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A l’issue de la réunion de l’OTAN, les dirigeants saluent des « avancées »

Le deuxième jour du sommet organisé à Bruxelles a notamment été marqué par la convocation d’une réunion extraordinaire sur le renforcement des dépenses militaires des Européens.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h34
   





                        



   


Jeudi 12 juillet, au deuxième jour du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, marqué par des frictions entre Donald Trump et ses alliés, les dirigeants ont tenu à souligner les « avancées » qui en résultent. « Je crois en l’OTAN », a dit le président américain lors d’une conférence de presse, saluant les « immenses progrès » obtenus, selon lui, en matière d’engagements financiers.
« Hier, je leur ai fait savoir que j’étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait, et ils ont considérablement renforcé leurs engagements, a-t-il déclaré. Je leur ai dit que je serais très malheureux s’ils n’augmentaient pas leurs engagements de façon substantielle, parce que les Etats-Unis payent un montant énorme. » Et d’ajouter : « Maintenant, nous sommes très heureux d’avoir une OTAN très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu’il y a deux jours. »
Un avis partagé par le président français, Emmanuel Macron, selon qui l’OTAN sort « beaucoup plus forte » de ce sommet, notamment parce que Donald Trump a « réaffirmé son engagement (...) d’avoir une OTAN forte ».
La France respectera ses engagements pour parvenir à consacrer 2 % de son PIB à ses dépenses militaires. « Nous y serons en 2025 », a affirmé la ministre des armées, Florence Parly, présente à Bruxelles.
Réunion extraordinaire jeudi
L’engagement souscrit en 2014 de consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 demeure. Il est inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les dirigeants des 29 pays membres de l’Alliance. Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4 % de leur PIB pour la défense en 2018, et certains se disaient incapables de respecter leur parole en 2024, ce qui a ulcéré le président américain.
Donald Trump était arrivé à Bruxelles mardi soir décidé à leur forcer la main. Il a mis le sommet sous pression à coup de messages sur son compte Twitter et de déclarations peu amènes à l’adresse des mauvais payeurs. Le président américain a renouvelé ses exigences jeudi au début de la seconde journée du sommet et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a été contraint de convoquer en urgence une réunion extraordinaire pour désamorcer une menace de crise.
Mercredi, M. Trump s’en était pris en particulier à l’Allemagne, sa cible favorite, accusée d’être « complètement contrôlée par la Russie » à cause de ses approvisionnements en gaz, visant le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne. « J’ai expliqué qu’en Allemagne, nous savons que nous devons faire plus, et c’est ce que nous faisons depuis un certain temps », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. « Mais j’ai aussi clairement dit que nous sommes le deuxième plus grand fournisseur de troupes de l’OTAN », a-t-elle ajouté.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La détection d’un neutrino sous la calotte du pôle Sud a permis de remonter la piste de rayons cosmiques de haute énergie, dont l’origine défie les physiciens depuis un siècle.
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L’énigme des rayons cosmiques s’éclaircit

La détection d’un neutrino sous la calotte du pôle Sud a permis de remonter la piste de rayons cosmiques de haute énergie, dont l’origine défie les physiciens depuis un siècle.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h33
    |

            Pierre Barthélémy








                        



   


Les mystères de l’Univers s’éclaircissent parfois en des lieux inattendus. Ainsi que le révèlent, jeudi 12 juillet dans Science, deux études réunissant les efforts d’une quinzaine d’équipes d’astrophysiciens à travers le monde, l’énigme des phénomènes cosmiques les plus puissants du cosmos a trouvé un début de solution… au pôle Sud. Non pas en scrutant le ciel mais dans les profondeurs de la calotte glaciaire.
Mais avant de raconter la découverte, décrivons ses enjeux. Parmi les défis qu’ont à relever les astrophysiciens se trouve celui des rayons cosmiques, découverts en 1912 et qui n’ont de rayons que le nom. Il s’agit en réalité de particules électriquement chargées – protons, électrons, noyaux atomiques… Beaucoup prennent naissance dans le Soleil mais les plus énergétiques de ces rayons cosmiques, accélérés à une vitesse approchant celle de la lumière, proviennent d’autres galaxies que la nôtre.
Leur source est inconnue car ces astroparticules ne sont pas « traçables » : en raison de leur charge électrique, leur course est déviée par les champs magnétiques qu’elles rencontrent et vouloir reconstituer leur trajectoire est aussi vain que d’essayer de savoir par où est passée une bille de flipper.
Afin d’identifier l’origine de ces rayons cosmiques de très haute énergie, les astrophysiciens misent donc sur un autre type de particules qui leur sont associées, les neutrinos. « Dans les régions où les rayons cosmiques sont accélérés, explique Kumiko Kotera, chercheuse à l’Institut d’astrophysique de Paris (IAP), il y a beaucoup de photons et de matière. Ils ne sortent pas indemnes de cette zone et vont interagir avec la matière et le rayonnement ambiants. Cela crée des neutrinos de haute énergie, qui sont des sous-produits de ces rayons cosmiques. »
Ligne droite
Pour les astrophysiciens, les neutrinos présentent un avantage incomparable : dénués de charge électrique, ils sont indifférents aux champs magnétiques et traversent le cosmos en ligne droite. « Photographier » la trajectoire de l’un d’eux permet donc de pointer vers sa source.
Retour au pôle Sud. C’est là que, entre 1 450 et 2 450 mètres sous la surface, est installé l’instrument IceCube, un kilomètre cube de glace au sein duquel ont été placés quelque 5 000 capteurs. Le plus grand chasseur de neutrinos du monde. Pourquoi un tel mastodonte ? Parce que les neutrinos sont des particules fantômes. Comme ils interagissent très peu avec la matière – des centaines de milliards d’entre eux traversent votre corps à chaque seconde sans que cela vous empêche de dormir –, il faut un énorme détecteur pour en prendre un au piège de temps en temps.

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Nous sommes le 22 septembre 2017, quelque part dans les tréfonds gelés d’IceCube. A 22 heures 54 minutes et 30 secondes (heure de Paris), un neutrino de haute énergie interagit avec la glace et y dépose sa trace. Tout comme un expert en balistique peut déterminer l’endroit d’où une balle a été tirée en analysant le trou qu’elle a creusé dans un mur, le système de détection d’IceCube détermine avec une assez bonne précision la région du ciel d’où est issue la particule : un petit coin de la constellation d’Orion.
Quarante-trois secondes après la détection, une alerte est envoyée qui signale l’événement. La suite, Azadeh Keivani, chercheuse à l’université d’Etat de Pennsylvanie et cosignataire d’une des études parues dans Science, la raconte : l’alerte « a déclenché une séquence automatique d’observations, dans les domaines des ultraviolets et des rayons X, par les télescopes spatiaux Swift et NuSTAR de la NASA, ainsi que par treize observatoires tout autour du monde ».
Un trou noir gargantuesque
Grâce à cette collaboration internationale de grande envergure, un « suspect » est vite identifié dans la zone. Dans le jargon astronomique, il s’agit d’un « blazar », portant le matricule TXS 0506 + 056. Contraction de « blazing quasar » (« quasar flamboyant » en français), un blazar désigne une galaxie dont le cœur est occupé par un trou noir gargantuesque. La masse de la bête peut équivaloir à plusieurs milliards de fois celle du Soleil, et autour d’elle gravite un disque de matière surchauffée qui, petit à petit, est avalée par le trou noir.
L’énergie mobilisée dans ces phénomènes est au-delà de l’imaginable. Deux jets de particules chargées s’échappent perpendiculairement au noyau de la galaxie à une vitesse proche de celle de la lumière, comme les deux cônes d’un gigantesque phare céleste. Si ce quasar nous semble flamboyant vu de la Terre, c’est parce que nous nous trouvons précisément dans l’axe d’un de ces cônes.
D’après les observations effectuées dans les heures et les jours qui ont suivi l’alerte, il apparaît que TXS 0506 + 056 est bien en phase active. Toute la difficulté, pour les chercheurs, a consisté à déterminer si le blazar était le parent du neutrino observé ou si la concomitance des deux phénomènes n’était due qu’au hasard. Une analyse statistique complexe a donc été menée par Anna Franckowiak : « Nous avons calculé que la probabilité qu’il s’agisse d’une simple coïncidence était environ d’une chance sur mille », explique cette chercheuse au synchrotron allemand DESY.
Une chance sur mille, cela peut sembler insignifiant mais ce chiffre laisse un degré d’incertitude peu tolérable pour des physiciens. L’équipe d’IceCube s’est donc replongée dans ses archives et a déniché une douzaine d’autres neutrinos provenant de la direction de TXS 0506 + 056. La probabilité d’une pure coïncidence est tombée à une chance sur cinq mille. « Cela commence à devenir sérieux », commente Kumiko Kotera, qui souligne cependant que ce chiffre ne répond pas encore aux standards très rigoureux de l’astrophysique.
L’astronomie « multimessagers »
La chercheuse ne boude toutefois pas son plaisir, consciente d’être vraisemblablement en face d’une découverte historique. Elle souligne que, au-delà de la première identification d’une source de rayons cosmiques, ces travaux constituent un pas de plus vers un nouvel âge de sa science, celui de l’astronomie « multimessagers ». Pendant longtemps, les astronomes n’ont eu que la lumière visible des étoiles et des planètes pour travailler, puis leur palette s’est élargie à d’autres « couleurs », d’autres parties du spectre électromagnétique – ondes radio, infrarouge, UV, rayons X et gamma.
Et en une poignée d’années, de nouveaux messagers des astres sont entrés en scène : les ondes gravitationnelles, détectées pour la première fois en 2015 (et dont les découvreurs ont reçu le prix Nobel de physique 2017), et désormais les neutrinos de haute énergie. En combinant les messagers, les astrophysiciens auront à la fois « la couleur et la texture » du tableau qu’ils contemplent, pour reprendre l’image de Kumiko Kotera.
Directrice de la National Science Foundation américaine, qui finance en grande partie IceCube, France Cordova ne s’y est pas trompée, qui a réagi à l’annonce sur TXS 0506 + 056 en déclarant : « L’ère de l’astrophysique multimessagers a commencé. Chaque messager (…) nous donne une compréhension plus complète de l’Univers ainsi que d’importants nouveaux enseignements sur les objets et les phénomènes les plus puissants du ciel. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Depuis le début, les joueurs de l’équipe de France, malgré l’écart générationnel, cohabitent de façon idyllique.
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Coupe du monde 2018 : promis, le groupe vit bien

Depuis le début, les joueurs de l’équipe de France, malgré l’écart générationnel, cohabitent de façon idyllique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 10h49
    |

            Adrien Pécout (Istra, envoyé spécial)








                        



   


Il faut tout le sang-froid du farceur. Dans l’avion, un jeune homme tout sourire prend la pose devant un autre en train de dormir, main sur la joue. Le premier s’appelle Kylian Mbappé, le second Paul Pogba, qui tous deux portent le survêtement frappé du coq. Celui de l’équipe de France. D’autres vidéos existent, fragments d’un même discours : ici, des coéquipiers tapant le carton, là, chantant ou dansant en plein vol.
Bref, le groupe vit bien, comme on dit. L’expression veut tout dire et rien à la fois. Rien, le plus souvent, tant cette formule ressemble à une phrase creuse. De celles que se refilent les communicants du football comme autant de viatiques, dans une Coupe du monde où il faut aussi naturellement « prendre les matchs les uns après les autres » et où « tout se joue sur des détails ».

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Sauf que là, insistent les joueurs, promis, le groupe vit vraiment bien ! Il y a des signes, soit. Ce plaisir qu’ils ont à prendre l’avion ensemble, peut-être. Cette envie primordiale de gagner ensemble, surtout. Après déjà six matchs dont cinq victoires en Russie, les Bleus en espèrent une nouvelle qui les ferait tout simplement entrer dans l’histoire de leur sport : ils affronteront la Croatie en finale du Mondial, dimanche 15 juillet, à Moscou.
Pétanque et jeux vidéo
Les victoires engendrent-elles la bonne humeur, ou bien l’inverse ? Sans résoudre le paradoxe de l’œuf et de la poule, Kylian Mbappé se contente de souligner que le groupe a déjà deux mois de vie commune derrière lui. « Deux mois ensemble, si vous ne vous appréciez pas, c’est long. » Or, « c’est passé vraiment vite », sourit-il, regardant tantôt la caméra de TF1, tantôt son coéquipier Benjamin Mendy, qui tentait de le chambrer après la victoire (1-0) sur la Belgique en demi-finales.
Ces Bleus partagent le même huis clos depuis leur rassemblement à Clairefontaine (Yvelines) en vue du Mondial, le 23 mai. Tout juste en ont-ils aujourd’hui changé le cadre : ils vivent depuis le début du tournoi dans leur camp de base d’Istra, à une heure de Moscou sans embouteillages (une rareté). Avec plusieurs passe-temps : jeux vidéo, entre autres, pour les plus jeunes ; pétanque pour les trentenaires Olivier Giroud et Hugo Lloris comme pour Didier Deschamps, sélectionneur à l’adresse redoutable, selon Le Parisien. « On passe le temps ensemble, et franchement on ne s’ennuie pas », insiste le défenseur Raphaël Varane, 25 ans, dont on ignore à ce jour le passe-temps favori.
Guy Stéphan, entraîneur adjoint, salue ce groupe où cohabitent plusieurs générations sous un même toit. « Il y a beaucoup de tranches d’âge. Et donc il faut fonctionner avec tous ces joueurs, avec un canal différent. » Un groupe parmi les plus jeunes du tournoi, avec tout de même un bel écart entre le benjamin Kylian Mbappé (19 ans, déjà trois buts à son actif) et Steve Mandanda (33 ans, gardien remplaçant).
Le technicien a un exemple précis : « Ce qui est intéressant, c’est de voir la réaction des joueurs qui ne jouent pas quand il y a un but. C’est extraordinaire de vivre ça depuis le banc. Ça montre que ce n’est pas un cliché de dire que le groupe vit bien. » Il fallait voir, oui, l’attroupement après le premier des deux buts de Kylian Mbappé contre l’Argentine. Les Bleus ont été menés au score pendant seulement neuf minutes durant le tournoi, en l’occurrence lors de ce huitième de finale.
Comment réagira l’équipe, à l’avenir, si la situation se complique ? Paul Pogba présume qu’elle fera bloc. « Il n’y a pas d’ego, et c’est ça qui fait de cette équipe une grande équipe, assure le milieu. Chacun reste à sa place, chacun connaît les qualités de l’autre, on travaille très bien ensemble. » Discours intéressant, à l’heure des statistiques encourageant surtout les individualités. Ou au vu de la « PogSérie », un programme sur Canal + consacré à l’univers du joueur. Pendant le Mondial, Kylian Mbappé défend lui aussi cette vision de l’équipe. Le phénomène déclare vivre « caché derrière le collectif » malgré l’engouement autour de sa très jeune personne. « Kylian passera après », ajoute-t-il, modeste, mais à la troisième personne du singulier.
Tout est affaire d’équilibre entre intérêts individuels et collectifs, résume Antoine Griezmann, l’air de rien : « Nous, on est un peu égoïstes, on veut jouer toutes les minutes, tous les matchs », reconnaît l’attaquant au nom de tous ses coéquipiers. Tout en soulignant aussi la bonne ambiance dans le groupe : « Ça rigole énormément, on se réunit dans une chambre pour parler de tout. J’espère que cette mentalité, cet état d’esprit vont rester le plus longtemps possible. » Même esprit de corps quand il s’agit de faire front contre les critiques de journalistes : « Ne touchez pas à mon Grizou », demandait ainsi Paul Pogba, après des débuts compliqués dans le tournoi.
« Kyky », « Mark Landers » et les autres
L’harmonie dépend en partie de Didier Deschamps. « Le coach a vingt-trois joueurs, il doit essayer de tous bien les gérer », poursuit Griezmann. « DD » défendait sa logique de groupe dès l’annonce de sa liste, le 17 mai. Manière, aussi, d’assumer certains choix contestés : la récente mise à l’écart du milieu parisien Adrien Rabiot juste avant le Mondial et celle, plus ancienne, de l’attaquant madrilène Karim Benzema.
A l’inverse, même remplaçant, Benjamin Mendy peut apprécier sa chance. Malgré une longue blessure à un genou, le défenseur figure bien dans l’effectif. « Une bande de potes avec une cohésion très forte », apprécie le défenseur. A 24 ans, le joueur a toujours gardé le lien avec certains de ses coéquipiers, connus dès les équipes de jeunes. Merci Internet : « Maintenant, avec tous les réseaux, on est souvent en contact. Honnêtement, avant la Coupe du monde, on en parlait déjà un peu entre nous. »
Cela devait arriver en pareille circonstance, quelques chanceux ont même gagné des surnoms. Le défenseur Benjamin Pavard a d’abord eu droit à celui de « Jeff Tuche », pour sa ressemblance capillaire avec l’acteur Jean-Paul Rouve. Puis à celui de « Mark Landers », pour sa reprise de volée surréelle contre l’Argentine, digne d’un dessin animé. « Même si Kylian n’aime pas trop “Kyky”, ça va rester », s’amuse Griezmann. En cas de victoire contre la Croatie, « Kyky », « Mark Landers » et les autres auront alors aussi gagné un titre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace… Pour le psychiatre Serge Tisseron, les machines dotées d’une intelligence artificielle vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.
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Serge Tisseron : « Les  robots vont modifier la psychologie humaine »

Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace… Pour le psychiatre Serge Tisseron, les machines dotées d’une intelligence artificielle vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h41
    |

            Catherine Vincent








                        



   


Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et, depuis 2015, membre de l’Académie des technologies. Il a cofondé, en 2013, l’Institut pour l’étude des relations homme/robots (IERHR), dont il est toujours un membre actif. Serge Tisseron participera à deux rencontres dans le cadre du festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne : vendredi 13 juillet, à 16 heures, sur « Peut-on tout faire avec un sexbot? » et samedi 14 juillet, à 12 heures, sur « Fausses émotions, vrais sentiments ».
Comment l’omniprésence de machines dotées d’une intelligence artificielle (IA) dans notre quotidien va-t-elle modifier le psychisme humain ?
Les robots vont modifier la psychologie ­humaine autant que les progrès de l’alimentation et de la médecine ont modifié nos corps. Notre taille et notre corpulence ont changé, notre résistance aux maladies et à la douleur aussi, mais nous ne nous en rendons pas compte car ces changements nous sont devenus naturels. Il en sera de même avec les ­machines intelligentes, qui vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.
Quatre domaines, au moins, seront profondément modifiés. D’abord, notre capacité à différer la satisfaction de nos désirs. Le téléphone, puis le mail, ont déjà commencé à altérer notre capacité de résistance à l’attente relationnelle : avec la livraison quasi instantanée par drone, nous allons aussi devenir intolérants à l’attente des objets. Le degré suivant sera probablement l’intolérance à nos attentes de reconnaissance, car nos robots de proximité pourront nous gratifier de quantité de félicitations et gentillesses. Dès lors, serons-nous capables de supporter que la société humaine qui nous entoure soit moins aimable avec nous ? Aurons-nous seulement envie de continuer à la fréquenter ?
Le deuxième changement concerne le rapport à la solitude et au discours intérieur. Avec nos « chatbots »[« agents conversationnels »], nous allons développer une tendance à nous raconter en permanence. Contrairement à la plupart des humains, ces machines nous ­feront constamment rebondir par des questions, des plaisanteries et des gentillesses. Pour une raison simple : la capture de nos données personnelles…
Mais, du coup, la ­notion de solitude changera : la compagnie ne se définira plus seulement par la présence d’un humain, mais aussi d’une machine. Que deviendra la possibilité de se tenir à soi-même un discours intérieur, sans interlocuteur, lorsque nous serons habitués à en avoir un à demeure, prêt à nous écouter aussi longtemps que nous le voudrons ?
Les deux autres domaines dans lesquels l’IA va modifier notre psychisme sont notre ­mémoire et notre relation à l’espace. Demain, notre smartphone ne sera pas seulement en mesure de stocker quantité de nos données personnelles, il pourra les classer à notre place, participant ainsi en permanence à la construction de notre biographie.
Quant aux outils de géolocalisation, ils nous permettront bientôt de nous déplacer dans l’espace sans en avoir la moindre compréhension. Si la téléportation, aujourd’hui banale dans les jeux vidéo, existe un jour dans le monde réel, elle sera perçue comme totalement naturelle, car nous avons déjà perdu la représentation des espaces intermédiaires entre le point dont nous partons et le point où nous arrivons !
Les robots vont-ils obliger l’homme à redéfinir l’idée qu’il se fait de lui-même ?
Dans toutes les technologies inventées jusqu’alors, les objets étaient à mon service : je les mettais en route quand j’en avais besoin, comme un chef d’orchestre. Ce qui sera nouveau avec les objets dotés d’IA, c’est qu’ils pourront m’interpeller et me proposer leurs services comme des partenaires à part ­entière. Lorsque je rentrerai dans ma voiture autonome – Ford prévoit sa commercialisation pour 2021 –, je serai accueilli par une voix couplée à une petite caméra, qui me dira par exemple : « A voir ton visage ce matin, j’ai ­l’impression que tu as mal dormi ! »
Si j’ai oublié mon parapluie avant de sortir, ce ne sera pas ma femme ou mes enfants qui me le feront remarquer, mais mon assistant personnel qui me morigénera : « Rappelle-toi, je t’ai dit ce matin qu’il allait pleuvoir ! » Nous ­serons de plus en plus confrontés au fait que les machines ont des compétences que nous n’avons pas,c’est-à-dire à notre incomplétude humaine. Avec le risque d’une certaine honte face à nos insuffisances… Et celui d’une ­confiance de plus en plus aveugle dans leurs capacités. Nous serons ainsi graduellement enfermés dans une dépendance affective croissante vis-à-vis d’elles.
Comment la psychologie peut-elle étudier ces nouveaux phénomènes ?
Il va lui falloir intégrer notre relation aux ­objets comme un élément d’appréciation de la qualité de notre relation au monde – autrement dit de notre santé mentale. On estime aujourd’hui que celle-ci est bonne lorsqu’on a un bon réseau social, une sexualité satisfaisante, un travail à peu près stable…
Il faudra y ajouter la reconnaissance d’une dépendance affective saine aux objets. Elle pourrait en ­effet devenir pathologique, comme c’est le cas pour ceux qui souffrent de manque quand ils sont privés de jeux vidéo, de réseaux sociaux ou d’alcool. Un autre risque étant de glisser du bonheur de l’anthropomorphisme (je projette mes émotions et mes pensées sur un objet ou un animal, mais je sais qu’il s’agit d’une projection) aux illusions de l’animisme (je prête à l’objet en question des capacités cognitives et émotionnelles identiques aux miennes).
Pourquoi les machines intelligentes vont-elles augmenter ce risque d’animisme ?
Parce qu’elles pourront prendre l’initiative de la relation, et aussi parce que leurs fabricants alimenteront l’illusion qu’elles ont des émotions. Cela aggravera le phénomène constaté, il y a plus d’un demi-siècle, par l’informaticien Joseph Weizenbaum. Il avait écrit un programme baptisé Eliza, un précurseur des chatbots destiné à simuler un psychothérapeute dont la méthode consiste à reformuler les propos du patient en se concentrant sur ses réactions émotionnelles. Weizenbaum s’aperçut que certains des étudiants qui l’aidaient dans cette tâche avaient tendance à penser que la machine les comprenait vraiment ! Il eut alors cette phrase, qui devrait être inscrite au fronton de tous les laboratoires de recherche en IA : « Je n’aurais jamais cru qu’un programme aussi simple puisse provoquer chez des gens normaux de tels délires. »
C’est ce qu’on appelle un phénomène de dissonance cognitive : on a beau savoir que ce sont des machines, on ne peut pas s’empêcher de développer avec elles la même relation qu’avec des humains, et croire qu’elles ont des émotions. Plus récemment, l’état-major américain a découvert que certains soldats envoyés en Irak et en Afghanistan s’attachaient de manière déraisonnable à leur robot démineur : les dommages que ­subissait celui-ci les affectaient gravement, et ils voulaient absolument qu’on le leur répare plutôt que de recevoir un robot tout neuf sorti de l’usine. Pendant le combat, certains pouvaient même mettre leur vie en danger pour lui éviter des dommages.
Vous écrivez dans votre dernier ouvrage : « Si j’étais plus jeune, je créerais un ­laboratoire d’étude de la psychologie des IA. » Inventer une psychologie des machines, est-ce vraiment nécessaire ?
J’ai été conforté dans cette évidence par ce qui s’est passé avec Tay, une IA censée jouer le rôle d’une adolescente capable d’interagir sur les réseaux sociaux. Mise au point par Microsoft et « lâchée » sur Twitter en mars 2016, elle avait été programmée pour apprendre par imitation et renforcement. Résultat : après une journée et plus de 96 000 Tweet, des internautes mal intentionnés lui avaient fait tenir des propos misogynes, racistes et antisémites, contraignant Microsoft à suspendre en urgence son compte Twitter. Ce qu’il faut retenir de cette expérience désastreuse, c’est que les machines douées d’apprentissage évolueront différemment au contact de leurs utilisateurs.
S’agit-il à proprement parler de psychologie ? D’une certaine façon, oui. Si l’on s’en tient à ce qui est observable, des machines élevées dans des environnements différents se distingueront les unes des autres par leurs comportements, par leurs propos, voire par les émotions qu’elles simuleront. Il nous faudra donc étudier la manière dont ces IA se transformeront au fil des inter­actions avec les humains. Et aussi au fil de leurs propres interactions !
Car on l’oublie trop souvent, les communautés de robots vont prendre une importance croissante : ils pourront par exemple se connecter la nuit à un serveur central, une sorte d’école du soir qui corrigera leurs ­apprentissages les plus antisociaux. Cette ­interconnexion est le grand défi que nous poseront les objets dotés d’une IA. Les ­informaticiens nous présentent leurs créatures comme des objets « autonomes », mais leur puissance d’apprentissage et de stockage des données sera basée sur leur interconnexion permanente.
Les robots, dites-vous, vont changer notre rapport à la culpabilité. De quelle manière ?
D’une part en nous culpabilisant, de l’autre en nous déculpabilisant. Les machines vont pouvoir nous culpabiliser car nous allons leur donner le droit de nous punir. Reprenons l’exemple de la voiture autonome, dans laquelle le conducteur est censé rester ­disponible en cas de nécessité. Pour s’en assurer, le véhicule vous envoie régulièrement un ­signal, auquel vous devez répondre en mettant la main sur le volant. Si vous ne répondez pas au signal – parce que vous dormez, ou êtes plongé dans un film sur la banquette ­arrière –, que se passe-t-il ? L’algorithme vous sanctionne en vous obligeant, la prochaine fois que vous prendrez votre véhicule, à ­conduire vous-même, à l’ancienne.
Accepterons-nous de telles punitions comme relevant d’un pacte social ? Certains se sentiront-ils persécutés par leur machine ? C’est à ce genre de questions que les psychologues de demain seront confrontés. Mais les machines auront aussi le pouvoir de déculpabiliser, avec le risque de rendre certains ­d’entre nous de plus en plus inhumains. Les « robots tueurs », ces machines militaires programmées pour ouvrir le feu sur telle ou telle cible, présentent déjà ce danger. A partir du moment où l’homme sort de la boucle des décisions, il lui devient plus facile de se déresponsabiliser et d’accepter pour son propre ­intérêt des « dommages collatéraux » plus importants, autrement dit un plus grand nombre de morts civils.
Même si leurs fabricants font tout pour nous en donner l’illusion, les robots n’éprouvent ni émotion ni souffrance. Cela pourrait-il changer un jour ?
Il n’y a aucune raison de donner des émotions aux robots, bien au contraire. Rappelez-vous HAL, dans 2001 l’Odyssée de l’espace, et son ­fameux « J’ai peur » : c’est à partir de là que tout tourne mal. Mais une grande rupture surviendra probablement quand les robots combineront des matériaux inertes et biologiques. A ce moment-là, les humains eux-mêmes seront probablement transformés. Il n’y aura plus alors que des créatures métissées, des cyborgs. Certains plutôt humains, d’autres plutôt machines, sans que la limite entre les deux soit peut-être très claire.

A lire
Ouvrages de Serge Tisseron :
« Petit traité de cyberpsychologie » (Le Pommier, 304 p., 19 €) ; « Robots, de nouveaux partenaires de soins psychiques », en codirection avec Frédéric Tordo (Erès, 208 p., 12 €) ; « Le jour où mon robot m’aimera » (Albin Michel, 2015).



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère font l’objet d’un conflit entre la municipalité, qui veut y construire un écoquartier, et des occupants qui les cultivent. Deux visions de la ville durable.
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A Dijon, un quartier autogéré et un projet d’écoquartier se disputent des terres maraîchères

Les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère font l’objet d’un conflit entre la municipalité, qui veut y construire un écoquartier, et des occupants qui les cultivent. Deux visions de la ville durable.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h26
    |

            Camille Bordenet (Dijon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Voûtés au-dessus de longs rangs de salades, de jeunes maraîchers s’activent à la récolte matinale qui approvisionnera le marché à prix libre, en fin de journée. Quelques pas plus loin, le long de chemins sinueux bordés d’une végétation sauvage, des jardiniers plus âgés cultivent leurs petites parcelles, bercés par le gazouillis des troglodytes. On oublierait presque que l’on se trouve en ville, n’était le passage régulier du train au-dessus des têtes. Et, juste de l’autre côté du mur, sur une ancienne friche industrielle, un vaste chantier dévoilant des grues qui griffent le ciel et des immeubles sortant de terre : les premières pierres d’un écoquartier en construction.
Nous sommes au sud-est de Dijon, dans un triangle de terres de quelque 7 ha, en contrebas de la voie ferrée : les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère de la ville. Des terres que se disputent depuis huit ans la municipalité et des « potagistes-squatteurs ». La première, propriétaire du site, entend y construire la deuxième portion d’un écoquartier sur 19,6 ha — qui prévoit 1 500 logements et 28 000 m² de commerces, bureaux et services —, quand les seconds s’opposent à leur « bétonisation ».
« L’idée était de libérer les dernières terres agricoles intra-muros en les remettant en culture »
L’histoire de ce conflit d’aménagement commence en 2010, lorsque la ville officialise sa volonté d’y construire un nouvel écoquartier — elle en compte quatorze en tout. Fourches en main et slogans légumiers — « des tomates séchées, pas des écoquartiers » —, une centaine de manifestants décident de défricher et d’occuper illégalement les terres, à l’abandon depuis le départ des derniers maraîchers, partis au gré de précédents projets d’urbanisation.
« L’idée était de libérer les dernières terres agricoles intra-muros en les remettant en culture, raconte Yannick Sencébé, 46 ans, l’une des membres du collectif à l’origine de cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ L’Irlandais s’impose dans la sixième étape du Tour, devant Latour et Valverde. Victime d’un incident mécanique dans la dernière ascension, Romain Bardet a perdu du temps.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ De retour sur le circuit après sa grossesse, Serena Williams, a obtenu un statut de tête de série à Wimbledon et s’est qualifiée, jeudi 12 juillet, pour sa 10e finale du tournoi.
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Gagner ou pouponner : les sportives de haut niveau françaises ne veulent plus choisir

De retour sur le circuit après sa grossesse, Serena Williams, a obtenu un statut de tête de série à Wimbledon et s’est qualifiée, jeudi 12 juillet, pour sa 10e finale du tournoi.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h18
    |

                            Maud Obels








                        



                                


                            

Salaire, médiatisation… les inégalités entre les sports masculins et féminins ne manquent pas. Sans parler de l’une des principales : le droit de fonder une famille sans renoncer à une carrière. Sur ce plan, les choses sont toutefois en train de changer. Car, à l’image de la joueuse de tennis américaine Serena Williams, qui, de retour sur le circuit après sa grossesse, a obtenu un statut de tête de série à Wimbledon – statut privilégié que lui avait refusé à la fin de mai l’organisation de Roland-Garros –, les femmes ne veulent plus avoir à choisir entre leur vie de sportive et leur vie de famille. « Avant les années 1990, les sportives arrêtaient leur carrière avant d’avoir un enfant, explique Aurélie Ledon, docteure en psychologie du sport. Maintenant, elles ne laissent plus le choix au staff. »
Pas si simple. La grossesse est encore souvent vue comme une rupture signant la fin des performances, et nombreuses sont celles qui attendent de terminer leur carrière pour fonder une famille, quitte à faire des enfants tard et à quitter précocement leurs terrains de jeu.
Les sportives se retrouvent souvent bien seules pour surmonter ce moment délicat de leur carrière. « Rien n’est adapté pour les accompagner », reconnaît Marie-Françoise Potereau, présidente de la Femix’Sports, organisation de promotion du sport féminin, et vice-présidente de la Fédération de cyclisme.

Sandra Dijon, basketteuse championne d’Europe et plusieurs fois vice-championne de France, a fait cette expérience tôt dans sa carrière, enceinte à 21 ans, en 1997, alors qu’elle n’était encore que semi-professionnelle. Un enfant imprévu qu’elle a élevé seule, et qui ne l’a pas empêchée de mener une carrière professionnelle de 24 ans à 42 ans. « Sincèrement, on est livré à soi-même, estime-t-elle. Rien n’est prévu pour les sportives. »
Elevant son enfant seule, elle a dû non seulement se remettre en condition physique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Selon le rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, plus d’un quart des postes de titulaires à temps plein sont vacants, et près de la moitié des postes à temps partiel.
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19 000 postes de médecin non pourvus dans les hôpitaux

Selon le rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, plus d’un quart des postes de titulaires à temps plein sont vacants, et près de la moitié des postes à temps partiel.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 16h40
   





                        


L’hôpital souffre d’un manque chronique de titulaires : plus de 19 000 postes de médecin y étaient « statutairement vacants » en début d’année, selon le rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers (CNG). Les contractuels compensent en grande partie ce déficit.
Le taux de « vacance statutaire » pour les postes à temps plein « a progressé de 0,9 point entre 2017 et 2018 » et s’établissait au 1er janvier à 27,4%, indique le rapport. Cela correspond à 15 052 postes « budgétés » mais pas « occupés statutairement » par des praticiens hospitaliers (PH).
Un taux variable selon les régions
Une grande partie de ces postes à temps plein sont toutefois « provisoirement occupés » par des praticiens contractuels : une étude du CNG réalisée en janvier 2017 estimait leur nombre à plus de 12 000.
Pour les postes de PH à temps partiel, la vacance statutaire culminait à 47 % au début de 2018, soit 4 039 titulaires manquants.
Le taux de « vacance statutaire » varie selon les régions : dans les deux catégories (temps plein et temps partiel), il est supérieur à la moyenne en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire et Normandie, mais inférieur en Bretagne, Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les disparités dépendent aussi des spécialités médicales : l’anesthésie-réanimation, l’ophtalmologie et la radiologie font partie des moins pourvues, à l’inverse de la pédiatrie, de la chirurgie infantile et de la dermatologie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, milite pour une alliance entre le parti de Laurent Wauquiez et le Rassemblement national.
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Chez les jeunes LR, la tentation de l’union des droites

Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, milite pour une alliance entre le parti de Laurent Wauquiez et le Rassemblement national.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 17h13
    |

                            Hugo Wintrebert








                        


L’union des droites passera par la jeunesse. C’est l’idée défendue par Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, dont l’élection se tiendra les 14 et 15 octobre. Le Breton de 24 ans, qui vient de lancer sa campagne, plaide pour une coalition entre son parti avec le Rassemblement national (RN, ex-Front national), Debout la France et le Parti chrétien-démocrate. Une stratégie toujours rejetée par le président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, qui rêve de siphonner l’électorat d’extrême droite mais répète à longueur d’interviews qu’il n’y aura « jamais d’alliance » avec le parti de Marine Le Pen.
L’étudiant en école de management souhaite mettre fin à « l’hypocrisie qui règne » chez LR. « C’est une arnaque de s’opposer au rassemblement quand on voit que sur la loi asile et immigration, les députés LR et RN votent quasiment la même chose, s’agace Erik Tegnér. Pourquoi refuser le dialogue quand des figures du parti comme Guillaume Peltier ou Julien Aubert portent des idées proches des personnalités d’extrême droite ? »

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Erik Tegnér, qui ne se départ jamais de sa veste bleu marine sur une chemise blanche, tient Sebastian Kurz pour modèle. Comme le chancelier autrichien allié avec l’extrême droite, il se dit libéral-conservateur et tient un discours très dur sur l’immigration. « Je parle à la jeunesse conservatrice de La Manif pour tous et à la jeunesse identitaire qui se sent dépossédée culturellement », répète à l’envi le candidat.
« Dépasser les frontières »
Inconnu du grand public, Erik Tegnér est pourtant régulièrement invité par les médias préférés des partisans de la droite dure, conservatrice ou russophile, tels que le site Boulevard Voltaire ou la chaîne TV Libertés. Le Breton qui a peu de réseaux pour l’instant s’enorgueillit de déjeuner avec le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, ou avec le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, et de prendre le café avec Emmanuelle et Robert Ménard, respectivement députée et maire de Béziers. Ambitieux, il affirme chercher à rencontrer le premier ministre hongrois, Viktor Orban, devenu la figure de proue de la droite populiste en Europe.
Lancé dans sa pré-campagne, Erik Tegnér n’hésite pas à franchir la digue qui sépare encore la droite du RN. Et à le revendiquer. Le 31 mai, il s’affichait à la soirée organisée par le magazine réactionnaire L’incorrect avec Marion Maréchal en invitée vedette. A la rentrée, l’étudiant compte même suivre une formation à l’Issep, l’institut lyonnais de sciences sociales dirigé par l’ancienne députée frontiste. Erik Tegnér parle aussi très ouvertement de ses accointances avec les membres de Génération nation, le nouveau nom du mouvement des jeunes au sein du RN. « On débat ensemble, on va dans les mêmes bars, raconte-t-il. Eux sont dans une logique d’ouverture alors que Les Républicains sont dans une logique d’exclusion. »
Ancien président des jeunes frontistes, Gaëtan Dussausaye loue la capacité d’une frange des jeunes LR, encore minoritaire, à « dépasser les frontières » sans se dissimuler. « Avant, quand on se voyait avec Erik, on se cachait dans une arrière-salle d’un café, se souvient Gaëtan Dussasaye. Maintenant, il vient directement à la permanence des jeunes du RN. » 
Jurisprudence Mariani
« Il explicite la ligne que prend le parti », estime Cédric Rivet-Sow, ancien président des Jeunes avec Fillon. L’actuel soutien de Valérie Pécresse s’étonne de constater qu’Erik Tegnér reste membre de LR. « On ne va pas commenter les faits et gestes de tous nos militants », s’énerve Laurence Sailliet, porte-parole de LR, rappelant que le jeune candidat n’a aucune fonction officielle au sein du parti. « On verra bien au moment du dépôt des candidatures, mi-septembre », ajoute-t-elle. 
Erik Tegnér sait qu’il bénéficie de la jurisprudence Mariani. Comme l’ancien ministre des transports, il peut exprimer ses velléités de rassemblement avec l’extrême droite. Tant que l’alliance n’est pas effective, aucune sanction ne sera prise à son encontre. Il laisse même entendre que Laurent Wauquiez a besoin de lui pour parler aux militants séduits par une alliance avec le RN. « Déjà quatre-vingts personnes se sont engagées chez Les Républicains à voter pour moi », jure-t-il, n’hésitant pas à envoyer le numéro de ses soutiens aux journalistes pour qu’ils puissent vérifier.

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Mais son premier véritable test de popularité consistera à recueillir les quinze parrainages de responsables départementaux des jeunes LR, d’ici à la rentrée. Confiant, le candidat s’appuie sur un sondage Kantar Sofres One-Point paru en mars, dans lequel 43 % des sympathisants LR se disent prêts à une alliance globale ou de circonstance avec le RN.
« Un infiltré ou un arriviste »
« Il ne représente rien et il n’a aucune colonne vertébrale », tance un jeune pro-Pécresse ironique sur le parcours sinusoïdal d’Erik Tegnér. Le Breton se lance en politique à 17 ans en prenant sa carte… au Front national. L’année suivante, il passe à l’UMP. Lors de la primaire de la droite de 2016, il rédige quelques notes pour Bruno Le Maire. Après la défaite de François Fillon à la présidentielle de 2017, il devient président des Jeunes avec Virginie Calmels, alors proche d’Alain Juppé. L’étudiant apprécie le libéralisme de la première adjointe du maire de Bordeaux, également « très à droite sur l’identité et l’islam ».
En août 2017, il rédige une tribune sur le site de L’Obs pour dire non à tout accord avec Marine Le Pen. « La droite renierait des décennies d’engagement républicain en s’alliant avec un parti dont les fondations reposent sur un socle profondément démagogue et intolérant », écrit-il. Il démissionne pourtant le 14 mai, jugeant Virginie Calmels, alors première vice-présidente de LR, modérée sur l’immigration et trop prompte à condamner l’appel de Thierry Mariani en faveur de l’union des droites. « Je n’ai jamais su si c’était un infiltré ou juste un arriviste », critique un proche de Virginie Calmels.
Pour la présidence des Jeunes Républicains, Erik Tegnér affrontera Aurane Reihanian, à la tête des Jeunes avec Wauquiez et grand favori. Un adversaire tout aussi dur sur les questions sociétales. Dans un portrait que Libération lui a consacré en décembre 2017, il estimait en effet que les enfants nés grâce à la PMA « ne devraient même pas exister ».
Aurane Reihanian, à l’instar de son mentor Laurent Wauquiez, s’oppose publiquement à tout accord avec le RN. En passant sous silence une partie de son passé : en 2014, il s’est présenté aux élections municipales dans le 13e arrondissement de Paris sur la liste « Paris libéré » menée par Charles Beigbeder, autre grand défenseur de l’union des droites. « Reihanian est sur la même ligne que moi, mais il ne peut pas le dire », s’amuse Erik Tegnér. En cas de défaite, le jeune héraut de l’union des droites jure qu’il ne cédera pas aux appels du pied du RN : « Tant que Les Républicains m’acceptent, je n’ai pas de raison de partir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Archives. Abasourdis autant qu’heureux, les vingt-deux de l’entraîneur Aimé Jacquet ont du mal à prendre conscience qu’ils viennent d’offrir à la France sa première Coupe du monde.
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Coupe du monde 1998 : « Finalement, on est peut-être de grands joueurs »

Archives. Abasourdis autant qu’heureux, les vingt-deux de l’entraîneur Aimé Jacquet ont du mal à prendre conscience qu’ils viennent d’offrir à la France sa première Coupe du monde.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h14
    |

            Benoît Hopquin








                        



   


A l’occasion de la Coupe du monde de football 2018 en Russie, Le Monde republie des articles parus en 1998, lors de la première Coupe du monde remportée par les Bleus, à Paris.
14 juillet 1998
Qu’elle fut longue à venir, cette Coupe du monde ! Le protocole était interminable, avec ses remises de médailles et ses poignées de main. Le cérémonial lambinait. Le trophée était négligemment posé sur l’estrade sans que personne ne s’en occupe. Qu’attendaient-ils pour le donner ? Enfin, Didier Deschamps s’est hissé sur l’estrade. Jacques Chirac lui a remis la babiole. Il l’a brandie, comme quinze capitaines avant lui. Mais c’était Deschamps. Mais c’était la France. La France, championne du monde.
Qu’elle fut longue à revenir… Soixante-huit ans que le pays l’attendait. Soixante-huit ans que Jules Rimet, le fondateur de l’épreuve, embarquait pour l’Uruguay à bord du Conte-Verde avec dans ses bagages une victoire ailée en or à remettre au vainqueur de la première Coupe du monde de l’histoire. La compétition avait grandi. Elle était devenue une comète qui secouait la planète tous les quatre ans. Le trophée prodigue revenait à la maison, enfin son successeur. Il était différent, plus beau, magnifié par ses pérégrinations et sa fabuleuse histoire.

        Vingt ans plus tard :
         

          Avant France-Belgique, les cinq précédentes demi-finales des Bleus au Mondial



« Notre génération a réalisé ce que les autres n’ont pu faire », estimait Bernard Lama. « La coupe restera là, elle ne partira pas, c’est ce qu’on voulait tous », affirmait Zinédine Zidane. Le meneur de jeu de l’équipe de France a fait ce qu’il fallait pour la retenir. « Il nous a apporté la lumière », laissait échapper Aimé Jacquet. Ses deux buts ont scellé en une mi-temps la partie et l’avenir du trophée pour les quatre ans à venir. Deux coups de tête, deux pierres apportées à sa stèle pour l’éternité. Cela suffisait pour être champion du monde.
« Un scénario presque parfait »
« A la limite, ce match a été trop facile, assurait Lilian Thuram. Tout s’est passé comme ça se passe seulement dans les rêves. » Marcel Desailly jugeait, lui, que les Brésiliens avaient été « décevants ». Bixente Lizarazu évoquait le « scénario presque parfait ». Frank Lebœuf, le pieux, savait que tout était déjà écrit : « On a un destin. Il est tracé. Pour moi, il est heureux. » Stéphane Guivarc’h ne voyait encore qu’« une délivrance ». Youri Djorkaeff considérait simplement que « le travail avait été accompli ». A chaque fois transparaissait dans le discours rabat-joie la même interrogation incrédule. Etait-ce si simple d’entrer dans l’histoire ?

   


Vingt-deux antihéros menés par un M. Tout-le-Monde auraient donc hissé la France sur « le toit du monde », pour reprendre l’expression de Didier Deschamps. C’est du moins ce que voulaient laisser croire les intéressés à la sortie du vestiaire. Etait-ce la modestie qui leur donnait cette retenue dans le propos, ou plus simplement l’incapacité des mots à capturer la foule de sentiments qui les assaillaient ? « Je ne sais pas où je suis », jurait Emmanuel Petit après avoir été partout sur le terrain. Et s’ils parlaient tous comme Youri Djorkaeff du « plaisir de faire plaisir aux gens », c’est qu’il n’arrivait pas à partager cette extase qui traversait le pays. « On le savourera demain », espérait Zinédine Zidane. « Il faut prendre du recul. Après les vacances, peut-être », pronostiquait plutôt Emmanuel Petit. « On aura toute la vie pour s’en rendre compte », préférait philosopher Bixente Lizarazu.

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          Après la qualification des Bleus, « une saveur de 98 » s’empare des rues de France



Un rituel plus qu’une fête
Comment dire l’indicible ? Longtemps après le match, longtemps après des embrassades convenues et un tour d’honneur presque machinal, les joueurs tentaient de réaliser ce que cette victoire avait de particulier dans leur carrière. Frank Lebœuf, seul dans le rond central, regardait, regardait, les yeux grands ouverts, pour essayer de comprendre. Thierry Henry est revenu sur la pelouse avec un téléphone portable pour tenter de partager avec son interlocuteur cette émotion à nulle autre pareille. Dans le vestiaire, Emmanuel Petit a pris une chaise et s’est isolé dans les douches, sans plus arriver à cerner ce qui se passait au fond de lui-même. « Ça a quelque chose d’irréel », assurait-il.
Les chants ont fusé, le champagne a coulé, mais cette fête avait, pour la première fois depuis le début de la Coupe du monde 1998, quelque chose de factice. Ce n’était qu’un rituel, un réflexe conditionné d’après-match. Les joueurs étaient abasourdis. Aimé Jacquet l’était autant qu’eux, se réfugiant derrière des formules de technicien. La seule tentative osée de la soirée appartiendra finalement à Mario Zagallo, son alter ego : « J’espérais passer sous l’arc du triomphe. Mais l’Arc de Triomphe appartient à la France. »
« C’est l’aboutissement de quatre ans de travail », estimait Youri Djorkaeff. Comme tout accouchement, cette Coupe du monde laissait un grand vide. L’équipe de France avait le baby blues. « Je suis presque déçu que ça se termine », exprimait Emmanuel Petit. Ce 12 juillet mettait un terme brutal à une aventure humaine exaltante qu’aucun d’eux n’avait jamais expérimentée et que la plupart ne connaîtraient plus dans leur carrière finissante.

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          les Bleus de 98 s’offrent une dernière messe



Alors les joueurs sont retournés une dernière fois se claquemurer à Clairefontaine, leur maison. Ils ont ignoré la foule qui les saluait et fêté, seuls avec leurs femmes, la fin d’une belle histoire. Demain, il sera temps d’aller parader sur les Champs-Elysées et de recevoir l’hommage de la nation reconnaissante. Ce soir, ils avaient envie d’être une dernière fois entre eux. Ces vingt-deux champions avaient déjà tellement en commun avant cette victoire. « Le football est un vecteur qui permet de gommer les différences raciales, sociales ou politiques », estime Didier Deschamps. Il peut faire plus que cela et amener des destins à s’entrechoquer.
L’équilibre avant la gloire
Les similitudes dans les trajectoires des joueurs de l’équipe de France sont frappantes. Ce sont pour la plupart des déracinés, des hommes dont l’existence s’est trouvée un temps en bascule. Le ballon leur a rendu leur équilibre bien avant de leur offrir la gloire. Si ces hommes n’ont pas tremblé, dimanche, c’est que leur parcours antérieur a forgé des caractères hors normes. S’ils se sont si bien entendu durant ce long voyage en groupe, c’est qu’ils avaient d’autres envies communes, d’autres défis à relever que le football.

        Vingt ans plus tard,
         

          la télé rediffuse France 1998



Ainsi d’Emmanuel Petit. Le joueur a dédié son match exemplaire à son frère, Olivier, décédé sur un terrain d’une rupture d’anévrisme, il y a onze ans. Comme chaque fois, le joueur s’est signé discrètement, dix secondes avant le coup d’envoi, en mémoire du disparu. Depuis longtemps, le football, qui le priva d’un des siens, ne suscitait plus chez Emmanuel que des sentiments mélangés. Le deuil fut long. Il s’est sans doute définitivement achevé sur ce but inscrit à la quatre-vingt-dixième minute.
Au début du match, Marcel Desailly a également pensé à son frère, Seth Adonkor, mort dans un accident de voiture, le 18 novembre 1984, vers Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Didier Deschamps, son compagnon de chambre au centre de formation de Nantes, l’homme dans les bras duquel il est tombé en premier ce dimanche, fut chargé de lui annoncer la terrible nouvelle. Après cela, Didier Deschamps pouvait brandir sans trembler une Coupe du monde. Ces événements tragiques plus que leur carrière commune ont rapproché les deux joueurs.
Le droit de pleurer
S’il est vrai que le football est une école de la vie, la vie peut aussi devenir une école de football. Cette Coupe du monde rattrapait chez ses vainqueurs bien des souffrances endurées. Alors, ils avaient le droit de pleurer de bonheur, sur la pelouse du Stade de France. « C’est la première fois que cela m’arrive », assurait Fabien Barthez. C’est la première fois qu’il était si haut.

        Vingt ans plus tard,
         

          récit d’une liesse populaire sur les Champs-Elysées



Ils ont pleuré donc, mais sans exubérance. Ils avaient battu (3-0) le Brésil, un monstre quatre fois détenteur du titre. Ils avaient joué vingt-cinq minutes à dix, après l’expulsion de Marcel Desailly, sans que les virtuoses auriverde parviennent à les faire ciller. Ils avaient la meilleure attaque (15 buts marqués) et la meilleure défense de la compétition (2 buts encaissés). Ils étaient qualifiés d’office pour l’édition 2002 et assurés d’en jouer le match d’ouverture. Ils étaient les héros de la France.
C’est vrai, cela faisait beaucoup de choses en même temps. Trop sans doute, même pour les caractères les mieux trempés. L’exploit leur semblait démesuré. « Finalement, nous sommes peut-être des grands joueurs », osait timidement Emmanuel Petit. Peut-être même des champions du monde.

On refait France 98
Episode 1: Pierre Issa, le Bafana bafoué
Episode 2 : Zidane, l’expulsion qui aurait pu tout changer
Episode 3 : Bernard Lama, le sens du collectif et du sacrifice
Episode 4 : Chilavert, la terreur des Bleus 
Episode 5 : Gianluca Pagliuca, le spécialiste qui n’a pas suffi
Episode 6 : Lilian Thuram, l’improbable doublé





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Paris s’était engagé à accueillir des migrants du navire autour duquel les pays européens se sont déchirés. Ils seront orientés vers un hébergement dans plusieurs régions et bénéficieront d’une formation linguistique.
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Arrivée en France de 78 des 630 migrants de l’« Aquarius »

Paris s’était engagé à accueillir des migrants du navire autour duquel les pays européens se sont déchirés. Ils seront orientés vers un hébergement dans plusieurs régions et bénéficieront d’une formation linguistique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h17
   





                        


Conformément à l’engagement pris par Paris, 78 réfugiés débarqués de l’Aquarius, navire autour duquel les pays européens s’étaient déchirés, après le refus de l’Italie de lui ouvrir ses ports, sont arrivés jeudi 12 juillet en France, a annoncé le ministre de l’intérieur.
Ces personnes avaient été récemment « identifiées à leur arrivée à Valence [Espagne] par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides [Ofpra] comme relevant d’un besoin de protection au titre de l’asile », a déclaré Gérard Collomb dans un communiqué.
Elles seront « orientées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration [OFII] vers un hébergement dans plusieurs régions françaises [Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes], et bénéficieront d’une formation linguistique et aux valeurs de la République dans le cadre du contrat d’intégration républicaine », a-t-il ajouté.
Ces migrants, « originaires principalement d’Erythrée et du Soudan », selon le ministre, font partie des 630 migrants qui étaient à bord du navire Aquarius de Médecins sans frontières et SOS-Méditerranée.

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La France très critiquée
A la mi-juin, face au refus de l’Italie et de Malte d’accueillir le navire, il avait finalement accosté à Valence. Critiquée pour ne pas avoir proposé d’ouvrir ses ports aux navires en détresse, au nom de la règle de droit maritime voulant qu’ils accostent dans le port sûr le plus proche, la France avait pris l’engagement d’accueillir des migrants pouvant prétendre au statut de réfugié. Au début de juillet, 52 réfugiés du Lifeline, un navire humanitaire avec à son bord 233 migrants et qui avait été accueilli par Malte, sont arrivés en France.
L’opération réalisée jeudi « illustre à nouveau la politique équilibrée mise en œuvre par la France pour accueillir les réfugiés, tout en agissant contre l’immigration économique irrégulière dans une logique européenne », a vanté le ministre de l’intérieur, dont le projet de loi asile et immigration a été critiqué jusque dans la majorité.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le fonds activiste américain Elliott a des visées sur la France. Ses méthodes agressives sont craintes par les dirigeants. La dernière offensive, contre l’allemand Thyssenkrupp, a abouti au départ du directeur général.
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Peur sur le CAC, le « Batman de la finance » arrive en ville

Le fonds activiste américain Elliott a des visées sur la France. Ses méthodes agressives sont craintes par les dirigeants. La dernière offensive, contre l’allemand Thyssenkrupp, a abouti au départ du directeur général.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Pont-levis, check. Réserve de poix, check. Arquebuses chargées, check. Avocats, banquiers, conseils en communication racontent comment nombre de grandes entreprises françaises ont, ces derniers mois, fortifié leurs défenses. Même les pouvoirs publics sont en alerte. Mais que diable craignent-ils tous ? S’ils savent que tôt ou tard un activiste peut débarquer au capital d’un fleuron tricolore pour chercher à le déstabiliser, comme c’est arrivé chez Unilever ou Nestlé, un fonds les effraye plus que les autres. Elliott.
La technique du combat actionnarial rapproché a été peaufinée aux Etats-Unis par des personnages comme Carl Icahn, Nelson Peltz et Bill Ackman. Ils s’invitent au capital d’une entreprise et ensuite harcèlent le board et la direction jusqu’à obtenir un poste d’administrateur, un dividende exceptionnel ou des ventes d’actifs. Voire une cession totale. Même General Electric et Procter & Gamble ont appris à obtempérer à leurs exigences.
Parmi ces mâles alpha du capitalisme, Paul Singer, grand donateur du Parti républicain, s’est fait un nom et un prénom (son second en fait) : son fonds Elliott, qui gère 35 milliards de dollars (30 milliards d’euros), a la réputation d’être le plus procédurier, le plus tenace, le plus agressif. Sa route est pavée de patrons évincés après avoir tenté de lui résister.
Dernier en date, Heinrich Hiesinger, le président du directoire du conglomérat allemand Thyssenkrupp, a présenté, jeudi 5 juillet, sa démission. A l’été 2017, le directeur général et la directrice financière du chimiste néerlandais Akzo Nobel, Ton Buechner et Maëlys Castella, assiégés à la fois par le fonds activiste et leur concurrent PPG, avaient été mis hors-jeu « pour raison de santé ».

« Je parie sur un gros coup d’ici la fin de l’année »
Si les Etats-Unis représentent environ entre 50 % et 60 % des actifs d’Elliott, l’Europe pèse déjà 30 % à 40 %. Au Royaume-Uni, le « Shiva de l’activisme » pousse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le scandale des carburants pour l’Afrique

Editorial. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h04
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le scandale dure depuis des dizaines d’années. Des multinationales du négoce de produits pétroliers livrent en toute légalité un poison invisible en Afrique. Il s’agit de carburants de basse qualité volontairement mélangés à des produits chimiques à la toxicité bien connue. Il en ressort un sinistre cocktail de diesel et d’essence extrêmement polluant, émettant de grandes qualités de particules fines et à la teneur en soufre parfois 1 000 fois supérieure aux normes européennes.
La police environnementale des Pays-Bas vient de publier un rapport d’enquête sur le « dirty diesel », confirmant les résultats d’une étude rigoureuse publiée par l’Organisation non gouvernementale (ONG) suisse Public Eye, deux ans plus tôt. Le business des carburants toxiques tourne à plein régime et est pratiqué sans retenue par des grands groupes pétroliers et des mastodontes du négoce, aussi discrets qu’impitoyables dans leurs pratiques commerciales dépourvues d’éthique. C’est l’Afrique, se disent-ils sans doute. Le fait que les courtiers utilisent les termes de « qualité africaine » n’a rien d’anodin.
Un poison qui se répand partout en Afrique de l’Ouest
Leurs firmes ne se contentent pas de produire ce « dirty diesel » à quai ou en pleine mer, pour être plus discrètes. Elles l’exportent à bord de leurs tankers les plus vétustes, le distribuent à travers leurs réseaux de stations essence, parfois mis en place à l’issue de négociations opaques avec les dirigeants, de qui elles ont obtenu des parts dans des champs pétroliers et des pipelines.
Ce poison se répand ensuite partout en Afrique de l’Ouest, car il est recraché sous forme d’émissions polluantes par des voitures hors d’âge dont l’Europe se débarrasse, parce qu’elles ne sont plus aux normes occidentales. Ce scandale s’ajoute à d’autres fléaux : guerres, coups d’Etat, affaires de corruption, tragédies environnementales, dont l’or noir est systématiquement à l’origine. C’est, par exemple, ce qui se déroule au sud du Nigeria, dans la région du delta du Niger, ravagée par le pétrole, source de richesse potentielle devenue venin. Des milliers de fuites des exploitations du géant anglo-néerlandais Shell ont souillé peut-être à jamais l’un des écosystèmes les plus fragiles et précieux du continent.
Derrière le business du « dirty diesel », des grandes sociétés qui n’ont cure de l’environnement et de la santé des populations et tirent un maximum de profit de la faiblesse des normes en vigueur en Afrique. Ici s’applique la loi cynique de l’offre, qui s’adapte à une demande peu exigeante, parce que moins solvable. Rien d’illégal dans tout cela, car, jusqu’à présent, il n’est pas interdit d’exporter des carburants hautement soufrés.

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Toutefois, les choses commencent enfin à bouger. La plupart des Etats d’Afrique de l’Ouest, incités par le Programme des Nations unies pour l’environnement, se sont engagés à réduire drastiquement la teneur en soufre autorisée dans le diesel et appliquent peu à peu des standards internationaux. Mais ce mouvement est encore trop timide, car il se heurte à la pression des lobbys pétroliers et au renchérissement du prix à la pompe qu’il implique.
Du côté européen, il faut miser sur la crainte d’une mauvaise publicité pour que les acteurs pétroliers arrêtent de se livrer à ces pratiques peu reluisantes et pour que les gouvernements cessent de fermer les yeux. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Dans cette Coupe du Monde 2018, c’est l’un des hymnes que l’on aura le plus entendu. Retour sur les origines de cette chanson à l’esprit typiquement britannique.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le ministre de l’intérieur autrichien d’extrême droite, Herbert Kickl, veut remettre sur la table l’idée, déjà repoussée par le conseil européen, de « plateformes de retour » pour les migrants.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Migration : un conseil des ministres de l’intérieur sous le signe exclusif de la sécurité

Le ministre de l’intérieur autrichien d’extrême droite, Herbert Kickl, veut remettre sur la table l’idée, déjà repoussée par le conseil européen, de « plateformes de retour » pour les migrants.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h04
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h42
    |

            Cécile Ducourtieux (Innsbruck (Autriche), envoyée spéciale)








                        



   


Il y avait bien plus de policiers que de migrants, jeudi 12 juillet, à Innsbruck, la superbe capitale du Tyrol autrichien, pour le premier conseil européen des ministres de l’intérieur sous présidence autrichienne. Un rendez-vous consacré à la migration, et tout à fait conforme à la vision qu’en développe le gouvernement de Sebastian Kurtz à Vienne : 100 % sécuritaire.
Le centre historique d’Innsbruck avait été entièrement bouclé depuis la veille par des centaines de policiers lourdement armés, et les vingt-huit ministres de l’intérieur de l’Union européenne (UE), dont l’Italien Matteo Salvini et l’Allemand Horst Seehofer, ont tous été accueillis par une sorte de parade militaire, fanfare à l’appui. Avec ballet ininterrompu d’hélicoptères en deuxième fond sonore.
Le ministre autrichien Herbert Kickl, membre éminent du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), l’extrême droite autrichienne en coalition avec les conservateurs, entendait aussi profiter de ce rendez-vous censé rester informel pour remettre sur la table des propositions pourtant repoussées par le Conseil européen du 28 juin à Bruxelles, mais aussi lors d’un conseil informel d’experts de l’UE, tout début juillet à Vienne.

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L’Autrichien prône de nouveau des « plates-formes » dans les « pays tiers » essentiellement destinées aux migrants qui auraient été déboutés du droit d’asile en Europe. Des « plates-formes de retours » où ces personnes seraient parquées en attendant de rentrer dans leur pays d’origine.

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M. Kickl insiste aussi pour que le droit d’asile soit totalement sous-traité hors de l’UE : plus aucun migrant ne devrait pouvoir demander l’asile sur le sol européen. Il l’avait répété aux médias européens et à la presse autrichienne sur tous les tons la veille : M. Kickl souhaite une « révolution copernicienne » pour la question migratoire européenne. Et la seule solidarité qui vaille désormais entre Européens, selon lui, concerne « la gestion des frontières extérieures de l’Union », explique t-il dans le quotidien régional autrichien Tiroler Tageszeitung, mercredi 11 juillet.
« Une de nos priorités est de sauver des vies »
Les conclusions du Conseil européen du 28 juin évoquent, certes, la solution de « plates-formes régionales de débarquement » sur les côtes africaines, pour les bateaux de migrants secourus en Méditerranée, mais en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pour les Français et la Commission, ces « plates-formes » devraient être des centres de tri – ces fameux « hot spots » conçus dès 2015 –, où les migrants peuvent déposer leurs demandes d’asile.
Si l’idée de ces plates-formes exclusivement consacrées aux « retours » a pour l’instant été repoussée, c’est surtout parce qu’aucun pays tiers ne s’est manifesté pour héberger ces prisons à ciel ouvert. La Tunisie et le Maroc ont clairement dit non. Jeudi matin, encore, le ministre macédonien des affaires étrangères, Nikola Dimitrov, a repoussé fermement la proposition, après l’Albanie quelques semaines plus tôt.
« Avez-vous entendu un seul pays tiers acceptant d’héberger un seul de ces camps ? », a souligné le commissaire européen à la migration, Dimitris Avramopoulos, à son arrivée jeudi à Innsbruck. A noter que le responsable grec, clairement en défaveur de cette option « autrichienne », fut le seul, en début de matinée à Innsbruck, à insister sur la nécessité de traiter le sujet migratoire avec humanité. « Une de nos priorités est de sauver des vies et de traiter les gens dans la dignité, a souligné le commissaire, la Commission est claire : nous devons nous en tenir aux valeurs de l’Union, et au respect de la convention de Genève sur les réfugiés. » 
Responsabilité partagée
Quant à l’externalisation totale de l’asile, les pays africains, premiers intéressés mais pas officiellement conviés à la table des discussions, n’en veulent absolument pas, assure un diplomate proche des discussions. Ils seraient d’accord pour discuter, mais d’une responsabilité partagée de l’asile. « Ils n’avanceront pas sur les centres de débarquement suggérés par le Conseil du 28 juin tant que, de leur côté, les Européens n’auront pas avancé sur ces centres contrôlés dans l’UE que le Conseil évoque aussi », ajoute ce diplomate.
« Il est théoriquement possible d’externaliser notre politique de l’asile ou de créer des centres de retour dans des pays tiers, mais à la seule condition que ces pays tiers appliquent les mêmes standards en termes de droits humains, juridiques, etc. que les pays européens, souligne Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et spécialiste des migrations. Ces pays tiers doivent être des pays tiers sûrs. Mais à part la Suisse, je ne vois pas qui pourrait vraiment présenter toutes les garanties nécessaires en ce moment, ajoute le chercheur. Ces questions migratoires sont en réalité bien plus compliquées que nous le disent certains. Car l’UE est une communauté de droits structurée autour de fondements qui sont, entre autres, les droits de l’homme. »

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Qu’espère donc la présidence autrichienne de l’Union, alors que, comme l’a souligné de nouveau le ministre français Gérard Collomb jeudi, « nous sommes dans une situation paradoxale : jamais l’UE n’avait connu aussi peu de flux migratoires » ?
« Au lieu d’avoir des images de migrants débarquant sur des plages, ce que nous voulons désormais, c’est pouvoir montrer des photos de policiers et de gardes-côtes européens aux frontières de l’Union », confiait un officiel autrichien, il y a quelques jours à Vienne.
L’ONG Médecins sans frontières, cependant, tirait le signal d’alarme jeudi matin, assurant que « 600 personnes tentant de traverser la Méditerranée centrale se sont noyées au cours des quatre dernières semaines, y compris des bébés et des petits enfants ». Pour l’ONG, « ces tragédies, qui représentent la moitié du nombre total de morts dans la zone en 2018, se sont produites car il n’y avait plus de bateaux de sauvetage d’organisations non gouvernementales actives en Méditerranée centrale ». Une manière de souligner la gravité de la décision prise par l’Italie, début juin, de fermer ses ports aux bateaux d’ONG.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le rectorat de Lille avait convoqué, lundi, de nouveaux jurys de baccalauréat après la dénonciation d’un syndicat de la réévaluation, très à la hausse, des notes de certains candidats.
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Bac 2018 : les résultats des candidats privés de calculatrice ne seront pas modifiés

Le rectorat de Lille avait convoqué, lundi, de nouveaux jurys de baccalauréat après la dénonciation d’un syndicat de la réévaluation, très à la hausse, des notes de certains candidats.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 14h30
    |

                            Caroline Pain








                        



   


« Nous avons conscience que certains lycéens ont été angoissés par ce qui s’est passé », reconnaît Valérie Cabuil, rectrice de l’académie de Lille : vendredi 6 juillet, elle a décidé d’organiser de nouvelles délibérations des jurys de bac, pour reconsidérer les résultats à l’examen de deux cents candidats.
La décision a été prise après que le syndicat de professeurs SNES-FSU a dénoncé que les notes de ces candidats avaient été fortement réévaluées à la hausse sans que les correcteurs et les jurys aient été consultés. Une hausse destinée à compenser des « incidents » survenus pendant l’épreuve de physique chimie, quand des candidats au bac S de quatre lycées de l’académie s’étaient vus interdire l’utilisation de leur calculatrice programmable, alors que celles-ci étaient en réalité autorisées.

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« Qui aurait pris une telle responsabilité ? »
« Le rectorat a présenté ses excuses aux correcteurs et enseignants pour les dysfonctionnements, ce qu’ils ont apprécié, et il leur a permis de réévaluer les notes, explique Vincent Perlot, représentant académique du SNES-FSU. Mais c’était illusoire de penser que les correcteurs allaient retirer les notes. Qui aurait pris une telle responsabilité ? Ce n’est pas aux élèves de payer les frais de ces dysfonctionnements. Nous nous demandons pourquoi il n’a pas été décidé de suspendre l’annonce des résultats quand le problème a été révélé. »
Présent lors des délibérations, lundi 9 juillet, M. Perlot déplore des problèmes d’organisation : « Les jurys n’avaient pas les dossiers scolaires, les relevés de notes, beaucoup ont été exaspérés de voir le décalage entre les bonnes intentions et les faits. » Les relevés de notes des candidats concernés sont donc finalement restés inchangés.
« Il aurait fallu que les notes proposées soient partagées auprès des correcteurs. Nous comprenons tout à fait qu’ils aient été insatisfaits », reconnaît Mme Cabuil, qui a demandé un rapport d’incident précis du déroulé des événements, pour « faire le point de ce qu’il s’est passé et en tirer les conséquences ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Un colloque mêlant professionnels, chercheurs et politiques se tient jeudi à l’Assemblée nationale pour interroger « la place de l’éducation » dans la prévention de la radicalisation.
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édition abonné


Radicalisation : l’école avance à tâtons sur le terrain du « contre-discours »

Un colloque mêlant professionnels, chercheurs et politiques se tient jeudi à l’Assemblée nationale pour interroger « la place de l’éducation » dans la prévention de la radicalisation.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 06h37
    |

                            Mattea Battaglia, 
Camille Stromboni et 
Elise Vincent








                        



                                


                            

En apparence, c’est une sortie scolaire tout ce qu’il y a de plus banal. Sauf que ce vendredi de juin, au théâtre du Rond-Point, à Paris, avec une centaine d’élèves issus d’établissements d’Ile-de-France, on rit tout en parlant de Djihad. Une pièce du metteur en scène Ismaël Saidi, applaudie par 10 000 élèves au cours de l’année écoulée, et qui compte parmi les initiatives soutenues par le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).
Objectif : développer un « contre-discours » sur l’enfermement religieux et ses potentielles dérives violentes, tout en respectant les convictions et en faisant émerger un esprit critique.
Le défi est tout sauf neutre pour le ministère de l’éducation nationale. Dans cette pièce de théâtre, on parle terrorisme, haine, discriminations, mais aussi interdits religieux, halal et foi. « Un mécréant, c’est comme un flic en civil ! », se moque ainsi un des acteurs. « Mais toi tu as un détecteur de mécréants ? », lui rétorque un autre dans ce scénario qui raconte les aventures de trois jeunes attirés par le front irako-syrien avant qu’ils ne déchantent.
Les réactions à l’issue de la pièce, ce jour-là, diffèrent selon la religiosité des adolescents : des plus enthousiastes – majoritaires – aux plus offensés, chez les plus pratiquants.
Six « conventions nationales »
« Il n’y a pas de formule magique, défend Muriel Domenach, la patronne du CIPDR. L’objectif est d’articuler les démarches éducatives, sociales et sécuritaires en encourageant un contre-discours en amont. » Une articulation inscrite dans le plan de prévention de la radicalisation, adopté le 23 février, qui consacre dix de ses soixante mesures à l’éducation.
Un sujet que devait à son tour aborder, jeudi 12 juillet, un colloque à l’Assemblée nationale mêlant professionnels de terrain, chercheurs et politiques pour interroger notamment « la place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La jeune fille, mineure, était morte en 2012 dans des circonstances que les parents cherchaient à éclaircir, et souhaitaient pour cela accéder à ses messages privés.
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La justice allemande autorise des parents à accéder au compte Facebook de leur fille après sa mort

La jeune fille, mineure, était morte en 2012 dans des circonstances que les parents cherchaient à éclaircir, et souhaitaient pour cela accéder à ses messages privés.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 14h20
   





                        


La plus haute juridiction allemande a rendu jeudi un arrêt très attendu sur « l’héritage numérique », donnant raison à des parents qui exigeaient auprès de Facebook d’accéder au compte de leur fille décédée.
S’adressant d’abord au réseau social, en vain, la mère avait voulu récupérer les contenus et conversations de leur fille avant qu’elle ne meure écrasée par un métro à Berlin, à 15 ans, en 2012. Les parents espéraient comprendre les circonstances de sa mort brutale – accident ou suicide – en cherchant par exemple des écrits suggérant son intention de mettre fin à ses jours.
Facebook arguait que l’accès aux données de l’adolescente pourrait violer le droit à la vie privée d’autres utilisateurs qui communiquaient avec elle. Les parents invoquaient, eux, le fait que les contenus figurant sur le compte Facebook de leur fille sont juridiquement identiques à des journaux intimes ou des lettres, qui peuvent revenir aux proches après un décès, à l’image d’un héritage.
Droit à la vie privée contre droit de la succession
La cour fédérale de justice de Karlsruhe leur a donné raison. « Le contrat d’utilisateur d’une personne à un réseau social passe dans la succession universelle des héritiers du titulaire de ce compte », a décidé la plus haute juridiction allemande, ouvrant la voie à une jurisprudence dans le pays.
Les juges de Karlsruhe estiment que les données que Facebook entend protéger appartiennent en réalité à un « compte utilisateur » et non à une « personne spécifique » et qu’il faut s’attendre « à un moment au cours de sa vie à ce que des personnes tierces accèdent à ce compte », avec ou sans l’accord du propriétaire initial.
« La question de comment équilibrer les souhaits des proches et la protection de la vie privée des tiers est l’une des plus difficiles auxquelles nous devons faire face », a déclaré à l’AFP un porte-parole de Facebook Allemagne tout en assumant d’avoir une « position différente » de celle des juges allemands.
Ce dilemme juridique et éthique rebondissait devant les tribunaux allemands depuis trois ans. En 2015, en première instance, la justice avait donné raison aux parents, mais la Cour d’appel de Berlin avait pris la position inverse en 2017.
Possibilité de choisir un « légataire »
Depuis 2015, Facebook propose toute une série d’options à ses utilisateurs pour gérer leur « héritage numérique ». Il est notamment possible de désigner un « légataire », qui devient, à votre mort, l’administrateur du compte, ce qui lui donnera la possibilité, par exemple, de changer votre photo de profil, d’accepter des demandes d’amis qui n’avaient pas jugé bon de le faire de votre vivant ou de poster un message (les détails de l’enterrement, par exemple).
Il est également possible de choisir ce à quoi aura accès ce légataire, notamment s’il aura le droit de télécharger une archive de vos publications, hors messages privés. Si aucun légataire n’a été désigné, les proches peuvent, certificat de décès à l’appui, transformer le compte en page « En mémoire de », qui permet de partager des posts en souvenir de la personne disparue, mais pas d’accéder à sa messagerie ; ou demander directement à la plate-forme la suppression du compte du défunt, en remplissant un formulaire. Dans aucun de ces cas, les proches ne peuvent accéder aux messages privés d’une personne décédée.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La firme de Clermont-Ferrand débourse 1,7 milliard de dollars pour prendre le contrôle du leader des chenilles pour tracteurs et des pneus pleins pour chariots élévateurs.
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En achetant le québécois Camso, Michelin devient numéro un mondial du pneu « hors route »

La firme de Clermont-Ferrand débourse 1,7 milliard de dollars pour prendre le contrôle du leader des chenilles pour tracteurs et des pneus pleins pour chariots élévateurs.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h23
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Pour continuer l’aventure, quoi de plus grisant que de prendre les chemins de traverse ? C’est – peut-être – ce que se disaient, ces jours derniers, les dirigeants de Michelin, à l’heure d’annoncer une acquisition qui va faire de la firme de Clermont-Ferrand le numéro un mondial du pneumatique « hors route ». Jeudi 12 juillet, Michelin a signé la prise de participation à 100 % de la société canadienne Camso, spécialiste des chenilles en caoutchouc et des pneus pleins, qui se présente elle-même, jusque sur son logo, comme une « Road Free Company ».
L’acquisition à 100 % pour un 1,7 milliard de dollars américains (1,5 milliard d’euros) a été paraphée au siège de l’entreprise, à Magog, charmante bourgade québécoise de 20 000 âmes, posée sur la rive d’un petit lac, à une petite heure en motoneige de la frontière américaine. Michelin débourse 1,45 milliard en cash et 250 millions sous forme de reprise de dette pour acquérir cette société qui réalise 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires.
« C’est un prix d’ami », se réjouit-on chez Michelin, qui achète Camso pour l’équivalent de 8,3 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda, selon l’acronyme anglo-saxon), une fois les synergies prises en compte, que la multinationale tricolore estime à 55 millions de dollars par an à l’horizon 2021.
La société emploie 7 700 personnes dans le monde, dont 300 au Canada et 5 500 au Sri Lanka, où elle concentre sept de ses dix-sept usines. Les autres sites se répartissent entre l’Amérique du Nord, le Brésil, l’Europe de l’Ouest, la Chine et le Vietnam. Cette dernière implantation fait passer un petit frisson chez les Michelin, l’entreprise française ayant été expropriée de ce pays (où elle possédait de grandes plantations d’hévéa) au milieu des années 1970, après la prise de contrôle de tout le territoire par le régime communiste du Nord.
Une opération emblématique

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De dimension modeste à l’échelle de Michelin (le groupe a réalisé 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), l’opération n’est pas moins emblématique de la volonté de sortir de la mono-industrie du pneu de voiture et de camion. Volonté affirmée avec force cette année par la firme auvergnate. En effet, l’acquisition de Camso intervient après celle de la société Fenner, en mars, pour 1,5 milliard d’euros. Cette entreprise britannique produit des convoyeurs en caoutchouc, ces tapis roulants très utilisés dans les mines, et des matériaux technologiques pour l’industrie.
En fait, c’est tout juste si, chez Bibendum, on parle encore de pneus. On préfère désormais se présenter en entreprise de petit génie des matériaux : caoutchouc, silice, résines, polymères, textiles, métaux… « Le secret de Michelin est dans ses matériaux », affirme Jean-Dominique Senard, le président du groupe. Ce qui compte, c’est l’excellence dans la mise au point d’élastomères, qui serviront à vendre des produits techniques sur des marchés variés et de préférence en croissance.
Avec l’achat de Camso, le marché visé est celui du off road : environ 13 milliards d’euros au total et une belle croissance sur certains de ses segments, comme celui des chenilles pour engins agricoles, qui affiche une hausse de 9 % par an. Cela tombe bien, la société québécoise est numéro un mondial de cette spécialité, tout comme elle domine le marché des pneus pleins pour les chariots élévateurs et, sans surprise, le marché plus confidentiel à l’échelle planétaire des chenilles pour motoneiges.
« Nous pourrons accéder à des marchés dont nous sommes privés aujourd’hui »

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Sans être leader partout, Camso est aussi bien placé dans les chenilles pour engins de chantiers ou dans les pneus dits « bias », une technologie un peu rustique que Michelin a laissé tomber il y a plusieurs années au profit du pneu radial, mais dont la robustesse lui assure encore une forte présence sur les chantiers et dans les champs du monde entier.
« Le service reste au cœur de notre offre »
« Nous pourrons accéder à des marchés dont nous sommes privés aujourd’hui, se réjouit M. Senard. Certains de nos clients, comme John Deere, nous demandent désormais des chenilles pour leurs moissonneuses-batteuses ou leurs tracteurs et, jusqu’ici, nous n’étions pas capables de répondre. » Les perspectives de croissance future paraissent prometteuses, soutenue par la demande de modernisation agricole venue des campagnes indiennes ou des fermes géantes chinoises, mais aussi par les chantiers titanesques à venir, liés à l’essor urbain en Afrique.
Chez Michelin, ces produits, qui n’empruntent pas, pour l’essentiel, les routes normales, sont regroupés dans la division du groupe sous l’intitulé « activités de spécialités ». Il s’agit de l’aérien, des engins miniers, agricoles et de construction, ainsi que des deux-roues. Cette activité a généré 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, soit 15 % des ventes de Michelin (contre 57 % pour la partie automobiles et camionnettes et 28 % pour les camions). Mais sa croissance depuis dix ans est la plus forte des trois business de Bibenbum (plus de 50 % en 2017) et les acquisitions de 2018 vont faire bondir l’activité spécialités de 2 milliards.

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Faut-il voir dans ce tournant stratégique un recentrage sur le produit caoutchouc et, par conséquent, un abandon de ce qui semblait être le leitmotiv de Michelin – la transformation en une société de services –, ces dernières années ? « Pas du tout, répond M. Senard. Le service reste au cœur de notre offre. En particulier à travers le numérique. Camso comme Fenner ne se contentent d’ailleurs pas de vendre des objets. Ils apportent au client l’intelligence et l’assistance qui va avec. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La brigade de répression de la délinquance économique enquête sur l’association de protection des animaux en raison de soupçons de favoritisme envers un fournisseur.
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Perquisition au siège social de la SPA

La brigade de répression de la délinquance économique enquête sur l’association de protection des animaux en raison de soupçons de favoritisme envers un fournisseur.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 15h21
    |

            Denis Cosnard








                        


Surprise matinale, jeudi 12 juillet, pour les salariés du siège social de la Société protectrice des animaux (SPA), boulevard Berthier, dans le 17e arrondissement de Paris. Des enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) y sont entrés pour une perquisition, et ont commencé à récupérer des documents, selon des sources concordantes. La perquisition était encore en cours à 13 h 30, précise-t-on au siège de l’association.
Les achats de croquettes et autres aliments pour les animaux sont au cœur de ces investigations, selon une source présente sur place. En cause, des soupçons selon lesquels la présidente de l’association, Natacha Harry, qui vient de démissionner, aurait favorisé un fournisseur, le groupe Mars, pour lequel elle avait travaillé précédemment.

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          La présidente de la SPA annonce sa démission



Avant même d’être adhérente à la SPA, Natacha Harry, qui présentait alors des émissions sur les animaux à la télévision, avait assuré la promotion de Pedigree, une des marques du groupe américain Mars. Cette collaboration rémunérée s’est poursuivie un peu après son élection à la tête de l’association. Or, l’association achetait déjà une partie des aliments pour les animaux de ses refuges à une autre filiale de Mars, Royal Canin. Toute la question est de savoir si, comme le suspectent certains opposants à Natacha Harry, les liens avec le groupe Mars se sont resserrés après son accession à la présidence.
Manquement à la mise en concurrence en 2013 et en 2014
Dans son dernier rapport sur la SPA, publié en mars 2017, la Cour des comptes avait déjà mis le doigt sur le sujet. Elle soulignait que le contrat initial avec Royal Canin, daté du 25 mars 2011, avait fait l’objet d’un avenant, non daté, pour l’année 2012, puis que l’accord avait été tacitement reconduit en 2013 et en 2014, sans mise en concurrence. Or l’audit juridique réalisé à la demande de la nouvelle présidente, avait, dès avril 2014, constaté des « manquements » et avait « préconisé une renégociation après mise en concurrence des contrats des fournisseurs référencés », notait la Cour des comptes. Depuis, un appel d’offres a fini par être lancé, et, au printemps, il a été perdu par le groupe Mars au profit de deux autres fournisseurs.
Quelles que soient les suites judiciaires données à cette enquête, la perquisition menée jeudi ne peut que renforcer dans l’immédiat les doutes sur la gestion de l’association et accentuer la crise interne. En quelques mois, la SPA a déjà écarté trois de ses principaux dirigeants salariés, tandis que le secrétaire général et la présidente, tous deux bénévoles, ont démissionné.

        Lire l’enquête (en édition abonnés) :
         

          Temps de chien à la SPA






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ La première ministre britannique tient tête face aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump.
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Theresa May assure que ses propositions « répondent au vote des Britanniques » sur le Brexit

La première ministre britannique tient tête face aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
12.07.2018 à 16h43
   





                        



   


Pas question de laisser place aux doutes exprimés par le président américain Donald Trump. La première ministre britannique l’a dit avec force à l’issue d’un sommet de l’OTAN à Bruxelles, jeudi 12 juillet : ses propositions sur le Brexit « répondent au vote des Britanniques ». 
Le gouvernement de Theresa May, toujours menacé par une possible révolte au sein de son parti, publie jeudi les détails de sa proposition de relation commerciale avec l’Union européenne (UE) après le Brexit, attendue de longue date à Bruxelles.

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Lors de sa conférence de presse un peu plus tôt, Donald Trump avait dit douter que les propositions de Mme May correspondent à ce pour quoi avaient voté les Britanniques lors du référendum de juin 2016. « Le peuple a voté pour rompre [les liens de la Grande-Bretagne avec l’UE] », a déclaré M. Trump, ajoutant :
« J’imagine que c’est ce qu’ils vont faire, mais peut-être qu’ils vont prendre une autre voie. Je ne sais pas si c’est pour cela qu’ils [les Britanniques] ont voté »
« Ils m’aiment beaucoup au Royaume-Uni. Je pense qu’ils sont d’accord avec moi sur l’immigration », a poursuivi M. Trump, estimant que « c’est pour ça que le Brexit est arrivé ». Il a par ailleurs jugé que l’UE devait faire « très attention » avec l’immigration, qui selon lui « prend le dessus » en Europe. Et de marteler :
« L’immigration est une chose très importante et je leur ai dit aujourd’hui, à l’Union européenne, qu’ils feraient mieux de faire très attention, parce que l’immigration prend le dessus en Europe et qu’ils feraient mieux de faire très, très attention. Je l’ai dit haut et fort. »

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