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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ De l’obligation de l’instruction à 3 ans à la réforme du baccalauréat, en passant par les « ajustements » des programmes scolaires... le ministre de l’éducation publie un livre sur ses engagements après à peine un an d’exercice.
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Dans la tête de Jean-Michel Blanquer, ce méthodique ministre de l’éducation nationale

De l’obligation de l’instruction à 3 ans à la réforme du baccalauréat, en passant par les « ajustements » des programmes scolaires... le ministre de l’éducation publie un livre sur ses engagements après à peine un an d’exercice.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 15h22
    |

            Luc Cédelle et 
                                Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Il ne se passe quasiment pas un jour sans une prise de parole médiatisée de Jean-Michel Blanquer, au point que même les spécialistes ont renoncé à en suivre toutes les occurrences. Alors pourquoi le ministre de l’éducation a-t-il souhaité publier un livre après à peine un an d’exercice ? Voire six mois, si l’on retient le moment où il a informé les membres de son cabinet de ce projet, « entre Noël et le Jour de l’an », selon son entourage. Il s’en explique dès l’introduction : « En écrivant ce nouvel ouvrage [après, chez le même éditeur, L’Ecole de la vie, en 2014, et L’Ecole de demain, en 2016], je souhaite montrer l’ampleur des engagements pris et leur portée concrète. (…) Il me semble utile et sain sur le plan démocratique d’expliciter ce qui se joue depuis un an afin de susciter la plus grande participation et adhésion possible de la société française. »

On peut sans risque en déduire que M. Blanquer est un ministre méthodique qui ne laisse rien au hasard et qui préfère, se sachant à un poste exposé, en faire trop que pas assez.
Au vu du nombre de chantiers ouverts, en offrir une synthèse au lecteur, même à si brève échéance, a du sens : de l’obligation de l’instruction à 3 ans à la réforme du baccalauréat, en passant par les « ajustements » des programmes scolaires, chaque mesure a droit à son chapitre sans que soit toujours distingué – et c’est dommage – ce qui relève du projet (le nouveau lycée) et ce qui existe déjà (les « CP dédoublés »). « Ce n’est pas un bilan, mais le reflet de sa façon de penser, précise-t-on dans son entourage. Blanquer est un homme qui ramène toujours tout au sens des choses. »
Genre ingrat
Un plaidoyer de ministre sur sa propre action est un genre ingrat. Ce livre n’y échappe pas. Mais il offre l’intérêt d’illustrer le double système de pensée – et de communication – qui, depuis la nomination de M. Blanquer Rue de Grenelle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine et metteuse en scène Alexandra Badea, s’interroge sur le rôle du théâtre, qui, selon elle, ne doit pas chercher à choquer le confort bourgeois, mais à donner la parole aux héros du quotidien et aux oubliés de l’Histoire.
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« Le théâtre est un espace de pensée pour donner du sens au chaos du monde »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine et metteuse en scène Alexandra Badea, s’interroge sur le rôle du théâtre, qui, selon elle, ne doit pas chercher à choquer le confort bourgeois, mais à donner la parole aux héros du quotidien et aux oubliés de l’Histoire.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h34
    |

Alexandra Badea (Ecrivaine et metteuse en scène)







                        



                                


                            
Tribune. On nous parle. On nous parle sans cesse. On ne peut plus arrêter le flux de l’information et l’information se dilate à l’infini. On vit dans une spirale de dépêches et d’images qui se déclinent obsessionnellement. On est les êtres les plus informés de l’Histoire et pourtant on ne comprend plus grand-chose de ce qui nous entoure. C’est cette incompréhension qui nous paralyse, qui nous rend tristes, passifs ou agressifs. Quels sont les territoires où on peut encore se poser, prendre le temps, réfléchir ensemble et nommer ce qui nous traverse ? Le théâtre a toujours été un espace de débat et de pensée. Est-il encore investi par ces attributs aujourd’hui ?
Comment garder une distance vis-à-vis de ce système qui a tendance à évaluer la puissance d’un acte artistique par rapport aux recettes engendrées ?
Dans un moment où on essaie de mesurer son « efficacité » par les mêmes paramètres qu’on applique aux multinationales, comment peut-on garder encore la singularité de ce territoire où une autre pensée peut se déployer ?
Qui est le garant du sens d’un acte artistique dans un contexte où on demande au metteur en scène d’assumer aussi la fonction de producteur du spectacle, de directeur d’une compagnie qui est évaluée avec les outils du néolibéralisme ? Ça pourrait être l’auteur-écrivain, mais sa place a été de plus en plus réduite, et avec le temps on l’a transformé en collaborateur secondaire au service du metteur en scène.
Comment garder une distance vis-à-vis de ce système qui a tendance à évaluer la puissance d’un acte artistique par rapport aux recettes engendrées ? Comment échapper à la tentation de créer des spectacles vidés de sens qui séduisent uniquement par leurs formes, car elles correspondent à l’esthétique dominante qui conforte sans rien déranger ?
Ebranler ses propres convictions
La première chose qu’un artiste devrait oublier, c’est le besoin d’être aimé par son public....




                        

                        


<article-nb="2018/07/09/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Michel Eltchaninoff, cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents, dans une tribune au « Monde », appelle le président Emmanuel Macron à ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg pour la Coupe du monde de football si le cinéaste Oleg Sentsov n’est pas libéré avant.
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Michel Eltchaninoff : « Monsieur Macron, conditionnez votre visite en Russie à la libération d’Oleg Sentsov »

Michel Eltchaninoff, cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents, dans une tribune au « Monde », appelle le président Emmanuel Macron à ne pas se rendre à Saint-Pétersbourg pour la Coupe du monde de football si le cinéaste Oleg Sentsov n’est pas libéré avant.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h04
    |

Michel Eltchaninoff (Cofondateur de l’association Les Nouveaux dissidents)







                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le président, pouvez-vous vraiment vous rendre en Russie ? Vous avez prévu d’assister mardi au match France-Belgique à Saint-Pétersbourg. La Coupe du monde de football est une fête magnifique. Et vouloir soutenir l’équipe de France est parfaitement légitime. Cependant ce séjour sonnerait comme une défaite politique et morale pour notre pays. Mardi 10 juillet, le cinéaste Oleg Sentsov, emprisonné en Sibérie, entamera, s’il est encore en vie, son 58e jour de grève de la faim.
Sa cousine, Natalia Kaplan, lui a rendu visite la semaine dernière. Oleg Sentsov parle encore. Il refuse que l’on s’apitoie sur son sort. Mais il suffit de regarder le visage de Natalia pour comprendre ce qu’elle a compris.
Une rhétorique de la faiblesse européenne
D’ici quelques jours, s’il n’est pas libéré, il connaîtra le sort de Bobby Sands, le nationaliste irlandais mort en 1981 après 66 jours de grève de la faim, et d’Anatoli Martchenko, dissident soviétique qui a succombé à une grève de la faim en 1986. Olef Sentsov est tout près de la mort maintenant.
Vous connaissez l’ampleur de la mobilisation en faveur d’Olef Sentsov, dans le monde, et tout particulièrement en France. Des romanciers, des philosophes, des cinéastes, des artistes, des dizaines de milliers de citoyens se sont engagés. Depuis quelques jours, nos écrivains publient chaque jour des textes pour appeler à sa libération. Vous avez vous-même évoqué son cas lors de votre dernière rencontre avec le président russe, à Saint-Pétersbourg. En vain. Si aucune initiative vigoureuse ne survient, Oleg Sentsov mourra en prison.

Dès votre première rencontre avec Vladimir Poutine, à Versailles, en 2017, vous avez parfaitement compris à qui vous aviez à faire. Il faut dire que l’ingérence du Kremlin dans la campagne électorale française vous avait averti. Depuis des années, le président russe déploie une rhétorique de la faiblesse européenne et démocratique.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La banque d’affaires américaine avait publié ses pronostics sur la Coupe du monde de football. C’est tout faux, constate Eric Albert, correspondant du « Monde » à Londres.
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« Goldman Sachs raconte n’importe quoi »

La banque d’affaires américaine avait publié ses pronostics sur la Coupe du monde de football. C’est tout faux, constate Eric Albert, correspondant du « Monde » à Londres.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 16h46
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Marchés. C’est désormais prouvé : Goldman Sachs dit n’importe quoi. Il reste encore une semaine à cette Coupe du monde de football mais déjà les prédictions de la banque d’investissement sont complètement fausses. Fier de ses algorithmes à « apprentissage automatique », qui ont fait tourner 200 000 modèles et ont simulé un million de possibilités, le géant de Wall Street avait publié le 11 juin un épais document de quarante-cinq pages prévoyant les résultats de la compétition. A l’aube des demi-finales, cela fait presque de la peine à relire.
Selon les éminences grises de la non moins éminente institution, l’Allemagne devait battre l’Angleterre en quarts de finale puis aller jusqu’en finale. Le Portugal devait battre l’Argentine et atteindre les demi-finales. La France devait rencontrer l’Espagne en quarts de finale. La Russie ne devait pas passer les poules. Et le Brésil était le favori pour remporter la Coupe du monde.
Pour les huitièmes de finale, le modèle informatique avait prévu correctement deux des huit rencontres (Brésil – Mexique, Colombie – Angleterre) et la présence de dix équipes sur seize. Pour les quarts, une seule rencontre avait été bien vue (Brésil – Belgique) et la présence de quatre équipes. Pour les demi-finales, aucune rencontre n’a été prévue et une seule équipe – la France – était correctement envisagée. Un tirage au sort, un poisson rouge ou un singe savant auraient-ils fait moins bien ?
UBS… Encore raté !
Certes, les prédictions se voulaient pince-sans-rire, à ne pas prendre trop au sérieux. Reste que la banque a fait les choses bien. Pour ses calculs, elle a pris en compte quatre bases de données : le classement officiel des équipes réalisé par la FIFA, les récents résultats des équipes (les statisticiens ont découvert, qui l’aurait cru, que celles qui ont récemment remporté des matchs ont plus de chances d’en remporter d’autres), les classements des joueurs individuels, et le nombre de buts...




                        

                        


<article-nb="2018/07/09/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Après une première série d’entretiens publiés en 2016 sur le blog Mundo Latino, nous retrouvons le pianiste pour une nouvelle entrevue dont voici le deuxième volet.
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Entretien avec Florian Pellissier, 5e partie : Bijou Caillou Vaudou

Florian Pellissier signe le quatrième album de son quintet : « Bijou Caillou Voyou ». Après une première série d’entretiens publiés en 2016 sur le blog Mundo Latino, nous retrouvons le pianiste pour une nouvelle entrevue dont voici le deuxième volet.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 14h44
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Avril 2017. J’avais rencontré Florian Pellissier la veille du concert qu’il devait donner au Duc des Lombards. Tout au long de la conversation, j’avais cherché à savoir comment l’écriture de « Bijou Caillou Voyou » s’était inscrite dans le parcours du pianiste. Il me manquait un élément, essentiel, qui allait me permettre de saisir l’essence de l’album. « J’ai du mal à comprendre... Comment le vaudou a-t-il influencé Bijou Caillou Voyou ? »
Nous nous étions fixés un nouveau rendez-vous dans un restaurant africain de Bastille. L’ambiance était parfaite. « Comme je te le disais l’autre jour, ce qui est fondateur dans l’album, c’est les tambours. L’apport du vaudou, ce sont les percussions, la transe, la musique qui passe par le corps. » A ce moment, Florian marque une pause. « Tu sais, ça fait longtemps que j’ai des accointances avec la Santeria... A Cuba, j’ai passé les premiers pas de la religion Yoruba. »

        Lire aussi :
         

                Entretien avec Florian Pellissier, 4e partie : l’accélération des particules






Vous n’êtes pas au courant qu’il n’y a pas de relation économique entre les Etats-Unis et Cuba ?
« Tu as été initié à la religion ? » « Bien sûr. J’ai fais la Mano De Orula. On m’a donné Eleggua. » Mais tu y es allé seulement deux fois ! » « La première fois, j’y suis resté plus d’un mois. Ça a été chargé. » On était en 2001. Florian venait d’achever ses études de musique à la New School de New York. Il devait enregistrer en septembre les premières compositions du quintet (à lire dans l’épisode 2). Il en avait profité pour visiter Cuba avec sa copine et un ami. » Lui avait prévu de rester plus longtemps. « Au bout de deux semaines, je les raccompagne à l’aéroport. Le lendemain, je vais dans le quartier touristique pour retirer de l’argent. Premier distributeur, ça ne marche pas, deuxième, ça ne marche pas. Je me dis : C’est pas grave, c’est Cuba. Je vais au guichet. La nana me demande de lui montrer la carte de crédit : City Bank, une banque américaine. Elle me regarde éberluée. Vous n’êtes pas au courant qu’il n’y a plus de relation économique entre les Etats-Unis et Cuba depuis 1962 ? » Éclats de rire.
« J’avais dépensé tout mon liquide pendant deux semaines. Je ne m’étais pas posé de question ! Il me restait trois semaines, pas d’argent. Je me suis retrouvé sans le sou, et ai habité trois semaines chez Joséito, un maître des batás, un maître de cérémonie. C’est un musicien fabuleux ! » José Fernandez Hernández a fait partie du groupe Wemilere aux côtés de Román Díaz et de Pedrito Martinez. Il en a pris la direction musicale quand Román et Pedrito ont quitté Cuba. « José m’a dit : Viens dormir à la maison. Je rattrape un pote à l’aéroport qui me file les cinquante dollars qu’il a en poche. J’arrive chez José, je pose l’argent sur la table. On a vécu comme des rois pendant trois semaines. J’ai traîné dans la cité dans avec les Babalaos [prètres]. J’ai suivi toutes les cérémonies. Ça m’a tout appris. »
A lire dans les archives du blog : Pedrito Martinez : « Je ne suis qu’un hériter »



Un dimanche après-midi comme les autres
« C’est fou. Ça n’arrive à personne, ces choses-là » « Ça peut ne peut pas arriver ! Tu ne peux pas être là. Guanabacoa, c’est la cité. Il n’y a pas de touriste, pas de blanc. Quand j’y suis retourné en taxi huit ans après, il ne voulait pas me laisser sortir ! Le jour où j’ai débarqué chez José et Juana, tout le quartier se demandait ce qu’il se passait. Comme ils sont très connus, j’ai tout de suite été accepté. » « Tu parlais d’une cérémonie, ça s’est passé quand tu y es retourné ? » « Non, dès la première fois. La deuxième, c’était ma confirmation. Je connais les batás depuis que je suis petit. [« petit » chez Florian, ça veut dire quand il a débuté] Les batás, ce sont les tambours. Ce sont à la fois des dieux et le moyen de communiquer avec les esprits. Quand tu fais l’Oro Seco, tu t’adresses à tous les dieux. Ça passe par les chants. C’est toute l’Afrique ! »
« J’étais allé voir le Babalao pour me purifier. On est allé acheter un poulet. On a fait un poulet. Le gars psalmodie en yoruba pendant 20 minutes, me crache dessus. Et quick le poulet ! Je n’avais besoin que d’un demi-poulet pour mes problématiques, le reste a servi à purifier la maison. Il badigeonne les murs de chaque pièce. Pendant ce temps-là, les gamines qui avaient une dizaine d’années, au fond de leur fauteuil regardent Starsky & Hutch ! Tu saisis toute la relativité de la situation ? C’est fondamental : Tu es au fond de la cité de Guanabacoa, le mec fait sa cérémonie africaine. Ça chante, ça crie, il y a des plumes partout... et les gamines matent Starsky & Hutch. Un dimanche après-midi comme les autres. »

  Une publication partagée par Florian Pellissier (@captaincavern75) le 11 Janv. 2017 à 12 :57 PST 

14 juillet vaudou
« Donc, tu retournes huit ans après pour ta confirmation. Et à nouveau huit ans après, tu te retrouves en Afrique de l’Ouest... » « En Afrique de l’Ouest. » « Il n’y avait pas Julien derrière cette histoire ? » Julien Lebrun, le patron du label Hot Casa qui a sorti les premiers albums de Setenta, est connu pour avoir produit Vaudou Game. « Julien devait partir en Afrique. Il venait de sortir la compil Togo Soul 70. Il avait interviewé les musiciens pour un teaser. Ils avaient suffisamment de matière pour en faire un documentaire. Il lui manquait un ou deux artistes essentiels et quelques jolis plans. Je lui ai demandé si ça ne le dérangeait pas que je l’accompagne. »
Direction le Togo et le Benin. « A Ouidah, une fois par an c’est la fête du vaudou, où se rejoignent toutes les tribus : le défilé du 14 juillet version vaudou ! Dans toute la ville c’est la folie du vaudou pendant 48H. Ça se passe au niveau de la Porte du Non-retour. A 500m sur la plage, il y a une autre porte, beaucoup plus petite : la Porte du Retour. C’est par là que sont passés les retournés, les descendants d’esclaves brésiliens qui sont revenus de Bahia, qui se trouve juste en face. »
La vipère enroulée dans un coin qui ne manquera jamais de rien
« Le dernier jour avant de rentrer au Togo, c’était la cérémonie d’Ibeji (les jumeaux, Ibeyi dans son équivalent cubain). J’accompagnais un pote au temple. Il y avait là un noir américain en recherche d’africanité et une étudiante en danse africaine. Ils posaient les questions au prêtre et écoutaient ses réponses à travers leur caméra. C’était tellement ridicule... Du coup j’ai fait le con tout du long ! Le prêtre était mort de rire. »
« Après la cérémonie, le prêtre me demande ce que j’attendais du Vaudou. Je lui réponds : Dis au Vaudou que je souhaite que le Vaudou soit content. Le Vaudou dit : Tu es comme la vipère enroulée dans un coin. Tu ne manqueras jamais de rien. Un car de Hollandais arrivait. Le prêtre nous dit : Si vous voulez donner quelque chose pour la cérémonie, c’est le moment. Je me lève, je fais un grand sourire au prêtre et mets une grosse somme : 20.000 francs CFA. Tous les hollandais ont suivi ! Le prêtre a conclu en disant : Le Vaudou remercie une personne très généreuse. »



Ils se parlent. Ils continent de se parler !
« Quand j’étais là-bas à Ouidah, j’ai vécu une expérience semi-mystique. J’étais sur la plage, la lune était très belle, la mer violente. J’écoutais le bruit des vagues. J’ai commencé à entendre les tambours. Le Brésil, c’est tout droit, juste en face. Je me suis dit : Ils se parlent. Ils continuent à se parler ! Je me suis dit que jouer les tambours ne signifiait non seulement perpétuer des chants et des traditions, mais aussi continuer à communiquer par delà les océans. Quand tu es un esclave enchaîné à fond de cale, c’est impossible de connaître la taille du fleuve que tu traverses. Ça peut être une rivière comme ça peut faire 5000 km ! Tu n’as pas cette notion de distance. Ils continuaient à jouer pour ceux d’en face. »
De Cuba à Ouidah. Le destin, par sa malice, a amené Florian dans une ville d’Afrique directement connectée au Brésil. Chez Florian le Brésil est omniprésent. Son grand projet du moment est la collaboration de Cotonete, son groupe de funk brésilien, avec une legende oubliée du genre. "Il faut vraiment que tu me racontes comment tu as rencontré Di Melo. Et c’est quoi cette histoire de quintet brésilien ? »
A suivre...
A lire dans les archives du blog : Entretien avec Florian Pellissier
1ère partie : Une jeunesse musicale2è partie : Les années américaines3è partie : Le Cap de Bonne Espérance
Florian Pellissier Quintet – Nouvel album : « Bijou Caillou Voyou » (2018, Heavenly Sweetness)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Le rapprochement entre les deux pays est en train de susciter un changement dans cette partie de l’Afrique qui, s’il est mené à bien, devrait débloquer le potentiel de toute une région.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Détente prometteuse entre Erythrée et Ethiopie

Editorial. Le rapprochement entre les deux pays est en train de susciter un changement dans cette partie de l’Afrique qui, s’il est mené à bien, devrait débloquer le potentiel de toute une région.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 19h26
   





                        



Editorial du « Monde ». Ce que nul n’avait pu concevoir en vingt ans, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, s’efforce de le réaliser en un temps record : non seulement faire la paix avec l’Erythrée voisine et s’employer à effacer des décennies de conflit, mais même parler d’amour entre les deux pays. Dimanche 8 juillet, lors d’un voyage à dimension historique dans la capitale érythréenne, Asmara, il a renoué les relations diplomatiques, promis la fin de la frontière entre les deux pays – leur différend le plus épineux –, rétabli la libre circulation des personnes. Et promis des torrents d’affection.
L’Erythrée, en tant qu’Etat souverain, n’existait que depuis cinq ans, lorsque la guerre avec l’Ethiopie, à laquelle elle était rattachée depuis le début des années 1950, a éclaté, en mai 1998. Les dirigeants de ces deux nations voisines, aux liens si forts, avaient lentement glissé vers ce conflit, allumé finalement par un incident frontalier mineur, avant de se muer en affrontements rappelant la première guerre mondiale en Europe, avec ses tranchées, ses charges, sa violence extrême. Les Erythréens d’Ethiopie avaient été déportés en bus et spoliés de tous leurs biens.
Un électrochoc bienvenu
Après deux ans de batailles, un accord de paix avait été signé, mais jamais appliqué totalement. Comme si l’histoire du XXe siècle s’obstinait à balbutier dans la Corne de l’Afrique, les deux voisins antagonistes étaient ensuite passés à une période de guerre froide. Il a fallu l’arrivée au pouvoir, en février, d’Abiy Ahmed, pour mettre fin à cette glaciation. Dans son approche, il y a quelque chose de Mikhaïl Gorbatchev, avec le risque de voir le processus déraper, voire menacer, l’unité de l’Ethiopie. Mais son style a aussi des accents à la John Fitzgerald Kennedy. A Asmara, Abiy Ahmed a parlé d’amour, comme un remède aux blocages géopolitiques.

        Lire aussi :
         

                Pour mettre fin à la guerre avec l’Erythrée, le premier ministre éthiopien promet de l’amour



Cet électrochoc est bienvenu. Car le premier ministre est en train de susciter un changement dans cette partie de l’Afrique qui dépasse le cadre de l’Ethiopie et qui, s’il est mené à bien, devrait débloquer le potentiel de toute une région, dans laquelle l’influence des pays du Golfe – Emirats arabes unis et Arabie saoudite en tête – n’a cessé de s’intensifier.
Des conséquences encore imprévisibles
Habituellement, les influences extérieures ont un effet dévastateur sur les régions fragiles et instables. Sur la façade orientale de l’Afrique, au contraire, c’est un travail de consolidation régionale qui semble à l’œuvre. L’apaisement des tensions entre Ethiopie et Erythrée implique, en effet, leurs voisins et alliés : les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et, en arrière-plan, Israël.
Le calcul est-il à courte vue ? Cette politique de sphères d’influence risque-t-elle de faire naître un foyer de tensions avec la Chine, qui a ouvert une base militaire à Djibouti, pays à la fois frontalier de l’Ethiopie et de l’Erythrée, et développe dans la zone un segment de sa « nouvelle route de la soie » ? Les conséquences du processus en cours sont encore imprévisibles.
Mais il fallait bousculer l’état d’instabilité qui menaçait aussi, à court terme, l’existence même de l’Ethiopie. Sans doute Abiy Ahmed a-t-il conscience des risques encourus. C’est la raison pour laquelle il a adopté ce style émotionnel, humain, décontracté, qui sert ses objectifs jusqu’à présent. Il faudra certainement plus que des déclarations d’amour ou des selfies pour faire la paix dans la région. C’est cependant un début, prometteur et salutaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’évêque aux armées, Antoine de Romanet, observe que la mission « l’emporte sur toute autre considération ».
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« La dimension de laïcité de l’armée est essentielle »

L’évêque aux armées, Antoine de Romanet, observe que la mission « l’emporte sur toute autre considération ».



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 11h40
    |

            Cécile Chambraud et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Antoine de Romanet, 55 ans, a été nommé par le pape évêque du diocèse aux armées françaises le 28 juin 2017. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et titulaire d’un doctorat en économie, il a été curé de la paroisse Saint-Louis-de-France de Washington, puis de la paroisse d’Auteuil à Paris.
Quelle est votre vision des armées un an après votre prise de fonctions et vos nombreux déplacements dans les forces ?
L’armée porte avec incandescence les questions cruciales de notre société : le rapport homme-machine, le commandement et le rapport d’autorité, la cohésion, l’équilibre personnel, la famille. On y est invité en permanence à réfléchir sur les sujets constitutifs de l’existence, le sens de la vie, les raisons de l’engagement, la légitimité de donner la mort, la justification de posséder des armes. Et cela dans une dimension humaine et réaliste. Car sur le terrain, tout seul, je ne suis rien.
Le réel, c’est mon compagnon d’armes, que je n’ai pas choisi, dont je ne connais pas ou ne partage pas les convictions religieuses ou philosophiques. Avec lui, je partage mes repas, nous combattons ensemble et nous allons peut-être mourir ensemble. L’armée est un lieu de vérité de la relation qui rend la fraternité non seulement possible, mais nécessaire.

L’armée justement fait la guerre aux « terroristes islamistes », comment empêcher certains de penser faire la guerre à l’islam ?
L’aumônier doit accompagner, participer à la cohésion. La dimension religieuse est dramatiquement manipulée par des esprits totalitaires qui voudraient que le religieux envahisse le champ social et politique. Or, ce qui est central dans l’armée, c’est la fraternité d’armes. Il n’y a pas de statistiques sur les appartenances des uns ou des autres, et la réalité à laquelle les militaires sont confrontés les transcende. Les troupes servent des objectifs qui sont ceux de la nation et de ses engagements internationaux,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le courage politique dont ont fait preuve certains dirigeants de gauche, notamment en Grèce, devrait inspirer les partis français, estime, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».
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« La reconstruction économique de la gauche ne se fera pas autour de Mélenchon »

Le courage politique dont ont fait preuve certains dirigeants de gauche, notamment en Grèce, devrait inspirer les partis français, estime, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    09.07.2018 à 11h10
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Le monde n’est pas condamné aux dérives des régimes de la droite autocratique, populiste ou illibérale. Pas plus qu’aux errements d’une gauche radicale cultivant avec complaisance ses utopies économiques hors-sol – pour le plus grand malheur des peuples. Une gauche en partie dépouillée de ses oripeaux idéologiques bouge encore. Après Lula au Brésil, Alexis Tsipras en Grèce ou Antonio Costa au Portugal, « AMLO » pourrait en donner une nouvelle preuve de vie.
« AMLO » ? C’est le diminutif d’Andres Manuel Lopez Obrador, élu président du Mexique avec 53 % des voix, dimanche 1er juillet, sur un programme à l’opposé du néolibéralisme de son prédécesseur, mais porté par un homme ayant su se montrer pragmatique comme maire de Mexico. A 64 ans, le vieux briscard de la gauche mexicaine n’est pas un avatar du Vénézuélien Nicolas Maduro ni du Bolivien Evo Morales, qui ont salué sa victoire comme celle de la « dignité » retrouvée face au capitalisme et à l’« empire » (américain).

Dans un pays comptant 46 % de pauvres, sa campagne a bien sûr résonné d’appels au peuple et s’est focalisée sur la lutte contre les inégalités autant que sur l’éradication de deux autres fléaux mexicains, la corruption et la violence. Mais, au soir de sa victoire, il a mis de l’eau dans sa tequila pour rassurer les milieux d’affaires de la quinzième puissance économique mondiale. « Les changements seront profonds, mais ils se feront dans le respect de l’ordre juridique établi, a-t-il promis. Il n’y aura ni confiscation ni expropriation de biens. » 
« Une nouvelle social-démocratie »
Dans des contextes différents, des dirigeants européens ont su composer avec la dure réalité. Le Grec Tsipras, bien sûr. Elu en 2015 à la tête d’un pays en faillite sur un programme radical, le leader de Syriza a eu la lucidité – et le courage − de remiser ses promesses intenables pour éviter la sortie de l’euro. Lui, l’ancien des Jeunesses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’architectes de renom, parmi lesquels Paul Chemetov et Christian de Portzamparc, estime que le projet de loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, détruit les règles régissant leur métier au lieu de les réformer.
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« Avec la loi ELAN, l’architecture est réduite à portion congrue »

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’architectes de renom, parmi lesquels Paul Chemetov et Christian de Portzamparc, estime que le projet de loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, détruit les règles régissant leur métier au lieu de les réformer.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 12h03
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Sous les coups de boutoirs de la mondialisation, de la révolution numérique, de la crise climatique, la société française se transforme et le gouvernement tente de s’adapter au maelström socio-économique qui bouleverse notre modèle social et politique. La tentation est grande de faire table rase du passé. Le projet de loi « évolution du logement et de l’aménagement du numérique » (ELAN) n’y échappe pas, avec les mesures radicales prises à l’encontre des règles qui fondent les conditions d’exercice des architectes et de la place de l’architecture dans la société.
Ce n’est pas la première fois que l’architecture est considérée comme superfétatoire. Ce fut le cas dans les années 1960 et 1970, où les services de l’Etat ont, avec la même intention, donné les clés de la construction du logement aux grandes entreprises du bâtiment. Elles ont beaucoup construit, vite, pas cher mais souvent mal, et cinquante ans après, nous en payons encore le prix social et économique.

Le projet de loi ELAN supprime les règles régissant l’exercice de la profession depuis plus de trente ans : pourquoi pas ? Encore faut-il le faire en toute conscience des conséquences, ne pas jouer aux apprentis sorciers en détruisant sans réformer, sans faire mieux, alors que le cadre législatif existant a donné à l’architecture française son exemplarité et sa renommée internationale.
La culture, l’architecture, s’accommodent mal de la loi du plus fort. Elles ont besoin d’une politique publique éclairée, qui édicte des règles simples, efficaces pour gérer les liens entre les acteurs dont le poids économique est très inégal. Face à la complexité du réseau d’acteurs dans l’acte de construire, les règles garantissent aux architectes d’exercer une mission où se crée la forme en servant l’usage. Réduire leur champ d’action, nier l’indépendance de leur exercice condamnent l’architecture vivante, et donc notre patrimoine, à la médiocrité.
Une règle libère...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le 26 juin, les textes sur la préservation de Jérusalem et de Hébron ont été adoptés à l’unanimité, y compris par les représentants israélien et palestinien. Un premier succès pour Audrey Azoulay, nouvelle directrice générale de l’organisation.
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Après des années de crise, le timide réveil de l’Unesco

Le 26 juin, les textes sur la préservation de Jérusalem et de Hébron ont été adoptés à l’unanimité, y compris par les représentants israélien et palestinien. Un premier succès pour Audrey Azoulay, nouvelle directrice générale de l’organisation.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 07h30
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Après des années de crise et de léthargie, l’Unesco – l’agence de l’ONU chargée de l’éducation, de la culture et des sciences – donne quelques timides signes de réveil. Lors de la réunion à Manama (Bahreïn) du Comité de patrimoine mondial de l’Unesco, le 26 juin, les textes sur la préservation de la vieille ville et des murailles de Jérusalem et de Hébron ont été adoptés par consensus et à l’unanimité. Y compris par les représentants israélien et palestinien. Ce vote aurait été impensable il y a encore quelques semaines. En juillet 2017, une première déclaration inscrivant la vieille ville d’Hébron au Patrimoine mondial avait suscité la fureur d’Israël. Et en octobre de la même année, Israël et les Etats-Unis avaient annoncé leur retrait – qui deviendra effectif à la fin de l’année 2018 – de l’Unesco, symbole d’un multilatéralisme honni par Donald Trump comme par Benjamin Nétanyahou.

« L’adoption de textes consensuels crée une situation “gagnant-gagnant” et toutes les parties en sortent renforcées : en évitant une rhétorique agressive et en baissant les tensions politiques, nous nous mettons en situation de laisser l’Unesco faire beaucoup plus pour remplir son mandat », explique au Monde Audrey Azoulay, la nouvelle directrice générale. Neuf mois après son élection surprise, en octobre 2017, l’ex-ministre de la culture de François Hollande peut mettre ce premier succès à son actif et ne compte pas s’arrêter là. « En jouant de notre rôle de facilitation, nous nous donnons la possibilité d’agir dans l’intérêt de toutes les parties », précise-t-elle.
« A l’Unesco, nous sommes en dessous des radars et cela permet beaucoup de choses »
La question de Jérusalem focalise chaque année toutes les tensions au sein de cette organisation, qui dès 2011, fut la première agence des Nations unies à accepter la Palestine comme membre à part entière. Dénonçant « les partis pris anti-israéliens systématiques » de l’Unesco,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ A l’occasion des Rencontres de Pétrarque, du 9 au 13 juillet, à Montpellier, le sociologue Jean-Pierre Le Goff questionne, dans une tribune au « Monde », l’évolution du rapport entre les sexes et de la lutte contre les violences faites aux femmes.
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#metoo : « Un nouvel air du temps sentimental et victimaire »

A l’occasion des Rencontres de Pétrarque, du 9 au 13 juillet, à Montpellier, le sociologue Jean-Pierre Le Goff questionne, dans une tribune au « Monde », l’évolution du rapport entre les sexes et de la lutte contre les violences faites aux femmes.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 11h47
    |

Jean-Pierre Le Goff (sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. Le mouvement #metoo s’affirme dans la continuité du mouvement d’émancipation des femmes et sa dénonciation des violences sexuelles lui confère une légitimité qui paraît indiscutable. La référence au Mouvement de libération des femmes (MLF) et les témoignages des violences ne supportent pas de longs débats ; tout recul réflexif peut apparaître comme une négation des violences. On comprend dans ces conditions que beaucoup, qui n’en pensent pas moins, préfèrent se taire.
La filiation avec le MLF, créé en 1970, ne va pourtant pas de soi. Le MLF a joué un rôle d’avant-garde dans la remise en question des clichés et des rôles traditionnels de la femme, affirmé la spécificité du désir et de la sexualité féminine par rapport au modèle masculin dominant. Ce mouvement, comme le gauchisme et la contre-culture de cette époque, a versé dans l’outrance et la démesure, mais il n’avait rien d’un mouvement victimaire appelant sans cesse à la délation et à la répression. La critique allait de pair avec des expériences de vie alternatives dans une optique de transgression et de liberté qui paraissait sans limite. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Contrairement à ce que prétendent ses partisans, la vague de témoignages et de dénonciations portée par #metoo ne relève pas simplement d’une libération de la parole et d’une prise de conscience salutaire des violences sexuelles exercées sur les femmes. L’expression de la souffrance n’est pas en question, mais la façon dont elle s’affiche dans l’espace public s’inscrit pleinement dans un nouvel air du temps sentimental et victimaire.
L’expression débridée de la subjectivité souffrante et la dénonciation ad hominem brouillent les distinctions entre vie privée et vie publique, entre sentiments et raison, entre vengeance et justice.
« Lapidation symbolique »
Réseaux sociaux et médias deviennent les instruments de la délation et d’une « lapidation symbolique » du pervers. Le temps de la justice n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’ancien chef économiste du FMI estime qu’une désagrégation de l’euro n’est pas exclue, mais que l’Union européenne pourrait lui survivre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/07/2018
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Olivier Blanchard : « Les élites ne se sont pas assez préoccupées de la montée des inégalités »

L’ancien chef économiste du FMI estime qu’une désagrégation de l’euro n’est pas exclue, mais que l’Union européenne pourrait lui survivre.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 14h02
    |

            Marie Charrel et 
Philippe Escande








                        



                                


                            

Face à la montée du populisme, les gouvernements doivent s’attaquer d’urgence aux inégalités, prévient Olivier Blanchard, économiste au Peterson Institute de Washington. Présent aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence vendredi 6 juillet, l’ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) s’inquiète également des fragilités de la monnaie unique.
Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine menacent-elles la reprise mondiale ?
A court terme, le principal risque porte sur l’investissement. Face au comportement aussi imprévisible d’un dirigeant comme Donald Trump, la décision la plus rationnelle que les entreprises sont susceptibles de prendre est d’attendre. Au niveau macroéconomique, cela peut se traduire par une baisse de l’investissement de 1 ou 2 points de PIB : ce n’est pas rien, mais ce n’est pas catastrophique au point de déclencher une récession mondiale.
A moyen terme, les conséquences sont bien plus préoccupantes, au regard de ce que cela pourrait signifier pour l’avenir et les relations internationales. Et ce, alors que si l’on s’en tient aux seuls chiffres, l’économie mondiale va mieux. Les grands déséquilibres ont été résorbés. Le véritable danger est aujourd’hui de nature politique.
L’Union européenne doit-elle repenser sa stratégie économique et commerciale afin de se passer des Etats-Unis ?
Nous n’en sommes pas là, même si les relations entre les deux continents risquent d’être plus compliquées. En outre, il ne faut pas oublier que les hausses tarifaires se traduisent en général par un ajustement par les taux de change, compensant en partie les effets négatifs. Dans le cas de l’union monétaire, l’euro se déprécierait. Mais les secteurs ne seraient pas tous affectés de la même façon.
Les gouvernements populistes hongrois et polonais prônent une hausse des dépenses sociales tout en dénonçant l’échec des politiques d’austérité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Il y aurait en France 77 enfants rentrés de la zone irako-syrienne occupée par l’organisation Etat islamique (EI). Dans une tribune au « Monde », la sociologue Hasna Hussein estime que le suivi de ces mineurs doit reposer sur une connaissance approfondie des conditions de vie et des mécanismes d’embrigadement imposés par l’EI
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Pour une meilleure prise en charge des enfants revenus de Syrie »

Il y aurait en France 77 enfants rentrés de la zone irako-syrienne occupée par l’organisation Etat islamique (EI). Dans une tribune au « Monde », la sociologue Hasna Hussein estime que le suivi de ces mineurs doit reposer sur une connaissance approfondie des conditions de vie et des mécanismes d’embrigadement imposés par l’EI



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 14h20
    |

Hasna Hussein (est sociologue des médias et chercheuse associée à l’Observatoire des radicalisations (EHESS-FMSH, Paris) et au Centre Emile-Durkhei...







                        



                                


                            
Tribune. Le dernier rapport du Centre Soufan [une ONG américaine], publié en octobre 2017, révèle que 2 000 enfants de 9 à 15 ans ont été recrutés et formés par l’organisation Etat islamique (EI) dans la zone irako-syrienne. Le document estime le nombre de ressortissants français à 460, ce qui place la France en tête du classement des pays de provenance des enfants-soldats devant la Russie (350), la Belgique (118) et les Pays-Bas (90). Selon les autorités françaises : « Les deux tiers sont partis avec leurs parents, le tiers est composé d’enfants nés sur place [qui] ont donc moins de quatre ans. » Ces mêmes autorités parlent de 77 enfants de retour en France avec ou sans leur mère ou parents. Comment ces familles sont-elles prises en charge à leur retour ? Existe-t-il un dispositif spécifique proposé par les structures d’accueil ?
Les enfants et les adolescents constituent la première cible de la stratégie de recrutement de l’EI, mais aussi un pilier de son projet politico-religieux. Ces derniers sont en effet surreprésentés dans la propagande médiatique du groupe terroriste, où l’on voit garçons et filles, tous âges confondus, tantôt souriants, tantôt triomphants, tantôt menaçants, dans ses supports magazines et vidéo.
« L’idéologie djihadiste accorde une importance particulière à l’éducation des enfants afin de les initier au combat »
Se pencher sur la place des enfants de l’EI dans cette propagande permet de comprendre leurs conditions de vie et leurs rôles dans ledit califat. L’image de l’enfant renvoie à la symbolique du renouveau et de l’âge d’or largement investie par la propagande de l’EI. Elle est le signe de la régénération, du « bonheur » et de la « justice » après la flétrissure de régimes dictatoriaux et sénescents dans le monde arabe. On voit des « lionceaux du califat » de nationalités française, tchétchène, tunisienne, kurde ou américaine, jouer, courir ou sourire mais aussi combattre et commettre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le constitutionnaliste Dominique Chagnollaud de Sabouret estime que la réforme des institutions vise surtout à réduire le pouvoir du Parlement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« La réforme constitutionnelle affaiblit les droits du Parlement »

Dans une tribune au « Monde », le constitutionnaliste Dominique Chagnollaud de Sabouret estime que la réforme des institutions vise surtout à réduire le pouvoir du Parlement.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 13h27
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Dominique Chagnollaud de Sabouret (Professeur de droit constitutionnel à l'université Paris-II, président du Cercle des constitutionnalistes)







                        



                                


                            
Tribune. Le volet constitutionnel de la réforme comprend deux parties. La première est insipide et fait donc consensus. Il s’agit de l’avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature sur les nominations du parquet – alors qu’il est déjà une coutume –, de la suppression des membres de droit du Conseil constitutionnel – avec la question passionnante de savoir si M. Giscard d’Estaing devrait ou non être épargné – et, enfin, de la suppression de la Cour de justice de la République. N’était-ce pas l’occasion d’engager une réflexion plus vaste sur le fonctionnement de nos institutions, comme l’ont fait le Sénat et l’Assemblée nationale, dont on n’a d’ailleurs tenu aucun compte ?
L’autre volet constitutionnel du projet gouvernemental consiste en l’affaiblissement des droits du Parlement, en rognant les acquis de la révision de 2008, comme si l’inflation législative, le retard du vote de certains textes – on pense aux lois Macron – n’étaient imputables qu’au Parlement.
Outre le réaménagement de la procédure budgétaire qui se discute, il s’agit d’aller toujours plus vite : encadrement du droit d’amendement décidément diabolisé, droit d’« inscription prioritaire à l’ordre du jour » élargi, procédure plus « accélérée » en cas d’échec de la procédure mixte – la navette étant réduite aussi à la portion congrue –, discussion en séances focalisées sur les points principaux grâce à un meilleur travail en commission, qui seront désertées du fait de la réduction drastique du nombre de parlementaires, etc.
Il est paradoxal de constater que la création d’une Chambre de la participation citoyenne, modernisant l’actuel Conseil économique, social et environnemental (CESE) – et dont la consultation obligatoire sera plus fréquente –, va allonger la procédure d’adoption des projets de loi…
Le volet « organique » et « législatif » consiste, quant à lui, à abaisser le statut des parlementaires. Le non-renouvellement dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Des joueurs sur le terrain aux supporteurs dans les tribunes, en passant désormais par les images de l’assistance vidéo à l’arbitrage, la caméra est un acteur primordial de l’organisation de l’événement télévisuel par excellence.
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Les enjeux visuels de la Coupe du monde de football

Des joueurs sur le terrain aux supporteurs dans les tribunes, en passant désormais par les images de l’assistance vidéo à l’arbitrage, la caméra est un acteur primordial de l’organisation de l’événement télévisuel par excellence.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 13h00
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                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Les chiffres confinent au sublime mathématique : pour l’édition de la Coupe du monde de football de 2014, au Brésil, la Fédération internationale (FIFA) a déclaré un total de 98 087 heures de matchs diffusées à travers le globe. La finale entre l’Allemagne et l’Argentine a rassemblé près de 1 milliard de téléspectateurs à elle seule. La Coupe du monde de football est assurément l’un des événements les plus regardés de la planète : elle est même avant toute chose un événement télévisuel.
Cela tient, en partie, à la compétition elle-même, à son histoire et à son envergure, comme le rappelle Patrice Blouin, critique de cinéma et auteur de l’ouvrage Une Coupe du monde. Télégénie du football (Actes Sud, 2011) : « Depuis la première Mondovision en 1958, l’histoire de la Coupe du monde est intrinsèquement liée à l’histoire de la télévision. Dans une certaine mesure, le véritable pays organisateur de la Coupe du monde, tous les quatre ans, c’est la télévision. » Or, un événement ­diffusé est une construction visuelle. Que voyons-nous alors quand nous regardons un match de foot, et plus particulièrement un match de Coupe du monde ?
« Plan de base »
La majeure partie d’une retransmission est occupée par ce que Charles Tesson, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, a ­appelé dans son texte de 1986, « Le ballon dans la lucarne », le « plan de base » : une vision du terrain obtenue en plaçant une caméra dans les tribunes à mi-longueur du terrain et en la faisant pivoter de gauche à droite selon le mouvement du jeu. Pour Patrice Blouin, ce plan revêt une signification particulière lors de la Coupe du monde :
« Pendant trente-deux ans, de 1958 jusqu’en 1990, la Coupe du monde s’est jouée en alternance entre un pays d’Amérique du Sud et un pays d’Europe. Et, pendant toutes ces années, le terrain imaginaire, trans­atlantique, de la compétition s’est confondu avec le plan de base télévisuel. Ce panoramique droite-gauche/gauche-droite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.
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« Renforcer notre action contre les changements climatiques » grâce au droit constitutionnel

La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h01
    |

Marie-Anne Cohendet (Professeure de droit constitutionnel à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Il est aujourd’hui question d’inscrire à l’article 1 de notre Constitution que la République garantit la protection et l’amélioration de l’environnement, et notamment de la biodiversité, ainsi que l’action contre les changements climatiques. Ce ne serait ni la révolution dénoncée par les uns ni une réforme sans effets redoutée par les autres.
Bien évidemment, cette modification de la Constitution ne remplacerait pas d’autres actions à tous les niveaux, surtout sur le terrain, mais elle favoriserait ces actions concrètes. Ce texte compléterait utilement la Charte de l’environnement (2005) en la précisant, en affirmant et en réaffirmant des droits et libertés que la Constitution garantit.
La formulation retenue par la commission des lois est cependant beaucoup trop restrictive : « Elle [la République] agit pour la pré­servation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques. » En effet, le terme « agir » est moins fort que celui de « garantir » ou « assurer ».
De plus, l’exigence d’un niveau élevé de protection et le principe de non-régression ont disparu de cette version, alors qu’ils sont déjà affirmés par plusieurs textes, notamment au niveau européen, et qu’il serait utile de les constitutionnaliser pour les renforcer. La non-régression ne paralyse ni le droit ni le législateur, il implique la liberté du choix des moyens pour protéger l’environnement, mais interdit simplement de ­réduire le niveau de protection de l’environnement.
La France serait ainsi le premier pays du G20 à inscrire dans sa Constitution l’action contre les changements climatiques. D’autres pays, pour l’essentiel des pays émergents, ­affirment déjà dans la leur l’action contre ces changements
Par ailleurs, il est essentiel de ne pas garantir seulement l’action contre les changements climatiques, mais de l’accompagner de la protection de la biodiversité et de l’ensemble de l’environ­nement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ A 88 ans, la psychanalyste d’origine hongroise consulte toujours. Epouse du compositeur György Ligeti, elle a participé au renouveau de la psychanalyse en Autriche et perpétue l’héritage du « maître » à Vienne.
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Vera Ligeti, la dernière freudienne

A 88 ans, la psychanalyste d’origine hongroise consulte toujours. Epouse du compositeur György Ligeti, elle a participé au renouveau de la psychanalyse en Autriche et perpétue l’héritage du « maître » à Vienne.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 08h00
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                            Christine Lecerf








                        



                                


                            

A Vienne, en Autriche, on l’appelle « die Freudianerin », « la freudienne ». Dans son cabinet perché sur les hauteurs de la ville, Vera Ligeti pratique la psychanalyse depuis plus d’un demi-siècle. Très discrète, n’accordant que de rares entretiens, l’épouse du compositeur György Ligeti, mort en 2006, est pourtant l’une des dernières héritières de Sigmund Freud (1856-1939).
Née en 1930, dans une famille juive assimilée de Budapest, Vera Ligeti, née Veronika Spitz, n’a jamais rencontré le maître viennois. Petite fille, elle aurait cependant pu le croiser dans la capitale hongroise, qui était le second berceau de la psychanalyse. Pour cette analyste de la génération des petits-enfants du père fondateur, Freud est d’ailleurs considéré comme un « membre de la famille » : « Quand je lis ses lettres, quand je regarde sa façon de vivre, j’ai le sentiment de le connaître. Le Freud privé est très similaire à mon grand-père. C’est mon grand-père, et je l’aime, d’un amour véritable. »
Vera Ligeti a entendu prononcer le nom de Freud pour la première fois en 1938, l’année de l’annexion de l’Autriche par le IIIe Reich et de l’exil du maître en Angleterre. Une jeune psychologue viennoise réfugiée à Budapest lui avait alors parlé de cet homme qui avait fait de très grandes découvertes dans sa ville natale : « J’étais fascinée. Je lui posais des milliers de questions. Lili m’avait plutôt dépeint Freud sous les traits d’un Moïse, quelqu’un de grandiose et d’impressionnant, juché sur le mont ­Sinaï », s’exclame Vera Ligeti en laissant échapper un franc éclat de rire.
« L’Interprétation des rêves » à 8 ans
A peine âgée de 8 ans, déjà lectrice compulsive et dotée d’une insatiable curiosité, la future psychanalyste s’était ­ensuite procuré un exemplaire de L’Interprétation des rêves (1900), traduit en hongrois par Sandor Ferenczi, l’un des plus proches disciples de Freud. Pressentant qu’elle tenait là quelque chose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les salariés n’ont pas intérêt à intégrer artificiellement dans leur revenu 2018 des primes de 2019, explique dans une chronique Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats.
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« Année blanche » : est-il possible d’optimiser la fiscalité des bonus ?

Les salariés n’ont pas intérêt à intégrer artificiellement dans leur revenu 2018 des primes de 2019, explique dans une chronique Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h08
    |

Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats







                        



   


Question à un expert. Le passage au prélèvement à la source (PAS) en 2019 conduit les particuliers à bénéficier pour certains revenus de 2018 d’un crédit d’impôt permettant d’éliminer l’imposition, et ainsi d’éviter que soit dû en 2019 l’impôt sur le revenu au titre des revenus 2018 et le PAS sur les revenus 2019.
En matière salariale, le principe retenu est que les salaires perçus en 2018 sont par nature courants, et devraient donc (sauf exception) bénéficier pleinement du crédit d’impôt. Ce principe devrait s’appliquer aux salaires, mais également aux primes et bonus annuels (treizième mois, bonus annuel, etc.), en particulier lorsqu’ils sont prévus au contrat de travail.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : comment les réductions d’impôt sont-elles prises en compte ?



Les salariés peuvent-ils pour autant chercher à majorer artificiellement leur revenu 2018, par exemple en demandant à leur employeur de transférer sur 2018 des primes normalement dues en 2019 ? La loi prévoit des dispositifs permettant de contrer ces optimisations et de limiter le bénéfice du crédit d’impôt aux revenus courants.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : quel traitement fiscal pour les particuliers employeurs ?



Ainsi, les sommes normalement dues au titre d’une ou plusieurs années antérieures ou postérieures, les sommes sans lien avec le contrat de travail ou allant au-delà de ce qu’il prévoit, ainsi que tout autre revenu insusceptible, par sa nature, d’être recueilli annuellement (par exemple, une prime de départ en retraite) resteront imposables.
L’administration disposera exceptionnellement d’un délai étendu à quatre ans pour contester la qualification de la prime (courante vs exceptionnelle) retenue par le salarié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les acteurs de cette période ont participé à une même histoire, celle d’une période où la colonisation a forgé des réseaux et des échanges qui ont influencé et construit la vie et l’avenir de la plupart des habitants de la planète explique, dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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Au temps des colonies : il faut « sortir des “récits nationaux” »

Les acteurs de cette période ont participé à une même histoire, celle d’une période où la colonisation a forgé des réseaux et des échanges qui ont influencé et construit la vie et l’avenir de la plupart des habitants de la planète explique, dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h30
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            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. L’histoire économique des quatre siècles de colonisation européenne du monde a longtemps oscillé entre le récit idyllique de l’apport des bienfaits de la civilisation aux peuples « arriérés », et le récit dramatique de l’exploitation impitoyable des peuples opprimés.
Depuis quelques années, les tenants de ce que l’on appelle « l’histoire globale » – comme le Global History and Culture Centre de l’université de Warwick (Royaume-Uni) – s’efforcent de puiser aux sources des colonisateurs comme des colonisés pour construire un savoir plus équilibré. Avec d’autant plus de liberté que les jeunes historiens venus d’Inde, de Chine, d’Afrique, participent à ce mouvement, comme l’illustre la liste des intervenants à un colloque sur l’histoire de l’Empire britannique qui s’est tenu à Warwick les 21 et 22 juin.
Un formidable vecteur d’expansion de l’islam
James Wilson (Cambridge) montre comment les colons chinois, déjà présents en Asie du Sud-Est lorsque les Européens arrivent, deviennent tour à tour, selon les moments et les lieux, un modèle d’agriculteurs libres, plus efficaces que les esclaves pour mettre en valeur les plantations de thé ou de sucre – à tel point que l’administration coloniale leur offre des propriétés et des crédits pour qu’ils s’installent à Ceylan une fois l’esclavage aboli –, ou au contraire un dangereux lumpen prolétariat de « coolies » qu’il s’agit de forcer à travailler dans des conditions abominables dans les îles sucrières des Antilles ou sur les docks de Singapour.
Cao Yin (université de Tsinghua) décrit comment les soldats et policiers sikhs amenés à Hongkong pour assurer l’ordre voient leur identité transformée par cette expérience jusqu’à devenir des militants de l’indépendance.
John Slight (The Open University) observe que le recrutement de travailleurs indiens pour construire les chemins de fer, creuser les galeries des mines, servir comme domestiques au Kenya, en Australie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les avocats Antoine Chatain et Maud Picquet expliquent, dans une tribune au « Monde », que les juges font une interprétation jurisprudentielle extensive des conditions de responsabilité des personnes morales.
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« On constate une volonté accrue du législateur et des magistrats de responsabiliser pénalement les personnes morales »

Les avocats Antoine Chatain et Maud Picquet expliquent, dans une tribune au « Monde », que les juges font une interprétation jurisprudentielle extensive des conditions de responsabilité des personnes morales.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h35
    |

Antoine Chatain (Avocat associé) et Maud Picquet (Avocate collaboratrice au cabinet Chatain & associés)







                        



                                


                            

Tribune. Lorsque des poursuites pénales sont diligentées, les dirigeants d’entreprise s’interrogent souvent sur l’imputation des faits à la personne morale, en parallèle ou indépendamment de la mise en cause des personnes physiques responsables. Il est vrai que les conditions de mise en cause de la responsabilité pénale des personnes morales sont paradoxalement moins exigeantes que celles nécessaires à l’engagement de la responsabilité pénale des personnes physiques.
S’il est difficile de concevoir qu’une personne morale puisse commettre une infraction, la possibilité d’engager des poursuites pénales à son encontre existe en France depuis le 1er mars 1994. On constate depuis une volonté accrue du législateur et des magistrats de responsabiliser pénalement les personnes morales.
La loi Perben II du 9 mars 2004
Initialement limitée aux infractions prévues « par la loi ou par le règlement », la responsabilité pénale des personnes morales a été généralisée à l’ensemble des infractions par la loi Perben II du 9 mars 2004. Ces personnes sont ainsi pénalement responsables de toutes les infractions « commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants » (article 121-2 du code pénal).
Seule la faute de l’organe ou du représentant de la personne morale engage la responsabilité de cette dernière. La responsabilité est dite « par représentation ».

L’article 121-2 du code pénal précise que « la responsabilité pénale des personnes morales n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l’article 121-3 ».
Ces dernières dispositions, introduites par la loi du 10 juillet 2000, conduisent à ce qu’en cas de dommage causé indirectement et involontairement par une personne physique, cette dernière ne s’expose pénalement que s’il est établi qu’elle a commis une faute qualifiée (violation manifestement...




                        

                        

