<FILE-date="2018/07/10/19">

<article-nb="2018/07/10/19-1">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ D’un côté, les Bleus de Mbappé, Pogba et Griezmann. De l’autre, les Diables rouges d’Hazard, Lukaku et De Bruyne. Au bout, une place en finale de Coupe du monde.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/07/10/19-2">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les deux équipes abordent le match du soir en pleine confiance. Si les Bleus ont sorti l’Argentine de Messi, les Diables ont vaincu Brésil, grand favori du tournoi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

France-Belgique : demi-finale entre voisins

Les deux équipes abordent le match du soir en pleine confiance. Si les Bleus ont sorti l’Argentine de Messi, les Diables ont vaincu Brésil, grand favori du tournoi.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h58
   





                        



   


Mardi 10 juillet, à 20 heures, les Bleus de Didier Deschamps ont rendez-vous avec les Diables rouges, de Roberto Martinez, à Saint-Pétersbourg, pour une place en finale et pour se rapprocher de l’exploit de leurs aînés de 1998. Le Soir fait sa « une » sur la grande « fête des voisins » et ne cache pas l’espoir de voir les Diables moucher la « pointe d’arrogance » des Bleus, qui arborent déjà une étoile sur leur maillot.

        Lire aussi :
         

                France-Belgique en direct : l’avant-match de la demi-finale de Coupe du monde depuis Bondy, Lyon ou Mouscron




#FRABEL France-Belgique : la Une collector de @lesoir à ne pas manquer ce mardi avec #Kroll
— lesoir (@Le Soir)


require(["twitter/widgets"]);

Des Diables statistiquement meilleurs que les Bleus
Depuis le début de la campagne de Russie, la Belgique dispose de la meilleure attaque du tournoi, qui a marqué 14 buts et en a encaissé 5. En face, les Bleus font presque pâle figure, avec 9 buts marqués et 4 encaissés.
Dans les deux équipes, deux joueurs se sont particulièrement illustrés : chez les Diables, Romelu Lukaku a marqué 4 buts en 4 matchs, tandis qu’Antoine Griezmann en a marqué 3 en 5 matchs. Surtout, la Belgique a remporté les 5 matchs qu’elle a disputés ; la France en a remporté 4 et a concédé un match nul, le 26 juin, face au Danemark.

        Lire :
         

          Coupe du monde 2018 : Lukaku, le diable au corps



Les Diables arrivent à Saint-Pétersbourg en pleine confiance. Ils ont sauvé leur peau en huitièmes de finale en renversant sur le fil le Japon (3-2), et surtout, ils ont éliminé le grand favori du tournoi, le Brésil de Neymar (2-1), qui n’a pas réussi à tromper la vigilance du grand gardien Thibaut Courtois en fin de match.
Mais la France n’est pas en reste. Elle a sorti l’Argentine de Lionel Messi (4-3) grâce à un éblouissant Mbappé, auteur d’un doublé et d’une folle chevauchée pour obtenir un penalty transformé par Antoine Griezmann. Et a éteint avec autorité l’Uruguay de Luis Suarez d’un 2-0 tout en maîtrise.
Depuis 1904, les équipes des deux nations se sont déjà rencontrées 73 fois, pour 24 succès français, 30 victoires belges et 19 nuls, le dernier match entre les deux formations ayant été remporté par Belgique le 7 juin 2015. Au classement de la FIFA, les Diables rouges occupent la troisième place, derrière l’Allemagne et le Brésil, et la France n’est que septième.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Coupe du monde 2018 : France-Belgique, comme on se retrouve enfin



Match entre joueurs de Premier league
Devant le président Emmanuel Macron, qui a fait le voyage en Russie pour l’occasion, et Philippe, le roi des Belges, les yeux seront rivés, côté belge, sur un trio infernal – Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku et Eden Hazard – et pour les Bleus sur Kylian Mbappé, Olivier Giroud et Antoine Griezmann.
Au-delà du duel, la demi-finale aura un côté bataille de Premier League entre des joueurs des deux camps qui se connaissent par cœur : Hugo Lloris, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld et Moussa Dembélé jouent ensemble à Tottenham, tandis que Paul Pogba et Romelu Lukaku jouent à Manchester United. Et comme si cela ne suffisait pas, Olivier Giroud et N’Golo Kanté évoluent à Chelsea aux côtés d’Eden Hazard et Thibaut Courtois. Olivier Giroud résume la situation :
« C’est un match particulier, on n’a pas envie de se faire chambrer au retour en présaison. »
Eden Hazard, peu avare en compliments, a pour sa part déclaré sur beIN Sports :
« Pour jouer toute l’année avec N’Golo [Kanté], c’est le meilleur joueur du monde à son poste (…) Quand il est au top, tu as 95 % de chances de gagner le match. »
Des stars en bleu
S’il ne faut retenir qu’une image de Kylian Mbappé, c’est celle d’une course incroyable : le jeune attaquant a été flashé à 32,4 km/h contre l’Argentine de Messi (4-3) en huitièmes de finale, pour provoquer un penalty, transformé par Griezmann.
A 19 ans et demi, le joueur du PSG, qui affiche déjà 20 sélections, 7 buts et 5 passes décisives a déjà marqué 3 buts en Russie, dont un doublé contre les Argentins, et le but de la victoire contre le Pérou au premier tour (1-0). Les Belges se méfient de lui : « Ce qu’il fait à son âge, je n’ai jamais vu ça, à part Lionel Messi », a concédé le milieu des Diables rouges, Nacer Chadli, en assurant qu’il n’y aurait « pas de plan anti-Mbappé ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Coupe du monde 2018 : la comète de Kylian, par Olivier Guez



A 27 ans, Antoine Griezmann – 59 sélections, 23 buts, 11 passes décisives – n’a pas encore complètement retrouvé son visage rayonnant de l’Euro 2016, terminé avec le statut de meilleur joueur et meilleur buteur (6 réalisations) du tournoi. Au premier tour, malgré un penalty contre l’Australie (2-1), Griezmann a semblé peiner physiquement, mais « Grizou » a marqué sur penalty contre l’Argentine, et surtout, il a été doublement décisif dans le quart de finale contre l’Uruguay (2-0).

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Coupe du monde 2018 : Antoine Griezmann, l’homme de Montevideo



Reste le cas d’Olivier Giroud : à 31 ans, l’attaquant au numéro 9 n’a encore marqué aucun but. Il joue pour le groupe :
« J’essaie de créer des brèches, d’ouvrir des espaces pour mes partenaires, de jouer en remises, en déviations… (…) C’est aussi mon jeu, mon côté un peu altruiste. »

        Lire (en édition abonnés) :
         

          France-Belgique : Olivier Giroud, sans l’ombre d’un but



Une « génération dorée » et un portier intraitable
Les Diables rouges ne sont pas en reste, avec leur « génération dorée » incarnée par les attaquants Kevin De Bruyne (Manchester City), Eden Hazard et Michy Batshuayi (Chelsea), et Romelu Lukaku (Manchester United).
Kevin De Bruyne, c’est un peu l’électron libre de la sélection belge qui joue tantôt en position de numéro 10 derrière Hazard et Lukaku, tantôt en « faux 9 » pour profiter du travail de ses deux coéquipiers excentrés sur les côtés. Son rôle consiste à réguler le tempo de son équipe selon la physionomie de la rencontre, a-t-il expliqué après sa prestation face au Brésil :
« Je me fiche où j’évolue sur le terrain. Je me dois d’essayer de contribuer [au succès de l’équipe] par n’importe quel moyen. »
Ses compères Hazard et Lukaku n’ont pas non plus à rougir. Contrairement à Neymar, le numéro 10 belge a été à la hauteur de son rang face à la Seleçao. Quant à Romelu Lukaku, la planète foot a encore découvert une nouvelle facette de son jeu : après sa feinte de corps gagnante contre le Japon – pour laisser passer un ballon pour un partenaire mieux placé –, il a réalisé contre le Brésil un slalom façon Ronaldinho sur presque 50 mètres pour servir De Bruyne sur le 2e but belge.
Ce trio est complété par Thibaut Courtois, géant de 1,99 m qui a écœuré la sélection brésilienne en repoussant une à une toutes les tentatives, jusqu’à sa claquette incroyable à la dernière minute du temps réglementaire, quand Neymar pensait avoir arraché la prolongation d’une frappe enroulée presque parfaite.

        Lire :
         

          France-Belgique : Thierry Henry, le pacte avec les Diables



En lice pour le Ballon d’or
Tous les poids lourds de la lutte pour le Ballon d’or étant hors jeu – Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, balayés en huitièmes de finale, et Neymar, sorti en quarts –, il n’en faut pas plus pour aiguiser les appétits des challengers du soir, Eden Hazard ou Kylian Mbappé, ou encore ceux de demain, Luka Modric et Harry Kane.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-3">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Pragmatique, le sélectionneur des Bleus avance vers son objectif suprême : remporter la Coupe du monde en Russie, vingt ans après l’avoir gagnée comme capitaine.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
Découvrir l’application


                        

Coupe du monde 2018 : Didier Deschamps, « père la victoire » du football français

Pragmatique, le sélectionneur des Bleus avance vers son objectif suprême : remporter la Coupe du monde en Russie, vingt ans après l’avoir gagnée comme capitaine.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h38
    |

            Rémi Dupré (Istra, envoyé spécial)








                        



   



 .decomptefrabel { border-top: 2px solid #16212c; border-bottom: 2px solid #16212c; padding: 2rem 0; width: 100%; color: #16212c; font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial; font-size: 1.7rem; text-align: center; } .decomptefrabel .textedecompte { font-size: 1.7rem; line-height: 4rem; } .decomptefrabel .tempsdecompte { font-size: 2.5rem; line-height: 4rem; font-weight: bold; }

Temps restant avant France - Belgique



function countdownTimeStart() {

    var countDownDate = new Date("Jul 10, 2018 20:00:00").getTime();

    var x = setInterval(function() {

        var maintenant = new Date().getTime();

        var distance = countDownDate - maintenant;

        var heures = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60 * 24)) / (1000 * 60 * 60));
        var minutes = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60)) / (1000 * 60));
        var seconds = Math.floor((distance % (1000 * 60)) / 1000);

        document.getElementById("decompte").innerHTML = heures + " h " + minutes + " min " + seconds + " s";
        if (distance             clearInterval(x);
            document.getElementById("decomptetexte").remove()
            document.getElementById("demo").innerHTML = "Le décompte est terminé";
        }
    }, 1000);
}
countdownTimeStart();


C’est à croire que Didier Deschamps porte, au fil des décennies, les plus grands espoirs du football français sur ses épaules. Non content d’avoir soulevé la Coupe du monde en tant que capitaine et milieu de « devoir » des Bleus, un fameux soir de juillet 1998, voici qu’il s’avance en conquérant, vingt ans après, vers son objectif suprême : accrocher une deuxième étoile mondiale à sa veste.
Mais cette fois, c’est dans son costume cintré de sélectionneur de l’équipe de France qu’il entend, en Russie, ajouter un énième trophée à son impressionnante collection de récompenses. Et, ainsi, marcher dans les pas du Brésilien Mario Zagallo et ceux de l’Allemand Franz Beckenbauer, les deux seules légendes à avoir remporté la Coupe du monde comme joueur puis sélectionneur.

        Lire aussi :
         

                France-Belgique en direct : l’avant-match de la demi-finale de Coupe du monde depuis Bondy, Lyon ou Mouscron



« Je ne sais pas jouer pour jouer, je joue pour gagner. » Tel est le mantra de cet insatiable compétiteur, élevé à l’école Bernard Tapie à l’Olympique de Marseille (1989-1994) et à celle, très exigeante, de la famille Agnelli à la Juventus Turin (1994-1999). C’est bien connu, Deschamps, 49 ans, hait la défaite comme la peste. Cette aversion, il la cultive depuis cette lugubre soirée de novembre 1993 et ce revers contre la Bulgarie, synonyme d’élimination sur la route du Mondial 1994.
« Comme sélectionneur, je suis resté comme j’étais dans ma première vie : je ne lâche rien jusqu’au coup de sifflet final »
« Comme sélectionneur, je suis resté comme j’étais dans ma première vie : je ne lâche rien jusqu’au coup de sifflet final, a confié Deschamps, vendredi 6 juillet, à Nijni Novgorod, après la victoire (2-0) contre l’Uruguay, en quarts de finale. Mes joueurs ont aussi ça en eux : ils sont généreux et ne rechignent pas à l’effort. » Avant d’affronter la Belgique en demi-finales, mardi 10 juillet, à Saint-Pétersbourg, ses protégés ont des trémolos dans la voix lorsqu’ils évoquent sa « culture de la gagne » et ses indéniables qualités de meneur d’hommes.
« Jouer sous ses ordres, c’est exceptionnel. Il donne des petits conseils qui permettent d’évoluer, assure le jeune défenseur droit Benjamin Pavard, l’une des révélations de ce Mondial russe. Il a des mots forts qui motivent, on est prêt à aller à la guerre avec lui ! » « C’est un compétiteur. Il effectue un gros travail tactique pendant ce Mondial, assure l’attaquant Olivier Giroud. Rien n’est laissé au hasard. Il donne des clés aux joueurs afin qu’ils sachent à quoi s’attendre selon l’adversaire. »
« L’unique décideur »
Pas question d’omettre un détail et de trébucher, comme ce fut le cas face à l’Allemagne (0-1), en quarts du Mondial brésilien, en 2014. Ou bien contre le Portugal (0-1 après prolongations) en finale de l’Euro 2016 – ce revers à domicile que Deschamps, de son propre aveu, n’a jamais « digéré ». Pour préparer minutieusement chaque échéance, il s’appuie, depuis son arrivée aux commandes des Bleus en 2012, sur un staff restreint et dévoué. Avec sa garde rapprochée, il décortique les matchs de ses adversaires lors de longues séances vidéo. Il écoute les avis, récolte les informations mais règne en maître.
« Je prends la place que Didier me donne, pas plus, pas moins », a coutume de répéter Guy Stéphan, son fidèle adjoint et homme lige depuis neuf ans. « Notre staff est lié de manière très forte, complémentaire, autour de Didier, avec Didier, pour Didier. Nous lui remontons les informations. Mais au final, il n’y a qu’une voix : celle du sélectionneur, l’unique décideur », confirme Franck Raviot, l’entraîneur des gardiens.
D’un pragmatisme à toute épreuve, Deschamps a souvent donné l’impression de naviguer à vue et de changer de schéma tactique selon l’adversaire. En Russie, il n’a pas hésité à modifier ses plans après la victoire inaugurale (2-1) face à l’Australie. En quête de la bonne formule, désireux de « muscler son équipe », il s’est remis en cause et a sorti du placard, contre le Pérou (1-0), ses grognards Olivier Giroud et Blaise Matuidi. Même le match nul (0-0) – aux allures de « purge » – concédé par ses protégés face au Danemark, ne l’a pas fait dévier de sa route.
Peu importe « l’identité de jeu », une notion toute relative à ses yeux, ou la dimension stylistique, voire esthétique, du football. Seule la victoire compte. Quitte à bluffer et à brouiller les pistes. L’ex-capitaine des Bleus (103 sélections, de 1989 à 2000), également vainqueur de l’Euro 2000, n’est jamais aussi à l’aise et enjoué qu’avant un match à élimination directe : ces duels et la tension qui les accompagne sont son carburant. On l’a vu danser au bord du précipice, en novembre 2013, contre l’Ukraine, en barrages pour le Mondial 2014. Comme à chaque fois dans pareille situation, il a su renverser la table (3-0, après une défaite 0-2 au match aller) pour composter son billet pour le Brésil.
Un tandem très soudé avec Noël Le Graët
A Kazan, samedi 30 juin, c’est avec le poing rageur qu’il a su apprécier la « montée en puissance » des Tricolores, tombeurs au forceps de l’Argentine de Lionel Messi, en huitièmes de finale. Ce jour-là, il sauvait clairement sa tête : une élimination prématurée l’aurait poussé, sans nul doute, à démissionner, alors que son contrat expire à l’Euro 2020. En hissant l’équipe de France en demi-finales de la Coupe du monde pour la sixième fois de son histoire, il a atteint l’objectif fixé par Noël Le Graët, président de la Fédération française de football (FFF).

        Lire aussi :
         

                France-Belgique : Olivier Giroud, sans l’ombre d’un but



« Didier fait bien son boulot, il répond tout le temps de façon très positive aux attentes », estime le dirigeant, qui forme avec son sélectionneur un tandem très soudé. Quelle qu’en soit l’issue, cette épopée russe aura permis à Deschamps de raffermir son pouvoir et de balayer les critiques. Lui qu’on disait en panne d’idées, peu inspiré et bientôt dans l’ombre du « recours » Zinédine Zidane, démissionnaire de son poste d’entraîneur au Real Madrid et perçu comme son successeur putatif. « Père la victoire » du foot français, sélectionneur le plus capé (81 matchs dirigés), Deschamps aura évité les embûches et balayé les critiques.
« Je suis heureux pour mes amis et ma famille, qui peuvent avoir des moments plus difficiles à vivre, apparemment », a réagi, ému, le sélectionneur des Bleus après la victoire contre l’Uruguay. Sans filtre, il savourait sa revanche, marqué par les attaques et insinuations sur les zones d’ombre de sa carrière de joueur, notamment pour des soupçons de dopage lors de son passage à la Juventus, comme lors de la diffusion en mai, sur France 2, du numéro de « Complément d’enquête » qui lui était consacré.
« Stop, tu fais chier et c’est tout »
Dans le huis clos du camp de base d’Istra, il n’a jamais autant manié la carotte et le bâton avec ses joueurs, en pâmoison devant son palmarès à rallonge et menés à la baguette. Depuis l’ouverture du tournoi, il distribue les bons et les mauvais points, n’hésite pas à donner quelques coups de griffes si nécessaire. Une façon de piquer au vif son effectif, ainsi maintenu sous pression. « Il y a encore quelques imperfections et du déchet technique, a-t-il ainsi déclaré avant la demie face à la Belgique. On peut parfois aller au bout d’une action mais on va rater la dernière passe, le geste technique. »

        Lire aussi :
         

                France-Belgique : êtes-vous incollable sur les précédentes rencontres en Coupe du monde ?



Le sélectionneur sait aussi se montrer plus autoritaire. On s’en est aperçu, en quarts, lors de l’échauffourée entre ses joueurs et la Celeste. Au bord du terrain, Deschamps a rapidement invité le milieu Paul Pogba, très remonté et sous la menace d’une suspension au tour suivant, à faire profil bas afin de « ne pas commettre l’irréparable ». Il a également sèchement recadré Kylian Mbappé, particulièrement énervé. « Stop, tu fais chier et c’est tout », a-t-il lâché à son buteur.
« Si je pouvais aligner les 23 joueurs, je le ferais »
En chef de meute, le technicien ne cesse, à l’inverse, de louer « l’état d’esprit » de son groupe et l’investissement au quotidien de ses remplaçants. « Si je pouvais aligner les 23 joueurs, je le ferais », martèle-t-il à longueur de conférences de presse, enclin à se muer en paratonnerre et à renvoyer les journalistes un peu trop pinailleurs dans leurs cordes. Il n’a d’ailleurs jamais l’air aussi heureux que lors des séances d’entraînement, sifflet au bec et chronomètre en main, sur la pelouse du petit stade de Glebovets, à Istra. Là, il chambre à tout-va, multiplie les passes en retrait et fait corps avec ses joueurs.
En Russie, au gré des victoires, Deschamps a retrouvé son mordant. « Tu vas encore me redemander si j’ai déjà réussi ma Coupe du monde ? », a-t-il interpellé un reporter, sitôt la qualification pour les demies acquise. En position de force, bien calé dans son fauteuil de sélectionneur, le voici paré à offrir au football français un deuxième sacre mondial et, ainsi, à parfaire sa légende.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-4">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie ne se lasse pas du spectacle offert par l’attaquant des Bleus, « prédateur au sang froid » érigé en héros national
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Coupe du monde 2018 : la comète de Kylian, par Olivier Guez

L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie ne se lasse pas du spectacle offert par l’attaquant des Bleus, « prédateur au sang froid » érigé en héros national



Le Monde
 |    09.07.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h36
    |

                            Olivier Guez (écrivain)








                        



                                


                            

En préambule, un avertissement. Les joueurs (Messi, Godin) et les équipes (l’Uruguay) à qui j’ai consacré une chronique ont connu la défaite et l’élimination. Alors, est-ce raisonnable d’encenser Kylian Mbappé, à la veille de la demi-finale France-Belgique ? Ne ferais-je pas mieux de tresser des lauriers à l’équipe belge, de vanter les dribbles chaloupés de Hazard, l’intelligence et la puissance de Lukaku, les réflexes du gardien Courtois, et la rousseur angélique de De Bruyne (qui, par ailleurs, a eu le bon goût de se marier à Sorrente, sur la côte amalfitaine) ? Ainsi, l’équipe de France disposerait des Diables rouges et se qualifierait pour la finale de la Coupe du monde.
Mais impossible de résister à l’irrésistible. Dans une semaine, il sera trop tard, et d’ici à quelques années, mes cinq enfants finiraient pas me reprocher de ne pas avoir consacré une ligne au prodige de Bondy, le jeune homme qui valait 3 milliards, dont le nom est sur les lèvres de toute la planète depuis qu’il a éliminé, à lui tout seul ou presque, l’Argentine de Leo Messi, le roi sans couronne, en huitième de finale.

Etapes brûlées, y compris chez le banquier
Vendredi, à Nijni-Novgorod, à chaque fois qu’il effleurait la balle, un spasme parcourait le stade, le banc uruguayen tremblait : que va faire Mbappé ? Une course folle, un dribble déroutant, une reprise du tonnerre ? Pauvre Diego Laxalt, son garde du corps, il n’en menait pas large. Au fil des rencontres, l’attaquant français est devenu l’attraction de la compétition.
Mbappé est une fleur précoce. A son âge, 19 ans, ni Ronaldo(s) (et le Brésilien et le Portugais) ni Messi n’étaient titulaires en équipe nationale en Coupe du monde. Seul le Roi Pelé, en Suède, en 1958, tient la comparaison. En Championnat de France, en Ligue des champions, en équipe nationale (et chez son banquier), le crack brûle une à une les étapes. Avec décontraction, comme si tout allait de soi et que le bon Dieu du football avait...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-5">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les Diables rouges joueront mardi soir en demi-finale de la Coupe du monde « le vrai favori », l’équipe de France, décrite en Belgique comme « roublarde mais très efficace ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


France-Belgique : les Belges se préparent à affronter « ce voisin que l’on aime détester »

Les Diables rouges joueront mardi soir en demi-finale de la Coupe du monde « le vrai favori », l’équipe de France, décrite en Belgique comme « roublarde mais très efficace ».



Le Monde
 |    09.07.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 16h10
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Ils ont suivi le conseil de Thomas Meunier, le défenseur des Diables rouges, après la victoire historique de la Belgique sur le Brésil, vendredi 6 juillet : ils se sont payé « une bonne murge ». Les Belges étaient des centaines de milliers dans les villes et les villages, rassemblés devant les écrans géants et formant une marée humaine noire, jaune et rouge. Klaxons, sirènes, hurlements de joie, flots de bière : on n’a pas le souvenir, dans le royaume, d’un tel déferlement populaire. Même ceux qui ont connu la foule rassemblée sur la Grand-Place de Bruxelles, en 1986, pour saluer les Diables rouges, qui avaient atteint une demi-finale, perdue contre l’Argentine, au Mondial mexicain, avouent que cette fête-là n’avait rien à voir.
Mais les Belges ont faim. Dès le lendemain, ils se projetaient sur l’affrontement contre leurs voisins français. Plus que deux matchs à remporter avant d’atteindre ce que les plus optimistes n’osaient pas envisager jusque-là : la conquête du titre suprême. Pour une partie des observateurs, comme le chroniqueur flamand Mathieu Goedefroy, il s’agit désormais pour les Diables de vaincre « le vrai favori », l’équipe de France, menée par sa nouvelle pépite, Kylian Mbappé, « ce train qui fonçait et que les vaches uruguayennes regardaient passer ». 
« La jeunesse et le cynisme au pouvoir »
Philippe Albert, un ancien défenseur des Diables rouges devenu consultant de la RTBF, croit que l’équipe du sélectionneur Roberto Martinez peut « largement entrevoir la finale » si elle réédite la même performance que face au Brésil. D’autres observateurs estiment que les deux formations ont désormais autant de chances l’une que l’autre de s’imposer. « Ce sera un match très différent [du Brésil], avec un bloc bien organisé », avance le milieu de terrain Axel Witsel. Le capitaine des Diables rouges, Eden Hazard, se dit, lui, « impressionné » par les Bleus depuis leur huitième de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-6">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le match contre la France de mardi soir est en « une » des quotidiens francophones et néerlandophones.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ 
<article-nb="2018/07/10/19-7">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Depuis août 2016, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France est l’adjoint du sélectionneur belge Roberto Martinez.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 08/07/2018
Découvrir l’application


                        

France-Belgique : Thierry Henry, le pacte avec les Diables

Depuis août 2016, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France est l’adjoint du sélectionneur belge Roberto Martinez.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h37
    |

            Rémi Dupré (Istra (Russie), envoyé spécial)








                        




 .decomptefrabel { border-top: 2px solid #16212c; border-bottom: 2px solid #16212c; padding: 2rem 0; width: 100%; color: #16212c; font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial; font-size: 1.7rem; text-align: center; } .decomptefrabel .textedecompte { font-size: 1.7rem; line-height: 4rem; } .decomptefrabel .tempsdecompte { font-size: 2.5rem; line-height: 4rem; font-weight: bold; }

Temps restant avant France - Belgique



function countdownTimeStart() {

    var countDownDate = new Date("Jul 10, 2018 20:00:00").getTime();

    var x = setInterval(function() {

        var maintenant = new Date().getTime();

        var distance = countDownDate - maintenant;

        var heures = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60 * 24)) / (1000 * 60 * 60));
        var minutes = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60)) / (1000 * 60));
        var seconds = Math.floor((distance % (1000 * 60)) / 1000);

        document.getElementById("decompte").innerHTML = heures + " h " + minutes + " min " + seconds + " s";
        if (distance             clearInterval(x);
            document.getElementById("decomptetexte").remove()
            document.getElementById("demo").innerHTML = "Le décompte est terminé";
        }
    }, 1000);
}
countdownTimeStart();


C’est une accolade que les photographes vont prendre un malin plaisir à immortaliser. Les curieuses retrouvailles entre Didier Deschamps et Thierry Henry, tous deux sacrés champions du monde en 1998 avec les Bleus, seront particulièrement scrutées au coup d’envoi du prometteur France-Belgique, en demi-finales du tournoi planétaire, mardi 10 juillet, à Saint-Pétersbourg. Derrière ce choc européen se cache donc une étonnante confrontation entre le patron des Tricolores et son ancien partenaire, devenu en août 2016 le deuxième adjoint de l’Espagnol Roberto Martinez, le sélectionneur des Diables rouges.
Meilleur buteur de l’histoire des Bleus (51 réalisations en 123 matchs, de 1997 à 2010), « Titi » Henry, 40 ans, se trouve paradoxalement dans le camp d’en face, déterminé à empêcher Deschamps d’accrocher une deuxième étoile mondiale à son veston. Connu comme le « T3 » (troisième dans la hiérarchie) au sein du staff des Diables rouges, Henry a traversé ce Mondial russe comme un fantôme, tenu à un strict devoir de réserve. « Il ne donnera aucune interview », nous avait précisé, avant le tournoi, l’attaché de presse de la star. Même les suiveurs de la Belgique n’ont pu avoir accès à l’icône durant la compétition.

        Lire aussi :
         

                France-Belgique en direct : l’avant-match depuis Bondy, Lyon ou Mouscron



« Avec lui, je suis devenu deux fois meilleur », dit Lukaku
Il faut dire que chaque geste de l’ex-buteur est épié au complexe de Guchkovo à Dedovsk, le camp de base des Diables rouges, situé à une vingtaine de kilomètres du quartier général des Bleus, à Istra. Plus spécifiquement chargé des attaquants belges, Henry a pu montrer à ses protégés, à l’entraînement, qu’il conservait encore de beaux restes balle aux pieds.
En août 2016, les journalistes belges avaient accueilli avec surprise et enthousiasme l’arrivée de Thierry Henry dans le staff de Roberto Martinez, ancien coach de l’équipe anglaise d’Everton, nommé après l’élimination des Diables en quarts de finale de l’Euro 2016. Le successeur de Marc Wilmots avait jeté son dévolu sur le Français pour sa parfaite connaissance de la Premier League, où évoluent neuf des onze titulaires belges lors du Mondial russe. L’ex-buteur du club londonien d’Arsenal a ainsi pour mission d’aiguiller la génération dorée incarnée par les attaquants Eden Hazard, Michy Batshuayi (Chelsea), Kevin De Bruyne (Manchester City) et Romelu Lukaku (Manchester United).
Les éloges à l’endroit de celui qui reverse à des associations caritatives son salaire, versé par la Fédération belge, sont nombreux
Retraité des terrains depuis décembre 2014, après une dernière expérience aux Red Bulls de New York (2010-2014) en MLS, la Ligue américaine, Henry a rapidement passé ses diplômes d’entraîneur outre-Manche, exerçant notamment auprès des équipes de jeunes d’Arsenal. Titulaire d’une licence pro UEFA depuis mars 2016, il est censé apporter son vécu et sa science des appels et du placement aux attaquants belges. « Depuis que je travaille avec lui, je suis devenu deux fois meilleur, racontait récemment Romelu Lukaku, meilleur buteur de son équipe en Russie (4 réalisations), au site américain The Players Tribune. Je suis avec la légende, en chair et en os, et il est en train de m’apprendre comment courir dans les espaces comme lui le faisait. »

        Lire aussi :
         

                Tout savoir sur la Belgique à la Coupe du monde 2018 de football



L’ex-attaquant de Monaco et du FC Barcelone, doté d’un palmarès à rallonge (Mondial 1998, Euro 2000, Premier League en 2002 et 2004, Liga espagnole en 2009 et 2010, Ligue des champions en 2009, entre autres), a aussi pour mission d’inculquer sa culture de la gagne. « Thierry nous apporte quelque chose de complètement différent, expliquait, à son arrivée, Roberto Martinez. Il sait comment développer une mentalité collective, comment travailler en groupe pour gagner. » Les éloges à l’endroit de celui qui reverse à des associations caritatives son salaire (8 000 euros mensuels) versé par la Fédération belge sont nombreux.
En phase d’apprentissage, Henry rejoint ainsi l’imposante confrérie des champions du monde 1998 devenus entraîneurs avec plus ou moins de succès. Outre ses plus dignes représentants Didier Deschamps, Laurent Blanc (ex-sélectionneur des Bleus et coach du PSG) et Zinédine Zidane (Real Madrid), cette caste compte aussi dans ses rangs Bernard Diomède (sélectionneur de l’équipe de France des moins de 19 ans), Patrick Vieira (Nice), Alain Boghossian (ex-adjoint des sélectionneurs Raymond Domenech et Laurent Blanc), Bernard Lama (ex-sélectionneur du Kenya) et Lionel Charbonnier (ex-Istres).
« Ça fait bizarre de l’avoir contre nous »
En France, certains esprits chagrins ont regretté de voir Henry, « le grand frère belge », défier les Bleus, pointant une sorte d’anomalie. Une ironie de l’histoire qui n’a pas échappé aux joueurs français. « Je vous avouerais que ça fait bizarre de l’avoir contre nous », a notamment réagi l’attaquant Olivier Giroud. « Est-ce que j’aurais pu lui proposer un poste ? Didier et son staff sont là depuis longtemps, il n’y avait pas de poste ailleurs donc il n’y avait pas vraiment de possibilités, a commenté Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football. II a toujours joué en Angleterre. Il a peu de contacts avec la Fédération. »

        Lire aussi :
         

                Quand la Belgique remportait l’ancêtre de la Coupe du monde



L’ex-capitaine des Bleus a en effet pris ses distances avec la FFF depuis le scandale de sa fameuse double main contre l’Irlande, en 2009. Adulé en Angleterre, impopulaire en France, le finaliste malheureux du Mondial 2006 a mis longtemps à digérer cet épisode. Au point de jouer les spectateurs lors de la tragicomédie de la grève du bus de Knysna, au Mondial sud-africain de 2010. Relégué sur le banc par Raymond Domenech, il avait tiré sa révérence en sélection après le fiasco des Tricolores.
Au terme de sa carrière, Henry s’est engagé avec la chaîne anglaise Sky Sports pour jouer les consultants de luxe (le Daily Mail évoquait un contrat à 30 millions d’euros jusqu’en 2021). Au micro, il n’épargne pas ses protégés belges en Premier League. Cela lui arrive aussi de critiquer ses compatriotes. Olivier Giroud en a fait les frais, en 2015. « Il n’y a pas d’esprit de revanche, a insisté ce dernier. Mais bien sûr que je serai fier de pouvoir montrer à Titi qu’il a choisi le mauvais camp. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-8">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ De Laurent Blanc à Marius Trésor, d’anciens Bleus partagent leurs souvenirs de demi-finalistes. Et croient en la victoire finale de la génération actuelle à la Coupe du monde.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


France-Belgique : les anciens jugent les modernes

De Laurent Blanc à Marius Trésor, d’anciens Bleus partagent leurs souvenirs de demi-finalistes. Et croient en la victoire finale de la génération actuelle à la Coupe du monde.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h37
    |

            Adrien Pécout (Istra, envoyé spécial) et 
Rémi Dupré (Istra, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ils ont déjà connu ça. Cette sensation de se rapprocher du titre. Cette angoisse, aussi, de voir soudain le terrain se dérober sous leurs crampons de footballeurs. L’équipe de France a déjà disputé cinq demi-finales de Coupe du monde pour seulement deux victoires (1998, l’année du titre, puis 2006) et trois défaites (1958, 1982 et 1986).
Comment, maintenant, appréhender la sixième, mardi 10 juillet à Saint-Pétersbourg, contre la Belgique ? S’il estime « très dangereux de comparer » les époques, Laurent Blanc insiste sur le potentiel de la génération actuelle et sur l’importance d’en tirer profit. Le « président », son surnom d’alors, connaît bien la question : il appartient à la seule équipe de France à avoir déjà soulevé le trophée, celle de 1998, triomphatrice du Mondial à domicile. « Des équipes qui ont eu le potentiel d’être championnes du monde, il y en a eu beaucoup. Mais beaucoup sont passées à côté. »

« Ça joue plus rapide »
L’ancien défenseur central avait été expulsé en demies après une simulation du Croate Slaven Bilic. Aujourd’hui, il apprécie comme tout le monde les fulgurances de Kylian Mbappé : le jeune talent de 19 ans a déjà frappé les esprits grâce à un doublé en huitièmes de finale contre l’Argentine. « Un phénomène. Tout le monde le voit devenir un très, très grand joueur. Il a du chemin à faire et quelques pièges et embuscades à éviter. Thierry Henry et David Trezeguet l’ont fait. A lui de le faire. » En 1998, les deux attaquants avaient 20 ans. Soit un an de plus que Mbappé à l’heure actuelle.
Aux côtés de l’avant-centre parisien, une bonne partie de cette jeunesse joue déjà maintenant dans les plus grands clubs européens… En 1982, Marius Trésor portait le maillot des Girondins de Bordeaux. « La grande différence entre notre génération et celle de 2018, c’est qu’elle évolue a l’étranger, estime l’ancien défenseur central. Même les jeunes, à...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-9">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Depuis 1998, les Bleus sont devenus la caisse de résonance des questionnements identitaires français.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : l’équipe de France, objet politique malgré elle

Depuis 1998, les Bleus sont devenus la caisse de résonance des questionnements identitaires français.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h36
    |

            Rémi Dupré (Istra (Russie), envoyé spécial)








                        



 .decomptefrabel { border-top: 2px solid #16212c; border-bottom: 2px solid #16212c; padding: 2rem 0; width: 100%; color: #16212c; font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial; font-size: 1.7rem; text-align: center; } .decomptefrabel .textedecompte { font-size: 1.7rem; line-height: 4rem; } .decomptefrabel .tempsdecompte { font-size: 2.5rem; line-height: 4rem; font-weight: bold; }

Temps restant avant France - Belgique



function countdownTimeStart() {

    var countDownDate = new Date("Jul 10, 2018 20:00:00").getTime();

    var x = setInterval(function() {

        var maintenant = new Date().getTime();

        var distance = countDownDate - maintenant;

        var heures = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60 * 24)) / (1000 * 60 * 60));
        var minutes = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60)) / (1000 * 60));
        var seconds = Math.floor((distance % (1000 * 60)) / 1000);

        document.getElementById("decompte").innerHTML = heures + " h " + minutes + " min " + seconds + " s";
        if (distance             clearInterval(x);
            document.getElementById("decomptetexte").remove()
            document.getElementById("demo").innerHTML = "Le décompte est terminé";
        }
    }, 1000);
}
countdownTimeStart();


C’est devenu une tradition républicaine. Avant chaque Coupe du monde ou championnat d’Europe, le chef de l’Etat vient déjeuner avec les joueurs de l’équipe de France de football au château de Montjoye, à Clairefontaine (Yvelines), son quartier général. Emmanuel Macron s’y est d’ailleurs rendu mardi 5 juin pour présenter ses vœux de réussite au sélectionneur Didier Deschamps et à ses protégés avant leur départ pour la Russie. Et il était attendu à Saint-Pétersbourg, mardi 10 juillet, pour assister à la demi-finale entre la France et la Belgique.

        Lire aussi :
         

                France-Belgique en direct : l’avant-match depuis Bondy, Lyon ou Mouscron



Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, qui s’est réjoui de l’élimination de l’Allemagne (« joie pure », a tweeté le leader de La France insoumise), tenante du titre, dès le premier tour, M. Macron s’est bien gardé de faire le moindre commentaire depuis l’ouverture de la Coupe du monde russe. S’il éprouve une passion débordante pour le ballon rond, à l’instar de Nicolas Sarkozy et François Hollande, le chef de l’Etat fait toutefois le même constat que ses prédécesseurs : les Bleus sont bel et bien devenus un objet politique, chargé de symboles, qu’aucun président digne de ce nom ne doit négliger. Bien au contraire.
« Un thème qui est aussi important pour tant de monde, un politique ne peut pas passer à côté »
« L’équipe de France est un symbole qui touche beaucoup de couches de la société. Un thème qui est aussi important pour tant de monde, un politique ne peut pas passer à côté, estime le sociologue Albrecht Sonntag, professeur à l’Essca, l’Ecole supérieure des sciences commerciales d’Angers. Le surinvestissement symbolique, cette charge de représentation de la nation par une équipe de football, est consubstantiel au football. Dans le cas des Bleus, c’est surtout la victoire au Mondial 1998 qui a provoqué une explosion d’interprétations et de surinterprétations de ce qu’ils représentent. Cette équipe est devenue une illustration, accessible au monde entier, de ce qu’être français veut dire. »
« Reflet de l’histoire de l’immigration »
C’est le triomphe de 1998 et la construction médiatique du mythe « black, blanc, beur » qui a amorcé un phénomène de « politisation » autour des Tricolores. Un constat que partage le champion du monde Lilian Thuram, recordman du nombre de sélections (142). « Les responsables politiques se penchaient moins sur l’équipe de France avant notre victoire. C’est normal, car le foot n’avait pas la même place qu’aujourd’hui dans la société française, assure l’ex-défenseur. Mais le foot a toujours été politique. L’équipe de France a toujours été le reflet de l’histoire de l’immigration française : Kopa, Platini, Zidane. Sauf qu’avant 1998, la société le voyait-elle, en discutait-elle ? »
« Après 1998, les Bleus deviennent un lieu central pour penser les questions interculturelles »
Pour l’historien Yvan Gastaut, maître de conférences à l’université Sophia-Antipolis de Nice, « la victoire de 1998 a fait rentrer le foot dans la vie publique, les hommes politiques français ». « C’est l’un des événements qui dépassent le cadre sportif en tant que tel, développe-t-il. Après 1998, les Bleus deviennent une caisse de résonance, un lieu central pour penser les questions interculturelles. Depuis, on est dans une constante évocation du lien de la France à sa diversité, que l’équipe de France devrait endosser. On peut tout faire dire au football : une victoire et c’est l’intégration réussie ; une défaite et c’est l’absence de liant, le communautarisme montant. »
Avant le sacre de 1998, les Tricolores avaient pourtant déjà fait l’objet d’une forme de récupération idéologique. C’est Jean-Marie Le Pen, en plein championnat d’Europe 1996, qui est le premier à « politiser » le débat autour des Bleus. Le leader du Front national allume une mèche en jugeant « artificiel que l’on fasse venir des joueurs de l’étranger en les baptisant “équipe de France” ». Vingt ans plus tard, sa fille Marine reproche à l’attaquant Karim Benzema, écarté des Bleus après sa mise en examen dans l’affaire dite de la « sextape », de ne pas chanter La Marseillaise et d’afficher « son mépris de toute forme de patriotisme ». Dans un autre registre, l’essayiste Alain Finkielkraut avait fustigé, lors des révoltes des banlieues de 2005, dans un entretien au journal israélien Haaretz, cette équipe de France « black-black-black », « ce qui en fait la risée de toute l’Europe ».
« Une responsabilité qui les dépasse »
« L’équipe de France, à son corps défendant, est devenue une sorte de caisse de résonance des questionnements identitaires, analyse François Hollande. On ne peut pas demander à des joueurs, tournés vers la victoire et la compétition, d’endosser une responsabilité qui les dépasse. » L’ancien président estime que cette « politisation » du football est observable dans d’autres pays, soulignant « les polémiques en Allemagne avec les joueurs d’origine turque ». « Comment sortir de ce piège, car cela en est un, pour les joueurs comme pour la société française ? Je pense que le mieux est que les politiques ne se mêlent pas des affaires de l’équipe de France », considère-t-il.
Pourtant, ces vingt dernières années, plusieurs épisodes attestent d’une ingérence des responsables politiques, légitime ou non, dans les affaires de la sélection. Sifflets lors de La Marseillaise à l’occasion du match amical France-Algérie en 2001, double faute de main de Thierry Henry contre l’Irlande en 2009, affaire des quotas ethniques en 2011 : ces événements ont poussé la classe politique à réagir, à commenter, à se placer sur le terrain de la morale, aussi.
« Le football est représentatif des maux de la société : le fric, la déshumanisation, l’individualisme »
En la matière, un pic est atteint à l’été 2010, après le scandale de la grève du bus de Knysna, lors du Mondial sud-africain. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce fiasco des Bleus se transforme en affaire d’Etat, et la ministre de la santé et des sports, Roselyne Bachelot, critique cette « équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés ». Aujourd’hui, l’ex-membre du gouvernement Fillon précise le sens de sa formule et ne renie rien. « L’équipe de France est le symbole des péchés, mais le mot est trop fort, de la société telle qu’elle est. Elle offre une forme de loupe, de diagnostic global de la société, explique-t-elle. Le football est représentatif des maux de la société : le fric, la déshumanisation, l’individualisme, une forme d’errance chez ces petits gosses de banlieue complètement coupés de leurs racines et jetés très jeune dans un monde de fric. »
« Respecter les institutions »
En 2016, la mise en examen de Karim Benzema dans l’affaire de la « sextape » amène également les politiques à intervenir. Le premier ministre, Manuel Valls, et Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, s’opposent alors à un retour du joueur en équipe de France dans la perspective de l’Euro, organisé dans l’Hexagone. François Hollande rappelle son gouvernement à l’ordre et « trace une ligne claire » : « Ce sont les affaires du sélectionneur, de la Fédération française de football. » « On voulait appliquer au football les mêmes règles que pour un gouvernement. C’est absurde, se souvient l’ex-chef de l’Etat. Il se trouve que Deschamps n’a pas sélectionné Benzema. Mais il ne l’a pas fait pour des raisons politiques. Il n’y a pas de règle qui voudrait qu’un joueur mis en examen ne puisse pas évoluer en équipe de France. Il faut respecter les institutions du football si on veut que le football respecte les institutions de la République. »
Le 13 novembre 2015, les attentats commis par l’organisation Etat islamique aux abords du Stade de France, lors d’un match amical France-Allemagne, renvoient cruellement à la dimension politique prise par les Bleus. « Les terroristes voulaient sans doute que le match soit interrompu et que la panique s’installe, explique François Hollande. Mais ils voulaient surtout s’attaquer à la France à travers son équipe. » Une sélection à la croisée de toutes les interprétations symboliques. Bien malgré elle.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-10">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Marco Martiniello, ancien joueur de football et professeur à l’université de Liège, estime que la passion pour l’équipe nationale ne traduit pas nécessairement un regain d’un nationalisme belge.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/07/10/19-11">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Face aux Belges, l’équipe de France disputera la sixième demi-finale de son histoire. Et tentera d’accéder à sa troisième finale après celles de 1998 et 2006.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Avant France-Belgique, les cinq précédentes demi-finales des Bleus au Mondial

Face aux Belges, l’équipe de France disputera la sixième demi-finale de son histoire. Et tentera d’accéder à sa troisième finale après celles de 1998 et 2006.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h24
    |

            Clément Martel








                        



 .decomptefrabel { border-top: 2px solid #16212c; border-bottom: 2px solid #16212c; padding: 2rem 0; width: 100%; color: #16212c; font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial; font-size: 1.7rem; text-align: center; } .decomptefrabel .textedecompte { font-size: 1.7rem; line-height: 4rem; } .decomptefrabel .tempsdecompte { font-size: 2.5rem; line-height: 4rem; font-weight: bold; }

Temps restant avant France - Belgique



function countdownTimeStart() {

    var countDownDate = new Date("Jul 10, 2018 20:00:00").getTime();

    var x = setInterval(function() {

        var maintenant = new Date().getTime();

        var distance = countDownDate - maintenant;

        var heures = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60 * 24)) / (1000 * 60 * 60));
        var minutes = Math.floor((distance % (1000 * 60 * 60)) / (1000 * 60));
        var seconds = Math.floor((distance % (1000 * 60)) / 1000);

        document.getElementById("decompte").innerHTML = heures + " h " + minutes + " min " + seconds + " s";
        if (distance             clearInterval(x);
            document.getElementById("decomptetexte").remove()
            document.getElementById("demo").innerHTML = "Le décompte est terminé";
        }
    }, 1000);
}
countdownTimeStart();


Avant de disputer, mardi 10 juillet, la demi-finale de la Coupe du monde 2018 face à la Belgique, les Français ont atteint à cinq reprises ce stade de la compétition. De l’épopée des Français en 1958 aux aventures de Zidane et de ses coéquipiers en 2006, retour sur les précédentes demi-finales des Bleus au Mondial.
1958 : un blessé, un Pelé et trois buts (Brésil-France, 5-2)

   


Que serait-il advenu si les changements avaient été autorisés en 1958 ? Qualifiés pour la première fois de leur histoire en demi-finale de la Coupe du monde, les Bleus d’un Just Fontaine marchant sur l’eau (treize buts inscrits lors de la compétition, le record reste à battre) se poseront à jamais la question. Face au Brésil, meilleure défense de la compétition, n’ayant pas encaissé le moindre but depuis son premier match, les coéquipiers du futur Ballon d’or, Raymond Kopa, engagent la rencontre avec entrain. Après avoir encaissé un but dès l’entame, les joueurs d’Albert Batteux égalisent par Just Fontaine à la neuvième minute de jeu.
Mais après une demi-heure de jeu, le capitaine français, Robert Jonquet, fauché par l’attaquant Vava, se fracture le péroné. Or, le règlement de l’époque ne permettant pas de changement, les Bleus terminent la partie à dix contre onze. Et subissent l’émergence d’un gamin de 17 ans appelé à un destin mondial. En moins d’un quart d’heure, le jeune Pelé inscrit un triplé (52e, 64e, 75e) et enterre les rêves de titre des Français.
« C’est à la suite de mes exploits en Suède qu’un magazine français, curieusement, m’a gratifié du titre de “roi du football”, expliquait le meilleur joueur du XXe siècle lors du Mondial 2014. Un titre qui s’est répandu dans le monde entier et a contribué à façonner ma légende. » Défaits 5-2, les Bleus achèveront leur compétition à la troisième place du Mondial suédois.

        Lire aussi :
         

          Pelé et Just Fontaine refont France-Brésil...1958



1982 : le traumatisme de Séville (France-Allemagne, 3-3, 3-4 aux tirs au but)

   


De ce jeudi noir pour le sport français, tout a été dit et écrit, déjà. « Même les plus jeunes en ont entendu parler par leur père ou leur grand-père, estime le milieu de terrain des Bleus d’alors, Bernard Genghini. Ce match est resté dans la légende du foot par son déroulement, sa dramaturgie, et par toutes les émotions qu’il a pu procurer. » Ce 8 juillet à Séville, la France tombe amoureuse de son équipe de foot en même temps qu’elle se confronte à l’injustice de ce sport, qui « se joue à onze contre onze, et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne ».
Opposés à la RFA en demi-finale du Mondial espagnol, Platini et sa bande aspirent à se hisser en finale pour la première fois de leur histoire. Et à deux reprises, ils pensent avoir match gagné, après les buts de Marius Trésor et d’Alain Giresse. Mais, après la terrible agression de Schumacher sur Battiston, les Allemands reviennent à la marque à deux reprises. S’ensuit la première séance de tirs au but de la compétition, et le raté de Bossis, qui offre la qualification à l’Allemagne. « Aucun film, aucune pièce ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d’émotions que la demi-finale perdue de Séville », analysera Michel Platini longtemps après. Battus et abattus, les hommes de Michel Hidalgo s’inclineront lors du match suivant, la petite finale face à la Pologne (3-2).

        Lire aussi :
         

          France-Allemagne : les larmes de Séville



1986 : la revanche perdue (France-Allemagne, 0-2)

   


Quatre ans après le « drame » de Sanchez-Pizjuan, à Séville, France et Allemagne de l’Ouest se retrouvent au même stade de la compétition. S’ils sont champions d’Europe en titre, les Bleus d’Henri Michel évoluent sans Dominique Rocheteau, et avec un Michel Platini fortement diminué. A Guadalaraja (Mexique), les Français débarquent quatre jours après avoir réalisé leur exploit du Mondial : l’élimination du Brésil en quarts de finale, au terme d’une partie d’une intensité exceptionnelle (1-1, 4-3 aux tirs au but).
D’un réalisme chirurgical, la Mannschaft ouvre la marque dès la neuvième minute de jeu par Brehme, sur coup franc. Courant après le score, les Bleus se procurent quelques occasions, mais butent, cette année encore, sur Schumacher. En fin de rencontre, Völler crucifie les Français en lobant Joël Bats, sorti à sa rencontre sur une contre-attaque. Pour la seconde fois d’affilée, la France est éliminée par l’Allemagne en demi-finale de Coupe du monde. Et Franz Beckenbauer, l’entraîneur allemand de l’époque, ne manquera pas de le souligner après la rencontre : « Cette équipe ne sait pas battre l’Allemagne. » Au match suivant, la génération Platini (Giresse, Bossis, Rocheteau, Tigana…) se consolera tant bien que mal en décrochant la troisième place.

        Lire aussi :
         

                France-Allemagne (3/4) : la revanche perdue de 1986



1998 : le chef-d’œuvre de Thuram (France-Croatie, 2-1)

   


« J’ai essayé de faire revenir cette personne qui a marqué deux buts, mais elle ne s’est jamais représentée ! » Vingt ans après, Lilian Thuram ne s’est toujours pas remis de son doublé inscrit face à la Croatie en demi-finale de la Coupe du monde en France. Douze ans après sa dernière participation au Mondial, la France s’est hissée dans le dernier carré au terme d’un parcours maîtrisé. Mais face à la Croatie de Davor Suker, les hommes d’Aimé Jacquet doivent leur salut au plus improbable des héros.
Menés dès l’entame de la seconde période, les Bleus voient leur arrière droit, défenseur central de formation, inscrire deux buts en un quart d’heure. Les deux seuls de sa longue carrière sous le maillot bleu. « Sur le premier but, c’est moi qui lui fais la passe et je n’ai toujours pas compris ce qu’il foutait là. Vraiment ! racontera plusieurs années plus tard Youri Djorkaeff. Je suis à l’entrée de la surface, je reçois le ballon et là, d’un coup, je vois Thuram. » En dépit de l’expulsion de Laurent Blanc en fin de rencontre, les Français se qualifieront pour la première finale de leur histoire. Avec le résultat final que l’on sait, face au Brésil.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde : la folle nuit du 12 juillet 1998



2006 : Zidane au bout de la crispation (Portugal-France, 0-1)

   


Pour la cinquième demi-finale de Coupe du monde de son histoire, la France étrenne un nouveau statut. Après avoir successivement battu l’Espagne puis le champion en titre brésilien, les coéquipiers de Zinedine Zidane ont récupéré l’étiquette de favori avant d’affronter le Portugal. Alignant Figo, Cristiano Ronaldo, Pauleta ou encore Deco, les Lusitaniens ont une puissance de feu inquiétante pour les hommes de Raymond Domenech.
Mais devant 22 millions de téléspectateurs en France (un record), les Bleus verrouillent la rencontre. Grâce à un penalty de leur capitaine, Zidane, provoqué par Henry, les Bleus renversent les hommes de Luiz Felipe Scolari (tenant du titre avec le Brésil). Et se qualifient pour leur deuxième finale de Coupe du monde, huit ans après leur sacre. Ils échoueront d’un rien face à l’Italie (1-1, 5-3 aux tirs au but). Vainqueurs de deux de leurs cinq demi-finales de Coupe du monde, les Bleus tenteront d’équilibrer leur bilan mardi, face à la Belgique.

Notre sélection d’articles pour suivre la Coupe du monde 2018
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur la Coupe du monde de football en Russie (du 14 juin au 15 juillet) :
Notre « guide suprême » du Mondial : 32 fiches pour connaître les 32 équipesLes Bleus : tous nos articles sur l’équipe de FranceLe calendrier : les horaires et les résultats de tous les matchsLes explications : tout ce qu’il faut savoir sur la VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrageFaites vos jeux : pariez sur les 64 matchs et partagez vos pronostics avec vos amisNos conseils : comment regarder la Coupe du monde au travailLe visuel interactif : 10 matchs épiques de la Coupe du mondeUn graphique multimédia pour comparer les forces et faiblesses des 32 équipesLe quiz : êtes-vous (vraiment) prêt pour la Russie ?
Toutes nos vidéos :
L’arbitrage vidéo est-il efficace ?Comment tricher au tirage au sort grâce à une formule mathématiquePourquoi les joueurs de foot simulent-ils autant ?Comment la peur du ridicule explique la plupart des penalties ratésPourquoi le football est-il un sport si imprévisible ?





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-12">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté pour leur sortie de l’Union européenne. Depuis, la première ministre Theresa May tente de mettre en place le Brexit, dans la douleur.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/10/19-13">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le club madrilène a annoncé le départ du quintuple Ballon d’or vers le club italien de la Juventus Turin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Football : Cristiano Ronaldo quitte le Real Madrid pour la Juventus Turin

Le club madrilène a annoncé le départ du quintuple Ballon d’or vers le club italien de la Juventus Turin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h25
   





                        


Le Real Madrid a annoncé, mardi 10 juillet, le départ de la star planétaire Cristiano Ronaldo à la Juventus Turin, un transfert qui met en ébullition la planète football. « J’ai beaucoup réfléchi » et « je pense que le moment est venu d’ouvrir une nouvelle étape dans ma vie et c’est pour cela que j’ai demandé au club d’accepter mon transfert », a dit pour sa part CR7 dans une lettre publiée par le club merengue.
Il quitte le club de la capitale espagnole en tant que meilleur buteur de l’histoire du Real Madrid, avec 451 buts en 438 rencontres et avec 16 titres au compteur, dont quatre Ligue des champions. Le Real Madrid assure par ailleurs que CR7 « restera toujours une des plus grandes légendes » du club. Il était arrivé en Espagne en 2009, en provenance de Manchester United, contre 94 millions d’euros. La Juventus est le quatrième club de l’attaquant qui a débuté sa carrière professionnelle avec le Sporting Portugal en 2002.

⚽⭐🙌 Carta de Cristiano Ronaldo. 

✍ https://t.co/N6ssf0qoca

— realmadrid (@Real Madrid C.F.)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-14">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Gaviria, déjà vainqueur de la première étape, s’est imposé de justesse face au champion du monde, le Slovaque Peter Sagan, et à l’Allemand André Greipel.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Tour de France 2018 : le doublé pour Gaviria, Van Avermaet reste en jaune

Gaviria, déjà vainqueur de la première étape, s’est imposé de justesse face au champion du monde, le Slovaque Peter Sagan, et à l’Allemand André Greipel.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h45
   





                        



   


Le Colombien Fernando Gaviria (Quick-Step) a remporté au sprint la 4e étape du Tour de France, mardi, à Sarzeau, près du golfe du Morbihan, son deuxième succès depuis le départ. Le Belge Greg Van Avermaet (BMC) a conservé le maillot jaune de leader après cette étape marquant l’entrée en Bretagne.
Gaviria, déjà vainqueur de la première étape à Fontenay-le-Comte, s’est imposé de justesse face au champion du monde, le Slovaque Peter Sagan, et à l’Allemand André Greipel. Le peloton a joué avec le feu avec l’échappée du jour, reprise seulement sous la flamme rouge du dernier kilomètre.
Chute dans le peloton
Par une étrange coïncidence avant la demi-finale France-Belgique du Mondial de football, cette échappée a réuni dès les premiers hectomètres quatre représentants des deux pays. Les deux « Bleus », Jérôme Cousin et Anthony Pérez, et les deux « Diables rouges », Dimitri Claeys et Guillaume Van Keirsbulck, ont bénéficié d’un bon de sortie qui a culminé à 7 min 30 s. Mais leur avance s’est réduite sous l’effet conjugué de la poursuite organisée par les équipes de sprinteurs (Gaviria, Greipel, Démare, Groenewegen) et du vent de face dans les 100 derniers kilomètres.
Le quatuor a accéléré à l’approche des 40 derniers kilomètres pour compter encore 2 min 30 s aux 25 km. L’équipe Quick-Step a dû dépêcher plusieurs coureurs pour activer la chasse sans pour autant mettre fin au suspens. La formation belge, qui espérait du renfort, a modéré ses efforts en tête du peloton avant d’insister de nouveau. L’écart, qui atteignait de 1 min 45 s aux 15 km, a diminué ensuite : 1 min aux 8 km et 35 s 4 km plus loin.
Une chute dans le peloton a jeté à terre Axel Domont (AG2R La Mondiale), le compagnon de chambre du Français Romain Bardet, et a retardé le Russe Ilnur Zakarin (Katusha Alpecin), qui a cédé environ une minute à l’arrivée des 195 km. Gaviria, qui est âgé de 23 ans, a signé son neuvième succès de la saison, la 34e victoire de sa carrière.
Mercredi, la 5e étape, 204,5 km entre Lorient et Quimper, emprunte des routes d’un autre profil, sinueuses, étroites et accidentées, pour rejoindre la préfecture du Finistère. Dans l’esprit d’une classique ardennaise, de l’avis du directeur de course, Thierry Gouvenou, qui espère du mouvement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-15">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Sébastian Roché estime que l’embrasement de l’agglomération nantaise après la mort d’Aboubakar Fofana révèle, une fois de plus, la défiance des populations défavorisées envers la police.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Emeutes de Nantes : « La police a tendance à confondre force et autorité »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Sébastian Roché estime que l’embrasement de l’agglomération nantaise après la mort d’Aboubakar Fofana révèle, une fois de plus, la défiance des populations défavorisées envers la police.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h34
    |

Sebastian Roché (directeur de recherche au CNRS, enseigne à Sciences Po Grenoble)







                        



                                


                            

Tribune. Une personne de 22 ans a été tuée lors d’un contrôle de police, mardi 3 juillet. On ne sait pas encore exactement ce qui s’est passé à Nantes. Mais la dynamique d’ensemble est bien connue et se vérifie une fois encore, depuis le choc qui crée l’embrasement à sa propagation.
Les émeutes de 2005 – les plus importantes que la France ait connues par leur durée et leur extension géographique ou encore le nombre de participants – trouvent leurs origines dans le fait que plusieurs enfants ont été tués dans une course-poursuite avec la police. La mort des enfants appelle la vengeance, car ils symbolisent l’innocence et la fragilité. La mort d’une personne adulte a moins de puissance symbolique, mais c’est une cause fréquente de révolte contre la police ou le gouvernement en France, au Royaume Uni ou aux Etats-Unis, pour se limiter aux pays occidentaux. L’émotion est d’autant plus contagieuse que le groupe social ou ethnique qui est touché a souvent été victime dans le passé récent de diverses discriminations et se voit surreprésenté dans le profil des personnes décédées au cours des opérations de police.

C’est le cas à Nantes, à partir d’un contrôle qui prend un tour dramatique avec le décès d’Aboubakar Fofana. Sans du tout affaiblir l’événement, il convient de rappeler que les polices européennes – et la France ne fait pas exception – ont une particularité. Par rapport à leurs homologues brésiliennes, russes ou mêmes américaines, elles utilisent bien plus rarement leurs armes et sont moins militarisées dans leur mode d’action. C’est le résultat d’un processus historique et long de pacification des mœurs, de séparation de l’armée et de la police, d’augmentation de la sélection et de l’entraînement des agents, et des normes juridiques correspondantes. Cela constitue une force morale incroyable, une source puissante de la légitimité de l’Etat et des polices elles-mêmes. Je pense que, par exemple, cette pacification explique...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-16">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les opérations de secours avaient débuté dimanche dans la grotte de Tham Luang, dans le nord du pays. Les jeunes et leur entraîneur étaient coincés depuis dix-sept jours.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Thaïlande : après plus de deux semaines sous terre, les 13 rescapés de la grotte ont été évacués

Les opérations de secours avaient débuté dimanche dans la grotte de Tham Luang, dans le nord du pays. Les jeunes et leur entraîneur étaient coincés depuis dix-sept jours.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h10
   





                        



Tous les enfants qui étaient coincés, avec leur entraîneur de football, depuis deux semaines dans la grotte de Tham Luang, dans le nord de la Thaïlande ont été évacués mardi 10 juillet, au terme d’une opération extrêmement périlleuse. Les sauvetages se sont succédé dans la journée : un premier enfant a été sorti en fin d’après-midi, suivi d’un deuxième, et d’un troisième en début de soirée, avant que les trois derniers soient évacués coup sur coup.
Les secouristes étaient engagés dans une course contre la montre. L’opération d’extraction aura duré trois jours, les enfants étant évacués chacun par deux plongeurs professionnels, sur un parcours très difficile, supposant de longs passages de plongée.
Quatre jeunes dimanche, suivis de quatre autres le lendemain, ont pu être extirpés de la grotte par une équipe de plongeurs étrangers aguerris, flanqués de commandos de la marine thaïlandaise, lors d’opérations méticuleusement planifiées. 

        Lire aussi :
         

          Plus de cent forages réalisés pour évacuer les enfants piégés dans une grotte



Bonne santé, opération internationale
Le premier groupe, sorti dimanche et lundi, a été hospitalisé, et est « en bonne santé », a déclaré Jesada Chokedamrongsuk, le responsable du ministère de la santé publique, devant des journalistes à l’hôpital de Chiang Rai. « Tout le monde est en bonne santé mentale. »
Les enfants ont subi des examens radiologiques et sanguins. Deux garçons qui présentaient des signes de pneumonie ont reçu des antibiotiques et sont dans un « état normal », a-t-il ajouté, précisant qu’ils resteraient tous en observation à l’hôpital, en quarantaine, équipés de lunettes de soleil pour protéger leurs yeux et suivis par des psychologues.
La Thaïlande tout entière a vécu au rythme de la saga des douze enfants et de leur entraîneur de 25 ans, bloqués dans le vaste réseau souterrain depuis le 23 juin par la montée des eaux.
Le drame a passionné aussi à l’étranger — les médias internationaux ont envoyé des centaines de journalistes sur place. Les enfants ont reçu des messages de soutien de célébrités aussi diverses que le président états-unien, Donald Trump, la star de football Lionel Messi ou le gourou américain de la technologie Elon Musk.
Mardi, la première ministre britannique, Theresa May, a été une des premières à saluer, sur Twitter, le « courage de tous ceux qui ont été impliqués » dans l’opération. Des plongeurs anglais avaient découvert les enfants. « Tous libérés, du bon boulot ! », a commenté Donald Trump. Des Américains se sont également joints à cette opération internationale, ayant mobilisé plusieurs pays.
Les jeunes footballeurs avaient été invités par la Fédération internationale de football (FIFA) à assister en Russie à la finale de la Coupe du monde du 15 juillet. Mais ils ne pourront pas s’y rendre en raison de leur état de santé nécessitant une hospitalisation. « Nous chercherons une occasion d’inviter les garçons à un autre événement », a réagi mardi la FIFA, qui a exprimé sa « grande joie » au terme du sauvetage et a adressé sa « profonde gratitude à toutes les personnes impliquées dans les opérations de sauvetage, qui ont malheureusement coûté la vie à un des plongeurs ».
Dix-sept nuits
Les secouristes ont critiqué l’usage de drones par certains médias lors de l’opération d’évacuation lundi, qui ont pour certains gêné les hélicoptères évacuant les enfants. La police a annoncé mardi mener une enquête sur l’utilisation de deux drones envoyés pour tenter d’avoir des images des enfants. L’Association des journalistes audiovisuels de Thaïlande a appelé mardi les reporters à « s’en tenir strictement à l’éthique et à respecter la vie privée de ceux impliqués dans cette épreuve ».
Les footballeurs des Sangliers sauvages, le nom de leur équipe, avaient passé neuf jours dans les tréfonds de la grotte avant que deux plongeurs britanniques réussissent à les rejoindre en début de semaine dernière. Emaciés mais en vie, ils étaient perchés sur un promontoire, à plus de quatre kilomètres de l’entrée du vaste réseau souterrain.
Après cette découverte, les sauveteurs ont désespérément passé en revue toutes les solutions possibles, percer des tunnels dans la montagne ou attendre sous terre pendant des semaines la fin de la mousson.
Mais face à la menace de nouvelles pluies et à la baisse des niveaux d’oxygène dans la chambre où le groupe avait trouvé refuge, les autorités ont décidé dimanche de tenter le tout pour le tout. Les derniers sortis auront passé dix-sept nuits dans la grotte.

   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-17">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Plus de 40 000 jeunes majeurs sortent chaque année sèchement de l’aide sociale à l’enfance, avec pour perspective la rue ou l’errance.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Protection de l’enfance : une proposition de loi veut garantir un suivi jusqu’à 25 ans

Plus de 40 000 jeunes majeurs sortent chaque année sèchement de l’aide sociale à l’enfance, avec pour perspective la rue ou l’errance.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 18h00
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

La députée du Pas-de-Calais ne décolère pas. « Nous ne voulons plus de sortie sèche pour les jeunes qui sont confiés à la protection de l’enfance. Le jour de leur majorité, ils se trouvent brutalement privés du soutien de la collectivité. On leur demande d’être autonomes à 18 ans, alors qu’ils sont les plus vulnérables, sans réseau et sans famille. C’est absurde », dénonce l’ex-socialiste Brigitte Bourguignon.
Aujourd’hui élue La République en marche (LRM), elle avait espéré que la promesse d’« aucune sortie sèche » soit l’une des mesures du plan pauvreté que devait annoncer Emmanuel Macron le 10 juillet. Mais l’exécutif en a décidé autrement et a reporté cette annonce à septembre.

Pas question de renoncer pour autant. Mercredi 11 juillet, elle soumet à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale une proposition de loi sur le sujet. Signé par cent quarante de ses collègues du même groupe, le texte, qui sera examiné en novembre dans l’Hémicycle, a donc toutes les chances d’être adopté, ce qui devrait mettre la pression sur le gouvernement.
Aujourd’hui, un tiers seulement des jeunes placés sous la protection de l’enfance qui atteignent l’âge de 18 ans bénéficient d’un contrat jeune majeur, soit 20 900 par an. Inventé en 1974, ce dispositif permet au département, chargé de la sauvegarde de l’enfance, de prolonger son aide financière à hauteur de 465 euros par mois et d’offrir un suivi jusqu’à 21 ans. Mais ces contrats sont de plus en plus rares et de plus en plus courts avec des situations très hétérogènes selon les collectivités. 57 % des jeunes ont bénéficié d’un contrat de moins de six mois (seulement 2 % de plus d’un an), selon une enquête menée auprès de 1 650 jeunes de sept départements par Isabelle Frechon, sociodémographe au CNRS. Près d’un quart des jeunes interrogés ont connu une période de vie dans la rue.
« Couperet des 18 ans »
« A Marseille, la situation est catastrophique : à peine...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-18">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Une équipe de recherche de l’université de New York vient de publier les images en time-lapse d’un iceberg qui s’est détaché du glacier d’Helheim, au Groenland. Un phénomène dont ils essaient de comprendre les conséquences à long terme.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/07/10/19-19">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’indemnisation irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a précisé la ministre du travail.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Assurance-chômage : le gouvernement envisage la création d’une allocation longue durée

L’indemnisation irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a précisé la ministre du travail.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 19h07
   





                        


Une allocation-chômage de longue durée. C’est ce que le gouvernement envisage, a annoncé, mardi 10 juillet devant le Sénat, la ministre du travail Muriel Pénicaud à l’occasion du débat sur le projet de loi réformant l’apprentissage et la formation professionnelle.
Le gouvernement, a-t-elle dit, va déposer un amendement à son texte qui prévoit que « les partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d’assurance-chômage, puissent se prononcer ou explorer la possibilité d’avoir une allocation-chômage de longue durée car au moment même où l’emploi repart, où il y a beaucoup de perspectives et où on crée des emplois, il y a néanmoins un chômage de longue durée sur lequel les partenaires sociaux pourraient avoir envie de faire quelque chose ». 

        Lire aussi :
         

                Les partenaires sociaux à nouveau invités à négocier sur l’assurance-chômage



L’indemnisation du chômage de longue durée irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a-t-elle précisé. Aujourd’hui, un chômeur de longue durée est indemnisé pendant deux ans avant de basculer dans l’allocation de solidarité spécifique (ASS).
Un second article à l’amendement prévoit que les partenaires sociaux puissent entrer « dans le dispositif de la négociation de l’assurance-chômage toute de suite », à savoir de septembre à fin 2018 ou début 2019. « Plusieurs des partenaires sociaux ont [demandé] au gouvernement qu’il y ait un agenda social plus important, entre eux, mais aussi avec le gouvernement, pour ouvrir un certain nombre de ces sujets », a dit la ministre.

        Lire aussi :
         

                Formation, apprentissage : le projet de loi Pénicaud 2 soulève encore beaucoup de questions



Proposition de rencontre le 17 juillet
« C’est dans ce contexte que le président de la République leur a proposé de les rencontrer mardi prochain, le 17 juillet, pour pouvoir discuter du champ de cet agenda social », a-t-elle poursuivi, rappelant que parmi les différents sujets qui pourraient être abordés Emmanuel Macron a évoqué lundi, devant le Congrès, la santé au travail, et l’assurance-chômage.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès



« Mais il faut savoir que les conventions d’assurance-chômage ont un calendrier et qu’il n’est pas possible de déroger à ce calendrier sans disposition législative », d’où la nécessité de déposer cet amendement, a-t-elle souligné.
Auparavant les sénateurs avaient été unanimes à s’indigner de ne pas avoir le texte de l’amendement avant le début de la discussion générale. « J’estime que le Sénat n’a pas été complètement éclairé, a protesté le président du groupe LR Bruno Retailleau. C’est un problème de forme, mais aussi de fond. »
« On vit le champ de l’incroyable, a renchéri son homologue socialiste Patrick Kanner. Vous passez par pertes et profits des centaines d’heures de travail en commission et à l’Assemblée. » Pour Laurence Cohen (CRCE, à majorité communiste), « il y a mépris de la représentation nationale ». « Je suis comme vous attachée au fonctionnement des institutions et je m’engage à ce que le gouvernement le dépose avant la fin de la discussion générale », leur a répondu Mme Pénicaud.
La dernière convention d’assurance-chômage, en vigueur pour trois ans depuis octobre 2017, a été signée en mars 2017.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-20">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Gérard Collomb voulait que les déboutés de l’asile n’aient plus que quinze jours pour faire appel. Les députés rétabliront le délai de trente jours lors de l’examen du texte en deuxième lecture.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Loi asile et immigration : vers une inflexion du texte sur les délais de recours

Gérard Collomb voulait que les déboutés de l’asile n’aient plus que quinze jours pour faire appel. Les députés rétabliront le délai de trente jours lors de l’examen du texte en deuxième lecture.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 13h31
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h08
    |

            Manon Rescan








                        


C’était l’une des lignes rouges des associations mais aussi d’une partie de la majorité La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale. Les députés devraient finalement revenir sur la question du délai de recours pour les demandeurs d’asile devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) lors de l’examen en deuxième lecture du projet de loi asile et immigration. Selon les informations du Monde, Florent Boudié, porte-parole du groupe LRM sur ce texte, a annoncé, mardi 10 juillet en réunion de groupe, que Gérard Collomb a donné son accord à une modification de son projet de loi.
Le ministre de l’intérieur souhaitait que les déboutés de l’asile n’aient plus que quinze jours pour faire appel, contre trente jours actuellement. Il justifiait cette mesure par la volonté d’accélérer le traitement des demandes d’asile en France. Mais elle avait été fortement contestée par les associations et certains élus, tous estimant qu’elle portait atteinte aux droits de la défense.
En première lecture à l’Assemblée, les débats avaient été vifs et la mesure n’avait été adoptée que de justesse (62 voix pour et 42 contre), une partie du groupe LRM et l’ensemble des députés MoDem présents s’y étant opposés.

        Lire aussi :
         

                Loi asile-immigration : une petite partie des députés LRM se désolidarise du texte de Collomb



La question de la rétention des enfants
La présence de cette mesure avait pesé dans le fait qu’une partie de la majorité avait opté pour la politique de la chaise vide lors du vote sur l’ensemble du texte en première lecture : une centaine de parlementaires LRM n’avaient pas pris part au scrutin, une quinzaine s’était abstenue et un député avait voté contre.
Les sénateurs, qui ont durci le texte sur d’autres points, avaient, eux, rétabli le délai initial de trente jours lors de l’examen du texte au Palais du Luxembourg. Dans ce contexte, et face au risque que la majorité se divise une nouvelle fois sur cette mesure, Gérard Collomb a accepté de lâcher du lest à la veille du début de la seconde lecture en commission. « C’est une très bonne nouvelle, tant c’était une demande forte et légitime de l’ensemble des acteurs », a salué dans un communiqué Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire), l’un des députés de la majorité les plus réservés sur le texte et qui s’était abstenu lors du vote final.
Les sénateurs ont par ailleurs encadré l’enfermement des mineurs en centre de rétention qui avait également fait l’objet de vifs débats. Sur ce point cependant, la majorité devrait rétablir le texte initial et donc ne pas interdire la rétention des enfants. Les responsables de la majorité temporiseront en invoquant le début des travaux d’un groupe de travail sur cette question, lancé le 26 juin. Celui-ci a vocation à aboutir à une proposition de loi pour encadrer ou interdire le fait que des enfants soient enfermés dans des centres de rétention, mais dont l’adoption est encore loin d’être acquise. « Le dépôt avant fin 2018 de la proposition de loi sur la fin de la rétention des enfants (…) est essentiel », prévient M. Orphelin dans son communiqué.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-21">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le passage au niveau 4, dernier avant l’« épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté en appui des actions de lutte antivectorielle.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

La Réunion déclenche le niveau 4 du plan Orsec pour lutter contre l’épidémie de dengue

Le passage au niveau 4, dernier avant l’« épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté en appui des actions de lutte antivectorielle.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 15h55
   





                        


L’épidémie de dengue se poursuit à un niveau élevé à La Réunion, malgré l’arrivée en juin de l’hiver austral, une saison défavorable aux moustiques. Le préfet de La Réunion a ainsi déclenché, mardi 10 juillet, le niveau 4 du dispositif qui implique un renforcement de la mobilisation et de la prévention contre le moustique vecteur de la maladie.
Le passage au niveau 4, le dernier avant l’« épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté (RSMA) en appui des actions de lutte antivectorielle. Plus de contrats aidés « Parcours emploi compétence » (PEC), financés à hauteur de 80 à 90 % par l’Etat, seront également attribués aux associations spécialisées dans les opérations de nettoyage de l’espace public.
Les actions de communication et d’information auprès des médecins, des laboratoires et du public seront renforcées. Des répulsifs seront aussi distribués auprès de publics cibles.
Du début de l’année au 10 juillet, 5 970 cas de dengue confirmés biologiquement ont été recensés. Cent vingt-quatre malades ont dû être hospitalisés. Ces chiffres seraient en deçà de la réalité.
« Les médecins reçoivent en consultations beaucoup de patients présentant les symptômes de la dengue », déclare Luce Menudier, épidémiologiste de la cellule d’intervention en région (CIRE) Santé publique France. « Nous sommes à plus de 18 000 consultations pour dengue », affirme-t-elle.

        Lire aussi :
         

                A La Réunion, une épidémie de dengue « sans précédent », selon l’OMS



Risque d’une « explosion épidémique » l’été prochain
« On observe aussi une dispersion de plus en plus importante du nombre de cas sur l’île, notamment dans le nord et le sud », déclare Marie-Amélie Vauthier-Bardinet, directrice de cabinet du préfet de La Réunion.
Le maintien d’une circulation du virus pendant l’hiver fait peser le risque d’une « explosion épidémique au cours de l’été prochain. L’idée est de profiter de la saison froide pour éradiquer le virus», ajoute-t-elle.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la France refuse le vaccin contre la dengue pour ses territoires d’outre-mer



Si cet objectif n’est pas atteint, dès le retour de la saison chaude le risque serait d’avoir à faire face à une épidémie majeure, comme ce fut le cas avec le chikungunya en 2005-2006. Plus de 260 000 habitants, le tiers de la population, avaient été contaminés. Deux cent vingt-cinq personnes étaient mortes de la maladie.
Le second risque serait le développement d’une « endémicité » de la dengue. « Le virus continuerait à circuler et reviendrait chaque année », souligne le docteur François Chieze, directeur de la cellule de veille et sécurité sanitaire à l’agence régionale de santé.

        Lire aussi :
         

                Peut-on prédire les futurs fléaux épidémiques ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-22">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de « race », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Race » : la génétique face à ses démons

L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de « race », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h23
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
La biologie peut-elle délimiter des groupes humains qui fonderaient l’existence de races à l’intérieur de l’espèce humaine ? Depuis les années 1970, les généticiens avaient tranché : la race est une construction sociale dont il n’existe aucun fondement en biologie. Ils se délestaient ainsi de cette question brûlante, à l’origine au XIXe siècle de théories dont la description emplit aujourd’hui les pages les plus dérangeantes de l’histoire de leur discipline.
Mais voilà qu’un éminent généticien de l’université Harvard, David Reich, ravive les cendres qu’on croyait éteintes avec la publication de son livre Who We Are and How We Got Here ? (« Qui sommes-nous et comment sommes-nous arrivés ici ? », ­Pantheon Books, non traduit). Son credo ? Dénoncer l’« orthodoxie » du discours sur la diversité génétique qui s’est imposé au cours des dernières décennies et qui a fait de la race une question taboue. « Comment devons-nous nous préparer à la probabilité qu’au cours des années à venir des études génétiques montrent que de nombreuses caractéristiques sont influencées par des variations génétiques et que ces traits diffèrent entre les groupes humains ? », questionnait-il dans une tribune parue en avril dans le New York Times. « Argumenter qu’il n’est pas possible qu’il existe des différences substantielles entre les populations humaines ne fera que favoriser l’instrumentalisation raciste de la génétique que nous voulons justement éviter », concluait-il.

A l’heure où la France a entrepris de gommer le mot « race » de sa Constitution par un vote des députés, le 27 juin, la polémique lancée par Reich rappelle que la génétique a longtemps flirté avec l’eugénisme, avant de s’en repentir. Et que sa ­prétention à pouvoir tout analyser ou presque peut la conduire à ignorer ses limites – un écueil dénoncé par un grand nombre d’anthropologues en réponse au texte de Reich.
Comment les généticiens ont-ils effacé la notion...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-23">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Les partenariats entre de jeunes vidéastes et les acteurs du monde de la culture se multiplient, mais le statut de ces échanges reste encore à définir.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤                     
                                                

La culture, nouveau terrain d’influence des youtubeurs

Les partenariats entre de jeunes vidéastes et les acteurs du monde de la culture se multiplient, mais le statut de ces échanges reste encore à définir.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h53
    |

                            Marie Frumholtz








                        



   


Leurs visages et leurs noms ne vous disent peut-être rien, mais les grands musées, les maisons d’édition et les festivals misent de plus en plus sur eux. Le Fossoyeur de Films, Révisons Nos Classiques, Art Comptant Pou Rien, Bulledop, Muséonaute, etc. sont autant de chaînes YouTube qui collaborent régulièrement avec le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, La Monnaie de Paris ou les éditions Albin Michel.
En février 2016, le Musée du Louvre est parmi les premiers à leur avoir laissé carte blanche dans ses salles. Pourtant, ces youtubeurs ne cumulent au mieux que quelques milliers de vues par vidéo, bien loin des 61 millions d’Apshit, le clip de Beyoncé et Jay-Z tourné dans le plus grand musée du monde.

        Lire l’analyse :
         

          Beyoncé et Jay-Z, la fierté noire au Louvre



De plus en plus d’institutions culturelles se disent séduites par le ton décalé qu’adoptent les jeunes vidéastes et qui contribue à désacraliser leur image. Pour Adel Ziane, directeur de la communication du Louvre, ce sont eux les vrais « ambassadeurs du musée ». La plateforme de partage de vidéos en ligne fait désormais partie intégrante de la stratégie de communication de grands organismes culturels.
Pas une fin en soi
Deux profils de youtubeurs culture se distinguent. Le premier, le plus précaire, concerne des étudiants ou de jeunes diplômés. Le thème de leurs vidéos est souvent lié à leur domaine d’études qu’ils cherchent à vulgariser. Mais si un partenariat en entraîne aisément d’autres, les moyens des jeunes vidéastes deviennent vite limités, leurs interlocuteurs n’estimant pas toujours nécessaire de les rémunérer. « Le contenu que nous produisons est certes de la médiation mais il relève aussi de la communication. Sauf que que si les musées sont prêts à investir des milliers d’euros dans des produits dérivés, ce n’est pas le cas pour les youtubeurs qu’ils invitent », explique Chloé de la chaîne Muséonaute, consacrée à l’histoire de l’art.

Le second profil s’en sort mieux. Il se compose de vidéastes plus aguerris, ayant déjà exercé une autre activité professionnelle. Ils peuvent donc s’appuyer sur leurs économies pour développer leurs activités de youtubeurs. Ils exigent également plus rapidement d’être rémunérés. Pour eux cependant, YouTube n’est pas une fin en soi. « Aujourd’hui, je suis autoentrepreneur, je ne suis pas que youtubeur, dit Guillaume, aux manettes de la chaîne Révisons Nos Classiques, consacrée à la musique classique. Je me considère plutôt comme une agence de communication, tout en gardant ma ligne éditoriale. Au-delà de YouTube, je souhaite être à terme un média global, produisant des contenus à destination de tous types de supports ».
« Des contrats un peu hybrides »
Un youtubeur culture bien établi vit en général de trois sources de financement : les revenus publicitaires de YouTube, du crowdfunding et surtout les partenariats. Pour ces derniers, il existe autant de formes de contrats que de structures : bénévolat, prestataires en communication, accréditation presse, blogueur… « Ce sont toujours des contrats un peu hybrides. Le métier est nouveau et recouvre plein de facettes différentes. Chaque youtubeur est un vrai orchestre, à la fois auteur, réalisateur, comédien, etc. Mais les normes s’établissent progressivement », affirme François Theurel, de la chaîne consacrée au cinéma, Le Fossoyeur de Films.

La rémunération est variable. La Monnaie de Paris, par exemple, recourt à une agence chargée de recruter les youtubeurs. « C’est elle qui fixe les rémunérations en fonction de la taille des influenceurs et de leur expertise dans le domaine concerné », indique le community manager du musée, Nicolas Cazaux. Autrement dit, plus le nombre d’abonnés est élevé, plus le youtubeur a de poids dans la négociation. Et la concurrence est rude.
Une communauté très fidèle
En revanche, toutes les institutions culturelles s’accordent pour les désigner sous le terme d’« influenceur ». Si leur communauté peut sembler réduite par rapport aux millions d’abonnés des stars de la plateforme, elle est cependant très fidèle. Les éditions Albin Michel n’hésitent pas à cibler les youtubeurs en fonction de l’auteur à promouvoir, afin de créer des affinités. « L’idée, c’est de mettre en place un cercle vertueux pour que les auteurs, les libraires, les booktubeurs et les lecteurs communiquent entre eux et s’influencent », indique Mickael Palvin, directeur marketing de la maison d’édition.
Difficile toutefois d’évaluer les retombées économiques d’une telle stratégie en dehors du nombre de vues et des commentaires. « Il n’y a pas de traçabilité, c’est un bruit, un engouement, mais les prescriptions se font, ça c’est sûr », assure Mickael Palvin.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-24">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Cheveux bleus, rouges, roses… L’effusion chromatique des nouvelles aventures de Goku se font au détriment de la bande dessinée, confuse et bavarde.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤                     
                                                

« Dragon Ball Super », le manga dans l’ombre de l’anime

Cheveux bleus, rouges, roses… L’effusion chromatique des nouvelles aventures de Goku se font au détriment de la bande dessinée, confuse et bavarde.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 18h00
    |

            William Audureau








                        



   


Il n’y a plus ni couleurs ni suspense. Et pourtant, Dragon Ball Super, le manga adapté du dessin animé diffusé de juillet 2015 à mars 2018 continue son petit bonhomme de chemin. A l’occasion de la Japan Expo, Glénat a publié en version française son quatrième tome, sur les six existants. Il raconte l’affrontement herculéen entre l’éternel héros, Goku, son rival Vegeta, et un duo maléfique voyageant dans le temps et les dimensions parallèles, Zamasu et Black Goku, dont le final est déjà connu de ceux qui ont suivi l’anime.
Surtout, ce quatrième chapitre donne à voir l’étrange relégation dont est désormais objet le manga par rapport à son grand frère animé. Dès le début, on savait le dessin confié à Toyotaro, et non à l’auteur original lui-même, Akira Toriyama. S’il tente de coller au style de Toriyama, on ne peut s’empêcher à chaque page de relever l’infime écart qui le sépare du maître : postures forcées, moues figées, même si la découpe des cases a gagné en dynamisme depuis le premier tome.

   


Problème capillaire
Mais c’est surtout dans sa narration que ce manga en noir et blanc paye un lourd tribut à son nouveau statut d’œuvre secondaire. Et le problème est essentiellement capillaire. Dans l’œuvre originale, lorsque les héros dépassaient leurs limites (la fameuse transformation en Super Saiyan, un guerrier d’élite), leur puissance nouvelle était représentée par une nouvelle coupe de cheveux blanche, ou jaune dans le dessin animé, dont la longueur pouvait s’étirer jusqu’à l’arrière des genoux. A l’époque, le choix de cette représentation était intimement lié à la fabrication de la bande dessinée, et au temps pris par le beta-nuri, l’encrage en noir, relatait Toriyama en 2009.
« Pour être honnête, j’ai décidé du design du Super Saiyan pour une raison simple qui risque de vous étonner. Je travaille toujours avec une seule personne, mon jeune assistant, qui m’épaule. Il passait souvent l’essentiel de son temps à encrer en noir les cheveux de Goku, donc le principal objectif était de lui faire gagner du temps. Quand Goku se transforme en Super Saiyan, il n’y a plus besoin de coloriser ses cheveux. Cela permet aussi de marquer visuellement la différence de force, donc cela permettait de faire d’une pierre deux coups. »
Mais désormais, c’est l’esthétique télévisuelle qui guide le scénario. Goku s’est découvert dans les films et le dessin animé Dragon Ball Super de nouvelles transformations capillaires rouges, puis bleues. Il affronte son sosie Black Goku, qui lorsqu’il veut atteindre un nouveau stade de puissance, mue en rose. Et tout cela, un manga en noir et blanc, est dans l’impossibilité de le représenter. Alors, il le décrit.

   


Exégèse chromatique
Dragon Ball Super, version papier, c’est ainsi l’impression étrange d’assister à un match de football en noir et blanc, avec des commentateurs sportifs tentant tant bien que mal de faire comprendre qui joue de quelle couleur. Ainsi de ce passage où Vegeta a pour stratégie de se changer en Super Sayien God (touffe rouge) et de basculer pour quelques millisecondes seulement en Super Saiyan Blue (crinière bleue), et il faut toutes les bavardes explications de Goku pour donner un peu de sens à ce qui, visuellement, n’en a aucun.
Tout ce quatrième tome, censé être consacré à de grands combats d’arts martiaux entre guerriers intergalactiques, prend dès lors la tournure d’une exégèse chromatique bavarde et assommante, où les personnages secondaires finissent par devenir plus essentiels à la compréhension de l’intrigue que les protagonistes eux-mêmes.
Sans doute n’est-ce pas un hasard si le meilleur moment de ce quatrième tome est l’usage par Zamasu de microportails pour se battre à distance : cette pure idée visuelle se contrefiche de la couleur pour fonctionner ; elle n’a pas besoin d’explication ; elle se contente de recours à des cercles sombres qui dynamitent la logique des pages blanches. Et pendant quelques instants alors, Dragon Ball redevient Dragon Ball. Une formidable machine à inventer des motifs visuels innovants, et à déployer de manière dynamique et élégante des scènes d’action d’une rare virtuosité.

   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-25">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ Editorial. Devant le Congrès, lundi à Versailles, le président a justifié sa politique, visant d’abord à « renforcer notre économie », et a voulu amorcer un rééquilibrage social.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤                     
                                                

Macron an II : le retour aux sources

Editorial. Devant le Congrès, lundi à Versailles, le président a justifié sa politique, visant d’abord à « renforcer notre économie », et a voulu amorcer un rééquilibrage social.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A première vue, rien ne change. Devant le Parlement réuni en Congrès, lundi 9 juillet, à Versailles, Emmanuel Macron, « humble mais résolu », a justifié sa politique visant d’abord à « renforcer notre économie ». « Il n’y a pas d’un côté une action économique et de l’autre une action sociale, a-t-il affirmé, c’est le même trait, la même finalité : être plus forts pour pouvoir être plus justes ».
« Conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti », le président de la République a aussi assuré n’avoir rien oublié des « peurs » et des « colères » de la société française. Confronté à une chute sensible de sa cote de popularité et à la montée des doutes au sein de sa majorité, il n’est pas resté sourd aux inquiétudes de l’opinion.
M. Macron, qui s’est rangé dans le camp des « progressistes » face aux « nationalistes » en Europe, a voulu amorcer un rééquilibrage social, avec plusieurs inflexions qui n’ont rien d’anecdotique. Il a fait entendre une petite musique dont les premières notes avaient rythmé sa campagne électorale avant de s’effacer dès le début de son quinquennat.
« République contractuelle »
Insistant sur sa volonté de « s’attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres », il a prôné une « politique de l’émancipation », un concept cher à la gauche et aux syndicats. Mais, en même temps, il a vanté des valeurs chères à la droite, en mettant en avant les devoirs et la responsabilité individuelle, « les talents, l’effort, le mérite », à travers le travail.

        Lire aussi :
         

                Devant le Congrès, Macron plus « humble » mais pas moins jupitérien



Après avoir tenu pour quantité négligeable les acteurs sociaux et les corps intermédiaires, M. Macron leur a ouvert la porte. S’il n’est pas, comme François Hollande, un adepte de la démocratie sociale, il a repris l’idée, évoquée dans sa campagne, d’une « République contractuelle ». Lors de son premier sommet social avec les organisations syndicales et patronales, le 17 juillet, il veut « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre ». Il reprend ainsi une formule chère à Michel Rocard qui avait tenté, lorsqu’il était premier ministre, de « bâtir une société contractuelle », au diapason de la CFDT.

        Lire aussi :
         

                Les partenaires sociaux à nouveau invités à négocier sur l’assurance-chômage



Un agenda social sera élaboré avec comme premier objectif une révision des règles de l’assurance-chômage afin de lutter contre le développement de « la permittence et la précarité ». Il va aussi recevoir les 100 premières entreprises françaises pour leur demander de prendre des engagements de créations d’emplois et d’embauches d’apprentis.
« Sortir de la pauvreté »
L’autre inflexion, déjà esquissée lors de son discours devant la Mutualité française le 13 juin, est sa volonté de « construire l’Etat-providence du XXIe siècle »,« un Etat-providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c’est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous ».
Les réformes des retraites et de la dépendance devraient être les piliers, en 2019, de cette refondation. Auparavant, la stratégie de lutte contre la pauvreté, qui doit être dévoilée en septembre, sera un premier test. Pour M. Macron, elle ne doit pas permettre « à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté ». Un an II du quinquennat plus social ? Les intentions sont louables, encore faut-il passer aux actes.

        Lire aussi :
         

                Congrès de Versailles : Macron s’explique sur le report du plan pauvreté






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-26">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ La start-up indienne Nimray Solar encourage les foyers d’un même quartier à recourir ensemble à l’énergie solaire. Elle a reçu le prix international Energie « Le Monde »-Smart Cities.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤                     
                                                

En Inde, des panneaux solaires pour tous

La start-up indienne Nimray Solar encourage les foyers d’un même quartier à recourir ensemble à l’énergie solaire. Elle a reçu le prix international Energie « Le Monde »-Smart Cities.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 17h52
    |

            Adrien Naselli








                        



   


Le saviez-vous ? « En quatre-vingt-dix minutes, un nombre suffisant de rayons du Soleil frappe la Terre pour la fournir en énergie pendant un an. » Ce chiffre, qui donne le vertige, donne aussi des ailes aux entrepreneurs qui cherchent à promouvoir une énergie verte. C’est le cas d’Ajay Singh, qui a commencé à s’intéresser à l’énergie solaire lors d’un séjour à Dubaï, où il dit « avoir été impressionné par l’implication active du gouvernement sur le sujet ». Dubaï projette en effet d’atteindre les 75 % d’énergie verte d’ici 2050 alors qu’elle en est pour le moment à moins de 7 %.
Ajay Singh, jeune entrepreneur installé à Gurgaon, dans la banlieue de New Delhi, est confiant dans le développement de sa jeune entreprise, Nimray Solar. Celle-ci compte d’ailleurs parmi les 400 start-up les plus prometteuses de « Smart Fifty », programme lancé par l’Institut indien de management de Calcutta et le département des sciences et des technologies du gouvernement indien. Ajay Singh se frotte les mains : « En Inde, le marché des panneaux solaires va augmenter de 90 % en un an. » Selon l’Agence internationale de l’énergie, le solaire ne représentait encore que 3,2 % de la production d’électricité totale du pays fin 2017.
Son idée : développer la technologie du net metering, la facturation nette, qui consiste à soustraire sa production d’énergie à sa consommation, lorsqu’on possède des panneaux photovoltaïques. Il s’agit ensuite de mettre en réseau plusieurs foyers – au moins dix – à l’échelle d’un quartier, en utilisant la technologie blockchain. Un foyer peut être soit producteur d’énergie, soit simple consommateur. Dans les deux cas, les équipes de Nimray Solar accompagnent les ménages en diagnostiquant leur consommation. Pour l’heure, une version pilote du projet est à l’essai à Gurgaon, avant le lancement de la commercialisation.
Plus de panne de courant
Mais avant même la promotion d’une énergie verte, la promesse de ne plus subir de coupure de courant est l’argument numéro un de Nimray Solar : « Hors des dix plus grandes villes, il arrive très fréquemment de subir des coupures de courant de quatre, cinq, voire huit heures ! Le gouvernement ne sait toujours pas comment faire pour fournir de l’électricité à tous ses habitants », déplore Ajay Singh. Le réseau est en effet peu fiable dans certaines régions d’Inde et 400 millions de personnes n’y ont pas accès. Nimray Solar espère ainsi fournir ces foyers en énergie solaire avant que les opérateurs traditionnels ne s’en emparent.
Deuxième argument d’Ajay Singh pour intéresser ses concitoyens à l’énergie solaire : « Gagner de l’argent. » Il va de soi qu’il s’agit ici d’un élément de communication. En réalité, aucun centime n’entrera dans la poche de celles et ceux qui passeront aux panneaux solaires. Ajay Singh estime en revanche qu’au bout de trois ans, les utilisateurs rentreront dans leurs frais et n’auront plus à payer de facture d’électricité. Une fois installé, le système serait viable pendant vingt-cinq ans.
Le gouvernement indien s’est engagé à participer à 30 % du coût d’installation, et les banques ont reçu pour consigne de faciliter les prêts aux Indiens désireux de passer à l’énergie solaire.
Retrouver les autres lauréats des prix internationaux « Le Monde »-Smart Cities



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-27">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Le chercheur Matt Herbert analyse le pouvoir de nuisance des islamistes armés tunisiens après l’attaque meurtrière qui a fait six morts parmi les forces de sécurité.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤         

Entretien

« La plus grande menace des djihadistes de l’Ouest tunisien est leur capacité de résilience »

Le chercheur Matt Herbert analyse le pouvoir de nuisance des islamistes armés tunisiens après l’attaque meurtrière qui a fait six morts parmi les forces de sécurité.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-10T15:43:27+02:00"

        Le 10.07.2018 à 15h43






    
Patrouille de l’armée tunisienne près de la frontière avec l’Algérie, dans la zone du djebel Chaambi, le 11 juin 2013.
Crédits : Reuters


Après l’attaque qui a fait six morts dans le nord-ouest de la Tunisie, dimanche 8 juillet, Matt Herbert, auteur du rapport « L’Insurrection dans les régions frontalières de l’ouest de la Tunisie » (28 juin 2018) publié par le groupe de réflexion Carnegie, rappelle la capacité de résilience des groupes djihadistes basés à la frontière entre la Tunisie et l’Algérie.
Six membres des forces de l’ordre tunisiennes ont été tués dans le nord-ouest de la Tunisie. Il n’y avait pourtant pas eu d’attaques terroristes d’ampleur depuis deux ans.
Matt Herbert Il n’y a pas eu d’attaques spectaculaires dans les grandes villes depuis mars 2016, c’est vrai, mais il y a toujours des violences ponctuelles dans les régions de l’ouest du pays : à Jendouba, Kasserine, au Kef. Des morts parmi les groupes armés, parmi les forces de l’ordre mais aussi parmi les civils : en juin, un berger est mort après avoir été kidnappé et torturé par un groupe djihadiste. On connaît moins cette violence de basse intensité parce que ces incidents sont bien souvent répertoriés uniquement dans la presse locale. Ce qui est vrai, c’est qu’un bilan aussi meurtrier parmi les forces de l’ordre n’avait pas été enregistré depuis quatre ans dans cette zone.

        Lire aussi :
         

                Des membres de la garde nationale tunisienne tués dans une explosion à la frontière algérienne



Qui sont ces groupes qui agissent à la frontière entre la Tunisie et l’Algérie ?
Il y en a deux. Le premier est la katiba [unité combattante] Okba Ibn Nafaa, la branche tunisienne d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), active depuis 2012. Sa présence a commencé avec l’envoi par AQMI depuis l’Algérie de combattants en Tunisie dans la région du mont Chaambi. Le deuxième groupe est Jund Al-Khilafa, né d’une scission au sein de la katiba qui a déclaré son allégeance à l’Etat islamique en 2014.
La spécificité de ces deux groupes, c’est qu’ils sont principalement constitués de Tunisiens. C’est pourquoi je parle du conflit dans le nord-ouest de la Tunisie comme d’une « insurrection ». Les djihadistes visent en priorité les forces de sécurité et de défense, ont une présence territoriale permanente et ont fait en sorte de trouver des soutiens parmi la population locale. Okba Ibn Nafaa, qui a revendiqué l’attaque de dimanche, est notamment présente dans la région de Jendouba. Jund Al-Khilafa est actif à Kasserine et Sidi Bouzid.

        Lire aussi :
         

                Le berger tunisien et l’homme à la kalachnikov : histoire d’un traumatisme



Autre différence : Okba Ibn Nafaa évite les attaques contre les civils afin de ne pas se mettre la population à dos, tandis que Jund Al-Khilafa en a fait une cible pour l’intimider et l’empêcher de coopérer avec les forces de sécurité. En 2015, un jeune berger, accusé d’espionnage, avait été décapité. Son frère aîné avait connu le même sort en 2017.
Pourquoi ont-ils choisi cette région ?
Cette zone frontalière, comme le reste du pays, a vu le système sécuritaire être profondément bouleversé par la révolution de 2011. Avec la chute de l’ancien régime, les forces de sécurité ont temporairement perdu leur capacité de surveillance et de contrôle de ce qui se passait dans cette zone sensible du nord-ouest. Elles l’ont aujourd’hui en grande partie retrouvée. AQMI a profité de ce moment de flottement. Par ailleurs, c’est un territoire montagneux, très difficile à contrôler pour le gouvernement, et qui offre à l’inverse à des groupes armés d’importantes possibilités pour se cacher.
Le fait qu’il s’agisse d’une frontière est également un aspect très important. Les djihadistes s’en servent pour échapper aux patrouilles et recevoir un soutien logistique, notamment en armes. Selon un rapport d’International Crisis Group, les taxes sur les trafiquants locaux sont pour eux une source de financement. Enfin, la zone connaît, comme toutes celles de l’intérieur de la Tunisie, de grandes difficultés économiques. AQMI a gagné une partie de ses soutiens grâce à l’argent. Dans une région où le chômage est massif, certains ont pu prendre le risque de vendre des biens et des services à ces groupes.

        Lire aussi :
         

                Un chef djihadiste abattu par la gendarmerie tunisienne



L’attaque de dimanche signifie-t-elle que la réponse des autorités tunisiennes à ces menaces est un échec ?
Non. Le gouvernement a fait d’importants progrès dans sa lutte contre le terrorisme. Les forces de l’ordre bénéficient de meilleurs équipements, formations et soutiens. La stratégie globale bénéficie surtout d’une plus grande coordination entre l’armée, la garde nationale et la police. Sous Ben Ali, ces liens avaient été volontairement affaiblis pour éviter tout risque de coup d’Etat, de rébellion interne. Les résultats sont là : à partir de 2015, les chiffres montrent une baisse très importante du nombre de tués parmi les forces de l’ordre [passant en un an de 40 à 22, puis cinq en 2016 et un en 2017] et à l’inverse une hausse des pertes parmi les djihadistes [près de 60 tués en 2015].
Mais il est important que le gouvernement regarde la région dans sa globalité : pas seulement en termes de contre-terrorisme, mais qu’il prenne aussi en compte les questions de développement. La plus grande menace avec ces groupes, c’est leur capacité de résilience. Aujourd’hui, ce sont de petits groupes. Ils ne gagnent pas, mais ils ne perdent pas totalement non plus. Ils sont là, positionnés pour exploiter à leur avantage tout changement dans la région. Une dégradation de la situation économique, une crise politique majeure en Tunisie ou en Algérie serait pour eux une opportunité de se renforcer.


<article-nb="2018/07/10/19-28">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ Soupçonnés d’avoir dissimulé plusieurs millions d’euros au fisc, le maire de Levallois-Perret et son épouse ont été renvoyés pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤                     
                                                

Blanchiment de fraude fiscale : les époux Balkany renvoyés devant le tribunal correctionnel

Soupçonnés d’avoir dissimulé plusieurs millions d’euros au fisc, le maire de Levallois-Perret et son épouse ont été renvoyés pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 14h33
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 15h02
   





                        


Soupçonnés d’avoir dissimulé plusieurs millions d’euros au fisc, le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, et son épouse, Isabelle, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, a-t-on appris mardi 10 juillet de source proche du dossier.
Ils sont également renvoyés pour « déclaration incomplète ou mensongère » à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, chargée de contrôler les revenus des élus. Patrick Balkany, 69 ans, devrait aussi être jugé pour corruption passive, blanchiment de corruption et prise illégale d’intérêts. Outre les époux Balkany, quatre autres personnes sont renvoyées devant le tribunal dans ce dossier, dont leur fils Alexandre, selon cette source.
Dans leur ordonnance de 92 pages signée le 6 juillet, les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon évaluent à 13 millions d’euros le montant des avoirs dissimulés par le couple. Ils estiment que le couple a, « de façon habituelle », « dissimulé à l’administration fiscale des revenus occultes et un patrimoine tout aussi occulte en ayant recours à des prête-noms et à des structures offshore », de même source.
Ce patrimoine se composerait notamment d’une propriété, la « Villa Pamplemousse » à Saint-Martin, que Mme Balkany, 70 ans, a finalement reconnu détenir après avoir nié en être propriétaire, et d’un riad à Marrakech.

        Lire le récit :
         

          La villa, le moulin et le riad des Balkany au cœur du réquisitoire du parquet



Vers un seul et unique procès ?
Les juges estiment que ce dernier, officiellement loué par Alexandre Balkany, a en partie été financé par un homme d’affaires saoudien, Mohamed Bin Issa Al-Jaber, au moment où ce dernier négociait les droits à construire avec la ville de Levallois pour un projet de tours jumelles qui n’a finalement pas vu le jour.
Cet homme d’affaires est renvoyé pour corruption active envers une personne dépositaire de l’autorité publique, pour avoir aussi mis à la disposition des époux Balkany son jet privé, et le fils du couple devrait être jugé pour blanchiment de fraude fiscale pour avoir signé des baux fictifs.
L’avocat Arnaud Claude, soupçonné d’avoir participé au montage financier pour l’achat du riad, est pour sa part renvoyé pour complicité de corruption et blanchiment de fraude fiscale et de corruption.
Proche collaborateur du maire de Levallois-Perret, Jean-Pierre Aubry est lui renvoyé pour complicité de corruption passive, blanchiment de corruption, prise illégale d’intérêts en tant qu’auteur et complice et blanchiment de fraude fiscale.
Les époux Balkany avaient déjà été renvoyés le 22 février en correctionnel pour fraude fiscale, dans un autre volet de cette affaire, qui pourrait déboucher sur un seul et unique procès.

        Lire aussi :
         

                Villas des Balkany : se repérer dans une affaire aux multiples volets






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-29">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Selon le cabinet AlixPartners, la baisse du diesel va s’accélérer, pour ne plus représenter qu’un quart des ventes dans deux ans et 5 % en 2030.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La chute du diesel pourrait être très rapide, un casse-tête pour l’industrie automobile

Selon le cabinet AlixPartners, la baisse du diesel va s’accélérer, pour ne plus représenter qu’un quart des ventes dans deux ans et 5 % en 2030.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
10.07.2018 à 12h12
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Après le « dieselgate », le « dieselcrash » ? La baisse des ventes de véhicules à motorisation diesel en Europe commence à ressembler à une chute, et les prévisions de la dernière étude du cabinet de conseil AlixPartners – qui fait référence dans le monde de l’automobile – laissent entrevoir un recul dont l’ampleur et la vitesse n’avaient pas été anticipées.
Selon les « Perspectives globales d’AlixPartners pour l’automobile 2018 », les ventes de véhicules roulant au gazole sur le Vieux Continent ne devraient pas dépasser 5 % du total à l’horizon 2030. Le moteur diesel deviendrait ainsi, dans douze ans, quasiment une motorisation de niche. C’est un chiffre-choc quand on sait que l’année du déclenchement de l’affaire Volkswagen (VW), en 2015, le diesel – quoique déjà en légère perte de vitesse – dominait encore largement le marché automobile, captant 52 % des ventes et équipant plus de 10 millions de voitures.

Le plus sidérant pour l’industrie est la rapidité avec laquelle ce recul pourrait se produire. En 2020, soit dans une vingtaine de mois, le cabinet AlixPartners estime que le diesel ne devrait plus représenter qu’un quart des ventes de voitures en Europe. La même étude, en 2017, supposait qu’en 2020, les véhicules diesel détiendraient encore plus de 40 % des parts de marché. Pour rappel, au premier semestre 2018, 38 % des automobilistes de l’Union européenne (UE) ont acheté des véhicules diesel (40 % en France).
« Une période d’entre-deux »
« La descente est plus rapide que prévu, confirme Laurent Petizon, directeur général d’AlixPartners. Et cette situation est en train de poser un gros problème à l’industrie automobile. Ce problème s’appelle CO2 et il paraît difficile à résoudre dans cette période d’entre-deux qui va d’aujourd’hui aux années 2020, pendant laquelle les voitures électriques auront du mal à prendre le relais du diesel. » Car en attendant, les clients vont se tourner vers les voitures à essence,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-30">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤ Une demande de destitution a été déposée contre l’édile, accusé d’avoir cherché à favoriser les fidèles de pasteurs évangéliques pour des opérations dans les hôpitaux publics et des travaux de rénovation dans leurs églises.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤                     
                                                

Marcelo Crivella, le maire un peu trop évangélique de Rio de Janeiro

Une demande de destitution a été déposée contre l’édile, accusé d’avoir cherché à favoriser les fidèles de pasteurs évangéliques pour des opérations dans les hôpitaux publics et des travaux de rénovation dans leurs églises.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h27
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Péché véniel ou crime d’improbité ? La justice brésilienne enquête. Lundi 9 juillet, des membres du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche) de Rio de Janeiro ont déposé auprès du ministère public une plainte contre le maire évangélique de la ville, Marcelo Crivella, assortie d’une demande d’« impeachment » (destitution).
L’austère édile, qui a pris congé de ses fonctions d’évêque de la puissante et controversée Eglise universelle du Royaume de Dieu depuis son entrée en fonction en janvier 2017, est accusé d’avoir pris sa mairie pour un temple. « Les faits sont graves. Le maire n’a pas respecté notre principe de laïcité », explique Tarcisio Motta, conseiller municipal de Rio.
A l’origine de la bronca, une réunion secrète aux allures de messe basse, baptisée « café de la communion », organisée mercredi 4 juillet. Selon les indiscrétions du quotidien O Globo, Marcelo Crivella aurait alors promis à 250 pasteurs évangéliques de faciliter à leurs fidèles des opérations de la cataracte, des soins contre les varices et des vasectomies pour éviter les mois d’attente des hôpitaux de Rio. « Si un de nos frères connaît quelqu’un à l’Eglise qui ait des problèmes de cataracte, s’il vous plaît, parlez à Marcia (….) et d’ici une semaine ou deux, ils seront opérés », affirme le maire, piégé par une écoute.
« Narcissisme moral »
L’édile poursuit en assurant les leaders évangéliques qu’il les aidera à obtenir l’exemption de la taxe foncière et promet de profiter de son poste à Rio pour rénover et aménager les églises. « Parfois, le pasteur est à la porte de son église et dit : “Quand les gens traversent, ils peuvent se faire renverser”. Nous allons mettre un feu rouge, un dos d’âne », détaille M. Crivella.
Pour les élections d’octobre, les ouailles sont aussi encouragées à faire la promotion du pasteur Rubens Teixeira, candidat au poste de député pour le Parti républicain brésilien (PRB), bras politique de l’Eglise universelle du Royaume de Dieu. Le vote évangélique peut « faire faire quelque chose pour la patrie », souligne le maire.
Attaqué, l’édile crie à la persécution religieuse. Mais à en croire le théologien Alexandre Marques Cabral, la réunion trahit sans ambiguïté le « narcissisme moral » de l’Eglise évangélique et sa soif de pouvoir. Peu populaire, le maire avait déjà suscité la polémique en réduisant les budgets de la gay-pride, du carnaval et d’autres fêtes « sataniques ». Il est désormais fustigé sur les réseaux sociaux pour gaspillage d’argent public, les Cariocas rappelant que les pasteurs « qui savent faire marcher les paralytiques, redonner la vue aux aveugles et même “soigner les gays” » ne devraient pas avoir besoin de la chirurgie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/10/19-31">
<filnamedate="20180710"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180710"><AAMMJJHH="2018071019">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-31"> ¤ Malgré les récents succès militaires du régime Assad, les dynamiques locales et internationales vont longtemps continuer d’alimenter la guerre en Syrie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-31"> ¤ 