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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté pour leur sortie de l’Union européenne. Depuis, la première ministre Theresa May tente de mettre en place le Brexit, dans la douleur.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Une équipe de recherche de l’université de New York vient de publier les images en time-lapse d’un iceberg qui s’est détaché du glacier d’Helheim, au Groenland. Un phénomène dont ils essaient de comprendre les conséquences à long terme.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Une vidéo virale laisse à penser que des chats auraient pressenti le séisme d’Osaka. Il n’en est rien.
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Non, les chats ne pressentent pas les séismes

Une vidéo virale laisse à penser que des chats auraient pressenti le séisme d’Osaka. Il n’en est rien.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h49
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Une croyance populaire ancienne voudrait que les animaux soient dotés d’un sixième sens, qui les avertirait d’une catastrophe naturelle. Ils seraient ainsi alertés bien avant les humains. Un internaute nous a signalé, sur les réseaux sociaux, une vidéo semblant donner crédit cette théorie – à tort.

La vidéo, partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux, a été prise le 18 juin 2018 à Osaka, au Japon. Des images de vidéosurveillance, provenant d’une pièce abritant une dizaine de chats, montrent que ces derniers présentent une vive agitation une dizaine de secondes avant que la pièce se mette à trembler pendant le séisme de magnitude 6,1 ayant secoué Osaka ce jour. Sur les réseaux sociaux, la vidéo est devenue virale : de nombreux internautes affirment alors que les félins « sentent » le séisme avant son arrivée.
Pourquoi c’est faux
La réaction des chats ne s’explique pas par un quelconque « sixième sens », mais par les ondes P, mouvements de petite amplitude émis au début du séisme. « Pendant le séisme, des ondes sismiques sont générées à différentes vitesses et amplitudes. Les premières à arriver sont les ondes P, de petite amplitude. Ces dernières ne sont pas assez fortes pour faire bouger les meubles, mais génèrent un bruit perceptible par les chats – ce qui explique leur réaction », explique Baptiste Gombert, post-doctorant en sismologie à l’université d’Oxford et auteur d’une thèse sur les glissements co-sismiques.
Les ondes P sont suivies d’ondes de surface, beaucoup plus lentes : ce sont elles qui font se mouvoir les meubles dans la vidéo. « En aucun cas, les chats n’ont pressenti le séisme, car il avait déjà lieu dans les premières secondes de la vidéo », confirme Baptiste Gombert.
Dans un article paru en avril 2018, la société américaine de sismologie s’est penchée sur l’idée reçue selon laquelle les animaux sont à même de prédire les tremblements de terre. Après avoir analysé 180 études sur le sujet, la société américaine de sismologie a conclu que ces dernières présentaient de grandes faiblesses méthodologiques et qu’il n’existait aucune preuve permettant d’affirmer que les animaux étaient à même de prédire des tremblements de terre.

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<article-nb="2018/07/10/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Une demande de destitution a été déposée contre l’édile, accusé d’avoir cherché à favoriser les fidèles de pasteurs évangéliques pour des opérations dans les hôpitaux publics et des travaux de rénovation dans leurs églises.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Marcelo Crivella, le maire un peu trop évangélique de Rio de Janeiro

Une demande de destitution a été déposée contre l’édile, accusé d’avoir cherché à favoriser les fidèles de pasteurs évangéliques pour des opérations dans les hôpitaux publics et des travaux de rénovation dans leurs églises.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h27
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Péché véniel ou crime d’improbité ? La justice brésilienne enquête. Lundi 9 juillet, des membres du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche) de Rio de Janeiro ont déposé auprès du ministère public une plainte contre le maire évangélique de la ville, Marcelo Crivella, assortie d’une demande d’« impeachment » (destitution).
L’austère édile, qui a pris congé de ses fonctions d’évêque de la puissante et controversée Eglise universelle du Royaume de Dieu depuis son entrée en fonction en janvier 2017, est accusé d’avoir pris sa mairie pour un temple. « Les faits sont graves. Le maire n’a pas respecté notre principe de laïcité », explique Tarcisio Motta, conseiller municipal de Rio.
A l’origine de la bronca, une réunion secrète aux allures de messe basse, baptisée « café de la communion », organisée mercredi 4 juillet. Selon les indiscrétions du quotidien O Globo, Marcelo Crivella aurait alors promis à 250 pasteurs évangéliques de faciliter à leurs fidèles des opérations de la cataracte, des soins contre les varices et des vasectomies pour éviter les mois d’attente des hôpitaux de Rio. « Si un de nos frères connaît quelqu’un à l’Eglise qui ait des problèmes de cataracte, s’il vous plaît, parlez à Marcia (….) et d’ici une semaine ou deux, ils seront opérés », affirme le maire, piégé par une écoute.
« Narcissisme moral »
L’édile poursuit en assurant les leaders évangéliques qu’il les aidera à obtenir l’exemption de la taxe foncière et promet de profiter de son poste à Rio pour rénover et aménager les églises. « Parfois, le pasteur est à la porte de son église et dit : “Quand les gens traversent, ils peuvent se faire renverser”. Nous allons mettre un feu rouge, un dos d’âne », détaille M. Crivella.
Pour les élections d’octobre, les ouailles sont aussi encouragées à faire la promotion du pasteur Rubens Teixeira, candidat au poste de député pour le Parti républicain brésilien (PRB), bras politique de l’Eglise universelle du Royaume de Dieu. Le vote évangélique peut « faire faire quelque chose pour la patrie », souligne le maire.
Attaqué, l’édile crie à la persécution religieuse. Mais à en croire le théologien Alexandre Marques Cabral, la réunion trahit sans ambiguïté le « narcissisme moral » de l’Eglise évangélique et sa soif de pouvoir. Peu populaire, le maire avait déjà suscité la polémique en réduisant les budgets de la gay-pride, du carnaval et d’autres fêtes « sataniques ». Il est désormais fustigé sur les réseaux sociaux pour gaspillage d’argent public, les Cariocas rappelant que les pasteurs « qui savent faire marcher les paralytiques, redonner la vue aux aveugles et même “soigner les gays” » ne devraient pas avoir besoin de la chirurgie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Lors d’un tchat, le correspondant du « Monde » Philippe Bernard a répondu aux questions sur la démission du ministre britannique des affaires étrangères.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« Boris Johnson n’a pas su montrer le moindre leadership »

Lors d’un tchat, le correspondant du « Monde » Philippe Bernard a répondu aux questions sur la démission du ministre britannique des affaires étrangères.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h12
   





                        



   


Lors d’un tchat, Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres, a répondu aux questions des internautes sur les conséquences de la démission de Boris Johnson du ministère des affaires étrangères.
Un œil : Bonjour. Un abandon du processus du Brexit est-il possible ? Si oui, quelle serait la voie la plus probable : élections législatives, deuxième référendum, « simple » changement de premier ministre ?
Philippe Bernard : Il n’en est nullement question pour le moment, et la crise gouvernementale actuelle n’y change rien. Après deux ans de tergiversations, elle dote enfin le gouvernement britannique d’une vision pour ses futures relations avec l’Union européenne. Les choses peuvent changer dans différents cas de figure : si le Parlement britannique rejetait le futur contrat de divorce ou si les « rebelles » europhobes obtenaient et remportaient un vote de défiance contre Theresa May. Mais son renversement ne provoquerait pas automatiquement de nouvelles élections. Un premier ministre conservateur partisan d’un Brexit dur pourrait lui succéder. Et même si des élections avaient lieu et étaient remportées par le Labour – ce que les sondages n’indiquent pas –, ce dernier a une position sur le Brexit qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Mme May. Le scénario qui répond au plus près à votre question serait un clash dans les négociations avec Bruxelles et une absence d’accord qui précipiterait le Royaume-Uni – et le continent, dans une moindre mesure – dans une grave crise économique. Ça n’est pas totalement exclu, étant donné le retard pris dans les négociations et le fossé qui reste béant entre Londres et les Vingt-Sept.

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Bruno : Que va devenir Johnson ? A-t-il des ambitions ?
Ph. B. : En 2016, il a fait campagne pour le Brexit en pensant perdre. Lorsque la victoire est arrivée, il n’a pas assumé ses responsabilités et a refusé de devenir premier ministre. Aujourd’hui, son heure semble passée, même si ses immenses ambitions restent probablement intactes. Il a été un exécrable ministre des affaires étrangères, absent de la plupart des grands dossiers du monde et abonné aux gaffes. Lui qui prône une « Grande-Bretagne mondiale » après le Brexit n’a pas su montrer le moindre leadership. Aujourd’hui, 48 % des conservateurs eux-mêmes estiment qu’il ferait un « mauvais leader ». Mais il va retourner au Parlement comme simple député et peut prendre la tête d’une fronde anti-May, surtout si les négociations avec Bruxelles échouent.
321 : Quelles ont été les réactions au sein de l’UE ?
Ph. B. : Les Européens sont effarés et las du chaos gouvernemental britannique. Le fait que Theresa May semble être parvenue à un compromis au sein de son propre gouvernement donne enfin une base à peu près claire de négociations. Mais le retard pris inquiète Bruxelles et les milieux d’affaires continentaux. Hier, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a semblé caresser l’idée d’une renonciation de Londres au Brexit : « Je ne peux que regretter que l’idée du Brexit n’ait pas été abandonnée avec Davis et Johnson [les deux ministres pro-Brexit démissionnaires]. Mais… qui sait ? »

Politicians come and go but the problems they have created for people remain. I can only regret that the idea of… https://t.co/FUHWt8rnqJ— eucopresident (@Donald Tusk)


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Séb : Bonjour, est-ce que l’Europe accepterait un Brexit « mou » ? Michel Barnier et les Européens sont plutôt favorables à une rupture plus forte, non ?
Ph. B. : Non, je ne le pense pas. Une rupture forte signifierait la création, aux portes des Vingt-Sept, d’une sorte de Singapour européen, un pays pratiquant le dumping social, fiscal et environnemental, autrement dit un cauchemar pour l’UE. Le maintien de liens forts avec l’UE, et notamment du marché unique avec les Britanniques pour les marchandises, est désormais ce que réclame Mme May. Mais ses propositions, qui reviennent encore à « avoir le beurre et l’argent du beurre », sont loin d’être acceptées à Bruxelles.
Aurélien Lévêque : Vu la difficulté pour réaliser le Brexit, y a-t-il quelqu’un ou une force politique qui milite pour le maintien au sein de l’UE du Royaume Uni ? Ou du moins pour un nouveau référendum ?
Ph. B. : Beaucoup de Britanniques qui ont voté pour rester dans l’UE – ils sont quand même 48 % – se sentent orphelins de ce point de vue-là. Seuls le petit Parti libéral-démocrate et les minuscules Verts militent ouvertement pour un nouveau référendum et pour le maintien dans l’UE. Le Labour, pour ne pas s’aliéner ses électeurs des quartiers populaires qui ont voté pour le Brexit, défend une position très prudente et floue. Les travaillistes ne remettent pas en cause le Brexit mais ils veulent rester dans « une union douanière ». C’est à peu près, désormais, la position de Mme May. 100 000 manifestants proeuropéens ont défilé à Londres pour le deuxième anniversaire du référendum. Beaucoup chantaient : « Où est Jeremy Corbyn ? ». Plutôt que de marcher à leurs côtés, le leader travailliste avait préféré ce jour-là visiter un camp de réfugiés palestiniens en Jordanie.
Mat From London : Pensez-vous que MM. Jonhson et Davis quittent le gouvernement pour refaire le coup de Trafalgar que John Major avait fait à Margaret Thatcher, c’est-à-dire un coup d’Etat interne ?
Ph. B. : Cette intention lui est prêtée. Il peut effectivement attendre que les incompatibilités entre la position de Theresa May et celle de l’UE éclatent et que cela aboutisse à l’impasse et au chaos. Mais son bilan au Foreign Office ne plaide pas en sa faveur, et son étoile pâlit chez les conservateurs eux-mêmes. Nombre d’élus conservateurs considèrent qu’il ridiculise et affaiblit le pays.
Paul B : Quels seraient les inconvénients du « no deal » pour l’UE ?
Ph.B. : Le marché britannique absorbe 17 % des exportations globales des vingt-sept pays de l’UE, mais cette proportion est supérieure dans certains pays comme l’Allemagne et la France. Le choc économique serait brutal. La région des Hauts-de-France est d’ailleurs très inquiète à ce sujet. L’absence d’un accord sur la gestion des frontières, voire le retour des droits de douane, provoquerait d’immenses bouchons de camions à Calais et à Douvres.

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Renaud : La frontière avec l’Irlande du Nord constitue-t-elle un point de blocage impossible à résoudre sans casse ? La solution, quelle qu’elle soit, peut-elle provoquer une résurgence de la guerre civile nord-irlandaise ?
Ph. B. : C’est en effet le point crucial. La nouvelle position de Theresa May, favorable au maintien dans le marché unique pour les marchandises – et non pour les services – répond d’abord à l’exigence d’un non-retour de la frontière entre les deux Irlandes. Les Britanniques ont longtemps négligé cette question, mais la forte solidarité des Vingt-Sept avec Dublin les a conduits à la prendre très au sérieux. La nécessité de ne rien faire qui puisse conduire au retour de la violence – l’implantation de postes frontières par exemple – est unanimement reconnue. Le Brexit a une autre extraordinaire conséquence : il repose la question de la réunification de l’Irlande et en accélère probablement le processus.

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Ben : Comment Michel Barnier, qui n’a cessé de répéter que les quatre libertés de circulation – biens, services, personnes et capitaux – étaient indissociables, pourrait-il accepter la proposition britannique qui consiste à garder la libre circulation des biens en refusant celle des personnes ?
Ph.B. : Ce point du « plan May » contrevient directement au principe de l’unité du marché intérieur européen et il risque de ne « pas passer ». Mais il s’agit d’une négociation, et l’intérêt des Vingt-Sept n’est pas forcément d’aggraver la crise politique britannique et d’abandonner Mme May en rase campagne. Sa proposition se veut habile : les Vingt-Sept ont un large excédent commercial avec le Royaume-Uni en matière de marchandises, en particulier de produits agricoles. En revanche, les Britanniques veulent garder le droit de « diverger » en matière de services (finances, conseil, droits intellectuels, assurance, etc.), où ils bénéficient cette fois d’un excédent commercial. L’une des objections est que la dissociation entre biens et services est de moins en moins opérationnelle. Voir l’exemple des voitures, où la valeur des logiciels embarqués va de plus en plus prendre le pas sur la « carrosserie ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le chercheur Matt Herbert analyse le pouvoir de nuisance des islamistes armés tunisiens après l’attaque meurtrière qui a fait six morts parmi les forces de sécurité.
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Entretien

« La plus grande menace des djihadistes de l’Ouest tunisien est leur capacité de résilience »

Le chercheur Matt Herbert analyse le pouvoir de nuisance des islamistes armés tunisiens après l’attaque meurtrière qui a fait six morts parmi les forces de sécurité.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-10T15:43:27+02:00"

        Le 10.07.2018 à 15h43






    
Patrouille de l’armée tunisienne près de la frontière avec l’Algérie, dans la zone du djebel Chaambi, le 11 juin 2013.
Crédits : Reuters


Après l’attaque qui a fait six morts dans le nord-ouest de la Tunisie, dimanche 8 juillet, Matt Herbert, auteur du rapport « L’Insurrection dans les régions frontalières de l’ouest de la Tunisie » (28 juin 2018) publié par le groupe de réflexion Carnegie, rappelle la capacité de résilience des groupes djihadistes basés à la frontière entre la Tunisie et l’Algérie.
Six membres des forces de l’ordre tunisiennes ont été tués dans le nord-ouest de la Tunisie. Il n’y avait pourtant pas eu d’attaques terroristes d’ampleur depuis deux ans.
Matt Herbert Il n’y a pas eu d’attaques spectaculaires dans les grandes villes depuis mars 2016, c’est vrai, mais il y a toujours des violences ponctuelles dans les régions de l’ouest du pays : à Jendouba, Kasserine, au Kef. Des morts parmi les groupes armés, parmi les forces de l’ordre mais aussi parmi les civils : en juin, un berger est mort après avoir été kidnappé et torturé par un groupe djihadiste. On connaît moins cette violence de basse intensité parce que ces incidents sont bien souvent répertoriés uniquement dans la presse locale. Ce qui est vrai, c’est qu’un bilan aussi meurtrier parmi les forces de l’ordre n’avait pas été enregistré depuis quatre ans dans cette zone.

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                Des membres de la garde nationale tunisienne tués dans une explosion à la frontière algérienne



Qui sont ces groupes qui agissent à la frontière entre la Tunisie et l’Algérie ?
Il y en a deux. Le premier est la katiba [unité combattante] Okba Ibn Nafaa, la branche tunisienne d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), active depuis 2012. Sa présence a commencé avec l’envoi par AQMI depuis l’Algérie de combattants en Tunisie dans la région du mont Chaambi. Le deuxième groupe est Jund Al-Khilafa, né d’une scission au sein de la katiba qui a déclaré son allégeance à l’Etat islamique en 2014.
La spécificité de ces deux groupes, c’est qu’ils sont principalement constitués de Tunisiens. C’est pourquoi je parle du conflit dans le nord-ouest de la Tunisie comme d’une « insurrection ». Les djihadistes visent en priorité les forces de sécurité et de défense, ont une présence territoriale permanente et ont fait en sorte de trouver des soutiens parmi la population locale. Okba Ibn Nafaa, qui a revendiqué l’attaque de dimanche, est notamment présente dans la région de Jendouba. Jund Al-Khilafa est actif à Kasserine et Sidi Bouzid.

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Autre différence : Okba Ibn Nafaa évite les attaques contre les civils afin de ne pas se mettre la population à dos, tandis que Jund Al-Khilafa en a fait une cible pour l’intimider et l’empêcher de coopérer avec les forces de sécurité. En 2015, un jeune berger, accusé d’espionnage, avait été décapité. Son frère aîné avait connu le même sort en 2017.
Pourquoi ont-ils choisi cette région ?
Cette zone frontalière, comme le reste du pays, a vu le système sécuritaire être profondément bouleversé par la révolution de 2011. Avec la chute de l’ancien régime, les forces de sécurité ont temporairement perdu leur capacité de surveillance et de contrôle de ce qui se passait dans cette zone sensible du nord-ouest. Elles l’ont aujourd’hui en grande partie retrouvée. AQMI a profité de ce moment de flottement. Par ailleurs, c’est un territoire montagneux, très difficile à contrôler pour le gouvernement, et qui offre à l’inverse à des groupes armés d’importantes possibilités pour se cacher.
Le fait qu’il s’agisse d’une frontière est également un aspect très important. Les djihadistes s’en servent pour échapper aux patrouilles et recevoir un soutien logistique, notamment en armes. Selon un rapport d’International Crisis Group, les taxes sur les trafiquants locaux sont pour eux une source de financement. Enfin, la zone connaît, comme toutes celles de l’intérieur de la Tunisie, de grandes difficultés économiques. AQMI a gagné une partie de ses soutiens grâce à l’argent. Dans une région où le chômage est massif, certains ont pu prendre le risque de vendre des biens et des services à ces groupes.

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                Un chef djihadiste abattu par la gendarmerie tunisienne



L’attaque de dimanche signifie-t-elle que la réponse des autorités tunisiennes à ces menaces est un échec ?
Non. Le gouvernement a fait d’importants progrès dans sa lutte contre le terrorisme. Les forces de l’ordre bénéficient de meilleurs équipements, formations et soutiens. La stratégie globale bénéficie surtout d’une plus grande coordination entre l’armée, la garde nationale et la police. Sous Ben Ali, ces liens avaient été volontairement affaiblis pour éviter tout risque de coup d’Etat, de rébellion interne. Les résultats sont là : à partir de 2015, les chiffres montrent une baisse très importante du nombre de tués parmi les forces de l’ordre [passant en un an de 40 à 22, puis cinq en 2016 et un en 2017] et à l’inverse une hausse des pertes parmi les djihadistes [près de 60 tués en 2015].
Mais il est important que le gouvernement regarde la région dans sa globalité : pas seulement en termes de contre-terrorisme, mais qu’il prenne aussi en compte les questions de développement. La plus grande menace avec ces groupes, c’est leur capacité de résilience. Aujourd’hui, ce sont de petits groupes. Ils ne gagnent pas, mais ils ne perdent pas totalement non plus. Ils sont là, positionnés pour exploiter à leur avantage tout changement dans la région. Une dégradation de la situation économique, une crise politique majeure en Tunisie ou en Algérie serait pour eux une opportunité de se renforcer.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.
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Zone euro : « Il reste encore des tabous à briser »

Quatorze économistes allemands et français, parmi lesquels Jean Pisani-Ferry, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Martin et Isabel Schnabel, dans une tribune au « Monde », font un bilan nuancé des avancées de la réforme de l’Union monétaire après le sommet de la zone euro du 29 juin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les résultats du sommet de la zone euro du 29 juin ont déçu ceux qui espéraient une mise en œuvre de la déclaration franco-allemande de Meseberg, publiée le 19 juin par Angela Merkel et Emmanuel Macron.
Néanmoins, ce sommet est une étape importante : comme nous l’appelions de nos vœux, il a permis de franchir certaines lignes rouges qui, jusqu’ici, avaient valeur de tabous dans les discours nationaux. La zone euro doit maintenant transformer cet essai, finaliser les réformes promises. Pour cela, il faudra briser d’autres tabous.
Renforcer le système bancaire de la zone euro
Le communiqué du sommet est bref, mais il contient plusieurs éléments positifs. Les dirigeants politiques européens semblent avoir compris que la priorité est de renforcer le système bancaire de la zone euro : la plus grande partie de la déclaration y est consacrée.
L’engagement ferme d’adosser le fonds de résolution des crises bancaires au Mécanisme européen de stabilité (MES) est un élément important pour solidifier le système. La référence explicite à un système européen d’assurance des dépôts après une réduction suffisante des risques, faite pour la première fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, brise un tabou, notamment allemand, et représente un pas important en direction d’une véritable union bancaire.

Nous constatons aussi une volonté encourageante d’améliorer la gestion des crises futures en renforçant le mécanisme de sauvetage que constitue le MES. Faisant référence à une lettre antérieure du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, les dirigeants signalent leur ouverture à des formes plus souples de prêts du MES ainsi qu’à des clauses d’action collective plus efficaces en cas de restructuration de dette publique, facilitant la participation de créanciers privés. De tels mécanismes vont faciliter la gestion des dettes souveraines, sans pour autant en passer par aucun mécanisme de restructuration automatique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le chinois CATL va construire une usine qui fournira en particulier BMW. Les constructeurs allemands n’ont pas voulu investir ce marché.
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L’Allemagne aura bientôt son premier site de batteries électriques

Le chinois CATL va construire une usine qui fournira en particulier BMW. Les constructeurs allemands n’ont pas voulu investir ce marché.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 13h17
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

IG Metall en avait rêvé pour les constructeurs allemands, ce sont finalement les Chinois qui l’ont fait. L’Allemagne aura bientôt sa propre usine de batteries automobiles. Le fabricant CATL (Contemporary Amperex Technology) a annoncé, lundi 9 juillet, son intention de bâtir son premier site de production de cellules de batterie hors Chine, dans le Land de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne. Cet engagement a été annoncé dans le cadre des consultations germano-chinoises, qui se sont tenues lundi et mardi, à Berlin.
Selon les plans dévoilés lundi, CATL devrait investir 240 millions d’euros en Thuringe d’ici à 2022. Le site doit se développer en plusieurs étapes : il sera d’abord un centre de distribution, auquel s’ajoutera un laboratoire de recherche, puis la production sera développée. Six cents à mille emplois directs devraient être créés grâce à cette usine.
Pour son investissement, CATL profite de généreuses subventions locales de la part d’une région fragile économiquement. La région de la Thuringe a accordé au chinois 7,5 millions d’euros de fonds de soutien économique pour le convaincre de s’installer sur son sol. Mais le constructeur BMW a également joué un rôle déterminant : il participe lui-même aux coûts de construction et a assuré à CATL une commande de 4 milliards d’euros dans les prochaines années, dont 1,5 milliard doivent venir de Thuringe.
Déclin du moteur à explosion
IG Metall a salué, lundi, la décision d’investissement de CATL. On reste loin cependant du souhait, exprimé depuis longtemps par le syndicat, de voir constructeurs et sous-traitants s’allier pour maîtriser eux-mêmes la production de cellules, élément de base des batteries des véhicules. « Si nous abandonnons les cellules de batterie parce qu’elles nous sont livrées, tôt ou tard nous disparaîtrons », s’est alarmé, début juillet, Jürgen Wechsler, directeur de la section bavaroise du grand syndicat de l’industrie.

IG Metall redoute la disparition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Désormais cinquième puissance économique mondiale gâce à son immense marché intérieur, le pays reste handicapé par de nombreux obstacles culturels et financiers, explique l’éditorialiste économique, Philippe Escande.
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« Le tigre indien s’est réveillé, mais reste fragile »

Désormais cinquième puissance économique mondiale gâce à son immense marché intérieur, le pays reste handicapé par de nombreux obstacles culturels et financiers, explique l’éditorialiste économique, Philippe Escande.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h56
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique)








                        



                                


                            

Chronique pertes & profits. Le premier ministre indien, Narendra Modi, et le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, ont inauguré ensemble, lundi 9 juillet, le site de Samsung, la plus grande usine de smartphones du monde. Située dans la banlieue de New Delhi, elle porte à elle seule les espoirs du gouvernement indien de transformer le pays en un gigantesque centre industriel mondial, à l’image de l’exploit accompli en quarante ans par son voisin chinois. Le marché du téléphone est le plus prometteur du monde. Avec plus de 400 millions d’utilisateurs, il a déjà dépassé en taille celui des Etats-Unis et pourrait encore facilement doubler d’ici cinq ans.
C’est la face glorieuse de l’Inde. Celle d’un sous-continent qui entend s’appuyer sur son 1,3 milliard d’habitants pour devenir un géant économique et atteindre la puissance de son rival chinois. Il a déjà fait un bon bout du chemin si l’on en juge par les derniers calculs de la Banque mondiale, dénichés par Les Echos.
Le pays a désormais dépassé la France en termes de produit intérieur brut (PIB) et devrait faire de même avec le Royaume-Uni dès cette année. L’Inde, cinquième puissance mondiale, accumule les années de forte croissance. Après 7,4 % en 2017, le PIB a affiché 7,7 % de hausse au premier trimestre. Mieux que la Chine et quatre fois plus que la France ou le Royaume-Uni. Autre signe, l’Inde n’est plus le champion de la pauvreté (70 millions de personnes avec moins de 1,9 dollar par jour, en forte baisse), détrôné par le Nigeria (87 millions). Comme aime à le chanter le populiste Narendra Modi, le tigre indien s’est réveillé.

Immense marché intérieur
Il est debout mais reste fragile. Doté d’une population comparable, il reste encore un nain économique face à la Chine. Au lancement de l’ouverture économique de l’empire du Milieu, en 1989, les PIB des deux pays étaient identiques, autour de 300 milliards de dollars (255 milliards d’euros). Aujourd’hui,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Paul Biya ne s’est pas encore porté candidat à sa réélection. Le scrutin devrait se dérouler dans un contexte de vives tensions dans les régions anglophones.
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Compte rendu

L’élection présidentielle camerounaise fixée au 7 octobre

Paul Biya ne s’est pas encore porté candidat à sa réélection. Le scrutin devrait se dérouler dans un contexte de vives tensions dans les régions anglophones.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-10T12:08:10+02:00"

        Le 10.07.2018 à 12h08






    
Le président camerounais Paul Biya lors d’une visite en Chine, en mars 2018.
Crédits : POOL New / REUTERS


L’élection présidentielle camerounaise aura lieu le 7 octobre, selon un décret présidentiel publié lundi 9 juillet. Paul Biya, 85 ans dont bientôt trente-six au pouvoir, n’a pas annoncé s’il serait candidat à une sixième réélection, mais il est présenté par son parti comme son candidat « naturel ». Pour de nombreux observateurs camerounais, le chef de l’Etat entretient « un faux suspense ».
« Paul Biya est notre candidat à la prochaine présidentielle, au regard de son bilan éloquent, de sa crédibilité nationale et internationale, diplomatique, économique, sociale et culturelle », avaient ainsi écrit en mai des responsables du parti au pouvoir et des chefs traditionnels originaires du Sud, où est né le chef de l’Etat.

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          « Paul Biya n’est pas le président du Cameroun réel »



Le même mois, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Peter Henry Barlerin, avait déclaré, à l’issue d’un entretien avec le président, que Paul Biya « devrait réfléchir à son héritage et à comment il veut que l’on se souvienne de lui dans les livres d’histoire », suscitant de vives critiques dans le camp présidentiel.
« Bilan chaotique »
Les opposants qualifient le bilan de l’actuel chef de l’Etat de « chaotique ». Parmi eux, Joshua Osih, qui a été investi en février candidat du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF, anglophone).
Cet homme d’affaires de 49 ans tentera de briguer un septennat à ce scrutin au suffrage universel à un tour, comme l’avait fait lors de la plupart des scrutins précédents Ni John Fru Ndi, leader du SDF et opposant historique à Biya, qui aurait cette fois décidé de céder la place aux « jeunes cadets » du parti.

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                Au Cameroun, Paul Biya emprisonne et libère à sa guise les contestataires anglophones



Parmi les autres candidats de poids de l’opposition, selon les analystes, figurent l’avocat et ancien vice-président de Transparency International, Akere Muna, ainsi que le président du parti Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto. En l’absence de sondages d’opinion, il est toutefois difficile d’estimer le poids réel de chacune de ces personnalités politiques.
Vives tensions
Le décret présidentiel a été lu à la télévision publique à un moment où les tensions restent vives en zone anglophone, en particulier dans la ville de Buéa. Les habitants de la capitale de la région du Sud-Ouest étaient encore cloîtrés chez eux par peur de sortir après de nombreux échanges de tirs dans la matinée entre des soldats et des hommes armés non identifiés. Ces derniers, présentés à l’AFP par des habitants comme des séparatistes, ont fait irruption dans la ville lundi matin.

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                Le Cameroun anglophone contaminé par la loi du talion



C’est la première fois que des échanges de tirs ont lieu dans des quartiers de cette ville de plus de 100 000 habitants, quadrillée par un grand nombre de militaires depuis le début de la crise anglophone, fin 2016. Dimanche, un commissaire de police a été tué à Kumba, dans le Sud-Ouest.
Cette crise géopolitique s’est muée en conflit armé fin 2017. Aujourd’hui, les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et des hommes armés se réclamant de « forces de restauration » d’un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Nommé par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême, Brett Kavanaugh a souvent pris des positions controversées sur les questions liées au numérique.
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Cour suprême : le candidat de Trump inquiète les défenseurs du Web libre

Nommé par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême, Brett Kavanaugh a souvent pris des positions controversées sur les questions liées au numérique.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 12h06
    |

                            Bastien Lion








                        



   


La nomination du très conservateur juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, annoncée lundi 9 juillet par la Maison Blanche, envoie un signal fort quant aux orientations politiques de cette institution américaine. Au-delà des positions conservatrices de ce juriste sur les sujets sociétaux, il a souvent soutenu des positions très dures sur les questions liées au numériques.
M. Kavanaugh a notamment été l’un des soutiens de l’abrogation de la neutralité du Net, ce principe qui prévoit que tous les contenus doivent circuler sans discrimination aucune sur le réseau, en décembre. Il avait alors comparé les fournisseurs d’accès à Internet aux opérateurs de télévision, estimant que les deux alimentaient leurs utilisateurs en contenu de la même façon. Selon lui, le principe de neutralité du net, qui empêchait les fournisseurs de bloquer l’accès à certains sites ou de ralentir le débit selon les prix payés par leurs utilisateurs, empiétait sur leur liberté d’expression, et était donc anticonstitutionnel.
Un homme réputé hostile à la liberté du Web
En 2015, ce proche de George W. Bush avait par ailleurs défendu la National Security Agency (NSA), à la suite des révélations d’Edward Snowden impliquant l’espionnage de milliers de personnes grâce à leurs téléphones. « D’après moi, les besoins critiques en matière de sécurité nationale l’emportent sur les atteintes à la vie privée occasionnées par ce programme », avait-il déclaré, considérant que ce type de méthode ne devait pas nécessiter de mandat préalable.
Ces deux dossiers ont valu à M. Kavanaugh la réputation d’un homme qui, en matière de numérique, aurait tendance à se ranger du côté des grandes entreprises, au détriment des droits de l’utilisateur lambda.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La réunion « cordiale » entre le nouveau chef du gouvernement espagnol et le président catalan a valu à ce dernier les critiques des indépendantistes les plus radicaux.
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Pedro Sanchez et Quim Torra mettent en scène le dégel lors d’une rencontre à Madrid

La réunion « cordiale » entre le nouveau chef du gouvernement espagnol et le président catalan a valu à ce dernier les critiques des indépendantistes les plus radicaux.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 12h14
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Cela faisait deux ans que le président régional catalan n’avait pas été reçu par le chef du gouvernement espagnol dans sa résidence, le palais de la Moncloa, à Madrid. La dernière rencontre, en avril 2016, entre Carles Puigdemont et Mariano Rajoy, n’avait fait qu’entériner la rupture des relations entre les deux institutions, sur fond de menace de sécession unilatérale de la Catalogne. Lundi 9 juillet, l’indépendantiste Quim Torra et le socialiste Pedro Sanchez ont brisé la glace.
La réunion, convoquée à la demande du nouveau locataire de la Moncloa, a été exceptionnellement longue. Durant près de deux heures et demie, les deux hommes ont exposé chacun ses positions, divergentes, sur le conflit catalan. M. Torra a défendu le droit à l’autodétermination des Catalans. M. Sanchez lui a rappelé que ce droit n’existait pas dans la Constitution espagnole. Mais aucun des deux dirigeants politiques n’a claqué la porte.

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          Pedro Sanchez, le miraculé socialiste à la tête de l’Espagne



Signe du dégel provoqué par l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez, le 1er juin, ils se sont mis d’accord sur la remise en marche de la commission bilatérale de coordination entre les gouvernements espagnol et catalan, paralysée depuis 2011, et de commissions sectorielles chargées d’aborder le sujet des infrastructures, de la prise en charge des personnes dépendantes ou du financement régional.
M. Sanchez a aussi annoncé le retrait des recours déposés par le précédent gouvernement du Parti populaire (PP) devant le Tribunal constitutionnel contre plusieurs lois sociales catalanes portant sur la difficulté des foyers à payer leurs factures de chauffage, le changement climatique ou l’accès universel à la santé publique. Les deux hommes ont enfin décidé qu’ils se réuniraient à nouveau dans les prochains mois.
Quim Torra ne « renonce à aucune voie pour parvenir à l’indépendance », et « toutes les solutions passent par le droit à l’autodétermination »
La vice-présidente de l’exécutif, Carmen Calvo, qui est venue devant la presse à l’issue de la réunion, a insisté sur la « cordialité » de la rencontre et sur la volonté de M. Sanchez de donner une « réponse politique à une crise politique ». Elle a cependant souligné que, du fait de « l’indépendance du pouvoir judiciaire », il n’y a « pas de marge » de négociation possible sur le sujet de l’autodétermination, « qui n’existe dans aucune démocratie », ou sur le sort des dirigeants indépendantistes actuellement en prison préventive pour « rébellion », les deux principaux sujets abordés par M. Torra.
Lors d’une conférence de presse postérieure au centre Blanquerna, l’antenne du gouvernement catalan à Madrid, Quim Torra a tenté de contenter les deux courants de l’indépendantisme par un discours ambigu. S’adressant aux pragmatiques, qui défendent avant tout un changement de relation avec l’Espagne, il s’est félicité de pouvoir « parler de tout, de manière franche et sincère ». Aux indépendantistes radicaux, il a cependant déclaré qu’il ne « renon[çait] à aucune voie pour parvenir à l’indépendance », et que « toutes les solutions passent par le droit à l’autodétermination ». 

        Portrait :
         

          Espagne : Quim Torra, séparatiste convaincu, élu président de Catalogne



Néanmoins, sa disposition à négocier avec Madrid d’autres questions que l’indépendance lui a valu des critiques des plus radicaux. Les Comités de défense de la République (CDR), organisations de quartiers qui ont mis sur pied des actions de rue, envisagent de demander sa démission : « Nous ne sommes pas là pour parler de statut d’autonomie. Nous ne sommes pas arrivés jusque-là pour jeter l’éponge », ont-ils publié sur Twitter.
Quant à la formation séparatiste d’extrême gauche CUP, elle a défini la réunion comme « un pacte entre des élites pour que rien ne change » et pour « fermer par le haut ce que les gens ont ouvert par la base le 1er octobre », date du référendum d’indépendance illégal organisé en 2017.
« Un chemin s’est ouvert »
Pedro Sanchez a, pour sa part, essuyé les critiques de la droite espagnole, qui l’accuse de chercher à « contenter les séparatistes » pour « payer l’addition » qu’il leur doit en raison du soutien des indépendantistes catalan à son investiture. Le PP et Ciudadanos lui avaient déjà reproché son premier geste de détente : la décision, le 4 juillet, de transférer les dirigeants indépendantistes jusque-là en prison à Madrid dans des établissements pénitentiaires de Catalogne.
« Avec le changement de gouvernement en Espagne, le secteur dur de l’indépendantisme a perdu des arguments, analyse Oriol Bertomeus, professeur de sciences politiques à l’université autonome de Barcelone. Après avoir demandé au gouvernement espagnol un dialogue, Quim Torra ne pouvait pas le refuser, même s’il garde une munition qui lui permettra de le faire dérailler s’il le souhaite : la demande d’un référendum. Un chemin s’est ouvert. Il peut aboutir, ou pas. » 

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                En Espagne, le gouvernement Sanchez séduit



Selon un sondage paru le 8 juillet dans le quotidien catalan El Periodico, seuls 21,5 % des Catalans pensent que la région doit « chercher l’indépendance pour construire la République », alors que 62 % demandent de « négocier une amélioration de l’autonomie ».
« La Gauche républicaine [ERC] et le Parti démocrate de Catalogne [PDeCAT] se montrent de plus en plus autonomes de Carles Puigdemont, qui n’est plus qu’une ombre en Catalogne, explique M. Bertomeus. La réunion s’adressait à ceux qui se trouvent dans le bloc indépendantiste mais désirent obliger le gouvernement espagnol à négocier une nouvelle relation avec la Catalogne. Torra sait que s’il perd ces gens, l’indépendantisme descendra sous la barre des 40 %. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions sur la démission du ministre des affaires étrangères.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Au moins douze personnes sont mortes dans l’explosion d’une station-service.
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Afghanistan : attentat-suicide meurtrier à Jalalabad

Au moins douze personnes sont mortes dans l’explosion d’une station-service.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 14h20
   





                        



   


Un attentat-suicide visant un véhicule des forces de sécurité afghanes dans les faubourgs de Jalalabad, dans l’est du pays, a tué mardi 10 juillet au moins douze personnes, dont dix civils. Les deux autres victimes étaient des membres des forces de sécurité. Certains blessés, brûlés très grièvement, ont été conduits à l’hôpital.
Selon le porte-parole du gouverneur provincial, le kamikaze s’est présenté à pied, vers 10 heures, et s’est fait exploser à proximité d’une station-service qui a aussitôt pris feu et brûlé pendant plusieurs heures.
La région de Jalalabad, cible des attentats
Jalalabad est la capitale du Nangarhâr, province montagneuse de l’Est à la frontière avec le Pakistan, qui abrite talibans et combattants de l’organisation Etat islamique (EI).
Depuis la fin du cessez-le-feu de trois jours observé à la mi-juin entre forces gouvernementales et talibans, c’est la région de Jalalabad qui a subi le plus d’attentats, tandis que le niveau de violence a reculé dans le sud et le sud-est du pays, selon une source de sécurité.

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                Le président afghan proclame un cessez-le-feu temporaire face aux talibans



La pression exercée ces derniers mois par les forces afghanes, appuyées par l’armée américaine, a permis récemment de déloger l’EI de trois districts passés sous son contrôle ces deux dernières années, mais sans éliminer totalement sa présence dans la région.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Malgré les récents succès militaires du régime Assad, les dynamiques locales et internationales vont longtemps continuer d’alimenter la guerre en Syrie.
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<article-nb="2018/07/10/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les opérations de secours avaient débuté dimanche dans la grotte de Tham Luang, dans le nord du pays. Les jeunes et leur entraîneur étaient coincés depuis dix-sept jours.
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Thaïlande : après plus de deux semaines sous terre, les 13 rescapés de la grotte ont été évacués

Les opérations de secours avaient débuté dimanche dans la grotte de Tham Luang, dans le nord du pays. Les jeunes et leur entraîneur étaient coincés depuis dix-sept jours.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h10
   





                        



Tous les enfants qui étaient coincés, avec leur entraîneur de football, depuis deux semaines dans la grotte de Tham Luang, dans le nord de la Thaïlande ont été évacués mardi 10 juillet, au terme d’une opération extrêmement périlleuse. Les sauvetages se sont succédé dans la journée : un premier enfant a été sorti en fin d’après-midi, suivi d’un deuxième, et d’un troisième en début de soirée, avant que les trois derniers soient évacués coup sur coup.
Les secouristes étaient engagés dans une course contre la montre. L’opération d’extraction aura duré trois jours, les enfants étant évacués chacun par deux plongeurs professionnels, sur un parcours très difficile, supposant de longs passages de plongée.
Quatre jeunes dimanche, suivis de quatre autres le lendemain, ont pu être extirpés de la grotte par une équipe de plongeurs étrangers aguerris, flanqués de commandos de la marine thaïlandaise, lors d’opérations méticuleusement planifiées. 

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Bonne santé, opération internationale
Le premier groupe, sorti dimanche et lundi, a été hospitalisé, et est « en bonne santé », a déclaré Jesada Chokedamrongsuk, le responsable du ministère de la santé publique, devant des journalistes à l’hôpital de Chiang Rai. « Tout le monde est en bonne santé mentale. »
Les enfants ont subi des examens radiologiques et sanguins. Deux garçons qui présentaient des signes de pneumonie ont reçu des antibiotiques et sont dans un « état normal », a-t-il ajouté, précisant qu’ils resteraient tous en observation à l’hôpital, en quarantaine, équipés de lunettes de soleil pour protéger leurs yeux et suivis par des psychologues.
La Thaïlande tout entière a vécu au rythme de la saga des douze enfants et de leur entraîneur de 25 ans, bloqués dans le vaste réseau souterrain depuis le 23 juin par la montée des eaux.
Le drame a passionné aussi à l’étranger — les médias internationaux ont envoyé des centaines de journalistes sur place. Les enfants ont reçu des messages de soutien de célébrités aussi diverses que le président états-unien, Donald Trump, la star de football Lionel Messi ou le gourou américain de la technologie Elon Musk.
Mardi, la première ministre britannique, Theresa May, a été une des premières à saluer, sur Twitter, le « courage de tous ceux qui ont été impliqués » dans l’opération. Des plongeurs anglais avaient découvert les enfants. « Tous libérés, du bon boulot ! », a commenté Donald Trump. Des Américains se sont également joints à cette opération internationale, ayant mobilisé plusieurs pays.
Les jeunes footballeurs avaient été invités par la Fédération internationale de football (FIFA) à assister en Russie à la finale de la Coupe du monde du 15 juillet. Mais ils ne pourront pas s’y rendre en raison de leur état de santé nécessitant une hospitalisation. « Nous chercherons une occasion d’inviter les garçons à un autre événement », a réagi mardi la FIFA, qui a exprimé sa « grande joie » au terme du sauvetage et a adressé sa « profonde gratitude à toutes les personnes impliquées dans les opérations de sauvetage, qui ont malheureusement coûté la vie à un des plongeurs ».
Dix-sept nuits
Les secouristes ont critiqué l’usage de drones par certains médias lors de l’opération d’évacuation lundi, qui ont pour certains gêné les hélicoptères évacuant les enfants. La police a annoncé mardi mener une enquête sur l’utilisation de deux drones envoyés pour tenter d’avoir des images des enfants. L’Association des journalistes audiovisuels de Thaïlande a appelé mardi les reporters à « s’en tenir strictement à l’éthique et à respecter la vie privée de ceux impliqués dans cette épreuve ».
Les footballeurs des Sangliers sauvages, le nom de leur équipe, avaient passé neuf jours dans les tréfonds de la grotte avant que deux plongeurs britanniques réussissent à les rejoindre en début de semaine dernière. Emaciés mais en vie, ils étaient perchés sur un promontoire, à plus de quatre kilomètres de l’entrée du vaste réseau souterrain.
Après cette découverte, les sauveteurs ont désespérément passé en revue toutes les solutions possibles, percer des tunnels dans la montagne ou attendre sous terre pendant des semaines la fin de la mousson.
Mais face à la menace de nouvelles pluies et à la baisse des niveaux d’oxygène dans la chambre où le groupe avait trouvé refuge, les autorités ont décidé dimanche de tenter le tout pour le tout. Les derniers sortis auront passé dix-sept nuits dans la grotte.

   





                            


                        

                        


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Etats-majors, mission en Irak : les décisions attendues du sommet de l’OTAN

Malgré les tensions, les alliés devraient entériner des réformes concrètes pour adapter l’organisation aux menaces qu’elle perçoit.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h03
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

A l’abri des turbulences politiques, il y a, à l’OTAN, la stabilité de la superstructure : « Le processus bureaucratique de réforme de l’OTAN se déroule sans accroc », résume une source gouvernementale à Paris, alors que le 26e sommet de l’Alliance atlantique doit avoir lieu à Bruxelles les 11 et 12 juillet.
Les 29 chefs de gouvernement vont, en effet, entériner de nombreuses décisions concrètes pour adapter l’organisation aux menaces qu’elle perçoit. Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, c’est de nouveau à une guerre entre puissances que les alliés veulent se préparer, un retour à la vocation initiale de l’OTAN.
Une nouvelle structure de commandement sera mise en place. L’adaptation est présentée comme la plus importante depuis la fin de la guerre froide. Elle ajoutera 1 200 personnels aux 6 800 qui travaillent dans les états-majors existants. L’état-major maritime de Northwood, au Royaume-Uni, sera réorganisé, pour renforcer les déploiements de l’OTAN dans l’Atlantique Nord. Un noyau implanté à Norfolk, aux Etats-Unis, pourra armer rapidement une force, en cas de besoin. L’idée est d’associer davantage les alliés du sud européen aux déploiements réguliers de l’Alliance.

Les commandements aérien (Ramstein, en Allemagne) et terrestre (Izmir, en Turquie) seront également réformés, pour être réactifs en permanence. Un état-major logistique sera créé à Ulm, en Allemagne. Dans ce domaine, des mesures doivent aussi être prises, en coopération avec l’Union européenne, pour améliorer la mobilité des forces en Europe.
Aujourd’hui, il faut par exemple deux mois pour obtenir les autorisations nécessaires à la circulation de munitions en Allemagne. Outre les questions réglementaires, dans toute l’Europe, les infrastructures, ponts ou voies ferrées ne sont plus adaptées aux matériels lourds. La Commission européenne débloquera 6,5 milliards d’euros pour aménager des infrastructures duales, civiles...




                        

                        


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Au Royaume-Uni, Dominic Raab devient le nouveau ministre du Brexit

Ce « hard brexiter » devra faire le lien entre Theresa May et les europhobes de son parti.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h55
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que Theresa May amorce un net virage vers un Brexit modéré et des liens maintenus avec l’Union européenne (UE), c’est un « hard brexiter » qu’elle vient de nommer pour succéder à David Davis au ministère qu’elle a créé en 2016, précisément pour gérer la sortie de l’UE. Agé de 44 ans, fils d’un réfugié juif tchèque, arrivé au Royaume-Uni avant la seconde guerre mondiale, Dominic Raab ambitionne, dit-on, de diriger le Parti conservateur. Pour l’heure, il aura surtout la tâche de maintenir les europhobes dans le giron de la première ministre. La tâche de négocier avec Bruxelles revenant désormais à Olly Robbins, le conseiller Europe et homme de confiance de Mme May.

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Après une éducation dans une grammar school (école d’élite) dans le Buckinghamshire, puis des études de droit à Oxford et Cambridge, M. Raab, qui est aussi ceinture noire de karaté, a travaillé comme juriste dans le privé, puis au ministère des affaires étrangères où il a été détaché à la Cour pénale internationale de La Haye. En 2006, il est devenu directeur de cabinet de David Davis, alors ministre de l’intérieur du « cabinet fantôme » (opposition d’alors). Puis il a travaillé pour Dominic Grieve, alors ministre de la justice du « cabinet fantôme », un conservateur ardent europhile, figure marquante des anti-Brexit d’aujourd’hui, avec lequel il va probablement avoir maille à partir désormais.
Rayé du gouvernement en 2017
En 2010, au moment du retour de la droite au pouvoir, Dominic Raab est elu député d’Esher et Walton, une circonscription acquise aux conservateurs du sud-ouest de Londres. Il se fait connaître pour son opposition à la libre circulation des ressortissants européens, l’un des vecteurs du vote pro-Brexit de 2016. Il critique également la Cour européenne des droits de l’homme, que les conservateurs voulaient quitter – une promesse abandonnée depuis le référendum. En 2012, il se fait connaître pour avoir écrit que « les Britanniques sont parmi les gens les plus paresseux du monde » dans un manifeste modestement intitulé « Libérer Britannia de ses chaînes ».

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David Cameron le promeut, en 2015, en le nommant secrétaire d’Etat à la justice, signant son entrée au gouvernement. Il retrouvera ce poste, puis celui, politiquement important, de ministre du logement sous Theresa May à partir de 2017. Mais l’actuelle première ministre, lorsqu’elle est arrivée au pouvoir en 2016, avait rayé M. Raab de son gouvernement. On dit qu’elle ne lui pardonnait pas, à l’époque, d’avoir écrit, dans un article publié en ligne, que les féministes étaient des « fanatiques insupportables ».



                            


                        

                        


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Brexit : la crainte d’un « no deal » grandit à Bruxelles

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz évoque la possibilité de prolonger les discussions avec Londres.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 10h55
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Personne ne regrettera vraiment la démission de l’exubérant et gaffeur Boris Johnson à Bruxelles. Pour autant, c’était l’inquiétude qui dominait côté européen, lundi 9 juillet, juste après l’annonce de la démission du ministre des affaires étrangères britannique, alors que s’approfondissait l’interminable crise politique à Londres. Il reste moins de neuf mois avant l’échéance du Brexit – le 29 mars 2019 –, et à ce stade, un accord entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni paraît toujours aussi nébuleux.
Car si les départs de M. Johnson et, la veille, celui du ministre du Brexit, David Davis, renforcent a priori le camp des partisans d’un Brexit soft, ils affaiblissent encore un peu plus la première ministre, Theresa May, parvenue à grand-peine, vendredi 6 juillet, à imposer à son cabinet une ultime « solution » pour éviter le retour d’une frontière « dure » avec l’Irlande et débloquer les discussions avec Bruxelles. C’est cette « solution » qui a poussé MM. Davis et Johnson à claquer la porte du gouvernement.
A la Commission européenne, l’extrême discrétion est restée de mise ces dernières heures, l’institution, qui pilote les discussions avec Londres pour le compte des Vingt-Sept, craignant d’affaiblir encore plus un gouvernement qui, vaille que vaille, fut son interlocuteur ces deux dernières années.
Pas question, par exemple, de donner trop rapidement son avis sur la proposition de Mme May même si, selon une source européenne proche des discussions, elle a toutes les chances d’être rejetée, car elle réclame un accès privilégié au marché intérieur de l’Union.
Pas question non plus de commenter le chaos politique britannique, au risque de mettre de l’huile sur le feu. « Nous continuerons à négocier de bonne volonté avec la première ministre May et les négociateurs britanniques », a juste précisé Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission.
Implosion attendue
La crise politique britannique n’a pas pris...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ L’imprévisibilité de Donald Trump et son insistance sur le « partage du fardeau » sécuritaire effraient les alliés des Etats-Unis à la veille de la réunion de l’organisation.
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Un sommet dans l’inquiétude pour les membres de l’OTAN

L’imprévisibilité de Donald Trump et son insistance sur le « partage du fardeau » sécuritaire effraient les alliés des Etats-Unis à la veille de la réunion de l’organisation.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h34
    |

            Nathalie Guibert et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Un sommet « difficile, incertain, pénible » pour l’un, « seulement lié au côté totalement imprévisible du président américain », pour l’autre. A la veille de la réunion, à Bruxelles, des dirigeants des 29 pays membres de l’OTAN, mercredi 11 et jeudi 12 juillet, les diplomates sont plongés dans la perplexité. Donald Trump a mis ses alliés sous pression en remettant en cause la soldarité transatlantique : « Nous sommes des andouilles qui payons pour tout le monde », a-t-il déclaré il y a quelques jours. Le fiasco du dernier G7, dont le président américain s’est désolidarisé à coups de Tweet, a été un choc.
Conformément à sa tradition consensuelle, l’Alliance atlantique a pourtant mis au point cinq déclarations signées par toutes les délégations, américaine comprise. Elles parlent d’unité, de confirmation du lien transatlantique et de la garantie d’une défense collective des membres. Des sujets qui divisent, comme l’Iran, le soutien européen aux Kurdes en Syrie, ou le différend entre la Hongrie et l’Ukraine, ont été écartés de ce 26e sommet. « Tout le monde veut préserver le consensus », commente une source française.

L’effort de défense sera au cœur des discussions. En juillet 2017, pour sa première venue au siège de l’OTAN, M. Trump avait brutalement secoué ses alliés en affirmant qu’ils devaient « d’énormes sommes d’argent » à l’organisation et que Etats-Unis payaient trop pour eux. Son pays fournit 20 % du budget commun de l’OTAN et 75 % de ses capacités militaires, constituées par l’addition des 29 armées nationales. « Ce n’est pas juste, ni acceptable », a-t-il écrit lundi.
D’où un rappel plus vigoureux que jamais de Washington au « partage du fardeau » de la sécurité collective et à l’obligation, définie en 2014 entre les alliés, d’arriver dans les dix ans à 2 % de leur produit intérieur pour la défense. Le secrétaire général, Jens Stoltenberg, ne cesse d’insister...




                        

                        

