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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ La seconde demi-finale déterminera qui des coéquipiers de Rakitic ou de ceux de Kane vont affronter la France en finale du Mondial russe.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Personne ne misait sur l’Angleterre avant le Mondial, mais pour la première fois depuis cinquante-deux ans, l’équipe participe à un match pour la finale et le pays se prend à rêver.
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Les objectifs assignés aux Trois Lions par la presse britannique : vaincre les Bleus (et la Croatie)

Personne ne misait sur l’Angleterre avant le Mondial, mais pour la première fois depuis cinquante-deux ans, l’équipe participe à un match pour la finale et le pays se prend à rêver.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h46
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 18h05
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Il y a ceux qui sont déjà en finale et ceux qui s’y voient déjà. « L’attente a pris fin, l’Angleterre est prête à devenir dingue pour la Coupe du monde », écrit le Guardian. Les supporteurs anglais en sont persuadés : la Coupe du monde va « rentrer à la maison ». Mais avant de reprendre en chœur le tube des Three Lions sur Trafalgar Square, les vingt-trois joueurs anglais vont devoir éliminer la Croatie, mercredi 11 juillet, à 20 heures, à Moscou. La presse britannique semble toutefois avoir sauté cette étape, se concentrant sur son potentiel match de dimanche soir, plutôt que sur celui de mercredi.
C’est la première fois, depuis le Mondial de 1990 en Italie, que les Trois Lions (surnom de l’équipe britannique) atteignent ce niveau de la compétition, face à une adversaire qui est « à six places derrière la sélection britannique dans le classement de l’UEFA », rappelle le Guardian. Le Daily Mail évoque de son côté « le grand jour, que l’Angleterre attend depuis 10 234 jours ». Et de parler de « véritable chaos », en cas de qualification, « la première depuis 1966 ».
Si la France se prend à espérer reproduire l’exploit de 1998, l’Angleterre rêve de celui de 1966, « un événement si jalousement ancré dans la culture populaire – le stade de Wembley, la danse de Nobby Stiles ou l’image de Bobby Moore s’essuyant les mains avant d’effleurer le gant blanc de la Reine – qu’imaginer un jour l’égaler semble relever de l’hérésie », poursuit le Guardian.
Lectures différentes d’une histoire commune
Statistiques en main, The Evening Standard essaie de garder la tête froide : « L’Angleterre et la France se sont rencontrées 31 fois, mais les Trois Lions n’ont remporté qu’une de leurs huit dernières rencontres, 2-0, lors d’un match amical à Wembley en novembre 2015. En revanche, la France n’a perdu aucun match à enjeu contre l’Angleterre depuis Bilbao, le 16 juin 1982 (3-1), lors de la phase de poule de la Coupe du monde. Lors de leur dernière rencontre, en match amical, en juin 2017, Umtiti, Djibril Sidibe et Ousmane Dembele ont effacé les deux buts de Harry Kane (3-2). »
Le Sun lit autrement ces statistiques, rappelant que « depuis 1930, les deux équipes ne se sont rencontrées que deux fois, la première en 1966 – ce pourrait être un bon présage – avec une victoire 2-0 pour les Trois Lions. L’autre rencontre est celle de 1982, avec (3-1), grâce à un doublé de Bryan Robson et un but de Paul Mariner ». Le tabloïd poursuit : « En prenant en compte tous les matches, y compris amicaux depuis 1923, les face-à-face se sont soldés par dix-neuf victoires pour l’Angleterre, neuf pour la France et cinq matchs nuls. »
Le Guardian a interrogé des experts internationaux sur les chances de l’équipe britannique de remporter la Coupe du monde : « – Peuvent-ils gagner ? – Oui. – Vont-ils gagner ? – Non. » Plus prudent, The Independent refuse de vendre la peau de l’ours : « Qui va remporter la finale ? L’Angleterre est légèrement favorite, enfin, à la marge. Si le match n’était pas réglé dans le temps réglementaire, les deux séances de tirs au but qu’ils ont déjà pratiqué pourraient donner confiance à la Croatie. »
Un antidote au Brexit
Et le Brexit dans tout ça ? Gareth Southgate, le coach britannique, dont le prestige a grandi après chaque succès de l’équipe, fait mieux que Theresa May, note le Financial Times. « Il est parvenu à renégocier la relation du pays avec le continent. Son équipe réunit le meilleur des traditions britanniques et continentales. » Le Daily Express va plus loin et rappelle les propos du sélectionneur : « Le pays a traversé des moments difficiles sur le plan de l’unité [référence évidente au Brexit], mais la réponse de l’équipe en Russie, a montré que nous avons encore des valeurs communes. »
Si d’aventure, les Trois Lions se qualifient pour la finale et la remportent face aux Bleus – « honni soit qui mal y pense » – une pétition, qui a déjà recueilli près de 220 000 signatures, demande de faire du lundi 16 janvier un jour férié… pour récupérer des excès de la veille.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Le coureur de l’équipe Bora-Hansgrohe a remporté une deuxième étape lors du Tour 2018 et conforte son maillot vert de meilleur sprinteur.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Tour de France : Sagan remporte la 5e étape, Van Avermaet conserve le maillot jaune

Le coureur de l’équipe Bora-Hansgrohe a remporté une deuxième étape lors du Tour 2018 et conforte son maillot vert de meilleur sprinteur.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 18h54
   





                        



   


Le champion du monde Peter Sagan (Bora) a remporté la cinquième étape du Tour de France, mercredi 11 juillet à Quimper, et signe ainsi son deuxième succès depuis le départ.
Le Belge Greg Van Avermaet (BMC), 7e de l’étape, a conservé le maillot jaune de leadeur à l’issue de cette étape au profil de miniclassique dans la campagne bretonne, mais sans conséquence sur le classement général.

Another one for @petosagan! 🌈
Encore une pour Peter Sagan ! 🌈
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dans un sprint en côte, le Slovaque a réglé un premier peloton comprenant les favoris de la course. Il a devancé l’Italien Sonny Colbrelli, comme dimanche dernier sur le faux plat de l’arrivée de la deuxième étape, à La Roche-sur-Yon.

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          doublé de Peter Sagan



Le Belge Philippe Gilbert a pris la troisième place devant l’Espagnol Alejandro Valverde et le Français Julian Alaphilippe, deux coureurs qui seront à suivre de près jeudi à Mûr-de-Bretagne.
90e maillot vert
Dans cette étape de 204,5 kilomètres, sept coureurs (Gesbert, Chavanel, Calmejane, Edet, De Buyst, Skujins, Vermote), se sont lancés dans une échappée après 7 kilomètres. Sylvain Chavanel a pris ensuite les devants pendant une quarantaine de kilomètres, puis son coéquipier Lilian Calmejane, le Letton Toms Skujins et le Français Nicolas Edet ont fini par rester seuls à l’avant de la course.
L’écart sur le peloton, qui avait culminé à quatre minutes et demie, a fondu au gré des ascensions, sur les petites routes bretonnes illuminées par le soleil. Skujins et Calmejane ont abordé les 25 derniers kilomètres avec une minute d’avance et ont été repris à 12 kilomètres de la ligne.
Sagan, 28 ans, a remporté son 10e succès dans le Tour depuis ses débuts, en 2012. Il a conforté son maillot vert de leadeur du classement par points, et a dépassé le record de l’Allemand Erik Zabel en le décrochant pour la 90e fois.
Jeudi, la 6e étape, de Brest à Mûr-de-Bretagne (181 km), se conclut par une boucle de 16 kilomètres. La côte de Mûr-de-Bretagne, favorable aux puncheurs qui visent le succès d’étape voire le maillot jaune, est à franchir à deux reprises.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ La compétition n’est pas finie, mais déjà les calculettes tournent pour déterminer comment l’économie française a pu – ou non – profiter du parcours de l’équipe de France.
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Coupe du monde 2018 : on connaît déjà les gagnants, et ce ne sont ni les Bleus, ni les Anglais, ni les Croates

La compétition n’est pas finie, mais déjà les calculettes tournent pour déterminer comment l’économie française a pu – ou non – profiter du parcours de l’équipe de France.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h28
    |

            Cécile Prudhomme, 
                                Yassine El Azzaz, 
Laurence Girard, 
                                Juliette Garnier et 
Elise Barthet








                        



   


Les Bleus sont en finale de la Coupe du monde de football, qu’ils disputeront le dimanche 15 juillet. Ce beau parcours, suivi depuis la France par des millions de supporteurs s’est accompagné de nombreuses après-midi et soirées festives. Ce temps passé devant les téléviseurs et les écrans géants n’a pas été perdu pour tout le monde. Certains, avant même la fin de la compétition, sortent déjà gagnants de l’épreuve.
Un petit regain pour l’économie française
Un beau parcours en Coupe du monde de l’équipe de France rime-t-il avec croissance survitaminée ? Le match France-Belgique à peine achevé, l’économiste en chef d’Euler Hermes, Ludovic Subran, tweetait : « Selon nos calculs, gagner la Coupe du monde rapporterait 0,2 point de consommation de plus à la France, soit 0,1 point de croissance supplémentaire. La croissance de la consommation passerait de + 1,1 % à + 1,3 % en 2018 ; la croissance du produit intérieur brut passerait de + 1,8 à + 1,9 %. » Un dixième de point de croissance en plus, ce n’est pas grand-chose, mais ce n’est pas rien non plus, puisque cela représenterait environ 2 milliards d’euros. Surtout, cette estimation, d’un dixième de point, sans données précises, reste passablement approximative.
Peut-on alors prêter toutes les vertus – retour de la confiance, boom des naissances, envolée de la consommation et de la production – à une éventuelle victoire de la France, dimanche 15 juillet ? Rien n’est moins avéré. Ainsi, en 1998, si la consommation avait progressé de 3,8 %, contribuant pour les trois quarts à la croissance, cette hausse était surtout due à l’augmentation du pouvoir d’achat, à la reprise du marché automobile et à l’essor de la téléphonie mobile et de l’informatique. Plus marginalement à la Coupe, alors que l’Hexagone était le pays hôte.
Tout ce que l’on sait pour le moment, c’est que les dépenses en biens d’équipement du logement ont augmenté de 1,2 % entre mai et juin. « Majoritairement en raison des achats de téléviseurs », selon l’Insee. Les enseignes de produits électro-domestiques se frottent également les mains. Les ventes de téléviseurs, en France, ont bondi de 64 % au mois de juin par rapport à juin 2017, avec des pics d’activité de 140 % la deuxième semaine de juin. « Les ventes ont été portées par les écrans de grande taille et les nouvelles technologies, constate-t-on chez Fnac Darty, qui ne donne pas ses chiffres de vente. Cela s’explique par une forte baisse des prix de vente, les nombreuses communications et promotions et la diffusion de certains matchs en 4K Ultra Haute définition. »
Il y a fort à parier que les bars et les pizzerias afficheront également un bon mois. Comme le moral des ménages. Un effet bien-être de courte durée qui a été souligné, mercredi 11 juillet, par Bruno Le Maire sur France 2 : « Une victoire [lors] de la Coupe du monde, cela donne de la confiance en soi aux Français. Il y a une part d’irrationnel dans l’économie qui tient à la confiance en soi, l’envie, l’enthousiasme… », a déclaré le ministre de l’économie.

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                « L’inégalité absolue du football professionnel nourrit l’égalité étonnante de la Coupe du monde »



Bar et bières, l’union sacrée
Les supporteurs de football aiment se retrouver au café. Une chance pour les nombreux établissements qui ont choisi de diffuser les matchs de la Coupe du monde. Pour un coût de retransmission estimé entre 190 et 300 euros pour l’ensemble de la compétition par Laurent Lutse, membre de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. « Un bistrot peut doubler son chiffre d’affaires lors de chaque soirée de match », estime M. Lutse, qui pointe tout de même le côté éphémère de l’événement.

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Au total, sur l’ensemble de l’année, ce petit plus se traduira par quelques points de pourcentage de chiffre d’affaires. Un bonus qui s’accentue au fur et à mesure du brillant parcours de l’équipe de France. Et que boivent les supporteurs ? « De la bière », affirme M. Lutse. Les grands brasseurs Heineken comme Kronenbourg ne donnent pour l’instant pas de chiffres. Sachant que la météo très favorable contribue aussi à cette hausse de consommation. Heineken et Kronenbourg estiment toutefois que, pour cette Coupe du monde, ils ne bénéficient pas, comme pour l’Euro 2016, qui se jouait en France, de l’afflux des touristes. La bière se consomme aussi à domicile avec biscuits apéritif, chips ou pizzas. Pour le plus grand bonheur de Belin, par exemple, un des sponsors des Bleus…
De l’image pour les chaînes de télé
Le parcours des Bleus en Coupe du monde ne fait pas seulement le bonheur des supporteurs. Le groupe TF1, qui a acquis 28 des meilleures affiches de la compétition pour près de 70 millions d’euros, devrait encaisser, selon un spécialiste du secteur, près de 58 millions d’euros de recettes publicitaires. Ces chiffres comprennent également le parrainage des émissions et les recettes issues des plates-formes numériques.
La qualification de l’équipe de France pour la finale, auterme du face-à-face avec la Belgique, a été suivie par 19,1 millions de personnes. Bien que très élevées, les audiences pour cette édition 2018 de la Coupe du monde sont en légère baisse par rapport à 2014, quand les matchs étaient diffusés en prime time, à 21 heures.
La somme de 58 millions ne suffit donc pas à rentabiliser les droits acquittés par TF1, ce qui n’est pas exceptionnel, puisqu’il est toujours très difficile, voire impossible, de rentabiliser les frais engagés lors des grandes compétitions. L’événement permet néanmoins au groupe TF1 de renforcer son image de leader et de consolider le rôle du médium télévisuel dans un moment de liesse populaire. Pour les demi-finales, les tarifs pratiqués par TF1 pour les coupures publicitaires, diffusées lors de la mi-temps, ont varié entre 265 000 euros – pour un spot de quatre minutes diffusé lors de la première coupure publicitaire – et 250 000 euros pour les suivants. A titre de comparaison, le groupe M6 proposait des spots publicitaires à 270 000 euros, lors de l’Euro 2016.
Pour la finale, les tarifs vont augmenter très légèrement, puisque TF1 proposera un premier tarif à hauteur de 280 000 euros pour les écrans diffusés lors de la première coupure pub et un prix de 275 000 pour les suivants. Le bilan est donc positif pour le groupe, malgré un marché publicitaire en manque de dynamisme. C’est d’autant plus positif que – selon un connaisseur du marché – TF1 avait effectué ses prévisions en pariant sur une équipe de France allant jusqu’en quarts de finale.
Du côté de BeIN Sports, qui ne communique pas ses recettes publicitaires, la chaîne qatarie enregistre son record d’audience sur Espagne-Russie, huitième de finale diffusé en exclusivité, avec 1,468 million de téléspectateurs en moyenne. C’est le record de BeIN sur un match de compétition internationale, le dernier en date étant la finale de l’Euro 2016. Ces audiences, mesurées par Médiamétrie, ne comprennent pas les audiences en streaming et/ou à la demande ainsi que les visionnages hors domicile (bars hôtels et restaurants sont pourtant nombreux à être branchés sur BeIN Sports). Une étude publiée par Publicis Media indique ainsi que plusieurs millions de téléspectateurs hors domicile n’étaient pas mesurés. Dans le cadre de cette Coupe du monde, la chaîne qatarie a également franchi le cap des 4 millions de foyers abonnés. Ils étaient 3,5 millions avant le début de la compétition. Pour acquérir les droits de diffusion, BeIN a dépensé près de 60 millions d’euros.
Qui veut son maillot des Bleus ?
+30 % : c’est le bond des ventes de maillots de sport réplicats à l’effigie des équipes de sport collectifs, en France, sur le mois de mai 2018, par rapport à mai 2016, selon le cabinet NPD Group. Parmi les bonnes ventes de la saison 2018 figure évidemment la tunique des bleus fabriquée par Nike, équipementier officiel de la Fédération française de football depuis 2008.
La qualification des Bleus en finale de la Coupe du monde devrait encore dynamiser les achats en magasin et sur Internet, où se concluent 20 % des ventes d’articles de sport. A ce rythme, le marché des maillots de sport réplicats pourrait franchir la barre des 4 millions de pièces vendues en 2018 en France. Toutefois, contrairement à leurs voisins allemands ou britanniques, les Français sont encore rares à enfiler un maillot officiel pour soutenir leur équipe favorite, locale ou nationale. Les ventes sont encore bien en deçà de celles réalisées en Allemagne et au Royaume-Uni, précise NPD Group.
Le réseau de magasins Intersport fait état d’une « énorme performance » sur cet évènement, avec 74 000 maillots de l’équipe de France vendus depuis son lancement en avril, contre 50 000 maillots à l’issue de l’Euro 2016, qui avait pourtant eu lieu dans l’Hexagone. L’enseigne constate, d’une manière générale, une hausse des ventes de 41 % en valeur sur les produits relatifs à la compétition (maillots et tenues nations, produits supporteurs) par rapport à l’Euro 2016 et « un poids de la catégorie football qui bondit à 11 % actuellement, contre 8 % le reste de l’année dans le chiffre d’affaires total du groupe ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Pour des millions de Français, ce décalage anéantit le suspense de leur Coupe du monde. Il touche toutes les chaînes diffusées par Internet.
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Coupe du monde : pourquoi vos voisins fêtent les buts dix secondes avant (ou après) vous

Pour des millions de Français, ce décalage anéantit le suspense de leur Coupe du monde. Il touche toutes les chaînes diffusées par Internet.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 18h03
    |

                            Nicolas Six








                        


Après une chevauchée foudroyante, Kylian Mbappé place une frappe chirurgicale au fond des filets. Pendant que vos voisins exultent, sur votre télévision, le jeune prodige n’a même pas encore reçu le ballon. Vous vivez le match dans le passé, vous êtes victime d’un gros décalage de retransmission, le suspense est ruiné. Certains téléspectateurs se plaignent sur Twitter d’un retard de cinq, dix, ou vingt longues secondes. Comment expliquer ce problème agaçant ?
Le décalage touche les téléspectateurs qui regardent la télévision par Internet. Selon Nicolas Guillaume, PDG de Netalis et spécialiste de la diffusion de contenus sur réseau, « les chaînes de télé diffusées par “box Internet” accusent environ cinq secondes de retard par rapport à la TNT », qui est, rappelons-le, diffusée par d’énormes tours de télévision hertziennes.
Pis, lorsqu’on regarde le match sur un ordinateur ou une tablette, ce décalage monte facilement à une vingtaine de secondes. La raison est simple : Internet n’a pas été conçu pour diffuser de la vidéo.
Vidéos hachées en morceaux
Pour voyager par Internet, les vidéos sont découpées en tout petits bouts qui empruntent des chemins séparés. Certains morceaux suivent un parcours très long, d’autres se perdent, ce qui oblige à les redemander. Ce ballet prend un certain temps et s’avère assez imprévisible.
« Par sécurité, les tablettes, ordinateurs, et TV intelligentes stockent donc quelques dizaines de secondes de vidéo dans leur mémoire. En cas de problème, grâce à cette “mémoire tampon”, ces appareils ont le temps de remettre la main sur les fragments vidéo égarés sans interrompre leur lecture. De même, si la connexion Internet est interrompue cinq secondes, le téléspectateur ne le perçoit pas », explique Nikolay Rodionov, cofondateur de Streamroot, une entreprise spécialisée dans la diffusion de vidéo par Internet qui travaille pour TF1 et Canal+.

   


Les box des opérateurs stockent seulement quelques secondes de vidéo dans leur mémoire tampon. Le réseau interne des opérateurs, moins vaste et plus sûr qu’Internet, permet de n’avoir qu’un léger décalage. Le risque d’égarer des « morceaux » de la vidéo est moindre, et si cela arrive, on les retrouve plus vite.
En revanche, lorsqu’on regarde la vidéo sur une application ou une page Web, les risques de perte sont plus importants – et c’est dix, vingt, ou même trente secondes de vidéo qui sont placées en mémoire, provoquant autant de retard du direct pour le téléspectateur.
Renouer avec le suspense
Pour renouer avec le suspense, il y a deux solutions, conseille Gaëlle Kaminsky, responsable développement chez TDF, l’opérateur des antennes hertziennes. La première consiste tout simplement à « brancher sa télévision sur prise hertzienne pour regarder le match via la télévision numérique terrestre [TNT] ». Faute de prise hertzienne, on peut opter pour une mini-antenne TNT de salon. L’autre solution consiste à… « fermer ses fenêtres et pousser le volume de la TV » pour couvrir les clameurs de la rue. Tant pis si, par un coup du sort, le mercure bat des records ce jour-là…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ « Roulette russe », épisode 27. Aujourd’hui, Maxime Mianat vous explique pourquoi le Mondial est une compétition au niveau de jeu poussif et propose même des solutions.
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La Coupe du monde est-elle surcotée ?

« Roulette russe », épisode 27. Aujourd’hui, Maxime Mianat vous explique pourquoi le Mondial est une compétition au niveau de jeu poussif et propose même des solutions.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 15h04
   





                        



   


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.
Elite opinion : la Coupe du monde est la compétition où le niveau de jeu est le plus surcoté. Placée au terme d’une saison de cinquante-deux matchs, elle oppose des joueurs épuisés qui n’ont pas le temps de s’entraîner suffisamment avec leurs coéquipiers pour présenter un jeu offensif décent. Contre son camp est le meilleur buteur du tournoi et poteau de corner le passeur décisif. Est-ce le modèle que nous voulons montrer à ceux qui regardent le football seulement tous les quatre ans ? Comment être pris au sérieux si la vitrine de notre sport est remplie de matchs débloqués sur coups des pieds arrêtés et de défenses infranchissables ?
Des solutions existent pour favoriser le spectacle. Agrandissons les cages de dix mètres. Installons un cercle de feu sur le rond central. Demandons aux joueurs de réaliser des défis avec des nains afin de trouver un mot et ramener des pièces pour une association. Obligeons chaque équipe à aligner un défenseur tunisien. Raréfions l’événement, organisons-le tous les vingt ans, car comme en amour, la distance crée le manque. 1998. 2018. 2038. L’équipe de France serait toujours championne du monde. Ou n’invitons que les pays susceptibles de la gagner : pas l’Asie, pas l’Afrique, un Euro à l’ambiance sud-américaine, la Coupe du monde 2018 en résumé. Non, mauvaise idée.

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                Coupe du monde 2018 : l’Angleterre chante « It’s Coming Home », le tube doux-amer dédié à sa sélection



Angleterre-Croatie ne présage rien de bon, tant les Croates seront lessivés par deux prolongations. Attention : je ne dis pas que cette équipe d’Angleterre est nulle. Je dis qu’elle terminerait cinquième de Premier League et douzième de Liga. Pourtant, je la regarderai. Ce soir, je replongerai sans hésiter dans la médiocrité. Je m’attends à être déçu, au mieux positivement surpris, mais je ne peux manquer cette rencontre : c’est la Coupe du monde. Il n’y a qu’elle qui compte, avec ses défauts, ses boutons, ses Anglais, ses pénos, ses rencontres improbables, son histoire, sa légende, tout ce que je ne retrouve plus en Ligue des champions.
Maxime Mianat

Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs
Episode 8: pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Episode 9 : pourquoi il y a toujours un drapeau algérien dans un stade
Episode 10 : pourquoi l’Antarctique est le grand absent du tournoi
Episode 11 : pourquoi il n’est pas raisonnable d’aimer à la fois Lionel Messi et Cristiano Ronaldo
Episode 12 : pourquoi on peut suivre la Coupe du monde sans aimer le foot 
Episode 13 : pourquoi le dopage n’existe pas dans le football
Episode 14 : pourquoi 0-0 est le score parfait
Episode 15 : pourquoi le match Panama-Tunisie sera l’événement du soir
Episode 16 : pourquoi j’ai renoncé à la nationalité française durant la Coupe du monde
Episode 17 : comment échapper à un mariage le jour de France-Argentine ?
Episode 18: pourquoi les statistiques sont indispensables au football
Episode 19 : pourquoi les joueurs brésiliens choisissent-ils leur nom de famille ?
Episode 20 : comment expliquer la Coupe du monde à son enfant
Episode 21 : comment briller en société en parlant football ?
Episode 22 : pourquoi il faut croire en Dieu avant France - Uruguay
Episode 23 : pourquoi cette équipe de France ne me fait pas rêver
Episode 24 : pourquoi les footballeurs sont des gens bien, finalement
Episode 25 : comment noter les joueurs ?
Episode 26 : pourquoi le football ne me manque absolument pas
Episode 27: Pourquoi j’irai suivre France-Belgique à Armentières





                            


                        

                        


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Argentine : le fisc à la chasse des supporteurs du Mondial

Une enquête va vérifier si le niveau de dépenses des Argentins ayant fait le voyage en Russie pour la Coupe du monde est cohérent avec leurs revenus déclarés aux impôts.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 14h55
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


A peine remis de la cuisante élimination de l’Argentine en huitième de finale du Mondial de football 2018, les supporteurs argentins qui ont fait le voyage en Russie pour soutenir la Sélection albiceleste risquent d’avoir un retour amer au pays.
L’Administration fédérale des recettes publiques (AFIP) a en effet lancé, début juillet, une vaste enquête afin de croiser le montant des dépenses des supporteurs argentins en Russie avec leurs déclarations d’impôts, pour vérifier s’ils ont bien déclaré tous leurs biens et leurs revenus.
La direction des impôts a ainsi contacté les agences de voyage pour avoir la liste des personnes qui ont acheté des billets, mais aussi la direction des migrations – qui gère les entrées et sorties du territoire – pour vérifier l’identité de ceux qui ont voyagé en Russie à partir du 1er juin. Le fisc épluchera également, à partir du mois d’août, les relevés des cartes de crédit pour visualiser les dépenses effectuées pendant l’événement sportif. Il consultera en outre la base de données du « Fan ID », un document officiel d’identification des visiteurs étrangers établi par le gouvernement russe pour renforcer les mesures de sécurité pendant la Coupe du Monde.

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                Coupe du monde 2018 : même Messi ne peut rien pour la sélection argentine



Une centaine de cas auraient déjà été détectés. Parmi eux, celui d’un supporteur dont l’image avait circulé sur les réseaux sociaux parce qu’il avait posté une vidéo sur Facebook dans laquelle il se moquait des femmes russes. Cet Argentin, dont le nom est préservé par le secret fiscal – il n’a pas été le seul à publier des commentaires sexistes –, n’a jamais fait de déclaration d’impôts.
L’évasion fiscale « deuxième sport national »
Quelque 54 000 Argentins ont fait le voyage en Russie, selon le nombre d’entrées aux stades comptabilisé par la Fédération internationale du football argentin. Un voyage qui, au gré des déplacements de la Sélection argentine entre Moscou, Saint Petersbourg, Nizhni Novgorod et Kazan, pourrait avoir coûté entre 8 000 (plus de 6 800 euros)et 30 000 dollars (plus de 25 500 euros) .
« Après le foot, l’évasion fiscale est le deuxième sport national », ironise un dicton à Buenos Aires. Le responsable de l’AFIP, Leandro Cuccioli, estime qu’elle atteint 35 % en Argentine, alors que la moyenne est de 15 % dans les pays développés. « Il sera chaque jour plus difficile de dissimuler », observe toutefois M. Cuccioli.
Ce n’est pas la première fois que le monde du football est dans le collimateur de l’AFIP. Après le Mondial 2014, au Brésil, le fisc argentin avait déjà mené une enquête, épinglant une centaine de contribuables qui avaient dépensé beaucoup plus que ce que leurs revenus déclarés leur auraient permis.
En octobre 2016, le fisc avait porté plainte contre plusieurs grands clubs de football du pays qui avaient omis de payer leurs impôts alors qu’ils bénéficiaient d’une fiscalité avantageuse. Un petit groupe d’agents argentins, bien connus dans le milieu du football, figuraient dans l’enquête « Football Leaks », révélée par le groupe de médias d’investigation EIC.

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                « Football Leaks », une tempête mondiale



En août 2016, le président de droite, Mauricio Macri, (qui fut le président du club populaire de Boca Juniors entre 1995 et 2008)  avait lancé un plan d’amnistie fiscale visant à régulariser 20 milliards de dollars de fonds et de biens détenus par des Argentins à l’étranger et non déclarés à l’AFIP. Cette régularisation massive avait été un grand succès, le gouvernement ayant réussi à rapatrier beaucoup plus que prévu, soit quelque 120 milliards de dollars.
M. Macri a été cité dans le scandale des « Panama Papers » aux côtés de centaines de ses compatriotes, dont le joueur de football Lionel Messi. Concernant le chef de l’Etat, la justice argentine a refermé le dossier en août 2017, faute de preuves.

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                Messi, Platini... Que sont devenus les acteurs des « Panama Papers » ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ « Arbitrage vidéo épisode 6. » Ils sont en finale, le peuple se masse sur les Champs-Elysées, et, selon notre chroniqueur Etienne Labrunie, il n’en fallait pas plus aux TV pour se croire vingt ans en arrière.
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Coupe du monde 2018 : la télé rediffuse France 1998

« Arbitrage vidéo épisode 6. » Ils sont en finale, le peuple se masse sur les Champs-Elysées, et, selon notre chroniqueur Etienne Labrunie, il n’en fallait pas plus aux TV pour se croire vingt ans en arrière.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h16
    |

                            Etienne Labrunie








                        



   


Chronique. On y est. « On » est en finale. A Saint-Pétersbourg, les héros explosent de joie et célèbrent plutôt sobrement leur victoire. Reste une marche à gravir avant de se lâcher complètement répètent en boucle les acteurs tricolores, dont une bonne partie a vécu la défaite malheureuse face au Portugal lors de l’Euro en France, il y a deux ans. « Elle n’est toujours pas digérée, elle est restée là », confesse d’ailleurs Didier Deschamps au micro de TF1. De la retenue, donc. Le mot d’ordre.

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                Après la qualification des Bleus, « une saveur de 98 » s’empare des rues de France



La fête est ailleurs. Partout dans le pays. « La France en liesse » (C News) ; « La France en ébullition » (BFM TV) ; « La France en fête » (LCI). Très vite, les télévisions vont braquer leurs objectifs sur un lieu, comme un symbole, estampillé « avenue de la Gloire » et réquisitionné pour l’occasion : les Champs-Elysées à Paris. Les supporteurs y affluent, et les images impressionnent au fil des minutes. Les envoyés spéciaux sont vite noyés dans le flot incessant d’une foule qui grossit. On se rue sur les caméras pour témoigner et pour immortaliser sa présence. « Une émotion qui n’est pas sans rappeler celle de 1998 », lâche la jeune envoyée spéciale de TF1, dont le duplex tourne court.
1998. Retour vers le futur. Les souvenirs remontent à la surface à la vue des Champs qui se garnissent. On y retourne. « Comme un vent de 1998 », souffle C News, dont le lyrisme est classé force 7. « La France est déjà dehors alors qu’on n’a pas gagné, clame le truculent Gilles Verdez, c’est la jeunesse française qui se soulève. » Et Julien Pasquet le présentateur, de conclure : « C’est pire qu’en 1998 ! » Pas mieux.

En 1998, Israël aussi avait gagné l’Eurovision
Impossible d’échapper au parallèle. Vingt ans après. Un mois après les célébrations multidiffusées des 20 ans. Retour dans les couloirs du stade de Saint-Pétersbourg. « Regardez les Champs-Elysées, vous étiez un jeune enfant en 1998. » Frédéric Calenge interpelle Olivier Giroud devenu grand. « Oui, ce sont des souvenirs impérissables. Je me souviens de la tête de Zizou sur l’arc de triomphe », répond-il embarrassé, avant de tenter de se placer lui et ses potes : « J’espère que nous aurons la chance à notre tour de communier notre joie avec les Français. »
Plus tard, c’est à Antoine Griezmann de se pointer en exclusivité sur TF1. « Est-ce que vous rêvez de voir marqué “Grizou président !” sur l’arc de triomphe ? », lui demande Denis Brogniart. « Ça voudra dire que j’aurai marqué deux buts en finale, ça me va », répond l’attaquant des Bleus, pas ménagé jusqu’ici par la critique. Denis Brogniart, en pleine remontée nostalgique, ose même un truc : « Cette année, le Real Madrid a gagné la Ligue des champions, comme en 1998, Israël a remporté l’Eurovision, comme en 1998, la France est dans la poule C, comme en…, et la Croatie était en demi-finale comme en… » Et en 2006, « on » n’était pas en finale ? Oui, mais c’était la Finlande qui avait gagné l’Eurovision, et le Barça la Ligue des champions.

Sur les toits des bus, dans le métro… À Paris, on n’arrêtait plus les supporters ce mardi soir 🇫🇷 https://t.co/OWbsnVzIkF— BFMTV (@BFMTV)


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Les Bleus de Deschamps sont donc ramenés une nouvelle fois au siècle dernier et aux exploits de Zidane et de ses potes. Pas très cool pour eux. « Ce n’est pas l’équipe la plus flamboyante, la plus technique ou collective, on disait la même chose d’une autre équipe… il y a vingt ans. », s’enflamme Grégoire Margotton, dont le documentaire 98 secrets d’une victoire, diffusé le 10 juin sur TF1, a réalisé un carton d’audience. « Il y en a un qui m’a dit qu’on allait être champions du monde, c’est Aimé Jacquet, et ce soir je pense à lui », ajoute le commentateur.
A ses côtés, Bixente Lizarazu veut avoir une pensée émue pour son capitaine de 1998, Didier Deschamps, qui « s’en est pris plein la tronche ». Emmanuel Petit, lui, œuvre sur BFM TV et manie à merveille l’art du contre-pied. Le buteur de la finale face au Brésil en 1998 s’agace quand on lui parle de « relais », de « successeurs ». « Oui, et puis moi, ça me rappelle l’équipe de Platini… J’espère qu’on ne va pas retomber dans des débats anxiogènes et y voir des tas de symboles. » Comme le football facteur de cohésion sociale, exemple de mixité… ?
« Je crois qu’on peut parler de patriotisme »
Oups, trop tard : « C’est un bonheur social qui se traduit à travers cette équipe de France solidaire, courageuse, c’est pour ça que les gens l’aiment. » (LCI). « Cette fête traduit ce besoin de vivre ensemble, à l’image de ces joueurs qui vivent si bien ensemble. » (C News). « Même si le mot fâche, je crois qu’on peut parler de patriotisme. Un patriotisme qui ressort après des moments difficiles », avance pour sa part Patrick Chêne (LCI). Sur le plateau de TF1, le comique Ahmed Sylla s’amuse de tout ça. « Quand je pense à tous ces nouveau-nés qui vont s’appeler Didier Deschamps. » 
Pendant ce temps-là, on danse sur les Champs, on gueule, on chante. On goûte juste une joie simple qu’on veut collective : « Nos enfants en ont ras le bol d’entendre parler de 1998. Là, c’est la leur, celle d’une autre génération », précise à toutes fins utiles Nathalie Iannetta sur TF1. Le héros et buteur du soir, Samuel Umtiti, ne dit pas autre chose : « Ils ont écrit leur histoire, on a envie d’écrire la nôtre. » 
Sous-entendu « merci de me lâcher un peu avec 1998 ». « Si on gagne, je dors dehors avec tous les Français », s’amuse Kylian Mbappé, à qui on fait remarquer une nouvelle fois qu’il n’était pas né en 1998. « On a du mal à rester calmes, on cache nos émotions. Il faut rester humble, tous les Français doivent rester humbles », dit pour sa part Adil Rami, remplaçant mais ambianceur de vestiaire. Bref, pas question de shooter plus haut que son culte. Ou que celui des dieux ancestraux.



                            


                        

                        


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APPEL À TÉMOIGNAGES
Vous aviez vibré pour la Coupe du monde 1998, vos enfants ont-ils la même ferveur en 2018 ?

Discussion lancée le 11 juillet 2018

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Vous aviez suivi avec ferveur la Coupe du monde de 1998 et vous êtes devenu·e père ou mère depuis. Avez-vous transmis cette passion à vos enfants ? Comment vivez-vous ce Mondial avec eux ? Avez-vous mis en place des « rituels » que vous aviez vous-même vécus en 1998 ? Quels sont selon vous les points communs et les différences entre 1998 et 2018 ? Racontez-nous cette « filiation » par le football.
Votre témoignage pourra être publié dans un article du Monde.fr. Si vous souhaitez être contacté par un·e journaliste, vous pouvez laisser votre adresse e-mail ou un numéro de téléphone.                            





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L’été, saison sportive de tous les dangers

Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h36
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Pourquoi ne pas profiter de la pause estivale pour faire du sport ? Les vacances sont des moments privilégiés pour les bonnes résolutions, avec la volonté parfois de rattraper le « temps perdu ». Le soleil, la nature et… le Mondial de football sont autant de facteurs qui incitent à bouger plus.
Les bienfaits de l’activité physique pour la santé ne sont un secret pour personne. Que ce soit pour améliorer l’endurance cardio-respiratoire, réduire le risque de maladies non transmissibles, d’anxiété… Or, un adulte sur quatre ne suit pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité soutenue. Sans parler des méfaits de la sédentarité.
Alors n’hésitez pas, les vacances sont l’occasion de davantage bouger et de faire du sport. Mais attention, tempère Eric Dugas, professeur des universités à Bordeaux en sciences de l’éducation et directeur du département recherche en sciences humaines et sociales, « il ne faut pas confondre activité sportive, a fortiori en compétition, où un certificat médical et une licence sportive sont exigés et un entraînement régulier est nécessaire, avec une activité physique de loisir, pratiquée pour être en forme ».
S’il n’y a aucun souci pour la natation, la marche… il faut en revanche être vigilant avant de se lancer dans une pratique intense, répétée, comme le tennis par exemple, avec des accélérations, des à-coups, ou faire un jogging ou du vélo avec intensité sous une forte chaleur. Attention aux chutes, encore trop de cyclistes partent bille en tête faire du VTT ou monter et descendre des cols sans mettre de casque ! Pour limiter les risques, « il faut savoir s’auto­évaluer et connaître l’environnement dans lequel on évolue », avertit Eric Dugas.
Prévention à l’attention des vacanciers
Le ministère des sports a répertorié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ La superstar économie, fondée sur la libre circulation des joueurs, permet à une petite équipe, comme celle des Belges, de faire évoluer des stars internationales sans bourse délier.
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« L’inégalité absolue du football professionnel nourrit l’égalité étonnante de la Coupe du monde »

La superstar économie, fondée sur la libre circulation des joueurs, permet à une petite équipe, comme celle des Belges, de faire évoluer des stars internationales sans bourse délier.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h51
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

La Belgique a perdu avec les honneurs. Ce pays de 11 millions d’habitants a plié devant la France, six fois plus riche et peuplée, mais après avoir éliminé le géant brésilien aux 200 millions d’habitants. Autre demi-finaliste, la petite Croatie, 4 millions d’habitants et un produit intérieur brut de 50 milliards d’euros, affrontera l’Angleterre, plus importante nation constitutive du Royaume-Uni, avec de bonnes chances de gagner. Qui dira après cela que le football ne donne pas sa chance aux plus modestes ? Une situation pour le moins paradoxale, si l’on considère les salaires stratosphériques des joueurs et le fait que ces deux pays ont très peu de clubs de haut niveau. L’économiste serbo-américain Branko Milanovic, spécialiste des inégalités, s’est penché sur ce paradoxe d’un sport extrêmement inégalitaire au niveau des clubs et en revanche très égalitaire entre les nations.
Auparavant, la plupart des joueurs exerçaient leurs talents dans un club national qui ne pouvait recruter que 2 ou 3 joueurs internationaux. Les petits clubs comme les gros se servaient dans un vivier limité, et la qualité de leurs équipes était proche. L’arrêt Bosman de la Cours de justice européenne en 1995, a fait exploser cette règle. Les clubs ont désormais le droit de recruter autant de joueurs étrangers qu’ils le souhaitent. En peu de temps s’est constitué un marché européen très ouvert et une explosion des salaires – destinés à attirer les meilleurs joueurs.
100 millions d’euros pour la star française Paul Pogba
En 2016, le club anglais Manchester United a déboursé près de 100 millions d’euros pour récupérer la star française Paul Pogba. Ce phénomène a progressivement engendré une concentration des meilleurs joueurs dans les clubs les plus riches, qui trustent les premières places européennes. Le plus titré des clubs belges, celui d’Anderlecht, a quitté depuis longtemps le sommet européen et un seul de ses joueurs évolue dans la sélection belge qui a affronté la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Avec ses règles, son arbitrage et son organisation qui régulent la compétition, le Mondial est l’expression la plus haute des valeurs de l’échange, observe Luiz Pereira da Silva, haut fonctionnaire international, dans une tribune au « Monde ».
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Le football, « une bonne réponse aux tendances protectionnistes et nationalistes »

Avec ses règles, son arbitrage et son organisation qui régulent la compétition, le Mondial est l’expression la plus haute des valeurs de l’échange, observe Luiz Pereira da Silva, haut fonctionnaire international, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 12h30
    |

Luiz Pereira da Silva







                        



                                


                            

Tribune. Le football est global et social. En 2018, la Coupe du monde, sa plus haute expression, peut être vue comme une bonne réponse aux tendances protectionnistes, nationalistes et de repli sur soi, en cette période de remise en cause du multilatéralisme et de la coopération entre nations.
Aucun dirigeant, aussi fin démagogue soit-il, ne pourra convaincre un gamin d’un bidonville, d’une favela ou d’une banlieue que, pour mieux protéger son avenir, il est souhaitable de restreindre ses ambitions footballistiques à son seul pays. Les gamins savent bien que se mesurer aux meilleurs du monde constitue le véritable ascenseur social. C’est ainsi qu’ils pourront prouver leur vraie valeur.
Le football est aussi une forme de multilatéralisme : tout le monde joue le même jeu en acceptant et respectant 17 règles très simples. Parfois on gagne, et parfois on perd. Mais c’est sur le même terrain, avec le même ballon rond, avec 11 joueurs de chaque côté. Le respect des règles est transparent. Il y a finalement un arbitrage mutuellement consenti qui est là pour immédiatement sanctionner les fautes. Règles simples et gouvernance juste : n’est-ce pas là le principe d’un vrai multilatéralisme ?
Et l’effort paie. Derrière un succès en Coupe du monde, il y a des centres de formation et des années de travail avec les jeunes pour inculquer un esprit d’équipe, où les stars doivent se plier à la discipline du groupe. Avec du travail sérieux et de la persévérance, un peu de génie individuel et un peu de chance.
Si on perd un Mondial, on peut réfléchir à ses faiblesses, réévaluer sa tactique et revenir la fois d’après. Si on gagne, il y a inévitablement une remise en cause de la stratégie dominante. N’est-ce pas là le stimulant que le multilatéralisme doit susciter ?
Se croire imbattable
Bien entendu, la financiarisation du football et la corruption ont créé des bulles et des exagérations. Avec beaucoup d’argent, parfois obscur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ A la frontière franco-belge, les supporteurs des Diables rouges ont difficilement digéré de perdre contre leurs voisins.
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Coupe du monde 2018 : à Mouscron, une défaite au goût amer

A la frontière franco-belge, les supporteurs des Diables rouges ont difficilement digéré de perdre contre leurs voisins.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h17
    |

            William Audureau (Mouscron (Belgique), envoyé spécial)








                        



   


Ce n’était pas ce soir qu’ils réussiraient à « empêcher les Français de [les] chambrer pendant vingt ans ». Lorsque, dans les dernières minutes de France-Belgique (1-0), il est devenu évident que les Diables rouges ne reviendraient pas au score, les supporteurs noir, jaune et rouge de la fan-zone de Mouscron, ville wallonne frontalière de Tourcoing, se sont pris la tête dans les mains. Certains sont tombés dans les bras de leur voisin. D’autres ont fondu en larmes.
« Pour moi aucune équipe n’a gagné, c’est la Belgique qui a perdu »
Les regards vagues et impuissants ont mis du temps à accepter cette défaite. « Pour moi aucune équipe n’a gagné, c’est la Belgique qui a perdu », écarte dans une formule sublime Sébastien Denys, un étudiant en marketing de 24 ans emmitouflé de son drapeau belge. Non sans souhaiter « Bonne merde à la France ». Si une fierté revient, c’est au moins celle de ne pas avoir été ridicule face à ce voisin français obsédant et intimidant, dont les Mouscronnois n’ont cessé de craindre les provocations d’avant ou d’après-match.
Pendant quatre-vingt-dix minutes, l’amitié franco-belge s’est résumée à une compétition d’ego étouffante. Olivier, professionnel de l’alimentation de 40 ans, l’expliquait tout de go durant le match, au cœur d’un fan-zone entièrement aux couleurs noire, jaune et rouge : « Hors de question que je supporte la France en finale. Il y a de la rivalité. Ça se chambre. Et puis faut laisser la place aux autres, c’est aux Belges de gagner ! » Luca Ciot, étudiant de 20 ans bière à la main, reconnaît la dimension symbolique de cette rencontre : « Ça fait un peu bizarre [d’affronter la France], l’enjeu n’est pas que sportif : les Français ce sont les voisins, les grands frères, ils ont une Coupe du monde, et pas nous. C’est un derby. On veut leur montrer qu’on est là. »
« Une des dernières choses qui nous unit »
De victoire belge, il n’y aura donc pas eu, si ce n’est dans l’après-match. Après un final tendu, qui a vu Mbappé copieusement sifflé pour sa manière de gagner du temps dans les arrêts de jeu, il y eut au moins cette réaction d’orgueil là : faire la fête, fut-elle amère, dans cette ville de près de 60 000 habitants réputée dans toute la Belgique pour la longueur de ses nuits. Une manière, aussi, de célébrer la parenthèse enchantée de la Coupe du monde, durant laquelle le royaume s’est vu porté par un sentiment d’identité nationale aussi fort que rare. « On peut aller n’importe où en Belgique, tout le monde soutiendra les Diables rouges. C’est l’une des dernières choses qui nous unit », vibre Julien Daxhelet, étudiant en kinésithérapie, les yeux émus à l’évocation de Bye bye Belgium, une émission canular de la RTBF, en 2006, qui annonçait l’indépendance de la Flandre, dont il parle encore avec effroi. Même si, reconnaît-il, il se sent finalement plus proche des Lillois, « des ch’tis, des corons, comme nous », que des habitants de Courtrai, ville flamande située à seulement vingt minutes en voiture.

   


« Il y a des Français qui viennent klaxonner en Belgique. Nous, si on s’était qualifiés, on n’aurait jamais célébré en France »
Complexe relation au voisin français que celle des Mouscronnois. Parfois, la conversation fut entrecoupée de quelques klaxons bleus – mais aussi d’insultes, proférées par des supporteurs français venus célébrer leur victoire en passant la frontière. « Ça nous fait très mal de perdre contre les frontaliers, admet la gorge serrée Olivier Huyzentruyt, 21 ans, en formation pour devenir professeur des écoles. Il y a des Français qui viennent klaxonner en Belgique. Nous, si on s’était qualifiés, on n’aurait jamais célébré en France. C’est provoquer », regrette-t-il. A peine 500 mètres séparent la Canonnerie, le quartier où fut retransmis le match sur écran géant, de la frontière française, et la circulation y est d’habitude continue dans un sens et dans l’autre.
De peur des débordements, les 10 000 Français de Mouscron avaient été exceptionnellement invités à se montrer très discrets. « Si vous souhaitez supporter nos proches voisins, nous vous informons que diverses fan-zones aux couleurs des Bleus seront mises en place au Zénith de Lille, sur la Grand-Place de Roubaix, au Chagnot à Tourcoing », avait ainsi annoncé la police communale en amont de la rencontre. Les supporteurs aux couleurs des Bleus étaient même strictement interdits de fan-zone. « Ce qu’on veut, c’est que ce soit une fête, expliquait dans la matinée au Monde Brigitte Aubert, bourgmestre de Mouscron. On ne connaît pas le résultat à l’avance, on ne sait pas comment les gens vont réagir. C’est la loi du football : on ne mélange pas les supporteurs. »
Des « provocations idiotes »
Le long de la Lys, la rivière qui zigue et qui zague entre les deux pays, plusieurs villes frontalières avaient également opté pour la carte de la sécurité. Le maire de Wervicq-Sud et le bourgmestre de sa ville jumelle Wervik avaient, par exemple, décidé de couper le pont enjambant l’affluant de l’Escaut. A Comines-Warneton, autre bourgade adossée à la frontière, c’est l’habituelle fan-zone qui avait été supprimée, de peur des débordements. « Il vaut mieux prévenir que guérir. S’il se passait quelque chose, on nous le reprocherait », s’était justifié auprès de La Voix du Nord Youro Casier, le bourgmestre de Wervik. La voie automobile reliant la partie française à la partie belge fut bloquée toute la nuit par des barrières et des pavés de béton, la faute à des « provocations idiotes » de supporteurs des Bleus, assure Youro Casier.
Jean-François Thery, tenancier du Bar’ouf, un bar du centre-ville de Mouscron, est lui-même français, mais il avait rangé sa terrasse et arborait fièrement un maillot belge. « C’est juste de la prévention. C’est pour protéger les gens et que chacun passe une bonne soirée », explique-t-il. Jusqu’à présent, Français et Belges avaient célébré ensemble leurs qualifications respectives contre l’Uruguay et le Brésil en quarts de finale. Mais les Mouscronnois gardaient un mauvais souvenir des heurts lors du Belgique-Algérie de la Coupe du monde 2014. Ce qui n’a pas empêché Jean-François Thery d’offrir un shot à ses quelques discrets clients français, cachés au fond de la salle, lorsque Umtiti a marqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Une lettre apocryphe attribuée au sélectionneur de l’équipe uruguayenne circule sur les réseaux sociaux de part et d’autre de l’Atlantique. Elle est inventée de toutes pièces.
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« Cela ne sert à rien d’être champions du monde » : la lettre jamais écrite par le sélectionneur uruguayen, Oscar Tabarez

Une lettre apocryphe attribuée au sélectionneur de l’équipe uruguayenne circule sur les réseaux sociaux de part et d’autre de l’Atlantique. Elle est inventée de toutes pièces.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 16h33
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


C’est une lettre édifiante, partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Un plaidoyer en faveur de l’éducation attribué à Oscar Tabarez, le sélectionneur de l’équipe de football uruguayenne. « Cela ne sert à rien d’être champions du monde si nos jeunes ne savent pas où est située la Russie ou pourquoi il y a autant de jeunes originaires d’Afrique dans la sélection française. Il serait temps de tenir la promesse d’atteindre 6 % du PIB en faveur de l’éducation publique », lit-on depuis le 27 février dans divers médias français, italiens ou sud-américains.
Pourquoi c’est faux
Mais, pour inspirante que soit cette phrase, le sélectionneur de la Celeste ne l’a jamais prononcée. Le démenti n’est pas venu d’Oscar Tabarez lui-même – qui est absent des réseaux sociaux – mais de sa fille, Tania Tabarez, journaliste pour la chaîne uruguayenne TV Ciudad. Le 25 juin, cette dernière a publié sur Twitter un message pourfendant la rumeur, avant d’expliquer aux sites qui l’avaient partagée que cette lettre – contenant de nombreuses fautes d’accord – était apocryphe :
« Si vous inventez une lettre de mon père, pourriez-vous au moins faire en sorte qu’elle ne contienne pas de fautes d’orthographe ? Ne partagez pas sans vérifier. »
Il est en effet difficile d’imaginer qu’Oscar Tabarez commette des fautes d’orthographe : avant d’être sélectionneur de l’équipe uruguayenne de football, celui qui a mené la Celeste jusqu’aux quarts de finale était maître d’école en primaire – des fonctions qui lui ont valu le surnom de « Maestro ».
Trop tard : la fausse lettre avait déjà fait le tour du monde, voyageant dans des milliers de messages sur les réseaux sociaux, mais également sur des sites d’information français – à l’instar de So Foot ou de Yahoo Sport. On en retrouve également trace au Brésil, ou sur des sites d’information italiens.

   


Le site argentin Contrapoder, qui avait été l’un des premiers à diffuser l’information, a depuis publié un article rectificatif. « Nous ne pouvons que nous excuser d’être tombés dans le même piège que tant d’autres médias, qui ont reproduit la lettre en pensant qu’elle était authentique », précise le démenti.
La part du PIB de l’Uruguay dévolue à l’éducation s’élève aujourd’hui à 4,3 % – contre 4,6 % en moyenne en Amérique latine. L’actuel gouvernement uruguayen s’est fixé un objectif de 6 % à l’horizon 2030, afin de s’aligner sur les recommandations de l’Unesco en la matière. L’Uruguay, l’un des pays les plus développés d’Amérique latine, peut néanmoins s’enorgueillir d’un taux d’alphabétisation des jeunes s’élevant à 99 %.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie narre son voyage à bord du Falcon présidentiel et son match en tribune VVIP, aux côtés d’autres « légendes ».
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Coupe du monde 2018 : « J’étais au stade avec Emmanuel Macron, Guy Roux et Mick Jagger », par Olivier Guez

L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie narre son voyage à bord du Falcon présidentiel et son match en tribune VVIP, aux côtés d’autres « légendes ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h33
    |

                            Olivier Guez (écrivain)








                        



                                


                            

Il faudrait toujours voyager en Falcon. Profiter des tables en acajou, des sièges en cuir moelleux et des chocolats que tend l’hôtesse au décollage, puis étendre ses jambes en contemplant les nuages, bercé par le ronron des trois réacteurs à propulsion, par-delà les mers et les océans, à la vitesse du son. Le bonheur de jouir du ciel en exclusivité, par la grâce d’un Falcon, je l’ai connu mardi 10 juillet, pour la première fois (j’avoue), à l’occasion du déplacement du président de la République à Saint-Pétersbourg, où avait lieu la rencontre France-Belgique, en demi-finales de la Coupe du monde. Je faisais partie de la délégation restreinte qui accompagnait Emmanuel Macron en Russie.
A quelques heures du coup d’envoi, le derby franco-belge excite le président. Je pensais qu’il serait plongé dans ses dossiers le temps du vol, mais non, il ne pense qu’à Mbappé et à Griezmann, et avec Jean-Pierre Papin et Laura Flessel, la ministre des sports, nous mettons au point des tactiques qui permettront de tenir en échec les redoutables attaquants belges, compositions de la France et de la Belgique à l’appui, L’Equipe dépliée sur la table en acajou. A l’autre bout de l’appareil, Guy Roux (l’Elysée a commis un petit impair : pour des raisons que j’ignore, l’ancien entraîneur d’Auxerre et « JPP » ne s’adressent plus la parole) confabule avec l’éducateur qui a découvert N’Golo Kanté. Dans la voiture qui nous conduisait à la base aérienne de Villacoublay (Yvelines), il m’a raconté que Fidel Castro lui avait promis une île en cadeau s’il réussissait à imposer le football à Cuba (à la place du base-ball yankee) et que son épouse était une grande lectrice. De temps en temps apparaît Yannel, un garçon timide de 12 ans, qui se goinfre de bonbons et complète l’étrange congrégation.

A mi-chemin, tandis que nous survolons le Danemark, le superintendant nous annonce une nouvelle d’importance : Cristiano Ronaldo va signer à la Juventus Turin. Les loges...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ A titre de comparaison, 17,7 millions de Français avaient regardé la demi-finale face à la Croatie en 1998.
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Audience France-Belgique : sur TF1, 19 millions de Français ont regardé la demi-finale de Coupe du monde 2018

A titre de comparaison, 17,7 millions de Français avaient regardé la demi-finale face à la Croatie en 1998.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h29
   





                        



   


Jamais la Belgique et la France ne s’étaient affrontées à un stade aussi avancé d’une Coupe du monde de football. Alors que près de 13 millions de téléspectateurs avaient regardé les quarts de finale opposant la France à l’Uruguay, vendredi 6 juillet, la demi-finale contre la Belgique, mardi 10 juillet, a réuni un peu plus de 19 millions de spectateurs, soit 71 % de part d’audience, selon les chiffres publiés par TF1.
A titre de comparaison, 17,7 millions de Français étaient devant la demi-finale face à la Croatie lors de la Coupe du monde de 1998.
C’est aussi un tout petit peu moins que les 20,6 millions de spectateurs qui ont suivi le sacre face au Brésil. Et que les audiences des finales du Mondial 2006 et de l’Euro 2000, mais aussi que le record absolu de la demi-finale de 2006 face aux Portugais, nombreux dans l’hexagone : 22,2 millions de spectateurs.
Toutefois, le chiffre de ce jeudi ne prend pas en compte l’audience additionnelle de BeINSports. Un record pourrait-il être battu pour la finale dimanche ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Avant leur première demi-finale de Coupe du monde depuis 1990, les Anglais n’ont qu’un seul air en tête : « Three Lions ». Un titre qui en dit beaucoup sur leur football et leur humour aussi.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : l’Angleterre chante « It’s Coming Home », le tube doux-amer dédié à sa sélection

Avant leur première demi-finale de Coupe du monde depuis 1990, les Anglais n’ont qu’un seul air en tête : « Three Lions ». Un titre qui en dit beaucoup sur leur football et leur humour aussi.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h57
   





                        



   


Il est environ 23 heures au cœur de Londres quand une marée humaine engloutit Tottenham Court Road. Sur l’artère centrale, un bus à étage est bloqué par la foule qui danse et chante à l’unisson « Football is coming home, it’s coming home ! » Ce moment de liesse, déclenché par le tir au but victorieux d’Eric Dier en huitièmes de finale face à la Colombie, se répète à des milliers d’endroits dans le pays, des Cornouailles au Northumberland. Outre les sourires béats et effluves de bières renversées, les fans en délire ont en commun ce refrain « le football rentre à la maison », né vingt-deux ans plus tôt et qui sera sur toutes les lèvres anglaises avant la demi-finale, mercredi (20 heures), face à la Croatie.
En 1996, l’Angleterre reçoit l’Euro, trente ans après avoir remporté la Coupe du monde sur ses terres. Depuis 1966, les inventeurs du « beautiful game » n’ont plus rien gagné. Le fait d’accueillir le deuxième tournoi majeur de son histoire est porteur d’un espoir ancré dans une vague croyance au destin. La Fédération anglaise (FA) doit alors composer avec une image ternie par le hooliganisme et les fréquentes incartades alcoolisées de ses joueurs.

        Tout savoir
         

          sur l’Angleterre à la Coupe du monde 2018 de football



« Broudie était connu pour écrire des chansons d’amour »
Pour redorer le blason de son football, elle souhaite se munir d’un hymne rassembleur et se tourne vers le producteur Rick Blaskey. Dans une interview donnée au quotidien The Guardian, il expliquait la problématique d’alors : « C’était une sale période pour notre football, alors on ne pouvait pas faire une campagne qui disait “on est les meilleurs, on va gagner”. On avait besoin de quelque chose pour remonter le moral des troupes. »
Alors que la musique britpop domine les charts, Blaskey se tourne vers Ian Broudie, leader du groupe The Lightning Seeds, dont le tube The Life of Riley est utilisé par l’émission « Match of the Day ». Le musicien accepte, mais refuse de chanter le morceau seul. Présentateurs de l’émission humoristique « Football Fantasty » sur BBC 2, les comédiens David Baddiel et Frank Skinner sont choisis pour l’épauler. « Ce qui est étrange, c’est qu’il [Broudie] était connu pour écrire des chansons d’amour à la fois douces et amères, se souvient le second, dans un entretien à la BBC. Il disait qu’il ne pensait pas pouvoir écrire sur le football. Alors, nous sommes arrivés et on a écrit une chanson d’amour douce et amère sur l’équipe d’Angleterre. »

« L’Angleterre va encore tout gâcher »
Le texte vise alors à refléter les sentiments prédominants chez les supporteurs de l’époque. Dans le clip du titreThree Lions (comme le surnom de la sélection), le trio incarne ce qui serait la quintessence du fan anglais. La vidéo démarre par une perte de balle et une frappe manquée de la star du moment, Paul Gascoigne. Sur leur canapé, Baddiel et Skinner sont atterrés et agacés du pessimisme des commentateurs. Finalement, l’Angleterre marque. La télé éteinte, Skinner chante « Tout le monde semble connaître le résultat / ils ont déjà vu ça, ils le savent […] / l’Angleterre va encore tout gâcher. »
Pourtant, le trio ne peut s’empêcher d’être positif et se souvient des grands moments des Trois Lions. La chanson cite le tacle de Bobby Moore sur le Brésilien Jairzinho en 1970, le but victorieux de Bobby Charlton lors de la finale de 1966 et la danse du milieu de terrain Nobby Stiles, le trophée dans les mains. Grandes peines et moments de joie sont mis en opposition dans un morceau cousu de frustrations et d’espoirs.
Lors de l’Euro 96, le titre n’est pas un succès immédiat et doit attendre une victoire face au voisin écossais à Wembley pour prendre son envol. La hype est suffisante pour que, deux ans plus tard, le trio sorte une nouvelle version pour la Coupe du monde en France. Les paroles insistent : les fans « y croient toujours », malgré la première image diffusée dans le nouveau clip, celle du tir au but raté d’un certain Gareth Southgate en demi-finale, face à l’Allemagne. La chanson a depuis été retouchée à plusieurs reprises, si bien qu’elle sert depuis les années 1990 de warm up aux pubs bondés du pays avant les matchs de chaque compétition internationale.

« Un mélange d’autodérision et d’optimisme prudent »
Selon Alan Tomlinson, professeur de sociologie à l’université de Brighton, cet usage continuel s’explique par « un mélange d’autodérision et d’optimisme prudent ». Cet été, l’Angleterre s’est rendue en Russie avec le seul Harry Kane comme « top player » et son groupe le plus jeune depuis 1966. Au début du tournoi, les « it’s coming home » n’ont peut-être jamais été aussi ironiques. Et pourtant, face à la Colombie, l’histoire finit par s’inverser lorsque les hommes de Gareth Southgate, devenu sélectionneur, remportent la première série de tirs au but des Trois Lions en Coupe du monde.
Le running gag n’est pas loin de devenir réalité. L’espoir est de retour et pour ne pas porter la poisse, les supporteurs utilisent l’aphorisme populaire « It’s coming home », plutôt que le risqué « nous allons être champions du monde ». Le slogan est même écrit à la craie sur des panneaux à l’entrée de restaurants, tagué sur des murs de briques en bord de voie ferrée, ou même joué au château de Windsor lors de la relève de la garde.
Utilisée tous les deux ans depuis 1996, la longévité de l’hymne s’explique par une proximité culturelle avec les communautés de supporteurs anglais. Egalement membre du Football Collective, groupe d’académiciens spécialistes des questions de football et société, Tomlinson reprend : « La chanson s’inscrit dans une tradition d’autodérision qui remonte au Cambridge Circus, aux Monty Python et à John Cleese. La chanson pose des questions : “Qui sommes-nous ?”, “pourquoi avons-nous des problèmes ?” Mais elle les pose depuis une position culturelle privilégiée. »
« Comme un mantra désespéré »
Cet humour qu’on qualifierait de « très anglais » en France est encore associé à la culture « lad », celle de jeunes mâles au comportement dicté par la testostérone, qui aiment boire beaucoup, rire fort en regardant un match et dont les débordements antisociaux sont excusés par la jeunesse et la masculinité. Une sous-culture dont le sommet remonte aux années 1990 et dont les figures les plus identifiables sont celles des musiciens britpop, les frères Gallagher d’Oasis en tête. Pour beaucoup, il s’agit encore d’une ancre culturelle. « L’Angleterre est à la dérive en termes d’identité, reprend le sociologue. Ce morceau, c’est comme un mantra désespéré, que des jeunes hommes torse nu psalmodient tel un slogan du Brexit, au cours de l’été le plus chaud de ces trente dernières années. »

Sikh family wedding. I bloody love this country ❤️ #ItsComingHome #ENG https://t.co/HYS63GciwZ— kkdhaliwal_ (@Kiran Dhaliwal)


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Toutefois, la sélection et son hymne, joué à chaque but anglais pendant le tournoi, séduit au-delà de la culture lad. Avec l’attaquant Raheem Sterling, né en Jamaïque, le milieu Dele Alli, de père nigérian, ou son compère Jesse Lingard, dont les grands-parents ont émigré depuis l’île de Saint-Vincent, ces Trois Lions présentent un visage multiculturel. Ainsi, c’est presque tout le pays, dans sa diversité, qui joue le jeu et reprend ce qui est simplement une bonne chanson de fan de football. Les paroles le disent : « I know that was then, but it could be again. » Si l’équipe a déjà gagné, cela peut se reproduire. C’est pour se convaincre que le rêve peut devenir réalité que le refrain est répété à l’infini. Comme un mantra.
Thomas Andrei à Londres



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ A l’image de Matuidi ou de Giroud, les six joueurs de l’équipe de France présents au Mondial brésilien de 2014 ont apporté leur expérience pour permettre aux Bleus d’atteindre la finale.
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Coupe du monde 2018 : les « grognards », premiers de cordée

A l’image de Matuidi ou de Giroud, les six joueurs de l’équipe de France présents au Mondial brésilien de 2014 ont apporté leur expérience pour permettre aux Bleus d’atteindre la finale.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h32
    |

            Rémi Dupré (Saint-Pétersbourg, envoyé spécial) et 
Adrien Pécout (Saint-Pétersbourg, envoyé spécial)








                        



   


En politique, l’expression prête à controverse pour l’usage qu’en a fait Emmanuel Macron. En football ou en alpinisme, beaucoup moins : plus la pente devient raide et plus, en effet, les « premiers de cordée » tirent l’équipage vers le sommet. Victorieux (1-0) de la Belgique en demi-finales sous les yeux du président de la République, les plus expérimentés des Bleus ont emmené avec eux toute l’équipe de France jusqu’en finale de la Coupe du monde.

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Si la jeunesse de Kylian Mbappé, Benjamin Pavard et Lucas Hernandez a permis de renverser l’Argentine en huitièmes de finale, l’équipe de France doit aussi remercier ses grognards pour sa victoire en demies. A Saint-Pétersbourg, Didier Deschamps a titularisé six « vétérans » de l’édition brésilienne de 2014, ceux-là même avec lesquels il avait perdu en quarts de finale contre l’Allemagne. Six anciens pour tenir bon face à des Belges plus aguerris : 29 ans en moyenne pour les Diables rouges, contre 26 ans pour les Bleus.
« Comme un grand frère »
Par ordre d’ancienneté, les pensées vont d’abord au capitaine Hugo Lloris : à 31 ans, le gardien a disputé sa 103e sélection, soit le même nombre que Didier Deschamps lorsque celui-ci a arrêté sa carrière internationale. Viennent les joueurs de champ : Raphaël Varane en défense (25 ans, mais déjà 48 matchs) ; Blaise Matuidi (31 ans, 71 matchs) et Paul Pogba (25 ans, 58 matchs) au milieu de terrain ; Antoine Griezmann (27 ans, 60 matchs) et Olivier Giroud (31 ans, 80 matchs) en attaque.
Auxquels s’ajoutent le milieu N’Golo Kanté (27 ans) et le défenseur Samuel Umtiti (24 ans), buteur du soir : les deux hommes figuraient déjà dans l’équipe lors de l’Euro 2016, achevé en finale sur une défaite contre le Portugal. « Les anciens jouent leur rôle de cadre », s’est félicité Didier Deschamps.
A l’approche du Mondial, l’entraîneur avait pourtant estomaqué les observateurs par sa volonté de rajeunir les Bleus, et notamment l’équipe type : cet été, quatorze de ses vingt-trois joueurs ont découvert la Coupe du monde. Le 16 juin, lors des débuts contre l’Australie, Deschamps envoyait sur le banc des remplaçants Blaise Matuidi et Olivier Giroud pour laisser le champ libre à l’ailier Ousmane Dembélé (21 ans) et au milieu Corentin Tolisso (23 ans). Avec un message clair : prime donnée à la fougue, à l’insouciance et à l’explosivité.
Deschamps l’a regretté, mécontent de sa formation, victorieuse dans la douleur des Socceroos (2-1). Pour rééquilibrer son système, le « marathonien » Matuidi et le pivot Giroud ont fait leur retour dès le deuxième match, contre le Pérou (victoire 1-0), cinq jours plus tard. De petits ajustements pour un grand changement : l’équipe de France a retrouvé sa solidité, de nouveau parée au combat.
Le huitième de finale contre l’Argentine (4-3), puis le quart contre l’Uruguay (2-0), l’ont ensuite encore prouvé : différentes générations de Bleus peuvent bien cohabiter sous un même toit. « On n’a pas forcément les mêmes centres d’intérêt et pourtant, on arrive à vivre ensemble », résume Blaise Matuidi. Dans un sourire, Hugo Lloris dit « essayer de rester “in”, même si ce n’est pas évident ». Par exemple, en ce qui concerne les goûts musicaux des plus jeunes : « Je ne sais même pas ce qu’ils écoutent dans le vestiaire, je ne sais même pas qui est l’artiste. » 
Pas très porté sur les jeux vidéo, Olivier Giroud insiste quand même sur « les moments de complicité ». « J’ai envie de partager mon expérience et de transmettre ma rage de vaincre. On est plusieurs à le faire. J’arrive à l’âge de maturité, je sais gérer certaines situations et je me sens comme un grand frère. »
Equilibre subtil
Grâce à ce subtil équilibre, Didier Deschamps peut voir venir. En 2017, le sélectionneur a prolongé son contrat avec les Bleus jusqu’en 2020, date du prochain Euro. « J’ai une équipe très jeune. Les joueurs qui sont ici sont censés être encore plus forts dans deux, quatre ans. »
Talent précoce, Raphaël Varane, auteur d’une performance remarquable et remarquée face aux attaquants belges, devrait encore accompagner l’équipe pour un moment. Forfait, le défenseur central a déjà suivi par procuration une finale avec les Bleus. Celle de l’Euro, perdue il y a deux ans. « On a vécu l’expérience de 2016 et on sait ce qu’on ne veut pas revivre », sourit-il à présent. Malgré l’apport de jeunes joueurs, le défenseur du Real Madrid estime désormais le groupe « plus mature, avec plus de vécu, plus d’expérience ».
Avis partagé par Didier Deschamps : « Aujourd’hui, ils sont déjà compétitifs. On ne fait pas tout bien, mais je suis très fier d’eux. Avec un tel état d’esprit, on peut renverser des montagnes, c’est ce qu’on a fait jusqu’à maintenant. » Ultime étape de l’ascension dimanche 15 juillet à Moscou, pour une finale face à la Croatie ou l’Angleterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ En bon capitaine, il a tout tenté pour mener la Belgique à la première finale de son histoire. Sans succès. Dur à avaler, même pour le plus français des Diables.
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Coupe du monde 2018 : Eden Hazard brille mais perd contre sa France

En bon capitaine, il a tout tenté pour mener la Belgique à la première finale de son histoire. Sans succès. Dur à avaler, même pour le plus français des Diables.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h18
    |

            Anthony Hernandez (envoyé spécial à Moscou)








                        



   


Deux jours avant le début de la Coupe du monde, Eden Hazard avait prédit sur son compte Twitter la demi-finale entre la Belgique et la France, ainsi que la présence de l’Angleterre dans le dernier carré. Pas mal. Mais le Nostradamus de La Louvière prédisait ensuite la qualification de son équipe pour la finale le 15 juillet à Moscou. Il n’avait juste pas vu venir sa chute contre les Bleus (1-0 ce mardi à Saint-Pétersbourg).
A chaud, le capitaine belge avait l’élimination amère. Il n’était pas le seul. Les Diables rouges reconnaissaient bien la défaite, moins une possible supériorité française dans le jeu. « Nous n’étions pas inférieurs à cette équipe de France », a déclaré ainsi le défenseur Vincent Kompany. « Je ne dirais pas que l’équipe en face était meilleure que nous. Elle a bien défendu à 35 mètres du but », a poursuivi le gardien, Thibaut Courtois. Le disque était le même chez Hazard. « Je préfère perdre avec cette Belgique que gagner avec cette France », déclarait-il devant les journalistes flamands du quotidien Het Nieuwsblad.
« On a eu le contrôle du jeu sans être dangereux »
Un joueur, deux ambiances. Au micro de la RTBF, le même Hazard se montrait plus conciliant ou diplomate. C’est selon. « On n’a pas trouvé la faille, je n’ai pas trouvé la petite étincelle pour marquer un but. On a été bons pendant quatre-vingt-dix minutes, on a eu le contrôle du jeu sans être dangereux. » L’analyse vise juste. Sa Belgique a eu la maîtrise du ballon mais a manqué de chance, d’inspiration et peut-être de ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Lui s’est pourtant démené comme un beau diable. Son entame de match a donné des sueurs froides au camp tricolore. Sans cesse, il a provoqué balle au pied et tenté de forcer la décision. Jusqu’à la fin, le danger est surtout venu de ses multiples accélérations et de ses dribbles chaloupés.
Malgré toute son abnégation, Hazard n’a jamais trouvé la faille. Il y a toujours eu un pied français (ou la tête de Varane sur une frappe qui prenait le chemin des filets en première mi-temps), une maladresse d’un partenaire ou une touche de balle de trop de sa part pour annihiler ses actions. Et la meilleure attaque du tournoi avec 14 buts est restée muette. A l’instant décisif, la Belgique a chuté et connu sa première défaite en 25 rencontres. Frustrant, surtout après l’exploit réalisé en quart de finale face au Brésil (2-1). Ce soir-là, Hazard avait réussi dix dribbles sur dix tentés. Un bel hommage face au pays qui a enfanté les Garrincha, Rivelino ou Ronaldinho.
Mais dans sa chambre d’enfant à Braine-le-Comte, à 50 km de la frontière française, le futur Diable dormait plutôt sous un poster de Zinédine Zidane, cette idole qui aurait bien aimé le recruter au Real Madrid bien des années plus tard. Au milieu des années 2000, alors que son pays traverse un désert (aucune qualification en Coupe du monde entre 2002 et 2014), le Wallon porte un maillot des Bleus et soutient alors la France. « Eden est presque français », déclarait avant la demi-finale son coéquipier à Chelsea Olivier Giroud.
Dans une famille où, du père à la mère en passant par ses deux frères (l’un d’eux, Thorgan, dispute aussi le Mondial avec la Belgique comme remplaçant), tout le monde est ou a été footballeur de haut niveau, la carrière de l’aîné a débuté en France à 14 ans du côté du centre de formation de Lille, malgré les sollicitations du Standard de Liège ou d’Anderlecht, les deux grands clubs belges. A peine deux ans plus tard, l’entraîneur nordiste Claude Puel, conscient de tenir « un phénomène », lui offrait ses grands débuts en Ligue 1.
Remobilisation
A partir de 2009 et pendant quatre années, il allait presque rafler toutes les récompenses individuelles : sacré meilleur espoir en 2009 et 2010, puis meilleur joueur du championnat en 2011 et 2012. Surtout, cinquante-sept ans après un dernier titre, le Belge menait le LOSC à un fantastique doublé Coupe de France-Championnat en 2011.
Fer de lance d’une génération dorée, qui n’était jusqu’à présent jamais parvenue à dépasser les quarts de finale d’une grande compétition (Mondial 2014 et Euro 2016), Eden Hazard a encore un objectif à atteindre. La Belgique n’a en effet jamais fait mieux que quatrième d’un Mondial. En 1986 au Mexique, les Pfaff, Scifo et Vercauteren s’étaient inclinés 4-2 lors de la petite finale face à une équipe de France bis.
« On a montré qu’on avait une très belle équipe. On va continuer à travailler ensemble et tenter de gagner le prochain match. Terminer troisième, ça serait une très bonne Coupe du monde », ajoute en bon capitaine Eden Hazard, pour remobiliser les troupes. A 27 ans, il sait qu’il aura certainement encore une ou deux autres occasions de viser plus haut. L’unique titre du football belge date déjà des Jeux olympiques d’Anvers en 1920.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Plonger son bras dans la vase pour en sortir à mains nues un énorme poisson-chat : c’est le passe-temps favori des adeptes du « noodling ». Cette pêche pratiquée dans le sud des États-Unis a son tournoi, le Okie Noodling Tournament, auquel ont assisté les photographes Frankie & Nikki.
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En Oklahoma, chacun cherche son poisson-chat


                      Plonger son bras dans la vase pour en sortir à mains nues un énorme poisson-chat : c’est le passe-temps favori des adeptes du « noodling ». Cette pêche pratiquée dans le sud des États-Unis a son tournoi, le Okie Noodling Tournament, auquel ont assisté les photographes Frankie & Nikki.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h39
    |

                            Guillemette Faure








   


Il fallait vraiment que Raphaël Barthlen, alias Nikki, fût piqué de pêche pour tomber sur eux. Il fallait vraiment que sa compagne, Clarisse Le Gardien, alias Frankie, soit capable de rester des heures à côté de quelqu’un qui pêche pour estimer que, oui, cela valait la peine de rejoindre ces mordus de noodling, comme on appelle cette technique de pêche au poisson-chat pratiquée dans le sud des États-Unis.
Pour leur donner rendez-vous en Oklahoma. Garer le pick-up au bord de l’autoroute. Traverser la voie rapide avec les gosses. Descendre les talus, repérer la rivière et, là, passer la journée à marcher, cinq ou six heures d’affilée, dans les eaux boueuses.
Phalanges rognées
En rencontrant Nathan Williams, le couple de photographes Frankie & Nikki n’a pas trouvé un pêcheur mais une famille. L’aîné, Jayce, 14 ans, que le père voit prendre sa relève. Le cadet, River, 8 ans, que Nathan retient parfois par les pieds quand il plonge et disparaît entièrement dans un trou pour chercher des poissons. Et le benjamin, Phierce, qui gagna sa première compétition à 3 ans.
Chercher un trou dans l’eau brune, y enfoncer le bras et attendre que le poisson-chat vous mordille la main. Là, résister à l’envie de la retirer pour parvenir à coincer la bête dans un étrange corps-à-corps.
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        Les photographes Frankie & Nikki ont suivi des adeptes du « noodling », cette pêche au poisson-chat qui se pratique dans les lacs et les rivières de l’Oklahoma."
            data-slide-description="Marion Kincaid avec son fils, Kanyon, lors du Okie Noodling Tournament, en juin 2017, à Pauls Valley (Oklahoma)."
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            data-slide-description="Un spectateur du Okie Noodling Tournament exhibe son tatouage représentant un poisson-chat."
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            data-slide-description="Une participante du Okie Noodling Tournament, en juin 2017, à Pauls Valley (Oklahoma)."
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            data-slide-description="Un concurrent du Okie Noodling Tournament, en juin 2017, à Pauls Valley (Oklahoma)."
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            data-slide-description="La famille Williams, chez elle à Prague (Oklahoma), grande amatrice de « noodling » : de gauche à droite, River, le cadet, Nathan, le père, Jayce, l’aîné, Miley, la mère et Phierce, le benjamin."
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            data-slide-description="Dans le salon de Nathan Williams, célèbre noodler, un autel dédié à sa passion."
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            data-slide-description="Old Nana, la grand-mère de Nathan Williams, elle aussi adepte de « noodling », commme en témoignent les traces de morsures sur ses avant-bras."
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            data-slide-description="River Williams, 8 ans, le bras dans un trou à la recherche d’une proie, sur la berge de la North Canadian River, à Pauls Valley."
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            data-slide-description="Jayce Williams, 14 ans, avec sa prise."
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            data-slide-description="Nathan Williams en pleine partie de pêche avec ses fils dans les eaux de la North Canadian River, en juin 2017, pour l’Okie Noodling Tournament."
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            data-slide-description="Nathan Williams avec un poisson-chat de vingt-deux kilos."
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            data-slide-description="Jayce Williams remplissant un bac accueillant sa prise du jour."
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            data-slide-description="River Williams sur la berge de la North Canadian RIver."
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            data-slide-description="Maria Pacana et Tobin Fricke font chaque année le déplacement depuis Oakland (Californie) pour participer à l’Okie Noodling Tournament."
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            data-slide-description="Dans le frigo de leur location, en juin 2017, leur prise du jour."
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Les photographes Frankie & Nikki ont suivi des adeptes du « noodling », cette pêche au poisson-chat qui se pratique dans les lacs et les rivières de l’Oklahoma.            
Marion Kincaid avec son fils, Kanyon, lors du Okie Noodling Tournament, en juin 2017, à Pauls Valley (Oklahoma).

Frankie & Nikki pour M Le magazine du Monde
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Nathan leur a tout expliqué, jusqu’à la méthode « spaghetti », consistant à remuer les doigts pour faire croire à sa proie que passe là quelque chose d’appétissant. Mais gare aux tortues serpentines !
Un pêcheur de la tribu a bien insisté, sur une chaîne de télé spécialisée, en montrant ses phalanges rognées : on ne se méfie jamais assez de ces créatures au bec tranchant… Il a plus probablement été mordu par son chien, admettent ses proches, mais qui lui reprochera de continuer à faire battre le cœur de cette singulière pratique ?
Détecteur de mensonges
Il faut de la force pour attraper l’animal, un poisson sans écaille, puis le porter pour le présenter vivant (sous peine d’élimination) dans les concours. à l’Okie Noodling Tournament, qui se tient chaque année en juin à Pauls Valley et dans lequel les Williams père et fils ont déjà concouru, on accorde trente-six heures à la centaine de participants pour dénicher le plus gros spécimen possible.
Un poisson-chat impérativement attrapé à la main, sans canne à pêche ni accessoire, dans les eaux de l’état. Et, pour être certain que personne ne triche, tous les candidats doivent passer au détecteur de mensonge – on ne la leur fait pas dans l’Oklahoma.

   


L’Okie Noodling se vante d’être le plus grand tournoi de pêche à main nue au monde. Si la compétition a une catégorie « dames », le concours de tee-shirt mouillé est, lui, réservé aux messieurs.
Chacun se fait présenter un vêtement saisi dans un bloc de glace et, au signal, tape dessus pour l’en extraire. Le premier qui enfile son tee-shirt a gagné. Nathan n’a pas pris part à l’épreuve, mais, ce jour-là, il a remporté le premier prix du concours avec un poisson de trente-trois kilos. Son épouse, elle, a été élue Miss Noodling.
Un poisson délicieux
Pendant leur séjour, alors qu’ils suivaient ces pêcheurs frappadingues tout en essayant de mettre à l’abri leurs rouleaux d’argentique, Frankie & Nikki ont hésité à tenter l’aventure. À plonger eux aussi le bras jusqu’à l’épaule dans un trou d’eau brune. Avant de se dire qu’ils n’éprouveraient, eux, aucune fierté à montrer leurs avant-bras abîmés par les dents râpeuses des poissons-chats. Sans parler des tortues serpentines…

   


Un soir, ils sont allés manger du catfish chez un couple venu de Californie pour le concours de noodling. Maria Pacana et Tobin Fricke ont sorti pour leurs invités la prise du jour, une énorme pièce qui occupait tout le frigo de leur location Airbnb.
Les photographes ont trouvé ça délicieux. Les deux couples se sont dit au revoir. Les Californiens reprenaient la route. Ils avaient prévu d’aller chasser des tornades dans une autre partie du pays.


