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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Dans cette série de Radio Nova, Colas relate avec humour ses rencontres en ligne (sur Nova en podcast).
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TV – « Digital Love » : les aventures d’un don Juan numérique

Dans cette série de Radio Nova, Colas relate avec humour ses rencontres en ligne (sur Nova en podcast).



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


Podcast sur Radio Nova

   


Il s’appelle Colas. Il est né en 1990 et, comme beaucoup de jeunes gens de sa génération, il ne se sépare jamais de son téléphone portable, son doudou numérique, et vit au rythme sonore de ses notifications. Colas aime, aussi, les émoticônes, la poésie, les réseaux sociaux, ­Google Maps, son scooter, la 4G, son sac à dos et la drogue. Mais ce qu’il chérit par-dessus tout, c’est Internet : ce milieu de « l’underground » qui lui permet d’être ­libre dans ses relations amoureuses.
Grâce à lui, Colas est devenu en quelque sorte un don Juan numérique, capable de draguer en usant des applications de rencontres comme Tinder ou Happn avec habileté. Mais ce « digital native », comme il se qualifie, n’a rien du stéréotype du séducteur qui s’intéresserait uniquement à des histoires sans lendemain. Bien au contraire. Colas est un romantique 2.0 qui a accepté de raconter, de sa voix douce et assurée, comment on s’aime et on se quitte à l’heure de Messenger, Whatsapp, Instagram, ou Twitter.
Ainsi, dans Digital Love, dont le podcast est disponible sur le site de Radio Nova, cet ancien étudiant de l’université de Berkeley, aux Etats-Unis, relate ses aventures en ligne avec un romantisme assez déroutant. Il explique notamment comment la messagerie éphémère Snapchat a « compris » qu’il était attiré par un de ses contacts et de quelle manière cette application a tout fait pour rapprocher les deux tourtereaux. « Snapchat a, par son algorithme, bousculé notre relation, et on n’avait plus d’autre choix que de se rouler une pelle », souligne-t-il avec ironie.
Jeu de piste
Dans l’un des cinq épisodes (de six minutes chacun), il se rappelle avoir transformé des messages sur des applications de rencontres en un jeu de piste pour qu’une fille puisse le retrouver dans le monde réel. Puis, après que leurs « téléphones se sont rapprochés », pendant cinq heures, ils sont restés côte à côte, sans se parler. « On s’est énormément parlé sur Tinder. En fait, on n’a jamais passé de temps ensemble charnellement », précise-t-il. Colas préfère, également, écrire des emails « avec de bons vieux PDF » à ses amoureuses, car « c’est un truc beau que tu peux ranger dans des dossiers, puis un jour tu pourras les réimprimer, les brûler », lance-t-il avec malice.
Digital Love, de Christophe Payet et Charlène Nouyoux (France, 2018, 5 × 6 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Dans cette Coupe du Monde 2018, c’est l’un des hymnes que l’on aura le plus entendu. Retour sur les origines de cette chanson à l’esprit typiquement britannique.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Une sélection estivale de livres de jardins, avec des paysages, un peintre, quelques guides, une revue, un botaniste et… de la science-fiction.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les machines intelligentes peuvent jouer les médiateurs entre les jeunes autistes et les adultes qui les prennent en charge.
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édition abonné


Le robot humanoïde, partenaire privilégié des autistes

Les machines intelligentes peuvent jouer les médiateurs entre les jeunes autistes et les adultes qui les prennent en charge.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Cela semble presque trop simple pour être vrai, mais les résultats s’accumulent : employés à bon escient, les robots sociaux parviennent souvent mieux que les humains à améliorer le quotidien des ­jeunes autistes. En Europe, aux Etats-Unis, au Canada, les expériences se multiplient qui montrent que ces machines intelligentes peuvent les aider à sortir de leur isolement, à communiquer et exprimer leurs émotions. Et pas seulement avec ce petit compagnon artificiel, mais aussi avec leur entourage.
Quelles que soient les stimulations apportées par leur entourage, les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) présentent des difficultés d’interaction sociale et perçoivent le monde comme confus et imprévisible. Ont-elles des difficultés à identifier les expressions de leurs interlo­cuteurs, et donc leurs émotions ? Celles-ci leur sont-elles au contraire accessibles, mais menaçant toujours de les déborder ?
Objectifs éducatifs précis
Quoi qu’il en soit, le robot humanoïde est à cet égard un partenaire privilégié. Il ne s’énerve jamais, ses interactions sont limitées et prévisibles, sa voix est métallique et peu nuancée, ses mimiques peu nombreuses et stéréotypées. Bien moins étrange qu’un humain, il a donc les qualités requises pour jouer les médiateurs entre les jeunes autistes et les adultes qui les prennent en charge.
Parmi ces auxiliaires thérapeutiques, trois se disputent actuellement la vedette : Kaspar, Nao et Leka. Kaspar est le plus ancien, et le moins performant sur le plan technologique. Conçu dans les années 2000 par des chercheurs de l’université du Hertfordshire (Royaume-Uni) pour développer des « jeux thérapeutiques ­robotiques », ce robot aux allures de poupée a la taille d’un petit enfant. Avec son visage de ­silicone aux traits simplifiés qui évoque les masques du théâtre japonais, il manifeste, sous le contrôle d’un opérateur, des émotions primaires : la joie quand on le chatouille, la tristesse quand on le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le prix sera décerné, pour la sixième fois, le 5 septembre. Sur les quelque 381 romans français annoncés pour la rentrée, nous en avons sélectionné dix.
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Prix littéraire du « Monde » : la sélection 2018

Le prix sera décerné, pour la sixième fois, le 5 septembre. Sur les quelque 381 romans français annoncés pour la rentrée, nous en avons sélectionné dix.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h21
   





                        



   


« Le Monde » remettra son prix littéraire, pour la sixième fois, le 5 septembre. Sur les quelque 381 romans français annoncés pour la rentrée, nous en avons sélectionné dix.
Outre des critiques du « Monde des livres » (Jean Birnbaum, Florent Georgesco, Raphaëlle Leyris, Florence Noiville et Macha Séry), le jury du prix est composé de journalistes qui travaillent aux quatre « coins » du Monde : François Bougon (Economie), Denis Cosnard (Economie), Clara Georges (« Epoque »), Emmanuel Davidenkoff (développement éditorial), Raphaëlle Rérolle (grand reporter) et Jérôme Fenoglio, directeur du Monde et président du jury.
Le mercredi 5 septembre, le prix sera remis à son (sa) lauréat(e), que l’on retrouvera dans le numéro du « Monde des livres » du lendemain, daté 7 septembre.
La sélection 2018 :
Arcadie, d’Emmanuelle Bayamack-Tam, P.O.L

   


Le Guetteur, de Christophe Boltanski, Stock

   


A son image, de Jérôme Ferrari, Actes Sud

   


Camarade Papa, de Gauz, Le Nouvel Attila

   


Idiotie, de Pierre Guyotat, Grasset

   


Un monde à portée de main, de Maylis de Kerangal, Verticales

   


Ma dévotion, de Julia Kerninon, Rouergue

   


Toutes les femmes sauf une, de Maria Pourchet, Fayard

   


L’Hiver du mécontentement, de Thomas B. Reverdy, Flammarion

   


Par les écrans du monde, de Fanny Taillandier, Seuil

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ En collaboration avec Nino Laisné, le danseur, chorégraphe et chanteur multiplie les transformations dans « Romances Inciertos, un autre Orlando ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Avignon : François Chaignaud et ses créatures

En collaboration avec Nino Laisné, le danseur, chorégraphe et chanteur multiplie les transformations dans « Romances Inciertos, un autre Orlando ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h35
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



   


Mille et une vies, trente-six mille peaux, autant de costumes, de voix, de langues… En contemplant le danseur, chorégraphe et chanteur François Chaignaud dans le spectacle Romances Inciertos, un autre Orlando, conçu en collaboration avec Nino Laisné, on se surprend à rêver sur les multiples transformations d’un artiste au profil mouvant, à l’identité insaisissable, dont les mues successives ouvrent la route à une cohorte de figures incroyables. Une collection d’identités comme autant d’avatars merveilleux cousus au petit point sur le dos d’un vestiaire phénoménal.
On se souvient de son apparition les cheveux au vent, en string et truc à plumes dans (M)imosa (2011), de son costume d’idole mirifique dans le solo Dumy Moyi (2013), inspiré par les rituels du Theyyam, en Inde. On fantasme sur les créatures futures que cet explorateur et découvreur révèlera, se téléportant à travers les époques et les cultures. Dans Romances Inciertos, un autre Orlando, récital en trois tableaux salué avec enthousiasme par le public, il endosse les costumes de la Doncella Guerrera, une jeune fille partie à la guerre sous l’armure d’un homme au Moyen-Age, puis de San Miguel, l’archange sensuel vainqueur du dragon, enfin de la Tarara, gitane andalouse androgyne qui a inspiré des chansons populaires dont Lorca a écrit une version. Chaque personnage illustre un genre flou, fluide comme on dit aujourd’hui, une androgynie que savoure Chaignaud, lourdement maquillé jusqu’au bout de ses longs ongles manucurés. Il incarne ce nouvel Orlando, personnage mutant créé par Virginia Woolf, qui rassemble cette « fratrie » convoquée sur scène.

        Lire l’analyse :
         

          Le Festival d’Avignon aux frontières du genre



François Chaignaud fait évidemment plus que se travestir et parader dans un apparat inspiré, entre autres, par les rituels religieux sévillans. Il danse et chante en espagnol – pas de sur-titrage malheureusement mais quelques infos dans le programme –, accompagné par quatre musiciens (théorbe, bandonéon, viole de gambe, percussions), posés en demi-couronne autour de lui. Leur répertoire déroule des chansons populaires ou traditionnelles, plus ou moins oubliées, composées pour la majeure partie de mélodies des XVIe et XVIIe siècles, que Nino Laisné, expert en traditions musicales hispaniques, a retravaillé, tressant les styles et nouant les genres, entre baroque, folklore, sacré…
Désir d’ivresse et d’extase
Romances Inciertos, un autre Orlando joue sur les zones de trouble, d’incertitude, de vertige, que Chaignaud cultive depuis ses débuts en 2005. Pour chaque personnage, il a huilé, comme à son habitude, des engrenages de pas virevoltants, de pirouettes, de cabrioles, véritables tremplins pour la transe et le débordement. Juché sur échasses ou sur pointes – on sait combien Chaignaud aime déplacer l’anatomie et le centre de gravité du corps –, il se hisse sur de nouveaux pics tel un héron exotique. Et réalise l’exploit, à la renverse ou en bondissant, de pousser le son, dégringolant vocalement du grenier à la cave, féminin et masculin entortillés dans un même désir d’ivresse et d’extase.
Devant deux toiles champêtres, ce récital et concert dansé qu’est Romances Inciertos, un autre Orlando, est très représentatif de Chaignaud qui revendique de « se faire pénétrer au sens métaphorique par des cultures, des influences… ». Depuis la création de sa compagnie Vlovajob Pru en 2005, en complicité avec Cecilia Bengolea, il a sans cesse négocié avec les frontières de la danse et du corps. Il se plantait un godemiché pour « rompre avec le consensus qui a malgré tout préservé l’anus de la chorégraphie » dans Pâquerette (2005), nageait dans les airs pour Castor et Pollux (2010), se glissait dans une poche en latex sous vide pour Sylphides (2009). Il avale aussi en vorace toutes les danses, classique, contemporaine, hip-hop, twerk… pour secouer la capsule d’un métissage sans hiérarchie. Il est également auteur de L’Affaire Berger-Levrault : le féminisme à l’épreuve (1898-1905). 

        Lire la critique d’un spectacle du tandem Bengolea-Chaignaud :
         

          Savez-vous danser le twerk ?




Romances Inciertos, un autre Orlando, de François Chaignaud et Nino Laisné. Festival d’Avignon, Cloître des Célestins. Jusqu’au 14 juillet. Tél. : 04-90-14-14-60. www.festival-avignon.com
Puis en tournée : le 9 novembre, à Montpellier Danse ; le 1er décembre, à Brest ; les 4 et 5 décembre, à Annecy ; du 12 au 15 décembre, à Lausanne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.
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TF1 en passe de racheter Doctissimo

TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h16
    |

            Sandrine Cassini








                        


Dix ans après sa reprise par Lagardère, Doctissimo change de mains. TF1 a annoncé jeudi 12 juillet être entré en négociations exclusives pour reprendre le site consacré à la santé. Selon nos informations, le montant de la transaction s’élèverait à 15 millions d’euros. En une décennie, Doctissimo, qui enregistre pourtant 12 millions de visiteurs uniques chaque mois d’après Médiamétrie, a vu sa valeur divisée quasiment par dix. A l’époque, Lagardère avait repris 53,4 % du capital de Doctissimo dans une opération valorisant l’entreprise 138 millions d’euros.

        Lire aussi :
         

                Doctolib rachète son concurrent direct Mondocteur



Las, depuis, le site – qui a continué de croître et qui réunit une importante communauté féminine – a, selon des sources proches du dossier, eu du mal à suivre les évolutions du marché publicitaire. Ainsi, il est resté ancré sur la publicité classique, ne prenant pas le virage du programmatique, ces publicités ciblées commercialisées via des plates-formes d’enchères automatisées, ou du e-commerce.
Comparaison cruelle
La comparaison est cruelle avec Aufeminin, également propriétaire de Marmiton, qui faisait à l’époque figure de concurrent de Doctissimo, et que TF1 a racheté fin 2017 pour 365 millions d’euros. Depuis deux ans, le site féminin s’est réinventé pour se tourner vers ces nouvelles formes de publicité. D’ailleurs, de bonne source, c’est parce que la Une a mis la main sur les équipes d’Aufeminin et leur savoir-faire qu’elle peut se permettre de reprendre Doctissimo.
Ensemble, les deux marques cumuleront 20 millions de visiteurs uniques. Une force de frappe conséquente pour le groupe de médias propriété de Bouygues sur le marché de la publicité en ligne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La passion des Français pour l’Islande va grandissant. Voici six albums et romans venus de l’île volcanique, à glisser dans vos valises cet été – quelle que soit votre destination.
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                Six romans et albums islandais à emporter dans ses bagages


La passion des Français pour l’Islande va grandissant. Voici six albums et romans venus de l’île volcanique, à glisser dans vos valises cet été – quelle que soit votre destination.

Le Monde
                 |                 12.07.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 10h54
                 |

            Marie Charrel

















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Plages de sable noir, geysers capricieux, fjords verdoyants où circulent quelques moutons libres comme le vent…, l’Islande, avec ses mystérieux paysages, tantôt lumineux, tantôt inquiétants, est la terre idéale pour l’évasion littéraire et musicale. Voici six romans et albums venus de l’île volcanique, à lire ou à écouter cet été.
L’Islande s’invite aussi au Monde Festival. Rendez-vous samedi 6 octobre avec les romanciers Audur Ava Olafsdottir et Arni Thorarinsson, le traducteur littéraire Eric Boury, et Mathias Malzieu, auteur-compositeur et chanteur du groupe de rock français Dionysos.
Or, Audur Ava Olafsdottir
Lassé par un quotidien grisâtre, Jonas plaque sa vie à Reykjavik pour partir vers un pays meurtri par des années de guerre. Loin de sa fille, de sa mère et de son ex-femme, il envisage de disparaître. Il échoue dans un hôtel en partie détruit, dans une ville à l’abandon. Muni de quelques outils, il aide comme il peut la jeune propriétaire de l’établissement à bricoler. Au fil des jours, il croise des habitants atteints de blessures plus profondes encore que les siennes. Peu à peu, une amitié réparatrice va naître. Et les âmes déchirées vont de nouveau croire en l’avenir…
Comme dans Rosa Candida ou L’Embellie, Audur Ava Olafsdottir dresse une histoire délicate, où le désespoir cède doucement la place à une lumière bouleversante, étrangement poétique.
Or, Audur Ava Olafsdottir, éd. Zulma, 19 €.
Le Crime, Arni Thorarinsson
C’est l’histoire d’une journée fatidique. Celle des 18 ans de Frida. Ce jour-là, ses parents lui révéleront leur grand secret. Celui qui a jeté une ombre destructrice sur leurs existences. Culpabilité, alcoolisme, douleur…, comment ce couple qui avait tout pour être heureux a-t-il basculé dans le drame ? La révélation, loin d’être celle que l’on imagine, assène un coup de poing au lecteur, point d’orgue de l’intrigue.
Arni Thorarinsson délaisse ici le polar, son terrain de jeu favori, pour livrer un récit haletant, où les sentiments broient la poitrine. Une tragédie geyser que l’on referme en chancelant.
Le Crime. Histoire d’amour, Arni Thorarinsson, éd. Points, 6,50 €.

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                Des sagas médiévales à Björk, pourquoi l’Islande fascine



Le Lagon noir, Arnaldur Indridason
A qui appartient le corps découvert dans l’étrange lagon ? Quels trafics se déroulent dans la base américaine de Keflavik ? Que transportent ces mystérieux convois vers le Groenland ? Le prince du polar islandais nous plonge en pleine guerre froide, sur les traces de l’inspecteur Erlendur. Celui-ci enquête en parallèle sur la disparition d’une jeune fille, des années plus tôt, écho à son propre passé.
Au fil des pages, un pan de l’histoire de l’île se dévoile. Et l’on découvre au passage comment s’est formé le « blue lagoon », lieu de baignade aujourd’hui prisé des touristes, entre l’aéroport et Reykjavik : ses eaux doucement laiteuses, riches en minéraux bienfaisants, sont nées des rejets d’une centrale géothermique…
Le Lagon noir, Arnaldur Indridason, éd. Points, 7,90 €.
Utopia, Björk
La reine de la musique nordique quitte ici les expérimentations sonores parfois déroutantes de ses précédents opus pour un retour aux sources foisonnant et lumineux. Si Vulnicura, sorti en 2015, était l’album d’une séparation amoureuse déchirante, Utopia est le disque d’une renaissance, même si les zones d’ombre subsistent. La flûte traversière, omniprésente, apporte un souffle de liberté vespérale à l’ensemble, d’où se dégage une harmonie organique. Magique.
Utopia, Björk (2017), One Little Indian, 13,99 €.

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                La femme-fleur Björk s’épanouit au festival We Love Green



Island Songs, Olafur Arnalds
Baissez les paupières, écoutez. Vous voilà sur les routes volcaniques d’Islande, en compagnie d’Olafur Arnalds. A l’été 2016, ce compositeur a sillonné son île afin d’enregistrer sept morceaux, en sept lieux. Chaque fois, le musicien, notamment connu pour avoir écrit la bande originale de la série Broadchurch, met en lumière les paysages et artistes locaux, qu’il accompagne au piano. On croise ainsi le poète Einar Georg Einarsson ou la chanteuse Nanna Bryndis Hilmarsdottir, du groupe Of Monsters and Men.
Chaque titre est baigné d’une mélancolie évanescente, entre pop et orchestrations classiques. Les clips, tournés sur place, valent le détour. Comme celui de Raddir, filmé dans une minuscule église en bois, offrant une vue spectaculaire sur un fjord solitaire.

https://youtu.be/3VG1B7lpALc

Island Songs, Olafur Arnalds (2016), Mercury Classics, 17,50 €.
The Colorist & Emiliana Torrini
Après la sortie de son album Tookah, en 2013, l’italiano-islandaise Emiliana Torrini s’est offert une pause. Avec une idée : multiplier les collaborations à travers le monde, afin de trouver un nouveau souffle. Elle a ainsi accompagné des groupes manouches à Cordoba, un ensemble de jazz expérimental à Berlin, un orchestre islandais…
Lorsque le groupe belge The Colorist Orchestra lui a proposé de reprendre avec elle certains titres de ses disques précédents, elle n’a pas hésité. Et le résultat est exceptionnel. Les orfèvres belges insufflent une énergie solaire et créative aux morceaux, multipliant les instrumentations classico-pop et les trouvailles sonores jamais superflues, sublimant la voix d’Emiliana.

https://www.youtube.com/watch?v=h5CrbpJDUfY

The Colorist & Emiliana Torrini, Rough Trade Records, 10,99 €.

        Rendez-vous au Monde Festival :
         

          Islande, une passion française




Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. Un rendez-vous porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Marie Charrel
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Mercredi 11 juillet, le festival recevait les groupes Supersonic (Thomas de Pourquery) et Magma (Christian Vander).
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Des explorateurs musicaux à Jazz à Vienne

Mercredi 11 juillet, le festival recevait les groupes Supersonic (Thomas de Pourquery) et Magma (Christian Vander).



Le Monde
 |    12.07.2018 à 09h59
    |

            Sylvain Siclier (Vienne (Isère), envoyé spécial)








                        



                                


                            

A Jazz à Vienne, comme dans d’autres festivals, certaines soirées portent un intitulé. Cette année, histoire que le public sache à peu près où il met les oreilles, il y a « funk », « new generation » – pourquoi pas nouvelle génération –, « Afrique », « blues »… Et ce mercredi 11 juillet, c’est « French Touch ». Une nuit électro à Jazz à Vienne ? En réalité, rien à voir avec ce à quoi renvoie habituellement ce terme, cette touche française supposée différencier la musique électronique pratiquée par des DJ et des groupes d’ici. Non, une soirée avec deux formations de musiciens français, dont les sources ­peuvent venir du jazz, de la soul music, du rock, de la musique classique… explorateurs qui ne s’arrêtent ni aux catégories ni aux styles pour aller vers des ailleurs musicaux, des imaginaires artistiques.
Au programme, le Supersonic, sextette du saxophoniste, chanteur et compositeur Thomas de Pourquery, fondé en 2011, et Magma, mené depuis 1969 par le batteur, chanteur, pianiste et auteur-compositeur Christian Vander.

Supersonic, qui joue en début de soirée, quand le soleil ­commence à descendre derrière la grande scène du Théâtre antique de Vienne, s’est d’abord ­construit à partir du répertoire de Sun Ra (1914-1993), compositeur, chef d’orchestre et claviériste, chez qui le swing et le free se répondent. Puis Supersonic a trouvé son propre chemin. Celui d’une sorte de « groupe rock avec un socle jazz, l’amour infini de l’improvisation et l’amour de jouer des hymnes mélodiques », nous avait expliqué Thomas de Pourquery en mars 2017, lors de la sortie du deuxième album du groupe, Sons of Love. Durant ce concert, prenant et fantasque, Sun Ra est toujours présent, qui vient se mêler aux chansons presque pop (Slow Down, Sons of Love, Give the Money Back), à des envols lyriques qui font penser à ceux des saxophonistes John Coltrane (1926-1967) ou Pharoah Sanders.
Admiration pour John Coltrane
En...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Jeudi, onze visages, noirs et blancs, viendront se refléter sur l’eau du canal de l’Ourcq dans une installation vidéo.
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Arts : Melik Ohanian rejoue à sa façon la finale du Mondial 1998

Jeudi, onze visages, noirs et blancs, viendront se refléter sur l’eau du canal de l’Ourcq dans une installation vidéo.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 08h37
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 08h54
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



   


La France aura-t-elle une nouvelle fois « les yeux dans les Bleus » ? En attendant la finale de dimanche, l’artiste Melik Ohanian propose de rejouer à sa façon la finale victorieuse de 1998. Ce 12 juillet, à 21 heures, vingt ans après le coup d’envoi de France-Brésil, toute l’équipe d’Aimé Jacquet fait grâce à lui un étonnant come-back. Expert en brouillage des temporalités, le plasticien, Prix Duchamp (et non Deschamps) 2015, a convoqué les 14 joueurs impliqués dans la victoire à 3-0, remplaçants compris. Et il les a filmés en train de regarder ce match que, finalement, presque aucun n’avait depuis visionné dans son intégralité. Lilian Thuram, Bixente Lizarazu, Thierry Henry, Emmanuel Petit… Un peu vieillis, toujours nobles, leurs visages apparaissent en plans-séquences, fixes, plein feu sur les regards.
Aucune coupe, pas une image du stade de France, nul ballon, juste l’émotion qui fait trembler les pupilles. « D’acteurs, ils deviennent spectateurs de leur propre spectacle, résume l’artiste, qui a intitulé son projet Their Eyes Were Watching. Ce match a conditionné leur vie, comme il a conditionné toute la société, en validant son rêve de multiculturalisme. Du jamais-vu. »
L’artiste remet en scène l’inconscient collectif de toute une nation à travers « des images qui s’adressent au peuple, sans être populistes »
Pendant quatre-vingt-dix minutes, sur de très grands écrans, onze visages, noirs et blancs, viendront ainsi se refléter sur l’eau du canal de l’Ourcq, face à la place de la pointe de Pantin, en point d’orgue de l’exposition « Par amour du jeu » organisée par l’agence de communication BETC à l’occasion de la Coupe du monde 2018. « Les images de cette finale, qui ont désormais basculé dans le registre de l’archive, ont été parmi les plus regardées au monde, avec les premiers pas sur la Lune. Près de 1,3 milliard de spectateurs étaient devant leur écran ! Avec ce projet, je cherche à provoquer une nouvelle émotion, par l’intimité du regard des joueurs. Dans leurs yeux, on voit les microdrames se rejouer. C’est une mémoire au temps présent. »
Certes, deux stars manquent à l’appel : le capitaine Didier Deschamps, un peu accaparé par la Coupe du monde en Russie, et Zidane, désireux de faire un break. Mais l’artiste compte bien les filmer au cours de l’été, pour finaliser son projet et lui donner une nouvelle dimension, muséale. En attendant, il remet en scène l’inconscient collectif de toute une nation à travers « des images qui s’adressent au peuple, sans être populistes ». Le versant conceptuel de la fan zone ?
Sur le Web : melikohanian.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le dramaturge et comédien Vanasay Khamphommala présente une forme courte « L’Invocation à la muse » dans le cadre des « Sujets à vif ».
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A Avignon, la quête queer de Vanasay

Le dramaturge et comédien Vanasay Khamphommala présente une forme courte « L’Invocation à la muse » dans le cadre des « Sujets à vif ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 08h03
    |

            Laurent Carpentier (Avignon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il est normalien, passé par Harvard, a terminé sa thèse sur « Spectres de Shakespeare dans l’œuvre de Howard Barker » à Oxford, et cite André Malraux : « L’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme. » Mais, longue tresse sur le côté, 2,10 mètres sur ses talons aiguilles, jambes délibérément pileuses sous sa jupe courte, Vanasay Khamphommala nourrit un projet secret : imprimer sur son corps les Métamorphoses d’Ovide, le transformer en un exemplaire vivant de ce livre manifeste qui, sous l’empire romain, prédisait que le monde entier ne cesserait jamais de muter. Et sur la petite scène du Jardin de la vierge du lycée Saint-Joseph à Avignon, il explore ces sentiers d’une résurrection queer.
L’Invocation à la muse, c’est le titre. Une forme courte et innovante telle qu’elles sont réunies par le Festival d’Avignon sous l’intitulé « Sujets à vif ». En l’occurrence très à vif, puisque pénétrant sur le plateau en costume classique, la tête coiffée d’un sac hermétique, il se fait petit à petit le jouet soumis, transformable, transformé, fouetté, attaché, piercé, tacheté de cire brûlante par une dominatrice afro-caribéenne, et « militante pro-sexe » comme le dit le programme.
La scène est étrange, met mal à l’aise. On se demande où on est, où va ce théâtre qui n’est plus représentation du monde mais monde lui-même. Etre queer ou ne pas être. Le fantôme de Miss Knife, ce double de scène d’Olivier Py, rôdant un peu partout à Avignon. Dans les jardins Ceccano, avec le feuilleton sur la question du genre orchestré par David Bobée, dans la cour du lycée Saint-Joseph où la danseuse de flamenco Rocio Molina, lesbienne et enceinte, donne à entendre l’écho doppler de son bébé après qu’elle l’a secoué pendant deux heures. Il est encore dans le gymnase du lycée Mistral chez Didier Ruiz, à La FabricA chez Julien Gosselin où les corps s’entremêlent…

Douleur...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La chronique de Pénélope Bagieu, à propos de « La Tragédie brune », de Christophe Gaultier et Thomas Cadène.
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C’est graphique. Xavier de Hautecloque, lanceur d’alerte

La chronique de Pénélope Bagieu, à propos de « La Tragédie brune », de Christophe Gaultier et Thomas Cadène.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 07h30
    |

                            Pénélope Bagieu (Dessinatrice)








                        



                                


                            
La Tragédie brune, de Christophe Gaultier (dessin) et Thomas Cadène (scénario), Les Arènes, « BD », 130 p., 20 €.

Avec La Tragédie brune, Thomas Cadène et ­Christophe Gaultier adaptent un récit de ­Xavier de Hautecloque, premier reporter français assassiné par les nazis, en 1935, un an après l’avoir publié.
Hautecloque connaît bien l’Allemagne. Il aime Berlin, il y a ses habitudes, ses amis même. Mais quand il revient pour un reportage en 1932, « curieux du devenir de ce pays magnifique », il comprend qu’il se trame quelque chose. Presque personne ne s’en inquiète, ici ou de l’autre côté du Rhin. La France imagine une Allemagne convalescente, pacifique, qui ne cherche qu’à se reconstruire. Mais c’est une nation unie par la haine. Obsédée par la victoire qui lui a échappé en 1918, par ce qu’elle aurait pu devenir.
« Nettoyez la rue ! Qui sait quand la deuxième bataille nous appellera de nouveau ! », chantent les officiers SS dans les bars. Et les rues sont bel et bien nettoyées : où sont les communistes, les prostituées, s’étonne le journaliste ? Ils ont été envoyés aux champs, dans des camps de travail. Ces camps, on propose aux journalistes de les visiter. Un safari dans un Dachau impeccable, respectable, ses petites rues colorées et, au loin, ce camp de rétention provisoire pour opposants retors. Rien à cacher.
Pourtant, Xavier sait que l’horreur n’est pas dans ce qu’on raconte des camps, mais dans ce qu’on y cache. Il veut dire à la France ce qui se passe derrière les barbelés. Les immenses baraquements prêts à accueillir des milliers de prisonniers, loin des regards. Mais nombreux sont ceux qui s’enthousiasment pour ce nouvel élan allemand, même s’il y a nécessairement « de la casse ».
Mise en scène subtile
Qui est cet Adolf Hitler, qui déchaîne les passions allemandes et fait à peine soulever un sourcil à l’étranger ? Qui est ce « peintre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de l’ouvrage « Les Deux Arbres de la voie ».
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Figures libres. Confucius et Lao-tseu, tête-bêche

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de l’ouvrage « Les Deux Arbres de la voie ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 08h36
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Les Deux Arbres de la voie. Le Livre de Lao-tseu. Les Entretiens de Confucius, traduit du chinois et édité par Jean Levi, Les Belles Lettres, « Bibliothèque chinoise », édition bilingue, deux volumes sous coffret, 974 p., 55 €.

Au premier regard, tout les ­oppose. Le sage ­Confucius privilégie l’ordre et la civilisation. Il considère la séparation d’avec les animaux comme l’acte fondateur de l’humanité, et sa pensée se fonde sur une plénitude de l’être.
Au contraire, Lao-tseu s’inscrit dans une perspective libertaire, insiste sur le néant de toute chose, juge que notre malheur a commencé quand nous avons cessé d’être des bêtes. Le premier sépare, le second fusionne. L’un défend rites, règles, conventions et démarcations. L’autre efface les frontières, défait les hiérarchies, renverse les classements. Bref, on juge difficile de trouver plus inconciliables.
Comme souvent, ce n’est qu’une illusion d’optique, que plus de science vient rectifier. Le sinologue Jean Levi, directeur de recherche honoraire au CNRS, souligne ce qui les rapproche aussi, en présentant sa nouvelle traduction des textes fondateurs de ces deux maîtres aussi réels que mythiques. Si l’un et l’autre ont réellement existé, à peu près à la même époque, on ne sait rien qui vaille de leurs biographies. Ce qui les rapproche est d’abord d’avoir perduré, traversant toute l’histoire de la culture chinoise, suscitant des milliers de commentaires et d’adaptations.
Les unir, ou du moins les réconcilier, fut sans doute le rêve le plus durable de quantité de lettrés. ­Finalement, c’est leur opposition irréductible qui les a le plus ­sûrement reliés. Cela n’est paradoxal qu’en apparence. « C’est leur antagonisme fondamental, en ­dépit de toutes les tentatives syncrétiques ou éclectiques de les amalgamer, qui a donné à la pensée chinoise sa profondeur et sa ­richesse », souligne Jean Levi. Pareille sagesse à double face demeure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Claro avoue son admiration pour Leo Lipski et son roman « Piotrus », pétri de noirceur mais hanté par l’idée folle de survie.
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Le feuilleton. Le dernier des résignés

Claro avoue son admiration pour Leo Lipski et son roman « Piotrus », pétri de noirceur mais hanté par l’idée folle de survie.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 07h00
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Piotrus, de Leo Lipski, traduit du polonais par Allan Kosko, L’Arbre vengeur, « L’arbuste véhément », 160 p., 7,50 €.

Imaginons que vous soyez né à Zürich en 1917. Vous grandissez à Cracovie, vous étudiez la psychologie et la philosophie, vous commencez à écrire. En 1939, vous êtes obligé de fuir (vous êtes juif polonais), mais les Soviétiques vous arrêtent et vous déportent dans un camp de travail. Finalement, avec l’armée polonaise, vous parvenez à fuir l’URSS et à vous réfugier en Iran, à Téhéran, où vous tombez malade – typhoïde, encéphalite. On vous rend à la vie civile. Vous faites de brèves études à Beyrouth, puis vous vous installez à Tel-Aviv en 1944, passablement hémiplégique, votre diction gravement affectée. Vous faites quoi ? Si vous êtes Leo Lipski, vous apprenez à écrire de la main gauche, vous publiez quelques recueils sous le manteau, on vous traduit dans plusieurs langues, Ingeborg Bachman salue votre œuvre, on vous compare à Kafka et à Beckett, puis, la vie étant ainsi faite qu’elle épargne rarement les justes, vous sombrez dans l’oubli et la solitude, et à 80 ans vous tirez votre révérence, totalement paralysé. En revanche, si vous n’êtes pas Leo Lipski, vous savez ce qu’il vous reste à faire : croiser les doigts et lire ce bref roman pétri de noirceur mais hanté par l’idée folle de survie : Piotrus.
« Nuit violette. Chacals dans les faubourgs. Leur rire qui rappelle un lamento. Fleurissent les fleurs de l’oranger, épouvantables. Au crépuscule, leur odeur sort dans la rue comme un loup affamé et circule comme le sang dans vos artères. Les chats miaulent et crient. Leurs histoires de printemps, ils les expédient en toute saison. Ils font plier la tôle du toit de l’usine toute proche. » On est à Tel-Aviv, dans les années 1940, et Piotrus, lointain cousin de Molloy, est contraint de se vendre sur le marché pour survivre. Une certaine Mme Zinn l’achète...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dans « Trans (més enllà) », Didier Ruiz met en scène sans pathos des individus qui racontent comment ils ont changé d’identité sexuelle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/07/2018
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Avignon : femme ou homme, juste être soi

Dans « Trans (més enllà) », Didier Ruiz met en scène sans pathos des individus qui racontent comment ils ont changé d’identité sexuelle.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 08h04
    |

            Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Je suis un homme et je n’ai pas de pénis. On n’a pas besoin de pénis pour être un homme », dit Raul. Raul est marié avec une femme qui avait des enfants, et il sourit quand il raconte comment les enfants l’ont d’eux-mêmes appelé « papa ». Auparavant, il a connu sa part de malheur en devenant ce qu’il se sentait être : un homme, et pas une femme, comme le voulait son état civil. Il travaillait au journal espagnol La Vanguardia quand il a opéré sa transition. Il s’est fait insulter par des collègues, il y a eu un procès, puis Raul a quitté le journal, poussé par les syndicats qui ne voulaient pas de problèmes.
Voilà l’un des récits que l’on entend dans Trans (més enllà), présenté par Didier Ruiz, un metteur en scène qui travaille depuis longtemps avec des adolescents, des ex-détenus ou des personnes âgées qu’il n’a pas peur d’appeler les « vieux ». Didier Ruiz n’aime pas que l’on qualifie son théâtre de « documentaire » : pour lui, c’est un théâtre « de l’humanité », qui cherche à instaurer une relation autre entre les spectateurs et ceux qui sont en scène.
Venu(e)s de Barcelone
Trans est joué sans pathos ni voyeurisme dans un dispositif très simple – un plateau nu avec des rideaux blancs au fond. Ce qui frappe le plus, c’est la façon dont les participants parlent en regardant le public droit dans les yeux. Le més enllà (« au-delà ») du sous-titre compte autant que le titre du spectacle : il ne s’agit pas seulement de l’« au-delà » du corps, mais de celui de la société espagnole qui l’entoure.
Ils et elles sont sept sur le plateau, venu(e) s de Barcelone, qui a une longue tradition « trans ». Cela explique sans doute la réaction du patron de Sandra, commerciale : il l’a soutenue dès le premier jour où elle est arrivée en jupe, et il a instauré une charte pour le respect des « trans » dans l’entreprise. Leyre, elle, a tout connu, le rejet de sa famille, les fugues et...




                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-16">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Un(e) journaliste du « Monde » dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail. Aujourd’hui, Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/07/2018
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre la justice, par Pascale Robert-Diard

Un(e) journaliste du « Monde » dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail. Aujourd’hui, Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 09h20
    |

            Jean Birnbaum et 
Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR PASCALE ROBERT-DIARD

Simenon dans la peau de l’accusé
Lettre à mon juge (1947), de Georges Simenon (1903-1989), figure évidemment dans mon panthéon judiciaire. Charles Alavoine vient d’être condamné pour le meurtre de sa maîtresse. Il n’a pas su, pu, voulu s’expliquer à l’audience. Il est resté étranger à son procès, comme le Meursault de Camus.
De sa cellule, il écrit à son juge d’instruction : « Mon juge, je voudrais qu’un homme, un seul, me comprenne. Et j’aimerais que cet homme ce soit vous. » Il lui raconte l’audience, telle qu’il l’a vécue de l’intérieur : une « comédie » faite d’échanges complices entre magistrats, avocats et presse judiciaire, sur le dos de l’accusé ou des témoins.
Sa mère est citée à la barre. Il sait, lui, que si sa mère est en noir, c’est parce qu’elle est vêtue ainsi depuis trente ans, « comme le sont la plupart des paysannes de chez nous ». Que, lorsqu’elle s’est heurtée à un groupe en entrant, c’est parce qu’« elle voit très mal mais s’obstine à ne pas porter de verres ». Et c’est à cause de ces détails, écrit-il au juge, que la presse a décrit une femme en deuil « qui titubait de douleur et de honte ». Chaque fois que la mère d’un accusé vient témoigner à la barre, je me souviens de celle de Charles Alavoine.

« Lettre à mon juge », dans « Les Romans durs. 1945-1947 », de Georges Simenon, Omnibus, 1 312 p., 29 €.
« La part du juge » : Simenon encore
Par la voix du commissaire Maigret, Simenon a dit tout le mal qu’il pensait des juges et de la justice, de leur univers glacé aux formules hermétiques et aux rituels immuables dans lequel « l’individu n’est rien » (Maigret aux assises, 1960).
C’est pourtant au même auteur que l’on doit l’analyse la plus fine de « la part du juge ». Les Témoins (1955) met en scène un président d’assises austère, voire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’exposition « L’Eternel et le changeant », à Annonay (Ardèche), jusqu’au 10 août, fait découvrir le thème de la nature et du paysage, si récurrent dans l’œuvre du photographe.
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Jean-Luc Meyssonnier : « C’est la lumière qui chez moi déclenche la photographie »

L’exposition « L’Eternel et le changeant », à Annonay (Ardèche), jusqu’au 10 août, fait découvrir le thème de la nature et du paysage, si récurrent dans l’œuvre du photographe.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 10h22
    |

            Claire Gilly








                        


Dans l’exposition « L’Eternel et le changeant », qui a lieu du 6 juillet au 10 août au Groupe art contemporain (GAC) à Annonay, et Ardèche, Jean-Luc Meyssonnier, avec ses lignes épurées accentuées par le choix délibéré du noir et blanc, va à l’essentiel – le rendu sensible d’un paysage – jusqu’à conférer à ses clichés une sensation, presque tactile, de transparence. Par cette approche, le photographe témoigne de son attachement pour sa région, sa terre natale. Il rend aussi compte de sa relation intimiste avec la peinture et la poésie. Explications.

   


Entre silence et recueillement, en quoi consiste votre démarche et pourquoi avoir choisi la photographie comme mode d’expression ?
Ma rencontre très jeune avec le photographe et sculpteur Michel Sima fut sans doute décisive dans le choix de la photographie comme mode d’expression. Je me retrouvais de suite immergé dans son monde artistique, qui avait été un des photographes des artistes de l’école de Paris et celui de Picasso en 1946 au château Grimaldi, à Antibes. J’ai été son assistant pendant cinq ans et j’ai appris de lui une certaine exigence.
J’ai aussi hérité de sa solitaire intransigeance. Plus tard, j’ai eu la charge de la gestion de son fonds photographique avec son fils Pierre, et je réalisais dans mon atelier les tirages de collection de ses portraits d’artistes. Mon penchant naturel vers l’introspection et la réminiscence fut perceptible dès mes premières images. Ce sentiment continue aujourd’hui encore à irriguer mon travail photographique. Comment retranscrire ces sentiments, ces émotions, ces sensations en images et que l’autre puisse les recevoir, voilà ce qui détermine mon travail.
Vous suivez la nature, la flore, au rythme des saisons. Pourquoi avoir choisi ce thème si récurrent qui jalonne l’ensemble de votre œuvre ?

   


Cet attachement profond à la nature, qui pour moi est essentiel au quotidien, marque surtout dans ma création une distance avec l’art du concept ou celui qui relève plus de l’anecdotique, de l’artifice. Ma photographie oscille en permanence entre une certaine abstraction et la figuration, du moins c’est comme cela que je la perçois. Mais la nature, au-delà de la représentation du réel que la photographie appelle souvent, sert, chez moi, de prétexte à un questionnement, à une interrogation sur notre manière d’être au monde… J’aime le silence, la solitude, les grands espaces et j’ai envie d’en partager l’émotion.
Comment procédez-vous pour composer vos paysages ?
C’est d’abord par la lumière que les choses démarrent, c’est elle qui chez moi déclenche la photographie. Après vient le choix du cadrage, là intervient la composition, mon regard fait le tour du viseur de l’appareil pour faire un choix de cadrage d’une extrême précision. Mais la question n’est pas tant celle du paysage, ni de sa beauté, mais d’essayer d’en montrer l’au-delà : l’au-delà du paysage, l’au-delà du motif. Je n’ai pas la sensation de photographier un paysage, le paysage c’est un concept, une construction pour nous rassurer.
C’est le cadre qui définit un paysage, mais ce que j’essaie de faire dans mes paysages, c’est justement de donner la sensation d’infini, que mes photographies ne s’arrêtent pas à leurs bords, qu’elles pourraient s’étendre indéfiniment, que l’on ait la sensation que l’on pourrait s’y perdre et s’y fondre. Ce que je donne à voir doit aussi pouvoir suggérer la notion d’un temps indéfini, sans âge. J’évite tout ce qui pourrait donner un repère, un signe, j’aime rester dans ce hors temps, comme si les choses pouvaient durer toujours.
Il y a peu de présences humaines dans mes images, ma photographie ne raconte rien sur le social, mais elle parle de l’homme, de ses sensations et de ses perceptions.
Pourquoi avez-vous tendance à n’utiliser que le noir et blanc ?

   


J’ai débuté naturellement par la photographie argentique noir et blanc. Et maîtriser la technique, du développement au tirage, m’a permis de faire mes premières expérimentations sur le contraste, dès 1983. J’ai rapidement pressenti le potentiel graphique de ce médium, j’allais jusqu’à produire de grands aplats de blanc totalement immaculés. Je n’avais pas encore saisi qu’il fallait un peu plus de mesure et de subtilité dans la matière photographique.
C’est peut-être, paradoxalement, en découvrant le travail de Mario Giacomelli, au milieu des années 1990, que j’ai commencé à réaliser que cela n’était qu’un artifice : il fallait que je traite mes images autrement. J’ai compris alors qu’un simple glissement des valeurs du noir et blanc du sujet photographié suffisait à créer l’énigme, à troubler, à questionner : ce que je vois, est-ce bien ce que je vois ? A ce moment-là, l’eau est devenue de la lave, une ombre sur une pierre, la pierre même, un rocher une peau, une peau un rocher, un ciel une galaxie… et c’est devenu pour moi le cœur de la poésie en photographie.
En regardant vos photographies, on pense à Mario Giacomelli. Comment expliquez-vous cette « affinité » ?
C’est sa grande liberté créatrice qui m’a le plus touché, et surtout permis de m’affranchir de certaines règles et conventions et de donner plus de sens à mon travail. Pour Mario Giacomelli, la photographie n’était qu’un médium au service d’une écriture poétique. La technique ne l’intéressait pas. Il transgressait les règles élémentaires de l’éthique photographique, ne travaillait qu’au flash, griffait ses négatifs, les superposait, utilisait la mise en scène avec toutes sortes d’oiseaux factices, et ce, pour approcher au plus près de ses fantasmes. C’est tout cela qui m’a permis de prendre conscience que la technique n’était pas l’essentiel, et que ma sensibilité rejoignait tout à fait la vision de Mario Giacomelli sur le monde.
Mais au-delà de la photographie, il y a l’homme qui me touche plus particulièrement, attaché à sa terre de Senigallia [province d’Ancône, en Italie] de laquelle il n’est que très rarement parti, cette terre qui lui a permis de faire une œuvre primordiale. Il y a aussi, chez lui, ce rapport intime à la peinture et à la poésie, qui me parait essentiel.
Je travaille à des projets de livres ou d’expositions, avec des peintres et des écrivains. Cette collaboration a été initiée avec des auteurs dans mon livre Le Pays d’en haut [Les éditions du Chassel, 2011], puis actuellement dans des livres d’artistes avec des poètes contemporains*. J’ai aussi exposé avec le peintre Alexandre Hollan, en 2013 et 2015, et maintenant au GAC en juillet, jusqu’au 8 octobre.
* Le livre d’artistes intitulé Présences avec le peintre Alexandre Hollan et le poète Daniel Kay doit paraître cet automne aux éditions du Bourdaric.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Les chanteuses capverdiennes se sont produites lors de la 23e édition du festival, qui s’est ouverte le 9 juillet.
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Lucibela et Mayra Andrade illuminent Les Suds à Arles

Les chanteuses capverdiennes se sont produites lors de la 23e édition du festival, qui s’est ouverte le 9 juillet.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h46
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 08h10
    |

                            Patrick Labesse (Arles)








                        



   


« Je chante la musique traditionnelle capverdienne ». Deux trois mots, osés en français, pour se présenter, un sourire timide, et Lucibela, née en 1986 à São Nicolau, l’une des îles de l’archipel sahélien, se met à chanter. Comme elle l’a toujours fait, dans les bars, les clubs ou la rue des îles du Cap-Vert. Avec une joie simple et sans chichis.
Invitée par le festival Les Suds à Arles, dont la 23e édition s’est ouverte le 9 juillet, elle se produit le 10 en début de soirée, dans le cadre intimiste de la cour de l’Archevêché. Les musiciens assis l’accompagnent, avec une belle délicatesse (notamment le guitariste Aldair Lima Da Costa Neves). D’une voix douce et nuancée, la chanteuse enchaîne mélancoliques mornas et pétillantes coladeiras, les deux genres musicaux que Cesaria Evora (décédée le 17 décembre 2011) a su faire aimer au monde. Le répertoire de Lucibela provient essentiellement du premier album de la chanteuse, Laço Umbilical, paru en février sur le label Lusafrica, créé par José Da Silva, découvreur et producteur de Cesaria Evora.

« Je suis capverdienne et je vais vous interpréter un “funana” des années 1980 ». Invitée de Gilberto Gil, qui ouvrait, peu après 22 heures, la première des soirées au théâtre antique du festival, Mayra Andrade lance l’énergique Compasso Pilom. C’est une composition de Bulimundo, un groupe formé en 1978 (trois ans après l’indépendance du Cap-Vert), pionnier de la rénovation de ce genre rural. La chanteuse tient en main le « ferrinho », l’indispensable bout de fer, vigoureusement gratté au couteau, qui assure le tempo de ce style nerveux, joué à l’accordéon (« gaita », au Cap-Vert), emblématique de l’île de Santiago, la plus « africaine » de l’archipel, celle de sa capitale, Praia.

   


Une énergie solaire
Frétillant comme un jeune homme, Gilberto Gil (76 ans) est sous le charme. La fièvre monte dans le théâtre antique quasi plein (pas loin de 2 500 spectateurs). Dehors, les klaxons fêtent la victoire de l’équipe de France en demi-finale du Mondial de football ; ici on célèbre les 40 ans de Refavela, l’un de ses albums les plus irrigués de sa revendication de négritude, paru l’année où il participait au Festac77, festival des arts et de la culture noirs, organisé à Lagos, au Nigéria.

Quelques heure avant ce concert où elle reprenait également deux ou trois titres de Refavela et participait aux chœurs, Mayra Andrade clamait son bonheur. « J’ai conscience de faire une tournée avec quelqu’un qui a pour moi la dimension de Fela Kuti ou Bob Marley. » Après cette aventure, la chanteuse reprendra le cours de ses affaires personnelles, avec la sortie d’un nouvel album, Manga, enregistré entre Abidjan et Paris (parution prévue en octobre, chez Sony). lnstallée à Lisbonne depuis bientôt trois ans, comme Lucibela, qui est venue y vivre en quittant le Cap-Vert, après quatorze années à Paris, Mayra Andrade dit trouver une énergie solaire à cette ville, « où l’on n’a pas besoin que tout soit sur la table pour faire un bon repas. On se débrouille avec ce qu’il y a ».

Les Suds à Arles, jusqu’au 15 juillet. Avec Alba Molina, Aman Doktor/Djam Live (Tony Gatlif), Xylouris White, Altin Gün… le 12 ; Trio Joubran, Puerto Candelaria, 47Soul… le 13 ; Love I Obey (Rosemary Standley), Yom & The Wonder Rabbis, Cannibale… le 14. www.suds-arles.com
Lucibela en concert au festival Rhizomes à Paris (Square Rachmaninov) le 14 juillet, au festival Là c’est de la musique à Avignon (Vaucluse) le 15, aux Mardis de l’été à Nérac (Lot-et-Garonne) le 17, à Eclats – Festival de la Voix à Dieulefit (Drôme), au New Morning à Paris le 29 novembre.
Mayra Andrade en tournée en octobre dont le 23 au festival Worldstock, aux Bouffes du Nord, à Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. Christian Vincent orchestre un jeu de dupes qui fait référence aux deux princes de l’arnaque sentimentalo-financière, Ernst Lubitsch et Billy Wilder (sur Ciné+ émotion à 20 h 45).
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TV – « Quatre étoiles » : sérénade à trois sur la Côte d’Azur

Notre choix du soir. Christian Vincent orchestre un jeu de dupes qui fait référence aux deux princes de l’arnaque sentimentalo-financière, Ernst Lubitsch et Billy Wilder (sur Ciné+ émotion à 20 h 45).



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h30
    |

                            Jean-Luc Douin








                        


Film sur Ciné+ émotion à 20 h 45

Sur son lit de mort, une vieille femme fait son testament. Brève mais tonique introduction, teintée d’un mauvais esprit à la Etienne Chatiliez, où l’agonisante commente la philosophie de l’héritage avec un cynisme qui donne le ton de cette comédie mal pensante. Quatre étoiles est un divertissement irrespectueux sur le profit à tirer des gens fortunés quand on est fauché.
Franssou (Isabelle Carré), nièce de la défunte et orpheline, est légataire universelle. Elle empoche l’argent en liquide et décide de prendre une année sabbatique pour claquer ses 50 000 euros sur la Côte d’Azur. C’est au Carlton de Cannes qu’elle rencontre Stéphane (José Garcia), beau parleur, tour à tour prétendu bras droit d’Elton John et agent immobilier, en fait mythomane, escroc piteux, joueur de poker à dettes.
Franssou est-elle la proie et Stéphane le prédateur ? Pas si simple. Car, avec son coscénariste Olivier Dazat, Christian Vincent orchestre un jeu de dupes qui fait référence aux deux princes de l’arnaque sentimentalo-financière Ernst ­Lubitsch et Billy Wilder. Si, dans un premier temps, Stéphane tente de s’octroyer le magot de Franssou, l’intrigue va se révéler à double fond, et l’oie blanche se dévoiler en petite canaille.
Eblouie par la haute société
Quatre étoiles est l’histoire d’un usurpateur d’identités terrorisé à l’idée d’être démasqué, mais aussi celle d’une épicurienne éblouie par la haute société et impatiente de mettre le grappin sur l’homme qui, côté cœur comme côté portefeuille, s’avérerait un complice idéal.
On retrouve là l’esprit de La Baronne de minuit, Haute pègre, ­Certains l’aiment chaud, en même temps qu’un certain nombre de situations dont Lubitsch et ­Wilder firent leurs délices. Le rôle du téléphone, grâce auquel Stéphane fait surveiller Franssou par un ami quand elle dîne aux chandelles avec un concurrent. Le rôle des portes : celle où Stéphane laisse un écriteau (« Finalement je reste là ») destiné au garçon d’étage venu récupérer ses bagages et qui ne sait pas qu’une femme – présente dans la chambre – a motivé ce revirement.
Car comme dans The Shop Around the Corner, d’Ernst Lubitsch, la jolie blonde a besoin d’un tiers pour forcer Stéphane à assumer son désir : ce sera René (François Cluzet), le pigeon auquel le couple sans scrupule cherche à vendre une villa qui ne lui appartient pas, et qui en pince pour elle. Franssou inverse les rôles. Dans sa chambre, elle a subi l’intrusion de l’escroc venu prouver que les murs ne garantissent aucune intimité. Lorsqu’elle consent un prêt, c’est un contrat qu’elle exige : s’imposer chez lui, le suivre comme son ombre – un pacte mi-main au collet, mi-bague au doigt.
La comédie qu’elle lui joue en faisant mine d’être prête à tomber dans les bras de René est une « sérénade à trois ». Elle se sert du gogo pour obliger Stéphane à passer à l’acte, à savoir trouver les mots pour enfin avouer qu’il est amoureux d’elle. Car Stéphane est aussi à l’aise dans le baratin qu’empoté dans le langage sentimental.

   


A chaque comédie coquine, ses sous-entendus. Dans La Huitième Femme de Barbe-Bleue, de Lubitsch, l’achat d’un pyjama était détonateur de l’idylle, Gary Cooper achetant le haut et Claudette Colbert le bas. Plus terre à terre, Isabelle Carré déclare ici à José Garcia que c’est sur son corps qu’elle a caché sa fortune, et qu’il n’a qu’à chercher. Autre message du film, hitchcockien celui-là : les hommes sont timides, et les blondes prêtes à mêler le crime et l’étreinte.
Quatre étoiles, de Christian Vincent. Avec José Garcia, Isabelle Carré, François Cluzet (Fr., 2006, 106 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le documentaire est un consternant amoncellement de lieux communs et de formules attendues sur « Frisco » (sur France 5 à 23 h 35).
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TV – « Métropoles du monde, San Francisco » : encombrements de poncifs

Le documentaire est un consternant amoncellement de lieux communs et de formules attendues sur « Frisco » (sur France 5 à 23 h 35).



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur France 5 à 23 h 35
La saison morte n’a pas encore vraiment commencé que, déjà, France 5 ressert aux spectateurs restés au frais devant leur télévision des produits de seconde main sortis du garde-manger à rediffusions. C’est le cas de ce numéro de la série britannique Métropoles du monde dévolu à San Francisco, sorti en 2015 et diffusé sur France Télévisions en 2017. Son propos ressemble à un banal film documentaire pour collégiens qui éluderait tout sujet un peu dérangeant (la drogue, les beatniks, les gays, etc.).
Comment peut-on éviter un sujet socioculturel aussi central que le San Francisco des années 1970, où se jouèrent tant de combats pour les libertés individuelles, où un conseiller municipal fameux, l’activiste Harvey Milk, fut assassiné en 1978 ? « A San Francisco, on peut être soi-même », dit un commentateur. Mais à quel prix !
L’histoire de la ville, depuis sa fondation, au moment de la ruée vers l’or, en 1848, est narrée par un commentaire bourré de formules faciles et téléphonées, illustrée par des images de synthèse et, terrible engeance du documentaire du XXIe siècle, par des scènes reconstituées sur le mode docufiction.
Ruée vers l’or et burritos
Ainsi, au cas où on ne l’aurait pas compris, quand la boulangerie du Français Isidore Boudin flambe lors du terrible incendie que provoqua le tremblement de terre du 18 avril 1906, on nous montre une vieille boulangerie, des flammes et, oh ! audace cinématographique, un sac de farine qui tombe à terre. On nous parle des colons venus faire fortune à partir de la ruée vers l’or de 1848, du cimetière de bateaux qui servit à l’agrandissement de la ville. Et des burritos du quartier mexicain, des chop suey de Chinatown. Car, rappelle l’inénarrable narrateur : « La cuisine d’une ville en dit long sur l’histoire de ses habitants. »
Autres incontournables : les rues fortement pentues de la ville, paradis des skateboarders. A la fin de cette séquence, le commentaire annonce : « C’est bien joli de descendre, mais maintenant il faut remonter ! » Et, devinez quoi ? Place au célèbre tramway de la ville. Et ainsi de suite. Il y a des jours où l’on a honte pour son service public.
Métropoles du monde : San Francisco, de Neil Ferguson et Mark Bates (GB, 2015, 44 min).



                            


                        

                        

