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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Dans les territoires contaminés par la catastrophe nucléaire, la fréquence des maladies cardiaques des enfants n’a pas augmenté, affirme une étude du « British Medical Journal ».
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Les canidés auraient emprunté le détroit de Béring il y a environ 10 000 ans, mais l’arrivée des colons à la fin du XVe siècle aurait entraîné leur extinction. Le seul héritage qu’ils ont laissé : un cancer transmissible.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                   
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Les premiers chiens d’Amérique, victimes de la colonisation européenne

Les canidés auraient emprunté le détroit de Béring il y a environ 10 000 ans, mais l’arrivée des colons à la fin du XVe siècle aurait entraîné leur extinction. Le seul héritage qu’ils ont laissé : un cancer transmissible.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 15h35
    |

                            Sarah Terrien








                        



                                


                            
Il est maintenant admis que la découverte des Amériques en 1492 entraîna le massacre des populations amérindiennes par les Européens, doublé d’une hécatombe engendrée par les germes transportés par les colons. Une étude publiée le 5 juillet dans la revue Science suggère que cette colonisation eut également des conséquences sur la survie des chiens domestiqués, compagnons des autochtones. Des équipes internationales, comprenant des chercheurs français, sont arrivées à cette conclusion grâce à l’étude de 71 ossements de chiens américains issus des fouilles archéologiques et de différentes bases de données de chiens modernes. Cette étude a permis de dater de manière précise l’arrivée des premiers chiens en Amérique (dits « précontacts »).
D’après cette étude, les chiens « précontacts » seraient arrivés en Amérique il y a environ 10 000 ans et descendraient de leurs ancêtres de Sibérie orientale. « Cette lignée unique est proche des chiens arctiques comme les malamutes ou les huskys, explique Laurent Frantz, professeur associé en génétique évolutive à la Queen Mary University of London et à l’université d’Oxford et coordinateur de l’étude. La comparaison de l’ADN (mitochondrial et nucléaire) des chiens archéologiques et modernes a également permis de démontrer que ces premiers chiens avaient un patrimoine génétique très différent de ceux qui vivent actuellement sur le continent américain. « Moins de 4 % du génome des chiens américains modernes est dérivé des premiers chiens d’Amérique », explique Laurent Frantz. Des résultats d’une précision jamais atteinte par le passé. « Les données sur le sujet étaient limitées avant cette étude, insiste le chercheur. L’analyse de l’ADN uniquement mitochondrial [hérité de la mère] n’était pas assez précise », poursuit-il.
Maladies fatales ?
Mais quand cette lignée a-t-elle pu disparaître ? « D’après les analyses, il semble...




                        

                        


<article-nb="2018/07/11/18-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…
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L’été, saison sportive de tous les dangers

Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h36
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Pourquoi ne pas profiter de la pause estivale pour faire du sport ? Les vacances sont des moments privilégiés pour les bonnes résolutions, avec la volonté parfois de rattraper le « temps perdu ». Le soleil, la nature et… le Mondial de football sont autant de facteurs qui incitent à bouger plus.
Les bienfaits de l’activité physique pour la santé ne sont un secret pour personne. Que ce soit pour améliorer l’endurance cardio-respiratoire, réduire le risque de maladies non transmissibles, d’anxiété… Or, un adulte sur quatre ne suit pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité soutenue. Sans parler des méfaits de la sédentarité.
Alors n’hésitez pas, les vacances sont l’occasion de davantage bouger et de faire du sport. Mais attention, tempère Eric Dugas, professeur des universités à Bordeaux en sciences de l’éducation et directeur du département recherche en sciences humaines et sociales, « il ne faut pas confondre activité sportive, a fortiori en compétition, où un certificat médical et une licence sportive sont exigés et un entraînement régulier est nécessaire, avec une activité physique de loisir, pratiquée pour être en forme ».
S’il n’y a aucun souci pour la natation, la marche… il faut en revanche être vigilant avant de se lancer dans une pratique intense, répétée, comme le tennis par exemple, avec des accélérations, des à-coups, ou faire un jogging ou du vélo avec intensité sous une forte chaleur. Attention aux chutes, encore trop de cyclistes partent bille en tête faire du VTT ou monter et descendre des cols sans mettre de casque ! Pour limiter les risques, « il faut savoir s’auto­évaluer et connaître l’environnement dans lequel on évolue », avertit Eric Dugas.
Prévention à l’attention des vacanciers
Le ministère des sports a répertorié...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Comme dans toutes les langues, la conversation mathématique laisse place au flou et aux interprétations personnelles. Des ambiguïtés mises en lumière par un ouvrage révélateur.
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Eloge de l’imprécision mathématique

Comme dans toutes les langues, la conversation mathématique laisse place au flou et aux interprétations personnelles. Des ambiguïtés mises en lumière par un ouvrage révélateur.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h30
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. Selon l’opinion générale, le langage ­mathématique est d’une précision extrême, sans la moindre ambiguïté. N’entend-on pas souvent « c’est mathématique » lorsqu’une affirmation est indiscutable ? Léo et Jean-Pierre Larroche ont eu l’idée de passer quelques semaines dans le laboratoire de mathématiques de Nantes et ­d’écouter les mathématiciens parler entre eux, dans leur langue inaccessible au ­néophyte, mais faite pourtant de mots du langage courant.
Le résultat est un livre étonnant intitulé Imprécis de vocabulaire mathématique (éditions d’Athénor, 130 pages, 22 euros), qui vient de paraître. Imprécis ? En effet, comme dans toutes les langues, la conversation mathématique laisse une large place au flou et aux interprétations personnelles.
L’ouvrage est organisé autour de chapitres très courts qui reprennent des discussions réelles dans lesquelles des mathématiciens comparent leurs compréhensions de mots qu’ils emploient souvent dans un sens technique, mais qui ont pourtant un autre sens dans la langue de tous les jours. On croirait lire une succession de poèmes ésotériques.
Voici quelques exemples.
Avez-vous déjà entendu dire d’un objet mathématique qu’il est brave, ou honnête ? Cela signifie, à peu près, qu’il ne pose pas trop de problèmes, qu’il est générique, et en tout cas qu’il n’est ni exotique ni pathologique, et encore moins sauvage.
Quelle différence fera un mathématicien entre une fonction exotique et une autre qui est pathologique ? En gros, comme on le lit dans ce livre, on emploiera plutôt ­pathologique lorsqu’on a envie de s’en ­détourner et exotique si on souhaite l’observer de plus près. Tout le monde n’est pas ­d’accord et on lit aussi que « beaucoup de ­pathologies sont belles, intrinsèquement ».
L’un des intervenants affirme que le mot « naturel » peut « semer le trouble » car il peut être « synonyme de fonctoriel qui a un sens tout...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Face aux changements que connaît le secteur de l’espace, l’Europe est forcée de revoir sa stratégie.
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Le « New Space » bouscule l’espace européen

Face aux changements que connaît le secteur de l’espace, l’Europe est forcée de revoir sa stratégie.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 20h46
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Dans le monde du spatial, il y a un avant et un après SpaceX. La dernière démonstration de force d’Elon Musk, le patron de l’entreprise, date de février dernier avec la mise en orbite d’une voiture Tesla. Elle a été propulsée par le Falcon Heavy, la fusée en activité la plus puissante au monde. « En dix ans, SpaceX a fait basculer le secteur de l’espace de la science vers l’innovation, analyse Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet de conseil Asterès. Le spatial est en train de devenir un secteur comme un autre, avec du capital investissement et des business models qui se dessinent. » Un changement de culture radical, qui pousse les grandes agences et les acteurs privés historiques à sortir de l’entre-soi et à repenser leur fonctionnement.
Aux origines du New Space
« La NASA a été traumatisée par l’échec des navettes spatiales (Challenger en 1986 et Columbia en 2003 qui ont provoqué la mort de 14 astronautes), poursuit l’économiste. Un gouffre financier qui s’est soldé par un échec cuisant. Au début des années 2000, l’agence spatiale américaine a changé de modèle : au lieu de piloter toutes les missions et de faire appel à des sous-traitants pour chaque pièce, elle fonctionne par appels d’offres, met en concurrence les start-up et entreprises privées historiques et passe commande à des prix élevés pour soutenir leur développement. » Un modèle qui a boosté l’innovation et fait chuter les coûts dans le secteur, mais qui fait grincer des dents en Europe. « Elon Musk se fait passer pour un entrepreneur mais il est massivement financé par des fonds publics », souligne l’ancienne ministre Geneviève Fioraso, auteure du rapport « Open Space », rendu en juillet 2016 au gouvernement Manuel Valls. C’est ainsi que SpaceX, créé en 2002, a été sauvé de la faillite en 2008 par une commande de douze lancements vers la Station spatiale internationale pour un montant de 1,6 milliard de dollars… Aujourd’hui encore, la NASA reste le client principal de SpaceX, qui facture 100 millions de dollars chaque lancement à l’agence américaine, contre 50 à 60 millions pour les tirs commerciaux exposés à la concurrence.
Une accélération ces trois dernières années
Dans le sillon de SpaceX, des centaines de start-up se lancent dans l’aventure, principalement américaines. « L’accès à l’espace devient de moins en moins cher, la demande de connectivité ne cesse d’augmenter et on découvre chaque jour de nouvelles applications de la donnée spatiale, poursuit Nicolas Bouzou. Tout est réuni pour que le marché du spatial explose. Nous ne sommes qu’au début de ce cycle d’innovation. »
Dans les faits, la baisse des coûts est vertigineuse. Le secteur estime que le coût d’accès au spatial a été divisé par dix en dix ans. Comment ? En innovant sur les modes de propulsion, en développant un lanceur réutilisable (le Falcon 9 de SpaceX) et en miniaturisant les satellites.
Les nanosatellites, ce sont ces petits satellites qui pèsent quelques kilos et font la taille d’une boîte à chaussures, là où un satellite de télécommunication classique pèse plusieurs tonnes. « Les nouveaux acteurs comme la start-up Planet constituent des constellations de centaines de nanosatellites en orbite basse, détaille Ane Aanesland, CEO de la start-up française ThrustMe. C’est l’avenir du big data, de l’Internet et de l’intelligence globale. Cela leur permet de distribuer le risque. Si un satellite tombe en panne, il y a peu d’impact sur la fourniture de service. »
Des constellations de nanosatellites
Les constellations permettent ainsi d’obtenir une image complète de la Terre plusieurs fois par jour, parfois plusieurs fois par heure, alors qu’il faut en moyenne cinq jours pour un satellite conventionnel. L’imagerie instantanée permet d’envisager de très nombreuses applications dans l’agriculture de précision, l’optimisation des précisions météorologiques, la gestion du trafic routier ou aérien, la surveillance des infrastructures, etc. Dans le domaine des nanosatellites, la recherche est très active notamment pour allonger la durée de vie de ces satellites « low cost ». « Au début du New Space ils restaient sept mois en orbite, aujourd’hui les derniers modèles tiennent cinq à sept ans », affirme la chercheuse.
Issue d’un spin-off de l’Ecole polytechnique et du CNRS, la start-up ThrustMe travaille sur un système de propulsion miniaturisé pour les nanosatellites. Une première version est déjà commercialisée. « Nous travaillons sur notre prochaine innovation : utiliser du carburant solide, de l’iode, qui a la particularité de passer directement de l’état solide à l’état gazeux, détaille Ane Aanesland. Or pour propulser nous avons besoin de gaz. Notre carburant sera plus dense, ce qui permet de réduire la charge et donc le coût de propulsion. »
Les nanosatellites vont aussi permettre de connecter le monde à l’Internet à bas coût et les 3 milliards d’individus qui n’y ont pas encore accès. L’entreprise britannique OneWeb prévoit ainsi de mettre en orbite 900 nanosatellites, dont les 10 premiers modèles doivent être envoyés dans l’espace d’ici la fin de l’année 2018. La conception et la fabrication ont été confiées à Airbus à Toulouse et aux Etats-Unis, et tous seront lancés par Arianespace. Une révolution pour Airbus, qui expérimente pour la première fois la production en série de satellites. OneWeb n’est pas la seule entreprise à s’engager sur ce marché très prometteur. SpaceX ambitionne de doter la Terre de 4 000 microsatellites reliés par laser.
La fronde des industriels
Mais l’Europe est-elle armée pour prendre ce virage ? Tom Enders, le patron d’Airbus, a récemment adressé un courrier à Emmanuel Macron et Angela Merkel, les appelant « vivement » à lancer une initiative franco-allemande pour « définir en coopération avec l’industrie une nouvelle vision spatiale, de nouveaux projets ambitieux et de nouvelles politiques pour l’Europe ». En ligne de mire : le fonctionnement de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui ne pratique pas la préférence européenne pour les lanceurs. Aux Etats-Unis, le Buy American Act prévoit que tout satellite public doit être lancé par une fusée fabriquée à plus de 51 % aux Etats-Unis, excluant de fait Ariane 5 et les russes Soyouz et Proton. La Chine et la Russie ont adopté la même logique et mettent sur orbite les satellites institutionnels avec les fusées nationales. En Europe, les agences nationales passent par Space X ou Soyouz. L’industrie spatiale européenne réclame donc une véritable préférence européenne avec un nombre de lancements garantis pour Ariane 6, le nouveau lanceur européen prévu pour juillet 2020.
Les grands acteurs du secteur semblent pourtant avoir pris la mesure du tsunami SpaceX. L’ESA a mis en place des incubateurs spéciaux et donne des contrats de façon régulière à des acteurs du New Space. En France, le CNES est en train de créer son propre fonds d’investissement pour soutenir les start-up émergentes. Chez les acteurs privés, Airbus a créé en 2016 un fonds de capital-risque, Airbus Ventures. Sur les vingt-deux investissements réalisés depuis, quatre concernent le New Space, dont la start-up américaine Spin Launch, qui s’appuie sur un système de catapulte électrique pour propulser de petites charges. Mais les élus restent peu nombreux. « Nous avons réussi à lever 4,6 millions d’euros (capital-risque et subventions), depuis notre création en février 2017, reprend Ane Aanesland. Nous n’avons pas encore eu de financement du CNES ou de l’ESA, mais nous avons besoin d’eux notamment pour l’étape de démonstration en orbite. Aux Etats-Unis, la NASA soutient les start-up dans cette étape en étant leur premier client. Je crois que c’est aujourd’hui l’un des plus gros freins en Europe. »
L’industrie spatiale sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain. 
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Une équipe de recherche de l’université de New York vient de publier les images en time-lapse d’un iceberg qui s’est détaché du glacier d’Helheim, au Groenland. Un phénomène dont ils essaient de comprendre les conséquences à long terme.
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<filnamedate="20180711"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180711"><AAMMJJHH="2018071118">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.
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« Il est navrant de constater que des universitaires dénigrent l’antispécisme de manière expéditive »

Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le spécisme fait de plus en plus débat dans la société. Un spéciste peut estimer, par exemple, que le fait qu’un animal appartient à une espèce particulière peut justifier à lui seul qu’on puisse le tuer pour en consommer les chairs. En France, société spéciste, on mange ainsi du cochon, mais pas du chat et encore moins de l’humain.
Le mot « spécisme » a été inventé dans les années 1970 en analogie avec les termes racisme et sexisme. Un raciste ou un sexiste va en effet ne pas avoir la même considération morale envers des personnes en fonction de leur race (ou supposée race) ou de leur sexe. Ces trois idéologies participent donc de la même logique et fondent des rapports de domination, d’exclusion et de violence à l’encontre d’individus appartenant à des catégories dépréciées.
L’intérêt des individus pris en compte
En revanche, pour l’antispécisme, l’espèce (à l’instar de la « race » et du sexe) ne peut constituer un critère pertinent de considération morale. Seul l’intérêt des individus est à prendre en compte, quelle que soit leur espèce.
Conséquemment, étant donné que l’on peut être en bonne santé sans consommer de produits d’origine animale et que les poissons, vaches, cochons ou poules ont un intérêt à la fois à ne pas souffrir et à ne pas se faire tuer, le mouvement antispéciste conteste la légitimité de l’élevage, de la pêche et des abattoirs.

Cette position bouscule bien sûr des traditions et des façons de penser millénaires. Elle remet aussi en cause le privilège que les humains s’arrogent de maltraiter les autres espèces selon leur bon plaisir. Qu’elle suscite des réactions de rejet n’est donc pas surprenant. Mais il est plus navrant de constater que des chercheurs la dénigrent de manière expéditive, comme en témoignent nombre d’interventions récentes en France.
Par exemple, dans un récent entretien, le philosophe Étienne Bimbenet récuse l’antispécisme parce que cette « idéologie »...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Embarqués à bord du navire scientifique « André-Malraux », les archéologues ont détecté une importante « anomalie » lors du diagnostic de deux épaves du XVIe siècle.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Sur la piste énigmatique du vaisseau amiral la « Cordelière »

Embarqués à bord du navire scientifique « André-Malraux », les archéologues ont détecté une importante « anomalie » lors du diagnostic de deux épaves du XVIe siècle.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h49
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            
Dans la salle de briefing de l’André-Malraux, la tension est montée d’un cran. Spontanément, l’équipage s’est rassemblé devant l’écran où défilent les images du sonar à balayage latéral tracté par le navire. Depuis sept jours que les archéologues sondent méthodiquement les fonds sous-marins devant la pointe du Petit-Minou, consacrant leurs journées à effectuer, tous les cinq mètres, des allers-retours sur la zone de « haute probabilité » large de 10 km2 ciblée, c’est la première fois, en ce mardi 3 juillet, qu’une « anomalie » d’une telle importance est signalée.
Certes, des ancres et d’autres objets moins identifiables ont tracé, plusieurs fois, des ombres sur l’ocre jaune du sol sédimentaire. Mais jamais encore le contour caractéristique d’une épave n’était apparu sur un cliché aussi nettement. Ce dernier montre, formant entre elles un angle de 45 degrés, deux bordées de navire avec leurs membrures entre lesquelles gisent des débris dont certains sont rectangulaires et très allongés. « Celui-là pourrait très bien correspondre à un canon », estime Michel L’Hour, le directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm). Avant de remarquer que l’orientation particulière des carènes s’expliquerait facilement par la présence de, non pas un, mais deux bateaux qui auraient coulé en même temps… Cela serait une excellente nouvelle. Il s’agirait alors, très probablement, des nefs convoitées !

Commencée le 25 juin pour une période de trois semaines, cette campagne d’exploration du Drassm mobilisant le navire scientifique André-Malraux a pour objectif le repérage et le diagnostic de deux épaves du XVIe siècle : la Cordelière et le Regent.
Le 10 août 1512, la flotte franco-bretonne de Louis XII et d’Anne de Bretagne, en guerre contre la Sainte Ligue du pape Jules II, n’attend plus que l’arrivée de renforts venus de Méditerranée pour lancer une...




                        

                        


<article-nb="2018/07/11/18-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Aider les victimes d’un AVC à mieux récupérer, compenser les séquelles motrices ou cognitives après un accident ou un trauma : panorama des innovations dont bénéficie la médecine de réadaptation, qui tient son congrès international à Paris, jusqu’au 12 juillet.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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La rééducation, toujours plus performante

Aider les victimes d’un AVC à mieux récupérer, compenser les séquelles motrices ou cognitives après un accident ou un trauma : panorama des innovations dont bénéficie la médecine de réadaptation, qui tient son congrès international à Paris, jusqu’au 12 juillet.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h00
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                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Comment permettre à une personne de récupérer au mieux après un AVC, un accident de la route ou de sport ? Comment compenser l’impact, sur la vie quotidienne, des séquelles motrices ou cognitives liées à un traumatisme ou à une maladie – et rendre ainsi une certaine autonomie au patient ? Telles sont les deux grandes missions de la « médecine physique et de réadaptation » (MPR).
Créée en 1965, cette spécialité médicale méconnue est au centre de l’aide aux personnes handicapées. C’est elle qu’on sollicite dans les suites de soins des quelque 150 000 nouveaux patients qui font un AVC chaque année en France, dont 50 000 garderont des séquelles. Elle qui intervient dans la prise en charge des incapacités des 1 000 nouveaux blessés médullaires qui resteront para ou tétraplégiques. Elle encore qui vient au secours des déficits des patients atteints de sclérose en plaques, de poliomyélite (50 000 adultes souffrent encore des séquelles de cette maladie en France !), de hernie discale, de polyarthrite rhumatoïde…
Une approche globale et personnalisée
Du 8 au 12 juillet, près de 4 000 experts de 40 pays – spécialistes de MPR, neurologues, rhumatologues, gériatres, chirurgiens orthopédiques et pédiatres, mais aussi orthophonistes, kinésithérapeutes et ergothérapeutes – se réunissent à Paris, avec une quinzaine d’associations de patients. C’est la première fois que ce grand congrès annuel de la MPR, le 12e, se tient en France. L’occasion de mettre en lumière le dynamisme de cette médecine, à la fois hypertechnique et très humaine. « L’originalité de notre spécialité, depuis son origine, c’est son approche globale et personnalisée du patient, relève le professeur Alain Yelnik, coorganisateur du congrès, chef du service de MPR à l’hôpital Fernand-Widal (AP-HP, Paris). Quand il s’agit de rééduquer une personne, et plus encore d’optimiser sa réadaptation dans son environnement familial, social, professionnel, on comprend l’importance d’une telle...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ L’étude de l’ADN ancien réserve quelques surprises et malmène parfois les idées reçues sur l’apparence de nos ancêtres. Un fossile anglais vient d’en offrir un exemple controversé.
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« Cheddar Man », un Européen noir il y a 10 000 ans ?

L’étude de l’ADN ancien réserve quelques surprises et malmène parfois les idées reçues sur l’apparence de nos ancêtres. Un fossile anglais vient d’en offrir un exemple controversé.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 14h15
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            Hervé Morin








                        



                                


                            
L’image a fait le tour du monde et stupéfié les Britanniques : en février, le Natural History Museum (NHL) de Londres a exposé un nouveau buste représentant « Cheddar Man », un fossile trouvé dans une grotte du Somerset il y a plus d’un siècle et vieux de 10 000 ans. La surprise venait de la peau sombre combinée à des yeux bleu-vert et des cheveux bouclés noirs attribués à l’occupant de ce qui n’était alors pas une île. De précédentes analyses génétiques avaient trouvé de soi-disant descendants directs de l’homme de Cheddar dans la ville du même nom, à la peau d’une blancheur toute britannique.

Mais voilà que de nouvelles analyses du génome ancien démentaient cette parenté et présentaient un « ancêtre » à la complexion inattendue. Pour les spécialistes, dont Thomas Booth (NHL), qui a participé à l’analyse du génome du chasseur-cueilleur, cela n’avait pourtant rien de surprenant. « D’autres fossiles européens encore plus récents portent des marqueurs de peau foncée à olivâtre », indique-t-il. En Europe, et plus spécifiquement en Grande-Bretagne, l’apparition de populations à peau blanche, des agriculteurs, serait bien postérieure à l’homme de Cheddar, dont l’héritage génétique légué aux Britanniques modernes est marginal.
Nombreuses critiques
Sa représentation en homme noir a suscité de nombreuses critiques, notamment scientifiques, et des discussions sans fin sur les réseaux sociaux, sur les implications « politiques » d’une telle découverte. « Nous nous sommes appuyés sur trente-six marqueurs génétiques liés à la teinte de la peau », se défend Thomas Booth, évoquant un article scientifique encore non publié. Certes, le modèle employé (HIrisPlex-S), aussi utilisé pour les recherches d’identification policière, est fondé sur des variants génétiques commandant la couleur de la peau aujourd’hui. « Mais il me paraît improbable que l’on soit passé à côté de marqueurs de peau claire qui auraient été présents il y a 10 000 ans,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Pour le philosophe des sciences Claude-Olivier Doron, « on revient à la théorie de la dégénérescence ».
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« Il y a un fort retour de la thé­matique de la race du côté de la génomique et de la biomédecine »

Pour le philosophe des sciences Claude-Olivier Doron, « on revient à la théorie de la dégénérescence ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h09
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                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Claude-Olivier Doron est maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l’université Paris-Diderot. Il s’intéresse à l’histoire et à l’actualité du concept de « race » et du racisme et aux contextes dans lesquels il est mobilisé. Il est notamment l’auteur de L’Homme altéré (Champ Vallon, 2016).
Depuis quand la notion de race est-elle utilisée en biologie ?
Cette notion est ancienne. On la trouve à l’époque moderne dans certaines traductions de la Bible, dans la noblesse, pour distinguer les nobles des roturiers, ou encore dans l’élevage des animaux. Mais c’est au XVIIIe siècle que des na­turalistes comme Georges Louis Buffon (1707-1788), en France, ou Emmanuel Kant (1724-1804), en Allemagne, commencent à l’utiliser pour distinguer différentes variétés héréditaires au sein de l’espèce humaine en repérant des variables, notamment la couleur.

Buffon est le premier à introduire la notion de race en histoire na­turelle, en 1749, dans un article consacré aux variétés de l’espèce humaine. Les races humaines sont, selon lui, des « dégénérations d’un type primitif parfait » dont le modèle est l’Européen, type parfait du « vrai et du beau ».
Comment ce modèle a-t-il ­évolué ?
Le modèle de la dégénération, datant de la fin du XVIIIe siècle, est central pour le naturaliste allemand Johann Friedrich Blumenbach (1752-1840), que l’on peut considérer comme le père de l’anthropologie physique. Selon lui, le modèle primitif parfait vient du Caucase, d’où le terme « caucasien ». Il considère que la forme du crâne et du squelette sont des critères plus fiables que la couleur de la peau et il est le premier à en systématiser l’étude.
La craniologie se développe ensuite, pour devenir une science respectable au XIXe siècle. Il faut aussi mentionner les naturalistes français Georges Cuvier (1769-1832) et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de « race », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.
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« Race » : la génétique face à ses démons

L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de « race », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 06h41
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                            Catherine Mary








                        



                                


                            
La biologie peut-elle délimiter des groupes humains qui fonderaient l’existence de races à l’intérieur de l’espèce humaine ? Depuis les années 1970, les généticiens avaient tranché : la race est une construction sociale dont il n’existe aucun fondement en biologie. Ils se délestaient ainsi de cette question brûlante, à l’origine au XIXe siècle de théories dont la description emplit aujourd’hui les pages les plus dérangeantes de l’histoire de leur discipline.
Mais voilà qu’un éminent généticien de l’université Harvard, David Reich, ravive les cendres qu’on croyait éteintes avec la publication de son livre Who We Are and How We Got Here ? (« Qui sommes-nous et comment sommes-nous arrivés ici ? », ­Pantheon Books, non traduit).
Son credo ? Dénoncer l’« orthodoxie » du discours sur la diversité génétique qui s’est imposé au cours des dernières décennies et qui a fait de la race une question taboue. « Comment devons-nous nous préparer à la probabilité qu’au cours des années à venir des études génétiques montrent que de nombreuses caractéristiques sont influencées par des variations génétiques et que ces traits diffèrent entre les groupes humains ? », questionnait-il dans une tribune parue en avril dans le New York Times. « Argumenter qu’il n’est pas possible qu’il existe des différences substantielles entre les populations humaines ne fera que favoriser l’instrumentalisation raciste de la génétique que nous voulons justement éviter », concluait-il.

Métissages
A l’heure où la France a entrepris de gommer le mot « race » de sa Constitution par un vote des députés, le 27 juin, la polémique lancée par Reich rappelle que la génétique a longtemps flirté avec l’eugénisme, avant de s’en repentir. Et que sa ­prétention à pouvoir tout analyser ou presque peut la conduire à ignorer ses limites – un écueil dénoncé par un grand nombre d’anthropologues en réponse au texte de Reich.
Comment les généticiens ont-ils...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Sorbonne Université envoie depuis 2012 ses étudiants en médecine se frotter aux réalités des femmes violées et des sans-abri, en immersion dans des associations et en maraude avec le Samu social.
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Des apprentis médecins en immersion dans la « vraie vie », pour favoriser l’empathie

Sorbonne Université envoie depuis 2012 ses étudiants en médecine se frotter aux réalités des femmes violées et des sans-abri, en immersion dans des associations et en maraude avec le Samu social.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h07
    |

            Claire Ané








                        



                                


                            

Paul se souvient en avoir pris « plein la figure ». « Une femme a expliqué que cela fait trois fois qu’elle va à la gendarmerie se plaindre d’agressions sexuelles, et qu’il ne se passe rien… J’étais à des années-lumière de me rendre compte de l’horreur que certaines vivent », raconte cet étudiant en 4e année de médecine à Sorbonne Université, à Paris. Casque sur les oreilles, il a écouté, durant une demi-journée, les appels reçus sur le numéro vert Viols femmes informations (0-800-05-95-95) par les salariées du Collectif féministe contre le viol (CFCV). Et ainsi appréhendé une réalité dont il ne soupçonnait pas l’ampleur : une femme sur six a subi ou subira des violences sexuelles au cours de sa vie.
En ce matin d’été, le soleil entre à flots dans le local de la permanence téléphonique du CFCV. Carole, apprentie médecin, écoute Lucie répondre à la mère d’une jeune femme agressée par un voisin : « Il y a des phrases toutes simples qui peuvent aider votre fille : lui dire “je te crois”. Et aussi : “Quelles que soient les circonstances, tu n’es pour rien dans ce que cet agresseur a commis”, explique l’écoutante. Essayez de valoriser tout ce qu’elle a déjà fait – se confier, c’est énormément de courage. Pour l’instant, elle n’a pas pu porter plainte, il n’y a aucune pression à mettre. »
« Un rôle génial à jouer »
Une fois le téléphone raccroché, Carole remercie Lucie et l’interroge sur l’échange qui vient de se dérouler. « Comme médecin, vous avez un rôle génial à jouer », l’encourage l’écoutante. Le médecin, poursuit-elle, est le premier recours des victimes ; il peut aussi contribuer à libérer la parole, en demandant à chaque patient, quel que soit le motif de sa visite, s’il a subi des violences. Et si l’un d’eux est choqué ? « Vous pouvez lui répondre : “Vous savez, je pose la question à chacun de mes patients”, car c’est très fréquent et qu’il n’y a pas de profil de victime. »
Carole...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Professionnels de santé et spécialistes en addictologie s’insurgent dans une tribune au « Monde » de l’offensive des industriels, qui veulent « contribuer » à la santé publique et se substituer aux responsables politiques.
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Prévention  : le « cynisme du lobby des alcooliers »

Professionnels de santé et spécialistes en addictologie s’insurgent dans une tribune au « Monde » de l’offensive des industriels, qui veulent « contribuer » à la santé publique et se substituer aux responsables politiques.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Afin d’étouffer le scandale du conflit d’intérêts d’Audrey ­Bourolleau, la conseillère agriculture de l’Elysée, et ancienne lobbyiste en chef du monde viticole, conflit démontré rigoureusement par Mediapart le 27 juin, le lobby alcoolier prétend participer à la prévention en santé en publiant une « contribution ». Avec pour seul objectif de créer un nuage de fumée, et d’empêcher toute politique de prévention efficace alors que le ­niveau de consommation d’alcool dans notre pays est un des plus élevés au monde avec 11,6 litres d’équivalent ­alcool pur par habitant en 2016 (davantage désormais que la Russie).
Plus qu’une contribution, c’est une ­offensive en règle que le lobby alcoolier a engagée.

Alors que les agences sanitaires (Santé publique France et l’Institut national du cancer) ont publié en mai 2017 leur expertise sur les mesures à prendre pour réduire les dommages liés à la consommation d’alcool, alors que les différents experts ou leaders d’opinion en santé publique et en addictologie ont fait publiquement des ­propositions pour mener enfin une ­politique énergique face à l’hécatombe (135 morts par jour dus à l’alcool), alors que toutes les autorités sanitaires internationales rappellent que l’alcool est, juste après le tabac, la deuxième cause de mortalité évitable, le lobby alcoolier met en scène sa désinvolture dans une « contribution » où il propose essentiellement de se charger de la politique de santé pourvu qu’il n’ait aucune ­contrainte, aucune obligation et aucun objectif de résultat.
Son discours est d’une simplicité angélique : « Laissez-nous faire ! Croyez-nous sur parole ! ­Dormez braves gens ! Faites confiance à notre sens des responsabilités ! »
Le lobby alcoolier passe à une étape et à une vitesse supérieures : démontrer l’inutilité du ministère de la santé en dictant lui-même sa loi
La conception de la responsabilité ­sociale de ce lobby est visible tous les jours...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Une nouvelle infrastructure, dans les Hauts-de-Seine, va explorer l’immunité in vivo chez le primate non humain.
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Maladies infectieuses  : une plate-forme d’imagerie de pointe

Une nouvelle infrastructure, dans les Hauts-de-Seine, va explorer l’immunité in vivo chez le primate non humain.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 15h49
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Comment, dans l’organisme vivant, suivre en temps réel l’activité de ­chaque « soldat de l’immunité » ? Comment retracer, in vivo, le combat de cette immense armée de l’ombre, à mesure qu’elle déploie ses bataillons pour neutraliser un virus, une bactérie ou un parasite ? Quels effets provoquent un ­candidat-médicament ou vaccin sur ces cellules de l’immunité et sur le germe à combattre ?
Ces questions sont autant de ­défis, si l’on veut développer de nouvelles armes de prévention et de traitement des maladies infectieuses. Ce qu’entend relever une nouvelle infrastructure de recherche : Idmit (Infectious Diseases Models for Innovative Therapies). Inaugurée le 26 juin à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), elle associe le CEA, l’Institut Pasteur, l’Inserm, l’université Paris-Sud, l’ANRS et la société Oncodesign.
Idmit offre à la communauté scientifique, académique ou privée des outils « uniques en Europepour la recherche préclinique sur les maladies infectieuses ou auto-immunes humaines, se réjouit ­Roger Le Grand, du CEA, responsable de cette nouvelle structure. La seule installation similaire se trouve à Bethesda, aux Etats-Unis ». Ses missions : explorer les effets des médicaments, la réponse de l’hôte ou la dissémi­nation des pathogènes sur des ­modèles de primate, sans que l’analyse perturbe ces processus. « 40 % de l’activité d’Idmit sera consacrée au VIH. Nos autres priorités sont la lutte contre la grippe, le virus Zika, la dengue, le chikungunya, la tuberculose, la ­coqueluche, le paludisme… », ajoute Roger Le Grand.
Les atouts de cette nouvelle ­plate-forme : rassembler des techniques d’imagerie ultraprécises (à l’échelle de la cellule et de ses ­molécules fonctionnelles), mais aussi capables d’explorer le corps entier d’un primate non humain, de façon non invasive. Autre originalité : ces examens pourront être réalisés dans des conditions de confinement biologique de type L3 – qui permet la manipulation de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/11/18-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Avec des symptômes proches d’autres maladies et des tests peu fiables pour la détecter, la maladie de Lyme fait aujourd’hui débat dans la communauté médicale.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des neurochirurgiens américains rapportent le cas d’un homme dont plusieurs lobes cérébraux ont été touchés par un coup de feu. Sans conséquences.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤ 
<article-nb="2018/07/11/18-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Un rapport, que « Le Monde » s’est procuré, montre qu’« entre 1 666 et 4 000 » contaminations auraient été évitées si l’Agence du médicament avait autorisé plus vite le Truvada.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/07/2018
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L’IGAS dénonce les retards de la prévention contre le sida

Un rapport, que « Le Monde » s’est procuré, montre qu’« entre 1 666 et 4 000 » contaminations auraient été évitées si l’Agence du médicament avait autorisé plus vite le Truvada.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h14
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
La France a été le premier pays en Europe à permettre, en 2016, l’utilisation du Truvada, un traitement anti-VIH pour prévenir la contamination d’une personne séronégative lors de rapports sexuels à risques. C’est ce que l’on appelle la prophylaxie pré-exposition (PrEP), qui fait actuellement l’objet d’une campagne d’affichage par l’association Aides. Une mesure mise en œuvre avec succès, mais trois ans après que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait été saisie par l’association Aides, et trois ans et demi après que son homologue américaine, la Food and Drug Administration, l’avait autorisée, le 16 juillet 2012. Sans ce retard, plusieurs milliers de contaminations auraient pu être évitées.
Selon un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) que Le Monde s’est procuré, ce délai résulte principalement d’une instruction « anormalement longue » de la part de l’ANSM. La mission avait été mandatée le 15 mars 2017 par la ministre de la santé de l’époque, Marisol Touraine, et confiée à deux inspecteurs, Gilles Duhamel et Aquilino Morelle.

Retards accumulés
Pour comprendre les enjeux du sujet, il faut partir de deux faits marquants dans l’épidémie d’infections par le VIH. Le premier est la persistance, depuis plusieurs années en France, de plus de 6 000 nouvelles contaminations par an, en particulier chez des hommes ayant des rapports homosexuels. Le second tient au rôle central tenu par le préservatif, « instrument principal, pour ne pas dire unique, de la prévention de l’infection par le VIH », indique le rapport de l’IGAS.
Le rapport rappelle que « contrairement à une idée très répandue, loin d’avoir une “efficacité de 100 %”, le préservatif n’atteint dans ce domaine que des taux de 80 % chez les hétérosexuels et de 70 % chez les “hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes” ». Ce qui justifie d’élargir la palette des outils de prévention.
Lorsque, le...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Cette médecin a joué un rôle majeur dans la légalisation du cannabis médical en Uruguay en 2013, une première mondiale. Début juin, elle a rencontré en France des responsables de santé publique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/07/2018
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Raquel Peyraube, addictologue et militante pour le cannabis médical

Cette médecin a joué un rôle majeur dans la légalisation du cannabis médical en Uruguay en 2013, une première mondiale. Début juin, elle a rencontré en France des responsables de santé publique.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 06h46
    |

                            Marina Julienne








                        



                                


                            

Portée par sa volubilité, elle engage ses mains, ses bras, tout son corps au service de son argumentation. Une force de persuasion hors du commun anime Raquel Peyraube, médecin, invitée à Paris début juin pour le colloque de l’Union francophone pour les cannabinoïdes en médecine (UFCM). Alors que, en France, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, vient de faire un signe vers une possible utilisation médicale du cannabis en reconnaissant sur France Inter que la France avait « peut-être un retard » en la matière, l’Uruguayenne a joué un rôle central dans la légalisation par son pays, en 2013, du cannabis médical et thérapeutique : une première mondiale.

« Depuis toute petite, j’ai toujours été dans la transgression, raconte-t-elle en riant, dans un français presque parfait. A 7 ans, je voulais déjà être “una medica” et non “un medico” comme on le déclinait, à l’époque, seulement au masculin. » Sa maîtresse lui conseille d’être plutôt avocate, vu ses qualités d’oratrice.
Mais la jeune Raquel n’est pas du genre influençable. Elle démarre médecine en Uruguay, puis, chassée par la dictature, part en Argentine. Elle revient à Montevideo pour accompagner son père, atteint d’un cancer. C’est à l’occasion d’un stage dans un service de toxicologie qu’elle choisit finalement cette spécialité. « J’ai rencontré des patients qui parlaient de leur souffrance physique, psychique, et je me suis vite rendu compte que ces pathologies de l’addiction étaient imbriquées dans des questions sociales et politiques. C’est cela qui m’a passionnée. Au lieu de me spécialiser en oncologie, j’ai préféré l’addictologie et la psychiatrie. »
Dépasser le dogme médical
C’était en 1987, et c’est là que démarre ce chemin qu’elle va tracer quasi sans détour jusqu’au plaidoyer pour un usage adulte responsable du cannabis. « Je refuse d’employer le terme de “récréatif” qui vise à séduire les adolescents, alors qu’à haute dose, cette...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le stomatopode use de la force de frappe de ses deux pattes avant pour éclater les coquilles de mollusques dont elle se régale.
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Le punch intelligent de la crevette-mante

Le stomatopode use de la force de frappe de ses deux pattes avant pour éclater les coquilles de mollusques dont elle se régale.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Cette bestiole est un monstre. Le genre tueur à gages, capable de repérer la proie la plus discrète ou de ­détruire l’adversaire le plus coriace. Sa vision émerveille les scientifiques du monde entier : rien de moins que seize types de cônes ­récepteurs de couleur, là où l’œil humain en possède trois (rouge, bleu, vert). Mais c’est surtout son punch qui fait sa célébrité. Et peut-être aussi son nom. La crevette-mante, aussi connue sous le nom de squille, n’est en effet ni une crevette ni une mante. Mais à la première, elle emprunte l’apparence et le mode de vie marin. A la seconde, les deux ­redoutables pattes avant. En plus violent : les pêcheurs de l’archipel indonésien qui ­tentent de saisir les plus gros et succulents spécimens y laissent régulièrement quelques phalanges.
Depuis quelques années, des chercheurs ont étudié cette famille de brutes épaisses, variables tant par la taille (de 3 à… 38 cm) que par la nature de leur arsenal. Les unes, plutôt amatrices de poissons, cachent au bout de leurs deux pattes antérieures des harpons ; les autres, avides de coquillages, disposent de véritables massues, grâce auxquelles elles éclatent les coquilles protectrices. « Les coups peuvent atteindre la vitesse de 30 m/s (108 km/h) et l’accélération est du même ordre de grandeur que la balle qui sort du canon d’un pistolet, explique Rachel Crane, biologiste marine à l’université Stanford, en Californie. L’impact atteint une force de 1 500 newtons, ce qui est comparable à la morsure d’un tigre. »
Des brutes, donc. Mais pas seulement. Avec des collègues de l’université Duke, Rachel Crane a voulu étudier la stratégie des crevettes-mantes aux prises avec différents types de coquillages. « Nous pensions qu’elles procédaient toujours de la même façon et avons découvert, avec stupeur, qu’elles s’adaptaient, au contraire, à la nature des coquillages visés. » Les résultats ont été publiés, jeudi 14 juin,...




                        

                        

