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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Les partenariats entre de jeunes vidéastes et les acteurs du monde de la culture se multiplient, mais le statut de ces échanges reste encore à définir.
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La culture, nouveau terrain d’influence des youtubeurs

Les partenariats entre de jeunes vidéastes et les acteurs du monde de la culture se multiplient, mais le statut de ces échanges reste encore à définir.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h53
    |

                            Marie Frumholtz








                        



   


Leurs visages et leurs noms ne vous disent peut-être rien, mais les grands musées, les maisons d’édition et les festivals misent de plus en plus sur eux. Le Fossoyeur de Films, Révisons Nos Classiques, Art Comptant Pou Rien, Bulledop, Muséonaute, etc. sont autant de chaînes YouTube qui collaborent régulièrement avec le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, La Monnaie de Paris ou les éditions Albin Michel.
En février 2016, le Musée du Louvre est parmi les premiers à leur avoir laissé carte blanche dans ses salles. Pourtant, ces youtubeurs ne cumulent au mieux que quelques milliers de vues par vidéo, bien loin des 61 millions d’Apshit, le clip de Beyoncé et Jay-Z tourné dans le plus grand musée du monde.

        Lire l’analyse :
         

          Beyoncé et Jay-Z, la fierté noire au Louvre



De plus en plus d’institutions culturelles se disent séduites par le ton décalé qu’adoptent les jeunes vidéastes et qui contribue à désacraliser leur image. Pour Adel Ziane, directeur de la communication du Louvre, ce sont eux les vrais « ambassadeurs du musée ». La plateforme de partage de vidéos en ligne fait désormais partie intégrante de la stratégie de communication de grands organismes culturels.
Pas une fin en soi
Deux profils de youtubeurs culture se distinguent. Le premier, le plus précaire, concerne des étudiants ou de jeunes diplômés. Le thème de leurs vidéos est souvent lié à leur domaine d’études qu’ils cherchent à vulgariser. Mais si un partenariat en entraîne aisément d’autres, les moyens des jeunes vidéastes deviennent vite limités, leurs interlocuteurs n’estimant pas toujours nécessaire de les rémunérer. « Le contenu que nous produisons est certes de la médiation mais il relève aussi de la communication. Sauf que que si les musées sont prêts à investir des milliers d’euros dans des produits dérivés, ce n’est pas le cas pour les youtubeurs qu’ils invitent », explique Chloé de la chaîne Muséonaute, consacrée à l’histoire de l’art.

Le second profil s’en sort mieux. Il se compose de vidéastes plus aguerris, ayant déjà exercé une autre activité professionnelle. Ils peuvent donc s’appuyer sur leurs économies pour développer leurs activités de youtubeurs. Ils exigent également plus rapidement d’être rémunérés. Pour eux cependant, YouTube n’est pas une fin en soi. « Aujourd’hui, je suis autoentrepreneur, je ne suis pas que youtubeur, dit Guillaume, aux manettes de la chaîne Révisons Nos Classiques, consacrée à la musique classique. Je me considère plutôt comme une agence de communication, tout en gardant ma ligne éditoriale. Au-delà de YouTube, je souhaite être à terme un média global, produisant des contenus à destination de tous types de supports ».
« Des contrats un peu hybrides »
Un youtubeur culture bien établi vit en général de trois sources de financement : les revenus publicitaires de YouTube, du crowdfunding et surtout les partenariats. Pour ces derniers, il existe autant de formes de contrats que de structures : bénévolat, prestataires en communication, accréditation presse, blogueur… « Ce sont toujours des contrats un peu hybrides. Le métier est nouveau et recouvre plein de facettes différentes. Chaque youtubeur est un vrai orchestre, à la fois auteur, réalisateur, comédien, etc. Mais les normes s’établissent progressivement », affirme François Theurel, de la chaîne consacrée au cinéma, Le Fossoyeur de Films.

La rémunération est variable. La Monnaie de Paris, par exemple, recourt à une agence chargée de recruter les youtubeurs. « C’est elle qui fixe les rémunérations en fonction de la taille des influenceurs et de leur expertise dans le domaine concerné », indique le community manager du musée, Nicolas Cazaux. Autrement dit, plus le nombre d’abonnés est élevé, plus le youtubeur a de poids dans la négociation. Et la concurrence est rude.
Une communauté très fidèle
En revanche, toutes les institutions culturelles s’accordent pour les désigner sous le terme d’« influenceur ». Si leur communauté peut sembler réduite par rapport aux millions d’abonnés des stars de la plateforme, elle est cependant très fidèle. Les éditions Albin Michel n’hésitent pas à cibler les youtubeurs en fonction de l’auteur à promouvoir, afin de créer des affinités. « L’idée, c’est de mettre en place un cercle vertueux pour que les auteurs, les libraires, les booktubeurs et les lecteurs communiquent entre eux et s’influencent », indique Mickael Palvin, directeur marketing de la maison d’édition.
Difficile toutefois d’évaluer les retombées économiques d’une telle stratégie en dehors du nombre de vues et des commentaires. « Il n’y a pas de traçabilité, c’est un bruit, un engouement, mais les prescriptions se font, ça c’est sûr », assure Mickael Palvin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Laëtitia Moreau fait le portrait sensible de Virginie et, à travers elle, met à mal bien des clichés sur la surdité (sur Arte à 23 h 15).
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TV – « L’Eloquence des sourds »

Notre choix du soir. Laëtitia Moreau fait le portrait sensible de Virginie et, à travers elle, met à mal bien des clichés sur la surdité (sur Arte à 23 h 15).



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h32
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 15


L'ÉLOQUENCE DES SOURDS [Teaser| from FIGRA on Vimeo.

« Imaginez un monde où un avion qui décolle fait le bruit d’un oiseau (…). Je m’appelle Virginie et ce monde, c’est le mien. » Virginie est sourde de naissance. Pourtant, cela ne se perçoit presque pas. Dès la petite enfance, ses parents l’ont initiée à la lecture labiale et à l’oralité. Grâce à des heures et des heures d’orthophonie, la jeune femme a appris à parler, sans jamais entendre le son de sa voix. C’est ainsi qu’elle nous conte sa vie. Une vie entre « deux mondes », celui de la surdité et celui des entendants, rappelant au passage que non, les sourds ne naissent pas muets.
Dans L’Eloquence des sourds, la réalisatrice Laëtitia Moreau dresse le portrait d’une femme brillante, dans tous les sens du terme. Virginie y dévoile son quotidien, somme toute assez banal. Rythmé par les rendez-vous médicaux, les réunions de travail, les scènes familiales, les sorties sportives et les repas entre amis. Cadre dans une grande société d’assurance, mère de deux enfants, épouse d’un mari aimant, Virginie fait figure de modèle. Mais derrière le tableau idyllique se cache le parcours d’une combattante.
Pour surmonter ce « handicap de la communication », Virginie a dû franchir bien des obstacles. Des entraves venant notamment des enseignants – à l’université, ses professeurs refusaient de lui donner la version papier de leurs cours – et du corps médical. Le médecin de ses parents la condamne au mutisme. Qu’à cela ne tienne, elle deviendra la première avocate sourde de France. Une belle revanche. Néanmoins, la jeune femme n’a jamais plaidé en public, par peur, et s’est finalement tournée vers l’entreprise.
Entre « deux mondes »
Son fils et sa fille, sourds également, sont porteurs d’implants cochléaires. Ce qui leur permet, à peu de chose près, de parler et d’entendre comme les enfants de leur âge. Virginie s’est aussi fait opérer lorsqu’elle avait 20 ans, sans réel succès. Aujourd’hui, la question d’une nouvelle intervention a été mise sur la table, mais, réticente, elle hésite.
Si tout semble avoir réussi à Virginie, on perçoit également ses doutes, ses inquiétudes et la fatigue qui la happe. Et c’est là que réside la beauté de ce film : montrer toutes les nuances de sa vie et mettre au jour les émotions qui traversent cette bosseuse. Ce documentaire a pourtant un je-ne-sais-quoi de reposant. Comme Virginie, on finit par apprécier le silence d’une soirée chez soi ou d’un dîner entre amis malentendants, où le langage des signes finit par prendre le pas sur celui des cordes vocales. Elle reconnaît puiser sa force dans les mondes à la fois étrangers et complémentaires que sont ceux des sourds et des entendants.

   


Au-delà de son héroïne, souvent drôle et émouvante, Laëtitia ­Moreau livre un film sensible qui interroge le comportement des entendants vis-à-vis des sourds et du handicap en général. Quelle attitude adopter ? comment leur parler ? Autant de questions auxquelles Virginie a déjà été confrontée. Non sans humour d’ailleurs, elle relate notamment quelques-uns de ses entretiens d’embauche, qui en disent long sur les préjugés ancrés dans notre société.
Poignant, ce portrait met à mal bien des clichés sur la surdité et souligne la richesse de l’« éloquence des sourds », composée de signes, de lèvres et de paroles. Un univers peuplé d’« images, de vibrations, de sensations », comme le décrit Virginie. A bon entendeur.
L’Eloquence des sourds, de Laëtitia Moreau (France, 2017, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Cheveux bleus, rouges, roses… L’effusion chromatique des nouvelles aventures de Goku se font au détriment de la bande dessinée, confuse et bavarde.
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« Dragon Ball Super », le manga dans l’ombre de l’anime

Cheveux bleus, rouges, roses… L’effusion chromatique des nouvelles aventures de Goku se font au détriment de la bande dessinée, confuse et bavarde.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h00
    |

            William Audureau








                        



   


Il n’y a plus ni couleurs ni suspense. Et pourtant, Dragon Ball Super, le manga adapté du dessin animé diffusé de juillet 2015 à mars 2018 continue son petit bonhomme de chemin. A l’occasion de la Japan Expo, Glénat a publié en version française son quatrième tome, sur les six existants. Il raconte l’affrontement herculéen entre l’éternel héros, Goku, son rival Vegeta, et un duo maléfique voyageant dans le temps et les dimensions parallèles, Zamasu et Black Goku, dont le final est déjà connu de ceux qui ont suivi l’anime.
Surtout, ce quatrième chapitre donne à voir l’étrange relégation dont est désormais objet le manga par rapport à son grand frère animé. Dès le début, on savait le dessin confié à Toyotaro, et non à l’auteur original lui-même, Akira Toriyama. S’il tente de coller au style de Toriyama, on ne peut s’empêcher à chaque page de relever l’infime écart qui le sépare du maître : postures forcées, moues figées, même si la découpe des cases a gagné en dynamisme depuis le premier tome.

   


Problème capillaire
Mais c’est surtout dans sa narration que ce manga en noir et blanc paye un lourd tribut à son nouveau statut d’œuvre secondaire. Et le problème est essentiellement capillaire. Dans l’œuvre originale, lorsque les héros dépassaient leurs limites (la fameuse transformation en Super Saiyan, un guerrier d’élite), leur puissance nouvelle était représentée par une nouvelle coupe de cheveux blanche, ou jaune dans le dessin animé, dont la longueur pouvait s’étirer jusqu’à l’arrière des genoux. A l’époque, le choix de cette représentation était intimement lié à la fabrication de la bande dessinée, et au temps pris par le beta-nuri, l’encrage en noir, relatait Toriyama en 2009.
« Pour être honnête, j’ai décidé du design du Super Saiyan pour une raison simple qui risque de vous étonner. Je travaille toujours avec une seule personne, mon jeune assistant, qui m’épaule. Il passait souvent l’essentiel de son temps à encrer en noir les cheveux de Goku, donc le principal objectif était de lui faire gagner du temps. Quand Goku se transforme en Super Saiyan, il n’y a plus besoin de coloriser ses cheveux. Cela permet aussi de marquer visuellement la différence de force, donc cela permettait de faire d’une pierre deux coups. »
Mais désormais, c’est l’esthétique télévisuelle qui guide le scénario. Goku s’est découvert dans les films et le dessin animé Dragon Ball Super de nouvelles transformations capillaires rouges, puis bleues. Il affronte son sosie Black Goku, qui lorsqu’il veut atteindre un nouveau stade de puissance, mue en rose. Et tout cela, un manga en noir et blanc, est dans l’impossibilité de le représenter. Alors, il le décrit.

   


Exégèse chromatique
Dragon Ball Super, version papier, c’est ainsi l’impression étrange d’assister à un match de football en noir et blanc, avec des commentateurs sportifs tentant tant bien que mal de faire comprendre qui joue de quelle couleur. Ainsi de ce passage où Vegeta a pour stratégie de se changer en Super Sayien God (touffe rouge) et de basculer pour quelques millisecondes seulement en Super Saiyan Blue (crinière bleue), et il faut toutes les bavardes explications de Goku pour donner un peu de sens à ce qui, visuellement, n’en a aucun.
Tout ce quatrième tome, censé être consacré à de grands combats d’arts martiaux entre guerriers intergalactiques, prend dès lors la tournure d’une exégèse chromatique bavarde et assommante, où les personnages secondaires finissent par devenir plus essentiels à la compréhension de l’intrigue que les protagonistes eux-mêmes.
Sans doute n’est-ce pas un hasard si le meilleur moment de ce quatrième tome est l’usage par Zamasu de microportails pour se battre à distance : cette pure idée visuelle se contrefiche de la couleur pour fonctionner ; elle n’a pas besoin d’explication ; elle se contente de recours à des cercles sombres qui dynamitent la logique des pages blanches. Et pendant quelques instants alors, Dragon Ball redevient Dragon Ball. Une formidable machine à inventer des motifs visuels innovants, et à déployer de manière dynamique et élégante des scènes d’action d’une rare virtuosité.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. Remontant sur le ring, l’équipe de la série se révèle plus brillante encore que lors du premier round (sur Netflix à la demande).
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TV – « GLOW » : l’univers impitoyable du catch féminin

A voir aussi ce soir. Remontant sur le ring, l’équipe de la série se révèle plus brillante encore que lors du premier round (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h30
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Netflix à la demande

GLOW, acronyme de « Gorgeous Ladies of Wrestling » (autrement dit « les superbes dames du catch »), s’inspire de l’histoire de la Ligue américaine de catch féminin. Sa première saison retraçait les recherches et errements ayant abouti à la création de l’émission de télévision « GLOW », qui, pour la première fois, faisait un spectacle du combat de femmes en justaucorps à paillettes surmontés de Brushing impeccables.
Revisitant les années 1980 à Los Angeles, cette comédie s’attardait sur le recrutement et l’épuisant entraînement au catch de jeunes femmes sans emploi devant se convertir en excellentes athlètes. L’on y suivait plus particulièrement Ruth Wilder (Alison Brie, impressionnante), une actrice lassée de n’obtenir – au mieux – que de la figuration, et prête à absolument tout pour enfin briller dans un rôle, fût-il de catcheuse. Il en était de même pour Debbie Eagan (Betty Gilpin, tout aussi bluffante), sa meilleure amie et ancienne actrice de soap.

   


La saison 2, que Netflix vient de lancer, se montre plus brillante encore que la première, approfondissant l’approche des forces et manques affectifs de chacune des apprenties catcheuses. Toutes continuent de voguer entre épuisement et rêve de gloire, entre solidarité, coups bas ou coups de gueule. Mais, après des mois d’entraînement, les voici enfin prêtes pour le tournage de la première saison du show télévisé « GLOW ». Et de nouvelles barrières se présentent : non seulement il leur faut évoluer dans un univers sexiste, mais des pressions et exigences nouvelles apparaissent, liées à la diffusion du show.
Mieux qu’en première saison, « GLOW » parvient à un bel équilibre entre la peinture du cadre très contraignant de leur nouvelle carrière – chacune ayant un rôle hyperstéréotypé – et le récit de leurs errements et tourments. Pas de romance ici, ces femmes se concentrent sur leur lutte pour un avenir professionnel à leur mesure et la résolution de leurs conflits intérieurs. Le tout sur fond de délirants costumes flashy et de combats d’une folle énergie.
GLOW, saison 2. Série créée par Liz Flahive et Carly Mensch (EU, 2018, 10 × 30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Selon les premières estimations, la tablette en terre cuite date du IIIe siècle après Jésus-Christ. Si cette datation est confirmée, ce pourrait être la plus ancienne trace écrite de l’œuvre d’Homère découverte.
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En Grèce, un extrait d’une rhapsodie de « L’Odyssée » découvert gravé sur une tablette antique

Selon les premières estimations, la tablette en terre cuite date du IIIe siècle après Jésus-Christ. Si cette datation est confirmée, ce pourrait être la plus ancienne trace écrite de l’œuvre d’Homère découverte.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h40
   





                        



   


Ce pourrait être l’une des plus anciennes traces écrites du récit homérique. Une tablette antique gravée de treize vers d’une rhapsodie de L’Odyssée a été découverte à Olympie, dans le Péloponnèse, a annoncé mardi 10 juillet le ministère grec de la culture.
Selon les premières estimations des archéologues, la tablette, en terre cuite, date du IIIe siècle après J.-C., pendant l’époque romaine. « Si cette datation est confirmée, la tablette pourrait être la plus ancienne trace écrite de l’œuvre d’Homère découverte » en Grèce, selon le ministère. L’extrait est tiré du chant 14, qui décrit le retour d’Ulysse sur son île d’Ithaque et sa rencontre avec son porcher, Eumaios, qui le croit mort.
Fouilles autour des vestiges du temple de Zeus
La plaquette a été découverte lors de fouilles de surface menées par les services archéologiques grecs, en coopération avec l’Institut allemand d’archéologie, autour des vestiges du temple de Zeus sur le site du berceau des Jeux olympiques, dans l’ouest du Péloponnèse, a précisé le ministère.
D’abord transmise oralement, l’épopée attribuée à Homère, qui aurait composé L’Iliade et L’Odyssée vers la fin du VIIIe siècle avant J.-C., a ensuite été transcrite avant l’ère chrétienne sur des rouleaux dont seuls quelques fragments ont jusque-là été découverts en Egypte.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le président du deuxième groupe d’édition français est mort le 9 juillet à Montagny-Sainte-Félicité (Oise), à l’âge de 72 ans.
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édition abonné


Alain Kouck, président d’Editis Holding, est mort

Le président du deuxième groupe d’édition français est mort le 9 juillet à Montagny-Sainte-Félicité (Oise), à l’âge de 72 ans.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h16
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Alain Kouck, le président d’Editis Holding, le deuxième groupe d’édition français (Presses de la Cité, Robert Laffont, XO, Belfond, Pocket, 10/18, Le Robert, Nathan…), a succombé à une crise cardiaque sur son lieu de vacances, à Montagny-Sainte-Félicité (Oise), lundi 9 juillet dans la soirée. Il avait 72 ans.
« Pour Editis et Planeta [la maison-mère espagnole d’Editis], c’est un dirigeant solide et visionnaire que nous perdons, mais aussi une présence juste, attentive et bienveillante qui va beaucoup manquer à tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui », affirment dans un hommage commun Carlos Fernandez, vice-président exécutif de Grupo Planeta et Pierre Conte, directeur général du groupe Editis. « Alain Kouck avait la fierté et la passion du livre et celles-ci étaient contagieuses (…). C’est ce souvenir rayonnant que nous garderons de lui », ajoutent-ils.
« Sa vie entière fut consacrée au livre et à l’édition, d’abord au sein du groupe Hachette, puis du groupe Editis, qu’il présidait depuis 2002, et qu’il a dessiné et construit dans sa forme actuelle », a affirmé, de son côté, Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition.
Actif dans différentes organisations professionnelles
Né Alain Tchekerul Kouch, le 10 juin 1946 à Chantilly (Oise), marié à Nicole Picou et père de trois enfants – Stéphanie, Véronique et Thomas –, il était diplômé de l’Ecole supérieure libre des sciences commerciales appliquées (ESLSCA). Il a débuté sa carrière dans l’industrie en 1972, d’abord comme responsable de logistique, gestion et de direction d’unités industrielles dans la construction mécanique chez Brissoneau et Lotz, puis dans l’équipement de construction chez Poclain et Trailor.
Il entre dans l’édition en 1980, où il occupe différentes fonctions chez Hachette, avant d’être nommé, en 1986, directeur général de la branche industries et services. Expert en activités industrielles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Invoquant un conflit d’intérêts, la ministre de la culture, issue du monde de l’édition, a demandé à ne plus intervenir dans ces dossiers, dont sera chargé le premier ministre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Conflit d’intérêts : le gouvernement retire à Françoise Nyssen la régulation de l’édition

Invoquant un conflit d’intérêts, la ministre de la culture, issue du monde de l’édition, a demandé à ne plus intervenir dans ces dossiers, dont sera chargé le premier ministre.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h35
   





                        



   


Le premier ministre, Edouard Philippe, a retiré à la ministre de la culture, Françoise Nyssen, issue du monde de l’édition, la régulation économique de ce secteur, selon un décret publié mardi 10 juillet au Journal officiel.
La ministre de la culture se voit retirer ses attributions concernant « la tutelle du Centre national du livre » et « la régulation économique du secteur de l’édition littéraire », et ne doit intervenir dans aucun dossier impliquant « la société Actes Sud », dont elle est l’ancienne patronne, rapporte le texte de ce décret. Ces attributions sont désormais « exercées par le premier ministre », ajoute-t-il.
Conflit d’intérêts
Ces décisions ont été prises « sur la proposition de la ministre de la culture », précise le décret. Le décret a été « pris en application de l’article 2-1 du décret no 59-178 du 22 janvier 1959 relatif aux attributions des ministres », fait encore savoir le texte. Mme Nyssen a dit en « prendre acte » et veut poursuivre son action.
Dans ce décret, il est spécifié que le ou la « ministre qui estime se trouver en situation de conflit d’intérêts en informe par écrit le premier ministre (…). Un décret détermine, en conséquence, les attributions que le premier ministre exerce à la place du ministre intéressé ».

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                « Françoise Nyssen a des convictions et des idées, plus que d’autres dans le passé. Mais elle rame »



Nommée ministre de la culture en mai 2017, Françoise Nyssen, 67 ans, qui a fait d’Actes Sud l’un des fleurons de l’édition française, a dirigé à partir du début des années 1980 cette maison d’édition, fondée à Arles en 1978 par son père, Hubert Nyssen (1925-2011). Au fil des ans, Actes Sud est devenu un des plus importants éditeurs français, composé d’une galaxie d’éditeurs (Payot & Rivages, Le Rouergue, Jacqueline Chambon, Sindbad…). Actes Sud est l’éditeur de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de deux Prix Nobel de littérature (Imre Kertész et Svetlana Alexievitch).
Une question similaire s’est posée au moment de la nomination d’Agnès Buzyn au ministère de la santé, son mari, Yves Lévy, étant le patron de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). A la nomination de Mme Buzyn, un décret a été pris, plaçant l’Inserm sous la double tutelle de Matignon et du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Les sept royaumes de la série sont reconstitués sur 2 000 m2 au parc des expositions de la porte de Versailles, jusqu’au 2 septembre.
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L’univers impitoyable de « Game of Thrones » exposé à Paris

Les sept royaumes de la série sont reconstitués sur 2 000 m2 au parc des expositions de la porte de Versailles, jusqu’au 2 septembre.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 12h10
   





                        



Dragons, masques, costumes médiévaux et épées royales : le monde impitoyable des sept royaumes de Game of Thrones a été reconstitué sur 2 000 m2 dans une exposition itinérante, présentée jusqu’au 2 septembre, au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris. L’occasion de découvrir l’envers du décor de la série fantastique diffusée par les chaînes HBO et OCS, dans laquelle des familles se disputent le pouvoir en ayant recours au meurtre, à la trahison et à la terreur. Un univers de violence et de complot, pimenté de scènes érotiques, suivi par des millions de téléspectateurs.

        Lire le compte-rendu :
         

          Il faudra attendre 2019 pour voir la 8e et dernière saison de « Game of Thrones »



Les attraits principaux de « Game of Thrones, The Touring Exhibition » résident dans les costumes et les attributs des personnages, ce qui cible plutôt les fans de la série. Pour les néophytes, la pédagogie est minimale, réduite à une bande-annonce projetée au début du parcours. Autant dire que les visiteurs doivent être informés de l’intrigue pour apprécier cette collection d’accessoires.
Imaginaire moyenâgeux
Ces robes, tuniques et armures (certaines pesant jusqu’à 28 kg pour mettre les acteurs « en condition ») sont le reflet de l’imagination des costumières américaines, la styliste Michele Clapton et la brodeuse-couturière Michele Carragher, qui se sont inspirées de l’imaginaire moyenâgeux décrit dans les romans de l’écrivain George R. R. Martin, considéré aujourd’hui comme le Tolkien américain. S’ajoutent armes, couronnes en métal et bois de cerf, œufs de dragons et, en vedette en fin de parcours, le précieux Trône de fer d’une valeur inestimable pour les protagonistes. « Les costumes transportent encore plus dans l’univers de la série », s’enthousiasme une visiteuse, en ajoutant que « cette exposition est faite pour vivre l’expérience à fond ».

        Lire le portrait :
         

          Toutes les facettes de George R. R. Martin




   


Mais la promesse d’une expérience interactive et innovante laisse quelque peu à désirer. Si le mur du « Dieu Multiface » peut recevoir de nouveaux visages grâce à la possibilité d’être photographié dans un miroir incliné pour y apparaître, il faudra ramper au sol, une corde à la main, pour simuler le vertige d’une escalade ! En ce qui concerne l’image, il est interdit d’utiliser les flashs, ce qui, dans cette ambiance guère lumineuse, ne favorise pas la qualité des photos, floues ou sombres.

        Lire l’enquête :
         

          « Game of Thrones », un univers en perpétuelle expansion



Le prix d’entrée peut enfin faire réfléchir, à 20 euros pour les adultes et 16 euros pour les moins de 14 ans, auxquels il faudra ajouter 6 euros pour un audioguide. Intégrée au parcours, la boutique propose des tee-shirts à 25 euros et il faudra en compter 15 pour une photo imprimée sur le Trône de fer (12 pour la version digitale). Les malins auront remarqué qu’un autre trône, identique, est discrétement exposé ailleurs, fournissant l’occasion idéale de réaliser une photo gratuite.

   


« Game of Thrones, l’exposition », Paris Expo, pavillon 1, porte de Versailles, Paris 15e. Sur le Web : www.gameofthronesexposition.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La ministre de la justice lance une mission sur l’avenir des opérateurs de ventes volontaires.
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Vers une évolution de la loi sur le marché de l’art

La ministre de la justice lance une mission sur l’avenir des opérateurs de ventes volontaires.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h45
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

A l’occasion de la remise du rapport d’activité du Conseil des ventes volontaires (CVV), le 10 juillet, la garde des Seaux, Nicole Belloubet, a annoncé une mission sur l’avenir des opérateurs de vente volontaires, confiée à Henriette Chaubon, avocate générale à la Cour de cassation, et à l’avocat Edouard de Lamaze. Une mission de plus dans un secteur qui a vu les études s’empiler ? « L’objectif est de rappeler que la loi sur le marché de l’art pourrait évoluer », avance prudemment Loïc Lechevalier, secrétaire général du CVV. Place Vendôme, on estime que « la réglementation actuelle, conçue comme une garantie de sécurité juridique, doit permettre aux opérateurs de ventes volontaires de maintenir leur compétitivité. »
A ce jour, les ventes aux enchères publiques ont connu deux réformes majeures. La première, en 2000, a mis fin au monopole de la profession de commissaire-priseur sur les ventes volontaires et instauré une distinction entre vente judiciaire et vente volontaire. La deuxième, en 2011, a supprimé la nécessité d’un agrément pour les opérateurs de ventes volontaires et élargi leur champ d’activités.
Le paysage des enchères sera aussi modifié dans les cinq ans à venir avec la création du statut de « commissaire de justice » et l’apparition dans le domaine des ventes judiciaires de nouveaux acteurs comme les huissiers de justice. Une arrivée qui aura un impact sur la grande majorité des commissaires-priseurs qui ont la double casquette volontaire et judiciaire.
Concurrence de plus en plus forte
Face à une concurrence de plus en plus forte au niveau international et local, les 403 opérateurs de ventes volontaires réclament désormais des avancées juridiques qui leur permettent de se moderniser et rester dans la course. « Il faudrait revoir les périmètres opérationnels, en permettant par exemple aux sociétés de ventes volontaires de vendre des fonds de commerce, des marques ou des brevets », indique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A l’occasion de la Coupe du monde 2018 en Russie, notre chroniqueuse Binetou Sylla revient sur les liens étroits entre football et musique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤         

La playlist de Binetou : le football en musique



LE MONDE
              datetime="2018-07-10T10:38:44+02:00"

        Le 10.07.2018 à 10h38






Durée : 04:53 | 

En Afrique et dans les pays à forte diaspora comme la France ou le Brésil, le football se joue au rythme de la musique. L’art du dribble né au Brésil provient par exemple de la ginga et de la capoeira, des techniques de combat dansées, importées par les Africains déportés et réduits en esclavage, et dont les footballeurs afrobrésiliens des années 1930 se sont inspirés.
Sur le continent africain, artistes et footballeurs se renvoient la balle et s’inspirent mutuellement. Des albums entiers ont été écrits à la gloire d’équipes africaines comme le disque « Elephant Story » de l’artiste ivoirien Gadji Celli, enregistré pour rendre hommage aux Eléphants de Côte d’Ivoire.
Des footballeurs honorent aussi des musiciens et célèbrent leur but en dansant, tels le joueur français Blaise Matuidi ou l’Ivoirien Didier Drogba.
Retrouvez sur Spotify les titres sélectionnés par Binetou Sylla. 
Binetou Sylla est directrice de Syllart Records, un label de musiques africaines et afro-latines basé à Paris, créé par Ibrahima Sylla en 1978. Elle décrypte pour Le Monde Afrique les nouvelles tendances musicales africaines et nous fait redécouvrir les artistes emblématiques du continent.


                

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                     Au Gabon, le calvaire des enfants vendus


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans « Summerless », l’auteur et metteur en scène aborde la question de l’école en Iran.
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Avignon : la lettre persane de Koohestani

Dans « Summerless », l’auteur et metteur en scène aborde la question de l’école en Iran.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h32
    |

            Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Bientôt, on racontera aux enfants qu’il fut un temps où, pour donner des nouvelles, on s’envoyait des lettres que le facteur déposait dans des boîtes. Quand on voit Summerless, d’Amir Reza Koohestani, on pense à ce temps-là, parce que le théâtre de l’auteur-metteur en scène, enfant de Chiraz (Iran) où il est né en 1978, a la douceur, fébrile et délicate, d’une enveloppe décachetée, et que chacune de ses créations, depuis qu’on l’a découvert en Europe il y a une quinzaine d’années, pourrait s’appeler « Lettre d’Iran ». Il y est toujours question du quotidien, de petites histoires, en apparence, mais qui révèlent ce qui se passe en profondeur dans le pays.
De quoi va-t-il nous parler cette fois ? De l’école, qui ne ressemble plus à celle qu’Amir Reza Koohestani a connue, au début de la révolution. Officiellement, elle est toujours égalitaire. Dans les faits, elle craquelle sous la pression de l’argent. Pour amoindrir la charge qu’elle représente, le gouvernement a autorisé l’ouverture d’établissements privés, qui jouent sur la concurrence et le clientélisme.
Une multitude de messages
Il y a trois personnages dans Summerless. Une jeune mère qui chaque jour vient attendre sa petite fille longtemps avant la fin des cours, une surveillante qui veut un enfant avant qu’il ne soit trop tard, un peintre qui aurait voulu être un artiste et dont elle vient de se séparer. Et puis, il y a l’école, un personnage en soi, avec son tourniquet dans la cour, et son mur qui ressemble à un tableau noir. Sur ce mur, sont écrits des slogans datant de la révolution, que le peintre est chargé de recouvrir.
Voilà pour les grandes lignes, entre lesquelles Koohestani glisse une multitude de messages, qui sont sans doute perçus par ses compatriotes autrement que par nous, mais qui nous rendent proche un lointain géographique et politique. Les deux comédiennes de Summerless portent un foulard qui laisse apparent le haut de leur chevelure....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La jeune metteuse en scène Chloé Dabert propose une triste version modernisée de la pièce de Racine.
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Avignon : « Iphigénie » sacrifiée sous un mirador

La jeune metteuse en scène Chloé Dabert propose une triste version modernisée de la pièce de Racine.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h20
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La tragédie, encore la tragédie, toujours la tragédie : c’est elle, qu’elle soit antique, contemporaine ou classique, qui donne le ton de ce Festival d’Avignon. Après Thyeste, de Sénèque, après la trilogie DeLillo de Julien Gosselin, Iphigénie, de Racine, entre en piste, sous la conduite de Chloé Dabert. Mais là, la réussite n’est pas au rendez-vous. La jeune metteuse en scène, qui vient d’être nommée à la tête du Centre dramatique national de Reims, semble être totalement passée à côté de son spectacle.
Ces dernières années, avec l’émergence d’un nouveau féminisme et des réflexions sur le genre, la figure d’Iphigénie a souvent été convoquée sur les plateaux, que ce soit dans ses versions antique (Euripide), classique (Racine), moderne (Goethe) ou contemporaine (Yannis ­Ritsos, Michel Vinaver). Le mythe de la jeune fille sacrifiée sur l’autel de la raison d’Etat, ballottée par les vents contraires de la politique et des ego masculins, est évidemment inépuisable et, hélas, éternel.
On frôle l’accident industriel
Chloé Dabert a choisi la version de Racine, écrite en 1674, un modèle de sensibilité palpitant sous la métrique de l’alexandrin. Impossible de rater la représentation, a priori, si l’on dispose de bons acteurs et qu’on effectue une sérieuse plongée dans les vers raciniens. Chloé Dabert a engagé de bons acteurs, et travaille toujours beaucoup sur les textes qu’elle met en scène, de manière quasi mathématique. Et pourtant, son spectacle frôle l’accident industriel : direction indigente, pauvreté du point de vue et du décor.
La metteuse en scène s’est vu offrir le Cloître des Carmes, un des plus beaux lieux d’Avignon, un décor en soi, les vieilles pierres dans toute leur splendeur. Qu’elle masque par une scénographie d’une laideur ahurissante, signée par Pierre Nouvel. La partie droite du plateau est occupée par un échafaudage métallique, censé représenter le mirador du camp militaire d’Agamemnon – et tous les miradors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Orfèvre dans la gestion des timbres et des formes, il s’est éteint le 9 juillet à l’âge de 66 ans.
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Oliver Knussen, compositeur et chef d’orchestre britannique, est mort

Orfèvre dans la gestion des timbres et des formes, il s’est éteint le 9 juillet à l’âge de 66 ans.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 09h14
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le compositeur et chef d’orchestre britannique Oliver Knussen est mort le 9 juillet à l’âge de 66 ans « des suites d’une brève maladie », a annoncé son éditeur. Orfèvre dans la gestion des timbres et des formes, il prouvait qu’en Angleterre aussi, l’année 1952 avait été un grand cru pour la musique de création. Exact contemporain du Français Philippe Manoury (son cadet d’une semaine), de l’Allemand Wolfgang Rihm et de la Finlandaise Kaija Saariaho, trois autres références, Oliver Knussen était toutefois plus marqué qu’eux par le lieu où il résidait (Snape, dans le Suffolk) et où résonnait encore la voix de son premier mentor, Benjamin Britten.
Oliver Knussen naît le 12 juin 1952 à Willow (Ecosse) mais il grandit dans les environs de Londres. Contrebasse solo du London Symphony Orchestra, son père détecte très tôt en lui des dons pour la musique. L’enfant compose en effet dès l’âge de six ans et se voit commander une symphonie, à treize, par une chaîne de télévision d’abord intéressée par les performances paternelles. Oliver Knussen en conduira la première audition, au Royal Festival Hall de Londres, peu avant son seizième anniversaire.
Une vie entre les deux rives de l’Atlantique
Alerté par le succès de cette Symphonie n°1, Daniel Barenboim invitera le jeune prodige à en diriger une exécution partielle l’année suivante, à New York. Commence alors une vie partagée entre les deux rives de l’Atlantique. Après avoir étudié la composition, de 1964 à 1967, avec John Lambert, dans une école de Londres, Knussen en fait de même, de 1970 à 1973, avec Gunther Schuller, à Tanglewood, aux environs de Boston. C’est dans ce cadre que sa Symphonie n°2 (1971) est primée et qu’il entreprend ses Ophelia Dances (1975), une page commandée par la Fondation Koussevitzky pour le centenaire de la naissance de son fondateur, le chef Serge Koussevitzky.
En 1975, « Ollie » – comme le surnomment affectueusement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Avec « Kreatur », spectacle pour quatorze interprètes, la chorégraphe révèle un travail profond, acéré, sur les états des corps.
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Avignon : la horde sauvage de Sasha Waltz

Avec « Kreatur », spectacle pour quatorze interprètes, la chorégraphe révèle un travail profond, acéré, sur les états des corps.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 08h24
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h08
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Sortez la boussole ! La chorégraphe Sasha Waltz met le cap sur un continent éclaté, archipel d’îles inconnues que l’on défriche pas à pas. D’abord, on est perdu et on adore ça. Ensuite, on est complètement désorienté mais on s’y retrouve encore. Bien plus tard, l’horizon a disparu et on perd pied dans les vagues érotiques de Je t’aime… moi non plus, de Serge Gainsbourg, qui nous abandonne sur le rivage. Dans le ressac, des images brillantes, des architectures corporelles insolites, des impulsions rituelles saisissantes.
Une expérience aussi bizarre porte un titre glissé comme un indice : Kreatur. Il est celui du nouveau spectacle de la metteuse en scène, présenté du 7 au 14 juillet, à l’Opéra Confluence, à Avignon. Quatorze interprètes sur le plateau, une musique électro-caverneuse du trio Soundwalk Collective qui a collecté ses sons dans des espaces urbains berlinois, des costumes design d’Iris van Herpen. Au-delà de l’effet casting chic de l’affiche, l’esthétique de la pièce, sorte de trip de science-fiction, tient bon et réserve des surprises visuelles en dépit de la dramaturgie un peu chaotique.
Son dernier passage à Avignon remonte à 2013 avec « Dialoge 20-13 »
Longtemps qu’on n’avait pas eu de nouvelles fraîches de l’artiste allemande au dessin puissant, à la démarche ferme, aux thématiques franches, régulièrement programmée à Avignon depuis 1999 – son dernier passage remonte à 2013 avec Dialoge 20-13, dans le cadre de « Des artistes un jour au Festival ». Après une dizaine d’années consacrées à la production d’opéras, elle revient à la chorégraphie pure. Directrice entre 2000 et 2004 de la prestigieuse Schaubühne, basée aujourd’hui avec sa compagnie au Radialsystem V, à Berlin, elle va prendre parallèlement la codirection du Staatsballett, à partir de 2019. Elle est révélée en France à la fin des années 1990 avec des chroniques offensives comme Allee der Kosmonauten (1996), autour de familles vivant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Archives. Héros de la lutte antiapartheid, ce descendant de famille royale fut incarcéré pendant vingt-sept ans et 190 jours. Ses convictions furent la clé de sa survie
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#100ansMandela : Seul contre tous, Mandela l’endurant

Archives. Héros de la lutte antiapartheid, ce descendant de famille royale fut incarcéré pendant vingt-sept ans et 190 jours. Ses convictions furent la clé de sa survie



Le Monde
 |    10.07.2018 à 08h22
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
A l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela et de la sortie mondiale de ses lettres de prison, Le Monde republie des articles parus sur des moments-clés de sa vie. En 2003, le journaliste et philosophe Roger-Pol Droit revient sur les années de détention, au pénitencier de Robben Island, du plus célèbre des prisonniers politiques.
2 août 2003
Plus de 1 500 kilomètres en camion, enchaînés deux à deux. Devant chaque fourgon cellulaire, un camion militaire. Derrière également. De Johannesburg à Kimberley, à travers les collines grises de l’Etat libre d’Orange, puis jusqu’au Cap, où les attend le bateau. Les condamnés tentent de dormir dans les camions fermés, aux fenêtres garnies d’épais barreaux. Dehors, une bise froide et sèche emporte la poussière. Nelson Mandela et ses compagnons sont condamnés à la prison à perpétuité.
Il y a déjà deux ans qu’il a été arrêté, le 5 août 1962, à 44 ans. Il avait été condamné alors à cinq ans de prison. Entre-temps, les autorités ont découvert, dans la ferme clandestine de Rivonia, des documents prouvant que le mouvement contre l’apartheid organise systématiquement des sabotages, et que Nelson Mandela les planifie. Nouveau procès, dont le leader noir fait une tribune politique d’envergure. Verdict : prison à vie, dans le pénitencier de Robben Island.
Assis sur des bancs dans la cale, avec les moteurs diesel qui empestent, secoués par les vagues
Un sale coin, brûlant en été, mais où l’on grelotte dans l’humidité de l’hiver. Du Cap, les condamnés embarquent du quai no 5 en direction de la tâche sombre que l’on aperçoit en mer, à quelques kilomètres de là. Assis sur des bancs dans la cale, avec les moteurs diesel qui empestent, secoués par les vagues, ces hommes qui se battent pour leurs droits et ceux des autres, pour la simple égalité juridique de tous, sont pour la plupart malades durant la courte traversée.
Quand ils arrivent,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Archives. Sorti de prison le 11 février 1990, Nelson Mandela prononçait un discours historique au Cap devant des dizaines de milliers de ses partisans.
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#100ansMandela : Libéré, un « humble serviteur » parle à « son peuple »

Archives. Sorti de prison le 11 février 1990, Nelson Mandela prononçait un discours historique au Cap devant des dizaines de milliers de ses partisans.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 08h20
   





                        



                                


                            
A l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela et de la sortie mondiale de ses lettres de prison, Le Monde republie des articles parus sur des moments-clés de sa vie. Le 11 février 1990, jour de sa libération, le futur Prix Nobel de la paix s’est adressé à la foule venue l’acclamer, comme l’a relaté l’envoyé spécial du Monde.
13 février 1990
Jacques Barrin (Le Cap, Afrique du Sud, envoyé spécial)
Les formalités de levée d’écrou ont-elles été plus longues que prévu ? A-t-il voulu prendre le temps de goûter les retrouvailles avec ceux qui étaient venus le chercher et dire adieu à Gregory, son gardien blanc qui l’avait suivi de prison en prison pendant plus de vingt ans ? Ou bien mettait-il simplement la dernière main au premier discours qu’il allait adresser à « son » peuple dans quelques instants au Cap ?
Quoi qu’il en soit, ce dimanche après-midi 11 février, Nelson Mandela se fait attendre une heure un quart par des centaines de sympathisants qui piétinent sous un dur soleil devant l’entrée principale de la prison de Paarl. A 16 h 14 et non à 15 heures comme il avait été annoncé, un convoi d’une dizaine de voitures débouche d’une longue allée dans l’enceinte de ce vaste centre de détention et s’immobilise devant le poste de garde. Du deuxième véhicule descend Nelson Mandela, qui tient à faire à pied, main dans la main avec Winnie, sa femme, ses premiers pas d’homme libre.
En costume de ville, le vieux lutteur marche d’un pas alerte, esquisse un sourire, fait quelques subtils signes de la main, lève le poing en direction de la foule. Pas un mot. Il remonte en voiture et, à travers les vignobles, sous la conduite de motards toutes sirènes hurlantes, il se laisse conduire vers Le Cap, où l’attend sa première réunion publique. La scène, retransmise en direct par la télévision sud-africaine, n’aura duré que cinq minutes. Nelson Mandela...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Archives. Le 12 juin 1964, Nelson Mandela était condamné à l’emprisonnement à vie. Au cachot depuis deux ans déjà, le militant noir sud-africain passera au total vingt-sept ans derrière les barreaux.
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#100ansMandela : Le bagnard de l’apartheid

Archives. Le 12 juin 1964, Nelson Mandela était condamné à l’emprisonnement à vie. Au cachot depuis deux ans déjà, le militant noir sud-africain passera au total vingt-sept ans derrière les barreaux.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 08h18
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 08h26
    |

                            Michel Bôle-Richard








                        



                                


                            
A l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela et de la sortie mondiale de ses lettres de prison, Le Monde republie des articles parus sur des moments-clés de sa vie. Le 12 juin 1964, le militant noir sud-africain était condamné à la prison à vie. Vingt ans plus tard, en 1984, le journaliste du Monde, Michel Bôle-Richard, témoigne de l’engagement de celui qui est encore derrière les barreaux.
18 juin 1984
« J’ai combattu le racisme toute ma vie, je le combats aujourd’hui et le combattrai jusqu’à la fin de mes jours. » Lancées par Nelson Mandela à ses juges, ce sont là les dernières paroles prononcées publiquement par le militant noir sud-africain. Nous sommes le 12 juin 1964, et il vient d’être condamné à l’emprisonnement à vie. L’ancien dirigeant de l’ANC (Congrès national africain), mouvement anti-apartheid, est ensuite ramené dans le cachot qu’il occupe depuis deux ans déjà. Il y purge une peine de cinq années d’emprisonnement qui lui a été infligée en novembre 1962. Cinq ans qui, par une singulière addition, s’ajoutent à la condamnation à perpétuité.
Depuis vingt-deux ans, aujourd’hui, Nelson Mandela attend une hypothétique remise en liberté. Les campagnes internationales, les requêtes émanant des plus hautes autorités mondiales, les pétitions et les interventions n’ont pas abouti. Les chefs d’Etat européens ont encore demandé son élargissement à M. Pieter W. Botha, premier ministre de l’Afrique du Sud, lors de son récent voyage sur le Vieux Continent.
Les espoirs d’une mesure de clémence avaient été ravivés en mars dernier, lorsque le bruit courut que Nelson Mandela et son compatriote Walter Sisulu pourraient bénéficier d’une mesure de grâce à condition qu’ils s’établissent dans le homeland du Transkei. Une condition s’apparentant à une forme d’exil, qui a été catégoriquement rejetée par les deux prisonniers.
Matricule 464/1964
Incarnation de la lutte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La réalisatrice argentine déplore que le cinéma d’époque latino-américain ait généralement « servi à affirmer l’origine des Etats nationaux ».
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Lucrecia Martel transporte la science-fiction au XVIIIe siècle

La réalisatrice argentine déplore que le cinéma d’époque latino-américain ait généralement « servi à affirmer l’origine des Etats nationaux ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 08h02
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

La dernière fois qu’on avait rencontré Lucrecia Martel, c’était en 2008 à Buenos Aires, quelques semaines avant le Festival de Cannes. Alors âgée de 42 ans, la réalisatrice, figure de proue de la nouvelle vague argentine depuis la révélation de La Cienaga au Festival de Berlin en 2001, devait présenter en compétition sur la Croisette La Femme sans tête, une histoire criminelle faite de détails à peine perceptibles, déroutante et fascinante. Tout en annonçant son passage à un autre format, avec une adaptation de L’Eternaute, récit de science-fiction et ­classique de la bande dessinée argentine.

Et puis plus rien, ou si peu. On a suivi les tribulations de la production de L’Eternaute, arrêtée pour des histoires de budget, de droits. On a appris, il y a trois ans, qu’elle adapterait Zama, roman qui conte les tribulations d’un fonctionnaire royal abandonné par le roi d’Espagne dans une contrée sans nom, entre les ­Andes et la pampa.
Lucrecia Martel ne fait pas mystère de sa volonté de se démarquer de ses prédécesseurs
Coproduit, comme ses deux précédents films, par El Deseo, la société des frères Almodovar, Zama n’a pu prétendre concourir à Cannes en 2017, puisque Pedro Almodovar présidait le jury. ­Présenté hors compétition à Venise, le film a surpris, tant il s’éloigne des territoires historiques (le XIXe siècle) et géographiques (la pampa et la Patagonie) que le cinéma argentin a jusqu’ici explorés.
La réalisatrice ne fait pas mystère de sa volonté de se démarquer de ses prédécesseurs. « Si l’on met à part le cinema novo brésilien, le cinéma d’époque latino-américain, et c’est dommage, a servi à affirmer l’origine des Etats nationaux, fait-elle remarquer. C’est un cinéma machote, plein de héros qui disent des choses qui resteront dans l’histoire, c’est insupportable. » L’histoire de Diego Zama (incarné par l’Hispano-Mexicain Daniel Giménez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Rajinikanth incarne dans « Kaala », sorti le 7 juin, un défenseur de la cause des intouchables. Un rôle soupçonné de servir les ambitions politiques de la star tamoule, qui a fondé son parti.
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« Kaala » : quand le cinéma sert la politique en Inde


                      Rajinikanth incarne dans « Kaala », sorti le 7 juin, un défenseur de la cause des intouchables. Un rôle soupçonné de servir les ambitions politiques de la star tamoule, qui a fondé son parti.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 08h35
    |

                            Guillaume Delacroix








   


Le scénario se voulait binaire. Les gentils en noir, les méchants en blanc. Mais le public indien s’est retrouvé plongé dans un abîme de perplexité en découvrant Kaala (« Noir »), le dernier film où Rajinikanth, héros des héros du cinéma tamoul, tient le haut de l’affiche. Un trouble dû à la stature politique que « Thalaivar » (« The Boss ») a pris depuis décembre. En effet, la presse tamoule le soupçonne de rouler pour le Bharatiya Janata Party (BJP) – la formation nationaliste hindou du premier ministre Narendra Modi, au pouvoir à New Delhi –, lequel n’a jamais réussi à percer dans le Tamil Nadu, à la pointe sud de l’Inde. A 67 ans, Rajinikanth a fondé son propre parti pour participer aux élections, comme bien d’autres acteurs de la région avant lui, tels M.G. Ramachandran et Jayalalithaa, ou encore le scénariste Karunanidhi, pour ne citer que ceux qui gouvernèrent pendant de nombreuses années.
« C’est l’histoire d’un leader qui se bat pour le droit d’un peuple à posséder sa terre. Certes, certaines répliques sont très politiques, mais cela n’a rien à voir avec Rajinikanth. » Pa Ranjith, réalisateur
Et voilà que dans Kaala, sorti le 7 juin, il incarne un personnage qui se fait fort de défendre la cause des intouchables, dans le gigantesque bidonville de Dharavi, à Mumbay, face à l’appétit de promoteurs immobiliers soutenus par un politicien à la tenue immaculée, dont les affiches et banderoles électorales ressemblent étrangement… à celles du BJP. N’y a-t-il pas de quoi s’y perdre ?

        Lire aussi :
         

                En Inde du Sud, la politique est un jeu d’acteurs



Le réalisateur, Pa Ranjith, a vite rassuré tout le monde, jurant que Kaala n’était aucunement au service des nouvelles ambitions du comédien : « C’est l’histoire d’un leader qui se bat pour le droit d’un peuple à posséder sa terre. Certes, certaines répliques sont très politiques, mais cela n’a rien à voir avec Rajinikanth », a-t-il déclaré au magazine Outlook. Il précise d’ailleurs que le film « était avancé à plus de 80 % » lorsque l’intéressé s’est jeté dans l’arène politique, dans les derniers jours de 2017. Agé de seulement 35 ans, Pa Ranjith revendique son appartenance à la caste des intouchables. S’il se consacre au 7e art, c’est parce qu’il en avait assez que les films ayant pour sujet la vie de ceux que le système met au rebut de la société soient réalisés par des représentants des castes supérieures. « Oui, nous sommes économiquement pauvres. Mais pas culturellement », souligne-t-il.
Candidat aux élections générales de 2019
Pour l’acteur néo-politicien Rajinikanth, qui devrait briguer un siège de député aux élections générales du printemps 2019, le ralliement des plus défavorisés est loin d’être secondaire. Et il ne faudrait pas que Kaala se retourne contre lui, ce qui n’est pas gagné. Dans le film, son personnage appelle en effet à la violence. « Nos corps sont nos seules armes. Rassemblons tout le monde », lance-t-il à ses congénères du bidonville, pour éviter que leurs maisons ne soient rasées par les bulldozers. Dans la réalité, au contraire, l’homme politique préfère les défilés pacifiques.

Fin mai, alors que la population du village de Tuticorin était descendue dans la rue pour exiger la fermeture d’une usine de cuivre extrêmement polluante, la police a tiré sur la foule et tué treize personnes. Rajinikanth s’est aussitôt rendu sur place pour dénoncer « ces manifestations organisées à tout bout de champ, qui vont finir par réduire le Tamil Nadu à un cimetière et décourager les entreprises d’investir, empêchant nos jeunes de trouver du travail ». Au box-office, Kaala démarre « médiocrement » pour un film de Rajinikanth, note The Hindustan Times. Que « le Boss » se rassure : le jour de la sortie en salle, ses fans ont brisé des noix de coco et jeté du lait et des boules de camphre sur l’affiche. Une manière de vénérer une idole selon la tradition hindoue.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
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« Sharp Objects », « Glow », « High Maintenance » : trois séries de haute volée

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 07h11
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Belle semaine en perspective pour les fans de séries : la dernière création de HBO, Sharp Objects, est une réussite, Glow revient pour une saison 2 tout aussi enlevée que la première et High Maintenance livre un portrait tout en couleurs de la New York bobo que l’on aime détester.
« Sharp Objects » : femmes à fleur de peau

La série d’été de HBO, Sharp Objects, ambiguë, étouffante, poisseuse, s’apparente à un long film plus qu’à une suite d’épisodes. Un peu à la manière du premier opus de True Detective, elle use du vernis d’une histoire policière pour se donner le prétexte et le temps de s’engager dans une intrigante étude de personnages.
Réalisée de bout en bout par Jean-Marc Vallée (qui avait déjà su apporter une sensation d’atmosphère très spécifique à Big Little Lies), Sharp Objects est née, avant tout, de l’entêtement de deux femmes : Gillian Flynn, auteure de Gone Girl et du roman dont cette série est adaptée – elle en a aussi coécrit le scénario –, et Marti Noxon, sa créatrice et coscénariste (Dietland, UnReal, Glee, Grey’s Anatomy, Mad Men).
Au cœur de Sharp Objects, trois femmes et formidables actrices : Camille Preaker (Amy Adams), journaliste alcoolique et cabossée à la façon des détectives masculins de nombre de romans policiers américains ; sa mère, Adora (Patricia Clarkson), personnage à la Tennessee Williams avec qui elle va renouer en revenant dans sa ville natale pour des articles autour de deux meurtres qui viennent d’y être commis ; et puis sa demi-sœur, la jeune Amma (Eliza Scanlen), mi-ado sage, mi-diable pernicieux. Soit trois générations de femmes passablement perturbées, en lutte avec elles-mêmes et entre elles ; mais aussi, en sourdine, en butte à une société qui attend qu’elles soient des « modèles » et non des femmes libres. Et même libres de s’autodétruire. Martine Delahaye
« Sharp Objects », mini-série créée par Marti Noxon. Avec Amy Adams, Patricia Clarkson, Eliza Scanlen (Etats-Unis, 2018, 8 × 52 min). Un épisode par semaine sur OCS GO depuis le lundi 9 juillet.
« Glow » : catch féminin, ton univers impitoyable

GLOW, acronyme de « Gorgeous Ladies of Wrestling » (autrement dit, « les sublimes dames du catch »), s’inspire de l’histoire de la Ligue américaine de catch féminin. Sa première saison retraçait le cheminement ayant réellement abouti à la création de l’émission de télévision « GLOW », qui, pour la première fois, faisait un spectacle du combat de femmes en justaucorps à paillettes surmontés de brushings impeccables.
Revisitant les années 1980 à Los Angeles, cette comédie s’attardait sur le recrutement et l’épuisant entraînement au catch de jeunes femmes sans emploi devant se convertir en excellentes athlètes. L’on y suivait plus particulièrement Ruth Wilder (Alison Brie, impressionnante), une actrice lassée de n’obtenir – au mieux – que de la figuration, et prête à absolument tout pour enfin briller dans un rôle, fût-il de catcheuse. Il en était de même pour Debbie Eagan (Betty Gilpin, tout aussi bluffante), sa meilleure amie, ancienne actrice de soap.
La saison 2, que Netflix vient de lancer, parvient à un bel équilibre entre la peinture du cadre très contraignant de la nouvelle carrière de ces dames – chacune ayant un rôle hyper-stéréotypé, en tant que catcheuse – et le récit de leurs chicaneries, errements et tourments personnels. Le tout sur fond de délirants costumes flashy et de combats d’une folle énergie. M. De.
« GLOW », saison 2. Série créée par Liz Flahive et Carly Mensch. Avec Alison Brie, Betty Gilpin (Etats-Unis, 2018, 10 × 30 min). Les saisons 1 et 2 sont disponibles sur Netflix.
« High Maintenance » : New York « bobo » à bicyclette

Parmi les séries à revoir cet été, disponibles en visionnage à la demande, on recommandera les deux saisons de High Maintenance (2016-2018), de Ben Sinclair et Katja ­Blichfeld. Chaque épisode conte une histoire différente, jouée par des acteurs en général non récurrents, à l’exception de « The Guy » (« le Mec »), un dealeur new-yorkais de marijuana à bicyclette, « aux allures de John Malkovich jeune » (ainsi que le décrit un personnage), formidablement interprété par Ben Sinclair lui-même. Chaque visite du dealeur chez ses clients est l’occasion pour lui d’être l’oreille plus ou moins consentante de leurs névroses, souvent carabinées ; voire le complice forcé d’événements tragicomiques de leurs vies. Ce qui constitue, avec de rares moments « creux » (les épisodes 5 et 6 de la saison 2), un portrait doux-amer de la New York bourgeoise bohème d’aujourd’hui, bigarrée, excentrique, aussi agaçante qu’attachante. Renaud Machart
« High Maintenance », saisons 1 et 2, série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair. Avec Ben Sinclair (Etats-Unis, 2016-2018, 6 × 20 min et 10 × 20 min). OCS Go à la demande.



                            


                        

                        

