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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté pour leur sortie de l’Union européenne. Depuis, la première ministre Theresa May tente de mettre en place le Brexit, dans la douleur.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Lors d’un tchat, le correspondant du « Monde » Philippe Bernard a répondu aux questions sur la démission du ministre britannique des affaires étrangères.
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« Boris Johnson n’a pas su montrer le moindre leadership »

Lors d’un tchat, le correspondant du « Monde » Philippe Bernard a répondu aux questions sur la démission du ministre britannique des affaires étrangères.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h12
   





                        



   


Lors d’un tchat, Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres, a répondu aux questions des internautes sur les conséquences de la démission de Boris Johnson du ministère des affaires étrangères.
Un œil : Bonjour. Un abandon du processus du Brexit est-il possible ? Si oui, quelle serait la voie la plus probable : élections législatives, deuxième référendum, « simple » changement de premier ministre ?
Philippe Bernard : Il n’en est nullement question pour le moment, et la crise gouvernementale actuelle n’y change rien. Après deux ans de tergiversations, elle dote enfin le gouvernement britannique d’une vision pour ses futures relations avec l’Union européenne. Les choses peuvent changer dans différents cas de figure : si le Parlement britannique rejetait le futur contrat de divorce ou si les « rebelles » europhobes obtenaient et remportaient un vote de défiance contre Theresa May. Mais son renversement ne provoquerait pas automatiquement de nouvelles élections. Un premier ministre conservateur partisan d’un Brexit dur pourrait lui succéder. Et même si des élections avaient lieu et étaient remportées par le Labour – ce que les sondages n’indiquent pas –, ce dernier a une position sur le Brexit qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Mme May. Le scénario qui répond au plus près à votre question serait un clash dans les négociations avec Bruxelles et une absence d’accord qui précipiterait le Royaume-Uni – et le continent, dans une moindre mesure – dans une grave crise économique. Ça n’est pas totalement exclu, étant donné le retard pris dans les négociations et le fossé qui reste béant entre Londres et les Vingt-Sept.

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Bruno : Que va devenir Johnson ? A-t-il des ambitions ?
Ph. B. : En 2016, il a fait campagne pour le Brexit en pensant perdre. Lorsque la victoire est arrivée, il n’a pas assumé ses responsabilités et a refusé de devenir premier ministre. Aujourd’hui, son heure semble passée, même si ses immenses ambitions restent probablement intactes. Il a été un exécrable ministre des affaires étrangères, absent de la plupart des grands dossiers du monde et abonné aux gaffes. Lui qui prône une « Grande-Bretagne mondiale » après le Brexit n’a pas su montrer le moindre leadership. Aujourd’hui, 48 % des conservateurs eux-mêmes estiment qu’il ferait un « mauvais leader ». Mais il va retourner au Parlement comme simple député et peut prendre la tête d’une fronde anti-May, surtout si les négociations avec Bruxelles échouent.
321 : Quelles ont été les réactions au sein de l’UE ?
Ph. B. : Les Européens sont effarés et las du chaos gouvernemental britannique. Le fait que Theresa May semble être parvenue à un compromis au sein de son propre gouvernement donne enfin une base à peu près claire de négociations. Mais le retard pris inquiète Bruxelles et les milieux d’affaires continentaux. Hier, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a semblé caresser l’idée d’une renonciation de Londres au Brexit : « Je ne peux que regretter que l’idée du Brexit n’ait pas été abandonnée avec Davis et Johnson [les deux ministres pro-Brexit démissionnaires]. Mais… qui sait ? »

Politicians come and go but the problems they have created for people remain. I can only regret that the idea of… https://t.co/FUHWt8rnqJ— eucopresident (@Donald Tusk)


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Séb : Bonjour, est-ce que l’Europe accepterait un Brexit « mou » ? Michel Barnier et les Européens sont plutôt favorables à une rupture plus forte, non ?
Ph. B. : Non, je ne le pense pas. Une rupture forte signifierait la création, aux portes des Vingt-Sept, d’une sorte de Singapour européen, un pays pratiquant le dumping social, fiscal et environnemental, autrement dit un cauchemar pour l’UE. Le maintien de liens forts avec l’UE, et notamment du marché unique avec les Britanniques pour les marchandises, est désormais ce que réclame Mme May. Mais ses propositions, qui reviennent encore à « avoir le beurre et l’argent du beurre », sont loin d’être acceptées à Bruxelles.
Aurélien Lévêque : Vu la difficulté pour réaliser le Brexit, y a-t-il quelqu’un ou une force politique qui milite pour le maintien au sein de l’UE du Royaume Uni ? Ou du moins pour un nouveau référendum ?
Ph. B. : Beaucoup de Britanniques qui ont voté pour rester dans l’UE – ils sont quand même 48 % – se sentent orphelins de ce point de vue-là. Seuls le petit Parti libéral-démocrate et les minuscules Verts militent ouvertement pour un nouveau référendum et pour le maintien dans l’UE. Le Labour, pour ne pas s’aliéner ses électeurs des quartiers populaires qui ont voté pour le Brexit, défend une position très prudente et floue. Les travaillistes ne remettent pas en cause le Brexit mais ils veulent rester dans « une union douanière ». C’est à peu près, désormais, la position de Mme May. 100 000 manifestants proeuropéens ont défilé à Londres pour le deuxième anniversaire du référendum. Beaucoup chantaient : « Où est Jeremy Corbyn ? ». Plutôt que de marcher à leurs côtés, le leader travailliste avait préféré ce jour-là visiter un camp de réfugiés palestiniens en Jordanie.
Mat From London : Pensez-vous que MM. Jonhson et Davis quittent le gouvernement pour refaire le coup de Trafalgar que John Major avait fait à Margaret Thatcher, c’est-à-dire un coup d’Etat interne ?
Ph. B. : Cette intention lui est prêtée. Il peut effectivement attendre que les incompatibilités entre la position de Theresa May et celle de l’UE éclatent et que cela aboutisse à l’impasse et au chaos. Mais son bilan au Foreign Office ne plaide pas en sa faveur, et son étoile pâlit chez les conservateurs eux-mêmes. Nombre d’élus conservateurs considèrent qu’il ridiculise et affaiblit le pays.
Paul B : Quels seraient les inconvénients du « no deal » pour l’UE ?
Ph.B. : Le marché britannique absorbe 17 % des exportations globales des vingt-sept pays de l’UE, mais cette proportion est supérieure dans certains pays comme l’Allemagne et la France. Le choc économique serait brutal. La région des Hauts-de-France est d’ailleurs très inquiète à ce sujet. L’absence d’un accord sur la gestion des frontières, voire le retour des droits de douane, provoquerait d’immenses bouchons de camions à Calais et à Douvres.

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Renaud : La frontière avec l’Irlande du Nord constitue-t-elle un point de blocage impossible à résoudre sans casse ? La solution, quelle qu’elle soit, peut-elle provoquer une résurgence de la guerre civile nord-irlandaise ?
Ph. B. : C’est en effet le point crucial. La nouvelle position de Theresa May, favorable au maintien dans le marché unique pour les marchandises – et non pour les services – répond d’abord à l’exigence d’un non-retour de la frontière entre les deux Irlandes. Les Britanniques ont longtemps négligé cette question, mais la forte solidarité des Vingt-Sept avec Dublin les a conduits à la prendre très au sérieux. La nécessité de ne rien faire qui puisse conduire au retour de la violence – l’implantation de postes frontières par exemple – est unanimement reconnue. Le Brexit a une autre extraordinaire conséquence : il repose la question de la réunification de l’Irlande et en accélère probablement le processus.

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Ben : Comment Michel Barnier, qui n’a cessé de répéter que les quatre libertés de circulation – biens, services, personnes et capitaux – étaient indissociables, pourrait-il accepter la proposition britannique qui consiste à garder la libre circulation des biens en refusant celle des personnes ?
Ph.B. : Ce point du « plan May » contrevient directement au principe de l’unité du marché intérieur européen et il risque de ne « pas passer ». Mais il s’agit d’une négociation, et l’intérêt des Vingt-Sept n’est pas forcément d’aggraver la crise politique britannique et d’abandonner Mme May en rase campagne. Sa proposition se veut habile : les Vingt-Sept ont un large excédent commercial avec le Royaume-Uni en matière de marchandises, en particulier de produits agricoles. En revanche, les Britanniques veulent garder le droit de « diverger » en matière de services (finances, conseil, droits intellectuels, assurance, etc.), où ils bénéficient cette fois d’un excédent commercial. L’une des objections est que la dissociation entre biens et services est de moins en moins opérationnelle. Voir l’exemple des voitures, où la valeur des logiciels embarqués va de plus en plus prendre le pas sur la « carrosserie ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.
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Zone euro : « Il reste encore des tabous à briser »

Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les résultats du sommet de la zone euro du 29 juin ont déçu ceux qui espéraient une mise en œuvre de la déclaration franco-allemande de Meseberg, publiée le 19 juin par Angela Merkel et Emmanuel Macron.
Néanmoins, ce sommet est une étape importante : comme nous l’appelions de nos vœux, il a permis de franchir certaines lignes rouges qui, jusqu’ici, avaient valeur de tabous dans les discours nationaux. La zone euro doit maintenant transformer cet essai, finaliser les réformes promises. Pour cela, il faudra briser d’autres tabous.
Renforcer le système bancaire de la zone euro
Le communiqué du sommet est bref, mais il contient plusieurs éléments positifs. Les dirigeants politiques européens semblent avoir compris que la priorité est de renforcer le système bancaire de la zone euro : la plus grande partie de la déclaration y est consacrée.
L’engagement ferme d’adosser le fonds de résolution des crises bancaires au Mécanisme européen de stabilité (MES) est un élément important pour solidifier le système. La référence explicite à un système européen d’assurance des dépôts après une réduction suffisante des risques, faite pour la première fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, brise un tabou, notamment allemand, et représente un pas important en direction d’une véritable union bancaire.

Nous constatons aussi une volonté encourageante d’améliorer la gestion des crises futures en renforçant le mécanisme de sauvetage que constitue le MES. Faisant référence à une lettre antérieure du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, les dirigeants signalent leur ouverture à des formes plus souples de prêts du MES ainsi qu’à des clauses d’action collective plus efficaces en cas de restructuration de dette publique, facilitant la participation de créanciers privés. De tels mécanismes vont faciliter la gestion des dettes souveraines, sans pour autant en passer par aucun mécanisme de restructuration automatique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le chinois CATL va construire une usine qui fournira en particulier BMW. Les constructeurs allemands n’ont pas voulu investir ce marché.
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édition abonné


L’Allemagne aura bientôt son premier site de batteries électriques

Le chinois CATL va construire une usine qui fournira en particulier BMW. Les constructeurs allemands n’ont pas voulu investir ce marché.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 13h17
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

IG Metall en avait rêvé pour les constructeurs allemands, ce sont finalement les Chinois qui l’ont fait. L’Allemagne aura bientôt sa propre usine de batteries automobiles. Le fabricant CATL (Contemporary Amperex Technology) a annoncé, lundi 9 juillet, son intention de bâtir son premier site de production de cellules de batterie hors Chine, dans le Land de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne. Cet engagement a été annoncé dans le cadre des consultations germano-chinoises, qui se sont tenues lundi et mardi, à Berlin.
Selon les plans dévoilés lundi, CATL devrait investir 240 millions d’euros en Thuringe d’ici à 2022. Le site doit se développer en plusieurs étapes : il sera d’abord un centre de distribution, auquel s’ajoutera un laboratoire de recherche, puis la production sera développée. Six cents à mille emplois directs devraient être créés grâce à cette usine.
Pour son investissement, CATL profite de généreuses subventions locales de la part d’une région fragile économiquement. La région de la Thuringe a accordé au chinois 7,5 millions d’euros de fonds de soutien économique pour le convaincre de s’installer sur son sol. Mais le constructeur BMW a également joué un rôle déterminant : il participe lui-même aux coûts de construction et a assuré à CATL une commande de 4 milliards d’euros dans les prochaines années, dont 1,5 milliard doivent venir de Thuringe.
Déclin du moteur à explosion
IG Metall a salué, lundi, la décision d’investissement de CATL. On reste loin cependant du souhait, exprimé depuis longtemps par le syndicat, de voir constructeurs et sous-traitants s’allier pour maîtriser eux-mêmes la production de cellules, élément de base des batteries des véhicules. « Si nous abandonnons les cellules de batterie parce qu’elles nous sont livrées, tôt ou tard nous disparaîtrons », s’est alarmé, début juillet, Jürgen Wechsler, directeur de la section bavaroise du grand syndicat de l’industrie.

IG Metall redoute la disparition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La réunion « cordiale » entre le nouveau chef du gouvernement espagnol et le président catalan a valu à ce dernier les critiques des indépendantistes les plus radicaux.
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Pedro Sanchez et Quim Torra mettent en scène le dégel lors d’une rencontre à Madrid

La réunion « cordiale » entre le nouveau chef du gouvernement espagnol et le président catalan a valu à ce dernier les critiques des indépendantistes les plus radicaux.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 12h14
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Cela faisait deux ans que le président régional catalan n’avait pas été reçu par le chef du gouvernement espagnol dans sa résidence, le palais de la Moncloa, à Madrid. La dernière rencontre, en avril 2016, entre Carles Puigdemont et Mariano Rajoy, n’avait fait qu’entériner la rupture des relations entre les deux institutions, sur fond de menace de sécession unilatérale de la Catalogne. Lundi 9 juillet, l’indépendantiste Quim Torra et le socialiste Pedro Sanchez ont brisé la glace.
La réunion, convoquée à la demande du nouveau locataire de la Moncloa, a été exceptionnellement longue. Durant près de deux heures et demie, les deux hommes ont exposé chacun ses positions, divergentes, sur le conflit catalan. M. Torra a défendu le droit à l’autodétermination des Catalans. M. Sanchez lui a rappelé que ce droit n’existait pas dans la Constitution espagnole. Mais aucun des deux dirigeants politiques n’a claqué la porte.

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          Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Signe du dégel provoqué par l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez, le 1er juin, ils se sont mis d’accord sur la remise en marche de la commission bilatérale de coordination entre les gouvernements espagnol et catalan, paralysée depuis 2011, et de commissions sectorielles chargées d’aborder le sujet des infrastructures, de la prise en charge des personnes dépendantes ou du financement régional.
M. Sanchez a aussi annoncé le retrait des recours déposés par le précédent gouvernement du Parti populaire (PP) devant le Tribunal constitutionnel contre plusieurs lois sociales catalanes portant sur la difficulté des foyers à payer leurs factures de chauffage, le changement climatique ou l’accès universel à la santé publique. Les deux hommes ont enfin décidé qu’ils se réuniraient à nouveau dans les prochains mois.
Quim Torra ne « renonce à aucune voie pour parvenir à l’indépendance », et « toutes les solutions passent par le droit à l’autodétermination »
La vice-présidente de l’exécutif, Carmen Calvo, qui est venue devant la presse à l’issue de la réunion, a insisté sur la « cordialité » de la rencontre et sur la volonté de M. Sanchez de donner une « réponse politique à une crise politique ». Elle a cependant souligné que, du fait de « l’indépendance du pouvoir judiciaire », il n’y a « pas de marge » de négociation possible sur le sujet de l’autodétermination, « qui n’existe dans aucune démocratie », ou sur le sort des dirigeants indépendantistes actuellement en prison préventive pour « rébellion », les deux principaux sujets abordés par M. Torra.
Lors d’une conférence de presse postérieure au centre Blanquerna, l’antenne du gouvernement catalan à Madrid, Quim Torra a tenté de contenter les deux courants de l’indépendantisme par un discours ambigu. S’adressant aux pragmatiques, qui défendent avant tout un changement de relation avec l’Espagne, il s’est félicité de pouvoir « parler de tout, de manière franche et sincère ». Aux indépendantistes radicaux, il a cependant déclaré qu’il ne « renon[çait] à aucune voie pour parvenir à l’indépendance », et que « toutes les solutions passent par le droit à l’autodétermination ». 

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          Espagne : Quim Torra, séparatiste convaincu, élu président de Catalogne



Néanmoins, sa disposition à négocier avec Madrid d’autres questions que l’indépendance lui a valu des critiques des plus radicaux. Les Comités de défense de la République (CDR), organisations de quartiers qui ont mis sur pied des actions de rue, envisagent de demander sa démission : « Nous ne sommes pas là pour parler de statut d’autonomie. Nous ne sommes pas arrivés jusque-là pour jeter l’éponge », ont-ils publié sur Twitter.
Quant à la formation séparatiste d’extrême gauche CUP, elle a défini la réunion comme « un pacte entre des élites pour que rien ne change » et pour « fermer par le haut ce que les gens ont ouvert par la base le 1er octobre », date du référendum d’indépendance illégal organisé en 2017.
« Un chemin s’est ouvert »
Pedro Sanchez a, pour sa part, essuyé les critiques de la droite espagnole, qui l’accuse de chercher à « contenter les séparatistes » pour « payer l’addition » qu’il leur doit en raison du soutien des indépendantistes catalan à son investiture. Le PP et Ciudadanos lui avaient déjà reproché son premier geste de détente : la décision, le 4 juillet, de transférer les dirigeants indépendantistes jusque-là en prison à Madrid dans des établissements pénitentiaires de Catalogne.
« Avec le changement de gouvernement en Espagne, le secteur dur de l’indépendantisme a perdu des arguments, analyse Oriol Bertomeus, professeur de sciences politiques à l’université autonome de Barcelone. Après avoir demandé au gouvernement espagnol un dialogue, Quim Torra ne pouvait pas le refuser, même s’il garde une munition qui lui permettra de le faire dérailler s’il le souhaite : la demande d’un référendum. Un chemin s’est ouvert. Il peut aboutir, ou pas. » 

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Selon un sondage paru le 8 juillet dans le quotidien catalan El Periodico, seuls 21,5 % des Catalans pensent que la région doit « chercher l’indépendance pour construire la République », alors que 62 % demandent de « négocier une amélioration de l’autonomie ».
« La Gauche républicaine [ERC] et le Parti démocrate de Catalogne [PDeCAT] se montrent de plus en plus autonomes de Carles Puigdemont, qui n’est plus qu’une ombre en Catalogne, explique M. Bertomeus. La réunion s’adressait à ceux qui se trouvent dans le bloc indépendantiste mais désirent obliger le gouvernement espagnol à négocier une nouvelle relation avec la Catalogne. Torra sait que s’il perd ces gens, l’indépendantisme descendra sous la barre des 40 %. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions sur la démission du ministre des affaires étrangères.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ En employant le terme de « déportations  », lundi à Versailles, le chef de l’Etat a fustigé les propositions de l’Autriche.
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Migrants : Macron tance les « solutions de facilité » lors de son discours devant le Congrès

En employant le terme de « déportations  », lundi à Versailles, le chef de l’Etat a fustigé les propositions de l’Autriche.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 14h02
    |

            Sylvia Zappi








                        


Mais qu’a voulu dire Emmanuel Macron en parlant des « déportations » de migrants ? Les déclarations du président de la République, à Versailles, sur ce dossier qui empoisonne les relations diplomatiques européennes, ont interrogé tous les observateurs. En assurant que « jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent, qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l’Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers non admis », le chef de l’Etat visait en réalité les autorités autrichiennes.
L’Autriche, qui a pris la présidence de l’Union européenne le 1er juillet, a affiché son intention de « juguler l’immigration illégale » et d’externaliser totalement le droit d’asile hors des frontières de l’UE. Dans une note confidentielle soumise lors d’une réunion informelle les 2 et 3 juillet et révélée par Le Monde, Vienne affirmait même vouloir créer des « hot spots » (centres de regroupement des migrants) en dehors du territoire européen, notamment en Albanie.
C’est à cette proposition contrevenant à la Convention de Genève et au principe de non-refoulement des migrants, que M. Macron aurait répondu. « Il a rappelé la position de la France qui est : oui aux centres pour migrants mais pas fermés et au sein de l’Europe, pas à l’extérieur », précise-t-on au ministère de l’intérieur.
Apparaître en défenseur du droit d’asile
La France avait déjà tenté de faire entendre sa voix pour atténuer le raidissement des mesures anti-migrants portés par le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), dans l’accord de Bruxelles du 29 juin. M. Macron avait insisté pour que la création des « centres contrôlés » dans l’UE – où sont regroupés les migrants le temps que leur demande d’asile soit examinée – se fasse « sur une base volontaire » et avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale pour les migrants.
Quant aux « plates-formes de débarquement » de migrants hors de l’UE pour dissuader les traversés de la Méditerranée, elles se feront aussi sur une base volontaire. Le chef de l’Etat avait précisé que la France n’ouvrirait pas de tels centres, n’étant pas « un pays de première arrivée ».
M. Macron a tenté ainsi, lundi, d’apparaître en défenseur du droit d’asile après l’émotion soulevée par l’errance de l’Aquarius et le refus d’accueillir les migrants à son bord. Et de faire oublier que la France a changé plusieurs fois de position sur les centres fermés depuis un an.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Malgré les tensions, les alliés devraient entériner des réformes concrètes pour adapter l’organisation aux menaces qu’elle perçoit.
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Etats-majors, mission en Irak : les décisions attendues du sommet de l’OTAN

Malgré les tensions, les alliés devraient entériner des réformes concrètes pour adapter l’organisation aux menaces qu’elle perçoit.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h03
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

A l’abri des turbulences politiques, il y a, à l’OTAN, la stabilité de la superstructure : « Le processus bureaucratique de réforme de l’OTAN se déroule sans accroc », résume une source gouvernementale à Paris, alors que le 26e sommet de l’Alliance atlantique doit avoir lieu à Bruxelles les 11 et 12 juillet.
Les 29 chefs de gouvernement vont, en effet, entériner de nombreuses décisions concrètes pour adapter l’organisation aux menaces qu’elle perçoit. Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, c’est de nouveau à une guerre entre puissances que les alliés veulent se préparer, un retour à la vocation initiale de l’OTAN.
Une nouvelle structure de commandement sera mise en place. L’adaptation est présentée comme la plus importante depuis la fin de la guerre froide. Elle ajoutera 1 200 personnels aux 6 800 qui travaillent dans les états-majors existants. L’état-major maritime de Northwood, au Royaume-Uni, sera réorganisé, pour renforcer les déploiements de l’OTAN dans l’Atlantique Nord. Un noyau implanté à Norfolk, aux Etats-Unis, pourra armer rapidement une force, en cas de besoin. L’idée est d’associer davantage les alliés du sud européen aux déploiements réguliers de l’Alliance.

Les commandements aérien (Ramstein, en Allemagne) et terrestre (Izmir, en Turquie) seront également réformés, pour être réactifs en permanence. Un état-major logistique sera créé à Ulm, en Allemagne. Dans ce domaine, des mesures doivent aussi être prises, en coopération avec l’Union européenne, pour améliorer la mobilité des forces en Europe.
Aujourd’hui, il faut par exemple deux mois pour obtenir les autorisations nécessaires à la circulation de munitions en Allemagne. Outre les questions réglementaires, dans toute l’Europe, les infrastructures, ponts ou voies ferrées ne sont plus adaptées aux matériels lourds. La Commission européenne débloquera 6,5 milliards d’euros pour aménager des infrastructures duales, civiles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Ce « hard brexiter » devra faire le lien entre Theresa May et les europhobes de son parti.
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Au Royaume-Uni, Dominic Raab devient le nouveau ministre du Brexit

Ce « hard brexiter » devra faire le lien entre Theresa May et les europhobes de son parti.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h55
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que Theresa May amorce un net virage vers un Brexit modéré et des liens maintenus avec l’Union européenne (UE), c’est un « hard brexiter » qu’elle vient de nommer pour succéder à David Davis au ministère qu’elle a créé en 2016, précisément pour gérer la sortie de l’UE. Agé de 44 ans, fils d’un réfugié juif tchèque, arrivé au Royaume-Uni avant la seconde guerre mondiale, Dominic Raab ambitionne, dit-on, de diriger le Parti conservateur. Pour l’heure, il aura surtout la tâche de maintenir les europhobes dans le giron de la première ministre. La tâche de négocier avec Bruxelles revenant désormais à Olly Robbins, le conseiller Europe et homme de confiance de Mme May.

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Après une éducation dans une grammar school (école d’élite) dans le Buckinghamshire, puis des études de droit à Oxford et Cambridge, M. Raab, qui est aussi ceinture noire de karaté, a travaillé comme juriste dans le privé, puis au ministère des affaires étrangères où il a été détaché à la Cour pénale internationale de La Haye. En 2006, il est devenu directeur de cabinet de David Davis, alors ministre de l’intérieur du « cabinet fantôme » (opposition d’alors). Puis il a travaillé pour Dominic Grieve, alors ministre de la justice du « cabinet fantôme », un conservateur ardent europhile, figure marquante des anti-Brexit d’aujourd’hui, avec lequel il va probablement avoir maille à partir désormais.
Rayé du gouvernement en 2017
En 2010, au moment du retour de la droite au pouvoir, Dominic Raab est elu député d’Esher et Walton, une circonscription acquise aux conservateurs du sud-ouest de Londres. Il se fait connaître pour son opposition à la libre circulation des ressortissants européens, l’un des vecteurs du vote pro-Brexit de 2016. Il critique également la Cour européenne des droits de l’homme, que les conservateurs voulaient quitter – une promesse abandonnée depuis le référendum. En 2012, il se fait connaître pour avoir écrit que « les Britanniques sont parmi les gens les plus paresseux du monde » dans un manifeste modestement intitulé « Libérer Britannia de ses chaînes ».

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David Cameron le promeut, en 2015, en le nommant secrétaire d’Etat à la justice, signant son entrée au gouvernement. Il retrouvera ce poste, puis celui, politiquement important, de ministre du logement sous Theresa May à partir de 2017. Mais l’actuelle première ministre, lorsqu’elle est arrivée au pouvoir en 2016, avait rayé M. Raab de son gouvernement. On dit qu’elle ne lui pardonnait pas, à l’époque, d’avoir écrit, dans un article publié en ligne, que les féministes étaient des « fanatiques insupportables ».



                            


                        

                        


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Brexit : la crainte d’un « no deal » grandit à Bruxelles

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz évoque la possibilité de prolonger les discussions avec Londres.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h55
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Personne ne regrettera vraiment la démission de l’exubérant et gaffeur Boris Johnson à Bruxelles. Pour autant, c’était l’inquiétude qui dominait côté européen, lundi 9 juillet, juste après l’annonce de la démission du ministre des affaires étrangères britannique, alors que s’approfondissait l’interminable crise politique à Londres. Il reste moins de neuf mois avant l’échéance du Brexit – le 29 mars 2019 –, et à ce stade, un accord entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni paraît toujours aussi nébuleux.
Car si les départs de M. Johnson et, la veille, celui du ministre du Brexit, David Davis, renforcent a priori le camp des partisans d’un Brexit soft, ils affaiblissent encore un peu plus la première ministre, Theresa May, parvenue à grand-peine, vendredi 6 juillet, à imposer à son cabinet une ultime « solution » pour éviter le retour d’une frontière « dure » avec l’Irlande et débloquer les discussions avec Bruxelles. C’est cette « solution » qui a poussé MM. Davis et Johnson à claquer la porte du gouvernement.
A la Commission européenne, l’extrême discrétion est restée de mise ces dernières heures, l’institution, qui pilote les discussions avec Londres pour le compte des Vingt-Sept, craignant d’affaiblir encore plus un gouvernement qui, vaille que vaille, fut son interlocuteur ces deux dernières années.
Pas question, par exemple, de donner trop rapidement son avis sur la proposition de Mme May même si, selon une source européenne proche des discussions, elle a toutes les chances d’être rejetée, car elle réclame un accès privilégié au marché intérieur de l’Union.
Pas question non plus de commenter le chaos politique britannique, au risque de mettre de l’huile sur le feu. « Nous continuerons à négocier de bonne volonté avec la première ministre May et les négociateurs britanniques », a juste précisé Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission.
Implosion attendue
La crise politique britannique n’a pas pris...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le successeur de Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères qui a démissionné lundi, avait fait campagne contre la sortie de l’UE en  2016.
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Royaume-Uni : Jeremy Hunt, nouveau chef du Foreign Office

Le successeur de Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères qui a démissionné lundi, avait fait campagne contre la sortie de l’UE en  2016.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h21
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Après l’esbroufe, marque de fabrique de Boris Johnson, le Foreign Office va être dirigé par un personnage nettement plus classique mais tout aussi ambitieux. Pour les Britanniques, Jeremy Hunt, 51 ans, est « M. NHS », un homme éloquent mais terne qui pendant six années a géré le cahoteux Service national de santé, fierté nationale et sujet quotidien de controverse.
Ce fils d’amiral, éduqué dans une très chic école privée puis à Oxford, a été chef d’entreprise avant de se lancer en politique en se faisant élire en 2005 dans une circonscription du Surrey (ouest de Londres) acquise aux conservateurs.
Proche de l’ancien premier ministre, David Cameron, il a été son ministre de la culture, avant de devenir le ministre de la santé le plus longtemps en poste de l’histoire britannique, affrontant la grève des médecins dont il a alourdi le service, et les critiques pour la stagnation du budget de la santé publique et sa privatisation rampante.

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Il a fondé Hotcourses, une société spécialisée dans les sites Internet universitaires qu’il a revendue l’an dernier, investissant les 16,8 millions du produit de la vente dans des appartements de luxe achetés avec un rabais consenti par un donateur du Parti conservateur.
Volte-face
Son expérience des pays étrangers est limitée mais réelle. Son épouse est chinoise, il a enseigné l’anglais au Japon pendant deux ans et a tenté de vendre de la marmelade dans ce pays. L’une de ses sociétés a fondé au Kenya une association d’entraide pour des enfants orphelins à cause du sida.
Alors que Boris Johnson avait dirigé la campagne pour sortir de l’Union européenne lors du référendum de 2016, Jeremy Hunt a milité dans l’autre camp. En 2016, il défendait encore le maintien du Royaume-Uni dans le marché unique européen sur le modèle norvégien. Mais il a tourné casaque à l’automne dernier, affirmant qu’il voterait pour le Brexit en cas de second référendum en raison de l’« arrogance » de Bruxelles dans les négociations avec Londres.

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En juin, il a estimé « complètement déplacées » les déclarations du patron d’Airbus qui menaçait de délocaliser ses 14 000 emplois britanniques si un accord sur le Brexit n’était pas trouvé. Sa volte-face a été interprétée comme une manifestation de son ambition pour diriger un jour les tories. En attendant, son profil de nouveau converti convient à la première ministre, Theresa May, en cette période où elle recherche si désespérément la synthèse.



                            


                        

                        


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Pour son investiture, Erdogan promet une « nouvelle ère » et enterre la République d’Atatürk

Le président turc a prêté serment, lundi, pour un nouveau mandat de cinq ans aux pouvoirs renforcés.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 07h29
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 09h37
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Convaincu d’ouvrir « une nouvelle ère » dans l’histoire de la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a prêté serment, lundi 9 juillet, devant le Parlement d’Ankara. Aux manettes du pays depuis 2003, d’abord en tant que premier ministre puis comme président, M. Erdogan, 64 ans, a été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans aux pouvoirs renforcés le 24 juin, au terme d’une élection présidentielle remportée dès le premier tour avec 52,5 % des voix.
Accompagné de son épouse, Emine, M. Erdogan a ensuite effectué une visite au mausolée de Mustafa Kemal (dit Atatürk, fondateur de la Turquie moderne et républicaine, 1881-1938), avant de présider une cérémonie digne d’un couronnement en son immense palais de Bestepe, à la périphérie d’Ankara, devant dix mille invités.

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Une vingtaine de dirigeants étrangers étaient présents, parmi lesquels le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le numéro un soudanais, Omar Al-Bachir, les premiers ministres hongrois, Viktor Orban, et russe, Dmitri Medvedev. L’Union européenne était représentée par Dimitris Avramopoulos, commissaire chargé des politiques migratoires. Pour immortaliser l’événement, chaque personne présente à la cérémonie a reçu un exemplaire d’une nouvelle pièce de monnaie à l’effigie du palais, datée du 9 juillet.
Salué par des applaudissements, le couple présidentiel, lui en costume sombre, elle revêtue d’un long caftan noir et banc, a pénétré dans le jardin du palais, sous la vigilance d’une double haie de gardes en costume d’époque, hallebarde en main, comme tout droit sortis de la série télévisée adulée des Turcs, Dirilis Ertugrul, à la gloire de l’Empire ottoman.
Fermer « la parenthèse du kémalisme »
Dans son allocution, M. Erdogan a promis de « donner au pays un nouvel aspect après quatre-vingt-quinze ans d’existence de la République », dessinant une « Turquie forte », vouée à devenir, d’ici à 2023, « l’une des dix premières puissances mondiales », promettant la « démocratie ». La « parenthèse » de la République, créée en 1923 par Atatürk, a été définitivement fermée. « Le système qui a coûté si cher au pays, en raison du chaos politique, social et économique qu’il a suscité par le passé, est désormais derrière nous », s’est félicité l’homme fort d’Ankara.
Fermer « la parenthèse du kémalisme » est le vœu le plus ardent de l’élite islamo-conservatrice au pouvoir depuis 2002. Les tenants de l’islam politique en rêvaient, M. Erdogan l’a fait.
Il le fallait, tant aux yeux des militants du Parti de la justice et du développement (AKP), créé par M. Erdogan et quelques compagnons de route en 2001, le projet modernisateur d’Atatürk, le « père » de la Turquie moderne, est usé. La laïcité, l’arrimage quasi exclusif du pays à l’Occident n’ont plus lieu d’être. A leurs yeux, à force de trop regarder vers l’ouest, les Turcs ont été coupés de leur héritage ottoman et de leurs racines islamiques.
M. Erdogan promet une révolution. Il va façonner une tout autre Turquie, plus conservatrice, plus religieuse, dotée d’ambitions globales, capable de s’ériger en protectrice de l’islam sunnite.

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L’« ère Erdogan » a ses symboles. Le chef de l’Etat a ainsi achevé son discours en faisant de la main le signe de Rabia — pouce replié vers la paume, quatre doigts dressés. Ce geste servit de signe de ralliement à la confrérie des Frères musulmans lors du coup d’Etat de l’armée égyptienne contre le président islamiste Mohamed Morsi, à l’été 2013. Répétée à l’envi lors des discours, érigée en monument à Düzce (Sud), le Rabia représente la transformation identitaire islamo-nationaliste voulue par le « reis » (« chef »).
Son gendre aux finances
Le nouveau gouvernement annoncé en soirée — dix-sept ministres, contre vingt-six précédemment — sera-t-il à la hauteur des ambitions ? Conduit par M. Erdogan, il est placé sous le signe de la continuité, car Mevlüt Çavusoglu (affaires étrangères), Süleyman Soylu (intérieur) et Abdulhamit Gül (justice) ont conservé leurs postes.
La politique étrangère reste sur les mêmes rails. La Turquie demeurera un partenaire difficile pour ses alliés occidentaux tant que le discours revanchiste, conspirationniste et antioccidental restera le cri de ralliement des islamo-conservateurs, habiles à persuader le public que le coup d’Etat manqué attribué au prédicateur musulman Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis depuis 1999, a été fomenté par la CIA avec la bénédiction des Européens.
Les déboires actuels de l’économie (inflation à plus de 15 %, dépréciation de la livre turque — 20 % depuis le début de 2018 —, déficit des comptes courants) sont quant à eux mis au compte du « lobby des taux d’intérêt », qui n’a qu’une idée en tête : mettre la Turquie à genoux. Selon un sondage publié en mai par le centre d’études de l’opinion XSights, un Turc sur cinq estime que cette explication est « plausible ».

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Très attendue par les milieux d’affaires, la nomination du nouveau ministre des finances a malgré tout jeté un froid. Berat Albayrak, 44 ans, le gendre de M. Erdogan, connu pour ses vues économiques peu orthodoxes, a été choisi pour le poste.
Ministre de l’énergie dans le gouvernement sortant, l’époux d’Esra, fille aînée du président, est en pleine ascension. Décrit comme « l’héritier », ce barbu au visage poupin, qui ne quitte pas son beau-père d’une semelle, ne semble guère armé pour sortir le pays de l’ornière économique. Sa nomination a déplu aux investisseurs, comme en témoigne la chute de la livre turque (– 3,5 % par rapport au dollar), survenue juste après l’annonce du nouveau gouvernement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Alexandra de Hoop Scheffer et Martin Quencez, directrice à Paris et chercheur pour un think tank transatlantique, estiment que les Etats-Unis tirent de sérieux avantages de l’OTAN.
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« Donald Trump devrait soutenir une Europe de la défense plus forte et prospère »

Dans une tribune au « Monde », Alexandra de Hoop Scheffer et Martin Quencez, directrice à Paris et chercheur pour un think tank transatlantique, estiment que les Etats-Unis tirent de sérieux avantages de l’OTAN.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 09h17
    |

Alexandra de Hoop Scheffer (Directrice à Paris du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States/GMF) et Martin Quencez (Cher...







                        



                                


                            
Tribune. Le président américain, Donald Trump, se rend au sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet à Bruxelles, avec un objectif précis : partager plus équitablement le fardeau de la défense collective et de la sécurité transatlantique entre les Etats-Unis et leurs alliés, en incitant notamment les Européens à respecter leur engagement d’augmenter les budgets de défense d’ici à 2024, voire à l’accélérer. Peu convaincu par leurs efforts, Trump voit en effet dans l’OTAN une manière pour les alliés européens de profiter de la protection américaine, sans en payer le prix.
Donald Trump a raison de rappeler à ses alliés qu’il devient de plus en plus difficile pour les membres du Congrès américain de justifier, auprès de leurs électeurs, l’investissement des Etats-Unis dans l’OTAN et la sécurité de l’Europe. Mais c’est bien là l’échec des administrations américaines successives, qui n’ont pas su expliquer à leurs citoyens les bénéfices stratégiques que représente l’OTAN pour les Etats-Unis. Résultat : le débat autour de l’OTAN s’est très largement « trumpisé », puisqu’il ne porte aujourd’hui plus que sur la question du coût pour les contribuables américains.
Dire que « l’Union européenne a été construite pour profiter des Etats-Unis, et piller notre tirelire » ou que l’OTAN sert « l’Europe d’abord » reflète une incompréhension totale des avantages commerciaux, industriels et stratégiques que les Etats-Unis retirent de l’OTAN : l’accès sécurisé au marché européen, l’utilisation des bases militaires comme plates-formes d’intervention militaire de proximité au Moyen-Orient, en Afrique, et de dissuasion face à la Russie, le partage de renseignement dans la lutte antiterroriste, l’interopérabilité des forces multinationales. Une réduction de l’investissement américain au sein de l’OTAN aurait automatiquement des effets négatifs sur les intérêts économiques américains en Europe.
« Contributions européennes importantes »
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Un destin italien (2/3). « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du gouvernement transalpin et la façon dont il a transformé son parti, la Ligue.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
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Les trois vies de Matteo Salvini : l’heure du leader

Un destin italien (2/3). « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du gouvernement transalpin et la façon dont il a transformé son parti, la Ligue.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h40
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Ça s’est passé un samedi matin d’hiver, début février. Ce jour-là, aux abords du centre historique de Macerata, petite ville universitaire de la région des Marches, un homme de 28 ans, Luca Traini, ouvre le feu au hasard, depuis sa voiture de sport roulant au ralenti, sur plusieurs groupes de migrants d’origine africaine dont le seul tort est de passer sur son chemin. Une heure et six blessés par balle plus tard, il se rend au pied de l’écrasant monument aux morts de la ville. Drapé dans un drapeau tricolore, il crie « vive l’Italie ! », fait un salut fasciste, puis se laisse emmener par les carabiniers.

Une fois passé le moment de panique, l’affaire apparaît dans toute son horreur. Elle renvoie à la découverte, trois jours plus tôt, du corps d’une jeune fille de 18 ans, Pamela Mastropietro, échappée d’un centre de soins pour adolescents toxicomanes, retrouvé démembré dans deux valises abandonnées. Un migrant d’origine nigériane, plusieurs fois condamné pour trafic de stupéfiants, avait alors été interpellé. Loin d’être le geste fou d’un forcené, la fusillade prend tout son sens : par ce coup d’éclat, Luca a décidé de venger Pamela. A Macerata, cité sans histoire, le traumatisme est énorme.
Thème de l’« invasion » migratoire
Le profil du tireur ajoute une dimension supplémentaire au drame : c’est un militant de la Ligue. Ce parti l’a même présenté, il y a quelques mois, à une élection locale. Or, plutôt que de se mettre sur la défensive en cherchant à prendre ses distances avec lui, le secrétaire national de cette formation politique, Matteo Salvini, se contente de condamner mollement son geste – « qui ouvre le feu est toujours un délinquant » –, avant d’en faire porter la responsabilité au gouvernement de centre gauche au pouvoir : « Il est clair qu’une immigration non contrôlée, une invasion comme celle-ci, voulue, organisée et financée depuis des années, conduit forcément à la colère sociale », accuse-t-il.
Malgré...




                        

                        


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Les activités bien payées des eurodéputés hors de l’hémicycle

Selon une étude de l’ONG Transparency International, 31 % des députés du Parlement européen ont des revenus parallèles à leurs salaires d’élus. Une pratique pouvant « créer des conflits d’intérêts ».



Le Monde
 |    10.07.2018 à 04h00
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 13h44
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le texte risque de sérieusement écorner l’image du Parlement européen. Parue mardi 10 juillet et réalisée par l’association Transparency International Europe, bien connue pour ses actions contre la corruption, une étude très fouillée – l’ONG a passé au crible 2 000 déclarations d’intérêts – pointe un manque flagrant de garde-fous éthiques dans l’hémicycle strasbourgeois.
A l’en croire, 31 % des 751 eurodéputés élus en 2014 ont des activités rémunérées en dehors de leur mandat, alors même que l’institution européenne leur verse 8 484 euros brut par mois. En incluant les multiples indemnités (déplacements, hébergement), « la plupart » des eurodéputés reçoivent du Parlement « entre 10 000 et 12 000 euros net par mois », précise même Daniel Freund, auteur de l’étude.
« Trente-cinq élus ont gagné plus de 100 000 euros en plus de leurs salaires officiels d’élus » et « entre 10 et 31 élus ont gagné plus d’argent de leurs activités hors du Parlement que les compensations qu’ils ont obtenues des contribuables européens », ajoute l’ONG.
La palme de l’eurodéputé gagnant le plus hors de l’hémicycle revient, d’après l’ONG, au social-démocrate italien Renato Soru, qui, entre le début de cette mandature (mi-2014) et le 3 juillet 2018, a reçu entre 1,547 million et 1,565 million d’euros en tant que directeur de Tiscali, un fournisseur d’accès à Internet.
Député, joueur de poker et entrepreneur
Suivent, dans l’ordre décroissant, le conservateur lituanien Antanas Guoga (au minimum 1,35 million d’euros, en tant que joueur de poker et entrepreneur), le très médiatique patron des libéraux au Parlement, le Belge Guy Verhofstadt, avec au minimum 920 614 euros gagnés comme administrateur de la société de gestion belge Sofina.
La Française Rachida Dati (Les Républicains) figure en quatrième position, avec 768 000 euros gagnés en quatre ans comme avocate. Elle est suivie de près...




                        

                        


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De l’ivoire illégal vendu dans toute l’Europe

Des datations commandées par le mouvement citoyen Avaaz révèlent que près de 20 % des objets commercialisés proviennent d’éléphants tués dans les dernières décennies.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 00h15
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Le commerce illicite d’ivoire continue de prospérer en Europe, encourageant le braconnage des éléphants. C’est ce que confirme une enquête du mouvement international citoyen Avaaz, dont les conclusions sont publiées mardi 10 juillet.
Entre octobre et décembre 2017, l’ONG a acheté 109 pièces en ivoire (défenses ouvragées, statuettes, vases, bibelots, coupe-papier, colliers, bracelets…) à des particuliers ou dans des boutiques spécialisées, dans dix pays européens : Allemagne, Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni. Elle les a ensuite fait dater par un laboratoire de l’Université britannique d’Oxford, par la méthode du carbone 14.
Les résultats sont édifiants. Ils montrent que sur l’ensemble de l’échantillon, près des trois quarts (74,3 %) sortent du cadre de la légalité. En effet, depuis 1989, le négoce de l’ivoire a été banni par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Cette interdiction s’applique au sein de l’Union européenne (UE), mais la vente et l’achat y restent autorisés pour les objets façonnés avant 1947, qui sont alors considérés comme des antiquités.

Or les datations révèlent que 25,7 % seulement des pièces examinées sont effectivement antérieures à 1947. Sur le panel étudié, le taux de ventes illicites est même de 100 % en Bulgarie, en Italie et en Espagne, tandis qu’il atteint 85 % en France et 83 % au Portugal.
Ce n’est pas tout. Il apparaît que dans 19,3 % des cas, l’ivoire est postérieur à 1990. Ce qui signifie qu’il provient d’éléphants tués au cours des dernières décennies, après l’interdiction du commerce mondial.

Demande d’interdiction totale du négoce
« Cette étude fournit des preuves concrètes que le marché européen légal de l’ivoire offre une couverture à l’ivoire illégal, contribuant à la crise d’extinction des éléphants », commente Avaaz, dont l’enquête...




                        

                        


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La démission de Boris Johnson, le début de la fin ou la fin des… soucis pour Theresa May

La démission du ministre britannique des affaires étrangères, quelques heures après celle du ministre du Brexit, est à la fois conforme aux personnages, et dans la logique politique



Le Monde
 |    09.07.2018 à 19h58
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

De deux choses l’une : soit la démission de Boris Johnson, annoncée lundi 9 juillet, sonne le début de la fin pour la première ministre Theresa May, soit elle annonce le début de la fin… de ses ennuis. Le flamboyant ministre des affaires étrangères, tout comme le ministre du Brexit, David Davis, qui avait quitté le gouvernement quelques heures auparavant, n’avait cessé de défier Theresa May et de menacer de claquer la porte, sans jamais passer à l’acte jusqu’à présent. Après deux années de vaines escarmouches sur le Brexit, l’abcès est enfin crevé. Le virage en faveur du maintien de liens étroits avec l’UE, provoqué par les cris d’alarme du patronat sur l’emploi et officialisé vendredi 6 juillet par Mme May, a précipité les deux « hard brexiters », partisans d’une rupture en profondeur avec les Vingt-Sept, hors du navire gouvernemental.
Lundi après-midi, dans un climat politique surchauffé, la démission de M. Johnson a relancé les rumeurs d’un possible vote de défiance contre Theresa May et d’une crise politique. Dans la lettre de démission qu’il a publiée en début de soirée, M. Johnson l’accuse de capitulation devant Bruxelles. « C’est comme si nous envoyions à la bataille notre avant-garde agitant des drapeaux blancs, dénonce-t-il. Le rêve du Brexit meurt, étouffé par d’inutiles doutes sur nous-mêmes. La Grande-Bretagne se dirige vraiment vers le statut de colonie [de l’UE]. » Peu conséquent, le chef du Foreign Office avait estimé lors du séminaire gouvernemental de vendredi que défendre le plan de Mme May revenait à « cirer une crotte » (« polish a turd ») pour ensuite l’endosser, avant de rendre son tablier trois jours plus tard.

Sans doute M. Johnson, ancien chef de la campagne pro-Brexit au référendum, ne pouvait-il pas faire moins que David Davis, le ministre du Brexit démissionnaire. Pour remplacer « BoJo » au Foreign Office, Mme May a rapidement...




                        

                        


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Royaume-Uni : pour Johnson, démissionnaire, le rêve du Brexit est « en train de mourir »

Le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, a quitté le gouvernement de Theresa May, lundi, quelques heures après le ministre du Brexit, David Davis.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 22h32
   





                        



   


Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, a démissionné lundi 9 juillet, au lendemain du départ du ministre chargé du Brexit, David Davis, ont annoncé les services de la première ministre, Theresa May.
« Cet après-midi, la première ministre a accepté la démission de Boris Johnson », a écrit Downing Street dans un communiqué. « La première ministre remercie Boris pour son travail », a ajouté Downing Street, précisant que le nom de son remplaçant serait annoncé « bientôt ».
« Nous sommes en désaccord sur la meilleure manière de mettre à exécution notre engagement commun d’honorer le résultat du référendum » de juin 2016, au cours duquel les Britanniques s’étaient prononcés à 52 % en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, a dit Theresa May devant les députés britanniques un peu plus tard.
Boris Johnson a de son côté déclaré que le rêve du Brexit était « en train de mourir ». « Nous nous dirigeons vraiment vers le statut de colonie » de l’UE, a écrit ce partisan d’un Brexit dur dans sa lettre de démission adressée à la première ministre, critiquant son projet de maintenir des relations économiques étroites avec Bruxelles après le Brexit.
Il a été remplacé dans la soirée par Jeremy Hunt, ministre de la santé, qui avait soutenu le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

   


Divisions
Les démissions de ces deux poids lourds du gouvernement, à moins de neuf mois du Brexit, prévu pour la fin de mars 2019, plongent davantage l’exécutif britannique dans la crise, alors qu’il est déjà englué dans les divisions de sa majorité en ce qui concerne l’avenir du Royaume-Uni hors de l’UE.
Vendredi 6 juillet, Theresa May avait annoncé être parvenue à une « position commune » sur le Brexit avec ses ministres. Le texte, issu de douze heures de séminaire avec vingt-neuf ministres, doit être développé dans un « livre blanc de 120 pages » à paraître la semaine prochaine.
Il prévoit de « créer une zone de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’UE avec un ensemble de règles communes pour les biens industriels et les produits agricoles ». En théorie, le Parlement de Westminster pourrait y déroger. Mais l’UE pourrait alors répliquer en bloquant l’accès à son marché intérieur.

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Réactions ironiques
Interrogé en conférence de presse lundi après-midi sur cette démission, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré, sur un ton ironique, que « cela montr [ait] clairement qu’à Chequers [lieu de la réunion, vendredi, du gouvernement britannique], il y avait une grande unité des points de vue au sein du cabinet britannique ».
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a quant à lui fait part de ses « regrets » lundi de ne pas voir l’idée d’un départ du Royaume-Uni de l’UE disparaître avec les démissions successives des ministres britanniques David Davis et Boris Johnson, partisans d’un Brexit « dur ». « Les hommes politiques vont et viennent mais les problèmes qu’ils ont créés pour le peuple restent. Je ne peux que regretter que l’idée du Brexit ne soit pas partie avec Davis et Johnson. Mais… qui sait ? », a écrit Donald Tusk sur Twitter.
Thermomètre de la confiance des marchés en l’économie britannique, la livre sterling a immédiatement décroché après l’annonce de la démission de Boris Johnson.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Dominic Raab était jusqu’ici secrétaire d’Etat chargé du logement après avoir occupé le poste de secrétaire d’Etat à la justice dans le gouvernement de May.
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Un eurosceptique nommé ministre du Brexit après la démission de David Davis

Dominic Raab était jusqu’ici secrétaire d’Etat chargé du logement après avoir occupé le poste de secrétaire d’Etat à la justice dans le gouvernement de May.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 14h01
   





                        



   


L’eurosceptique Dominic Raab a été nommé lundi 9 juillet ministre du Brexit du gouvernement britannique après la démission la veille de David Davis, en désaccord avec les orientations de la première ministre, Theresa May, a annoncé Downing Street. M. Raab, 44 ans, était jusqu’à présent secrétaire d’Etat chargé du logement après avoir occupé le poste de secrétaire d’Etat à la justice dans le gouvernement May.
David Davis, le ministre britannique chargé du Brexit a démissionné dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 juillet, considérant dans sa lettre de départ que la stratégie de Theresa May ne correspond pas à ce pourquoi les Britanniques ont voté, en juillet 2016.
Ce départ intervient deux jours après une réunion de la première ministre avec ses ministres, qui avait abouti à l’annonce d’un accord sur la volonté de maintenir une relation commerciale post-Brexit étroite avec l’Union européenne.
La démission du ministre du Brexit n’est pas un problème pour l’Union européenne, a, pour sa part, affirmé lundi le porte-parole de la Commission européenne. « Nous continuerons à négocier de bonne volonté avec la première ministre May et les négociateurs britanniques », a fait savoir le porte-parole en chef de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, au cours d’un point de presse.
Clivage
A neuf mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, la démission de M. Davis, europhobe convaincu, illustre le clivage grandissant au sein de l’exécutif britannique entre les partisans d’un « soft Brexit » – la ligne défendue par Mme May – et ceux d’un Brexit dur.
De nombreuses personnalités politiques britanniques ont réagi à l’annonce. Pour le leader de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn, elle met clairement en danger les négociations avec Bruxelles sur la sortie de l’Union européenne.
« Le départ de David Davis à un moment aussi crucial montre que Theresa May n’a plus d’autorité et est incapable de mettre en œuvre le Brexit », a-t-il déclaré sur Twitter, décrivant un gouvernement en plein « chaos ».

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Le gouvernement roumain obtient le limogeage de Laura Codruta Kövesi, à la tête du parquet anticorruption

La magistrate était depuis plusieurs mois dans le collimateur du gouvernement social-démocrate, dont elle a critiqué les réformes controversées du système judiciaire.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 11h03
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Le bras de fer entre le président roumain Klaus Iohannis et le gouvernement social-démocrate au sujet de la justice a connu un dénouement favorable à la majorité. Lundi 9 juillet, le chef d’Etat libéral a accepté, contre son avis initial, de limoger la procureure Laura Codruta Kovesi, chef du Parquet national anticorruption (DNA).
Cette destitution fait suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle rendu public le 31 mai, qui avait validé la décision du ministre de la Justice, Tudorel Toader, de destituer Mme Kovesi de la direction du DNA. La procureure avait été accusée d’abus de pouvoir et d’avoir nui à l’image de la Roumanie à l’étranger. Le chef de l’Etat a d’abord tenté de contourner l’arrêt de la Cour constitutionnellemais il a été menacé, lui aussi, d’être destitué de son poste par la majorité parlementaire de gauche.
Agée de 45 ans, Laura Codruta Kovesi est devenue, pour les Roumains, le symbole de la lutte anticorruption. A la tête du DNA depuis 2013, cette ancienne joueuse de basket-ball a semé la panique parmi les responsables politiques du pays. « Le fait que des ministres et autres fonctionnaires publics ont fait l’objet de nos enquêtes et qu’ils ont été condamnés montre bien qu’en Roumanie nous sommes tous égaux devant la loi, peu importe la position sociale ou la richesse qu’on a accumulée », affirmait-elle.
Le bilan de son action est impressionnant. Des milliers d’hommes politiques et hauts fonctionnaires – ministres, députés, sénateurs, maires, secrétaires d’Etat – se retrouvent désormais derrière les barreaux. Rien qu’en 2017, les procureurs anticorruption ont renvoyé devant les tribunaux un millier de personnes dont trois ministres, cinq députés et un sénateur.
« Condamnations politiques »
La tension entre les procureurs anticorruption et une partie des responsables politiques est montée d’un cran en 2016, après la victoire aux élections législatives du Parti social-démocrate (PSD). Le 20 juin, le chef de file de la gauche et président de la Chambre des députés, Liviu Dragnea, a été condamné à trois ans et demi de prison ferme pour abus de pouvoir. Il avait déjà été condamné en avril 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. « Ce sont des condamnations politiques », déclare-t-il chaque fois qu’on lui rappelle les faits. Depuis 2017, le PSD dirigé par Liviu Dragnea a essayé à plusieurs reprises de modifier les lois concernant la justice afin de blanchir son casier judiciaire, mais il s’est heurté à une vague de manifestations.

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Lundi 18 juin, les sociaux-démocrates ont modifié le code pénal afin de tenter une nouvelle fois de sauver leur chef. « Des hommes politiques sont en train de changer brutalement la loi pénale », a déclaré Mme Kovesi dans un ultime et virulent discours, aussitôt après avoir été limogée par le président : « Ils veulent protéger leur passé, leur présent et leur avenir. Nous défendons la société de dangereuses infractions. La volonté politique actuelle ne défend pas une justice indépendante, mais essaie de bloquer les enquêtes des procureurs. »

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La Commission européenne et l’ambassade des Etats-Unis à Bucarest se sont solidarisées avec les procureurs et ont appelé les autorités roumaines à respecter l’indépendance de la justice. Pour l’instant, c’est la conseillère de Mme Kovesi, Anca Jurma, une procureure âgée de 52 ans et réputée pour son intégrité, qui assure ses fonctions. Laura Codruta Kovesi n’a pas dit, elle non plus, son dernier mot. « J’ai un message pour mes concitoyens roumains, a-t-elle lancé dans son dernier discours. Nous pouvons éradiquer la corruption, n’abandonnez pas. »
Le ministre de la justice, Tudorel Toader, a annoncé qu’il avait déjà entamé les procédures pour proposer un nouveau chef du DNA. Mais, selon la loi, le président Klaus Iohannis a le pouvoir de valider ou pas le postulant. La bataille entre le chef de l’Etat de droite et le gouvernement de gauche est donc loin d’être finie.



                            


                        

                        

