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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’inventaire publié par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs montre que dans tous les scénarios sur l’avenir du nucléaire, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires.
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La France a déjà un stock de 1,5 million de mètres cubes de déchets radioactifs

L’inventaire publié par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs montre que dans tous les scénarios sur l’avenir du nucléaire, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h35
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Chaque année, un Français produit, en volume de déchets radioactifs, l’équivalent d’une demi-brique de lait. Sur cette quantité, une cuillerée à café est composée de produits à haute activité ou à vie longue. C’est la métaphore alimentaire qu’a filée l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), en présentant, jeudi 12 juillet, son nouvel inventaire hexagonal, établi tous les trois ans. Une façon, peut-être, d’édulcorer la réalité.
Car les chiffres bruts ont peu à voir avec la préparation d’un café au lait. Fin 2016, la France était à la tête d’un stock de 1,54 million de mètres cubes de déchets radioactifs, soit 85 000 m3 de plus que fin 2015. Ils proviennent en majorité (près de 60 %) du parc nucléaire, mais aussi des activités de recherche (27 %) et de la défense nationale (9 %), le reste étant issu d’autres industries (comme l’électronique utilisatrice de terres rares), ainsi que du secteur médical.
Ces déchets n’ont toutefois pas tous le même niveau de dangerosité. A 90 %, il s’agit de produits de faible ou moyenne activité à vie courte, voire de très faible activité. Seuls 3 % sont de haute activité ou à vie longue (des dizaines ou des centaines de milliers d’années), cette fraction concentrant 99,8 % de la radioactivité totale.
Le volume des déchets va continuer de croître
L’Andra ne s’est pas contentée de dresser un état des lieux. Elle a envisagé, pour l’avenir, plusieurs scénarios. Dans l’un d’entre eux, les 58 réacteurs actuellement en exploitation sont arrêtés au bout de quarante ans de fonctionnement (et l’EPR de Flamanville, dans la Manche, qui doit entrer en service en 2019, au bout de soixante), sans renouvellement du parc nucléaire. Dans les autres scénarios, les réacteurs sont poussés jusqu’à cinquante ou soixante ans, comme le souhaite EDF, puis remplacés par des EPR ou des réacteurs à neutrons rapides – une filière pour l’instant à l’étude.

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Dans tous les cas, le volume des déchets radioactifs va continuer de croître très fortement. Au terme du fonctionnement et du démantèlement du parc actuel, il aura été multiplié par trois ou par quatre, selon les scénarios, par rapport au stock déjà accumulé. Cela, sans même prendre en compte les « rebuts » des activités de recherche et de défense.
Cette augmentation s’explique, notamment, par l’afflux attendu des déchets de très faible activité qui seront générés par la déconstruction des centrales : bétons, gravats, ferrailles… Mais un autre facteur intervient. Fermer les réacteurs après quarante ans d’activité, et non cinquante ou soixante, mettrait fin plus rapidement à la réutilisation, qui est aujourd’hui pratiquée dans une partie du parc, de combustibles usés transformés, après retraitement, en combustibles MOx (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium). Ce sont, au total, 57 000 assemblages de combustibles usés qui, faute de recyclage, s’ajouteraient ainsi aux autres déchets.
Saturation des sites de stockage
En toute hypothèse, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires à court ou moyen termes. Les déchets à haute activité et à vie longue (résidus du retraitement, coques des assemblages de combustibles, effluents…) sont destinés au futur Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) qui doit être creusé dans le sous-sol de la commune de Bure, dans la Meuse. Une installation dont l’Andra prévoit de demander l’autorisation de création en 2019, pour une mise en service vers 2026, mais qui fait l’objet d’une vive contestation.

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Les produits de faible ou moyenne activité à vie courte (vêtements, outils, filtres…), eux, rejoignent le site de Soulaines-Dhuys (Aube). D’une capacité de 1 million de m3, il a pris, depuis 1992, le relais du centre de la Manche, où ont été déposés par le passé un peu plus de 500 000 m3 de déchets, et qui est en cours de fermeture.
Les matières de très faible activité, pour leur part, sont centralisées depuis 2003 à Morvilliers (Aube). D’une capacité de 650 000 m3, cette installation sera saturée d’ici à 2025 ou à 2030 et, après une possible extension, l’Andra devra trouver un second site d’entreposage.
Restent les déchets de faible activité, mais à vie longue (plus de trois cents ans), qui seront notamment générés par le démantèlement des six anciens réacteurs à graphite-gaz de la première génération du parc français (Bugey 1, dans l’Ain, Chinon A1, A2 et A3, dans l’Indre-et-Loire, Saint-Laurent A1 et A2, dans le Loir-et-Cher). Il n’existe pas encore de stockage pour ces résidus, que l’Andra prévoit de regrouper un jour à Soulaines-Dhuys.
Ce nouvel inventaire va nourrir le débat public qui sera organisé, de septembre à décembre, sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs. Il pourrait aussi contribuer à éclairer les discussions en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. En rappelant, par exemple, que relancer un parc atomique en France serait aussi relancer la production de déchets nucléaires.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Les tensions commerciales et la hausse des cours du pétrole affectent les principales économies du Vieux Continent.
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Bruxelles révise à la baisse ses prévisions de croissance pour les pays de l’Union européenne

Les tensions commerciales et la hausse des cours du pétrole affectent les principales économies du Vieux Continent.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h06
    |

                            Anne Eveno








                        



   


On ignore encore quelle sera l’issue de la finale de la Coupe du monde de football entre la France et la Croatie, mais, sur le terrain de la croissance, la Commission européenne a livré son verdict, jeudi 12 juillet, en publiant ses prévisions révisées pour l’ensemble des pays de l’Union européenne (UE). L’économie française devrait croître de 1,7 % en 2018 et en 2019, quand l’activité devrait progresser de 2,6 % cette année et de 2,5 % la suivante, en Croatie.
Au-delà de l’anecdote, la publication de la Commission européenne recèle quelques sujets d’inquiétude. Les experts de Bruxelles ont passé un sérieux coup de rabot sur leurs précédentes projections, en mai. Le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne, première économie de la zone euro, ne devrait augmenter que de 1,9 %, au lieu de 2,3 %. Pour la France, la baisse est de 0,3 point, à 1,7 %. Une partie de la révision qui concerne l’économie hexagonale tient au ralentissement observé du côté de l’investissement des entreprises et des exportations. Les grèves du deuxième trimestre ont « légèrement » affecté l’activité, souligne la Commission européenne.

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Tensions commerciales, hausse du pétrole, dépenses publiques…
Invoquant les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que la hausse du prix du pétrole et ses effets inflationnistes induits, Bruxelles prévoit que l’UE ne croîtra que de 2,1 % cette année (au lieu de 2,3 %). L’inflation, elle, devrait grimper à 1,7 % en 2018 et en 2019 dans la zone euro, au lieu des taux de 1,5 % et de 1,6 %, précédemment anticipés.
Au sein des vingt-huit membres de l’UE, les deux plus mauvais élèves seront l’Italie et le Royaume-Uni, dont le PIB ne devrait progresser que de 1,3 % cette année. Ces nouvelles prévisions de croissance tiennent à « l’incertitude politique qui règne dans certains Etats membres », explique la Commission. « La révision à la baisse de la croissance du PIB par rapport aux prévisions de mai montre qu’une conjoncture extérieure défavorable, telle que celle créée par les tensions commerciales croissantes avec les Etats-Unis, peut nuire à la confiance et avoir des conséquences néfastes sur l’expansion économique », observe Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission.
Au chapitre des points d’inquiétude, les intentions en matière de dépenses publiques — et, plus largement, de politique économique — du nouveau gouvernement eurosceptique italien. Les incertitudes liées aux modalités du Brexit pèsent également sur les perspectives de l’économie britannique, avec une croissance qui serait limitée à 1,3 % en 2018, après 1,7 % en 2017. Une atonie qui ne devrait pas s’interrompre en 2019, avec une croissance attendue à seulement 1,2 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Selon le rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, plus d’un quart des postes de titulaires à temps plein sont vacants, et près de la moitié des postes à temps partiel.
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19 000 postes de médecin non pourvus dans les hôpitaux

Selon le rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, plus d’un quart des postes de titulaires à temps plein sont vacants, et près de la moitié des postes à temps partiel.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h40
   





                        


L’hôpital souffre d’un manque chronique de titulaires : plus de 19 000 postes de médecin y étaient « statutairement vacants » en début d’année, selon le rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers (CNG). Les contractuels compensent en grande partie ce déficit.
Le taux de « vacance statutaire » pour les postes à temps plein « a progressé de 0,9 point entre 2017 et 2018 » et s’établissait au 1er janvier à 27,4%, indique le rapport. Cela correspond à 15 052 postes « budgétés » mais pas « occupés statutairement » par des praticiens hospitaliers (PH).
Un taux variable selon les régions
Une grande partie de ces postes à temps plein sont toutefois « provisoirement occupés » par des praticiens contractuels : une étude du CNG réalisée en janvier 2017 estimait leur nombre à plus de 12 000.
Pour les postes de PH à temps partiel, la vacance statutaire culminait à 47 % au début de 2018, soit 4 039 titulaires manquants.
Le taux de « vacance statutaire » varie selon les régions : dans les deux catégories (temps plein et temps partiel), il est supérieur à la moyenne en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire et Normandie, mais inférieur en Bretagne, Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les disparités dépendent aussi des spécialités médicales : l’anesthésie-réanimation, l’ophtalmologie et la radiologie font partie des moins pourvues, à l’inverse de la pédiatrie, de la chirurgie infantile et de la dermatologie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ En tombant à bras raccourci sur le plan Hollande de formation en faveur des chômeurs, la Cour des comptes commet une erreur magistrale, estime Michel Weill, ancien responsable de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, dans une tribune au « Monde ».
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Formation des chômeurs : « La Cour des comptes devrait s’abstenir de porter des jugements sur des problématiques qui la dépassent »

En tombant à bras raccourci sur le plan Hollande de formation en faveur des chômeurs, la Cour des comptes commet une erreur magistrale, estime Michel Weill, ancien responsable de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h36
    |

Michel Weill (Ancien directeur général adjoint de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail)







                        



                                


                            

Tribune. La Cour des comptes a rendu public, mercredi 4 juillet, un rapport d’une extrême sévérité sur le plan de formation pour les chômeurs lancé en 2016 par François Hollande. Ce plan visait à doubler le nombre de formations qui leur étaient précédemment destinées, en passant de 500 000 à 1 million de formations annuelles. Il visait particulièrement les personnes peu ou pas qualifiées, ainsi que les chômeurs de longue durée.
Une des principales critiques adressées par la cour est que le taux d’insertion des personnes formées ne s’est pas amélioré par rapport aux actions antérieures. Ce taux a certes très légèrement baissé, de 0,2 %, mais il s’applique à une population double ! Le rapport reste d’ailleurs prudent en n’excluant pas qu’à moyen terme, le plan ait eu un effet sur l’employabilité des bénéficiaires…

Face à ce jugement, on a envie de citer le proverbe chinois qui dit que « quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ». Le doigt, c’est la baisse de 0,2 % du taux d’insertion. Et la lune ? Eh bien, c’est le fait qu’on a quasiment doublé, à 0,2 % près, le nombre absolu de chômeurs réinsérés ! Une performance tout à fait exceptionnelle, compte tenu à la fois de la rapidité de mise en place du plan et du fait qu’il a fallu puiser dans les profondeurs du panier pour trouver les candidats.
Un saut quantitatif
L’objectif n’était pas, dans un tel délai, d’améliorer l’efficience de la formation, mais d’effectuer un saut quantitatif, sans dégradation qualitative. Belle performance ! Mais nos conseillers comptables, qui n’ont sans doute jamais entendu parler de la loi des rendements décroissants, ont manifestement fait preuve de myopie en gardant l’œil rivé sur les ratios et les pentes des courbes, tout en ignorant l’effet quantitatif.
Ce rapport montre tout au contraire que la formation reste efficace, même quand on change d’échelle et de public. Il est donc fondamental d’y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La firme de Clermont-Ferrand débourse 1,7 milliard de dollars pour prendre le contrôle du leader des chenilles pour tracteurs et des pneus pleins pour chariots élévateurs.
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En achetant le québécois Camso, Michelin devient numéro un mondial du pneu « hors route »

La firme de Clermont-Ferrand débourse 1,7 milliard de dollars pour prendre le contrôle du leader des chenilles pour tracteurs et des pneus pleins pour chariots élévateurs.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h23
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Pour continuer l’aventure, quoi de plus grisant que de prendre les chemins de traverse ? C’est – peut-être – ce que se disaient, ces jours derniers, les dirigeants de Michelin, à l’heure d’annoncer une acquisition qui va faire de la firme de Clermont-Ferrand le numéro un mondial du pneumatique « hors route ». Jeudi 12 juillet, Michelin a signé la prise de participation à 100 % de la société canadienne Camso, spécialiste des chenilles en caoutchouc et des pneus pleins, qui se présente elle-même, jusque sur son logo, comme une « Road Free Company ».
L’acquisition à 100 % pour un 1,7 milliard de dollars américains (1,5 milliard d’euros) a été paraphée au siège de l’entreprise, à Magog, charmante bourgade québécoise de 20 000 âmes, posée sur la rive d’un petit lac, à une petite heure en motoneige de la frontière américaine. Michelin débourse 1,45 milliard en cash et 250 millions sous forme de reprise de dette pour acquérir cette société qui réalise 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires.
« C’est un prix d’ami », se réjouit-on chez Michelin, qui achète Camso pour l’équivalent de 8,3 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda, selon l’acronyme anglo-saxon), une fois les synergies prises en compte, que la multinationale tricolore estime à 55 millions de dollars par an à l’horizon 2021.
La société emploie 7 700 personnes dans le monde, dont 300 au Canada et 5 500 au Sri Lanka, où elle concentre sept de ses dix-sept usines. Les autres sites se répartissent entre l’Amérique du Nord, le Brésil, l’Europe de l’Ouest, la Chine et le Vietnam. Cette dernière implantation fait passer un petit frisson chez les Michelin, l’entreprise française ayant été expropriée de ce pays (où elle possédait de grandes plantations d’hévéa) au milieu des années 1970, après la prise de contrôle de tout le territoire par le régime communiste du Nord.
Une opération emblématique

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De dimension modeste à l’échelle de Michelin (le groupe a réalisé 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), l’opération n’est pas moins emblématique de la volonté de sortir de la mono-industrie du pneu de voiture et de camion. Volonté affirmée avec force cette année par la firme auvergnate. En effet, l’acquisition de Camso intervient après celle de la société Fenner, en mars, pour 1,5 milliard d’euros. Cette entreprise britannique produit des convoyeurs en caoutchouc, ces tapis roulants très utilisés dans les mines, et des matériaux technologiques pour l’industrie.
En fait, c’est tout juste si, chez Bibendum, on parle encore de pneus. On préfère désormais se présenter en entreprise de petit génie des matériaux : caoutchouc, silice, résines, polymères, textiles, métaux… « Le secret de Michelin est dans ses matériaux », affirme Jean-Dominique Senard, le président du groupe. Ce qui compte, c’est l’excellence dans la mise au point d’élastomères, qui serviront à vendre des produits techniques sur des marchés variés et de préférence en croissance.
Avec l’achat de Camso, le marché visé est celui du off road : environ 13 milliards d’euros au total et une belle croissance sur certains de ses segments, comme celui des chenilles pour engins agricoles, qui affiche une hausse de 9 % par an. Cela tombe bien, la société québécoise est numéro un mondial de cette spécialité, tout comme elle domine le marché des pneus pleins pour les chariots élévateurs et, sans surprise, le marché plus confidentiel à l’échelle planétaire des chenilles pour motoneiges.
« Nous pourrons accéder à des marchés dont nous sommes privés aujourd’hui »

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Sans être leader partout, Camso est aussi bien placé dans les chenilles pour engins de chantiers ou dans les pneus dits « bias », une technologie un peu rustique que Michelin a laissé tomber il y a plusieurs années au profit du pneu radial, mais dont la robustesse lui assure encore une forte présence sur les chantiers et dans les champs du monde entier.
« Le service reste au cœur de notre offre »
« Nous pourrons accéder à des marchés dont nous sommes privés aujourd’hui, se réjouit M. Senard. Certains de nos clients, comme John Deere, nous demandent désormais des chenilles pour leurs moissonneuses-batteuses ou leurs tracteurs et, jusqu’ici, nous n’étions pas capables de répondre. » Les perspectives de croissance future paraissent prometteuses, soutenue par la demande de modernisation agricole venue des campagnes indiennes ou des fermes géantes chinoises, mais aussi par les chantiers titanesques à venir, liés à l’essor urbain en Afrique.
Chez Michelin, ces produits, qui n’empruntent pas, pour l’essentiel, les routes normales, sont regroupés dans la division du groupe sous l’intitulé « activités de spécialités ». Il s’agit de l’aérien, des engins miniers, agricoles et de construction, ainsi que des deux-roues. Cette activité a généré 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, soit 15 % des ventes de Michelin (contre 57 % pour la partie automobiles et camionnettes et 28 % pour les camions). Mais sa croissance depuis dix ans est la plus forte des trois business de Bibenbum (plus de 50 % en 2017) et les acquisitions de 2018 vont faire bondir l’activité spécialités de 2 milliards.

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Faut-il voir dans ce tournant stratégique un recentrage sur le produit caoutchouc et, par conséquent, un abandon de ce qui semblait être le leitmotiv de Michelin – la transformation en une société de services –, ces dernières années ? « Pas du tout, répond M. Senard. Le service reste au cœur de notre offre. En particulier à travers le numérique. Camso comme Fenner ne se contentent d’ailleurs pas de vendre des objets. Ils apportent au client l’intelligence et l’assistance qui va avec. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’économiste Bernard Baudry, dans une tribune au « Monde », dénonce, derrière le vœu présidentiel d’un meilleur « partage » entre capital et travail, un déplacement des risques économiques et financiers sur les salariés.
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Les ombres du « capitalisme populaire prôné par le président Macron »

L’économiste Bernard Baudry, dans une tribune au « Monde », dénonce, derrière le vœu présidentiel d’un meilleur « partage » entre capital et travail, un déplacement des risques économiques et financiers sur les salariés.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h57
    |

                            Bernard Baudry (Professeur d’économie à l’université Lyon-II)








                        



                                


                            

Tribune. Dans son discours devant le Congrès, lundi 9 juillet, Emmanuel Macron a défendu sa conception d’un capitalisme qu’il qualifie de « populaire », et qui « passe par un investissement des salariés dans les entreprises, avec un nouvel élan de la participation et de l’intéressement ».
Le président de la République semble reprendre les arguments du général de Gaulle qui, dans les années 1960, souhaitait assurer une forme de compromis entre le capital et le travail à travers les mécanismes de participation financière. En complément de ces mécanismes, la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) envisage d’accroître le nombre de salariés dans les conseils d’administration. Ce capitalisme populaire « macronien » serait donc un compromis vertueux entre le capital et le travail, en associant les salariés au partage des profits et à la gestion de l’entreprise.
Nous proposons une autre lecture de ce projet présidentiel, projet qui conforte une certaine vision, à la fois managériale et financière, du fonctionnement de l’entreprise. Il s’agit en réalité de reporter sur les salariés un double risque économique et financier, le premier lié à la variabilité de leur rémunération totale, le second lié à l’instabilité des placements issus de la participation et de l’intéressement. Sans accroître pour autant leur rôle dans la gestion de l’entreprise.
Une nouvelle norme de rémunération
Tout d’abord, les dispositifs de participation et d’intéressement s’intègrent dans une nouvelle norme de rémunération, qui consiste à accroître la part variable de la rémunération totale. Si l’on additionne l’ensemble des éléments variables individuels et collectifs, cette part variable s’élève, en moyenne, à 20 % de la rémunération totale des salariés en France. Une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) indique que le montant moyen de la participation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le juriste Mark Roe et l’économiste Michael Troege estiment dans une tribune au « Monde » que les arguments selon lesquels le trop grand poids des actionnaires entraverait l’innovation et les investissements ne résistent pas à l’épreuve des faits.
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Le mauvais procès du « court-termisme des actionnaires »

Le juriste Mark Roe et l’économiste Michael Troege estiment dans une tribune au « Monde » que les arguments selon lesquels le trop grand poids des actionnaires entraverait l’innovation et les investissements ne résistent pas à l’épreuve des faits.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h44
    |

Mark J. Roe (Professeur à l’université de Harvard) et Michael Troege (Professeur à ESCP Europe)







                        



                                


                            

Tribune. Il est communément admis que la Bourse force les entreprises à mener des stratégies excessivement court-termistes. Ce prétendu court-termisme est souvent présenté comme la source d’une bonne partie de nos problèmes économiques actuels. Le législateur cherche explicitement à lutter contre ce phénomène avec des lois comme la loi Florange en France ou le projet du Brokaw Act aux Etats-Unis, qui ont pour objectif de réduire l’influence des actionnaires qui achètent et vendent rapidement.
On invoque usuellement deux mécanismes par lesquels le court-termisme mettrait en danger l’avenir économique d’une entreprise cotée en Bourse.
D’une part, le marché boursier ne permettrait pas à la plupart des grandes entreprises de faire suffisamment de recherche et développement (R&D). Selon cette théorie, des actionnaires voulant générer des plus-values rapides ne souhaitent pas attendre les bénéfices futurs générés par les dépenses de R&D.
Management rapidement remplacé
Les grandes entreprises qui font beaucoup de R&D seraient alors sanctionnées par la Bourse : la valeur de leur action chuterait, l’entreprise pourrait être rachetée et le management qui serait suffisamment fou pour se lancer dans de grandes dépenses de ce genre serait rapidement remplacé.
D’autre part, les actionnaires court-termistes forceraient les entreprises à leur verser des sommes d’argent excessives, soit à travers des dividendes élevés (par exemple, Oxfam a récemment accusé les grandes entreprises françaises de verser trop de dividendes), soit en rachetant leurs propres actions – un moyen de distribution de trésorerie qui est particulièrement critiqué aux Etats-Unis. Ainsi privées de leurs réserves de trésorerie, les entreprises n’auraient plus assez d’argent pour faire les dépenses d’investissements nécessaires.
Même s’il existe des observations partielles qui semblent confirmer ces deux mécanismes, ces affirmations sont fausses au niveau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Des machines de plus en plus intelligentes s’apprêtent à envahir notre vie. Quelles réactions aurons-nous demain vis-à-vis des robots sociaux, conçus pour nous sembler doués d’émotions et d’empathie ? Qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en inquiète, ces créatures autonomes vont bouleverser notre manière d’interagir avec autrui.
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Robot mon amour

Des machines de plus en plus intelligentes s’apprêtent à envahir notre vie. Quelles réactions aurons-nous demain vis-à-vis des robots sociaux, conçus pour nous sembler doués d’émotions et d’empathie ? Qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en inquiète, ces créatures autonomes vont bouleverser notre manière d’interagir avec autrui.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h57
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Il va falloir vous y faire : de plus en plus, et de manière plus fluide et peut-être plus captivante qu’avec nombre d’interlocuteurs humains, vous allez converser avec des machines. Elles ne se contenteront plus de vous rendre toutes sortes de services : elles vous conseilleront, vous rassureront, vous feront rire, seront attentives à vous. Bien sûr, vous allez vous y attacher. Vous allez vous inquiéter pour elles, être triste quand elles seront cassées. Certains ne pourront plus s’en passer. Et il ne s’agit pas là d’un futur lointain ! Les assistants virtuels sont déjà dans nos ­téléphones, les robots domestiques dans nos foyers. Et tous, demain, seront infiniment plus performants qu’aujourd’hui. Entre les robots et nous, les affinités particulières ne font que commencer.

Faut-il s’en inquiéter ? S’en réjouir ? Question de génération, sans doute. Et de culture. Dans l’imaginaire occidental, le mot « robot » apparaît pour la première fois en 1920 dans une pièce de théâtre du Tchèque Karel Capek, R.U.R. (Rossum’s Universal Robots), et, tout de suite, la tragédie est au rendez-vous. D’ap­parence similaire à celle des humains, les androïdes créés par le démiurge Rossum remplissent les tâches qui étaient les nôtres – jusqu’au jour où ils se révoltent et détruisent la race humaine. D’alliés, ils sont devenus ennemis, selon un schéma catastrophiste qui a nourri par la suite quantité de romans et de films d’anticipation.
« Absorbeur d’angoisse »
Mais d’autres ressorts narratifs sont possibles. Au Japon, par exemple, où une philosophie animiste toujours prégnante fait imaginer une « âme » à tout ce qui semble doté d’un mouvement autonome, les robots sont perçus comme capables de faciliter notre croissance morale et notre maturation psychologique. La culture populaire les a adoptés depuis longtemps, et Astro, le petit robot, série de shonen mangas d’Osamu Tezuka publiée entre 1952 et 1968, y est devenu un symbole national.
Au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le fonds activiste américain Elliott a des visées sur la France. Ses méthodes agressives sont craintes par les dirigeants. La dernière offensive, contre l’allemand Thyssenkrupp, a abouti au départ du directeur général.
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Peur sur le CAC, le « Batman de la finance » arrive en ville

Le fonds activiste américain Elliott a des visées sur la France. Ses méthodes agressives sont craintes par les dirigeants. La dernière offensive, contre l’allemand Thyssenkrupp, a abouti au départ du directeur général.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Pont-levis, check. Réserve de poix, check. Arquebuses chargées, check. Avocats, banquiers, conseils en communication racontent comment nombre de grandes entreprises françaises ont, ces derniers mois, fortifié leurs défenses. Même les pouvoirs publics sont en alerte. Mais que diable craignent-ils tous ? S’ils savent que tôt ou tard un activiste peut débarquer au capital d’un fleuron tricolore pour chercher à le déstabiliser, comme c’est arrivé chez Unilever ou Nestlé, un fonds les effraye plus que les autres. Elliott.
La technique du combat actionnarial rapproché a été peaufinée aux Etats-Unis par des personnages comme Carl Icahn, Nelson Peltz et Bill Ackman. Ils s’invitent au capital d’une entreprise et ensuite harcèlent le board et la direction jusqu’à obtenir un poste d’administrateur, un dividende exceptionnel ou des ventes d’actifs. Voire une cession totale. Même General Electric et Procter & Gamble ont appris à obtempérer à leurs exigences.
Parmi ces mâles alpha du capitalisme, Paul Singer, grand donateur du Parti républicain, s’est fait un nom et un prénom (son second en fait) : son fonds Elliott, qui gère 35 milliards de dollars (30 milliards d’euros), a la réputation d’être le plus procédurier, le plus tenace, le plus agressif. Sa route est pavée de patrons évincés après avoir tenté de lui résister.
Dernier en date, Heinrich Hiesinger, le président du directoire du conglomérat allemand Thyssenkrupp, a présenté, jeudi 5 juillet, sa démission. A l’été 2017, le directeur général et la directrice financière du chimiste néerlandais Akzo Nobel, Ton Buechner et Maëlys Castella, assiégés à la fois par le fonds activiste et leur concurrent PPG, avaient été mis hors-jeu « pour raison de santé ».

« Je parie sur un gros coup d’ici la fin de l’année »
Si les Etats-Unis représentent environ entre 50 % et 60 % des actifs d’Elliott, l’Europe pèse déjà 30 % à 40 %. Au Royaume-Uni, le « Shiva de l’activisme » pousse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La Commission européenne a abaissé, jeudi, ses prévisions de croissance pour 2018.
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Les tensions avec les Etats-Unis rendent Bruxelles moins optimiste pour l’économie de la zone euro

La Commission européenne a abaissé, jeudi, ses prévisions de croissance pour 2018.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 12h26
   





                        


Les tensions commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis devraient peser sur l’économie de la zone euro cette année, a prévenu, jeudi 12 juillet, la Commission européenne à l’occasion de la publication de ses prévisions d’été. L’exécutif européen a ainsi abaissé sa prévision de croissance, tablant sur une progression de 2,1 % pour l’ensemble des pays de la zone euro, et non plus de 2,3 % comme avancé le 3 mai, lors de son évaluation de printemps.
En revanche, pour 2019, la Commission européenne a maintenu sa prévision à 2 %, soit exactement le même chiffre qu’en mai. « Nous prévoyons une expansion continue en 2018 et 2019, bien qu’une nouvelle escalade des mesures protectionnistes constitue un risque clair à la baisse », a commenté le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, cité dans un communiqué.
« Les guerres commerciales ne produisent pas de gagnants, seulement des dégâts », a-t-il mis en garde, comme il l’avait déjà fait ces dernières semaines après les annonces, par le président américain Donald Trump, de l’imposition de taxes douanières sur l’acier et l’aluminium européens. L’Union européenne a répliqué à ces mesures en mettant, elle aussi, en place des droits de douane additionnels sur une série de produits américains en guise de rétorsion.

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La Commission européenne a également souligné « les incertitudes politiques dans un certain nombre de pays de l’UE », qui constituent un risque pour la croissance économique de la zone. Elle relève non seulement les dangers qui peuvent apparaître en raison des négociations difficiles sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union, prévu pour la fin de mars 2019, mais aussi de la situation politique en Italie.
L’Allemagne et la France, les deux premières économies de la zone euro, perdraient en dynamisme cette année et la suivante. La croissance de l’Allemagne ralentirait à 1,9 % en 2018 et en 2019, alors que la Commission projetait jusqu’alors 2,3 % et 2,1 % respectivement. Celle de la France serait ramenée à 1,7 % en 2018 et en 2019, au lieu de 2 % et 1,8 % respectivement.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Des années de grèves perlées ou de simples menaces de tels mouvements ont permis outre-Manche de faire aboutir progressivement les revendications salariales des personnels du rail constate, dans sa chronique, l’économiste Philippe Askenazy.
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« Il est à craindre qu’il faille, en France, à l’instar des Britanniques, s’habituer à un régime de grèves perlées »

Des années de grèves perlées ou de simples menaces de tels mouvements ont permis outre-Manche de faire aboutir progressivement les revendications salariales des personnels du rail constate, dans sa chronique, l’économiste Philippe Askenazy.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h08
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            

Tendances France. Comment comprendre que la CGT et SUD aient appelé à débrayer les 6 et 7 juillet, et à nouveau, nationalement ou localement, le 19 juillet, et promettent de poursuivre le mouvement ? La loi ferroviaire a été votée et ratifiée. Certes, il demeure encore des étapes essentielles et tout particulièrement la négociation de la nouvelle convention collective, mais globalement la longue séquence de 36 jours de grève du printemps et du début d’été n’a que marginalement fait bouger les lignes, et les négociations doivent s’étaler sur de nombreux mois. D’où la dénonciation de grèves qui seraient désormais « politiques ».
On peut cependant proposer une tout autre lecture de la forme prise par ce conflit social. Avec la loi ferroviaire, nous basculons dans un nouveau monde du rail où domineront des acteurs privés et la SNCF, mais où celle-ci agira plus encore qu’aujourd’hui comme une entreprise privée plutôt que comme un service public. Quelle peut être la stratégie syndicale dans un tel contexte ? Devenir (plus) corporatiste et… « innover ».
Au lieu de traverser le Rhin, où subsiste une certaine forme de contractualisation des relations sociales, prenons le tunnel sous la Manche pour trouver là aussi un système ferroviaire théâtre de l’affrontement entre compagnies privées, dont certaines comptent d’ailleurs déferler demain sur le réseau français : Arriva, filiale de la Deutsche Bahn ; Keolis, filiale de la SNCF…
Deux ans de formation
Qu’y voit-on ? A l’initiative du premier syndicat du rail britannique – National Union of Rail, Maritime and Transport Workers (RMT) –, des grèves ont eu lieu le 9 mai, les 16 et 24 juin chez Greater Anglia Rail ; les 9, 24 et 26 mai, 19, 21, 23 juin chez Northern Rail ; les 9, 11, 14, 16 et 18 mai chez South Western Railway – la médiation de l’Advisory, Conciliation and Arbitration Service a évité in extremis trois jours supplémentaires en juin… La liste des débrayages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Son cofondateur, Wang Jian, mort récemment en France, s’était livré à une frénésie d’acquisitions, avant que Pékin ne commence à s’inquiéter de l’endettement de ses ambitieux milliardaires, note Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde ».
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« La dette colossale de HNA menace de couper à tout moment les ailes du géant chinois »

Son cofondateur, Wang Jian, mort récemment en France, s’était livré à une frénésie d’acquisitions, avant que Pékin ne commence à s’inquiéter de l’endettement de ses ambitieux milliardaires, note Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h00
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Ils traînent sur le tarmac de Toulouse, comme des enfants abandonnés. L’agence Reuters en a compté six, peut-être y en a-t-il plus. Des A330 flambant neufs. Un garuda stylisé déploie ses ailes d’or sur leur queue rouge. L’oiseau mythique est l’emblème de la compagnie régionale chinoise Hainan Airlines. Interrogé, Airbus confirme la négociation en cours. Pas de règlement, pas de livraison. La maison mère, le groupe HNA, peine à trouver les fonds, se débattant dans de grandes difficultés financières. Comme si cela ne suffisait pas, ces avions, comme l’entreprise, sont orphelins depuis une semaine. Leur père, Wang Jian, coprésident de HNA et lui-même pilote, n’a pas survécu à une chute de 15 mètres. C’était en France, le 4 juillet, à Bonnieux, dans le Luberon. Pour se faire photographier devant la campagne provençale, il avait escaladé le petit muret qui dominait la falaise, puis perdu l’équilibre. La thèse de l’accident a été confirmée.
Cela ne pouvait survenir à un plus mauvais moment, comme un moteur qui lâche en plein redécollage. Depuis le début de l’année, l’entreprise lutte pour réduire une dette colossale de 90 milliards de dollars (77 milliards d’euros) qui menace à tout moment de couper les ailes de l’un des plus grands groupes chinois.
Et Wang Jian était l’homme qui parlait aux financiers de la planète. En mars 2017, à l’occasion de la fête juive de Pourim, il était l’invité d’honneur d’une cérémonie au Musée juif de New York, devant la crème de Wall Street. On lui offrit une boule de cristal sur laquelle étaient gravés deux coqs d’or, en référence à l’année chinoise qui commençait. Il faut dire qu’il avait bien fait travailler les banquiers d’affaires. Créé en 1995, à partir de la compagnie aérienne, le groupe HNA s’était lancé depuis trois ans dans une frénésie d’acquisitions internationales. Près de 40 milliards de dollars ont été dépensés pour devenir actionnaire du groupe Hilton, d’immeubles de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Une décision du Conseil d’Etat prive d’autorité compétente l’étude d’impact de dizaines de projets éoliens.
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La filière éolienne ralentie en France par un imbroglio juridique

Une décision du Conseil d’Etat prive d’autorité compétente l’étude d’impact de dizaines de projets éoliens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h48
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Déjà en retard sur ses voisins dans le développement de l’éolien, la France ajoute un imbroglio juridique aux difficultés de la filière. A la suite d’une décision du Conseil d’Etat, des dizaines de projets éoliens pourraient être annulés ou retardés. Avec un parc de 13 700 mégawatts de capacité installée, ces décisions pourraient menacer entre 2 000 et 5 000 mégawatts de projets en cours, selon les professionnels.
Le Conseil d’Etat a en effet annulé, en décembre 2017, un décret qui désigne le préfet de région comme autorité environnementale, avec pour compétence de valider les études de nombreux projets ayant un impact sur l’environnement. Ce qui concerne, entre autres, les projets éoliens.
Mais le Conseil n’a pas prévu de période de délai, le temps de désigner une nouvelle autorité apte à décider. Résultat : il n’y a plus d’autorité compétente, ce qui bloque des projets en cours, mais permet aussi aux opposants d’attaquer de manière rétroactive des projets déjà autorisés.
« Totalement à l’arrêt »
Cette situation ubuesque aurait pu prendre fin rapidement avec la publication d’un nouveau texte, mais celui-ci s’est perdu dans les limbes administratifs et ne devrait pas être en vigueur avant l’automne prochain. « Nous demandons au gouvernement de traiter ce dossier en urgence et qu’il mette en place une procédure de régularisation des projets bloqués », s’alarme Olivier Perot, président de l’association France Energie Eolienne (FEE).
Le paradoxe ne s’arrête pas là : ce ralentissement intervient alors que la France n’a jamais autant installé d’éoliennes sur son territoire. « La filière risque d’être totalement à l’arrêt au moment même où nous sommes en train d’atteindre les objectifs qu’a fixés le gouvernement, et tout ça pour des problèmes administratifs », se désole Pauline Le Bertre, déléguée générale de FEE. L’éolien représente aujourd’hui 4 % de la consommation électrique française, mais doit atteindre entre 10 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les projets « Wing » et « Loon » deviennent des entreprises à part entière.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Google renforce ses programmes de drones de livraison et de ballons pour accéder au Web

Les projets « Wing » et « Loon » deviennent des entreprises à part entière.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h46
   





                        



   


Alphabet, la maison mère de Google, a annoncé ce 11 juillet que ses projets « Loon » et « Wing », respectivement consacrés aux ballons permettant une connexion sans fil à Internet et aux drones de livraison, disposeraient désormais de leurs propres entreprises. Ces deux projets sont issus de la division « Projet X » du groupe, laquelle travaille sur des projets à très long terme, qui semblent parfois directement issus d’un film de science-fiction. Seule une toute petite partie des projets élaborés dans ce cadre survivent plusieurs années, et finissent par devenir une filiale à part entière.

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Les premiers tests de Loon ont été menés en 2013, et les recherches se poursuivent depuis 2014 avec le CNES, l’agence spatiale française. Les ballons de test sont capables de diffuser un signal 4G sur un rayon de 80 km, et sont conçus pour permettre aux endroits les plus reculés de la planète d’accéder au réseau. Wing, lancé en 2014, travaille sur des prototypes de drones de livraison capables de fonctionner en environnement urbain avec une grande précision.
Les deux projets devront désormais poursuivre leurs progrès techniques, mais aussi développer un modèle économique. Sur son site dédié, le projet Loon appelle les « opérateurs et gouvernements intéressés » à contacter l’entreprise.

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L’usine d’éoliennes General Electric de Montoir-de-Bretagne attend toujours les commandes françaises

Le site flambant neuf de General Electric (ex-Alstom), en Loire-Atlantique, est prêt à produire les éoliennes offshore pour les parcs français. Mais les retards s’accumulent.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h32
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Sur le quai du port, les monstres de 400 tonnes et 10 mètres de haut ressemblent aux véhicules blindés de L’Empire contre-attaque. Trois nacelles géantes – la partie supérieure d’une éolienne – sur lesquelles seront fixées les pales, attendent sagement face à l’usine General Electric de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), d’être délicatement posées sur des navires pour être transportées en mer du Nord.
Dans l’usine, plus de 120 salariés et des centaines d’intérimaires s’activent pour la finition des dernières nacelles d’éoliennes offshore à livrer en Allemagne pour le parc Merkur, l’un des plus gros du pays, avec 66 éoliennes. De quoi fournir de l’électricité à l’équivalent de 500 000 foyers.
Mais l’usine flambant neuve, construite par Alstom en 2014, reprise depuis par GE, fait face à un paradoxe. Alors que les investissements dans l’éolien offshore ont bondi de 40 % en deux ans en Europe, que les prix sont en chute libre et que la concurrence entre les géants du secteur fait rage, le site de Montoir va devoir fonctionner au ralenti à cause du retard pris par la filière française.
Recours d’opposants et lenteurs administratives
Dans le gigantesque hangar, le générateur est assemblé et testé avant d’être fixé sur la nacelle, avec sa plate-forme rouge, sur laquelle viendront se poser les hélicoptères pour les opérations de maintenance. « On met une vingtaine de jours pour produire un générateur », explique Jean-Baptiste Vilcoq, le responsable de la production, qui souligne que l’usine fait appel à une série de sous-traitants locaux pour son matériel et son outillage. L’assemblage entre le générateur, la nacelle et le nez de l’éolienne est un défi technique et se fait au dixième de millimètre près. « Ce sont de très gros assemblages, qui nécessitent énormément de précision », souligne M. Vilcoq.
A l’origine, en 2011, Alstom s’était engagé aux côtés d’EDF sur trois parcs éoliens en Bretagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le départ soudain de Liane Hornsey tombe au mauvais moment pour le nouveau patron Dara Khosrowshahi qui tente de redorer l’image de la plate-forme.
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Nouvelle embardée pour Uber qui perd sa DRH, sur fond de soupçons de discrimination raciale

Le départ soudain de Liane Hornsey tombe au mauvais moment pour le nouveau patron Dara Khosrowshahi qui tente de redorer l’image de la plate-forme.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h22
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Première situation de crise pour Dara Khosrowshahi, le directeur général d’Uber, nommé en août 2017 pour tourner la page des scandales secouant l’entreprise. Mardi 10 juillet, la plate-forme américaine de voitures avec chauffeur (VTC) a officialisé la démission de Liane Hornsey, sa directrice des ressources humaines. Un départ soudain, qui pourrait avoir été précipité par les questions posées la veille par l’agence Reuters sur des accusations de discriminations raciales au sein de l’entreprise.
Dans un message adressé aux employés, M. Khosrowshahi n’a fourni aucune explication. D’après la presse américaine, Mme Hornsey avait été mise en cause par un employé anonyme qui lui reprochait de ne pas prendre au sérieux des plaintes en interne pour discrimination raciale et d’avoir tenu des propos désobligeants envers Bernard Coleman, le responsable chargé de la diversité. Uber avait diligenté une enquête, confiée à un cabinet d’avocats. Selon son premier rapport, certaines accusations étaient fondées.
Une nouvelle culture d’entreprise
Passée par Google, Mme Hornsey avait été recrutée en janvier 2017 par la précédente direction, un mois avant le témoignage d’une ancienne ingénieure accusant Uber d’ignorer des plaintes pour harcèlement sexuel. Ce scandale avait conduit à la mise à l’écart de Travis Kalanick, le fondateur de la société. En mars, Uber a accepté de verser 10 millions de dollars (8,5 millions d’euros) pour mettre un terme à une action de groupe (class action).
Face à la crise interne, la responsable avait imposé des changements managériaux et instauré des règles sur l’égalité salariale. Pour M. Khosrowshahi, cette affaire tombe mal. Depuis un an, il tente d’insuffler une nouvelle culture d’entreprise et de redorer l’image de la plate-forme. Mais ces efforts pourraient être remis en cause par de nouvelles révélations embarrassantes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.
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TF1 en passe de racheter Doctissimo

TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h16
    |

            Sandrine Cassini








                        


Dix ans après sa reprise par Lagardère, Doctissimo change de mains. TF1 a annoncé jeudi 12 juillet être entré en négociations exclusives pour reprendre le site consacré à la santé. Selon nos informations, le montant de la transaction s’élèverait à 15 millions d’euros. En une décennie, Doctissimo, qui enregistre pourtant 12 millions de visiteurs uniques chaque mois d’après Médiamétrie, a vu sa valeur divisée quasiment par dix. A l’époque, Lagardère avait repris 53,4 % du capital de Doctissimo dans une opération valorisant l’entreprise 138 millions d’euros.

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Las, depuis, le site – qui a continué de croître et qui réunit une importante communauté féminine – a, selon des sources proches du dossier, eu du mal à suivre les évolutions du marché publicitaire. Ainsi, il est resté ancré sur la publicité classique, ne prenant pas le virage du programmatique, ces publicités ciblées commercialisées via des plates-formes d’enchères automatisées, ou du e-commerce.
Comparaison cruelle
La comparaison est cruelle avec Aufeminin, également propriétaire de Marmiton, qui faisait à l’époque figure de concurrent de Doctissimo, et que TF1 a racheté fin 2017 pour 365 millions d’euros. Depuis deux ans, le site féminin s’est réinventé pour se tourner vers ces nouvelles formes de publicité. D’ailleurs, de bonne source, c’est parce que la Une a mis la main sur les équipes d’Aufeminin et leur savoir-faire qu’elle peut se permettre de reprendre Doctissimo.
Ensemble, les deux marques cumuleront 20 millions de visiteurs uniques. Une force de frappe conséquente pour le groupe de médias propriété de Bouygues sur le marché de la publicité en ligne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ En raison de difficultés sur le marché des agrocarburants, l’es-Sofiprotéol est dans le rouge pour la deuxième année de suite.
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Agrocarburants : la concurrence de l’huile de palme et du soja fait souffrir le groupe Avril

En raison de difficultés sur le marché des agrocarburants, l’es-Sofiprotéol est dans le rouge pour la deuxième année de suite.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h04
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Mi-juin, des agriculteurs de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) bloquaient des raffineries et des dépôts de carburant. En cause : la concurrence de l’huile de palme sur le marché des agrocarburants. La prochaine ouverture de la raffinerie Total de la Mède (Bouches-du-Rhône) servant de détonateur au mécontentement. Derrière ces opérations se profilaient les intérêts d’Avril, ex-Sofiprotéol, bras armé de la filière colza et puissant acteur de l’agriculture industrielle en France. Un groupe discret, mais dont les marques comme Lesieur, Puget ou Mâtines sont connues du grand public.
En effet, le groupe Avril traverse une zone de fortes turbulences, liées à ses difficultés sur le marché des agrocarburants. « Cela a été le plus gros point noir de notre activité en 2017 », confirme Jean-Philippe Puig, le gérant. Au point que les comptes ont viré au rouge pour la deuxième année de suite. En 2017, l’entreprise a accusé une perte de 56 millions d’euros, contre 51 millions d’euros un an plus tôt. Alors même que le chiffre d’affaires progressait de 6 %, à 6,2 milliards d’euros, porté par la hausse des matières premières.
L’ambiance n’est donc pas des plus sereines dans les usines de la filiale Saipol, spécialisée dans les agrocarburants. Déjà secoués par l’explosion sur le site de Dieppe, qui a causé la mort de deux employés d’un sous-traitant, en février 2018, les salariés sont au chômage technique depuis mars. « En mars et avril, les usines ont tourné à la moitié de leur capacité », précise M. Puig, qui va demander une prolongation de six mois des mesures de chômage technique.
Recours aux importations
Avril a pris de plein fouet la concurrence des agrocarburants à base d’huile de palme, mais aussi de soja. « En septembre 2017, l’Europe a levé les barrières douanières sur le biodiesel argentin à base de soja. L’Argentine en a exporté 250 000 tonnes par mois depuis, soit l’équivalent de la capacité...




                        

                        


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L’Amérique du Sud, eldorado du téléphérique urbain

Le continent, où les contraintes administratives sont moindres qu’ailleurs, attire les constructeurs européens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 11h04
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Samedi 14 juillet sera un grand jour à La Paz, principale agglomération de Bolivie et capitale administrative. La ville se prépare à l’inauguration de la septième ligne de téléphérique urbain, la celeste (« bleu ciel« ), couleur donnée aux cabines. La ligne celeste, qui comporte trois tronçons, sera plus rapide que les précédentes et établira des correspondances avec trois autres lignes, la jaune, la verte et la blanche. D’autres câbles doivent encore être installés, dotés de cabines violettes, dorées, argentées ou couleur café.
La Paz est devenue, quelques années à peine après l’inauguration de la première ligne, la rouge, en 2014, la capitale mondiale du téléphérique urbain. La ville se prête particulièrement à l’essor de ce moyen de transport. L’agglomération compte 2 millions d’habitants, dont 750 000 pour la seule ville de La Paz. La cité s’est bâtie à 3 500 mètres d’altitude, dans une vallée surplombée par l’Altiplano.

C’est sur ce plateau andin, à proximité de l’aéroport, qu’a poussé El Alto, ville à la population défavorisée. Jusqu’en 2014, les quelque 500 000 personnes qui, chaque matin, quittent El Alto pour travailler à La Paz, faisaient le trajet en colectivos, ces minibus multicolores qui se fraient un chemin dans le trafic infernal et bruyant.
La Paz, référence mondiale
Les premiers projets de téléphérique remontent aux années 1970. La proposition ressurgissait lors de chaque campagne électorale municipale, puis retombait dans l’oubli. Il a fallu la détermination d’Evo Morales, élu président du pays en 2006, pour que les blocages sautent. En 2012, au cours de son second mandat, le leader du Mouvement pour le socialisme décide la construction d’un réseau de transport par câbles. Les travaux, confiés au groupe autrichien Doppelmayr, sont menés tambour battant, et les premières cabines survolent la ville en mai 2014.
La Paz est ainsi devenue une référence mondiale pour les constructeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans tout l’Hexagone, à Orléans, Bordeaux, Rouen ou Marseille, des dizaines de projets de transport de passagers par câble ont fleuri. Mais les nombreuses avaries du téléphérique de Brest ont refroidi l’enthousiasme.
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En France, le téléphérique urbain connaît un décollage difficile

Dans tout l’Hexagone, à Orléans, Bordeaux, Rouen ou Marseille, des dizaines de projets de transport de passagers par câble ont fleuri. Mais les nombreuses avaries du téléphérique de Brest ont refroidi l’enthousiasme.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h53
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

A Brest, le 30 juin, le téléphérique qui traverse le fleuve côtier Penfeld, inauguré en novembre 2016, a fêté son millionième passager. Les chiffres de fréquentation sont en avance sur les prévisions. « Enormément d’élus viennent le visiter. Le regard sur le téléphérique est en train de changer », se réjouit Nicolas Chapuis, directeur général de LST, une entreprise membre du consortium qui a construit l’ouvrage.
Dans tout l’Hexagone, à Orléans, Bordeaux, Rouen ou Marseille, des dizaines de projets de transport de passagers par câble ont fleuri. Parmi les plus avancés, on remarque celui de Toulouse, dont la réalisation a été confiée à Poma et qui doit aboutir fin 2020, et le Téléval, qui doit relier Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. Le téléphérique fascine, même là où il n’est pas nécessaire. Vice-président sans étiquette de la région Ile-de-France, Stéphane Beaudet douche volontairement les espoirs des élus franciliens qui réclament des cabines là où pourrait passer un bus. « J’ai compté à ce jour treize demandes. Nous n’en sélectionnerons que trois », assume-t-il.
Chute de cabine, arrêts intempestifs...
A l’exception de BMF Bartholet, le constructeur suisse qui a conçu l’ouvrage brestois, les professionnels du transport par câble n’arrivent pas à se réjouir. Les nombreuses avaries du téléphérique de Brest, chute de cabine, arrêts intempestifs, ouverture inopinée des portes, etc., ont refroidi l’enthousiasme. Les concurrents de BMF Bartholet dénoncent « un prototype », avec ces cabines qui se croisent curieusement, l’une au-dessus de l’autre.

« Brest, c’est une catastrophe », ose même Yoann Rispal, directeur de cabinet du président du département du Val-de-Marne et défenseur de longue date du Téléval. Au-delà des pannes, l’ouvrage de Brest ne répond pas selon lui aux critères du téléphérique urbain, au sens où il fonctionne à La Paz (Bolivie) ou à Ankara (Turquie). Le quartier des Capucins,...




                        

                        

