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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Des joueurs sur le terrain aux supporteurs dans les tribunes, en passant désormais par les images de l’assistance vidéo à l’arbitrage, la caméra est un acteur primordial de l’organisation de l’événement télévisuel par excellence.
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Les enjeux visuels de la Coupe du monde de football

Des joueurs sur le terrain aux supporteurs dans les tribunes, en passant désormais par les images de l’assistance vidéo à l’arbitrage, la caméra est un acteur primordial de l’organisation de l’événement télévisuel par excellence.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Les chiffres confinent au sublime mathématique : pour l’édition de la Coupe du monde de football de 2014, au Brésil, la Fédération internationale (FIFA) a déclaré un total de 98 087 heures de matchs diffusées à travers le globe. La finale entre l’Allemagne et l’Argentine a rassemblé près de 1 milliard de téléspectateurs à elle seule. La Coupe du monde de football est assurément l’un des événements les plus regardés de la planète : elle est même avant toute chose un événement télévisuel.
Cela tient, en partie, à la compétition elle-même, à son histoire et à son envergure, comme le rappelle Patrice Blouin, critique de cinéma et auteur de l’ouvrage Une Coupe du monde. Télégénie du football (Actes Sud, 2011) : « Depuis la première Mondovision en 1958, l’histoire de la Coupe du monde est intrinsèquement liée à l’histoire de la télévision. Dans une certaine mesure, le véritable pays organisateur de la Coupe du monde, tous les quatre ans, c’est la télévision. » Or, un événement ­diffusé est une construction visuelle. Que voyons-nous alors quand nous regardons un match de foot, et plus particulièrement un match de Coupe du monde ?
« Plan de base »
La majeure partie d’une retransmission est occupée par ce que Charles Tesson, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, a ­appelé dans son texte de 1986, « Le ballon dans la lucarne », le « plan de base » : une vision du terrain obtenue en plaçant une caméra dans les tribunes à mi-longueur du terrain et en la faisant pivoter de gauche à droite selon le mouvement du jeu. Pour Patrice Blouin, ce plan revêt une signification particulière lors de la Coupe du monde :
« Pendant trente-deux ans, de 1958 jusqu’en 1990, la Coupe du monde s’est jouée en alternance entre un pays d’Amérique du Sud et un pays d’Europe. Et, pendant toutes ces années, le terrain imaginaire, trans­atlantique, de la compétition s’est confondu avec le plan de base télévisuel. Ce panoramique droite-gauche/gauche-droite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.
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« Renforcer notre action contre les changements climatiques » grâce au droit constitutionnel

La professeur de droit Marie-Anne Cohendet, dans une tribune au « Monde », juge trop restrictive la formulation du projet d’inscription de la protection de l’environnement à l’article premier de notre Constitution.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h01
    |

Marie-Anne Cohendet (Professeure de droit constitutionnel à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Il est aujourd’hui question d’inscrire à l’article 1 de notre Constitution que la République garantit la protection et l’amélioration de l’environnement, et notamment de la biodiversité, ainsi que l’action contre les changements climatiques. Ce ne serait ni la révolution dénoncée par les uns ni une réforme sans effets redoutée par les autres.
Bien évidemment, cette modification de la Constitution ne remplacerait pas d’autres actions à tous les niveaux, surtout sur le terrain, mais elle favoriserait ces actions concrètes. Ce texte compléterait utilement la Charte de l’environnement (2005) en la précisant, en affirmant et en réaffirmant des droits et libertés que la Constitution garantit.
La formulation retenue par la commission des lois est cependant beaucoup trop restrictive : « Elle [la République] agit pour la pré­servation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques. » En effet, le terme « agir » est moins fort que celui de « garantir » ou « assurer ».
De plus, l’exigence d’un niveau élevé de protection et le principe de non-régression ont disparu de cette version, alors qu’ils sont déjà affirmés par plusieurs textes, notamment au niveau européen, et qu’il serait utile de les constitutionnaliser pour les renforcer. La non-régression ne paralyse ni le droit ni le législateur, il implique la liberté du choix des moyens pour protéger l’environnement, mais interdit simplement de ­réduire le niveau de protection de l’environnement.
La France serait ainsi le premier pays du G20 à inscrire dans sa Constitution l’action contre les changements climatiques. D’autres pays, pour l’essentiel des pays émergents, ­affirment déjà dans la leur l’action contre ces changements
Par ailleurs, il est essentiel de ne pas garantir seulement l’action contre les changements climatiques, mais de l’accompagner de la protection de la biodiversité et de l’ensemble de l’environ­nement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ A 88 ans, la psychanalyste d’origine hongroise consulte toujours. Epouse du compositeur György Ligeti, elle a participé au renouveau de la psychanalyse en Autriche et perpétue l’héritage du « maître » à Vienne.
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Vera Ligeti, la dernière freudienne

A 88 ans, la psychanalyste d’origine hongroise consulte toujours. Epouse du compositeur György Ligeti, elle a participé au renouveau de la psychanalyse en Autriche et perpétue l’héritage du « maître » à Vienne.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 08h00
    |

                            Christine Lecerf








                        



                                


                            

A Vienne, en Autriche, on l’appelle « die Freudianerin », « la freudienne ». Dans son cabinet perché sur les hauteurs de la ville, Vera Ligeti pratique la psychanalyse depuis plus d’un demi-siècle. Très discrète, n’accordant que de rares entretiens, l’épouse du compositeur György Ligeti, mort en 2006, est pourtant l’une des dernières héritières de Sigmund Freud (1856-1939).
Née en 1930, dans une famille juive assimilée de Budapest, Vera Ligeti, née Veronika Spitz, n’a jamais rencontré le maître viennois. Petite fille, elle aurait cependant pu le croiser dans la capitale hongroise, qui était le second berceau de la psychanalyse. Pour cette analyste de la génération des petits-enfants du père fondateur, Freud est d’ailleurs considéré comme un « membre de la famille » : « Quand je lis ses lettres, quand je regarde sa façon de vivre, j’ai le sentiment de le connaître. Le Freud privé est très similaire à mon grand-père. C’est mon grand-père, et je l’aime, d’un amour véritable. »
Vera Ligeti a entendu prononcer le nom de Freud pour la première fois en 1938, l’année de l’annexion de l’Autriche par le IIIe Reich et de l’exil du maître en Angleterre. Une jeune psychologue viennoise réfugiée à Budapest lui avait alors parlé de cet homme qui avait fait de très grandes découvertes dans sa ville natale : « J’étais fascinée. Je lui posais des milliers de questions. Lili m’avait plutôt dépeint Freud sous les traits d’un Moïse, quelqu’un de grandiose et d’impressionnant, juché sur le mont ­Sinaï », s’exclame Vera Ligeti en laissant échapper un franc éclat de rire.
« L’Interprétation des rêves » à 8 ans
A peine âgée de 8 ans, déjà lectrice compulsive et dotée d’une insatiable curiosité, la future psychanalyste s’était ­ensuite procuré un exemplaire de L’Interprétation des rêves (1900), traduit en hongrois par Sandor Ferenczi, l’un des plus proches disciples de Freud. Pressentant qu’elle tenait là quelque chose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les salariés n’ont pas intérêt à intégrer artificiellement dans leur revenu 2018 des primes de 2019, explique dans une chronique Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Année blanche » : est-il possible d’optimiser la fiscalité des bonus ?

Les salariés n’ont pas intérêt à intégrer artificiellement dans leur revenu 2018 des primes de 2019, explique dans une chronique Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
08.07.2018 à 17h08
    |

Jean-Charles Benois, avocat conseil chez CMS Francis Lefebvre Avocats







                        



   


Question à un expert. Le passage au prélèvement à la source (PAS) en 2019 conduit les particuliers à bénéficier pour certains revenus de 2018 d’un crédit d’impôt permettant d’éliminer l’imposition, et ainsi d’éviter que soit dû en 2019 l’impôt sur le revenu au titre des revenus 2018 et le PAS sur les revenus 2019.
En matière salariale, le principe retenu est que les salaires perçus en 2018 sont par nature courants, et devraient donc (sauf exception) bénéficier pleinement du crédit d’impôt. Ce principe devrait s’appliquer aux salaires, mais également aux primes et bonus annuels (treizième mois, bonus annuel, etc.), en particulier lorsqu’ils sont prévus au contrat de travail.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : comment les réductions d’impôt sont-elles prises en compte ?



Les salariés peuvent-ils pour autant chercher à majorer artificiellement leur revenu 2018, par exemple en demandant à leur employeur de transférer sur 2018 des primes normalement dues en 2019 ? La loi prévoit des dispositifs permettant de contrer ces optimisations et de limiter le bénéfice du crédit d’impôt aux revenus courants.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : quel traitement fiscal pour les particuliers employeurs ?



Ainsi, les sommes normalement dues au titre d’une ou plusieurs années antérieures ou postérieures, les sommes sans lien avec le contrat de travail ou allant au-delà de ce qu’il prévoit, ainsi que tout autre revenu insusceptible, par sa nature, d’être recueilli annuellement (par exemple, une prime de départ en retraite) resteront imposables.
L’administration disposera exceptionnellement d’un délai étendu à quatre ans pour contester la qualification de la prime (courante vs exceptionnelle) retenue par le salarié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les acteurs de cette période ont participé à une même histoire, celle d’une période où la colonisation a forgé des réseaux et des échanges qui ont influencé et construit la vie et l’avenir de la plupart des habitants de la planète explique, dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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Au temps des colonies : il faut « sortir des “récits nationaux” »

Les acteurs de cette période ont participé à une même histoire, celle d’une période où la colonisation a forgé des réseaux et des échanges qui ont influencé et construit la vie et l’avenir de la plupart des habitants de la planète explique, dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h30
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. L’histoire économique des quatre siècles de colonisation européenne du monde a longtemps oscillé entre le récit idyllique de l’apport des bienfaits de la civilisation aux peuples « arriérés », et le récit dramatique de l’exploitation impitoyable des peuples opprimés.
Depuis quelques années, les tenants de ce que l’on appelle « l’histoire globale » – comme le Global History and Culture Centre de l’université de Warwick (Royaume-Uni) – s’efforcent de puiser aux sources des colonisateurs comme des colonisés pour construire un savoir plus équilibré. Avec d’autant plus de liberté que les jeunes historiens venus d’Inde, de Chine, d’Afrique, participent à ce mouvement, comme l’illustre la liste des intervenants à un colloque sur l’histoire de l’Empire britannique qui s’est tenu à Warwick les 21 et 22 juin.
Un formidable vecteur d’expansion de l’islam
James Wilson (Cambridge) montre comment les colons chinois, déjà présents en Asie du Sud-Est lorsque les Européens arrivent, deviennent tour à tour, selon les moments et les lieux, un modèle d’agriculteurs libres, plus efficaces que les esclaves pour mettre en valeur les plantations de thé ou de sucre – à tel point que l’administration coloniale leur offre des propriétés et des crédits pour qu’ils s’installent à Ceylan une fois l’esclavage aboli –, ou au contraire un dangereux lumpen prolétariat de « coolies » qu’il s’agit de forcer à travailler dans des conditions abominables dans les îles sucrières des Antilles ou sur les docks de Singapour.
Cao Yin (université de Tsinghua) décrit comment les soldats et policiers sikhs amenés à Hongkong pour assurer l’ordre voient leur identité transformée par cette expérience jusqu’à devenir des militants de l’indépendance.
John Slight (The Open University) observe que le recrutement de travailleurs indiens pour construire les chemins de fer, creuser les galeries des mines, servir comme domestiques au Kenya, en Australie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les avocats Antoine Chatain et Maud Picquet expliquent, dans une tribune au « Monde », que les juges font une interprétation jurisprudentielle extensive des conditions de responsabilité des personnes morales.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« On constate une volonté accrue du législateur et des magistrats de responsabiliser pénalement les personnes morales »

Les avocats Antoine Chatain et Maud Picquet expliquent, dans une tribune au « Monde », que les juges font une interprétation jurisprudentielle extensive des conditions de responsabilité des personnes morales.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h35
    |

Antoine Chatain (Avocat associé) et Maud Picquet (Avocate collaboratrice au cabinet Chatain & associés)







                        



                                


                            

Tribune. Lorsque des poursuites pénales sont diligentées, les dirigeants d’entreprise s’interrogent souvent sur l’imputation des faits à la personne morale, en parallèle ou indépendamment de la mise en cause des personnes physiques responsables. Il est vrai que les conditions de mise en cause de la responsabilité pénale des personnes morales sont paradoxalement moins exigeantes que celles nécessaires à l’engagement de la responsabilité pénale des personnes physiques.
S’il est difficile de concevoir qu’une personne morale puisse commettre une infraction, la possibilité d’engager des poursuites pénales à son encontre existe en France depuis le 1er mars 1994. On constate depuis une volonté accrue du législateur et des magistrats de responsabiliser pénalement les personnes morales.
La loi Perben II du 9 mars 2004
Initialement limitée aux infractions prévues « par la loi ou par le règlement », la responsabilité pénale des personnes morales a été généralisée à l’ensemble des infractions par la loi Perben II du 9 mars 2004. Ces personnes sont ainsi pénalement responsables de toutes les infractions « commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants » (article 121-2 du code pénal).
Seule la faute de l’organe ou du représentant de la personne morale engage la responsabilité de cette dernière. La responsabilité est dite « par représentation ».

L’article 121-2 du code pénal précise que « la responsabilité pénale des personnes morales n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l’article 121-3 ».
Ces dernières dispositions, introduites par la loi du 10 juillet 2000, conduisent à ce qu’en cas de dommage causé indirectement et involontairement par une personne physique, cette dernière ne s’expose pénalement que s’il est établi qu’elle a commis une faute qualifiée (violation manifestement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les avocats Bernard Cazeneuve et Pierre Sellal plaident pour la mise en place d’un paquet européen anticorruption pour mieux traquer la grande délinquance financière.
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« Il faut corriger l’asymétrie » entre Europe et Etats-Unis dans la lutte contre la corruption

Les avocats Bernard Cazeneuve et Pierre Sellal plaident pour la mise en place d’un paquet européen anticorruption pour mieux traquer la grande délinquance financière.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h37
    |

Bernard Cazeneuve (Ancien premier ministre, avocat au barreau de Paris, associé au sein du cabinet August Debouzy) et Pierre Sellal (Ancien ambassa...







                        



                                


                            

Tribune. Les progrès législatifs récemment accomplis en France et en Europe pour lutter contre la corruption méritent d’être confortés. Alors que le Foreign Corruption Practices Act (FCPA) s’applique dans toute sa rigueur aux Etats-Unis depuis 1977, il aura fallu attendre 1997 pour que, dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit adoptée la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales, et 2005, pour que l’ONU publie la Convention des Nations unies contre la corruption.
Ce n’est que vingt ans plus tard que la loi Sapin 2 a été adoptée par le parlement français, avec la volonté d’appliquer dans notre pays les meilleurs standards internationaux de la lutte contre la corruption.
Trois grands piliers
Il n’est guère surprenant, dans un tel contexte, que le juge américain ait pris prétexte de l’extrême faiblesse des dispositifs de prévention et de pénalisation de la corruption en France et en Europe, pour légitimer l’extraterritorialité de ses procédures.
Or les mesures de prévention de la corruption prévues par les dispositions législatives et réglementaires les plus récentes ont aussi pour objectif de créer les conditions d’une concurrence économique équitable, seule à même de garantir une croissance durable dans une économie de plus en plus concurrentielle. Ce qui vaut pour le marché global vaut a fortiori pour le marché unique européen. On ne peut à la fois regretter la dimension asymétrique de la relation euroatlantique sur les sujets de conformité et de lutte anticorruption et ne rien faire pour la rééquilibrer.

Sur la question de la prévention de la corruption et de la pénalisation de ceux qui l’organisent, la mise en œuvre d’un paquet compliance (conformité) européen devrait constituer l’un des objectifs prioritaires de la mandature européenne qui s’ouvrira en 2020. Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Il est essentiel de progresser dans la judiciarisation des patrons puisque les entreprises affirment être coresponsables du sort de la planète, estime l’avocat William Bourdon, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Responsabilité pénale des entreprises : « La mise en examen de Lafarge peut et doit être un tournant »

Il est essentiel de progresser dans la judiciarisation des patrons puisque les entreprises affirment être coresponsables du sort de la planète, estime l’avocat William Bourdon, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h51
    |

                            William Bourdon (Avocat et président-fondateur de l'association Sherpa)








                        



                                


                            

Tribune. La comparaison entre le sort des patrons français, poursuivis pour des infractions parfois très graves, et celui fait à leurs homologues étrangers, peut sembler criante. La justice d’autres pays n’hésite pas depuis plusieurs années à prononcer de lourdes peines de prison à l’égard des PDG, à l’inverse de la France, où, si ce n’est dans quelques dossiers spectaculaires d’enrichissement personnel, des placements en détention provisoire ou le prononcé d’une peine ferme restent des plus rares.
En Corée du Sud, l’héritier de Samsung a été condamné en août 2017 à cinq ans de prison pour des faits de corruption [condamné à du sursis en appel, Lee Jae-yong a été libéré en février]. Au Brésil, Marcelo Odebrecht, géant du BTP, a été condamné en mars 2016 à plus de dix-neuf années de réclusion [une peine sensiblement allégée depuis].
Aux Etats-Unis, Oliver Schmidt, responsable du service de conformité réglementaire de Volkswagen aux Etats-Unis jusqu’en mars 2015, après avoir accepté de plaider coupable, a écopé d’une peine de sept ans de prison en décembre 2017. En Allemagne, le patron d’Audi, Rupert Stadler, a été incarcéré le 18 juin pour fraude et complicité de faux certificats dans le cadre du « dieselgate ».
Une forme de révérence, de frilosité parfois
Il ne s’agit pas d’exiger des juges français qu’ils fassent goûter aux dirigeants impliqués dans les affaires les plus graves le sort que connaissent aujourd’hui 70 000 détenus en France, c’est-à-dire une surpopulation carcérale insupportable et des conditions de détention unanimement considérées comme indignes depuis plusieurs années.
Mais cela n’empêche pas de s’interroger sur une forme de révérence, de frilosité parfois, de certains juges français face à de grands capitaines d’industrie, alors même qu’ils sont suspectés d’avoir commis les infractions les plus graves.
Il y a certes eu un premier mouvement avec l’appel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Les avocats Denis Chemla et Paul Fortin soulignent, dans une tribune au « Monde », les fragilités juridiques d’une mise en examen d’une personne morale pour crime contre l’humanité
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Affaire Lafarge : « L’opprobre est jeté dès la mise en examen »

Les avocats Denis Chemla et Paul Fortin soulignent, dans une tribune au « Monde », les fragilités juridiques d’une mise en examen d’une personne morale pour crime contre l’humanité



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h39
    |

Denis Chemla (Avocat au barreau de Paris, associé du cabinet Allen & Overy LLP) et Paul Fortin (Avocat au barreau de Paris, collaborateur du cabine...







                        



                                


                            

Tribune. Depuis jeudi 28 juin, la société Lafarge SA est mise en examen des chefs de violation d’un embargo, mise en danger de la vie d’autrui, financement d’une entreprise terroriste et complicité de crimes contre l’humanité.
Derrière ces terminologies juridiques fracassantes, une histoire présentée comme simple : pour préserver son activité en Syrie, le groupe Lafarge aurait indirectement financé des djihadistes syriens en leur remettant plusieurs millions de dollars entre 2012 et 2014.
Un double tournant
Cette dernière mise en examen ne préjuge aucunement d’une culpabilité éventuelle de Lafarge, laquelle demeure présumée innocente. Toutefois, elle marque un double tournant, qu’il convient d’analyser : premièrement, aux dirigeants mis en cause vient désormais s’ajouter une personne morale, Lafarge SA ; deuxièmement, la qualification de crimes contre l’humanité, à la redoutable charge symbolique, s’invite dans le dossier.
Comment une telle mise en cause est-elle possible ? Quelles difficultés et sanctions sont à prévoir ?

Une personne morale est une construction juridique : elle n’a ni bras, ni jambes, et n’agira jamais que par l’intermédiaire de personnes physiques. Pour prolonger le mot du juriste Léon Duguit (1859-1928), si personne n’a jamais déjeuné avec une personne morale, a fortiori on n’a jamais vu une personne morale tuer elle-même des innocents dans le cadre d’un « plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique », c’est-à-dire commettre un crime contre l’humanité.
La loi française tire les conséquences de ce constat, et ne cherche pas à imputer des comportements concrets ou une intention à une société : une personne morale est pénalement responsable dès lors que ses organes ou représentants ont commis pour son compte des infractions.
Faute de représentant coupable…
En résumé, l’enquête ne tend...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », explique que loisirs et déconnexion améliorent performances et comportement au travail.
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« Prendre des vacances accroît les chances d’être augmenté ou promu »

Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », explique que loisirs et déconnexion améliorent performances et comportement au travail.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h01
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Ma vie en boîte. Dans quelques jours – à moins que ce ne soit déjà fait –, chacun se souhaitera bonnes vacances ! Le risque de n’y point parvenir serait-il donc si important ? De fait, outre la nécessité de se retrouver en bonne compagnie, dans un cadre agréable, s’ajoute désormais un impératif : mettre toutes les chances de son côté pour déconnecter. Seule une minorité (22 %) de cadres français y parvient complètement, selon l’IFOP. Faire partie de cette élite est donc une gageure !
Certes les cadres français prennent 33 jours de vacances en moyenne, selon la Dares, le service statistique du ministère du travail. C’est énorme en comparaison de ce qui se passe dans un certain nombre de pays étrangers, aux Etats-Unis en particulier. Mais globalement, tous statuts confondus, seulement 60 % des Français quittent réellement leur résidence principale. Et 78 % des cadres continuent de consulter leurs mails professionnels durant leurs congés, selon l’IFOP, qui a réalisé ce sondage en juillet 2017, soit un semestre après l’entrée en vigueur de la loi sur le droit à la déconnexion.
Conçue pour mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée, cette loi impose à toute entreprise de plus de 50 salariés de négocier un accord avec les syndicats sur l’utilisation des outils numériques pendant les périodes de repos. Ou, à défaut d’accord, de publier une charte sur le sujet. Elle pourra stipuler qu’aucun mail ne doit être envoyé aux collaborateurs pendant leurs vacances, par exemple. Et, qu’en cas d’extrême urgence, un SMS ou appel téléphonique préviendra l’intéressé. Ce qui devrait le dissuader de consulter son courrier. A défaut d’accord ou de charte, l’entreprise peut être condamnée pénalement et écoper d’une amende de 3 750 euros.
Des mesures radicales
Des firmes comme Daimler proposent depuis longtemps des mesures radicales à leurs salariés qui le souhaitent. Comme détruire automatiquement les mails qui leur sont envoyés durant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. La décision du Conseil constitutionnel sur le « délit de solidarité » ne clôt pas le débat sur les politiques migratoires mais rappelle de façon solennelle les valeurs républicaines.
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La fraternité, au principe de l’aide aux migrants

Editorial. La décision du Conseil constitutionnel sur le « délit de solidarité » ne clôt pas le débat sur les politiques migratoires mais rappelle de façon solennelle les valeurs républicaines.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h50
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Personne n’ignore la devise de la République : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Jusqu’à présent, pourtant, la fraternité était le parent pauvre du triptyque. C’est donc une décision importante que le Conseil constitutionnel a prise, vendredi 6 juillet. Pour la première fois, en effet, il a consacré la « valeur constitutionnelle du principe de fraternité », au même titre que ceux de liberté et d’égalité auquel il fait constamment référence pour établir sa jurisprudence. Cette décision est d’autant plus symbolique qu’elle porte sur la question très sensible de l’aide au séjour d’un étranger en situation irrégulière.

        Lire aussi :
         

                Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel consacre le « principe de fraternité »



Le conseil avait été saisi de deux questions prioritaires de constitutionnalité par l’avocat de Cédric Herrou. Devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie, cet agriculteur a été condamné à quatre mois de prison avec sursis en août 2017 pour avoir transporté et accueilli chez lui quelque deux cents migrants. Etaient associés à cette saisine du Conseil constitutionnel, pour des motifs similaires, un universitaire, Pierre-Alain Mannoni, deux autres plaignants et une douzaine d’associations d’aide aux migrants, dont la Cimade et la Ligue des droits de l’homme.
Tous remettaient en cause une disposition très controversée du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) selon laquelle « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros ». Toutefois, précise cet article du code, « l’aide au séjour irrégulier d’un étranger » ne peut entraîner de poursuites pénales « lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou des soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger ».
« But humanitaire »
L’exemption du « délit de solidarité » était donc circonscrite, mais de façon floue, à « l’aide au séjour irrégulier ». C’est cette restriction et ce flou que le Conseil constitutionnel a censurés de façon solennelle : « Il découle du principe de fraternité la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ». En clair, l’aide humanitaire à des migrants ne peut être assimilée à l’action des mafias de « passeurs ».
Toutefois, le Conseil rappelle que les étrangers n’ont aucun droit « de caractère général et absolu d’accès et de séjour » en France. Autrement dit, l’aide à l’entrée sur le territoire national de migrants en situation irrégulière reste passible de poursuites. En outre, il est rappelé que l’objectif de lutte contre l’immigration irrégulière « participe de la sauvegarde de l’ordre public, qui constitue un objectif de valeur constitutionnelle ».
Le Conseil demande donc au Parlement de modifier la loi, d’ici au 1er décembre, afin d’assurer « une conciliation équilibrée entre le principe de fraternité et la sauvegarde de l’ordre public ». Alors que la polémique ne cesse de s’envenimer, en Europe, sur les politiques migratoires, le débat est donc loin d’être clos. Mais il se poursuivra, en France, sur des bases plus conformes aux valeurs de la République.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ « En pratique, les poursuites limitées à la seule personne morale ne concernent pour l’essentiel que les infractions involontaires », constate le bâtonnier Paul-Albert Iweins dans une tribune au « Monde ».
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« On assiste à une quasi-généralisation des doubles mises en cause, celle de l’entreprise et celle de ses dirigeants »

« En pratique, les poursuites limitées à la seule personne morale ne concernent pour l’essentiel que les infractions involontaires », constate le bâtonnier Paul-Albert Iweins dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h50
    |

                            Paul-Albert Iweins (Bâtonnier, avocat associé du cabinet Taylor Wessing)








                        



                                


                            

Tribune. Lorsqu’en 1994 fut discutée en France la possibilité d’inclure dans notre droit la responsabilité pénale des entreprises, personnes morales, un professeur de droit s’exclama : « Pour ma part, je n’ai jamais dîné avec une personne morale ! » La réforme fut cependant adoptée au motif que les infractions commises au sein des sociétés commerciales étaient réalisées au profit de celles-ci et que l’on cesserait ainsi de faire payer des « lampistes », personnes physiques jusqu’alors seules poursuivies.
Les peines encourues par les personnes morales (quintuplement des amendes, fermeture d’établissements, voire éventuelle dissolution judiciaire) répondaient au même souci de faire payer les véritables responsables.
Las, la volonté de voir comparaître devant le juge une « vraie » personne et de sanctionner les personnes physiques auteurs ou complices des infractions l’emporta. On a assisté de ce fait à une quasi-généralisation des doubles mises en cause : celle de l’entreprise et celle de ses agents ou dirigeants. En pratique, aujourd’hui, les poursuites limitées à la seule personne morale ne concernent pour l’essentiel que les infractions involontaires (accidents industriels ou environnementaux) dans lesquelles les responsabilités individuelles sont trop diffuses.
Certains des commentaires ayant accompagné la loi Sapin 2 du 9 décembre 2016, destinée à lutter contre la corruption, ont pu entretenir l’illusion que seule l’entreprise paierait : la lourde convention judiciaire d’intérêt public négociée avec le parquet, forme d’amende civile mise à la charge des entreprises, limiterait voire empêcherait toute poursuite individuelle. La loi prévoit pourtant expressément le contraire, et le parquet national financier a précisé à plusieurs reprises qu’il ne renonçait à rien, même si la discussion peut permettre quelques aménagements.
Condamnations personnelles
Dès lors, les dirigeants, encouragés à multiplier les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Les entreprises sont de plus en plus considérées comme responsables des infractions pénales voire criminelles commises dans le cadre de leurs activités, constatent dans une tribune au « Monde » les avocats Thomas Baudesson et Charles Merveilleux du Vignaux.
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Responsabilité pénale des entreprises : « L’évolution des sanctions à leur encontre est devenue vertigineuse en quelques années »

Les entreprises sont de plus en plus considérées comme responsables des infractions pénales voire criminelles commises dans le cadre de leurs activités, constatent dans une tribune au « Monde » les avocats Thomas Baudesson et Charles Merveilleux du Vignaux.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h08
    |

Thomas Baudesson et Charles Merveilleux du Vignaux (Avocats au cabinet Clifford Chance)







                        



                                


                            

Tribune. « Ce sont des hommes et non des entités abstraites qui commettent les crimes dont la répression s’impose comme sanction du droit international » : c’est en ces termes que le tribunal militaire international de Nuremberg posait l’un des principes qui régissent encore aujourd’hui le droit pénal international. Pourtant, dans les vingt-cinq dernières années, on a assisté à un développement fulgurant de la responsabilité des entreprises.
Il est ainsi de plus en plus communément admis que les personnes morales sont pénalement responsables de leurs actes. Mais cette évolution est récente (1994 en France) et inégale selon les pays (l’Allemagne, par exemple, se contente d’un système d’amendes administratives).
En l’absence d’instance internationale, la répression des infractions des entreprises est soumise aux droits nationaux. Son efficacité dépend donc de la lourdeur des peines prévues et de la rigueur des politiques de poursuite, soit en pratique de l’intérêt des pouvoirs publics, qui varie selon les pays et l’actualité. C’est l’une des explications au développement de poursuites extraterritoriales, dont les Etats-Unis se sont fait une spécialité en matière économique, notamment sur le fondement du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) : afin de protéger la compétitivité des sociétés américaines, qui y sont soumises, les autorités américaines se sont mises à l’appliquer à des sociétés étrangères pour des actes commis à l’étranger afin de compenser l’inertie dont faisaient preuve certains Etats envers leurs propres entreprises, ou la faiblesse des peines prononcées par les tribunaux en matière de corruption.
Une répression accrue
Quel que soit le bien-fondé de ces pratiques, elles ont eu pour effet de réveiller l’attention des pouvoirs publics dans les Etats dont les entreprises étaient visées. Ainsi le Royaume-Uni, avec le Bribery Act de 2010 et l’introduction, en 2014, des « deferred prosecution agreements »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’historien et sociologue Guillaume Mouralis, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Marc-Bloch à Berlin, explique comment les grandes firmes allemandes et leurs dirigeants ont dû rendre compte en 1947-1948 de leurs comportements sous le régime nazi.
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« Après la seconde guerre, les dirigeants des plus grandes entreprises allemandes ont été poursuivis en tant que personnes physique »

L’historien et sociologue Guillaume Mouralis, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Marc-Bloch à Berlin, explique comment les grandes firmes allemandes et leurs dirigeants ont dû rendre compte en 1947-1948 de leurs comportements sous le régime nazi.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h55
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            
Engager des poursuites judiciaires contre une entreprise pour « crimes contre l’humanité », comme c’est le cas dans l’affaire Lafarge, est-il une première historique ?
Guillaume Mouralis.- C’est semble-t-il une première en matière de poursuite d’une entreprise comme personne morale. En revanche, les dirigeants et cadres des plus grandes entreprises allemandes ont été poursuivis, jugés et condamnés en tant que personnes physiques pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en 1947 et 1948. Non pas par la justice allemande, ni par le tribunal militaire international (TMI) de Nuremberg, mais par les tribunaux militaires des occupants alliés, essentiellement américains.
Le droit pénal international, depuis Nuremberg jusqu’à aujourd’hui, ne connaît en effet que des délits et des crimes commis par des individus à l’encontre d’autres individus. Certes, le tribunal de Nuremberg a mis en accusation sept « organisations criminelles », dont trois ont été jugées coupables. Il s’agissait d’organisations politiques et administratives de l’Allemagne nazie – dont le parti hitlérien, le NSDAP, et la SS – mais pas d’entreprises.
Celles-ci ont donc échappé à leurs responsabilités en matière de participation aux crimes nazis ?
Pas leurs dirigeants, du moins quelques dizaines d’entre eux – et encore, provisoirement. Après le verdict de Nuremberg contre les dirigeants nazis, le 1er octobre 1946, les Américains organisent, en 1947 et 1948, ce qu’on appelle les « procès successeurs » pour juger les responsables « de second rang » selon les mêmes règles de droit que le TMI.
Sur douze procès, trois concernent les dirigeants des trois plus grands groupes industriels allemands, Krupp, Flick et IG Farben. Le procès Krupp condamne le fils du patron, Alfried Krupp, à douze ans de prison, et onze cadres à des peines diverses – y compris la confiscation de leurs biens – pour crime contre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, qui se tiennent jusqu’au 8 juillet, ont cette année pour thème « les métamorphoses du monde ».
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Le protectionnisme au menu du « Davos provençal »

Les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, qui se tiennent jusqu’au 8 juillet, ont cette année pour thème « les métamorphoses du monde ».



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h33
    |

            Marie Charrel (Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône)








                        



                                


                            

La tentation était trop forte. Ceux qui n’ont pas su y résister se sont éclipsés quelques instants, peu après 16 heures, pour suivre discrètement les quarts de finale France-Uruguay. Les autres se sont concentrés sur les débats inaugurant, vendredi 6 juillet, la dix-huitième édition des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, qui se tiennent jusqu’à dimanche 8 juillet.
Comme chaque année, grands patrons, économistes, responsables politiques et personnalités culturelles se croiseront pendant trois jours, dans une ambiance décontractée – ici, les cravates se font rares et les vestes tombent. Si le généreux soleil et le chant des cigales offrent un avant-goût de vacances, l’entre-soi aixois se veut néanmoins studieux. Et ambitieux : il s’agit de nourrir les débats et de fournir, rien de moins, des pistes d’action aux décideurs politiques.

« Les métamorphoses du monde » : si le thème de l’édition 2018 peut sembler abstrait, les discussions portent en réalité sur les sujets brûlants du moment, tels que les risques de guerre commerciale, le Brexit et la tentation protectionniste. « Nous vivons une période exceptionnelle de changements, a déclaré en préambule Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, le groupe de réflexion qui organise ce “mini Davos”. Le monde que nous avons construit après la chute du mur de Berlin, fondé sur l’économie de marché et sur une gouvernance mondiale reposant sur le multilatéralisme, est fini. »
Défi migratoire
Quels sont les bouleversements à l’œuvre ? Comment les expliquer, comment y répondre ? Avant de plonger dans le vif du sujet, les discussions se sont ouvertes, vendredi, sur un appel à l’humilité, que d’aucuns verront comme un acte de contrition. « Nous devons faire preuve de modestie : nous sommes incapables de prévoir ce qui se passera d’ici cinq ou dix ans en matière de climat, finance, évolution des technologies », a égrené Patrick Artus, de Natixis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le plan biodiversité n’est en aucune manière en mesure de ralentir le rythme effréné auquel la vie s’érode, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Environnement : « Les risques et les limites du “en même temps”»

Le plan biodiversité n’est en aucune manière en mesure de ralentir le rythme effréné auquel la vie s’érode, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h10
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La publication, mercredi 4 juillet, du plan pour la biodiversité porté par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, est l’une des plus frappantes illustrations du « en même temps » cher à Emmanuel Macron — et de ses limites. Il faut préserver l’environnement, et « en même temps » autoriser sa destruction. Il faut établir des principes protecteurs de la nature, et « en même temps » les rendre les plus inoffensifs possibles.

L’un des axes majeurs du plan est ainsi de parvenir à la fin de l’artificialisation nette des terres agricoles et des espaces naturels — dont le rythme est insoutenable —, mais c’est l’exécutif qui a fait appel de la décision de justice annulant la création de la zone d’aménagement du projet EuropaCity qui prévoit la construction, sur 280 hectares de terres agricoles d’Ile-de-France, de centres commerciaux et de parcs de loisirs. Et c’est encore le gouvernement qui a donné son imprimatur au « Grand contournement ouest » de Strasbourg, un projet autoroutier contesté de plus de 300 hectares.
Le plan présenté met aussi l’accent sur la préservation de la biodiversité dans les territoires d’outre-mer et à l’étranger. Mais le gouvernement envisage d’accorder à un consortium russo-canadien une concession minière dans la forêt guyanaise, en dépit des dégâts écologiques irréparables que provoquerait une telle exploitation. Et c’est encore le gouvernement qui autorise l’importation, par Total, de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’huile de palme, dont la production est l’une des causes majeures de déforestation dans l’archipel indonésien.
De fortes pressions
Il faut aussi lutter contre la prolifération du plastique, lit-on dans le plan. Il y a urgence car des microplastiques, on en retrouve désormais partout. Mais c’est encore le gouvernement qui a blackboulé un amendement destiné à interdire l’utilisation de plastique dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Parmi les parutions qui marquent les 70 ans de l’Etat d’Israël, fondé en 1948, l’important « Persévérance du fait juif », de Danny Trom, revient aux sources bibliques pour éclairer le destin politique du pays.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Israël, les raisons d’être. Entretien avec Danny Trom

Parmi les parutions qui marquent les 70 ans de l’Etat d’Israël, fondé en 1948, l’important « Persévérance du fait juif », de Danny Trom, revient aux sources bibliques pour éclairer le destin politique du pays.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h00
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                            David Zerbib (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Persévérance du fait juif. Une théorie politique de la survie, de Danny Trom, EHESS/Gallimard/Seuil, « Hautes études », 512 p., 28 €.

Danny Trom, chercheur au CNRS, s’efforce de bâtir une sociologie de l’expérience politique. Après avoir travaillé, notamment, sur les problèmes publics dans la ville et sur les conflits dans l’aménagement du territoire, il s’est spécialisé dans l’étude des collectifs ­politiques modernes. Son nouvel essai, ­Persévérance du fait juif, analyse, à l’heure où l’on commémore le 70e anniversaire de la naissance d’Israël, les fondements mal identifiés d’une tradition politique juive.

Votre livre interroge ce qui relie les juifs de la diaspora à l’Etat d’Israël, bien qu’il leur soit a priori étranger. ­Chaque fois qu’Israël est menacé, ­relevez-vous, ils sont saisis d’une ­angoisse, comme la philosophe ­Hannah Arendt lors de la guerre des Six-Jours, en 1967. Comment ana­lysez-vous ce paradoxe ?
Ce rapport particulier n’a pas trouvé d’explication théorique. Le paradoxe est d’autant plus saillant dans le cas de juifs dits « émancipés », comme Hannah Arendt ou, en France, Raymond Aron, qui écrivit par exemple à cette époque : « Ce petit Etat qui n’est pas le mien, s’il ­venait à disparaître, m’ôterait jusqu’à ­l’envie de vivre. » Pourquoi réagit-il ainsi ? La réponse est à chercher dans une forme d’expérience politique de la précarité, que le rétablissement de la république et des Etats-nations en Europe après la guerre n’a pas suffi à apaiser. Il y a eu un affaiblissement de la confiance des juifs dans l’Etat, lié aux événements qui vont de la montée de l’antisémitisme au XIXe siècle jusqu’à la Shoah, en passant, en France, par Vichy. L’Etat d’Israël joue alors un rôle de réassurance à travers un Etat supplémentaire, pris essentiellement dans sa fonction protectrice.
Vous montrez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Résonances. Pour l’historienne Claire Judde de Larivière, le phénomène inédit que représente la sortie d’un pays de l’Union européenne induit des situations « ubuesques », symboles d’un gouvernement en terra icognita.
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Le Brexit, une émancipation incontrôlable

Résonances. Pour l’historienne Claire Judde de Larivière, le phénomène inédit que représente la sortie d’un pays de l’Union européenne induit des situations « ubuesques », symboles d’un gouvernement en terra icognita.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h08
    |

                            Claire Judde de Larivière (Historienne et collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Il y a deux ans, le 24 juin 2016, les Britanniques se sont réveillés divisés. La moitié du pays ­sablait le champagne au petit déjeuner. L’autre moitié subissait une gueule de bois parmi les plus ­sévères de son histoire, dans une contrée où le syndrome est pourtant érigé en art de vivre. La nuit avait été digne des montagnes russes. A l’heure de se mettre au lit, le ballottage s’annonçait favorable au « Remain » (rester en Europe). Puis, au fur et à mesure du dépouillement, les estimations hésitaient, avant que ne soit annoncée, vers 4 h 30 du matin, la victoire du « Leave » (quitter ­l’Europe), avec presque 52 % des voix.
Depuis des heures, les traders du monde entier avaient joyeusement spéculé sur la livre sterling, et il semble même aujourd’hui, comme le révèle un article publié par Bloomberg Businessweek le 26 juin, que le leader de UKIP, le toujours hilare Nigel Farage, avait lui-même continué de prétendre avoir perdu – quand bien même il savait que le « Leave » l’emportait – pour aider plusieurs fonds d’investissement gérés par ses amis à spéculer sur la monnaie britannique et à s’enrichir massivement en quelques heures.
Le réveil, douloureux pour beaucoup, sonnait le départ en fanfare vers un grand « n’importe quoi » politique, qu’annonçaient deux scènes devenues iconiques. Le même Farage expliquait à la télé, dès 6 h 30 du matin, que l’un de ses plus fameux slogans de campagne, l’annonce du reversement au service de santé public des 350 millions de livres sterling dus chaque semaine à l’Europe était « l’une des erreurs que la campagne du “Leave” avait faite », et qu’il ne pouvait garantir une telle redistribution. Quant à Boris Johnson [alors député], les habitants du quartier d’Islington, à Londres, l’attendaient de pied ferme devant chez lui pour hurler en chœur « Shame on you, Boris ! »
Contradictions intrinsèques
Depuis deux ans, les épisodes de ce genre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ André Chouraqui, Michel Abitbol, James Horrox… les livres essentiels qui marquent cet événement.
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Soixante-dix ans de l’Etat d’Israël, les parutions

André Chouraqui, Michel Abitbol, James Horrox… les livres essentiels qui marquent cet événement.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 07h46
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                            Florent Georgesco








                        



                                


                            Entretien. Ferveur et la lucidité d’André Chouraqui
A l’heure d’Israël, de Léon Askénazi et André Chouraqui, édité par Denis Charbit, Albin Michel, « Présences du judaïsme », 224 p., 17,50 €.
L’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël offre l’occasion de réveiller le souvenir d’un de ses citoyens les plus remuants, et les plus ardemment dévoués à en préserver les promesses : l’écrivain, traducteur, juriste et homme politique André Chouraqui (1917-2007). Deux inédits paraissent en même temps – un livre d’entretien et sa thèse de doctorat en droit –, rappelant que cette fidélité, chez un homme qui, Français d’Algérie, s’installa à Jérusalem dès 1950, pouvait être fervente, absolue, amoureuse et, aussi bien, d’une lucidité intransigeante sur les trahisons de l’idéal universaliste sans lequel, à ses yeux, Israël ne serait plus lui-même.
Ces dispositions inséparables ressortent fortement de sa conversation avec le rabbin, spécialiste du Talmud, Léon Askénazi (1922-1996). Enregistrée à Jérusalem durant l’été 1987, elle n’avait pas été transcrite jusqu’à la présente exhumation, menée sous la direction du sociologue et politologue Denis Charbit. « Ensemble, dit André Chouraqui à son ami, nous avons vécu l’histoire de cette extraordinaire génération (…) qui a eu le privilège unique de voir, après les abîmes de la persécution et de la déréliction, les cimes de la renaissance (…). Et aujourd’hui, face à ce paysage qui est celui de notre Jérusalem historique, nous nous rencontrons pour faire le bilan. »
Dans sa belle présentation, Denis Charbit montre que ce bilan se focalise sur les relations qui, selon les deux hommes, structurent la vie d’Israël : des juifs avec les chrétiens et les musulmans, d’Israël avec la diaspora, du politique et du théologique… Et, bien sûr, des Israéliens et des Palestiniens, sujet qui permet à André Chouraqui d’exprimer, face à un Askénazi moins enthousiaste,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Issu de la majorité, le député LRM appelle, dans une tribune au « Monde », le président de la République à bâtir un contrat social avec les Français contre l’exclusion et la pauvreté et pour la dignité et la cohésion.
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Frédéric Barbier : « Le gouvernement doit mener une politique plus sociale »

Issu de la majorité, le député LRM appelle, dans une tribune au « Monde », le président de la République à bâtir un contrat social avec les Français contre l’exclusion et la pauvreté et pour la dignité et la cohésion.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h55
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Frédéric Barbier (Député (LRM) de la 4e circonscription du Doubs, conseiller départemental du Doubs)







                        



                                


                            
Tribune. Il est temps de lever les ambiguïtés autour de la question sociale qui agite la classe politique. Ni les partis, ni les parlementaires, ni même le président de la République ne peuvent s’y soustraire. Les politiques sont attendus au tournant. C’est salutaire pour la vie démocratique du pays. J’en appelle à un rééquilibrage de la politique menée depuis un an, en faveur d’une politique sociale plus affirmée et attendue.

La stratégie actuelle du gouvernement repose sur l’absolue nécessité de rendre la France plus attractive et plus compétitive. La relance économique et la bonne santé des entreprises sont le socle indispensable, sans lequel il ne peut y avoir de véritable progrès social. Ce pari audacieux est en passe d’être gagné. Les chefs d’entreprise ont retrouvé la confiance, investissent davantage et notre pays séduit à nouveau. Cette conjoncture favorable, je la constate dans mon territoire du Nord Franche-Comté.
Malaise et agacement
Pourtant, malgré l’embellie, le malaise et l’agacement à l’égard du gouvernement sont palpables. Il faut dire que le redressement est récent et que notre région porte encore les stigmates de la crise économique, durant laquelle, les salariés n’ont pas hésité à se sacrifier en payant le prix de la récession. A présent, fort légitimement, ils entendent toucher les dividendes d’un rebond encore inimaginable il y a peu.
Si l’on peut constater certaines avancées sociales, pour autant, l’équilibre n’a pas encore été trouvé. La parole et les intentions ne suffisent plus. Elles doivent laisser place à des actes concrets, à une lisibilité de la politique sociale du gouvernement. L’urgence est de bâtir un contrat social, cohérent et ambitieux, à la fois protecteur et émancipateur. Il devra s’appuyer sur deux piliers : la reconnaissance du travail et la lutte contre l’exclusion, qui doivent être décrétées grandes causes nationales.
Un arsenal de mesures audacieuses
Par contrat social,...




                        

                        

