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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.
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Zone euro : « Il reste encore des tabous à briser »

Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les résultats du sommet de la zone euro du 29 juin ont déçu ceux qui espéraient une mise en œuvre de la déclaration franco-allemande de Meseberg, publiée le 19 juin par Angela Merkel et Emmanuel Macron.
Néanmoins, ce sommet est une étape importante : comme nous l’appelions de nos vœux, il a permis de franchir certaines lignes rouges qui, jusqu’ici, avaient valeur de tabous dans les discours nationaux. La zone euro doit maintenant transformer cet essai, finaliser les réformes promises. Pour cela, il faudra briser d’autres tabous.
Renforcer le système bancaire de la zone euro
Le communiqué du sommet est bref, mais il contient plusieurs éléments positifs. Les dirigeants politiques européens semblent avoir compris que la priorité est de renforcer le système bancaire de la zone euro : la plus grande partie de la déclaration y est consacrée.
L’engagement ferme d’adosser le fonds de résolution des crises bancaires au Mécanisme européen de stabilité (MES) est un élément important pour solidifier le système. La référence explicite à un système européen d’assurance des dépôts après une réduction suffisante des risques, faite pour la première fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, brise un tabou, notamment allemand, et représente un pas important en direction d’une véritable union bancaire.

Nous constatons aussi une volonté encourageante d’améliorer la gestion des crises futures en renforçant le mécanisme de sauvetage que constitue le MES. Faisant référence à une lettre antérieure du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, les dirigeants signalent leur ouverture à des formes plus souples de prêts du MES ainsi qu’à des clauses d’action collective plus efficaces en cas de restructuration de dette publique, facilitant la participation de créanciers privés. De tels mécanismes vont faciliter la gestion des dettes souveraines, sans pour autant en passer par aucun mécanisme de restructuration automatique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Invoquant un conflit d’intérêts, la ministre de la culture, issue du monde de l’édition, a demandé à ne plus intervenir dans ces dossiers, dont sera chargé le premier ministre.
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Conflit d’intérêts : le gouvernement retire à Françoise Nyssen la régulation de l’édition

Invoquant un conflit d’intérêts, la ministre de la culture, issue du monde de l’édition, a demandé à ne plus intervenir dans ces dossiers, dont sera chargé le premier ministre.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h35
   





                        



   


Le premier ministre, Edouard Philippe, a retiré à la ministre de la culture, Françoise Nyssen, issue du monde de l’édition, la régulation économique de ce secteur, selon un décret publié mardi 10 juillet au Journal officiel.
La ministre de la culture se voit retirer ses attributions concernant « la tutelle du Centre national du livre » et « la régulation économique du secteur de l’édition littéraire », et ne doit intervenir dans aucun dossier impliquant « la société Actes Sud », dont elle est l’ancienne patronne, rapporte le texte de ce décret. Ces attributions sont désormais « exercées par le premier ministre », ajoute-t-il.
Conflit d’intérêts
Ces décisions ont été prises « sur la proposition de la ministre de la culture », précise le décret. Le décret a été « pris en application de l’article 2-1 du décret no 59-178 du 22 janvier 1959 relatif aux attributions des ministres », fait encore savoir le texte. Mme Nyssen a dit en « prendre acte » et veut poursuivre son action.
Dans ce décret, il est spécifié que le ou la « ministre qui estime se trouver en situation de conflit d’intérêts en informe par écrit le premier ministre (…). Un décret détermine, en conséquence, les attributions que le premier ministre exerce à la place du ministre intéressé ».

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                « Françoise Nyssen a des convictions et des idées, plus que d’autres dans le passé. Mais elle rame »



Nommée ministre de la culture en mai 2017, Françoise Nyssen, 67 ans, qui a fait d’Actes Sud l’un des fleurons de l’édition française, a dirigé à partir du début des années 1980 cette maison d’édition, fondée à Arles en 1978 par son père, Hubert Nyssen (1925-2011). Au fil des ans, Actes Sud est devenu un des plus importants éditeurs français, composé d’une galaxie d’éditeurs (Payot & Rivages, Le Rouergue, Jacqueline Chambon, Sindbad…). Actes Sud est l’éditeur de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de deux Prix Nobel de littérature (Imre Kertész et Svetlana Alexievitch).
Une question similaire s’est posée au moment de la nomination d’Agnès Buzyn au ministère de la santé, son mari, Yves Lévy, étant le patron de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). A la nomination de Mme Buzyn, un décret a été pris, plaçant l’Inserm sous la double tutelle de Matignon et du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

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                Inserm : la reconduction éventuelle d’Yves Lévy embarrasse






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Gérard Collomb voulait que les déboutés de l’asile n’aient plus que quinze jours pour faire appel. Les députés rétabliront le délai de trente jours lors de l’examen du texte en deuxième lecture.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Loi asile et immigration : vers une inflexion du texte sur les délais de recours

Gérard Collomb voulait que les déboutés de l’asile n’aient plus que quinze jours pour faire appel. Les députés rétabliront le délai de trente jours lors de l’examen du texte en deuxième lecture.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 13h31
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h08
    |

            Manon Rescan








                        


C’était l’une des lignes rouges des associations mais aussi d’une partie de la majorité La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale. Les députés devraient finalement revenir sur la question du délai de recours pour les demandeurs d’asile devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) lors de l’examen en deuxième lecture du projet de loi asile et immigration. Selon les informations du Monde, Florent Boudié, porte-parole du groupe LRM sur ce texte, a annoncé, mardi 10 juillet en réunion de groupe, que Gérard Collomb a donné son accord à une modification de son projet de loi.
Le ministre de l’intérieur souhaitait que les déboutés de l’asile n’aient plus que quinze jours pour faire appel, contre trente jours actuellement. Il justifiait cette mesure par la volonté d’accélérer le traitement des demandes d’asile en France. Mais elle avait été fortement contestée par les associations et certains élus, tous estimant qu’elle portait atteinte aux droits de la défense.
En première lecture à l’Assemblée, les débats avaient été vifs et la mesure n’avait été adoptée que de justesse (62 voix pour et 42 contre), une partie du groupe LRM et l’ensemble des députés MoDem présents s’y étant opposés.

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                Loi asile-immigration : une petite partie des députés LRM se désolidarise du texte de Collomb



La question de la rétention des enfants
La présence de cette mesure avait pesé dans le fait qu’une partie de la majorité avait opté pour la politique de la chaise vide lors du vote sur l’ensemble du texte en première lecture : une centaine de parlementaires LRM n’avaient pas pris part au scrutin, une quinzaine s’était abstenue et un député avait voté contre.
Les sénateurs, qui ont durci le texte sur d’autres points, avaient, eux, rétabli le délai initial de trente jours lors de l’examen du texte au Palais du Luxembourg. Dans ce contexte, et face au risque que la majorité se divise une nouvelle fois sur cette mesure, Gérard Collomb a accepté de lâcher du lest à la veille du début de la seconde lecture en commission. « C’est une très bonne nouvelle, tant c’était une demande forte et légitime de l’ensemble des acteurs », a salué dans un communiqué Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire), l’un des députés de la majorité les plus réservés sur le texte et qui s’était abstenu lors du vote final.
Les sénateurs ont par ailleurs encadré l’enfermement des mineurs en centre de rétention qui avait également fait l’objet de vifs débats. Sur ce point cependant, la majorité devrait rétablir le texte initial et donc ne pas interdire la rétention des enfants. Les responsables de la majorité temporiseront en invoquant le début des travaux d’un groupe de travail sur cette question, lancé le 26 juin. Celui-ci a vocation à aboutir à une proposition de loi pour encadrer ou interdire le fait que des enfants soient enfermés dans des centres de rétention, mais dont l’adoption est encore loin d’être acquise. « Le dépôt avant fin 2018 de la proposition de loi sur la fin de la rétention des enfants (…) est essentiel », prévient M. Orphelin dans son communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La suppression d’un accord obligatoire de l’administration fiscale avant d’engager des poursuites pénales pour fraude pourrait léser les droits des justiciables, s’inquiète l’avocat fiscaliste Antoine Reillac dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                   
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On pourrait regretter le « verrou de Bercy »

La suppression d’un accord obligatoire de l’administration fiscale avant d’engager des poursuites pénales pour fraude pourrait léser les droits des justiciables, s’inquiète l’avocat fiscaliste Antoine Reillac dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h35
    |

Antoine Reillac (Avocat en droit fiscal et en droit pénal des affaires)







                        



                                


                            

Tribune. Dans la nuit du mardi 3 juillet, les sénateurs ont voté un amendement aménageant le « verrou de Bercy ». Selon cet amendement, les dossiers fiscaux seraient obligatoirement transmis par l’administration fiscale au parquet dès lors que trois critères gravés dans la loi seraient réunis. Le parquet pourrait alors librement poursuivre les contribuables pour fraude fiscale, sans que le fisc ne puisse y faire obstacle par son inertie.
Cet événement a été présenté comme consacrant la fin du désormais célèbre monopole de l’administration dans les poursuites pénales pour fraude fiscale. Pourtant, si l’on peut critiquer ce verrou de Bercy à bien des égards, celui-ci présente aussi certaines vertus. La principale est celle d’être un garde-fou des justiciables face aux erreurs de l’administration.
Lorsqu’une personne a fait l’objet d’un contrôle fiscal et que l’administration a considéré que les manquements étaient suffisamment graves pour être poursuivis pénalement, le dossier est transmis au procureur – après avis conforme de la Commission des infractions fiscales (CIF) – pour qu’il engage les poursuites pénales. Dans cette hypothèse, il n’y a pas de verrou de Bercy puisque l’administration elle-même a choisi de transmettre au procureur.
Un véritable chemin de croix
Il est également possible que les poursuites pénales soient engagées parallèlement en contournant le verrou de Bercy par le biais d’une infraction voisine, celle de blanchiment de fraude fiscale (qui ne nécessite pas la plainte préalable de Bercy).
C’est alors un véritable chemin de croix qui attend les contribuables, qui subiront l’effet de deux procédures distinctes engagées par deux entités de l’Etat (l’administration fiscale et le parquet) qui se coordonnent rarement. La période – extrêmement longue – du recouvrement et des poursuites ne se termine que lorsqu’une décision définitive est rendue par les juridictions.

Durant cette période,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ La mission d’information se réunit mardi. Les élus macronistes ont des positions diverses, notamment sur la procréation médicalement assistée.
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L’Assemblée nationale débute le chantier délicat de la loi bioéthique

La mission d’information se réunit mardi. Les élus macronistes ont des positions diverses, notamment sur la procréation médicalement assistée.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 13h45
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            
L’Assemblée nationale entame un chantier délicat. Avec la première réunion de la mission d’information sur la loi relative à la bioéthique, mardi 10 juillet, les parlementaires vont s’atteler à la préparation de la révision de la législation concernant les neurosciences, l’intelligence artificielle, la génétique, les greffes… Ils vont surtout ouvrir le dossier de la procréation médicalement assistée (PMA). Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé à l’autoriser pour les couples de femmes et les femmes célibataires.
Une question que Richard Ferrand, président du groupe La République en marche, souhaite voir inscrite « sans tarder » à l’agenda des parlementaires, a-t-il dit lors du Congrès à Versailles, lundi. Le calendrier évoqué aujourd’hui est celui d’un dépôt du projet de loi en Conseil d’Etat à l’automne pour un examen à l’Assemblée début 2019.
Politiquement, le gouvernement avance en terrain miné. Personne n’a oublié les mois de débats et de manifestations qu’avait connus François Hollande avec le mariage pour tous. Emmanuel Macron a dit qu’il souhaitait un débat « apaisé » sur ces questions. Histoire de préparer le terrain, des Etats généraux de la bioéthique se sont tenus partout en France depuis le début de l’année. La mission d’information à l’Assemblée nationale –principalement des auditions – permettra aux députés de continuer à explorer ces sujets complexes.
Multitude de points de vue
« Le but est de se former, pas de donner son avis personnel », précise le député (Les Républicains) Xavier Breton, qui devrait en prendre la présidence. Toutes les parties seront en tout cas autour de la table, ce qui donnera un avant-goût des lignes de fractures au sein de l’Assemblée : M. Breton est hostile à l’élargissement de la PMA tandis que son futur rapporteur, le député (LRM) Jean-Louis Touraine, y est, lui, favorable.
Au sein même de la majorité, le chantier est loin d’être consensuel....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ La gauche française est aujourd’hui éclatée en un puzzle mortifère, estime dans sa chronique Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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« L’élection de Macron a pris l’allure d’un tsunami qui a ramené la gauche à son plus bas étiage »

La gauche française est aujourd’hui éclatée en un puzzle mortifère, estime dans sa chronique Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h39
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Chronique. Il y a plus d’un siècle, cinq familles prétendaient incarner la gauche : les possibilistes, les allemanistes, les socialistes indépendants, les guesdistes et les blanquistes. Il fallut toute l’énergie de Jean Jaurès pour les réunir, en 1905, au sein de la SFIO. En 2018, cinq courants fragmentent la gauche qui prétend gouverner : les mélenchonistes, les socialistes, les hamonistes, les écologistes et les communistes. Mais il n’y a plus de Jaurès pour les réunifier. « Elle est éparpillée façon puzzle », observe Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes de 2019. L’élection d’Emmanuel Macron, en mai 2017, a pris l’allure d’un tsunami qui a ramené la gauche à son plus bas étiage. Le puzzle est mortifère.
Lors du précédent scrutin européen, en 2014, la gauche, hors extrême gauche, avait rassemblé 32,44 % des voix. Selon l’enquête Ipsos publiée dans Le Monde du 10 juillet, elle se situerait en 2019 à 26 %, avec 13 % pour La France insoumise (LFI), en quatrième position, 4 % pour le Parti socialiste (PS), à égalité avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et Génération. s, et seulement 1 % pour le PCF. L’éparpillement et la division sont tels qu’on ne parle même plus d’alliance ou d’union mais de « pacte de non-agression », à l’image de ce que Jean-Luc Mélenchon a proposé à Benoît Hamon. Chaque formation tente de gérer ses contradictions internes ou de sortir de sa crise.
Echecs répétés
En haut du petit podium, LFI s’est subsituée au PS, mais à un modeste niveau, en position hégémonique à gauche. Mais, en jouant au tir aux pigeons sur ses « partenaires », elle peut d’autant moins prétendre les rassembler qu’elle campe sur une radicalité où l’adversaire à abattre est d’abord la social-démocratie. Ou ce qu’il en reste. Face à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon se veut son principal opposant. Il s’est autoproclamé « lider maximo » des luttes sociales, en essayant vainement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

« Le Média », en proie à des tensions, s’interroge sur son avenir

Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h30
    |

                            Yassine El Azzaz et 
Alexandre Piquard








                        



   


Deux semaines de séminaire. C’est l’exercice qu’entreprend, depuis le lundi 2 juillet, Le Média, pour tirer les leçons de neuf mois d’activité en tant que « pure player » de la gauche alternative, soutenu par des proches de La France insoumise (LFI). Le rassemblement a donné lieu à des débats houleux et à des changements parmi les dirigeants de premier plan.
Les tensions ont notamment été relatées par un article paru le 8 juillet sur Mediapart, qui a notamment eu accès à des échanges issus d’un groupe de discussion interne sur la messagerie cryptée Telegram. En réponse, Le Média accuse le site fondé par Edwy Plenel de vouloir nuire à un concurrent. Mais l’équipe est bel et bien confrontée à une nouvelle crise, après le départ, en février, de plusieurs journalistes, notamment en raison de divergences sur le traitement du conflit syrien. Elle tente de surmonter les dissensions.
Un premier point sensible est l’état des finances : signe des tensions internes, celui-ci a donné lieu mardi à de vifs échanges, la fondatrice Sophia Chikirou étant soupçonnée d’avoir sous-estimé le déficit, avant que ce débat comptable ne soit résolu. Reste que les recettes n’atteignaient que 152 000 euros pour 185 000 euros de dépenses, soit environ 30 000 euros de perte par mois, selon les chiffres avancés par la direction mi-juin.
Lors du séminaire aurait été annoncée la réduction du déficit à 25 000 euros par mois environ, grâce à de meilleurs recrutements de « socios » – équivalents d’abonnés, membres de l’association de soutien au Média, aujourd’hui au nombre de 19 000 – et à une subvention reçue du Centre national du cinéma pour une mini-série historique sur les assassinats politiques à Paris.
Le manque de collégialité dénoncé
L’équipe espère pourtant toujours atteindre l’équilibre en deux ans. Pour cela, Sophia Chikirou prône de longue date la « diversification » des revenus. Elle voudrait tester l’insertion de publicités d’annonceurs sélectionnés, mais cette solution suscite des réticences de certains journalistes, notamment Aude Lancelin. Lancé après la web-télé, le premier numéro du mensuel papier, 99 %, aurait lui généré environ 6 000 euros d’excédent, grâce à 10 000 précommandes. Et une boutique de « goodies » siglés du Média serait à l’étude. Mme Chikirou compte aussi obtenir des « subventions » publiques, comme celle du CNC ou des aides à la presse.
Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre « Le Média » et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction.
Enfin, le journaliste Serge Faubert a suggéré jeudi que Le Média accueille à l’avenir des « investisseurs ». L’expression a suscité de vives réactions de presque toute l’équipe, certains craignant une « bollorisation », en référence à l’industriel breton Vincent Bolloré, qui a racheté Vivendi. Seule Sophia Chikirou a soutenu l’idée d’intégrer des apports d’institutionnels comme la Caisse des dépôts et consignations, des collectivités locales ou des entreprises sociales et solidaires. Ce débat devra être tranché lors de la conversion de l’association en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), promise de longue date et prévue, en principe, à l’automne.
L’autre source de conflit a été le management : des journalistes ont dénoncé, lundi 2 juillet, un certain autoritarisme et un manque de collégialité. En ligne de mire, la figure centrale de Sophie Chikirou accusée de concentrer tous les pouvoirs en cumulant les postes de présidente de la société de presse et de la société de production, détenues par l’association.
Dans la foulée, mardi, celle qui assurait seule la direction entrepreneuriale du projet a annoncé qu’elle démissionnait de ses fonctions à la société de presse, pour travailler à l’alliance entre La France insoumise et le parti espagnol Podemos en vue des élections européennes. Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre Le Média et le parti de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction. Mais son annonce, qui a surpris tout le monde, n’a pas apaisé les tensions.
Une société des journalistes créée
Jeudi, le nom d’Aude Lancelin a été proposé pour prendre la présidence de la société de presse et la direction de la publication. Mais l’ancienne journaliste de L’Obs ne semblait pas prête à assurer ce remplacement au pied-levé sans avoir des garanties : elle ne veut pas être responsable des activités commerciales et souhaite que la rédaction soit renforcée. En effet, deux nouvelles démissions sont annoncées, notamment celle d’Iban Raïs, en conflit avec Mme Chikirou. Depuis, cette dernière aurait dit que les départs seront remplacés. Lundi, une société des journalistes a été créée.
Un autre changement important se profile : le psychanalyste Gérard Miller annonce depuis des mois qu’il veut démissionner de la présidence de l’association. En remplacement, le nom de Mathias Enthoven, chargé de la communication sur les réseaux sociaux et ancien de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, a été avancé, mais il suscite des réserves, notamment de Mme Chikirou.
L’équipe espère trancher les questions non résolues d’ici vendredi et la fin du séminaire, une échéance invoquée par tous les participants pour refuser de s’exprimer dans les médias. Lundi 9 juillet, l’ambiance des débats était plus apaisée. Les discussions ont porté sur les programmes et notamment sur l’emblématique « JT » de 20 heures. Certains le jugent trop lourd à produire. Il est envisagé de le suspendre certains jours, de le raccourcir ou de le tourner en différé.
Un débat a aussi lieu sur le profil des invités et la place des politiques, notamment issus de La France insoumise. Un signe de la tension latente entre une logique journalistique et une approche plus militante. Une autre des difficultés à dépasser pour Le Média.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Editorial. Devant le Congrès, lundi à Versailles, le président a justifié sa politique, visant d’abord à « renforcer notre économie », et a voulu amorcer un rééquilibrage social.
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Macron an II : le retour aux sources

Editorial. Devant le Congrès, lundi à Versailles, le président a justifié sa politique, visant d’abord à « renforcer notre économie », et a voulu amorcer un rééquilibrage social.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A première vue, rien ne change. Devant le Parlement réuni en Congrès, lundi 9 juillet, à Versailles, Emmanuel Macron, « humble mais résolu », a justifié sa politique visant d’abord à « renforcer notre économie ». « Il n’y a pas d’un côté une action économique et de l’autre une action sociale, a-t-il affirmé, c’est le même trait, la même finalité : être plus forts pour pouvoir être plus justes ».
« Conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti », le président de la République a aussi assuré n’avoir rien oublié des « peurs » et des « colères » de la société française. Confronté à une chute sensible de sa cote de popularité et à la montée des doutes au sein de sa majorité, il n’est pas resté sourd aux inquiétudes de l’opinion.
M. Macron, qui s’est rangé dans le camp des « progressistes » face aux « nationalistes » en Europe, a voulu amorcer un rééquilibrage social, avec plusieurs inflexions qui n’ont rien d’anecdotique. Il a fait entendre une petite musique dont les premières notes avaient rythmé sa campagne électorale avant de s’effacer dès le début de son quinquennat.
« République contractuelle »
Insistant sur sa volonté de « s’attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres », il a prôné une « politique de l’émancipation », un concept cher à la gauche et aux syndicats. Mais, en même temps, il a vanté des valeurs chères à la droite, en mettant en avant les devoirs et la responsabilité individuelle, « les talents, l’effort, le mérite », à travers le travail.

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Après avoir tenu pour quantité négligeable les acteurs sociaux et les corps intermédiaires, M. Macron leur a ouvert la porte. S’il n’est pas, comme François Hollande, un adepte de la démocratie sociale, il a repris l’idée, évoquée dans sa campagne, d’une « République contractuelle ». Lors de son premier sommet social avec les organisations syndicales et patronales, le 17 juillet, il veut « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre ». Il reprend ainsi une formule chère à Michel Rocard qui avait tenté, lorsqu’il était premier ministre, de « bâtir une société contractuelle », au diapason de la CFDT.

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Un agenda social sera élaboré avec comme premier objectif une révision des règles de l’assurance-chômage afin de lutter contre le développement de « la permittence et la précarité ». Il va aussi recevoir les 100 premières entreprises françaises pour leur demander de prendre des engagements de créations d’emplois et d’embauches d’apprentis.
« Sortir de la pauvreté »
L’autre inflexion, déjà esquissée lors de son discours devant la Mutualité française le 13 juin, est sa volonté de « construire l’Etat-providence du XXIe siècle »,« un Etat-providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c’est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous ».
Les réformes des retraites et de la dépendance devraient être les piliers, en 2019, de cette refondation. Auparavant, la stratégie de lutte contre la pauvreté, qui doit être dévoilée en septembre, sera un premier test. Pour M. Macron, elle ne doit pas permettre « à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté ». Un an II du quinquennat plus social ? Les intentions sont louables, encore faut-il passer aux actes.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ En employant le terme de « déportations  », lundi à Versailles, le chef de l’Etat a fustigé les propositions de l’Autriche.
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Migrants : Macron tance les « solutions de facilité » lors de son discours devant le Congrès

En employant le terme de « déportations  », lundi à Versailles, le chef de l’Etat a fustigé les propositions de l’Autriche.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 14h02
    |

            Sylvia Zappi








                        


Mais qu’a voulu dire Emmanuel Macron en parlant des « déportations » de migrants ? Les déclarations du président de la République, à Versailles, sur ce dossier qui empoisonne les relations diplomatiques européennes, ont interrogé tous les observateurs. En assurant que « jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent, qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l’Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers non admis », le chef de l’Etat visait en réalité les autorités autrichiennes.
L’Autriche, qui a pris la présidence de l’Union européenne le 1er juillet, a affiché son intention de « juguler l’immigration illégale » et d’externaliser totalement le droit d’asile hors des frontières de l’UE. Dans une note confidentielle soumise lors d’une réunion informelle les 2 et 3 juillet et révélée par Le Monde, Vienne affirmait même vouloir créer des « hot spots » (centres de regroupement des migrants) en dehors du territoire européen, notamment en Albanie.
C’est à cette proposition contrevenant à la Convention de Genève et au principe de non-refoulement des migrants, que M. Macron aurait répondu. « Il a rappelé la position de la France qui est : oui aux centres pour migrants mais pas fermés et au sein de l’Europe, pas à l’extérieur », précise-t-on au ministère de l’intérieur.
Apparaître en défenseur du droit d’asile
La France avait déjà tenté de faire entendre sa voix pour atténuer le raidissement des mesures anti-migrants portés par le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), dans l’accord de Bruxelles du 29 juin. M. Macron avait insisté pour que la création des « centres contrôlés » dans l’UE – où sont regroupés les migrants le temps que leur demande d’asile soit examinée – se fasse « sur une base volontaire » et avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale pour les migrants.
Quant aux « plates-formes de débarquement » de migrants hors de l’UE pour dissuader les traversés de la Méditerranée, elles se feront aussi sur une base volontaire. Le chef de l’Etat avait précisé que la France n’ouvrirait pas de tels centres, n’étant pas « un pays de première arrivée ».
M. Macron a tenté ainsi, lundi, d’apparaître en défenseur du droit d’asile après l’émotion soulevée par l’errance de l’Aquarius et le refus d’accueillir les migrants à son bord. Et de faire oublier que la France a changé plusieurs fois de position sur les centres fermés depuis un an.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le chef de l’Etat a annoncé lundi vouloir modifier la Constitution pour pouvoir assister aux débats qui suivent son allocution et répondre aux parlementaires.
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Congrès : la proposition de Macron va-t-elle à l’encontre de la séparation des pouvoirs ?

Le chef de l’Etat a annoncé lundi vouloir modifier la Constitution pour pouvoir assister aux débats qui suivent son allocution et répondre aux parlementaires.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h18
    |

            Alexandre Pouchard








                        



   


Comme l’an dernier à la même époque, Emmanuel Macron est venu s’exprimer devant les parlementaires réunis en Congrès, à Versailles, lundi 9 juillet. A cette occasion, le chef de l’Etat a notamment proposé de modifier les règles de ces sessions exceptionnelles, lorsque députés et sénateurs siègent ensemble ; un amendement à la réforme constitutionnelle actuellement en discussion à l’Assemblée va être proposé par le gouvernement pour que le président de la République puisse assister aux débats au Congrès et y répondre – ce que la Constitution lui interdit pour le moment.
Cette proposition pose certaines questions quant à la répartition et l’équilibre des pouvoirs au sein de la Ve République. Explications.
Qu’est-ce que la séparation des pouvoirs ?
Il s’agit d’un principe fondamental, énoncé à l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui régit le droit et les institutions au sein de la République. Chaque pouvoir doit être indépendant pour permettre un équilibre entre tous et éviter un régime autoritaire. Ces trois pouvoirs sont :
Le pouvoir législatif, représentants du peuple (députés, sénateurs), qui votent les lois ;Le pouvoir exécutif, composé, en France, à la fois d’un représentant élu par le peuple (le président de la République) et d’un gouvernement (non élu, mais responsable devant l’Assemblée nationale).Le pouvoir judiciaire, qui contrôle le respect des lois et différentes règles en vigueur.
Quel est l’équilibre des pouvoirs sous la Ve République ?
La Ve République est désignée comme un régime « semi-présidentiel », car elle donne des responsabilités importantes à la fois au président de la République et au Parlement.
Le président de la République est élu au suffrage universel direct depuis 1962, ce qui lui donne une légitimité importante. Il détient seul le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer ainsi de nouvelles élections législatives. Pendant longtemps, l’élection présidentielle était le seul moment où le président pouvait (et devait) rendre compte de son action, en remettant son mandat en jeu, laissant les électeurs trancher. La révision constitutionnelle du 23 février 2007 a introduit un mécanisme de destitution, très encadré, en cas de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». La majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale et au Sénat est nécessaire pour que la Haute Cour statue sur son sort. Ce dispositif n’a jamais été déclenché.
Le gouvernement est nommé par le président mais dépend de l’Assemblée nationale — c’est le « côté parlementaire » de la Ve République. Il doit obtenir la « confiance » des députés pour entrer en fonction ; à sa prise de fonction, le chef du gouvernement (le premier ministre) doit présenter un programme aux députés et obtenir un vote favorable de la majorité d’entre eux (c’est le « discours de politique générale »). Les députés peuvent renverser le gouvernement par une motion de censure adoptée à la majorité. Courante pendant la IVe République, cette situation est rare sous la Ve — notamment parce que le président peut répliquer par une dissolution de l’Assemblée, comme cela a été le cas en 1962.
Les députés sont désignés directement par le peuple lors des élections législatives et ont donc en théorie le pouvoir de refuser ou démettre un gouvernement. Mais ils sont en pratique souvent démunis face au président de la République, également élu au suffrage universel et qui peut décider de dissoudre l’Assemblée.
Pourquoi la possibilité que le président réponde au Congrès pose-t-elle question ?
La séparation des pouvoirs s’est longtemps traduite par une stricte absence de rencontre physique entre les parlementaires et le président de la République, ce qui a pu donner du grain à moudre à l’opposition à chaque fois que le chef de l’Etat invitait des parlementaires à l’Elysée. L’article 18 de la Constitution prévoit que le président « communique avec les deux assemblées du Parlement par des messages qu’il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat ».
La réforme constitutionnelle de 2008 a introduit une première « brèche » dans cette séparation, en permettant au chef de l’Etat de convoquer un Congrès pour s’adresser à tous les parlementaires réunis – comme cela a été le cas pour François Hollande après les attentats de novembre 2015 et d’Emmanuel Macron en juillet 2017 et 2018 à Versailles. Dans ce cas, le texte constitutionnel précise explicitement que « sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l’objet d’aucun vote ».
Emmanuel Macron propose désormais que le président de la République puisse assister au débat succédant sa déclaration et répondre aux parlementaires le cas échéant. Selon Vincent Couronne, enseignant-chercheur en droit public à l’université Paris-Saclay et Sciences Po Saint-Germain, et membre du collectif de juristes Les Surligneurs, cette mesure serait « une nouvelle étape franchie vers un déséquilibre des pouvoirs ».
« Selon la Constitution, le président doit être le garant des institutions et c’est le premier ministre qui assume la responsabilité politique devant l’Assemblée, même en cas d’opérations militaires. Avec cette réforme, le déséquilibre serait d’autant plus grand que les députés échangeraient avec un président irresponsable devant eux, mais qui pourtant peut dissoudre l’Assemblée. »
Pour justifier sa proposition, Emmanuel Macron a évoqué les « reproches » faits à l’encontre du discours devant le Congrès, qualifié par l’opposition d’exercice « autocratique et monarchique » – ce qui a d’ailleurs conduit plusieurs parlementaires à le boycotter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Fin mars 2017, ils avaient conclu une « convention » qui modifiait le paramétrage du régime.
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Les partenaires sociaux à nouveau invités à négocier sur l’assurance-chômage

Fin mars 2017, ils avaient conclu une « convention » qui modifiait le paramétrage du régime.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h07
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


Grâce à Emmanuel Macron, les partenaires sociaux qui gèrent l’assurance-chômage vont peut-être battre un record : celui du nombre de négociations consacrées en deux ans à ce dispositif. Lors de son intervention devant le Congrès, le président de la République a exprimé le souhait que le patronat et les syndicats engagent « dans les prochains mois » des discussions afin de refondre les conditions d’indemnisation des demandeurs d’emploi.
Or, les organisations d’employeurs et de salariés se sont déjà livrées à cet exercice, durant la période récente : fin mars 2017, ils avaient conclu une « convention » qui modifiait le paramétrage du régime ; le 22 février, ils ont topé sur un accord national interprofessionnel, repris, en partie, dans le projet de loi « avenir professionnel » actuellement en cours d’examen au Parlement.

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Mais le chef de l’Etat n’est, manifestement, pas satisfait. Il faut, selon lui, rouvrir la réflexion afin de parvenir à de nouvelles règles qui « récompensent bien davantage la reprise d’activité [et] incitent à la création d’emplois de qualité », a-t-il déclaré. Deux buts, au moins, sont poursuivis.
Combattre la précarité, tout d’abord. Initialement, chaque branche professionnelle était invitée à prendre des mesures susceptibles de réduire le recours aux contrats courts ; si aucune solution satisfaisante n’était trouvée, l’exécutif se réservait la possibilité de mettre en place un bonus-malus, qui diminue les cotisations des entreprises dont la main-d’œuvre est stable et qui majore celles des employeurs où le turnover est élevé. Les propos de M. Macron laissent entendre que la méthode change : c’est aux partenaires sociaux, à l’échelon national, qu’il reviendra de concevoir un dispositif jugulant le « travail jetable ».
« Test grandeur nature »
Deuxième objectif : revoir des règles qui, selon le chef de l’Etat, « ont pu involontairement encourager le développement de (…) la permittence » – c’est-à-dire l’alternance de petits boulots et de périodes d’inactivité. Sont dans le collimateur les dispositions permettant à un demandeur d’emploi de cumuler un salaire et une indemnisation : elles sont critiquées au motif qu’elles amèneraient des personnes à repousser les opportunités de postes durables. Sur ce sujet, l’exécutif s’était octroyé la possibilité d’intervenir par décret : il redonne finalement l’initiative au patronat et aux syndicats. Un amendement au projet de loi « avenir professionnel » sera prochainement présenté de manière à intégrer les annonces de M. Macron. Celui-ci devrait par ailleurs préciser ses attentes, lorsqu’il recevra les partenaires sociaux, le 17 juillet à l’Elysée.

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Le fait de proposer une négociation sur l’assurance-chômage est « une façon de répondre » à plusieurs leaders syndicaux « qui demandaient un agenda social », confie un bon connaisseur du dossier. « Le gouvernement leur dit en substance qu’il est disposé à les associer aux transformations, mais qu’il faudra du coup les faire avec lui », ajoute-t-elle.
« Une réforme de cette ampleur n’aurait pas pu être conduite sans faire participer les organisations d’employeurs et de salariés, complète une source au sein de l’exécutif. A partir du moment où on discute d’agenda social, c’est normal de voir tous les partenaires sociaux, d’autant que certains acteurs [au Medef et à FO] ont changé ces derniers temps. » Une allusion à l’élection de Geoffroy Roux de Bézieux et à la désignation de Pascal Pavageau.
« Nous sommes partants pour cette négociation, mais il reste à voir quelle latitude nous aurons, réagit Marylise Léon, la numéro deux de la CFDT. Ce sera un test grandeur nature. » Michel Beaugas (FO) indique, lui, que son organisation n’est pas favorable à relancer les discussions sur le cumul salaire-allocation chômage : « Le sujet a été traité par la convention de 2017 », rappelle-t-il. Sous-entendu : si des mesures nouvelles sont édictées, elles risquent de dégrader les conditions d’indemnisation des chômeurs.
Un avis partagé par Eric Courpotin (CFTC), qui ne comprend pas la « précipitation » dont le gouvernement fait preuve dans cette affaire : « On ne prend même pas le temps d’évaluer l’impact de la convention signée l’an passé », déplore-t-il. En réalité, enchaîne Denis Gravouil (CGT), le gouvernement veut « un système qui s’apparente plus à une remise en cause des droits sociaux qu’à la création d’emplois pérennes ».
Pour sa part, Jean-François Foucard (CFE-CGC) pense que l’ouverture de ces discussions aura pour effet d’« enterrer le bonus-malus » : comment imaginer que le patronat acceptera un mécanisme susceptible d’accroître les charges de certaines entreprises ?

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Devant les parlementaires, le président de la République s’est engagé à dévoiler les mesures en septembre « pour une mise en œuvre en 2019 ».
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Congrès de Versailles : Macron s’explique sur le report du plan pauvreté

Devant les parlementaires, le président de la République s’est engagé à dévoiler les mesures en septembre « pour une mise en œuvre en 2019 ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h10
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


En reportant à de multiples reprises depuis novembre 2017 l’annonce de sa « stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes » ou en évoquant dans une vidéo le « pognon de dingue » dépensé dans les minima sociaux, Emmanuel Macron a irrité les associations de lutte contre l’exclusion. Lundi 9 juillet, le président de la République a répondu aux critiques et s’est engagé à dévoiler ses mesures en septembre « pour une mise en œuvre en 2019 ».
M. Macron a justifié ce report par la volonté que « cette action engage toutes les forces vives de la société et, au premier chef, celles et ceux qui vivent dans la pauvreté. Je ne veux pas d’une stratégie qui s’imposerait d’en haut dans la torpeur de l’été pour régler un sujet ou cocher une case ».
Il n’a pas détaillé de mesures concrètes mais réaffirmé d’abord son diagnostic de la société française : « Se sont installées en France des inégalités de destin. Selon l’endroit où vous êtes né, la famille dans laquelle vous avez grandi, l’école que vous avez fréquentée, votre sort est le plus souvent scellé. » En découle une philosophie : « Le cœur même d’une politique sociale n’est pas d’aider les gens à vivre mieux la condition dans laquelle ils sont nés et destinés à rester, mais d’en sortir. »
Pas d’augmentation des minima sociaux
M. Macron ne veut « pas de nouvelles aides en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l’activité, le travail, l’effectivité des droits fondamentaux ». En clair, il ne veut pas augmenter les minima sociaux – comme l’avait fait François Hollande en revalorisant le revenu de solidarité active de 10 % entre 2013 et 2017 – ni étendre cette allocation aux jeunes de 18 à 25 ans –, alors que François Hollande avait créé la garantie jeunes, aujourd’hui distribuée à 76 000 personnes.
Seule l’allocation aux adultes handicapés augmentera de 90 euros, en deux temps, d’ici à 2019. « Quelle gloire peut-on tirer de politiques sociales qui ont condamné à la pauvreté un enfant sur cinq dans notre pays ? », s’est interrogé le chef de l’Etat, dont la seule mesure précisée dans son discours est une « une action à l’endroit des enfants en danger ou maltraités, si nombreux dans notre pays ». Une mesure qui interviendrait à l’automne.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Edouard Philippe présente dans l’après-midi le projet de loi constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron, face à une opposition remontée.
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Réforme constitutionnelle : le marathon législatif débute mardi

Edouard Philippe présente dans l’après-midi le projet de loi constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron, face à une opposition remontée.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h01
   





                        



   


Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron au Congrès, le projet de loi constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron sera débattu à partir de mardi 10 juillet dans l’Hémicycle. Preuve de l’importance politique du texte, c’est Edouard Philippe qui présentera le texte, au côté de la garde des sceaux, Nicole Belloubet, et face à une opposition remontée, dénonçant l’affaiblissement du Parlement.
C’est une bataille parlementaire de plusieurs mois qui commence, avec un premier épisode sur la réforme de la procédure parlementaire qui s’annonce enflammé. Sur dix-huit articles, cinq visent à raccourcir le temps d’examen des réformes à l’Assemblée et au Sénat. Le point le plus contesté concerne la restriction du droit d’amendement, qui provoque l’ire des parlementaires.
Deux autres textes à la rentrée
« Que les députés d’opposition s’opposent, c’est parfaitement naturel et c’est parfaitement légitime », a déclaré Edouard Philippe sur France 2 mardi, concédant que le texte « va forcément évoluer ». « On va avoir des prises de position parfois un peu caricaturales sur certains sujets, il va y avoir un travail parlementaire, à l’Assemblée et au Sénat, et moi, j’ai bon espoir qu’à la fin les parlementaires s’entendent », a-t-il insisté.
Après le volet constitutionnel, les deux autres textes (ordinaire et organique), porteurs des mesures emblématiques comme la réduction du nombre de parlementaires, la limitation des mandats dans le temps et l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, seront, eux, examinés à la rentrée. L’objectif du gouvernement est de faire adopter les trois textes en 2019.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme constitutionnelle
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le projet de loi constitutionnelle présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse : la fabrique de la loi au centre des débats ;la tribune du constitutionnaliste Dominique Chagnollaud de Sabouret : « La réforme constitutionnelle affaiblit les droits du Parlement » ;la chronique de Gérard Courtois, éditorialiste au Monde : « Le projet de réforme constitutionnelle ressemble plutôt à un fourre-tout de mesures disparates » ;la tribune d’associations, ONG et de syndicats, pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution : « Une réforme est devant nous : saisissons-la ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Pour le directeur général de la Fondapol, un think tank de science politique, le chef de l’Etat a rappelé dans son discours devant le Congrès, le 9 juillet, que l’appareil bureaucratique est largement responsable des lenteurs qui immobilisent la France depuis quarante ans.
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Dominique Reynié : « Le discours de Macron exprime une réaction à un système politico-administratif conservateur »

Pour le directeur général de la Fondapol, un think tank de science politique, le chef de l’Etat a rappelé dans son discours devant le Congrès, le 9 juillet, que l’appareil bureaucratique est largement responsable des lenteurs qui immobilisent la France depuis quarante ans.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 12h49
    |

Dominique Reynié (Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique/Fondapol)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le chef de l’Etat, un an après son élection, l’atmosphère n’est plus aussi favorable. Le fait que, pour l’heure, les oppositions n’en tirent aucun bénéfice donne à penser que la désagrégation électorale du monde politique lancée en 2017 n’est pas terminée. Les réactions immédiates à cette deuxième intervention du président Macron devant le Congrès mettent en évidence une opposition encore inerte malgré les révolutions doctrinales que ses échecs lui commandent d’accomplir, comme si elle était habitée par la conviction secrète d’un retour possible au monde familier.
Ainsi, la réunion du Congrès est en elle-même déjà un objet de polémique significatif. Dans la confusion, les oppositions reprochent à Emmanuel Macron de les réunir à Versailles peu de temps après lui avoir reproché d’ignorer les parlementaires. Plus encore, l’opposition de droite semble oublier que le président tire cette possibilité de s’adresser à la représentation nationale d’une réforme qu’elle a voulue elle-même, en 2008.
Par des prises de parole disparates et désarticulées, l’opposition en vient à qualifier de « dérive monarchique » la réunion annuelle de tous les parlementaires. La confusion augmente lorsque les députés de La France insoumise refusent de siéger, mais suivent la retransmission du discours qu’ils commentent en direct sur les réseaux sociaux.

Leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon, contribue lui-même activement à cet effacement de la politique démocratique institutionnalisée au profit d’une scène médiatique tumultueuse, dans laquelle on ne peut voir aucun progrès de la représentation et de la délibération.
Comme s’il n’y était incité que par cette polémique, le président annonce une réforme constitutionnelle de grande importance. Il s’agit de permettre au chef de l’Etat non seulement d’écouter les interventions des représentants de chacun des groupes parlementaires mais aussi d’y répondre. La réforme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la philosophe Sandra Laugier se réjouit d’entendre le président s’intéresser aux plus vulnérables. Mais ce revirement est à ses yeux un peu facile, maintenant que des réformes ont été faites au détriment de la majorité des citoyens.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
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Discours de Macron : « Du social certes, mais sans rien de concret », selon Sandra Laugier

Dans une tribune au « Monde », la philosophe Sandra Laugier se réjouit d’entendre le président s’intéresser aux plus vulnérables. Mais ce revirement est à ses yeux un peu facile, maintenant que des réformes ont été faites au détriment de la majorité des citoyens.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h38
    |

Sandra Laugier (Professeure, université Paris-I Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France)







                        



                                


                            
Tribune. Ne boudons pas les petits plaisirs : après la réception de Kiddy Smile [la troupe de danseurs LGBTQ] à l’Elysée, on se réjouit de percevoir de la part d’Emmanuel Macron, lors de son adresse au Congrès, une volonté de s’intéresser aux plus défavorisés, dont on pouvait craindre qu’ils soient définitivement hors de son royal radar. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un intérêt véritable, rien de concret n’étant annoncé pour secourir ces personnes, invitées simplement à se prendre par les chaussettes pour monter l’échelle sociale et s’« upgrader » au mérite.

Bien sûr, aucun regret de la part de Macron concernant les formules méprisantes et familières qu’il semble réserver aux vulnérables (« du » comorien au « pognon de dingue » des aides) – ajustant le niveau de son discours à la considération sociale qu’il a de son objet. Mais tout de même : le fait que le président se sente tenu à un tel discours, si faux sonne-t-il, semble bien un effet de l’action, ou de la réaction, de la société elle-même, comme si elle avait réussi à se faire entendre ; et à lui faire savoir le caractère anxiogène d’une politique impitoyable envers les pauvres et losers, et douce et favorable aux plus riches, comme s’ils étaient, eux, l’espèce à protéger.
« Faire dans le social »
Emmanuel Macron dans son discours a ainsi « fait dans le social » : au sens strict de l’expression, adaptée de façon aussi créative qu’inquiétante par Christophe Castaner à propos des pensions de réversion : « Si vous faites dans la justice, pour certains elle peut baisser, pour d’autres elle peut augmenter. »
Faire dans le social, cela va pour Macron, même si toute la politique de son gouvernement dit le contraire, jusqu’à critiquer le concept réac d’« assistanat » ; terme répété de façon obsessionnelle dans son discours, comme s’il avait du mal à arrêter d’y croire. Il est vrai qu’un an auparavant devant le même Congrès il avait déclaré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que rien ne vient cautionner aujourd’hui l’idée d’une société plus juste ni d’un pays plus écouté.
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« Macron n’est pas à l’abri d’un coup de grisou électoral résultant d’une grosse colère des classes moyennes »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que rien ne vient cautionner aujourd’hui l’idée d’une société plus juste ni d’un pays plus écouté.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h52
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Sous la bannière du « progressisme », Emmanuel Macron poursuit avec une détermination implacable la déstructuration de la gauche et de la droite républicaine. Lundi, devant le Congrès, le président de la République a cherché à enrôler tous ceux qui seraient opposés aux forces obscures qui agitent l’Europe.
Il a d’abord donné des gages aux libéraux, qui se retrouveront sans peine dans la réaffirmation de sa politique probusiness, sa vision d’une société émancipatrice, son ambition de construire un « nouvel Etat-providence », fondé sur les devoirs et les responsabilités des citoyens.
Cet électorat constitue à l’évidence son cœur de cible, mais comme il reste minoritaire en France, le président de la République a cherché à lui adjoindre d’autres familles politiques : il a voulu séduire les partisans de « l’ordre républicain » qui se recrutent aussi bien à gauche qu’à droite de l’échiquier politique, il a flatté la droite nationaliste qui redoute « l’effacement culturel » du pays, il a tenté de réveiller les nostalgiques du gaullisme en invoquant « la grandeur de la France ».
Un césarisme qui inquiète
Ce faisant, il a voulu prolonger l’effacement du clivage gauche-droite, qui a permis, en 2017, son entrée à l’Elysée, dans le but d’aborder les élections européennes de 2019 en position de force. Dès qu’il le peut, le président enfonce un clou dans le cercueil des socialistes en assurant que sa politique sociale est faite pour « combattre les inégalités de destin » et qu’elle est bien plus audacieuse que celle qu’ils ont menée ces dernières années. Puis, il s’en va déstabiliser Laurent Wauquiez, le patron contesté du parti Les Républicains, en vantant avec des accents que n’aurait pas reniés Nicolas Sarkozy « le talent », « l’effort », « le mérite ».

Le progressisme est une machine à tuer les vieux partis républicains. Emmanuel Macron prétend le faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le chef de l’Etat a assuré, lundi, devant les parlementaires réunis à Versailles, qu’il entendait les critiques sur sa politique mais qu’il maintiendrait le cap des réformes.
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Devant le Congrès, Macron plus « humble » mais pas moins jupitérien

Le chef de l’Etat a assuré, lundi, devant les parlementaires réunis à Versailles, qu’il entendait les critiques sur sa politique mais qu’il maintiendrait le cap des réformes.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 08h05
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Un exercice d’équilibriste. En forte chute dans les sondages, où il ne séduit plus qu’un tiers des Français, Emmanuel Macron s’est employé, lundi 9 juillet, à rassurer tout en maintenant son cap, lors d’un discours tenu devant les parlementaires réunis en Congrès au château de Versailles. Oui, le président de la République entend les critiques et il n’y est pas insensible. Oui, il a conscience de l’impatience et des peurs. Mais non, il n’entend pas tergiverser et renoncer à ses réformes, fort du « choix que la France a fait il y a une année » avec son élection surprise.
Depuis plusieurs semaines, des proches plaidaient pour que le chef de l’Etat envoie des signes d’humilité, après les séquences controversées sur le « pognon de dingue » ou le recadrage d’un lycéen au Mont Valérien. L’énarque les a en partie entendus. « Il y a une chose que tout président de la République sait : il sait qu’il ne peut pas tout, il sait qu’il ne réussira pas tout, et je vous le confirme, je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout », a-t-il déclaré au début de son discours, qui a duré une heure et demie.

« Tout président de la République connaît le doute (…) et je ne fais pas exception à la règle », a ajouté M. Macron, à qui ses détracteurs reprochent de décider seul, entouré à l’Elysée d’une garde rapprochée entièrement dévouée à son chef. « Je suis devant vous, humble et résolu », s’est même permis le quadragénaire, une posture de modestie inhabituelle alors que le chef de l’Etat a lui-même théorisé le besoin de verticalité des Français à travers une « présidence jupitérienne ».
Emmanuel Macron s’est également employé à rassurer ceux qui doutent des résultats de sa politique. Le chômage résiste et la croissance donne des signes de faiblesse ? « Je suis parfaitement conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti. Il faut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Pendant le discours du président à Versailles, Bastien Bonnefous, chef du service politique au « Monde », a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                

Devant le Congrès, « Macron a tenu à répondre aux critiques contre sa personne et sa politique »

Pendant le discours du président à Versailles, Bastien Bonnefous, chef du service politique au « Monde », a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 20h49
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 08h46
   





                        



   


Un an après son discours devant les parlementaires, le président de la République a retrouvé le Congrès, lundi 9 juillet, pour refixer le cap de sa deuxième année à venir à l’Elysée, en insistant davantage sur la dimension sociale de sa politique et sur son « humilité » personnelle.
Bastien Bonnefous, chef du service politique au Monde, a répondu aux questions des internautes à propos du discours du président Macron devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, le lundi 9 juillet.
Le_sans_nom : Quel est le gain qu’Emmanuel Macron attend de cette allocution quand manifestement il n’y a aucun infléchissement de sa politique, notamment sur le plan social ?
Bastien Bonnefous : Ce discours du chef de l’Etat a lieu dans un climat particulier, à un moment où les critiques se multiplient contre lui, dans les oppositions, bien sûr, mais aussi au sein de sa propre majorité. Des critiques et des doutes relayés par ailleurs dans les sondages. Pour résumer, Emmanuel Macron a tenu à répondre dans son discours aux principales critiques actuelles contre sa personne et/ou sa politique.
Il a tenté de répondre en creux qu’il n’était pas « le président des riches » en expliquant que sa politique économique menée depuis un an n’était « pas favorable aux riches mais aux entreprises », qu’il était contre « les rentes et les castes », et qu’il ne fallait pas différencier la politique économique de son gouvernement mise en place et une politique sociale qui tarderait à venir.
Il a cherché également à montrer qu’il n’était pas un président monarque, distant des Français et des corps intermédiaires, accusé d’arrogance par ses opposants depuis plusieurs semaines. Raison pour laquelle il a fait un geste d’un côté en direction des parlementaires (en proposant un amendement au futur projet de loi constitutionnelle pour que, l’an prochain, son discours devant le Congrès soit suivi d’un moment de questions-réponses avec les parlementaires), et de l’autre en direction des syndicats, en confirmant un sommet social pour le 17 juillet.
Il a enfin cherché à redéfinir « un cap » pour son action et pour son « projet pour la France ». Pas d’annonce concrète, mais la volonté de rappeler que le macronisme est une mise à jour du modèle politique comme du modèle social, ainsi que l’instauration d’un nouveau clivage politique entre « progressistes » et « nationalistes », au niveau national aussi bien qu’européen. Le tout avec un ton qui tentait de renouer avec celui de la campagne présidentielle de 2017.

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                Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès



Médecine du travail : Quid de la santé au travail ?
B. B. : En effet, le discours d’Emmanuel Macron n’a pas spécifiquement évoqué ce sujet ni d’autres questions soulevées par des internautes, comme la bioéthique, l’audiovisuel, ou même l’environnement, dans le détail.
C’est toute la difficulté de ce genre de discours : en tant que président de la République, Emmanuel Macron ne peut se livrer à un discours catalogue, listant toute une série de domaines et multipliant les annonces sectorielles, travail qui incombe plutôt au premier ministre et aux membres du gouvernement. Le discours présidentiel devant le Congrès à Versailles est un exercice compliqué : il s’agit d’adresser un message général pour tenter de (re) donner une cohérence globale à l’ensemble de la politique gouvernementale. Au risque de décevoir en étant jugé pas assez précis sur tel ou tel thème.
Yacdu : Quelle est l’analyse d’Emmanuel Macron sur l’état de la France un an après son élection ? Et quelle est son analyse de l’action menée par son gouvernement ?
B. B. : Emmanuel Macron a commencé son discours en répétant plusieurs fois l’expression « je n’ai rien oublié » : une référence aux conditions nationales de son élection en mai 2017 face à l’extrême droite, dans un paysage politique éclaté, où les partis traditionnels de droite et de gauche ont subi une lourde défaite.

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                Macron élu président : les premiers enseignements d’une victoire



Une élection qui s’inscrit également dans un contexte international particulier : Brexit, victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, montée des populismes dans plusieurs pays de l’Union européenne… Bref, des contextes généraux de « peurs » et de « tensions », matérialisés par une défiance croissante entre le peuple et les élites.
Le chef de l’Etat constate que si son élection avait pu créer une attente importante dans le pays, un an plus tard, les doutes subsistent et semblent même s’être réactivés, comme l’indique l’enquête du Cevipof publiée dans Le Monde ce lundi. D’où cet exercice d’explication de son action devant le Congrès.
Baff : Quelle est sa stratégie de lutte contre la pauvreté ?
B. B. : Concernant la lutte contre la pauvreté, Emmanuel Macron a, de fait, surtout annoncé… de futures annonces en la matière. Il y a encore quelques semaines, plusieurs sources au sein du gouvernement disaient que le chef de l’Etat profiterait de son discours devant le Congrès pour détailler ce plan de lutte contre la pauvreté. Puis la communication autour de ce sujet a donné lieu à un vrai couac gouvernemental : après la polémique relative à la vidéo de l’Elysée sur « le pognon de dingue » dépensé pour lutter contre les précarités sociales, le ministère de la santé a également annoncé que le plan pauvreté était repoussé à la rentrée à cause de la Coupe du monde de football et des vacances d’été, qui risquaient d’en diminuer la portée médiatique.

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                Le plan pauvreté reporté à septembre



Une justification plus que maladroite, critiquée par les oppositions et par les associations, qui a obligé l’exécutif à expliquer dans un second temps que si la présentation du plan était repoussée, c’était d’abord parce qu’il n’était pas encore finalisé au niveau budgétaire et parce que le gouvernement voulait annoncer un plan de grande envergure. A vérifier en septembre.
Aujourd’hui, devant le Congrès, Emmanuel Macron a simplement rappelé que sa politique de lutte contre la pauvreté ne serait pas « une politique de redistribution classique », mais un changement beaucoup plus profond, résumé d’une phrase : « Ne pas vivre mieux [dans la pauvreté], mais sortir de la pauvreté une fois pour toutes. »

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                Les « transformations » voulues par Macron tardent à voir le jour



Manu valse : Les parlementaires étaient obligés d’être présents, y avait-il des absents ?
B. B. : En effet, plusieurs parlementaires ont boycotté le discours du chef de l’Etat devant le Congrès, en dénonçant un exercice de communication « monarchique » à leurs yeux. Principalement les parlementaires de La France insoumise, mais aussi certains élus du parti Les Républicains.
Victor : C’est quand les vacances ?
B. B. : Concernant les parlementaires, les vacances ne sont pas encore officiellement arrêtées, mais elles devraient avoir lieu normalement à la fin du mois de juillet ou au début du mois d’août, une fois que la session parlementaire sera terminée.
Pour le gouvernement, le dernier conseil des ministres est prévu le 8 août, avec une dizaine de jours de vacances dans la foulée. Pour une partie des Français, elles ont déjà commencé depuis le week-end dernier.
Pour vous, Victor, je ne le sais pas, mais pour moi, assez prochainement :)
Alandrich : Puisqu’on parle beaucoup de la forme à propos d’Emmanuel Macron, a-t-il été convaincant aujourd’hui devant le Congrès ? Que pensez-vous de la tonalité générale donnée à son discours ?
B. B. : Il est toujours difficile (et risqué) de juger à chaud, quelques heures après un discours, de son caractère convaincant ou pas. Par petites touches, Emmanuel Macron a surtout cherché à refixer le cap de sa deuxième année à venir à l’Elysée, en insistant davantage sur la dimension sociale de sa politique et sur son « humilité » personnelle.
« Je ne peux pas tout, je ne réussis pas tout », a-t-il déclaré. A sa façon, c’est une manière de répondre aux principales critiques formulées à son encontre ces derniers temps : le manque de lisibilité générale de sa politique, jugée trop favorable aux plus aisés au détriment des classes populaires, et un manque d’empathie personnelle du chef de l’Etat. En soi, l’exercice est de ce point de vue instructif…

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le président n’a pas satisfait ceux qui attendent davantage de mesures pour réduire les inégalités, tandis que les responsables de droite ont axé leurs critiques sur le volet régalien.
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Macron devant le Congrès : l’opposition dénonce « un petit discours de politique générale »

Le président n’a pas satisfait ceux qui attendent davantage de mesures pour réduire les inégalités, tandis que les responsables de droite ont axé leurs critiques sur le volet régalien.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 20h01
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h37
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            Manon Rescan et 
Alexandre Lemarié








                        



Un discours « sans souffle », « un enfilage de perles »… L’opposition a fustigé « un petit discours de politique générale » après l’allocution du président de la République devant le Congrès, lundi 9 juillet, à Versailles. Pour les formations de gauche, Emmanuel Macron n’a fait que confirmer l’orientation de sa politique, sans rassurer la frange de sa majorité qui réclame un rééquilibrage social. « Il est venu dire qu’il ne changerait rien », a dénoncé le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. « Chacun peut attendre la jambe gauche, elle ne viendra pas », a-t-il tranché, évoquant « une philosophie libérale assumée ».
« Il n’a pas eu un mot sur le pouvoir d’achat ni pour les territoires qui souffrent », a souligné le sénateur socialiste Patrick Kanner. « Il donne l’image d’un pilote d’avion mais qui ne transporte que des classes affaires », a-t-il encore raillé, montrant que pour la gauche, Macron est toujours « le président des riches ».

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          Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès



Malgré son long développement sur sa vision de « l’émancipation » comme politique sociale, M. Macron n’a pas satisfait ceux qui attendent davantage de mesures pour réduire les inégalités. « L’émancipation, c’est un discours creux si vous n’agissez pas. On attend encore que cela se traduise dans les actes », met en garde le président de l’UDI et député de Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde.

   


Un « exercice monarchique »
« Ça n’a pas fini de tanguer », a lancé, pour sa part, Marine Le Pen, dénonçant « une présidentialisation à l’extrême de notre système politique ». « Profitez bien d’Edouard Philippe, car le président de la République vient d’annoncer la disparition du premier ministre », a ironisé la présidente du Rassemblement national (ex-Front national), alors que le chef de l’Etat souhaite pouvoir écouter et répondre aux présidents des groupes parlementaires lors des prochains Congrès.
A son tour, le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, a moqué la tentation du chef de l’Etat de faire du Parlement « son jouet ou une sorte de marchepied sur lequel il aurait le droit de s’élever pour renforcer son propre pouvoir ». Comme de nombreux élus, le sénateur communiste Pierre Laurent a fustigé « un exercice monarchique ».
« Les peurs civilisationnelles, vous ne les faites pas reculer » Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat
Une inquiétude nourrie par la révision constitutionnelle, à la veille du début de son examen au Palais-Bourbon. Les responsables de l’opposition ont accusé M. Macron de vouloir « affaiblir » l’Assemblée et le Sénat, à travers sa réforme des institutions, qui prévoit notamment une accélération de la procédure parlementaire, par le biais d’une restriction du droit d’amendement, ou une baisse du nombre de parlementaires, qui va entraîner un redécoupage électoral.
« Votre décision de créer des circonscriptions à taille inhumaine, deux fois plus grandes qu’aujourd’hui, va rétrécir le lien de la nation avec ses élus », s’est insurgé M. Jacob, en annonçant que ses troupes n’avaient aucunement l’intention de « donner un chèque en blanc » à M. Macron « pour réduire le pouvoir du Parlement ». « La réforme des institutions affaiblira la représentation de nos territoires ! », a abondé son homologue du Sénat, Bruno Retailleau.

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          « Et si la jeunesse d’Emmanuel Macron était déjà datée ? »



Les responsables des groupes parlementaires de droite ont dirigé leurs critiques sur le volet régalien, jugé insuffisant. « Les peurs civilisationnelles, vous ne les faites pas reculer », a accusé M. Retailleau, reprochant au chef de l’Etat de manquer de « clarté » dans le domaine de la lutte contre l’islam radical. A son tour, M. Jacob a fustigé une politique « dangereuse » et « naïve » en matière de politique migratoire, de sécurité et de protection des Français contre le terrorisme.
Dressant un véritable réquisitoire de l’action du chef de l’Etat – en fustigeant tour à tour « l’augmentation de la CSG », « le sacrifice fiscal des classes moyennes » ou l’instauration des 80 km/h sur les routes à double sens –, M. Jacob a aussi appelé l’exécutif à « renoncer » à l’instauration d’une dose de proportionnelle pour les élections législatives. Avant de lancer, lapidaire, au sujet de M. Macron : « Comme il est le fruit d’une effraction, il repartira sans doute comme il est arrivé ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le chef de l’Etat a prononcé son discours annuel de politique générale devant les parlementaires lundi. Les principales annonces en images.
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