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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Des pluies torrentielles se sont abattues sur l’ouest du Japon ces derniers jours. Les glissements de terrain et les inondations ont fait au moins 100 morts.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Des rejets de bromopropane, substance potentiellement cancérogène, atteignent jusqu’à 190 000 fois les normes sur le complexe chimique du bassin de Lacq à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques).
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L’usine Sanofi qui produit la Dépakine émet des quantités dangereuses de substances toxiques

Des rejets de bromopropane, substance potentiellement cancérogène, atteignent jusqu’à 190 000 fois les normes sur le complexe chimique du bassin de Lacq à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques).



Le Monde
 |    09.07.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 18h05
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Sanofi n’en a peut-être pas fini avec le scandale de la Dépakine, ce médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développement chez des milliers d’enfants. L’usine qui produit la Dépakine, à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), rejette dans l’atmosphère des quantités de substances dangereuses très supérieures aux limites autorisées.
Le bromopropane est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique possible par l’OMS
Sanofi Chimie, filiale du groupe Sanofi Aventis, fait partie de la vingtaine d’installations classées Seveso du complexe industriel de Lacq. Un rapport d’inspection datant du mois d’avril auquel Le Monde a eu accès révèle notamment que le bromopropane, qui entre dans la composition du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, a été mesuré jusqu’à 190 000 fois la norme, avec un rejet en mars de plus de 380 000 mg/m3 alors que la valeur limite d’émission est de 2 mg/m3. En octobre 2017, déjà, des rejets à hauteur de 180 000 mg/m3 avaient été mesurés. Selon les déclarations de l’industriel, plusieurs dizaines de tonnes de ce solvant sont émises chaque année sur le site de Lacq.

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          A Lacq, un demi-siècle de pollutions cachées



Des rejets d’autant plus dangereux que le bromopropane est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique possible par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso) déplore ainsi :
« Femmes enceintes, salariés et riverains sont massivement et continuellement exposés à cette substance en plus de celles qui sont émises par la plate-forme industrielle, déjà tristement connue pour son air irrespirable et les nombreux problèmes de santé des populations alentours. Il n’est pas acceptable que Sanofi continue à polluer massivement l’air que nous respirons. C’est la santé des salariés, des habitants et des générations futures qui est en jeu ».
« Fermeture temporaire de l’usine »
Avec l’association France Nature Environnement, la Sepanso réclame la « fermeture temporaire de l’usine, le temps que des solutions efficaces soient trouvées » et envisage de déposer une plainte.
Le bromopropane n’est pas la seule substance rejetée en excès par Sanofi Chimie. Le rapport de l’inspection note que quatre autres composés organiques volatils (COV), le toluène, le propène, l’isopropanol et le valéronitrile, dépassent les normes. Le rejet global pour ces cinq COV est limité à 110 mg/m3. Or il a atteint près de 770 000 mg/m3 en mars, soit 7 000 fois plus que la valeur autorisée. Ces dépassements impressionnants sont les résultats d’un « premier écart », relève le rapport : jusqu’en octobre 2017, l’industriel ne contrôlait qu’une de ses trois colonnes dites d’abattage, qui traitent les gaz avant de les rejeter dans l’air.
La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Nouvelle-Aquitaine a mis en demeure Sanofi de prendre les « mesures d’urgence » pour respecter les normes dans un délai de trois mois.
Le groupe reconnaît « un problème de dépassement localisé des seuils de rejet de vapeur de solvants ». Il précise dans un communiqué qu’« un plan d’action a immédiatement été engagé par le site, qui a mis en place une unité de collecte et de traitement des rejets afin de les réduire significativement ». Cette unité serait « en cours de démarrage ».
Sanofi assure surtout que « les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation ». Dans son rapport, la Dreal est moins catégorique : « Cette conclusion est construite en considérant le caractère toxique du bromopropane et non son caractère cancérogène, mutagène et reprotoxique, avec la prise en compte de sensibilité par exemple des femmes enceintes. » Elle estime ainsi, dans un langage tout administratif, que « certaines hypothèses doivent être approfondies à très court terme pour pouvoir affirmer qu’il n’y a pas de risques pour la santé des populations exposées ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Emmanuel Macron et Nicolas Hulot se sont engagés à fermer les quatre centrales françaises d’ici à 2022. Mais ces sites jouent un rôle énergétique majeur pour passer les pointes hivernales.
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édition abonné


Les centrales à charbon seront difficiles à fermer

Emmanuel Macron et Nicolas Hulot se sont engagés à fermer les quatre centrales françaises d’ici à 2022. Mais ces sites jouent un rôle énergétique majeur pour passer les pointes hivernales. La tâche s’avère plus complexe que prévu.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h00
    |

                            Nabil Wakim (Cordemais, Loire-Atlantique)








                        



                                


                            

C’était une promesse de campagne du candidat Macron : en 2022, les centrales à charbon françaises seront fermées. Dans un entretien à Forbes, en mai, il en avait même fait un exemple de sa politique environnementale. « EDF et [le groupe allemand] Uniper, des entreprises très classiques, ont beaucoup résisté. Mais j’ai décidé de dire très clairement que nous allions les fermer. Je leur ai dit : “Nous allons vous aider, mais nous allons les fermer. Il n’y a pas d’autre choix.” »
Le plan climat de Nicolas Hulot, présenté il y a tout juste un an, avait gravé dans le marbre cet engagement. La France ne compte plus que quatre centrales de ce type en activité sur son territoire, au Havre (Seine-Maritime), à Cordemais (Loire-Atlantique), à Saint-Avold (Moselle) et à Gardanne (Bouches-du-Rhône).
Elles sont d’abord remises en cause pour leur très mauvais bilan carbone, le charbon étant la manière la plus polluante de produire de l’électricité. Certes, le charbon ne représente que 1,8 % de la production électrique française, mais il représente 25 % des émissions du secteur. Ces quatre centrales jouent pourtant un rôle majeur pour passer les pointes hivernales, et, surtout, emploient plus d’un millier de salariés, sans compter les nombreux emplois indirects.
Un rôle crucial
A Cordemais (Loire-Atlantique), le problème se pose assez simplement. Pour assurer l’alimentation électrique de la Bretagne, le rôle de la centrale est crucial, assurent en chœur la direction d’EDF et les syndicats. Ici, on produit de l’électricité à partir du charbon et du fioul depuis le début des années 1970. La dernière tranche fioul de la centrale a cessé son activité définitivement en avril, mais les deux unités charbon sont encore très actives.
Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a même assuré devant l’Assemblée, en juin, que la Bretagne n’était pas passée loin d’un « black-out » l’hiver dernier. Lors des deux derniers hivers,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Atteint d’un cancer après avoir manipulé le pesticide de Monsanto, Dewayne Johnson poursuit la firme, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts.
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Le premier procès du Roundup démarre à San Francisco

Atteint d’un cancer après avoir manipulé le pesticide de Monsanto, Dewayne Johnson poursuit la firme, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 09h49
   





                        



   


Le Roundup est-il cancérigène ? Monsanto a-t-il volontairement caché la dangerosité de son désherbant au glyphosate ? Telles sont les questions qu’un tribunal états-unien va devoir examiner, à partir de lundi 9 juillet. Un tribunal de San Francisco avait été saisi par un particulier atteint d’un cancer en phase terminale.
Si des centaines, voire des milliers, de procédures sont en cours aux Etats-Unis contre le grand groupe d’agrochimie, la plainte de Dewayne Johnson, un Américain de 46 ans qui a vaporisé du Roundup pendant plus de deux ans, est la première concernant le produit et ses possibles effets cancérigènes à aboutir à un procès.
Le procès s’est officiellement ouvert à la mi-juin avec la désignation d’un juge, mais les débats de fond ne commencent que lundi, après une série d’audiences techniques. Il est prévu pour durer au moins trois semaines à San Francisco.

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Plusieurs millions de dollars
Commercialisé depuis plus de quarante ans, le Roundup, l’un des herbicides les plus utilisés au monde, contient du glyphosate, une substance très controversée et qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène. Monsanto, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts dans ce seul dossier, a toujours fermement réfuté tout lien entre cancer et glyphosate.
Dewayne Johnson, dont les lésions couvrent 80 % de son corps, « se bat pour sa vie » après avoir été diagnostiqué il y a deux ans d’un lymphome non hodgkinien, incurable, explique David Dickens, l’un de ses avocats du cabinet Miller, spécialisé dans la défense de particuliers s’estimant victimes de produits défectueux. L’oncologue qui suit M. Johnson lui a donné six mois à vivre après sa chimiothérapie.
Employé de 2012 à 2014 à l’entretien des jardins du district scolaire de Benicia, une localité située à 65 km à l’est de San Francisco, il a mélangé et répandu des centaines de litres de Roundup, le célèbre herbicide de Monsanto, deux fois par mois. « Ce n’est pas la faute à pas de chance », ce n’est pas dû à un problème « génétique », « c’est à cause de son exposition continue au Roundup et au Ranger Pro » (produit similaire de Monsanto), assure Me Dickens.
« Et cela aurait pu être évité », assène encore l’avocat, accusant Monsanto, qui vient d’être racheté par l’allemand Bayer, d’avoir sciemment caché au public la dangerosité de ses produits. Les avocats de M. Johnson n’ont pas encore fixé les sommes qu’ils comptent demander, mais évoquent un « jugement à plusieurs millions de dollars ».
Partie difficile
Mais la partie ne sera pas aisée pour Dewayne Johnson, dont les avocats devront prouver un lien entre sa maladie, qui lui cause de nombreuses lésions cutanées sur le corps, et l’épandage de glyphosate. La question est « est-ce que l’exposition de M. Johnson au glyphosate a provoqué son cancer ? (…) Cela n’a pas causé son cancer », affirme Sandra Edwards, du cabinet Farrella Braun & Martel, l’une des avocates de Monsanto.
Pendant ce procès, « vous verrez beaucoup de données et de science », relève-t-elle aussi, soulignant qu’il y a eu « des études qui ont suivi pendant des années et des années des gens qui ont utilisé ces produits », sans conclure qu’ils provoquaient des cancers. Dans son argumentaire pour la cour, Monsanto ajoute une seconde ligne de défense : dans le cas du jardinier, les délais sont trop courts entre l’exposition au produit et le développement de la maladie pour attester d’un quelconque lien.
« Si M. Johnson gagne ce procès, ce sera un énorme coup porté à l’industrie des pesticides toute entière », affirme Linda Wells, du réseau international d’ONG contre les pesticides Pesticide Action Network North America.
Bataille d’experts
Le dossier est d’autant plus complexe qu’il existe nombre d’études et de décisions contradictoires sur le glyphosate. La firme se prépare donc à une bataille d’experts.
Contrairement à l’Agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA), la Californie a placé le glyphosate sur la liste des produits cancérigènes. Et dans cet Etat, tout fabricant ayant connaissance du caractère cancérigène certain ou suspecté d’un produit doit obligatoirement le faire figurer sur l’emballage.
Le glyphosate est également classé « cancérigène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l’Organisation mondiale de la santé, contrairement aux agences européennes, l’EFSA (sécurité des aliments) et l’ECHA (produits chimiques).

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Le glyphosate fait particulièrement polémique en Europe. Après la décision de l’Union européenne en novembre de renouveler la licence de l’herbicide pour cinq ans, le gouvernement français s’est engagé à cesser d’utiliser cette substance pour les principaux usages d’ici à trois ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Les pluies torrentielles, qui ont ravagé l’ouest du pays, ont provoqué inondations et glissements de terrain.
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Intempéries au Japon : au moins 100 morts, le premier ministre Abe annule ses voyages

Les pluies torrentielles, qui ont ravagé l’ouest du pays, ont provoqué inondations et glissements de terrain.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 12h42
    |

                            Intérim (Tokyo, correspondance)








                        



Lorsque l’ordre d’évacuation est arrivé, il était déjà trop tard. L’eau est montée si vite jusqu’aux 1er étage de leur maison que les habitants de nombreuses bourgades de l’ouest du Japon n’ont eu d’autre choix que de se réfugier sur leur toit. Entre envois de messages sur les réseaux sociaux et serviettes blanches agitées au passage d’hélicoptères des pompiers, de l’armée ou des télévisions, ils n’avaient guère de moyens de s’en sortir.
Au moins 100 personnes sont mortes entre vendredi 6 et lundi 9 juillet après des pluies exceptionnelles, qui ont ravagé les provinces d’Hiroshima, Ehime, Yamaguchi, Gifu, Okayama ou encore Kyoto. « J’ai vécu quarante ans ici, c’est la première fois que je vois une chose pareille », a témoigné pour la télévision NHK un sinistré de la région d’Hiroshima.
Les précipitations, d’une violence inouïe, ont dépassé un mètre en moins de soixante-douze heures « ce qui ne se produit qu’une fois tous les cinquante ans. Le front pluvieux a stagné très longtemps au-dessus de la même zone, ce qui a provoqué des précipitations en quantité pour ainsi dire jamais vue », a expliqué Yasushi Kajiwara, de l’Agence nationale de météorologie.
Le souvenir du tsunami de 2011
Les images, notamment celles prises par des drones, montrées par les télévisions rappellent celles du tsunami de 2011 dans le nord-est. Les cours d’eau étaient si déchaînés qu’ils ont tout emporté dans leur furie : la NHK était en train de filmer une rivière devenue monstrueuse quand soudain le long pont de bois qui la surplombait a commencé à céder puis est parti. Des habitants de petits villages entourés de montagnes se sont retrouvés totalement coupés du monde jusqu’à ce qu’un hélicoptère vienne les sauver.
Il n’est pas rare que des localités rurales encastrées dans des zones isolées soient les premières touchées lors de phénomènes météo exceptionnels, mais cette fois, même des quartiers entiers de villes ont été inondés. Il restera sans doute dans les mémoires ces images d’un grand hôpital de Kurashiki, envahi par les eaux, et dont les patients, personnels et visiteurs ont été pris au piège.
Les vieillards ont été évacués avec leurs fauteuils roulants par des bateaux de l’armée, d’autres sur des brancards hélitreuillés. On n’avait pas vu de telles scènes sans doute depuis le drame de mars 2011. Des enfants figurent aussi parmi les victimes, comme deux élèves d’une école primaire rurale qui n’en comptait que six.
La ville de Kumano, près de Hiroshima, où sont fabriqués à la main les « kumano-fude », pinceaux de maquillage en poils naturels qu’utilisent les maquilleurs d’Hollywood, a aussi été en partie dévastée par des coulées de boue, selon les images prises sur place lundi par l’Agence France-Presse.
Selon Takeo Moriwaki, de l’Institut de technologies de Hiroshima, même les experts sont dépassés, car des glissements de terrain se sont produits en des lieux où les risques étaient considérés comme peu probables.
Depuis vendredi, deux bandeaux bleus entourent l’écran de la chaîne NHK, affichant en permanence les consignes, le nombre de morts et de disparus, rappelant sans cesse que le drame se poursuit.
« Un combat contre le temps »
L’urgence est au sauvetage des victimes, « un combat contre le temps », selon les mots du premier ministre, Shinzo Abe, mais viendra forcément le moment des questions : pourquoi un tel désastre ? Comment expliquer un tel bilan ? Les ordres d’évacuation ont-ils été trop tardifs ? Pourquoi n’ont-ils pas un caractère obligatoire ? Les autorités ont-elles été à la hauteur ?
Des éléments de réponse peuvent déjà être donnés. L’ampleur du sinistre s’explique en partie par la structure même de l’habitat au Japon. Les maisons sont en bois, parfois construites à flanc de montagne et donc à la merci des glissements de terrain qui ne manquent pas d’arriver quand les précipitations atteignent des niveaux exceptionnels. Idem pour les demeures qui se trouvent au bord des cours d’eau, sur des étendues parfois extrêmement plates.

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En outre, le fait que l’habitat soit parfois très dispersé complique encore les choses. Des bourgs de seulement quelques dizaines ou centaines d’habitants ne sont accessibles en tant normal que par une seule voie routière. Si elle est rompue, il devient impossible de partir ou de secourir ces personnes, lesquelles sont de surcroît souvent âgées.
Car le vieillissement de la population est aussi une importante entrave aux opérations de secours. Les octogénaires et leurs aînés ne sont guère habitués à consulter des informations sur les réseaux sociaux qui relaient non seulement les informations officielles mais aussi des témoignages de personnes qui peuvent s’avérer utiles.
Les autorités japonaises ont de plus en plus souvent des difficultés à estimer le bon moment pour donner des instructions sur la base des alertes émises par l’Agence de météorologie nationale, avis qui vont de recommandations incitant à quitter les lieux à des ordres d’évacuation sans cependant de mesures coercitives pour les faire appliquer. C’est finalement à chaque citoyen de décider à ses risques et périls s’il part ou non et à quel moment.
Shinzo Abe critiqué
En parcourant les annales des désastres de ces dernières années dans l’Archipel, force est de constater que la pluie (et ses conséquences) y est plus meurtrière que les séismes (lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de tsunami). Hiroshima avait connu des glissements de terrain monstrueux qui ont tué 74 personnes en 2014 et en septembre 2011 une centaine d’habitants de l’ouest avaient perdu la vie à cause des dégâts provoqués par deux violents typhons.
Les experts de l’agence officielle de météo parlent certes d’une « situation exceptionnelle », mais ne la lient pas, pour l’heure, au changement climatique, sachant qu’il a toujours existé des phénomènes extrêmes. L’important est de mesurer leur récurrence.
Si les Japonais n’aiment pas polémiquer alors que des vies sont en danger, nombreux sont néanmoins ceux qui se sont agacés sur Internet du peu de visibilité de Shinzo Abe durant le week-end. Il a participé à trois réunions entre samedi et lundi avec les ministres concernés, mais ne s’est pas exprimé devant les médias, ce qui est plutôt inhabituel. La cellule de crise n’a été mise en place que dimanche matin, alors que la situation était déjà très grave dès samedi, le bilan officiel atteignant alors plus de 30 morts.
Les internautes se demandaient en outre depuis deux jours s’il était bien opportun que le premier ministre maintienne un voyage à l’étranger prévu du 11 au 18 juillet. « M. Abe a l’air de penser que quoi qu’il fasse, il ne sera pas sanctionné », a tweeté le documentariste Kazuhiro Soda en liant son commentaire à un article du site lite-ra, toujours très dur contre M. Abe, dénonçant le fait que le chef du gouvernement « ait laissé la situation en plan pendant deux jours pour après parler de course contre la montre ».
Le porte-parole du gouvernement a finalement annoncé lundi matin que Shinzo Abe « a décidé d’annuler une tournée prévue à partir de mercredi en Belgique, en France, en Arabie saoudite et en Egypte ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Sur dix ans, les huit entreprises intégrées au CAC 40 affichent une performance annualisée de 12,5 %, tandis que les sortantes perdent 10,7 %.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

En Bourse, jouer les valeurs entrant au CAC 40 est une stratégie gagnante

Sur dix ans, les huit entreprises intégrées au CAC 40 affichent une performance annualisée de 12,5 %, tandis que les sortantes perdent 10,7 %.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h45
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Vendre une action qui sort d’un indice pour acheter celle qui le remplace est une stratégie boursière bien connue des gérants de fonds, mais est-elle efficace ? C’est la question que s’est posée la société de gestion Roche-Brune Asset Management à l’occasion du dernier toilettage du CAC 40.

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Le 18 juin, le groupe de luxe Hermès a remplacé au sein de l’indice vedette de la Bourse de Paris l’ex-Lafarge Coppée, devenu en 2015 LafargeHolcim, après la fusion avec le groupe suisse. Cette décision a été prise par le comité scientifique des indices, une structure indépendante au sein d’Euronext, qui effectue chaque trimestre une revue des indices.

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Ce comité prend notamment en compte l’importance de la capitalisation des titres et leur flottant, c’est-à-dire de la part du capital susceptible d’être effectivement échangée en Bourse. Ce détail a son importance car les investisseurs institutionnels, en particulier les fonds de pension américains, accordent une grande importance à la liquidité des titres dans lesquels ils investissent.
Une performance annuelle moyenne de 3,6 %
En bref, ils veulent pouvoir vendre facilement en cas d’urgence, ce qui est plus facile lorsque le volume de titres échangés quotidiennement sur une valeur est important. A contrario, moins un titre est liquide, moins il a la faveur des gérants.
Depuis mai 2008, le comité scientifique du CAC 40 a effectivement remplacé des entreprises sortantes par des entrantes plus performantes sur le plan boursier, permettant au CAC 40 d’enregistrer une performance annuelle moyenne de 3,6 % (dividendes réinvestis) au cours des dix dernières années.

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« Sur dix ans, les huit nouvelles entrées (Technip-FMC, Safran, Valeo, Legrand, Atos, Publicis, Sodexo et Solvay) affichent une performance annualisée, moyenne pondérée, de 12,5 %. Sur la même période, les sortantes affichent une performance annualisée négative de 10.7 % par an ! », calcule Bruno Fine, président fondateur de Roche-Brune Asset Management.
Depuis le 18 juin, l’action LafargeHolcim a ainsi perdu 7,6 %, tandis que l’action Hermès qui l’a remplacé au sein du CAC 40 a cédé 3,2 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.
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« Renforcer notre action contre les changements climatiques » grâce au droit constitutionnel

La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h01
    |

Marie-Anne Cohendet (Professeure de droit constitutionnel à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Il est aujourd’hui question d’inscrire à l’article 1 de notre Constitution que la République garantit la protection et l’amélioration de l’environnement, et notamment de la biodiversité, ainsi que l’action contre les changements climatiques. Ce ne serait ni la révolution dénoncée par les uns ni une réforme sans effets redoutée par les autres.
Bien évidemment, cette modification de la Constitution ne remplacerait pas d’autres actions à tous les niveaux, surtout sur le terrain, mais elle favoriserait ces actions concrètes. Ce texte compléterait utilement la Charte de l’environnement (2005) en la précisant, en affirmant et en réaffirmant des droits et libertés que la Constitution garantit.
La formulation retenue par la commission des lois est cependant beaucoup trop restrictive : « Elle [la République] agit pour la pré­servation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques. » En effet, le terme « agir » est moins fort que celui de « garantir » ou « assurer ».
De plus, l’exigence d’un niveau élevé de protection et le principe de non-régression ont disparu de cette version, alors qu’ils sont déjà affirmés par plusieurs textes, notamment au niveau européen, et qu’il serait utile de les constitutionnaliser pour les renforcer. La non-régression ne paralyse ni le droit ni le législateur, il implique la liberté du choix des moyens pour protéger l’environnement, mais interdit simplement de ­réduire le niveau de protection de l’environnement.
La France serait ainsi le premier pays du G20 à inscrire dans sa Constitution l’action contre les changements climatiques. D’autres pays, pour l’essentiel des pays émergents, ­affirment déjà dans la leur l’action contre ces changements
Par ailleurs, il est essentiel de ne pas garantir seulement l’action contre les changements climatiques, mais de l’accompagner de la protection de la biodiversité et de l’ensemble de l’environ­nement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord n° 8 : terre en vue

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 12h31
    |

            Patricia Jolly








                        





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le vortex de déchets du Pacifique Nord, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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#Plastique Pacifique : Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste, Patricia Jolly, et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.


   



Dix-septième et dernier jour de mer. Soudainement le sondeur de Tara n’a plus indiqué que quelques centaines, puis quelques dizaines de mètres de profondeur. A la lueur des feux de navigation de la goélette, le bleu profond de l’océan Pacifique a tourné au vert boueux, marque de sa rencontre avec les alluvions de la Columbia River. De puissantes odeurs terriennes nous ont assaillis tandis que la VHF, mutique depuis Honolulu, se remettait à crachoter les messages des gardes-côtes et du bateau-pilote orange dépêché pour nous chaperonner entre les collines boisées d’Astoria (Oregon) qui barraient l’horizon rougeoyant.


   



Sur les haubans, le pavillon bleu-blanc-rouge et la bannière étoilée flottaient en parfaite symétrie, et ce symbole comptait double. Quelle ironie, en effet, que d’entrer aux Etats-Unis par la mer, au lendemain de l’annonce par le président Donald Trump de la démission de son climatosceptique ministre de l’environnement, Scott Pruitt, après avoir traqué des jours durant les microplastiques qui infestent le Great Pacifique Garbage Patch.
Route vers le port d’Astoria
Comme pour fêter cela, Stéphane Mazevet, astrophysicien de l’Observatoire de Paris et invité du bord, a grillé un cigare en contemplant la terre, que nous avions perdue de vue depuis des jours avec l’assurance de l’homme prêt à conquérir une exoplanète. Le photographe Samuel Bollendorff s’est mis à mitrailler le lever du soleil, sujet qui d’ordinaire répugne l’artiste qui sommeille en lui. Le capitaine Yohann Mucherie, lui, a entrepris le nettoyage du pare-brise du poste de pilotage, histoire d’épater le pilote d’Astoria, Steven Ackerman, prêt à sauter sur Tara pour la mener à quai.
Obligeamment, le capitaine Ackerman, un John Wayne en veste de quart fluo et jeans repassés, a offert une casquette au maître de notre bord. Puis il s’est appliqué à pointer du doigt, tout au long du chenal, les meilleurs pubs de sa ville, surnommée « la petite San Francisco », pour son relief accidenté. L’on pouvait dès lors gager qu’il y aurait sous peu quelques marins français pour chanter dans le port d’Astoria.


   



Dans sa bannette, Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine du Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes), cheffe de mission scientifique sur Tara et auteure, avec son équipe, d’une campagne d’échantillonnage hors norme dans la grande poubelle de plastique du Pacifique tournait et se retournait. Les dizaines de mises à l’eau de ses filets collecteurs désormais lavés et remisés, et les trois cents et quelques cryotubes bourrés de microplastiques qui dormaient dans les congélateurs du bateau dans l’attente d’être minutieusement analysés par différents laboratoires – français, américain et monégasque – étaient un motif de satisfaction mais l’avenir proche lui posait question.
Un an d’analyses
« Comment faire comprendre au public que le résultat de notre travail n’est pas instantané et que nous avons besoin d’un an pour mener des analyses minutieuses sur la génomique, la génétique bactérienne, les champignons, les cyanobactéries, la faune et la flore qui colonisent les plastiques, ou sur leur concentration et leur taille, avant de pouvoir mettre en commun nos résultats pour dresser un état des lieux précis de la pollution dans le Pacifique Nord, permettant aux décideurs d’adopter des mesures concrètes pour en venir à bout ? », s’interrogeait la scientifique, la veille, à l’issue de la présentation par Skype de son projet au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à l’occasion d’un comité interministériel de la biodiversité.


   



Nous l’avons laissée avec sa question à bord de Tara, dans le port d’Astoria, pour regagner la France en souhaitant que les consommateurs de produits plastiques comprennent dans l’instant l’urgence d’un changement de comportement sans attendre les résultats des analyses. La goélette, qui doit maintenant faire escale à Portland (Oregon), repartira ensuite pour San Diego, afin de poursuivre l’expédition Tara Pacific, un périple entamé il y a deux ans, pour mesurer l’impact du changement climatique sur les récifs coralliens du Pacifique. Il doit s’achever le 27 octobre dans son port d’attache, Lorient (Morbihan).

« Tara », une série en plusieurs épisodes
Cap sur la « soupe » de plastiquesLes défis d’une navigation scientifique « propre »Veillée d’armes aux abords du vortex de déchets du Pacifique NordDans l’œil du vortex de déchets du Pacifique NordOn a plongé dans la grande poubelle du Pacifique... deux foisVariations sur le plastiqueAlgues, plancton et spleenTerre en vue





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.
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Richard Florida : « La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme »

Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 06h30
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Dans le petit monde de la pensée urbaine, il est un peu une « rock star », aimé ou critiqué, mais connu de tous. L’Américain Richard Florida, professeur à l’université de Toronto, s’est fait connaître grâce à son best-seller prémonitoire, The Rise of the Creative Class (Basic Books, non traduit). Paru en 2002, cet ouvrage raconte le grand mouvement de reconquête des villes américaines par les professions intellectuelles, les artistes, les jeunes actifs, les chercheurs, et l’essor de toute l’économie qui y est associée. Cette ­gentrification a été, selon lui, le moteur de la ­renaissance de nombreuses villes américaines. En 2017, Richard Florida, qui est aussi cofondateur du magazine CityLab, a publié The New ­Urban Crisis (« La Nouvelle crise urbaine », non traduit). Il y raconte une tout autre histoire.
Les villes américaines ont été au centre de vos travaux de recherche. Quel récit faites-vous de leur histoire récente ?
Quand j’étais petit, dans les années 1960 et 1970, les villes américaines étaient en déclin. A Newark (New Jersey), où je vivais, les boutiques, les restaurants, les usines traditionnelles, comme celle de lunettes où travaillait mon père, fermaient. Tous ceux qui le pouvaient – c’est-à-dire toute la classe moyenne, dont je faisais partie – quittaient les villes. On a alors assisté à l’essor des banlieues résidentielles. ­Ensuite, à partir de la fin des années 1990, et surtout pendant les années 2000, de nombreux centres-villes délaissés ont commencé à être ­investis par la « classe créative ». Par les professions intellectuelles, les gays, les artistes… Bref, par tout un mouvement bohème qui a alimenté une nouvelle économie de boutiques, restaurants, de nouveaux services, de festivals, etc. Et qui a permis aux villes de redevenir attractives pour une grande partie de la population. Et je ne parle pas seulement de New York ou de San Francisco. Des villes comme Denver, Philadelphie, Detroit, Pittsburgh sont revenues sur le devant de la scène grâce à cette revitalisation postindustrielle.
Aujourd’hui, vous racontez que les villes sont à nouveau en crise. Quelle forme prend-elle ?
Le problème, c’est que quelques grandes ­métropoles internationales concentrent la ­majorité des richesses, et deviennent de plus en plus inaccessibles. Dans ces villes superstars, l’explosion des prix de l’immobilier chasse peu à peu les artistes, les professions intellectuelles, les créatifs des quartiers qu’ils avaient investis. Mais ce ne sont pas les moins bien lotis, car ceux-ci trouvent souvent d’autres quartiers ­populaires où ils peuvent s’installer. Ce qui est terrifiant, c’est que les policiers, les pompiers, les gens qui travaillent dans des boutiques ou des restaurants, les infirmiers, les artisans, les jardiniers doivent quitter ces grandes villes, devenues trop chères. Et vivre beaucoup plus loin, dans des zones mal desservies par les transports en commun. La nouvelle crise urbaine n’est pas une crise du déclin des villes, comme dans les années 1970. C’est une crise causée par leur succès. Et la conséquence, c’est qu’aux Etats-Unis nous avons d’un côté une petite vingtaine de métropoles superstars, entrées de plain-pied dans l’économie de la connaissance, et de plus en plus riches. Et tout le reste du pays qui plonge et s’appauvrit. La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme contemporain.
Les grandes villes européennes font-elles face, selon vous, aux mêmes défis ?
Oui, je crois. A mesure que la gentrification s’accélère, nous assistons à ce que l’essayiste Simon Kuper a appelé la « ploutocratisation » des grandes villes. Les métropoles ne sont plus des endroits pour héberger des gens, mais les supports de placements immobiliers peu risqués, réalisés par des personnes ou des entreprises très riches. Et cela va continuer. Pour des supervilles comme Paris, New York ou Londres, nous n’en sommes qu’au début. C’est un problème, car une ville sans diversité, sans ­mélange, cela devient une ville vide, neutre, blanche… Une ville meurt quand elle n’arrive pas à retenir son énergie créative et sa diversité. Le défi de Paris, comme celui de New York, c’est de trouver un modèle de développement ­urbain qui soit plus inclusif, et non pas à l’avantage des plus riches. La grande différence, c’est qu’en Europe, vous avez des gouvernements ­nationaux et locaux qui marchent, et qui ont un sens de l’action publique. Vous avez la possibilité de lancer des politiques dans les domaines des transports, de la construction de logements, des routes, de l’éducation, afin de remédier aux inégalités territoriales. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Vous, les Européens, devriez voir ­notre situation comme une alerte, un contre-exemple : ne suivez pas notre voie !
La crise urbaine, c’est donc d’abord celle des villes petites et moyennes, qui meurent petit à petit ?
Oui, c’est certain. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, il y a moins de pauvres dans les grandes métropoles que dans les villes périphériques et dans les zones rurales. C’est là que la crise des opioïdes fait des ravages. C’est là que les emplois disparaissent, à mesure que ferment les zones industrielles et les centres commerciaux. C’est là, où se concentrent toutes les difficultés économiques du pays, que les gens ont voté pour Donald Trump à la dernière élection présidentielle.
Mais le vote Trump, ce ne sont pas seulement les riches et les intellectuels des métropoles contre les classes moins favorisées des zones rurales et périphériques. C’est aussi un clash sur les valeurs. Les citadins, riches ou pauvres, ont tendance à valoriser davantage l’ouverture aux autres, l’accueil des immigrés, la liberté d’être homosexuel, l’égalité entre femmes et hommes… Habiter dans les grandes villes, c’est avoir un mode de vie plus cosmopolite et moins patriarcal qu’ailleurs – plus « européen », quelque part. Le reste du pays, qui subit de plein fouet la crise, se sent aussi menacé par ces nouvelles valeurs.
Vous avez écrit dans « CityLab » que ­certaines zones rurales attirent désormais des jeunes, des créatifs, des intellectuels. Est-ce une nouvelle tendance ?
Oui, c’est un mouvement qu’on observe aux Etats-Unis, mais qui n’est pas complètement nouveau – pensez au petit village de Woodstock qui continue d’attirer beaucoup de jeunes. En raison des prix des loyers dans les grandes villes, de plus en plus de créatifs s’installent dans de petites villes rurales, attirés par leur cadre de vie – il s’y développe une nouvelle économie autour du tourisme vert, de l’art, de la gastronomie… Mais cette évolution ne concernera qu’une ­petite minorité de villes rurales : celles qui ne sont pas trop loin des zones urbaines denses, qui sont bien connectées par les transports, qui se situent dans de belles régions proches d’un lac, de la mer, ou d’une université…
Amazon a lancé une compétition entre les villes nord-américaines pour accueillir son deuxième siège, avec des milliers d’emplois à la clé. Que pensez-vous de cette méthode ?
C’est n’importe quoi. Et c’est un jeu très dangereux. Même les maires les plus progressistes du pays sont en train de se mettre à genoux devant Amazon, et c’est à qui offrira les conditions ­fiscales les plus avantageuses à cette entreprise. Ces maires sacrifient de l’argent qui aurait pu être utilisé pour investir dans les transports ­publics ou dans le logement abordable. En ­Europe, tout le monde crierait au scandale ! Tout cela est grave, car cela mine les fondations de l’action politique, ce que je trouve terrifiant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le premier ministre japonais a qualifié de « course contre la montre » le combat que mènent les autorités pour sauver les sinistrés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/07/2018
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Japon : des pluies torrentielles font une centaine de morts

Le premier ministre japonais a qualifié de « course contre la montre » le combat que mènent les autorités pour sauver les sinistrés.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 05h50
   





                        



   


Les pluies torrentielles qui s’abattent depuis quatre jours sur l’ouest du Japon, provoquant inondations et glissements de terrain, ont fait au moins 100 morts, selon un bilan officiel provisoire. Les autorités ont ordonné l’évacuation de plus de deux millions de personnes, une instruction pas toujours respectée, car il est parfois impossible ou trop dangereux de bouger.
« Les secours, le sauvetage de vies et les évacuations sont une course contre la montre », a déclaré le premier ministre Shinzo Abe, dimanche 8 juillet, durant une réunion de crise à Tokyo avec les principaux ministres.
Une centaine d’habitants des régions les plus touchées ont été blessés, d’après l’agence de gestion des incendies et catastrophes naturelles.
Les précipitations records enregistrées depuis plusieurs jours dans plusieurs régions, dont celles d’Ehime, Hiroshima, Kyoto, Kochi, Gifu ou encore Okayama, ont entraîné des crues exceptionnelles, des glissements de terrain et inondations, piégeant de nombreux habitants malgré des ordres d’évacuation, pas toujours respectés – car il est parfois déjà impossible de bouger. Les préfectures d’Ehime et d’Hiroshima totaliseraient le plus lourd bilan, avec au moins 33 morts selon les chiffres de l’Agence de gestion des incendies et catastrophes naturelles.
Quelque 48 000 pompiers, policiers et militaires des Forces d’autodéfense, ont été déployés sur le terrain, mais ils affrontent des difficultés majeures compte tenu de l’inaccessibilité de certains lieux en pleine campagne. Les services de secours essayaient de sauver des habitants réfugiés sur les toits de leurs maisons, en grande partie sous les eaux. Les images de télévision les montraient agitant des chiffons blancs pour être repérés. Hélicoptères, bateaux et autres véhicules ont été mobilisés.
Le premier ministre Shinzo Abe a qualifié la situation d’« extrêmement grave » et ordonné le déploiement de tous les moyens possibles pour sauver des vies. Il a réuni samedi matin les principaux ministres concernés.
Alerte maximum
L’agence météorologique a placé en alerte maximale plusieurs régions et mis en garde contre des risques élevés de dégâts majeurs. « Une vigilance maximum s’impose », répètent les météorologues. Des dizaines de maisons ont été en tout ou partie détruites, et des milliers envahies par les eaux.

        Lire aussi :
         

                100 000 personnes évacuées au Japon après des pluies torrentielles



Il était encore difficile de dénombrer les glissements de terrain, routes et ponts saccagés, voire emportés. Des épais flots boueux déferlaient sur des quartiers entiers totalement noyés, selon les images de télévision.
Les précipitations ont dépassé un mètre en une centaine d’heures dans plusieurs régions, l’agence météorologique estimant que de tels niveaux ne sont atteints que rarement en plusieurs décennies. Elle a qualifié les pluies de « terribles » et estimé qu’elles dureraient jusqu’à dimanche.
Le Japon est souvent traversé par d’importants fronts pluvieux, en plus des typhons parfois meurtriers qui le balayent régulièrement en été. Tous les ans, des glissements de terrain meurtriers sont recensés dans l’archipel. Quelque 72 morts avaient été déplorés en 2014 à Hiroshima et une quinzaine de personnes avaient péri dans le nord en 2016 après le passage d’un typhon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Les antispécistes jugent que la violence n’est pas de leur côté.
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Des boucheries angevines visées par des défenseurs des animaux

Les antispécistes jugent que la violence n’est pas de leur côté.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h46
    |

                            Yves Tréca-Durand (Angers, correspondant)








                        



                                


                            
Une vitrine cassée et des tags saignants. Les vandales sont passés à l’acte dans la nuit du 26 au 27 juin à Angers. Le slogan de la boucherie – « L’art, le goût, la tradition » – a été détourné au marqueur noir : « L’art du meurtre, le goût de la mort, la tradition spéciste ».
Bertrand Lebouc, aimable boucher qui a quitté il y a quatre ans les bords de Loire pour ce quartier urbain dit de la place du Lycée, calme et bourgeois, n’a pas perdu le sourire, mais reste interdit. « De notre côté, nous ne sommes pas dans la provocation. On ne comprend pas ce genre de comportement agressif, confiait-il au lendemain de l’agression. Nos apprentis ont été choqués. Ils se sont demandé s’ils risquaient de se faire agresser. Et nos clients n’ont pas compris que des gens puissent ainsi imposer leurs idées par la violence. »
Boucher lui aussi, Yannis Lusson, est installé à moins d’un kilomètre de là, place de la Madeleine, un autre quartier cossu. Il a vécu une mésaventure désagréable mais nettement moins violente il y a quelques mois. « Un dimanche matin, ils sont entrés à trois et ont commencé à réciter une forme de prière, témoigne-t-il. J’étais affairé avec mes clients, je n’ai pas compris ce qu’ils disaient. » Il a suivi les consignes de sa fédération, il n’a pas bougé. « Je me demandais ce qui allait se passer, poursuit le commerçant. Ils sont restés cinq minutes et sont repartis. Mais cinq minutes, c’est très long dans ce genre de situation. »

Sébastien Rambaud, le président du Syndicat professionnel des artisans bouchers charcutiers traiteurs du Maine-et-Loire, se rassure. « Ce sont des actes isolés. Là, c’est la première fois qu’il y a de la casse. Je pense que les végans sont en train de se faire déborder par des zadistes », analyse-t-il. Avant d’ajouter, agacé : « On ne les a jamais forcés à manger de la viande et on n’a pas à se faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le plan biodiversité n’est en aucune manière en mesure de ralentir le rythme effréné auquel la vie s’érode, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »
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Environnement : « Les risques et les limites du “en même temps”»

Le plan biodiversité n’est en aucune manière en mesure de ralentir le rythme effréné auquel la vie s’érode, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h10
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            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La publication, mercredi 4 juillet, du plan pour la biodiversité porté par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, est l’une des plus frappantes illustrations du « en même temps » cher à Emmanuel Macron — et de ses limites. Il faut préserver l’environnement, et « en même temps » autoriser sa destruction. Il faut établir des principes protecteurs de la nature, et « en même temps » les rendre les plus inoffensifs possibles.

L’un des axes majeurs du plan est ainsi de parvenir à la fin de l’artificialisation nette des terres agricoles et des espaces naturels — dont le rythme est insoutenable —, mais c’est l’exécutif qui a fait appel de la décision de justice annulant la création de la zone d’aménagement du projet EuropaCity qui prévoit la construction, sur 280 hectares de terres agricoles d’Ile-de-France, de centres commerciaux et de parcs de loisirs. Et c’est encore le gouvernement qui a donné son imprimatur au « Grand contournement ouest » de Strasbourg, un projet autoroutier contesté de plus de 300 hectares.
Le plan présenté met aussi l’accent sur la préservation de la biodiversité dans les territoires d’outre-mer et à l’étranger. Mais le gouvernement envisage d’accorder à un consortium russo-canadien une concession minière dans la forêt guyanaise, en dépit des dégâts écologiques irréparables que provoquerait une telle exploitation. Et c’est encore le gouvernement qui autorise l’importation, par Total, de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’huile de palme, dont la production est l’une des causes majeures de déforestation dans l’archipel indonésien.
De fortes pressions
Il faut aussi lutter contre la prolifération du plastique, lit-on dans le plan. Il y a urgence car des microplastiques, on en retrouve désormais partout. Mais c’est encore le gouvernement qui a blackboulé un amendement destiné à interdire l’utilisation de plastique dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Outre les températures qui s’élevaient au-dessus des 40 °C, soixante incendies ont affecté 333 000 hectares. On dénombre un mort parmi les civils en Californie.
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L’Ouest américain en proie à une canicule record et des incendies

Outre les températures qui s’élevaient au-dessus des 40 °C, soixante incendies ont affecté 333 000 hectares. On dénombre un mort parmi les civils en Californie.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 09h58
   





                        



   


Il faisait 42 °C en début de soirée à Los Angeles (Californie), 44 °C à Phoenix (Arizona), 43 °C à Las Vegas (Nevada)… L’Ouest américain était en proie, vendredi 6 juillet, à une canicule record, attisant des dizaines d’immenses incendies qui nécessitaient l’évacuation de centaines de personnes.
« De larges feux s’étendent à travers le pays, de la Floride à l’Alaska », avec « actuellement soixante vastes incendies qui ont consumé plus de 333 000 hectares », mentionnait vendredi sur son site le Centre national interagence de prévention des incendies (NIFC), tandis que les températures s’élevaient par endroits bien au-dessus des 40 °C.
Vingt de ces incendies brûlaient en Alaska, sept au Nouveau-Mexique, quatre en Californie, huit dans le Colorado, d’autres dans le Nevada, l’Arizona ou au sud du pays (Texas et Floride).
L’agence californienne de lutte contre les feux, Calfire, a rapporté sur Twitter que le feu dit de Klamathon dans le comté de Siskiyou, près de la frontière avec l’Oregon, a fait une victime civile qui était en train d’être identifiée. Les circonstances de son décès n’ont pas été précisées.

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Des routes fermées
Des évacuations obligatoires étaient en place, notamment dans la région viticole de la Napa Valley ou au sud de la Californie, près de San Diego, où le gouverneur de Californie Jerry Brown a déclaré l’état d’urgence vendredi soir à cause de l’incendie dit de « West Fire ». Il s’est déclaré vendredi et se propageait rapidement. Il a déjà détruit des maisons, en menace d’autres, et a forcé la fermeture de routes, d’après la déclaration d’état d’urgence du gouverneur.
Les températures caniculaires qui ont battu plusieurs records historiques, notamment à Los Angeles vendredi, compliquaient le travail des autorités.
Déjà 1,17 million d’hectares sont partis en fumée aux Etats-Unis depuis le début de l’année, soit plus que les deux dernières années à la même époque mais moins qu’il y a trois ans quand plus de 1,25 million d’hectares avaient déjà été consumés par les flammes.

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Le premier ouragan de la saison 2018, Beryl, arrive dans l’Atlantique

La Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont placés sous surveillance tempête tropicale, tandis que la Dominique est sous surveillance ouragan.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 04h50
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 09h01
   





                        



   


Le premier ouragan de la saison 2018 dans l’Atlantique, qui se dirige vers les Petites Antilles, a conduit les autorités à émettre une alerte niveau « surveillance ouragan » pour la Dominique, a signalé vendredi 6 juillet le Centre national des ouragans, basé à Miami. « Le gouvernement français a mis en place une surveillance tempête tropicale pour la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy », ajoute le Centre national des ouragans (NHC). Météo France a de son côté placé la Guadeloupe et la Martinique en vigilance jaune cyclone dans son dernier bulletin.
L’ouragan Beryl restait vendredi en catégorie 1 – sur l’échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5 – selon le dernier point d’information du NHC, à 23 heures (heure Paris).
« Les vents réguliers sont autour de 130 km/h, avec des rafales supérieures », ajoute cette même source, qui précise qu’ils pourraient se renforcer ces deux prochains jours. « Beryl pourrait toujours être un ouragan quand il atteindra les Petites Antilles tard dimanche ou lundi », souligne le Centre.

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Dix à seize tempêtes tropicales cette saison
Pour l’instant, l’ouragan se déplace vers l’ouest autour de 24 km/h et se trouve à 1 555 kilomètres des Petites Antilles. Un fléchissement n’est pas prévu avant lundi, lorsque Beryl atteindra la partie est de la mer des Caraïbes, précise le NHC.
Début juin, la tempête Alberto avait provoqué des inondations mortelles en remontant les Etats-Unis. Elle avait ouvert la saison des ouragans dans l’Atlantique avec une semaine d’avance.
Cette saison 2018 pourrait compter dix à seize tempêtes tropicales, a annoncé en mai l’Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA). Parmi elles, cinq à neuf pourraient se transformer en ouragans. Parmi ces derniers, un à quatre pourraient dépasser la catégorie 3 (ouragans dits majeurs, avec des vents supérieurs à 178 km/h).
Entre août et septembre 2017, les trois puissants ouragans Harvey, Irma et Maria ont tué des centaines de personnes et provoqué des milliards de dollars de dégâts dans les Caraïbes et le sud-est des Etats-Unis.

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Article sélectionné dans La Matinale du 06/07/2018
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Nicolas Hulot tire un bilan sans complaisance de la première année de son « plan climat »

Alors que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse, « le changement n’est pas à l’échelle », reconnaît le ministre.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h26
    |

            Simon Roger








                        



   


Un point d’étape, certes, mais pas encore un bilan d’ensemble du plan climat de Nicolas Hulot. L’exercice auquel s’est livré le ministère de la transition écologique et solidaire, vendredi 6 juillet, à l’occasion du premier anniversaire de la feuille de route dévoilée à l’été 2017, n’était pas des plus faciles. Car ce plan interministériel orchestré par le numéro trois du gouvernement s’inscrit dans la durée du quinquennat et dessine une perspective à long terme : il vise à mettre la France sur la voie de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Or les échéances sortent largement du cadre du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. La fin de la production d’énergie fossile en France (traduit dans la loi hydrocarbures adoptée le 31 décembre 2017) comme celle de la vente de véhicules émetteurs de gaz à effet de serre – deux axes forts du plan climat – sont programmées à l’horizon 2040. Quant à l’objectif de porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, autre enjeu important, il est fixé à 2030.
« Pour l’instant, le changement n’est pas à l’échelle », a reconnu Nicolas Hulot, invité à ouvrir la séquence, poursuivie l’après-midi par quatre ateliers sur l’innovation, l’économie circulaire, les énergies renouvelables et le système agricole.
A l’autosatisfaction, l’ancien militant écologiste a préféré un état des lieux « franc, honnête et transparent, un dialogue sans complaisance ». « Malgré la mobilisation de tous les acteurs, le découplage entre les activités économiques et les émissions de gaz à effet de serre n’est toujours pas là, a-t-il insisté, avant de rejoindre le conseil des ministres. Les émissions de gaz à effet de serre sont le thermomètre de la santé de notre planète et de notre capacité à transformer l’accord de Paris en une réalité. »

   


Pétrole à bas prix
Les nouvelles planétaires ne sont pas bonnes puisque ces émissions d’origine humaine sont reparties à la hausse en 2017. A en juger par les chiffres communiqués le 6 juillet par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), la situation est tout aussi préoccupante pour le patient français.
Si les émissions des principaux gaz à effet de serre enregistrent globalement une tendance à la baisse de l’ordre de 17 %, sur la période 1990-2017, le total de l’année écoulée (estimé à 466 millions de tonnes équivalent CO2) est en revanche en progression en France de près de 2 % par rapport à 2016.
Poussant leur observation dans le détail, les experts du Citepa se sont livrés à une analyse sectorielle. Les émissions agricoles et sylvicoles, supposées diminuer de 5 % entre 2013 et 2017, sont quasiment constantes, en raison notamment de l’augmentation de l’utilisation des intrants (engrais azotés en hausse de 0,8 % en 2016) et de la hausse du cheptel bovin.
Les émissions émanant des transports ont elles aussi augmenté (+ 1,5 % en quatre ans), du fait de la densification du trafic routier dopé par un pétrole à bas prix. Indépendamment de ces facteurs conjoncturels, ce secteur est marqué par une « très forte inertie », estiment les experts du Citepa. Ils citent en exemple la flotte des voitures individuelles diesel, qui diminue de 70 000 véhicules par an, mais sans effet significatif à l’intérieur d’un parc de près de 21 millions de véhicules particuliers en France.
Le plan climat devra inverser aussi la tendance dans la production d’énergie, où les émissions ont grimpé continuellement de 2014 à 2017, du fait des conditions climatiques et d’arrêts imprévus dans le parc nucléaire, compensés par un plus grand recours aux centrales à charbon. Le charbon, qui ne compte que pour 2 % du mix électrique français, représente encore 25 % du total des émissions du secteur.
« Gages de crédibilité »
« Notre économie se désintoxique peu à peu des énergies fossiles », veut tout de même croire Nicolas Hulot, dont le plan climat programme la fermeture des quatre dernières centrales à charbon d’ici à 2022.
Au rayon des bonnes nouvelles, le ministre a mentionné également le « véritable succès » de la prime à la conversion de véhicules anciens pour des modèles neufs et peu polluants (prime de 2 000 euros pour les ménages non imposables, de 1 000 euros pour les autres). Quelque 75 000 propriétaires ont déjà bénéficié de ce dispositif, qui cible un objectif de 500 000 voitures durant le quinquennat.
La généralisation du chèque énergie (revalorisé de 150 à 200 euros en 2019) devrait aider quatre millions de ménages en situation de précarité énergétique, retient encore M. Hulot, parmi « douze mesures prioritaires » en direction des citoyens, des entreprises et des collectivités locales.
Les ONG lui opposent « douze gages de crédibilité », pour donner plus de place à la lutte contre le réchauffement climatique dans l’action gouvernementale. Elles demandent, entre autres, la création d’un fonds vélo doté de 200 millions d’euros par an, la division au moins par deux des émissions du secteur agricole à l’horizon 2050 ou le renoncement aux grands projets destructeurs de forêts, dont le complexe minier de la Montagne d’or en Guyane.
Un volet international
Après un an de déploiement du plan à l’échelon national, « on est encore loin du compte, estime Morgane Créach, la directrice du Réseau action climat. L’ambition s’arrête là où commence l’intérêt de quelques acteurs, notamment dans le secteur de l’énergie ».
La stratégie comprend aussi un volet international, incarné notamment par le One Planet Summit, le sommet sur les « finances climat » organisé par la France le 12 décembre 2017, pour le deuxième anniversaire de l’accord de Paris. Voulu par le chef de l’Etat – qui voyait là l’occasion de conforter son leadership sur la scène climatique –, ce rendez-vous annuel est désormais piloté depuis le ministère de la transition écologique.
Mais la présidence de la République ne semble pas prête à laisser le ministère seul à la manœuvre. Vendredi en fin d’après-midi, Emmanuel Macron a convié à l’Elysée la première ministre norvégienne Erna Solberg et les représentants des six plus gros fonds souverains de la planète.
Ces six acteurs incontournables de la finance mondiale (Norvège, Nouvelle-Zélande, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Koweït et Qatar), qui pèsent plus de 3 000 milliards de dollars (2 550 milliards d’euros), s’étaient engagés fin 2017 à verdir leurs portefeuilles. Le 6 juillet, ils ont franchi un pas supplémentaire en dévoilant une charte des bonnes conduites. Elle encourage les entreprises dans lesquelles ces fonds investissent à mieux intégrer les risques climatiques et à communiquer davantage sur leur stratégie bas carbone.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Plus de la moitié des eaux de surface des Etats membres ne respectent pas les normes européennes de qualité environnementale.
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Les lacs et rivières d’Europe sont en mauvais état écologique

Plus de la moitié des eaux de surface des Etats membres ne respectent pas les normes européennes de qualité environnementale.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 06h42
    |

                            Aline Nippert








                        


L’été est là, l’été est chaud. Mais sommes-nous condamnés à une baignade dans un lac enrichi aux métaux lourds, comme le mercure ou le cadmium ? L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) établit en effet un bilan inquiétant de la qualité des eaux dans l’Union européenne (UE). Seules 40 % des eaux superficielles – lacs, rivières, estuaires, eaux côtières et souterraines – sont en « bon état écologique ».
Malgré des progrès réalisés au cours des dernières décennies en Europe, de nombreux plans d’eau et même des aquifères restent victimes de la pollution, des barrages et de la surexploitation qui « représentent toujours des menaces majeures pour leur santé à long terme », prévient l’AEE.
« La grande majorité des masses d’eau européennes ne parviennent toujours pas à atteindre l’objectif minimum de “bon état” » fixé par la directive-cadre sur l’eau de 2000, précise l’agence. Cette directive imposait aux Etats membres d’atteindre le « bon état », aussi bien pour les eaux souterraines que celles de surface, à l’horizon 2015.

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On en est loin selon l’étude de l’AEE qui couvre la période 2010 à 2015 et analyse les données de vingt-cinq Etats de l’UE. Diagnostic : 40 % seulement de ces eaux superficielles sont en « bon » ou « très bon » état écologique et seules 38 % en « bon » ou « très bon » état chimique. Autrement dit : plus de la moitié des eaux de surface européennes sont de mauvaise qualité.
Pesticides et mercure
L’état écologique d’une masse d’eau est évalué non seulement en fonction de ses caractéristiques physico-chimiques, mais aussi hydromorphologiques (état des débits, profondeur et largeur de l’étendue d’eau, etc.), et il intègre également l’estimation de sa richesse biologique (populations de poissons, plantes aquatiques et autres macro-invertébrés).
L’étude évoque trois raisons majeures expliquant ces mauvais résultats : les interventions humaines qui modifient le fonctionnement naturel des cours d’eau sont mises en cause à hauteur de 40 %. Viennent ensuite les sources de pollutions diffuses qui comptent pour 38 % ; à ce sujet, l’AEE met clairement en cause les pratiques agricoles, désignant en particulier l’usage massif des pesticides. Enfin, les polluants atmosphériques font également partie des grands responsables, à hauteur de 38 %. Le mercure est l’élément chimique principal mis en cause.

   


« Si l’on décidait de ne pas prendre en compte le mercure ainsi que les autres substances prioritaires [les produits chimiques bromés, les tributylétains et certains hydrocarbures aromatiques polycycliques] dans nos estimations, seules 3 % des eaux de surface n’atteindraient pas un bon état chimique », précise le rapport.
Présents dans de nombreux objets du quotidien (thermomètres, batteries, plombages dentaires), les dépôts atmosphériques de ce métal lourd proviennent à 60 % de pollution naturelle en Europe, parfois due à des événements très anciens. Les volcans sont ainsi, lorsqu’ils se réveillent, de puissants cracheurs de mercure.

   


Des eaux souterraines mieux préservées
Provenant de l’infiltration des pluies dans le sol, les ressources souterraines sont essentielles : elles fournissent plus de la moitié de l’eau potable en Europe. L’étude de l’AEE rapporte que 74 % de ces masses d’eau respectent les valeurs fixées par la directive-cadre. Elles sont alors dites en « bon état chimique ». Et 90 % d’entre elles sont en « bon état quantitatif », c’est-à-dire que les volumes puisés dans la nappe souterraine pour répondre aux besoins des humains ne dépassent pas la capacité de renouvellement de celle-ci.
Des résultats encourageants, mais à nuancer. Car les 24 % des nappes souterraines en « mauvais état chimique » resteront polluées pour des années, voire des décennies, en raison de la lente décomposition de ces polluants.
Les nitrates et les produits phytosanitaires provenant de l’agriculture dite « conventionnelle » sont la principale cause de contamination des eaux souterraines. Au total, vingt-quatre Etats sur vingt-cinq ont décelé la présence de nitrates dans leurs eaux souterraines.

   


L’UE reste optimiste
Le commissaire européen à l’environnement, le Maltais Karmenu Vella, souligne les améliorations progressives de la qualité de l’eau douce « grâce à la mise en œuvre de la législation européenne ». Tout en ayant bien conscience qu’« il reste encore beaucoup à faire avant que tous les lacs, rivières, eaux côtières et masses d’eau souterraines soient en bon état ».
La dernière échéance que l’UE s’est donnée pour réaliser les objectifs de la directive-cadre sur l’eau est désormais repoussée à 2027.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.
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Etats-Unis : un ancien lobbyiste du charbon chargé de la protection de l’environnement

Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 06h40
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Un ancien lobbyiste du charbon va prendre la tête de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine. Le républicain Andrew Wheeler, actuel numéro deux de l’agence, va assurer l’intérim après la démission, jeudi 5 juillet, de Scott Pruitt, englué dans une série de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.
Son nom est bien connu des démocrates, qui ont été horrifiés lorsqu’il a été confirmé en avril à l’EPA, dont l’administrateur, équivalent d’un ministre de l’environnement, est nommé par le président américain et approuvé par le Congrès. « Il a passé des années à saper ou à faire pression contre les protections environnementales qu’il pourrait bientôt superviser », s’inquiétait sur CNN le sénateur de New York, Chuck Schumer.
Après le départ de Scott Pruitt, « nous avons maintenant son administrateur adjoint, et il n’est pas clair si cette personne s’est engagée à protéger l’environnement. C’est le vrai problème », a déclaré jeudi le sénateur du Maryland, Ben Cardin, sur la chaîne américaine. Il est peu probable que les orientations changent beaucoup à l’EPA sous la houlette d’Andrew Wheeler, dont les vues sur les réglementations environnementales sont tout aussi conservatrices que son prédécesseur.

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Critique envers Trump par le passé
Sur le site de l’EPA, la biographie d’Andrew Wheeler, né à Hamilton, dans l’Ohio, et âgé d’une cinquantaine d’années, vante une carrière « consacrée à l’avancement de politiques environnementales judicieuses ». Il avait déjà travaillé à l’EPA sous la présidence de George W. Bush.
Plus récemment, il a été lobbyiste auprès de nombreux clients de l’industrie du charbon et directeur de l’entreprise spécialisée dans l’énergie et l’environnement FaegreBD Consulting, où son meilleur client était la compagnie minière Murray Energy.
Selon le centre pour une politique réactive, qui étudie les effets de l’argent et du lobbyisme sur les politiques publiques, la compagnie minière a versé au moins 300 000 dollars (255 000 euros) par an à l’entreprise d’Andrew Wheeler entre 2009 et 2017.
Le président américain ne tarit pas d’éloges à son égard. « Il est avec moi depuis longtemps, c’était un soutien de Trump dès le début (…) Il va faire un travail fantastique », a-t-il assuré jeudi à bord d’Air Force One, en route pour le Montana.
Andrew Wheeler a pourtant déjà critiqué le président par le passé, relève le Washington Post. En 2016, quand il était encore lobbyiste, il avait écrit un message sur Facebook – effacé depuis – dans lequel il qualifiait le candidat à la Maison Blanche, d’« intimidateur » qui « a démontré à travers les débats et interviews qu’il ne comprend pas comment fonctionne le gouvernement », et il mettait en cause sa personnalité.
Interrogé en 2017 à ce sujet par le quotidien, Andrew Wheeler a expliqué qu’il s’était fié à ce qu’il avait vu lors des débats pendant les primaires, mais qu’après avoir examiné les politiques du président, il avait dit être « entièrement d’accord » avec lui.

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« Le passage aux 80 km/h apporte aux automobilistes des bienfaits financiers et écologiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h06
    |

Julien Dubuis (Professeur de sciences économiques et sociales au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys et membre de la Ligue contre la violence routière)







                        



                                


                            

Tribune. La réduction de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h suscite de vives controverses et le mécontentement d’une grande partie de l’opinion. Cette mesure permettra d’épargner, selon le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), de 350 à 400 vies par an (Le Monde du 1er juillet). On peut aussi en attendre une baisse du nombre d’accidents non mortels, donc moins de blessés et moins de frais de santé, et de réparation des dégâts matériels.
Mais si cette mesure amenait, à terme, une baisse des vitesses moyennes de l’ordre de 10 km/h, on pourrait aussi en espérer d’autres bienfaits, moins évidents.
D’ordre économique, d’abord, pour tous les automobilistes, à proportion de leur kilométrage annuel. Dans le langage des économistes, on a ici une substitution du travail au capital (ce qui constitue un cas rare, à rebours de la tendance historique à substituer du capital au travail, avec la mécanisation puis la robotisation). Là, une baisse de capital circulant, à savoir le carburant, est compensée par un surcroît de travail, le temps de conduite.

Si on analyse la conduite automobile comme une autoproduction de service de transport – le secteur des taxis atteste que c’est bien une activité productive –, l’échange se joue entre l’automobiliste et Total : la réduction de la vitesse amène à « rémunérer » un peu plus l’automobiliste et un peu moins le groupe pétrolier.
Selon Bison futé, cette baisse de 10 km/h réduit la consommation aux 100 km d’environ 0,8 litre, soit une économie attendue de 1,20 euro aux 100 km pour une berline essence moyenne. Or, à 80 km/h plutôt que 90 km/h, il faut huit minutes de plus pour parcourir 100 km. Ces huit minutes de travail « économisateur » rapportent donc 1,20 euro, soit… 9 euros de l’heure ! Pas mal payé pour conduire tranquillement. Pour un couple d’automobilistes moyens, cela représenterait 240 euros d’économie par an pour le ménage, selon la Sécurité...




                        

                        


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A Helsinki, la smart city à hauteur de citoyen

En matière de développement urbain, la capitale finlandaise a trouvé sa voie entre le tout-technologique et le tout-participatif.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 06h31
    |

            Grégoire Allix (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Cernés par les eaux calmes du golfe de Finlande, des immeubles de brique à l’architecture sagement contemporaine s’élèvent bloc après bloc dans un ciel de grues sur l’ancien port de Sörnäinen. Le quartier de Kalasatama (« port de ­pêche » en finnois) est l’un des principaux développements urbains d’Helsinki. Rien de futuriste à première vue, pourtant cette opération de 175 hectares est l’une des plus intéressantes tentatives, en Europe, de donner corps au nébuleux concept de smart city. « Nous avons choisi Kalasatama comme terrain d’expérimentations, une plate-forme de coopération et d’innovation pour la ville, les ­acteurs économiques et les ­citoyens, explique Anni Sinnemäki, l’adjointe (écologiste) au maire d’Helsinki chargée de l’urbanisme. Les innovations qui fonctionnent à Kalasatama, nous les propagerons ailleurs. »
La capitale finlandaise doit résoudre une ­délicate équation : la municipalité s’est fixé en septembre 2017 l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2035, alors même que sa population devrait bondir de 640 000 résidents aujourd’hui à 780 000 d’ici là. « Nous voulons construire des logements pour tout le monde, mais pour atteindre nos objectifs ­climatiques nous devons penser en termes de smart city, en prêtant attention à l’aspect social et pas seulement à l’innovation technologique », complète Anni Sinnemäki.
« Partenariat public-privé-population »
Le district convoque l’artillerie lourde de la ville durable. Kalasatama est desservi par le métro, et plusieurs lignes de tramway sont à l’étude. Tous les bâtiments ont l’obligation de se connecter au réseau urbain de chauffage et de climatisation alimenté par d’énormes pompes à chaleur récupérant l’énergie des eaux usées de la ville. La centrale souterraine de ­Katri Vala, enfouie dans une caverne creusée dans la roche à deux pas de Kalasatama, est la plus grande du genre au monde. Les constructions doivent aussi intégrer un smart grid ­ (« réseau intelligent »), qui va ­mutualiser l’électricité produite et consommée par le ­million de mètres carrés de logements et les 390 000 m2 de bureaux. Les exigences d’efficacité énergétique sont drastiques, les bâtiments doivent produire 30 % de leur énergie dès cette année et monter rapidement en puissance : Kalasatama veut afficher un bilan énergétique neutre en 2030, quand 25 000 habitants et 10 000 salariés peupleront le quartier…
Mais le plus intéressant n’est pas là. « Nous ne voulons pas juste faire des économies d’énergie : nous voulons nous centrer sur ­l’humain, la qualité de vie, les usages, créer un esprit de communauté », explique Veera ­Mustonen. La jeune femme travaille pour le Forum Virium, le département d’innovation de la ville ­d’Helsinki, une cellule de 35 personnes mise en place par la municipalité pour accélérer la mise en œuvre de la smart city. « C’est un partenariat public-privé-population : nous sommes là pour accompagner les grands groupes, les start-up, faciliter leurs expérimentations, les mettre en relation avec les services de la Ville, les centres de recherche, mais en ­incluant toujours les citoyens, qui sont ­cocréateurs et testeurs de toutes les innovations », ­explique-t-elle.
« Des villes comme Copenhague ont mis en place une grosse plate-forme de données sans réfléchir aux usages, c’est un échec » Veera Mustonen, Forum Virium
L’idée directrice : la smart city doit faire ­gagner une heure par jour à chacun. « Quand des entreprises viennent nous voir avec une idée ou un produit, on leur demande toujours comment cela va libérer du temps aux gens », explique Veera Mustonen. Kalasatama veut ainsi incarner une « troisième voie » de la smart city, entre le tout-technologique – capteurs et Big Brother – et le « tout-baratin », sans action sur le terrain. « Des villes comme Copenhague ont mis en place une grosse plate-forme de données sans réfléchir aux usages, c’est un échec », estime Veera Mustonen.

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Pour garantir l’utilité sociale des innovations, les habitants sont mis à contribution. Trois mille personnes vivent déjà à Kalasatama, 2 000 de plus les rejoindront dans ­l’année qui vient. Le Forum Virium multiplie les ateliers entre tous les acteurs pour faire remonter idées et réactions. Un millier ­d’habitants ont déjà pris part à une vingtaine de programmes pilotes depuis deux ans, pour tester en conditions réelles des solutions proposées par des start-up : application de pilotage de l’énergie, plate-forme de partage de la nourriture pour éviter le gaspillage, application de coaching sportif, autopartage de véhicules électriques, bague connectée pour surveiller la tension… tous les sujets sont possibles. « La participation des habitants, c’est aussi un enjeu d’éducation à la ­citoyenneté et à la démocratie, c’est important pour le fonctionnement futur du quartier et de la ville », défend Veera Mustonen.
Esprit de communauté
Cette place laissée aux citoyens s’invite ­jusque dans le programme de construction. Chaque bloc mêle tous les types de logements autour de cœurs d’îlots dont les jardins et jeux d’enfants sont ouverts à tous, loin de la passion française pour les grilles et les clôtures. Surtout, la ville soustrait une partie des parcelles à l’appétit des promoteurs et les ­réserve à des coopératives d’habitants pour qu’ils y conçoivent et bâtissent leur propre projet. Une demi-douzaine d’entre eux sont déjà construits ou à l’étude, poussant parfois loin l’esprit de communauté. Marjut Helminem peut en témoigner. Cette ancienne journaliste et toujours écrivaine vit depuis 2015 dans la résidence pour personnes âgées Kotisatama, entièrement conçue par les quelque 80 résidents de ses 63 appartements.
« Nous avons travaillé pendant quatre ans à définir les espaces communs et les appartements avec un architecte, raconte-t-elle. Ici, il n’y a pas de directeur ni d’employés, ce n’est pas une maison de retraite ! » Les habitants, organisés en équipes, font tout eux-mêmes à tour de rôle : préparer les repas pour tout le monde dans une cuisine professionnelle, ­entretenir et nettoyer les parties communes : le réfectoire, une grande bibliothèque, des bureaux partagés, une buanderie collective, une chambre d’hôtes, sans oublier, sur le toit, des salons, des terrasses et les incontournables saunas. « C’est beaucoup de travail, ­beaucoup de discussions parfois frustrantes pour aboutir à des décisions collectives, mais c’est aussi très chouette de s’investir et de ­continuer à apprendre des choses », apprécie Mme Helminem.
Economie du partage
Connectés au quartier par un écran numérique et des tablettes partagées, les résidents de Kotisatama prennent part aux expérimentations de Kalasatama. Comme les patients et les médecins du centre de santé ultramoderne ouvert en février. Comme aussi les parents de l’école voisine, dont les méthodes pédagogiques innovantes attirent des visiteurs du monde entier et qui s’impose, avec son architecture colorée, comme le cœur du quartier. Le président du conseil de l’école, ­Juhana Harju, consultant en affaires publiques, dirige aussi l’association des résidents de Kalasatama. « Les associations de parents et d’habitants sont essentielles pour créer un ­esprit de communauté et participer à la ­conception du quartier, estime-t-il. La smart city, ça doit être des services intégrés à la vie de tous les jours, ça ne doit pas être intrusif et ne pas demander trop d’apprentissage, la technologie doit rester en arrière-plan. »

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Parmi ces services à haute valeur d’usage et à technologie discrète, la municipalité veut généraliser à Kalasatama une économie du partage appliquée aux espaces, publics comme privés, grâce à des systèmes de clés numériques et des applications sur smartphone : tous les parkings sont accessibles à des utilisateurs non résidents pour accueillir des places mutualisées et des véhicules électriques partagés ; des immeubles résidentiels comportent en rez-de-chaussée des espaces de coworking, des cuisines communes, des salles polyvalentes qu’il est possible de réserver et louer, pour une heure ou à la journée. Le système pourrait être étendu aux équipements publics, comme l’école, en dehors des heures de cours. « On a pris l’habitude de résoudre tous les problèmes en faisant couler du béton, mais en réalité il faut penser en termes de besoins et de services, donc de partage », défend Juhana Harju.
De béton, Kalasatama ne manquera pas. ­Volontairement dense, le district voit s’élever jour après jour le tout premier gratte-ciel d’Helsinki. Au total, huit tours de 20 à 37 étages doivent pousser au-dessus d’un gros centre commercial attendu en septembre, un ­ensemble qui a provoqué de vifs débats dans la capitale. « Les gratte-ciel sont en dehors du centre historique, et il y aura assez d’habitants à Kalasatama pour faire cohabiter un centre commercial et des rues animées », assure Anni Sinnemäki à l’hôtel de ville. Même à Helsinki, la smart city reste un compromis.



                            


                        

                        

