suivante, il passe à l’UMP. Lors de la primaire de la droite de 2016, il rédige quelques notes pour Bruno Le Maire. Après la défaite de François Fillon à la présidentielle de 2017, il devient président des Jeunes avec Virginie Calmels, alors proche d’Alain Juppé. L’étudiant apprécie le libéralisme de la première adjointe du maire de Bordeaux, également « très à droite sur l’identité et l’islam ».
En août 2017, il rédige une tribune sur le site de L’Obs pour dire non à tout accord avec Marine Le Pen. « La droite renierait des décennies d’engagement républicain en s’alliant avec un parti dont les fondations reposent sur un socle profondément démagogue et intolérant », écrit-il. Il démissionne pourtant le 14 mai, jugeant Virginie Calmels, alors première vice-présidente de LR, modérée sur l’immigration et trop prompte à condamner l’appel de Thierry Mariani en faveur de l’union des droites. « Je n’ai jamais su si c’était un infiltré ou juste un arriviste », critique un proche de Virginie Calmels.
Pour la présidence des Jeunes Républicains, Erik Tegnér affrontera Aurane Reihanian, à la tête des Jeunes avec Wauquiez et grand favori. Un adversaire tout aussi dur sur les questions sociétales. Dans un portrait que Libération lui a consacré en décembre 2017, il estimait en effet que les enfants nés grâce à la PMA « ne devraient même pas exister ».
Aurane Reihanian, à l’instar de son mentor Laurent Wauquiez, s’oppose publiquement à tout accord avec le RN. En passant sous silence une partie de son passé : en 2014, il s’est présenté aux élections municipales dans le 13e arrondissement de Paris sur la liste « Paris libéré » menée par Charles Beigbeder, autre grand défenseur de l’union des droites. « Reihanian est sur la même ligne que moi, mais il ne peut pas le dire », s’amuse Erik Tegnér. En cas de défaite, le jeune héraut de l’union des droites jure qu’il ne cédera pas aux appels du pied du RN : « Tant que Les Républicains m’acceptent, je n’ai pas de raison de partir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ La firme de Clermont-Ferrand débourse 1,7 milliard de dollars pour prendre le contrôle du leader des chenilles pour tracteurs et des pneus pleins pour chariots élévateurs.
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En achetant le québécois Camso, Michelin devient numéro un mondial du pneu « hors route »

La firme de Clermont-Ferrand débourse 1,7 milliard de dollars pour prendre le contrôle du leader des chenilles pour tracteurs et des pneus pleins pour chariots élévateurs.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h23
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Pour continuer l’aventure, quoi de plus grisant que de prendre les chemins de traverse ? C’est – peut-être – ce que se disaient, ces jours derniers, les dirigeants de Michelin, à l’heure d’annoncer une acquisition qui va faire de la firme de Clermont-Ferrand le numéro un mondial du pneumatique « hors route ». Jeudi 12 juillet, Michelin a signé la prise de participation à 100 % de la société canadienne Camso, spécialiste des chenilles en caoutchouc et des pneus pleins, qui se présente elle-même, jusque sur son logo, comme une « Road Free Company ».
L’acquisition à 100 % pour un 1,7 milliard de dollars américains (1,5 milliard d’euros) a été paraphée au siège de l’entreprise, à Magog, charmante bourgade québécoise de 20 000 âmes, posée sur la rive d’un petit lac, à une petite heure en motoneige de la frontière américaine. Michelin débourse 1,45 milliard en cash et 250 millions sous forme de reprise de dette pour acquérir cette société qui réalise 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires.
« C’est un prix d’ami », se réjouit-on chez Michelin, qui achète Camso pour l’équivalent de 8,3 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda, selon l’acronyme anglo-saxon), une fois les synergies prises en compte, que la multinationale tricolore estime à 55 millions de dollars par an à l’horizon 2021.
La société emploie 7 700 personnes dans le monde, dont 300 au Canada et 5 500 au Sri Lanka, où elle concentre sept de ses dix-sept usines. Les autres sites se répartissent entre l’Amérique du Nord, le Brésil, l’Europe de l’Ouest, la Chine et le Vietnam. Cette dernière implantation fait passer un petit frisson chez les Michelin, l’entreprise française ayant été expropriée de ce pays (où elle possédait de grandes plantations d’hévéa) au milieu des années 1970, après la prise de contrôle de tout le territoire par le régime communiste du Nord.
Une opération emblématique

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De dimension modeste à l’échelle de Michelin (le groupe a réalisé 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), l’opération n’est pas moins emblématique de la volonté de sortir de la mono-industrie du pneu de voiture et de camion. Volonté affirmée avec force cette année par la firme auvergnate. En effet, l’acquisition de Camso intervient après celle de la société Fenner, en mars, pour 1,5 milliard d’euros. Cette entreprise britannique produit des convoyeurs en caoutchouc, ces tapis roulants très utilisés dans les mines, et des matériaux technologiques pour l’industrie.
En fait, c’est tout juste si, chez Bibendum, on parle encore de pneus. On préfère désormais se présenter en entreprise de petit génie des matériaux : caoutchouc, silice, résines, polymères, textiles, métaux… « Le secret de Michelin est dans ses matériaux », affirme Jean-Dominique Senard, le président du groupe. Ce qui compte, c’est l’excellence dans la mise au point d’élastomères, qui serviront à vendre des produits techniques sur des marchés variés et de préférence en croissance.
Avec l’achat de Camso, le marché visé est celui du off road : environ 13 milliards d’euros au total et une belle croissance sur certains de ses segments, comme celui des chenilles pour engins agricoles, qui affiche une hausse de 9 % par an. Cela tombe bien, la société québécoise est numéro un mondial de cette spécialité, tout comme elle domine le marché des pneus pleins pour les chariots élévateurs et, sans surprise, le marché plus confidentiel à l’échelle planétaire des chenilles pour motoneiges.
« Nous pourrons accéder à des marchés dont nous sommes privés aujourd’hui »

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Sans être leader partout, Camso est aussi bien placé dans les chenilles pour engins de chantiers ou dans les pneus dits « bias », une technologie un peu rustique que Michelin a laissé tomber il y a plusieurs années au profit du pneu radial, mais dont la robustesse lui assure encore une forte présence sur les chantiers et dans les champs du monde entier.
« Le service reste au cœur de notre offre »
« Nous pourrons accéder à des marchés dont nous sommes privés aujourd’hui, se réjouit M. Senard. Certains de nos clients, comme John Deere, nous demandent désormais des chenilles pour leurs moissonneuses-batteuses ou leurs tracteurs et, jusqu’ici, nous n’étions pas capables de répondre. » Les perspectives de croissance future paraissent prometteuses, soutenue par la demande de modernisation agricole venue des campagnes indiennes ou des fermes géantes chinoises, mais aussi par les chantiers titanesques à venir, liés à l’essor urbain en Afrique.
Chez Michelin, ces produits, qui n’empruntent pas, pour l’essentiel, les routes normales, sont regroupés dans la division du groupe sous l’intitulé « activités de spécialités ». Il s’agit de l’aérien, des engins miniers, agricoles et de construction, ainsi que des deux-roues. Cette activité a généré 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, soit 15 % des ventes de Michelin (contre 57 % pour la partie automobiles et camionnettes et 28 % pour les camions). Mais sa croissance depuis dix ans est la plus forte des trois business de Bibenbum (plus de 50 % en 2017) et les acquisitions de 2018 vont faire bondir l’activité spécialités de 2 milliards.

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Faut-il voir dans ce tournant stratégique un recentrage sur le produit caoutchouc et, par conséquent, un abandon de ce qui semblait être le leitmotiv de Michelin – la transformation en une société de services –, ces dernières années ? « Pas du tout, répond M. Senard. Le service reste au cœur de notre offre. En particulier à travers le numérique. Camso comme Fenner ne se contentent d’ailleurs pas de vendre des objets. Ils apportent au client l’intelligence et l’assistance qui va avec. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’économiste Bernard Baudry, dans une tribune au « Monde », dénonce, derrière le vœu présidentiel d’un meilleur « partage » entre capital et travail, un déplacement des risques économiques et financiers sur les salariés.
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Les ombres du « capitalisme populaire prôné par le président Macron »

L’économiste Bernard Baudry, dans une tribune au « Monde », dénonce, derrière le vœu présidentiel d’un meilleur « partage » entre capital et travail, un déplacement des risques économiques et financiers sur les salariés.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h57
    |

                            Bernard Baudry (Professeur d’économie à l’université Lyon-II)








                        



                                


                            

Tribune. Dans son discours devant le Congrès, lundi 9 juillet, Emmanuel Macron a défendu sa conception d’un capitalisme qu’il qualifie de « populaire », et qui « passe par un investissement des salariés dans les entreprises, avec un nouvel élan de la participation et de l’intéressement ».
Le président de la République semble reprendre les arguments du général de Gaulle qui, dans les années 1960, souhaitait assurer une forme de compromis entre le capital et le travail à travers les mécanismes de participation financière. En complément de ces mécanismes, la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) envisage d’accroître le nombre de salariés dans les conseils d’administration. Ce capitalisme populaire « macronien » serait donc un compromis vertueux entre le capital et le travail, en associant les salariés au partage des profits et à la gestion de l’entreprise.
Nous proposons une autre lecture de ce projet présidentiel, projet qui conforte une certaine vision, à la fois managériale et financière, du fonctionnement de l’entreprise. Il s’agit en réalité de reporter sur les salariés un double risque économique et financier, le premier lié à la variabilité de leur rémunération totale, le second lié à l’instabilité des placements issus de la participation et de l’intéressement. Sans accroître pour autant leur rôle dans la gestion de l’entreprise.
Une nouvelle norme de rémunération
Tout d’abord, les dispositifs de participation et d’intéressement s’intègrent dans une nouvelle norme de rémunération, qui consiste à accroître la part variable de la rémunération totale. Si l’on additionne l’ensemble des éléments variables individuels et collectifs, cette part variable s’élève, en moyenne, à 20 % de la rémunération totale des salariés en France. Une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) indique que le montant moyen de la participation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Lors de la 3e Conférence nationale des territoires, jeudi, Edouard Philippe a appelé les élus à s’engager pour peser sur la politique européenne de cohésion.
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L’Etat veut élaborer avec les collectivités une stratégie commune de mobilisation des fonds européens

Lors de la 3e Conférence nationale des territoires, jeudi, Edouard Philippe a appelé les élus à s’engager pour peser sur la politique européenne de cohésion.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 12h44
    |

            Patrick Roger








                        



   


Face un public de responsables locaux parmi lesquels on comptait de nombreux absents, Edouard Philippe a voulu placer la 3e Conférence nationale des territoires, jeudi 12 juillet, sous le signe des politiques de cohésion, en particulier la stratégie commune Etat-collectivités pour peser sur la mobilisation des fonds européens. « Reconnaissons-le, les résultats ne sont pas exceptionnels, a souligné le premier ministre. Nous n’allons pas chercher ce que nous pourrions obtenir. » 
La politique de cohésion régionale de l’Union européenne est un levier d’investissement majeur pour les territoires. Les fonds européens représentent pour les régions françaises quelque 18 milliards d’euros en 2018. Le projet de cadre financier pluriannuel 2021-2027 prévoit cependant pour la France une diminution de 5,4 % par rapport à la programmation 2014-2020.
Premiers balbutiements
Le premier ministre a appelé les élus à engager une réflexion commune pour pouvoir peser sur la politique européenne de cohésion, s’agissant à la fois des montants dédiés mais aussi de la doctrine européenne d’utilisation de ces fonds.
« La cohésion des territoires doit trouver des réponses dans la politique européenne, malgré des évolutions inquiétantes au niveau européen qui peuvent avoir des conséquences extrêmement déstabilisantes, a insisté M. Philippe. A force de penser que le pire aura vocation à être évité, il n’est pas impossible qu’il finisse par arriver. »
Le déploiement de cette « stratégie commune », cependant, n’en est encore qu’à ses balbutiements. Et, en l’absence des représentants des régions, premières concernées par les fonds européens, il était difficile d’aller plus avant dans cette réflexion.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le clivage traditionnel entre territoires urbains et zones rurales cache en réalité un pays coupé en quatre grands espaces aux atouts économiques et démographiques inégaux.
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Les inégalités territoriales des « quatre France »

Le clivage traditionnel entre territoires urbains et zones rurales cache en réalité un pays coupé en quatre grands espaces aux atouts économiques et démographiques inégaux.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 12h37
    |

            Béatrice Jérôme








                        



                                


                            
« Il n’y a pas d’un côté des métropoles dynamiques » et de l’autre « des territoires périphériques sacrifiés sur l’autel de la mondialisation ». Le rapport qui devait être présenté, jeudi 12 juillet, par le gouvernement, lors de la Conférence des territoires, tord le cou à une idée en vogue parmi les élus locaux et certains cercles d’experts. Pour le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), auteur dudit rapport que Le Monde s’est procuré, la France n’est pas « binaire » sur le plan de la fracture territoriale.
C’est au contraire un pays coupé en « quatre grands espaces » avec des risques de « dissociations ». Un constat qui appelle à rompre avec les politiques ayant encouragé la concurrence entre les territoires au profit d’une nouvelle « coopération » entre espaces urbains et ruraux.
Certes, le rapport le confirme : en dix ans, « la métropolisation s’est accélérée ». Trois quarts des emplois créés depuis 2007 se sont concentrés dans quinze métropoles, qui occupent 27 % du territoire et rassemblent 50 % des étudiants. Toutes connaissent une pression immobilière contraignant leur population à vivre toujours plus loin du centre, créant ainsi de l’étalement urbain.
Territoires en perte de vitesse
Les métropoles ne constituent pas pour autant « une catégorie homogène ». Celles de Lyon, Nantes ou Marseille permettent aux territoires avoisinants de bénéficier de leur développement. Celles de Lille, Toulouse ou Montpellier évoluent, au contraire, de façon isolée par rapport à leur périphérie. « La croissance de l’emploi » est « plus faible » au sein des métropoles de Grenoble ou de Strasbourg que dans le reste de l’agglomération.
Les zones périurbaines ne sont donc pas toutes des territoires en perte de vitesse : la plupart accueillent « une population plutôt jeune, de cadres » qui ont des « niveaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le site flambant neuf de General Electric (ex-Alstom), en Loire-Atlantique, est prêt à produire les éoliennes offshore pour les parcs français. Mais les retards s’accumulent.
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L’usine d’éoliennes General Electric de Montoir-de-Bretagne attend toujours les commandes françaises

Le site flambant neuf de General Electric (ex-Alstom), en Loire-Atlantique, est prêt à produire les éoliennes offshore pour les parcs français. Mais les retards s’accumulent.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h32
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Sur le quai du port, les monstres de 400 tonnes et 10 mètres de haut ressemblent aux véhicules blindés de L’Empire contre-attaque. Trois nacelles géantes – la partie supérieure d’une éolienne – sur lesquelles seront fixées les pales, attendent sagement face à l’usine General Electric de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), d’être délicatement posées sur des navires pour être transportées en mer du Nord.
Dans l’usine, plus de 120 salariés et des centaines d’intérimaires s’activent pour la finition des dernières nacelles d’éoliennes offshore à livrer en Allemagne pour le parc Merkur, l’un des plus gros du pays, avec 66 éoliennes. De quoi fournir de l’électricité à l’équivalent de 500 000 foyers.
Mais l’usine flambant neuve, construite par Alstom en 2014, reprise depuis par GE, fait face à un paradoxe. Alors que les investissements dans l’éolien offshore ont bondi de 40 % en deux ans en Europe, que les prix sont en chute libre et que la concurrence entre les géants du secteur fait rage, le site de Montoir va devoir fonctionner au ralenti à cause du retard pris par la filière française.
Recours d’opposants et lenteurs administratives
Dans le gigantesque hangar, le générateur est assemblé et testé avant d’être fixé sur la nacelle, avec sa plate-forme rouge, sur laquelle viendront se poser les hélicoptères pour les opérations de maintenance. « On met une vingtaine de jours pour produire un générateur », explique Jean-Baptiste Vilcoq, le responsable de la production, qui souligne que l’usine fait appel à une série de sous-traitants locaux pour son matériel et son outillage. L’assemblage entre le générateur, la nacelle et le nez de l’éolienne est un défi technique et se fait au dixième de millimètre près. « Ce sont de très gros assemblages, qui nécessitent énormément de précision », souligne M. Vilcoq.
A l’origine, en 2011, Alstom s’était engagé aux côtés d’EDF sur trois parcs éoliens en Bretagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ La proposition du président de la République de participer à l’avenir aux débats devant le Congrès bouscule la séparation des pouvoirs. Au risque d’affaiblir un peu plus la fonction de chef du gouvernement.
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Macron accusé de vouloir être un « président-premier ministre »

La proposition du président de la République de participer à l’avenir aux débats devant le Congrès bouscule la séparation des pouvoirs. Au risque d’affaiblir un peu plus la fonction de chef du gouvernement.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h13
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
Un changement de taille. Devant les parlementaires réunis lundi 9 juillet à Versailles, Emmanuel Macron a annoncé que le gouvernement allait déposer un amendement au projet de loi constitutionnelle pour permettre au chef de l’Etat d’écouter les interventions des représentants de chacun des groupes de l’Assemblée et du Sénat, mais aussi de leur répondre, lors des prochains Congrès.
Une disposition que ne permet pas actuellement la Constitution, au nom de la séparation des pouvoirs : c’est le gouvernement et donc le premier ministre, qui est seul responsable devant le Parlement. Si la révision de 2008 a offert la possibilité au chef de l’Etat de prendre la parole devant le Congrès – il ne pouvait le faire que par messages écrits auparavant – l’article 18 de la Constitution prévoit que sa déclaration est suivie d’un débat « hors sa présence », qui « ne fait l’objet d’aucun vote ».

En cas d’adoption dans le cadre de la réforme constitutionnelle, dont l’examen a débuté mardi 10 juillet en première lecture à l’Assemblée nationale, l’amendement souhaité par le président de la République modifierait donc l’équilibre des institutions de la Ve République. Au grand dam de l’opposition, qui dénonce une présidentialisation du régime et un affaiblissement du rôle du premier ministre.
« Disparition » annoncée du premier ministre
« Cette idée, lancée de façon totalement impromptue (…) reviendrait à reconnaître le cumul entre les fonctions du président de la République et du premier ministre », a déclaré le président du Sénat, Gérard Larcher, mercredi 11 juillet, dans Le Parisien, en se disant « contre un tel cumul ». « Notre président de la République est un arbitre et doit le rester pour ne pas être ballotté par les combinaisons politiques du moment. Le premier ministre dirige l’action du gouvernement et doit rester le seul responsable devant le Parlement. »
Même tollé du côté du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le boycott de la Conférence nationale des territoires qui se tient jeudi révèle le divorce entre l’exécutif et les collectivités.
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Macron et les élus locaux, histoire d’une rupture

Le boycott de la Conférence nationale des territoires qui se tient jeudi révèle le divorce entre l’exécutif et les collectivités.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 10h35
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

C’était il y a un an. Le 17 juillet 2017, Emmanuel Macron installait en grande pompe, au Sénat, la Conférence nationale des territoires (CNT), cette instance de dialogue dont il disait souhaiter voir émerger « un pacte de confiance entre l’Etat et les territoires ». Le discours avait séduit, les faits ont déçu. Douze mois plus tard, c’est une CNT en peau de chagrin qui se réunit jeudi 12 juillet dans les locaux du Quai d’Orsay – comme en terre étrangère – en l’absence de trois des principales associations d’élus locaux, l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France, qualifiées par Edouard Philippe de « syndicats d’élus ».
L’incompréhension, la brouille, le malentendu ont pris ces dernières semaines une dimension qui, a priori, n’avait rien d’irrémédiable. « Tant Dominique Bussereau [président de l’ADF] qu’Hervé Morin [président de Régions de France] étaient des gens qui étaient sur le chemin de rejoindre la majorité. C’est quand même original », fait observer Jacques Mézard, le ministre de la cohésion des territoires, qui ne cache pas son dépit sur la façon dont ont été gérées les relations avec les élus locaux.
« Les collectivités, de manière générale, n’aiment pas le passage en force, rappelle l’ancien sénateur (PRG) du Cantal. A trop vouloir s’appuyer sur France urbaine [l’association des métropoles, des grandes villes et agglomérations], forcément on irrite les autres. » Il continue cependant à espérer que « c’est d’abord une question de forme ». « Pour ce qui est de mon périmètre, je discute avec toutes les associations, je n’ai pas de problèmes, glisse M. Mézard. Mais je ne suis pas le ministre des collectivités locales. Je ne suis ni responsable ni coupable des relations avec les élus. »
« Jeu de cons »
Qu’est-ce qui a cloché pour en arriver là ? L’opposition – toutes tendances...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Cinq ans après la mise en place du CICE, il est toujours impossible d’évaluer précisément quels sont les effets de cette mesure à 20 milliards d’euros par an.
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A qui a profité le CICE, ou le cas d’école d’un impossible examen

Cinq ans après la mise en place du CICE, il est toujours impossible d’évaluer précisément quels sont les effets de cette mesure à 20 milliards d’euros par an.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h22
    |

            Audrey Tonnelier








                        


Un dispositif illustre jusqu’à la caricature les limites de l’évaluation des politiques publiques : le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Cinq ans après sa mise en place, en 2013, les économistes sont toujours incapables de déterminer avec précision quels ont été les effets sur la masse salariale de cette mesure-phare de la politique économique du quinquennat Hollande. Le CICE a-t-il été utilisé par les entreprises pour recruter, investir, doper les salaires, ou pour augmenter leurs marges ?
« Les études (…) ont du mal à faire émerger des conclusions claires, en particulier sur l’emploi et les salaires », indiquait en mars 2017 France Stratégie, l’organisme chargé de coordonner le comité d’évaluation sur le sujet. En octobre, celui-ci évoquait « 100 000 emplois sauvegardés ou créés sur la période 2013-2015 », mais dans une fourchette très large (10 000 à 200 000 emplois). Sur la période récente, on ne dispose toujours pas de données précises. « On va terminer l’évaluation à un moment où le dispositif n’existera plus [il va être transformé en baisse directe de charges en 2019] », souligne Gilles de Margerie, le patron de France Stratégie. Gênant, pour une mesure à 20 milliards d’euros par an.
Un casse-tête
A sa décharge, le CICE a pâti du pire défaut qui soit pour une politique publique : courir plusieurs lièvres à la fois. Pour le rapport Gallois qui l’inspira en 2012, il s’agissait de doper la compétitivité des entreprises, notamment industrielles, en abaissant le coût du travail. La mesure a probablement permis d’éviter des faillites : elle a été vécue comme une bouffée d’oxygène par les patrons de PME, et a contribué à la hausse des marges. Mais le gouvernement l’a régulièrement vendue comme un instrument de réduction du chômage. De plus, le CICE concernait plus de 80 % des salariés français. Il n’a été conditionné à aucun usage précis, et plusieurs grands groupes de services (Carrefour, la Poste) en ont largement bénéficié.
Un casse-tête pour les chercheurs… qui n’augure pas forcément bien de l’évaluation des grandes mesures fiscales de l’actuelle majorité. « Le danger, c’est qu’on ne trouve pas non plus beaucoup d’effets mesurables à la suppression de l’ISF ou à la mise en place de la flat tax », avertit Philippe Martin, à la tête du Conseil d’analyse économique.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Encouragée par Emmanuel Macron, la majorité veut promouvoir son rôle d’expertise. Au risque de renforcer l’image d’une Assemblée de technocrates.
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L’évaluation, la nouvelle mode des députés LRM

Encouragée par Emmanuel Macron, la majorité veut promouvoir son rôle d’expertise. Au risque de renforcer l’image d’une Assemblée de technocrates.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h03
    |

            Manon Rescan et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
« E-VA-LU-ER ». C’est devenu le nouveau dada des députés. Rapports, colloques, groupes de travail… Les initiatives pullulent sur ce sujet depuis un an. Cette notion sera également au cœur des débats sur la réforme de la Constitution, discutée depuis mardi 10 juillet à l’Assemblée nationale. Evaluer ? Dans l’imaginaire collectif, députés et sénateurs votent la loi. Qui sait qu’ils ont également pour fonction, selon la Constitution, de vérifier que les lois sont bien mises en œuvre et ont les effets escomptés ?
Cette mission parle à l’ADN de la majorité La République en marche (LRM), en partie venue du secteur privé, rompue à la culture du contrôle de gestion, et convaincue que l’argent public est trop souvent gaspillé. L’évaluation est presque devenue l’alpha et l’oméga de leur vision macroniste du parlementaire, la raison pour laquelle il faudrait, selon LRM, alléger une procédure législative chronophage. Au risque de donner l’image d’une Assemblée technocrate. « Il ne faudrait pas que le pouvoir législatif disparaisse totalement au profit d’une institution transformée en une sorte de Cour des comptes avec comme seul objectif l’équilibre du budget », s’inquiète ainsi le député La France insoumise (Seine-Saint-Denis) Eric Coquerel.
« Ah ! le nouveau monde… », soupire le député Les Républicains Gilles Carrez, vingt-cinq ans d’Assemblée dans son cartable. « L’évaluation, cela fait des années qu’on en fait », explique l’élu du Val-de-Marne qui date cette évolution à la fin des années 1990, « quand s’est posée la question de la maîtrise de la dépense publique ». Missions, comités, rapports se sont empilés depuis des années sur cette question. « Mais personne n’en tient compte ! », rappelait, philosophe, Bruno Palier, directeur du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques, lors d’un colloque organisé par le député MoDem (Yvelines) Jean-Noël Barrot le 28 juin à l’Assemblée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Emmanuel Macron souhaite que l’Etat fixe « un cadre et des règles » pour l’islam. Dans une tribune au « Monde », l’islamologue Rachid Benzine estime que ce projet pourrait faire le jeu des promoteurs d’une conception étriquée de la religion musulmane.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                   
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Rachid Benzine : « L’erreur est de croire que l’islam de France n’est pas organisé »

Emmanuel Macron souhaite que l’Etat fixe « un cadre et des règles » pour l’islam. Dans une tribune au « Monde », l’islamologue Rachid Benzine estime que ce projet pourrait faire le jeu des promoteurs d’une conception étriquée de la religion musulmane.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 08h45
    |

                            Rachid Benzine (Islamologue)








                        



                                


                            
Tribune. Devant le Congrès réuni le 9 juillet à Versailles, le président Emmanuel Macron a annoncé, sans rien dévoiler du contenu et de la forme envisagés, que, à l’automne, seront donnés à l’islam de France « un cadre et des règles » dans « une démarche rénovée ». Le suspense entretenu depuis plusieurs mois à ce sujet continue donc.
En attendant, les préfets ont reçu mission d’organiser, dans une certaine précipitation, et alors que beaucoup de personnes intéressées sont dispersées par le temps des congés, une consultation des acteurs locaux censée nourrir le projet présidentiel.
Que peut-on espérer de tout cela ? Ceux qui croient que, du palais de l’Elysée ou de l’hôtel de Matignon, peut surgir la solution pour une organisation nationale de l’islam de France, qui fera émerger de vraies structures de représentativité, de formation des cadres religieux et de financement des lieux de culte, seront certainement déçus.

Le « cadre et les règles » de l’exercice de tout culte existent déjà en France, et on ne voit pas comment un régime particulier pourrait être imposé aux musulmans. Surtout, la première règle de notre Etat laïque est que les pouvoirs publics ont pour devoir de ne pas se mêler de l’organisation interne des religions, dès lors que celles-ci ne portent pas atteinte aux lois de la République.
Imagine-t-on ces pouvoirs publics prétendre donner « un cadre et des règles », autres que les règles et le cadre communs, aux Eglises évangéliques qui se développent en France au détriment des anciennes Eglises catholiques et protestantes ou aux communautés des juifs loubavitch et hassidiques qui ne se reconnaissent guère dans les instances actuelles du judaïsme français ? Certainement pas ! Alors « pourquoi ? » et « comment ? » un traitement spécifique pour la religion des musulmans ? Par quels artifices juridiques ? Avec quels acteurs ?
« Les querelles de fédérations...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le ministère invoque le retard pris dans la mise en place du système déclaratif pour ces salariés, qui aurait obligé les particuliers employeurs à jongler avec de complexes calculs.
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Bercy envisage d’exonérer d’impôts les employés à domicile en 2019

Le ministère invoque le retard pris dans la mise en place du système déclaratif pour ces salariés, qui aurait obligé les particuliers employeurs à jongler avec de complexes calculs.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h38
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Alors que la plupart des Français ont les yeux rivés sur les performances des Bleus, l’ambiance estivale reste particulièrement studieuse à Bercy. On y réfléchit à exonérer d’impôts sur le revenu (IR) les employés à domicile pour 2019, a-t-on appris, mercredi 11 juillet. Ce revirement intervient moins d’une semaine après que le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé, le 5 juillet, reporter d’un an, à 2020, l’entrée en vigueur du prélèvement à la source pour ces salariés des particuliers employeurs – nounous, assistantes maternelles, aides ménagères.
« Ils paieront en 2020 à la fois leurs impôts de 2019 et de 2020 », avait expliqué M. Darmanin, invoquant le retard pris dans la mise en place du système déclaratif pour ces salariés, qui aurait obligé les particuliers employeurs à jongler avec de complexes calculs. Ce bricolage fiscal avait entraîné des critiques jusque dans la majorité parlementaire.
Une exonération totale d’IR l’an prochain pour les 250 000 salariés à domicile imposables (sur un million de personnes) aurait un coût raisonnable – quelques millions d’euros – et pourrait passer les fourches caudines du Conseil constitutionnel, espère-t-on à Bercy. « La rémunération par les particuliers est souvent un revenu d’appoint [le reste provenant de sociétés employeurs]. L’égalité devant l’impôt devrait être préservée », avance-t-on.

Suppression de vingt-cinq petites taxes
Le 11 juillet, M. Darmanin a également donné le coup d’envoi d’une vaste réorganisation territoriale de la direction générale des finances publiques (DGFiP), sans préciser quel impact elle aura sur l’emploi. Le principe : modifier ou supprimer des missions assignées aux agents de la plus importante direction de Bercy (plus de 100 000 personnes en France), afin de « simplifier » la collecte de l’impôt et de réimplanter des services en régions.
Plusieurs mesures pourraient figurer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ L’ancien secrétaire d’Etat était jugé mercredi pour avoir, en état d’ébriété, malmené une jeune femme et insulté un videur et des policiers en avril.
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Six mois de prison avec sursis requis contre Jean-Vincent Placé

L’ancien secrétaire d’Etat était jugé mercredi pour avoir, en état d’ébriété, malmené une jeune femme et insulté un videur et des policiers en avril.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 20h18
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 20h32
   





                        



   


Le procureur a requis six mois de prison avec sursis, une mise à l’épreuve de deux ans et 1 000 euros d’amende contre l’ex-secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé, jugé mercredi 11 juillet pour « violences, injures à caractère racial et outrage à agents » par le tribunal correctionnel de Paris. Le jugement a été mis en délibéré au 10 septembre.
Le 5 avril, l’ancien sénateur écologiste avait été interpellé à la sortie d’un bar du 6e arrondissement de Paris. Il venait d’en être expulsé par un videur, qui l’accuse de lui avoir tenu des propos injurieux et racistes, après un incident avec une cliente. Il était jugé pour ces propos, ainsi que pour des violences envers la jeune femme. Il avait également traité les policiers intervenus de « tocards ».
« Sentiment de supériorité »
« Toutes ces infractions troublent gravement l’ordre public et la politique pénale du parquet s’agissant de la violence faite aux femmes et de la lutte contre le racisme », a dénoncé le procureur dans ses réquisitions.
« Ce que M. Placé appelle “avoir été lourd”, nous appelons cela des violences légères, un choc psychologique », a expliqué le représentant du ministère public à propos de la manière dont le conseiller régional a tiré à lui par le bras une jeune femme qui dansait. « Son sentiment de supériorité qui s’est exprimé ce soir-là, c’est le fil rouge de cette affaire », a-t-il ajouté.
Jean-Vincent Placé, qui conteste avoir tenu les propos contre le vigile, a reconnu à la barre avoir « évidemment trop bu. » « Je suis honteux de m’être retrouvé dans cette situation », a-t-il déclaré.
Quelques jours après cet incident, il avait dit dans Paris Match avoir « réalisé » son « alcoolisme » et qu’il mesurait « la honte et l’indignité » de son comportement. Aujourd’hui conseiller régional d’Ile-de-France, il a créé sa société de conseil et d’accompagnement en entreprise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Notre chroniqueur revient sur le combat contre la raison d’Etat de l’avocat qui tente de faire éclater la vérité sur le raid meurtrier de l’armée ivoirienne en 2004.
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Chronique

« Dans l’affaire du bombardement de Bouaké, les juges passent, Me Jean Balan reste »

Notre chroniqueur revient sur le combat contre la raison d’Etat de l’avocat qui tente de faire éclater la vérité sur le raid meurtrier de l’armée ivoirienne en 2004.

Par                                            Thomas Hofnung (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 11.07.2018 à 18h00

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        Mis à jour le 12.07.2018 à 09h04






    
L’avocat Jean Balan à Paris, le 21 juillet 2009.
Crédits : ERIC PIERMONT / AFP


Chronique. Depuis quatorze longues années, un homme seul, ou presque, se bat inlassablement pour que la vérité éclate dans l’affaire du bombardement de Bouaké, en Côte d’Ivoire, qui provoqua la mort, le 6 novembre 2004, de neuf soldats français et d’un civil américain. Ce « petit avocat » (comme il y eut le « petit juge » Lambert, dans l’affaire Grégory) s’appelle Jean Balan. La semaine dernière, il a remporté une première bataille importante.

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Dans un réquisitoire cinglant, révélé le 3 juillet par Médiapart, le vice-procureur de Paris, Michel Guedes, a en effet demandé le renvoi devant une Cour d’assises d’un pilote biélorusse, Youri Sushkine, et de deux copilotes ivoiriens, Patrice Ouei et Ange Magloire Gnanduillet. Ces trois hommes sont soupçonnés d’avoir pris part, pour le compte de l’armée sous les ordres de Laurent Gbagbo, au bombardement d’un camp de l’armée française installé dans le lycée Descartes à Bouaké. Ce raid sanglant provoqua une crise sans précédent entre Paris et Abidjan.
Mémoire vivante
Jean Balan, qui vit au nord de Paris, dispose d’un bureau dans le quartier de l’Opéra dans la capitale. Un joyeux foutoir, où s’empilent les dossiers épais entre deux cendriers débordant de mégots. Au palais de justice de Paris, il ne passe pas inaperçu avec son physique de deuxième ligne de rugby, ses cheveux longs grisonnants et sa dégaine de cow-boy à l’accent slave, sorti tout droit d’un film d’Aki Kaurismaki.
Depuis l’ouverture en 2005, à Paris, d’une information judiciaire contre X pour « assassinats et tentatives d’assassinats », Jean Balan n’a jamais rien lâché. Les juges passent, lui reste. Et il en a vu passer plusieurs, des magistrats, sur cette affaire en près de quinze ans. Ils se sont donné le mot : dès leur affectation, ils se tournent invariablement vers Maître Balan pour tenter de s’y retrouver dans les centaines de pièces versées à l’instruction. Au fil des ans, le « petit avocat » est devenu la mémoire vivante de l’affaire du bombardement de Bouaké.

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C’est sans doute le dossier de sa vie. Jean Balan fait face à la raison d’Etat, au sens propre du terme. A son instigation, la quasi-totalité des protagonistes politiques et militaires de ce drame ont déjà été entendus par les juges parisiens : Laurent Gbagbo, président de Côte d’Ivoire au moment des faits, dans sa prison de La Haye (Pays-Bas), le général Henri Poncet qui commandait les forces françaises en Côte d’Ivoire, l’ex-ambassadeur de France à Abidjan Gildas le Lidec, mais aussi, plusieurs des ministres clés du gouvernement de Jacques Chirac, aux commandes à Paris à l’époque. A commencer par Michèle Alliot-Marie (à la défense) et Dominique de Villepin (à l'intérieur). Maître Balan en est convaincu, et tout aussi invariablement, en persuade les magistrats instructeurs qui le côtoient : les autorités françaises ont quelque chose à cacher, et donc à se reprocher, dans cette affaire.
Colère noire
Têtu, Jean Balan est aussi connu pour ses emportements et une franchise qui déteint dans le microcosme judiciaire où le verbe tout en nuances et les circonlocutions priment souvent. Ainsi il n’a pas hésité, dans plusieurs courriers adressés au procureur de Paris ou à des parlementaires, à accuser Michèle Alliot-Marie de « parjure », en clair de mentir sous serment quand elle affirme avoir été dissuadée par ses conseillers juridiques à la défense de poursuivre les auteurs présumés du bombardement de Bouaké.

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De même, Jean Balan s’est mis dans une colère noire le jour où Dominique de Villepin a affirmé devant le juge n’avoir pas été mis au courant de l’arrestation, au Togo, quelques jours après le raid de Bouaké, de plusieurs « ingénieurs agronomes » slaves. Le ministre togolais de l’intérieur, François Boko, avait fait tout de suite le rapprochement avec l’affaire ivoirienne. Pourtant, au bout de quelques jours de détention, et sur recommandation de Paris, les « ingénieurs » furent relâchés et se volatilisèrent dans la nature. Explication de Dominique de Villepin devant le magistrat : cette arrestation fut probablement jugée trop mineure à l’époque par ses services pour déranger un ministre très occupé.
Maître Balan a demandé le renvoi vers la Cour de justice de la République de trois ministres : outre Mme Alliot-Marie et M. Villepin, il pointe la responsabilité de Michel Barnier, alors chef de la diplomatie française. Cette demande en fit sourire beaucoup à l’époque. Et, de fait, elle n’aboutira pas puisque, dans le cadre de la réforme constitutionnelle présentée par le gouvernement d’Emmanuel Macron, ladite Cour de justice va être dissoute. Il y a quelques années, c’est le tribunal aux armées chargé de ce type d’affaires qui, déjà, avait été démantelé. D’aucuns auraient lâché prise face à tant d’adversité. Mais pas le « petit avocat » de l’affaire de Bouaké.

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Dans quelques mois, quand une cour d’assises devrait enfin juger à Paris, selon toute vraisemblance par contumace, un mercenaire biélorusse et deux copilotes de l’armée ivoirienne, Maître Balan aura sans doute le sentiment d’avoir remporté une première victoire. Avec, toutefois, un goût amer d’inachevé. Car, sous réserve de possibles rebondissements d’ici-là, on ne sait toujours pas qui a ordonné le bombardement du 6 novembre 2004, ni dans quel but. Ni pourquoi les plus hautes autorités françaises de l’époque ont laissé filer certains des exécutants de ce raid. De quoi nourrir encore bien des emportements de Maître Balan.


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Chronique

« En évitant de rencontrer les élus nigérians, Emmanuel Macron a mis en exergue leur échec »

Notre chroniqueur décrypte le récent voyage au Nigeria du président français, où la priorité a été donnée aux rencontres avec les entrepreneurs et le monde de la culture.

Par                                            Benjamin Augé




LE MONDE
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        Le 11.07.2018 à 17h19

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        Mis à jour le 11.07.2018 à 17h20






    
Le président français Emmanuel Macron au New Afrika shrine de Lagos avec le musicien nigérian Femi Kuti (à gauche) et le chanteur sénégalais Youssou N’Dour.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Chronique. Les hommes politiques nigérians n’avaient jamais vu cela. Pour eux, la visite d’Emmanuel Macron, les 3 et 4 juillet, fut aussi impalpable qu’un mirage. Et pour cause, tout a été calculé pour éviter des rencontres avec les représentants politiques. Un puissant sénateur confie ainsi avoir eu le sentiment d’assister à une « visite privée », davantage qu’à un traditionnel séjour d’un président d’une puissance occidentale.
Un discours devant le Congrès (Assemblée et Sénat réunis), privilège rare au Nigeria – Bill Clinton et Jacob Zuma ayant été les deux derniers invités – avait été un temps envisagé par la diplomatie française. L’idée avait même été accueillie chaleureusement par le président du Sénat, Bukola Saraki. Cependant Emmanuel Macron, qui a appris à connaître le Nigeria en 2002 lors de son stage de l’ENA à l’ambassade de France d’Abuja, a choisi de limiter au strict minimum les contacts avec les figures politiques locales, véritables machines de guerre pour gagner les élections et faire fructifier leurs affaires, mais souvent très éloignées des préoccupations de leurs citoyens.

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Outre le passage obligé auprès du président Muhammadu Buhari pour discuter de la sécurité du Sahel et de la lutte contre Boko Haram, l’un des rares succès de l’occupant d’Aso Rock depuis trois ans, ainsi que les échanges avec le gouverneur de Lagos Akinwunmi Ambode, aucun élu de haut niveau n’a été visité par le chef de l’Etat français.
Bouillonnante société civile
Quel message Emmanuel Macron a-t-il voulu faire passer par ce choix ? Considérant que le changement du Nigeria, pays classé 148e plus corrompu sur 180 par Transparency international, ne passera pas par ses hommes politiques actuels, M. Macron a privilégié le contact avec une bouillonnante société civile et une nouvelle génération d’hommes d’affaires en train d’éclore à Lagos.
Le président a ainsi pris soin de rencontrer de jeunes entrepreneurs lors d’échanges modérés par l’homme d’affaires nigérian Tony Elumelu, habitué aux séjours parisiens. Les participants ont pu directement poser leurs questions à l’hôte d’un soir sur des thèmes aussi divers que le business, les migrations vers l’Europe, le rôle de la France pour aider le Nigeria, ou son parcours jusqu’à sa conquête de l’Elysée à 39 ans.

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Le milieu culturel a également été à l’honneur avec une soirée au New Afrika Shrine, le club fondé par le créateur de l’afrobeat Fela Kuti et repris par son fils Femi Kuti, et l’inauguration de l’Alliance française, financée en grande partie par l’un des hommes les plus riches du pays, le patron du groupe pétrolier Conoil, Mike Adenuga. Enfin, le milieu sportif n’a pas été oublié avec la rencontre d’étudiants au lycée français de Lagos pour présenter un partenariat entre l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique) et la NBA afin de construire des terrains de basket et promouvoir des formations sportives destinées à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Echec complet de la gouvernance
L’aisance d’Emmanuel Macron en anglais et ses réponses mettant constamment en valeur la nécessité de trouver des modèles locaux pour mieux éviter de suivre ceux venant de l’Occident a évidemment eu une forte résonance chez les jeunes nigérians. Le président français sait trop bien l’importance de flatter la fibre patriotique nigériane et combien le logiciel colonial britannique n’a plus d’importance pour le pays le plus peuplé d’Afrique (190 millions d’habitants). Le Nigeria est totalement décomplexé par rapport à Londres, devenue au fil des années, pour les plus aisés, un lieu pour y poursuivre ses études ou faire ses achats, mais plus une capitale capable d’influer sur les décisions politiques de son ancienne colonie. Le décalage avec certains pays d’Afrique francophone dont le regard est toujours aimanté vers Paris est patent.

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Le discours de M. Macron a ainsi été parfaitement calibré pour toucher cette jeunesse connectée, dont une partie voyage en Afrique et au-delà, qui a accès aux crédits grâce à un système bancaire parmi les plus dynamiques du continent ou recevant des bourses de la part des dizaines de milliardaires locaux.
En somme, en évitant soigneusement de rencontrer les élus, le voyage d’Emmanuel Macron a mis en exergue, sans le dire explicitement, l’échec complet de la gouvernance du pouvoir politique nigérian. En effet, les Nigérians qui réussissent le font bien souvent malgré l’Etat et non grâce à la puissance publique.
Benjamin Augé est chercheur associé aux programmes Afrique et Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI).


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les députés du groupe Agir expliquent que si la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron permet de renforcer le pouvoir exécutif, elle oublie en revanche de renforcer le pouvoir législatif.
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« On ne saurait tolérer le renforcement du pouvoir présidentiel sans renforcer celui du Parlement »

Dans une tribune au « Monde », les députés du groupe Agir expliquent que si la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron permet de renforcer le pouvoir exécutif, elle oublie en revanche de renforcer le pouvoir législatif.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h33
    |

Franck Riester (Député du groupe Agir à l'Assemblée nationale) et Olivier Becht (Député du groupe Agir à l'Assemblée nationale)







                        



                                


                            

Tribune. S’il adoptait la révision constitutionnelle qui est actuellement débattue, le Congrès procéderait ainsi à la vingt-cinquième modification de la Constitution de la Ve République depuis 1958. Finalement, c’est sa relative plasticité qui a permis à la Constitution voulue par le général de Gaulle de traverser le temps puisqu’elle sera dans cinq ans la plus vieille Constitution de toute l’histoire de la République.
Pour autant, les révisions successives ont progressivement gommé l’esprit des origines. Que reste-t-il du président gardien des institutions et arbitre voulu par le général ? Mais n’est-ce pas de Gaulle lui-même qui, dès 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel direct, modifiait l’équilibre des pouvoirs en faisant du président le vrai patron de l’exécutif ?
Cet équilibre allait d’ailleurs encore se modifier après le vote en 2000 du quinquennat qui permet l’alignement et la concomitance des élections législatives et de l’élection présidentielle au bénéfice de cette dernière, qui devient l’élection phare déterminant désormais systématiquement la majorité à l’Assemblée.
Malheur aux frondeurs
Fort d’une majorité qui lui doit son élection, le président est depuis 2002 totalement libre de gouverner. A l’origine de 80 % des lois, le pouvoir exécutif est, de fait sinon de droit, devenu le véritable législateur en France. Les parlementaires sont priés de voter. Malheur aux frondeurs.
Et voilà qu’incidemment, au détour d’une phrase, le président demande désormais à pouvoir entrer dans l’arène parlementaire en participant aux débats du Congrès après avoir adressé chaque année son « discours sur l’état de l’Union ». Faut-il s’y opposer ? Nous ne le pensons pas. Pourquoi ? Simplement parce que cela va dans le sens de l’Histoire débutée dès 1962 avec la présidentialisation du régime.

Toutefois, il convient de prendre la dimension de l’ensemble de ces changements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ L’adaptation du droit du sol à Mayotte a été introduite par le Sénat et soutenue par l’exécutif. Elle vise à faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores.
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Les députés approuvent la limitation du droit du sol à Mayotte

L’adaptation du droit du sol à Mayotte a été introduite par le Sénat et soutenue par l’exécutif. Elle vise à faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 15h13
   





                        


Faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores, un défi pour le 101e département français. Mercredi 11 juillet, les députés ont approuvé en commission l’adaptation du droit du sol à Mayotte introduite par le Sénat et soutenue par l’exécutif.
En nouvelle lecture du projet de loi asile-immigration, les députés ont adopté l’article sénatorial qui exige pour les enfants nés à Mayotte que l’un de ses parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois.
Rappelant que les députés « s’étaient sentis un peu démunis en première lecture face à la situation à Mayotte », la rapporteuse Elise Fajgeles (LRM) s’est appuyée sur l’avis du Conseil d’Etat, lequel a jugé cette « adaptation limitée, adaptée et proportionnée à la situation particulière de Mayotte », estimant que le texte « porte sur l’un ou l’autre des parents et fixe un délai de résidence régulière assez bref ».

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                Trois questions autour du projet de limitation du droit du sol à Mayotte



74 % des enfants naissent de mères étrangères
Le 28 juin, lors d’un discours consacré à l’outre-mer, Emmanuel Macron avait soutenu « cette évolution qui fait consensus sur le territoire » et cette démarche « adaptée et équilibrée » dans le sillage de la proposition du sénateur LRM Thani Mohamed Soilihi. « Il s’agit de préserver le droit du sol, qui est l’un de nos principes fondamentaux, en adaptant ses conditions d’exercice à la réalité de ce territoire », avait justifié le président de la République.
La députée LRM de Mayotte, Ramlati Ali, a appelé mercredi ses collègues à réagir à la « situation urgente » du département, « où 74 % des enfants naissent de mères étrangères », arrivées des Comores au terme d’une traversée maritime souvent périlleuse.

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                Mayotte : donner un statut international à la première maternité de France est-il réaliste ?



« La maternité de Mayotte est devenue la première de France, avec 10 000 naissances par an. A ce rythme, il faudrait construire une classe par jour, alors que déjà les élèves ne peuvent aller à l’école qu’en rotation le matin ou l’après-midi », a-t-elle souligné, en mentionnant également la présence de « 3 000 mineurs isolés ».
Ramlati Ali a imploré ses collègues de « venir voir cette situation qui freine le développement socio-économique ». Sans nier « l’urgence » et « les spécificités » de Mayotte, l’une des porte-parole des députés communistes, Elsa Faucillon, s’est inquiétée de cette « brèche » dans le droit du sol.
Elle a dit voir « sa crainte renforcée » par l’amendement de Guillaume Larrivé (LR), qui a défendu l’extension de cette restriction à l’ensemble du territoire « au nom de l’unité du droit de la nationalité ». « La philosophie wauquiéziste consiste à supprimer le droit du sol. Nous la rejetons en bloc », a répondu le chef de file LRM sur ce texte, Florent Boudié.

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                Mayotte : chronique d’une île en « sous-France »




Macron soutient l’adaptation du droit du sol à Mayotte
Emmanuel Macron a apporté son soutien, jeudi 28 juin, à une « adaptation » du droit du sol à Mayotte. Le chef de l’Etat, tout en estimant que « le droit du sol est l’un de nos principes fondamentaux », s’est déclaré favorable à l’amendement au projet de loi asile immigration déposé au Sénat par le sénateur (LRM) de Mayotte Thani Mohamed Soilihi, qui a été adopté en première lecture. ­Celui-ci propose, pour obtenir la nationalité française, qu’au moins l’un des parents ait résidé de manière régulière sur le territoire depuis plus de trois mois au jour de la naissance. « Cette évolution fait consensus sur le territoire. C’est pourquoi je soutiens cette démarche, qui me semble adaptée et équilibrée », a déclaré M. Macron.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Sa nomination dans cette instance avait fait grincer des dents chez Force ouvrière, après que M. Mailly eut rejoint la société de conseil de Raymond Soubie, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
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Jean-Claude Mailly renonce à siéger au Comité économique et social européen

Sa nomination dans cette instance avait fait grincer des dents chez Force ouvrière, après que M. Mailly eut rejoint la société de conseil de Raymond Soubie, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 16h18
   





                        



   


Jean-Claude Mailly, qui a quitté la tête de Force ouvrière (FO) en avril, annonce mercredi 11 juillet sur Twitter qu’il renonce à siéger au Conseil économique et social européen, où il devait prendre le 1er août un mandat dévolu à FO.

Pour être fidèle à mes conceptions en matière de liberté, de responsabilité et continuer à défendre librement mes i… https://t.co/DYl7hqo4Lz— jcmailly (@Jean-Claude Mailly)


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Sa nomination dans cette instance avait fait grincer des dents chez FO, encore plus après que M. Mailly eut rejoint la société de conseil de Raymond Soubie, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
L’ancien secrétaire général de FO avait été chahuté lors du congrès de Lille en avril, au cours duquel il a passé le relais à Pascal Pavageau. Sa ligne modérée en 2017, face aux ordonnances réformant le code du travail, avait été critiquée.

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                Jean-Claude Mailly, ex-leader de FO, va travailler avec l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ En annonçant une baisse de 400  millions d’euros des crédits, le ministre de l’économie a confirmé l’intention de trancher dans le vif.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                

Régime sec pour les chambres de commerce et d’industrie

En annonçant une baisse de 400  millions d’euros des crédits, le ministre de l’économie a confirmé l’intention de trancher dans le vif.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h39
    |

            Elise Barthet








                        



   


Le couperet est tombé mardi 10 juillet. En annonçant, devant l’assemblée générale des chambres de commerce et d’industrie (CCI), une baisse de 400 millions d’euros des crédits alloués au réseau d’ici à 2022, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a confirmé l’intention du gouvernement de trancher dans le vif. « Il y aura un impact sur les personnels », a-t-il reconnu, estimant que les chambres consulaires devaient maintenant se « réinventer ».
Ce coup de rabot, dont le montant avait filtré la semaine dernière, a suscité un mouvement de colère dans les CCI. Lundi et mardi, des débrayages et des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, de la Gironde à la Moselle. Et même si le ministre s’est défendu de « faire une croix » sur ces établissements « nés sous Henri IV, en 1559, à Marseille », nombreux sont ceux à se demander s’ils survivront à la saignée. Sur les 31 000 salariés des 126 CCI, 2 500 équivalents temps plein sont susceptibles de disparaître, selon des estimations évoquées dans le rapport de l’inspection générale des finances remis en mars au gouvernement.
Angoisse du personnel
L’angoisse est d’autant plus forte, du côté du personnel, que ce n’est pas la première fois que les chambres sont mises à contribution pour diminuer la dépense publique. Depuis 2012, les taxes de frais de chambres dont s’acquittent les entreprises n’ont cessé de fondre, provoquant des vagues de départs volontaires et des suppressions de poste dans le réseau. Un peu plus de 1 000 personnes ont quitté la CCI de Paris-Ile-de-France, entre 2015 et 2016, soit 20 % des effectifs. La chambre de l’Essonne est allée jusqu’à symboliquement mettre en vente ses locaux d’Evry sur le site Le Bon Coin en octobre, pour protester contre la décision de l’exécutif de réduire (déjà) de 150 millions d’euros les crédits en 2018. Une coupe qui devait être la seule du quinquennat.
Conscient des efforts « considérables » qu’il demande à nouveau au réseau, M. Le Maire s’est voulu rassurant : « Si, à un moment donné, il faut ralentir parce qu’il pourrait y avoir de la casse, parce que ça ne passe pas, eh bien nous ralentirons », a-t-il promis. En attendant, les CCI doivent impérativement se recentrer sur « leurs missions prioritaires, qui justifient le recours à une taxe affectée ». Trois surtout : l’aide à la création d’entreprises, la formation initiale dans les territoires, par le financement des écoles de commerce, et la représentation des sociétés à l’échelle locale.
La CCI de Paris-Ile de France, première concernée
Les économies ainsi dégagées seront « intégralement rendues aux entreprises par une baisse à due concurrence des impôts de production CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises] et CFE [cotisation foncière des entreprises] », a souligné le ministre. Deux députées de La République en marche, Stella Dupont et Valérie Oppelt, sont chargées d’accompagner le chantier. Un big bang censément facilité par la future loi sur la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) qui devrait permettre aux chambres de poursuivre des activités marchandes et de recruter des personnels de droit privé. Les salariés bénéficient aujourd’hui d’un statut hybride, bien qu’ils soient considérés comme agents publics de l’Etat.
Première concernée par la réduction des ressources fiscales, la CCI de Paris-Ile de France pourrait voir son budget baisser de quelque 100 millions d’euros d’ici quatre ans. Anticipant sur l’annonce, elle a déjà adopté un plan stratégique qui vise à filialiser ses activités ne relevant pas directement des missions prioritaires. Un virage à 180 degrés vers le privé, calqué sur ce qui se fait déjà au sein de sa branche congrès et salons, et le développement d’activités marchandes. « On a le même modèle de développement que La Poste, explique Didier Kling, son président. Face à une baisse constante du courrier, l’entreprise a dû diversifier ses sources de revenus. Nous suivons la même voie. »
Le président régional a également annoncé à HEC, l’Essec et l’ESCP, trois écoles de commerce qui lui appartiennent, qu’elles devront se passer de subventions d’ici trois ans. Pour assurer leur développement, « la seule solution est d’aller chercher des capitaux privés », estime Didier Kling, souhaitant doter d’un statut juridique chaque établissement. Au total, 19 écoles de management sont gérées par la chambre.
Mais toutes les CCI ne pourront pas s’aligner sur ce modèle. Les plus fragiles craignent de disparaître purement et simplement. « C’est catastrophique et sans précédent. Pour nous, réformer, il n’y a pas de problème, mais la purge est tellement immense que ce n’est pas tenable », a déclaré à Reuters Pierre Massy, président de la CCI de Limoges (Vienne).



                            


                        

                        


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Jacques Mézard : « 15 millions d’euros pour les associations en 2019 »

Le ministre de la cohésion des territoires détaille les axes de son action en direction des banlieues.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h36
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            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, a organisé, mercredi 11 juillet, un « rendez-vous de mobilisation nationale pour les habitants des quartiers politique de la ville ». L’occasion de faire le point sur la stratégie de l’exécutif pour les banlieues, axée sur l’emploi.
Vous évoquez une « séquence avec les entreprises ». De quoi s’agit-il ?
BNP Paribas, Engie, Ikea, Leclerc, Fnac, Orange, Elior, Sodexo, Aéroports de Paris… Nous avons rencontré une trentaine de grandes entreprises. Le président de la République va bientôt faire venir les entreprises du SBF 120 [les 120 plus grosses sociétés cotées à la Bourse de Paris]. Nous proposons à chacune un pacte d’engagement sur mesure. Trois sociétés en signent un ce mercredi : Accor, Adecco, qui s’engagent à proposer 400 stages de 3e par an, et la Fédération régionale des travaux publics d’Ile-de-France, qui en proposeront 1 500 ainsi que 300 contrats d’apprentissage.
S’engagent-elles aussi à recruter ?
Non. J’ai un principe : ne pas tromper les gens. Il faut être réglo. Annoncer des CDI alors que l’on n’est pas certain que cela puisse se réaliser, non. Pousser les entreprises à s’engager, en revanche, oui. Il s’agit d’une amicale pression, et c’est un vrai message politique.
Les entreprises qui ne respectent pas leurs engagements seront-elles sanctionnées ?
Non. Mais nous n’hésiterons pas à les nommer publiquement, tout comme l’Etat, qui s’est engagé à proposer 15 000 stages aux collégiens de 3e. C’est le même principe que celui du « name and shame » [nommer et faire honte] appliqué aux testing, que nous allons par ailleurs développer.
Vous proposez également une « séquence avec les associations »…
Les associations sont un élément-clé de l’action dans les quartiers. Nous allons leur donner un coup de main, notamment financier : quinze...




                        

                        

