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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Au-delà du thriller, la série de Marti Noxon passionne par l’étude de ses personnages à fleur de peau (sur OCS City à 20 h 50).
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TV – « Sharp Objects » : femmes au bord de l’abîme

Notre choix du soir. Au-delà du thriller, la série de Marti Noxon passionne par l’étude de ses personnages à fleur de peau (sur OCS City à 20 h 50).



Le Monde
 |    09.07.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS City à 20 h 50

Le lugubre ne sied pas aux femmes. Maintes fois on a répété à la scénariste et romancière américaine Gillian Flynn que son premier manuscrit était bien trop sombre pour être publié. Qui aurait envie de se plonger dans un livre centré autour de trois femmes particulièrement compliquées, voire mentalement perturbées ? Son livre est finalement sorti en 2006 et vient même d’être réédité sous le titre Sur ma peau (Le Livre de Poche, 384 pages, 7,70 euros).
Gillian Flynn s’est ensuite mis en tête d’adapter son livre en scénario. Là encore, elle a lutté une bonne dizaine d’années avant que son personnage principal, une journaliste alcoolique hantée par un passé suffoquant, attire l’intérêt d’une autre femme : la scénariste et productrice Marti Noxon (Mad Men, Grey’s Anatomy, Glee, UnReal). En juin, lors d’un festival de télévision aux Etats-Unis, Marti Noxon expliquait devoir aller au combat, de nos jours encore, pour imposer aux diffuseurs des personnages féminins qui sortent des sentiers battus (elle est à l’origine du film To the Bone, disponible sur Netflix, et de la série Dietland, sur Amazon Prime Video) ; et se battre, aussi, pour obtenir des campagnes de marketing aussi agressives que celles que les studios organisent autour de séries emmenées par un personnage principal masculin.
Atmosphère étouffante
Journaliste au St Louis Chronicles dans le Missouri, Camille Preaker (Amy Adams, juste de bout en bout) a sauvé sa peau en fuyant sa famille et sa petite ville natale de Wind Gap. Au travers de courts flash-back distillés par le réalisateur Jean-Marc Vallée (Big Little Lies), l’on comprend que c’est dans cette ville sudiste à l’atmosphère étouffante et moite que la petite sœur de Camille, Marian, est morte dans d’incompréhensibles circonstances. De même, l’on devine peu à peu que sa mère a fait d’elle un être en souffrance, qui se réfugie dans l’alcool et recourt à toutes sortes d’objets pointus (trombone, lame, aiguille…) pour zébrer son corps de cicatrices.

   


A la suite du meurtre de deux fillettes à Wind Gap, Camille est envoyée sur place pour écrire un portrait de la ville et faire face aux démons qui la hantent depuis son enfance. Avec ce retour sur les terres de son enfance, son rédacteur en chef, paternel et bienveillant, la contraint à une sorte de thérapie de choc. Tout en veillant de près, par téléphone, à ce qu’elle ne sombre pas dans la destruction totale d’elle-même.
Comme dans la première saison de True Detective notamment, le mystère qui entoure ces meurtres de petites filles et l’enquête policière qu’ils déclenchent vernissent d’une apparence de suspense une série qui passionne en réalité pour son étude des personnages. Car l’investigation à laquelle la série invite le spectateur a bel et bien trait au nœud familial qui se forme lorsque Camille revient vivre, le temps de son enquête, dans l’immense maison où règne toujours sa mère, l’impérieusement douce Adora (Patricia Clarkson) ; et où survivent, comme enfermés dans un bocal à poissons, son beau-père et sa jeune demi-sœur, Amma (Eliza Scanlen), étrange et terrifiante Lolita.
La série intrigue à mesure que l’on pressent l’abîme au bord duquel cheminent ces trois générations de femmes, chacune se montrant rongée, à sa manière, par la pression sociale, les violences subies et une rage rentrée. Voire par la folie.
Sharp Objects, mini-série créée par Marti Noxon. Avec Amy Adams, Patricia Clarkson, Eliza Scanlen (EU, 2018, 8 × 52 min). Un épisode par semaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Chanteurs médiocres, mise en scène impersonnelle, la dernière production du Festival d’art lyrique désole.
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Aix : « Didon » se tire une balle dans le pied

Chanteurs médiocres, mise en scène impersonnelle, la dernière production du Festival d’art lyrique désole.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h44
    |

                            Marie-Aude Roux (Aix-en-Provence, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Diffusé sur Arte et sur France Musique, projeté du 12 juillet au 29 novembre dans une grosse poignée de (petites) villes françaises et jusqu’en République tchèque – de Cucuron à Prague –, le Didon et Enée, de Purcell, est incontestablement la production aixoise la plus largement médiatisée de l’édition 2018. C’est aussi celle qui clôt, dans le mythique Théâtre de l’Archevêché, l’édition anniversaire des 70 ans du Festival, proposant, malgré son format exigu (à peine une heure de musique) des places allant jusqu’à 270 euros, sans parler de la catégorie « Prestige », de 390 à 710 euros avec, il est vrai, carré d’or, champagne, apéritif, banquet et cocktail.
Ce « Didon et Enée » remporte la palme scandaleuse de l’amateurisme
Mais il y a tromperie sur la marchandise : ce Didon et Enée remporte la palme scandaleuse de l’amateurisme. A-t-on entendu Enée aussi insignifiant, Belinda aussi banale, trio de sorcières moins effrayant ? Il faut se pincer pour en croire ses oreilles. Entre le pire et le rien, il y a Didon. Port majestueux et crinière léonine, Kelebogile Pearl Besong pourrait être prise pour un clone de Jessye Norman, qui fut une reine de Carthage sublime parmi les sublimes. Mais il faudrait pour cela, malgré un timbre qui n’est pas sans beauté, que la technique suive, que les vocalises soient propres, le souffle soutenu jusqu’au bout, et surtout que l’intonation soit juste. Le fameux « When I am Laid in Earth » qui, depuis bientôt 330 ans, a fait couler des larmes à tant d’auditeurs, est ici méconnaissable, pris dans le roulis d’une ligne constamment trop haute ou trop basse.

Qui sont ces chanteurs ? D’où sortent-ils ? Que font-ils dans le plus important festival d’art lyrique français ? Autant d’énigmes insolubles sauf à considérer que la création de l’œuvre, en décembre 1689, dans un pensionnat pour jeunes filles de Chelsea, autorisait cette dérive scolaire. Mais il y a fort à parier que ces demoiselles,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine et metteuse en scène Alexandra Badea, s’interroge sur le rôle du théâtre, qui, selon elle, ne doit pas chercher à choquer le confort bourgeois, mais à donner la parole aux héros du quotidien et aux oubliés de l’Histoire.
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« Le théâtre est un espace de pensée pour donner du sens au chaos du monde »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine et metteuse en scène Alexandra Badea, s’interroge sur le rôle du théâtre, qui, selon elle, ne doit pas chercher à choquer le confort bourgeois, mais à donner la parole aux héros du quotidien et aux oubliés de l’Histoire.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h34
    |

Alexandra Badea (Ecrivaine et metteuse en scène)







                        



                                


                            
Tribune. On nous parle. On nous parle sans cesse. On ne peut plus arrêter le flux de l’information et l’information se dilate à l’infini. On vit dans une spirale de dépêches et d’images qui se déclinent obsessionnellement. On est les êtres les plus informés de l’Histoire et pourtant on ne comprend plus grand-chose de ce qui nous entoure. C’est cette incompréhension qui nous paralyse, qui nous rend tristes, passifs ou agressifs. Quels sont les territoires où on peut encore se poser, prendre le temps, réfléchir ensemble et nommer ce qui nous traverse ? Le théâtre a toujours été un espace de débat et de pensée. Est-il encore investi par ces attributs aujourd’hui ?
Comment garder une distance vis-à-vis de ce système qui a tendance à évaluer la puissance d’un acte artistique par rapport aux recettes engendrées ?
Dans un moment où on essaie de mesurer son « efficacité » par les mêmes paramètres qu’on applique aux multinationales, comment peut-on garder encore la singularité de ce territoire où une autre pensée peut se déployer ?
Qui est le garant du sens d’un acte artistique dans un contexte où on demande au metteur en scène d’assumer aussi la fonction de producteur du spectacle, de directeur d’une compagnie qui est évaluée avec les outils du néolibéralisme ? Ça pourrait être l’auteur-écrivain, mais sa place a été de plus en plus réduite, et avec le temps on l’a transformé en collaborateur secondaire au service du metteur en scène.
Comment garder une distance vis-à-vis de ce système qui a tendance à évaluer la puissance d’un acte artistique par rapport aux recettes engendrées ? Comment échapper à la tentation de créer des spectacles vidés de sens qui séduisent uniquement par leurs formes, car elles correspondent à l’esthétique dominante qui conforte sans rien déranger ?
Ebranler ses propres convictions
La première chose qu’un artiste devrait oublier, c’est le besoin d’être aimé par son public....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Ami de Miro, de Tapies, l’écrivain, critique et enseignant est mort le 1er juillet, à l’âge de 91 ans.
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La mort du critique d’art Georges Raillard

Ami de Miro, de Tapies, l’écrivain, critique et enseignant est mort le 1er juillet, à l’âge de 91 ans.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h39
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            
Il était l’ami de Miro, de Tapies, avait été écrivain, critique, enseignant et bien d’autres choses encore : Georges Raillard est mort le 1er juillet, à l’âge de 91 ans. Né le 1er janvier 1927, à Marseille, il avait commencé à enseigner en 1955 après une agrégation de lettres, en France d’abord puis, à partir de 1959, à l’université de Rio de Janeiro (sa femme, Alice, était elle-même traductrice de portugais). L’expérience le conduisit à la direction des relations culturelles au ministère des affaires étrangères, puis à diriger, de 1964 à 1969, l’Institut français de Barcelone.
C’est alors qu’il fit la connaissance des deux plus grands peintres de Catalogne, Joan Miro et Antoni Tapies. Il leur consacrera plusieurs livres, aujourd’hui encore indispensables à qui veut aborder leurs œuvres, nouant avec eux une relation très particulière : « Miro ne parlait qu’aux gens qu’il aimait bien et avec qui il se sentait en parfaite confiance », rappelle Jean-Louis Prat, qui prépare la rétrospective que le Grand Palais lui consacrera à l’automne, à partir du 3 octobre. Les entretiens que le peintre eut avec Georges Raillard (Seuil, 1977) sont l’un des plus beaux livres qu’ait produit l’histoire de l’art moderne.
En 1969, il rentra à Paris pour participer à l’aventure de la création de l’université de Paris-VIII, à Vincennes, où enseignaient les esprits les plus libres et certains des plus féconds de l’époque. Parallèlement, il est chargé de conférences à l’Ecole polytechnique, dirige la rubrique artistique de La Quinzaine littéraire, et collabore à divers journaux dont Le Monde, au début des années 1980. Jean Frémon, directeur de la Galerie Lelong, se souvient également de sa passion pour l’œuvre d’Alain Robbe-Grillet.
Gentillesse et simplicité
Georges Raillard a publié des livres importants sur Aragon (où, chose rare chez un biographe, il s’interroge lucidement sur la portée de l’œuvre), Henri Bosco,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Michel Eltchaninoff, cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents, dans une tribune au « Monde », appelle le président Emmanuel Macron à ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg pour la Coupe du monde de football si le cinéaste Oleg Sentsov n’est pas libéré avant.
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Michel Eltchaninoff : « Monsieur Macron, conditionnez votre visite en Russie à la libération d’Oleg Sentsov »

Michel Eltchaninoff, cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents, dans une tribune au « Monde », appelle le président Emmanuel Macron à ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg pour la Coupe du monde de football si le cinéaste Oleg Sentsov n’est pas libéré avant.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h04
    |

Michel Eltchaninoff (Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents)







                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, pouvez-vous vraiment vous rendre en Russie ? Vous avez prévu d’assister mardi au match France-Belgique à Saint-Pétersbourg. La Coupe du monde de football est une fête magnifique. Et vouloir soutenir l’équipe de France est parfaitement légitime. Cependant ce séjour sonnerait comme une défaite politique et morale pour notre pays. Mardi 10 juillet, le cinéaste Oleg Sentsov, emprisonné en Sibérie, entamera, s’il est encore en vie, son 58e jour de grève de la faim.
Sa cousine, Natalia Kaplan, lui a rendu visite la semaine dernière. Oleg Sentsov parle encore. Il refuse que l’on s’apitoie sur son sort. Mais il suffit de regarder le visage de Natalia pour comprendre ce qu’elle a compris.
Une rhétorique de la faiblesse européenne
D’ici quelques jours, s’il n’est pas libéré, il connaîtra le sort de Bobby Sands, le nationaliste irlandais mort en 1981 après 66 jours de grève de la faim, et d’Anatoli Martchenko, dissident soviétique qui a succombé à une grève de la faim en 1986. Olef Sentsov est tout près de la mort maintenant.
Vous connaissez l’ampleur de la mobilisation en faveur d’Olef Sentsov, dans le monde, et tout particulièrement en France. Des romanciers, des philosophes, des cinéastes, des artistes, des dizaines de milliers de citoyens se sont engagés. Depuis quelques jours, nos écrivains publient chaque jour des textes pour appeler à sa libération. Vous avez vous-même évoqué son cas lors de votre dernière rencontre avec le président russe, à Saint-Pétersbourg. En vain. Si aucune initiative vigoureuse ne survient, Oleg Sentsov mourra en prison.

Dès votre première rencontre avec Vladimir Poutine, à Versailles, en 2017, vous avez parfaitement compris à qui vous aviez à faire. Il faut dire que l’ingérence du Kremlin dans la campagne électorale française vous avait averti. Depuis des années, le président russe déploie une rhétorique de la faiblesse européenne et démocratique.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Après une première série d’entretiens publiés en 2016 sur le blog Mundo Latino, nous retrouvons le pianiste pour une nouvelle entrevue dont voici le deuxième volet.
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Entretien avec Florian Pellissier, 5e partie : Bijou Caillou Vaudou

Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Après une première série d’entretiens publiés en 2016 sur le blog Mundo Latino, nous retrouvons le pianiste pour une nouvelle entrevue dont voici le deuxième volet.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 14h44
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Avril 2017. J’avais rencontré Florian Pellissier la veille du concert qu’il devait donner au Duc des Lombards. Tout au long de la conversation, j’avais cherché à savoir comment l’écriture de « Bijou Caillou Voyou » s’était inscrite dans le parcours du pianiste. Il me manquait un élément, essentiel, qui allait me permettre de saisir l’essence de l’album. « J’ai du mal à comprendre... Comment le vaudou a-t-il influencé Bijou Caillou Voyou ? »
Nous nous étions fixés un nouveau rendez-vous dans un restaurant africain de Bastille. L’ambiance était parfaite. « Comme je te le disais l’autre jour, ce qui est fondateur dans l’album, c’est les tambours. L’apport du vaudou, ce sont les percussions, la transe, la musique qui passe par le corps. » A ce moment, Florian marque une pause. « Tu sais, ça fait longtemps que j’ai des accointances avec la Santeria... A Cuba, j’ai passé les premiers pas de la religion Yoruba. »

        Lire aussi :
         

                Entretien avec Florian Pellissier, 4e partie : l’accélération des particules






Vous n’êtes pas au courant qu’il n’y a pas de relation économique entre les Etats-Unis et Cuba ?
« Tu as été initié à la religion ? » « Bien sûr. J’ai fais la Mano De Orula. On m’a donné Eleggua. » Mais tu y es allé seulement deux fois ! » « La première fois, j’y suis resté plus d’un mois. Ça a été chargé. » On était en 2001. Florian venait d’achever ses études de musique à la New School de New York. Il devait enregistrer en septembre les premières compositions du quintet (à lire dans l’épisode 2). Il en avait profité pour visiter Cuba avec sa copine et un ami. » Lui avait prévu de rester plus longtemps. « Au bout de deux semaines, je les raccompagne à l’aéroport. Le lendemain, je vais dans le quartier touristique pour retirer de l’argent. Premier distributeur, ça ne marche pas, deuxième, ça ne marche pas. Je me dis : C’est pas grave, c’est Cuba. Je vais au guichet. La nana me demande de lui montrer la carte de crédit : City Bank, une banque américaine. Elle me regarde éberluée. Vous n’êtes pas au courant qu’il n’y a plus de relation économique entre les Etats-Unis et Cuba depuis 1962 ? » Éclats de rire.
« J’avais dépensé tout mon liquide pendant deux semaines. Je ne m’étais pas posé de question ! Il me restait trois semaines, pas d’argent. Je me suis retrouvé sans le sou, et ai habité trois semaines chez Joséito, un maître des batás, un maître de cérémonie. C’est un musicien fabuleux ! » José Fernandez Hernández a fait partie du groupe Wemilere aux côtés de Román Díaz et de Pedrito Martinez. Il en a pris la direction musicale quand Román et Pedrito ont quitté Cuba. « José m’a dit : Viens dormir à la maison. Je rattrape un pote à l’aéroport qui me file les cinquante dollars qu’il a en poche. J’arrive chez José, je pose l’argent sur la table. On a vécu comme des rois pendant trois semaines. J’ai traîné dans la cité dans avec les Babalaos [prètres]. J’ai suivi toutes les cérémonies. Ça m’a tout appris. »
A lire dans les archives du blog : Pedrito Martinez : « Je ne suis qu’un hériter »



Un dimanche après-midi comme les autres
« C’est fou. Ça n’arrive à personne, ces choses-là » « Ça peut ne peut pas arriver ! Tu ne peux pas être là. Guanabacoa, c’est la cité. Il n’y a pas de touriste, pas de blanc. Quand j’y suis retourné en taxi huit ans après, il ne voulait pas me laisser sortir ! Le jour où j’ai débarqué chez José et Juana, tout le quartier se demandait ce qu’il se passait. Comme ils sont très connus, j’ai tout de suite été accepté. » « Tu parlais d’une cérémonie, ça s’est passé quand tu y es retourné ? » « Non, dès la première fois. La deuxième, c’était ma confirmation. Je connais les batás depuis que je suis petit. [« petit » chez Florian, ça veut dire quand il a débuté] Les batás, ce sont les tambours. Ce sont à la fois des dieux et le moyen de communiquer avec les esprits. Quand tu fais l’Oro Seco, tu t’adresses à tous les dieux. Ça passe par les chants. C’est toute l’Afrique ! »
« J’étais allé voir le Babalao pour me purifier. On est allé acheter un poulet. On a fait un poulet. Le gars psalmodie en yoruba pendant 20 minutes, me crache dessus. Et quick le poulet ! Je n’avais besoin que d’un demi-poulet pour mes problématiques, le reste a servi à purifier la maison. Il badigeonne les murs de chaque pièce. Pendant ce temps-là, les gamines qui avaient une dizaine d’années, au fond de leur fauteuil regardent Starsky & Hutch ! Tu saisis toute la relativité de la situation ? C’est fondamental : Tu es au fond de la cité de Guanabacoa, le mec fait sa cérémonie africaine. Ça chante, ça crie, il y a des plumes partout... et les gamines matent Starsky & Hutch. Un dimanche après-midi comme les autres. »

  Une publication partagée par Florian Pellissier (@captaincavern75) le 11 Janv. 2017 à 12 :57 PST 

14 juillet vaudou
« Donc, tu retournes huit ans après pour ta confirmation. Et à nouveau huit ans après, tu te retrouves en Afrique de l’Ouest... » « En Afrique de l’Ouest. » « Il n’y avait pas Julien derrière cette histoire ? » Julien Lebrun, le patron du label Hot Casa qui a sorti les premiers albums de Setenta, est connu pour avoir produit Vaudou Game. « Julien devait partir en Afrique. Il venait de sortir la compil Togo Soul 70. Il avait interviewé les musiciens pour un teaser. Ils avaient suffisamment de matière pour en faire un documentaire. Il lui manquait un ou deux artistes essentiels et quelques jolis plans. Je lui ai demandé si ça ne le dérangeait pas que je l’accompagne. »
Direction le Togo et le Benin. « A Ouidah, une fois par an c’est la fête du vaudou, où se rejoignent toutes les tribus : le défilé du 14 juillet version vaudou ! Dans toute la ville c’est la folie du vaudou pendant 48H. Ça se passe au niveau de la Porte du Non-retour. A 500m sur la plage, il y a une autre porte, beaucoup plus petite : la Porte du Retour. C’est par là que sont passés les retournés, les descendants d’esclaves brésiliens qui sont revenus de Bahia, qui se trouve juste en face. »
La vipère enroulée dans un coin qui ne manquera jamais de rien
« Le dernier jour avant de rentrer au Togo, c’était la cérémonie d’Ibeji (les jumeaux, Ibeyi dans son équivalent cubain). J’accompagnais un pote au temple. Il y avait là un noir américain en recherche d’africanité et une étudiante en danse africaine. Ils posaient les questions au prêtre et écoutaient ses réponses à travers leur caméra. C’était tellement ridicule... Du coup j’ai fait le con tout du long ! Le prêtre était mort de rire. »
« Après la cérémonie, le prêtre me demande ce que j’attendais du Vaudou. Je lui réponds : Dis au Vaudou que je souhaite que le Vaudou soit content. Le Vaudou dit : Tu es comme la vipère enroulée dans un coin. Tu ne manqueras jamais de rien. Un car de Hollandais arrivait. Le prêtre nous dit : Si vous voulez donner quelque chose pour la cérémonie, c’est le moment. Je me lève, je fais un grand sourire au prêtre et mets une grosse somme : 20.000 francs CFA. Tous les hollandais ont suivi ! Le prêtre a conclu en disant : Le Vaudou remercie une personne très généreuse. »



Ils se parlent. Ils continent de se parler !
« Quand j’étais là-bas à Ouidah, j’ai vécu une expérience semi-mystique. J’étais sur la plage, la lune était très belle, la mer violente. J’écoutais le bruit des vagues. J’ai commencé à entendre les tambours. Le Brésil, c’est tout droit, juste en face. Je me suis dit : Ils se parlent. Ils continuent à se parler ! Je me suis dit que jouer les tambours ne signifiait non seulement perpétuer des chants et des traditions, mais aussi continuer à communiquer par delà les océans. Quand tu es un esclave enchaîné à fond de cale, c’est impossible de connaître la taille du fleuve que tu traverses. Ça peut être une rivière comme ça peut faire 5000 km ! Tu n’as pas cette notion de distance. Ils continuaient à jouer pour ceux d’en face. »
De Cuba à Ouidah. Le destin, par sa malice, a amené Florian dans une ville d’Afrique directement connectée au Brésil. Chez Florian le Brésil est omniprésent. Son grand projet du moment est la collaboration de Cotonete, son groupe de funk brésilien, avec une legende oubliée du genre. "Il faut vraiment que tu me racontes comment tu as rencontré Di Melo. Et c’est quoi cette histoire de quintet brésilien ? »
A suivre...
A lire dans les archives du blog : Entretien avec Florian Pellissier
1ère partie : Une jeunesse musicale2è partie : Les années américaines3è partie : Le Cap de Bonne Espérance
Florian Pellissier Quintet – Nouvel album : « Bijou Caillou Voyou » (2018, Heavenly Sweetness)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque semaine « L’Epoque » paie son coup. Voire plusieurs. Trois heures durant, l’humoriste a alterné rosé et clopes en évoquant le « Club Dorothée » et ses VHS.
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Un apéro avec Manu Payet : « Je suis un gars qui vient de loin et se dit pourquoi moi ? »


                      Chaque semaine « L’Epoque » paie son coup. Voire plusieurs. Trois heures durant, l’humoriste a alterné rosé et clopes en évoquant le « Club Dorothée » et ses VHS.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 12h05
    |

            Mustapha Kessous








                              

                        

Il a enfilé un manteau couleur « saumon bio ». Et tant pis s’il fait près de 30 degrés : il faut savoir transpirer pour être beau sur la photo. Manu Payet a donné rendez-vous dans un endroit d’une élégance insolente : Blanche, un club privé ultraluxueux, situé non loin de Pigalle, dans le 9e arrondissement de Paris. Stan Smith aux pieds, le regard chaud, tee-shirt aussi grisonnant que sa barbe, Manu Payet, 42 ans, n’a pas grand-chose en commun avec l’esprit Art nouveau de ce lieu clinquant qui appartient à l’un des producteurs de son dernier film. « Ici, on sera plus au calme pour parler », promet-il.
Les années collège
Vingt heures trente. C’est sur la terrasse marbrée du restaurant de Jean Imbert, vainqueur de l’émission « Top Chef » en 2012, que se pose le comédien. Verre de rosé à la main, cigarette dans l’autre, il est épuisé : la veille, il a joué son one-man-show ­Emmanuel à Marseille et, l’avant-veille, il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Et pour cause : Budapest (Xavier Gens), dont il a coécrit le scénario, est sorti dans plus de trois cents salles en France. Dans ce film inspiré d’une histoire vraie, Manu Payet interprète le premier rôle, celui de Vincent, qui lance une entreprise « de ouf » spécialisée dans les enterrements de vie de garçon en Hongrie. « Il n’y a rien de pornographique », précise-t-il.
« Je n’ai aucune honte à le dire, j’étais Alf à mort, il était la preuve qu’on pouvait être con et aimé. »
En cette soirée de grande chaleur, on sent le stress le ronger, celui qui fait dire que le soleil n’est pas toujours le meilleur ami d’un cinéaste : il n’incite guère les spectateurs à s’enfermer dans une salle obscure, même pour une comédie un peu barrée. « Mais il y a la Fête du cinéma qui arrive », rappelle-t-il comme pour se rassurer. Autre malchance, plus prévisible celle-là : le film sort en plein Mondial de foot. « Ce n’est pas grave. Allez, on trinque...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La danseuse et chorégraphe flamenca met en scène sa grossesse et se perd dans le « je ».
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Avignon : Rocio Molina danse sur son nombril

La danseuse et chorégraphe flamenca met en scène sa grossesse et se perd dans le « je ».



Le Monde
 |    09.07.2018 à 10h18
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Fécondation in vitro, ­contraction, perte des eaux, où sommes-nous ? Dans un show télé ? Non sur le plateau de Grito Pelao (« cri déchirant »), de Rocio Molina, le 7 juillet, dans la cour du lycée Saint-Joseph à Avignon. La danseuse et chorégraphe flamenca intrépide, enceinte de quatre mois, met en scène sous toutes les coutures sa grossesse, son désir d’enfant, sa solitude de femme célibataire et homosexuelle. Elle est accompagnée par sa mère Lola Cruz qui observe sa fille comme on surveille le lait sur le feu et par la chanteuse catalane Silvia Perez Cruz (aucun lien familial entre elles). Une triade vigoureusement campée, soutenue par quatre musiciens.

La scène est blanche, vierge, propice au neuf. Une couronne de sable entoure un bassin d’eau qui attend son heure. Des vidéos multicolores grifferont régulièrement le décor, selon les courbes de température des protagonistes. Sur fond pourpre, rose ou violet, les trois femmes tissent une relation souple, flexible dans l’espace. Courses, étreintes, confidences, roulades imbriquées au sol, ce triangle de la complicité féminine circule bien. Même à distance, dans une diagonale marquée à ses extrémités par deux chaises sur lesquelles sont posés deux immenses châles à franges, elles tirent sur l’élastique d’un lien solide : celui de la maternité, le tricot rouge de Lola dévidant sa pelote comme le fil de l’attente et de l’amour.
Dans « Grito Pelao », Rocio Molina déballe, relit son histoire en direct comme on livre son journal intime
Rocio Molina s’offre ici un énorme cadeau spectaculaire. Elle succombe aussi malheureusement à une recette dans l’air du temps qui fait commerce de tout et de l’intime en particulier. Dans Grito Pelao, elle déballe, relit son histoire en direct comme on livre son journal intime. Le 28 mars, jour de son insémination, elle a choisi une robe rouge. Elle fait une mise au point sur sa relation avec sa mère, passionnée de ballet, sa naissance, lui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dans le Festival « off », les acteurs jouent tous les rôles… sur scène et dans la rue.
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A Avignon, un selfie avec Britannicus, un pastis à la main

Dans le Festival « off », les acteurs jouent tous les rôles… sur scène et dans la rue.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 09h55
    |

            Laurent Carpentier (Avignon, envoyé spécial)








                        



   


Aie ! La caisse de sa guitare, une Guild de très bonne facture, est fendue. Le ­soleil peut-être ou un coup malencontreux ? C’est ce qui arrive lorsque, comme eux (la petite troupe qui interprète sur la scène du Théâtre des 3 soleils, Britannicus On Stage, la pièce de Racine violemment revisitée), on bat le pavé sous le cagnard pour faire l’article aux terrasses bondées des cafés et remplir la salle le soir.

        Lire le décryptage :
         

          Le « off » d’Avignon, une profusion contre-productive ?



Avignon. 34° à l’ombre. Elégant dans son smoking, les yeux d’un bleu transparent, plié en deux comme un guitar-hero, Britannicus chante avec Agrippine, Junie et Albine pour un Néron effondré : « Aujourd’hui tu n’as pas fait l’amour à ta mère, ce n’est pas bien, ce n’est pas bien… »
« Vous verrez, on monte à donf les curseurs du comique et du tragique », glisse au passant ce Britannicus de 21 ans, au front mouillé de sueur, festivalier noyé dans la masse des 4 667 artistes qui peuplent en ce mois de juillet le « off » du Festival. Il s’appelle Jules Fabre. Et, dans cette concurrence de chaque instant, entre trois mousquetaires, un pilote d’avion, deux chanteuses de cabaret et un monstre indéfinissable, il a un avantage : lui est aussi Théo Bommel, un des nouveaux venus de la série Plus belle la vie.
Jeunesse insouciante
Jules-Théo-Britannicus sirote un pastis. On n’est qu’en début d’après-midi. Jeunesse insouciante, enfant de la balle. Il est né à Briare, Loiret, 5 000 habitants. Là, dans un bâtiment au milieu des champs, ses grands-parents ont construit un théâtre. Sa mère en est devenue comédienne : Marie Réache, qui, elle aussi, joue dans Plus belle la vie : Babeth Nebout. Et elle aussi est à Avignon, dans ­Sauver le monde (ou les apparences), au Théâtre Buffon, toujours dans le « off ».
Quand, à 18 ans, elle a quitté Briare pour Paris, Marie Réache a rencontré Alexandre Fabre – alias Charles Frémont dans Plus belle la vie, qui prend décidément des allures d’histoire de famille. Jules n’avait que 2 ans lorsque ses comédiens de parents se sont quittés et pas 6 lorsqu’il est venu pour la première fois à Avignon où sa mère jouait. Mauvais élève revendiqué (« J’ai eu le bac au rattrapage avec 10,1, je crois qu’ils ne voulaient pas me garder »), absentéiste hors pair au lycée Lamartine à Paris (« un embrouilleur », résume-t-il), il découvre au club théâtre du lycée qu’« il n’y avait pas d’autres choses dans lesquelles je pourrais être bon. Une sorte de fatalité ».
« Presque du cabaret »
Ecole Claude-Mathieu dans le 18e puis stages à Briare, au Théâtre de l’Escabeau, avec Pierre Lericq, de la compagnie des Epis noirs, un briscard d’Avignon, qui va les mettre en scène. « Britannicus On Stage, c’est musical, presque du cabaret », tente d’expliquer Jules. « On y parle de tout, de nous, de rugby, parce qu’avant, je faisais du rugby, talonneur », raconte la jolie Agrippine, alors que Junie raboute le sparadrap sur son front qu’elle s’est ouvert hier, jour de première, en voulant nourrir les chats de la maison dont ils partagent les lits dans les faubourgs d’Avignon.
Quotidien ordinaire de l’ici et maintenant. Au Festival « off », tout le monde est comptable ou cantinier le matin, homme-sandwich et distributeur de tracts l’après-midi, et sur scène dès qu’il peut… Déjà devant la terrasse du bistrot, place des Corps-Saints, une autre troupe, celle d’Hercule, le destin d’un dieu, une comédie musicale belge, incite la foule à venir découvrir son spectacle au théâtre CinéVox. Jules cherche à les suivre timidement à la guitare… « Euh ! Vous êtes… » La jeune fille blonde l’a reconnu. Vu à la télé. Ainsi voit-on naître la scène improbable d’Hera, la déesse des femmes, faisant un selfie avec Britannicus. Il n’y a qu’Avignon pour offrir ce genre de raccourcis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le dramaturge suisse signe un spectacle contestable sur le meurtre d’un homosexuel, à Liège, en 2012.
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Avignon : Milo Rau sur le fil, entre reproduction et représentation de la violence

Le dramaturge suisse signe un spectacle contestable sur le meurtre d’un homosexuel, à Liège, en 2012.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 09h38
    |

            Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le public est prévenu : ­ « Certaines scènes de ce spectacle sont susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes », est-il écrit dans le programme de La Reprise, histoire(s) du théâtre (1), de Milo Rau, qui pose la question de la violence d’une manière très contestable. On y voit un meurtre. Trois ­hommes s’acharnent sur le corps d’un quatrième, qu’ils ont sorti du coffre de leur voiture et jeté sur le sol. C’est la nuit, les coups ­tombent, les meurtriers dénudent l’homme, rassemblent ses vêtements dans un sac plastique, puis s’en vont. Reste l’homme, dont l’agonie durera quatre ­heures, et qui sera retrouvé par un promeneur.
L’homme s’appelle Ihsane Jarfi. Il a été tué en avril 2012 dans les environs de Liège. Il sortait d’un bar gay, il a parlé avec trois ­hommes dans une voiture qui embêtaient une fille, puis il est monté dans la voiture, à la suite d’une conversation dont on ne sait rien, sinon ce que les ­meurtriers ont raconté au procès. Milo Rau et son équipe ont reconstitué le fait divers en ­partant de documents et de ­témoignages, dont celui du père et de l’ex-petit ami d’Ihsane Jarfi. Ils ont passé du temps à Liège, la ville des frères Dardenne, rongée par le chômage. Puis ils sont entrés dans une salle de répétition, en se disant : comment on fait ?
Professionnels et amateurs
Cinq comédiens étaient avec Milo Rau, dont trois avec qui il a l’habitude de travailler : Sara de Bosschere, Johan Leysen et Sébastien Foucault, qui habite Liège et avait suivi le procès. Tom Adjibi, le quatrième, a été recruté par casting, comme les deux comédiens amateurs, Suzy Cocco et Fabian Leenders. Milo Rau tient à réunir des professionnels et des amateurs. C’est l’un des points du Manifeste qu’il met en place au NTGent de Gand, le théâtre dont il vient de prendre la direction.

Comme le Dogme de Lars von Trier en son temps, le Manifeste repose sur quelques règles strictes : une scénographie simple, des répétitions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ 18 500 professionnels ont visité le festival de photographie et profité des expositions, conférences et spectacles.
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Rencontres d’Arles : fréquentation en hausse pour la semaine d’ouverture

18 500 professionnels ont visité le festival de photographie et profité des expositions, conférences et spectacles.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h52
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 10h30
    |

            Claire Guillot (Arles, envoyée spéciale)








                        



   


La semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles se clôt sur une fréquentation en augmentation de 6 %, 18 500 personnes ayant visité les 36 expositions du programme officiel du 2 au 7 juillet. Alors qu’un mouvement de revendication des photographes, appelant à une meilleure rémunération des images et à un soutien public accru, s’est déployé sur les murs de la ville à travers des affiches « paye ta photo » et dans une tribune collective publiée dans Libération le 1er juillet, le festival a annoncé que pour la première fois, il rémunérait les photographes exposés en leur octroyant une somme de 500 euros.

        Lire la chronique :
         

          « Pour les festivals, l’équation est complexe : il faut payer les artistes sans casser la tirelire »



La ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui a inauguré les Rencontres le 2 juillet, a fait plusieurs annonces en ce sens : elle a indiqué que, d’ici au mois d’octobre, un nouveau système serait mis en place pour permettre aux photographes exposés d’être systématiquement rémunérés. Elle a aussi réitéré l’idée, déjà énoncée l’an passé, de conditionner les aides de l’Etat à la presse si les délais de paiement des photojournalistes par les médias n’étaient pas respectés.

        Lire l’enquête :
         

          A Arles, les ennuis immobiliers de Jean-Paul Capitani



D’autres politiques s’étaient déplacés pour cette 49e édition des Rencontres d’Arles, dont Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, et Martine Aubry, maire de Lille. Ils ont annoncé, le 6 juillet, qu’une nouvelle institution publique, l’Institut pour la photographie des Hauts-de-France, serait implanté dans un site rue de Thionville à Lille. Il sera dédié à la diffusion de photographies et à la recherche, mais aussi à la conservation d’archives de grands photographes.
Les expositions du programme, d’une grande variété, ont été installées dans nombre de nouveaux lieux, pour la plupart des espaces de friche artistique, où les conditions de visite laissent parfois à désirer en raison de la chaleur. Parmi les nouveaux endroits, un impressionnant pavillon démontable en bambou, très bien ventilé celui-ci, signé de l’architecte colombien Simon Velez, a été installé au bord du Rhône, à Trinquetaille, pour accueillir les photos de Mathieu Ricard. Il a aussi servi de décor pour la fête d’ouverture gratuite des Rencontres. L’ancien collège Mistral a, lui, accueilli Cosmos Arles Books, événement qui réunit 80 éditeurs de livres de photo.

        Lire l’écairage :
         

          Un festival en quête de nouveaux points de chute



Premier « live magazine »
Les soirées de la semaine d’ouverture se sont réparties entre les déambulations dans la ville (soirée photo et littérature, projections aux papeteries Etienne à Trinquetaille) et les nuits de projection au Théâtre antique, avec un spectacle de l’artiste Trevor Paglen, gêné par les problèmes techniques et la pluie. Le 7 juillet, pour la soirée de clôture, un « live magazine » invitait des intervenants à monter sur scène pour livrer un récit personnel en rapport avec la photographie, avec des témoignages inégaux mais dans l’ensemble variés et bien pensés.
Le prix Découverte attribué par les Rencontres, doté de 20 000 euros sous la forme d’achat d’œuvres, est allé au Hollandais Paulien Oltheten, pour son travail sur le quartier de la Défense à Paris, représenté par la galerie Les Filles du Calvaire. Le prix du public a récompensé la Polonaise Wiktoria Wojciechowska pour son projet SPARKS. Le prix Dummy Book Award Arles de la Fondation Luma, doté de 25 000 euros, a été attribué à la Française Marina Gadonneix. Les autres prix du livre sont allés à Laurence Aëgerter (livre d’auteur pour Photographic Treatment, Ed. Dewi Lewis), Julius Neubronner (livre historique pour The Pigeon Photographer, Ed. Rorhof) et Adam Broomberg & Oliver Chanarin (livre photo-texte pour War Primer 2, Ed. Mack).

        Lire le reportage :
         

          Amère Amérique aux Rencontres d’Arles



Les expositions sont visibles jusqu’au 23 septembre et la prochaine édition, qui ouvrira le 1er juillet 2019, sera la cinquantième pour le festival de photo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Musée d’Orsay présente une centaine d’œuvres datant du milieu du XIXe au début du XXe siècle.
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Exposition : bizarrerie de la sculpture en couleurs

Le Musée d’Orsay présente une centaine d’œuvres datant du milieu du XIXe au début du XXe siècle.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h40
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Une exposition sur la sculpture polychrome en France ­entre 1850 et 1910 : le sujet paraît relever de l’érudition pour connaisseurs. On n’en ­soutiendra pas moins que le rassemblement d’une centaine d’œuvres au Musée d’Orsay a de quoi intéresser bien au-delà du cercle des historiens. Non que l’on aille d’éblouissements en enchantements, même si redécouvertes et raretés abondent. Il y a là des pièces dont le pouvoir de séduction aujourd’hui est inversement proportionnel à la ­complexité de leur exécution. Mais justement : elles intéressent par leur bizarrerie.
Exemple : Jean Désiré Ringel d’Illzach (1849-1916), récompensé aux Expositions universelles de 1889 et de 1900. S’associant au ­céramiste Léon Elchinger, il réalise en 1903 une œuvre connue sous deux titres, Le congrès s’amuse ou Singe et dauphin. On y voit un dauphin renversé, sur le ventre duquel est assis un singe qui a introduit ses doigts dans la gueule du cétacé, lequel les mordille en souriant. Le groupe est important, près de 1,50 mètre dans toutes ses dimensions. L’eau est verte, le dauphin ocre jaune et le singe gris luisant. Le sujet est sans doute inspiré de la fable de La Fontaine Le Singe et le Dauphin, mais la morale de la fable se perd dans l’œuvre de Ringel, qui se distingue essentiellement par la perfection de son exécution et son extravagance. Elle représente avec un luxe de réalisme une scène absurde.
La polychromie est révélatrice d’une situation qui se formule ainsi : que faire, en art, des progrès techniques ?
Un tel tour de force technique pour un sujet si ridicule : il ne suffit pas d’en rire. L’un des intérêts de l’exposition tient à ces contradictions, qui se retrouvent dans la plupart des travaux. La polychromie est révélatrice d’une situation qui se formule ainsi : que faire, en art, des ­progrès techniques ? Dans la seconde moitié du XIXe siècle, parmi les effets de la modernité se trouvent ceux-ci, qui ­intéressent la sculpture :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le groupe anglais mené par le chanteur Jay Kay était en vedette, dimanche 8 juillet, au Main Square Festival.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Jamiroquai, formidable machine funk, à Arras

Le groupe anglais mené par le chanteur Jay Kay était en vedette, dimanche 8 juillet, au Main Square Festival.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h28
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 09h03
    |

            Sylvain Siclier (Arras (Pas-de-Calais), envoyé spécial)








                        



                                


                            

En tournée internationale jusqu’à début septembre, le groupe anglais Jamiroquai est au programme de deux festivals d’été en France. Au Main Square Festival d’Arras, le 8 juillet, et au Festival de Nîmes, jeudi 12. Ce qui donne à ces concerts un air de rareté estivale. Sur l’affiche du Main Square Festival, le nom du groupe mené par le chanteur Jay Kay est aussi gros que ceux de Queens of the Stone Age, passé le 6, et de Depeche Mode, le 7.
Sans préjuger du concert prévu aux arènes de Nîmes, il est à souhaiter qu’il soit aussi emporté que celui qui, à la Citadelle d’Arras, durant une heure trente, a rappelé que, en matière de funk, flirtant à l’occasion avec la disco des années 1970 et quelques éléments rock, Jamiroquai est toujours, vingt-cinq ans après ses débuts phonographiques, une formidable machine.
Affirmation d’un collectif
Et si le chanteur Jay Kay est mis en avant sur les pochettes des disques – sa silhouette avec une coiffe en forme de tête de bison est devenue célèbre – et les vidéoclips, le concert est bien l’affirmation d’un collectif. De 3 ou 4 minutes sur les albums, les chansons passent là à des durées étendues. Pour prolonger avant tout les tourneries dansantes. Avec aussi des parties solistes. Tenues virtuoses, sans en faire trop. Celles du claviériste Matt Johnson, qui régale avec des sons de Clavinet (le groupe Commodores, George Duke ou Stevie Wonder en sont des adeptes) ou des envolées « spatialo-funky ».
D’autres, plus courtes, du guitariste Rob Harris, maître de l’accroche rythmique funk, dans la tradition de Jimmy Nolen (chez James Brown) et de Nile Rodgers (leader du groupe Chic). La rythmique est un monument d’exactitude, d’attaque, avec le bassiste Paul Turner et le duo des anciens depuis 1994, le percussionniste Sola Akingbola et le batteur Derrick McKenzie.
En 1996, Jamiroquai a connu un succès mondial avec son troisième album, Travelling Without Moving. Le concert lui fait une belle part,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le festival de photo, relocalisé dans les friches du centre-ville, se montre inventif dans ses accrochages.
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Photographie : amère Amérique aux Rencontres d’Arles

Le festival de photo, relocalisé dans les friches du centre-ville, se montre inventif dans ses accrochages.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h06
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 08h07
    |

            Claire Guillot (Arles, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Pour aller à Grozny, passez par… Monoprix. Après le rayon vêtements, au fond, prenez l’escalier : les Rencontres d’Arles exposent à l’étage du magasin deux projets sur la capitale tchétchène et Cuba. Ce nouveau lieu incongru, certes surchauffé, a son charme. Et le magasin offre une entrée gratuite à l’exposition pour tout achat de 20 euros…
Relocalisée en grande partie au centre-ville, la manifestation arlésienne consacrée à la photographie présente 35 expositions jusqu’au 23 septembre dans des lieux parfois compliqués. Mais elle sait faire preuve d’inventivité dans les accrochages, comme à Monoprix ou dans l’exposition sur la scène turque contemporaine, « Une colonne de fumée », où chaque artiste dispose d’une pièce bien choisie de la Maison des peintres.

Bien que le festival n’ait pas de thème, plusieurs photographes ont su saisir l’air du temps et traduire en images l’aspiration générale à dépasser la condition humaine. Matthieu Gafsou, à la Maison des peintres, s’est plongé dans le transhumanisme, qui promet à tous une vie meilleure grâce à la technologie. L’exposition est remarquable par son esthétique dépouillée, maîtrisée jusqu’au bout des cartels métalliques. Jonas Bendiksen a, lui, pisté, à travers le monde, des hommes persuadés d’être le messie que tous les chrétiens attendent. Son accrochage à l’église Sainte-Anne, particulièrement appropriée, réussit à faire rire autant qu’à troubler. Ce qui n’est pas le cas des images zen et convenues de Matthieu Ricard, ponctuées d’adages de sages : le projet Contemplation, à Trinquetaille, vaut surtout pour le lieu qui l’abrite, un temple de bambou inventé par l’architecte colombien Simon Velez.

L’Amérique, éternelle terre promise
Mais c’est dans leurs voyages vers l’Amérique, éternelle terre promise, porteuse d’images et des rêves, que les photographes ont trouvé l’inspiration. Le festival a réuni des travaux de qualité où l’Amérique se dévoile d’autant mieux que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le plus grand événement photographique de France fait face à la concurrence des fondations et des institutions culturelles de la ville.
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Rencontres d’Arles : un festival en quête de nouveaux points de chute

Le plus grand événement photographique de France fait face à la concurrence des fondations et des institutions culturelles de la ville.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h05
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 08h09
    |

            Claire Guillot (Arles, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Pour l’édition 2018, les ­Rencontres de la photo­graphie n’occupent qu’un seul bâtiment des Ateliers SNCF, à l’orée de la ville, autrefois cœur du festival. Seules deux expositions sont hébergées à l’Atelier des forges, prêté aux Rencontres, ­contre dix-sept en 2017. Rénovés et désormais propriété de la Fondation Luma, dominés par la tour mé­tallique de Frank Gehry qui sera terminée en 2019, les Ateliers SNCF accueillent à l’année des ateliers de réflexion et de production, des spectacles et des expositions. Dans l’Atelier de mécanique, Luma en met plein la vue avec la rétro­spective des trublions de l’art ­contemporain Gilbert and George : cimaises immenses d’un blanc immaculé, œuvres monumentales. Tandis que, dans le ­bâtiment du fond, le Magasin électrique, qui appartient aux ­éditions Actes Sud, accueille des expositions dans des conditions plus spartiates. A terme, ce bâtiment aussi doit être racheté par la Fondation Luma, qui sera seule propriétaire des lieux.

Cette répartition tripartite crée une cacophonie pour les visiteurs : ceux qui ont un forfait des Rencontres à 35 euros devront ­débourser 10 euros de plus pour voir les expos Luma, et 5 eurosde plus pour les expos Actes Sud. « Il faut qu’on se coordonne davantage », avance Mustapha ­Bouhayati, directeur de la fondation Luma. Mais comment ? Le festival basant son modèle économique sur la vente des tickets, il se refuse à faire un forfait global « Ateliers » qui l’obligerait à partager les recettes.
Ce glissement des Rencontres hors des Ateliers n’était pas voulu, assure la fondation Luma, qui dit juste travailler sur un « différent tempo, plus flexible », et a proposé au festival des lieux dans des délais trop courts pour que cela soit faisable. Reste que, depuis l’arrivée de Luma, le festival a dû se réorienter vers le centre-ville, dans des espaces de friche ou non artistiques : Croisière – un ancien garage appartenant à Actes Sud –, la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le label Impulse ! publie une session du saxophoniste américain, enregistrée le 6 mars 1963.
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Jazz : un inédit de Coltrane en quartette

Le label Impulse ! publie une session du saxophoniste américain, enregistrée le 6 mars 1963.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 07h47
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                            Francis Marmande








                        



                                


                            

« Un album perdu et retrouvé de Coltrane ? C’est comme si on avait trouvé une nouvelle salle dans la grande pyramide. » Dixit Sonny Rollins en personne, le colosse du saxophone, celui qu’on a tenté par tous les bouts du ténor d’opposer à Coltrane… Dieu que les choses sont simples…
Toujours est-il qu’un album de Coltrane perdu à Saragosse ou chez Naïma, la première épouse du génial ténor sax, sort de l’inconnu. Tremblement de ciel ! L’album retrouvé sort surtout des consoles du magicien de chez Impulse !, l’ingénieur du son Rudy Van Gelder, et des mémoires du label de l’avant-garde. Point d’exclamation inclus !
Ni chutes, ni doublons, ni rebuts : ce sont, numéros de matrices et historiographie à l’appui, les pièces d’un « album » enregistré le 6 mars 1963 dans l’après-midi, sobrement intitulé, après coup, Both Directions at Once : The Lost Album.
Dire stupéfiant
Impulse !/Universal publie un coffret de deux CD, avec livret d’Ashley Kahn. Dès les premières notes, les spécialistes éternuent : « C’est lui ! » Faut dire qu’avec le subtil marketing qui soutient le prétendu ovni, il faudrait être assez tarte (ou téméraire) pour ne pas reconnaître Coltrane.
Coltrane en grand quartette homologué : Elvin Jones déchaîné à la batterie, Jimmy Garrison éblouissant à la contrebasse (archet compris, dont on doutait qu’il en jouât presque aussi bien que Paul Chambers) et McCoy Tyner, pianiste toujours actif aujourd’hui, qui commence alors à constater que sa place s’évanouit souvent, sans le moindre syndrome monkien. Piano trop tempéré, trop étroit, malgré ses carillons et ses ponctuations… Ce qui lui fera quitter le quartette en 1965.
Coltrane, tendresse vite portée à la fureur de vivre, est à fond dans son dire stupéfiant. Ces flux intempestifs autant que bien réglés, si élégants et furieux avec Elvin en duo, parfaitement tendus vers les deux directions à la fois, souvent ensemble, un des mille...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ « SLAV » de l’auteur-acteur-metteur en scène québécois Robert Lepage a été déprogrammée parce que sa distribution est jugée « trop blanche ».
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A Montréal, une pièce sur l’esclavage divise

« SLAV » de l’auteur-acteur-metteur en scène québécois Robert Lepage a été déprogrammée parce que sa distribution est jugée « trop blanche ».



Le Monde
 |    09.07.2018 à 07h39
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                            Intérim (Montréal, correspondance)








                        



                                


                            

Une semaine de controverse aura eu raison de SLAV, une odyssée théâtrale à travers les chants d’esclaves. Le dernier opus de l’auteur-acteur-metteur en scène québécois Robert Lepage a été retiré mercredi 4 juillet de la programmation du Festival international de jazz de Montréal (FIJM). Dans une lettre publiée vendredi 6 juillet, l’auteur et interprète de 877 est sorti de son silence pour dénoncer « un coup porté à la liberté d’expression artistique » et un « affligeant discours d’intolérance ».
SLAV est une « odyssée » qui, selon Robert Lepage et la chanteuse Betty Bonifassi, « explore l’histoire de l’esclavage, de l’oppression, de la migration et de l’incarcération de masse ». La pièce a été retirée après trois représentations au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) de Montréal dans le cadre de la programmation du FIJM. Plus de 8 000 billets avaient été vendus pour les 16 dates.
La polémique a commencée avec des manifestations d’une dizaine de personnes lors de l’avant-première, fin juin
Certains détracteurs voient dans ce spectacle une appropriation de la culture et de l’histoire des Noirs, la quasi-totalité de la distribution et son interprète principale, Betty Bonifassi, une chanteuse montréalaise d’origine française, étant blanche : seules deux choristes sur sept sont noires. La polémique a commencée avec des manifestations d’une dizaine de personnes lors de l’avant-première, fin juin. Devant le TNM, dans le quartier des spectacles du centre-ville, des manifestants pro et anti-SLAV se sont opposés. Deux camps aux positions bien tranchées : « Betty Bonifassi a dit qu’elle avait une âme noire », expliquait un manifestant. « Je suis désolé, mais les seules personnes à avoir une âme noire, ce sont les Noirs », lui répondait un autre.
Certains artistes se sont demandé pourquoi des chanteuses et des comédiennes noires n’avaient pas été...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le 26 juin, les textes sur la préservation de Jérusalem et de Hébron ont été adoptés à l’unanimité, y compris par les représentants israélien et palestinien. Un premier succès pour Audrey Azoulay, nouvelle directrice générale de l’organisation.
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Après des années de crise, le timide réveil de l’Unesco

Le 26 juin, les textes sur la préservation de Jérusalem et de Hébron ont été adoptés à l’unanimité, y compris par les représentants israélien et palestinien. Un premier succès pour Audrey Azoulay, nouvelle directrice générale de l’organisation.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 07h30
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Après des années de crise et de léthargie, l’Unesco – l’agence de l’ONU chargée de l’éducation, de la culture et des sciences – donne quelques timides signes de réveil. Lors de la réunion à Manama (Bahreïn) du Comité de patrimoine mondial de l’Unesco, le 26 juin, les textes sur la préservation de la vieille ville et des murailles de Jérusalem et de Hébron ont été adoptés par consensus et à l’unanimité. Y compris par les représentants israélien et palestinien. Ce vote aurait été impensable il y a encore quelques semaines. En juillet 2017, une première déclaration inscrivant la vieille ville d’Hébron au Patrimoine mondial avait suscité la fureur d’Israël. Et en octobre de la même année, Israël et les Etats-Unis avaient annoncé leur retrait – qui deviendra effectif à la fin de l’année 2018 – de l’Unesco, symbole d’un multilatéralisme honni par Donald Trump comme par Benjamin Nétanyahou.

« L’adoption de textes consensuels crée une situation “gagnant-gagnant” et toutes les parties en sortent renforcées : en évitant une rhétorique agressive et en baissant les tensions politiques, nous nous mettons en situation de laisser l’Unesco faire beaucoup plus pour remplir son mandat », explique au Monde Audrey Azoulay, la nouvelle directrice générale. Neuf mois après son élection surprise, en octobre 2017, l’ex-ministre de la culture de François Hollande peut mettre ce premier succès à son actif et ne compte pas s’arrêter là. « En jouant de notre rôle de facilitation, nous nous donnons la possibilité d’agir dans l’intérêt de toutes les parties », précise-t-elle.
« A l’Unesco, nous sommes en dessous des radars et cela permet beaucoup de choses »
La question de Jérusalem focalise chaque année toutes les tensions au sein de cette organisation, qui dès 2011, fut la première agence des Nations unies à accepter la Palestine comme membre à part entière. Dénonçant « les partis pris anti-israéliens systématiques » de l’Unesco,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Avec les dix heures de « Joueurs, Mao II, Les Noms », le metteur en scène offre une expérience magnétique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/07/2018
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Avignon : Julien Gosselin et son spectacle monstre

Avec les dix heures de « Joueurs, Mao II, Les Noms », le metteur en scène offre une expérience magnétique.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 13h21
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les mots qui tuent, et les mots qui sauvent. Les voilà, les vedettes de ce Festival d’Avignon. En ouvrant, le 6 juillet, avec Thyeste, de Sénèque, mis en scène par ­Thomas Jolly, et, le 7 juillet, avec Joueurs, Mao II, Les Noms, la trilogie d’après Don DeLillo conçue par Julien Gosselin, la 72e édition de la manifestation créée par Jean Vilar pose d’emblée une passionnante réflexion sur les liens entre la violence, les mots et les images.

Difficile de ne pas les voir en regard, ces deux spectacles d’ouverture, que signent deux trentenaires d’aujourd’hui. Comme s’ils dessinaient un arc temporel entre l’antiquité romaine de Sénèque et notre monde contemporain, tel que le dissèque l’Américain ­DeLillo. Un embrassement du temps de notre civilisation, avec ses permanences et ses évolutions : la même tragédie, avec des moyens nouveaux.

Avec Joueurs, Mao II, Les Noms, Julien Gosselin offre aussi un de ces marathons de théâtre comme on aime à les vivre à Avignon : dix heures de spectacle sans temps morts – et sans entractes « officiels », le public étant invité à entrer et sortir à sa guise –, immersives, inégales, râpeuses, folles. Le spectacle-monstre de ce festival, à décantation lente. On y entre à 15 heures, sous le soleil brûlant, on en sort à la première heure du matin, sonné, halluciné, abasourdi, désorienté et heureux de l’être. Loin d’être un spectacle parfait, un objet bien calibré, Joueurs, Mao II, Les Noms, qui était encore un peu un work in progress à la première, s’offre comme une expérience : un champ magnétique où la violence, les mots et les images s’aimantent et se repoussent.

C’est elle, la violence politique, dans ses diverses manifestations étatiques, économiques et terroristes, qui constitue le fil rouge le plus évident de cette équipée sauvage. Mais avec Don DeLillo, avec ces trois romans écrits entre 1977 et 1991, Julien Gosselin va forer beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 08/07/2018
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Blues, rock, électro : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h50
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 07h27
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
En plein air ou en salle, la saison des festivals musicaux bat son plein.
UNE VIDÉO : « Radiate », par Jeanne Added

Formée au chant lyrique, musicienne reconnue dans le milieu du jazz, Jeanne Added avait marqué les esprits en 2015, avec son premier album solo, Be Sensational (Naïve), dans un registre électro rock et minimaliste plutôt inattendu en regard de ses antécédents. Après un premier single intitulé Mutate, dévoilé début mai, la bassiste, auteur/compositeur et interprète propose en annonce d’un album qui sortira le 14 septembre un deuxième extrait plus sombre, Radiate, qui confirme une orientation électro aux textures froides et très travaillées, porté par ce chant incantatoire qui gagne encore en assurance.
Pour accompagner ce titre à l’intensité qui va crescendo, le clip réalisé par le Parisien Kevin Gay a été tourné la nuit au cœur d’une forêt. Ce nouvel album, qui emprunte son nom à ce deuxième extrait, a été enregistré à Bruxelles et produit par le duo électro franco-écossais Fred Soulard et Mark Kerr, alias Maestro. Après une poignée de dates estivales, l’artiste commencera le 7 septembre une tournée marathon à travers la France (dont un concert au Trianon, à Paris, complet, le 30 octobre) qui se poursuivra jusqu’en décembre. Un Zénith de Paris est d’ores et déjà programmé pour le 3 avril 2019. Franck Colombani
QUATRE FESTIVALS
Restons sérieux, au Supersonic, à Paris, du 10 au 14 juillet

   


Du 10 au 14 juillet, la scène parisienne du Supersonic, près du quartier de la Bastille, accueille la 3e édition du festival Restons sérieux. Durant cinq jours (entrée libre) et deux nuits (payantes, 5 € à partir de 23 heures), cet événement à l’intitulé tout en dérision met à l’honneur les jeunes talents hexagonaux tendance « décalée » voire décomplexée. Soit une programmation défricheuse constituée de vingt-cinq francs-tireurs venus d’horizons variés – « Bizarreries pop, post-punk magnétique, chansons déviantes et autres expérimentations soniques » –, dont le parrain de cette édition est Bertrand Burgalat (le 13 juillet), le producteur, arrangeur, compositeur et patron du label Tricatel. Mais aussi la chanson pop extravagante de Ricky Hollywood, également batteur de Juliette Armanet (le 12) ; la dream pop psychédélique des parisiens de Biche (le 13) ; le post-rock alambiqué du trio Jean Jean ou encore le krautrock cosmique du Réveil des tropiques (le 14). Et enfin des formations peu familières aux noms intrigants tels que Guili Guili Goulag, Kumisolo, Stratocastors, Guerre Froide, Palma Rosa, Oktober Lieber, Keruda Panter… Avis aux oreilles curieuses ! F. C.
Supersonic, 9 rue Biscornet, Paris 12e. Entrée libre en journée. 5 € à partir de 23 heures, vendredi 13 et samedi 14 juillet.
Musilac, à Aix-les-Bains, du 12 au 15 juillet

   


Dans notre supplément festivals, encarté dans l’édition du 23 juin de M le magazine du Monde, notre collègue Stéphane Davet évoquait dans une note consacrée au festival Musilac, organisé à Aix-les-Bains (Savoie), du 12 au 15 juillet, la venue du groupe Deep Purple et sa chanson Smoke on The Water. Souvenir de l’incendie du casino de Montreux, au bord de la partie suisse du lac Léman. C’est sur les bords du lac du Bourget qu’a lieu Musilac, et les fans de Deep Purple pourront donc voir, vendredi 13 juillet, le groupe actuellement en tournée anniversaire de son cinquantenaire – le groupe a été fondé en 1968 et le batteur Ian Paice est le seul représentant de la formation originale.
D’autres vétérans moins lointains du rock et de la pop sont au programme du festival : Depeche Mode, Simple Minds, The Stranglers, jeudi 12 juillet, Indochine, MC Solaar, samedi 14, ou IAM, dimanche 15. Tous pourraient « bien mettre le feu au lac », comme le notait Stéphane Davet, de même que les nouveaux venus et des vedettes plus récentes, comme Lomepal, Findlay, The Mysterious Lights… le 12 ; Beth Ditto, Orelsan, The Temperance Movement, Cats On Trees… le 13 ; Roméo Elvis, Charlotte Cardin, Nova Twins… le 14 ou Shaka Ponk, Franz Ferdinand, Her… le 15. Sylvain Siclier
Festival Musilac, Esplanade du lac, boulevard Robert-Barrier, entrée boulevard du Port-aux-Filles, Aix-les-Bains (Savoie). 59 €, 73 € le 12 juillet ; forfaits 3 jours, 143 € et 4 jours, 189 €.
Jazz à Sète, du 12 au 20 juillet

   


A peine terminés les festivals Quand je pense à Fernande, fin juin, consacré à la chanson, et le Worldwide Festival, début juillet, dans son attention aux musiques électroniques et à la fusion, voici qu’arrive Jazz à Sète. Prévu du jeudi 12 au vendredi 20 juillet, au Théâtre de la mer, ancien fort transformé en salle de spectacles à ciel ouvert, Jazz à Sète présente un programme de belle allure, de son ouverture, avec les formations du pianiste Fred Nardin et du contrebassiste Avishai Cohen, à la soirée finale avec Le Sacre du tympan du bassiste Fred Pallem et l’Hudson Quartet avec John Scofield (guitare), John Medeski (claviers), Scott Colley (contrebasse) et Jack DeJohnette (batterie). Parmi les autres concerts, notons en particulier ceux du Supersonic du pianiste Gonzalo Rubalcaba (le 13), du saxophoniste Thomas de Pourquery (le 16), du trompettiste Roy Hargrove et du contrebassiste Christian McBride (le 18) et l’Akoustic Band du pianiste Chick Corea, avec en première partie le quartette du bassiste Thierry Balin (le 19). S. Si.
Jazz à Sète, Théâtre de la mer, promenade Maréchal-Leclerc, Sète (Hérault). De 25 € à 45 € ; forfait ensemble du festival 179 €.
Cahors Blues Festival, du 14 au 18 juillet

   


Fondé en 1982, le Cahors Blues Festival se revendique comme « le plus ancien » consacré au genre en France. Sa programmation a un air d’authenticité que les amateurs apprécient. Et si, à l’occasion, le Cahors Blues Festival sort un peu de son ancrage, c’est en allant vers la soul ou le folk. Sont attendus dans la préfecture du Lot, du samedi 14 au mercredi 18 juillet, le guitariste et chanteur canadien Steve Strongman (le 14) et son compatriote Paul DesLauriers avec son trio au blues-rock hendrixien (le 18), la chanteuse new-yorkaise Bette Smith (le 15), marquée par la soul du sud des Etats-Unis, le guitariste et chanteur de Memphis Eric Gales (le 18) et celui de Chicago Toronzo Cannon (le 15). Belle représentativité française avec le guitariste et chanteur Sanseverino et son récent répertoire blues, en compagnie notamment des guitaristes Nico Duportal et Hervé Legeay et du batteur Stéphane Huchard (le 14), et le chanteur et guitariste Manu Lanvin avec son groupe Devil Blues, et plusieurs invités dont le chanteur et guitariste Paul Personne et la chanteuse Gaëlle Buswel. S. Si.
Cahors Blues Festival, Espace Clément-Marot, place Bessières, Cahors (Lot). 37,50 € ; forfait ensemble du festival 112,50 €.
A RÉSERVER : The Brian Jonestown Massacre en tournée française, du 20 au 25 septembre



The Brian Jonestown Massacre avait émergé de l’underground par l’entremise du documentaire américain Dig !, réalisé en 2004 par Ondi Timoner. On y suivait les déboires de son démiurge, Anton Newcombe, personnage loufoque et sans concession du milieu rock psychédélique californien. Sobre depuis dix ans et relocalisé à Berlin (Allemagne) où il a construit son propre studio d’enregistrement, le multi-instrumentiste a récemment loué ses services de producteur au duo garage tricolore The Liminanas, sur l’excellent Shadow People.
Si les derniers albums du BJM s’aventuraient vers des sonorités kraut/industrielles plus ou moins abouties, Something Else (A Recordings), dix-septième album paru le 1er juin, réconcilie les fans de la première heure avec les épopées rock acidulées et morriconiennes du cultissime Thank God For Mental Illness (1996). Un deuxième, éponyme, est d’ailleurs déjà prêt et sortira en septembre. Anton Newcombe et ses hommes de main (parfois au nombre de sept sur scène) se produiront au festival la Route du Rock, le 17 août, avant de revenir en tête d’affiche le 20 septembre à Paris (La Cigale), le 23 septembre à Lille (L’Aéronef) et le 25 septembre à Strasbourg (La Laiterie), ainsi que le 22 septembre au Havre, dans le cadre du festival Ouest Park. F. C.



                            


                        

                        

