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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ « Roulette russe », épisode 29. Aujourd’hui, Eddy Fleck vous raconte un monde dans lequel Benjamin Pavard n’aurait pas marqué contre l’Argentine.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : Qu’aurions-nous fait sans Benjamin Pavard ?

« Roulette russe », épisode 29. Aujourd’hui, Eddy Fleck vous raconte un monde dans lequel Benjamin Pavard n’aurait pas marqué contre l’Argentine.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h39
   





                        


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.

   


France-Argentine. 57e minute du jeu. Lucas Hernandez centre au deuxième poteau sur Benjamin Pavard qui tente sa chance. La demi-volée du latéral droit s’envole en tribunes et fait valser le paquet de cocaïne de Diego Maradona. Les Argentins tiennent le score et s’imposent 2-1. Les Bleus sont éliminés de la Coupe du monde. En France, l’insécurité grimpe en flèche avec une multiplication d’agressions dans les lieux publics sur des individus aux cheveux bouclés.
Le rappeur Booba publie une photo Instagram de Karim Benzema avec la légende « eh ouais frérot, sans toi c’est plus compliké ». Dans les émissions télévisées, on demande la démission de Didier Deschamps et la nomination de Pascal Dupraz pour recadrer cette génération immature. Pascal Dupraz réagit immédiatement et publie sur Twitter le message : « Pourquoi pas ? – PD » aimé par le compte « Equipe de France ». C’est le début de la fin. Dans la foulée, les représentants du Rassemblement national réclament le vote d’une loi imposant un quota de joueurs blancs au sein du onze de départ. Adrien Rabiot approuve. Déconcentré, Ousmane Dembélé perd ses moyens et se fait virer du Winchester FC. La valeur de Kylian Mbappé chute et le Paris-Saint-Germain accepte une offre de six millions d’euros en provenance de Norwich.
France-Argentine. 57e minute du jeu. Lucas Hernandez centre au deuxième poteau sur Benjamin Pavard qui tente sa chance. La demi-volée du latéral droit se loge dans la lucarne opposée. L’équipe de France est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Dimanche, elle jouera la troisième finale de son histoire. Pour une fois que la réalité est plus belle que la fiction.

Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs
Episode 8: pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Episode 9 : pourquoi il y a toujours un drapeau algérien dans un stade
Episode 10 : pourquoi l’Antarctique est le grand absent du tournoi
Episode 11 : pourquoi il n’est pas raisonnable d’aimer à la fois Lionel Messi et Cristiano Ronaldo
Episode 12 : pourquoi on peut suivre la Coupe du monde sans aimer le foot 
Episode 13 : pourquoi le dopage n’existe pas dans le football
Episode 14 : pourquoi 0-0 est le score parfait
Episode 15 : pourquoi le match Panama-Tunisie sera l’événement du soir
Episode 16 : pourquoi j’ai renoncé à la nationalité française durant la Coupe du monde
Episode 17 : comment échapper à un mariage le jour de France-Argentine ?
Episode 18: pourquoi les statistiques sont indispensables au football
Episode 19 : pourquoi les joueurs brésiliens choisissent-ils leur nom de famille ?
Episode 20 : comment expliquer la Coupe du monde à son enfant
Episode 21 : comment briller en société en parlant football ?
Episode 22 : pourquoi il faut croire en Dieu avant France - Uruguay
Episode 23 : pourquoi cette équipe de France ne me fait pas rêver
Episode 24 : pourquoi les footballeurs sont des gens bien, finalement
Episode 25 : comment noter les joueurs ?
Episode 26 : pourquoi le football ne me manque absolument pas
Episode 27 : Pourquoi j’irai suivre France-Belgique à Armentières
Episode 28 : La Coupe du monde est-elle surcotée ?





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Il y a tout juste vingt ans, après la victoire de l’équipe de France en Coupe du monde de football, les foules ont envahi les rues.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Archives. Le journaliste du « Monde » Pierre Georges revient, la veille de la finale opposant les Bleus aux Brésiliens, sur l’état d’esprit qui règne alors dans la population.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 1998 : « Comme qui dirait un phénomène de société ! »

Archives. Le journaliste du « Monde » Pierre Georges revient, la veille de la finale opposant les Bleus aux Brésiliens, sur l’état d’esprit qui règne alors dans la population.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h45
    |

                            Pierre Georges








                        


A l’occasion de la Coupe du monde de football 2018 en Russie, Le Monde republie des articles parus en 1998, lors de la première Coupe du monde remportée par les Bleus, à Paris.
13 juillet 1998
Ça s’est passé un dimanche, un dimanche au bord de l’eau ! Le Stade de France n’est pas tout à fait une guinguette échouée le long du canal de Saint-Denis. Et pourtant il y a dans le pays comme une envie de chanson pour la belle équipe.
Voilà, nous y sommes. Le jour de Coupe est arrivé ! Et il est un peu dur à imaginer ce dimanche de juillet si particulier où tout sera folie et football, messe et football, famille et football, chants et football, danses et football, drapeaux et football, femmes et football. Et tout ce que l’on voudra, car cette folie-là n’est pas limitative.
La France se passionne pour la France. C’est une grande nouvelle et une petite surprise. Le temps y est au gris. L’humeur au tricolore. Le désir à la fête. Et, comme éberlués ou ronchons devant cette passion subite et joyeuse qu’ils ne peuvent plus ramener aux seuls débordements de la beauferie présumée ou du chauvinisme imbibé, les analystes dissèquent l’événement avec des gourmandises d’entomologistes. Comme qui dirait, un phénomène de société !

   


Gros bonheur précaire
Allons, pas de ces balivernes-là. La société existait avant. Elle existera après. Ni meilleure ni pire. Vivante et cloisonnée. Ouverte et injuste. Généreuse et oublieuse. Capable de s’émerveiller d’un si beau métissage et tout aussi capable d’en faire son plus absurde tourment. Le soufflé est sympathique, mais ne durera sans doute que ce que dure ce genre de montgolfière gastronomique.
Prenons plutôt ce gros bonheur précaire comme il vient et ce dimanche comme il devra être : l’envie d’une grande fête de la famille France, un instant guérie de ses plaies et fantasmes, l’envie de s’éclater, de rire, de chanter, de danser. Le siècle se finit et pourtant il y a dans tout cela une vieille France qui perdure, une jeune France qui renoue. Entre le jour de fête à la Jacques Tati ou à la Aimé Jacquet, sur fond de 14-Juillet anticipé, et le Jour de France qui se découvre, abasourdie, un sentiment national autre que celui des médiocres porteurs de haine.
Une revanche contre le discours dominant de crise, de chômage, de défiance au voisin
Une grande fête donc. Et ce n’est pas si mal, une fête populaire. C’est une autre grande découverte du moment : le peuple existe ! Et le peuple de tous ces jeunes notamment qui ont sauté sur ce Mondial comme sur une providence, une aubaine, une revanche contre le discours dominant de crise, de chômage, de défiance au voisin. Ils peuvent aimer le football, ne pas l’aimer du tout. Qu’importe le vecteur pourvu que le simple et fraternel bonheur d’être ensemble fasse danser les villes et leurs vies.
Ça s’est passé un dimanche. Et l’on n’ose imaginer ce que cela sera si, d’aventure, cette équipe de France qui leur ressemble tant, qui nous ressemble tant à être si contemporaine, décroche la timbale. Il faudrait qu’elle le fasse. Pas seulement pour sa propre légende ou pour la gloire de Mémé. Pas simplement pour inscrire leurs noms au bas d’un palmarès, déjà au bas d’un monument aux vivants. Il le faudrait aussi pour que cette joie-là demeure. Une nuit, un instant !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ L’Irlandais s’impose dans la sixième étape du Tour, devant Latour et Valverde. Victime d’un incident mécanique dans la dernière ascension, Romain Bardet a perdu du temps.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Un article très partagé sur les réseaux sociaux affirme que la victoire de la France en demi-finale pourrait être annulée. Il n’en est rien !
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Non, la FIFA n’envisage pas d’annuler la victoire de la France pour faute d’arbitrage

Un article très partagé sur les réseaux sociaux affirme que la victoire de la France en demi-finale pourrait être annulée. Il n’en est rien !



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h29
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


La Fédération internationale de football association (FIFA) envisagerait-elle d’annuler la victoire de la France pour faute d’arbitrage ? C’est en tout cas ce qu’affirme un article publié sur le site 24jours.com, partagé plus de 20 000 fois sur les réseaux sociaux après la demi-finale de la Coupe du monde 2018 France-Belgique (1-0).
« Les Français devraient retenir leur souffle et cesser de jubiler si tôt. Nous avons reçu des informations d’une source au sein de l’instance dirigeante du football que la FIFA envisage d’annuler la rencontre entre la France et la Belgique en demi-finales de la Coupe du monde en raison d’un mauvais arbitrage. »
Si la plupart des internautes ont compris que l’information était fausse, l’article a suscité de l’espoir dans les rangs de certains supporteurs belges.

   


Pourquoi c’est faux
Hélas pour nos amis d’outre-Quiévrain, la FIFA n’envisage pas « d’annuler la victoire de la France pour faute d’arbitrage » et cet article est une fausse information ! Et pour cause : le site 24jours, qui a publié cette « information », est… un site parodique (ce que nous signalons dans le Décodex). Le discret onglet « conditions d’utilisation », situé dans la rubrique « à propos » du site, précise que « les informations obtenues à partir de 24jours sont seulement à titre de divertissement » et que « tous les personnages (…) sont entièrement fictifs ».
« L’information » n’en est donc pas une, et l’équipe belge ne disputera bien que le match de petite finale, en vue d’une troisième place.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Le Tour avait déjà modifié sa date et ses horaires pour limiter les chevauchements avec le Mondial. Mais le succès des Bleus balaie tout sur son passage, et oblige les cyclistes à causer ballon rond.
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Dans l’ombre de la Coupe du monde, le Tour de France s’adapte et les coureurs subissent

Le Tour avait déjà modifié sa date et ses horaires pour limiter les chevauchements avec le Mondial. Mais le succès des Bleus balaie tout sur son passage, et oblige les cyclistes à causer ballon rond.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h51
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Brest)








                        



   


Par quelque sens qu’on la prenne, la liste de départ du Tour de France ne porte décidément aucune trace de ces « DD », « Mbappé » ou « Pavard » peints dans le dernier kilomètre de l’arrivée de la cinquième étape du Tour de France, à Quimper. Mais il faut croire que même les artistes peintres de la départementale 39 avaient la tête à Saint-Pétersbourg, mercredi 11 juillet, au lendemain de la qualification de l’équipe de France pour la finale de la Coupe du monde.

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Le Tour vit, depuis qu’il s’est élancé samedi de Vendée, avec l’étrange sentiment de ne pas être au centre de l’attention du pays, ce qui ne lui arrive pas si longtemps en ce mois de juillet où l’actualité prépare ses congés. La France le regarde par habitude, et les audiences ne souffrent pas vraiment, dépassant les deux millions de téléspectateurs en moyenne chaque jour. Mais il semble qu’elle n’ait pas vraiment la tête à ça. Le pays a plongé dans une douce euphorie depuis vendredi 6 juillet, et ce n’était pas forcément parce que le Tour s’élançait le lendemain.
Sans doute se dit-il qu’il sera bien temps, quand la fête sera finie, de s’intéresser à cette course dont l’intérêt tient aussi à la longueur. Mardi 17 juillet, quand le Tour entrera dans le dur, dans les Alpes, l’ivresse de la victoire ou de la déception sera cuvée. Avec un peu de chance, Romain Bardet fera durer le vertige ; et si Christopher Froome écrase la course, la France lui pardonnera plus facilement depuis qu’elle a vu l’Angleterre perdre ses illusions en prolongation de la demi-finale.

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« Surreprésentation de drapeaux français »
Parce que le Tour n’a d’autre choix que de jouer la carte du rayonnement de la France – il n’existe que parce que l’Etat et les collectivités locales le tolèrent –, les organisateurs ne se plaignent pas : « Je n’ai qu’une chose à leur dire désormais, c’est : finissez le boulot ! », s’amuse Christian Prudhomme, le directeur du Tour qui, de sa voiture rouge ouvrant la course, observe « une surreprésentation de drapeaux français sur le bord de la route » et de pancartes associant le Tour aux Bleus de Didier Deschamps. « Que l’on soit touché un peu sur les audiences, ça ne me pose pas de problème. Si c’est pour que la France gagne la Coupe du monde, on s’en réjouit tous. »
Les dernières fois que l’équipe de France a atteint la finale de la Coupe du monde, le Tour l’a payé cher : en 2006, son vainqueur Floyd Landis a été contrôlé positif et destitué ; en 1998…
Lorsqu’on lui demande si on peut souhaiter au Tour une nouvelle affaire Festina pour exister face au Mondial, Christian Prudhomme s’en sort par une pirouette : pour lui, juillet 1998, c’est la naissance de son enfant et la victoire des Bleus. Il éclate de rire : « Ça vous va comme réponse ? »

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Le Mondial perturbe le parcours
Cela fait déjà un an que la Coupe du monde en Russie perturbe les plans du Tour. Le détail donne une idée de la complexité de l’organisation de l’épreuve. A l’origine, le Tour de France 2018 devait :
s’élancer le 30 juin ;quitter l’île de Noirmoutier par le très photogénique passage du Gois ;rendre hommage au centenaire de l’Armistice en faisant partir l’étape des pavés du Nord près de la clairière de Rethondes, à Compiègne (comme Paris-Roubaix) et non Arras ;finir par une étape en ligne au Pays basque puis un contre-la-montre à Pau, et non l’inverse.
Le report d’une semaine, décidé par l’Union cycliste internationale en raison de la concurrence de la Coupe du monde, a bousculé le programme.
Le 7 juillet à midi, la marée était haute et le passage du Gois impraticable ;le 15 juillet, l’étape a dû être raccourcie et partir d’Arras en raison de la finale du Mondial à 17 heures ;le 28 juillet, l’étape en ligne au Pays basque n’était plus possible en raison de l’absence d’hébergements dans la région, en concurrence avec les fêtes de Bayonne.
Dimanche, l’étape des pavés, qui devrait être l’un des temps forts du Tour, risque d’être singulièrement obscurcie par l’organisation de la finale du Mondial. L’arrivée est prévue à 16 h 20 environ, et Amaury Sport Organisation (ASO) espère que les Français se colleront devant la télévision dès 14 heures pour monter en pression avec du vélo avant le football.
Dès la fin de la demi-finale des Bleus, Christian Prudhomme a appelé Laurent-Eric Le Lay, directeur des Sports de France Télévisions, pour savoir s’il souhaiterait faire avancer un peu le départ de l’étape – ce qui confirme, si besoin était, le poids de la télévision dans l’organisation du Tour. Mercredi matin, les deux hommes sont convenus que le programme resterait tel quel.
Le vainqueur de l’étape de Roubaix, pour fantastique qu’elle soit, sera inévitablement oublié, victime de la jurisprudence dite Tauziat-Calzati, du nom de la joueuse de tennis finaliste de Wimbledon pendant la Coupe du monde 1998 et du cycliste vainqueur d’étape à Lorient le jour de la finale France-Italie en 2006.

Taquineries
Faut-il décaler le Tour d’une semaine supplémentaire tous les deux ans, afin que le chevauchement ne dure qu’un seul week-end, comme durant la Coupe du monde 1998 ? Impossible en année olympique, lorsque les Jeux d’été commencent une semaine après l’arrivée du Tour, avec l’épreuve de cyclisme. Compliqué le reste du temps, car cela bousculerait considérablement le reste d’un calendrier cycliste qui, à partir de juin, est conçu autour de la Grande Boucle. « On pourrait y réfléchir car, pour l’image, ce serait mieux que ce ne soit pas en concurrence », estime Vincent Lavenu, soucieux des retombées médiatiques pour son sponsor français, dont 70 % se font au mois de juillet.
Chez ses coureurs, nulle jalousie envers les footballeurs, assure le patron de Romain Bardet, même si les cyclistes adorent taquiner ces sportifs qui gagnent mieux en travaillant moins. La tendance des footballeurs à exagérer leurs douleurs et l’application parfois décontractée, par la FIFA, de la lutte antidopage, en agace beaucoup.
« Pas franchement envie de parler de football »
Cela n’a pas empêché une grande partie des journalistes belges et français de passer les trois premiers jours du Tour à demander leurs pronostics aux cyclistes des deux pays, quand bien même ils ne nourrissaient aucune passion pour la chose. Quitte à engendrer des situations gênantes, comme lorsqu’un reporter a demandé mardi au Belge Dimitri Claeys, repris à deux kilomètres de l’arrivée avec ses compagnons d’échappée français, s’ils avaient parlé de la demi-finale. Réponse lapidaire du Flamand : « Oui, on a parlé de football pendant 200 kilomètres, alors qu’il faisait 35 degrés, on n’a fait que parler de la tactique du match de ce soir. » 

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Français dans une équipe belge, le Normand Guillaume Martin avait malheureusement pour lui le profil idéal pour être abordé sur l’air du “Alors, ça chambre ?” : « C’est essentiellement pour cela qu’on est venu me voir depuis samedi, j’ai eu une cinquantaine de questions sur le sujet. C’est parfois un peu énervant car on est focalisé sur ce que l’on fait et, pour nous, le Tour est la chose la plus importante, et de loin. Il y a parfois de quoi être un peu exaspéré. Hier [mardi], je venais de perdre une minute vingt secondes dans une chute, je n’avais franchement pas envie de parler de football. »
Il faudra vivre avec ce sentiment de voyager en seconde classe au moins jusqu’aux Alpes, qui commencent mardi. Pour une fois, les coureurs et ceux qui les questionnent partagent quelque chose : si vous lisez cet article exclusivement sur Internet, c’est qu’il n’a pu se frayer une place dans le journal, entre deux articles sur les Bleus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Archives. Abasourdis autant qu’heureux, les vingt-deux de l’entraîneur Aimé Jacquet ont du mal à prendre conscience qu’ils viennent d’offrir à la France sa première Coupe du monde.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 1998 : « Finalement, on est peut-être de grands joueurs »

Archives. Abasourdis autant qu’heureux, les vingt-deux de l’entraîneur Aimé Jacquet ont du mal à prendre conscience qu’ils viennent d’offrir à la France sa première Coupe du monde.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h14
    |

            Benoît Hopquin








                        



   


A l’occasion de la Coupe du monde de football 2018 en Russie, Le Monde republie des articles parus en 1998, lors de la première Coupe du monde remportée par les Bleus, à Paris.
14 juillet 1998
Qu’elle fut longue à venir, cette Coupe du monde ! Le protocole était interminable, avec ses remises de médailles et ses poignées de main. Le cérémonial lambinait. Le trophée était négligemment posé sur l’estrade sans que personne ne s’en occupe. Qu’attendaient-ils pour le donner ? Enfin, Didier Deschamps s’est hissé sur l’estrade. Jacques Chirac lui a remis la babiole. Il l’a brandie, comme quinze capitaines avant lui. Mais c’était Deschamps. Mais c’était la France. La France, championne du monde.
Qu’elle fut longue à revenir… Soixante-huit ans que le pays l’attendait. Soixante-huit ans que Jules Rimet, le fondateur de l’épreuve, embarquait pour l’Uruguay à bord du Conte-Verde avec dans ses bagages une victoire ailée en or à remettre au vainqueur de la première Coupe du monde de l’histoire. La compétition avait grandi. Elle était devenue une comète qui secouait la planète tous les quatre ans. Le trophée prodigue revenait à la maison, enfin son successeur. Il était différent, plus beau, magnifié par ses pérégrinations et sa fabuleuse histoire.

        Vingt ans plus tard :
         

          Avant France-Belgique, les cinq précédentes demi-finales des Bleus au Mondial



« Notre génération a réalisé ce que les autres n’ont pu faire », estimait Bernard Lama. « La coupe restera là, elle ne partira pas, c’est ce qu’on voulait tous », affirmait Zinédine Zidane. Le meneur de jeu de l’équipe de France a fait ce qu’il fallait pour la retenir. « Il nous a apporté la lumière », laissait échapper Aimé Jacquet. Ses deux buts ont scellé en une mi-temps la partie et l’avenir du trophée pour les quatre ans à venir. Deux coups de tête, deux pierres apportées à sa stèle pour l’éternité. Cela suffisait pour être champion du monde.
« Un scénario presque parfait »
« A la limite, ce match a été trop facile, assurait Lilian Thuram. Tout s’est passé comme ça se passe seulement dans les rêves. » Marcel Desailly jugeait, lui, que les Brésiliens avaient été « décevants ». Bixente Lizarazu évoquait le « scénario presque parfait ». Frank Lebœuf, le pieux, savait que tout était déjà écrit : « On a un destin. Il est tracé. Pour moi, il est heureux. » Stéphane Guivarc’h ne voyait encore qu’« une délivrance ». Youri Djorkaeff considérait simplement que « le travail avait été accompli ». A chaque fois transparaissait dans le discours rabat-joie la même interrogation incrédule. Etait-ce si simple d’entrer dans l’histoire ?

   


Vingt-deux antihéros menés par un M. Tout-le-Monde auraient donc hissé la France sur « le toit du monde », pour reprendre l’expression de Didier Deschamps. C’est du moins ce que voulaient laisser croire les intéressés à la sortie du vestiaire. Etait-ce la modestie qui leur donnait cette retenue dans le propos, ou plus simplement l’incapacité des mots à capturer la foule de sentiments qui les assaillaient ? « Je ne sais pas où je suis », jurait Emmanuel Petit après avoir été partout sur le terrain. Et s’ils parlaient tous comme Youri Djorkaeff du « plaisir de faire plaisir aux gens », c’est qu’il n’arrivait pas à partager cette extase qui traversait le pays. « On le savourera demain », espérait Zinédine Zidane. « Il faut prendre du recul. Après les vacances, peut-être », pronostiquait plutôt Emmanuel Petit. « On aura toute la vie pour s’en rendre compte », préférait philosopher Bixente Lizarazu.

        Vingt ans plus tard :
         

          Après la qualification des Bleus, « une saveur de 98 » s’empare des rues de France



Un rituel plus qu’une fête
Comment dire l’indicible ? Longtemps après le match, longtemps après des embrassades convenues et un tour d’honneur presque machinal, les joueurs tentaient de réaliser ce que cette victoire avait de particulier dans leur carrière. Frank Lebœuf, seul dans le rond central, regardait, regardait, les yeux grands ouverts, pour essayer de comprendre. Thierry Henry est revenu sur la pelouse avec un téléphone portable pour tenter de partager avec son interlocuteur cette émotion à nulle autre pareille. Dans le vestiaire, Emmanuel Petit a pris une chaise et s’est isolé dans les douches, sans plus arriver à cerner ce qui se passait au fond de lui-même. « Ça a quelque chose d’irréel », assurait-il.
Les chants ont fusé, le champagne a coulé, mais cette fête avait, pour la première fois depuis le début de la Coupe du monde 1998, quelque chose de factice. Ce n’était qu’un rituel, un réflexe conditionné d’après-match. Les joueurs étaient abasourdis. Aimé Jacquet l’était autant qu’eux, se réfugiant derrière des formules de technicien. La seule tentative osée de la soirée appartiendra finalement à Mario Zagallo, son alter ego : « J’espérais passer sous l’arc du triomphe. Mais l’Arc de Triomphe appartient à la France. »
« C’est l’aboutissement de quatre ans de travail », estimait Youri Djorkaeff. Comme tout accouchement, cette Coupe du monde laissait un grand vide. L’équipe de France avait le baby blues. « Je suis presque déçu que ça se termine », exprimait Emmanuel Petit. Ce 12 juillet mettait un terme brutal à une aventure humaine exaltante qu’aucun d’eux n’avait jamais expérimentée et que la plupart ne connaîtraient plus dans leur carrière finissante.

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          les Bleus de 98 s’offrent une dernière messe



Alors les joueurs sont retournés une dernière fois se claquemurer à Clairefontaine, leur maison. Ils ont ignoré la foule qui les saluait et fêté, seuls avec leurs femmes, la fin d’une belle histoire. Demain, il sera temps d’aller parader sur les Champs-Elysées et de recevoir l’hommage de la nation reconnaissante. Ce soir, ils avaient envie d’être une dernière fois entre eux. Ces vingt-deux champions avaient déjà tellement en commun avant cette victoire. « Le football est un vecteur qui permet de gommer les différences raciales, sociales ou politiques », estime Didier Deschamps. Il peut faire plus que cela et amener des destins à s’entrechoquer.
L’équilibre avant la gloire
Les similitudes dans les trajectoires des joueurs de l’équipe de France sont frappantes. Ce sont pour la plupart des déracinés, des hommes dont l’existence s’est trouvée un temps en bascule. Le ballon leur a rendu leur équilibre bien avant de leur offrir la gloire. Si ces hommes n’ont pas tremblé, dimanche, c’est que leur parcours antérieur a forgé des caractères hors normes. S’ils se sont si bien entendu durant ce long voyage en groupe, c’est qu’ils avaient d’autres envies communes, d’autres défis à relever que le football.

        Vingt ans plus tard,
         

          la télé rediffuse France 1998



Ainsi d’Emmanuel Petit. Le joueur a dédié son match exemplaire à son frère, Olivier, décédé sur un terrain d’une rupture d’anévrisme, il y a onze ans. Comme chaque fois, le joueur s’est signé discrètement, dix secondes avant le coup d’envoi, en mémoire du disparu. Depuis longtemps, le football, qui le priva d’un des siens, ne suscitait plus chez Emmanuel que des sentiments mélangés. Le deuil fut long. Il s’est sans doute définitivement achevé sur ce but inscrit à la quatre-vingt-dixième minute.
Au début du match, Marcel Desailly a également pensé à son frère, Seth Adonkor, mort dans un accident de voiture, le 18 novembre 1984, vers Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Didier Deschamps, son compagnon de chambre au centre de formation de Nantes, l’homme dans les bras duquel il est tombé en premier ce dimanche, fut chargé de lui annoncer la terrible nouvelle. Après cela, Didier Deschamps pouvait brandir sans trembler une Coupe du monde. Ces événements tragiques plus que leur carrière commune ont rapproché les deux joueurs.
Le droit de pleurer
S’il est vrai que le football est une école de la vie, la vie peut aussi devenir une école de football. Cette Coupe du monde rattrapait chez ses vainqueurs bien des souffrances endurées. Alors, ils avaient le droit de pleurer de bonheur, sur la pelouse du Stade de France. « C’est la première fois que cela m’arrive », assurait Fabien Barthez. C’est la première fois qu’il était si haut.

        Vingt ans plus tard,
         

          récit d’une liesse populaire sur les Champs-Elysées



Ils ont pleuré donc, mais sans exubérance. Ils avaient battu (3-0) le Brésil, un monstre quatre fois détenteur du titre. Ils avaient joué vingt-cinq minutes à dix, après l’expulsion de Marcel Desailly, sans que les virtuoses auriverde parviennent à les faire ciller. Ils avaient la meilleure attaque (15 buts marqués) et la meilleure défense de la compétition (2 buts encaissés). Ils étaient qualifiés d’office pour l’édition 2002 et assurés d’en jouer le match d’ouverture. Ils étaient les héros de la France.
C’est vrai, cela faisait beaucoup de choses en même temps. Trop sans doute, même pour les caractères les mieux trempés. L’exploit leur semblait démesuré. « Finalement, nous sommes peut-être des grands joueurs », osait timidement Emmanuel Petit. Peut-être même des champions du monde.

On refait France 98
Episode 1: Pierre Issa, le Bafana bafoué
Episode 2 : Zidane, l’expulsion qui aurait pu tout changer
Episode 3 : Bernard Lama, le sens du collectif et du sacrifice
Episode 4 : Chilavert, la terreur des Bleus 
Episode 5 : Gianluca Pagliuca, le spécialiste qui n’a pas suffi
Episode 6 : Lilian Thuram, l’improbable doublé





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Dans cette Coupe du Monde 2018, c’est l’un des hymnes que l’on aura le plus entendu. Retour sur les origines de cette chanson à l’esprit typiquement britannique.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Retour en images sur la première victoire française en finale de la Coupe du monde, et la joie populaire qui a emporté le pays, ce mois de juillet 1998.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Le club marseillais reprend à la société Arema l’exploitation de l’enceinte, propriété municipale, au terme d’une négociation tendue.
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Football : l’OM arrache les clés du Stade-Vélodrome

Le club marseillais reprend à la société Arema l’exploitation de l’enceinte, propriété municipale, au terme d’une négociation tendue.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h57
    |

                            Gilles Rof








                        



   


L’Olympique de Marseille sera, à partir de l’automne 2018, le seul opérateur du Stade-Vélodrome, son temple de 67 000 places dont le club n’était jusqu’alors que locataire.
Le stade – officiellement rebaptisé Orange Vélodrome depuis la signature d’un contrat de nommage (naming, en anglais) par l’opérateur téléphonique – reste la propriété de la municipalité marseillaise. La société Arema, née pour gérer le partenariat public-privé (PPP) signé à l’occasion de la rénovation de l’Euro 2016 et qui exploitait le stade depuis son inauguration, cède ses fonctions à l’OM, mais reste détenteur du PPP. Arema, filiale du groupe Bouygues à sa création, est détenu depuis la fin de 2016 par Mirova, filiale de la banque Natixis (54,16 %), de la Caisse des dépôts (30,84 %), Bouygues (10 %) et la Caisse d’épargne Provence-Alpes-Corse (5 %).
L’information, révélée par La Provence, a été confirmée au Monde par plusieurs sources. Le protocole d’accord entre Arema et l’Olympique de Marseille sera signé jeudi 12 juillet lors d’une conférence de presse organisée par la municipalité et ouvrira une période de finalisation que l’OM compte boucler avant la fin d’octobre. Le club continuera à payer ses 5 millions d’euros de loyer fixe chaque année à la ville de Marseille – loyer contesté auprès du tribunal administratif par un élu d’opposition – et réglera également une sous-location annuelle à Arema. Le contrat court jusqu’à la fin du PPP, soit 2045.
Un objectif du président
La prise de contrôle du Stade-Vélodrome était un des objectifs affichés par le président de l’Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud, qui y voit un « levier de prospérité ». « C’est un tournant important dans l’évolution du projet OM », estimait-on, hier, au sein du club, mettant en parallèle le bail emphytéotique signé par le Paris-Saint-Germain pour le Parc des Princes ou la construction du Parc OL par Lyon. Lors de la saison 2016-2017, l’OM n’a engrangé que 14 millions d’euros de recettes de billetterie, alors que le PSG capitalisait plus de 40 millions d’euros. En récupérant l’exploitation du stade, le club marseillais compte surtout développer ses recettes annexes, notamment celles liées à l’organisation d’activités commerciales et d’événements tout au long de l’année. L’ouverture d’un Musée OM est déjà dans les cartons.
« Si l’on observe le top 20 du football européen, toutes les équipes possèdent leur stade ou en sont l’unique opérateur. On ne peut investir, appliquer la stratégie qui est la nôtre, sans contrôler le Vélodrome », explique régulièrement M. Eyraud, bras armé du propriétaire américain Frank McCourt. Pour parvenir à ses fins, le président marseillais est même allé jusqu’à menacer de construire un autre stade. « L’OM ne supportait plus du tout d’être en sous-location, s’estimait maltraitée. Elle reprochait à Arema de ne pas faire les efforts financiers nécessaires à l’amélioration du stade », explique un proche du dossier.
Un exemple parmi d’autres : la saison dernière, l’OM a souhaité réaliser une « zone remplaçants » à l’anglaise, qui remonte dans la tribune officielle et permet de commercialiser des places luxe au plus près des joueurs. A la lecture du devis d’Arema, Jacques-Henri Eyraud dit s’être étouffé, l’estimant largement surestimé. Le président de l’OM s’est également régulièrement ému de la qualité de la pelouse (la 16e de Ligue 1 selon le classement de la LFP), de l’éclairage (« qui met vingt-deux minutes à s’allumer »), et de la sonorisation du stade. « Nous ne sommes pas là pour assurer la rentabilité d’un fonds de pension », râlait-il encore en mai dernier.
Soutien de Jean-Claude Gaudin
La négociation a été compliquée. Dans le cadre du coûteux partenariat public-privé négocié par la Ville de Marseille et épinglé à plusieurs reprises par la chambre régionale des comptes, Arema était en position de force. Elle possède un contrat lui cédant l’exploitation du Stade-Vélodrome jusqu’en 2045, avec pour seule obligation de générer chaque année 12 millions d’euros de recette. 
Agacée par les sorties médiatiques du président Eyraud, la société a d’ailleurs annoncé qu’elle arrêtait toute négociation au début de juillet. Une position de principe, les discussions continuant dans la coulisse. Dans ce combat, l’Olympique de Marseille a obtenu le soutien – tardif mais déterminant – du maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin, avec qui les relations sont au beau fixe. « Il a fait ce qu’il fallait pour que l’exploitation passe au club… Si on veut que l’OM rayonne en Europe, il faut lui donner les moyens de le faire », explique un proche de M. Gaudin. Les difficultés rencontrées par Arema pour rentabiliser le Stade-Vélodrome à hauteur des objectifs affichés ont également pesé lourd dans le passage de témoin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Le photographe mexicain de l’Agence France-Presse a donné naissance à une série d’anthologie « au cœur de l’action » qui marquera à coup sûr le Mondial.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Coupe du monde : un photographe sous le poids de l’euphorie croate

Le photographe mexicain de l’Agence France-Presse a donné naissance à une série d’anthologie « au cœur de l’action » qui marquera à coup sûr le Mondial.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h40
   





                        



   


Etre « au plus près de son sujet », voilà consigne souvent donnée aux photographes qui veulent capter l’âme de ce qu’ils ont dans leur objectif. Un précepte que Yuri Cortez n’aurait sûrement jamais imaginé pouvoir autant appliquer dans sa couverture du Mondial 2018. Mercredi 11 juillet, ce photographe de l’Agence France-Presse s’est fait littéralement écraser par l’équipe croate, qui célébrait le but libérateur lui permettant d’accéder à la finale de la Coupe du monde.
A la 109e minute, d’une demi-volée ciselée, le joueur croate Mario Mandzukic libère en effet son équipe et tout son pays en prenant l’avantage face à l’Angleterre. Aussitôt, l’attaquant de la Juventus Turin exulte et, rejoint par ses collègues, se rue vers le coin droit de la pelouse du stade Loujniki de Moscou où se massent les supporteurs croates.
Assis derrière les panneaux publicitaires, bien entouré de ses confrères photographes, le photographe mexicain Yuri Cortez est en plein changement d’objectif quand la masse euphorique des Vatreni fond sur lui. Las, il n’a pas le temps d’esquisser un pas chassé que les joueurs lui tombent dessus.
Et si la victoire donne des ailes, elle ne rend néanmoins pas les corps plus légers… « C’était un moment de folie, ils étaient très heureux. Et à un moment, ils se sont rendu compte que j’étais en dessous ! », a témoigné Yuri Cortez.
Heureusement pour l’histoire du football, le professionnalisme n’a pas été sacrifié sous le poids de l’euphorie croate. Et le photographe mexicain a bien réussi à jouer de l’index pour appuyer sur sa gâchette, et donner naissance à une série d’anthologie « au cœur de l’action » qui marquera à coup sûr le Mondial, et illustre parfaitement l’euphorie qu’il peut provoquer !
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Dans la cohue, le photographe Yuri Cortez a continué de prendre des photos.

YURI CORTEZ / AFP
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Pour les quelques âmes empathiques qui s’en inquiéteraient, sachez que Yuri Cortez va bien. Après s’être écroulés sur lui, les joueurs croates se sont d’ailleurs immédiatement inquiétés de son état : « Ils m’ont demandé comment j’allais. Un a récupéré mes objectifs et un autre [le défenseur Domagoj Vida] m’a fait une bise. »
Nul doute que quelques-uns des clichés du Mexicain finiront sur des étagères croates, en souvenir de cette première fois où le pays s’est qualifié pour une finale de Coupe du monde…



                            


                        

                        


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Coupe du monde 2018 : les bistrots pris d’assaut

Les bars font face à des risques accrus les soirs de match, pour un gain parfois marginal.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h40
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


A ceux qui cherchent encore l’oracle le plus fiable du Mondial, l’augure pourrait bien se terrer aux Petits tonneaux. Le bar, planté à deux pas de la place de la République, à Paris, a cédé au calendrier sportif et bardé sa devanture d’une guirlande de fanions. Si la bannière croate trône au-dessus de la terrasse, impossible d’y trouver l’étendard de l’Angleterre, tombée au bout des prolongations, mercredi 11 juillet.
Une prophétie loin de flatter le maître des lieux. Pour Belaïd Issboucele, 37 ans, l’identité de l’adversaire est secondaire, pourvu que la France poursuive sa quête d’une deuxième étoile. Il en va de la rentabilité du deuxième écran, acheté juste avant la Coupe du monde : « On ne l’allume que pendant les matchs des Bleus. [Mardi], c’était blindé quatre heures avant le coup d’envoi, on ne pouvait plus avancer. »
« On laisse rentrer tout le monde, même ceux qui n’ont pas d’argent »
Si les exploits de la bande à Didier Deschamps ne font pas exploser le tiroir-caisse – « on laisse rentrer tout le monde, même ceux qui n’ont pas d’argent » –, ils imposent au gérant de tripler ses effectifs. Une « mobilisation » indispensable pour satisfaire les commandes et sécuriser l’estaminet. Le supporter tricolore, abreuvé de succès, ne compterait pas parmi les espèces les plus dociles.
Quand la tension des pelouses russes rejaillit sur le bar du 10e arrondissement, le responsable et ses salariés, « polyvalents », se muent en vigies : « Les gens ne se contrôlent pas, alors il faut les surveiller. Mais on gère, en essayant de les comprendre, de leur parler. » Des risques accrus de débordement pour un gain marginal. On en viendrait à douter du bénéfice réel de l’épopée de l’équipe de France. Pour Belaïd, il en va du rôle des bistrots : « C’est sûr que le surplus d’argent pendant la compétition n’a rien de fou. Mais l’objectif, c’est d’apporter un peu joie. On fait vivre un match de foot, pas une soirée organisée. »
« On ne fait pas ça pour l’argent »
De l’autre côté de la rue, changement d’arrondissement (la voie sépare le 10e du 11e arrondissement) et d’ambiance. Si le nom de l’établissement n’était pas assez explicite pour certains, les dizaines de drapeaux placardés sur la vitrine confirment le penchant du lieu : la Favela chic attendait autre chose du Brésil qu’une élimination dès les quarts de finale. « C’est sûr que c’est jamais bon pour nous quand ils sortent si tôt, confirme Antoni Doumbia, le directeur adjoint. La diaspora brésilienne est très présente pendant les matchs. On a donc rajouté un grand drapeau français depuis l’élimination. Mais on ne pourra jamais changer de nom. »
A écouter le quadragénaire, qu’importe le sort de l’équipe plébiscitée, la Coupe du monde apporte son flot de spectateurs et « un petit peu plus de sous ». Le rétroprojecteur chauffera donc dimanche 15 juillet, même en l’absence de Neymar et consorts. Et puis, le but serait « ailleurs ». Sous-entendu, hors les bilans comptables. Comme un écho au tenancier d’en face : « On ne fait pas ça pour l’argent. C’est plus pour le bonheur qu’on peut apporter. »
Ce qui pourrait apparaître comme un refrain cupide et spécieux trouve une certaine résonance chez ceux qui ont préféré à la solitude d’un salon la projection publique de la deuxième demi-finale du Mondial, moyennant le paiement d’(au moins) une consommation.
Tricot des Bleus sur les épaules et boisson anisée à portée de lèvres, Ange Apollinaire ne pouvait observer l’affrontement entre Anglais et Croates ailleurs qu’au Café Grisette, « [son] QG, [sa] réunion des potes ». Changer de bar ? « Jamais. Je connais tout le monde, j’y ai mes repères. » En client avisé, il a déjà réservé son rond de serviette pour dimanche. « Près de la télé, comme ça, je pourrai manger et regarder la finale dans les meilleures conditions, sans être dérangé. »
« Dans ce pays, on y croit que quand ça marche »
Quel que soit l’adversaire, l’issue du tournoi tient de l’évidence pour le sexagénaire : vingt ans après son sélectionneur, Hugo Lloris soulèvera la Coupe du monde à Moscou. Le supporteur regrette seulement qu’il ait fallu attendre plusieurs semaines de compétition pour voir la France s’emballer. « Dans ce pays, on y croit que quand ça marche. Les Français ne comprennent pas vite. C’est De Gaulle qui disait ça. » Pour qui douterait de la référence, Ange convoque un successeur : « Les gens sont sympas mais ils ont plein de défauts. Ça, c’est Chirac. » 
« L’ambiance était magique »
Les allusions aux ex-chefs de l’Etat en moins, Martina Zagar constate elle aussi une adhésion en deux temps des Français pour leur équipe nationale : « Vous ne les supportez qu’à partir du moment où ils ont une chance de gagner. Chez nous, le soutien est sans limite. Dès le premier match, c’est l’amour inconditionnel. » Les deux damiers crayonnés sur ses pommettes éclairent sur le « nous » : les Croates. La trentenaire a décidé de suivre la (très) difficile qualification des siens depuis le Carillon.
Le bar se remet à peine du match de la veille. « L’immeuble a failli tomber, s’amuse le gérant, qui a préféré ne pas donner son nom. L’ambiance était magique. On a déjà prévu de repeindre la pièce. » Du chambard qui a suivi la victoire française contre la Belgique, le plafond est sorti tacheté de bière. Au Carillon, l’équipe du week-end a été appelée en renfort pour les soirs de foot. Ici aussi, on n’observe qu’une « petite différence » sur le chiffre d’affaires. Niveau sécurité, deux vigiles surveillent les abords pour éviter les débordements.
Le 13 novembre 2015, l’établissement avait été la cible des terroristes. Si le drame du 13 novembre 2015 reste gravé dans toutes les mémoires, chacun essaie de balayer ses angoisses. Martina : « C’était il y a plusieurs années maintenant. Ça nous donne encore plus l’envie d’être là, de faire la fête. » Elena, une amie : « On s’était posé la question pour l’Euro 2016, avant de venir finalement voir les matchs ici. Aujourd’hui, on n’y pense plus. »
« En 1998, on avait sabré le champagne avec des voisins, dans la rue »
Derrière la baie vitrée, Martine s’est arrêtée pour regarder la fin du match, depuis le trottoir. La retraitée n’a rien manqué de la campagne russe des Bleus, et compte bien se rappeler aux bons souvenirs de 1998 : « On avait sabré le champagne avec des voisins, dans la rue. J’ai toujours la bouteille signée par toutes les personnes présentes. » 
Une victoire française ? Voilà le pire cauchemar de Laura Ferretto. Point de racine croate chez elle, pourtant, mais une « théorie politique » tirée de « l’effet 1998 sur Chirac » (encore lui) : « Si la France l’emporte, la cote de popularité de Macron va bondir. Tout ce que je ne veux pas. » En finale, Laura supportera donc la Croatie. Quoique. « Le pire serait quand même de remporter la Coupe du monde dans quatre ans, car alors la cote [du président de la République] n’aurait pas le temps de redescendre. A choisir, soyons champions dimanche ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Dimanche, les fan-zones et leurs abords devraient faire l’objet d’une vigilance renforcée.
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14 Juillet et finale de la Coupe du monde : les services de sécurité en alerte

Dimanche, les fan-zones et leurs abords devraient faire l’objet d’une vigilance renforcée.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h22
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            
C’est un week-end très chargé et sous haute surveillance qui s’annonce pour les forces de sécurité samedi 14 et dimanche 15 juillet. La nuit du 14 Juillet correspond traditionnellement à un pic de tensions, en particulier dans les quartiers populaires. Mais le fait que ce jour de fête nationale coïncide cette année avec la finale de la Coupe du monde de football, qui plus est avec la France en lice, est une configuration inédite. Un contexte d’autant plus tendu que la menace terroriste n’a pas baissé, deux ans jour pour jour après le traumatisme de l’attentat de Nice qui coûta la vie à 86 personnes et en a blessé plus de 450 autres.
Un dispositif de sécurité particulier devrait donc être déployé cette fin de semaine. La préfecture de police et le ministère de l’intérieur devraient rapidement communiquer chacun de son côté sur les effectifs mobilisés. En 2017, plus de 80 000 policiers et gendarmes avaient été opérationnels. Ils devraient être encore plus nombreux cette année, selon nos informations. 
« A week-end exceptionnel, dispositif exceptionnel », confirmait-on, mercredi 11 juillet en soirée, Place Beauvau. « Le 14 Juillet a été anticipé, mais le dispositif est en train d’être adapté en conséquence pour le 15 juillet », ajoutait-on, alors que ce week-end doit aussi se poursuivre la sécurisation du Tour de France et des grands départs en vacances.
En 2016, des projets d’attentat déjoués avant et pendant l’Euro
Les principales préoccupations ont toutefois essentiellement trait aux risques de violences urbaines d’un côté et à la menace terroriste de l’autre. En 2016, plusieurs projets d’attentat visant l’Euro avaient été « déjoués » avant et pendant la compétition. L’un d’eux a été attribué à Reda Kriket, un Franco-Algérien arrêté en mars 2016, quelques mois seulement avant le début des matchs. Un véritable arsenal de guerre avait été retrouvé en sa possession dans une planque d’Argenteuil (Val-d’Oise). En 2017, dans un autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ A la 109e minute, d’une demi-volé ciselée, le joueur croate Mario Mandzukic libère eson équipe et tout son pays en prenant l’avantage face à l’Angleterre. Un photographe de l’AFP est au premier rang pour profiter du spectacle.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie appréhende l’instrumentalisation d’un éventuel succès français dimanche.
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Coupe du monde : épargnez-nous une deuxième saison de « black-blanc-beur », par Olivier Guez

L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie appréhende l’instrumentalisation d’un éventuel succès français dimanche.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 12h29
    |

                            Olivier Guez (écrivain)








                        



                                


                            

Je redoute une victoire de l’équipe de France, dimanche 15 juillet, en finale de la Coupe du monde. Non sur le terrain (elle m’enchanterait, même si j’aime beaucoup cette équipe croate, technique et séduisante, depuis des années) mais sur les plateaux, les forums et dans les tribunes (des journaux). Ils s’échauffent déjà, les sociologues récupérateurs, tous ceux qui voudront instrumentaliser un éventuel triomphe au stade Loujniki de Moscou et l’ériger en un lieu de mémoire de notre histoire et de notre identité.
De grâce, épargnez-nous une deuxième saison de « black-blanc-beur », vingt ans après la première, et la projection de vos fantasmes ou de vos craintes sur cette belle équipe de France, sous prétexte qu’elle est multiethnique. Elle est à l’image de nos classes populaires (et moyennes), plus bigarrées que les immeubles jouxtant le jardin du Luxembourg à Paris, en effet : c’est l’équipe de France du début du XXIe siècle, de la mondialisation et des grandes migrations. Mais ne lui faites rien dire (ou pas trop) sur notre communauté nationale ; surtout, ne la surchargez pas de symboles, le football est trop versatile et le ballon capricieux. En 2010, les mutins de Knysna n’étaient pas les ambassadeurs des banlieues mais des idiots immatures.
Mythe tricolore éphémère
Je ne crois pas qu’une sélection nationale, bonne ou mauvaise, dise grand-chose d’un pays. Certes, il est arrivé que le football aide des nations à se construire (les jeunes Etats d’Amérique du Sud et d’Europe centrale et orientale, après l’éclatement de l’empire austro-hongrois, pendant l’entre-deux-guerres), à se relever (l’Allemagne de l’Ouest et l’Italie après 1945), ou atteste d’un moment très particulier de l’histoire d’un pays.
Lorsque le Brésil remporte sa première coupe du monde, en 1958, son style de jeu (passes, mouvements, fluidité) incarne la parenthèse enchantée qu’il traverse alors, une certaine modernité, la construction d’une nouvelle capitale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Depuis le début, les joueurs de l’équipe de France, malgré l’écart générationnel, cohabitent de façon idyllique.
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Coupe du monde 2018 : promis, le groupe vit bien

Depuis le début, les joueurs de l’équipe de France, malgré l’écart générationnel, cohabitent de façon idyllique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 10h49
    |

            Adrien Pécout (Istra, envoyé spécial)








                        



   


Il faut tout le sang-froid du farceur. Dans l’avion, un jeune homme tout sourire prend la pose devant un autre en train de dormir, main sur la joue. Le premier s’appelle Kylian Mbappé, le second Paul Pogba, qui tous deux portent le survêtement frappé du coq. Celui de l’équipe de France. D’autres vidéos existent, fragments d’un même discours : ici, des coéquipiers tapant le carton, là, chantant ou dansant en plein vol.
Bref, le groupe vit bien, comme on dit. L’expression veut tout dire et rien à la fois. Rien, le plus souvent, tant cette formule ressemble à une phrase creuse. De celles que se refilent les communicants du football comme autant de viatiques, dans une Coupe du monde où il faut aussi naturellement « prendre les matchs les uns après les autres » et où « tout se joue sur des détails ».

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                Coupe du monde 2018 : heureux comme un remplaçant en équipe de France



Sauf que là, insistent les joueurs, promis, le groupe vit vraiment bien ! Il y a des signes, soit. Ce plaisir qu’ils ont à prendre l’avion ensemble, peut-être. Cette envie primordiale de gagner ensemble, surtout. Après déjà six matchs dont cinq victoires en Russie, les Bleus en espèrent une nouvelle qui les ferait tout simplement entrer dans l’histoire de leur sport : ils affronteront la Croatie en finale du Mondial, dimanche 15 juillet, à Moscou.
Pétanque et jeux vidéo
Les victoires engendrent-elles la bonne humeur, ou bien l’inverse ? Sans résoudre le paradoxe de l’œuf et de la poule, Kylian Mbappé se contente de souligner que le groupe a déjà deux mois de vie commune derrière lui. « Deux mois ensemble, si vous ne vous appréciez pas, c’est long. » Or, « c’est passé vraiment vite », sourit-il, regardant tantôt la caméra de TF1, tantôt son coéquipier Benjamin Mendy, qui tentait de le chambrer après la victoire (1-0) sur la Belgique en demi-finales.
Ces Bleus partagent le même huis clos depuis leur rassemblement à Clairefontaine (Yvelines) en vue du Mondial, le 23 mai. Tout juste en ont-ils aujourd’hui changé le cadre : ils vivent depuis le début du tournoi dans leur camp de base d’Istra, à une heure de Moscou sans embouteillages (une rareté). Avec plusieurs passe-temps : jeux vidéo, entre autres, pour les plus jeunes ; pétanque pour les trentenaires Olivier Giroud et Hugo Lloris comme pour Didier Deschamps, sélectionneur à l’adresse redoutable, selon Le Parisien. « On passe le temps ensemble, et franchement on ne s’ennuie pas », insiste le défenseur Raphaël Varane, 25 ans, dont on ignore à ce jour le passe-temps favori.
Guy Stéphan, entraîneur adjoint, salue ce groupe où cohabitent plusieurs générations sous un même toit. « Il y a beaucoup de tranches d’âge. Et donc il faut fonctionner avec tous ces joueurs, avec un canal différent. » Un groupe parmi les plus jeunes du tournoi, avec tout de même un bel écart entre le benjamin Kylian Mbappé (19 ans, déjà trois buts à son actif) et Steve Mandanda (33 ans, gardien remplaçant).
Le technicien a un exemple précis : « Ce qui est intéressant, c’est de voir la réaction des joueurs qui ne jouent pas quand il y a un but. C’est extraordinaire de vivre ça depuis le banc. Ça montre que ce n’est pas un cliché de dire que le groupe vit bien. » Il fallait voir, oui, l’attroupement après le premier des deux buts de Kylian Mbappé contre l’Argentine. Les Bleus ont été menés au score pendant seulement neuf minutes durant le tournoi, en l’occurrence lors de ce huitième de finale.
Comment réagira l’équipe, à l’avenir, si la situation se complique ? Paul Pogba présume qu’elle fera bloc. « Il n’y a pas d’ego, et c’est ça qui fait de cette équipe une grande équipe, assure le milieu. Chacun reste à sa place, chacun connaît les qualités de l’autre, on travaille très bien ensemble. » Discours intéressant, à l’heure des statistiques encourageant surtout les individualités. Ou au vu de la « PogSérie », un programme sur Canal + consacré à l’univers du joueur. Pendant le Mondial, Kylian Mbappé défend lui aussi cette vision de l’équipe. Le phénomène déclare vivre « caché derrière le collectif » malgré l’engouement autour de sa très jeune personne. « Kylian passera après », ajoute-t-il, modeste, mais à la troisième personne du singulier.
Tout est affaire d’équilibre entre intérêts individuels et collectifs, résume Antoine Griezmann, l’air de rien : « Nous, on est un peu égoïstes, on veut jouer toutes les minutes, tous les matchs », reconnaît l’attaquant au nom de tous ses coéquipiers. Tout en soulignant aussi la bonne ambiance dans le groupe : « Ça rigole énormément, on se réunit dans une chambre pour parler de tout. J’espère que cette mentalité, cet état d’esprit vont rester le plus longtemps possible. » Même esprit de corps quand il s’agit de faire front contre les critiques de journalistes : « Ne touchez pas à mon Grizou », demandait ainsi Paul Pogba, après des débuts compliqués dans le tournoi.
« Kyky », « Mark Landers » et les autres
L’harmonie dépend en partie de Didier Deschamps. « Le coach a vingt-trois joueurs, il doit essayer de tous bien les gérer », poursuit Griezmann. « DD » défendait sa logique de groupe dès l’annonce de sa liste, le 17 mai. Manière, aussi, d’assumer certains choix contestés : la récente mise à l’écart du milieu parisien Adrien Rabiot juste avant le Mondial et celle, plus ancienne, de l’attaquant madrilène Karim Benzema.
A l’inverse, même remplaçant, Benjamin Mendy peut apprécier sa chance. Malgré une longue blessure à un genou, le défenseur figure bien dans l’effectif. « Une bande de potes avec une cohésion très forte », apprécie le défenseur. A 24 ans, le joueur a toujours gardé le lien avec certains de ses coéquipiers, connus dès les équipes de jeunes. Merci Internet : « Maintenant, avec tous les réseaux, on est souvent en contact. Honnêtement, avant la Coupe du monde, on en parlait déjà un peu entre nous. »
Cela devait arriver en pareille circonstance, quelques chanceux ont même gagné des surnoms. Le défenseur Benjamin Pavard a d’abord eu droit à celui de « Jeff Tuche », pour sa ressemblance capillaire avec l’acteur Jean-Paul Rouve. Puis à celui de « Mark Landers », pour sa reprise de volée surréelle contre l’Argentine, digne d’un dessin animé. « Même si Kylian n’aime pas trop “Kyky”, ça va rester », s’amuse Griezmann. En cas de victoire contre la Croatie, « Kyky », « Mark Landers » et les autres auront alors aussi gagné un titre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ A l’image d’Adil Rami ou Florian Thauvin, les « coiffeurs » acceptent avec le sourire leur sort et participent à leur façon à la bonne ambiance chez les Bleus.
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Coupe du monde 2018 : heureux comme un remplaçant en équipe de France

A l’image d’Adil Rami ou Florian Thauvin, les « coiffeurs » acceptent avec le sourire leur sort et participent à leur façon à la bonne ambiance chez les Bleus.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 08h55
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 09h10
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Le rôle de remplaçant chez les Bleus réserve parfois bien des surprises pendant une Coupe du monde. Dans la mémoire collective, Vincent Candela reste d’abord le DJ des champions du monde de 1998. Le défenseur est derrière le choix de ce remix de I Will Survive, de Gloria Gaynor, comme hymne officieux des Bleus. Huit ans plus tard, pendant le Mondial en Allemagne, Vikash Dhorasoo s’improvise, lui, réalisateur avec Substitute, film en super-8 sur le temps qui coule trop lentement entre deux matchs sur le banc de touche.
Adil Rami emprunte une voie moins artistique lors de ce Mondial où il est le seul Français (avec le troisième gardien, Alphonse Areola) à n’avoir pas encore foulé une pelouse russe. Depuis la victoire contre l’Argentine en huitièmes de finale, ses coéquipiers – à l’initiative de Kylian Mbappé – viennent effleurer sa moustache qu’il porte épaisse. Un talisman efficace visiblement. Ils étaient encore « cinq ou six » à toucher les bacchantes de Rami avant la demi-finale face aux Belges. « Ce qui est important, c’est qu’ils veulent désormais que je la lisse et que je la mette bien », avouait dans un grand sourire le défenseur de 32 ans à TF1 quelques minutes après la qualification pour la finale, le 15 juillet face à la Croatie, à Moscou.
Thauvin cité en exemple
Le défenseur de l’Olympique de Marseille est la preuve qu’on peut être un « coiffeur » heureux. Au sein du groupe France, l’ancien agent municipal de Fréjus est le grand frère qui assure l’ambiance. Un rôle de GO qui lui va comme un gant. « Sincèrement, qu’est-ce que je kiffe ce groupe ! Je prends du plaisir chaque jour », assure-t-il le 4 juin. A deux jours du quart de finale face à l’Uruguay, le compagnon de Pamela Anderson tient une conférence de presse survoltée. Un numéro de stand-up parfait pour détendre l’atmosphère avant un match décisif. « Mon rôle, c’est d’apporter des ondes positives à l’équipe », dit-il à propos de son statut de leader de vestiaire.

   


Et c’est à croire que sa bonhomie a gagné ses voisins sur le banc de touche. Même ceux qui avaient prévu un séjour russe plus actif. Prenez Benjamin Mendy. Annoncé comme titulaire au poste de latéral gauche, le joueur de Manchester City a vu Lucas Hernandez lui griller la priorité lors des matchs de préparation alors qu’il pensait avoir fait le plus dur en revenant à temps d’une grave blessure au genou. Après la victoire face à la Belgique, on l’a pourtant encore vu assurer le service après-qualification sans se forcer : « On est une bande de potes. La cohésion est parfaite même quand on souffre, on l’a vu contre l’Argentine. Le banc suit le mouvement. » Comme lors du second but de Kylian Mbappé où les remplaçants tricolores sont venus recouvrir d’amour leur attaquant au niveau du point de penalty.
En fin de match, Didier Deschamps a « offert » ce jour-là cinq minutes de temps de jeu à Florian Thauvin. Une façon pour le sélectionneur de récompenser un garçon jugé « exemplaire » pour son implication dans la vie du groupe, mais aussi montrer à ses autres suppléants que la porte n’est jamais totalement fermée. « Je n’oublie pas ma chance d’être à la Coupe du monde et dans le groupe des 23 [joueurs] », assurait un Thauvin reconnaissant.
Kimpembe, le nouveau Candela ?
Bien sûr, la victoire aide à accepter plus facilement un rôle à la Michael Collins regardant depuis son module ses petits camarades d’Apollo 11 décrocher la Lune. Mais encore faut-il en avoir le caractère. « J’étais le garçon souriant, même lorsque [je] ne jouai[s] pas », expliquait Vincent Candela dans un entretien à L’Equipe en mai. En 2018, Presnel Kimpembe postule au titre de « Candela ». Comme l’ancien joueur de l’AS Roma, le défenseur du PSG n’a eu droit qu’à un troisième match – sans un grand enjeu – de la phase de poule face au même adversaire : le Danemark.
Depuis, la doublure de Samuel Umtiti assure l’ambiance musicale dans le vestiaire ou l’avion des Bleus et dit « profiter de chaque instant ». Et se tenir prêt à palier une blessure ou même l’expulsion d’un titulaire dimanche au stade Loujniki. Un certain 12 juillet 1998, Alain Boghossian et Patrick Vieira étaient sortis du banc contre le Brésil au bénéfice de la réorganisation tactique provoquée par le carton rouge de Marcel Desailly. Le tout jeune Vieira avait même offert le but du 3-0 à Emmanuel Petit. Adil Rami ne rase pas sa moustache tous les matins, mais doit peut-être y penser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, et le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, entretiennent un lien fusionnel et très « politique ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Coupe du monde : Deschamps et Le Graët, couple exécutif du football français

Le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, et le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, entretiennent un lien fusionnel et très « politique ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 08h54
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 10h08
    |

            Rémi Dupré (Istra (Russie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le premier capte la lumière et s’apprête à diriger ses joueurs en finale de Coupe du monde, dimanche 15 juillet, contre la Croatie, au stade Loujniki de Moscou. Le second veille au grain et gère, dans l’ombre, les affaires du football français. Depuis juillet 2012, et sa nomination au poste de sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps entretient un lien fusionnel avec son employeur Noël Le Graët (dit « NLG »), le président de la Fédération française de football (FFF). Et, derrière l’épopée des Tricolores en Russie, se cache une idylle de six ans, une histoire plus politique que sportive. Celle d’un tandem indestructible, soudé dans la tempête comme dans les moments de gloire.
Une parfaite osmose règne entre le Bayonnais de 49 ans, capitaine des champions du monde 1998, et le Breton, 76 ans, PDG fondateur du groupe agroalimentaire qui porte son nom et ex-patron du club de Guingamp (1972-2011), ville dont il a été maire (PS), de 1995 à 2008. Les deux hommes se retrouvent sur l’essentiel : un pragmatisme à toute épreuve, le culte de la victoire et du résultat quelle que soit la manière.
« Relations plus amicales que patronales »
« On a des relations plus amicales que patronales. On est assez complices », assure d’ailleurs NLG, qui a pu compter sur le soutien sans faille de son sélectionneur, cet hiver, alors qu’il était traité pour une leucémie. On les imagine volontiers en train de refaire le monde, lors de longues soirées passées ensemble dans le huis clos d’Istra, le camp de base de l’équipe de France. Comme à chaque compétition, Le Graët vit au quotidien avec la sélection dans son quartier général. « Je suis là pour montrer aux joueurs qu’il y a, en dehors du sélectionneur, un patron qui surveille et encourage », explique-t-il.
De son long règne à l’En Avant de Guingamp, le septuagénaire a conservé un attrait pour la vie d’un vestiaire et l’odeur de la pelouse fraîchement tondue. Au petit stade de Glebovets, à Istra,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Hommage aux personnages secondaires qui font le charme de la course avant la 6e étape, dont l’épilogue pentu à Mûr-de-Bretagne pourrait coûter quelques secondes à certains.
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Tour de France : ayons une pensée pour les figurants

Hommage aux personnages secondaires qui font le charme de la course avant la 6e étape, dont l’épilogue pentu à Mûr-de-Bretagne pourrait coûter quelques secondes à certains.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 08h51
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 13h23
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            Henri Seckel (Brest, Finistère, envoyé spécial)








                        



   


6e ÉTAPE : BREST - MÛR-DE-BRETAGNE, 181 KM
Ayons ce matin une pensée pour Kristijan Durasek. Ce jeune homme de 30 ans s’apprête à vivre des jours difficiles jusqu’à dimanche. Le seul Croate du peloton va voir défiler à son chevet des centaines de journalistes qui ignoraient jusqu’alors son existence : « Alors Kristijan, cette finale face à la France ? » Ce que les coureurs belges ont subi avant la demi-finale perdue face aux Bleus, alors qu’ils étaient 19 pour se répartir le fardeau, le pauvre Durasek va devoir l’endurer en solo : sentant le coup venir, son unique compatriote sur le Tour, Robert Kiserlovski, a sagement choisi d’abandonner hier après-midi (cette mauvaise chute en début d’étape a peut-être joué sur sa décision).

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Ayons également une pensée pour Lawson Craddock, le premier homme à être allé embrasser le bitume du Tour de France 2018, le jour du grand départ à Noirmoutier. Depuis sa vilaine chute sur les routes de Vendée, le coureur américain traîne sa misère, un trait de fracture à l’omoplate gauche et une arcade sourcilière recousue, qui lui permettent manifestement de faire preuve d’une belle régularité :
1re étape : dernier. 2e étape : dernier. 3e étape : pas de classement individuel (contre-la-montre par équipes). 4e étape : 156e. 5e étape : dernier.

   


L’admirable lanterne rouge du Tour a mis un point d’honneur à ne pas abandonner malgré la douleur. Le Texan a même décidé de verser 100 dollars pour chaque étape qu’il terminerait à une association œuvrant à la reconstruction du vélodrome de ses débuts à Houston, démoli par un ouragan en 2017. Il en a profité pour lancer un appel aux dons. Près de 44 000 dollars ont déjà été récoltés à l’heure où nous nous parlons.
Ayons une petite pensée également pour Didier Bregardes. Ce badaud venu se promener au milieu des bus des équipes avant le départ, hier matin à Lorient, s’est fait chicaner par Luke Rowe, coureur de l’équipe Sky, comme le rapporte le site Velonews : « Il est venu vers moi, a agrippé ma pancarte, et l’a jetée par terre. » Trois mots étaient écrits sur cette pancarte : « Sky go home. »
Ayons donc, par conséquent, une petite pensée pour les coureurs de l’équipe britannique, que l’on n’est pas obligé de porter dans son cœur, mais qui doivent doucement commencer à avoir le cerveau qui fume devant l’hostilité qu’ils suscitent. Au moment de signer la feuille d’émargement au départ à Lorient, Chris Froome a continué à sourire comme si de rien n’était alors qu’il était copieusement hué par la foule.

   


Ayons aussi une pensée pour Abraham Poincheval. Cet artiste qui vit à la frontière entre le génie et l’absurde, connu notamment pour avoir vécu plusieurs jours à l’intérieur d’un ours empaillé ou pour avoir passé trois semaines à couver des œufs (et donné naissance à des poussins), se trouve en ce moment en Bretagne, où il accomplit son dernier chef-d’œuvre : traverser la région à pied avec une armure de 30 kg sur le dos. Parti samedi de Lanrivain (Côtes-d’Armor), et marchant en direction de Brest à la vitesse de 10 à 15 km par jour, il se trouvait, aux dernières nouvelles, du côté de Carnoët, à quelques encablures de la route qu’empruntera le Tour cet après-midi. Vous pouvez suivre son périple sur Facebook.

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Ayons enfin une pensée pour nos amis anglais, qui croyaient si forts qu’ils allaient remporter la Coupe du monde. Ha ha ha ! It’s coming home.
On n’aimerait pas être à la place de tout ce petit monde. On n’aimerait pas non plus être à la place des 170 coureurs qui vont se coltiner, en fin d’après-midi, non pas une mais deux ascensions de la côte de Mûr-de-Bretagne, bouquet final du tryptique breton, redoutable raidard qui pourrait bien créer les écarts que n’a pas créés l’étape pourtant fort accidentée d’hier. Personne ne perdra le Tour aujourd’hui, mais certains pourraient se retrouver en fâcheuse posture, alors que se profilent les pavés de Roubaix, dimanche, puis la haute montagne, la semaine prochaine.

   


Départ à 13 h 25. Arrivée prévue vers 17 h 30.
Le Tour du comptoir : Lorient
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on nous explique que la France aurait dû battre la Belgique 4-3.

   


La dernière fois que le Tour est arrivé à Lorient, en 2006, l’étape avait été remportée par le Français Sylvain Calzati. Ce coureur est passé à la postérité précisément parce qu’il n’y est pas passé : le jour de sa victoire était aussi celui de la finale de la Coupe du monde de football entre la France et l’Italie. Son triomphe à Lorient n’avait pas réussi à éclipser la défaite des Bleus à Berlin.
Bernard, retraité depuis une dizaine d’années de l’Arsenal de Lorient, après y avoir fabriqué moult frégates, corvettes et autres frels esquifs vendus à l’Arabie saoudite, se souvient de la victoire de Calzati. Parce que ça se passait dans sa ville, et parce qu’il aime beaucoup le vélo, même si sa maîtrise des patronymes du peloton laisse à désirer – on a ainsi appris qu’un certain « Gaviani » avait déjà remporté deux étapes sur le Tour 2018, et qu’un dénommé « Alphaphilippe » aurait de grandes chances de s’imposer à Mûr-de-Bretagne.
Bernard, qui n’a pas souhaité poser pour l’objectif d’En danseuse – il avait pourtant fière allure avec son canon de blanc au fond du bar « Les Bermudes » –, aime aussi beaucoup le football, et parie parfois sur les matchs. Pour France-Belgique, il avait misé sur une victoire 4-3 des Bleus. Ça s’est joué à peu de choses. « Regardez, se lance-t-il. Courtois et Lloris font deux gros arrêts chacun. Ça fait déjà 2-2. Le tir que Varane dévie de la tête en corner, 3-2 pour les Belges. Et avec toutes les occasions françaises, ils en mettaient juste une, ça faisait 3-3. Plus le but d’Umtiti, 4-3. » Imparable.
D’ailleurs, hier soir, si la Croatie n’avait pas marqué un premier but, puis un second, l’Angleterre serait en finale de la Coupe du monde. Ha ha ha ! It’s coming home.

   






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ L’agence explique que, sans inclure le cas de Christopher Froome, « seuls quatre des 57 cas étudiés entre 2013 et 2017 impliquant cette substance concernent le cyclisme ».
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Pour l’Agence mondiale antidopage, il n’y a pas d’abus d’utilisation de salbutamol dans le cyclisme

L’agence explique que, sans inclure le cas de Christopher Froome, « seuls quatre des 57 cas étudiés entre 2013 et 2017 impliquant cette substance concernent le cyclisme ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 07h48
   





                        


L’Agence mondiale contre le dopage (AMA) a déclaré, mercredi 11 juillet, que les abus dans l’utilisation de salbutamol, un produit utilisé dans le traitement de l’asthme, ne constituent pas un problème d’ampleur dans le cyclisme professionnel.
Cette déclaration survient après la clôture du dossier, très médiatisé, du cycliste britannique Christopher Froome (équipe Sky), blanchi, lundi 2 juillet, après neuf mois de procédure.

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Dans une déclaration intitulée « L’AMA clarifie les faits concernant la décision sur Christopher Froome », l’agence explique que « sans inclure le cas de Froome, seuls quatre des 57 cas étudiés entre 2013 et 2017 impliquant cette substance concernent le cyclisme ». « Parmi ces cas, trois ont abouti à des suspensions de six à neuf mois, et un a été acquitté », précise l’agence.
Seuils autorisés
Le 7 septembre 2017, au soir de la 18e étape du Tour d’Espagne et à trois jours de son premier sacre à Madrid, Christopher Froome avait subi un contrôle antidopage, qui avait révélé un taux excessif de salbutamol.
Ce médicament pour soigner l’asthme est autorisé en compétition par l’AMA, mais jusqu’à un certain seuil seulement. Dans le cas de Froome, le taux était supérieur à la concentration maximale autorisée de 1 000 ng/ml.

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