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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Sébastian Roché estime que l’embrasement de l’agglomération nantaise après la mort d’Aboubakar Fofana révèle, une fois de plus, la défiance des populations défavorisées envers la police.
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Emeutes de Nantes : « La police a tendance à confondre force et autorité »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Sébastian Roché estime que l’embrasement de l’agglomération nantaise après la mort d’Aboubakar Fofana révèle, une fois de plus, la défiance des populations défavorisées envers la police.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h34
    |

Sebastian Roché (directeur de recherche au CNRS, enseigne à Sciences Po Grenoble)







                        



                                


                            

Tribune. Une personne de 22 ans a été tuée lors d’un contrôle de police, mardi 3 juillet. On ne sait pas encore exactement ce qui s’est passé à Nantes. Mais la dynamique d’ensemble est bien connue et se vérifie une fois encore, depuis le choc qui crée l’embrasement à sa propagation.
Les émeutes de 2005 – les plus importantes que la France ait connues par leur durée et leur extension géographique ou encore le nombre de participants – trouvent leurs origines dans le fait que plusieurs enfants ont été tués dans une course-poursuite avec la police. La mort des enfants appelle la vengeance, car ils symbolisent l’innocence et la fragilité. La mort d’une personne adulte a moins de puissance symbolique, mais c’est une cause fréquente de révolte contre la police ou le gouvernement en France, au Royaume Uni ou aux Etats-Unis, pour se limiter aux pays occidentaux. L’émotion est d’autant plus contagieuse que le groupe social ou ethnique qui est touché a souvent été victime dans le passé récent de diverses discriminations et se voit surreprésenté dans le profil des personnes décédées au cours des opérations de police.

C’est le cas à Nantes, à partir d’un contrôle qui prend un tour dramatique avec le décès d’Aboubakar Fofana. Sans du tout affaiblir l’événement, il convient de rappeler que les polices européennes – et la France ne fait pas exception – ont une particularité. Par rapport à leurs homologues brésiliennes, russes ou mêmes américaines, elles utilisent bien plus rarement leurs armes et sont moins militarisées dans leur mode d’action. C’est le résultat d’un processus historique et long de pacification des mœurs, de séparation de l’armée et de la police, d’augmentation de la sélection et de l’entraînement des agents, et des normes juridiques correspondantes. Cela constitue une force morale incroyable, une source puissante de la légitimité de l’Etat et des polices elles-mêmes. Je pense que, par exemple, cette pacification explique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.
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« Il est navrant de constater que des universitaires dénigrent l’antispécisme de manière expéditive »

Un collectif de chercheurs et de militants estime dans une tribune au « Monde » que les critiques de l’antispécisme sont construites sur une faible connaissance du sujet, conduisant à l’enrayement des débats sur la question.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le spécisme fait de plus en plus débat dans la société. Un spéciste peut estimer, par exemple, que le fait qu’un animal appartient à une espèce particulière peut justifier à lui seul qu’on puisse le tuer pour en consommer les chairs. En France, société spéciste, on mange ainsi du cochon, mais pas du chat et encore moins de l’humain.
Le mot « spécisme » a été inventé dans les années 1970 en analogie avec les termes racisme et sexisme. Un raciste ou un sexiste va en effet ne pas avoir la même considération morale envers des personnes en fonction de leur race (ou supposée race) ou de leur sexe. Ces trois idéologies participent donc de la même logique et fondent des rapports de domination, d’exclusion et de violence à l’encontre d’individus appartenant à des catégories dépréciées.
L’intérêt des individus pris en compte
En revanche, pour l’antispécisme, l’espèce (à l’instar de la « race » et du sexe) ne peut constituer un critère pertinent de considération morale. Seul l’intérêt des individus est à prendre en compte, quelle que soit leur espèce.
Conséquemment, étant donné que l’on peut être en bonne santé sans consommer de produits d’origine animale et que les poissons, vaches, cochons ou poules ont un intérêt à la fois à ne pas souffrir et à ne pas se faire tuer, le mouvement antispéciste conteste la légitimité de l’élevage, de la pêche et des abattoirs.

Cette position bouscule bien sûr des traditions et des façons de penser millénaires. Elle remet aussi en cause le privilège que les humains s’arrogent de maltraiter les autres espèces selon leur bon plaisir. Qu’elle suscite des réactions de rejet n’est donc pas surprenant. Mais il est plus navrant de constater que des chercheurs la dénigrent de manière expéditive, comme en témoignent nombre d’interventions récentes en France.
Par exemple, dans un récent entretien, le philosophe Étienne Bimbenet récuse l’antispécisme parce que cette « idéologie »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.
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« La presse papier est une réalité durable et un point lumineux dans le devenir tourmenté des démocraties »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h36
    |

Olivier Postel-Vinay (Journaliste, fondateur du magazine "Books")







                        



                                


                            

Tribune. Au début de l’été 1618, voici précisément quatre cents ans, sortait des presses à Amsterdam le numéro 1 de Courante uyt Italien, Duytslandt, & c. (« Evénements courants d’Italie, d’Allemagne, etc. »).
D’aucuns y voient le premier journal véritable. Un hebdomadaire en format folio d’une parfaite austérité. Une feuille unique à ses débuts. Deux larges colonnes de néerlandais en caractères gothiques sur un support en chiffons recyclés.
La suite en accéléré : l’arbre remplace le chiffon, la presse devient une industrie, un « quatrième pouvoir ». On voit les journaux résister tant bien que mal à la radio, à la télévision, aux débuts d’Internet, et puis… vient le XXIe siècle. En quelques années, lecteurs et publicité basculent vers le Web. Depuis l’an 2000, la diffusion de la presse papier payante ne cesse de baisser. Les quotidiens sont particulièrement affectés : - 40 % en vingt ans aux Etats-Unis.
Le dernier en 2043
En 2005, l’universitaire américain Philip Meyer fixe à 2043 la date du dernier exemplaire d’un journal imprimé. Aujourd’hui, la plupart des quotidiens, concurrencés par des sites en ligne, ne parviennent pas à compenser les pertes de leur version papier par les gains des abonnements à la version numérique.
Quel est l’enjeu ? Ira-t-on regretter, diront certains, une presse pétrie de partis pris et de bien-pensance, phagocytée par les lobbies, un journalisme souvent superficiel, des rédactions en chef désorientées ? « Le journaliste, esclave des trois M, écrivait Nietzsche. Le moment, les opinions [“Meinungen”] et les modes. » Question de degré.
On doit l’espérer, une société a d’autant plus de chances de bien se porter, à terme, qu’elle contrecarre plus efficacement la tendance naturelle à voir la mauvaise information chasser la bonne. L’argument vaut du point de vue politique mais aussi économique. Or à cet égard le numérique tarde...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a adopté une stratégie gagnante pour faire de son site le leader mondial d’Internet, affirme le consultant Bertrand Jouvenot, dans une tribune au « Monde ».
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Comment Alibaba va tuer Amazon

Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a adopté une stratégie gagnante pour faire de son site le leader mondial d’Internet, affirme le consultant Bertrand Jouvenot, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 15h00
    |

Bertrand Jouvenot (Consultant, spécialiste de l’e-commerce)







                        



                                


                            

Tribune. Grâce à une stratégie en apparence suicidaire, Alibaba a produit en une seule année plus de profits qu’Amazon dans toute son histoire. En voyant à plus long terme, le géant de l’Internet chinois a évité de tomber dans le même piège qu’Amazon face à Google, un piège qui coûtera peut-être à la société de Jeff Bezos la victoire finale. Mais l’on ne va pas apprendre au fondateur d’Alibaba, Jack Ma, qui est Sun Tzu. Non seulement le patron du géant de l’e-commerce chinois a lu L’Art de la guerre, le premier traité de stratégie connu, mais il le met aussi brillamment en pratique.
Comme presque toutes les start-up à leurs débuts, Alibaba a cherché à développer du trafic sur son site, espérant ensuite convertir ses visiteurs en clients. La stratégie aurait été de tout faire pour être le mieux référencé possible, afin de figurer en tête dans les résultats de recherche de Baidu, le plus gros des moteurs de recherche chinois.

Mais à la surprise générale, Jack Ma et ses équipes ont pris une décision contre-intuitive : bloquer Baidu et l’empêcher de référencer les pages du site Alibaba. Une décision qui apparaissait comme folle, puisqu’elle coupait Alibaba d’un gigantesque vivier de clients potentiels.
En fait, Alibaba a su voir à long terme. Loin de penser qu’il gagnerait de l’argent uniquement en vendant des produits sur un site d’e-commerce, son fondateur a très tôt compris qu’il pourrait monétiser le trafic de son site. En bloquant Baidu, Alibaba a en réalité créé les conditions pour que les marques désireuses de toucher des clients prêts à acheter en ligne insèrent leurs publicités chez Alibaba, là où les clients se trouvent.
S’il avait laissé Baidu référencer ses pages, Jack Ma aurait laissé Baidu faire ce que Google fait aujourd’hui à Amazon : capter les clients d’Amazon pour mieux vendre de la publicité aux marques. Aujourd’hui, celles-ci passent essentiellement par Google pour toucher les clients...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.
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Zone euro : « Il reste encore des tabous à briser »

Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les résultats du sommet de la zone euro du 29 juin ont déçu ceux qui espéraient une mise en œuvre de la déclaration franco-allemande de Meseberg, publiée le 19 juin par Angela Merkel et Emmanuel Macron.
Néanmoins, ce sommet est une étape importante : comme nous l’appelions de nos vœux, il a permis de franchir certaines lignes rouges qui, jusqu’ici, avaient valeur de tabous dans les discours nationaux. La zone euro doit maintenant transformer cet essai, finaliser les réformes promises. Pour cela, il faudra briser d’autres tabous.
Renforcer le système bancaire de la zone euro
Le communiqué du sommet est bref, mais il contient plusieurs éléments positifs. Les dirigeants politiques européens semblent avoir compris que la priorité est de renforcer le système bancaire de la zone euro : la plus grande partie de la déclaration y est consacrée.
L’engagement ferme d’adosser le fonds de résolution des crises bancaires au Mécanisme européen de stabilité (MES) est un élément important pour solidifier le système. La référence explicite à un système européen d’assurance des dépôts après une réduction suffisante des risques, faite pour la première fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, brise un tabou, notamment allemand, et représente un pas important en direction d’une véritable union bancaire.

Nous constatons aussi une volonté encourageante d’améliorer la gestion des crises futures en renforçant le mécanisme de sauvetage que constitue le MES. Faisant référence à une lettre antérieure du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, les dirigeants signalent leur ouverture à des formes plus souples de prêts du MES ainsi qu’à des clauses d’action collective plus efficaces en cas de restructuration de dette publique, facilitant la participation de créanciers privés. De tels mécanismes vont faciliter la gestion des dettes souveraines, sans pour autant en passer par aucun mécanisme de restructuration automatique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ La suppression d’un accord obligatoire de l’administration fiscale avant d’engager des poursuites pénales pour fraude pourrait léser les droits des justiciables, s’inquiète l’avocat fiscaliste Antoine Reillac dans une tribune au « Monde ».
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On pourrait regretter le « verrou de Bercy »

La suppression d’un accord obligatoire de l’administration fiscale avant d’engager des poursuites pénales pour fraude pourrait léser les droits des justiciables, s’inquiète l’avocat fiscaliste Antoine Reillac dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h35
    |

Antoine Reillac (Avocat en droit fiscal et en droit pénal des affaires)







                        



                                


                            

Tribune. Dans la nuit du mardi 3 juillet, les sénateurs ont voté un amendement aménageant le « verrou de Bercy ». Selon cet amendement, les dossiers fiscaux seraient obligatoirement transmis par l’administration fiscale au parquet dès lors que trois critères gravés dans la loi seraient réunis. Le parquet pourrait alors librement poursuivre les contribuables pour fraude fiscale, sans que le fisc ne puisse y faire obstacle par son inertie.
Cet événement a été présenté comme consacrant la fin du désormais célèbre monopole de l’administration dans les poursuites pénales pour fraude fiscale. Pourtant, si l’on peut critiquer ce verrou de Bercy à bien des égards, celui-ci présente aussi certaines vertus. La principale est celle d’être un garde-fou des justiciables face aux erreurs de l’administration.
Lorsqu’une personne a fait l’objet d’un contrôle fiscal et que l’administration a considéré que les manquements étaient suffisamment graves pour être poursuivis pénalement, le dossier est transmis au procureur – après avis conforme de la Commission des infractions fiscales (CIF) – pour qu’il engage les poursuites pénales. Dans cette hypothèse, il n’y a pas de verrou de Bercy puisque l’administration elle-même a choisi de transmettre au procureur.
Un véritable chemin de croix
Il est également possible que les poursuites pénales soient engagées parallèlement en contournant le verrou de Bercy par le biais d’une infraction voisine, celle de blanchiment de fraude fiscale (qui ne nécessite pas la plainte préalable de Bercy).
C’est alors un véritable chemin de croix qui attend les contribuables, qui subiront l’effet de deux procédures distinctes engagées par deux entités de l’Etat (l’administration fiscale et le parquet) qui se coordonnent rarement. La période – extrêmement longue – du recouvrement et des poursuites ne se termine que lorsqu’une décision définitive est rendue par les juridictions.

Durant cette période,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’innovation n’est que la première étape d’une démarche vertueuse où la création massive d’emplois de qualité est forcément corrélée à la démocratisation du service explique, dans sa chronique, l’économiste Nicolas Colin.
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VTC : quand la loi entrave « la création de nombreux emplois »

L’innovation n’est que la première étape d’une démarche vertueuse où la création massive d’emplois de qualité est forcément corrélée à la démocratisation du service explique, dans sa chronique, l’économiste Nicolas Colin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h17
    |

Nicolas Colin (Cotitulaire de la chaire Technology, Governance and Institutional Innovation à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po et associ...







                        



                                


                            

Transformations. La loi Grandguillaume sur le transport public particulier de personnes [entrée en vigueur le 1er janvier 2018] continue de produire ses effets. De multiples obstacles ont été érigés pour empêcher les chauffeurs dits « LOTI » [relevant du statut instauré par la loi d’orientation des transports intérieurs] de continuer à conduire sur le marché des VTC (véhicule de transport avec chauffeur). Nombre d’entre eux sont donc revenus à leur ancien métier : conduire des groupes pour le compte de grands hôtels ou d’organisateurs d’événements. Du coup, côté VTC, les chauffeurs manquent, les prix montent et les passagers se font plus rares.
Certains applaudissent le fait que les VTC redeviennent enfin « aussi chers que les taxis » – donc réservés à une clientèle fortunée, en particulier d’affaires. Peu de gens réalisent que nous passons ainsi à côté d’une mutation majeure de la mobilité urbaine – et de la création de nombreux emplois.
L’économiste James Bessen, auteur de Learning by Doing (Yale University Press, 2015, non traduit), explique mieux que personne la dynamique qu’il faut enclencher pour que le progrès technique tienne ses meilleures promesses. Au départ, l’innovation consiste à opérer des modèles encore mal compris pour régler un problème resté jusqu’ici sans solution. Les innovateurs commencent par tâtonner pour résoudre ce problème à petite échelle. Ils créent donc peu d’emplois. Nous en sommes là dans les VTC.
Engouement du côté de la demande
En revanche, après un laps de temps, l’offre de ces innovateurs suscite un engouement du côté de la demande. Les clients se précipitent, de plus en plus nombreux, pour utiliser ce produit nouveau qui règle enfin leur problème. Pour les VTC, ce problème est connu : c’est l’impossibilité pour la plupart des gens d’être transportés de porte à porte à un prix abordable, en particulier aux heures de pointe.

A son tour, ce surcroît de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La gauche française est aujourd’hui éclatée en un puzzle mortifère, estime dans sa chronique Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« L’élection de Macron a pris l’allure d’un tsunami qui a ramené la gauche à son plus bas étiage »

La gauche française est aujourd’hui éclatée en un puzzle mortifère, estime dans sa chronique Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h39
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Chronique. Il y a plus d’un siècle, cinq familles prétendaient incarner la gauche : les possibilistes, les allemanistes, les socialistes indépendants, les guesdistes et les blanquistes. Il fallut toute l’énergie de Jean Jaurès pour les réunir, en 1905, au sein de la SFIO. En 2018, cinq courants fragmentent la gauche qui prétend gouverner : les mélenchonistes, les socialistes, les hamonistes, les écologistes et les communistes. Mais il n’y a plus de Jaurès pour les réunifier. « Elle est éparpillée façon puzzle », observe Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes de 2019. L’élection d’Emmanuel Macron, en mai 2017, a pris l’allure d’un tsunami qui a ramené la gauche à son plus bas étiage. Le puzzle est mortifère.
Lors du précédent scrutin européen, en 2014, la gauche, hors extrême gauche, avait rassemblé 32,44 % des voix. Selon l’enquête Ipsos publiée dans Le Monde du 10 juillet, elle se situerait en 2019 à 26 %, avec 13 % pour La France insoumise (LFI), en quatrième position, 4 % pour le Parti socialiste (PS), à égalité avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et Génération. s, et seulement 1 % pour le PCF. L’éparpillement et la division sont tels qu’on ne parle même plus d’alliance ou d’union mais de « pacte de non-agression », à l’image de ce que Jean-Luc Mélenchon a proposé à Benoît Hamon. Chaque formation tente de gérer ses contradictions internes ou de sortir de sa crise.
Echecs répétés
En haut du petit podium, LFI s’est subsituée au PS, mais à un modeste niveau, en position hégémonique à gauche. Mais, en jouant au tir aux pigeons sur ses « partenaires », elle peut d’autant moins prétendre les rassembler qu’elle campe sur une radicalité où l’adversaire à abattre est d’abord la social-démocratie. Ou ce qu’il en reste. Face à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon se veut son principal opposant. Il s’est autoproclamé « lider maximo » des luttes sociales, en essayant vainement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Devant le Congrès, lundi à Versailles, le président a justifié sa politique, visant d’abord à « renforcer notre économie », et a voulu amorcer un rééquilibrage social.
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Macron an II : le retour aux sources

Editorial. Devant le Congrès, lundi à Versailles, le président a justifié sa politique, visant d’abord à « renforcer notre économie », et a voulu amorcer un rééquilibrage social.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A première vue, rien ne change. Devant le Parlement réuni en Congrès, lundi 9 juillet, à Versailles, Emmanuel Macron, « humble mais résolu », a justifié sa politique visant d’abord à « renforcer notre économie ». « Il n’y a pas d’un côté une action économique et de l’autre une action sociale, a-t-il affirmé, c’est le même trait, la même finalité : être plus forts pour pouvoir être plus justes ».
« Conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti », le président de la République a aussi assuré n’avoir rien oublié des « peurs » et des « colères » de la société française. Confronté à une chute sensible de sa cote de popularité et à la montée des doutes au sein de sa majorité, il n’est pas resté sourd aux inquiétudes de l’opinion.
M. Macron, qui s’est rangé dans le camp des « progressistes » face aux « nationalistes » en Europe, a voulu amorcer un rééquilibrage social, avec plusieurs inflexions qui n’ont rien d’anecdotique. Il a fait entendre une petite musique dont les premières notes avaient rythmé sa campagne électorale avant de s’effacer dès le début de son quinquennat.
« République contractuelle »
Insistant sur sa volonté de « s’attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres », il a prôné une « politique de l’émancipation », un concept cher à la gauche et aux syndicats. Mais, en même temps, il a vanté des valeurs chères à la droite, en mettant en avant les devoirs et la responsabilité individuelle, « les talents, l’effort, le mérite », à travers le travail.

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Après avoir tenu pour quantité négligeable les acteurs sociaux et les corps intermédiaires, M. Macron leur a ouvert la porte. S’il n’est pas, comme François Hollande, un adepte de la démocratie sociale, il a repris l’idée, évoquée dans sa campagne, d’une « République contractuelle ». Lors de son premier sommet social avec les organisations syndicales et patronales, le 17 juillet, il veut « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre ». Il reprend ainsi une formule chère à Michel Rocard qui avait tenté, lorsqu’il était premier ministre, de « bâtir une société contractuelle », au diapason de la CFDT.

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Un agenda social sera élaboré avec comme premier objectif une révision des règles de l’assurance-chômage afin de lutter contre le développement de « la permittence et la précarité ». Il va aussi recevoir les 100 premières entreprises françaises pour leur demander de prendre des engagements de créations d’emplois et d’embauches d’apprentis.
« Sortir de la pauvreté »
L’autre inflexion, déjà esquissée lors de son discours devant la Mutualité française le 13 juin, est sa volonté de « construire l’Etat-providence du XXIe siècle »,« un Etat-providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c’est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous ».
Les réformes des retraites et de la dépendance devraient être les piliers, en 2019, de cette refondation. Auparavant, la stratégie de lutte contre la pauvreté, qui doit être dévoilée en septembre, sera un premier test. Pour M. Macron, elle ne doit pas permettre « à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté ». Un an II du quinquennat plus social ? Les intentions sont louables, encore faut-il passer aux actes.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour le philosophe des sciences Claude-Olivier Doron, « on revient à la théorie de la dégénérescence ».
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« Il y a un fort retour de la thé­matique de la race du côté de la génomique et de la biomédecine »

Pour le philosophe des sciences Claude-Olivier Doron, « on revient à la théorie de la dégénérescence ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h09
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Claude-Olivier Doron est maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l’université Paris-Diderot. Il s’intéresse à l’histoire et à l’actualité du concept de « race » et du racisme et aux contextes dans lesquels il est mobilisé. Il est notamment l’auteur de L’Homme altéré (Champ Vallon, 2016).
Depuis quand la notion de race est-elle utilisée en biologie ?
Cette notion est ancienne. On la trouve à l’époque moderne dans certaines traductions de la Bible, dans la noblesse, pour distinguer les nobles des roturiers, ou encore dans l’élevage des animaux. Mais c’est au XVIIIe siècle que des na­turalistes comme Georges Louis Buffon (1707-1788), en France, ou Emmanuel Kant (1724-1804), en Allemagne, commencent à l’utiliser pour distinguer différentes variétés héréditaires au sein de l’espèce humaine en repérant des variables, notamment la couleur.

Buffon est le premier à introduire la notion de race en histoire na­turelle, en 1749, dans un article consacré aux variétés de l’espèce humaine. Les races humaines sont, selon lui, des « dégénérations d’un type primitif parfait » dont le modèle est l’Européen, type parfait du « vrai et du beau ».
Comment ce modèle a-t-il ­évolué ?
Le modèle de la dégénération, datant de la fin du XVIIIe siècle, est central pour le naturaliste allemand Johann Friedrich Blumenbach (1752-1840), que l’on peut considérer comme le père de l’anthropologie physique. Selon lui, le modèle primitif parfait vient du Caucase, d’où le terme « caucasien ». Il considère que la forme du crâne et du squelette sont des critères plus fiables que la couleur de la peau et il est le premier à en systématiser l’étude.
La craniologie se développe ensuite, pour devenir une science respectable au XIXe siècle. Il faut aussi mentionner les naturalistes français Georges Cuvier (1769-1832) et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Pour le directeur général de la Fondapol, un think tank de science politique, le chef de l’Etat a rappelé dans son discours devant le Congrès, le 9 juillet, que l’appareil bureaucratique est largement responsable des lenteurs qui immobilisent la France depuis quarante ans.
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Dominique Reynié : « Le discours de Macron exprime une réaction à un système politico-administratif conservateur »

Pour le directeur général de la Fondapol, un think tank de science politique, le chef de l’Etat a rappelé dans son discours devant le Congrès, le 9 juillet, que l’appareil bureaucratique est largement responsable des lenteurs qui immobilisent la France depuis quarante ans.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 12h49
    |

Dominique Reynié (Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique/Fondapol)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le chef de l’Etat, un an après son élection, l’atmosphère n’est plus aussi favorable. Le fait que, pour l’heure, les oppositions n’en tirent aucun bénéfice donne à penser que la désagrégation électorale du monde politique lancée en 2017 n’est pas terminée. Les réactions immédiates à cette deuxième intervention du président Macron devant le Congrès mettent en évidence une opposition encore inerte malgré les révolutions doctrinales que ses échecs lui commandent d’accomplir, comme si elle était habitée par la conviction secrète d’un retour possible au monde familier.
Ainsi, la réunion du Congrès est en elle-même déjà un objet de polémique significatif. Dans la confusion, les oppositions reprochent à Emmanuel Macron de les réunir à Versailles peu de temps après lui avoir reproché d’ignorer les parlementaires. Plus encore, l’opposition de droite semble oublier que le président tire cette possibilité de s’adresser à la représentation nationale d’une réforme qu’elle a voulue elle-même, en 2008.
Par des prises de parole disparates et désarticulées, l’opposition en vient à qualifier de « dérive monarchique » la réunion annuelle de tous les parlementaires. La confusion augmente lorsque les députés de La France insoumise refusent de siéger, mais suivent la retransmission du discours qu’ils commentent en direct sur les réseaux sociaux.

Leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon, contribue lui-même activement à cet effacement de la politique démocratique institutionnalisée au profit d’une scène médiatique tumultueuse, dans laquelle on ne peut voir aucun progrès de la représentation et de la délibération.
Comme s’il n’y était incité que par cette polémique, le président annonce une réforme constitutionnelle de grande importance. Il s’agit de permettre au chef de l’Etat non seulement d’écouter les interventions des représentants de chacun des groupes parlementaires mais aussi d’y répondre. La réforme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la philosophe Sandra Laugier se réjouit d’entendre le président s’intéresser aux plus vulnérables. Mais ce revirement est à ses yeux un peu facile, maintenant que des réformes ont été faites au détriment de la majorité des citoyens.
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Discours de Macron : « Du social certes, mais sans rien de concret », selon Sandra Laugier

Dans une tribune au « Monde », la philosophe Sandra Laugier se réjouit d’entendre le président s’intéresser aux plus vulnérables. Mais ce revirement est à ses yeux un peu facile, maintenant que des réformes ont été faites au détriment de la majorité des citoyens.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h38
    |

Sandra Laugier (Professeure, université Paris-I Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France)







                        



                                


                            
Tribune. Ne boudons pas les petits plaisirs : après la réception de Kiddy Smile [la troupe de danseurs LGBTQ] à l’Elysée, on se réjouit de percevoir de la part d’Emmanuel Macron, lors de son adresse au Congrès, une volonté de s’intéresser aux plus défavorisés, dont on pouvait craindre qu’ils soient définitivement hors de son royal radar. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un intérêt véritable, rien de concret n’étant annoncé pour secourir ces personnes, invitées simplement à se prendre par les chaussettes pour monter l’échelle sociale et s’« upgrader » au mérite.

Bien sûr, aucun regret de la part de Macron concernant les formules méprisantes et familières qu’il semble réserver aux vulnérables (« du » comorien au « pognon de dingue » des aides) – ajustant le niveau de son discours à la considération sociale qu’il a de son objet. Mais tout de même : le fait que le président se sente tenu à un tel discours, si faux sonne-t-il, semble bien un effet de l’action, ou de la réaction, de la société elle-même, comme si elle avait réussi à se faire entendre ; et à lui faire savoir le caractère anxiogène d’une politique impitoyable envers les pauvres et losers, et douce et favorable aux plus riches, comme s’ils étaient, eux, l’espèce à protéger.
« Faire dans le social »
Emmanuel Macron dans son discours a ainsi « fait dans le social » : au sens strict de l’expression, adaptée de façon aussi créative qu’inquiétante par Christophe Castaner à propos des pensions de réversion : « Si vous faites dans la justice, pour certains elle peut baisser, pour d’autres elle peut augmenter. »
Faire dans le social, cela va pour Macron, même si toute la politique de son gouvernement dit le contraire, jusqu’à critiquer le concept réac d’« assistanat » ; terme répété de façon obsessionnelle dans son discours, comme s’il avait du mal à arrêter d’y croire. Il est vrai qu’un an auparavant devant le même Congrès il avait déclaré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Alexandra de Hoop Scheffer et Martin Quencez, directrice à Paris et chercheur pour un think tank transatlantique, estiment que les Etats-Unis tirent de sérieux avantages de l’OTAN.
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« Donald Trump devrait soutenir une Europe de la défense plus forte et prospère »

Dans une tribune au « Monde », Alexandra de Hoop Scheffer et Martin Quencez, directrice à Paris et chercheur pour un think tank transatlantique, estiment que les Etats-Unis tirent de sérieux avantages de l’OTAN.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 09h17
    |

Alexandra de Hoop Scheffer (Directrice à Paris du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States/GMF) et Martin Quencez (Cher...







                        



                                


                            
Tribune. Le président américain, Donald Trump, se rend au sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet à Bruxelles, avec un objectif précis : partager plus équitablement le fardeau de la défense collective et de la sécurité transatlantique entre les Etats-Unis et leurs alliés, en incitant notamment les Européens à respecter leur engagement d’augmenter les budgets de défense d’ici à 2024, voire à l’accélérer. Peu convaincu par leurs efforts, Trump voit en effet dans l’OTAN une manière pour les alliés européens de profiter de la protection américaine, sans en payer le prix.
Donald Trump a raison de rappeler à ses alliés qu’il devient de plus en plus difficile pour les membres du Congrès américain de justifier, auprès de leurs électeurs, l’investissement des Etats-Unis dans l’OTAN et la sécurité de l’Europe. Mais c’est bien là l’échec des administrations américaines successives, qui n’ont pas su expliquer à leurs citoyens les bénéfices stratégiques que représente l’OTAN pour les Etats-Unis. Résultat : le débat autour de l’OTAN s’est très largement « trumpisé », puisqu’il ne porte aujourd’hui plus que sur la question du coût pour les contribuables américains.
Dire que « l’Union européenne a été construite pour profiter des Etats-Unis, et piller notre tirelire » ou que l’OTAN sert « l’Europe d’abord » reflète une incompréhension totale des avantages commerciaux, industriels et stratégiques que les Etats-Unis retirent de l’OTAN : l’accès sécurisé au marché européen, l’utilisation des bases militaires comme plates-formes d’intervention militaire de proximité au Moyen-Orient, en Afrique, et de dissuasion face à la Russie, le partage de renseignement dans la lutte antiterroriste, l’interopérabilité des forces multinationales. Une réduction de l’investissement américain au sein de l’OTAN aurait automatiquement des effets négatifs sur les intérêts économiques américains en Europe.
« Contributions européennes importantes »
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Des lettres de Nelson Mandela pendant sa détention sont publiées dans un livre le 12 juillet. « Le Monde » en publie deux adressées à Winnie et à ses filles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
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Nelson Mandela : « L’honneur appartient à ceux qui ne renoncent jamais à la vérité »

Des lettres de Nelson Mandela pendant sa détention sont publiées dans un livre le 12 juillet. « Le Monde » en publie deux adressées à Winnie et à ses filles.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 09h02
   





                        



                                


                            

Nelson Mandela a été emprisonné en Afrique du Sud du 5 août 1962 au 11 février 1990. Pendant cette période, le militant anti-apartheid a écrit des centaines de lettres à son épouse, Winnie, qu’il appelait « maman », à ses amis, ses enfants, ses camarades de lutte. A l’issue de dix années de recherche, une sélection de 255 lettres est publiée à l’occasion du centenaire de sa naissance, en 1918 (Les Lettres de prison de Nelson Mandela, Robert Laffont, 768 pages, 22 €). Le Monde publie deux lettres écrites le 23 juin 1969 de la prison de Robben Island, où l’ancien président de l’Afrique du Sud (1994-1999) a été détenu près de vingt ans.

A Winnie Mandela, son épouse, le 23 juin 1969
« Ma chérie,  La chose la plus précieuse que je possède ici, c’est la première lettre que tu m’as écrite le 20 décembre 1962, peu après ma première condamnation. Pendant ces derniers six ans et demi, je n’ai cessé de la lire et la relire, et les sentiments qu’elle exprime me sont aussi chers et nouveaux que le jour où je l’ai reçue. Avec les aspirations et les conceptions que tu manifestes et le rôle que tu joues dans la bataille actuelle des idées, j’ai toujours su que tu serais arrêtée tôt ou tard. Mais quand je pense à tout ce que j’ai vécu, j’avais vaguement espéré qu’une telle calamité te serait épargnée et que tu ne connaîtrais pas le malheur et la douleur de la vie en prison. Aussi, quand la nouvelle de ton arrestation m’est parvenue le 17 mai, en pleine préparation de mes examens vingt-cinq jours plus tard, je me suis senti pris au dépourvu, glacé et seul. Que tu sois libre et que tu aies la possibilité de te déplacer dans certaines limites a pour moi beaucoup d’importance. J’attends tes visites avec impatience ainsi que celles des membres de la famille et des amis que tu organisais avec ta compétence et ton enthousiasme habituels, sans compter tes merveilleuses cartes d’anniversaire, de mariage et de Noël que tu ne manquais jamais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que rien ne vient cautionner aujourd’hui l’idée d’une société plus juste ni d’un pays plus écouté.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
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« Macron n’est pas à l’abri d’un coup de grisou électoral résultant d’une grosse colère des classes moyennes »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que rien ne vient cautionner aujourd’hui l’idée d’une société plus juste ni d’un pays plus écouté.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h52
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Sous la bannière du « progressisme », Emmanuel Macron poursuit avec une détermination implacable la déstructuration de la gauche et de la droite républicaine. Lundi, devant le Congrès, le président de la République a cherché à enrôler tous ceux qui seraient opposés aux forces obscures qui agitent l’Europe.
Il a d’abord donné des gages aux libéraux, qui se retrouveront sans peine dans la réaffirmation de sa politique probusiness, sa vision d’une société émancipatrice, son ambition de construire un « nouvel Etat-providence », fondé sur les devoirs et les responsabilités des citoyens.
Cet électorat constitue à l’évidence son cœur de cible, mais comme il reste minoritaire en France, le président de la République a cherché à lui adjoindre d’autres familles politiques : il a voulu séduire les partisans de « l’ordre républicain » qui se recrutent aussi bien à gauche qu’à droite de l’échiquier politique, il a flatté la droite nationaliste qui redoute « l’effacement culturel » du pays, il a tenté de réveiller les nostalgiques du gaullisme en invoquant « la grandeur de la France ».
Un césarisme qui inquiète
Ce faisant, il a voulu prolonger l’effacement du clivage gauche-droite, qui a permis, en 2017, son entrée à l’Elysée, dans le but d’aborder les élections européennes de 2019 en position de force. Dès qu’il le peut, le président enfonce un clou dans le cercueil des socialistes en assurant que sa politique sociale est faite pour « combattre les inégalités de destin » et qu’elle est bien plus audacieuse que celle qu’ils ont menée ces dernières années. Puis, il s’en va déstabiliser Laurent Wauquiez, le patron contesté du parti Les Républicains, en vantant avec des accents que n’aurait pas reniés Nicolas Sarkozy « le talent », « l’effort », « le mérite ».

Le progressisme est une machine à tuer les vieux partis républicains. Emmanuel Macron prétend le faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Professionnels de santé et spécialistes en addictologie s’insurgent dans une tribune au « Monde » de l’offensive des industriels, qui veulent « contribuer » à la santé publique et se substituer aux responsables politiques.
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Prévention  : le « cynisme du lobby des alcooliers »

Professionnels de santé et spécialistes en addictologie s’insurgent dans une tribune au « Monde » de l’offensive des industriels, qui veulent « contribuer » à la santé publique et se substituer aux responsables politiques.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Afin d’étouffer le scandale du conflit d’intérêts d’Audrey ­Bourolleau, la conseillère agriculture de l’Elysée, et ancienne lobbyiste en chef du monde viticole, conflit démontré rigoureusement par Mediapart le 27 juin, le lobby alcoolier prétend participer à la prévention en santé en publiant une « contribution ». Avec pour seul objectif de créer un nuage de fumée, et d’empêcher toute politique de prévention efficace alors que le ­niveau de consommation d’alcool dans notre pays est un des plus élevés au monde avec 11,6 litres d’équivalent ­alcool pur par habitant en 2016 (davantage désormais que la Russie).
Plus qu’une contribution, c’est une ­offensive en règle que le lobby alcoolier a engagée.

Alors que les agences sanitaires (Santé publique France et l’Institut national du cancer) ont publié en mai 2017 leur expertise sur les mesures à prendre pour réduire les dommages liés à la consommation d’alcool, alors que les différents experts ou leaders d’opinion en santé publique et en addictologie ont fait publiquement des ­propositions pour mener enfin une ­politique énergique face à l’hécatombe (135 morts par jour dus à l’alcool), alors que toutes les autorités sanitaires internationales rappellent que l’alcool est, juste après le tabac, la deuxième cause de mortalité évitable, le lobby alcoolier met en scène sa désinvolture dans une « contribution » où il propose essentiellement de se charger de la politique de santé pourvu qu’il n’ait aucune ­contrainte, aucune obligation et aucun objectif de résultat.
Son discours est d’une simplicité angélique : « Laissez-nous faire ! Croyez-nous sur parole ! ­Dormez braves gens ! Faites confiance à notre sens des responsabilités ! »
Le lobby alcoolier passe à une étape et à une vitesse supérieures : démontrer l’inutilité du ministère de la santé en dictant lui-même sa loi
La conception de la responsabilité ­sociale de ce lobby est visible tous les jours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ De l’obligation de l’instruction à 3 ans à la réforme du baccalauréat, en passant par les « ajustements » des programmes scolaires... le ministre de l’éducation publie un livre sur ses engagements après à peine un an d’exercice.
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Dans la tête de Jean-Michel Blanquer, ce méthodique ministre de l’éducation nationale

De l’obligation de l’instruction à 3 ans à la réforme du baccalauréat, en passant par les « ajustements » des programmes scolaires... le ministre de l’éducation publie un livre sur ses engagements après à peine un an d’exercice.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 15h22
    |

            Luc Cédelle et 
                                Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Il ne se passe quasiment pas un jour sans une prise de parole médiatisée de Jean-Michel Blanquer, au point que même les spécialistes ont renoncé à en suivre toutes les occurrences. Alors pourquoi le ministre de l’éducation a-t-il souhaité publier un livre après à peine un an d’exercice ? Voire six mois, si l’on retient le moment où il a informé les membres de son cabinet de ce projet, « entre Noël et le Jour de l’an », selon son entourage. Il s’en explique dès l’introduction : « En écrivant ce nouvel ouvrage [après, chez le même éditeur, L’Ecole de la vie, en 2014, et L’Ecole de demain, en 2016], je souhaite montrer l’ampleur des engagements pris et leur portée concrète. (…) Il me semble utile et sain sur le plan démocratique d’expliciter ce qui se joue depuis un an afin de susciter la plus grande participation et adhésion possible de la société française. »

On peut sans risque en déduire que M. Blanquer est un ministre méthodique qui ne laisse rien au hasard et qui préfère, se sachant à un poste exposé, en faire trop que pas assez.
Au vu du nombre de chantiers ouverts, en offrir une synthèse au lecteur, même à si brève échéance, a du sens : de l’obligation de l’instruction à 3 ans à la réforme du baccalauréat, en passant par les « ajustements » des programmes scolaires, chaque mesure a droit à son chapitre sans que soit toujours distingué – et c’est dommage – ce qui relève du projet (le nouveau lycée) et ce qui existe déjà (les « CP dédoublés »). « Ce n’est pas un bilan, mais le reflet de sa façon de penser, précise-t-on dans son entourage. Blanquer est un homme qui ramène toujours tout au sens des choses. »
Genre ingrat
Un plaidoyer de ministre sur sa propre action est un genre ingrat. Ce livre n’y échappe pas. Mais il offre l’intérêt d’illustrer le double système de pensée – et de communication – qui, depuis la nomination de M. Blanquer Rue de Grenelle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine et metteuse en scène Alexandra Badea, s’interroge sur le rôle du théâtre, qui, selon elle, ne doit pas chercher à choquer le confort bourgeois, mais à donner la parole aux héros du quotidien et aux oubliés de l’Histoire.
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« Le théâtre est un espace de pensée pour donner du sens au chaos du monde »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine et metteuse en scène Alexandra Badea, s’interroge sur le rôle du théâtre, qui, selon elle, ne doit pas chercher à choquer le confort bourgeois, mais à donner la parole aux héros du quotidien et aux oubliés de l’Histoire.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h34
    |

Alexandra Badea (Ecrivaine et metteuse en scène)







                        



                                


                            
Tribune. On nous parle. On nous parle sans cesse. On ne peut plus arrêter le flux de l’information et l’information se dilate à l’infini. On vit dans une spirale de dépêches et d’images qui se déclinent obsessionnellement. On est les êtres les plus informés de l’Histoire et pourtant on ne comprend plus grand-chose de ce qui nous entoure. C’est cette incompréhension qui nous paralyse, qui nous rend tristes, passifs ou agressifs. Quels sont les territoires où on peut encore se poser, prendre le temps, réfléchir ensemble et nommer ce qui nous traverse ? Le théâtre a toujours été un espace de débat et de pensée. Est-il encore investi par ces attributs aujourd’hui ?
Comment garder une distance vis-à-vis de ce système qui a tendance à évaluer la puissance d’un acte artistique par rapport aux recettes engendrées ?
Dans un moment où on essaie de mesurer son « efficacité » par les mêmes paramètres qu’on applique aux multinationales, comment peut-on garder encore la singularité de ce territoire où une autre pensée peut se déployer ?
Qui est le garant du sens d’un acte artistique dans un contexte où on demande au metteur en scène d’assumer aussi la fonction de producteur du spectacle, de directeur d’une compagnie qui est évaluée avec les outils du néolibéralisme ? Ça pourrait être l’auteur-écrivain, mais sa place a été de plus en plus réduite, et avec le temps on l’a transformé en collaborateur secondaire au service du metteur en scène.
Comment garder une distance vis-à-vis de ce système qui a tendance à évaluer la puissance d’un acte artistique par rapport aux recettes engendrées ? Comment échapper à la tentation de créer des spectacles vidés de sens qui séduisent uniquement par leurs formes, car elles correspondent à l’esthétique dominante qui conforte sans rien déranger ?
Ebranler ses propres convictions
La première chose qu’un artiste devrait oublier, c’est le besoin d’être aimé par son public....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Michel Eltchaninoff, cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents, dans une tribune au « Monde », appelle le président Emmanuel Macron à ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg pour la Coupe du monde de football si le cinéaste Oleg Sentsov n’est pas libéré avant.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Michel Eltchaninoff : « Monsieur Macron, conditionnez votre visite en Russie à la libération d’Oleg Sentsov »

Michel Eltchaninoff, cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents, dans une tribune au « Monde », appelle le président Emmanuel Macron à ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg pour la Coupe du monde de football si le cinéaste Oleg Sentsov n’est pas libéré avant.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h04
    |

Michel Eltchaninoff (Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents)







                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, pouvez-vous vraiment vous rendre en Russie ? Vous avez prévu d’assister mardi au match France-Belgique à Saint-Pétersbourg. La Coupe du monde de football est une fête magnifique. Et vouloir soutenir l’équipe de France est parfaitement légitime. Cependant ce séjour sonnerait comme une défaite politique et morale pour notre pays. Mardi 10 juillet, le cinéaste Oleg Sentsov, emprisonné en Sibérie, entamera, s’il est encore en vie, son 58e jour de grève de la faim.
Sa cousine, Natalia Kaplan, lui a rendu visite la semaine dernière. Oleg Sentsov parle encore. Il refuse que l’on s’apitoie sur son sort. Mais il suffit de regarder le visage de Natalia pour comprendre ce qu’elle a compris.
Une rhétorique de la faiblesse européenne
D’ici quelques jours, s’il n’est pas libéré, il connaîtra le sort de Bobby Sands, le nationaliste irlandais mort en 1981 après 66 jours de grève de la faim, et d’Anatoli Martchenko, dissident soviétique qui a succombé à une grève de la faim en 1986. Olef Sentsov est tout près de la mort maintenant.
Vous connaissez l’ampleur de la mobilisation en faveur d’Olef Sentsov, dans le monde, et tout particulièrement en France. Des romanciers, des philosophes, des cinéastes, des artistes, des dizaines de milliers de citoyens se sont engagés. Depuis quelques jours, nos écrivains publient chaque jour des textes pour appeler à sa libération. Vous avez vous-même évoqué son cas lors de votre dernière rencontre avec le président russe, à Saint-Pétersbourg. En vain. Si aucune initiative vigoureuse ne survient, Oleg Sentsov mourra en prison.

Dès votre première rencontre avec Vladimir Poutine, à Versailles, en 2017, vous avez parfaitement compris à qui vous aviez à faire. Il faut dire que l’ingérence du Kremlin dans la campagne électorale française vous avait averti. Depuis des années, le président russe déploie une rhétorique de la faiblesse européenne et démocratique.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La banque d’affaires américaine avait publié ses pronostics sur la Coupe du monde de football. C’est tout faux, constate Eric Albert, correspondant du « Monde » à Londres.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Coupe du monde 2018 : « Goldman Sachs raconte n’importe quoi »

La banque d’affaires américaine avait publié ses pronostics sur la Coupe du monde de football. C’est tout faux, constate Eric Albert, correspondant du « Monde » à Londres.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h42
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Marchés. C’est désormais prouvé : Goldman Sachs dit n’importe quoi. Il reste encore une semaine à cette Coupe du monde de football mais déjà les prédictions de la banque d’investissement sont complètement fausses. Fier de ses algorithmes à « apprentissage automatique », qui ont fait tourner 200 000 modèles et ont simulé un million de possibilités, le géant de Wall Street avait publié le 11 juin un épais document de quarante-cinq pages prévoyant les résultats de la compétition. A l’aube des demi-finales, cela fait presque de la peine à relire.
Selon les éminences grises de la non moins éminente institution, l’Allemagne devait battre l’Angleterre en quarts de finale puis aller jusqu’en finale. Le Portugal devait battre l’Argentine et atteindre les demi-finales. La France devait rencontrer l’Espagne en quarts de finale. La Russie ne devait pas passer les poules. Et le Brésil était le favori pour remporter la Coupe du monde.
Pour les huitièmes de finale, le modèle informatique avait prévu correctement deux des huit rencontres (Brésil – Mexique, Colombie – Angleterre) et la présence de dix équipes sur seize. Pour les quarts, une seule rencontre avait été bien vue (Brésil – Belgique) et la présence de quatre équipes. Pour les demi-finales, aucune rencontre n’a été prévue et une seule équipe – la France – était correctement envisagée. Un tirage au sort, un poisson rouge ou un singe savant auraient-ils fait moins bien ?
UBS… Encore raté !
Certes, les prédictions se voulaient pince-sans-rire, à ne pas prendre trop au sérieux. Reste que la banque a fait les choses bien. Pour ses calculs, elle a pris en compte quatre bases de données : le classement officiel des équipes réalisé par la FIFA, les récents résultats des équipes (les statisticiens ont découvert, qui l’aurait cru, que celles qui ont récemment remporté des matchs ont plus de chances d’en remporter d’autres), les classements des joueurs individuels, et le nombre de buts...




                        

                        

