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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le numéro un mondial du négoce des matières premières a annoncé, mercredi, la création d’un comité pour coopérer avec les réponses aux autorités judiciaires.
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Le suisse Glencore soupçonné de corruption en Afrique par la justice américaine

Le numéro un mondial du négoce des matières premières a annoncé, mercredi, la création d’un comité pour coopérer avec les réponses aux autorités judiciaires.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h45
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Le géant suisse Glencore l’assure : il montrera patte blanche. Assigné par le Département américain de la justice (DoJ) dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo (RDC), le numéro un mondial du négoce des matières premières a annoncé, mercredi 11 juillet, l’installation d’un comité spécial.
Composé de trois administrateurs, il sera chargé de « superviser les réponses de la compagnie aux requêtes du DoJ ». Le président non exécutif de Glencore et membre du comité ad hoc, Tony Hayward, ancien PDG du groupe pétrolier BP, s’est engagé à « coopérer avec le DoJ ». L’enquête durera au moins deux ans, sans doute davantage.
Le groupe installé à Baar, dans le canton de Zoug, est de nouveau dans la tourmente. Mais pas pour des raisons économiques, comme en 2015. Il avait alors dû encaisser la forte baisse des cours, à cause de l’atonie de la demande chinoise en matières premières. Sa capitalisation s’était effondrée à la Bourse de Londres.
Les difficultés sont aujourd’hui judiciaires. En application de la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger (Foreign Corrupt Practices Act), des juges fédéraux américains ont demandé à Glencore, le 3 juillet, de leur fournir de nombreux documents sur ses activités dans ces pays entre 2007 et aujourd’hui.
« Le groupe a commencé à agir comme s’il était intouchable »

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Glencore est à la fois une compagnie minière, qui a racheté le suisse Xstrata en 2013, et le négociant de 90 matières premières, y compris agricoles. Cuivre, fer, zinc, cobalt, pétrole… peu de ces commodities lui échappent. Au cours des derniers mois, son parcours boursier a été beaucoup plus médiocre que celui de ses trois grands concurrents, BHP Billiton, Anglo American et Rio Tinto.
Des investisseurs redoutent que le groupe dirigé par le milliardaire d’origine sud-africaine Ivan Glasenberg soit exposé à de lourdes amendes, voire à des poursuites pénales. Pour le Nigeria et le Venezuela, il s’agit de négoce du pétrole ; pour la RDC, d’extraction de minerais (cuivre, cobalt).
Ce n’est pas la première fois que Glencore est mis en cause dans ce pays. Ses méthodes ont été pointées du doigt dans les « Paradise Papers », l’enquête menée par le consortium international des journalistes d’investigation, auquel Le Monde est associé. Un dirigeant d’un groupe concurrent, cité par le Financial Times, estime que, « ces dernières années, le groupe a commencé à agir comme s’il était intouchable ».

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La justice helvétique a été saisie d’autres affaires en RDC par une ONG locale, Public Eye. La société est désormais dans la ligne de mire des Etats-Unis. D’autant que les Américains, par le biais du Département du Trésor cette fois, reprochent à M. Glasenberg de poursuivre ses activités avec un partenaire, Dan Gertler.
Ce milliardaire israélien, ami du président congolais Joseph Kabila, l’avait aidé à acheter à bon prix des gisements de cuivre au Congo. M. Gertler rejette ces accusations, mais Washington l’a inscrit, en décembre 2017, sur la liste des personnes susceptibles de sanctions pour les accords opaques et entachés de corruption.
Risque de perte de confiance des créanciers et investisseurs
Pour Glencore, le plus grand risque n’est pas d’avoir à payer de lourdes pénalités, mais de perdre la confiance de ses créanciers et des investisseurs, qui pourraient alors retirer leurs prêts. Ce serait une catastrophe dans un secteur très capitalistique où les opérateurs cherchent à emprunter aux meilleurs taux.
La multinationale de Barr n’en est pas là. Son principal actionnaire, David Herro, lui a renouvelé sa confiance dès que la requête du DoJ a été connue. Et deux jours après la mauvaise nouvelle, qui avait entraîné une baisse de 8 % de l’action, M. Glasenberg a annoncé un rachat d’actions pour 1 milliard de dollars (850 millions d’euros). Une manière de rassurer les investisseurs sur la solidité de la « maison », dont il détient 8 % du capital.
Sur son site officiel, Glencore souligne volontiers ses engagements en faveur de la transparence et sa démarche vertueuse en matière sociale et environnementale. Il se présente comme un membre actif de l’Initiative pour la transparence des industries extractives, qui oblige les compagnies et les Etats à rendre publics les flux financiers et l’usage des revenus des ressources naturelles.

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Mais son histoire reste sulfureuse, entachée, dès les origines, par des pratiques frauduleuses. La société est, en effet, issue de Marc Rich & Co, fondée en 1974 par l’homme d’affaires éponyme. Considéré comme le père du négoce moderne des matières premières, il avait fui les Etats-Unis pour éviter des centaines d’années de prison.
Un univers impitoyable
Les autorités américaines l’accusaient d’une colossale fraude fiscale et de rupture de l’embargo visant la République islamique d’Iran en pleine crise des otages de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Amnistié par Bill Clinton en 2001, il n’est jamais retourné aux Etats-Unis jusqu’à sa mort, en 2013.

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Dans l’univers impitoyable de la mine et du trading des matières premières, où opèrent d’autres géants comme Vitol ou Trafigura, Glencore a la réputation de prendre de grands risques politiques, économiques et juridiques, ne rechignant jamais à aller dans les pays les plus fragiles et les plus corrompus de la planète. Voire de jouer les intermédiaires entre des entreprises nationales sous sanctions et le marché des matières premières.

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Patron de Glencore depuis 2002, M. Glasenberg ne craint pas les alliances risquées. Pourtant, il a dû revendre sa part dans le russe Rosneft, achetée fin 2016, alors que la compagnie pétrolière publique était déjà visée par des sanctions américaines et européennes liées au conflit ukrainien. De même a-t-il été contraint de démissionner du conseil d’administration du fabriquant d’aluminium Rusal, propriété de l’oligarque Oleg Deripaska (proche du président russe Vladimir Poutine), également sous le coup des sanctions occidentales.
Si l’enquête américaine aboutit à des poursuites contre Glencore, il n’est pas certain que son patron puisse continuer à vivre ainsi sur le fil du rasoir. Un concurrent s’interroge même : Et si c’était « le début de la fin » pour « Ivan » ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La compétition n’est pas finie, mais déjà les calculettes tournent pour déterminer comment l’économie française a pu – ou non – profiter du parcours de l’équipe de France.
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Coupe du monde 2018 : on connaît déjà les gagnants, et ce ne sont ni les Bleus, ni les Anglais, ni les Croates

La compétition n’est pas finie, mais déjà les calculettes tournent pour déterminer comment l’économie française a pu – ou non – profiter du parcours de l’équipe de France.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h28
    |

            Cécile Prudhomme, 
                                Yassine El Azzaz, 
Laurence Girard, 
                                Juliette Garnier et 
Elise Barthet








                        



   


Les Bleus sont en finale de la Coupe du monde de football, qu’ils disputeront le dimanche 15 juillet. Ce beau parcours, suivi depuis la France par des millions de supporteurs s’est accompagné de nombreuses après-midi et soirées festives. Ce temps passé devant les téléviseurs et les écrans géants n’a pas été perdu pour tout le monde. Certains, avant même la fin de la compétition, sortent déjà gagnants de l’épreuve.
Un petit regain pour l’économie française
Un beau parcours en Coupe du monde de l’équipe de France rime-t-il avec croissance survitaminée ? Le match France-Belgique à peine achevé, l’économiste en chef d’Euler Hermes, Ludovic Subran, tweetait : « Selon nos calculs, gagner la Coupe du monde rapporterait 0,2 point de consommation de plus à la France, soit 0,1 point de croissance supplémentaire. La croissance de la consommation passerait de + 1,1 % à + 1,3 % en 2018 ; la croissance du produit intérieur brut passerait de + 1,8 à + 1,9 %. » Un dixième de point de croissance en plus, ce n’est pas grand-chose, mais ce n’est pas rien non plus, puisque cela représenterait environ 2 milliards d’euros. Surtout, cette estimation, d’un dixième de point, sans données précises, reste passablement approximative.
Peut-on alors prêter toutes les vertus – retour de la confiance, boom des naissances, envolée de la consommation et de la production – à une éventuelle victoire de la France, dimanche 15 juillet ? Rien n’est moins avéré. Ainsi, en 1998, si la consommation avait progressé de 3,8 %, contribuant pour les trois quarts à la croissance, cette hausse était surtout due à l’augmentation du pouvoir d’achat, à la reprise du marché automobile et à l’essor de la téléphonie mobile et de l’informatique. Plus marginalement à la Coupe, alors que l’Hexagone était le pays hôte.
Tout ce que l’on sait pour le moment, c’est que les dépenses en biens d’équipement du logement ont augmenté de 1,2 % entre mai et juin. « Majoritairement en raison des achats de téléviseurs », selon l’Insee. Les enseignes de produits électro-domestiques se frottent également les mains. Les ventes de téléviseurs, en France, ont bondi de 64 % au mois de juin par rapport à juin 2017, avec des pics d’activité de 140 % la deuxième semaine de juin. « Les ventes ont été portées par les écrans de grande taille et les nouvelles technologies, constate-t-on chez Fnac Darty, qui ne donne pas ses chiffres de vente. Cela s’explique par une forte baisse des prix de vente, les nombreuses communications et promotions et la diffusion de certains matchs en 4K Ultra Haute définition. »
Il y a fort à parier que les bars et les pizzerias afficheront également un bon mois. Comme le moral des ménages. Un effet bien-être de courte durée qui a été souligné, mercredi 11 juillet, par Bruno Le Maire sur France 2 : « Une victoire [lors] de la Coupe du monde, cela donne de la confiance en soi aux Français. Il y a une part d’irrationnel dans l’économie qui tient à la confiance en soi, l’envie, l’enthousiasme… », a déclaré le ministre de l’économie.

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Bar et bières, l’union sacrée
Les supporteurs de football aiment se retrouver au café. Une chance pour les nombreux établissements qui ont choisi de diffuser les matchs de la Coupe du monde. Pour un coût de retransmission estimé entre 190 et 300 euros pour l’ensemble de la compétition par Laurent Lutse, membre de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. « Un bistrot peut doubler son chiffre d’affaires lors de chaque soirée de match », estime M. Lutse, qui pointe tout de même le côté éphémère de l’événement.

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Au total, sur l’ensemble de l’année, ce petit plus se traduira par quelques points de pourcentage de chiffre d’affaires. Un bonus qui s’accentue au fur et à mesure du brillant parcours de l’équipe de France. Et que boivent les supporteurs ? « De la bière », affirme M. Lutse. Les grands brasseurs Heineken comme Kronenbourg ne donnent pour l’instant pas de chiffres. Sachant que la météo très favorable contribue aussi à cette hausse de consommation. Heineken et Kronenbourg estiment toutefois que, pour cette Coupe du monde, ils ne bénéficient pas, comme pour l’Euro 2016, qui se jouait en France, de l’afflux des touristes. La bière se consomme aussi à domicile avec biscuits apéritif, chips ou pizzas. Pour le plus grand bonheur de Belin, par exemple, un des sponsors des Bleus…
De l’image pour les chaînes de télé
Le parcours des Bleus en Coupe du monde ne fait pas seulement le bonheur des supporteurs. Le groupe TF1, qui a acquis 28 des meilleures affiches de la compétition pour près de 70 millions d’euros, devrait encaisser, selon un spécialiste du secteur, près de 58 millions d’euros de recettes publicitaires. Ces chiffres comprennent également le parrainage des émissions et les recettes issues des plates-formes numériques.
La qualification de l’équipe de France pour la finale, auterme du face-à-face avec la Belgique, a été suivie par 19,1 millions de personnes. Bien que très élevées, les audiences pour cette édition 2018 de la Coupe du monde sont en légère baisse par rapport à 2014, quand les matchs étaient diffusés en prime time, à 21 heures.
La somme de 58 millions ne suffit donc pas à rentabiliser les droits acquittés par TF1, ce qui n’est pas exceptionnel, puisqu’il est toujours très difficile, voire impossible, de rentabiliser les frais engagés lors des grandes compétitions. L’événement permet néanmoins au groupe TF1 de renforcer son image de leader et de consolider le rôle du médium télévisuel dans un moment de liesse populaire. Pour les demi-finales, les tarifs pratiqués par TF1 pour les coupures publicitaires, diffusées lors de la mi-temps, ont varié entre 265 000 euros – pour un spot de quatre minutes diffusé lors de la première coupure publicitaire – et 250 000 euros pour les suivants. A titre de comparaison, le groupe M6 proposait des spots publicitaires à 270 000 euros, lors de l’Euro 2016.
Pour la finale, les tarifs vont augmenter très légèrement, puisque TF1 proposera un premier tarif à hauteur de 280 000 euros pour les écrans diffusés lors de la première coupure pub et un prix de 275 000 pour les suivants. Le bilan est donc positif pour le groupe, malgré un marché publicitaire en manque de dynamisme. C’est d’autant plus positif que – selon un connaisseur du marché – TF1 avait effectué ses prévisions en pariant sur une équipe de France allant jusqu’en quarts de finale.
Du côté de BeIN Sports, qui ne communique pas ses recettes publicitaires, la chaîne qatarie enregistre son record d’audience sur Espagne-Russie, huitième de finale diffusé en exclusivité, avec 1,468 million de téléspectateurs en moyenne. C’est le record de BeIN sur un match de compétition internationale, le dernier en date étant la finale de l’Euro 2016. Ces audiences, mesurées par Médiamétrie, ne comprennent pas les audiences en streaming et/ou à la demande ainsi que les visionnages hors domicile (bars hôtels et restaurants sont pourtant nombreux à être branchés sur BeIN Sports). Une étude publiée par Publicis Media indique ainsi que plusieurs millions de téléspectateurs hors domicile n’étaient pas mesurés. Dans le cadre de cette Coupe du monde, la chaîne qatarie a également franchi le cap des 4 millions de foyers abonnés. Ils étaient 3,5 millions avant le début de la compétition. Pour acquérir les droits de diffusion, BeIN a dépensé près de 60 millions d’euros.
Qui veut son maillot des Bleus ?
+30 % : c’est le bond des ventes de maillots de sport réplicats à l’effigie des équipes de sport collectifs, en France, sur le mois de mai 2018, par rapport à mai 2016, selon le cabinet NPD Group. Parmi les bonnes ventes de la saison 2018 figure évidemment la tunique des bleus fabriquée par Nike, équipementier officiel de la Fédération française de football depuis 2008.
La qualification des Bleus en finale de la Coupe du monde devrait encore dynamiser les achats en magasin et sur Internet, où se concluent 20 % des ventes d’articles de sport. A ce rythme, le marché des maillots de sport réplicats pourrait franchir la barre des 4 millions de pièces vendues en 2018 en France. Toutefois, contrairement à leurs voisins allemands ou britanniques, les Français sont encore rares à enfiler un maillot officiel pour soutenir leur équipe favorite, locale ou nationale. Les ventes sont encore bien en deçà de celles réalisées en Allemagne et au Royaume-Uni, précise NPD Group.
Le réseau de magasins Intersport fait état d’une « énorme performance » sur cet évènement, avec 74 000 maillots de l’équipe de France vendus depuis son lancement en avril, contre 50 000 maillots à l’issue de l’Euro 2016, qui avait pourtant eu lieu dans l’Hexagone. L’enseigne constate, d’une manière générale, une hausse des ventes de 41 % en valeur sur les produits relatifs à la compétition (maillots et tenues nations, produits supporteurs) par rapport à l’Euro 2016 et « un poids de la catégorie football qui bondit à 11 % actuellement, contre 8 % le reste de l’année dans le chiffre d’affaires total du groupe ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Un collectif de coursiers appelle les livreurs de Deliveroo, d’UberEats et de trois autres plates-formes à mettre le frein cette semaine. Mais le combat mobilise modérément.
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Les livreurs à vélo en grève peinent à créer un mouvement d’ampleur

Un collectif de coursiers appelle les livreurs de Deliveroo, d’UberEats et de trois autres plates-formes à mettre le frein cette semaine. Mais le combat mobilise modérément.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h07
    |

                            Nina Jackowski








                        



   


Coupe du monde de football oblige, ils n’ont pas arrêté de pédaler. Il est fréquent de croiser ces « bikers » essoufflés, slalomant à travers la circulation pour se frayer un chemin. Les livreurs de repas à domicile font désormais partie du paysage urbain : souvent à l’arrêt, pestant contre leurs courses effrénées, toujours aux aguets, attendant le signal qui marquera le top départ vers leur prochaine commande.
Dimanche 8 juillet, place de la République à Paris, une petite trentaine d’entre eux étaient réunis pour réclamer de meilleures conditions de travail (à travers une meilleure réglementation) et une rémunération décente. A l’origine de la mobilisation, le CLAP, Collectif de livreurs autonomes parisiens, créé en mars 2017, qui a appelé les livreurs des plates-formes UberEats, Deliveroo, Stuart, Glovo et Foodora à faire grève durant la semaine du 8 au 15 juillet. Le collectif a également encouragé les clients à boycotter les plates-formes, sacrifiant, de fait, « l’une des semaines les plus rentables de l’année ». 

Dimanche 8 Juillet: Premier round des livreurs en grève! https://t.co/ReHfhS3vVx— _CLAP75 (@CLAP)


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« Je veux être reconnu, bien payé et avoir une sécurité »
En tête des revendications figure la demande d’« un smic net horaire » garanti par contrat. « Chaque semaine, on apprend à quelle sauce on va être mangé. Je veux empêcher le fait qu’ils puissent changer nos salaires en nous prévenant juste par mail. Je veux être reconnu, c’est-à-dire, être bien payé et avoir une sécurité », argumente Steven, étudiant de 23 ans, « partenaire coursier » pour la plate-forme britannique Deliveroo depuis un an et demi.
Deliveroo, arrivé dans l’Hexagone le 7 avril 2015, est devenu l’un des leadeurs parisiens de la livraison de repas. Il rémunérait ses coursiers 7,50 euros de l’heure, auxquels s’ajoutaient 2 à 4 euros par course en fonction d’« audits » sur leurs performances, leurs relations avec la clientèle et les restaurants…, jusqu’à un changement brutal, le 28 août 2017. Les nouveaux livreurs sont désormais payés à la course, au tarif unique de 5,75 euros à Paris, et de 5 euros dans les autres villes.

        Lire le récit des mobilisations
         

          au cours de l’été 2017



« Cela crée un différentiel vraiment énorme, assure le président du CLAP, Jean-Daniel Zamor, 23 ans, coursier chez Stuart depuis janvier 2017. Il m’est arrivé de ne recevoir aucune course en vingt heures, mais d’être quand même payé 200 euros. » S’il était rémunéré à la course, comme chez Deliveroo, il n’aurait rien touché de cette semaine de travail.
Pourquoi si peu de courses dans ce marché pourtant en plein essor ? Pour celui qui a choisi ce job étudiant chez Stuart afin de « connaître Paris par cœur » et d’exploiter son « attrait pour le vélo », l’explication tient à la fois de la météo et de la stratégie des plates-formes. Elles « embauchent énormément l’hiver, en raison du froid qui entraîne une explosion des commandes », explique Jean Daniel Zamor. « Ce sureffectif les sécurise, parce que les commandes sont assurées. Mais nous, il nous pénalise, car en période de faible activité [aux beaux jours], notre revenu est minime. »

        (Re)lisez notre enquête
         

          Pédale ou crève : dans la peau d’un livreur Foodora



« Le mythe de l’ubérisation »
Autre sujet de mécontentement pour cette nouvelle catégorie de travailleurs, située dans une zone grise entre salarié et indépendant : les dérives liées à la flexibilité des horaires de travail permise par leur statut. « Les livreurs les plus performants sont les premiers à pouvoir choisir leurs créneaux, relève Steven. Donc en vérité, il n’y a pas tant de liberté que ça, c’est le mythe de l’ubérisation. » 
Une performance exigée au travail qui n’est pas sans danger, comme en témoigne son expérience. « J’ai eu deux accidents. C’est un travail quotidien, il pleut souvent, et je suis obligé de rouler vite depuis que je suis payé à la tâche. Je me suis déjà pris une voiture et un scooter. »

        Lire le contenu des réflexions sur la loi travail
         

          appliquée aux plates-formes numériques



Se faire entendre — et a fortiori obtenir gain de cause — s’annonce toutefois difficile pour les « bikers » en colère. Tout d’abord en raison de l’absence de relais représentatifs, le statut de microentrepreneur (anciennement autoentrepreneur), sous lequel ils travaillent, ne justifiant pas la présence de syndicats.
Une forme de syndicalisme informel a certes émergé, à l’image du CLAP, mais celui-ci est, de fait, peu reconnu. Et si des syndicats traditionnels, telles la CGT ou la CNT, présents au rassemblement de dimanche, soutiennent cette lutte, ils se montrent parfois éloignés des logiques propres aux livreurs 2.0 et de leurs formes de mobilisation par les réseaux sociaux. Le nouveau secrétaire général de FO, Pascal Pavageau, a néanmoins déclaré, dimanche 8 juillet, souhaiter que les partenaires sociaux s’emparent de la question de ces travailleurs.

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« Un secteur atomisé »
Un autre frein à la mobilisation tient à la logique d’éclatement, propre à la profession et à son individualisme. « Sans machine à café devant laquelle se retrouver, difficile de nous plaindre de notre salaire de misère », dit Steven. Ceux qui perçoivent ce travail comme un job d’appoint et profitent de la flexibilité proposée de manière temporaire se montrent peu disposés à se mobiliser.
« Les travailleurs évoluent dans un secteur atomisé, ils sont répartis dans les quatre coins de l’Ile-de-France. On doit aller chercher les gens où ils travaillent, essayer de les convaincre pendant leurs pauses, explique le président du collectif. C’est très compliqué, surtout qu’au CLAP, on est bénévoles et pour la plupart étudiants, donc il faut faire ça sur notre temps libre, entre les livraisons et les études. » 
Face aux géants du numérique que représentent les plates-formes, la crainte d’un licenciement arbitraire pèse aussi. En témoigne l’expérience de Jérôme Pimot, fondateur du CLAP, qui dit avoir été licencié, en avril 2016, en raison de ses interventions médiatiques, comme au cours d’un reportage diffusé sur France Culture intitulé « Le travail low-cost » dans l’émission « Les Pieds sur terre ». Deliveroo avait justifié sa décision notamment par le non-respect des pratiques vestimentaires en vigueur.
« Les plates-formes ont réussi à nous prendre en otage »
Dans le cadre de l’examen du projet de loi avenir professionnel, le 19 juin — débattu à nouveau cette semaine au Sénat —, un amendement a été adopté en première lecture encourageant les sociétés à rédiger une « charte sociale » (voir encadré ci-dessous).
Le CLAP décrie le caractère « vague et non obligatoire » de cette charte, et le fait que, pour l’instant, le dialogue soit uniquement prévu entre les plates-formes et le gouvernement. Jean-Daniel Zamor souhaite qu’à terme les partenaires sociaux y soient associés.

Livreur indépendant : un statut précaire en voie de réglementation
En 2017, 2 500 livreurs étaient recensés chez Deliveroo, 2 000 chez Foodora, essentiellement dans la capitale.Le livreur se déclare microentrepreneur (anciennement autoentrepreneur), la plate-forme à laquelle il est associé ne paie donc pas de cotisations sociales et patronales. Il déduit de son revenu la cotisation au régime social des indépendants (RSI) à hauteur de 23 %, et les frais liés au matériel requis (entretien de son vélo, forfait Internet…). S’il veut être assuré en cas d’accident, il doit souvent le faire lui-même (Deliveroo propose une assurance gratuite depuis la mobilisation de l’année dernière en septembre 2017).Ce statut particulier des livreurs n’a pas échappé aux législateurs. Mais les solutions retenues par ces derniers sont plutôt de nature à inquiéter les principaux intéressés. Leur situation a conduit à la rédaction d’un amendement, qui a été adopté en première lecture dans le cadre de l’examen du projet de loi avenir professionnel le 19 juin — débattu à nouveau cette semaine au Sénat.Notre explication : L’exécutif plaide pour une protection sociale des travailleurs « ubérisés »Déposé par le député La République en marche Aurélien Taché, et soutenu par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, cet amendement encourage les sociétés à rédiger une « charte sociale ». Celle-ci doit définir les « droits et obligations » de la plate-forme et des travailleurs (revenu décent, garantie de non-exclusivité, conditions de rupture…), et être validée par le ministère du travail. En revanche, cette charte ne peut « caractériser l’existence d’un lien de subordination juridique entre la plate-forme et le travailleur », ce qui écarte une requalification en salariés des travailleurs, considérés comme des indépendants.


Steven, l’étudiant coursier pour Deliveroo, se dit déterminé à poursuivre la bataille. Il s’agit pour lui d’une question de dignité qui mérite d’être posée. D’autant que cette nouvelle catégorie de travailleur est amenée à se développer.
« II est devenu très difficile de revenir sur ce statut, car trop de gens travaillent ainsi. Aucun politique n’aura ce courage, risquant de mettre tout le monde au chômage. Les plates-formes ont réussi à nous prendre en otage », déplore Jean-Daniel Zamor. Conscient des limites de la portée de son mouvement, il veut néanmoins y croire : « Aujourd’hui, on est certes peu nombreux à se battre. Mais ce que l’on fait, c’est important pour l’histoire des travailleurs. Il ne faut pas perdre espoir, on sera de plus en plus nombreux, c’est notre défi. »

        Les solutions proposées par
         

          Terra Nova pour « protéger » davantage les coursiers






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Richard obtient l’autorisation de ne plus verser de rente viagère à son ex-épouse, du fait que celle-ci ne loue pas une maison inhabitée, alors que cela lui permettrait d’accroître ses revenus.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Quand une entreprise fait un sondage sur le droit à la déconnexion, ressort en particulier chez les jeunes collaborateurs l’idée d’une connexion choisie, l’interdiction étant jugée au mieux paternaliste, au pire hypocrite, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Vacances connectées : une « servitude volontaire » ?

Quand une entreprise fait un sondage sur le droit à la déconnexion, ressort en particulier chez les jeunes collaborateurs l’idée d’une connexion choisie, l’interdiction étant jugée au mieux paternaliste, au pire hypocrite, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 15h11
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Pour atteindre le 7 août 1935 son objectif de 100 tonnes de charbon au lieu des 7 tonnes réglementaires, Andreï Stakhanov n’aurait pu terminer sa tâche ailleurs qu’à la mine, en application d’une loi ne figurant dans aucun code : celle de la pesanteur, qui interdit physiquement au travailleur manuel d’emporter le soir avec lui machines et matières premières « pour terminer tout ça à la maison ». Et s’il veut se reposer, il ordonne à ses bras de se reposer. Mais qu’en est-il pour nos neurones aujourd’hui assistés par portable ?
Les « vacances » qui s’annoncent constituent un précipité de la radicale remise en cause de notre droit du travail, conçu sur le modèle physique des usines automobiles avec leur unité de temps (la sirène du matin et du soir) ? de lieu (l’usine avec ses hauts murs) et d’action (la chaîne). Certes, sur ce terrain, le sort des vendeuses, caissières et autres salariés de centres de logistique n’est pas très éloigné de celui du métallo d’hier.
Le droit du travail doit, comme pour le télétravail, favoriser une régulation collective, adaptée à chaque entreprise
Mais pour un travailleur du savoir, la mise au repos forcé de ses neurones relève de l’impossible : ces derniers n’en font qu’à leur tête, et le lourd dossier Y peut s’inviter dans son cerveau, gâchant une belle soirée entre amis.
La déconnexion intellectuelle, c’est beaucoup plus que le droit à la déconnexion technique acté par la loi du 8 août 2016 ; et le travail à distance peut intervenir déconnecté. Si en plus, quand une idée nous travaille, notre « portable » professionnel a été emporté, à l’heure de la sieste c’est tout le bureau qui arrive sur la plage ou au refuge.
La peur du licenciement
Les entreprises peuvent, certes, bloquer l’accès aux serveurs, ajouter des articles au règlement intérieur pour interdire toute connexion sur les temps de repos et de congés : cela rendra service à la direction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ IBM, Best Buy, Honeywell… marchent à contre-courant, en demandant à leurs employés de revenir au bureau pour gagner en temps et en innovation. Une stratégie pas toujours bien comprise.
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Aux Etats-Unis, le télétravail perd du terrain

IBM, Best Buy, Honeywell… marchent à contre-courant, en demandant à leurs employés de revenir au bureau pour gagner en temps et en innovation. Une stratégie pas toujours bien comprise.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h46
    |

                            Caroline Talbot (New York, correspondance)








                        



                                


                            

IBM a longtemps été le champion du télétravail. Un exemple observé par les entreprises du CAC 40, qui tentent de le développer en France. Jusqu’en 2017, un cinquième de ses troupes en Amérique du Nord planchaient à domicile, à plein-temps. La direction du groupe se flattait d’avoir ainsi économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux.
Pourtant, au printemps 2017, Michelle Peluso, la responsable du marketing, a sifflé la fin de la récréation. Et Sam Ladah, le vice-président des ressources humaines d’IBM, a expliqué à 7 600 salariés qu’ils devaient retourner au bureau.
La direction du groupe a investi 380 millions de dollars dans la modernisation de ses locaux et la formation de ses troupes. But du jeu : les rendre plus « agiles ». IBM change de métier. La compagnie travaille dans le cloud, l’intelligence artificielle Watson… Sam Ladah attend donc de ses collaborateurs des prises de décision « intelligentes et rapides » afin d’offrir à ses clients un service « personnalisé ». Pour ce faire, rien de mieux, affirme-t-il, que le travail au bureau en « petites équipes multidisciplinaires et autonomes ».
Les salariés d’IBM touchés par ce retour à la maison mère, à New York, Raleigh, Austin, San Francisco et Atlanta, ont eu trois mois pour accepter l’offre, trouver un autre emploi à l’intérieur d’IBM… ou partir.
« Il suffit de mesurer les résultats »
IBM n’est pas le seul grand groupe à faire machine arrière sur le travail à distance. Avant lui, le moteur de recherche Yahoo ! avait rappelé ses télétravailleurs, l’assureur Aetna aussi, tout comme Bank of America, la chaîne de magasins Best Buy, ou encore Honeywell International. « Les employés travaillent mieux lorsqu’ils sont proches les uns des autres, dit-on chez Honeywell. C’est là que les idées sont réellement échangées et que les décisions sont prises rapidement afin de répondre aux exigences de nos clients, partenaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans des approches sociologiques fondées sur les classes moyennes et populaires, il n’y a pas réellement de place pour une thématisation du luxe, selon Marc Abélès, qui s’efforce de rectifier le tir avec « Un Ethnologue au pays du luxe ».
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Luxe, potlatch et capitalisme

Dans des approches sociologiques fondées sur les classes moyennes et populaires, il n’y a pas réellement de place pour une thématisation du luxe, selon Marc Abélès, qui s’efforce de rectifier le tir avec « Un Ethnologue au pays du luxe ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h19
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Le luxe a jusqu’ici peu mobilisé les sciences sociales, qui privilégient des thèmes comme l’éducation, les migrations, la pauvreté.
Dans des approches sociologiques fondées sur les classes moyennes et populaires, il n’y a pas réellement de place pour une thématisation du luxe, estime Marc Abélès : « Si la misère du monde apparaît aujourd’hui comme un objet légitime pour les sciences sociales, étudier ce qui a trait à la richesse semble aujourd’hui encore plutôt problématique. »
C’est pourtant bien la route du luxe qu’il nous invite à explorer. Son ouvrage Un ethnologue au pays du luxe se penche sur ce commerce, qui connaît une expansion sans précédent.
Comment comprendre la fascination exercée par le luxe ? Quels sont ses modes de circulation et d’appropriation ? La dynamique qui anime le luxe est inséparable de la montée en puissance des pays dits émergents, affirme le directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
« La recherche du plaisir et de la beauté »
Elle permet aussi de « rendre compte de la reconfiguration des rapports culturels, économiques et politiques liée à la circulation des marchandises entre l’Ouest et l’Est dans un monde global ». A travers le luxe, nous avons accès à la transformation des rapports entre l’Occident et des pays qui, comme la Chine et la Russie, ont pris le tournant du capitalisme à partir des années 1980.
En Chine, le développement du luxe illustre la manière dont la mondialisation transforme profondément la société. Après des années d’austérité, ce qui prime est « la recherche du plaisir et de la beauté, et la fonction hédoniste du luxe est un élément fort dans l’ouverture au monde extérieur ». Parallèlement, en quelques années, l’art contemporain chinois s’est imposé sur les grandes places occidentales. A l’intérieur du pays se créent un peu partout des lieux d’exposition, des centres d’art.
Les artistes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La politique commerciale brouillonne de Donald Trump dessert la lutte contre les pratiques commerciales chinoises, devenues le problème n° 1 de la mondialisation, analyse le politologue Yannick Mireur, spécialiste des Etats-Unis, dans une tribune au « Monde ».
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Trump, une mauvaise méthode pour « servir une juste cause »

La politique commerciale brouillonne de Donald Trump dessert la lutte contre les pratiques commerciales chinoises, devenues le problème n° 1 de la mondialisation, analyse le politologue Yannick Mireur, spécialiste des Etats-Unis, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h02
    |

Yannick Mireur (Politologue)







                        



                                


                            

Tribune. Incohérente et incendiaire, la politique commerciale de Donald Trump a fini par réveiller un Congrès qui semblait tétanisé par le vociférateur de la Maison Blanche.
Confirmant un vote du Sénat quelques jours plus tôt, une majorité écrasante de la Chambre des représentants a, le 26 juin, interdit toute relation commerciale entre le Pentagone et ZTE, groupe public de télécommunications chinois ciblé depuis des années pour violation des sanctions contre la Corée du Nord et l’Iran, mais dont Donald Trump souhaitait aménager les contraintes au nom d’un hypothétique deal global visant à réduire le déficit américain avec la Chine.
Des mesures contestées par l’industrie américaine
Le Congrès réaffirme ainsi ses prérogatives en matière commerciale face à l’exécutif, qui avait invoqué une loi de 1962 pour prendre des mesures tarifaires unilatérales sur des critères – discutables – de sécurité nationale, comme celles sur les importations d’acier et d’aluminium.
Ces mesures, qui frappent surtout les alliés canadien et européens des Etats-Unis, sont contestées par l’industrie américaine, qui y voit une menace sur les emplois. Devant ce chaos, le Congrès a voulu imposer la voie plus classique de la Commission sur les investissements étrangers (CFIUS) contre l’argument fallacieux de la sécurité nationale, qui sert en fait le désir de la Maison Blanche de se prémunir contre un commerce mondial qu’elle juge inéquitable, et surtout contre l’entrée de capitaux chinois dans les secteurs technologiques.

Dans la déconcertante confusion caractéristique de l’administration Trump, qui mêle ces deux sujets bien distincts, la correction de tir effectuée par le pouvoir législatif, soutenue par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo contre la ligne plus dure des conseillers à la Maison Blanche, peut rassurer.
Rien n’indique cependant qu’une guerre commerciale soit écartée,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Le produit intérieur brut (PIB) de l’Inde a dépassé pour la première fois celui de la France en 2017.
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La France n’est plus la sixième économie mondiale

EN UN GRAPHIQUE – Le produit intérieur brut (PIB) de l’Inde a dépassé pour la première fois celui de la France en 2017.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h35
    |

            Mathilde Damgé








                        


Une reprise en Inde et voilà le sous-continent qui ravit sa place de 6e économie à la France, laquelle n’avait pourtant pas démérité en 2017. Portée par l’industrie manufacturière et la demande de ses 1,34 milliard de consommateurs, l’économie indienne a atteint 2 597 milliards de dollars (2 210 milliards d’euros) contre 2 582 milliards pour la France, selon les chiffres les plus récents de la Banque mondiale.
Une situation qui a peu de chance de changer cette année : selon l’Insee, la progression du PIB français devrait connaître un coup de frein et s’établir à 1,7 % à la fin 2018. La croissance de la population de l’Inde, qui devrait d’ici à quelques années devenir le pays le plus peuplé de la planète, y est pour beaucoup dans ce bond de son économie. Mais, d’un point de vue statistique, le PIB par habitant en Inde reste près de vingt fois inférieur à celui de la France, à 1 940 dollars contre 38 477 dollars.

   


Selon les prévisions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les économies émergentes et en développement d’Asie devraient connaître une croissance soutenue en 2018, bien au-delà de la moyenne mondiale attendue à 3,9 %. L’Inde en particulier, qui a vu son PIB doubler en dix ans quand la croissance chinoise a plutôt ralenti, pourrait rattraper le Royaume-Uni, son ancien colonisateur, et devenir la cinquième économie mondiale dès 2018.

        Lire aussi :
         

                « Le tigre indien s’est réveillé, mais reste fragile »




> Voir la rubrique « En un graphique » des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le système comptable des entreprises reflète des croyances et des valeurs qui justifient la vision actionnariale, analysent dans une tribune au « Monde » les universitaires Philippe Chapellier, Emmanuelle Nègre et Marie-Anne Verdier. Ils suggèrent que soit développée une représentation comptable de la responsabilité sociale des entreprises
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Les salariés ne sont pas une « charge » comptable

Le système comptable des entreprises reflète des croyances et des valeurs qui justifient la vision actionnariale, analysent dans une tribune au « Monde » les universitaires Philippe Chapellier, Emmanuelle Nègre et Marie-Anne Verdier. Ils suggèrent que soit développée une représentation comptable de la responsabilité sociale des entreprises



Le Monde
 |    11.07.2018 à 13h42
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Dans le système comptable actuel, les salariés sont toujours considérés du point de vue de ce qu’ils coûtent et jamais de ce qu’ils rapportent. Plus précisément, les dépenses relatives aux salariés sont comptabilisées en tant que charges, laissant supposer que les salariés constituent plus un « poids » qu’une ressource pour l’entreprise. Ce traitement comptable n’est pas anodin dans la mesure où il laisse penser que réduire les effectifs permettrait automatiquement de diminuer les charges et donc d’accroître les performances des entreprises.
Ainsi, HTC, le géant taïwanais des téléphones, a annoncé début juillet son intention de supprimer 1 500 emplois. Cette « réorganisation des ressources » est motivée par une recherche accrue de flexibilité et une volonté de renouer avec la profitabilité. Dans la même veine, Carrefour a justifié en janvier l’annonce d’un plan de départs volontaires proposé à 2 400 salariés par la nécessité de réduire « le poids et la complexité des sièges dans l’organisation du groupe » afin d’« améliorer l’efficacité opérationnelle » (communiqué de presse du 23 janvier 2018).
De tels arguments semblent surprenants dans la mesure où les recherches scientifiques portant sur le lien entre réduction d’effectifs et augmentation des performances sont loin de donner des résultats unanimes. Cette vision étriquée et trompeuse immobilise les entreprises dans une pensée unique et freine la recherche de solutions alternatives, comme nous l’expliquons dans un chapitre de Comptabilités et société. Entre représentation et construction du monde (éditions EMS, mai 2018).
Un outil de dialogue
Des réflexions ont certes été entamées à partir des années 1960 jusqu’à la fin des années 1970 par plusieurs chercheurs, principalement américains, pour proposer d’autres manières de considérer les salariés au sein du système comptable. Ces réflexions s’orientaient notamment vers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ La superstar économie, fondée sur la libre circulation des joueurs, permet à une petite équipe, comme celle des Belges, de faire évoluer des stars internationales sans bourse délier.
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« L’inégalité absolue du football professionnel nourrit l’égalité étonnante de la Coupe du monde »

La superstar économie, fondée sur la libre circulation des joueurs, permet à une petite équipe, comme celle des Belges, de faire évoluer des stars internationales sans bourse délier.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h51
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

La Belgique a perdu avec les honneurs. Ce pays de 11 millions d’habitants a plié devant la France, six fois plus riche et peuplée, mais après avoir éliminé le géant brésilien aux 200 millions d’habitants. Autre demi-finaliste, la petite Croatie, 4 millions d’habitants et un produit intérieur brut de 50 milliards d’euros, affrontera l’Angleterre, plus importante nation constitutive du Royaume-Uni, avec de bonnes chances de gagner. Qui dira après cela que le football ne donne pas sa chance aux plus modestes ? Une situation pour le moins paradoxale, si l’on considère les salaires stratosphériques des joueurs et le fait que ces deux pays ont très peu de clubs de haut niveau. L’économiste serbo-américain Branko Milanovic, spécialiste des inégalités, s’est penché sur ce paradoxe d’un sport extrêmement inégalitaire au niveau des clubs et en revanche très égalitaire entre les nations.
Auparavant, la plupart des joueurs exerçaient leurs talents dans un club national qui ne pouvait recruter que 2 ou 3 joueurs internationaux. Les petits clubs comme les gros se servaient dans un vivier limité, et la qualité de leurs équipes était proche. L’arrêt Bosman de la Cours de justice européenne en 1995, a fait exploser cette règle. Les clubs ont désormais le droit de recruter autant de joueurs étrangers qu’ils le souhaitent. En peu de temps s’est constitué un marché européen très ouvert et une explosion des salaires – destinés à attirer les meilleurs joueurs.
100 millions d’euros pour la star française Paul Pogba
En 2016, le club anglais Manchester United a déboursé près de 100 millions d’euros pour récupérer la star française Paul Pogba. Ce phénomène a progressivement engendré une concentration des meilleurs joueurs dans les clubs les plus riches, qui trustent les premières places européennes. Le plus titré des clubs belges, celui d’Anderlecht, a quitté depuis longtemps le sommet européen et un seul de ses joueurs évolue dans la sélection belge qui a affronté la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ L’application de télévision recrute « 650 abonnés par jour », mais cherche des investisseurs.
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Molotov à la recherche du modèle gagnant

L’application de télévision recrute « 650 abonnés par jour », mais cherche des investisseurs.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h39
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Une interface séduisante mais un modèle économique fragile ? La question de la viabilité du modèle se pose depuis le lancement en juillet 2016 de Molotov, qui propose de regarder les chaînes de télévision classiques avec une application moderne, rappelant celle du champion de la vidéo à la demande, Netflix.
L’entreprise ne cache pas qu’elle recherche actuellement des partenaires pour passer un cap. « L’ADN de Molotov reste le même. C’est un projet de long terme, nous avons besoin de fonds pour accélérer notre développement. Nous visons la rentabilité à cinq ans », soit en 2021, explique Jean-David Blanc, cofondateur avec Pierre Lescure, l’ancien président de Canal+ et Jean-Marc Denoual, un ex-cadre de TF1.
Si M. Blanc refuse de communiquer sur le chiffre d’affaires ou le résultat de la start-up, il assure que le nombre d’abonnés, qui n’était que de quelques milliers, augmente ces derniers mois. « Début 2018, nous avons réellement commencé à travailler la monétisation : à l’époque, nous recrutions 15 à 20 abonnés par jour. Six mois plus tard, nous engrangeons 650 nouveaux abonnés quotidiennement, et parfois jusqu’à 1 500. » A ce rythme, l’entreprise séduirait actuellement environ 20 000 abonnés par mois. Selon M. Blanc, le revenu moyen par abonné est de 8 à 9 euros par mois.
Devenir un « carrefour »
Si la « monétisation » n’a pas décollé rapidement, c’est que rendre Molotov accessible sur toutes les plateformes ou inclure de nouvelles chaînes dans les offres a pris du temps, sans compter un problème juridique initial empêchant l’enregistrement, explique M. Blanc. Après avoir constitué une équipe de 70 personnes environ, dont une cinquantaine d’ingénieurs, Molotov s’est attaché à construire et fidéliser une audience, raconte M. Blanc. Six millions « d’utilisateurs », auraient téléchargé l’application et se seraient inscrits sur la plateforme. 40 % d’entre eux sont des « fidèles » regardant plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Avec ses règles, son arbitrage et son organisation qui régulent la compétition, le Mondial est l’expression la plus haute des valeurs de l’échange, observe Luiz Pereira da Silva, haut fonctionnaire international, dans une tribune au « Monde ».
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Le football, « une bonne réponse aux tendances protectionnistes et nationalistes »

Avec ses règles, son arbitrage et son organisation qui régulent la compétition, le Mondial est l’expression la plus haute des valeurs de l’échange, observe Luiz Pereira da Silva, haut fonctionnaire international, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 12h30
    |

Luiz Pereira da Silva







                        



                                


                            

Tribune. Le football est global et social. En 2018, la Coupe du monde, sa plus haute expression, peut être vue comme une bonne réponse aux tendances protectionnistes, nationalistes et de repli sur soi, en cette période de remise en cause du multilatéralisme et de la coopération entre nations.
Aucun dirigeant, aussi fin démagogue soit-il, ne pourra convaincre un gamin d’un bidonville, d’une favela ou d’une banlieue que, pour mieux protéger son avenir, il est souhaitable de restreindre ses ambitions footballistiques à son seul pays. Les gamins savent bien que se mesurer aux meilleurs du monde constitue le véritable ascenseur social. C’est ainsi qu’ils pourront prouver leur vraie valeur.
Le football est aussi une forme de multilatéralisme : tout le monde joue le même jeu en acceptant et respectant 17 règles très simples. Parfois on gagne, et parfois on perd. Mais c’est sur le même terrain, avec le même ballon rond, avec 11 joueurs de chaque côté. Le respect des règles est transparent. Il y a finalement un arbitrage mutuellement consenti qui est là pour immédiatement sanctionner les fautes. Règles simples et gouvernance juste : n’est-ce pas là le principe d’un vrai multilatéralisme ?
Et l’effort paie. Derrière un succès en Coupe du monde, il y a des centres de formation et des années de travail avec les jeunes pour inculquer un esprit d’équipe, où les stars doivent se plier à la discipline du groupe. Avec du travail sérieux et de la persévérance, un peu de génie individuel et un peu de chance.
Si on perd un Mondial, on peut réfléchir à ses faiblesses, réévaluer sa tactique et revenir la fois d’après. Si on gagne, il y a inévitablement une remise en cause de la stratégie dominante. N’est-ce pas là le stimulant que le multilatéralisme doit susciter ?
Se croire imbattable
Bien entendu, la financiarisation du football et la corruption ont créé des bulles et des exagérations. Avec beaucoup d’argent, parfois obscur,...




                        

                        


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Manifeste pour une écologie joyeuse

Dans « Pour en finir avec l’écologie punitive », Olivier Blond, journaliste et écrivain, prône une écologie tournée vers le bien-être économique et social de notre société.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h22
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Livre. L’auteur ne s’en cache pas, il veut défaire l’écologie de toute pensée moralisante, culpabilisante et, in fine, d’une approche « punitive » qui serait le propre des écologistes, tendance puriste ou extrême gauche. Olivier Blond, journaliste et écrivain, propose dans Pour en finir avec l’écologie punitive un manifeste pour une « écologie joyeuse » et tournée vers le bien-être économique et social de notre société, débouchant sur un « bénéfice collectif ».

Pour ce faire, l’auteur n’hésite pas à convoquer toutes celles et tous ceux et qui ont vilipendé une écologie censée être punitive : Ségolène Royal, qui en a fait moult fois la critique ; Nicolas Sarkozy, prompt à la dénoncer en se rangeant aux côtés des agriculteurs, des chasseurs et des pêcheurs ; ou encore Chantal Jouanno, qui vient d’être nommée présidente de la Commission nationale du débat public. Citée par l’auteur, l’ancienne ministre de M. Sarkozy a précisé : « Nous ne sommes pas pour une écologie punitive, de régression, anticroissance, pensée par l’extrême gauche dans les années 1970. »
« Discours anxiogène des Cassandre »
Olivier Blond peut alors dérouler ce qui doit, selon lui, permettre une adhésion de l’ensemble de la société. Mais l’auteur s’interroge sur la façon d’y parvenir sans culpabiliser ni punir ceux que l’on doit convaincre.
Pour autant, dénoncer le « discours anxiogène des Cassandre » ne suffit pas. Et la démonstration manque sans doute d’un point important. L’auteur passe trop rapidement sur la définition du concept d’écologie punitive. Dans la bouche de l’ancienne ministre de l’environnement Ségolène Royal, il s’appliquait systématiquement aux mesures économiques et, surtout, fiscales. Le débat sur l’écotaxe, et son abandon par le gouvernement, en a été un parfait exemple.
Olivier Blond ouvre certains débats, comme celui sur la limite difficile qui sépare le compromis,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les dirigeants des pays en voie de développement doivent accepter une dure vérité : les grands réservoirs de main-d’œuvre à prix réduit ne sont plus un avantage stratégique dans l’économie mondiale. Il y a un besoin urgent de réinvention industrielle, explique dans sa chronique le consultant Heshika Deegahawathura.
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Industrie de l’habillement : « Des mesures audacieuses sont nécessaires dans les pays du Sud »

Les dirigeants des pays en voie de développement doivent accepter une dure vérité : les grands réservoirs de main-d’œuvre à prix réduit ne sont plus un avantage stratégique dans l’économie mondiale. Il y a un besoin urgent de réinvention industrielle, explique dans sa chronique le consultant Heshika Deegahawathura.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h02
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Heshika Deegahawathura (Conseiller commercial de MAS Holdings, une des plus grandes sociétés du secteur de l’habillement en Asie du Sud)







                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Pendant de nombreuses années, le débat autour du secteur mondial de l’habillement était dominé par la question suivante : où vos vêtements ont-ils été fabriqués, et par qui ? Mais aujourd’hui, il y a une question plus pertinente : comment vos vêtements ont-ils été fabriqués, et par quoi ?
Ce que vous portez provient d’une industrie de pointe, que vous le sachiez ou non. Après des décennies de production demandeuse de main-d’œuvre, notamment d’ouvriers des pays du Sud, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique remplacent les humains dans les usines. Ces changements vont apporter de nouveaux avantages aux consommateurs – livraisons plus rapides, vêtements sur mesure –, mais ils auront un coût : les emplois de millions de personnes dans les pays à revenus faibles et moyens sont menacés.
Aujourd’hui, plus de la moitié des exportations du textile dans le monde et environ 70 % des exportations de prêt-à-porter proviennent des économies en développement. En Asie, près de 43 millions de personnes sont employées dans les secteurs de la confection, du textile et de la chaussure, et les femmes représentent les trois quarts de cette main-d’œuvre. De la Chine au Bangladesh, l’industrie du textile et de l’habillement a tiré des générations entières de la pauvreté. Bref, la fin de ces emplois serait un désastre.
Moins d’emplois
Mais les préserver ne sera pas facile. En octobre 2017, Amazon s’est vu accorder un brevet aux Etats-Unis pour « un système de fabrication de vêtements à la demande, » qui peut personnaliser les commandes et optimiser la production à partir de n’importe où, pour moins cher. Amazon a déjà reçu l’approbation pour sa première usine de production, à Norristown (Pennsylvanie), deux ans après avoir annoncé le lancement de sa propre ligne d’habillement.
Avec des inventions futuristes, comme l’analyse par intelligence artificielle des tendances de la mode et même un miroir de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ En annonçant une baisse de 400  millions d’euros des crédits, le ministre de l’économie a confirmé l’intention de trancher dans le vif.
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Régime sec pour les chambres de commerce et d’industrie

En annonçant une baisse de 400  millions d’euros des crédits, le ministre de l’économie a confirmé l’intention de trancher dans le vif.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h39
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            Elise Barthet








                        



   


Le couperet est tombé mardi 10 juillet. En annonçant, devant l’assemblée générale des chambres de commerce et d’industrie (CCI), une baisse de 400 millions d’euros des crédits alloués au réseau d’ici à 2022, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a confirmé l’intention du gouvernement de trancher dans le vif. « Il y aura un impact sur les personnels », a-t-il reconnu, estimant que les chambres consulaires devaient maintenant se « réinventer ».
Ce coup de rabot, dont le montant avait filtré la semaine dernière, a suscité un mouvement de colère dans les CCI. Lundi et mardi, des débrayages et des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, de la Gironde à la Moselle. Et même si le ministre s’est défendu de « faire une croix » sur ces établissements « nés sous Henri IV, en 1559, à Marseille », nombreux sont ceux à se demander s’ils survivront à la saignée. Sur les 31 000 salariés des 126 CCI, 2 500 équivalents temps plein sont susceptibles de disparaître, selon des estimations évoquées dans le rapport de l’inspection générale des finances remis en mars au gouvernement.
Angoisse du personnel
L’angoisse est d’autant plus forte, du côté du personnel, que ce n’est pas la première fois que les chambres sont mises à contribution pour diminuer la dépense publique. Depuis 2012, les taxes de frais de chambres dont s’acquittent les entreprises n’ont cessé de fondre, provoquant des vagues de départs volontaires et des suppressions de poste dans le réseau. Un peu plus de 1 000 personnes ont quitté la CCI de Paris-Ile-de-France, entre 2015 et 2016, soit 20 % des effectifs. La chambre de l’Essonne est allée jusqu’à symboliquement mettre en vente ses locaux d’Evry sur le site Le Bon Coin en octobre, pour protester contre la décision de l’exécutif de réduire (déjà) de 150 millions d’euros les crédits en 2018. Une coupe qui devait être la seule du quinquennat.
Conscient des efforts « considérables » qu’il demande à nouveau au réseau, M. Le Maire s’est voulu rassurant : « Si, à un moment donné, il faut ralentir parce qu’il pourrait y avoir de la casse, parce que ça ne passe pas, eh bien nous ralentirons », a-t-il promis. En attendant, les CCI doivent impérativement se recentrer sur « leurs missions prioritaires, qui justifient le recours à une taxe affectée ». Trois surtout : l’aide à la création d’entreprises, la formation initiale dans les territoires, par le financement des écoles de commerce, et la représentation des sociétés à l’échelle locale.
La CCI de Paris-Ile de France, première concernée
Les économies ainsi dégagées seront « intégralement rendues aux entreprises par une baisse à due concurrence des impôts de production CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises] et CFE [cotisation foncière des entreprises] », a souligné le ministre. Deux députées de La République en marche, Stella Dupont et Valérie Oppelt, sont chargées d’accompagner le chantier. Un big bang censément facilité par la future loi sur la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) qui devrait permettre aux chambres de poursuivre des activités marchandes et de recruter des personnels de droit privé. Les salariés bénéficient aujourd’hui d’un statut hybride, bien qu’ils soient considérés comme agents publics de l’Etat.
Première concernée par la réduction des ressources fiscales, la CCI de Paris-Ile de France pourrait voir son budget baisser de quelque 100 millions d’euros d’ici quatre ans. Anticipant sur l’annonce, elle a déjà adopté un plan stratégique qui vise à filialiser ses activités ne relevant pas directement des missions prioritaires. Un virage à 180 degrés vers le privé, calqué sur ce qui se fait déjà au sein de sa branche congrès et salons, et le développement d’activités marchandes. « On a le même modèle de développement que La Poste, explique Didier Kling, son président. Face à une baisse constante du courrier, l’entreprise a dû diversifier ses sources de revenus. Nous suivons la même voie. »
Le président régional a également annoncé à HEC, l’Essec et l’ESCP, trois écoles de commerce qui lui appartiennent, qu’elles devront se passer de subventions d’ici trois ans. Pour assurer leur développement, « la seule solution est d’aller chercher des capitaux privés », estime Didier Kling, souhaitant doter d’un statut juridique chaque établissement. Au total, 19 écoles de management sont gérées par la chambre.
Mais toutes les CCI ne pourront pas s’aligner sur ce modèle. Les plus fragiles craignent de disparaître purement et simplement. « C’est catastrophique et sans précédent. Pour nous, réformer, il n’y a pas de problème, mais la purge est tellement immense que ce n’est pas tenable », a déclaré à Reuters Pierre Massy, président de la CCI de Limoges (Vienne).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les appareils volants sans pilote à bord font drastiquement baisser les coûts des relevés, et ils bousculent la profession.
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Les géomètres veulent prendre la mesure des drones

Les appareils volants sans pilote à bord font drastiquement baisser les coûts des relevés, et ils bousculent la profession.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h36
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            Jean-Michel Normand








                        



                                


                            

Le trépied, outil caractéristique du géomètre, est promis au musée dans un avenir proche. La profession commence à utiliser à grande échelle un autre instrument qui, s’il ne fournit pas de données plus précises, offre l’avantage de travailler bien plus vite et pour beaucoup moins cher : le drone. Appareils à voilure fixe (mini-avions sans pilote, capables de voler plus d’une heure d’affilée) ou tournante (multicoptères à hélices, à l’aise en vol stationnaire), ils sont en passe de bouleverser les règles du jeu de la concurrence entre les diverses familles de géomètres.

A vrai dire, la profession ne passe pas du trépied au drone. Ces dernières décennies, elle s’est déjà convertie au numérique en utilisant, entre autres, un nombre croissant d’instruments de mesure recourant au positionnement GPS. Pour la modélisation de vastes étendues, les géomètres ont recours à des relevés par avion. Réalisées en surface, ces opérations étaient forcément longues, fastidieuses et coûteuses. « Jusqu’alors, il fallait une vingtaine de personnes pour couvrir 20 à 30 hectares en une journée. Avec un drone, on peut quadriller au moins 100 hectares et avec une équipe réduite », souligne Chase Fly, géomètre-expert chez le constructeur de drones Delair.
La société vient de commercialiser l’UX11, un appareil d’une autonomie de cinquante-neuf minutes évoluant à 120 mètres du sol, capable d’embarquer un équipement afin de stocker des images précises au centimètre. Ces données de photogrammétrie seront traitées pour réaliser des modélisations numériques en 3D d’un chantier ou d’une parcelle de terrain. En embarquant un lidar – radar utilisant un laser –, un drone peut réaliser des relevés sous forme de nuages de points à travers la canopée et passer au peigne fin des zones peu voire pas du tout accessibles.
Vols programmés
Largement adoptés par les exploitants de carrières – qui, en comparant les relevés de terrain, ont trouvé un moyen particulièrement...




                        

                        


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Jacques Mézard : « 15 millions d’euros pour les associations en 2019 »

Le ministre de la cohésion des territoires détaille les axes de son action en direction des banlieues.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h36
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, a organisé, mercredi 11 juillet, un « rendez-vous de mobilisation nationale pour les habitants des quartiers politique de la ville ». L’occasion de faire le point sur la stratégie de l’exécutif pour les banlieues, axée sur l’emploi.
Vous évoquez une « séquence avec les entreprises ». De quoi s’agit-il ?
BNP Paribas, Engie, Ikea, Leclerc, Fnac, Orange, Elior, Sodexo, Aéroports de Paris… Nous avons rencontré une trentaine de grandes entreprises. Le président de la République va bientôt faire venir les entreprises du SBF 120 [les 120 plus grosses sociétés cotées à la Bourse de Paris]. Nous proposons à chacune un pacte d’engagement sur mesure. Trois sociétés en signent un ce mercredi : Accor, Adecco, qui s’engagent à proposer 400 stages de 3e par an, et la Fédération régionale des travaux publics d’Ile-de-France, qui en proposeront 1 500 ainsi que 300 contrats d’apprentissage.
S’engagent-elles aussi à recruter ?
Non. J’ai un principe : ne pas tromper les gens. Il faut être réglo. Annoncer des CDI alors que l’on n’est pas certain que cela puisse se réaliser, non. Pousser les entreprises à s’engager, en revanche, oui. Il s’agit d’une amicale pression, et c’est un vrai message politique.
Les entreprises qui ne respectent pas leurs engagements seront-elles sanctionnées ?
Non. Mais nous n’hésiterons pas à les nommer publiquement, tout comme l’Etat, qui s’est engagé à proposer 15 000 stages aux collégiens de 3e. C’est le même principe que celui du « name and shame » [nommer et faire honte] appliqué aux testing, que nous allons par ailleurs développer.
Vous proposez également une « séquence avec les associations »…
Les associations sont un élément-clé de l’action dans les quartiers. Nous allons leur donner un coup de main, notamment financier : quinze...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ En cinq ans, la superficie de la gare parisienne doit tripler, passant de 36 000 m² à 110 000 m², avec des aménagements destinés à en faire un lieu de vie autonome.
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Commerces, sports, crèche… vous ne prendrez plus seulement le train à la gare du Nord

En cinq ans, la superficie de la gare parisienne doit tripler, passant de 36 000 m² à 110 000 m², avec des aménagements destinés à en faire un lieu de vie autonome.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h27
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

Avant 2024 et ses Jeux olympiques d’été à Paris, la gare du Nord va tripler de taille. Coût du projet : 600 millions d’euros. Pour ces travaux titanesques, la société foncière du groupe nordiste Auchan a été choisie, lundi 9 juillet, par la SNCF pour l’accompagner dans son grand projet de transformation de la première gare d’Europe, qui voit passer 700 000 voyageurs quotidiennement. Une petite victoire pour Ceetrus (ex-Immochan), à la tête de 393 sites commerciaux dans le monde, dont la plupart des galeries marchandes attenantes aux hypermarchés d’Auchan.
Avant la fin de l’année, les deux parties devraient avoir créé « une société commune détenue à 34 % par SNCF Gares & Connexions et à 66 % par Ceetrus pour porter le projet d’agrandissement de la première gare d’Europe et son exploitation commerciale sur une durée de trente-cinq à quarante-six ans », précise le communiqué. D’ici au 30 juin 2023, la superficie de la gare du Nord passera de 36 000 m² à 110 000 m², avec des aménagements destinés à en faire un lieu de vie autonome, plus uniquement consacré au transport ferroviaire. Piste de course d’un kilomètre sur les toits et autres équipements sportifs, création de stationnement pour les vélos, espace de coworking, crèche, activités culturelles, salle pour des concerts… la liste des équipements est longue. A cela s’ajoute l’amélioration des infrastructures de transports en commun et des espaces de services et de commerces, qui seront quintuplés, passant de 10 000 m² à près de 50 000 m².
« Dupliquer » la réussite de Saint-Lazare
Depuis quelques années, l’entité du groupe ferroviaire SNCF Gares & Connexions se fait épauler par des partenaires économiques et financiers pour rénover les gares. L’idée : « dupliquer » la réussite économique de la transformation d’une autre gare parisienne, la gare Saint-Lazare, et ses 11 000 m2 de commerces nouvellement créés. Car, en moyenne, 30 % de ceux qui arpentent les gares parisiennes ne...




                        

                        


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Les marchés pétroliers déboussolés par Trump

Le président américain exige une baisse des prix de l’essence pour les consommateurs américains et fait pression sur les pays producteurs. Mais sa politique étrangère contribue à faire monter les cours du pétrole



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h20
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                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

A quoi joue Donald Trump ? Le président américain a demandé à grand renfort de Tweet – et de coups de fil insistants – aux pays producteurs de pétrole d’augmenter la production pour faire baisser les prix au niveau mondial. Mais sa propre politique étrangère est en train d’annuler une grande partie de son action. Mardi, les prix ont flirté avec les 80 dollars, l’un des niveaux les plus élevés depuis trois ans et demi.

Donald Trump semble interpréter deux partitions contradictoires. « L’administration Trump veut des prix de l’essence bas pour des raisons politiques, mais veut aussi maximiser l’impact des sanctions sur l’Iran. Trump essaie de gagner sur les deux tableaux », explique ainsi la chercheuse Samantha Gross dans une note de la Brookings Institution. « Mais les actions qui retirent des barils de pétrole d’un marché tendu ont des répercussions à domicile, malgré la montée en puissance des Etats-Unis en tant que gros producteur de pétrole. » 
Le président américain a multiplié, ces dernières semaines, les sorties très agressives contre le cartel pétrolier. « Le monopole de l’OPEP doit se rappeler que les prix de l’essence sont en hausse et qu’ils font bien peu pour aider. Il tire les prix vers le haut alors que les Etats-Unis défendent plusieurs de ses membres en échange de très peu de dollars. Il faut que ce soit donnant-donnant. Baissez les prix maintenant ! », a ainsi tweeté le président américain le 4 juillet.
Fin juin, à Vienne, les pays de l’OPEP et leurs alliés s’étaient pourtant exécutés. Ils ont augmenté la production, malgré leurs difficiles débats internes. L’Arabie saoudite, fidèle alliée de Washington, avait alors cherché à rassurer les marchés et le président américain en garantissant que le pays réaliserait la hausse de production nécessaire.
Une succession de pertes de production
En juin, Riyad a ainsi produit plus de 10,5 millions de barils...




                        

                        

