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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Personne ne misait sur l’Angleterre avant le Mondial, mais pour la première fois depuis cinquante-deux ans, l’équipe participe à un match pour la finale et le pays se prend à rêver.
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Les objectifs assignés aux Trois Lions par la presse britannique : vaincre les Bleus (et la Croatie)

Personne ne misait sur l’Angleterre avant le Mondial, mais pour la première fois depuis cinquante-deux ans, l’équipe participe à un match pour la finale et le pays se prend à rêver.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 17h46
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 18h05
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Il y a ceux qui sont déjà en finale et ceux qui s’y voient déjà. « L’attente a pris fin, l’Angleterre est prête à devenir dingue pour la Coupe du monde », écrit le Guardian. Les supporteurs anglais en sont persuadés : la Coupe du monde va « rentrer à la maison ». Mais avant de reprendre en chœur le tube des Three Lions sur Trafalgar Square, les vingt-trois joueurs anglais vont devoir éliminer la Croatie, mercredi 11 juillet, à 20 heures, à Moscou. La presse britannique semble toutefois avoir sauté cette étape, se concentrant sur son potentiel match de dimanche soir, plutôt que sur celui de mercredi.
C’est la première fois, depuis le Mondial de 1990 en Italie, que les Trois Lions (surnom de l’équipe britannique) atteignent ce niveau de la compétition, face à une adversaire qui est « à six places derrière la sélection britannique dans le classement de l’UEFA », rappelle le Guardian. Le Daily Mail évoque de son côté « le grand jour, que l’Angleterre attend depuis 10 234 jours ». Et de parler de « véritable chaos », en cas de qualification, « la première depuis 1966 ».
Si la France se prend à espérer reproduire l’exploit de 1998, l’Angleterre rêve de celui de 1966, « un événement si jalousement ancré dans la culture populaire – le stade de Wembley, la danse de Nobby Stiles ou l’image de Bobby Moore s’essuyant les mains avant d’effleurer le gant blanc de la Reine – qu’imaginer un jour l’égaler semble relever de l’hérésie », poursuit le Guardian.
Lectures différentes d’une histoire commune
Statistiques en main, The Evening Standard essaie de garder la tête froide : « L’Angleterre et la France se sont rencontrées 31 fois, mais les Trois Lions n’ont remporté qu’une de leurs huit dernières rencontres, 2-0, lors d’un match amical à Wembley en novembre 2015. En revanche, la France n’a perdu aucun match à enjeu contre l’Angleterre depuis Bilbao, le 16 juin 1982 (3-1), lors de la phase de poule de la Coupe du monde. Lors de leur dernière rencontre, en match amical, en juin 2017, Umtiti, Djibril Sidibe et Ousmane Dembele ont effacé les deux buts de Harry Kane (3-2). »
Le Sun lit autrement ces statistiques, rappelant que « depuis 1930, les deux équipes ne se sont rencontrées que deux fois, la première en 1966 – ce pourrait être un bon présage – avec une victoire 2-0 pour les Trois Lions. L’autre rencontre est celle de 1982, avec (3-1), grâce à un doublé de Bryan Robson et un but de Paul Mariner ». Le tabloïd poursuit : « En prenant en compte tous les matches, y compris amicaux depuis 1923, les face-à-face se sont soldés par dix-neuf victoires pour l’Angleterre, neuf pour la France et cinq matchs nuls. »
Le Guardian a interrogé des experts internationaux sur les chances de l’équipe britannique de remporter la Coupe du monde : « – Peuvent-ils gagner ? – Oui. – Vont-ils gagner ? – Non. » Plus prudent, The Independent refuse de vendre la peau de l’ours : « Qui va remporter la finale ? L’Angleterre est légèrement favorite, enfin, à la marge. Si le match n’était pas réglé dans le temps réglementaire, les deux séances de tirs au but qu’ils ont déjà pratiqué pourraient donner confiance à la Croatie. »
Un antidote au Brexit
Et le Brexit dans tout ça ? Gareth Southgate, le coach britannique, dont le prestige a grandi après chaque succès de l’équipe, fait mieux que Theresa May, note le Financial Times. « Il est parvenu à renégocier la relation du pays avec le continent. Son équipe réunit le meilleur des traditions britanniques et continentales. » Le Daily Express va plus loin et rappelle les propos du sélectionneur : « Le pays a traversé des moments difficiles sur le plan de l’unité [référence évidente au Brexit], mais la réponse de l’équipe en Russie, a montré que nous avons encore des valeurs communes. »
Si d’aventure, les Trois Lions se qualifient pour la finale et la remportent face aux Bleus – « honni soit qui mal y pense » – une pétition, qui a déjà recueilli près de 220 000 signatures, demande de faire du lundi 16 janvier un jour férié… pour récupérer des excès de la veille.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les deux pays annoncent des expulsions de diplomates. En toile de fond, l’accord conclu entre Athènes et l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son futur nom.
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Querelles diplomatiques entre Athènes et Moscou

Les deux pays annoncent des expulsions de diplomates. En toile de fond, l’accord conclu entre Athènes et l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son futur nom.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 13h10
   





                        


La Russie a annoncé mercredi 11 juillet qu’elle allait expulser deux diplomates grecs en réponse à l’expulsion de diplomates russes en poste à Athènes, événement qui contraste avec les traditionnelles relations excellentes qu’entretenaient les deux pays.
Citant des sources diplomatiques, le journal grec Kathimerini rapporte que les autorités grecques ont expulsé deux diplomates russes et ont interdit l’accès au territoire grec à deux autres diplomates, les soupçonnant d’avoir cherché à saboter l’accord conclu entre Athènes et l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son futur nom de « République de Macédoine du Nord ».
La Grèce « a pris des mesures pour garantir l’intérêt national » après une « ingérence » de responsables russes dans le règlement de la dispute entre la Grèce et l’ex-République yougoslave de Macédoine, ont confirmé des sources gouvernementales à l’Agence France-Presse.
« Des attitudes violant le droit international »
« Le gouvernement grec veut des bonnes relations avec tous les Etats, mais ne peut pas accepter des attitudes violant le droit international et ne respectant pas les autorités grecques », a par ailleurs déclaré le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, à la télé Skaï. « Dans ce cadre, des mesures ont été prises », a-t-il ajouté. Ni M. Tzanakopoulos ni les sources n’ont toutefois confirmé la nature de ces « mesures », ni fourni plus de détails.
Athènes et Skopje ont signé à la mi-juin un accord pour résoudre leur différend vieux de vingt-sept ans sur l’usage du nom de Macédoine, visant notamment à lever le verrou grec à l’entrée dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord de l’ancienne petite république yougoslave.
L’Alliance doit prendre acte mercredi de cette avancée lors de son sommet à Bruxelles en stipulant qu’elle est prête à intégrer l’ex-République yougoslave de Macédoine une fois l’accord, qui prévoit le changement de nom de cet Etat en « Macédoine du Nord », pleinement appliqué à Skopje, soit dans plusieurs mois.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’OTAN dispose de capacités militaires supérieures à celles de la Russie, mais les démonstrations de force de Moscou inquiètent. Analyse chiffrée, alors que le sommet annuel de l’organisation de l’Atlantique Nord se tient à Bruxelles, mercredi 11 et jeudi 12 juillet.
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OTAN versus Russie en chiffres

L’OTAN dispose de capacités militaires supérieures à celles de la Russie, mais les démonstrations de force de Moscou inquiètent. Analyse chiffrée, alors que le sommet annuel de l’organisation de l’Atlantique Nord se tient à Bruxelles, mercredi 11 et jeudi 12 juillet.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h43
    |

            Francesca Fattori, 
                                Audrey Lagadec et 
Véronique Malécot








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Editorial. La démission de deux ministres du gouvernement May montre qu’après des mois de compromis, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent se décanter.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Brexit : les ambiguïtés se dissipent

Editorial. La démission de deux ministres du gouvernement May montre qu’après des mois de compromis, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent se décanter.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 15h30
   





                        



   


Editorial du « Monde » Certains départs peuvent signifier la fin d’une histoire ou le début d’une nouvelle. La démission en moins de vingt-quatre heures du ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, et celle du ministre responsable des négociations sur la sortie de l’Union européenne (UE), David Davis, pourraient bien appartenir à la seconde catégorie.
Tous deux affirment avoir voulu tirer les conséquences du virage pris par la première ministre, Theresa May, vers un Brexit en douceur, c’est-à-dire en faveur du maintien de liens étroits avec l’UE. Après des mois d’ambiguïté et de compromis plus ou moins assumés, les positions sur la façon de prendre ses distances avec l’Europe semblent enfin se décanter.
Depuis qu’elle occupe le 10 Downing Street, Mme May a déjà eu à affronter de nombreuses dissensions au sein de son camp. Avec les démissions de MM. Johnson et Davis, les 8 et 9 juillet, ce ne sont pas moins de onze de ses ministres qui ont déjà quitté, pour des raisons diverses, le gouvernement en l’espace de huit mois. Mais ce moment paroxystique peut avoir le mérite de clarifier la façon dont le Royaume-Uni souhaite mener son Brexit.

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D’un côté, il y a les partisans d’un projet encore assez nébuleux d’une « Grande-Bretagne mondiale », incarné par MM. Johnson et Davis, qui prônent un modèle ouvert aux quatre vents du libre-échange, sorte de Singapour anglais, pratiquant le dumping social, fiscal et environnemental. D’un autre côté, les partisans d’une rupture « responsable et crédible », selon les mots de Mme May, répondant à la tentation d’un repli protectionniste, et voulue par une majorité d’électeurs britanniques, avec un pays restant arrimé au continent sur le plan économique.
La voie du pragmatisme
En claquant la porte, les deux ministres tranchent d’une certaine façon le problème. Leur Brexit « dur », un temps soutenu par Theresa May, a désormais du plomb dans l’aile. Face aux réalités économiques – ralentissement des investissements et menaces de délocalisations –, la première ministre, alertée par les milieux d’affaires, a finalement choisi la voie du pragmatisme en tentant de garder le maximum de liens possibles avec l’UE.

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Pour autant, la partie est loin d’être gagnée pour elle. D’abord, elle reste à la merci d’un vote de défiance, même si les conservateurs britanniques qui seraient tentés par une telle aventure doivent y réfléchir à deux fois. A ce stade, il n’existe pas de majorité en faveur d’un Brexit « dur ».
Quant au champion de cette option, Boris Johnson, entre ses mensonges lors de la campagne du référendum de juin 2016 et son bilan calamiteux à la tête des affaires étrangères, sa crédibilité est largement entamée. Le scénario de l’arrivée au pouvoir du chef de l’opposition, le très à gauche Jeremy Corbyn, est également de nature à calmer les ardeurs des conservateurs les plus radicaux.
Maintenant, le plus dur reste à faire pour Theresa May : convaincre Bruxelles d’accorder au Royaume-Uni un accès privilégié au marché intérieur de l’UE. Or les Vingt-Sept sont farouchement opposés à l’idée d’une Europe à la carte, qui dissocierait la liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
Si l’on peut espérer que la négociation se débloque, son issue reste très incertaine à moins de neuf mois de la date fatidique du 29 mars 2019, lorsque le divorce deviendra, théoriquement, réalité. Le problème avec les nouvelles histoires, c’est qu’on ne sait pas comment elles se terminent.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique que les Européens, confrontés à Trump, vont devoir apprendre la triangulation.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« L’Europe va devoir apprendre à faire sans les Etats-Unis »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique que les Européens, confrontés à Trump, vont devoir apprendre la triangulation.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 14h45
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. C’est la semaine de tous les dangers. Elle commence mercredi 10 juillet à Bruxelles, avec le sommet de l’OTAN, dans une atmosphère électrique. A l’issue de cette réunion, le 12, Donald Trump se rend en visite officielle dans une Grande-Bretagne plongée dans les abîmes d’un Brexit de plus en plus chaotique, où tout sera fait pour que le président américain ne croise pas le peuple britannique, qui lui est largement hostile. De là, il se rendra à Helsinki, où, le 16 juillet, il veut s’entretenir seul à seul avec Vladimir Poutine, avec lequel il a au moins un dessein commun : diviser l’Europe. Au même moment, à Pékin, les 16 et 17 juillet, les dirigeants de l’Union européenne et de la Chine discuteront de ce qui peut les réunir dans ce monde en pleine bascule.

Tout cela sans mentionner la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet, lors de laquelle, heureusement, l’Europe ne sera en compétition ni avec les Américains, ni avec les Chinois, ni avec les Russes.
Semaine de tous les dangers, ou de toutes les possibilités ? Pour l’Europe, c’est l’un et l’autre, comme le veut la théorie du verre à moitié vide et du verre à moitié plein. Une réalité, en tout cas, est en train d’émerger clairement. Trop lentement, comme toujours dans ce cerveau européen de l’après-seconde guerre mondiale dont la bienveillance frise parfois la naïveté, mais clairement, enfin : cette réalité, c’est la nécessité de reconfigurer un monde où le géant américain n’est plus l’ami de l’Europe.
Petite musique
Cette petite musique s’est faite insistante, ces derniers temps, parmi les chefs d’entreprise et les diplomates européens en contact régulier avec les Etats-Unis, dont ils étaient traditionnellement des admirateurs. Ils ont compris que Donald Trump n’était pas un accident de l’histoire, mais incarnait une tendance de fond, durable et structurante, qui aurait pu être décelée avant même son élection si l’on avait attaché plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le président américain a fait de l’Allemagne l’un de ses boucs émissaires, au point de susciter l’embarras dans un pays très attaché aux Etats-Unis.
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édition abonné


Angela Merkel joue la prudence face aux attaques de Donald Trump

Le président américain a fait de l’Allemagne l’un de ses boucs émissaires, au point de susciter l’embarras dans un pays très attaché aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h01
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Jamais un président des Etats-Unis n’avait autant critiqué l’Allemagne. Avant même l’ouverture du sommet de l’organisation de l’Atlantique Nord à Bruxelles, c’est la dépendance énergétique de Berlin qui a agacé Donald Trump mercredi 11 juillet au matin. Lors d’un petit-déjeuner avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, il s’en est pris à l’Allemagne « prisonnière de la Russie parce qu’elle tire une grande partie de son énergie de la Russie ». « Ils paient des milliards de dollars à la Russie et nous devons les défendre contre la Russie (…). Ce n’est pas normal », a-t-il martelé.
Près de deux ans après l’élection de Donald Trump, Angela Merkel continue pourtant à célébrer l’amitié germano-américaine en des termes qui pourraient laisser croire que l’arrivée du milliardaire américain à la Maison Blanche n’a pas fondamentalement remis en cause la relation particulière nouée entre les Etats-Unis et l’Allemagne fédérale, principal allié de Washington sur le continent européen pendant la guerre froide.

« Le sens des mots liberté et indépendance, c’est des Etats-Unis que nous, Allemands, l’avons appris », a déclaré la chancelière allemande lors de la réception annuelle du corps diplomatique, vendredi 6 juillet, au château de Meseberg, près de Berlin. Remerciant les Américains pour leur aide durant les onze mois du blocus de Berlin, commencé il y a soixante-dix ans, le 24 juin 1948, elle a également salué le rôle des Etats-Unis dans la réunification allemande, en 1990. « Tout cela, nous ne l’oublions pas », a-t-elle assuré, ajoutant qu’un tel héritage ne saurait être dilapidé à cause des sujets de friction qui compliquent aujourd’hui la relation entre les deux pays, comme celui du commerce : « Je ne peux qu’espérer que nous ne nous laisserons pas entraîner dans la spirale d’une guerre commerciale », a-t-elle insisté.
Ces propos tranchent avec les accusations dont M. Trump...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Beate Zschäpe a été condamnée, mercredi, à la réclusion à perpétuité pour sa participation à une dizaine de meurtres racistes, entre 2000 et 2007.
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Perpétuité pour la principale accusée de crimes néonazis en Allemagne

Beate Zschäpe a été condamnée, mercredi, à la réclusion à perpétuité pour sa participation à une dizaine de meurtres racistes, entre 2000 et 2007.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 10h57
   





                        


Un tribunal de Munich a condamné, mercredi 11 juillet, à la réclusion à perpétuité Beate Zschäpe, unique survivante d’un groupuscule néonazi baptisé « Clandestinité nationale-socialiste » (NSU), pour sa participation à une dizaine de meurtres racistes, entre 2000 et 2007. Elle était jugée depuis mai 2013 pour les meurtres de huit Turcs ou personnes d’origine turque, d’un Grec et d’une policière allemande.
Le tribunal a également privé l’accusée, âgée de 43 ans, de la possibilité de demander une libération conditionnelle au bout de quinze ans, en raison de la « gravité particulière » de sa « faute », suivant les réquisitions du parquet.
15 braquages de banque
Quasi mutique durant les cinq ans de procès, elle avait toutefois rejeté sa responsabilité dans ces meurtres commis dans toute l’Allemagne. A la clôture des débats, elle avait également assuré que l’idéologie d’extrême droite n’avait « vraiment plus aucune importance pour elle ».

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                Crimes néonazis en Allemagne : la principale accusée sort du silence



Beate Zschäpe a aussi été condamnée pour deux attentats contre des communautés étrangères et 15 braquages de banque commis par le trio NSU qu’elle formait avec Uwe Mundlos (38 ans) et Uwe Böhnhardt (34 ans), qui a vécu dans la clandestinité pendant quatorze ans. Les deux hommes avaient été retrouvés morts en novembre 2011, tués par balles dans une caravane juste avant leur arrestation.
Jugés pour avoir fourni une aide logistique au trio, quatre autres néonazis ont été condamnés à des peines allant de deux ans et demi à dix ans de prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Plusieurs cadres de la société exploitante de la mine ont été condamnés pour avoir délibérément négligé la sécurité de leurs ouvriers au nom de la rentabilité.
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Turquie : quatre ans après la catastrophe minière de Soma, le PDG condamné à quinze ans de prison

Plusieurs cadres de la société exploitante de la mine ont été condamnés pour avoir délibérément négligé la sécurité de leurs ouvriers au nom de la rentabilité.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h43
   





                        



   


Un tribunal turc a condamné mercredi 11 juillet à quinze ans de prison l’ex-PDG de la mine de Soma, où 301 personnes ont péri en mai 2014 dans la plus grave catastrophe minière de Turquie, a annoncé l’agence de presse publique Anatolie.
Le verdict du tribunal d’Akhisar (ouest de la Turquie) contre l’ancien PDG, Can Gurkan, est rendu à l’issue d’un procès qui a duré trois ans et où 37 personnes étaient jugées pour avoir délibérément négligé la sécurité des mineurs au nom de la rentabilité.
Le directeur général de la mine, Ramazan Dogru, et le directeur technique, Ismail Adali, ont pour leur part été condamnés à des peines de vingt-deux ans et six mois. Le directeur des opérations, Akin Celik, et le responsable technique, Ertan Ersoy, ont été condamnés à des peines de dix-huit ans et neuf mois de prison.
Ces peines sont en bien en deçà de celles réclamées à l’ouverture du procès par les procureurs, qui avaient demandé vingt-cinq ans de réclusion multipliés par le nombre des victimes pour chaque responsable jugé.
Proches du pouvoir
Le 13 mai 2014, un incendie avait éclaté dans un des puits de la mine de charbon du groupe Soma Kömür, prenant au piège les quelque 800 mineurs qui travaillaient à plusieurs centaines de mètres sous terre. Selon l’enquête menée par la justice, l’incendie s’est rapidement propagé à plusieurs galeries, envahies par les flammes et les émanations mortelles de monoxyde de carbone. De nombreux mineurs sont morts très rapidement, brûlés ou intoxiqués.
Un an après la fronde antigouvernementale de juin 2013, l’accident de Soma avait réveillé la contestation contre le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, aujourd’hui chef de l’Etat, accusé d’avoir négligé l’ampleur du drame et couvert les fautes des dirigeants de l’entreprise exploitante, présentés comme proches du pouvoir.

        Lire l’analyse de l’époque :
         

          Turquie : la colère monte contre Erdogan






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Lors d’une réunion informelle des ministres de l’intérieur de l’Union, jeudi à Innsbruck (Autriche), Paris devrait refuser de céder aux pressions européennes.
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Migration : la France reste sur une ligne intransigeante

Lors d’une réunion informelle des ministres de l’intérieur de l’Union, jeudi à Innsbruck (Autriche), Paris devrait refuser de céder aux pressions européennes.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 14h53
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Pas de miracle à attendre d’Innsbruck. Selon nos informations, la France devrait maintenir des positions d’une grande fermeté lors d’une réunion informelle des ministres de l’intérieur de l’Union, dans la capitale du Tyrol autrichien, jeudi 12 juillet. Entre soutien « inconditionnel » au droit d’asile, comme l’a rappelé le président Macron lundi 9 juillet devant le Congrès, et refus persistant d’accueillir un « centre contrôlé » pour trier les migrants sauvés en Méditerranée, afin de soulager l’Italie ou la Grèce, Paris refuse de céder aux pressions d’autres capitales européennes.
L’idée selon laquelle l’Hexagone pourrait héberger des centres, par exemple de « retour » pour les migrants débarqués ailleurs en Méditerranée et déboutés du droit d’asile, n’est toujours pas à l’ordre du jour. Ces centres auraient-ils convaincu Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, d’adopter une posture moins radicale ? C’est lui, le chef de la Ligue, parti d’extrême droite qui, début juin, avait provoqué la crise politique autour de la migration en fermant les ports transalpins aux bateaux de secours des ONG.

L’Italie estime avoir pris bien plus que sa part de migrants venus de Libye, et bloque à Bruxelles un texte essentiel pour limiter les « mouvements secondaires » de migrants dans l’Union européenne (UE). Faire montre de davantage de solidarité à son égard pourrait donner des raisons à Rome de lever son veto sur cette question, cruciale pour l’Allemagne, qui souhaite désormais renvoyer les migrants arrivant sur son sol dans leur pays de « première entrée » (dans les trois quarts des cas : l’Italie).
Stricte application du droit de la mer
C’est pourtant Paris qui, durant cette longue nuit de négociation, lors du conseil européen du 28 juin, avait proposé des centres « contrôlés » (elle aurait préféré « fermés »), que les pays du pourtour méditerranéen accepteraient de mettre en place sur une base « volontaire » afin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ A Vienne, le ministre de l’intérieur, qui rencontre ses homologues européens mercredi et jeudi, est affaibli par une série de scandales.
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Herbert Kickl, maillon faible de l’extrême droite autrichienne

A Vienne, le ministre de l’intérieur, qui rencontre ses homologues européens mercredi et jeudi, est affaibli par une série de scandales.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h56
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Vienne préside le Conseil de l’Union européenne depuis le 1er juillet et il devait incarner « l’homme fort », ce « premier flic » plébiscité par les Autrichiens pour réduire drastiquement le nombre des réfugiés. Herbert Kickl, qui devait petit déjeuner, jeudi 12 juillet, avec l’Allemand Horst Seehofer et l’Italien Matteo Salvini, avant de présider à Innsbruck, une réunion avec ses homologues des Vingt-Huit, fait pâle figure face aux hommes forts des gouvernements allemand et italien.
Cet idéologue d’extrême droite est englué dans les scandales. Tout ce qu’il entreprend se retourne contre lui. Au point de devenir encombrant pour le chef du gouvernement, Sebastian Kurz, un conservateur très soucieux de son image à l’étranger.
Pilier du sulfureux Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), M. Kickl est un personnage discret aux petites lunettes rondes. Il n’est autre que l’ancienne plume de Jörg Haider, dirigeant du parti d’extrême droite, mort, en 2008, dans un accident de voiture. Secrétaire général de sa formation dès 2005, député depuis 2006, il est même considéré comme le cerveau du FPÖ, et c’est la première fois, dans l’histoire de ce pays d’Europe centrale, que le ministère-clé de l’intérieur est occupé par l’extrême droite. Et pourtant, malgré son expérience, depuis qu’il est entré vraiment dans la lumière, en décembre 2017, à la faveur de la mise en place de la nouvelle coalition, il multiplie les faux pas, semblant subir l’agenda médiatique.
« Concentrer » les réfugiés
A peine nommé, ce marathonien amateur de judo a d’abord fait parler de lui en embauchant comme chef de communication un journaliste travaillant pour un site de production de « fake news » et ayant des tendances antisémites, selon Willi Mernyi, du Comité autrichien de Mauthausen, une association de rescapés des camps d’extermination.
Il a ensuite évoqué un lieu dans lequel il souhaitait regrouper les demandeurs d’asile de « manière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La réalisation tout en transparence d’Ellen van Loon s’inscrit dans la politique de réhabilitation des docks.
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Architecture : à Copenhague, un « Blox » de loisirs sur le port

La réalisation tout en transparence d’Ellen van Loon s’inscrit dans la politique de réhabilitation des docks.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 08h12
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Quand on jette un pavé dans la mare, il faut s’attendre à recevoir des éclaboussures. Le bâtiment aux allures de Space Invader qui joint désormais les rives des anciens docks de Copenhague à la place piétonne formée par la rue Bryghus, enjambant sans façon la route qui les sépare et creusant au-dessous un passage souterrain, n’est pas du goût de tout le monde. La froideur anguleuse de son enveloppe de verre, la couleur, vert d’eau, qui tranche avec les ocres et les jaunes de la ville, l’agencement de ses espaces intérieurs en blocs déstructurés, tout en transparence, sont autant de partis pris provocateurs. Fin mai, au moment de l’inauguration, ils ont valu à son architecte, Ellen van Loon, associée de Rem Koolhaas au sein de l’Office for Metropolitan Architecture (OMA), un accueil critique des plus frais.

Le « Blox », comme il a été baptisé, complète la collection printemps-été 2018 de l’OMA : la Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, à Paris, l’extension de la Fondation Prada de Milan et la Bibliothèque nationale du Qatar. Ce bâtiment, dont les 25 000 m2 se ventilent entre le Centre d’architecture du Danemark (DAC), des espaces de bureaux, une salle de gym, un restaurant, un café, des logements, un atelier de réparation de vélos, des terrasses à vue panoramique, un terrain de jeu pour enfants greffé sur une façade et un parking futuriste en sous-sol, s’inscrit dans une politique de réhabilitation (et de piétonnisation) du port.
De friche plus ou moins insalubre, cette ancienne zone industrielle s’est muée, en une quinzaine d’années, en pôle de loisirs et de culture plébiscité par les habitants, qui se baignent allègrement dans ses eaux dépolluées. Sont sortis de terre, de part et d’autre du canal, l’extension de la splendide Bibliothèque nationale (1999, conçue par Schmidt Hammer Lassen), l’Opéra (2005, Henning Larsen), le Théâtre national (2008, Lundgaard et Tranberg).
Laboratoire d’expérimentations
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans les années 2010, sponsorisée par un oligarque, l’équipe de foot de la capitale, Makhatchkala, s’offrait des stars mondiales. Le rêve a tourné court. Dans la république russe du Caucase gangrenée par la corruption et l’islamisme, les terrains sont remplacés par un parc d’attractions.
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Au Daghestan, des dinosaures en plastique remplacent les footballeurs de l’Anzhi


                      Dans les années 2010, sponsorisée par un oligarque, l’équipe de foot de la capitale, Makhatchkala, s’offrait des stars mondiales. Le rêve a tourné court. Dans la république russe du Caucase gangrenée par la corruption et l’islamisme, les terrains sont remplacés par un parc d’attractions.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 07h30
    |

            Benoît Vitkine








                              

                        

Il y a peu, c’est ici qu’était censé se dessiner l’avenir radieux du football russe. Les mercenaires à crampons, recrutés à prix d’or, devaient bousculer la géopolitique mondiale du ballon rond. Mais voilà les supporteurs ramenés à l’ère jurassique. Quand ces maudits dinosaures en plastique sont apparus sur les terrains d’entraînement, il y a un an, même les plus optimistes ont compris que les ambitions planétaires de l’Anzhi Makhatchkala, vitrine du Daghestan, étaient bel et bien enterrées. Quand un parc d’attractions prend la place des athlètes, la fin est proche. Quelques mètres plus loin, la magnifique Anzhi-Arena, une enceinte de 30 000 places tout en verre et en courbes, qui n’a pas été retenue pour la Coupe du monde, subit elle aussi un lent grignotage. Des magasins, restaurants et autres salles de fitness rognent progressivement les espaces du club.
Résultats catastrophiques
Avec une affluence moyenne, lors de la saison 2017-2018, de 7 000 spectateurs par match, il faut bien compenser. En attendant le coup de grâce ? Les plans pour l’étape d’après, la transformation de l’Anzhi-Arena en un gigantesque parc aquatique, sont prêts. Le reste n’est qu’affaire de gros sous et de résultats sportifs. Ceux de la saison qui s’achève sont catastrophiques : à la traîne toute l’année, le club, relégable, n’a sauvé sa place en première division que sur tapis vert, profitant des déboires financiers d’une autre équipe. « Tout est encore possible, rien n’est décidé, tempère, fataliste, Roustambek Pirmagomedov, le directeur de l’Arena, cet écrin en perdition inauguré en 2013. Je ne sais pas comment le club trouve son argent, mais pour l’instant il continue de payer le loyer. »
Il y a cinq ans, une éternité, des vedettes d’envergure plus large qu’un diplodocus foulaient encore les pelouses de l’Anzhi-Arena : le Camerounais Samuel Eto’o, les Brésiliens Roberto Carlos et Willian, le Français Lassana Diarra et de nombreux autres, dont la crème...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Un destin italien (3/3). Dans une série d’articles, « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du gouvernement transalpin. A la tête du ministère de l’intérieur, il a l’art d’occuper sans cesse l’espace médiatique.
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Matteo Salvini : la consécration du pouvoir

Un destin italien (3/3). Dans une série d’articles, « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du gouvernement transalpin. A la tête du ministère de l’intérieur, il a l’art d’occuper sans cesse l’espace médiatique.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 09h50
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est une scène qui se répète plusieurs fois par semaine, hiver comme été. Aux environs de 20 heures, alors que les terrasses de la piazza Navone sont envahies par le monde, un vieil homme s’assoit face à la fontaine des Quatre-Fleuves, commande un Coca, et allume un cigarillo – un toscan. Où pourrait-il être plus tranquille ? Ici au moins, il a peu de chance d’être dérangé. Les clients sont rarement italiens, et même dans ce cas, qui s’attendrait à le trouver installé au milieu des touristes ?
A Rome, Umberto Bossi a eu le temps de prendre quelques habitudes, comme ce petit rituel, exécuté au terme de chaque séance du Sénat. Depuis les élections du 4 mars, il est le doyen du Parlement. Diminué par une attaque cérébrale, en 2004, et condamné pour détournement de fonds, il a perdu l’essentiel de son poids politique. Reste le symbole, l’aura d’« il Senatur », le fondateur de la Ligue du Nord, ce parti que son successeur, Matteo Salvini, a ramené au pouvoir, plus puissant que jamais, au prix d’une incroyable métamorphose.

Au fil de trente ans de carrière politique nationale, le « vieux » Bossi est devenu un peu romain, un comble pour un nordiste qui a si longtemps rejeté la capitale, symbole à ses yeux de toutes les dérives italiennes.
« C’est vrai, quand on a commencé cette aventure, on voulait changer Rome. Et finalement, c’est Rome qui nous a changés », convient en souriant le frère d’armes des premiers jours, Giuseppe Leoni, qui partage souvent avec son vieil ami ce rituel apéritif face aux sculptures du Bernin. Comme tant d’autres avant lui, Rome, en déployant ses charmes, a su l’apprivoiser.
Rome s’offre à lui
En sera-t-il de même avec le Milanais Salvini ? De fait, jusqu’à présent, ce dernier n’a jamais manifesté beaucoup d’intérêt pour cette ville. Lors de sa première élection au Parlement italien, en 2008, il n’était qu’un sans-grade : membre inconnu de la Commission des transports, il abandonnera son mandat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ De Matteo Salvini à Sebastian Kurz, Viktor Orban et Marine Le Pen, l’objectif des populistes est le même, dénonce l’ancien premier ministre belge, dans une tribune au « Monde » : utiliser le problème migratoire pour détruire l’Union européenne.
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Guy Verhofstadt : « Le principe de fraternité doit guider la politique d’accueil »

De Matteo Salvini à Sebastian Kurz, Viktor Orban et Marine Le Pen, l’objectif des populistes est le même, dénonce l’ancien premier ministre belge, dans une tribune au « Monde » : utiliser le problème migratoire pour détruire l’Union européenne.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h17
    |

                            Guy Verhofstadt (Ancien premier ministre belge, président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe)








                        



                                


                            

Tribune. A quelques jours de la Fête nationale, en redonnant tout son sens au mot « Fraternité », le Conseil constitutionnel est venu rappeler opportunément l’honneur de la devise républicaine issue de la Révolution française. Il était temps qu’une institution d’un pays majeur de l’Union européenne (UE) donne une boussole à ce débat devenu insane sur les phénomènes migratoires. Quoi qu’on pense des causes et quelle que soit la manière dont on appréhende les conséquences, ce sont des êtres humains qui cherchent à rejoindre notre continent et la fraternité, avant toute autre considération, doit être le sentiment premier qui nous guide.
Loin de moi l’idée de critiquer l’action d’Emmanuel Macron – au demeurant, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a été le premier à saluer l’arrêt de la Cour – pas plus d’ailleurs que celle d’Angela Merkel. Ce faisant, je pourrais alors tout aussi bien m’en prendre à Charles Michel, le premier ministre belge, ou à Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, de surcroît tous les deux de ma propre famille politique.
J’ai été moi-même dix ans premier ministre de la Belgique et je sais la sensibilité des opinions publiques sur les questions migratoires et la difficulté pour un gouvernement d’y répondre. Reste qu’on se fourvoierait tous à suivre les populistes dans la gestion de notre politique d’asile et d’immigration.
La fermeté ne doit pas empêcher l’humanité
Or, un doigt a été mis dans cet engrenage fatal au dernier sommet de Bruxelles qui s’est achevé par un compromis forcément boiteux puisque basé sur un réflexe nationaliste, voire régionaliste, de repli sur les frontières intérieures de l’UE.
Il n’aura d’ailleurs fallu que quelques heures pour que les conclusions du Conseil européen se heurtent aux fantasmes populistes : ce que cherchent en réalité l’Autriche, l’Italie, la Hongrie, la Pologne et leur marionnette bavaroise, c’est bloquer toute migration, quitte à remettre en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La ville industrielle illustre le revirement idéologique du Parti social-démocrate, qui, avant les élections du 9 septembre, mène une campagne dominée par le durcissement de sa politique d’immigration.
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Suède : à Eskilstuna, le virage sécuritaire des sociaux-démocrates

La ville industrielle illustre le revirement idéologique du Parti social-démocrate, qui, avant les élections du 9 septembre, mène une campagne dominée par le durcissement de sa politique d’immigration.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h47
    |

            Anne-Françoise Hivert (Eskilstuna (Suède), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Assis sur une boîte en plastique devant une pharmacie, dans le centre d’Eskilstuna, le vieil homme, visage fripé et dents gâtées, tend la main aux passants. Comme lui, ils sont entre cinquante et soixante-dix Roms de Roumanie et de Bulgarie vivant de mendicité dans cette commune de 105 000 habitants située à 110 km à l’ouest de Stockholm.
Le 14 juin, la majorité municipale, composée des sociaux-démocrates, des conservateurs et des centristes, a voté une motion, avec le soutien de l’extrême droite, soumettant la « collecte passive d’argent » sur la voie publique à une autorisation, obtenue en commissariat contre le paiement d’un droit.
De l’avis général, l’arrêt devrait être annulé par le conseil régional. Mais le message est clair, selon Carolina Bäck, la cheffe de Stadsmission, l’association d’aide aux sans-abri : « Dans les faits, il s’agit d’une interdiction de mendier à destination de personnes en situation très précaire qu’on présente comme un trouble à l’ordre public. » Elle y voit un signe de la « polarisation » du débat à Eskilstuna, ville tiraillée par des vents contraires : creuset industriel devenu cité universitaire, petite commune de province englobée dans le grand Stockholm, foyer d’immigration où l’intégration s’est arrêtée, dans le sillage des crises successives.
Arrêté mendicité
Les sociaux-démocrates (SAP) y gouvernent depuis 1919. En 2014, ils se sont alliés aux conservateurs et aux centristes, après avoir gouverné pendant dix-neuf ans avec le Parti de gauche (Vänsterpartiet, ou V, gauche radicale). Maria Chergui, leader de la formation désormais dans l’opposition, ne décolère pas : « On a fait de notre ville une pépinière où on tente des expériences pour voir ce qui peut être appliqué ailleurs. »
De fait, la direction du SAP à Stockholm ne cache pas son intérêt pour l’arrêt mendicité et le « modèle Eskilstuna ». A la tête de la municipalité depuis 2011, Jimmy Jansson,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Analyse. Le royaume, qui préside depuis le 1er juillet le Conseil de sécurité des Nations unies, adopte une politique étrangère marquée du sceau de son indépendance, estiment Anne-Françoise Hivert et Marie Bourreau, journalistes au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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La Suède, voix médiane à l’ONU

Analyse. Le royaume, qui préside depuis le 1er juillet le Conseil de sécurité des Nations unies, adopte une politique étrangère marquée du sceau de son indépendance, estiment Anne-Françoise Hivert et Marie Bourreau, journalistes au « Monde ».



Le Monde
 |    11.07.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 11h28
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et 
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Analyse. Comme dans toutes les grandes familles – souvent dysfonctionnelles –, l’arrivée d’un nouveau membre obéit à la même règle : il y a celui qui se voit comme une « pièce rapportée » et celui qui se vit comme une « valeur ajoutée ». La Suède, qui a rejoint le Conseil de sécurité de l’ONU comme membre élu non permanent en janvier 2017, appartient à la seconde catégorie. En dix-huit mois, et alors qu’elle préside le Conseil en juillet, la diplomatie suédoise a été sur tous les fronts, du conflit en Syrie à la guerre au Yémen, quitte à provoquer quelques irritations chez les membres du « P3 » (Etats-Unis, France, Royaume-Uni).
« Il est important pour les membres élus d’arriver au Conseil sans trop d’humilité, admet le représentant suédois, Olof Skoog. Il n’était pas question de se laisser happer par la léthargie générale ou d’accepter qu’il y ait une limite à ce que les membres non permanents peuvent faire. Il fallait au contraire arriver avec de l’ambition. »
Stockholm affirme ainsi avoir joué un rôle déterminant dans l’organisation du sommet de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un, en maintenant le dialogue ouvert : « Le fait de ne pas être une superpuissance, avec un agenda propre, nous permet de jouer les intermédiaires et de proposer des solutions créatives », note l’ancien ambassadeur à l’ONU Anders Linden.
Dans un pays de 10 millions d’habitants, où la culture est plutôt de ne pas faire trop de bruit et de ne pas déranger, la diplomatie suédoise – fondée sur la défense viscérale du droit international et humanitaire, ainsi que sur une politique étrangère féministe – étonne, voire détonne. Lors de la campagne électorale de 2014, les sociaux-démocrates avaient fait de ce siège au Conseil une des priorités de leur politique étrangère, arguant que le royaume en avait été absent depuis près de vingt ans et qu’il était temps que la Suède y remette les pieds.
Foi dans le consensus
Nommé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ A la veille d’une réunion, jeudi, entre les ministres de l’intérieur de l’UE sur la question migratoire, Vienne déclare vouloir proposer un changement des règles d’asile pour que les demandes soient étudiées hors d’Europe.
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L’Autriche veut proscrire toute demande d’asile sur le territoire de l’Union européenne

A la veille d’une réunion, jeudi, entre les ministres de l’intérieur de l’UE sur la question migratoire, Vienne déclare vouloir proposer un changement des règles d’asile pour que les demandes soient étudiées hors d’Europe.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 20h11
   





                        



   


L’Autriche, qui assume pour six mois la présidence tournante de l’UE, souhaiterait qu’il ne soit plus possible, dans l’avenir, de déposer une demande d’asile sur le sol européen. Le ministre de l’intérieur, Herbert Kickl (FPÖ, extrême droite), a expliqué mardi 10 juillet, lors d’une conférence de presse, que toute autre solution « inciterait les passeurs à dire : “Je prends votre argent pour vous emmener dans l’Union européenne, parce que vous avez la garantie de pouvoir y faire une demande d’asile avec la probabilité très, très faible d’être renvoyé” ».
Dans le modèle défendu par l’Autriche, les demandes d’asile seraient enregistrées dans les camps de réfugiés hors d’Europe « par une sorte de commission mobile », selon M. Kickl. Seuls les exilés originaires de pays voisins directs de l’UE pourraient déposer leur demande d’asile sur le territoire de l’Union.
Des « centres de retour »
Le ministre a assuré ne pas y voir de contradiction avec la Convention de Genève qui définit le statut de réfugié : « Je ne vois nulle part dans ce texte que l’Europe doit être responsable des demandes d’asile de personnes venant de régions éloignées de milliers de kilomètres. »
La question migratoire et l’avenir du droit d’asile en Europe, source de tensions entre les 28 pays membres, seront au menu d’une réunion des ministres de l’intérieur de l’UE jeudi à Innsbruck, dans le sud de l’Autriche. Les ministres allemand, autrichien et italien y auront également des entretiens bilatéraux et trilatéraux.

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Lors de cette réunion, le ministre autrichien souhaite proposer à ses collègues la mise en place, dans des Etats volontaires à l’extérieur de l’UE, de « centres de retour » pour les déboutés du droit d’asile qui ne pourront pas être immédiatement reconduits dans leur pays d’origine.
La proposition de changement des règles de l’asile a été développée dans un document de travail de la présidence autrichienne de l’UE daté de début juillet, à l’origine confidentiel, et publié ces derniers jours dans la presse. Ce document estime que parmi les demandeurs d’asile, « beaucoup sont tout particulièrement sensibles aux idéologies hostiles à la liberté ou qui prônent la violence ». Il propose de ne garantir l’asile qu’à « ceux qui respectent les valeurs de l’UE et ses droits et libertés fondamentales ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Hospitalisé depuis dix jours après une exposition à l’agent innervant, Charlie Rowley est désormais conscient. Sa compagne, elle, a succombé dimanche soir.
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Le Britannique empoisonné au Novitchok « n’est plus dans un état critique »

Hospitalisé depuis dix jours après une exposition à l’agent innervant, Charlie Rowley est désormais conscient. Sa compagne, elle, a succombé dimanche soir.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 20h08
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 14h48
   





                        


Le Britannique Charlie Rowley, 45 ans, exposé à l’agent innervant Novitchok, « n’est plus dans un état critique », a annoncé mercredi 11 juillet l’hôpital de Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre) où il est soigné depuis le 30 juin.
« Son état est désormais grave mais stable », a annoncé l’hôpital dans un communiqué, évoquant « des progrès »  [qui] « nous incitent à l’optimisme ». « Charlie est encore très malade et a besoin de soins spécialisés vingt-quatre heures sur vingt-quatre ici à l’hôpital de Salisbury. » La compagne de Charlie Rowley, Dawn Sturgess, elle aussi empoisonnée au Novitchok, est morte dimanche soir.

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La principale hypothèse de la police est que le poison incriminé est lié à l’attaque essuyée début mars par l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury, par le moyen du même puissant agent neurotoxique.
La police cherchait toujours à découvrir mardi « quand et où » le couple d’anciens sans-abri a été exposé à « une forte dose » de Novitchok, possiblement après avoir manipulé un objet contaminé. Elle passait au peigne fin plusieurs endroits qu’il a fréquentés, à Salisbury et dans la ville voisine d’Amesbury, où Charlie Rowley avait un appartement.
Ioulia et Sergueï Skripal sortis de l’hôpital
La famille de Dawn Sturgess, 44 ans, s’est dite mardi « anéantie » par la mort de cette mère de famille. « On se rappellera toujours de Dawn comme une bonne âme, généreuse parfois jusqu’à l’excès », a déclaré sa famille dans un communiqué diffusé par la police britannique.
« Elle aurait fait n’importe quoi pour qui que ce soit, et ceux qui ont connu Dawn savent qu’elle aurait donné son dernier penny à quelqu’un dans le besoin », a-t-elle ajouté, s’exprimant pour la première fois depuis sa mort. « Elle avait le cœur sur la main », a-t-elle poursuivi, demandant d’« arrêter de spéculer sur Dawn et ce qui lui est arrivé ».

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Dawn Sturgess a succombé après huit jours d’hospitalisation et sa mort a entraîné l’ouverture d’une enquête pour meurtre. Originaire de Durrington (sud-ouest de l’Angleterre), elle avait trois enfants, une fille de 11 ans et deux garçons de 19 et 23 ans.
Hospitalisés dans un état critique, Ioulia et Sergueï Skripal avaient pu sortir de l’hôpital après plusieurs semaines de soins.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté pour leur sortie de l’Union européenne. Depuis, la première ministre Theresa May tente de mettre en place le Brexit, dans la douleur.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Lors d’un tchat, le correspondant du « Monde » Philippe Bernard a répondu aux questions sur la démission du ministre britannique des affaires étrangères.
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« Boris Johnson n’a pas su montrer le moindre leadership »

Lors d’un tchat, le correspondant du « Monde » Philippe Bernard a répondu aux questions sur la démission du ministre britannique des affaires étrangères.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h12
   





                        



   


Lors d’un tchat, Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres, a répondu aux questions des internautes sur les conséquences de la démission de Boris Johnson du ministère des affaires étrangères.
Un œil : Bonjour. Un abandon du processus du Brexit est-il possible ? Si oui, quelle serait la voie la plus probable : élections législatives, deuxième référendum, « simple » changement de premier ministre ?
Philippe Bernard : Il n’en est nullement question pour le moment, et la crise gouvernementale actuelle n’y change rien. Après deux ans de tergiversations, elle dote enfin le gouvernement britannique d’une vision pour ses futures relations avec l’Union européenne. Les choses peuvent changer dans différents cas de figure : si le Parlement britannique rejetait le futur contrat de divorce ou si les « rebelles » europhobes obtenaient et remportaient un vote de défiance contre Theresa May. Mais son renversement ne provoquerait pas automatiquement de nouvelles élections. Un premier ministre conservateur partisan d’un Brexit dur pourrait lui succéder. Et même si des élections avaient lieu et étaient remportées par le Labour – ce que les sondages n’indiquent pas –, ce dernier a une position sur le Brexit qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Mme May. Le scénario qui répond au plus près à votre question serait un clash dans les négociations avec Bruxelles et une absence d’accord qui précipiterait le Royaume-Uni – et le continent, dans une moindre mesure – dans une grave crise économique. Ça n’est pas totalement exclu, étant donné le retard pris dans les négociations et le fossé qui reste béant entre Londres et les Vingt-Sept.

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Bruno : Que va devenir Johnson ? A-t-il des ambitions ?
Ph. B. : En 2016, il a fait campagne pour le Brexit en pensant perdre. Lorsque la victoire est arrivée, il n’a pas assumé ses responsabilités et a refusé de devenir premier ministre. Aujourd’hui, son heure semble passée, même si ses immenses ambitions restent probablement intactes. Il a été un exécrable ministre des affaires étrangères, absent de la plupart des grands dossiers du monde et abonné aux gaffes. Lui qui prône une « Grande-Bretagne mondiale » après le Brexit n’a pas su montrer le moindre leadership. Aujourd’hui, 48 % des conservateurs eux-mêmes estiment qu’il ferait un « mauvais leader ». Mais il va retourner au Parlement comme simple député et peut prendre la tête d’une fronde anti-May, surtout si les négociations avec Bruxelles échouent.
321 : Quelles ont été les réactions au sein de l’UE ?
Ph. B. : Les Européens sont effarés et las du chaos gouvernemental britannique. Le fait que Theresa May semble être parvenue à un compromis au sein de son propre gouvernement donne enfin une base à peu près claire de négociations. Mais le retard pris inquiète Bruxelles et les milieux d’affaires continentaux. Hier, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a semblé caresser l’idée d’une renonciation de Londres au Brexit : « Je ne peux que regretter que l’idée du Brexit n’ait pas été abandonnée avec Davis et Johnson [les deux ministres pro-Brexit démissionnaires]. Mais… qui sait ? »

Politicians come and go but the problems they have created for people remain. I can only regret that the idea of… https://t.co/FUHWt8rnqJ— eucopresident (@Donald Tusk)


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Séb : Bonjour, est-ce que l’Europe accepterait un Brexit « mou » ? Michel Barnier et les Européens sont plutôt favorables à une rupture plus forte, non ?
Ph. B. : Non, je ne le pense pas. Une rupture forte signifierait la création, aux portes des Vingt-Sept, d’une sorte de Singapour européen, un pays pratiquant le dumping social, fiscal et environnemental, autrement dit un cauchemar pour l’UE. Le maintien de liens forts avec l’UE, et notamment du marché unique avec les Britanniques pour les marchandises, est désormais ce que réclame Mme May. Mais ses propositions, qui reviennent encore à « avoir le beurre et l’argent du beurre », sont loin d’être acceptées à Bruxelles.
Aurélien Lévêque : Vu la difficulté pour réaliser le Brexit, y a-t-il quelqu’un ou une force politique qui milite pour le maintien au sein de l’UE du Royaume Uni ? Ou du moins pour un nouveau référendum ?
Ph. B. : Beaucoup de Britanniques qui ont voté pour rester dans l’UE – ils sont quand même 48 % – se sentent orphelins de ce point de vue-là. Seuls le petit Parti libéral-démocrate et les minuscules Verts militent ouvertement pour un nouveau référendum et pour le maintien dans l’UE. Le Labour, pour ne pas s’aliéner ses électeurs des quartiers populaires qui ont voté pour le Brexit, défend une position très prudente et floue. Les travaillistes ne remettent pas en cause le Brexit mais ils veulent rester dans « une union douanière ». C’est à peu près, désormais, la position de Mme May. 100 000 manifestants proeuropéens ont défilé à Londres pour le deuxième anniversaire du référendum. Beaucoup chantaient : « Où est Jeremy Corbyn ? ». Plutôt que de marcher à leurs côtés, le leader travailliste avait préféré ce jour-là visiter un camp de réfugiés palestiniens en Jordanie.
Mat From London : Pensez-vous que MM. Jonhson et Davis quittent le gouvernement pour refaire le coup de Trafalgar que John Major avait fait à Margaret Thatcher, c’est-à-dire un coup d’Etat interne ?
Ph. B. : Cette intention lui est prêtée. Il peut effectivement attendre que les incompatibilités entre la position de Theresa May et celle de l’UE éclatent et que cela aboutisse à l’impasse et au chaos. Mais son bilan au Foreign Office ne plaide pas en sa faveur, et son étoile pâlit chez les conservateurs eux-mêmes. Nombre d’élus conservateurs considèrent qu’il ridiculise et affaiblit le pays.
Paul B : Quels seraient les inconvénients du « no deal » pour l’UE ?
Ph.B. : Le marché britannique absorbe 17 % des exportations globales des vingt-sept pays de l’UE, mais cette proportion est supérieure dans certains pays comme l’Allemagne et la France. Le choc économique serait brutal. La région des Hauts-de-France est d’ailleurs très inquiète à ce sujet. L’absence d’un accord sur la gestion des frontières, voire le retour des droits de douane, provoquerait d’immenses bouchons de camions à Calais et à Douvres.

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Renaud : La frontière avec l’Irlande du Nord constitue-t-elle un point de blocage impossible à résoudre sans casse ? La solution, quelle qu’elle soit, peut-elle provoquer une résurgence de la guerre civile nord-irlandaise ?
Ph. B. : C’est en effet le point crucial. La nouvelle position de Theresa May, favorable au maintien dans le marché unique pour les marchandises – et non pour les services – répond d’abord à l’exigence d’un non-retour de la frontière entre les deux Irlandes. Les Britanniques ont longtemps négligé cette question, mais la forte solidarité des Vingt-Sept avec Dublin les a conduits à la prendre très au sérieux. La nécessité de ne rien faire qui puisse conduire au retour de la violence – l’implantation de postes frontières par exemple – est unanimement reconnue. Le Brexit a une autre extraordinaire conséquence : il repose la question de la réunification de l’Irlande et en accélère probablement le processus.

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Ben : Comment Michel Barnier, qui n’a cessé de répéter que les quatre libertés de circulation – biens, services, personnes et capitaux – étaient indissociables, pourrait-il accepter la proposition britannique qui consiste à garder la libre circulation des biens en refusant celle des personnes ?
Ph.B. : Ce point du « plan May » contrevient directement au principe de l’unité du marché intérieur européen et il risque de ne « pas passer ». Mais il s’agit d’une négociation, et l’intérêt des Vingt-Sept n’est pas forcément d’aggraver la crise politique britannique et d’abandonner Mme May en rase campagne. Sa proposition se veut habile : les Vingt-Sept ont un large excédent commercial avec le Royaume-Uni en matière de marchandises, en particulier de produits agricoles. En revanche, les Britanniques veulent garder le droit de « diverger » en matière de services (finances, conseil, droits intellectuels, assurance, etc.), où ils bénéficient cette fois d’un excédent commercial. L’une des objections est que la dissociation entre biens et services est de moins en moins opérationnelle. Voir l’exemple des voitures, où la valeur des logiciels embarqués va de plus en plus prendre le pas sur la « carrosserie ».



                            


                        

                        

