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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’indemnisation irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a précisé la ministre du travail.
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Assurance-chômage : le gouvernement envisage la création d’une allocation longue durée

L’indemnisation irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a précisé la ministre du travail.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 19h07
   





                        


Une allocation-chômage de longue durée. C’est ce que le gouvernement envisage, a annoncé, mardi 10 juillet devant le Sénat, la ministre du travail Muriel Pénicaud à l’occasion du débat sur le projet de loi réformant l’apprentissage et la formation professionnelle.
Le gouvernement, a-t-elle dit, va déposer un amendement à son texte qui prévoit que « les partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d’assurance-chômage, puissent se prononcer ou explorer la possibilité d’avoir une allocation-chômage de longue durée car au moment même où l’emploi repart, où il y a beaucoup de perspectives et où on crée des emplois, il y a néanmoins un chômage de longue durée sur lequel les partenaires sociaux pourraient avoir envie de faire quelque chose ». 

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L’indemnisation du chômage de longue durée irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a-t-elle précisé. Aujourd’hui, un chômeur de longue durée est indemnisé pendant deux ans avant de basculer dans l’allocation de solidarité spécifique (ASS).
Un second article à l’amendement prévoit que les partenaires sociaux puissent entrer « dans le dispositif de la négociation de l’assurance-chômage toute de suite », à savoir de septembre à fin 2018 ou début 2019. « Plusieurs des partenaires sociaux ont [demandé] au gouvernement qu’il y ait un agenda social plus important, entre eux, mais aussi avec le gouvernement, pour ouvrir un certain nombre de ces sujets », a dit la ministre.

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Proposition de rencontre le 17 juillet
« C’est dans ce contexte que le président de la République leur a proposé de les rencontrer mardi prochain, le 17 juillet, pour pouvoir discuter du champ de cet agenda social », a-t-elle poursuivi, rappelant que parmi les différents sujets qui pourraient être abordés Emmanuel Macron a évoqué lundi, devant le Congrès, la santé au travail, et l’assurance-chômage.

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« Mais il faut savoir que les conventions d’assurance-chômage ont un calendrier et qu’il n’est pas possible de déroger à ce calendrier sans disposition législative », d’où la nécessité de déposer cet amendement, a-t-elle souligné.
Auparavant les sénateurs avaient été unanimes à s’indigner de ne pas avoir le texte de l’amendement avant le début de la discussion générale. « J’estime que le Sénat n’a pas été complètement éclairé, a protesté le président du groupe LR Bruno Retailleau. C’est un problème de forme, mais aussi de fond. »
« On vit le champ de l’incroyable, a renchéri son homologue socialiste Patrick Kanner. Vous passez par pertes et profits des centaines d’heures de travail en commission et à l’Assemblée. » Pour Laurence Cohen (CRCE, à majorité communiste), « il y a mépris de la représentation nationale ». « Je suis comme vous attachée au fonctionnement des institutions et je m’engage à ce que le gouvernement le dépose avant la fin de la discussion générale », leur a répondu Mme Pénicaud.
La dernière convention d’assurance-chômage, en vigueur pour trois ans depuis octobre 2017, a été signée en mars 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Une liste de candidats pour prendre la direction du groupe franco-néerlandais est en voie de finalisation, affirme Reuters. Selon « Challenges », le comité exécutif d’Air France-KLM pencherait pour Pieter Elbers, actuel président du directoire de KLM.
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Air France-KLM, la piste d’un patron néerlandais

Une liste de candidats pour prendre la direction du groupe franco-néerlandais est en voie de finalisation, affirme Reuters. Selon « Challenges », le comité exécutif d’Air France-KLM pencherait pour Pieter Elbers, actuel président du directoire de KLM.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h47
    |

            Cédric Pietralunga et 
Jean-Michel Bezat








                        



   


Le casting est difficile, mais le gouvernement devrait mettre moins de temps pour trouver un nouveau patron à Air France-KLM qu’il ne lui en a fallu, en 2017, pour remplacer le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. Réuni, jeudi 12 juillet, sous la présidence d’Anne-Marie Couderc, successeure intérimaire de Jean-Marc Janaillac, démissionnaire le 4 mai après l’échec de son référendum sur les salaires, le conseil d’administration fera un point d’étape sur les candidats au poste de PDG et sur la future gouvernance de la compagnie.
« La gouvernance est en train de finaliser une liste de candidats, cette liste pourrait être finalisée cette semaine ou la semaine prochaine », a indiqué une source au fait des discussions à l’agence Reuters. Le ministère de l’économie et l’Agence des participations de l’Etat y travaillent aussi. Mais c’est le président de la République, Emmanuel Macron, qui aura le dernier mot sur le nom du futur dirigeant d’une entreprise dont l’Etat détient encore 14,3 % du capital.
Profil du PDG 

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Le nom de Catherine Guillouard, actuelle PDG de la RATP et ex-dirigeante d’Air France (1997-2007), a été avancé en début de semaine par Le Figaro. Plusieurs sources gouvernementales démentent cette hypothèse, invoquant le fait qu’elle n’a pas assez d’expérience à l’international et, surtout, qu’elle n’occupe son poste actuel que depuis août 2017. Or la Régie autonome des transports parisiens, qui se porte plutôt bien, a besoin de stabilité, après avoir connu deux patrons depuis le départ de Pierre Mongin en 2015.
Le gouvernement cherche un « professionnel du transport aérien », a récemment précisé la ministre des transports, Elisabeth Borne. « Air France-KLM est dans une compétition mondiale, ajoutait-elle, et je pense que c’est important qu’on trouve quelqu’un qui soit un spécialiste du domaine aérien et qui puisse prendre au plus vite les commandes de la compagnie, qui a des défis importants devant elle. »

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Ce recadrage intervenait après la divulgation du nom de Philippe Capron comme favori pour le poste de PDG. Le directeur général adjoint de Veolia chargé des finances avait les faveurs du comité de nomination d’Air France-KLM piloté par Mme Couderc, mais pas celles du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. M. Capron s’était présenté comme un défenseur de l’entreprise et un adversaire déclaré du rachat de la part de l’Etat par AccorHotels, un scénario qui ne rencontre pas l’adhésion des dirigeants et des salariés de la compagnie.
Pour s’en tenir aux seuls spécialistes de l’aérien, d’autres noms ont été avancés : des dirigeants ou ex-dirigeants de filiales, comme Nathalie Stubler (Transavia) ou Lionel Guérin (Hop !) ; celui de Marc Rochet, ancien patron d’Air Caraïbes, pourtant hors course en raison de ses 69 ans ; celui de Bruno Matheu, ex-directeur général délégué d’Air France parti pour la compagnie émiratie Etihad entre 2014 et 2017.
Et le scénario du président du directoire de KLM, Pieter Elbers, pour l’ouverture internationale. Selon Challenges du 10 juillet, le comité exécutif du groupe franco-néerlandais défendrait ce choix. La direction d’Air France-KLM dément et parle de « rumeurs sans fondement relatives à leurs supposées prises de position dans un processus qui n’est pas de leur responsabilité », mais de celle du conseil d’administration.

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                « La balance penche progressivement vers une internationalisation de la gouvernance d’Air France-KLM »



Salaire
La question de la rémunération du futur PDG est aussi posée. Le patron d’Air France-KLM est beaucoup moins bien payé (environ 600 000 euros bruts de part fixe et une part variable) que ses homologues des grandes compagnies concurrentes, notamment celles du Golfe ou même d’Europe (British Airways, Lufthansa…). Difficile, dans ces conditions, d’attirer un patron chevronné, à moins qu’il ne se donne pour mission de poursuivre le redressement amorcé par M. Janaillac.
Gouvernance
Le gouvernement et l’entreprise ont-ils tranché sur la structure de la nouvelle gouvernance ? Trois scénarios sont envisageables : un président non exécutif, accompagné d’un directeur général exécutif d’Air France-KLM ; un PDG à la fois à la tête du groupe et président de la compagnie Air France au côté d’un PDG pour KLM, comme c’était le cas sous M. Janaillac ; ou bien un PDG du groupe au profil très international chargé des grandes alliances et du développement mondial, avec deux patrons plus opérationnels pour Air France et KLM.
Les Néerlandais veulent avoir davantage voix au chapitre dans la nouvelle gouvernance. Et c’est logique. Dans l’alliance, KLM affiche un chiffre d’affaires trois fois inférieur à celui d’Air France, mais elle a généré près des deux tiers du résultat 2017. L’Etat doit aussi tenir compte des avis des actionnaires d’Air France-KLM. Notamment celui de l’américain Delta Airlines (8,8 %), qui est entré au capital en 2017 avec China Southern Airlines (8,8 %), deux compagnies à la fois partenaires commerciales et actionnaires sur des destinations capitales pour le groupe franco-néerlandais.
Actionnariat
En revanche, la question d’une cession de sa participation par l’Etat ne semble pas à l’ordre du jour. D’autant que les nombreux jours de grève qui se sont étalés de février à mai ont entraîné une perte cumulée de 350 millions d’euros. Elles ont pesé sur le cours et douché de potentiels investisseurs. Air France-KLM vaut actuellement 3,1 milliards d’euros, ce qui valorise la participation publique à 450 millions. Bercy n’a pas inscrit l’entreprise sur la liste des privatisables.
Le groupe AccorHotels, qui s’est porté, début juin, candidat au rachat de tout ou partie de cette participation de l’Etat, reste néanmoins en embuscade. Le portefeuille de clients d’Air France intéresse le géant aux 3 900 hôtels. Il préparerait un tour de table d’investisseurs européens pour que son offre soit eurocompatible en cas de vente par l’Etat. En effet, il n’aurait pas le feu vert de Bruxelles, compte tenu de la forte présence (28 %) d’actionnaires extra-européens (chinois, qataris et saoudiens) dans son capital.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.
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« La presse papier est une réalité durable et un point lumineux dans le devenir tourmenté des démocraties »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h36
    |

Olivier Postel-Vinay (Journaliste, fondateur du magazine "Books")







                        



                                


                            

Tribune. Au début de l’été 1618, voici précisément quatre cents ans, sortait des presses à Amsterdam le numéro 1 de Courante uyt Italien, Duytslandt, & c. (« Evénements courants d’Italie, d’Allemagne, etc. »).
D’aucuns y voient le premier journal véritable. Un hebdomadaire en format folio d’une parfaite austérité. Une feuille unique à ses débuts. Deux larges colonnes de néerlandais en caractères gothiques sur un support en chiffons recyclés.
La suite en accéléré : l’arbre remplace le chiffon, la presse devient une industrie, un « quatrième pouvoir ». On voit les journaux résister tant bien que mal à la radio, à la télévision, aux débuts d’Internet, et puis… vient le XXIe siècle. En quelques années, lecteurs et publicité basculent vers le Web. Depuis l’an 2000, la diffusion de la presse papier payante ne cesse de baisser. Les quotidiens sont particulièrement affectés : - 40 % en vingt ans aux Etats-Unis.
Le dernier en 2043
En 2005, l’universitaire américain Philip Meyer fixe à 2043 la date du dernier exemplaire d’un journal imprimé. Aujourd’hui, la plupart des quotidiens, concurrencés par des sites en ligne, ne parviennent pas à compenser les pertes de leur version papier par les gains des abonnements à la version numérique.
Quel est l’enjeu ? Ira-t-on regretter, diront certains, une presse pétrie de partis pris et de bien-pensance, phagocytée par les lobbies, un journalisme souvent superficiel, des rédactions en chef désorientées ? « Le journaliste, esclave des trois M, écrivait Nietzsche. Le moment, les opinions [“Meinungen”] et les modes. » Question de degré.
On doit l’espérer, une société a d’autant plus de chances de bien se porter, à terme, qu’elle contrecarre plus efficacement la tendance naturelle à voir la mauvaise information chasser la bonne. L’argument vaut du point de vue politique mais aussi économique. Or à cet égard le numérique tarde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La start-up indienne Nimray Solar encourage les foyers d’un même quartier à recourir ensemble à l’énergie solaire. Elle a reçu le prix international Energie « Le Monde »-Smart Cities.
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En Inde, des panneaux solaires pour tous

La start-up indienne Nimray Solar encourage les foyers d’un même quartier à recourir ensemble à l’énergie solaire. Elle a reçu le prix international Energie « Le Monde »-Smart Cities.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h52
    |

            Adrien Naselli








                        



   


Le saviez-vous ? « En quatre-vingt-dix minutes, un nombre suffisant de rayons du Soleil frappe la Terre pour la fournir en énergie pendant un an. » Ce chiffre, qui donne le vertige, donne aussi des ailes aux entrepreneurs qui cherchent à promouvoir une énergie verte. C’est le cas d’Ajay Singh, qui a commencé à s’intéresser à l’énergie solaire lors d’un séjour à Dubaï, où il dit « avoir été impressionné par l’implication active du gouvernement sur le sujet ». Dubaï projette en effet d’atteindre les 75 % d’énergie verte d’ici 2050 alors qu’elle en est pour le moment à moins de 7 %.
Ajay Singh, jeune entrepreneur installé à Gurgaon, dans la banlieue de New Delhi, est confiant dans le développement de sa jeune entreprise, Nimray Solar. Celle-ci compte d’ailleurs parmi les 400 start-up les plus prometteuses de « Smart Fifty », programme lancé par l’Institut indien de management de Calcutta et le département des sciences et des technologies du gouvernement indien. Ajay Singh se frotte les mains : « En Inde, le marché des panneaux solaires va augmenter de 90 % en un an. » Selon l’Agence internationale de l’énergie, le solaire ne représentait encore que 3,2 % de la production d’électricité totale du pays fin 2017.
Son idée : développer la technologie du net metering, la facturation nette, qui consiste à soustraire sa production d’énergie à sa consommation, lorsqu’on possède des panneaux photovoltaïques. Il s’agit ensuite de mettre en réseau plusieurs foyers – au moins dix – à l’échelle d’un quartier, en utilisant la technologie blockchain. Un foyer peut être soit producteur d’énergie, soit simple consommateur. Dans les deux cas, les équipes de Nimray Solar accompagnent les ménages en diagnostiquant leur consommation. Pour l’heure, une version pilote du projet est à l’essai à Gurgaon, avant le lancement de la commercialisation.
Plus de panne de courant
Mais avant même la promotion d’une énergie verte, la promesse de ne plus subir de coupure de courant est l’argument numéro un de Nimray Solar : « Hors des dix plus grandes villes, il arrive très fréquemment de subir des coupures de courant de quatre, cinq, voire huit heures ! Le gouvernement ne sait toujours pas comment faire pour fournir de l’électricité à tous ses habitants », déplore Ajay Singh. Le réseau est en effet peu fiable dans certaines régions d’Inde et 400 millions de personnes n’y ont pas accès. Nimray Solar espère ainsi fournir ces foyers en énergie solaire avant que les opérateurs traditionnels ne s’en emparent.
Deuxième argument d’Ajay Singh pour intéresser ses concitoyens à l’énergie solaire : « Gagner de l’argent. » Il va de soi qu’il s’agit ici d’un élément de communication. En réalité, aucun centime n’entrera dans la poche de celles et ceux qui passeront aux panneaux solaires. Ajay Singh estime en revanche qu’au bout de trois ans, les utilisateurs rentreront dans leurs frais et n’auront plus à payer de facture d’électricité. Une fois installé, le système serait viable pendant vingt-cinq ans.
Le gouvernement indien s’est engagé à participer à 30 % du coût d’installation, et les banques ont reçu pour consigne de faciliter les prêts aux Indiens désireux de passer à l’énergie solaire.
Retrouver les autres lauréats des prix internationaux « Le Monde »-Smart Cities



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le président du deuxième groupe d’édition français est mort le 9 juillet à Montagny-Sainte-Félicité (Oise), à l’âge de 72 ans.
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Alain Kouck, président d’Editis Holding, est mort

Le président du deuxième groupe d’édition français est mort le 9 juillet à Montagny-Sainte-Félicité (Oise), à l’âge de 72 ans.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h16
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Alain Kouck, le président d’Editis Holding, le deuxième groupe d’édition français (Presses de la Cité, Robert Laffont, XO, Belfond, Pocket, 10/18, Le Robert, Nathan…), a succombé à une crise cardiaque sur son lieu de vacances, à Montagny-Sainte-Félicité (Oise), lundi 9 juillet dans la soirée. Il avait 72 ans.
« Pour Editis et Planeta [la maison-mère espagnole d’Editis], c’est un dirigeant solide et visionnaire que nous perdons, mais aussi une présence juste, attentive et bienveillante qui va beaucoup manquer à tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui », affirment dans un hommage commun Carlos Fernandez, vice-président exécutif de Grupo Planeta et Pierre Conte, directeur général du groupe Editis. « Alain Kouck avait la fierté et la passion du livre et celles-ci étaient contagieuses (…). C’est ce souvenir rayonnant que nous garderons de lui », ajoutent-ils.
« Sa vie entière fut consacrée au livre et à l’édition, d’abord au sein du groupe Hachette, puis du groupe Editis, qu’il présidait depuis 2002, et qu’il a dessiné et construit dans sa forme actuelle », a affirmé, de son côté, Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition.
Actif dans différentes organisations professionnelles
Né Alain Tchekerul Kouch, le 10 juin 1946 à Chantilly (Oise), marié à Nicole Picou et père de trois enfants – Stéphanie, Véronique et Thomas –, il était diplômé de l’Ecole supérieure libre des sciences commerciales appliquées (ESLSCA). Il a débuté sa carrière dans l’industrie en 1972, d’abord comme responsable de logistique, gestion et de direction d’unités industrielles dans la construction mécanique chez Brissoneau et Lotz, puis dans l’équipement de construction chez Poclain et Trailor.
Il entre dans l’édition en 1980, où il occupe différentes fonctions chez Hachette, avant d’être nommé, en 1986, directeur général de la branche industries et services. Expert en activités industrielles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a adopté une stratégie gagnante pour faire de son site le leader mondial d’Internet, affirme le consultant Bertrand Jouvenot, dans une tribune au « Monde ».
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Comment Alibaba va tuer Amazon

Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a adopté une stratégie gagnante pour faire de son site le leader mondial d’Internet, affirme le consultant Bertrand Jouvenot, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 15h00
    |

Bertrand Jouvenot (Consultant, spécialiste de l’e-commerce)







                        



                                


                            

Tribune. Grâce à une stratégie en apparence suicidaire, Alibaba a produit en une seule année plus de profits qu’Amazon dans toute son histoire. En voyant à plus long terme, le géant de l’Internet chinois a évité de tomber dans le même piège qu’Amazon face à Google, un piège qui coûtera peut-être à la société de Jeff Bezos la victoire finale. Mais l’on ne va pas apprendre au fondateur d’Alibaba, Jack Ma, qui est Sun Tzu. Non seulement le patron du géant de l’e-commerce chinois a lu L’Art de la guerre, le premier traité de stratégie connu, mais il le met aussi brillamment en pratique.
Comme presque toutes les start-up à leurs débuts, Alibaba a cherché à développer du trafic sur son site, espérant ensuite convertir ses visiteurs en clients. La stratégie aurait été de tout faire pour être le mieux référencé possible, afin de figurer en tête dans les résultats de recherche de Baidu, le plus gros des moteurs de recherche chinois.

Mais à la surprise générale, Jack Ma et ses équipes ont pris une décision contre-intuitive : bloquer Baidu et l’empêcher de référencer les pages du site Alibaba. Une décision qui apparaissait comme folle, puisqu’elle coupait Alibaba d’un gigantesque vivier de clients potentiels.
En fait, Alibaba a su voir à long terme. Loin de penser qu’il gagnerait de l’argent uniquement en vendant des produits sur un site d’e-commerce, son fondateur a très tôt compris qu’il pourrait monétiser le trafic de son site. En bloquant Baidu, Alibaba a en réalité créé les conditions pour que les marques désireuses de toucher des clients prêts à acheter en ligne insèrent leurs publicités chez Alibaba, là où les clients se trouvent.
S’il avait laissé Baidu référencer ses pages, Jack Ma aurait laissé Baidu faire ce que Google fait aujourd’hui à Amazon : capter les clients d’Amazon pour mieux vendre de la publicité aux marques. Aujourd’hui, celles-ci passent essentiellement par Google pour toucher les clients...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.
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Zone euro : « Il reste encore des tabous à briser »

Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les résultats du sommet de la zone euro du 29 juin ont déçu ceux qui espéraient une mise en œuvre de la déclaration franco-allemande de Meseberg, publiée le 19 juin par Angela Merkel et Emmanuel Macron.
Néanmoins, ce sommet est une étape importante : comme nous l’appelions de nos vœux, il a permis de franchir certaines lignes rouges qui, jusqu’ici, avaient valeur de tabous dans les discours nationaux. La zone euro doit maintenant transformer cet essai, finaliser les réformes promises. Pour cela, il faudra briser d’autres tabous.
Renforcer le système bancaire de la zone euro
Le communiqué du sommet est bref, mais il contient plusieurs éléments positifs. Les dirigeants politiques européens semblent avoir compris que la priorité est de renforcer le système bancaire de la zone euro : la plus grande partie de la déclaration y est consacrée.
L’engagement ferme d’adosser le fonds de résolution des crises bancaires au Mécanisme européen de stabilité (MES) est un élément important pour solidifier le système. La référence explicite à un système européen d’assurance des dépôts après une réduction suffisante des risques, faite pour la première fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, brise un tabou, notamment allemand, et représente un pas important en direction d’une véritable union bancaire.

Nous constatons aussi une volonté encourageante d’améliorer la gestion des crises futures en renforçant le mécanisme de sauvetage que constitue le MES. Faisant référence à une lettre antérieure du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, les dirigeants signalent leur ouverture à des formes plus souples de prêts du MES ainsi qu’à des clauses d’action collective plus efficaces en cas de restructuration de dette publique, facilitant la participation de créanciers privés. De tels mécanismes vont faciliter la gestion des dettes souveraines, sans pour autant en passer par aucun mécanisme de restructuration automatique,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le ministre de l’économie a jugé nécessaire que les CCI recentrent leur action sur « trois missions ».
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Bruno Le Maire annonce une baisse de 400 millions d’euros des crédits aux chambres de commerce et d’industrie

Le ministre de l’économie a jugé nécessaire que les CCI recentrent leur action sur « trois missions ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h30
   





                        


Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a annoncé mardi 10 juillet aux présidents des chambres de commerce et d’industrie (CCI), réunis lors d’une assemblée générale extraordinaire, une baisse de 400 millions d’euros des crédits.
« L’effort que nous vous demandons est effectivement important avec un horizon en 2022 de 400 millions d’euros d’économies. »
Dans ce discours, tenu à huis clos, mais dont l’Agence France-Presse a obtenu copie, le ministre a assuré ne pas vouloir « faire une croix » sur les CCI, mais faire en sorte qu’elles se « réinventent », au service des « entreprises ».
« Il est indispensable que nous nous mettions d’accord sur les missions prioritaires, qui justifient le recours à une taxe affectée », a détaillé M. Le Maire, jugeant nécessaire de recentrer l’action sur « trois missions ».
Il s’agit de « l’appui aux entreprises », notamment « l’aide à la création d’entreprises », « la formation initiale dans les territoires », par le financement des écoles de commerce, et « la représentation des entreprises, notamment pour faire valoir la voix des entreprises au niveau local », a-t-il détaillé.
« Un impact sur les personnels »
Selon le ministre, « les autres missions » n’auront en revanche « plus vocation à être financées par un prélèvement sur les entreprises », a poursuivi le ministre, reconnaissant que cela aurait « un impact sur les personnels ».
Il a promis en échange de ces 400 millions d’euros de baisse de crédits une baisse équivalente des prélèvements obligatoires sur les entreprises, ciblée sur deux « impôts de production » : la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE).
Cette annonce survient quelques mois après la remise d’un rapport de l’inspection générale des finances (IGF), qui avait appelé à un recentrage de la mission des chambres des métiers et de commerce, avec un potentiel d’économies de 400 millions d’euros. Dans ce document, daté de mars, l’IGF préconisait un « recentrage » des missions d’intérêt général, financées par la taxe sur les frais de chambre (TFC), sur l’appui aux entreprises et la représentation.
Elle appelait également les chambres à prendre des mesures de « rationalisation », susceptibles d’engendrer des réductions d’effectifs de l’ordre de 2 500 équivalents temps plein, sur 31 000 employés.
La TFC, assise sur le chiffre d’affaires des entreprises, a rapporté 750 millions d’euros l’an dernier. L’objectif du gouvernement, dans le cadre de son plan de transformation, est de la faire baisser de 100 millions par an durant quatre années de suite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le chinois CATL va construire une usine qui fournira en particulier BMW. Les constructeurs allemands n’ont pas voulu investir ce marché.
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L’Allemagne aura bientôt son premier site de batteries électriques

Le chinois CATL va construire une usine qui fournira en particulier BMW. Les constructeurs allemands n’ont pas voulu investir ce marché.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 13h17
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

IG Metall en avait rêvé pour les constructeurs allemands, ce sont finalement les Chinois qui l’ont fait. L’Allemagne aura bientôt sa propre usine de batteries automobiles. Le fabricant CATL (Contemporary Amperex Technology) a annoncé, lundi 9 juillet, son intention de bâtir son premier site de production de cellules de batterie hors Chine, dans le Land de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne. Cet engagement a été annoncé dans le cadre des consultations germano-chinoises, qui se sont tenues lundi et mardi, à Berlin.
Selon les plans dévoilés lundi, CATL devrait investir 240 millions d’euros en Thuringe d’ici à 2022. Le site doit se développer en plusieurs étapes : il sera d’abord un centre de distribution, auquel s’ajoutera un laboratoire de recherche, puis la production sera développée. Six cents à mille emplois directs devraient être créés grâce à cette usine.
Pour son investissement, CATL profite de généreuses subventions locales de la part d’une région fragile économiquement. La région de la Thuringe a accordé au chinois 7,5 millions d’euros de fonds de soutien économique pour le convaincre de s’installer sur son sol. Mais le constructeur BMW a également joué un rôle déterminant : il participe lui-même aux coûts de construction et a assuré à CATL une commande de 4 milliards d’euros dans les prochaines années, dont 1,5 milliard doivent venir de Thuringe.
Déclin du moteur à explosion
IG Metall a salué, lundi, la décision d’investissement de CATL. On reste loin cependant du souhait, exprimé depuis longtemps par le syndicat, de voir constructeurs et sous-traitants s’allier pour maîtriser eux-mêmes la production de cellules, élément de base des batteries des véhicules. « Si nous abandonnons les cellules de batterie parce qu’elles nous sont livrées, tôt ou tard nous disparaîtrons », s’est alarmé, début juillet, Jürgen Wechsler, directeur de la section bavaroise du grand syndicat de l’industrie.

IG Metall redoute la disparition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Désormais cinquième puissance économique mondiale gâce à son immense marché intérieur, le pays reste handicapé par de nombreux obstacles culturels et financiers, explique l’éditorialiste économique, Philippe Escande.
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« Le tigre indien s’est réveillé, mais reste fragile »

Désormais cinquième puissance économique mondiale gâce à son immense marché intérieur, le pays reste handicapé par de nombreux obstacles culturels et financiers, explique l’éditorialiste économique, Philippe Escande.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h56
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique)








                        



                                


                            

Chronique pertes & profits. Le premier ministre indien, Narendra Modi, et le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, ont inauguré ensemble, lundi 9 juillet, le site de Samsung, la plus grande usine de smartphones du monde. Située dans la banlieue de New Delhi, elle porte à elle seule les espoirs du gouvernement indien de transformer le pays en un gigantesque centre industriel mondial, à l’image de l’exploit accompli en quarante ans par son voisin chinois. Le marché du téléphone est le plus prometteur du monde. Avec plus de 400 millions d’utilisateurs, il a déjà dépassé en taille celui des Etats-Unis et pourrait encore facilement doubler d’ici cinq ans.
C’est la face glorieuse de l’Inde. Celle d’un sous-continent qui entend s’appuyer sur son 1,3 milliard d’habitants pour devenir un géant économique et atteindre la puissance de son rival chinois. Il a déjà fait un bon bout du chemin si l’on en juge par les derniers calculs de la Banque mondiale, dénichés par Les Echos.
Le pays a désormais dépassé la France en termes de produit intérieur brut (PIB) et devrait faire de même avec le Royaume-Uni dès cette année. L’Inde, cinquième puissance mondiale, accumule les années de forte croissance. Après 7,4 % en 2017, le PIB a affiché 7,7 % de hausse au premier trimestre. Mieux que la Chine et quatre fois plus que la France ou le Royaume-Uni. Autre signe, l’Inde n’est plus le champion de la pauvreté (70 millions de personnes avec moins de 1,9 dollar par jour, en forte baisse), détrôné par le Nigeria (87 millions). Comme aime à le chanter le populiste Narendra Modi, le tigre indien s’est réveillé.

Immense marché intérieur
Il est debout mais reste fragile. Doté d’une population comparable, il reste encore un nain économique face à la Chine. Au lancement de l’ouverture économique de l’empire du Milieu, en 1989, les PIB des deux pays étaient identiques, autour de 300 milliards de dollars (255 milliards d’euros). Aujourd’hui,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Confronté à une concurrence accrue, le 4e vendeur mondial de téléphones portables a réalisé une introduction en Bourse mitigée.
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Retour sur terre pour Xiaomi, le géant chinois des smartphones

Confronté à une concurrence accrue, le 4e vendeur mondial de téléphones portables a réalisé une introduction en Bourse mitigée.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h50
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Xiaomi redescend sur terre : le géant chinois des smartphones a connu une entrée en Bourse décevante lundi 9 juillet à Hongkong. Le titre du fabricant de téléphone mobile a d’abord chuté jusqu’à 6 %, avant de retrouver le prix proposé par l’entreprise, puis de reprendre des couleurs mardi. C’est la pire introduction en Bourse à Hongkong depuis 2015.
Le groupe, qui a levé 4,7 milliards de dollars (4 milliards d’euros) grâce à cette opération, est valorisé un peu plus de 58 milliards de dollars. Soit presque deux fois moins que les 100 milliards espérés en 2017. La baisse de 21 % du marché du smartphone en Chine au premier trimestre, ou les tensions commerciales avec les Etats-Unis, qui pèsent sur les indices boursiers chinois, expliquent, en partie, cette relative contre-performance. Mais les investisseurs doutent aussi de la capacité de l’entreprise de s’imposer à long terme et de faire des bénéfices.
Secteur très concurrentiel
Car Xiaomi, qui signifie « petit riz » en chinois, promise aux sommets il y a quatre ans, a connu un trou d’air en 2015-2016, voyant ses parts de marché chuter, dans un secteur très concurrentiel.
Depuis, le 4e vendeur de téléphones dans le monde a revu son modèle. Adepte des événements créés sur Internet par les ventes en ligne et à la communication à moindre coût grâce au bouche-à-oreille, le groupe a changé de braquet : il ouvre désormais des boutiques, où toutes les générations peuvent prendre en main ses produits, et opte pour des campagnes de publicités classiques où des stars chinoises s’affichent, smartphone à la main.
Grâce à ce virage stratégique et à la résolution de problèmes structurels, notamment dans l’approvisionnement de composants, Xiaomi a repris la quatrième place des vendeurs de smartphones en Chine au premier trimestre 2018, devant Apple.
Premier vendeur de smartphones en Inde
Face au ralentissement de son marché domestique, la firme continue de se développer à l’international. La firme chinoise est devenue le premier vendeur de smartphones en Inde, grâce à un positionnement milieu de gamme et a ouvert son premier magasin en France à Paris le 22 mai. Mais la marque réalise très peu de profits sur ses appareils : 2 dollars par téléphone, contre 150 dollars pour Apple, d’après une estimation de Counterpoint Research. Et le patron de l’entreprise ne prévoit pas de générer plus de 5 % de marge dans le futur. Car pour gagner de l’argent la direction parie surtout sur la vente ligne de divers produits, de services, logiciels, applications… Un pari.
Autre ombre au tableau pour Xiaomi, l’échec d’une introduction parallèle à la Bourse de Shanghaï, qui lui aurait permis de lever des fonds supplémentaires. Grâce à un nouveau système de certificats de dépôt (China depositary receipt) calqués sur les certificats de dépôt américain (American Depositary Receipts, ADR), les entreprises chinoises de la technologie cotées à l’étranger peuvent envisager une cotation secondaire en Chine. Mais le système, mis au point au printemps pour permettre aux investisseurs chinois de parier sur leurs champions de la technologie nationaux comme Alibaba ou Tencent, n’a pas encore trouvé son premier client.
D’après Bloomberg, le régulateur boursier chinois, d’abord enthousiaste à l’idée d’une entrée en Bourse simultanée à Hongkong et Shanghaï pour Xiaomi, n’a pas voulu changer ses règles trop profondément pour accommoder l’entreprise. La vente des titres en Chine pourrait avoir lieu plus tard dans l’année, une fois l’introduction à Hongkong digérée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La suppression d’un accord obligatoire de l’administration fiscale avant d’engager des poursuites pénales pour fraude pourrait léser les droits des justiciables, s’inquiète l’avocat fiscaliste Antoine Reillac dans une tribune au « Monde ».
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On pourrait regretter le « verrou de Bercy »

La suppression d’un accord obligatoire de l’administration fiscale avant d’engager des poursuites pénales pour fraude pourrait léser les droits des justiciables, s’inquiète l’avocat fiscaliste Antoine Reillac dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h35
    |

Antoine Reillac (Avocat en droit fiscal et en droit pénal des affaires)







                        



                                


                            

Tribune. Dans la nuit du mardi 3 juillet, les sénateurs ont voté un amendement aménageant le « verrou de Bercy ». Selon cet amendement, les dossiers fiscaux seraient obligatoirement transmis par l’administration fiscale au parquet dès lors que trois critères gravés dans la loi seraient réunis. Le parquet pourrait alors librement poursuivre les contribuables pour fraude fiscale, sans que le fisc ne puisse y faire obstacle par son inertie.
Cet événement a été présenté comme consacrant la fin du désormais célèbre monopole de l’administration dans les poursuites pénales pour fraude fiscale. Pourtant, si l’on peut critiquer ce verrou de Bercy à bien des égards, celui-ci présente aussi certaines vertus. La principale est celle d’être un garde-fou des justiciables face aux erreurs de l’administration.
Lorsqu’une personne a fait l’objet d’un contrôle fiscal et que l’administration a considéré que les manquements étaient suffisamment graves pour être poursuivis pénalement, le dossier est transmis au procureur – après avis conforme de la Commission des infractions fiscales (CIF) – pour qu’il engage les poursuites pénales. Dans cette hypothèse, il n’y a pas de verrou de Bercy puisque l’administration elle-même a choisi de transmettre au procureur.
Un véritable chemin de croix
Il est également possible que les poursuites pénales soient engagées parallèlement en contournant le verrou de Bercy par le biais d’une infraction voisine, celle de blanchiment de fraude fiscale (qui ne nécessite pas la plainte préalable de Bercy).
C’est alors un véritable chemin de croix qui attend les contribuables, qui subiront l’effet de deux procédures distinctes engagées par deux entités de l’Etat (l’administration fiscale et le parquet) qui se coordonnent rarement. La période – extrêmement longue – du recouvrement et des poursuites ne se termine que lorsqu’une décision définitive est rendue par les juridictions.

Durant cette période,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ L’innovation n’est que la première étape d’une démarche vertueuse où la création massive d’emplois de qualité est forcément corrélée à la démocratisation du service explique, dans sa chronique, l’économiste Nicolas Colin.
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VTC : quand la loi entrave « la création de nombreux emplois »

L’innovation n’est que la première étape d’une démarche vertueuse où la création massive d’emplois de qualité est forcément corrélée à la démocratisation du service explique, dans sa chronique, l’économiste Nicolas Colin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h17
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Nicolas Colin (Cotitulaire de la chaire Technology, Governance and Institutional Innovation à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po et associ...







                        



                                


                            

Transformations. La loi Grandguillaume sur le transport public particulier de personnes [entrée en vigueur le 1er janvier 2018] continue de produire ses effets. De multiples obstacles ont été érigés pour empêcher les chauffeurs dits « LOTI » [relevant du statut instauré par la loi d’orientation des transports intérieurs] de continuer à conduire sur le marché des VTC (véhicule de transport avec chauffeur). Nombre d’entre eux sont donc revenus à leur ancien métier : conduire des groupes pour le compte de grands hôtels ou d’organisateurs d’événements. Du coup, côté VTC, les chauffeurs manquent, les prix montent et les passagers se font plus rares.
Certains applaudissent le fait que les VTC redeviennent enfin « aussi chers que les taxis » – donc réservés à une clientèle fortunée, en particulier d’affaires. Peu de gens réalisent que nous passons ainsi à côté d’une mutation majeure de la mobilité urbaine – et de la création de nombreux emplois.
L’économiste James Bessen, auteur de Learning by Doing (Yale University Press, 2015, non traduit), explique mieux que personne la dynamique qu’il faut enclencher pour que le progrès technique tienne ses meilleures promesses. Au départ, l’innovation consiste à opérer des modèles encore mal compris pour régler un problème resté jusqu’ici sans solution. Les innovateurs commencent par tâtonner pour résoudre ce problème à petite échelle. Ils créent donc peu d’emplois. Nous en sommes là dans les VTC.
Engouement du côté de la demande
En revanche, après un laps de temps, l’offre de ces innovateurs suscite un engouement du côté de la demande. Les clients se précipitent, de plus en plus nombreux, pour utiliser ce produit nouveau qui règle enfin leur problème. Pour les VTC, ce problème est connu : c’est l’impossibilité pour la plupart des gens d’être transportés de porte à porte à un prix abordable, en particulier aux heures de pointe.

A son tour, ce surcroît de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ L’entreprise fondée en 1999, qui frôle les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, profite de la phobie des Français pour les ingrédients allergisants et de la crainte des perturbateurs endocriniens contenus dans les soins vendus en grandes surfaces.
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La PME française Aroma-Zone profite de l’essor du « fait-maison »

L’entreprise fondée en 1999, qui frôle les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, profite de la phobie des Français pour les ingrédients allergisants et de la crainte des perturbateurs endocriniens contenus dans les soins vendus en grandes surfaces.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h58
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Le gel d’aloe vera fait partie de ses meilleures ventes. A raison d’une dizaine de tonnes par mois. Depuis son ouverture, en 2014, à Paris, rue de l’Ecole-de-Médecine, dans le quartier Odéon, le magasin Aroma-Zone est une bête curieuse. Tous les professionnels du secteur de la beauté viennent y observer cette foule de femmes qui, dans 500 m², se pressent pour acheter des bidons, de la poudre de henné, des macérâts, de l’huile de moutarde et apprendre à fabriquer une pâte de dentifrice abrasive, un après-shampooing à base d’huile d’avocat ou une crème hydratante sans produits chimiques. La fréquentation atteint « 2 000 personnes par jour », affirme Anne Vausselin, présidente de cette PME familiale dont l’activité frôle les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, après un bond de 15 % en 2017.
Fondée en 1999, Aroma-Zone a d’abord été un site d’informations sur les huiles essentielles. Pierre Vausselin et ses filles, Anne et Valérie, décident de partager avec le plus grand nombre leurs connaissances. Le succès d’audience est immédiat. A tel point que des producteurs malgaches, mexicains, espagnols et indiens contactent les fondateurs pour vendre leur production.

« Solutions naturelles et simples »
Le site s’ouvre alors à la vente en ligne. Puis vient l’idée de proposer aux clients de fabriquer leurs soins. C’est le lancement du « fait-maison ». Depuis, Aroma-Zone fait son lit de la phobie des ingrédients allergisants et de la crainte des perturbateurs endocriniens contenus dans les soins vendus en grandes surfaces. « Notre offre répond à la demande des consommateurs de retourner à des solutions naturelles et simples pour prendre soin d’eux, avec un budget serré et une information complète et transparente sur les ingrédients », explique Mme Vausselin.
Aroma-Zone est en train de monter un réseau de boutiques en France en complément de son site de vente en ligne. Au printemps, la PME a ouvert,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les consommateurs s’affranchissent du diktat publicitaire des grandes marques de cosmétiques. Et délaissent les rayons des grandes surfaces au profit d’Internet.
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Les Français délaissent les hypermarchés pour leurs achats de produits de beauté

Les consommateurs s’affranchissent du diktat publicitaire des grandes marques de cosmétiques. Et délaissent les rayons des grandes surfaces au profit d’Internet.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h52
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Glossier n’a pas un seul point de vente en France. Et pourtant. Cette marque américaine de produits de beauté, qui devrait se lancer fin octobre dans l’Hexagone, y est déjà réputée. « C’est l’exemple le plus suivi par l’industrie des produits cosmétiques », juge Laure Frémicourt, directrice du planning stratégique chez Disko, agence de communication numérique. Fondée en 2014, Glossier est née d’un blog, « Into the Gloss », créé quatre ans plus tôt par une stagiaire de Teen Vogue, Emily Weiss. La jeune Américaine écrit des articles sur les soins, les fards et les mille façons d’embellir sa peau. Sa rubrique « Top Shelf » évoque, par exemple, les produits de beauté favoris d’expertes de la mode, ceux qu’elles placent sur le devant de leur étagère de salle de bains.
En quelques années, la jeune entrepreneuse gagne des milliers de fans sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Dans la foulée, elle lance sa marque en élaborant des produits simples, au packaging minimaliste. Le tout après avoir recueilli l’avis de ses internautes. Le concept fait un tabac. L’entrepreneuse lève des millions de dollars (près de 87 à ce jour, soit 73,9 millions d’euros) auprès de fonds d’investissement, puis commence à ouvrir des boutiques outre-Atlantique, notamment à Los Angeles. Elle aborde maintenant le marché européen, en commençant par la Suède et le Danemark. Bientôt, ce sera la France. Tout se fera d’abord en ligne. Au grand dam des ténors des produits de beauté qui vendent en magasin. Car ce nouvel entrant va débarquer dans un marché très disputé.
Evaluées à 11,3 milliards d’euros en 2016, les ventes de produits de beauté sont à la peine en France. En 2017, dans les parfumeries, elles ont reculé de 1 %, à 3 milliards d’euros, d’après la société d’analyse NPD Europe. En hypermarchés, les rayons de produits d’hygiène et de beauté se sont contractés de 2,1 %, après une chute de 3,1 % en 2016, selon IRI. Les ventes de produits de maquillage...




                        

                        


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Vers une évolution de la loi sur le marché de l’art

La ministre de la justice lance une mission sur l’avenir des opérateurs de ventes volontaires.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h45
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

A l’occasion de la remise du rapport d’activité du Conseil des ventes volontaires (CVV), le 10 juillet, la garde des Seaux, Nicole Belloubet, a annoncé une mission sur l’avenir des opérateurs de vente volontaires, confiée à Henriette Chaubon, avocate générale à la Cour de cassation, et à l’avocat Edouard de Lamaze. Une mission de plus dans un secteur qui a vu les études s’empiler ? « L’objectif est de rappeler que la loi sur le marché de l’art pourrait évoluer », avance prudemment Loïc Lechevalier, secrétaire général du CVV. Place Vendôme, on estime que « la réglementation actuelle, conçue comme une garantie de sécurité juridique, doit permettre aux opérateurs de ventes volontaires de maintenir leur compétitivité. »
A ce jour, les ventes aux enchères publiques ont connu deux réformes majeures. La première, en 2000, a mis fin au monopole de la profession de commissaire-priseur sur les ventes volontaires et instauré une distinction entre vente judiciaire et vente volontaire. La deuxième, en 2011, a supprimé la nécessité d’un agrément pour les opérateurs de ventes volontaires et élargi leur champ d’activités.
Le paysage des enchères sera aussi modifié dans les cinq ans à venir avec la création du statut de « commissaire de justice » et l’apparition dans le domaine des ventes judiciaires de nouveaux acteurs comme les huissiers de justice. Une arrivée qui aura un impact sur la grande majorité des commissaires-priseurs qui ont la double casquette volontaire et judiciaire.
Concurrence de plus en plus forte
Face à une concurrence de plus en plus forte au niveau international et local, les 403 opérateurs de ventes volontaires réclament désormais des avancées juridiques qui leur permettent de se moderniser et rester dans la course. « Il faudrait revoir les périmètres opérationnels, en permettant par exemple aux sociétés de ventes volontaires de vendre des fonds de commerce, des marques ou des brevets », indique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.
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« Le Média », en proie à des tensions, s’interroge sur son avenir

Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h30
    |

                            Yassine El Azzaz et 
Alexandre Piquard








                        



   


Deux semaines de séminaire. C’est l’exercice qu’entreprend, depuis le lundi 2 juillet, Le Média, pour tirer les leçons de neuf mois d’activité en tant que « pure player » de la gauche alternative, soutenu par des proches de La France insoumise (LFI). Le rassemblement a donné lieu à des débats houleux et à des changements parmi les dirigeants de premier plan.
Les tensions ont notamment été relatées par un article paru le 8 juillet sur Mediapart, qui a notamment eu accès à des échanges issus d’un groupe de discussion interne sur la messagerie cryptée Telegram. En réponse, Le Média accuse le site fondé par Edwy Plenel de vouloir nuire à un concurrent. Mais l’équipe est bel et bien confrontée à une nouvelle crise, après le départ, en février, de plusieurs journalistes, notamment en raison de divergences sur le traitement du conflit syrien. Elle tente de surmonter les dissensions.
Un premier point sensible est l’état des finances : signe des tensions internes, celui-ci a donné lieu mardi à de vifs échanges, la fondatrice Sophia Chikirou étant soupçonnée d’avoir sous-estimé le déficit, avant que ce débat comptable ne soit résolu. Reste que les recettes n’atteignaient que 152 000 euros pour 185 000 euros de dépenses, soit environ 30 000 euros de perte par mois, selon les chiffres avancés par la direction mi-juin.
Lors du séminaire aurait été annoncée la réduction du déficit à 25 000 euros par mois environ, grâce à de meilleurs recrutements de « socios » – équivalents d’abonnés, membres de l’association de soutien au Média, aujourd’hui au nombre de 19 000 – et à une subvention reçue du Centre national du cinéma pour une mini-série historique sur les assassinats politiques à Paris.
Le manque de collégialité dénoncé
L’équipe espère pourtant toujours atteindre l’équilibre en deux ans. Pour cela, Sophia Chikirou prône de longue date la « diversification » des revenus. Elle voudrait tester l’insertion de publicités d’annonceurs sélectionnés, mais cette solution suscite des réticences de certains journalistes, notamment Aude Lancelin. Lancé après la web-télé, le premier numéro du mensuel papier, 99 %, aurait lui généré environ 6 000 euros d’excédent, grâce à 10 000 précommandes. Et une boutique de « goodies » siglés du Média serait à l’étude. Mme Chikirou compte aussi obtenir des « subventions » publiques, comme celle du CNC ou des aides à la presse.
Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre « Le Média » et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction.
Enfin, le journaliste Serge Faubert a suggéré jeudi que Le Média accueille à l’avenir des « investisseurs ». L’expression a suscité de vives réactions de presque toute l’équipe, certains craignant une « bollorisation », en référence à l’industriel breton Vincent Bolloré, qui a racheté Vivendi. Seule Sophia Chikirou a soutenu l’idée d’intégrer des apports d’institutionnels comme la Caisse des dépôts et consignations, des collectivités locales ou des entreprises sociales et solidaires. Ce débat devra être tranché lors de la conversion de l’association en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), promise de longue date et prévue, en principe, à l’automne.
L’autre source de conflit a été le management : des journalistes ont dénoncé, lundi 2 juillet, un certain autoritarisme et un manque de collégialité. En ligne de mire, la figure centrale de Sophie Chikirou accusée de concentrer tous les pouvoirs en cumulant les postes de présidente de la société de presse et de la société de production, détenues par l’association.
Dans la foulée, mardi, celle qui assurait seule la direction entrepreneuriale du projet a annoncé qu’elle démissionnait de ses fonctions à la société de presse, pour travailler à l’alliance entre La France insoumise et le parti espagnol Podemos en vue des élections européennes. Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre Le Média et le parti de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction. Mais son annonce, qui a surpris tout le monde, n’a pas apaisé les tensions.
Une société des journalistes créée
Jeudi, le nom d’Aude Lancelin a été proposé pour prendre la présidence de la société de presse et la direction de la publication. Mais l’ancienne journaliste de L’Obs ne semblait pas prête à assurer ce remplacement au pied-levé sans avoir des garanties : elle ne veut pas être responsable des activités commerciales et souhaite que la rédaction soit renforcée. En effet, deux nouvelles démissions sont annoncées, notamment celle d’Iban Raïs, en conflit avec Mme Chikirou. Depuis, cette dernière aurait dit que les départs seront remplacés. Lundi, une société des journalistes a été créée.
Un autre changement important se profile : le psychanalyste Gérard Miller annonce depuis des mois qu’il veut démissionner de la présidence de l’association. En remplacement, le nom de Mathias Enthoven, chargé de la communication sur les réseaux sociaux et ancien de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, a été avancé, mais il suscite des réserves, notamment de Mme Chikirou.
L’équipe espère trancher les questions non résolues d’ici vendredi et la fin du séminaire, une échéance invoquée par tous les participants pour refuser de s’exprimer dans les médias. Lundi 9 juillet, l’ambiance des débats était plus apaisée. Les discussions ont porté sur les programmes et notamment sur l’emblématique « JT » de 20 heures. Certains le jugent trop lourd à produire. Il est envisagé de le suspendre certains jours, de le raccourcir ou de le tourner en différé.
Un débat a aussi lieu sur le profil des invités et la place des politiques, notamment issus de La France insoumise. Un signe de la tension latente entre une logique journalistique et une approche plus militante. Une autre des difficultés à dépasser pour Le Média.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Plus petite et moins puissante que la Surface Pro, la « Go » sera vendue moitié prix par rapport à sa grande sœur.
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Microsoft lance une version à bas prix de son PC-tablette Surface

Plus petite et moins puissante que la Surface Pro, la « Go » sera vendue moitié prix par rapport à sa grande sœur.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h26
   





                        



   


Microsoft a annoncé lundi 9 juillet une nouvelle version de son PC-tablette Surface, baptisée Surface Go, vendue à un prix nettement inférieur aux autres modèles de la gamme. Proposée à partir de 399 dollars (prix européen non encore connu) pour la version dotée de 4 Go de mémoire — prix auquel il faudra rajouter 99 dollars pour le clavier — ce modèle est doté d’un écran de dix pouces 3:2.
Moins puissante et plus petite que la Surface Pro, la Surface Go sera donc vendue la moitié du prix de sa grande sœur. D’après le cabinet d’analyse IDC, les ventes de cet hybride haut de gamme tablette et PC ont chuté de 20 % l’année passée, face à la concurrence notamment de l’iPad pro.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Fin mars 2017, ils avaient conclu une « convention » qui modifiait le paramétrage du régime.
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Les partenaires sociaux à nouveau invités à négocier sur l’assurance-chômage

Fin mars 2017, ils avaient conclu une « convention » qui modifiait le paramétrage du régime.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h07
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


Grâce à Emmanuel Macron, les partenaires sociaux qui gèrent l’assurance-chômage vont peut-être battre un record : celui du nombre de négociations consacrées en deux ans à ce dispositif. Lors de son intervention devant le Congrès, le président de la République a exprimé le souhait que le patronat et les syndicats engagent « dans les prochains mois » des discussions afin de refondre les conditions d’indemnisation des demandeurs d’emploi.
Or, les organisations d’employeurs et de salariés se sont déjà livrées à cet exercice, durant la période récente : fin mars 2017, ils avaient conclu une « convention » qui modifiait le paramétrage du régime ; le 22 février, ils ont topé sur un accord national interprofessionnel, repris, en partie, dans le projet de loi « avenir professionnel » actuellement en cours d’examen au Parlement.

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Mais le chef de l’Etat n’est, manifestement, pas satisfait. Il faut, selon lui, rouvrir la réflexion afin de parvenir à de nouvelles règles qui « récompensent bien davantage la reprise d’activité [et] incitent à la création d’emplois de qualité », a-t-il déclaré. Deux buts, au moins, sont poursuivis.
Combattre la précarité, tout d’abord. Initialement, chaque branche professionnelle était invitée à prendre des mesures susceptibles de réduire le recours aux contrats courts ; si aucune solution satisfaisante n’était trouvée, l’exécutif se réservait la possibilité de mettre en place un bonus-malus, qui diminue les cotisations des entreprises dont la main-d’œuvre est stable et qui majore celles des employeurs où le turnover est élevé. Les propos de M. Macron laissent entendre que la méthode change : c’est aux partenaires sociaux, à l’échelon national, qu’il reviendra de concevoir un dispositif jugulant le « travail jetable ».
« Test grandeur nature »
Deuxième objectif : revoir des règles qui, selon le chef de l’Etat, « ont pu involontairement encourager le développement de (…) la permittence » – c’est-à-dire l’alternance de petits boulots et de périodes d’inactivité. Sont dans le collimateur les dispositions permettant à un demandeur d’emploi de cumuler un salaire et une indemnisation : elles sont critiquées au motif qu’elles amèneraient des personnes à repousser les opportunités de postes durables. Sur ce sujet, l’exécutif s’était octroyé la possibilité d’intervenir par décret : il redonne finalement l’initiative au patronat et aux syndicats. Un amendement au projet de loi « avenir professionnel » sera prochainement présenté de manière à intégrer les annonces de M. Macron. Celui-ci devrait par ailleurs préciser ses attentes, lorsqu’il recevra les partenaires sociaux, le 17 juillet à l’Elysée.

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Le fait de proposer une négociation sur l’assurance-chômage est « une façon de répondre » à plusieurs leaders syndicaux « qui demandaient un agenda social », confie un bon connaisseur du dossier. « Le gouvernement leur dit en substance qu’il est disposé à les associer aux transformations, mais qu’il faudra du coup les faire avec lui », ajoute-t-elle.
« Une réforme de cette ampleur n’aurait pas pu être conduite sans faire participer les organisations d’employeurs et de salariés, complète une source au sein de l’exécutif. A partir du moment où on discute d’agenda social, c’est normal de voir tous les partenaires sociaux, d’autant que certains acteurs [au Medef et à FO] ont changé ces derniers temps. » Une allusion à l’élection de Geoffroy Roux de Bézieux et à la désignation de Pascal Pavageau.
« Nous sommes partants pour cette négociation, mais il reste à voir quelle latitude nous aurons, réagit Marylise Léon, la numéro deux de la CFDT. Ce sera un test grandeur nature. » Michel Beaugas (FO) indique, lui, que son organisation n’est pas favorable à relancer les discussions sur le cumul salaire-allocation chômage : « Le sujet a été traité par la convention de 2017 », rappelle-t-il. Sous-entendu : si des mesures nouvelles sont édictées, elles risquent de dégrader les conditions d’indemnisation des chômeurs.
Un avis partagé par Eric Courpotin (CFTC), qui ne comprend pas la « précipitation » dont le gouvernement fait preuve dans cette affaire : « On ne prend même pas le temps d’évaluer l’impact de la convention signée l’an passé », déplore-t-il. En réalité, enchaîne Denis Gravouil (CGT), le gouvernement veut « un système qui s’apparente plus à une remise en cause des droits sociaux qu’à la création d’emplois pérennes ».
Pour sa part, Jean-François Foucard (CFE-CGC) pense que l’ouverture de ces discussions aura pour effet d’« enterrer le bonus-malus » : comment imaginer que le patronat acceptera un mécanisme susceptible d’accroître les charges de certaines entreprises ?

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Depuis trois ans, une compétition incite les jeunes de Dandora, l’un des principaux bidonvilles de Nairobi, à imaginer des projets collaboratifs pour reconquérir les espaces publics. Elle a reçu le prix international Participation citoyenne « Le Monde »-Smart Cities.
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Au Kenya, un concours citoyen contre l’abandon d’un bidonville par les pouvoirs publics

Depuis trois ans, une compétition incite les jeunes de Dandora, l’un des principaux bidonvilles de Nairobi, à imaginer des projets collaboratifs pour reconquérir les espaces publics. Elle a reçu le prix international Participation citoyenne « Le Monde »-Smart Cities.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h25
    |

            Claire Legros








                        



   


Chaque année depuis trois ans, c’est la même effervescence à Dandora, un bidonville de 140 000 habitants dans la banlieue est de Nairobi, capitale du Kenya. Armés de pelles, de ballets, de pinceaux et de brouettes, des groupes de jeunes habitants investissent pendant quatre mois les cours intérieures nichées entre les îlots d’habitations précaires ou les trottoirs le long des routes de terre battue. Ils nettoient, assainissent, curent les fossés et les égouts, repeignent les murs en parpaings et plantent des arbustes dans ces espaces publics laissés en friche.
L’endroit est connu pour abriter l’une des plus grandes décharges d’Afrique de l’Est, source depuis 2001 de « danger sanitaire grave », selon le gouvernement, et repaire de gangs criminels. Sorti de terre dans les années 70 pour héberger des fonctionnaires grâce au financement de la Banque mondiale et du gouvernement, le quartier a été par la suite abandonné par les pouvoirs publics.
Jouer pour transformer la ville
Robinson Esialimba a grandi non loin de là. Parti à 20 ans étudier en Europe, cet urbaniste kényan a travaillé pour les Nations unies et des fonds de développement avant de rentrer à Nairobi pour fonder l’association Public Space Network (PSN) et créer la Changing Faces Competition (« Concours changer les visages »). L’idée de ce concours pour stimuler l’engagement citoyen est née en 2014. « Rien n’enthousiasme plus les jeunes que les rivalités amicales et les compétitions entre pairs, constate-t-il. Je me suis dit que cet attrait pouvait devenir un outil pour repenser le processus de transformation des espaces urbains. » 
Jouer pour transformer la ville. En trois ans, près de 3 000 jeunes et 120 équipes ont participé à cette « compétition citoyenne » qui dure quatre mois. Chaque équipe composée d’une vingtaine de personnes doit repérer un lieu public et concevoir son projet de rénovation puis le mener jusqu’à son terme. Nettoyer d’abord, car les espaces communs servent souvent de dépotoirs et, faute de services publics, le ramassage des ordures et l’entretien des égouts sont inexistants.

   


Une fois le terrain assaini, place à l’innovation. Parmi les équipes récompensées, l’une a imaginé un espace modulable, aire de jeux pour enfants pendant la journée, convertie la nuit en parking sécurisé. Une autre a réalisé un jardin botanique qui peut être loué pour des mariages, une troisième un potager urbain dont les légumes sont vendus au marché voisin.
Un outil de responsabilisation politique
Les projets sont récompensés en fonction de leur impact sur le quartier et ses habitants, mais aussi de leur caractère durable. Les équipes doivent définir les moyens nécessaires pour que, passé la compétition, leur réalisation continue d’être entretenue.
Le concours vise aussi à mobiliser la capacité d’agir des jeunes du quartier, dans un environnement où l’incompétence des pouvoirs publics est source de frustration et de découragement. « On a constaté que plus les habitants s’engagent, plus ils se sentent habilités à demander ensuite des comptes aux autorités, explique Robinson Esialimba. La compétition est un outil de diffusion au plus grand nombre de messages clés sur l’engagement civique, la qualité de vie et la responsabilisation politique. » 

   


Dans un quartier où le taux de chômage des jeunes culmine à 40 % et où les gangs recrutent les plus jeunes, l’entretien des jardins et le ramassage des poubelles ont créé de nouveaux emplois. La compétition est financée par des entreprises sponsors. Chaque foyer donne aussi 1 euro par mois pour financer les projets et assurer leur entretien. Les directeurs des écoles ont constaté une diminution de l’absentéisme des enfants, même si l’impact sur la santé publique reste difficile à évaluer faute de statistiques.
The Changing Faces Competition a reçu le soutien d’ONU-Habitat, le Programme des Nations Unies pour les villes, basé à Nairobi, dont la directrice exécutive, Maimunah Mohd Sharif, souhaite diffuser le modèle dans d’autres pays. A Dandora, le lancement du prochain concours est prévu en septembre. Pour la première fois, il va s’étendre à d’autres quartiers de Nairobi.
Retrouver les autres lauréats des prix internationaux « Le Monde » Smart Cities



                            


                        

                        

