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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Une équipe de recherche de l’université de New York vient de publier les images en time-lapse d’un iceberg qui s’est détaché du glacier d’Helheim, au Groenland. Un phénomène dont ils essaient de comprendre les conséquences à long terme.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Une vidéo virale laisse à penser que des chats auraient pressenti le séisme d’Osaka. Il n’en est rien.
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Non, les chats ne pressentent pas les séismes

Une vidéo virale laisse à penser que des chats auraient pressenti le séisme d’Osaka. Il n’en est rien.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h49
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Une croyance populaire ancienne voudrait que les animaux soient dotés d’un sixième sens, qui les avertirait d’une catastrophe naturelle. Ils seraient ainsi alertés bien avant les humains. Un internaute nous a signalé, sur les réseaux sociaux, une vidéo semblant donner crédit cette théorie – à tort.

La vidéo, partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux, a été prise le 18 juin 2018 à Osaka, au Japon. Des images de vidéosurveillance, provenant d’une pièce abritant une dizaine de chats, montrent que ces derniers présentent une vive agitation une dizaine de secondes avant que la pièce se mette à trembler pendant le séisme de magnitude 6,1 ayant secoué Osaka ce jour. Sur les réseaux sociaux, la vidéo est devenue virale : de nombreux internautes affirment alors que les félins « sentent » le séisme avant son arrivée.
Pourquoi c’est faux
La réaction des chats ne s’explique pas par un quelconque « sixième sens », mais par les ondes P, mouvements de petite amplitude émis au début du séisme. « Pendant le séisme, des ondes sismiques sont générées à différentes vitesses et amplitudes. Les premières à arriver sont les ondes P, de petite amplitude. Ces dernières ne sont pas assez fortes pour faire bouger les meubles, mais génèrent un bruit perceptible par les chats – ce qui explique leur réaction », explique Baptiste Gombert, post-doctorant en sismologie à l’université d’Oxford et auteur d’une thèse sur les glissements co-sismiques.
Les ondes P sont suivies d’ondes de surface, beaucoup plus lentes : ce sont elles qui font se mouvoir les meubles dans la vidéo. « En aucun cas, les chats n’ont pressenti le séisme, car il avait déjà lieu dans les premières secondes de la vidéo », confirme Baptiste Gombert.
Dans un article paru en avril 2018, la société américaine de sismologie s’est penchée sur l’idée reçue selon laquelle les animaux sont à même de prédire les tremblements de terre. Après avoir analysé 180 études sur le sujet, la société américaine de sismologie a conclu que ces dernières présentaient de grandes faiblesses méthodologiques et qu’il n’existait aucune preuve permettant d’affirmer que les animaux étaient à même de prédire des tremblements de terre.

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<article-nb="2018/07/10/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.
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« Il est navrant de constater que des universitaires dénigrent l’antispécisme de manière expéditive »

Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le spécisme fait de plus en plus débat dans la société. Un spéciste peut estimer, par exemple, que le fait qu’un animal appartient à une espèce particulière peut justifier à lui seul qu’on puisse le tuer pour en consommer les chairs. En France, société spéciste, on mange ainsi du cochon, mais pas du chat et encore moins de l’humain.
Le mot « spécisme » a été inventé dans les années 1970 en analogie avec les termes racisme et sexisme. Un raciste ou un sexiste va en effet ne pas avoir la même considération morale envers des personnes en fonction de leur race (ou supposée race) ou de leur sexe. Ces trois idéologies participent donc de la même logique et fondent des rapports de domination, d’exclusion et de violence à l’encontre d’individus appartenant à des catégories dépréciées.
L’intérêt des individus pris en compte
En revanche, pour l’antispécisme, l’espèce (à l’instar de la « race » et du sexe) ne peut constituer un critère pertinent de considération morale. Seul l’intérêt des individus est à prendre en compte, quelle que soit leur espèce.
Conséquemment, étant donné que l’on peut être en bonne santé sans consommer de produits d’origine animale et que les poissons, vaches, cochons ou poules ont un intérêt à la fois à ne pas souffrir et à ne pas se faire tuer, le mouvement antispéciste conteste la légitimité de l’élevage, de la pêche et des abattoirs.

Cette position bouscule bien sûr des traditions et des façons de penser millénaires. Elle remet aussi en cause le privilège que les humains s’arrogent de maltraiter les autres espèces selon leur bon plaisir. Qu’elle suscite des réactions de rejet n’est donc pas surprenant. Mais il est plus navrant de constater que des chercheurs la dénigrent de manière expéditive, comme en témoignent nombre d’interventions récentes en France.
Par exemple, dans un récent entretien, le philosophe Étienne Bimbenet récuse l’antispécisme parce que cette « idéologie »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ La start-up indienne Nimray Solar encourage les foyers d’un même quartier à recourir ensemble à l’énergie solaire. Elle a reçu le prix international Energie « Le Monde »-Smart Cities.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

En Inde, des panneaux solaires pour tous

La start-up indienne Nimray Solar encourage les foyers d’un même quartier à recourir ensemble à l’énergie solaire. Elle a reçu le prix international Energie « Le Monde »-Smart Cities.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h52
    |

            Adrien Naselli








                        



   


Le saviez-vous ? « En quatre-vingt-dix minutes, un nombre suffisant de rayons du Soleil frappe la Terre pour la fournir en énergie pendant un an. » Ce chiffre, qui donne le vertige, donne aussi des ailes aux entrepreneurs qui cherchent à promouvoir une énergie verte. C’est le cas d’Ajay Singh, qui a commencé à s’intéresser à l’énergie solaire lors d’un séjour à Dubaï, où il dit « avoir été impressionné par l’implication active du gouvernement sur le sujet ». Dubaï projette en effet d’atteindre les 75 % d’énergie verte d’ici 2050 alors qu’elle en est pour le moment à moins de 7 %.
Ajay Singh, jeune entrepreneur installé à Gurgaon, dans la banlieue de New Delhi, est confiant dans le développement de sa jeune entreprise, Nimray Solar. Celle-ci compte d’ailleurs parmi les 400 start-up les plus prometteuses de « Smart Fifty », programme lancé par l’Institut indien de management de Calcutta et le département des sciences et des technologies du gouvernement indien. Ajay Singh se frotte les mains : « En Inde, le marché des panneaux solaires va augmenter de 90 % en un an. » Selon l’Agence internationale de l’énergie, le solaire ne représentait encore que 3,2 % de la production d’électricité totale du pays fin 2017.
Son idée : développer la technologie du net metering, la facturation nette, qui consiste à soustraire sa production d’énergie à sa consommation, lorsqu’on possède des panneaux photovoltaïques. Il s’agit ensuite de mettre en réseau plusieurs foyers – au moins dix – à l’échelle d’un quartier, en utilisant la technologie blockchain. Un foyer peut être soit producteur d’énergie, soit simple consommateur. Dans les deux cas, les équipes de Nimray Solar accompagnent les ménages en diagnostiquant leur consommation. Pour l’heure, une version pilote du projet est à l’essai à Gurgaon, avant le lancement de la commercialisation.
Plus de panne de courant
Mais avant même la promotion d’une énergie verte, la promesse de ne plus subir de coupure de courant est l’argument numéro un de Nimray Solar : « Hors des dix plus grandes villes, il arrive très fréquemment de subir des coupures de courant de quatre, cinq, voire huit heures ! Le gouvernement ne sait toujours pas comment faire pour fournir de l’électricité à tous ses habitants », déplore Ajay Singh. Le réseau est en effet peu fiable dans certaines régions d’Inde et 400 millions de personnes n’y ont pas accès. Nimray Solar espère ainsi fournir ces foyers en énergie solaire avant que les opérateurs traditionnels ne s’en emparent.
Deuxième argument d’Ajay Singh pour intéresser ses concitoyens à l’énergie solaire : « Gagner de l’argent. » Il va de soi qu’il s’agit ici d’un élément de communication. En réalité, aucun centime n’entrera dans la poche de celles et ceux qui passeront aux panneaux solaires. Ajay Singh estime en revanche qu’au bout de trois ans, les utilisateurs rentreront dans leurs frais et n’auront plus à payer de facture d’électricité. Une fois installé, le système serait viable pendant vingt-cinq ans.
Le gouvernement indien s’est engagé à participer à 30 % du coût d’installation, et les banques ont reçu pour consigne de faciliter les prêts aux Indiens désireux de passer à l’énergie solaire.
Retrouver les autres lauréats des prix internationaux « Le Monde »-Smart Cities



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le passage au niveau 4, dernier avant l’« épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté en appui des actions de lutte antivectorielle.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

La Réunion déclenche le niveau 4 du plan Orsec pour lutter contre l’épidémie de dengue

Le passage au niveau 4, dernier avant l’« épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté en appui des actions de lutte antivectorielle.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 15h55
   





                        


L’épidémie de dengue se poursuit à un niveau élevé à La Réunion, malgré l’arrivée en juin de l’hiver austral, une saison défavorable aux moustiques. Le préfet de La Réunion a ainsi déclenché, mardi 10 juillet, le niveau 4 du dispositif qui implique un renforcement de la mobilisation et de la prévention contre le moustique vecteur de la maladie.
Le passage au niveau 4, le dernier avant l’« épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté (RSMA) en appui des actions de lutte antivectorielle. Plus de contrats aidés « Parcours emploi compétence » (PEC), financés à hauteur de 80 à 90 % par l’Etat, seront également attribués aux associations spécialisées dans les opérations de nettoyage de l’espace public.
Les actions de communication et d’information auprès des médecins, des laboratoires et du public seront renforcées. Des répulsifs seront aussi distribués auprès de publics cibles.
Du début de l’année au 10 juillet, 5 970 cas de dengue confirmés biologiquement ont été recensés. Cent vingt-quatre malades ont dû être hospitalisés. Ces chiffres seraient en deçà de la réalité.
« Les médecins reçoivent en consultations beaucoup de patients présentant les symptômes de la dengue », déclare Luce Menudier, épidémiologiste de la cellule d’intervention en région (CIRE) Santé publique France. « Nous sommes à plus de 18 000 consultations pour dengue », affirme-t-elle.

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                A La Réunion, une épidémie de dengue « sans précédent », selon l’OMS



Risque d’une « explosion épidémique » l’été prochain
« On observe aussi une dispersion de plus en plus importante du nombre de cas sur l’île, notamment dans le nord et le sud », déclare Marie-Amélie Vauthier-Bardinet, directrice de cabinet du préfet de La Réunion.
Le maintien d’une circulation du virus pendant l’hiver fait peser le risque d’une « explosion épidémique au cours de l’été prochain. L’idée est de profiter de la saison froide pour éradiquer le virus», ajoute-t-elle.

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                Pourquoi la France refuse le vaccin contre la dengue pour ses territoires d’outre-mer



Si cet objectif n’est pas atteint, dès le retour de la saison chaude le risque serait d’avoir à faire face à une épidémie majeure, comme ce fut le cas avec le chikungunya en 2005-2006. Plus de 260 000 habitants, le tiers de la population, avaient été contaminés. Deux cent vingt-cinq personnes étaient mortes de la maladie.
Le second risque serait le développement d’une « endémicité » de la dengue. « Le virus continuerait à circuler et reviendrait chaque année », souligne le docteur François Chieze, directeur de la cellule de veille et sécurité sanitaire à l’agence régionale de santé.

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                Peut-on prédire les futurs fléaux épidémiques ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Six membres du mouvement baptisé « Alliance des gardiens de mère nature » rappellent l’urgence d’entretenir une relation plus durable avec la Terre.
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<article-nb="2018/07/10/19-7">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Le bilan provisoire des très violentes pluies qui se sont abattues sur l’ouest du Japon s’est alourdi : les sauveteurs recherchent plusieurs dizaines de personnes dans les décombres.
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<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Des datations commandées par le mouvement citoyen Avaaz révèlent que près de 20 % des objets commercialisés proviennent d’éléphants tués dans les dernières décennies.
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De l’ivoire illégal vendu dans toute l’Europe

Des datations commandées par le mouvement citoyen Avaaz révèlent que près de 20 % des objets commercialisés proviennent d’éléphants tués dans les dernières décennies.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 00h15
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Le commerce illicite d’ivoire continue de prospérer en Europe, encourageant le braconnage des éléphants. C’est ce que confirme une enquête du mouvement international citoyen Avaaz, dont les conclusions sont publiées mardi 10 juillet.
Entre octobre et décembre 2017, l’ONG a acheté 109 pièces en ivoire (défenses ouvragées, statuettes, vases, bibelots, coupe-papier, colliers, bracelets…) à des particuliers ou dans des boutiques spécialisées, dans dix pays européens : Allemagne, Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni. Elle les a ensuite fait dater par un laboratoire de l’Université britannique d’Oxford, par la méthode du carbone 14.
Les résultats sont édifiants. Ils montrent que sur l’ensemble de l’échantillon, près des trois quarts (74,3 %) sortent du cadre de la légalité. En effet, depuis 1989, le négoce de l’ivoire a été banni par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Cette interdiction s’applique au sein de l’Union européenne (UE), mais la vente et l’achat y restent autorisés pour les objets façonnés avant 1947, qui sont alors considérés comme des antiquités.

Or les datations révèlent que 25,7 % seulement des pièces examinées sont effectivement antérieures à 1947. Sur le panel étudié, le taux de ventes illicites est même de 100 % en Bulgarie, en Italie et en Espagne, tandis qu’il atteint 85 % en France et 83 % au Portugal.
Ce n’est pas tout. Il apparaît que dans 19,3 % des cas, l’ivoire est postérieur à 1990. Ce qui signifie qu’il provient d’éléphants tués au cours des dernières décennies, après l’interdiction du commerce mondial.

Demande d’interdiction totale du négoce
« Cette étude fournit des preuves concrètes que le marché européen légal de l’ivoire offre une couverture à l’ivoire illégal, contribuant à la crise d’extinction des éléphants », commente Avaaz, dont l’enquête...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le groupe pharmaceutique a annoncé, lundi, l’arrêt immédiat de la production de son usine chimique, devant le tollé suscité par des informations sur ses émissions hors norme de rejets toxiques.
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Rejets toxiques : dans le viseur du gouvernement, Sanofi met son usine de Mourenx à l’arrêt

Le groupe pharmaceutique a annoncé, lundi, l’arrêt immédiat de la production de son usine chimique, devant le tollé suscité par des informations sur ses émissions hors norme de rejets toxiques.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 20h20
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h29
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Sanofi n’en a peut-être pas fini avec le scandale de la Dépakine, ce médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développements chez des milliers d’enfants. Sanofi Chimie, filiale du groupe pharmaceutique, a annoncé lundi 9 juillet, l’arrêt immédiat de la production de l’usine qui produit la Dépakine, à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), afin « d’opérer les améliorations techniques indispensables à un retour à la normale ». En cause, des rejets dans l’atmosphère de substances dangereuses dans des quantités très supérieures aux limites autorisées. « Toutes les conditions en matière d’émissions et d’absence de risques pour les salariés et les riverains devront être réunies pour que l’État puisse autoriser une reprise de l’activité du site », a indiqué le gouvernement mardi 10 juillet.
Le bromopropane est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique possible par l’OMS
L’usine fait partie de la vingtaine d’installations classées Seveso du complexe industriel de Lacq, cet ancien « Texas béarnais » qui a fait la fierté de la France des « trente glorieuses » avec son gisement de gaz fortement soufré. Un rapport d’inspection d’avril, auquel Le Monde a eu accès, révèle notamment que le bromopropane, qui entre dans la composition du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, a été mesuré jusqu’à 190 000 fois la norme avec un rejet en mars à plus de 380 000 mg/m3 alors que la valeur limite d’émission est de 2mg/m3.

        Lire :
         

          L’usine Sanofi qui produit la Dépakine émet des quantités dangereuses de substances toxiques



En octobre 2017, déjà, des rejets à hauteur de 180 000 mg/m3 avaient été identifiés. Selon les déclarations de l’industriel, plusieurs dizaines de tonnes de ce solvant sont émises chaque année sur le site de Lacq, l’un des plus pollués de France. Des rejets d’autant plus dangereux que le bromopropane est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique possible par l’Organisation mondiale de la santé.
Cathy Soublès, de la Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso) déplore ainsi :

        Lire aussi :
         

                A Lacq, un demi-siècle de pollutions cachées



« Femmes enceintes, salariés et riverains sont massivement et continuellement exposés à cette substance en plus de celles qui sont émises par la plate-forme industrielle, déjà tristement connue pour son air irrespirable et les nombreux problèmes de santé des populations alentours. Il n’est pas acceptable que Sanofi continue à polluer massivement l’air que nous respirons. C’est la santé des salariés, des habitants et des générations futures qui est en jeu ».
« Risques pour la santé »
Le bromopropane n’est pas la seule substance rejetée en excès par Sanofi Chimie. Le rapport de l’inspection note que quatre autres composés organiques volatils (COV) – toluène, propène, isopropanol et valéronitrile – dépassent les normes. Le rejet global pour ces cinq COV est limité à 110 mg/m3. Or il a atteint près de 770 000 mg/m3 en mars, soit 7 000 fois plus que la valeur autorisée. Ces dépassements impressionnants sont les résultats d’un « premier écart », relève le rapport : jusqu’en octobre 2017, l’industriel ne contrôlait qu’une de ses trois colonnes dites d’abattage, qui traitent les gaz avant de les rejeter dans l’air.
La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Nouvelle-Aquitaine a mis en demeure Sanofi de prendre des « mesures d’urgence » pour respecter les normes dans un délai de trois mois.
Avant d’annoncer l’arrêt de la production, le groupe avait reconnu « un problème de dépassement localisé des seuils de rejet de vapeur de solvants », précisant qu’« un plan d’action a immédiatement été engagé par le site, qui a mis en place une unité de collecte et de traitement des rejets afin de les réduire significativement ». 
Sanofi assure surtout que « les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation ». Dans son rapport, la Dreal est moins catégorique : « Cette conclusion est construite en considérant le caractère toxique du bromopropane et non son caractère cancérogène, mutagène et reprotoxique, avec la prise en compte de sensibilité par exemple des femmes enceintes. » Elle estime ainsi, dans un langage tout administratif, que « certaines hypothèses doivent être approfondies à très court terme pour pouvoir affirmer qu’il n’y a pas de risques pour la santé des populations exposées ».
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a été saisie sur les rejets de valproate de sodium. Ses conclusions sont attendues le 12 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Des pluies torrentielles se sont abattues sur l’ouest du Japon ces derniers jours. Les glissements de terrain et les inondations ont fait au moins 100 morts.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Des rejets de bromopropane, substance potentiellement cancérogène, ont dépassé jusqu’à 190 000 fois les normes sur le complexe chimique du bassin de Lacq à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
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Rejets toxiques : dans le viseur du gouvernement, Sanofi met son usine à l’arrêt

Des rejets de bromopropane, substance potentiellement cancérogène, ont dépassé jusqu’à 190 000 fois les normes sur le complexe chimique du bassin de Lacq à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h20
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Sanofi n’en a peut-être pas fini avec le scandale de la Dépakine, ce médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développements chez des milliers d’enfants. Sanofi Chimie, filiale du groupe pharmaceutique, a annoncé lundi 9 juillet, l’arrêt immédiat de la production de l’usine qui produit la Dépakine, à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), afin « d’opérer les améliorations techniques indispensables à un retour à la normale ». En cause, des rejets dans l’atmosphère de substances dangereuses dans des quantités très supérieures aux limites autorisées. « Toutes les conditions en matière d’émissions et d’absence de risques pour les salariés et les riverains devront être réunies pour que l’État puisse autoriser une reprise de l’activité du site », a indiqué le gouvernement mardi 10 juillet.
Le bromopropane est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique possible par l’OMS
L’usine fait partie de la vingtaine d’installations classées Seveso du complexe industriel de Lacq, cet ancien « Texas béarnais » qui a fait la fierté de la France des « trente glorieuses » avec son gisement de gaz fortement soufré. Un rapport d’inspection d’avril, auquel Le Monde a eu accès, révèle notamment que le bromopropane, qui entre dans la composition du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, a été mesuré jusqu’à 190 000 fois la norme avec un rejet en mars à plus de 380 000 mg/m3 alors que la valeur limite d’émission est de 2mg/m3. En octobre 2017, déjà, des rejets à hauteur de 180 000 mg/m3 avaient été identifiés. Selon les déclarations de l’industriel, plusieurs dizaines de tonnes de ce solvant sont émises chaque année sur le site de Lacq, l’un des plus pollués de France.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          A Lacq, un demi-siècle de pollutions cachées



Des rejets d’autant plus dangereux que le bromopropane est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique possible par l’Organisation mondiale de la santé.
Cathy Soublès, de la Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso) déplore ainsi :
« Femmes enceintes, salariés et riverains sont massivement et continuellement exposés à cette substance en plus de celles qui sont émises par la plate-forme industrielle, déjà tristement connue pour son air irrespirable et les nombreux problèmes de santé des populations alentours. Il n’est pas acceptable que Sanofi continue à polluer massivement l’air que nous respirons. C’est la santé des salariés, des habitants et des générations futures qui est en jeu ».
« Risques pour la santé »
Le bromopropane n’est pas la seule substance rejetée en excès par Sanofi Chimie. Le rapport de l’inspection note que quatre autres composés organiques volatils (COV) – toluène, propène, isopropanol et valéronitrile – dépassent les normes. Le rejet global pour ces cinq COV est limité à 110 mg/m3. Or il a atteint près de 770 000 mg/m3 en mars, soit 7 000 fois plus que la valeur autorisée. Ces dépassements impressionnants sont les résultats d’un « premier écart », relève le rapport : jusqu’en octobre 2017, l’industriel ne contrôlait qu’une de ses trois colonnes dites d’abattage, qui traitent les gaz avant de les rejeter dans l’air.
La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Nouvelle-Aquitaine a mis en demeure Sanofi de prendre des « mesures d’urgence » pour respecter les normes dans un délai de trois mois.
Avant d’annoncer l’arrêt de la production, le groupe avait reconnu « un problème de dépassement localisé des seuils de rejet de vapeur de solvants », précisant qu’« un plan d’action a immédiatement été engagé par le site, qui a mis en place une unité de collecte et de traitement des rejets afin de les réduire significativement ». 
Sanofi assure surtout que « les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation ». Dans son rapport, la Dreal est moins catégorique : « Cette conclusion est construite en considérant le caractère toxique du bromopropane et non son caractère cancérogène, mutagène et reprotoxique, avec la prise en compte de sensibilité par exemple des femmes enceintes. » Elle estime ainsi, dans un langage tout administratif, que « certaines hypothèses doivent être approfondies à très court terme pour pouvoir affirmer qu’il n’y a pas de risques pour la santé des populations exposées ».
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a été saisie sur les rejets de valproate de sodium. Ses conclusions sont attendues le 12 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Emmanuel Macron et Nicolas Hulot se sont engagés à fermer les quatre centrales françaises d’ici à 2022. Mais ces sites jouent un rôle énergétique majeur pour passer les pointes hivernales.
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Les centrales à charbon seront difficiles à fermer

Emmanuel Macron et Nicolas Hulot se sont engagés à fermer les quatre centrales françaises d’ici à 2022. Mais ces sites jouent un rôle énergétique majeur pour passer les pointes hivernales.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h17
    |

                            Nabil Wakim (Cordemais, Loire-Atlantique)








                        



                                


                            

C’était une promesse de campagne du candidat Macron : en 2022, les centrales à charbon françaises seront fermées. Dans un entretien à Forbes, en mai, il en avait même fait un exemple de sa politique environnementale. « EDF et [le groupe allemand] Uniper, des entreprises très classiques, ont beaucoup résisté. Mais j’ai décidé de dire très clairement que nous allions les fermer. Je leur ai dit : “Nous allons vous aider, mais nous allons les fermer. Il n’y a pas d’autre choix.” »
Le plan climat de Nicolas Hulot, présenté il y a tout juste un an, avait gravé dans le marbre cet engagement. La France ne compte plus que quatre centrales de ce type en activité sur son territoire, au Havre (Seine-Maritime), à Cordemais (Loire-Atlantique), à Saint-Avold (Moselle) et à Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Elles sont d’abord remises en cause pour leur très mauvais bilan carbone, le charbon étant la manière la plus polluante de produire de l’électricité. Certes, le charbon ne représente que 1,8 % de la production électrique française, mais il représente 25 % des émissions du secteur. Ces quatre centrales jouent pourtant un rôle majeur pour passer les pointes hivernales, et, surtout, emploient plus d’un millier de salariés, sans compter les nombreux emplois indirects.
Un rôle crucial
A Cordemais (Loire-Atlantique), le problème se pose assez simplement. Pour assurer l’alimentation électrique de la Bretagne, le rôle de la centrale est crucial, assurent en chœur la direction d’EDF et les syndicats. Ici, on produit de l’électricité à partir du charbon et du fioul depuis le début des années 1970. La dernière tranche fioul de la centrale a cessé son activité définitivement en avril, mais les deux unités charbon sont encore très actives.
Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a même assuré devant l’Assemblée, en juin, que la Bretagne n’était pas passée loin d’un « black-out » l’hiver dernier. Lors des deux derniers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Atteint d’un cancer après avoir manipulé le pesticide de Monsanto, Dewayne Johnson poursuit la firme, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts.
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Le premier procès du Roundup démarre à San Francisco

Atteint d’un cancer après avoir manipulé le pesticide de Monsanto, Dewayne Johnson poursuit la firme, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 09h49
   





                        



   


Le Roundup est-il cancérigène ? Monsanto a-t-il volontairement caché la dangerosité de son désherbant au glyphosate ? Telles sont les questions qu’un tribunal états-unien va devoir examiner, à partir de lundi 9 juillet. Un tribunal de San Francisco avait été saisi par un particulier atteint d’un cancer en phase terminale.
Si des centaines, voire des milliers, de procédures sont en cours aux Etats-Unis contre le grand groupe d’agrochimie, la plainte de Dewayne Johnson, un Américain de 46 ans qui a vaporisé du Roundup pendant plus de deux ans, est la première concernant le produit et ses possibles effets cancérigènes à aboutir à un procès.
Le procès s’est officiellement ouvert à la mi-juin avec la désignation d’un juge, mais les débats de fond ne commencent que lundi, après une série d’audiences techniques. Il est prévu pour durer au moins trois semaines à San Francisco.

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Plusieurs millions de dollars
Commercialisé depuis plus de quarante ans, le Roundup, l’un des herbicides les plus utilisés au monde, contient du glyphosate, une substance très controversée et qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène. Monsanto, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts dans ce seul dossier, a toujours fermement réfuté tout lien entre cancer et glyphosate.
Dewayne Johnson, dont les lésions couvrent 80 % de son corps, « se bat pour sa vie » après avoir été diagnostiqué il y a deux ans d’un lymphome non hodgkinien, incurable, explique David Dickens, l’un de ses avocats du cabinet Miller, spécialisé dans la défense de particuliers s’estimant victimes de produits défectueux. L’oncologue qui suit M. Johnson lui a donné six mois à vivre après sa chimiothérapie.
Employé de 2012 à 2014 à l’entretien des jardins du district scolaire de Benicia, une localité située à 65 km à l’est de San Francisco, il a mélangé et répandu des centaines de litres de Roundup, le célèbre herbicide de Monsanto, deux fois par mois. « Ce n’est pas la faute à pas de chance », ce n’est pas dû à un problème « génétique », « c’est à cause de son exposition continue au Roundup et au Ranger Pro » (produit similaire de Monsanto), assure Me Dickens.
« Et cela aurait pu être évité », assène encore l’avocat, accusant Monsanto, qui vient d’être racheté par l’allemand Bayer, d’avoir sciemment caché au public la dangerosité de ses produits. Les avocats de M. Johnson n’ont pas encore fixé les sommes qu’ils comptent demander, mais évoquent un « jugement à plusieurs millions de dollars ».
Partie difficile
Mais la partie ne sera pas aisée pour Dewayne Johnson, dont les avocats devront prouver un lien entre sa maladie, qui lui cause de nombreuses lésions cutanées sur le corps, et l’épandage de glyphosate. La question est « est-ce que l’exposition de M. Johnson au glyphosate a provoqué son cancer ? (…) Cela n’a pas causé son cancer », affirme Sandra Edwards, du cabinet Farrella Braun & Martel, l’une des avocates de Monsanto.
Pendant ce procès, « vous verrez beaucoup de données et de science », relève-t-elle aussi, soulignant qu’il y a eu « des études qui ont suivi pendant des années et des années des gens qui ont utilisé ces produits », sans conclure qu’ils provoquaient des cancers. Dans son argumentaire pour la cour, Monsanto ajoute une seconde ligne de défense : dans le cas du jardinier, les délais sont trop courts entre l’exposition au produit et le développement de la maladie pour attester d’un quelconque lien.
« Si M. Johnson gagne ce procès, ce sera un énorme coup porté à l’industrie des pesticides toute entière », affirme Linda Wells, du réseau international d’ONG contre les pesticides Pesticide Action Network North America.
Bataille d’experts
Le dossier est d’autant plus complexe qu’il existe nombre d’études et de décisions contradictoires sur le glyphosate. La firme se prépare donc à une bataille d’experts.
Contrairement à l’Agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA), la Californie a placé le glyphosate sur la liste des produits cancérigènes. Et dans cet Etat, tout fabricant ayant connaissance du caractère cancérigène certain ou suspecté d’un produit doit obligatoirement le faire figurer sur l’emballage.
Le glyphosate est également classé « cancérigène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l’Organisation mondiale de la santé, contrairement aux agences européennes, l’EFSA (sécurité des aliments) et l’ECHA (produits chimiques).

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                La marque Monsanto va disparaître



Le glyphosate fait particulièrement polémique en Europe. Après la décision de l’Union européenne en novembre de renouveler la licence de l’herbicide pour cinq ans, le gouvernement français s’est engagé à cesser d’utiliser cette substance pour les principaux usages d’ici à trois ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Les pluies torrentielles, qui ont ravagé l’ouest du pays, ont provoqué inondations et glissements de terrain.
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Intempéries au Japon : au moins 100 morts, le premier ministre Abe annule ses voyages

Les pluies torrentielles, qui ont ravagé l’ouest du pays, ont provoqué inondations et glissements de terrain.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 12h42
    |

                            Intérim (Tokyo, correspondance)








                        



Lorsque l’ordre d’évacuation est arrivé, il était déjà trop tard. L’eau est montée si vite jusqu’aux 1er étage de leur maison que les habitants de nombreuses bourgades de l’ouest du Japon n’ont eu d’autre choix que de se réfugier sur leur toit. Entre envois de messages sur les réseaux sociaux et serviettes blanches agitées au passage d’hélicoptères des pompiers, de l’armée ou des télévisions, ils n’avaient guère de moyens de s’en sortir.
Au moins 100 personnes sont mortes entre vendredi 6 et lundi 9 juillet après des pluies exceptionnelles, qui ont ravagé les provinces d’Hiroshima, Ehime, Yamaguchi, Gifu, Okayama ou encore Kyoto. « J’ai vécu quarante ans ici, c’est la première fois que je vois une chose pareille », a témoigné pour la télévision NHK un sinistré de la région d’Hiroshima.
Les précipitations, d’une violence inouïe, ont dépassé un mètre en moins de soixante-douze heures « ce qui ne se produit qu’une fois tous les cinquante ans. Le front pluvieux a stagné très longtemps au-dessus de la même zone, ce qui a provoqué des précipitations en quantité pour ainsi dire jamais vue », a expliqué Yasushi Kajiwara, de l’Agence nationale de météorologie.
Le souvenir du tsunami de 2011
Les images, notamment celles prises par des drones, montrées par les télévisions rappellent celles du tsunami de 2011 dans le nord-est. Les cours d’eau étaient si déchaînés qu’ils ont tout emporté dans leur furie : la NHK était en train de filmer une rivière devenue monstrueuse quand soudain le long pont de bois qui la surplombait a commencé à céder puis est parti. Des habitants de petits villages entourés de montagnes se sont retrouvés totalement coupés du monde jusqu’à ce qu’un hélicoptère vienne les sauver.
Il n’est pas rare que des localités rurales encastrées dans des zones isolées soient les premières touchées lors de phénomènes météo exceptionnels, mais cette fois, même des quartiers entiers de villes ont été inondés. Il restera sans doute dans les mémoires ces images d’un grand hôpital de Kurashiki, envahi par les eaux, et dont les patients, personnels et visiteurs ont été pris au piège.
Les vieillards ont été évacués avec leurs fauteuils roulants par des bateaux de l’armée, d’autres sur des brancards hélitreuillés. On n’avait pas vu de telles scènes sans doute depuis le drame de mars 2011. Des enfants figurent aussi parmi les victimes, comme deux élèves d’une école primaire rurale qui n’en comptait que six.
La ville de Kumano, près de Hiroshima, où sont fabriqués à la main les « kumano-fude », pinceaux de maquillage en poils naturels qu’utilisent les maquilleurs d’Hollywood, a aussi été en partie dévastée par des coulées de boue, selon les images prises sur place lundi par l’Agence France-Presse.
Selon Takeo Moriwaki, de l’Institut de technologies de Hiroshima, même les experts sont dépassés, car des glissements de terrain se sont produits en des lieux où les risques étaient considérés comme peu probables.
Depuis vendredi, deux bandeaux bleus entourent l’écran de la chaîne NHK, affichant en permanence les consignes, le nombre de morts et de disparus, rappelant sans cesse que le drame se poursuit.
« Un combat contre le temps »
L’urgence est au sauvetage des victimes, « un combat contre le temps », selon les mots du premier ministre, Shinzo Abe, mais viendra forcément le moment des questions : pourquoi un tel désastre ? Comment expliquer un tel bilan ? Les ordres d’évacuation ont-ils été trop tardifs ? Pourquoi n’ont-ils pas un caractère obligatoire ? Les autorités ont-elles été à la hauteur ?
Des éléments de réponse peuvent déjà être donnés. L’ampleur du sinistre s’explique en partie par la structure même de l’habitat au Japon. Les maisons sont en bois, parfois construites à flanc de montagne et donc à la merci des glissements de terrain qui ne manquent pas d’arriver quand les précipitations atteignent des niveaux exceptionnels. Idem pour les demeures qui se trouvent au bord des cours d’eau, sur des étendues parfois extrêmement plates.

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En outre, le fait que l’habitat soit parfois très dispersé complique encore les choses. Des bourgs de seulement quelques dizaines ou centaines d’habitants ne sont accessibles en tant normal que par une seule voie routière. Si elle est rompue, il devient impossible de partir ou de secourir ces personnes, lesquelles sont de surcroît souvent âgées.
Car le vieillissement de la population est aussi une importante entrave aux opérations de secours. Les octogénaires et leurs aînés ne sont guère habitués à consulter des informations sur les réseaux sociaux qui relaient non seulement les informations officielles mais aussi des témoignages de personnes qui peuvent s’avérer utiles.
Les autorités japonaises ont de plus en plus souvent des difficultés à estimer le bon moment pour donner des instructions sur la base des alertes émises par l’Agence de météorologie nationale, avis qui vont de recommandations incitant à quitter les lieux à des ordres d’évacuation sans cependant de mesures coercitives pour les faire appliquer. C’est finalement à chaque citoyen de décider à ses risques et périls s’il part ou non et à quel moment.
Shinzo Abe critiqué
En parcourant les annales des désastres de ces dernières années dans l’Archipel, force est de constater que la pluie (et ses conséquences) y est plus meurtrière que les séismes (lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de tsunami). Hiroshima avait connu des glissements de terrain monstrueux qui ont tué 74 personnes en 2014 et en septembre 2011 une centaine d’habitants de l’ouest avaient perdu la vie à cause des dégâts provoqués par deux violents typhons.
Les experts de l’agence officielle de météo parlent certes d’une « situation exceptionnelle », mais ne la lient pas, pour l’heure, au changement climatique, sachant qu’il a toujours existé des phénomènes extrêmes. L’important est de mesurer leur récurrence.
Si les Japonais n’aiment pas polémiquer alors que des vies sont en danger, nombreux sont néanmoins ceux qui se sont agacés sur Internet du peu de visibilité de Shinzo Abe durant le week-end. Il a participé à trois réunions entre samedi et lundi avec les ministres concernés, mais ne s’est pas exprimé devant les médias, ce qui est plutôt inhabituel. La cellule de crise n’a été mise en place que dimanche matin, alors que la situation était déjà très grave dès samedi, le bilan officiel atteignant alors plus de 30 morts.
Les internautes se demandaient en outre depuis deux jours s’il était bien opportun que le premier ministre maintienne un voyage à l’étranger prévu du 11 au 18 juillet. « M. Abe a l’air de penser que quoi qu’il fasse, il ne sera pas sanctionné », a tweeté le documentariste Kazuhiro Soda en liant son commentaire à un article du site lite-ra, toujours très dur contre M. Abe, dénonçant le fait que le chef du gouvernement « ait laissé la situation en plan pendant deux jours pour après parler de course contre la montre ».
Le porte-parole du gouvernement a finalement annoncé lundi matin que Shinzo Abe « a décidé d’annuler une tournée prévue à partir de mercredi en Belgique, en France, en Arabie saoudite et en Egypte ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Sur dix ans, les huit entreprises intégrées au CAC 40 affichent une performance annualisée de 12,5 %, tandis que les sortantes perdent 10,7 %.
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En Bourse, jouer les valeurs entrant au CAC 40 est une stratégie gagnante

Sur dix ans, les huit entreprises intégrées au CAC 40 affichent une performance annualisée de 12,5 %, tandis que les sortantes perdent 10,7 %.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h45
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Vendre une action qui sort d’un indice pour acheter celle qui le remplace est une stratégie boursière bien connue des gérants de fonds, mais est-elle efficace ? C’est la question que s’est posée la société de gestion Roche-Brune Asset Management à l’occasion du dernier toilettage du CAC 40.

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Le 18 juin, le groupe de luxe Hermès a remplacé au sein de l’indice vedette de la Bourse de Paris l’ex-Lafarge Coppée, devenu en 2015 LafargeHolcim, après la fusion avec le groupe suisse. Cette décision a été prise par le comité scientifique des indices, une structure indépendante au sein d’Euronext, qui effectue chaque trimestre une revue des indices.

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Ce comité prend notamment en compte l’importance de la capitalisation des titres et leur flottant, c’est-à-dire de la part du capital susceptible d’être effectivement échangée en Bourse. Ce détail a son importance car les investisseurs institutionnels, en particulier les fonds de pension américains, accordent une grande importance à la liquidité des titres dans lesquels ils investissent.
Une performance annuelle moyenne de 3,6 %
En bref, ils veulent pouvoir vendre facilement en cas d’urgence, ce qui est plus facile lorsque le volume de titres échangés quotidiennement sur une valeur est important. A contrario, moins un titre est liquide, moins il a la faveur des gérants.
Depuis mai 2008, le comité scientifique du CAC 40 a effectivement remplacé des entreprises sortantes par des entrantes plus performantes sur le plan boursier, permettant au CAC 40 d’enregistrer une performance annuelle moyenne de 3,6 % (dividendes réinvestis) au cours des dix dernières années.

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« Sur dix ans, les huit nouvelles entrées (Technip-FMC, Safran, Valeo, Legrand, Atos, Publicis, Sodexo et Solvay) affichent une performance annualisée, moyenne pondérée, de 12,5 %. Sur la même période, les sortantes affichent une performance annualisée négative de 10.7 % par an ! », calcule Bruno Fine, président fondateur de Roche-Brune Asset Management.
Depuis le 18 juin, l’action LafargeHolcim a ainsi perdu 7,6 %, tandis que l’action Hermès qui l’a remplacé au sein du CAC 40 a cédé 3,2 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.
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« Renforcer notre action contre les changements climatiques » grâce au droit constitutionnel

La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h01
    |

Marie-Anne Cohendet (Professeure de droit constitutionnel à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Il est aujourd’hui question d’inscrire à l’article 1 de notre Constitution que la République garantit la protection et l’amélioration de l’environnement, et notamment de la biodiversité, ainsi que l’action contre les changements climatiques. Ce ne serait ni la révolution dénoncée par les uns ni une réforme sans effets redoutée par les autres.
Bien évidemment, cette modification de la Constitution ne remplacerait pas d’autres actions à tous les niveaux, surtout sur le terrain, mais elle favoriserait ces actions concrètes. Ce texte compléterait utilement la Charte de l’environnement (2005) en la précisant, en affirmant et en réaffirmant des droits et libertés que la Constitution garantit.
La formulation retenue par la commission des lois est cependant beaucoup trop restrictive : « Elle [la République] agit pour la pré­servation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques. » En effet, le terme « agir » est moins fort que celui de « garantir » ou « assurer ».
De plus, l’exigence d’un niveau élevé de protection et le principe de non-régression ont disparu de cette version, alors qu’ils sont déjà affirmés par plusieurs textes, notamment au niveau européen, et qu’il serait utile de les constitutionnaliser pour les renforcer. La non-régression ne paralyse ni le droit ni le législateur, il implique la liberté du choix des moyens pour protéger l’environnement, mais interdit simplement de ­réduire le niveau de protection de l’environnement.
La France serait ainsi le premier pays du G20 à inscrire dans sa Constitution l’action contre les changements climatiques. D’autres pays, pour l’essentiel des pays émergents, ­affirment déjà dans la leur l’action contre ces changements
Par ailleurs, il est essentiel de ne pas garantir seulement l’action contre les changements climatiques, mais de l’accompagner de la protection de la biodiversité et de l’ensemble de l’environ­nement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord n° 8 : terre en vue

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 12h31
    |

            Patricia Jolly








                        





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le vortex de déchets du Pacifique Nord, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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#Plastique Pacifique : Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste, Patricia Jolly, et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.


   



Dix-septième et dernier jour de mer. Soudainement le sondeur de Tara n’a plus indiqué que quelques centaines, puis quelques dizaines de mètres de profondeur. A la lueur des feux de navigation de la goélette, le bleu profond de l’océan Pacifique a tourné au vert boueux, marque de sa rencontre avec les alluvions de la Columbia River. De puissantes odeurs terriennes nous ont assaillis tandis que la VHF, mutique depuis Honolulu, se remettait à crachoter les messages des gardes-côtes et du bateau-pilote orange dépêché pour nous chaperonner entre les collines boisées d’Astoria (Oregon) qui barraient l’horizon rougeoyant.


   



Sur les haubans, le pavillon bleu-blanc-rouge et la bannière étoilée flottaient en parfaite symétrie, et ce symbole comptait double. Quelle ironie, en effet, que d’entrer aux Etats-Unis par la mer, au lendemain de l’annonce par le président Donald Trump de la démission de son climatosceptique ministre de l’environnement, Scott Pruitt, après avoir traqué des jours durant les microplastiques qui infestent le Great Pacifique Garbage Patch.
Route vers le port d’Astoria
Comme pour fêter cela, Stéphane Mazevet, astrophysicien de l’Observatoire de Paris et invité du bord, a grillé un cigare en contemplant la terre, que nous avions perdue de vue depuis des jours avec l’assurance de l’homme prêt à conquérir une exoplanète. Le photographe Samuel Bollendorff s’est mis à mitrailler le lever du soleil, sujet qui d’ordinaire répugne l’artiste qui sommeille en lui. Le capitaine Yohann Mucherie, lui, a entrepris le nettoyage du pare-brise du poste de pilotage, histoire d’épater le pilote d’Astoria, Steven Ackerman, prêt à sauter sur Tara pour la mener à quai.
Obligeamment, le capitaine Ackerman, un John Wayne en veste de quart fluo et jeans repassés, a offert une casquette au maître de notre bord. Puis il s’est appliqué à pointer du doigt, tout au long du chenal, les meilleurs pubs de sa ville, surnommée « la petite San Francisco », pour son relief accidenté. L’on pouvait dès lors gager qu’il y aurait sous peu quelques marins français pour chanter dans le port d’Astoria.


   



Dans sa bannette, Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine du Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes), cheffe de mission scientifique sur Tara et auteure, avec son équipe, d’une campagne d’échantillonnage hors norme dans la grande poubelle de plastique du Pacifique tournait et se retournait. Les dizaines de mises à l’eau de ses filets collecteurs désormais lavés et remisés, et les trois cents et quelques cryotubes bourrés de microplastiques qui dormaient dans les congélateurs du bateau dans l’attente d’être minutieusement analysés par différents laboratoires – français, américain et monégasque – étaient un motif de satisfaction mais l’avenir proche lui posait question.
Un an d’analyses
« Comment faire comprendre au public que le résultat de notre travail n’est pas instantané et que nous avons besoin d’un an pour mener des analyses minutieuses sur la génomique, la génétique bactérienne, les champignons, les cyanobactéries, la faune et la flore qui colonisent les plastiques, ou sur leur concentration et leur taille, avant de pouvoir mettre en commun nos résultats pour dresser un état des lieux précis de la pollution dans le Pacifique Nord, permettant aux décideurs d’adopter des mesures concrètes pour en venir à bout ? », s’interrogeait la scientifique, la veille, à l’issue de la présentation par Skype de son projet au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à l’occasion d’un comité interministériel de la biodiversité.


   



Nous l’avons laissée avec sa question à bord de Tara, dans le port d’Astoria, pour regagner la France en souhaitant que les consommateurs de produits plastiques comprennent dans l’instant l’urgence d’un changement de comportement sans attendre les résultats des analyses. La goélette, qui doit maintenant faire escale à Portland (Oregon), repartira ensuite pour San Diego, afin de poursuivre l’expédition Tara Pacific, un périple entamé il y a deux ans, pour mesurer l’impact du changement climatique sur les récifs coralliens du Pacifique. Il doit s’achever le 27 octobre dans son port d’attache, Lorient (Morbihan).

« Tara », une série en plusieurs épisodes
Cap sur la « soupe » de plastiquesLes défis d’une navigation scientifique « propre »Veillée d’armes aux abords du vortex de déchets du Pacifique NordDans l’œil du vortex de déchets du Pacifique NordOn a plongé dans la grande poubelle du Pacifique... deux foisVariations sur le plastiqueAlgues, plancton et spleenTerre en vue





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.
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Richard Florida : « La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme »

Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 06h30
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Dans le petit monde de la pensée urbaine, il est un peu une « rock star », aimé ou critiqué, mais connu de tous. L’Américain Richard Florida, professeur à l’université de Toronto, s’est fait connaître grâce à son best-seller prémonitoire, The Rise of the Creative Class (Basic Books, non traduit). Paru en 2002, cet ouvrage raconte le grand mouvement de reconquête des villes américaines par les professions intellectuelles, les artistes, les jeunes actifs, les chercheurs, et l’essor de toute l’économie qui y est associée. Cette ­gentrification a été, selon lui, le moteur de la ­renaissance de nombreuses villes américaines. En 2017, Richard Florida, qui est aussi cofondateur du magazine CityLab, a publié The New ­Urban Crisis (« La Nouvelle crise urbaine », non traduit). Il y raconte une tout autre histoire.
Les villes américaines ont été au centre de vos travaux de recherche. Quel récit faites-vous de leur histoire récente ?
Quand j’étais petit, dans les années 1960 et 1970, les villes américaines étaient en déclin. A Newark (New Jersey), où je vivais, les boutiques, les restaurants, les usines traditionnelles, comme celle de lunettes où travaillait mon père, fermaient. Tous ceux qui le pouvaient – c’est-à-dire toute la classe moyenne, dont je faisais partie – quittaient les villes. On a alors assisté à l’essor des banlieues résidentielles. ­Ensuite, à partir de la fin des années 1990, et surtout pendant les années 2000, de nombreux centres-villes délaissés ont commencé à être ­investis par la « classe créative ». Par les professions intellectuelles, les gays, les artistes… Bref, par tout un mouvement bohème qui a alimenté une nouvelle économie de boutiques, restaurants, de nouveaux services, de festivals, etc. Et qui a permis aux villes de redevenir attractives pour une grande partie de la population. Et je ne parle pas seulement de New York ou de San Francisco. Des villes comme Denver, Philadelphie, Detroit, Pittsburgh sont revenues sur le devant de la scène grâce à cette revitalisation postindustrielle.
Aujourd’hui, vous racontez que les villes sont à nouveau en crise. Quelle forme prend-elle ?
Le problème, c’est que quelques grandes ­métropoles internationales concentrent la ­majorité des richesses, et deviennent de plus en plus inaccessibles. Dans ces villes superstars, l’explosion des prix de l’immobilier chasse peu à peu les artistes, les professions intellectuelles, les créatifs des quartiers qu’ils avaient investis. Mais ce ne sont pas les moins bien lotis, car ceux-ci trouvent souvent d’autres quartiers ­populaires où ils peuvent s’installer. Ce qui est terrifiant, c’est que les policiers, les pompiers, les gens qui travaillent dans des boutiques ou des restaurants, les infirmiers, les artisans, les jardiniers doivent quitter ces grandes villes, devenues trop chères. Et vivre beaucoup plus loin, dans des zones mal desservies par les transports en commun. La nouvelle crise urbaine n’est pas une crise du déclin des villes, comme dans les années 1970. C’est une crise causée par leur succès. Et la conséquence, c’est qu’aux Etats-Unis nous avons d’un côté une petite vingtaine de métropoles superstars, entrées de plain-pied dans l’économie de la connaissance, et de plus en plus riches. Et tout le reste du pays qui plonge et s’appauvrit. La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme contemporain.
Les grandes villes européennes font-elles face, selon vous, aux mêmes défis ?
Oui, je crois. A mesure que la gentrification s’accélère, nous assistons à ce que l’essayiste Simon Kuper a appelé la « ploutocratisation » des grandes villes. Les métropoles ne sont plus des endroits pour héberger des gens, mais les supports de placements immobiliers peu risqués, réalisés par des personnes ou des entreprises très riches. Et cela va continuer. Pour des supervilles comme Paris, New York ou Londres, nous n’en sommes qu’au début. C’est un problème, car une ville sans diversité, sans ­mélange, cela devient une ville vide, neutre, blanche… Une ville meurt quand elle n’arrive pas à retenir son énergie créative et sa diversité. Le défi de Paris, comme celui de New York, c’est de trouver un modèle de développement ­urbain qui soit plus inclusif, et non pas à l’avantage des plus riches. La grande différence, c’est qu’en Europe, vous avez des gouvernements ­nationaux et locaux qui marchent, et qui ont un sens de l’action publique. Vous avez la possibilité de lancer des politiques dans les domaines des transports, de la construction de logements, des routes, de l’éducation, afin de remédier aux inégalités territoriales. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Vous, les Européens, devriez voir ­notre situation comme une alerte, un contre-exemple : ne suivez pas notre voie !
La crise urbaine, c’est donc d’abord celle des villes petites et moyennes, qui meurent petit à petit ?
Oui, c’est certain. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, il y a moins de pauvres dans les grandes métropoles que dans les villes périphériques et dans les zones rurales. C’est là que la crise des opioïdes fait des ravages. C’est là que les emplois disparaissent, à mesure que ferment les zones industrielles et les centres commerciaux. C’est là, où se concentrent toutes les difficultés économiques du pays, que les gens ont voté pour Donald Trump à la dernière élection présidentielle.
Mais le vote Trump, ce ne sont pas seulement les riches et les intellectuels des métropoles contre les classes moins favorisées des zones rurales et périphériques. C’est aussi un clash sur les valeurs. Les citadins, riches ou pauvres, ont tendance à valoriser davantage l’ouverture aux autres, l’accueil des immigrés, la liberté d’être homosexuel, l’égalité entre femmes et hommes… Habiter dans les grandes villes, c’est avoir un mode de vie plus cosmopolite et moins patriarcal qu’ailleurs – plus « européen », quelque part. Le reste du pays, qui subit de plein fouet la crise, se sent aussi menacé par ces nouvelles valeurs.
Vous avez écrit dans « CityLab » que ­certaines zones rurales attirent désormais des jeunes, des créatifs, des intellectuels. Est-ce une nouvelle tendance ?
Oui, c’est un mouvement qu’on observe aux Etats-Unis, mais qui n’est pas complètement nouveau – pensez au petit village de Woodstock qui continue d’attirer beaucoup de jeunes. En raison des prix des loyers dans les grandes villes, de plus en plus de créatifs s’installent dans de petites villes rurales, attirés par leur cadre de vie – il s’y développe une nouvelle économie autour du tourisme vert, de l’art, de la gastronomie… Mais cette évolution ne concernera qu’une ­petite minorité de villes rurales : celles qui ne sont pas trop loin des zones urbaines denses, qui sont bien connectées par les transports, qui se situent dans de belles régions proches d’un lac, de la mer, ou d’une université…
Amazon a lancé une compétition entre les villes nord-américaines pour accueillir son deuxième siège, avec des milliers d’emplois à la clé. Que pensez-vous de cette méthode ?
C’est n’importe quoi. Et c’est un jeu très dangereux. Même les maires les plus progressistes du pays sont en train de se mettre à genoux devant Amazon, et c’est à qui offrira les conditions ­fiscales les plus avantageuses à cette entreprise. Ces maires sacrifient de l’argent qui aurait pu être utilisé pour investir dans les transports ­publics ou dans le logement abordable. En ­Europe, tout le monde crierait au scandale ! Tout cela est grave, car cela mine les fondations de l’action politique, ce que je trouve terrifiant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Le premier ministre japonais a qualifié de « course contre la montre » le combat que mènent les autorités pour sauver les sinistrés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/07/2018
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Japon : des pluies torrentielles font une centaine de morts

Le premier ministre japonais a qualifié de « course contre la montre » le combat que mènent les autorités pour sauver les sinistrés.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 05h50
   





                        



   


Les pluies torrentielles qui s’abattent depuis quatre jours sur l’ouest du Japon, provoquant inondations et glissements de terrain, ont fait au moins 100 morts, selon un bilan officiel provisoire. Les autorités ont ordonné l’évacuation de plus de deux millions de personnes, une instruction pas toujours respectée, car il est parfois impossible ou trop dangereux de bouger.
« Les secours, le sauvetage de vies et les évacuations sont une course contre la montre », a déclaré le premier ministre Shinzo Abe, dimanche 8 juillet, durant une réunion de crise à Tokyo avec les principaux ministres.
Une centaine d’habitants des régions les plus touchées ont été blessés, d’après l’agence de gestion des incendies et catastrophes naturelles.
Les précipitations records enregistrées depuis plusieurs jours dans plusieurs régions, dont celles d’Ehime, Hiroshima, Kyoto, Kochi, Gifu ou encore Okayama, ont entraîné des crues exceptionnelles, des glissements de terrain et inondations, piégeant de nombreux habitants malgré des ordres d’évacuation, pas toujours respectés – car il est parfois déjà impossible de bouger. Les préfectures d’Ehime et d’Hiroshima totaliseraient le plus lourd bilan, avec au moins 33 morts selon les chiffres de l’Agence de gestion des incendies et catastrophes naturelles.
Quelque 48 000 pompiers, policiers et militaires des Forces d’autodéfense, ont été déployés sur le terrain, mais ils affrontent des difficultés majeures compte tenu de l’inaccessibilité de certains lieux en pleine campagne. Les services de secours essayaient de sauver des habitants réfugiés sur les toits de leurs maisons, en grande partie sous les eaux. Les images de télévision les montraient agitant des chiffons blancs pour être repérés. Hélicoptères, bateaux et autres véhicules ont été mobilisés.
Le premier ministre Shinzo Abe a qualifié la situation d’« extrêmement grave » et ordonné le déploiement de tous les moyens possibles pour sauver des vies. Il a réuni samedi matin les principaux ministres concernés.
Alerte maximum
L’agence météorologique a placé en alerte maximale plusieurs régions et mis en garde contre des risques élevés de dégâts majeurs. « Une vigilance maximum s’impose », répètent les météorologues. Des dizaines de maisons ont été en tout ou partie détruites, et des milliers envahies par les eaux.

        Lire aussi :
         

                100 000 personnes évacuées au Japon après des pluies torrentielles



Il était encore difficile de dénombrer les glissements de terrain, routes et ponts saccagés, voire emportés. Des épais flots boueux déferlaient sur des quartiers entiers totalement noyés, selon les images de télévision.
Les précipitations ont dépassé un mètre en une centaine d’heures dans plusieurs régions, l’agence météorologique estimant que de tels niveaux ne sont atteints que rarement en plusieurs décennies. Elle a qualifié les pluies de « terribles » et estimé qu’elles dureraient jusqu’à dimanche.
Le Japon est souvent traversé par d’importants fronts pluvieux, en plus des typhons parfois meurtriers qui le balayent régulièrement en été. Tous les ans, des glissements de terrain meurtriers sont recensés dans l’archipel. Quelque 72 morts avaient été déplorés en 2014 à Hiroshima et une quinzaine de personnes avaient péri dans le nord en 2016 après le passage d’un typhon.



                            


                        

                        

