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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les ministres de l’intérieur autrichien, allemand et italien n’ont pas réussi, en marge du sommet d’Innsbruck, à s’accorder sur leurs politiques respectives contre l’immigration.
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Le vrai-faux « axe » anti-migration d’Europe

Les ministres de l’intérieur autrichien, allemand et italien n’ont pas réussi, en marge du sommet d’Innsbruck, à s’accorder sur leurs politiques respectives contre l’immigration.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Innsbruck (Autriche), envoyée spécial)








                        



                                


                            

Lors d’une réunion remarquée à Berlin à la mi-juin entre Sebastian Kurz, le jeune chancelier autrichien, et Horst Seehofer, le patron de la CSU bavaroise et ministre de l’intérieur du gouvernement allemand, le premier s’était réjoui de l’existence d’un « axe des volontaires dans la lutte contre l’immigration illégale » entre Vienne, Rome et Berlin.

L’usage du terme « axe », particulièrement connoté car rappelant l’alliance germano-italo-japonaise de la seconde guerre mondiale, a fait polémique. Mais au-delà, cette alliance des « antimigrants » a-t-elle une quelconque chance de prendre forme alors que chacun des trois ministres de l’intérieur impliqués – Matteo Salvini, leader de la Ligue d’extrême droite pour l’Italie, M. Seehofer et Herbert Kickl, tête pensante du FPÖ, également d’extrême droite, pour l’Autriche – promeut des solutions essentiellement nationales et contradictoires ?
Les trois se sont rencontrés pour la première fois à Innsbruck, mercredi 11 et jeudi 12 juillet, en marge d’une réunion des ministres de l’intérieur européens, la première sous présidence autrichienne de l’Union. Mais rien de concret n’est ressorti de ces échanges. Et pour cause.
M. Seehofer, qui a finalement réussi à imposer son « master plan » contre l’immigration illégale à sa chancelière, Angela Merkel, à l’issue de deux semaines de bras de fer, envisage de repousser hors d’Allemagne les migrants qui auraient déposé une demande d’asile dans un autre pays de l’UE.
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Jeudi 5 juillet, en visite à Vienne, le leader de la CSU bavaroise (petite cousine de coalition de la CDU d’Angela Merkel) avait tout de suite calmé le jeu avec l’Autriche, affirmant que ces migrants ne seraient pas refoulés vers ce pays – par lequel ils sont passés dans leur parcours migratoire –, mais directement dans l’Etat où ils avaient déposé leur demande d’asile, comme le prévoient les accords de Dublin.

A en croire le Bavarois,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été mises en place, mercredi et jeudi, entraînant la fermeture de grands axes de la ville pour assurer la sécurité des convois officiels.
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Le sommet de l’OTAN crée le chaos pour les Bruxellois aussi

Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été mises en place, mercredi et jeudi, entraînant la fermeture de grands axes de la ville pour assurer la sécurité des convois officiels.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h40
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



   


S’ils connaissaient mal l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les Bruxellois ont appris à découvrir le chaos que pouvait créer, dans leur ville, un de ses sommets, tel celui qui avait lieu mercredi 11 et jeudi 12 juillet au nouveau siège de l’organisation. Et si l’ambiance était électrique dans l’enceinte à la suite des propos de Donald Trump sur l’Allemagne ou les dépenses des Européens, elle l’était aussi dans une large partie de la ville. Des mesures de sécurité exceptionnelles, voire délirantes, avaient été mises en place, entraînant la coupure des différentes artères menant à l’OTAN mais aussi d’autres axes majeurs pour permettre le passage des convois officiels ou assurer leur sécurité. L’ambassade américaine, l’hôtel de la délégation américaine et le Palais royal étaient d’autres zones inaccessibles.
Vingt-neuf chefs d’Etat et de gouvernement, de nombreux ministres ainsi que cinquante-cinq délégations participaient à l’événement, ce qui a mobilisé environ 2 500 policiers et 1 000 militaires. Pour les responsables de la sécurité, pourtant rodés aux réunions européennes, ce sommet était un véritable casse-tête. Il l’est rapidement devenu pour tout le monde.
Des transports en commun eux aussi arrêtés
Mercredi après-midi le ring (« périphérique ») ceinturant la ville, déjà très congestionné en temps normal, a été coupé à hauteur de l’aéroport de Zaventem, ce qui a bloqué des usagers pendant près de deux heures. Les transports en commun étaient eux aussi arrêtés, ou déroutés, alors même que l’OTAN avait tenté d’inciter journalistes et participant à les utiliser, en leur offrant un laissez-passer…
Se rendre en voiture au sommet était en tout cas une véritable aventure, d’autant qu’un parking avait été prévu pour quelques centaines de véhicules seulement, ce qui a forcé les automobilistes à se garer dans les rues avoisinantes, où veillaient les agents verbalisant de la commune d’Evere, qui n’ont manifestement pas chômé.
Le parc du Cinquantenaire, vaste espace vert du quartier européen, était, lui aussi, fermé : c’est dans l’un de ses palais que se déroulait le dîner réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement, dans la soirée de mercredi. Toutes les rues menant au quartier étaient coupées, l’enceinte passée au peigne fin depuis vingt-quatre heures et tous les accès bloqués. Le lendemain, d’autres gigantesques embouteillages étaient constatés dans la ville, avant et après la dernière journée du sommet.
La tâche du millier de journalistes accrédités n’était pas plus aisée et ils ont été les témoins de nombreuses scènes cocasses, comme quand, mercredi matin, cinquante d’entre eux ont été confinés dans une navette de la société des transports bruxellois pendant près d’une heure. Des « raisons de sécurité » – l’arrivée du président américain une heure après, sans doute – les empêchaient de se rendre (à pied) à l’entrée du bâtiment, éloignée de plusieurs centaines de mètres du lieu où se déroulait le sommet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La première ministre britannique tient tête face aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump.
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Theresa May assure que ses propositions « répondent au vote des Britanniques » sur le Brexit

La première ministre britannique tient tête face aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h43
   





                        



   


Pas question de laisser place aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump. La première ministre britannique l’a dit avec force à l’issue d’un sommet de l’OTAN à Bruxelles, jeudi 12 juillet : ses propositions sur le Brexit « répondent au vote des Britanniques ». 
Le gouvernement de Theresa May, toujours menacé par une possible révolte au sein de son parti, publie jeudi les détails de sa proposition de relation commerciale avec l’Union européenne (UE) après le Brexit, attendue de longue date à Bruxelles.

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Lors de sa conférence de presse un peu plus tôt, Donald Trump avait dit douter que les propositions de Mme May correspondent à ce pour quoi avaient voté les Britanniques lors du référendum de juin 2016. « Le peuple a voté pour rompre [les liens de la Grande-Bretagne avec l’UE] », a déclaré M. Trump, ajoutant :
« J’imagine que c’est ce qu’ils vont faire, mais peut-être qu’ils vont prendre une autre voie. Je ne sais pas si c’est pour cela qu’ils [les Britanniques] ont voté »
« Ils m’aiment beaucoup au Royaume-Uni. Je pense qu’ils sont d’accord avec moi sur l’immigration », a poursuivi M. Trump, estimant que « c’est pour ça que le Brexit est arrivé ». Il a par ailleurs jugé que l’UE devait faire « très attention » avec l’immigration, qui selon lui « prend le dessus » en Europe. Et de marteler :
« L’immigration est une chose très importante et je leur ai dit aujourd’hui, à l’Union européenne, qu’ils feraient mieux de faire très attention, parce que l’immigration prend le dessus en Europe et qu’ils feraient mieux de faire très, très attention. Je l’ai dit haut et fort. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Paris s’était engagé à accueillir des migrants du navire autour duquel les pays européens se sont déchirés. Ils seront orientés vers un hébergement dans plusieurs régions et bénéficieront d’une formation linguistique.
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Arrivée en France de 78 des 630 migrants de l’« Aquarius »

Paris s’était engagé à accueillir des migrants du navire autour duquel les pays européens se sont déchirés. Ils seront orientés vers un hébergement dans plusieurs régions et bénéficieront d’une formation linguistique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h17
   





                        


Conformément à l’engagement pris par Paris, 78 réfugiés débarqués de l’Aquarius, navire autour duquel les pays européens s’étaient déchirés, après le refus de l’Italie de lui ouvrir ses ports, sont arrivés jeudi 12 juillet en France, a annoncé le ministre de l’intérieur.
Ces personnes avaient été récemment « identifiées à leur arrivée à Valence [Espagne] par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides [Ofpra] comme relevant d’un besoin de protection au titre de l’asile », a déclaré Gérard Collomb dans un communiqué.
Elles seront « orientées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration [OFII] vers un hébergement dans plusieurs régions françaises [Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes], et bénéficieront d’une formation linguistique et aux valeurs de la République dans le cadre du contrat d’intégration républicaine », a-t-il ajouté.
Ces migrants, « originaires principalement d’Erythrée et du Soudan », selon le ministre, font partie des 630 migrants qui étaient à bord du navire Aquarius de Médecins sans frontières et SOS-Méditerranée.

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La France très critiquée
A la mi-juin, face au refus de l’Italie et de Malte d’accueillir le navire, il avait finalement accosté à Valence. Critiquée pour ne pas avoir proposé d’ouvrir ses ports aux navires en détresse, au nom de la règle de droit maritime voulant qu’ils accostent dans le port sûr le plus proche, la France avait pris l’engagement d’accueillir des migrants pouvant prétendre au statut de réfugié. Au début de juillet, 52 réfugiés du Lifeline, un navire humanitaire avec à son bord 233 migrants et qui avait été accueilli par Malte, sont arrivés en France.
L’opération réalisée jeudi « illustre à nouveau la politique équilibrée mise en œuvre par la France pour accueillir les réfugiés, tout en agissant contre l’immigration économique irrégulière dans une logique européenne », a vanté le ministre de l’intérieur, dont le projet de loi asile et immigration a été critiqué jusque dans la majorité.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le deuxième jour du sommet organisé à Bruxelles a notamment été marqué par la convocation d’une réunion extraordinaire sur le renforcement des dépenses militaires des Européens.
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A l’issue de la réunion de l’OTAN, les dirigeants saluent des « avancées »

Le deuxième jour du sommet organisé à Bruxelles a notamment été marqué par la convocation d’une réunion extraordinaire sur le renforcement des dépenses militaires des Européens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h34
   





                        



   


Jeudi 12 juillet, au deuxième jour du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, marqué par des frictions entre Donald Trump et ses alliés, les dirigeants ont tenu à souligner les « avancées » qui en résultent. « Je crois en l’OTAN », a dit le président américain lors d’une conférence de presse, saluant les « immenses progrès » obtenus, selon lui, en matière d’engagements financiers.
« Hier, je leur ai fait savoir que j’étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait, et ils ont considérablement renforcé leurs engagements, a-t-il déclaré. Je leur ai dit que je serais très malheureux s’ils n’augmentaient pas leurs engagements de façon substantielle, parce que les Etats-Unis payent un montant énorme. » Et d’ajouter : « Maintenant, nous sommes très heureux d’avoir une OTAN très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu’il y a deux jours. »
Un avis partagé par le président français, Emmanuel Macron, selon qui l’OTAN sort « beaucoup plus forte » de ce sommet, notamment parce que Donald Trump a « réaffirmé son engagement (...) d’avoir une OTAN forte ».
La France respectera ses engagements pour parvenir à consacrer 2 % de son PIB à ses dépenses militaires. « Nous y serons en 2025 », a affirmé la ministre des armées, Florence Parly, présente à Bruxelles.
Réunion extraordinaire jeudi
L’engagement souscrit en 2014 de consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 demeure. Il est inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les dirigeants des 29 pays membres de l’Alliance. Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4 % de leur PIB pour la défense en 2018, et certains se disaient incapables de respecter leur parole en 2024, ce qui a ulcéré le président américain.
Donald Trump était arrivé à Bruxelles mardi soir décidé à leur forcer la main. Il a mis le sommet sous pression à coup de messages sur son compte Twitter et de déclarations peu amènes à l’adresse des mauvais payeurs. Le président américain a renouvelé ses exigences jeudi au début de la seconde journée du sommet et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a été contraint de convoquer en urgence une réunion extraordinaire pour désamorcer une menace de crise.
Mercredi, M. Trump s’en était pris en particulier à l’Allemagne, sa cible favorite, accusée d’être « complètement contrôlée par la Russie » à cause de ses approvisionnements en gaz, visant le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne. « J’ai expliqué qu’en Allemagne, nous savons que nous devons faire plus, et c’est ce que nous faisons depuis un certain temps », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. « Mais j’ai aussi clairement dit que nous sommes le deuxième plus grand fournisseur de troupes de l’OTAN », a-t-elle ajouté.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Dans cette Coupe du Monde 2018, c’est l’un des hymnes que l’on aura le plus entendu. Retour sur les origines de cette chanson à l’esprit typiquement britannique.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le fonds activiste américain Elliott a des visées sur la France. Ses méthodes agressives sont craintes par les dirigeants. La dernière offensive, contre l’allemand Thyssenkrupp, a abouti au départ du directeur général.
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Peur sur le CAC, le « Batman de la finance » arrive en ville

Le fonds activiste américain Elliott a des visées sur la France. Ses méthodes agressives sont craintes par les dirigeants. La dernière offensive, contre l’allemand Thyssenkrupp, a abouti au départ du directeur général.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Pont-levis, check. Réserve de poix, check. Arquebuses chargées, check. Avocats, banquiers, conseils en communication racontent comment nombre de grandes entreprises françaises ont, ces derniers mois, fortifié leurs défenses. Même les pouvoirs publics sont en alerte. Mais que diable craignent-ils tous ? S’ils savent que tôt ou tard un activiste peut débarquer au capital d’un fleuron tricolore pour chercher à le déstabiliser, comme c’est arrivé chez Unilever ou Nestlé, un fonds les effraye plus que les autres. Elliott.
La technique du combat actionnarial rapproché a été peaufinée aux Etats-Unis par des personnages comme Carl Icahn, Nelson Peltz et Bill Ackman. Ils s’invitent au capital d’une entreprise et ensuite harcèlent le board et la direction jusqu’à obtenir un poste d’administrateur, un dividende exceptionnel ou des ventes d’actifs. Voire une cession totale. Même General Electric et Procter & Gamble ont appris à obtempérer à leurs exigences.
Parmi ces mâles alpha du capitalisme, Paul Singer, grand donateur du Parti républicain, s’est fait un nom et un prénom (son second en fait) : son fonds Elliott, qui gère 35 milliards de dollars (30 milliards d’euros), a la réputation d’être le plus procédurier, le plus tenace, le plus agressif. Sa route est pavée de patrons évincés après avoir tenté de lui résister.
Dernier en date, Heinrich Hiesinger, le président du directoire du conglomérat allemand Thyssenkrupp, a présenté, jeudi 5 juillet, sa démission. A l’été 2017, le directeur général et la directrice financière du chimiste néerlandais Akzo Nobel, Ton Buechner et Maëlys Castella, assiégés à la fois par le fonds activiste et leur concurrent PPG, avaient été mis hors-jeu « pour raison de santé ».

« Je parie sur un gros coup d’ici la fin de l’année »
Si les Etats-Unis représentent environ entre 50 % et 60 % des actifs d’Elliott, l’Europe pèse déjà 30 % à 40 %. Au Royaume-Uni, le « Shiva de l’activisme » pousse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’ONG Médecins sans frontières, qui publie ces chiffres, met en avant la responsabilité des gouvernements européens, « déterminés à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe à tout prix ».
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Plus de 600 migrants sont morts en Méditerranée ces quatre dernières semaines

L’ONG Médecins sans frontières, qui publie ces chiffres, met en avant la responsabilité des gouvernements européens, « déterminés à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe à tout prix ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h50
   





                        



   


Plus de 600 migrants, dont des bébés et de jeunes enfants, se sont noyés en Méditerranée ces quatre dernières semaines, a annoncé, jeudi 12 juillet, Médecins sans frontières.
« Les gouvernements européens sont pleinement conscients des niveaux alarmants de violence et d’exploitation subis par les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants en Libye, mais sont déterminés à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe à tout prix », accuse l’ONG dans un communiqué.

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L’organisation non gouvernementale fait ainsi référence au ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, qui a décidé il y a un mois d’interdire l’accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée.
La publication de ces chiffres coïncide avec la réunion des ministres de l’intérieur des Vingt-Huit, jeudi, censés travailler sur de nouveaux projets pour empêcher les arrivées de migrants sur les côtes européennes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La production pétrolière libyenne a été sérieusement réduite suite au bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.
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Compte rendu

Reprise des exportations de pétrole dans l’Est libyen

La production pétrolière libyenne a été sérieusement réduite suite au bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 12.07.2018 à 12h00

     •
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          datetime="2018-07-12T12:40:17+02:00"

        Mis à jour le 12.07.2018 à 12h40






    
Une raffinerie de pétrole libyen à Ras Lanouf, en janvier 2017.
Crédits : ABDULLAH DOMA / AFP


Les exportations de pétrole libyen ont repris, mercredi 11 juillet, dans le Croissant pétrolier, poumon économique du pays au nord-est, a annoncé la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), reconnue par la communauté internationale. Elle a expliqué que le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, lui avait remis les terminaux pétroliers après plus de deux semaines d’arrêt des exportations, dû à un bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.
« La NOC annonce la levée de l’état de force majeure dans les ports de Ras Lanouf, Al-Sedra, Al-Hariga et Zouetina après la remise des installations à la compagnie ce matin 11 juillet 2018. Les opérations de production et d’exportation reprendront à leurs niveaux normaux dans les prochaines heures », a précisé la compagnie dans un communiqué.

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Invoqué dans des circonstances exceptionnelles, l’état de « force majeure » permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.
Un milliard de dollars de pertes
En proie à une lutte de pouvoir acharnée et plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est dirigée par deux entités rivales : le Gouvernement d’union nationale, basé à Tripoli, issu d’un processus onusien et reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle installé dans l’Est, soutenu par le maréchal Haftar.
Ce dernier, qui dirige l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), avait annoncé fin juin qu’il livrait la gestion des installations pétrolières sous son contrôle aux autorités parallèles de l’Est, après que ses forces ont chassé des milices locales rivales des terminaux de Ras Lanouf et Al-Sedra, dans la région du Croissant pétrolier.

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Après ces deux sites pétroliers, pour lesquels les exportations sont gelées depuis le 14 juin en raison des violences, la NOC, basée à Tripoli, avait été contrainte d’arrêter également ses opérations dans Zoueitina et Al-Hariga, plus à l’est.

    
Les enjeux pétroliers et gaziers en Libye.
Crédits : Infographie Le Monde


Ce blocage a provoqué une chute de la production de près de 1,3 million de barils par jour à moins de 550 000 barils par jour et des pertes de près d’un milliard de dollars, selon la NOC.
La décision de M. Haftar avait ulcéré le gouvernement reconnu internationalement, alors que des résolutions de l’ONU stipulent que le pétrole doit rester sous le contrôle exclusif de la NOC et la seule supervision des autorités de Tripoli.
Les pays occidentaux, l’ONU et l’Union européenne ont eux aussi confirmé « les droits exclusifs » de la NOC à exporter le pétrole.
Apaisement
Pour justifier sa décision de remettre les terminaux aux autorités parallèles, le maréchal Haftar avait dénoncé une répartition inéquitable des revenus du pétrole entre l’Ouest et l’Est, et indiqué qu’une partie des revenus du pétrole était détournée par des groupes armés.
Les revenus du brut ont été gérés jusqu’ici par la Banque centrale dépendant du gouvernement installé à Tripoli, qui se charge de « redistribuer l’argent dans toutes les régions et institutions », y compris dans les zones sous contrôle des autorités parallèles.
Dans son communiqué, la NOC a « félicité le commandement général de l’Armée nationale libyenne pour avoir mis l’intérêt national en premier ».

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« Nous avons besoin d’un véritable débat national sur la répartition équitable des revenus pétroliers. (…) La vraie solution est la transparence », a déclaré Mustafa Sanallah, le dirigeant de la compagne nationale, cité dans le communiqué. « Je travaillerai avec d’autres parties nationales pour améliorer la transparence et résoudre cette crise, dans l’intérêt de tous nos citoyens », a-t-il promis.
Un autre geste d’apaisement est venu du chef du gouvernement d’union nationale, Fayez Al-Sarraj, qui a appelé mardi soir le Conseil de sécurité de l’ONU à former une Commission internationale indépendante chargée de faire l’audit des revenus et des dépenses des autorités de l’Est et de l’Ouest.
Selon des sources dans le camp de Haftar, le but du blocage des exportations était d’obtenir le limogeage du gouverneur de la Banque centrale basé à Tripoli, Seddik Al-Kebir, accusé de soutenir financièrement ses rivaux.
La Libye exporte son pétrole en particulier en Europe. Mais les Etats-Unis ou encore la Chine figurent aussi parmi ses clients les plus importants.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le tribunal de Schleswig-Holstein a donné son accord au renvoi de l’ancien leadeur catalan à Madrid, pour l’accusation de détournement de fonds publics. Il reste libre d’ici là.
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La justice allemande autorise l’extradition de Carles Puigdemont

Le tribunal de Schleswig-Holstein a donné son accord au renvoi de l’ancien leadeur catalan à Madrid, pour l’accusation de détournement de fonds publics. Il reste libre d’ici là.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h19
   





                        



   


Le tribunal régional supérieur de Schleswig-Holstein a autorisé jeudi 12 juillet la remise à Madrid du chef indépendantiste catalan Carles Puigdemont. « L’extradition pour l’accusation de détournement de fonds publics est recevable, une extradition pour l’accusation de rébellion n’est pas recevable », a précisé le tribunal.
Il revient au procureur d’organiser cette remise aux autorités espagnoles, ajoute le tribunal, qui précise que « Carles Puigdemont reste libre » dans l’intervalle. Le parquet a précisé qu’il allait « décider sous peu de l’autorisation d’extrader l’accusé pour détournement de fonds ».
L’ancien dirigeant a désormais la possibilité de s’opposer à son extradition en déposant un recours auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
Extradé pour détournement de fonds publics
Poursuivi pour rébellion et détournements de fonds en Espagne en raison du référendum d’indépendance catalan organisé à l’automne 2017, Carles Puigdemont s’était réfugié en Belgique après sa destitution de la présidence catalane par Madrid et de là voyageait pour tenter d’internationaliser son combat. Il avait été interpellé à la fin de mars dans le nord de l’Allemagne. Il revenait d’un déplacement en Finlande, en voiture, en route pour la Belgique.
Les magistrats allemands avaient déjà acté en avril que l’ex-président catalan, destitué par le gouvernement espagnol à la fin d’octobre 2017, ne pourrait pas être extradé pour rébellion, mais qu’il pourrait l’être pour détournement de fonds publics. Une victoire pour M. Puigdemont, et un revers politique pour Madrid.
Cette décision porte un coup aux chefs d’accusation espagnols, car elle peut empêcher un procès pour rébellion, crime passible de trente ans de prison en Espagne : « La cour part du principe que le tribunal espagnol respectera [la décision allemande] et qu’il ne poursuivra pas l’accusé Puigdemont pour rébellion en plus de l’accusation de corruption. »
Les juges ont aussi rejeté les arguments de l’indépendantiste catalan, qui estimait être victime de poursuites politiques et que dès lors son extradition devait être interdite. « Il est aberrant de porter [une telle accusation] contre l’Etat espagnol, membre de la communauté de valeur et de l’espace juridique de l’Union européenne », estime le tribunal.
« Nous sommes convaincus que l’Allemagne ne doit pas prendre part à la criminalisation d’un comportement démocratique et qu’elle ne doit pas se mêler de querelles explosives internes à l’Espagne. Nous allons sous peu décider de la marche à suivre », ont pour leur part commenté dans un communiqué trois avocats allemands du leadeur catalan.
Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, a déclaré en marge du sommet de l’OTAN à Bruxelles que Carles Puigdemont et toutes les personnes impliquées dans la tentative de sécession avortée en Catalogne à l’automne 2017 devaient « être jugés par les tribunaux espagnols ».
Au total, vingt-cinq dirigeants séparatistes catalans sont mis en examen pour leur rôle dans cette affaire. Parmi eux, treize sont accusés de rébellion. Neuf sont en détention provisoire, et quatre se sont enfuis à l’étranger, comme Carles Puigdemont.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ De rebondissements en coups tordus, le scénario infernal du Brexit dépasse la série de Netflix, estime Alain Salles, chef du service international du « Monde ».
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« Les producteurs de “House of cards” jugeraient exagérée la réalité politique britannique du moment »

De rebondissements en coups tordus, le scénario infernal du Brexit dépasse la série de Netflix, estime Alain Salles, chef du service international du « Monde ».



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h30
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. On ne sait pas assez que la série House of Cards a été d’abord britannique. Au début des années 1990, juste au moment de la chute de Margaret Thatcher, la BBC a diffusé cette série montrant les coups tordus pour la succession, fictive et prémonitoire, de la Dame de fer : le premier épisode a été diffusé le 18 novembre 1990, Thatcher a démissionné le 22. L’image est moins léchée et moins glamour que celle de son remake américain avec Kevin Spacey et Robin Wright en First Lady Macbeth, mais elle n’a pas vieilli. Ses couleurs un peu ternes ressemblent à celles de la politique anglaise et se fondent dans le vert des sièges du Parlement de Westminster.
La version américaine vit ses dernières heures pour cause d’« impeachment » de Kevin Spacey sous le coup d’enquêtes pour agressions sexuelles. Elle est de toute façon dépassée par Trump, qui a fait exploser les codes de la politique américaine pour l’inscrire dans une ère post-Machiavel. Depuis le Brexit, le House of Cards britannique est au contraire en train de revivre, mais pas sous forme de fiction. C’est la réalité politique du moment, avec une quantité de rebondissements que les producteurs jugeraient sans doute exagérée.
La différence principale entre la réalité et la série, c’est que, sur la BBC, comme dans la version américaine, le personnage principal tire les ficelles et manipule Westminster, en prenant les téléspectateurs à témoin. Ici, personne ne semble contrôler la situation et tout le monde est dépassé par le scénario infernal du Brexit.
Tous des seconds rôles
« House of Brexit » comporte quantité de très bons acteurs, quoiqu’ils soient parfois cabotins. Mais ce sont tous des seconds rôles. A commencer par Theresa May, la première ministre qui perd sa majorité, en convoquant des élections imperdables, en juin 2017. Elle reprend parfois la main, mais elle garde cette image de fragilité permanente, comme lors de son discours au Congrès...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le Conseil de sécurité reconnaît son retard dans la prise en compte de cet enjeu majeur pour la sécurité mondiale.
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L’ONU se penche sur la question du lien entre changement climatique et risques de conflits

Le Conseil de sécurité reconnaît son retard dans la prise en compte de cet enjeu majeur pour la sécurité mondiale.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 11h16
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


Un monde plus chaud est un monde potentiellement plus conflictuel. C’est le constat dressé par le Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi 11 juillet, qui a tenu, pour la première fois depuis sept ans, un débat sur le lien de causalité entre le changement climatique et les risques de survenue ou d’aggravation des conflits.
L’organisation a pris acte de son retard dans la prise en compte de cet enjeu majeur pour la sécurité mondiale – alors que la tendance actuelle est à une augmentation des températures de 4 degrés d’ici à 2100 – sans pour autant adopter de mesures concrètes pour y remédier.
Car le sujet, qualifié de « sensible », est loin de faire l’unanimité au sein des Etats membres, notamment auprès de la Russie, la Chine et l’Ethiopie qui considèrent qu’il ne devrait pas être à l’agenda du Conseil de sécurité, faute d’expertises concluantes sur ces liens de corrélation. Au contraire, la Suède, qui en assure la présidence pour le mois de juillet, estime que « cette menace ne peut plus être ignorée ».
Il suffit de « superposer une carte de l’arc des conflits du Sahel à l’Afghanistan aux données sur les vagues de chaleur pour mieux comprendre l’enjeu », explique un diplomate qui voudrait voir l’ONU jouer un rôle de « lanceur d’alertes ».
« La disparition des ressources naturelles entraîne des conflits locaux qui deviennent nationaux puis régionaux », explique Hindou Ibrahim, représentante de l’International Indigenous Peoples Forum on Climate Change
« Le changement climatique est lié aux enjeux sécuritaires les plus pressants de notre époque. Aucun pays ne sera épargné », a reconnu la vice-secrétaire générale, Amina Mohamed, de retour d’un voyage dans la région du Sahel où elle a pu mesurer les effets des hausses des températures : « Déplacement forcé des populations locales, perte des moyens de subsistance, risques alimentaires accrus, marginalisation socio-économique et affaiblissement des institutions publiques qui agissent comme démultiplicateurs de la menace », a-t-elle détaillé.
De nombreux Etats avaient d’ailleurs fait le déplacement à New York pour souligner que si les événements climatiques extrêmes sont les plus visibles, d’autres phénomènes plus lents comme la sécheresse, la salinisation des sols ou la montée des eaux contribuent à générer ou raviver des tensions sur des sociétés déjà fragilisées.
Cette vulnérabilité des populations face à la hausse des températures a été incarnée avec force par Hindou Ibrahim, membre de la communauté peule au Tchad et représentante de l’ONG International Indigenous Peoples Forum on Climate Change (IIFPCC). « Plus de 80 % des communautés au Sahel sont dépendantes de l’environnement. La disparition des ressources naturelles entraîne des conflits locaux qui deviennent nationaux puis régionaux. C’est un terreau fertile pour le terrorisme », a-t-elle assené aux diplomates en leur demandant de « redonner de l’espoir » aux communautés locales, pas uniquement pour leur permettre de « survivre » mais de « vivre ».
Le ministre chargé des ressources en eau d’Irak, le Dr Hassan Janabi, dont 90 % du territoire est menacé par la désertification, a pris l’exemple du bassin du Tigre et de l’Euphrate qui ont perdu 50 % de leur volume en vingt ans. Ce stress hydrique a privé la vallée de 15 % de sa surface cultivable, poussant le gouvernement à interdire la culture du riz et du maïs.
Demande d’une « réponse vigoureuse »
Pour mieux appréhender « cette nouvelle réalité » des conflits contemporains, une majorité des Etats membres a demandé au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de mettre en place un rapport annuel détaillant les risques liés au changement climatique dans les zones de conflits mais aussi dans les régions stables. L’ambassadeur français, François Delattre, a soutenu l’idée d’une « diplomatie multilatérale du XXIe siècle qui intègre pleinement les impacts du changement climatique dans une démarche de prévention des conflits ».
M. Gutteres pourra s’appuyer sur l’ensemble des agences de l’ONU ayant une expertise sur le sujet (FAO pour l’agriculture, PNUE pour l’environnement, CCNUCC pour le changement climatique et le GIEC pour le climat) dont la coordination est encore trop limitée.
Baron Waqa, le président de la République de Nauru, petite île du Pacifique de 21 kilomètres carrés, a plaidé pour « une réponse vigoureuse » et suggéré la création d’un poste de représentant spécial pour le climat et le risque sécuritaire. Car « malgré l’accord de Paris, la situation va continuer à se dégrader à une ampleur qui dépasse tout ce qu’il s’est produit jusqu’à présent », a-t-il prédit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le groupe NSU, responsable d’une série de meurtres et d’attentats racistes entre 2000 et 2007, a longtemps échappé aux autorités.
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Allemagne : perpétuité pour la criminelle néonazie Beate Zschäpe

Le groupe NSU, responsable d’une série de meurtres et d’attentats racistes entre 2000 et 2007, a longtemps échappé aux autorités.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h13
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Ce fut l’un des plus longs procès qu’a connu l’Allemagne depuis la seconde guerre mondiale. Après 437 jours d’audience, Beate Zschäpe, a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, mercredi 11 juillet, par le tribunal régional supérieur (Oberlandesgericht) de Munich. Agée de 43 ans, cette ex-membre de l’organisation néonazie Nationalsozialistischer Untergrund (NSU, Clandestinité nationale-socialiste) a été reconnue coupable d’avoir participé à dix meurtres (neuf hommes d’origine turque et grecque ainsi qu’une policière allemande), deux attentats à la bombe et une quinzaine de braquages de banques, entre 2000 et 2007. Quatre coaccusés jugés pour avoir fourni une aide logistique ont par ailleurs été condamnés à des peines allant de deux ans et demi à dix ans de prison.
En Allemagne, les sites d’information, les radios et les télévisions ont consacré des éditions spéciales à la couverture du verdict, signe de l’intérêt médiatique exceptionnel suscité par ce procès depuis son ouverture, le 6 mai 2013. Un procès hors norme, en raison à la fois de sa durée (plus de cinq ans), de la taille du dossier (300 000 pages), du nombre de parties civiles (80), de témoins (750) et d’experts (42), mais aussi des innombrables incidents de procédure qui l’ont émaillé de bout en bout, donnant parfois l’impression que le « procès du procès » prenait le pas sur le procès lui-même.
Au terme de cet épuisant feuilleton judiciaire, qui a notamment donné lieu à deux pièces de théâtre, une série télévisée, une exposition ainsi qu’un long-métrage de fiction (In the Fade, du cinéaste Fatih Akin, qui a valu à l’actrice Diane Kruger le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes, en 2017), plusieurs questions majeures restent toutefois sans réponse. Et d’abord : quel fut le rôle exact de Beate Zschäpe ? Ce n’est qu’en septembre 2016, trois ans et quatre mois après l’ouverture du procès, que la principale accusée est sortie de son mutisme,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Donald Trump évoque un pays « dans la tourmente » au moment où Theresa May est désavouée par les partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne.
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Avec Londres, une « relation particulière » minée par les provocations et la défiance de Donald Trump

Donald Trump évoque un pays « dans la tourmente » au moment où Theresa May est désavouée par les partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h01
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Qu’il semble lointain, le jour de janvier 2017 où Donald Trump a pris la main de Theresa May à la Maison Blanche – elle s’y était précipitée sitôt après la présidentielle américaine. L’« ami américain » n’a pas même attendu de commencer sa première visite officielle au Royaume-Uni, jeudi 12 juillet, pour décocher quelques flèches empoisonnées à la première ministre britannique, qui n’en a guère besoin en ce moment.
Non seulement le président américain s’attend à aborder un pays qu’il juge « quelque peu dans la tourmente », mais on lui prête l’intention de rencontrer Boris Johnson, le champion du Brexit dur qui vient précisément de provoquer cette « tourmente » en démissionnant du Foreign Office pour protester contre les concessions faites par Theresa May aux Européens à l’heure du Brexit.
Boris Johnson ? « C’est un ami, il a été très aimable avec moi, il m’a beaucoup soutenu. Je lui parlerai peut-être quand je serai là-bas. J’apprécie Boris Johnson. Je l’ai toujours apprécié », a-t-il appuyé. Cette poignée de main-là « ne figure pas au programme, mais le président fait lui-même son programme, a insisté à la BBC Woody Johnson, l’ambassadeur américain au Royaume-Uni. Nous ferons tout notre possible si le président veut faire quelque chose ».
Pourtant, l’emploi du temps officiel ne manque pas d’étapes grandioses ni de rencontres prestigieuses. Dîner de gala avec des patrons à Blenheim Palace, où naquit Winston Churchill, entretien avec Theresa May dans sa résidence de campagne de Chequers, thé avec la reine Elizabeth au château de Windsor. Le voyage doit s’achever samedi et dimanche en Ecosse, pays natal de la mère de M. Trump, dans l’un des golfs qu’il y possède.

Le programme évite au maximum Londres, où une grosse manifestation est prévue vendredi 13 juillet. Le collectif « Stop Trump » appelle à un « carnaval de résistance » destiné à « montrer au gouvernement britannique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Alors que le premier tour de l’élection est prévu le 29 juillet, la cheffe des observateurs européens se dit « soucieuse du rythme de distribution » des cartes.
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Compte rendu

Au Mali, seulement 37 % des cartes d’électeurs retirées pour la présidentielle

Alors que le premier tour de l’élection est prévu le 29 juillet, la cheffe des observateurs européens se dit « soucieuse du rythme de distribution » des cartes.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-12T10:59:48+02:00"

        Le 12.07.2018 à 10h59






    
Une carte d’électeur sécurisée diffusée lors d’une distribution à Bamako le 20 juin 2018, avant la prochaine élection présidentielle du 29 juillet.
Crédits : MICHELE CATTANI / AFP


Un peu plus d’un électeur malien sur trois a récupéré sa carte électorale pour voter au scrutin présidentiel le 29 juillet, a-t-on appris mercredi 11 juillet de sources concordantes. Un peu plus de 3 millions, sur 8 millions d’électeurs inscrits, ont retiré leur carte, selon un document du ministère de l’administration territoriale consulté par l’AFP, avec d’importants écarts géographiques, notamment un taux de 12 % à Kidal (nord) et 24 % à Mopti (centre), contre plus de 53 % à Sikasso (sud) et Ségou (centre).

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La cheffe des observateurs de la mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE), Cécile Kyenge, s’est déclarée « soucieuse du rythme de distribution des cartes d’électeurs à près de deux semaines du scrutin », tout en se disant « persuadée de la bonne volonté du gouvernement ». « La sécurité de la campagne électorale et du scrutin représente un autre défi majeur, notamment dans le centre et le nord » du pays, a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse à Bamako.
Jusqu’à quatre-vingts observateurs
Au cours de son séjour de 48 heures qui s’achève jeudi soir, elle a rencontré 17 des 24 candidats, dont le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013, et le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé. La mission européenne compte un premier groupe de vingt observateurs, assistés par dix analystes, et ses effectifs doivent atteindre quatre-vingts le jour du scrutin.
La communauté internationale, présente notamment avec la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et la force française « Barkhane », attend de cette élection une relance de l’application de l’accord de paix signé en mai-juin 2015 par le gouvernement, les groupes qui le soutiennent et ceux de l’ex-rébellion, qui accumule les retards.

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                Le Mali se prépare à une élection présidentielle « pas parfaite à 100 % »



Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touarègue. Cette dernière s’était abord alliée à ces groupes avant d’être évincée des zones qu’elle contrôlait. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.
Depuis la signature de l’accord de 2015, les violences ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des tensions ou des conflits intercommunautaires.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les géants américains des médias 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.
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Télévision : surenchères dans la bataille pour racheter Sky

Les géants américains des médias 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h59
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

C’est depuis Sun Valley, petite commune de l’Idaho (nord-ouest des Etats-Unis) où se réunit cette semaine l’essentiel des grands chefs d’entreprise américains, que la bataille pour Sky est encore montée d’un cran. Mercredi 11 juillet, 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.
L’avantage reste, pour le moment, au second : il demeure le plus offrant, proposant 26 milliards de livres (29,4 milliards d’euros) pour acquérir 61 % du capital de Sky. C’est 4 milliards de plus que précédemment et 1,5 milliard de mieux que l’offre rivale. Pour remporter la mise, Fox, le groupe fondé et dirigé par Rupert Murdoch, qui possède déjà 39 % du bouquet, devra de nouveau surenchérir. A condition toutefois d’obtenir le feu vert de Disney, auquel il souhaite vendre la majorité de ses actifs.
C’est en effet une partie de billard à trois bandes qui se joue entre les trois géants américains des médias. Fin 2017, Disney avait trouvé un accord avec Fox pour mettre la main sur ses studios de cinéma, ses chaînes de télévision (mais pas Fox News), le groupe de télévision indien Star, et sur Sky, une fois ce dernier racheté par Fox. Le créateur de Mickey va ainsi financer la surenchère : il reprendra la dette additionnelle que Fox devra contracter pour finaliser cette opération.

Jouer les trouble-fêtes
Face à cette alliance, Comcast est bien décidé à jouer les trouble-fêtes. En avril, le premier cablo-opérateur aux Etats-Unis, également propriétaire du groupe de télévision NBC et des studios de cinéma Universal, s’est d’abord lancé à l’assaut de Sky, soumettant une offre supérieure à celle de Fox. Deux mois plus tard, il a proposé 20 % de plus pour racheter les actifs de Fox convoités par Disney, obligeant la société californienne à surenchérir.
Malgré cette offensive, Fox privilégie toujours la proposition de Disney, qui a déjà reçu le feu vert des autorités de la concurrence quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La république, menée par l’autoritaire Ramzan Kadyrov, rapatrie des familles parties en Syrie et en Irak.
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La Tchétchénie, carrefour du retour des femmes russophones de l’EI

La république, menée par l’autoritaire Ramzan Kadyrov, rapatrie des familles parties en Syrie et en Irak.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h55
    |

            Benoît Vitkine (Grozny, Makhatchkala, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Depuis son retour de Syrie, en novembre 2017, Amina (le prénom a été modifié) se sait surveillée. Par sa famille tchétchène, pour commencer, que cette jeune femme de 33 ans exilée aux Pays-Bas depuis 1999 n’avait pas vu depuis vingt ans. Par les services fédéraux russes, ensuite, qui l’ont convoquée il y a encore quelques semaines, pour un interrogatoire au détecteur de mensonges. Par les services du tout-puissant Ramzan Kadyrov, enfin, qui tient la région d’une main de fer et a engagé tout son crédit dans le rapatriement de dizaines de « femmes de l’organisation Etat islamique (EI) ».
« Depuis que j’ai rejoint les régions kurdes de Syrie, en septembre 2017, j’en suis à douze interrogatoires. Pour le reste, je peux vivre librement », assure Amina, qui occupe avec cinq de ses enfants – deux autres de ses enfants sont restés au Pays-Bas – un petit appartement de Grozny, la capitale tchétchène, loué par l’une de ses tantes. La plupart des autres membres de sa famille tchétchène évitent de la voir. « Etre partie en Syrie fait de moi quelqu’un de toxique, explique-t-elle, habillée en abaya noire. Sans compter que mon dernier mari était tunisien, pas tchétchène, et ça, ici, c’est encore plus grave ! »

La méfiance des autorités s’explique sans doute par les zones d’ombre du parcours d’Amina, qui assure avoir quitté les Pays-Bas pour la Turquie, en 2015, pour une simple opération de l’œil, avant d’être attirée en Syrie « par de fausses promesses », en compagnie de son mari, rencontré en Turquie. Celui-ci aurait ensuite refusé de combattre pour l’EI, et aurait été mis en prison pour cela par l’organisation djihadiste.
« On ne s’occupe pas des hommes, et la plupart sont, de toute façon, morts », Kheda Saratova, ancienne défenseuse des droits de l’homme ralliée à Ramzan Kadyrov
En septembre 2017, c’est la fuite : un mois d’errance avec ses enfants dans les zones sous contrôle de l’EI, suivi d’un mois en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Yaoundé évoque un « trucage » mais a ouvert une enquête pour déterminer l’identité des hommes qui exécutent deux femmes, une fillette et un bébé.
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Compte rendu

Doutes et indignation au Cameroun au sujet d’une vidéo montrant des exécutions sommaires

Yaoundé évoque un « trucage » mais a ouvert une enquête pour déterminer l’identité des hommes qui exécutent deux femmes, une fillette et un bébé.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-12T10:53:00+02:00"

        Le 12.07.2018 à 10h53






    
Deux sources sécuritaires camerounaises ont indiqué à l’AFP que la vidéo pourrait avoir été filmée dans une zone montagneuse de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, frontalière de certains bastions nigérians de Boko Haram.
Crédits : ALEXIS HUGUET/AFP


Une enquête a été ouverte au Cameroun après la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo devenue virale, montrant des hommes armés, présumés militaires camerounais, exécuter deux femmes, une fillette et un bébé qu’ils accusent d’être des complices du groupe djihadiste nigérian Boko Haram.
Dans une déclaration à la presse, le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary a dénoncé, mercredi soir 11 juillet, une « fake news », qualifiant cette vidéo d’« horrible trucage ».

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« Néanmoins (…), le chef de l’Etat [Paul Biya] a prescrit l’ouverture d’une enquête conformément aux usages en la matière », a-t-il ajouté.
Vidéo non authentifiée
Dans la vidéo, publiée mardi et vue des milliers de fois sur les réseaux sociaux, on voit des hommes vêtus de tenues militaires semblables à celles de certaines unités de l’armée camerounaise. Avant de les exécuter, ces hommes qualifient les deux femmes, en français, de « BH » (pour Boko Haram), précisant qu’elles ont été capturées lors d’un assaut contre les djihadistes. Mercredi soir, il n’était pas possible de dater ou d’authentifier de source indépendante cette vidéo.

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Deux sources sécuritaires camerounaises ont néanmoins indiqué à l’AFP que la vidéo pourrait avoir été filmée dans une zone montagneuse de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, frontalière de certains bastions nigérians de Boko Haram.
L’armée camerounaise y est engagée pour contrer les incursions fréquentes de combattants du groupe djihadiste.
« Intoxication du public »
Pour Issa Tchiroma, « le paysage et le relief indiquent clairement que l’on se trouve en zone sahélo-saharienne. (…) En pareille circonstance, il est constant que les tenues de combat utilisées par l’armée camerounaise sont toujours de type sahélien », a-t-il continué, soulignant « que les hommes concernés [dans la vidéo] arborent des uniformes bariolés, pour certains de type “forêt” ».
De plus, « des voix off [ont été] approximativement apposées sur des séquences visuelles », a-t-il encore affirmé, estimant qu’il s’agissait d’« une malheureuse tentative de transfiguration de la réalité et d’intoxication du public ».

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La diffusion de cette vidéo très violente a provoqué la polémique et l’indignation sur les réseaux sociaux. Une ONG locale, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Rhedac), a affirmé avoir « recoupé » les informations contenues dans cette vidéo, disant être en mesure d’attester de « son authenticité ».
L’armée camerounaise est régulièrement accusée par des ONG de perpétrer des exactions contre des personnes soupçonnées d’appartenir au groupe Boko Haram, ce qu’elle a toujours démenti.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Depuis août 2017, de nombreuses femmes et jeunes filles rohingya ont subi des viols en fuyant les violences que subissait leur communauté en Birmanie. Aujourd’hui, les enfants de ces agressions vivent avec leurs mères dans des conditions difficiles.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans un rapport publié jeudi, l’organisation évoque « des disparitions forcées, des tortures et autres mauvais traitements » dans des prisons secrètes gérées par les Emirats arabes unis dans le sud du Yémen.
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Yémen : Amnesty International dénonce des « crimes de guerre » dans des prisons secrètes

Dans un rapport publié jeudi, l’organisation évoque « des disparitions forcées, des tortures et autres mauvais traitements » dans des prisons secrètes gérées par les Emirats arabes unis dans le sud du Yémen.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 07h29
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 13h56
   





                        


Les sites de détention secrets relevant des Emirats arabes unis (EAU) au Yémen sont à nouveau dénoncés. Dans un rapport publié jeudi 12 juillet, l’organisation Amnesty International estime que les violations des droits de l’homme dans ces prisons peuvent être « assimilées à des crimes de guerre ».
Amnesty évoque des « violations flagrantes » qui y ont été commises, « y compris des disparitions forcées, des tortures et autres mauvais traitements assimilables à des crimes de guerre ». Les Emirats arabes unis ont démenti diriger ou encadrer des prisons secrètes dans le sud du Yémen.
En juin 2017, l’agence de presse AP avait révélé l’existence au Yémen d’au moins 18 sites de détention relevant des Emirats arabes unis, alliés de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis, ou des forces yéménites, dans le cadre de la coalition qui intervient militairement au Yémen contre les rebelles houthistes. L’agence avait relaté disparitions et cas de torture.

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Les ONG Human Rights Watch (HWR) et Amnesty International s’en étaient fait l’écho, affirmant que les EAU administraient au moins deux « structures de détention informelles » au Yémen, ce que dément Abou Dhabi.
Disparitions
Amnesty International indique avoir enquêté entre mars 2016 et mai 2018 sur les cas de 51 hommes arrêtés et détenus dans le sud du Yémen par les Emirats arabes unis et les forces yéménites. L’organisation affirme que « 19 de ces hommes sont portés disparus ».
Amnesty appelle « les partenaires des Emirats dans le domaine du contre-terrorisme dont les Etats-Unis » à « prendre position contre les tortures présumées, y compris en enquêtant sur le rôle du personnel américain dans les abus liés à ces détentions au Yémen et en refusant d’utiliser des informations obtenues probablement sous la torture ou les mauvais traitements ».
Le Yémen est déchiré depuis 2014 par une guerre qui oppose les rebelles chiites houthistes et leurs alliés – les forces restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, mort en décembre 2017 – aux troupes loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi.
En mars 2015, le conflit s’est aggravé avec l’intervention militaire d’une coalition menée par l’Arabie saoudite pour aider le pouvoir à chasser les houthistes, soutenus par l’Iran. Les Emirats arabes unis font non seulement partie de cette coalition mais en sont l’un des piliers, apportant un soutien essentiel au sol aux troupes progouvernementales qui rassemblent des forces hétéroclites.

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La question des prisons a été au centre d’une visite, lundi à Aden, de la ministre d’Etat émiratie à la coopération internationale Rim Al-Hachémi. Mme Hachémi a rencontré le président Hadi et le ministre de l’intérieur Ahmed Maisari, qui a insisté sur la « fermeture de prisons et la nécessité de les soumettre au contrôle de la justice », selon l’agence SABA, contrôlée par le gouvernement.



                            


                        

                        

