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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les députés du groupe Agir expliquent que si la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron permet de renforcer le pouvoir exécutif, elle oublie en revanche de renforcer le pouvoir législatif.
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« On ne saurait tolérer le renforcement du pouvoir présidentiel sans renforcer celui du Parlement »

Dans une tribune au « Monde », les députés du groupe Agir expliquent que si la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron permet de renforcer le pouvoir exécutif, elle oublie en revanche de renforcer le pouvoir législatif.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h33
    |

Franck Riester (Député du groupe Agir à l'Assemblée nationale) et Olivier Becht (Député du groupe Agir à l'Assemblée nationale)







                        



                                


                            

Tribune. S’il adoptait la révision constitutionnelle qui est actuellement débattue, le Congrès procéderait ainsi à la vingt-cinquième modification de la Constitution de la Ve République depuis 1958. Finalement, c’est sa relative plasticité qui a permis à la Constitution voulue par le général de Gaulle de traverser le temps puisqu’elle sera dans cinq ans la plus vieille Constitution de toute l’histoire de la République.
Pour autant, les révisions successives ont progressivement gommé l’esprit des origines. Que reste-t-il du président gardien des institutions et arbitre voulu par le général ? Mais n’est-ce pas de Gaulle lui-même qui, dès 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel direct, modifiait l’équilibre des pouvoirs en faisant du président le vrai patron de l’exécutif ?
Cet équilibre allait d’ailleurs encore se modifier après le vote en 2000 du quinquennat qui permet l’alignement et la concomitance des élections législatives et de l’élection présidentielle au bénéfice de cette dernière, qui devient l’élection phare déterminant désormais systématiquement la majorité à l’Assemblée.
Malheur aux frondeurs
Fort d’une majorité qui lui doit son élection, le président est depuis 2002 totalement libre de gouverner. A l’origine de 80 % des lois, le pouvoir exécutif est, de fait sinon de droit, devenu le véritable législateur en France. Les parlementaires sont priés de voter. Malheur aux frondeurs.
Et voilà qu’incidemment, au détour d’une phrase, le président demande désormais à pouvoir entrer dans l’arène parlementaire en participant aux débats du Congrès après avoir adressé chaque année son « discours sur l’état de l’Union ». Faut-il s’y opposer ? Nous ne le pensons pas. Pourquoi ? Simplement parce que cela va dans le sens de l’Histoire débutée dès 1962 avec la présidentialisation du régime.

Toutefois, il convient de prendre la dimension de l’ensemble de ces changements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Quand une entreprise fait un sondage sur le droit à la déconnexion, ressort en particulier chez les jeunes collaborateurs l’idée d’une connexion choisie, l’interdiction étant jugée au mieux paternaliste, au pire hypocrite, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Vacances connectées : une « servitude volontaire » ?

Quand une entreprise fait un sondage sur le droit à la déconnexion, ressort en particulier chez les jeunes collaborateurs l’idée d’une connexion choisie, l’interdiction étant jugée au mieux paternaliste, au pire hypocrite, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 15h11
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Pour atteindre le 7 août 1935 son objectif de 100 tonnes de charbon au lieu des 7 tonnes réglementaires, Andreï Stakhanov n’aurait pu terminer sa tâche ailleurs qu’à la mine, en application d’une loi ne figurant dans aucun code : celle de la pesanteur, qui interdit physiquement au travailleur manuel d’emporter le soir avec lui machines et matières premières « pour terminer tout ça à la maison ». Et s’il veut se reposer, il ordonne à ses bras de se reposer. Mais qu’en est-il pour nos neurones aujourd’hui assistés par portable ?
Les « vacances » qui s’annoncent constituent un précipité de la radicale remise en cause de notre droit du travail, conçu sur le modèle physique des usines automobiles avec leur unité de temps (la sirène du matin et du soir) ? de lieu (l’usine avec ses hauts murs) et d’action (la chaîne). Certes, sur ce terrain, le sort des vendeuses, caissières et autres salariés de centres de logistique n’est pas très éloigné de celui du métallo d’hier.
Le droit du travail doit, comme pour le télétravail, favoriser une régulation collective, adaptée à chaque entreprise
Mais pour un travailleur du savoir, la mise au repos forcé de ses neurones relève de l’impossible : ces derniers n’en font qu’à leur tête, et le lourd dossier Y peut s’inviter dans son cerveau, gâchant une belle soirée entre amis.
La déconnexion intellectuelle, c’est beaucoup plus que le droit à la déconnexion technique acté par la loi du 8 août 2016 ; et le travail à distance peut intervenir déconnecté. Si en plus, quand une idée nous travaille, notre « portable » professionnel a été emporté, à l’heure de la sieste c’est tout le bureau qui arrive sur la plage ou au refuge.
La peur du licenciement
Les entreprises peuvent, certes, bloquer l’accès aux serveurs, ajouter des articles au règlement intérieur pour interdire toute connexion sur les temps de repos et de congés : cela rendra service à la direction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La politique commerciale brouillonne de Donald Trump dessert la lutte contre les pratiques commerciales chinoises, devenues le problème n° 1 de la mondialisation, analyse le politologue Yannick Mireur, spécialiste des Etats-Unis, dans une tribune au « Monde ».
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Trump, une mauvaise méthode pour « servir une juste cause »

La politique commerciale brouillonne de Donald Trump dessert la lutte contre les pratiques commerciales chinoises, devenues le problème n° 1 de la mondialisation, analyse le politologue Yannick Mireur, spécialiste des Etats-Unis, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h02
    |

Yannick Mireur (Politologue)







                        



                                


                            

Tribune. Incohérente et incendiaire, la politique commerciale de Donald Trump a fini par réveiller un Congrès qui semblait tétanisé par le vociférateur de la Maison Blanche.
Confirmant un vote du Sénat quelques jours plus tôt, une majorité écrasante de la Chambre des représentants a, le 26 juin, interdit toute relation commerciale entre le Pentagone et ZTE, groupe public de télécommunications chinois ciblé depuis des années pour violation des sanctions contre la Corée du Nord et l’Iran, mais dont Donald Trump souhaitait aménager les contraintes au nom d’un hypothétique deal global visant à réduire le déficit américain avec la Chine.
Des mesures contestées par l’industrie américaine
Le Congrès réaffirme ainsi ses prérogatives en matière commerciale face à l’exécutif, qui avait invoqué une loi de 1962 pour prendre des mesures tarifaires unilatérales sur des critères – discutables – de sécurité nationale, comme celles sur les importations d’acier et d’aluminium.
Ces mesures, qui frappent surtout les alliés canadien et européens des Etats-Unis, sont contestées par l’industrie américaine, qui y voit une menace sur les emplois. Devant ce chaos, le Congrès a voulu imposer la voie plus classique de la Commission sur les investissements étrangers (CFIUS) contre l’argument fallacieux de la sécurité nationale, qui sert en fait le désir de la Maison Blanche de se prémunir contre un commerce mondial qu’elle juge inéquitable, et surtout contre l’entrée de capitaux chinois dans les secteurs technologiques.

Dans la déconcertante confusion caractéristique de l’administration Trump, qui mêle ces deux sujets bien distincts, la correction de tir effectuée par le pouvoir législatif, soutenue par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo contre la ligne plus dure des conseillers à la Maison Blanche, peut rassurer.
Rien n’indique cependant qu’une guerre commerciale soit écartée,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…
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L’été, saison sportive de tous les dangers

Les vacances estivales sont l’occasion de renouer avec l’activité physique – et de s’exposer aux risques qu’elle implique. Des précautions s’imposent…



Le Monde
 |    11.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h36
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Pourquoi ne pas profiter de la pause estivale pour faire du sport ? Les vacances sont des moments privilégiés pour les bonnes résolutions, avec la volonté parfois de rattraper le « temps perdu ». Le soleil, la nature et… le Mondial de football sont autant de facteurs qui incitent à bouger plus.
Les bienfaits de l’activité physique pour la santé ne sont un secret pour personne. Que ce soit pour améliorer l’endurance cardio-respiratoire, réduire le risque de maladies non transmissibles, d’anxiété… Or, un adulte sur quatre ne suit pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité soutenue. Sans parler des méfaits de la sédentarité.
Alors n’hésitez pas, les vacances sont l’occasion de davantage bouger et de faire du sport. Mais attention, tempère Eric Dugas, professeur des universités à Bordeaux en sciences de l’éducation et directeur du département recherche en sciences humaines et sociales, « il ne faut pas confondre activité sportive, a fortiori en compétition, où un certificat médical et une licence sportive sont exigés et un entraînement régulier est nécessaire, avec une activité physique de loisir, pratiquée pour être en forme ».
S’il n’y a aucun souci pour la natation, la marche… il faut en revanche être vigilant avant de se lancer dans une pratique intense, répétée, comme le tennis par exemple, avec des accélérations, des à-coups, ou faire un jogging ou du vélo avec intensité sous une forte chaleur. Attention aux chutes, encore trop de cyclistes partent bille en tête faire du VTT ou monter et descendre des cols sans mettre de casque ! Pour limiter les risques, « il faut savoir s’auto­évaluer et connaître l’environnement dans lequel on évolue », avertit Eric Dugas.
Prévention à l’attention des vacanciers
Le ministère des sports a répertorié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le système comptable des entreprises reflète des croyances et des valeurs qui justifient la vision actionnariale, analysent dans une tribune au « Monde » les universitaires Philippe Chapellier, Emmanuelle Nègre et Marie-Anne Verdier. Ils suggèrent que soit développée une représentation comptable de la responsabilité sociale des entreprises
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Les salariés ne sont pas une « charge » comptable

Le système comptable des entreprises reflète des croyances et des valeurs qui justifient la vision actionnariale, analysent dans une tribune au « Monde » les universitaires Philippe Chapellier, Emmanuelle Nègre et Marie-Anne Verdier. Ils suggèrent que soit développée une représentation comptable de la responsabilité sociale des entreprises



Le Monde
 |    11.07.2018 à 13h42
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Dans le système comptable actuel, les salariés sont toujours considérés du point de vue de ce qu’ils coûtent et jamais de ce qu’ils rapportent. Plus précisément, les dépenses relatives aux salariés sont comptabilisées en tant que charges, laissant supposer que les salariés constituent plus un « poids » qu’une ressource pour l’entreprise. Ce traitement comptable n’est pas anodin dans la mesure où il laisse penser que réduire les effectifs permettrait automatiquement de diminuer les charges et donc d’accroître les performances des entreprises.
Ainsi, HTC, le géant taïwanais des téléphones, a annoncé début juillet son intention de supprimer 1 500 emplois. Cette « réorganisation des ressources » est motivée par une recherche accrue de flexibilité et une volonté de renouer avec la profitabilité. Dans la même veine, Carrefour a justifié en janvier l’annonce d’un plan de départs volontaires proposé à 2 400 salariés par la nécessité de réduire « le poids et la complexité des sièges dans l’organisation du groupe » afin d’« améliorer l’efficacité opérationnelle » (communiqué de presse du 23 janvier 2018).
De tels arguments semblent surprenants dans la mesure où les recherches scientifiques portant sur le lien entre réduction d’effectifs et augmentation des performances sont loin de donner des résultats unanimes. Cette vision étriquée et trompeuse immobilise les entreprises dans une pensée unique et freine la recherche de solutions alternatives, comme nous l’expliquons dans un chapitre de Comptabilités et société. Entre représentation et construction du monde (éditions EMS, mai 2018).
Un outil de dialogue
Des réflexions ont certes été entamées à partir des années 1960 jusqu’à la fin des années 1970 par plusieurs chercheurs, principalement américains, pour proposer d’autres manières de considérer les salariés au sein du système comptable. Ces réflexions s’orientaient notamment vers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Avec ses règles, son arbitrage et son organisation qui régulent la compétition, le Mondial est l’expression la plus haute des valeurs de l’échange, observe Luiz Pereira da Silva, haut fonctionnaire international, dans une tribune au « Monde ».
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Le football, « une bonne réponse aux tendances protectionnistes et nationalistes »

Avec ses règles, son arbitrage et son organisation qui régulent la compétition, le Mondial est l’expression la plus haute des valeurs de l’échange, observe Luiz Pereira da Silva, haut fonctionnaire international, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 12h30
    |

Luiz Pereira da Silva







                        



                                


                            

Tribune. Le football est global et social. En 2018, la Coupe du monde, sa plus haute expression, peut être vue comme une bonne réponse aux tendances protectionnistes, nationalistes et de repli sur soi, en cette période de remise en cause du multilatéralisme et de la coopération entre nations.
Aucun dirigeant, aussi fin démagogue soit-il, ne pourra convaincre un gamin d’un bidonville, d’une favela ou d’une banlieue que, pour mieux protéger son avenir, il est souhaitable de restreindre ses ambitions footballistiques à son seul pays. Les gamins savent bien que se mesurer aux meilleurs du monde constitue le véritable ascenseur social. C’est ainsi qu’ils pourront prouver leur vraie valeur.
Le football est aussi une forme de multilatéralisme : tout le monde joue le même jeu en acceptant et respectant 17 règles très simples. Parfois on gagne, et parfois on perd. Mais c’est sur le même terrain, avec le même ballon rond, avec 11 joueurs de chaque côté. Le respect des règles est transparent. Il y a finalement un arbitrage mutuellement consenti qui est là pour immédiatement sanctionner les fautes. Règles simples et gouvernance juste : n’est-ce pas là le principe d’un vrai multilatéralisme ?
Et l’effort paie. Derrière un succès en Coupe du monde, il y a des centres de formation et des années de travail avec les jeunes pour inculquer un esprit d’équipe, où les stars doivent se plier à la discipline du groupe. Avec du travail sérieux et de la persévérance, un peu de génie individuel et un peu de chance.
Si on perd un Mondial, on peut réfléchir à ses faiblesses, réévaluer sa tactique et revenir la fois d’après. Si on gagne, il y a inévitablement une remise en cause de la stratégie dominante. N’est-ce pas là le stimulant que le multilatéralisme doit susciter ?
Se croire imbattable
Bien entendu, la financiarisation du football et la corruption ont créé des bulles et des exagérations. Avec beaucoup d’argent, parfois obscur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans « Pour en finir avec l’écologie punitive », Olivier Blond, journaliste et écrivain, prône une écologie tournée vers le bien-être économique et social de notre société.
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Manifeste pour une écologie joyeuse

Dans « Pour en finir avec l’écologie punitive », Olivier Blond, journaliste et écrivain, prône une écologie tournée vers le bien-être économique et social de notre société.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h22
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Livre. L’auteur ne s’en cache pas, il veut défaire l’écologie de toute pensée moralisante, culpabilisante et, in fine, d’une approche « punitive » qui serait le propre des écologistes, tendance puriste ou extrême gauche. Olivier Blond, journaliste et écrivain, propose dans Pour en finir avec l’écologie punitive un manifeste pour une « écologie joyeuse » et tournée vers le bien-être économique et social de notre société, débouchant sur un « bénéfice collectif ».

Pour ce faire, l’auteur n’hésite pas à convoquer toutes celles et tous ceux et qui ont vilipendé une écologie censée être punitive : Ségolène Royal, qui en a fait moult fois la critique ; Nicolas Sarkozy, prompt à la dénoncer en se rangeant aux côtés des agriculteurs, des chasseurs et des pêcheurs ; ou encore Chantal Jouanno, qui vient d’être nommée présidente de la Commission nationale du débat public. Citée par l’auteur, l’ancienne ministre de M. Sarkozy a précisé : « Nous ne sommes pas pour une écologie punitive, de régression, anticroissance, pensée par l’extrême gauche dans les années 1970. »
« Discours anxiogène des Cassandre »
Olivier Blond peut alors dérouler ce qui doit, selon lui, permettre une adhésion de l’ensemble de la société. Mais l’auteur s’interroge sur la façon d’y parvenir sans culpabiliser ni punir ceux que l’on doit convaincre.
Pour autant, dénoncer le « discours anxiogène des Cassandre » ne suffit pas. Et la démonstration manque sans doute d’un point important. L’auteur passe trop rapidement sur la définition du concept d’écologie punitive. Dans la bouche de l’ancienne ministre de l’environnement Ségolène Royal, il s’appliquait systématiquement aux mesures économiques et, surtout, fiscales. Le débat sur l’écotaxe, et son abandon par le gouvernement, en a été un parfait exemple.
Olivier Blond ouvre certains débats, comme celui sur la limite difficile qui sépare le compromis,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Les dirigeants des pays en voie de développement doivent accepter une dure vérité : les grands réservoirs de main-d’œuvre à prix réduit ne sont plus un avantage stratégique dans l’économie mondiale. Il y a un besoin urgent de réinvention industrielle, explique dans sa chronique le consultant Heshika Deegahawathura.
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Industrie de l’habillement : « Des mesures audacieuses sont nécessaires dans les pays du Sud »

Les dirigeants des pays en voie de développement doivent accepter une dure vérité : les grands réservoirs de main-d’œuvre à prix réduit ne sont plus un avantage stratégique dans l’économie mondiale. Il y a un besoin urgent de réinvention industrielle, explique dans sa chronique le consultant Heshika Deegahawathura.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h02
    |

Heshika Deegahawathura (Conseiller commercial de MAS Holdings, une des plus grandes sociétés du secteur de l’habillement en Asie du Sud)







                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Pendant de nombreuses années, le débat autour du secteur mondial de l’habillement était dominé par la question suivante : où vos vêtements ont-ils été fabriqués, et par qui ? Mais aujourd’hui, il y a une question plus pertinente : comment vos vêtements ont-ils été fabriqués, et par quoi ?
Ce que vous portez provient d’une industrie de pointe, que vous le sachiez ou non. Après des décennies de production demandeuse de main-d’œuvre, notamment d’ouvriers des pays du Sud, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique remplacent les humains dans les usines. Ces changements vont apporter de nouveaux avantages aux consommateurs – livraisons plus rapides, vêtements sur mesure –, mais ils auront un coût : les emplois de millions de personnes dans les pays à revenus faibles et moyens sont menacés.
Aujourd’hui, plus de la moitié des exportations du textile dans le monde et environ 70 % des exportations de prêt-à-porter proviennent des économies en développement. En Asie, près de 43 millions de personnes sont employées dans les secteurs de la confection, du textile et de la chaussure, et les femmes représentent les trois quarts de cette main-d’œuvre. De la Chine au Bangladesh, l’industrie du textile et de l’habillement a tiré des générations entières de la pauvreté. Bref, la fin de ces emplois serait un désastre.
Moins d’emplois
Mais les préserver ne sera pas facile. En octobre 2017, Amazon s’est vu accorder un brevet aux Etats-Unis pour « un système de fabrication de vêtements à la demande, » qui peut personnaliser les commandes et optimiser la production à partir de n’importe où, pour moins cher. Amazon a déjà reçu l’approbation pour sa première usine de production, à Norristown (Pennsylvanie), deux ans après avoir annoncé le lancement de sa propre ligne d’habillement.
Avec des inventions futuristes, comme l’analyse par intelligence artificielle des tendances de la mode et même un miroir de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. La démission de deux ministres du gouvernement May montre qu’après des mois de compromis, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent se décanter.
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Brexit : les ambiguïtés se dissipent

Editorial. La démission de deux ministres du gouvernement May montre qu’après des mois de compromis, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent se décanter.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h30
   





                        



   


Editorial du « Monde » Certains départs peuvent signifier la fin d’une histoire ou le début d’une nouvelle. La démission en moins de vingt-quatre heures du ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, et celle du ministre responsable des négociations sur la sortie de l’Union européenne (UE), David Davis, pourraient bien appartenir à la seconde catégorie.
Tous deux affirment avoir voulu tirer les conséquences du virage pris par la première ministre, Theresa May, vers un Brexit en douceur, c’est-à-dire en faveur du maintien de liens étroits avec l’UE. Après des mois d’ambiguïté et de compromis plus ou moins assumés, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent enfin se décanter.
Depuis qu’elle occupe le 10 Downing Street, Mme May a déjà eu à affronter de nombreuses dissensions au sein de son camp. Avec les démissions de MM. Johnson et Davis, les 8 et 9 juillet, ce ne sont pas moins de onze de ses ministres qui ont déjà quitté, pour des raisons diverses, le gouvernement en l’espace de huit mois. Mais ce moment paroxystique peut avoir le mérite de clarifier la façon dont le Royaume-Uni souhaite mener son Brexit.

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D’un côté, il y a les partisans d’un projet encore assez nébuleux d’une « Grande-Bretagne mondiale », incarné par MM. Johnson et Davis, qui prônent un modèle ouvert aux quatre vents du libre-échange, sorte de Singapour anglais, pratiquant le dumping social, fiscal et environnemental. D’un autre côté, les partisans d’une rupture « responsable et crédible », selon les mots de Mme May, répondant à la tentation d’un repli protectionniste, et voulue par une majorité d’électeurs britanniques, avec un pays restant arrimé au continent sur le plan économique.
La voie du pragmatisme
En claquant la porte, les deux ministres tranchent d’une certaine façon le problème. Leur Brexit « dur », un temps soutenu par Theresa May, a désormais du plomb dans l’aile. Face aux réalités économiques – ralentissement des investissements et menaces de délocalisations –, la première ministre, alertée par les milieux d’affaires, a finalement choisi la voie du pragmatisme en tentant de garder le maximum de liens possibles avec l’UE.

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Pour autant, la partie est loin d’être gagnée pour elle. D’abord, elle reste à la merci d’un vote de défiance, même si les conservateurs britanniques qui seraient tentés par une telle aventure doivent y réfléchir à deux fois. A ce stade, il n’existe pas de majorité en faveur d’un Brexit « dur ».
Quant au champion de cette option, Boris Johnson, entre ses mensonges lors de la campagne du référendum de juin 2016 et son bilan calamiteux à la tête des affaires étrangères, sa crédibilité est largement entamée. Le scénario de l’arrivée au pouvoir du chef de l’opposition, le très à gauche Jeremy Corbyn, est également de nature à calmer les ardeurs des conservateurs les plus radicaux.
Maintenant, le plus dur reste à faire pour Theresa May : convaincre Bruxelles d’accorder au Royaume-Uni un accès privilégié au marché intérieur de l’UE. Or les Vingt-Sept sont farouchement opposés à l’idée d’une Europe à la carte, qui dissocierait la liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
Si l’on peut espérer que la négociation se débloque, son issue reste très incertaine à moins de neuf mois de la date fatidique du 29 mars 2019, lorsque le divorce deviendra, théoriquement, réalité. Le problème avec les nouvelles histoires, c’est qu’on ne sait pas comment elles se terminent.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique que les Européens, confrontés à Trump, vont devoir apprendre la triangulation.
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« L’Europe va devoir apprendre à faire sans les Etats-Unis »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique que les Européens, confrontés à Trump, vont devoir apprendre la triangulation.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 14h45
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. C’est la semaine de tous les dangers. Elle commence mercredi 10 juillet à Bruxelles, avec le sommet de l’OTAN, dans une atmosphère électrique. A l’issue de cette réunion, le 12, Donald Trump se rend en visite officielle dans une Grande-Bretagne plongée dans les abîmes d’un Brexit de plus en plus chaotique, où tout sera fait pour que le président américain ne croise pas le peuple britannique, qui lui est largement hostile. De là, il se rendra à Helsinki, où, le 16 juillet, il veut s’entretenir seul à seul avec Vladimir Poutine, avec lequel il a au moins un dessein commun : diviser l’Europe. Au même moment, à Pékin, les 16 et 17 juillet, les dirigeants de l’Union européenne et de la Chine discuteront de ce qui peut les réunir dans ce monde en pleine bascule.

Tout cela sans mentionner la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet, lors de laquelle, heureusement, l’Europe ne sera en compétition ni avec les Américains, ni avec les Chinois, ni avec les Russes.
Semaine de tous les dangers, ou de toutes les possibilités ? Pour l’Europe, c’est l’un et l’autre, comme le veut la théorie du verre à moitié vide et du verre à moitié plein. Une réalité, en tout cas, est en train d’émerger clairement. Trop lentement, comme toujours dans ce cerveau européen de l’après-seconde guerre mondiale dont la bienveillance frise parfois la naïveté, mais clairement, enfin : cette réalité, c’est la nécessité de reconfigurer un monde où le géant américain n’est plus l’ami de l’Europe.
Petite musique
Cette petite musique s’est faite insistante, ces derniers temps, parmi les chefs d’entreprise et les diplomates européens en contact régulier avec les Etats-Unis, dont ils étaient traditionnellement des admirateurs. Ils ont compris que Donald Trump n’était pas un accident de l’histoire, mais incarnait une tendance de fond, durable et structurante, qui aurait pu être décelée avant même son élection si l’on avait attaché plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le journaliste et historien revient, dans une tribune au « Monde », sur l’amalgame du président Emmanuel Macron lors de la cérémonie du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv et explique pourquoi antisionisme et antisémitisme ne peuvent pas être assimilés.
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Dominique Vidal : « Non, l’antisionisme n’est pas un délit »

Le journaliste et historien revient, dans une tribune au « Monde », sur l’amalgame du président Emmanuel Macron lors de la cérémonie du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv et explique pourquoi antisionisme et antisémitisme ne peuvent pas être assimilés.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 08h29
    |

Dominique Vidal (Journaliste et historien)







                        



                                


                            

Tribune. Francis Kalifat a de la suite dans les idées. Coup sur coup, en cette première semaine de juillet, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a rencontré les ministres de la justice, Nicole Belloubet, et de l’intérieur, Gérard Collomb, pour exiger qu’on « poursuive systématiquement les appels au boycott » d’Israël, voire qu’on « interdise » le mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS).
Ce faisant, il se glisse dans la brèche ouverte, il y a un an, par le président de la République. À la fin de son discours à la cérémonie du 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet, Emmanuel Macron avait affirmé, devant le premier ministre israélien, invité pour la première fois : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »
Etrange amalgame : d’un côté l’antisémitisme, délit sanctionné par la loi comme tous les racismes ; de l’autre l’antisionisme, une opinion que chacun est libre d’approuver ou de contester. Estimer que Theodor Herzl (1860-1904) s’est trompé en jugeant les juifs inassimilables et en les appelant à se rassembler dans un même État, est-ce criminel ?
Historiquement, Emmanuel Macron a commis une erreur. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, la majorité des juifs – communistes, bundistes, orthodoxes – rejetait le projet sioniste. Après le génocide, des centaines de milliers de survivants, faute de visas pour les Etats-Unis, gagnèrent la Palestine, d’où le conflit de 1948 avait chassé 800 000 Arabes.
Erreur historique et faute politique
S’agissait-il d’un « choix sioniste » ? La même question se pose pour deux autres vagues d’immigrés : celle des juifs Arabes, expulsés ou « importés » par l’Agence juive ; celle des juifs – et non-juifs – soviétiques, empêchés de poursuivre leur périple jusqu’aux États-Unis.
Soixante-dix ans après sa création, Israël et les territoires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Comme dans toutes les langues, la conversation mathématique laisse place au flou et aux interprétations personnelles. Des ambiguïtés mises en lumière par un ouvrage révélateur.
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Eloge de l’imprécision mathématique

Comme dans toutes les langues, la conversation mathématique laisse place au flou et aux interprétations personnelles. Des ambiguïtés mises en lumière par un ouvrage révélateur.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h30
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. Selon l’opinion générale, le langage ­mathématique est d’une précision extrême, sans la moindre ambiguïté. N’entend-on pas souvent « c’est mathématique » lorsqu’une affirmation est indiscutable ? Léo et Jean-Pierre Larroche ont eu l’idée de passer quelques semaines dans le laboratoire de mathématiques de Nantes et ­d’écouter les mathématiciens parler entre eux, dans leur langue inaccessible au ­néophyte, mais faite pourtant de mots du langage courant.
Le résultat est un livre étonnant intitulé Imprécis de vocabulaire mathématique (éditions d’Athénor, 130 pages, 22 euros), qui vient de paraître. Imprécis ? En effet, comme dans toutes les langues, la conversation mathématique laisse une large place au flou et aux interprétations personnelles.
L’ouvrage est organisé autour de chapitres très courts qui reprennent des discussions réelles dans lesquelles des mathématiciens comparent leurs compréhensions de mots qu’ils emploient souvent dans un sens technique, mais qui ont pourtant un autre sens dans la langue de tous les jours. On croirait lire une succession de poèmes ésotériques.
Voici quelques exemples.
Avez-vous déjà entendu dire d’un objet mathématique qu’il est brave, ou honnête ? Cela signifie, à peu près, qu’il ne pose pas trop de problèmes, qu’il est générique, et en tout cas qu’il n’est ni exotique ni pathologique, et encore moins sauvage.
Quelle différence fera un mathématicien entre une fonction exotique et une autre qui est pathologique ? En gros, comme on le lit dans ce livre, on emploiera plutôt ­pathologique lorsqu’on a envie de s’en ­détourner et exotique si on souhaite l’observer de plus près. Tout le monde n’est pas ­d’accord et on lit aussi que « beaucoup de ­pathologies sont belles, intrinsèquement ».
L’un des intervenants affirme que le mot « naturel » peut « semer le trouble » car il peut être « synonyme de fonctoriel qui a un sens tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Suite à la tribune d’Anne Sebba publiée dans « Le Monde », édition datée des 1er et 2 juillet 2018, Jean et Pierre-François Veil, les deux fils de Simone et Antoine Veil, réagissent
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Jean et Pierre-François Veil : « Maman dénonçait la concurrence des mémoires »

Suite à la tribune d’Anne Sebba publiée dans « Le Monde », édition datée des 1er et 2 juillet 2018, Jean et Pierre-François Veil, les deux fils de Simone et Antoine Veil, réagissent



Le Monde
 |    11.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 10h43
    |

Jean Veil (Avocat, fils de Simone et Antoine Veil) et Pierre-François Veil (Avocat, fils de Simone et Antoine Veil)







                        



                                


                            
Tribune. Comme de nombreux articles publiés ces derniers jours, la tribune de Mme Anne Sebba publiée dans Le Monde, est particulièrement bienveillante à l’égard de notre mère, et nous en sommes, bien sûr, reconnaissants. Le complet contresens de ce texte, surligné par son titre – « N’oublions pas certains combats de Simone Veil » –, nous oblige toutefois à réagir.
Ainsi que l’a rappelé le président de la République dans son éloge prononcé au Panthéon, notre mère a toujours refusé toute décoration au titre de sa déportation, en considérant n’avoir aucun mérite particulier à faire valoir à ce titre, au contraire des déportés résistants dont Malraux a définitivement rappelé l’héroïsme par son discours désormais historique.
Il s’agit là d’une différence de nature qu’elle rappelait régulièrement en même temps qu’elle insistait sur la spécificité de la Shoah : l’extermination d’un peuple, annoncée, programmée et conduite pendant plusieurs années, avec des moyens industriels considérables spécialement conçus et mis en œuvre pour ce seul objectif mortifère, ainsi que l’ont décrit Raoul Hillel et Claude Lanzmann.
« Elle insistait toujours sur les différences de nature des déportations »  
Maman dénonçait régulièrement toute forme de concurrence des mémoires, qui conduit toujours à la confusion des esprits et, en définitive, à la trahison de ces mémoires. Pour autant, elle ne s’est jamais « battue pour abolir toute distinction entre les déportées résistantes et les déportées parce qu’elles étaient juives ».
Au contraire, elle insistait toujours sur les différences de nature qui distinguaient la déportation des résistants arrêtés – des héros, la plupart du temps, torturés puis déportés dans des camps de déportation situés sur le territoire allemand qui, quelle que soit leur dureté, restaient d’abord destinés à soutenir l’effort de guerre –, de celle des juifs et des Tziganes, victimes de la folie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ En invalidant le « délit de solidarité », le Conseil constitutionnel a fait passer la fraternité d’une dimension philosophico-politique au rang de norme juridique, estime l’universitaire Emmanuel Aubin.
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« La fraternité occupe enfin la place qui aurait dû être la sienne »

En invalidant le « délit de solidarité », le Conseil constitutionnel a fait passer la fraternité d’une dimension philosophico-politique au rang de norme juridique, estime l’universitaire Emmanuel Aubin.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 10h47
    |

Emmanuel Aubin (Professeur de droit public à l’université de Poitiers)







                        



                                


                            
Tribune. Fraternité versus ordre public. Un nouvel oxymoron est né dans la jurisprudence constitutionnelle, contribuant à humaniser davantage l’assistance aux migrants. Principal protagoniste du film documentaire Libre, primé au festival de Cannes, Cédric Herrou, agriculteur poursuivi et condamné sur la base du délit dit « de solidarité » pour avoir apporté, à la frontière franco-italienne (dans la vallée de la Roya), une aide à des migrants originaires d’Afrique, a vu son nom entrer dans l’histoire du droit public avec les décisions QPC n° 2018-717/718 du Conseil constitutionnel, rendues le 6 juillet.
Au cœur de « la république sociale », titre du livre de Michel Borgetto et Robert Lafore (PUF, 2000), la fraternité a, en effet, été érigée en principe de valeur constitutionnelle par les sages, en raison de la présence de la fraternité dans le préambule de la Constitution, dans la devise républicaine (article 2 de la Constitution) et à l’article 72-3 de la Constitution qui évoque « un idéal commun ».
En consacrant une montée en puissance normative de la fraternité, cette décision permet à ce nouveau principe d’être désormais confronté, dans le procès constitutionnel, notamment à la sauvegarde de l’ordre public. Le Conseil constitutionnel était saisi de la conformité à la Constitution de l’article L. 622-4 du code de l’entrée et de séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) qui prévoit, de façon très floue, des exemptions de poursuites pénales contre les personnes apportant une aide humanitaire au séjour irrégulier d’un étranger, l’aide à l’entrée et la circulation de l’étranger irrégulier exposant toute personne, sans distinguer l’assistance rémunérée de l’entraide désintéressée, à des poursuites pénales.
Une décision « historique »
Ce même article limite, en outre, à quelques actes seulement le bénéfice de l’exemption pénale. Le texte de ces dispositions visant à lutter contre les passeurs, qui « marchandisent »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Un destin italien (3/3). Dans une série d’articles, « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du gouvernement transalpin. A la tête du ministère de l’intérieur, il a l’art d’occuper sans cesse l’espace médiatique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/07/2018
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Matteo Salvini : la consécration du pouvoir

Un destin italien (3/3). Dans une série d’articles, « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du gouvernement transalpin. A la tête du ministère de l’intérieur, il a l’art d’occuper sans cesse l’espace médiatique.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 09h50
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est une scène qui se répète plusieurs fois par semaine, hiver comme été. Aux environs de 20 heures, alors que les terrasses de la piazza Navone sont envahies par le monde, un vieil homme s’assoit face à la fontaine des Quatre-Fleuves, commande un Coca, et allume un cigarillo – un toscan. Où pourrait-il être plus tranquille ? Ici au moins, il a peu de chance d’être dérangé. Les clients sont rarement italiens, et même dans ce cas, qui s’attendrait à le trouver installé au milieu des touristes ?
A Rome, Umberto Bossi a eu le temps de prendre quelques habitudes, comme ce petit rituel, exécuté au terme de chaque séance du Sénat. Depuis les élections du 4 mars, il est le doyen du Parlement. Diminué par une attaque cérébrale, en 2004, et condamné pour détournement de fonds, il a perdu l’essentiel de son poids politique. Reste le symbole, l’aura d’« il Senatur », le fondateur de la Ligue du Nord, ce parti que son successeur, Matteo Salvini, a ramené au pouvoir, plus puissant que jamais, au prix d’une incroyable métamorphose.

Au fil de trente ans de carrière politique nationale, le « vieux » Bossi est devenu un peu romain, un comble pour un nordiste qui a si longtemps rejeté la capitale, symbole à ses yeux de toutes les dérives italiennes.
« C’est vrai, quand on a commencé cette aventure, on voulait changer Rome. Et finalement, c’est Rome qui nous a changés », convient en souriant le frère d’armes des premiers jours, Giuseppe Leoni, qui partage souvent avec son vieil ami ce rituel apéritif face aux sculptures du Bernin. Comme tant d’autres avant lui, Rome, en déployant ses charmes, a su l’apprivoiser.
Rome s’offre à lui
En sera-t-il de même avec le Milanais Salvini ? De fait, jusqu’à présent, ce dernier n’a jamais manifesté beaucoup d’intérêt pour cette ville. Lors de sa première élection au Parlement italien, en 2008, il n’était qu’un sans-grade : membre inconnu de la Commission des transports, il abandonnera son mandat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ De Matteo Salvini à Sebastian Kurz, Viktor Orban et Marine Le Pen, l’objectif des populistes est le même, dénonce l’ancien premier ministre belge, dans une tribune au « Monde » : utiliser le problème migratoire pour détruire l’Union européenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/07/2018
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Guy Verhofstadt : « Le principe de fraternité doit guider la politique d’accueil »

De Matteo Salvini à Sebastian Kurz, Viktor Orban et Marine Le Pen, l’objectif des populistes est le même, dénonce l’ancien premier ministre belge, dans une tribune au « Monde » : utiliser le problème migratoire pour détruire l’Union européenne.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h17
    |

                            Guy Verhofstadt (Ancien premier ministre belge, président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe)








                        



                                


                            

Tribune. A quelques jours de la Fête nationale, en redonnant tout son sens au mot « Fraternité », le Conseil constitutionnel est venu rappeler opportunément l’honneur de la devise républicaine issue de la Révolution française. Il était temps qu’une institution d’un pays majeur de l’Union européenne (UE) donne une boussole à ce débat devenu insane sur les phénomènes migratoires. Quoi qu’on pense des causes et quelle que soit la manière dont on appréhende les conséquences, ce sont des êtres humains qui cherchent à rejoindre notre continent et la fraternité, avant toute autre considération, doit être le sentiment premier qui nous guide.
Loin de moi l’idée de critiquer l’action d’Emmanuel Macron – au demeurant, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a été le premier à saluer l’arrêt de la Cour – pas plus d’ailleurs que celle d’Angela Merkel. Ce faisant, je pourrais alors tout aussi bien m’en prendre à Charles Michel, le premier ministre belge, ou à Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, de surcroît tous les deux de ma propre famille politique.
J’ai été moi-même dix ans premier ministre de la Belgique et je sais la sensibilité des opinions publiques sur les questions migratoires et la difficulté pour un gouvernement d’y répondre. Reste qu’on se fourvoierait tous à suivre les populistes dans la gestion de notre politique d’asile et d’immigration.
La fermeté ne doit pas empêcher l’humanité
Or, un doigt a été mis dans cet engrenage fatal au dernier sommet de Bruxelles qui s’est achevé par un compromis forcément boiteux puisque basé sur un réflexe nationaliste, voire régionaliste, de repli sur les frontières intérieures de l’UE.
Il n’aura d’ailleurs fallu que quelques heures pour que les conclusions du Conseil européen se heurtent aux fantasmes populistes : ce que cherchent en réalité l’Autriche, l’Italie, la Hongrie, la Pologne et leur marionnette bavaroise, c’est bloquer toute migration, quitte à remettre en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. Le royaume, qui préside depuis le 1er juillet le Conseil de sécurité des Nations unies, adopte une politique étrangère marquée du sceau de son indépendance, estiment Anne-Françoise Hivert et Marie Bourreau, journalistes au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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La Suède, voix médiane à l’ONU

Analyse. Le royaume, qui préside depuis le 1er juillet le Conseil de sécurité des Nations unies, adopte une politique étrangère marquée du sceau de son indépendance, estiment Anne-Françoise Hivert et Marie Bourreau, journalistes au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h28
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et 
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Analyse. Comme dans toutes les grandes familles – souvent dysfonctionnelles –, l’arrivée d’un nouveau membre obéit à la même règle : il y a celui qui se voit comme une « pièce rapportée » et celui qui se vit comme une « valeur ajoutée ». La Suède, qui a rejoint le Conseil de sécurité de l’ONU comme membre élu non permanent en janvier 2017, appartient à la seconde catégorie. En dix-huit mois, et alors qu’elle préside le Conseil en juillet, la diplomatie suédoise a été sur tous les fronts, du conflit en Syrie à la guerre au Yémen, quitte à provoquer quelques irritations chez les membres du « P3 » (Etats-Unis, France, Royaume-Uni).
« Il est important pour les membres élus d’arriver au Conseil sans trop d’humilité, admet le représentant suédois, Olof Skoog. Il n’était pas question de se laisser happer par la léthargie générale ou d’accepter qu’il y ait une limite à ce que les membres non permanents peuvent faire. Il fallait au contraire arriver avec de l’ambition. »
Stockholm affirme ainsi avoir joué un rôle déterminant dans l’organisation du sommet de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un, en maintenant le dialogue ouvert : « Le fait de ne pas être une superpuissance, avec un agenda propre, nous permet de jouer les intermédiaires et de proposer des solutions créatives », note l’ancien ambassadeur à l’ONU Anders Linden.
Dans un pays de 10 millions d’habitants, où la culture est plutôt de ne pas faire trop de bruit et de ne pas déranger, la diplomatie suédoise – fondée sur la défense viscérale du droit international et humanitaire, ainsi que sur une politique étrangère féministe – étonne, voire détonne. Lors de la campagne électorale de 2014, les sociaux-démocrates avaient fait de ce siège au Conseil une des priorités de leur politique étrangère, arguant que le royaume en avait été absent depuis près de vingt ans et qu’il était temps que la Suède y remette les pieds.
Foi dans le consensus
Nommé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Sébastian Roché estime que l’embrasement de l’agglomération nantaise après la mort d’Aboubakar Fofana révèle la défiance des populations défavorisées envers la police.
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Emeutes de Nantes : « La police a tendance à confondre force et autorité »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Sébastian Roché estime que l’embrasement de l’agglomération nantaise après la mort d’Aboubakar Fofana révèle la défiance des populations défavorisées envers la police.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h34
    |

Sebastian Roché (Directeur de recherche au CNRS, enseigne à Sciences Po Grenoble)







                        



                                


                            

Tribune. Une personne de 22 ans a été tuée lors d’un contrôle de police, mardi 3 juillet. On ne sait pas encore exactement ce qui s’est passé à Nantes. Mais la dynamique d’ensemble est bien connue et se vérifie une fois encore, depuis le choc qui crée l’embrasement à sa propagation.
Les émeutes de 2005 – les plus importantes que la France ait connues par leur durée et leur extension géographique ou encore le nombre de participants – trouvent leurs origines dans le fait que plusieurs enfants ont été tués dans une course-poursuite avec la police. La mort des enfants appelle la vengeance, car ils symbolisent l’innocence et la fragilité.
La mort d’une personne adulte a moins de puissance symbolique, mais c’est une cause fréquente de révolte contre la police ou le gouvernement en France, au Royaume Uni ou aux Etats-Unis, pour se limiter aux pays occidentaux. L’émotion est d’autant plus contagieuse que le groupe social ou ethnique qui est touché a souvent été victime dans le passé récent de diverses discriminations et se voit surreprésenté dans le profil des personnes décédées au cours des opérations de police.

C’est le cas à Nantes, à partir d’un contrôle qui prend un tour dramatique avec le décès d’Aboubakar Fofana. Sans du tout affaiblir l’événement, il convient de rappeler que les polices européennes – et la France ne fait pas exception – ont une particularité.
Par rapport à leurs homologues brésiliennes, russes ou mêmes américaines, elles utilisent bien plus rarement leurs armes et sont moins militarisées dans leur mode d’action. C’est le résultat d’un processus historique et long de pacification des mœurs, de séparation de l’armée et de la police, d’augmentation de la sélection et de l’entraînement des agents, et des normes juridiques correspondantes. Cela constitue une force morale incroyable, une source puissante de la légitimité de l’Etat et des polices elles-mêmes. Je pense que, par exemple, cette pacification...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« Il est navrant de constater que des universitaires dénigrent l’antispécisme de manière expéditive »

Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le spécisme fait de plus en plus débat dans la société. Un spéciste peut estimer, par exemple, que le fait qu’un animal appartient à une espèce particulière peut justifier à lui seul qu’on puisse le tuer pour en consommer les chairs. En France, société spéciste, on mange ainsi du cochon, mais pas du chat et encore moins de l’humain.
Le mot « spécisme » a été inventé dans les années 1970 en analogie avec les termes racisme et sexisme. Un raciste ou un sexiste va en effet ne pas avoir la même considération morale envers des personnes en fonction de leur race (ou supposée race) ou de leur sexe. Ces trois idéologies participent donc de la même logique et fondent des rapports de domination, d’exclusion et de violence à l’encontre d’individus appartenant à des catégories dépréciées.
L’intérêt des individus pris en compte
En revanche, pour l’antispécisme, l’espèce (à l’instar de la « race » et du sexe) ne peut constituer un critère pertinent de considération morale. Seul l’intérêt des individus est à prendre en compte, quelle que soit leur espèce.
Conséquemment, étant donné que l’on peut être en bonne santé sans consommer de produits d’origine animale et que les poissons, vaches, cochons ou poules ont un intérêt à la fois à ne pas souffrir et à ne pas se faire tuer, le mouvement antispéciste conteste la légitimité de l’élevage, de la pêche et des abattoirs.

Cette position bouscule bien sûr des traditions et des façons de penser millénaires. Elle remet aussi en cause le privilège que les humains s’arrogent de maltraiter les autres espèces selon leur bon plaisir. Qu’elle suscite des réactions de rejet n’est donc pas surprenant. Mais il est plus navrant de constater que des chercheurs la dénigrent de manière expéditive, comme en témoignent nombre d’interventions récentes en France.
Par exemple, dans un récent entretien, le philosophe Étienne Bimbenet récuse l’antispécisme parce que cette « idéologie »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« La presse papier est une réalité durable et un point lumineux dans le devenir tourmenté des démocraties »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h36
    |

Olivier Postel-Vinay (Journaliste, fondateur du magazine "Books")







                        



                                


                            

Tribune. Au début de l’été 1618, voici précisément quatre cents ans, sortait des presses à Amsterdam le numéro 1 de Courante uyt Italien, Duytslandt, & c. (« Evénements courants d’Italie, d’Allemagne, etc. »).
D’aucuns y voient le premier journal véritable. Un hebdomadaire en format folio d’une parfaite austérité. Une feuille unique à ses débuts. Deux larges colonnes de néerlandais en caractères gothiques sur un support en chiffons recyclés.
La suite en accéléré : l’arbre remplace le chiffon, la presse devient une industrie, un « quatrième pouvoir ». On voit les journaux résister tant bien que mal à la radio, à la télévision, aux débuts d’Internet, et puis… vient le XXIe siècle. En quelques années, lecteurs et publicité basculent vers le Web. Depuis l’an 2000, la diffusion de la presse papier payante ne cesse de baisser. Les quotidiens sont particulièrement affectés : - 40 % en vingt ans aux Etats-Unis.
Le dernier en 2043
En 2005, l’universitaire américain Philip Meyer fixe à 2043 la date du dernier exemplaire d’un journal imprimé. Aujourd’hui, la plupart des quotidiens, concurrencés par des sites en ligne, ne parviennent pas à compenser les pertes de leur version papier par les gains des abonnements à la version numérique.
Quel est l’enjeu ? Ira-t-on regretter, diront certains, une presse pétrie de partis pris et de bien-pensance, phagocytée par les lobbies, un journalisme souvent superficiel, des rédactions en chef désorientées ? « Le journaliste, esclave des trois M, écrivait Nietzsche. Le moment, les opinions [“Meinungen”] et les modes. » Question de degré.
On doit l’espérer, une société a d’autant plus de chances de bien se porter, à terme, qu’elle contrecarre plus efficacement la tendance naturelle à voir la mauvaise information chasser la bonne. L’argument vaut du point de vue politique mais aussi économique. Or à cet égard le numérique tarde...




                        

                        

