<FILE-date="2018/07/12/18">

<article-nb="2018/07/12/18-1">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été mises en place, mercredi et jeudi, entraînant la fermeture de grands axes de la ville pour assurer la sécurité des convois officiels.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Le sommet de l’OTAN crée le chaos pour les Bruxellois aussi

Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été mises en place, mercredi et jeudi, entraînant la fermeture de grands axes de la ville pour assurer la sécurité des convois officiels.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h40
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



   


S’ils connaissaient mal l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les Bruxellois ont appris à découvrir le chaos que pouvait créer, dans leur ville, un de ses sommets, tel celui qui avait lieu mercredi 11 et jeudi 12 juillet au nouveau siège de l’organisation. Et si l’ambiance était électrique dans l’enceinte à la suite des propos de Donald Trump sur l’Allemagne ou les dépenses des Européens, elle l’était aussi dans une large partie de la ville. Des mesures de sécurité exceptionnelles, voire délirantes, avaient été mises en place, entraînant la coupure des différentes artères menant à l’OTAN mais aussi d’autres axes majeurs pour permettre le passage des convois officiels ou assurer leur sécurité. L’ambassade américaine, l’hôtel de la délégation américaine et le Palais royal étaient d’autres zones inaccessibles.
Vingt-neuf chefs d’Etat et de gouvernement, de nombreux ministres ainsi que cinquante-cinq délégations participaient à l’événement, ce qui a mobilisé environ 2 500 policiers et 1 000 militaires. Pour les responsables de la sécurité, pourtant rodés aux réunions européennes, ce sommet était un véritable casse-tête. Il l’est rapidement devenu pour tout le monde.
Des transports en commun eux aussi arrêtés
Mercredi après-midi le ring (« périphérique ») ceinturant la ville, déjà très congestionné en temps normal, a été coupé à hauteur de l’aéroport de Zaventem, ce qui a bloqué des usagers pendant près de deux heures. Les transports en commun étaient eux aussi arrêtés, ou déroutés, alors même que l’OTAN avait tenté d’inciter journalistes et participant à les utiliser, en leur offrant un laissez-passer…
Se rendre en voiture au sommet était en tout cas une véritable aventure, d’autant qu’un parking avait été prévu pour quelques centaines de véhicules seulement, ce qui a forcé les automobilistes à se garer dans les rues avoisinantes, où veillaient les agents verbalisant de la commune d’Evere, qui n’ont manifestement pas chômé.
Le parc du Cinquantenaire, vaste espace vert du quartier européen, était, lui aussi, fermé : c’est dans l’un de ses palais que se déroulait le dîner réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement, dans la soirée de mercredi. Toutes les rues menant au quartier étaient coupées, l’enceinte passée au peigne fin depuis vingt-quatre heures et tous les accès bloqués. Le lendemain, d’autres gigantesques embouteillages étaient constatés dans la ville, avant et après la dernière journée du sommet.
La tâche du millier de journalistes accrédités n’était pas plus aisée et ils ont été les témoins de nombreuses scènes cocasses, comme quand, mercredi matin, cinquante d’entre eux ont été confinés dans une navette de la société des transports bruxellois pendant près d’une heure. Des « raisons de sécurité » – l’arrivée du président américain une heure après, sans doute – les empêchaient de se rendre (à pied) à l’entrée du bâtiment, éloignée de plusieurs centaines de mètres du lieu où se déroulait le sommet.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-2">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La première ministre britannique tient tête face aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Theresa May assure que ses propositions « répondent au vote des Britanniques » sur le Brexit

La première ministre britannique tient tête face aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h43
   





                        



   


Pas question de laisser place aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump. La première ministre britannique l’a dit avec force à l’issue d’un sommet de l’OTAN à Bruxelles, jeudi 12 juillet : ses propositions sur le Brexit « répondent au vote des Britanniques ». 
Le gouvernement de Theresa May, toujours menacé par une possible révolte au sein de son parti, publie jeudi les détails de sa proposition de relation commerciale avec l’Union européenne (UE) après le Brexit, attendue de longue date à Bruxelles.

        Lire aussi :
         

                Avec Londres, une « relation particulière » minée par les provocations et la défiance de Donald Trump



Lors de sa conférence de presse un peu plus tôt, Donald Trump avait dit douter que les propositions de Mme May correspondent à ce pour quoi avaient voté les Britanniques lors du référendum de juin 2016. « Le peuple a voté pour rompre [les liens de la Grande-Bretagne avec l’UE] », a déclaré M. Trump, ajoutant :
« J’imagine que c’est ce qu’ils vont faire, mais peut-être qu’ils vont prendre une autre voie. Je ne sais pas si c’est pour cela qu’ils [les Britanniques] ont voté »
« Ils m’aiment beaucoup au Royaume-Uni. Je pense qu’ils sont d’accord avec moi sur l’immigration », a poursuivi M. Trump, estimant que « c’est pour ça que le Brexit est arrivé ». Il a par ailleurs jugé que l’UE devait faire « très attention » avec l’immigration, qui selon lui « prend le dessus » en Europe. Et de marteler :
« L’immigration est une chose très importante et je leur ai dit aujourd’hui, à l’Union européenne, qu’ils feraient mieux de faire très attention, parce que l’immigration prend le dessus en Europe et qu’ils feraient mieux de faire très, très attention. Je l’ai dit haut et fort. »

        Lire aussi :
         

                Brexit : les ambiguïtés se dissipent







                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-3">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Paris s’était engagé à accueillir des migrants du navire autour duquel les pays européens se sont déchirés. Ils seront orientés vers un hébergement dans plusieurs régions et bénéficieront d’une formation linguistique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Arrivée en France de 78 des 630 migrants de l’« Aquarius »

Paris s’était engagé à accueillir des migrants du navire autour duquel les pays européens se sont déchirés. Ils seront orientés vers un hébergement dans plusieurs régions et bénéficieront d’une formation linguistique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h17
   





                        


Conformément à l’engagement pris par Paris, 78 réfugiés débarqués de l’Aquarius, navire autour duquel les pays européens s’étaient déchirés, après le refus de l’Italie de lui ouvrir ses ports, sont arrivés jeudi 12 juillet en France, a annoncé le ministre de l’intérieur.
Ces personnes avaient été récemment « identifiées à leur arrivée à Valence [Espagne] par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides [Ofpra] comme relevant d’un besoin de protection au titre de l’asile », a déclaré Gérard Collomb dans un communiqué.
Elles seront « orientées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration [OFII] vers un hébergement dans plusieurs régions françaises [Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes], et bénéficieront d’une formation linguistique et aux valeurs de la République dans le cadre du contrat d’intégration républicaine », a-t-il ajouté.
Ces migrants, « originaires principalement d’Erythrée et du Soudan », selon le ministre, font partie des 630 migrants qui étaient à bord du navire Aquarius de Médecins sans frontières et SOS-Méditerranée.

        Lire aussi :
         

                Migrants : la France va accueillir 132 réfugiés de l’« Aquarius » et du « Lifeline »



La France très critiquée
A la mi-juin, face au refus de l’Italie et de Malte d’accueillir le navire, il avait finalement accosté à Valence. Critiquée pour ne pas avoir proposé d’ouvrir ses ports aux navires en détresse, au nom de la règle de droit maritime voulant qu’ils accostent dans le port sûr le plus proche, la France avait pris l’engagement d’accueillir des migrants pouvant prétendre au statut de réfugié. Au début de juillet, 52 réfugiés du Lifeline, un navire humanitaire avec à son bord 233 migrants et qui avait été accueilli par Malte, sont arrivés en France.
L’opération réalisée jeudi « illustre à nouveau la politique équilibrée mise en œuvre par la France pour accueillir les réfugiés, tout en agissant contre l’immigration économique irrégulière dans une logique européenne », a vanté le ministre de l’intérieur, dont le projet de loi asile et immigration a été critiqué jusque dans la majorité.

        Lire aussi :
         

                Migration : la France reste sur une ligne intransigeante







                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-4">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le deuxième jour du sommet organisé à Bruxelles a notamment été marqué par la convocation d’une réunion extraordinaire sur le renforcement des dépenses militaires des Européens.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

A l’issue de la réunion de l’OTAN, les dirigeants saluent des « avancées »

Le deuxième jour du sommet organisé à Bruxelles a notamment été marqué par la convocation d’une réunion extraordinaire sur le renforcement des dépenses militaires des Européens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h34
   





                        



   


Jeudi 12 juillet, au deuxième jour du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, marqué par des frictions entre Donald Trump et ses alliés, les dirigeants ont tenu à souligner les « avancées » qui en résultent. « Je crois en l’OTAN », a dit le président américain lors d’une conférence de presse, saluant les « immenses progrès » obtenus, selon lui, en matière d’engagements financiers.
« Hier, je leur ai fait savoir que j’étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait, et ils ont considérablement renforcé leurs engagements, a-t-il déclaré. Je leur ai dit que je serais très malheureux s’ils n’augmentaient pas leurs engagements de façon substantielle, parce que les Etats-Unis payent un montant énorme. » Et d’ajouter : « Maintenant, nous sommes très heureux d’avoir une OTAN très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu’il y a deux jours. »
Un avis partagé par le président français, Emmanuel Macron, selon qui l’OTAN sort « beaucoup plus forte » de ce sommet, notamment parce que Donald Trump a « réaffirmé son engagement (...) d’avoir une OTAN forte ».
La France respectera ses engagements pour parvenir à consacrer 2 % de son PIB à ses dépenses militaires. « Nous y serons en 2025 », a affirmé la ministre des armées, Florence Parly, présente à Bruxelles.
Réunion extraordinaire jeudi
L’engagement souscrit en 2014 de consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 demeure. Il est inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les dirigeants des 29 pays membres de l’Alliance. Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4 % de leur PIB pour la défense en 2018, et certains se disaient incapables de respecter leur parole en 2024, ce qui a ulcéré le président américain.
Donald Trump était arrivé à Bruxelles mardi soir décidé à leur forcer la main. Il a mis le sommet sous pression à coup de messages sur son compte Twitter et de déclarations peu amènes à l’adresse des mauvais payeurs. Le président américain a renouvelé ses exigences jeudi au début de la seconde journée du sommet et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a été contraint de convoquer en urgence une réunion extraordinaire pour désamorcer une menace de crise.
Mercredi, M. Trump s’en était pris en particulier à l’Allemagne, sa cible favorite, accusée d’être « complètement contrôlée par la Russie » à cause de ses approvisionnements en gaz, visant le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne. « J’ai expliqué qu’en Allemagne, nous savons que nous devons faire plus, et c’est ce que nous faisons depuis un certain temps », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. « Mais j’ai aussi clairement dit que nous sommes le deuxième plus grand fournisseur de troupes de l’OTAN », a-t-elle ajouté.

        Lire aussi :
         

                Sommet de l’OTAN : dure journée pour les alliés face à Donald Trump






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-5">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’ONG Médecins sans frontières, qui publie ces chiffres, met en avant la responsabilité des gouvernements européens, « déterminés à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe à tout prix ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Plus de 600 migrants sont morts en Méditerranée ces quatre dernières semaines

L’ONG Médecins sans frontières, qui publie ces chiffres, met en avant la responsabilité des gouvernements européens, « déterminés à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe à tout prix ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h50
   





                        



   


Plus de 600 migrants, dont des bébés et de jeunes enfants, se sont noyés en Méditerranée ces quatre dernières semaines, a annoncé, jeudi 12 juillet, Médecins sans frontières.
« Les gouvernements européens sont pleinement conscients des niveaux alarmants de violence et d’exploitation subis par les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants en Libye, mais sont déterminés à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe à tout prix », accuse l’ONG dans un communiqué.

        Lire aussi :
         

                Crise migratoire : les navires de sauvetage acculés en Méditerranée



L’organisation non gouvernementale fait ainsi référence au ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, qui a décidé il y a un mois d’interdire l’accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée.
La publication de ces chiffres coïncide avec la réunion des ministres de l’intérieur des Vingt-Huit, jeudi, censés travailler sur de nouveaux projets pour empêcher les arrivées de migrants sur les côtes européennes.

        Lire aussi :
         

                Migration : un conseil des ministres de l’intérieur sous le signe exclusif de la sécurité






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-6">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le tribunal de Schleswig-Holstein a donné son accord au renvoi de l’ancien leadeur catalan à Madrid, pour l’accusation de détournement de fonds publics. Il reste libre d’ici là.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La justice allemande autorise l’extradition de Carles Puigdemont

Le tribunal de Schleswig-Holstein a donné son accord au renvoi de l’ancien leadeur catalan à Madrid, pour l’accusation de détournement de fonds publics. Il reste libre d’ici là.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h19
   





                        



   


Le tribunal régional supérieur de Schleswig-Holstein a autorisé jeudi 12 juillet la remise à Madrid du chef indépendantiste catalan Carles Puigdemont. « L’extradition pour l’accusation de détournement de fonds publics est recevable, une extradition pour l’accusation de rébellion n’est pas recevable », a précisé le tribunal.
Il revient au procureur d’organiser cette remise aux autorités espagnoles, ajoute le tribunal, qui précise que « Carles Puigdemont reste libre » dans l’intervalle. Le parquet a précisé qu’il allait « décider sous peu de l’autorisation d’extrader l’accusé pour détournement de fonds ».
L’ancien dirigeant a désormais la possibilité de s’opposer à son extradition en déposant un recours auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
Extradé pour détournement de fonds publics
Poursuivi pour rébellion et détournements de fonds en Espagne en raison du référendum d’indépendance catalan organisé à l’automne 2017, Carles Puigdemont s’était réfugié en Belgique après sa destitution de la présidence catalane par Madrid et de là voyageait pour tenter d’internationaliser son combat. Il avait été interpellé à la fin de mars dans le nord de l’Allemagne. Il revenait d’un déplacement en Finlande, en voiture, en route pour la Belgique.
Les magistrats allemands avaient déjà acté en avril que l’ex-président catalan, destitué par le gouvernement espagnol à la fin d’octobre 2017, ne pourrait pas être extradé pour rébellion, mais qu’il pourrait l’être pour détournement de fonds publics. Une victoire pour M. Puigdemont, et un revers politique pour Madrid.
Cette décision porte un coup aux chefs d’accusation espagnols, car elle peut empêcher un procès pour rébellion, crime passible de trente ans de prison en Espagne : « La cour part du principe que le tribunal espagnol respectera [la décision allemande] et qu’il ne poursuivra pas l’accusé Puigdemont pour rébellion en plus de l’accusation de corruption. »
Les juges ont aussi rejeté les arguments de l’indépendantiste catalan, qui estimait être victime de poursuites politiques et que dès lors son extradition devait être interdite. « Il est aberrant de porter [une telle accusation] contre l’Etat espagnol, membre de la communauté de valeur et de l’espace juridique de l’Union européenne », estime le tribunal.
« Nous sommes convaincus que l’Allemagne ne doit pas prendre part à la criminalisation d’un comportement démocratique et qu’elle ne doit pas se mêler de querelles explosives internes à l’Espagne. Nous allons sous peu décider de la marche à suivre », ont pour leur part commenté dans un communiqué trois avocats allemands du leadeur catalan.
Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, a déclaré en marge du sommet de l’OTAN à Bruxelles que Carles Puigdemont et toutes les personnes impliquées dans la tentative de sécession avortée en Catalogne à l’automne 2017 devaient « être jugés par les tribunaux espagnols ».
Au total, vingt-cinq dirigeants séparatistes catalans sont mis en examen pour leur rôle dans cette affaire. Parmi eux, treize sont accusés de rébellion. Neuf sont en détention provisoire, et quatre se sont enfuis à l’étranger, comme Carles Puigdemont.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-7">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ De rebondissements en coups tordus, le scénario infernal du Brexit dépasse la série de Netflix, estime Alain Salles, chef du service international du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les producteurs de “House of cards” jugeraient exagérée la réalité politique britannique du moment »

De rebondissements en coups tordus, le scénario infernal du Brexit dépasse la série de Netflix, estime Alain Salles, chef du service international du « Monde ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h30
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. On ne sait pas assez que la série House of Cards a été d’abord britannique. Au début des années 1990, juste au moment de la chute de Margaret Thatcher, la BBC a diffusé cette série montrant les coups tordus pour la succession, fictive et prémonitoire, de la Dame de fer : le premier épisode a été diffusé le 18 novembre 1990, Thatcher a démissionné le 22. L’image est moins léchée et moins glamour que celle de son remake américain avec Kevin Spacey et Robin Wright en First Lady Macbeth, mais elle n’a pas vieilli. Ses couleurs un peu ternes ressemblent à celles de la politique anglaise et se fondent dans le vert des sièges du Parlement de Westminster.
La version américaine vit ses dernières heures pour cause d’« impeachment » de Kevin Spacey sous le coup d’enquêtes pour agressions sexuelles. Elle est de toute façon dépassée par Trump, qui a fait exploser les codes de la politique américaine pour l’inscrire dans une ère post-Machiavel. Depuis le Brexit, le House of Cards britannique est au contraire en train de revivre, mais pas sous forme de fiction. C’est la réalité politique du moment, avec une quantité de rebondissements que les producteurs jugeraient sans doute exagérée.
La différence principale entre la réalité et la série, c’est que, sur la BBC, comme dans la version américaine, le personnage principal tire les ficelles et manipule Westminster, en prenant les téléspectateurs à témoin. Ici, personne ne semble contrôler la situation et tout le monde est dépassé par le scénario infernal du Brexit.
Tous des seconds rôles
« House of Brexit » comporte quantité de très bons acteurs, quoiqu’ils soient parfois cabotins. Mais ce sont tous des seconds rôles. A commencer par Theresa May, la première ministre qui perd sa majorité, en convoquant des élections imperdables, en juin 2017. Elle reprend parfois la main, mais elle garde cette image de fragilité permanente, comme lors de son discours au Congrès...




                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-8">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le groupe NSU, responsable d’une série de meurtres et d’attentats racistes entre 2000 et 2007, a longtemps échappé aux autorités.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Allemagne : perpétuité pour la criminelle néonazie Beate Zschäpe

Le groupe NSU, responsable d’une série de meurtres et d’attentats racistes entre 2000 et 2007, a longtemps échappé aux autorités.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h13
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Ce fut l’un des plus longs procès qu’a connu l’Allemagne depuis la seconde guerre mondiale. Après 437 jours d’audience, Beate Zschäpe, a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, mercredi 11 juillet, par le tribunal régional supérieur (Oberlandesgericht) de Munich. Agée de 43 ans, cette ex-membre de l’organisation néonazie Nationalsozialistischer Untergrund (NSU, Clandestinité nationale-socialiste) a été reconnue coupable d’avoir participé à dix meurtres (neuf hommes d’origine turque et grecque ainsi qu’une policière allemande), deux attentats à la bombe et une quinzaine de braquages de banques, entre 2000 et 2007. Quatre coaccusés jugés pour avoir fourni une aide logistique ont par ailleurs été condamnés à des peines allant de deux ans et demi à dix ans de prison.
En Allemagne, les sites d’information, les radios et les télévisions ont consacré des éditions spéciales à la couverture du verdict, signe de l’intérêt médiatique exceptionnel suscité par ce procès depuis son ouverture, le 6 mai 2013. Un procès hors norme, en raison à la fois de sa durée (plus de cinq ans), de la taille du dossier (300 000 pages), du nombre de parties civiles (80), de témoins (750) et d’experts (42), mais aussi des innombrables incidents de procédure qui l’ont émaillé de bout en bout, donnant parfois l’impression que le « procès du procès » prenait le pas sur le procès lui-même.
Au terme de cet épuisant feuilleton judiciaire, qui a notamment donné lieu à deux pièces de théâtre, une série télévisée, une exposition ainsi qu’un long-métrage de fiction (In the Fade, du cinéaste Fatih Akin, qui a valu à l’actrice Diane Kruger le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes, en 2017), plusieurs questions majeures restent toutefois sans réponse. Et d’abord : quel fut le rôle exact de Beate Zschäpe ? Ce n’est qu’en septembre 2016, trois ans et quatre mois après l’ouverture du procès, que la principale accusée est sortie de son mutisme,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-9">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Donald Trump évoque un pays « dans la tourmente » au moment où Theresa May est désavouée par les partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Avec Londres, une « relation particulière » minée par les provocations et la défiance de Donald Trump

Donald Trump évoque un pays « dans la tourmente » au moment où Theresa May est désavouée par les partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h01
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Qu’il semble lointain, le jour de janvier 2017 où Donald Trump a pris la main de Theresa May à la Maison Blanche – elle s’y était précipitée sitôt après la présidentielle américaine. L’« ami américain » n’a pas même attendu de commencer sa première visite officielle au Royaume-Uni, jeudi 12 juillet, pour décocher quelques flèches empoisonnées à la première ministre britannique, qui n’en a guère besoin en ce moment.
Non seulement le président américain s’attend à aborder un pays qu’il juge « quelque peu dans la tourmente », mais on lui prête l’intention de rencontrer Boris Johnson, le champion du Brexit dur qui vient précisément de provoquer cette « tourmente » en démissionnant du Foreign Office pour protester contre les concessions faites par Theresa May aux Européens à l’heure du Brexit.
Boris Johnson ? « C’est un ami, il a été très aimable avec moi, il m’a beaucoup soutenu. Je lui parlerai peut-être quand je serai là-bas. J’apprécie Boris Johnson. Je l’ai toujours apprécié », a-t-il appuyé. Cette poignée de main-là « ne figure pas au programme, mais le président fait lui-même son programme, a insisté à la BBC Woody Johnson, l’ambassadeur américain au Royaume-Uni. Nous ferons tout notre possible si le président veut faire quelque chose ».
Pourtant, l’emploi du temps officiel ne manque pas d’étapes grandioses ni de rencontres prestigieuses. Dîner de gala avec des patrons à Blenheim Palace, où naquit Winston Churchill, entretien avec Theresa May dans sa résidence de campagne de Chequers, thé avec la reine Elizabeth au château de Windsor. Le voyage doit s’achever samedi et dimanche en Ecosse, pays natal de la mère de M. Trump, dans l’un des golfs qu’il y possède.

Le programme évite au maximum Londres, où une grosse manifestation est prévue vendredi 13 juillet. Le collectif « Stop Trump » appelle à un « carnaval de résistance » destiné à « montrer au gouvernement britannique...




                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-10">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La république, menée par l’autoritaire Ramzan Kadyrov, rapatrie des familles parties en Syrie et en Irak.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Tchétchénie, carrefour du retour des femmes russophones de l’EI

La république, menée par l’autoritaire Ramzan Kadyrov, rapatrie des familles parties en Syrie et en Irak.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h55
    |

            Benoît Vitkine (Grozny, Makhatchkala, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Depuis son retour de Syrie, en novembre 2017, Amina (le prénom a été modifié) se sait surveillée. Par sa famille tchétchène, pour commencer, que cette jeune femme de 33 ans exilée aux Pays-Bas depuis 1999 n’avait pas vu depuis vingt ans. Par les services fédéraux russes, ensuite, qui l’ont convoquée il y a encore quelques semaines, pour un interrogatoire au détecteur de mensonges. Par les services du tout-puissant Ramzan Kadyrov, enfin, qui tient la région d’une main de fer et a engagé tout son crédit dans le rapatriement de dizaines de « femmes de l’organisation Etat islamique (EI) ».
« Depuis que j’ai rejoint les régions kurdes de Syrie, en septembre 2017, j’en suis à douze interrogatoires. Pour le reste, je peux vivre librement », assure Amina, qui occupe avec cinq de ses enfants – deux autres de ses enfants sont restés au Pays-Bas – un petit appartement de Grozny, la capitale tchétchène, loué par l’une de ses tantes. La plupart des autres membres de sa famille tchétchène évitent de la voir. « Etre partie en Syrie fait de moi quelqu’un de toxique, explique-t-elle, habillée en abaya noire. Sans compter que mon dernier mari était tunisien, pas tchétchène, et ça, ici, c’est encore plus grave ! »

La méfiance des autorités s’explique sans doute par les zones d’ombre du parcours d’Amina, qui assure avoir quitté les Pays-Bas pour la Turquie, en 2015, pour une simple opération de l’œil, avant d’être attirée en Syrie « par de fausses promesses », en compagnie de son mari, rencontré en Turquie. Celui-ci aurait ensuite refusé de combattre pour l’EI, et aurait été mis en prison pour cela par l’organisation djihadiste.
« On ne s’occupe pas des hommes, et la plupart sont, de toute façon, morts », Kheda Saratova, ancienne défenseuse des droits de l’homme ralliée à Ramzan Kadyrov
En septembre 2017, c’est la fuite : un mois d’errance avec ses enfants dans les zones sous contrôle de l’EI, suivi d’un mois en...




                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-11">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Egrenant ses exigences financières, attaquant Berlin sur sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, le président américain a placé la réunion de l’Alliance sous tension à Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/07/2018
Découvrir l’application


                        

Sommet de l’OTAN : dure journée pour les alliés face à Donald Trump

Egrenant ses exigences financières, attaquant Berlin sur sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, le président américain a placé la réunion de l’Alliance sous tension à Bruxelles.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 12h45
    |

            Nathalie Guibert et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Envoyés spéciaux)








                        



   


C’est un fait qui n’a pas été commenté. A dix jours de l’ouverture du sommet de l’OTAN, à Bruxelles, le mercredi 11 juillet, le conseiller de la Maison Blanche chargé du dossier, Rich Hooker, a quitté ses fonctions. Différend de fond ou de forme avec le président des Etats-Unis, Donald Trump ? Quoi qu’il en soit, ce proche des équipes du général H. R. McMaster, éphémère conseiller à la sécurité nationale remercié en mars, était l’homme qui avait préparé la réunion des vingt-neuf chefs de gouvernement de l’Alliance atlantique. Et elle ne partait pas sous les meilleurs auspices.

        Lire aussi :
         

                Un sommet dans l’inquiétude pour les membres de l’OTAN



Totalement dominé par les reproches du président Trump, qui accuse ses alliés européens et canadien d’être de mauvais payeurs dans la défense, ainsi que des concurrents commerciaux déloyaux, le vingt-sixième sommet de l’OTAN a donc débuté dans une ambiance lourde.
Dès la veille, des propos très fermes ont été entendus. A l’occasion de la signature d’un accord Union européenne (UE)-OTAN en 74 points, le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est adressé directement au dirigeant américain pour rejeter ses critiques « presque quotidiennes » et « déplaisantes », l’invitant à « mieux considérer » ses alliés, d’autant, ajoutait-il, qu’il « n’en a pas tant que ça ». M. Tusk a rappelé la solidarité collective qui a joué avec les Etats-Unis après le 11 septembre 2001. A l’époque, l’OTAN avait, pour la première fois depuis 1949, déclenché l’article 5 de son traité, qui énonce qu’en cas d’attaque contre un allié tous sont concernés.
Journée ouverte au canon
Quand il a atterri à Bruxelles, mardi, à 21 heures, le président américain a été accueilli par… la chef du protocole du ministère des affaires étrangères belge. Pas de premier ministre, pas de membre du gouvernement, et encore moins de représentant de la famille royale. Mercredi matin au petit déjeuner, assis à la gauche de son ambassadrice à l’OTAN, Kay Bailey, qui avait triste mine, et face à un secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, en tension, M. Trump a ouvert la journée au canon.

        Lire aussi :
         

                OTAN versus Russie en chiffres



Premier coup : « De nombreux pays ne paient pas ce qu’ils devraient et, franchement, de nombreux pays nous doivent un énorme paquet d’argent depuis des années. » Deuxième coup : « Nous protégeons l’Allemagne, nous protégeons la France… nous protégeons tous ces pays. » Le troisième fut pour Angela Merkel, avec le projet Nord Stream 2 et l’achat de gaz russe : « L’Allemagne est totalement contrôlée par la Russie, car elle va tirer de 60 % à 70 % de son énergie du pipeline avec la Russie. » La chancelière allemande, visiblement crispée elle aussi, a vivement répondu en arrivant peu après au siège flambant neuf de l’OTAN : « Je suis très heureuse (…) que nous puissions prendre des décisions souveraines. »

        Lire aussi :
         

                Angela Merkel joue la prudence face aux attaques de Donald Trump



Les poignées de main terminées, Jens Stoltenberg a repris son rôle de modérateur : « Tous les sommets sont importants, mais celui-ci l’est tout particulièrement. » Face aux défis sécuritaires, de la Russie au Moyen-Orient, il a ajouté « [qu’ils allaient] montrer qu’en dépit de ces désaccords nous serons en mesure de prendre les décisions qui s’imposent ». Le secrétaire général ne prenait pas trop de risques en anticipant sur la déclaration du sommet, avalisée par les Vingt-Neuf dans les réunions préparatoires avec cette conclusion : « Nous avons décidé de nous réunir de nouveau, l’an prochain, pour faire le point sur les progrès accomplis et marquer le 70e anniversaire de notre alliance. »
En ordre dispersé
A l’approche de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord, en début d’après-midi, les alliés ont pourtant semblé se disperser. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a évité la proximité avec Donald Trump – qui l’avait sévèrement critiqué à l’issue du G7, début juin –, se contentant de proposer de prendre la tête de la future mission de formation de l’OTAN en Irak. Pour sa première apparition, l’Italien Giuseppe Conte, fidèle à l’esprit de son gouvernement populiste, tentait d’ouvrir un nouveau front. Il a prôné un rôle accru pour l’OTAN dans la lutte contre les migrations, en agitant le risque de l’arrivée en Europe de terroristes qui se mêleraient aux flux.
Dans une réunion parallèle, le ministre de la défense turc, Hulusi Akar, critiqué pour avoir acheté des systèmes russes S-400 de défense aérienne, a eu des mots avec son homologue allemande. « Quand nous avons eu besoin d’en acquérir, aucun Européen ne nous en a proposé, il fallait bien que nous nous défendions. » Tandis que Donald Trump tweetait : « Je pense à nos agriculteurs. Le soja a chuté de 50 % entre 2012 et mon élection. Les barrières commerciales des autres pays sont en train de détruire leur business. »
Lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, l’habituelle rigidité otanienne a toutefois repris ses droits. Le fond a été abordé, dans « une ambiance constructive, de travail », selon une source de l’Elysée. Emmanuel Macron a appelé les alliés à ne pas fragiliser l’OTAN, argumentant que la paix coûte moins cher que la guerre. Chacun a scrupuleusement lu sa déclaration. M. Trump aussi, rappelant même que ses parents étaient nés en Europe et qu’il restait très attaché au Vieux Continent.

        Lire aussi :
         

                « L’Europe va devoir apprendre à faire sans les Etats-Unis »



« On en reparle ce soir au dîner ! »
Le président américain a cependant placé un autre défi sur la table. L’engagement des Etats membres à dépenser 2 % de leur PIB pour la défense. C’est maintenant et non dans dix ans, a-t-il dit. Demain, ce devra être « 4 % ». Un seul pays a approuvé et, selon un ministre européen, il s’agirait de l’un des trois Etats baltes. Lors de la discussion à huis clos, Angela Merkel a, elle, répondu avec calme aux attaques sur Nord Stream 2. En réalité, 37 % des approvisionnements de l’Allemagne en gaz proviennent de Russie, et non 70 %, comme l’a affirmé M. Trump. Les Vingt-Neuf ont levé la séance sur une perspective risquée : « On en reparle ce soir au dîner ! »
Avant ce dîner prévu avec les Européens, Donald Tusk et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, les réunions bilatérales se sont enchaînées. En sortant de son tête-à-tête avec Mme Merkel, le président américain a évoqué les « très très bonnes relations, une relation sensationnelle, entre les deux pays ». Sous l’œil de son secrétaire à la défense, Jim Mattis, il était plus souriant avec Emmanuel Macron. « Sensationnel ! »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-12">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le ministre de l’intérieur autrichien d’extrême droite, Herbert Kickl, veut remettre sur la table l’idée, déjà repoussée par le conseil européen, de « plateformes de retour » pour les migrants.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Migration : un conseil des ministres de l’intérieur sous le signe exclusif de la sécurité

Le ministre de l’intérieur autrichien d’extrême droite, Herbert Kickl, veut remettre sur la table l’idée, déjà repoussée par le conseil européen, de « plateformes de retour » pour les migrants.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h04
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h42
    |

            Cécile Ducourtieux (Innsbruck (Autriche), envoyée spéciale)








                        



   


Il y avait bien plus de policiers que de migrants, jeudi 12 juillet, à Innsbruck, la superbe capitale du Tyrol autrichien, pour le premier conseil européen des ministres de l’intérieur sous présidence autrichienne. Un rendez-vous consacré à la migration, et tout à fait conforme à la vision qu’en développe le gouvernement de Sebastian Kurtz à Vienne : 100 % sécuritaire.
Le centre historique d’Innsbruck avait été entièrement bouclé depuis la veille par des centaines de policiers lourdement armés, et les vingt-huit ministres de l’intérieur de l’Union européenne (UE), dont l’Italien Matteo Salvini et l’Allemand Horst Seehofer, ont tous été accueillis par une sorte de parade militaire, fanfare à l’appui. Avec ballet ininterrompu d’hélicoptères en deuxième fond sonore.
Le ministre autrichien Herbert Kickl, membre éminent du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), l’extrême droite autrichienne en coalition avec les conservateurs, entendait aussi profiter de ce rendez-vous censé rester informel pour remettre sur la table des propositions pourtant repoussées par le Conseil européen du 28 juin à Bruxelles, mais aussi lors d’un conseil informel d’experts de l’UE, tout début juillet à Vienne.

        Lire aussi :
         

                Migrants : les inquiétantes propositions de l’Autriche



L’Autrichien prône de nouveau des « plates-formes » dans les « pays tiers » essentiellement destinées aux migrants qui auraient été déboutés du droit d’asile en Europe. Des « plates-formes de retours » où ces personnes seraient parquées en attendant de rentrer dans leur pays d’origine.

        Lire aussi :
         

                Herbert Kickl, maillon faible de l’extrême droite autrichienne



M. Kickl insiste aussi pour que le droit d’asile soit totalement sous-traité hors de l’UE : plus aucun migrant ne devrait pouvoir demander l’asile sur le sol européen. Il l’avait répété aux médias européens et à la presse autrichienne sur tous les tons la veille : M. Kickl souhaite une « révolution copernicienne » pour la question migratoire européenne. Et la seule solidarité qui vaille désormais entre Européens, selon lui, concerne « la gestion des frontières extérieures de l’Union », explique t-il dans le quotidien régional autrichien Tiroler Tageszeitung, mercredi 11 juillet.
« Une de nos priorités est de sauver des vies »
Les conclusions du Conseil européen du 28 juin évoquent, certes, la solution de « plates-formes régionales de débarquement » sur les côtes africaines, pour les bateaux de migrants secourus en Méditerranée, mais en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pour les Français et la Commission, ces « plates-formes » devraient être des centres de tri – ces fameux « hot spots » conçus dès 2015 –, où les migrants peuvent déposer leurs demandes d’asile.
Si l’idée de ces plates-formes exclusivement consacrées aux « retours » a pour l’instant été repoussée, c’est surtout parce qu’aucun pays tiers ne s’est manifesté pour héberger ces prisons à ciel ouvert. La Tunisie et le Maroc ont clairement dit non. Jeudi matin, encore, le ministre macédonien des affaires étrangères, Nikola Dimitrov, a repoussé fermement la proposition, après l’Albanie quelques semaines plus tôt.
« Avez-vous entendu un seul pays tiers acceptant d’héberger un seul de ces camps ? », a souligné le commissaire européen à la migration, Dimitris Avramopoulos, à son arrivée jeudi à Innsbruck. A noter que le responsable grec, clairement en défaveur de cette option « autrichienne », fut le seul, en début de matinée à Innsbruck, à insister sur la nécessité de traiter le sujet migratoire avec humanité. « Une de nos priorités est de sauver des vies et de traiter les gens dans la dignité, a souligné le commissaire, la Commission est claire : nous devons nous en tenir aux valeurs de l’Union, et au respect de la convention de Genève sur les réfugiés. » 
Responsabilité partagée
Quant à l’externalisation totale de l’asile, les pays africains, premiers intéressés mais pas officiellement conviés à la table des discussions, n’en veulent absolument pas, assure un diplomate proche des discussions. Ils seraient d’accord pour discuter, mais d’une responsabilité partagée de l’asile. « Ils n’avanceront pas sur les centres de débarquement suggérés par le Conseil du 28 juin tant que, de leur côté, les Européens n’auront pas avancé sur ces centres contrôlés dans l’UE que le Conseil évoque aussi », ajoute ce diplomate.
« Il est théoriquement possible d’externaliser notre politique de l’asile ou de créer des centres de retour dans des pays tiers, mais à la seule condition que ces pays tiers appliquent les mêmes standards en termes de droits humains, juridiques, etc. que les pays européens, souligne Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et spécialiste des migrations. Ces pays tiers doivent être des pays tiers sûrs. Mais à part la Suisse, je ne vois pas qui pourrait vraiment présenter toutes les garanties nécessaires en ce moment, ajoute le chercheur. Ces questions migratoires sont en réalité bien plus compliquées que nous le disent certains. Car l’UE est une communauté de droits structurée autour de fondements qui sont, entre autres, les droits de l’homme. »

        Lire aussi :
         

                « L’UE n’a jamais abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité »



Qu’espère donc la présidence autrichienne de l’Union, alors que, comme l’a souligné de nouveau le ministre français Gérard Collomb jeudi, « nous sommes dans une situation paradoxale : jamais l’UE n’avait connu aussi peu de flux migratoires » ?
« Au lieu d’avoir des images de migrants débarquant sur des plages, ce que nous voulons désormais, c’est pouvoir montrer des photos de policiers et de gardes-côtes européens aux frontières de l’Union », confiait un officiel autrichien, il y a quelques jours à Vienne.
L’ONG Médecins sans frontières, cependant, tirait le signal d’alarme jeudi matin, assurant que « 600 personnes tentant de traverser la Méditerranée centrale se sont noyées au cours des quatre dernières semaines, y compris des bébés et des petits enfants ». Pour l’ONG, « ces tragédies, qui représentent la moitié du nombre total de morts dans la zone en 2018, se sont produites car il n’y avait plus de bateaux de sauvetage d’organisations non gouvernementales actives en Méditerranée centrale ». Une manière de souligner la gravité de la décision prise par l’Italie, début juin, de fermer ses ports aux bateaux d’ONG.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-13">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’historienne Maya Kandel considère, dans une tribune au « Monde », que les présidents américain et russe, qui doivent se retrouver au sommet d’Helsinki, lundi 16 juillet, s’épanouissent dans un univers diplomatique de rapports de force, sans règles ni normes
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« MM. Trump et Poutine convergent vers une vision alternative des relations internationales »

L’historienne Maya Kandel considère, dans une tribune au « Monde », que les présidents américain et russe, qui doivent se retrouver au sommet d’Helsinki, lundi 16 juillet, s’épanouissent dans un univers diplomatique de rapports de force, sans règles ni normes



Le Monde
 |    12.07.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 09h08
    |

                            Maya Kandel (Historienne, chercheuse associée à l'université Sorbonne-Nouvelle-Paris-III/CREW)








                        



                                


                            

Tribune. Le président américain, Donald Trump, rencontrera donc le président russe, Vladimir Poutine, lundi 16 juillet à Helsinki. On peut d’ores et déjà imaginer que c’est ce sommet qui donnera son sens à l’ensemble de la séquence européenne du président américain – mais quel sens précisément ?
Il n’est pas question de critiquer par réflexe un sommet entre les deux chefs d’Etat : on ne peut pas, d’un côté, condamner les propos de Trump contre le multilatéralisme et la diplomatie comme instrument de la politique étrangère américaine, et, de l’autre, rejeter un sommet, symbole de dialogue par excellence. Il faut de toute façon s’y résigner : le sommet s’impose comme l’exercice favori de M. Trump en politique étrangère, parfait prolongement international du show de télé-réalité permanent qu’est devenue la présidence américaine.

Quant à M. Poutine, dont l’étoile polaire en politique étrangère demeure de retrouver le rang d’égal des Etats-Unis, ce sommet ne peut que le ravir : il a peu à perdre, et beaucoup à gagner : un accord sur la Syrie, et plus largement sur le Moyen-Orient, que Trump aimerait lui sous-traiter ; un nouveau signe de détachement américain vis-à-vis de la défense des Européens ; une validation de l’annexion de la Crimée par Washington, qui officialiserait une nouvelle séquence de remise en question des frontières européennes, particulièrement dangereuse en ce moment.
Univers hobbesien
Les motifs d’inquiétude sont donc bien réels pour les Européens. Le premier est lié à l’incertitude résultant de la schizophrénie actuelle de Washington sur le dossier russe : alors que l’ensemble de l’exécutif et du Congrès a adopté, depuis janvier 2017, des mesures qui concrétisent une posture générale plus agressive vis-à-vis de Moscou, à l’image des documents stratégiques officiels, le président Trump a multiplié déclarations et Tweet élogieux à l’égard du président Poutine et de la Russie, tout en répétant sa volonté...




                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-14">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La chambre basse du Parlement tchèque a accordé dans la nuit de mercredi à jeudi sa confiance au nouveau gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babis, selon un décompte non officiel des votes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Le gouvernement minoritaire tchèque remporte un vote de confiance

La chambre basse du Parlement tchèque a accordé dans la nuit de mercredi à jeudi sa confiance au nouveau gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babis, selon un décompte non officiel des votes.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 02h49
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 08h27
   





                        



   


Le gouvernement minoritaire tchèque du premier ministre milliardaire Andrej Babis a remporté le vote de confiance jeudi 12 juillet grâce au soutien des communistes, a constaté l’AFP.
Il s’agit du premier gouvernement tchèque à parvenir au pouvoir avec le soutien du Parti communiste depuis la chute du rideau de fer en 1989. « Le Parlement a donné sa confiance au cabinet », a déclaré le président de l’Assemblée, Radek Vondracek, à l’issue d’un vote intervenu après une séance marathon de plus de seize heures. Sur les 196 élus présents, 105 ont voté en faveur du gouvernement Babic et 91 contre.
Pas de cabinet viable
M. Babic, confronté à des accusations de fraude aux subventions de l’UE, s’efforce depuis sa victoire aux législatives d’octobre de former un gouvernement. Le mouvement centriste et populiste (ANO) de M. Babis – deuxième fortune du pays, fondateur du géant agroalimentaire Agrofert et qui contrôle aussi deux des principaux quotidiens nationaux – a largement remporté les législatives d’octobre 2017.
Ayant échoué depuis à constituer un cabinet viable, M. Babis s’est allié aux sociaux-démocrates pour former un gouvernement minoritaire nommé par le président Milos Zeman le 27 juin. La lutte contre l’immigration illégale, la corruption et le gaspillage figurent parmi les principaux objectifs du cabinet.
Soutien communiste
Les communistes, ouvertement prorusses et anti-OTAN, l’avaient assuré de leur soutien informel à son gouvernement en échange de postes dans des entreprises publiques. « Cette situation représente un changement, mais ce n’est pas une révolution », a dit à l’AFP l’analyste politique Tomas Lebeda. Ce dernier estime que le nouveau cabinet aura une « certaine stabilité pour un temps » tout en exposant sa fragilité.
Plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés devant le Parlement mercredi pour protester contre cette alliance informelle avec le Parti communiste. Lorsque M. Babis est sorti leur parler, il a été conspué et certains protestataires ont jeté des bouteilles en plastique vers lui.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-15">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Malgré une grâce de 2016 après une condamnation pour « enrichissement illicite », le fils de l’ex-président reste redevable à l’Etat sénégalais de plus de 210 millions d’euros d’amende.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Monaco refuse de confisquer les biens du Sénégalais Karim Wade

Malgré une grâce de 2016 après une condamnation pour « enrichissement illicite », le fils de l’ex-président reste redevable à l’Etat sénégalais de plus de 210 millions d’euros d’amende.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 00h20
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 09h04
   





                        


La justice monégasque a rejeté une demande de l’Etat sénégalais de confisquer les fonds monégasques de Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade et opposant au pouvoir, condamné dans son pays pour « enrichissement illicite ».

        Lire aussi :
         

                L’horizon électoral de Karim Wade au Sénégal s’obscurcit



Dans une décision rendue mardi 10 juillet et révélée par Monaco-Matin, les juges du tribunal correctionnel de Monaco ont rejeté la demande du Sénégal, qui réclamait notamment la saisie de 2 millions de dollars. Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), a été condamné en 2015 au Sénégal à six ans de prison ferme, à plus de 210 millions d’euros d’amende pour « enrichissement illicite » et à la confiscation de tous ses biens. La décision a été confirmée par la Cour suprême mais il a bénéficié d’une grâce présidentielle en juin 2016 et vit depuis à l’étranger. Il n’a pas été amnistié et le Sénégal demandait toujours la confiscation de ses biens.
« Raisons politiques »
« Les délits reprochés, trafic d’influence, recel, corruption sont des faits qui auraient été condamnés, évidemment, en principauté », avait plaidé devant la cour l’avocat du Sénégal, Thomas Giancarli. « La décision de la justice de Monaco (…) renforce le candidat Karim Wade dans sa détermination à défendre ses droits civiques et politiques », a, de son côté, salué le collectif des avocats de M. Wade dans un communiqué. « Il est clair qu’il a été poursuivi, jugé et condamné pour des raisons purement politiques dans le seul but d’être empêché de se présenter à l’élection présidentielle du 24 février 2019 », ont-ils estimé.

        Lire aussi :
         

                Menaces sur le pluralisme politique au Sénégal



En mars, dans une procédure analogue en France, la cour d’appel de Paris avait rejeté un recours de l’Etat du Sénégal, après un refus de la justice de procéder à la saisie des biens de Karim Wade. M. Wade s’est vu par ailleurs refuser le 2 juillet son inscription sur les listes électorales sénégalaises, une décision que les avocats de l’ancien ministre contestent.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-16">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Personne ne misait sur l’Angleterre avant le Mondial, mais pour la première fois depuis cinquante-deux ans, l’équipe participe à un match pour la finale et le pays se prend à rêver.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

L’objectif assigné aux Trois Lions par la presse britannique : vaincre les Bleus (et la Croatie)

Personne ne misait sur l’Angleterre avant le Mondial, mais pour la première fois depuis cinquante-deux ans, l’équipe participe à un match pour la finale et le pays se prend à rêver.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h46
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 20h39
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Il y a ceux qui sont déjà en finale et ceux qui s’y voient déjà. « L’attente a pris fin, l’Angleterre est prête à devenir dingue pour la Coupe du monde », écrit le Guardian. Les supporteurs anglais en sont persuadés : la Coupe du monde va « rentrer à la maison ». Mais avant de reprendre en chœur le tube des Three Lions sur Trafalgar Square, les vingt-trois joueurs anglais vont devoir éliminer la Croatie, mercredi 11 juillet, à 20 heures, à Moscou. La presse britannique semble toutefois avoir sauté cette étape, se concentrant sur son potentiel match de dimanche soir, plutôt que sur celui de mercredi.
C’est la première fois, depuis le Mondial de 1990 en Italie, que les Trois Lions (surnom de l’équipe britannique) atteignent ce niveau de la compétition, face à un adversaire qui est « à six places derrière la sélection britannique dans le classement de l’UEFA », rappelle le Guardian. Le Daily Mail évoque de son côté « le grand jour, que l’Angleterre attend depuis 10 234 jours ». Et de parler de « véritable chaos », en cas de qualification, « la première depuis 1966 ».
Si la France se prend à espérer reproduire l’exploit de 1998, l’Angleterre rêve de celui de 1966, « un événement si jalousement ancré dans la culture populaire – le stade de Wembley, la danse de Nobby Stiles ou l’image de Bobby Moore s’essuyant les mains avant d’effleurer le gant blanc de la Reine – qu’imaginer un jour l’égaler semble relever de l’hérésie », poursuit le Guardian.
Lectures différentes d’une histoire commune
Statistiques en main, The Evening Standard essaie de garder la tête froide : « L’Angleterre et la France se sont rencontrées 31 fois, mais les Trois Lions n’ont remporté qu’une de leurs huit dernières rencontres, 2-0, lors d’un match amical à Wembley en novembre 2015. En revanche, la France n’a perdu aucun match à enjeu contre l’Angleterre depuis Bilbao, le 16 juin 1982 (3-1), lors de la phase de groupes de la Coupe du monde. Lors de leur dernière rencontre, en match amical, en juin 2017, Umtiti, Djibril Sidibé et Ousmane Dembélé ont effacé les deux buts de Harry Kane (3-2). »
Le Sun lit autrement ces statistiques, rappelant que « depuis 1930, les deux équipes ne se sont rencontrées que deux fois, la première en 1966 – ce pourrait être un bon présage – avec une victoire 2-0 pour les Trois Lions. L’autre rencontre est celle de 1982, avec (3-1), grâce à un doublé de Bryan Robson et un but de Paul Mariner ». Le tabloïd poursuit : « En prenant en compte tous les matchs, y compris amicaux depuis 1923, les face-à-face se sont soldés par dix-neuf victoires pour l’Angleterre, neuf pour la France et cinq matchs nuls. »
Le Guardian a interrogé des experts internationaux sur les chances de l’équipe britannique de remporter la Coupe du monde : « Peuvent-ils gagner ? – Oui. – Vont-ils gagner ? – Non. » Plus prudent, The Independent refuse de vendre la peau de l’ours : « Qui va remporter la finale ? L’Angleterre est légèrement favorite, enfin, à la marge. Si le match n’était pas réglé dans le temps réglementaire, les deux séances de tirs au but qu’ils ont déjà pratiqué pourraient donner confiance à la Croatie. »
Un antidote au Brexit
Et le Brexit dans tout ça ? Gareth Southgate, le coach britannique, dont le prestige a grandi après chaque succès de l’équipe, fait mieux que Theresa May, note le Financial Times. « Il est parvenu à renégocier la relation du pays avec le continent. Son équipe réunit le meilleur des traditions britanniques et continentales. » Le Daily Express va plus loin et rappelle les propos du sélectionneur : « Le pays a traversé des moments difficiles sur le plan de l’unité [référence évidente au Brexit], mais la réponse de l’équipe en Russie, a montré que nous avons encore des valeurs communes. »
Si d’aventure les Trois Lions se qualifient pour la finale et la remportent face aux Bleus – « honni soit qui mal y pense » – une pétition, qui a déjà recueilli près de 220 000 signatures, demande de faire du lundi 16 juillet un jour férié… pour récupérer des excès de la veille.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-17">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les deux pays annoncent des expulsions de diplomates. En toile de fond, l’accord conclu entre Athènes et l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son futur nom.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Querelles diplomatiques entre Athènes et Moscou

Les deux pays annoncent des expulsions de diplomates. En toile de fond, l’accord conclu entre Athènes et l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son futur nom.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 13h10
   





                        


La Russie a annoncé mercredi 11 juillet qu’elle allait expulser deux diplomates grecs en réponse à l’expulsion de diplomates russes en poste à Athènes, événement qui contraste avec les traditionnelles relations excellentes qu’entretenaient les deux pays.
Citant des sources diplomatiques, le journal grec Kathimerini rapporte que les autorités grecques ont expulsé deux diplomates russes et ont interdit l’accès au territoire grec à deux autres diplomates, les soupçonnant d’avoir cherché à saboter l’accord conclu entre Athènes et l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son futur nom de « République de Macédoine du Nord ».
La Grèce « a pris des mesures pour garantir l’intérêt national » après une « ingérence » de responsables russes dans le règlement de la dispute entre la Grèce et l’ex-République yougoslave de Macédoine, ont confirmé des sources gouvernementales à l’Agence France-Presse.
« Des attitudes violant le droit international »
« Le gouvernement grec veut des bonnes relations avec tous les Etats, mais ne peut pas accepter des attitudes violant le droit international et ne respectant pas les autorités grecques », a par ailleurs déclaré le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, à la télé Skaï. « Dans ce cadre, des mesures ont été prises », a-t-il ajouté. Ni M. Tzanakopoulos ni les sources n’ont toutefois confirmé la nature de ces « mesures », ni fourni plus de détails.
Athènes et Skopje ont signé à la mi-juin un accord pour résoudre leur différend vieux de vingt-sept ans sur l’usage du nom de Macédoine, visant notamment à lever le verrou grec à l’entrée dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord de l’ancienne petite république yougoslave.
L’Alliance doit prendre acte mercredi de cette avancée lors de son sommet à Bruxelles en stipulant qu’elle est prête à intégrer l’ex-République yougoslave de Macédoine une fois l’accord, qui prévoit le changement de nom de cet Etat en « Macédoine du Nord », pleinement appliqué à Skopje, soit dans plusieurs mois.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-18">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’OTAN dispose de capacités militaires supérieures à celles de la Russie, mais les démonstrations de force de Moscou inquiètent. Analyse chiffrée, alors que le sommet annuel de l’organisation de l’Atlantique Nord se tient à Bruxelles, mercredi 11 et jeudi 12 juillet.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

OTAN versus Russie en chiffres

L’OTAN dispose de capacités militaires supérieures à celles de la Russie, mais les démonstrations de force de Moscou inquiètent. Analyse chiffrée, alors que le sommet annuel de l’organisation de l’Atlantique Nord se tient à Bruxelles, mercredi 11 et jeudi 12 juillet.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 19h04
    |

            Francesca Fattori, 
                                Audrey Lagadec et 
Véronique Malécot








                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-19">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Editorial. La démission de deux ministres du gouvernement May montre qu’après des mois de compromis, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent se décanter.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Brexit : les ambiguïtés se dissipent

Editorial. La démission de deux ministres du gouvernement May montre qu’après des mois de compromis, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent se décanter.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h30
   





                        



   


Editorial du « Monde » Certains départs peuvent signifier la fin d’une histoire ou le début d’une nouvelle. La démission en moins de vingt-quatre heures du ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, et celle du ministre responsable des négociations sur la sortie de l’Union européenne (UE), David Davis, pourraient bien appartenir à la seconde catégorie.
Tous deux affirment avoir voulu tirer les conséquences du virage pris par la première ministre, Theresa May, vers un Brexit en douceur, c’est-à-dire en faveur du maintien de liens étroits avec l’UE. Après des mois d’ambiguïté et de compromis plus ou moins assumés, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent enfin se décanter.
Depuis qu’elle occupe le 10 Downing Street, Mme May a déjà eu à affronter de nombreuses dissensions au sein de son camp. Avec les démissions de MM. Johnson et Davis, les 8 et 9 juillet, ce ne sont pas moins de onze de ses ministres qui ont déjà quitté, pour des raisons diverses, le gouvernement en l’espace de huit mois. Mais ce moment paroxystique peut avoir le mérite de clarifier la façon dont le Royaume-Uni souhaite mener son Brexit.

        Lire aussi :
         

                La démission de Boris Johnson, le début de la fin ou la fin des… soucis pour Theresa May



D’un côté, il y a les partisans d’un projet encore assez nébuleux d’une « Grande-Bretagne mondiale », incarné par MM. Johnson et Davis, qui prônent un modèle ouvert aux quatre vents du libre-échange, sorte de Singapour anglais, pratiquant le dumping social, fiscal et environnemental. D’un autre côté, les partisans d’une rupture « responsable et crédible », selon les mots de Mme May, répondant à la tentation d’un repli protectionniste, et voulue par une majorité d’électeurs britanniques, avec un pays restant arrimé au continent sur le plan économique.
La voie du pragmatisme
En claquant la porte, les deux ministres tranchent d’une certaine façon le problème. Leur Brexit « dur », un temps soutenu par Theresa May, a désormais du plomb dans l’aile. Face aux réalités économiques – ralentissement des investissements et menaces de délocalisations –, la première ministre, alertée par les milieux d’affaires, a finalement choisi la voie du pragmatisme en tentant de garder le maximum de liens possibles avec l’UE.

        Lire aussi :
         

                Brexit : à la City, le goutte-à-goutte des banquiers qui partent



Pour autant, la partie est loin d’être gagnée pour elle. D’abord, elle reste à la merci d’un vote de défiance, même si les conservateurs britanniques qui seraient tentés par une telle aventure doivent y réfléchir à deux fois. A ce stade, il n’existe pas de majorité en faveur d’un Brexit « dur ».
Quant au champion de cette option, Boris Johnson, entre ses mensonges lors de la campagne du référendum de juin 2016 et son bilan calamiteux à la tête des affaires étrangères, sa crédibilité est largement entamée. Le scénario de l’arrivée au pouvoir du chef de l’opposition, le très à gauche Jeremy Corbyn, est également de nature à calmer les ardeurs des conservateurs les plus radicaux.
Maintenant, le plus dur reste à faire pour Theresa May : convaincre Bruxelles d’accorder au Royaume-Uni un accès privilégié au marché intérieur de l’UE. Or les Vingt-Sept sont farouchement opposés à l’idée d’une Europe à la carte, qui dissocierait la liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
Si l’on peut espérer que la négociation se débloque, son issue reste très incertaine à moins de neuf mois de la date fatidique du 29 mars 2019, lorsque le divorce deviendra, théoriquement, réalité. Le problème avec les nouvelles histoires, c’est qu’on ne sait pas comment elles se terminent.

        Lire aussi :
         

                Brexit : la crainte d’un « no deal » grandit à Bruxelles






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/12/18-20">
<filnamedate="20180712"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180712"><AAMMJJHH="2018071218">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique que les Européens, confrontés à Trump, vont devoir apprendre la triangulation.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Europe va devoir apprendre à faire sans les Etats-Unis »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique que les Européens, confrontés à Trump, vont devoir apprendre la triangulation.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 14h45
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. C’est la semaine de tous les dangers. Elle commence mercredi 10 juillet à Bruxelles, avec le sommet de l’OTAN, dans une atmosphère électrique. A l’issue de cette réunion, le 12, Donald Trump se rend en visite officielle dans une Grande-Bretagne plongée dans les abîmes d’un Brexit de plus en plus chaotique, où tout sera fait pour que le président américain ne croise pas le peuple britannique, qui lui est largement hostile. De là, il se rendra à Helsinki, où, le 16 juillet, il veut s’entretenir seul à seul avec Vladimir Poutine, avec lequel il a au moins un dessein commun : diviser l’Europe. Au même moment, à Pékin, les 16 et 17 juillet, les dirigeants de l’Union européenne et de la Chine discuteront de ce qui peut les réunir dans ce monde en pleine bascule.

Tout cela sans mentionner la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet, lors de laquelle, heureusement, l’Europe ne sera en compétition ni avec les Américains, ni avec les Chinois, ni avec les Russes.
Semaine de tous les dangers, ou de toutes les possibilités ? Pour l’Europe, c’est l’un et l’autre, comme le veut la théorie du verre à moitié vide et du verre à moitié plein. Une réalité, en tout cas, est en train d’émerger clairement. Trop lentement, comme toujours dans ce cerveau européen de l’après-seconde guerre mondiale dont la bienveillance frise parfois la naïveté, mais clairement, enfin : cette réalité, c’est la nécessité de reconfigurer un monde où le géant américain n’est plus l’ami de l’Europe.
Petite musique
Cette petite musique s’est faite insistante, ces derniers temps, parmi les chefs d’entreprise et les diplomates européens en contact régulier avec les Etats-Unis, dont ils étaient traditionnellement des admirateurs. Ils ont compris que Donald Trump n’était pas un accident de l’histoire, mais incarnait une tendance de fond, durable et structurante, qui aurait pu être décelée avant même son élection si l’on avait attaché plus...




                        

                        

