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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Lors des dix-huitièmes Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, économistes et politiques ont appelé les pays européens au sursaut face à la guerre commerciale et au protectionnisme.
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A Aix-en-Provence, l’Europe est appelée à s’unir face aux risques mondiaux

Lors des dix-huitièmes Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, économistes et politiques ont appelé les pays européens au sursaut face à la guerre commerciale et au protectionnisme.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 18h28
    |

            Marie Charrel








                        


« La question n’est pas de savoir s’il y aura ou non une guerre commerciale. La guerre commerciale a déjà commencé ». Le constat dressé dimanche 8 juillet par Bruno Le Maire a résumé l’état d’esprit des participants à la dix-huitième édition des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, organisée du 6 au 8 juillet. A l’image du ministre de l’économie, les politiques, économistes et grands patrons invités à plancher sur les « métamorphoses du monde », ont partagé la même inquiétude. Celle de voir le monde né au sortir de la seconde guerre mondiale, reposant sur la collaboration multilatérale entre les Etats, tomber en poussière.
Coupable : la politique agressive des Etats-Unis de Donald Trump, qui ont imposé, vendredi 6 juillet, des droits de douanes sur des marchandises chinoises d’une valeur estimée à 34 milliards d’euros. Dans la foulée, Pékin a répliqué aussitôt en annonçant des mesures de rétorsion d’un montant équivalent. Washington menace également d’instaurer des droits de douanes sur les véhicules assemblés dans l’Union européenne, après avoir imposé à l’UE, au Canada et au Mexique des tarifs douaniers de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. « S’il devait y avoir une augmentation de tarif sur d’autres secteurs économiques, notre réaction devra être unie, forte, pour faire comprendre que l’Europe est aussi une puissance économique souveraine », a prévenu M. Le Maire, devant les participants réunis, comme tous les ans, sous le soleil aixois.

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Mais les risques sont loin de se résumer au tonitruant président américain. « Même avant que Donald Trump soit élu, le multilatéralisme était déjà en mauvais état », rappelle l’économiste Jean Pisani-Ferry, inspirateur du programme économique d’Emmanuel Macron. Et ce, par la montée des populismes, prospérant sur la montée des inégalités et le désespoir de ceux redoutant d’être les perdants de la mondialisation. S’ajoutent à cela le défi migratoire auquel l’Europe doit faire face, le changement climatique et la révolution numérique, aux effets incertains sur l’emploi. « Le monde qui vient n’est pas seulement dangereux sur la remise en cause du multilatéralisme et des guerres économiques », a souligné, samedi 7 juillet, le premier ministre Edouard Philippe, devant un amphithéâtre plein à craquer.
Seulement voilà : si les Etats-Unis « répudient les règles collectives qu’ils ont eux-mêmes forgées à l’après-guerre », comme le résume Jean Pisani-Ferry, qui les remplacera dans leur mission de leader et gendarme du monde ? En la matière, l’Union européenne « a une carte à jouer », a estimé Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), samedi.
Nombreux sujets de discorde
Le Cercle des économistes, le groupe de réflexion qui organise les Rencontres, a émis plusieurs propositions dans ce sens. Il appelle notamment l’Europe à lancer une grande « alliance multilatérale ». « Il ne s’agirait pas d’une nouvelle institution, mais d’une alliance politique de pays volontaires et désireux de maintenir le dialogue, pour faire poids face aux Etat-Unis », résume Jean-Hervé Lorenzi, le président du Cercle.
Au sein d’une telle initiative, la Chine pourrait être un allié majeur. A condition, néanmoins, que les Européens s’attachent à resserrer leurs rangs. Et à résoudre leurs faiblesses. « Aujourd’hui, l’Europe n’est plus un partenaire pour personne, elle est devenue une proie », a assené l’économiste Jacques Attali, résolument pessimiste. « Elle doit surmonter ses propres divisions », a ajouté Benoît Cœuré, membre du directoire de la banque centrale européenne (BCE). Mais les sujets de discorde sont nombreux : accueil des réfugiés, degré de solidarité entre les membres, ou encore, application de l’Etat de droit en Pologne ou en Hongrie… « Il faut reconstruire l’Europe autour de ses valeurs fondamentales », suggère le Cercle des Economistes, telles que la démocratie, la justice, le dialogue. Quitte à ce que les Etats qui ne les partagent plus sortent du club.
Mais il faudra également renforcer les institutions de l’union monétaire et là aussi, les propositions ont fusé. La plupart sont déjà connues. A l’exemple de l’instauration d’un budget commun, chère au président Emmanuel Macron, de l’achèvement de l’union bancaire et de l’harmonisation fiscale, afin de mettre un terme à la concurrence déloyale entre les Etat. « Lorsqu’ils sont unis, les Européens ont une véritable voix au chapitre », estime Christine Lagarde, convaincue que l’UE peut être « une source d’inspiration pour beaucoup d’autres pays ». Au regard des fragilités du couple franco-allemand et des divisions auxquelles la chancelière allemande Angela Merkel fait face au sein de son propre camp, le défi paraît immense.

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                Europe : et si l’urgence était moins le budget de la zone euro que la crise migratoire ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Depuis le début de l’année, les flux de personnes qui transitent dans les grandes gares sont analysés par Gares & Connexions, une direction autonome de la SNCF, pour être croisés avec les tickets de caisse des enseignes afin de comprendre ce qui amène à pousser la porte des commerces et à y faire des achats.
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Des commerces de gares dopés au big data

Depuis le début de l’année, les flux de personnes qui transitent dans les grandes gares sont analysés par Gares & Connexions, une direction autonome de la SNCF, pour être croisés avec les tickets de caisse des enseignes afin de comprendre ce qui amène à pousser la porte des commerces et à y faire des achats.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Gare du Nord, le 13 juin. C’est jour de grève à la SNCF et seulement une fraction des 700 000 visiteurs quotidiens s’est aventurée dans la plus grande gare d’Europe. En revanche, certains ont passé plus de temps que d’habitude à attendre leur train. Fiasco ou aubaine pour les 69 enseignes qui occupent les lieux ? Dès le lendemain, Gares & Connexions, le gestionnaire des 3 000 gares de France, était capable de faire les calculs : seulement 32 000 clients ce jour-là, dont 51 % sont restés 45 minutes ou plus sur place.
Depuis le début de cette année, les flux de personnes qui transitent dans les grandes gares sont mesurés et cartographiés par cette direction autonome de la SNCF, pour être ensuite croisés avec les tickets de caisse des enseignes. Objectif de ce partage de données, au centre d’un vaste projet baptisé « retail et data » ? Comprendre ce qui amène à pousser la porte des commerces et à y effectuer des achats.
2, indique le directeur général de Gares & Connexions, Patrick Ropert, qui a signé 190 nouveaux contrats avec des enseignes en 2017
Ceux qui prennent le train dans cette gare ont déjà pu constater sa métamorphose en véritable lieu de vie. Dans les gares, en général, kiosques à journaux, loueurs de voitures, marques de mode, bars, restaurants ou autres services du quotidien occupent à présent 180 000 m2, sur un patrimoine foncier qui en compte 2 millions.
Dans huit ans, au terme de lourds chantiers de rénovation et d’extension lancés à Paris comme en province, ces activités s’étendront à 300 000 m2, indique le directeur général de Gares & Connexions, Patrick Ropert, qui a signé 190 nouveaux contrats avec des enseignes en 2017.
Dans les gares, où transitent chaque jour 10 millions de personnes, certains comme Burger King, Celio ou Sephora se sont rapidement hissés parmi les plus gros chiffres d’affaires de France de leur réseau. Xerfi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’explosion du tourisme mondial, et chinois en particulier, incite les marques le luxe à se doter d’une vitrine dans les terminaux. Source de revenus non négligeables pour les aéroports, ces centres commerciaux prennent de plus en plus d’importance.
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Grosses emplettes à l’aéroport

L’explosion du tourisme mondial, et chinois en particulier, incite les marques le luxe à se doter d’une vitrine dans les terminaux. Source de revenus non négligeables pour les aéroports, ces centres commerciaux prennent de plus en plus d’importance.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

C’est l’un des plus grands magasins parisiens. Les millions de touristes qui passeront cet été par Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise) devront slalomer entre boutiques chics, bars et restaurants pour gagner leur porte d’embarquement. Ils pourront se restaurer au Teppan, la dernière adresse du chef Thierry Marx, ouverte entre un Relay et un McDonald’s en zone publique du terminal 1, faire halte chez le barbier au terminal 2 E, ou encore se faire coiffer et maquiller dans le 2 A. Des commerces qui n’ont plus grand-chose à voir avec les anciennes boutiques hors taxes, prisées pour leurs cigarettes, alcools et parfums.
ADP (ex-Aéroports de Paris), prochain exploitant aéroportuaire à être privatisé en France – après ceux de Toulouse, Nice et Lyon –, ne compte pas en rester là. Son objectif : hisser ses espaces, en glamour comme en taille, « au niveau des Galeries Lafayette Haussmann pour la fin 2020 », indique son directeur client, Mathieu Daubert. « La privatisation ne change rien, ces revenus sont devenus vitaux », souligne-t-il. Ces activités ont apporté 459 millions d’euros en 2017, en hausse de 2,2 %. Les mètres carrés qui leur sont dévolus sont passés, entre 2016 et fin 2017, de 35 000 à 58 000. Et 40 000 sont en cours d’ajout ou de rénovation.

Tous les aéroports, publics comme privés, se sont embarqués dans de telles diversifications car elles servent de « matelas de sécurité en cas de retournement économique », explique Stefano Baronci, directeur de l’économie et du développement des programmes à Airports Council International (ACI).
Il précise que ces services non aéronautiques, à l’origine de 39,4 % des revenus des aéroports en moyenne, ont aussi tendance à dégager des marges nettes plus élevées que les activités aéronautiques traditionnelles. Les concessions liées aux commerces ainsi qu’aux bars et aux restaurants se taillent la part du lion dans cet ensemble, loin devant les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Pour la chercheuse Nathalie Roseau, l’aéroport reste un symbole de souveraineté nationale. On le donne à voir au monde entier. Cela en fait un « vaisseau amiral », au centre de concours d’architecture, où se conjuguent identité locale et volonté d’internationalisation.
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« Dans l’aéroport, le voyageur est devenu captif »

Pour la chercheuse Nathalie Roseau, l’aéroport reste un symbole de souveraineté nationale. On le donne à voir au monde entier. Cela en fait un « vaisseau amiral », au centre de concours d’architecture, où se conjuguent identité locale et volonté d’internationalisation.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 17h00
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Nathalie Roseau est professeure associée de l’Ecole des ponts ParisTech et chercheuse au laboratoire Techniques, territoires et sociétés (CNRS, ENPC, UPEM). Ses travaux portent sur les représentations et le rôle des infrastructures – en particulier des aéroports – dans les dynamiques métropolitaines. Un sujet abordé dans l’ouvrage collectif L’Entrée en ville : aménager, expérimenter, représenter (Ed. de l’Université libre de Bruxelles, 2017).
A quand remonte l’intégration des commerces dans les aérogares en France ?
Nathalie Roseau.- La question se pose dès les balbutiements de l’aviation commerciale dans l’entre-deux-guerres, même si les commerces sont alors des aménagements annexes. Comme les voyageurs sont encore peu nombreux, il s’agit de trouver des recettes pour équilibrer le coût onéreux des équipements.
On capitalise sur les grands succès des spectacles aériens pour attirer à l’aéroport promeneurs, curieux ou futurs passagers. On ira prendre un café au Bourget, puis on passera « un dimanche à Orly » comme l’a chanté Bécaud. Pour un franc, le ballet aérien est visible depuis la jetée. C’est aussi l’endroit où faire ses courses de Noël. Il y a même un chef étoilé et un cinéma. De 1961 à 1965, Orly sera le monument le plus visité de France.
Est-ce encore un élément distinctif entre des hubs qui se ressemblent tant ?
Depuis la déréglementation du transport aérien, au tournant des années 1990, la concurrence fait rage entre compagnies aériennes et elles peuvent choisir leurs alliances, leurs plates-formes de correspondance. C’est dans ce contexte que l’argument du commerce apparaît plus marqué dans le discours d’autorités aéroportuaires qui, par ailleurs, cherchent à rentabiliser leurs mètres carrés.
Ces espaces marchands sont mis en avant comme élément de différenciation pour attirer les vols du monde entier. Les passagers choisissent-ils, eux,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Les premières expérimentations doivent débuter cet été. Le public s’inquiète de la future gestion des données.
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Le projet de « ville Google » prend forme à Toronto

Les premières expérimentations doivent débuter cet été. Le public s’inquiète de la future gestion des données.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 13h00
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

A quoi ressemblera la « Google City » de ­Toronto ? Sidewalk Labs, la filiale consacrée à l’innovation urbaine de la maison mère de Google, Alphabet, doit ­dévoiler fin juillet les premières esquisses de son ambitieux projet de smart city dans la ­métropole canadienne. Loin des visions de science-fiction, les images diffusées jusqu’à présent se limitaient à des vues génériques de rues ­piétonnes, d’espaces verts et d’immeubles passe-partout façon aquarelle, comme pour mieux ­atténuer le contenu du projet : une ville conçue et gouvernée par les nouvelles technologies, les données numériques et l’intelligence artificielle.
Les premières expérimentations portées par Sidewalk Labs doivent débuter cet été sur le site de Quayside, une friche portuaire de cinq hectares à l’est du centre-ville. Mais pour découvrir une version un peu plus détaillée de la ville à la mode Alphabet, il faudra attendre le mois d’octobre. Un an sera alors passé depuis le choix de la petite sœur de Google par ­Waterfront ­Toronto, l’autorité qui réunit le gouvernement canadien, la province de l’Ontario et la ville de Toronto pour financer et porter le projet. Les plans complets, eux, ne seront pas présentés avant le début 2019.
« Couche numérique »
« Radicalement mixte » et plutôt dense, le quartier veut mêler commerces, bureaux et logements, être exemplaire du point de vue de l’énergie, faire la part belle aux mobilités douces, à la verdure et aux espaces publics… Mais l’originalité de Quayside, c’est de superposer à la ville physique une « couche numérique », des capteurs ­enregistrant absolument tout – de la consommation d’eau et d’électricité aux flux piétons en passant par la qualité de l’air, le remplissage des poubelles et ­l’occupation des parkings – pour réguler et améliorer en temps réel le fonctionnement de la ville.
« Malgré les changements intervenus dans la société et dans la technologie ces soixante dernières années, la vie urbaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’Institut Giacometti a ouvert ses portes le 26  juin. Des travaux de rénovation sont en cours à la Fondation Dubuffet, tandis que celle d’Henri Cartier-Bresson s’installe dansde nouveaux locaux le 17 octobre à Paris.
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La renaissance des fondations d’artistes

L’Institut Giacometti a ouvert ses portes le 26  juin. Des travaux de rénovation sont en cours à la Fondation Dubuffet, tandis que celle d’Henri Cartier-Bresson s’installe dansde nouveaux locaux le 17 octobre à Paris.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 10h00
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Soixante-dix sculptures longilignes, en plâtre et en bronze, les toutes dernières œuvres sur lesquelles travaillait Alberto Giacometti avant sa mort, sont présentées dans un hôtel particulier Art déco et Art nouveau du quartier Montparnasse à Paris. L’Institut Giacometti, financé par la fondation du même nom, a ouvert au public le 26 juin. Au fond d’une cour arborée du 6e arrondissement, un chantier bat son plein pour agrandir et rénover entièrement la Fondation Jean-Dubuffet. Enfin, au cœur du Marais, les pelleteuses s’activent avant l’inauguration, prévue le 17 octobre, des nouveaux locaux de la Fondation Henri-Cartier-Bresson. Qu’ont donc en commun Alberto Giacometti, Henri Cartier-Bresson, Jean Dubuffet, mais aussi Jean Arp et Sophie Taeuber, Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, Georges Rouault, Victor Vasarely, Albert Gleizes ou encore Le Corbusier ? Tous sont dotés d’une fondation reconnue d’utilité publique, certaines voulues et créées du vivant de ces artistes, d’autres mises en place, par leurs proches, après leur décès.

Pas toujours connues du grand public, ces fondations permettent de « sanctuariser les ateliers, les lieux où vivaient les artistes, mettre en valeur leurs œuvres et leurs collections personnelles, monter des expositions et préserver leurs archives », explique Jérôme Kohler, directeur de Philanthropic Lab, une structure consacrée au conseil en philanthropie.
Spécificité franco-française, leur statut est réglementé de façon très précise : « une dotation initiale (un fonds d’œuvres, un immeuble, de la trésorerie…) doit permettre d’assurer son financement sans faire appel aux subsides de l’Etat », explique Sophie Webel, directrice de la Fondation Jean-Dubuffet. Par ailleurs, ajoute-t-elle, les fondations d’utilité publique sont contrôlées par un conseil d’administration composé de représentants de l’Etat (des collectivités locales, du ministère de la culture et/ou de l’intérieur), de personnalités...




                        

                        


<article-nb="2018/07/08/21-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Les salariés n’ont pas intérêt à intégrer artificiellement dans leur revenu 2018 des primes de 2019, explique dans une chronique Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats.
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« Année blanche » : est-il possible d’optimiser la fiscalité des bonus ?

Les salariés n’ont pas intérêt à intégrer artificiellement dans leur revenu 2018 des primes de 2019, explique dans une chronique Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h08
    |

Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats







                        



   


Question à un expert. Le passage au prélèvement à la source (PAS) en 2019 conduit les particuliers à bénéficier pour certains revenus de 2018 d’un crédit d’impôt permettant d’éliminer l’imposition, et ainsi d’éviter que soit dû en 2019 l’impôt sur le revenu au titre des revenus 2018 et le PAS sur les revenus 2019.
En matière salariale, le principe retenu est que les salaires perçus en 2018 sont par nature courants, et devraient donc (sauf exception) bénéficier pleinement du crédit d’impôt. Ce principe devrait s’appliquer aux salaires, mais également aux primes et bonus annuels (treizième mois, bonus annuel, etc.), en particulier lorsqu’ils sont prévus au contrat de travail.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : comment les réductions d’impôt sont-elles prises en compte ?



Les salariés peuvent-ils pour autant chercher à majorer artificiellement leur revenu 2018, par exemple en demandant à leur employeur de transférer sur 2018 des primes normalement dues en 2019 ? La loi prévoit des dispositifs permettant de contrer ces optimisations et de limiter le bénéfice du crédit d’impôt aux revenus courants.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : quel traitement fiscal pour les particuliers employeurs ?



Ainsi, les sommes normalement dues au titre d’une ou plusieurs années antérieures ou postérieures, les sommes sans lien avec le contrat de travail ou allant au-delà de ce qu’il prévoit, ainsi que tout autre revenu insusceptible, par sa nature, d’être recueilli annuellement (par exemple, une prime de départ en retraite) resteront imposables.
L’administration disposera exceptionnellement d’un délai étendu à quatre ans pour contester la qualification de la prime (courante vs exceptionnelle) retenue par le salarié.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/08/21-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le numéro 3 mondial du transport maritime par conteneurs a pris cette décision en raison des sanctions américaines.
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L’armateur CMA CGM va cesser de desservir l’Iran

Le numéro 3 mondial du transport maritime par conteneurs a pris cette décision en raison des sanctions américaines.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 14h54
   





                        



   


Le groupe français CMA CGM, numéro 3 mondial du transport maritime par conteneurs, a décidé de se retirer d’Iran « à cause de l’administration Trump » et des sanctions contre Téhéran, a annoncé samedi 7 juillet son PDG Rodolphe Saadé, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
L’armateur français avait signé en 2016 un protocole d’accord avec l’Islamic Republic of Iran Shipping Lines pour échanger ou louer des espaces de navires, exploiter des lignes maritimes communes et coopérer sur l’utilisation de terminaux portuaires.
Interrogé sur RTL en marge des Rencontres, le PDG de Total Patrick Pouyanné, qui avait déjà annoncé qu’il se retirerait d’un vaste projet gazier en Iran faute d’obtenir une exemption de Washington, a assuré n’avoir pas d’autre « choix » :
« Vous ne pouvez pas diriger un groupe international dans 130 pays sans accès au monde financier américain. Donc, de fait, la loi américaine s’applique et donc nous devons quitter l’Iran. »
Rétablissement des sanctions américaines
Mais « j’espère qu’on pourra revenir un jour en Iran », a poursuivi M. Pouyanné. Selon lui, Total a perdu « 40 millions de dollars » à cause de l’abandon de son projet en Iran. « A l’échelle de Total, qui investit 15 milliards de dollars par an, ce n’est pas beaucoup », a-t-il souligné.
Donald Trump a annoncé au début de mai le retrait des Etats-Unis de l’accord et le rétablissement des sanctions contre l’Iran ainsi que contre toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.
Washington avait précisé que les sanctions seraient effectives immédiatement pour les nouveaux contrats et avait donné jusqu’à cent quatre-vingts jours aux entreprises étrangères pour cesser leurs activités avec l’Iran.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Rome remet en cause cette mesure emblématique, censée doper l’emploi, qui n’a guère contribué à réduire la dualité du marché du travail et à freiner la précarité.
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Le gouvernement populiste italien s’attaque au « Jobs Act » de Matteo Renzi

Rome remet en cause cette mesure emblématique, censée doper l’emploi, qui n’a guère contribué à réduire la dualité du marché du travail et à freiner la précarité.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 14h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Déclarer la guerre à la précarité, telle est l’ambition affichée ces derniers jours par Luigi Di Maio, vice-président du conseil italien et ministre du travail. Lundi 2 juillet, son gouvernement a adopté un « décret dignité », avec un objectif : mieux protéger les salariés en revenant en arrière sur le Jobs Act, la réforme qui avait flexibilisé le marché du travail en 2015. Pour le leader du Mouvement 5 étoiles (antisystème), il s’agit autant de tenir une promesse de campagne que de marquer des points face à Matteo Salvini, son allié d’extrême droite, au ministère de l’intérieur. Omniprésent, ce dernier ne rate pas une occasion de mettre en scène sur les réseaux sociaux ses diatribes anti-migrants.
Moins ambitieux que le projet initial – le ministre de l’économie Giovanni Tria a écarté les mesures les plus coûteuses –, le décret doit encore être approuvé d’ici deux mois par le Parlement, susceptible d’apporter des modifications. Notamment sous l’impulsion de la Ligue de Matteo Salvini, dont la base électorale, où les entrepreneurs sont nombreux, voient d’un mauvais œil ces nouvelles règles. Celles-ci visent à limiter les recours excessifs aux CDD. A l’avenir, ceux-ci ne pourront être renouvelés que quatre fois (contre cinq actuellement) et ne pourront pas dépasser deux ans (contre trois). Les employeurs qui les proposent seront davantage taxés. « Les CDD utilisés à tort et à travers, c’est terminé », a promis Luigi Di Maio.
En outre, la durée pendant laquelle un salarié pourra être licencié sans justification sera limitée à un an (contre trois aujourd’hui) et il bénéficiera d’indemnités majorées de 50 %. Enfin, les entreprises ayant reçu des subventions publiques devront les rembourser si elles délocalisent hors de l’Union européenne.

Un contrat à droit progressif
Sans surprise, ces mesures ont soulevé une vive opposition de la part du milieu des affaires et du patronat. « C’est une erreur, les emplois ne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les cheminots témoignent de leur « colère » face à l’inflexibilité du gouvernement, qui a fait adopter sa réforme au Parlement. Les syndicats sont divisés sur la suite à donner au mouvement.
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Trois mois après le début de la grève à la SNCF, les cheminots entre résignation et persévérance

Les cheminots témoignent de leur « colère » face à l’inflexibilité du gouvernement, qui a fait adopter sa réforme au Parlement. Les syndicats sont divisés sur la suite à donner au mouvement.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 13h54
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Le 3 avril, lorsque les cheminots ont lancé le premier jour de leur grève perlée qui allait durer trois mois, Paul ne s’était, jusqu’alors, « jamais mobilisé ». Plus de vingt ans après son arrivée comme contrôleur à la SNCF, « parce que le combat était juste et bien mené », il s’est lancé, avec l’énergie des premières fois. Depuis vingt ans justement, la SNCF n’avait pas connu de telles mobilisations, eu égard à la durée du conflit et au nombre de cheminots en grève.
Mais cette durée inédite de la mobilisation – trente-six jours de grève en pointillé sur trois mois, soit deux jours tous les cinq jours – et l’inflexibilité du gouvernement ont fini par avoir raison du taux de grévistes. De 30 % en début de conflit, le nombre de cheminots mobilisés a chuté pour atteindre 15 %, puis 10 % lors des dernières journées d’action, à la fin de juin.

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Paul a suivi cette tendance, espaçant ses jours de grèves au gré de la navette parlementaire de la réforme ferroviaire, et à mesure que sa paye se réduisait. Lui qui « alternait les jours de grèves » avec sa compagne, elle aussi contrôleuse, s’est résigné à « reprendre le travail », constatant que les cheminots étaient « face à un mur », et que « la discussion était inexistante ».
« Mépris » du gouvernement
D’une même voix, les grévistes évoquent « l’intransigeance », « la fermeté », « le dogmatisme », ou encore « le mépris » du gouvernement face aux revendications des cheminots, qui s’opposaient notamment à la fin du statut pour les nouvelles recrues et à l’ouverture à la concurrence ferroviaire.
Aujourd’hui, Paul fait part d’une « colère » à la mesure des espoirs des premiers jours, définitivement douchés après l’adoption par le Parlement du projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire », le 14 juin.
« Au début, je pensais que la durée de la grève contraindrait le gouvernement à mener de vraies négociations. Et puis, j’ai constaté que quand le roi Macron décidait d’un fait, c’était irrévocable. »

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Stéphanie Couturier, qui a grandi dans « une famille où l’on est cheminot de père en filles », souligne également « l’attitude provocatrice », selon elle, de la direction de la SNCF, qui a décidé, dans le cadre des retenues sur salaires liées aux jours de grève, d’inclure les jours de repos attachés aux jours non travaillés — avant d’être finalement condamnée par la justice sur le sujet. Durant la grève, les dirigeants ont également annoncé la suppression de plus de 700 postes dans sa branche fret d’ici à 2021.
Après avoir participé à « presque toutes » les grèves du mois d’avril, Paul et Valérie ont « ralenti le rythme en mai », pour finalement ne participer à aucune action en juin, « voyant que l’on n’avait rien obtenu, ni de la part du gouvernement ni de celle de la direction ».
Sacrifices financiers
Si les grévistes n’ont effectivement pas eu gain de cause concernant la majorité de leurs revendications, Séverine Rizzi, secrétaire de la CGT-Cheminots de Bordeaux, considère que ce « mouvement n’a pas été vain », qualifiant même de « positif » le bilan de ces trois mois de mobilisation.
La représentante syndicale tient d’abord à rappeler le « niveau élevé » de grévistes durant presque toute la durée du mouvement. « Avec un calendrier aussi étendu dans le temps, cela constitue une gageure », estime la cheminote travaillant au sein des ressources humaines, rappelant que « le gouvernement avait prédit que l’on ne tiendrait pas dix jours ; le 28 juin on était toujours là ».

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Cette ténacité a été synonyme de sacrifices. Paul et Valérie ont rogné environ 1 000 euros de salaire chacun durant leur mois et demi de mobilisation. Marc Ribeiro, cheminot à la manœuvre depuis neuf ans, a, lui, perdu 700 euros le premier mois, « soit la moitié de ma paye ». Stéphanie Couturier, qui gagne 1 600 euros par mois en moyenne, a dû « faire tourner la maison » avec 400 euros en moins en juin. Certains salariés, syndiqués, ont pu bénéficier de compléments de salaire financé par leur organisation, à l’instar de Marc Ribeiro, qui a perçu 230 euros en avril.
« Des victoires »
« La décision de justice de condamner la SNCF à rembourser les jours de repos des grévistes, qui a constitué un camouflet pour la direction, va également permettre aux cheminots d’atténuer l’impact financier du mouvement », rappelle Séverine Rizzi, qui évoque « une étape importante dans le mouvement ».
L’autre « victoire », selon Stéphanie Couturier, a été le résultat de la consultation interne organisée par l’intersyndicale, à laquelle 61,15 % des cheminots ont participé, se déclarant à 94,97 % opposés à la réforme. « Beaucoup de cheminots ne pouvaient pas se porter grévistes, pour des raisons financières, ou des plans de carrière qui auraient été remis en cause, mais la grande majorité soutenait le mouvement », assure Marc Ribeiro, qui révèle que « plusieurs membres de la direction nous ont dit de continuer le combat ».
Quand on les interroge sur les « moments forts » de la mobilisation, les grévistes listent pêle-mêle les nombreuses actions menées localement, comme l’opération « péage gratuit » à Pau, « le blocage des camions de Geolis », une filiale de la SNCF venue compenser la fermeture de lignes de fret, ou encore « les gens qui descendaient de chez eux pour défiler à nos côtés ».
Mais pour les cheminots, s’il fallait citer un « succès » de ces trois mois de grève, ce serait l’annonce du premier ministre, Edouard Philippe, de reprendre une partie de la dette de la compagnie, soit 35 milliards d’euros d’ici à 2022. « Cette mesure était inenvisageable au départ, mais grâce à notre mouvement, le gouvernement a dû faire un geste », résume Séverine Rizzi, qui reconnaît, résumant l’avis de tous, que « cela n’est pas suffisant ».

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A l’instar de la CGT et de SUD-Rail, qui ont appelé à la grève les 6 et 7 juillet, la représentante syndicale assure qu’elle « ne lâche pas l’affaire ». Aux vacanciers inquiets de savoir s’ils seront bloqués pour leur départ en vacances, elle assure que les grèves ne se décideront pas contre les usagers, mais « selon le calendrier de négociations avec le gouvernement ».
« Si le mouvement de ce week-end n’est pas suivi, on ne veut pas non plus s’entêter et se décrédibiliser, face au gouvernement qui n’attend que ça pour dire que notre mouvement est mort », précise Marc Ribeiro, qui n’a pas encore posé ses vacances, « au cas où ». Séverine Rizzi rappelle également que des décrets de la réforme doivent encore être publiés, selon un agenda allant de six à douze mois. Et de prévenir : « Nous n’avons pas dit notre dernier mot. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.
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Richard Florida : « La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme »

Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 06h30
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Dans le petit monde de la pensée urbaine, il est un peu une « rock star », aimé ou critiqué, mais connu de tous. L’Américain Richard Florida, professeur à l’université de Toronto, s’est fait connaître grâce à son best-seller prémonitoire, The Rise of the Creative Class (Basic Books, non traduit). Paru en 2002, cet ouvrage raconte le grand mouvement de reconquête des villes américaines par les professions intellectuelles, les artistes, les jeunes actifs, les chercheurs, et l’essor de toute l’économie qui y est associée. Cette ­gentrification a été, selon lui, le moteur de la ­renaissance de nombreuses villes américaines. En 2017, Richard Florida, qui est aussi cofondateur du magazine CityLab, a publié The New ­Urban Crisis (« La Nouvelle crise urbaine », non traduit). Il y raconte une tout autre histoire.
Les villes américaines ont été au centre de vos travaux de recherche. Quel récit faites-vous de leur histoire récente ?
Quand j’étais petit, dans les années 1960 et 1970, les villes américaines étaient en déclin. A Newark (New Jersey), où je vivais, les boutiques, les restaurants, les usines traditionnelles, comme celle de lunettes où travaillait mon père, fermaient. Tous ceux qui le pouvaient – c’est-à-dire toute la classe moyenne, dont je faisais partie – quittaient les villes. On a alors assisté à l’essor des banlieues résidentielles. ­Ensuite, à partir de la fin des années 1990, et surtout pendant les années 2000, de nombreux centres-villes délaissés ont commencé à être ­investis par la « classe créative ». Par les professions intellectuelles, les gays, les artistes… Bref, par tout un mouvement bohème qui a alimenté une nouvelle économie de boutiques, restaurants, de nouveaux services, de festivals, etc. Et qui a permis aux villes de redevenir attractives pour une grande partie de la population. Et je ne parle pas seulement de New York ou de San Francisco. Des villes comme Denver, Philadelphie, Detroit, Pittsburgh sont revenues sur le devant de la scène grâce à cette revitalisation postindustrielle.
Aujourd’hui, vous racontez que les villes sont à nouveau en crise. Quelle forme prend-elle ?
Le problème, c’est que quelques grandes ­métropoles internationales concentrent la ­majorité des richesses, et deviennent de plus en plus inaccessibles. Dans ces villes superstars, l’explosion des prix de l’immobilier chasse peu à peu les artistes, les professions intellectuelles, les créatifs des quartiers qu’ils avaient investis. Mais ce ne sont pas les moins bien lotis, car ceux-ci trouvent souvent d’autres quartiers ­populaires où ils peuvent s’installer. Ce qui est terrifiant, c’est que les policiers, les pompiers, les gens qui travaillent dans des boutiques ou des restaurants, les infirmiers, les artisans, les jardiniers doivent quitter ces grandes villes, devenues trop chères. Et vivre beaucoup plus loin, dans des zones mal desservies par les transports en commun. La nouvelle crise urbaine n’est pas une crise du déclin des villes, comme dans les années 1970. C’est une crise causée par leur succès. Et la conséquence, c’est qu’aux Etats-Unis nous avons d’un côté une petite vingtaine de métropoles superstars, entrées de plain-pied dans l’économie de la connaissance, et de plus en plus riches. Et tout le reste du pays qui plonge et s’appauvrit. La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme contemporain.
Les grandes villes européennes font-elles face, selon vous, aux mêmes défis ?
Oui, je crois. A mesure que la gentrification s’accélère, nous assistons à ce que l’essayiste Simon Kuper a appelé la « ploutocratisation » des grandes villes. Les métropoles ne sont plus des endroits pour héberger des gens, mais les supports de placements immobiliers peu risqués, réalisés par des personnes ou des entreprises très riches. Et cela va continuer. Pour des supervilles comme Paris, New York ou Londres, nous n’en sommes qu’au début. C’est un problème, car une ville sans diversité, sans ­mélange, cela devient une ville vide, neutre, blanche… Une ville meurt quand elle n’arrive pas à retenir son énergie créative et sa diversité. Le défi de Paris, comme celui de New York, c’est de trouver un modèle de développement ­urbain qui soit plus inclusif, et non pas à l’avantage des plus riches. La grande différence, c’est qu’en Europe, vous avez des gouvernements ­nationaux et locaux qui marchent, et qui ont un sens de l’action publique. Vous avez la possibilité de lancer des politiques dans les domaines des transports, de la construction de logements, des routes, de l’éducation, afin de remédier aux inégalités territoriales. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Vous, les Européens, devriez voir ­notre situation comme une alerte, un contre-exemple : ne suivez pas notre voie !
La crise urbaine, c’est donc d’abord celle des villes petites et moyennes, qui meurent petit à petit ?
Oui, c’est certain. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, il y a moins de pauvres dans les grandes métropoles que dans les villes périphériques et dans les zones rurales. C’est là que la crise des opioïdes fait des ravages. C’est là que les emplois disparaissent, à mesure que ferment les zones industrielles et les centres commerciaux. C’est là, où se concentrent toutes les difficultés économiques du pays, que les gens ont voté pour Donald Trump à la dernière élection présidentielle.
Mais le vote Trump, ce ne sont pas seulement les riches et les intellectuels des métropoles contre les classes moins favorisées des zones rurales et périphériques. C’est aussi un clash sur les valeurs. Les citadins, riches ou pauvres, ont tendance à valoriser davantage l’ouverture aux autres, l’accueil des immigrés, la liberté d’être homosexuel, l’égalité entre femmes et hommes… Habiter dans les grandes villes, c’est avoir un mode de vie plus cosmopolite et moins patriarcal qu’ailleurs – plus « européen », quelque part. Le reste du pays, qui subit de plein fouet la crise, se sent aussi menacé par ces nouvelles valeurs.
Vous avez écrit dans « CityLab » que ­certaines zones rurales attirent désormais des jeunes, des créatifs, des intellectuels. Est-ce une nouvelle tendance ?
Oui, c’est un mouvement qu’on observe aux Etats-Unis, mais qui n’est pas complètement nouveau – pensez au petit village de Woodstock qui continue d’attirer beaucoup de jeunes. En raison des prix des loyers dans les grandes villes, de plus en plus de créatifs s’installent dans de petites villes rurales, attirés par leur cadre de vie – il s’y développe une nouvelle économie autour du tourisme vert, de l’art, de la gastronomie… Mais cette évolution ne concernera qu’une ­petite minorité de villes rurales : celles qui ne sont pas trop loin des zones urbaines denses, qui sont bien connectées par les transports, qui se situent dans de belles régions proches d’un lac, de la mer, ou d’une université…
Amazon a lancé une compétition entre les villes nord-américaines pour accueillir son deuxième siège, avec des milliers d’emplois à la clé. Que pensez-vous de cette méthode ?
C’est n’importe quoi. Et c’est un jeu très dangereux. Même les maires les plus progressistes du pays sont en train de se mettre à genoux devant Amazon, et c’est à qui offrira les conditions ­fiscales les plus avantageuses à cette entreprise. Ces maires sacrifient de l’argent qui aurait pu être utilisé pour investir dans les transports ­publics ou dans le logement abordable. En ­Europe, tout le monde crierait au scandale ! Tout cela est grave, car cela mine les fondations de l’action politique, ce que je trouve terrifiant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Taux bas, conditions d’octroi plus souples, « promos » des banques… tout est fait pour favoriser le crédit. L’endettement des ménages représente 58,4 % du PIB, contre 31 % en 2000.
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édition abonné


La France s’endette sous le poids de l’immobilier

Taux bas, conditions d’octroi plus souples, « promos » des banques… tout est fait pour favoriser le crédit. L’endettement des ménages représente 58,4 % du PIB, contre 31 % en 2000.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 06h29
    |

                            Véronique Chocron et 
Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

La dynamique des transactions immobilières en ce début d’été ne se dément pas, alimentée par des conditions de crédit exceptionnelles. Lancées dans une concurrence acharnée, les banques multiplient les offres de crédit à taux très bas : inférieurs à 1 %, voire à 0 %, prêts sur trente ans, crédits consentis à des emprunteurs à des âges avancés…
Contrairement aux prévisions, les taux des crédits ont encore baissé au premier semestre, avec un niveau moyen de 1,42 % en mai, selon l’observatoire Crédit logement. Ils passent sous l’inflation (2,1 % sur douze mois à fin juin). Une aubaine pour ceux dont les ressources sont indexées sur la hausse des prix, ce qui n’est pas le cas de tous les salariés. Ainsi le smic n’a été en 2017 revalorisé que de 1,24 %.

« Obtenir un taux sur quinze ans à moins de 1 % n’est pas rare, souligne Sandrine Allonier, porte-parole du site Vousfinancer. Les banques privilégient les primoaccédants avec de l’épargne ou les beaux profils, traduire par hauts revenus, soit plus de 45 000 euros annuels pour un foyer. » Le Crédit agricole Ile-de-France propose même à tous les primoaccédants, sans condition d’âge ou de revenus, une enveloppe de 30 000 euros à taux nul et nombre de banques consentent un rabais de 0,10 point aux jeunes de moins de 35 ans.
Des banques moins exigeantes
« Au premier trimestre 2018, la demande de crédit a fléchi. Pour rattraper leur retard sur leurs objectifs commerciaux, les banques consentent facilement des réductions de 10 points sur leurs tarifs affichés, témoigne Maël Bernier, de Meilleurtaux. De modestes emprunteurs décrochent l’accord de leur banquier. » C’est le cas de cette jeune femme de 43 ans seule avec deux enfants dont le revenu plafonne à 1 200 euros et qui a obtenu 95 000 euros pour acheter une petite maison entre Toulouse et Foix, dans la région Occitanie.
Si les banques en ligne comme ING ou Boursorama se montrent très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La 105e édition du Tour se déroule du 7 au 29 juillet. Cent soixante-seize coureurs s’affrontent sur plus de 3 300 kilomètres.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le Tour de France 2018 en chiffres

La 105e édition du Tour se déroule du 7 au 29 juillet. Cent soixante-seize coureurs s’affrontent sur plus de 3 300 kilomètres.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h59
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


La 105e édition du Tour de France se déroule du 7 au 29 juillet, avec un court passage d’une quinzaine de kilomètres en Espagne. Depuis sa création, en 1903, le Tour, qui ne comportait que six étapes et soixante partants, a beaucoup changé et s’est agrandi. Le point en chiffres sur l’édition 2018 de cette course mythique.
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C’est le nombre de coureurs, répartis en vingt-deux équipes de huit, qui s’élanceront cette année, selon les données d’Amaury Sport Organisation (ASO), qui organise le Tour et mobilise pour cela cent permanents et quelque 370 équipiers.
3 351
C’est le nombre de kilomètres qui seront parcourus au cours des vingt et une étapes du Tour, dont six étapes en montagne. Le Tour débute avec l’étape de 201 kilomètres qui a lieu en Vendée, entre Noirmoutier-en-l’Ile et Fontenay-le-Comte. L’étape la plus longue, la 7e, fait 231 kilomètres entre Fougères et Chartres, alors que la plus courte étape en ligne, la 17e, fait 65 kilomètres, entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan, finissant au col du Portet à… 2 215 mètres d’altitude, le point le plus élevé du Tour. Au total, le Tour 2018 conduira les coureurs vers vingt-six cols ou montées et arrivées en altitude.
36
C’est le nombre de départements français traversés par les coureurs, soit 579 communes, dont la plus petite, Montvalezan en Savoie, compte 705 habitants.
40,99
C’est la vitesse moyenne, en kilomètres par heure, du vainqueur de la Grande Boucle en 2017, le Britannique Christopher Froome. En 1903, la vitesse moyenne du vainqueur, le Français Maurice Garin, n’était que de 25,68 km/h. En 2017, Christopher Froome, de l’équipe Team Sky, a mis quatre-vingt-six heures vingt minutes et cinquante-cinq secondes pour achever le Tour. Le premier Français, Romain Bardet, de l’équipe AG2R La Mondiale, qui a fini troisième, a mis quatre-vingt-six heures vingt-trois minutes et quinze secondes.
500 000 euros
C’est ce qu’a gagné Chris Froome en remportant le Tour 2017. Cette année aussi, le vainqueur remportera un demi-million d’euros. Le deuxième et le troisième gagnent respectivement 200 000 euros et 100 000 euros. Le vainqueur d’une étape, lui, empoche 11 000 euros.
4
C’est le nombre de victoires de Chris Froome, qui a remporté les éditions 2013, 2015, 2016 et 2017. Cette année, il s’est déjà adjugé le Tour d’Italie (le Giro). Au terme d’une longue procédure commencée en septembre 2017, à la suite d’un contrôle lors du Tour d’Espagne révélant un taux excessif de salbutamol, l’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de ne pas sanctionner le coureur, sur recommandation de l’Agence mondiale antidopage (AMA) : Froome prendra bien le départ du Tour, cette année encore.
18
C’est le nombre de Tours consécutifs que le Français Sylvain Chavanel, 38 ans, aura bouclé à l’issue de l’édition 2018, un record.
de dix millions à douze millions
C’est le nombre de spectateurs attendus sur le bord des routes du Tour, dont 60 % d’hommes et 80 % de Français, selon l’institut d’études Kantar TNS. Cet afflux de spectateurs nécessite quatre mille mètres de barrières linéaires, en moyenne, au départ et à l’arrivée de chaque étape. Les spectateurs restent présents six heures trente environ sur le bord de la route.
29 000
C’est le nombre de policiers, gendarmes et pompiers mobilisés par le ministère de l’intérieur sur l’ensemble du parcours pour en assurer la sécurité. Quatre-vingts gendarmes et quinze policiers permanents suivent les coureurs. Pour renforcer la sécurité, 3 600 panneaux de signalisation sont déployés sur les points les plus dangereux du Tour.
2 000
C’est le nombre de journalistes, consultants et photographes, accrédités en 2017, issus de quarante-six nationalités. Ils représentent six cents médias différents, dont quatre-vingt-onze agences photos et 301 titres, sites Internet et agences de presse. Grâce à cette couverture médiatique, le Tour est diffusé dans 190 pays. Toutes les étapes seront diffusées en intégralité en 2018 avec cent cinq heures de direct.
41 millions
C’est le nombre de visites sur le site LeTour.fr avec 126 millions de pages vues (chiffres en dates du 20 juin). C’est une communauté de 6,5 millions de fans et followers, dont trois millions sur Twitter.
16 millions
C’est le nombre d’objets distribués par la caravane publicitaire du Tour. Celle-ci se compose de cent soixante véhicules et de six cents personnes. En moyenne, il y a aussi 2,7 kilomètres de banderoles par étape et 450 panneaux publicitaires sont mis en place chaque jour à l’arrivée.
100 000
C’est le nombre de sacs-poubelle distribués et recyclés pendant le Tour. Un véhicule est chargé d’expliquer aux spectateurs les bons comportements à adopter pour protéger la planète. Par ailleurs, quarante-deux points de collecte des déchets des coureurs sont mis en place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La reprise de la production en Chine, conjuguée à une hausse des volumes et une baisse de consommation en Europe, pèse sur les cours.
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Matières premières : le porc à la sauce aigre-douce

La reprise de la production en Chine, conjuguée à une hausse des volumes et une baisse de consommation en Europe, pèse sur les cours.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h31
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique matières premières. Les « deudeuches » Cochonou s’élancent, samedi 7 juillet, dans la caravane du Tour de France. Pour la vingtième fois, la marque de saucisson part à la rencontre de ses clients. Mais les exégètes des tendances de consommation noteront une évolution majeure. Pour son défilé estival, elle a ajouté un ruban rouge à son imprimé vichy traditionnel. Pas par coquetterie. Si elle arbore un label rouge, bien que cette distinction ne concerne qu’une tranche de sa production, c’est pour se hausser du col sur le parcours de la Grande Boucle, au moment où les Français sont de plus en plus soucieux du contenu de leur assiette. Fût-elle de pique-nique.
Les éleveurs sur le gril
Un signe qui ne trompe pas. Les attentes des consommateurs bousculent la filière porcine. Et les éleveurs de cochons sont sur le gril. Les questions de bien-être animal se sont trouvées au cœur des débats sur le projet de loi agriculture et alimentation voté en première lecture. Lancées par le dépôt d’amendements, les discussions sont remontées au plus haut niveau de l’Etat. « Ce sont devenus des sujets de société. Nous devons avancer ensemble », a déclaré Stéphane Travert, ministre de l’agriculture devant l’assemblée générale d’Inaporc, interprofession du porc, mercredi 4 juillet. « Pour la castration à vif et le coupage des queues, des sujets complexes, il faut trouver des alternatives avec un calendrier de sortie progressive à la fin de l’année. »

« Je pensais que le gouvernement et l’Elysée avaient autre chose à faire que de se demander à quelle longueur on devait couper la queue des cochons », réagit Guillaume Roué, président de l’Inaporc, qui avait apostrophé M. Travert, prenant l’exemple des poules bientôt libérées de leur cage : « Est-ce que l’étape suivante sera de fixer un nombre de coqs pour l’épanouissement sexuel des poules, avant d’exiger que les coqs ne chantent pas avant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les acteurs de cette période ont participé à une même histoire, celle d’une période où la colonisation a forgé des réseaux et des échanges qui ont influencé et construit la vie et l’avenir de la plupart des habitants de la planète explique, dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Au temps des colonies : il faut « sortir des “récits nationaux” »

Les acteurs de cette période ont participé à une même histoire, celle d’une période où la colonisation a forgé des réseaux et des échanges qui ont influencé et construit la vie et l’avenir de la plupart des habitants de la planète explique, dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h30
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. L’histoire économique des quatre siècles de colonisation européenne du monde a longtemps oscillé entre le récit idyllique de l’apport des bienfaits de la civilisation aux peuples « arriérés », et le récit dramatique de l’exploitation impitoyable des peuples opprimés.
Depuis quelques années, les tenants de ce que l’on appelle « l’histoire globale » – comme le Global History and Culture Centre de l’université de Warwick (Royaume-Uni) – s’efforcent de puiser aux sources des colonisateurs comme des colonisés pour construire un savoir plus équilibré. Avec d’autant plus de liberté que les jeunes historiens venus d’Inde, de Chine, d’Afrique, participent à ce mouvement, comme l’illustre la liste des intervenants à un colloque sur l’histoire de l’Empire britannique qui s’est tenu à Warwick les 21 et 22 juin.
Un formidable vecteur d’expansion de l’islam
James Wilson (Cambridge) montre comment les colons chinois, déjà présents en Asie du Sud-Est lorsque les Européens arrivent, deviennent tour à tour, selon les moments et les lieux, un modèle d’agriculteurs libres, plus efficaces que les esclaves pour mettre en valeur les plantations de thé ou de sucre – à tel point que l’administration coloniale leur offre des propriétés et des crédits pour qu’ils s’installent à Ceylan une fois l’esclavage aboli –, ou au contraire un dangereux lumpen prolétariat de « coolies » qu’il s’agit de forcer à travailler dans des conditions abominables dans les îles sucrières des Antilles ou sur les docks de Singapour.
Cao Yin (université de Tsinghua) décrit comment les soldats et policiers sikhs amenés à Hongkong pour assurer l’ordre voient leur identité transformée par cette expérience jusqu’à devenir des militants de l’indépendance.
John Slight (The Open University) observe que le recrutement de travailleurs indiens pour construire les chemins de fer, creuser les galeries des mines, servir comme domestiques au Kenya, en Australie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les avocats Antoine Chatain et Maud Picquet expliquent, dans une tribune au « Monde », que les juges font une interprétation jurisprudentielle extensive des conditions de responsabilité des personnes morales.
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« On constate une volonté accrue du législateur et des magistrats de responsabiliser pénalement les personnes morales »

Les avocats Antoine Chatain et Maud Picquet expliquent, dans une tribune au « Monde », que les juges font une interprétation jurisprudentielle extensive des conditions de responsabilité des personnes morales.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h35
    |

Antoine Chatain (Avocat associé) et Maud Picquet (Avocate collaboratrice au cabinet Chatain & associés)







                        



                                


                            

Tribune. Lorsque des poursuites pénales sont diligentées, les dirigeants d’entreprise s’interrogent souvent sur l’imputation des faits à la personne morale, en parallèle ou indépendamment de la mise en cause des personnes physiques responsables. Il est vrai que les conditions de mise en cause de la responsabilité pénale des personnes morales sont paradoxalement moins exigeantes que celles nécessaires à l’engagement de la responsabilité pénale des personnes physiques.
S’il est difficile de concevoir qu’une personne morale puisse commettre une infraction, la possibilité d’engager des poursuites pénales à son encontre existe en France depuis le 1er mars 1994. On constate depuis une volonté accrue du législateur et des magistrats de responsabiliser pénalement les personnes morales.
La loi Perben II du 9 mars 2004
Initialement limitée aux infractions prévues « par la loi ou par le règlement », la responsabilité pénale des personnes morales a été généralisée à l’ensemble des infractions par la loi Perben II du 9 mars 2004. Ces personnes sont ainsi pénalement responsables de toutes les infractions « commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants » (article 121-2 du code pénal).
Seule la faute de l’organe ou du représentant de la personne morale engage la responsabilité de cette dernière. La responsabilité est dite « par représentation ».

L’article 121-2 du code pénal précise que « la responsabilité pénale des personnes morales n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l’article 121-3 ».
Ces dernières dispositions, introduites par la loi du 10 juillet 2000, conduisent à ce qu’en cas de dommage causé indirectement et involontairement par une personne physique, cette dernière ne s’expose pénalement que s’il est établi qu’elle a commis une faute qualifiée (violation manifestement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les avocats Bernard Cazeneuve et Pierre Sellal plaident pour la mise en place d’un paquet européen anticorruption pour mieux traquer la grande délinquance financière.
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« Il faut corriger l’asymétrie » entre Europe et Etats-Unis dans la lutte contre la corruption

Les avocats Bernard Cazeneuve et Pierre Sellal plaident pour la mise en place d’un paquet européen anticorruption pour mieux traquer la grande délinquance financière.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h37
    |

Bernard Cazeneuve (Ancien premier ministre, avocat au barreau de Paris, associé au sein du cabinet August Debouzy) et Pierre Sellal (Ancien ambassa...







                        



                                


                            

Tribune. Les progrès législatifs récemment accomplis en France et en Europe pour lutter contre la corruption méritent d’être confortés. Alors que le Foreign Corruption Practices Act (FCPA) s’applique dans toute sa rigueur aux Etats-Unis depuis 1977, il aura fallu attendre 1997 pour que, dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit adoptée la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales, et 2005, pour que l’ONU publie la Convention des Nations unies contre la corruption.
Ce n’est que vingt ans plus tard que la loi Sapin 2 a été adoptée par le parlement français, avec la volonté d’appliquer dans notre pays les meilleurs standards internationaux de la lutte contre la corruption.
Trois grands piliers
Il n’est guère surprenant, dans un tel contexte, que le juge américain ait pris prétexte de l’extrême faiblesse des dispositifs de prévention et de pénalisation de la corruption en France et en Europe, pour légitimer l’extraterritorialité de ses procédures.
Or les mesures de prévention de la corruption prévues par les dispositions législatives et réglementaires les plus récentes ont aussi pour objectif de créer les conditions d’une concurrence économique équitable, seule à même de garantir une croissance durable dans une économie de plus en plus concurrentielle. Ce qui vaut pour le marché global vaut a fortiori pour le marché unique européen. On ne peut à la fois regretter la dimension asymétrique de la relation euroatlantique sur les sujets de conformité et de lutte anticorruption et ne rien faire pour la rééquilibrer.

Sur la question de la prévention de la corruption et de la pénalisation de ceux qui l’organisent, la mise en œuvre d’un paquet compliance (conformité) européen devrait constituer l’un des objectifs prioritaires de la mandature européenne qui s’ouvrira en 2020. Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Il est essentiel de progresser dans la judiciarisation des patrons puisque les entreprises affirment être coresponsables du sort de la planète, estime l’avocat William Bourdon, dans une tribune au « Monde ».
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Responsabilité pénale des entreprises : « La mise en examen de Lafarge peut et doit être un tournant »

Il est essentiel de progresser dans la judiciarisation des patrons puisque les entreprises affirment être coresponsables du sort de la planète, estime l’avocat William Bourdon, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h51
    |

                            William Bourdon (Avocat et président-fondateur de l'association Sherpa)








                        



                                


                            

Tribune. La comparaison entre le sort des patrons français, poursuivis pour des infractions parfois très graves, et celui fait à leurs homologues étrangers, peut sembler criante. La justice d’autres pays n’hésite pas depuis plusieurs années à prononcer de lourdes peines de prison à l’égard des PDG, à l’inverse de la France, où, si ce n’est dans quelques dossiers spectaculaires d’enrichissement personnel, des placements en détention provisoire ou le prononcé d’une peine ferme restent des plus rares.
En Corée du Sud, l’héritier de Samsung a été condamné en août 2017 à cinq ans de prison pour des faits de corruption [condamné à du sursis en appel, Lee Jae-yong a été libéré en février]. Au Brésil, Marcelo Odebrecht, géant du BTP, a été condamné en mars 2016 à plus de dix-neuf années de réclusion [une peine sensiblement allégée depuis].
Aux Etats-Unis, Oliver Schmidt, responsable du service de conformité réglementaire de Volkswagen aux Etats-Unis jusqu’en mars 2015, après avoir accepté de plaider coupable, a écopé d’une peine de sept ans de prison en décembre 2017. En Allemagne, le patron d’Audi, Rupert Stadler, a été incarcéré le 18 juin pour fraude et complicité de faux certificats dans le cadre du « dieselgate ».
Une forme de révérence, de frilosité parfois
Il ne s’agit pas d’exiger des juges français qu’ils fassent goûter aux dirigeants impliqués dans les affaires les plus graves le sort que connaissent aujourd’hui 70 000 détenus en France, c’est-à-dire une surpopulation carcérale insupportable et des conditions de détention unanimement considérées comme indignes depuis plusieurs années.
Mais cela n’empêche pas de s’interroger sur une forme de révérence, de frilosité parfois, de certains juges français face à de grands capitaines d’industrie, alors même qu’ils sont suspectés d’avoir commis les infractions les plus graves.
Il y a certes eu un premier mouvement avec l’appel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les avocats Denis Chemla et Paul Fortin soulignent, dans une tribune au « Monde », les fragilités juridiques d’une mise en examen d’une personne morale pour crime contre l’humanité
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Affaire Lafarge : « L’opprobre est jeté dès la mise en examen »

Les avocats Denis Chemla et Paul Fortin soulignent, dans une tribune au « Monde », les fragilités juridiques d’une mise en examen d’une personne morale pour crime contre l’humanité



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h39
    |

Denis Chemla (Avocat au barreau de Paris, associé du cabinet Allen & Overy LLP) et Paul Fortin (Avocat au barreau de Paris, collaborateur du cabine...







                        



                                


                            

Tribune. Depuis jeudi 28 juin, la société Lafarge SA est mise en examen des chefs de violation d’un embargo, mise en danger de la vie d’autrui, financement d’une entreprise terroriste et complicité de crimes contre l’humanité.
Derrière ces terminologies juridiques fracassantes, une histoire présentée comme simple : pour préserver son activité en Syrie, le groupe Lafarge aurait indirectement financé des djihadistes syriens en leur remettant plusieurs millions de dollars entre 2012 et 2014.
Un double tournant
Cette dernière mise en examen ne préjuge aucunement d’une culpabilité éventuelle de Lafarge, laquelle demeure présumée innocente. Toutefois, elle marque un double tournant, qu’il convient d’analyser : premièrement, aux dirigeants mis en cause vient désormais s’ajouter une personne morale, Lafarge SA ; deuxièmement, la qualification de crimes contre l’humanité, à la redoutable charge symbolique, s’invite dans le dossier.
Comment une telle mise en cause est-elle possible ? Quelles difficultés et sanctions sont à prévoir ?

Une personne morale est une construction juridique : elle n’a ni bras, ni jambes, et n’agira jamais que par l’intermédiaire de personnes physiques. Pour prolonger le mot du juriste Léon Duguit (1859-1928), si personne n’a jamais déjeuné avec une personne morale, a fortiori on n’a jamais vu une personne morale tuer elle-même des innocents dans le cadre d’un « plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique », c’est-à-dire commettre un crime contre l’humanité.
La loi française tire les conséquences de ce constat, et ne cherche pas à imputer des comportements concrets ou une intention à une société : une personne morale est pénalement responsable dès lors que ses organes ou représentants ont commis pour son compte des infractions.
Faute de représentant coupable…
En résumé, l’enquête ne tend...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le conglomérat qui a bouleversé le marché de l’Internet se lance dans la fibre optique et veut investir dans l’e-commerce.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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L’industriel indien Reliance accélère sa mutation dans le high-tech

Le conglomérat qui a bouleversé le marché de l’Internet se lance dans la fibre optique et veut investir dans l’e-commerce.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h11
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, Inde, correspondance)








                        



                                


                            

Le moment est à ce point historique pour Reliance Industries que son PDG, le milliardaire Mukesh Ambani, a convoqué son père, fondateur du conglomérat indien en 1977, dans toute la presse du sous-continent. Vendredi 6 juillet, le visage de Dhirubhai Ambani, décédé en 2002, est réapparu sur des pages entières dans tous les journaux, nimbé de nuages figurant le paradis. L’homme d’affaires du Gujarat reste dans les mémoires comme l’incarnation d’une des plus belles success stories du pays. « Vous êtes notre source d’inspiration pour rendre la vie de chacun plus facile », affirment ses héritiers dans cette opération publicitaire on ne peut plus tapageuse.
La veille, son fils Mukesh, première fortune de l’Inde, avait annoncé « un tournant » dans l’histoire du groupe, à l’occasion de l’assemblée générale de ses actionnaires, à Bombay. Lui qui avait jeté un pavé dans la mare des télécommunications en lançant en septembre 2016 un nouvel opérateur, Jio, qui allait complètement rebattre les cartes de l’Internet mobile, a décidé cette fois d’investir le marché de la fibre optique. A partir du 15 août, a-t-il déclaré, Reliance Industries va proposer aux familles indiennes résidant dans plus d’un millier de villes de s’inscrire à un nouveau service à domicile d’accès à Internet à très haut débit.

« Alors que l’Inde a pris la pole position dans le domaine de l’Internet mobile à haut débit, elle accuse toujours un retard important dans le fixe, du fait d’infrastructures insuffisantes », a expliqué le milliardaire. Une pierre jetée dans le jardin des deux grands opérateurs actuels, l’entreprise publique BSNL et son concurrent privé Bharti Airtel, qui détiennent respectivement 51 % et 12 % de parts de marché, ainsi que de leurs challengers régionaux.
L’Internet fixe à haut débit est encore en devenir
Dans l’Internet mobile, la fulgurance avec laquelle Jio s’est imposé a bouleversé le paysage, en proposant la gratuité...




                        

                        

