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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Regardez vers le sud en fin de nuit et la luminosité de Mars vous impressionnera : cette planète n’avait pas été aussi éclatante depuis près de 15 ans.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Au menu : la mise au point d’un ovaire artificiel, le secret des araignées volantes, le Soleil au plus loin de la Terre, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Le Tour de France 2018 débute ce samedi 7 juillet. Comme à chaque édition, moins d’un tiers des échappées devraient êtres victorieuses. Explications en vidéo.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Des parcours touristiques originaux, inspirés par l’analyse des données des réseaux sociaux, sont proposés aux visiteurs des villes accueillant les matchs de la Coupe du monde.
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Des algorithmes pour guider les fans de foot en Russie

Des parcours touristiques originaux, inspirés par l’analyse des données des réseaux sociaux, sont proposés aux visiteurs des villes accueillant les matchs de la Coupe du monde.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 18h43
    |

                            Lise Barnéoud (Saint-Pétersbourg (Russie)








                        


Comment assister aux différents matchs de foot de la Coupe du monde tout en découvrant le meilleur des villes russes qui les accueillent ? En suivant les circuits touristiques proposés spécialement par une jeune équipe de l’Institut de recherche en e-science de l’université ITMO (Saint-Pétersbourg). Leurs particularités ? Ils ont été déterminés par des algorithmes capables de déceler dans l’immense base de données des réseaux sociaux (Instagram, Facebook et Foursquare) les lieux les plus populaires parmi les touristes comme parmi les locaux.
La plupart d’entre nous s’en servent pour bavarder, se montrer, râler ou s’émerveiller. Mais d’autres y puisent toutes sortes d’informations et inventent des algorithmes pour les exploiter. Ksenia Mukhina et ses collègues d’e-science comptent parmi ces défricheurs des réseaux sociaux. Leur idée : profiter des photos et commentaires géolocalisés postés sur la Toile pour découvrir autrement nos villes. Et dénicher notamment les lieux authentiques plébiscités par les personnes du cru et ignorés des étrangers.
Dans un premier temps, les chercheurs – que nous avons rencontrés à l’occasion d’un voyage de presse organisé par les universités russes – ont sélectionné les utilisateurs ayant posté au moins trois photos de la ville de Saint-Pétersbourg en un an, durant des périodes séparées de plusieurs mois. Au total, sur les 59 000 utilisateurs d’Instagram analysés durant l’année 2016, 23 500 ont été identifiés comme locaux. « En éliminant les sites les plus visités, comme le Musée de l’Ermitage ou le palais d’Hiver, nous avons pu mettre en évidence une quarantaine de lieux populaires parmi les Saint-Pétersbourgeois, mais inconnus des guides touristiques », raconte Ksenia Mukhina, originaire de Tomsk, en Sibérie. Ce premier travail a permis de proposer un guide de Saint-Pétersbourg pour les touristes qui ne veulent pas faire les touristes.
Cheminement idéal
Pour les fans de foot, les chercheurs ont d’abord élargi leurs recherches aux onze villes russes hôtes de la Coupe du monde. Ils ont ensuite inclus dans leur guide quelques hauts lieux touristiques parmi les plus appréciés selon les réseaux sociaux ou TripAdvisor. Puis, en supposant les supporteurs de foot sportifs, ils ont calculé le cheminement idéal entre l’ensemble de ces lieux pour tout voir en une seule journée, à pied. Ainsi, les cartes comportent pour chaque ville entre 8 et 14 étapes, pour 4 à 11 km de marche. Bien entendu, pour satisfaire la soif et les grands creux des fervents supporteurs, des cafés et des restaurants pittoresques sont proposés tout au long de ces parcours. Comme cette insolite adresse de Saint-Pétersbourg, fondée en 1958 et restée en l’état depuis, où l’on vient déguster de délicieux pyshkas (des sortes de donuts) en compagnie de chats. « J’ai moi-même découvert ce lieu grâce à ce travail », précise Ksenia, qui entend bien profiter de la Coupe du monde pour évaluer ses circuits et multiplier ses analyses et ses comparaisons entre touristes et locaux.
Et elle n’est pas la seule, dans cet institut de recherche en e-science, à éplucher toutes ces données. D’autres collègues cherchent les meilleurs algorithmes pour analyser automatiquement les contenus des photos et des commentaires postés publiquement sur la Toile. Ce qui permet par exemple de créer une « carte des émotions » de Saint-Pétersbourg. Ou, encore, une carte des consommations de drogues…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Une augmentation de cette molécule chez les hommes se traduirait par une plus forte attractivité des produits leur conférant un statut social élevé.
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La testostérone, hormone du luxe ?

Une augmentation de cette molécule chez les hommes se traduirait par une plus forte attractivité des produits leur conférant un statut social élevé.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 08h22
    |

                            Sarah Terrien








                        



                                


                            
Testostérone. À ce mot est généralement associé l’idée de virilité, d’agressivité ou encore de pouvoir. Un article publié le 3 juillet dans la revue Nature Communications vient allonger cette liste : consommation et luxe. Car selon cette étude, conduite par une équipe internationale comprenant des chercheurs français, les hommes dont le taux de testostérone a été augmenté seraient plus attirés par des produits dont la marque est associée à un statut social élevé que par une autre marque connue mais connotée comme moins luxueuse. Ils seraient également davantage sensibles aux produits ventant une amélioration du statut social. En revanche, ces hommes n’ont pas montré de préférence pour des produits assimilés au pouvoir ou à la qualité.
Mais quelle différence entre le statut social et le pouvoir? «Le premier renvoit aux avantages positionnels dont un individu peut jouir associés au respect et à l’admiration que les autres lui porte et souvent véhiculé par les apparences comme le port d’un vêtement de marque prestigieuse. Le second représente les avantages positionnels d’un individu liés a son sentiment de contrôle sur des ressources clés comme avoir de l’argent ou diriger une équipe de subordonnés», explique David Dubois, professeur associé de marketing à l’INSEAD et coauteur de l’étude.
Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont demandé à 243 hommes américains âgés de 18 à 55 ans de s’enduire le torse d’un gel soit à base de testostérone, soit d’un placebo. Une fois l’hormone « absorbée » par l’organisme, les participants ont dû évaluer différents produits de consommation dont la représentation plus ou moins luxueuse avait été testée en amont.
La testostérone, une hormone sociale
Les résultats de cette étude n’ont pas étonné les chercheurs. Et pour cause. La testostérone est une hormone sociale. « Elle est impliquée dans les comportements de dominance, explique Laurent Begue, professeur de psychologie sociale à l’Université...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ La RATP expérimente une navette autonome et 100 % électrique. A la fois pour vérifier la sécurité du système et observer les réactions des voyageurs…
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ La plus haute juridiction administrative s’apprête à rendre son rapport pour éclairer juridiquement le gouvernement.
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Selon le Conseil d’Etat, il n’y a pas d’obstacle juridique à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes

La plus haute juridiction administrative s’apprête à rendre son rapport pour éclairer juridiquement le gouvernement.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h39
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


« Les Sages ne sont pas sages. Copie à refaire… » La réaction de La Manif pour tous du Rhône, sur Twitter, donne un aperçu de la déception parmi les opposants à l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples d’homosexuelles et aux femmes célibataires. Le conseil d’Etat doit rendre public, mercredi 11 juillet, un rapport qui ne soulève « aucun obstacle juridique » à cette réforme, selon Le Figaro du 6 juillet, qui a pu consulter une synthèse du document. « Nous sommes satisfaits, réagit Joël Deumier, président de l’association SOS homophobie. Le Conseil d’Etat dit qu’il n’y a pas d’obstacle en droit français ni en droit international. Il y a un alignement des planètes en faveur de la réforme. »
Le rapport de la plus haute juridiction administrative, qui conseille le gouvernement pour la préparation des projets de loi, fait partie des avis consultatifs attendus par le gouvernement avant de légiférer sur le sujet, avec la synthèse des états généraux de la bioéthique, qui se sont achevés en juin, et un nouvel avis du Comité consultatif national d’éthique attendu à la rentrée (après celui favorable rendu en juin 2017).

        Lire aussi :
         

                Une Marche des fiertés LGBT pour réclamer la PMA pour toutes



Selon Le Figaro, le Conseil d’Etat relève une demande sociétale d’une « intensité plus forte » et note qu’un « nombre important » de femmes ont recours à cette technique dans les pays voisins de la France. « Cette demande ne s’est pas exprimée au cours des états généraux, conteste Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour tous. Ils ont au contraire montré qu’il n’y avait pas de consensus sur le sujet. » 
Anonymat et gratuité
L’institution explore, sans se prononcer, différentes pistes possibles pour réformer la filiation, dont la déclaration commune anticipée réclamée par les associations de défense des droits LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans). Elle plaide en outre en faveur d’une prise en charge par la Sécurité sociale, même si ces PMA ne seront pas réalisées pour des raisons médicales. L’enjeu financier est « relativement modeste », juge le Conseil. « Nous sommes pleinement satisfaits de ce point, commente M. Deumier. Le principe de solidarité nationale commande de rembourser dans les mêmes conditions les couples hétérosexuels et homosexuels. » 
« Cet avis est préoccupant. Il relève un changement majeur du sens de la loi, utilisée pour satisfaire des désirs individuels » , Adeline le Gouvello, avocate et membre de l’Institut Famille & République
Le Conseil d’Etat souligne le risque de « pénurie de gamètes » en cas d’ouverture de la PMA, mais recommande de maintenir les principes d’anonymat et de gratuité du don afin d’éviter la création d’un « marché ». Sur la question de l’accès aux origines des enfants nés par don, il explore la piste d’un double « guichet » : l’accès à l’identité complète si le donneur est d’accord, et à des données non identifiantes, dans le cas contraire.
Autre point sensible, la procréation post mortem, qui ne soulèverait pas non plus de difficulté juridique, selon la plus haute juridiction administrative. Cette position est cohérente avec l’arrêt rendu en 2016 en faveur d’une veuve espagnole qui souhaitait bénéficier d’une insémination après la mort de son mari.
L’institution se prononce, en revanche, contre la gestation pour autrui, contraire au principe selon lequel le corps ne peut faire l’objet d’un contrat. Prenant à contre-pied un argument souvent mis en avant par les opposants, les juges estiment qu’une ouverture de la PMA ne créerait pas de « droit à l’enfant » et ne risque pas d’entraîner la légalisation de la GPA. « Cet avis est préoccupant, estime Adeline le Gouvello, avocate et membre de l’Institut Famille & République, opposée à une évolution de la loi. Il relève un changement majeur du sens de la loi, utilisée pour satisfaire des désirs individuels. » 

        Lire aussi :
         

                Anonymat du don de gamètes : « Ne pas cacher aux enfants l’histoire de leur conception »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Le toxicologue André Cicolella montre que des polluants jouent un rôle dans la « pandémie » de cancers de la prostate.
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La prostate chimiquement perturbée

Le toxicologue André Cicolella montre que des polluants jouent un rôle dans la « pandémie » de cancers de la prostate.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 12h57
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Le livre. Le cancer de la prostate pose une épineuse question aux épidémiologistes : la forte augmentation, ces dernières ­décennies, de l’incidence de ce cancer masculin – le plus fréquent – n’est-elle le fait que de l’allongement de l’espérance de vie et du surdiagnostic ? Ou bien y a-t-il aussi des causes qui demeurent sous le radar de la conversation publique et des politiques de prévention ?
Dans Cancer de la prostate et reproduction masculine, le chimiste et toxicologue André Cicolella, président du Réseau environnement santé (RES), rassemble les données les plus ­récentes et les dernières grandes publications scientifiques sur le cancer de la prostate et montre, de manière convaincante, que l’exposition à bas bruit de la population générale aux perturbateurs endocriniens (pesticides, plastifiants, cosmétiques, solvants, retardateurs de flammes, etc.) joue manifestement un rôle ­important dans ce que l’Organisation mondiale de la santé qualifie de pandémie.
Une progression fulgurante
Et pour cause : la progression de ce cancer a été fulgurante. D’un demi-million de cas diagnostiqués en 1990 dans le monde, on est passé à 1,6 million de cas en 2015. Soit un triplement en un quart de siècle. Les pays riches sont les plus touchés, où l’incidence a doublé durant cette période. Mais les pays les plus pauvres voient, eux aussi, s’alourdir le fardeau sanitaire du cancer de la prostate. « Le dépistage n’est donc pas la seule explication, car il est très peu développé dans les pays du Sud », écrit André ­Cicolella.
Et bien qu’il soit réputé moins dangereux que la plupart des autres cancers, « il est devenu la cinquième cause de mortalité masculine par cancer, avec 366 000 décès en 2015, et la première dans 29 pays », écrit M. Cicolella, qui étend son analyse à l’ensemble des troubles de l’appareil reproducteur masculin.
Pourquoi la question reste-t-elle aussi obstinément ignorée des pouvoirs publics ?...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ L’Université de science et technologie d’Hongkong et l’Institut Langevin à Paris ont mis au point une cloison qui modifie le son afin qu’à l’endroit souhaité l’intensité en soit atténuée.
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<filnamedate="20180707"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180707"><AAMMJJHH="2018070719">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Les promesses des scientifiques ne se réalisent pas toujours. Le chirurgien Laurent Alexandre estime qu’à l’instar de l’intelligence artificielle, qui a connu plusieurs hivers avant de renaître, les biotechnologies pourrait être à l’aube d’une éclipse.
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Biotechnologies : « winter is coming »

Les promesses des scientifiques ne se réalisent pas toujours. Le chirurgien Laurent Alexandre estime qu’à l’instar de l’intelligence artificielle, qui a connu plusieurs hivers avant de renaître, les biotechnologies pourrait être à l’aube d’une éclipse.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 18h34
    |

                            Laurent Alexandre (Chirurgien urologue, président de DNAVision)








                        



                                


                            
Carte blanche. Lors de la première conférence sur l’intelligence artificielle qui s’est tenue au Dartmouth College pendant l’été 1956, les scientifiques avaient promis que l’avènement de cerveaux électroniques, disposant de conscience artificielle et égalant l’homme, était imminent. La désillusion fut terrible : la course aux subventions avait conduit les chercheurs à faire des promesses totalement insensées à leurs sponsors, qui s’en aperçurent à partir de 1965.
Après avoir suscité des espoirs irréalistes, les échecs de l’intelligence artificielle ont provoqué un ­effondrement des financements. Une deuxième vague de recherche dans les ­années 1980 s’est à nouveau fracassée sur la complexité du cerveau humain.
Ces désillusions successives sont connues, dans le monde de la recherche en informatique, sous le nom d’« hivers de l’intelligence artificielle ». Dans les sciences du vivant, ­certains chercheurs ont également fait des promesses bien légères : un hiver des biotechnologies est tout à fait possible.
L’ingénierie du vivant – cellules souches, modifications génétiques, organes artificiels – est supposée pouvoir traiter les maladies dégénératives et accélérer le recul de la mort. Mais ­entre les fantasmes technologiques et la commercialisation d’un traitement bien évalué, il y a un immense fossé que certains chercheurs et les start-up ignorent.
Mutations potentiellement graves
Capables de se différencier en cellules adultes et de former des tissus, les cellules souches sont théoriquement aptes à revitaliser des organes malades, ce qui alimente l’espoir de faire passer la médecine de la réparation à la régénération. La création de rétine en éprouvette à partir de cellules souches a, par exemple, été réussie dès 2011, mais la plupart des tentatives chez les patients ont échoué à ralentir ou à prévenir les cécités.
Au regard de ces magnifiques espoirs, la ­découverte que la reprogrammation des ­cellules souches s’accompagne...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Un plan ministériel « pour la science ouverte » oblige les chercheurs financés sur fonds publics à publier leurs travaux dans des revues ou des archives en accès libre.
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La science française va être plus accessible

Un plan ministériel « pour la science ouverte » oblige les chercheurs financés sur fonds publics à publier leurs travaux dans des revues ou des archives en accès libre.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 06h40
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Mercredi 4 juillet, à Lille, lors de la conférence annuelle de la Ligue des bibliothèques européennes de recherche (Liber), qui représente 400 établissements nationaux ou universitaires, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, a entamé une petite révolution. « La France s’engage pour que les résultats de la recherche scientifique soient ouverts à tous, chercheurs, entreprises et citoyens, sans entrave, sans délai, sans paiement », proclame le futur plan national « Pour la science ouverte ».
Une telle affirmation peut surprendre : pourquoi « ouvrir » un secteur qui, a priori, l’est déjà ? Les chercheurs ne gardent en effet pas secrets leurs travaux, puisque leur carrière passe par la publication dans des revues ayant pignon sur rue, après un contrôle qualité rigoureux. La « fermeture » tient, elle, au fait que ces journaux sont pour la plupart accessibles sur abonnements, au prix souvent chers et inflationnistes. Liber estime d’ailleurs que les hausses atteignent, ces dernières années, 8 % par an. Des prix qui soulèvent régulièrement des protestations et qui freinent l’accès à la connaissance.
Sans que le plan n’y fasse explicitement référence, ce qui est visé est bien l’hégémonie des entreprises de l’édition scientifique, un marché mondial estimé à une trentaine de milliards d’euros pour plus de 2 millions d’articles publiés chaque année. Le plus important éditeur, Elsevier, a encore dégagé, en 2017, une marge de plus de 36 % et 1 milliard d’euros de bénéfices.
Ce qui est visé est l’hégémonie des entreprises de l’édition scientifique, un marché mondial estimé à une trentaine de milliards d’euros pour plus de 2 millions d’articles publiés chaque année
En France, où les dépenses d’abonnements atteignent 100 millions d’euros par an, les négociations, après avoir échoué en début d’année, reprennent avec l’un des autres grands éditeurs, Springer Nature. En réponse, un mouvement...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ C’est à Toulouse, sur l’ancienne base militaire, qu’Hyperloop TT a choisi d’implanter son centre de recherche et développement européen pour développer ce transport futuriste.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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A Francazal, des pistes d’essai pour faire léviter le train Hyperloop

C’est à Toulouse, sur l’ancienne base militaire, qu’Hyperloop TT a choisi d’implanter son centre de recherche et développement européen pour développer ce transport futuriste.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 12h12
    |

                            Philippe Gagnebet (Toulouse, correspondance)








                        



                                


                            

Relier Paris à Marseille en quarante-cinq minutes, Los Angeles à San Francisco en une demi-heure, Toulouse à Montpellier en à peine le temps de boire un café. Sorti de l’imagination d’Elon Musk, l’inventeur et milliardaire qui veut révolutionner les transports dans l’espace et sur Terre, l’Hyperloop sera un train pouvant rouler, ou plutôt léviter à plus de 1 200 km/h.
Et c’est à Toulouse, sur la base de Francazal que la société californienne Hyperloop TT a choisi en janvier 2017 d’implanter son centre de recherche et développement européen pour développer ce transport futuriste. Lancée en « Open source » ou brevet ouvert, l’idée attise les ingénieurs de tous bords. Sustentation électromagnétique, coussin d’air sur des patins des skis, champ magnétique créé par des moteurs à induction... Sur les images de synthèse fournies par les entreprises qui sont entrées dans la course, on observe juste, et jusqu’à présent, de longs tubes et leurs capsules à l’intérieur, plantés sur de hauts pylônes. Secret industriel et bataille économique obligent, les acteurs avancent masqués.
Ainsi Bibop Gresta, l’un des deux dirigeants du projet Hyperloop TT, avec des anciens de la NASA de SpaceX ou encore de Boeing, annonçait des vitesses de plus de 1 000 km/h et des contrats signés avec l’Australie ou Abou Dhabi. Mais le 26 avril, l’émirat indiquait « nier la validité de l’annonce de la société de technologie de transport Hyperloop TT[HyperloopTransportation Technology] concernant la première ligne de train ultra-rapide reliant l’aéroport d’Abou Dhabi àcelui de Dubaï, Al-Maktoum ». C’est Hyperloop One (anciennement baptisée Hyperloop Technology Inc.), qui a réalisé mi 2016 un premier essai grandeur nature dans le Nevada.
Premiers travaux d’aménagement sur le site
De son coté, Transpod, une start-up canadienne, avait annoncé la présentation de son prototype dès le mois de septembre 2016. Quant à SpaceX, la firme spatiale d’Elon Musk, elle « n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ L’observatoire de Meudon va développer des CubeSats, petits engins scientifiques.Une filière dans laquelle la France était à la traîne.
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Des satellites de poche made in France

L’observatoire de Meudon va développer des CubeSats, petits engins scientifiques.Une filière dans laquelle la France était à la traîne.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 07h00
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        




                                
PicSat will be launched on January 12, 2018 by India space agency's launcher's PSLV, to observe the transit of the young exoplanet Beta Pictoris b in front of its bright and equally young star Beta Pictoris, and demonstrate an innovative technological concept to use optical fibres for astronomical observations from Space. / AFP PHOTO / LESIA/Observatoire de Paris-PSL / Handout / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / LESIA/ OBSERVATOIRE DE PARIS-PSL" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS- BACKGROUND IMAGE BY THOMAS PESQUET RELEASED BY ESA




                            
Donner aux laboratoires la possibilité de placer, à coût réduit, des instruments en orbite. Tel est l’objectif du nouveau Complexe technologique pour le spatial (CTS) qui a été inauguré, le 25 juin, sur le site de Meudon de l’Observatoire de Paris. Créée, dans le cadre de l’université PSL par un réseau de laboratoires franciliens, cette structure est la première en France consacrée au développement à des fins strictement scientifiques d’une nouvelle ­catégorie de satellites modulaires : les « CubeSats ».
Imaginés dans des universités américaines il y a un peu moins de vingt ans, les CubeSats sont des engins spatiaux faits de ­l’assemblage d’une ou de plusieurs unités cubiques de 10 centimètres de côté chacune. Petits, légers, d’un format adapté à leur embarquement à bord de lanceurs, ils sont, à cause du risque important d’échec, employés le plus souvent à des fins pédagogiques et industrielles. « Mais ils ­intéressent de plus en plus les scientifiques en raison de leur coût et de leur temps de développement, incomparablement plus faibles que ceux des gros satellites », explique Pierre Drossart, ­directeur du Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Lesia).
Délai record de conception
Si des centaines de CubeSats ont déjà vu le jour, dont deux accompagnent actuellement la sonde spatiale Insight de la NASA dans son voyage vers la planète Mars, quatre à peine l’ont été avec le concours d’équipes françaises. Et encore, sur ce total, un seul, ­PicSat, a été mis au point en vue de recherches.
Conçu dans un délai record de trois ans par le Lesia, ce nanosatellite était chargé d’observer le passage d’une exoplanète devant l’étoile Beta-Pictoris. Lancé en janvier, il a fonctionné au total dix ­semaines sans jamais parvenir à pointer ses instruments en direction de l’astre. Un échec dû, estime Sylvestre Lacour du Lesia, responsable scientifique du projet, aux « défaillances de certains sous-systèmes achetés dans...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Trottiner un quart d’heure par jour pour lutter contre les effets de la sédentarité. Simple, gratuite, universelle, cette initiative partie en 2012 d’une école écossaise a depuis séduit 4500 établissements dans le monde, trois seulement en France.
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Le « Daily Mile », plus qu’une promenade de santé

Trottiner un quart d’heure par jour pour lutter contre les effets de la sédentarité. Simple, gratuite, universelle, cette initiative partie en 2012 d’une école écossaise a depuis séduit 4500 établissements dans le monde, trois seulement en France.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 08h35
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Parents d’élèves, enseignants, jeunes lecteurs, médecins… Connaissez-vous le Daily Mile ? Difficile d’entretenir le suspense. Si cette initiative née en 2012 dans une école écossaise connaît un succès considérable (4 500 établissements, maternelles et primaires, dans plus de 40 pays), elle reste encore ignorée en France, avec seulement trois écoles inscrites.
Ce programme ultrasimple et gratuit est pourtant en train de se révéler un outil de choix pour lutter contre l’obésité et la sédentarité. Son principe ? ­Trouver chaque jour quinze minutes sur le temps de classe pour emmener les élèves trottiner dehors, en ­essayant de parcourir un mile, soit 1,6 km. Sur son site Internet, la Daily Mile Foundation souligne qu’aucun équipement particulier n’est nécessaire. C’est une ­activité sociale et ludique, non compétitive, qui inclut tous les élèves quelles que soient leurs aptitudes…
Amélioration des comportements et de l’attention
Au départ de cette belle idée, l’inquiétude d’Elaine Wyllie, directrice d’une école à Stirling, près d’Edimbourg, sur le niveau de condition physique des ­enfants. En février 2012, elle initie le principe du Daily Mile dans une classe. Quatre semaines après, pratiquement tous ces gamins sont devenus capables de courir le mile en quinze minutes, et y prennent ­plaisir. A la rentrée suivante, le programme s’étend à toute l’école. Les enseignants notent une amélioration des comportements et de l’attention ; l’infirmière scolaire une régression du surpoids. Les parents trouvent leurs enfants plus en forme, plus actifs.
Depuis, le Daily Mile a essaimé, et ses atouts commencent à être objectivés par la science. Ainsi, une étude auprès d’environ 400 élèves de deux écoles primaires a mis en évidence une hausse de 9 minutes/jour du temps d’« activité physique d’intensité modérée à intense » chez les enfants de l’établissement participant au programme par rapport à ceux de l’école contrôle....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Le submersible habité mis en service en 1984 risque d’être abandonné. Seul resterait en activité en France un sous-marin sans présence humaine à bord.
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Eric Horvitz, le directeur du centre de recherche de l’entreprise américaine, répond aux questions éthiques imposées par les récents progrès de l’intelligence artificielle.
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Intelligence artificielle : « Microsoft ne veut pas fournir d’outils qui pourraient violer les droits de l’homme »

Eric Horvitz, le directeur du centre de recherche de l’entreprise américaine, répond aux questions éthiques imposées par les récents progrès de l’intelligence artificielle.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 11h51
    |

            Morgane Tual








                        



   


Alors que l’intelligence artificielle (IA) prend une place grandissante dans la société, les questions éthiques préoccupent de plus en plus le secteur. Eric Horvitz, spécialiste en IA et directeur de Microsoft Research, le centre de recherche de l’entreprise, a cofondé le Partnership on AI, qui rassemble depuis 2016 les plus grandes entreprises du numérique autour de ces questions. Il détaille au Monde sa philosophie et répond à la récente polémique qui a touché Microsoft.
Google a annoncé en juin sept grands principes pour encadrer le développement de ses technologies d’intelligence artificielle. Que fait Microsoft ?
Microsoft réfléchit aux questions d’éthique. Le groupe a sorti en janvier un livre appelé The Future Computed. Nous avons travaillé à la rédaction d’une série de principes comme l’équité, la fiabilité, l’ouverture de ces technologies. Ça fait bientôt vingt-cinq ans que je travaille chez Microsoft, c’est comme une famille pour moi, et régulièrement on discute avec la direction des valeurs et du rôle de Microsoft dans le monde.
Il y a deux ans, j’ai dit que j’aimerais que nous mettions en place un comité sur les questions liées aux données et à l’IA, et à leur influence potentielle sur la société. La direction a soutenu l’idée et finalement nous avons créé sept comités, comme celui sur les « utilisations sensibles de l’IA », un autre sur « biais et équité », un troisième sur la « collaboration humain-IA »… C’est un début. On étudie des cas concrets, sur lesquels on travaille beaucoup, on effectue des recherches et on délibère. Nos recommandations remontent à la direction. Et jusqu’ici, elles ont toutes été acceptées.
Quel type de recommandation par exemple ?
Microsoft travaille sur un système pour les appels d’urgence, leur distribution… Il y a tout un travail sur comment utiliser ces technologies pour aider à organiser les camions de pompiers, les ambulances, véhicules de police, etc. Des villes comme New York l’utilisent. Nous avons eu une demande d’une grande ville, dans une région du monde qui n’est pas réputée pour son respect des droits de l’homme. Le comité s’est réuni, a beaucoup réfléchi, et nous avons décidé de dire non. Microsoft ne veut pas prendre le risque de fournir des outils qui pourraient servir à violer les droits de l’homme. Dans certains cas, nous réfléchissons à fournir des produits aux capacités limitées, dépourvues, par exemple, des technologies de reconnaissance faciale permettant d’identifier le genre ou la couleur de peau.
Google s’est engagé à ne pas mettre ses technologies d’IA au service de l’armement. Qu’en est-il pour Microsoft ?
J’adorerais vivre dans un monde sans armée. Et peut-être que ce sera possible un jour. Mais malheureusement, nous avons vu que les armées, dans les pays démocratiques, ont été nécessaires pour protéger les libertés. Je n’aime pas du tout imaginer ce qui se serait passé lors de la seconde guerre mondiale sans l’armée américaine.
Quand j’entends des gens se demander si l’armée américaine, française ou autre s’apprête à utiliser l’IA dans les armes, il faut rappeler que l’IA fait référence à de nombreuses technologies initialement déployées dans l’armée, depuis les années 1930 ou 1940, et je pense que ça va continuer. Cela posé, que faut-il en penser ?
Je pense que si un ingénieur ne souhaite pas travailler sur ce type d’application, il devrait pouvoir le dire. Mais personnellement, l’idée que les armées de pays démocratiques, dont l’arsenal est conçu à des fins de défense et pour la protection des droits de l’homme, utilisent les derniers progrès de l’informatique ne me pose pas particulièrement de problème. Mais ce n’est là que mon propre point de vue, je ne parle pas au nom de Microsoft. Et ça ne m’empêche pas de travailler sur les questions que soulève l’IA, en ce qui concerne de potentielles violations des droits de l’homme ou de la Convention de Genève.
En juin, des employés ont demandé à Microsoft de mettre fin à son contrat avec la police de l’immigration américaine (ICE), après le scandale des enfants séparés de leurs parents…
Je suis sûr que nous allons discuter de ce problème en comité. Nous prenons ces questions très au sérieux. L’ICE est une agence fédérale d’un pays démocratique. Elle a décidé de transférer sur notre service cloud Azure sa gestion des e-mails, des documents et messages. Elle utilise les services standards d’Office 365, comme le font plein d’autres agences publiques, dans d’autres pays. Par ailleurs, un président élu démocratiquement fait quelque chose que beaucoup de personnes jugent abject, mais qui est légal. Nous avons des centaines de milliers d’employés. Certains sont choqués. Devons-nous pour autant interdire à d’autres l’utilisation d’outils comme les messageries mails ?
Il ne s’agissait que de ce type de services, pas d’IA ? Sur le site de Microsoft, un communiqué de janvier annonçait que ses technologies d’IA permettraient à l’ICE d’« accélérer la reconnaissance faciale et l’identification ».
Non, il n’y a pas d’IA. C’était une erreur. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne devrait pas se poser la question ! Et s’ils utilisaient vraiment ce genre de technologie ? Il faut y réfléchir sérieusement. Nous sommes très soucieux de l’application qui pourrait être faite de la reconnaissance faciale en termes de surveillance. Si jamais nous devions réfléchir à des contrats avec des villes par exemple, il faudrait le faire avec beaucoup de précaution, en lançant des expérimentations limitées, en travaillant avec des tierces parties pour mieux saisir l’équilibre entre la sécurité publique et le risque d’enfreindre les droits de l’homme. Nous devons continuer à apprendre, et nous savons que c’est délicat.
Certaines personnes, comme Tim Berners-Lee, le père du Web, appellent les Etats à réguler l’IA. Qu’en pensez-vous ?
Mon point de vue personnel, c’est que la régulation, si elle est mal faite, peut nuire à l’innovation. Mais elle peut aussi la stimuler. Par exemple, j’aime beaucoup l’idée que l’IA puisse être utilisée pour sauver des vies, notamment en évitant les erreurs humaines. Sur la route, 1,2 million de personnes sont tuées chaque année. J’aimerais que l’IA contribue à ce que ça s’arrête. Cette année, une personne a été tuée dans une Tesla [une voiture autonome]. J’avais demandé à une époque à quelqu’un chez Tesla s’ils pouvaient partager leurs données avec Microsoft Research, car j’adorerais savoir à quel moment les gens reprennent la main sur le volant, quelles sont les situations problématiques… Mais il m’a répondu « non, nous ne partageons pas les données ».
Et si un gouvernement disait : « Nous vous demandons de partager avec des chercheurs vos données sur les accidents, les problèmes, les moments où les gens pensent que la voiture n’agit pas correctement, etc. » ? Ça stimulerait la recherche et ça améliorerait la sécurité de tous. On avancerait plus vite. Regardez ce que la régulation a fait pour l’aéronautique : elle l’a rendu incroyablement sûre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Ce spécialiste de la combustion des moteurs de fusée a imaginé Science 2024, une initiative visant à améliorer les performances des sportifs français avant les JO de Paris.
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Christophe Clanet, un physicien chez les sportifs

Ce spécialiste de la combustion des moteurs de fusée a imaginé Science 2024, une initiative visant à améliorer les performances des sportifs français avant les JO de Paris.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 08h43
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Dans le bureau de Christophe Clanet s’entassent des skis, des raquettes, des ballons, des flèches et un vélo. Cet arsenal inattendu chez un directeur de laboratoire aussi réputé que le laboratoire d’hydrodynamique de l’Ecole polytechnique (LadHyx), trahit certes le goût pour le sport de cet Ariégeois, formé, enfant, au rugby à Toulouse par l’international Jean-Claude Skrela. Surtout, il matérialise une thématique incongrue de recherche, la « physique du sport », dans laquelle cet ancien spécialiste de la combustion dans les moteurs de fusée s’est lancé il y a une dizaine d’années.
Le 4 juillet, ce directeur de recherche au CNRS concrétisera ce tournant par un accord avec d’autres établissements d’enseignement supérieur. « Ce sera peut-être l’un des plus beaux projets de ma carrière », ose Christophe Clanet à propos de l’initiative Science 2024, qui vise à améliorer les performances des sportifs français dans 44 disciplines olympiques et 22 paralympiques pour les JO à Paris, en 2024.
L’X, l’Ecole normale, l’Ecole centrale de Lyon, l’Ecole navale, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep), le CNRS… au total une quinzaine d’établissements seront les partenaires de ce projet original. Les coques des avirons ou des kayaks sont-elles les meilleures pour glisser ? Les empans des flèches peuvent-ils être améliorés ? A quelle vitesse optimale doit sortir la balle d’une arme ? « Les victoires se jouent à des détails, alors nous voulons proposer aux sportifs et à leurs entraîneurs une assistance venue de la physique », résume Christophe Clanet.
Du terrain aux équations
Pour cela, il suivra une méthode élaborée depuis sa thèse, en 1995, à Marseille, sur des expériences de propagation de front de flamme. « Pour aborder une question, il y a d’abord les mains et les yeux, c’est-à-dire le terrain et l’expérience. La tête, c’est-à-dire les équations, les modèles, vient après. Une expérience n’est pas...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ L’organisme suédois a rendu les conclusions de son enquête sur le chirurgien Paolo Macchiarini, auteur de greffes mortelles.
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L’Institut Karolinska sanctionne des lanceurs d’alerte

L’organisme suédois a rendu les conclusions de son enquête sur le chirurgien Paolo Macchiarini, auteur de greffes mortelles.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 07h00
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



The 2017 Nobel prize season kicks off with the announcement of the medicine prize, to be followed over the next days by the other science awards and those for peace and literature.
                                The 2017 Nobel prize season kicks off with the announcement of the medicine prize, to be followed over the next days by the other science awards and those for peace and literature.



                            
Ils avaient dénoncé les pratiques du célèbre chirurgien ­Paolo Macchiarini, expert en médecine régénérative, dont de nombreux patients sont morts après avoir reçu une trachée ­synthétique ou un greffon issu d’un donneur décédé, ensemencé avec leurs cellules souches. Le 25 juin, la direction du prestigieux Institut Karolinska (KI), à Stock­holm, qui décerne le prix Nobel de médecine, a estimé que deux des quatre chercheurs lanceurs d’alerte étaient « blâmables » et l’un d’entre eux « responsable » d’inconduite scientifique. En cause : leur signature apposée en haut d’au moins un des six articles dont ils avaient par la suite ­dénoncé le caractère frauduleux.
Une telle condamnation de lanceurs d’alerte est extrêmement rare – l’auteur principal étant en général le seul jugé coupable ­d’inconduite scientifique, en cas de fraude. La direction du KI a examiné la responsabilité de 43 chercheurs, signataires des six articles, parus dans le Lancet, le Journal of Biomedical Materials ­Research, Biomaterials et Thoracic Surgery Clinics, entre 2011 et 2014. Les articles décrivent le traitement par greffes synthétiques de trois ­patients soignés à l’hôpital Karolinska, entre 2011 et 2013, tous ­décédés depuis. Mais l’affaire Macchiarini a des ramifications ­au-delà de la Suède. Un décompte effectué par le blogueur allemand Leonid Schneider fait état d’une vingtaine de personnes greffées de voies respiratoires par Macchiarini (à Londres, Florence, Moscou, Krasnodar, Barcelone, ou encore dans l’Illinois), dont plus de la moitié seraient décédées.
Selon la direction du KI, les articles examinés contiennent « des inexactitudes graves » et des ­« informations trompeuses », ­notamment sur l’état de santé des patients avant la transplantation. Macchiarini n’a pas obtenu les autorisations nécessaires pour mener ses recherches, ni le consentement informé des ­patients, qui n’ont pas été avisés des risques et effets...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Une jeune femme témoigne de la souffrance physique et morale qui a accompagné son errance médicale avant que le diagnostic ait été posé, et même après.
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Maladie de Lyme : une douloureuse errance avant le diagnostic

Une jeune femme témoigne de la souffrance physique et morale qui a accompagné son errance médicale avant que le diagnostic ait été posé, et même après.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 17h33
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 10h34
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
« C’est un calvaire. » Eva (le prénom a été changé) arrive dans les bureaux du Monde cet après-midi de juin et confie avoir envie de pleurer. Elle était déjà venue dans nos ­locaux dans le cadre de ses précédentes fonctions dans les relations presse, lorsqu’elle était en état de travailler. Elle souhaite garder l’anonymat.
Le « calvaire » commence en ­février 2016. Elle décrit alors de fortes douleurs abdominales, un ventre gonflé – « On me laissait la place dans le métro ». Son gastro-entérologue diagnostique une gastrite et une amibiase. Après le traitement, elle va mieux, mais ressent de fortes douleurs au dos et se sent anormalement épuisée. Elle a alors 32 ans. « Mais, à l’époque, je travaillais énormément, et ce n’est pas si facile de faire la différence entre une fatigue liée au travail et autre chose », précise-t-elle.

En novembre 2016, elle a une péricardite (angine de poitrine), un bilan sanguin révèle plusieurs infections : cytomégalovirus, ­mononucléose… Elle est alors adressée à un infectiologue de l’Institut Pasteur, qui attribue sa fatigue à la mononucléose.
Puis, en mars 2017, elle « souffre terriblement du dos, de douleurs musculaires, d’une tendinite, de ­paresthésies diffuses… », décrit-elle. Son médecin suspecte une maladie de Guillain-Barré. Elle est alors hospitalisée à l’hôpital Sainte-Anne en raison de fourmillements dans les jambes, de fortes douleurs au dos… Le Guillain-Barré est écarté, de même que la sclérose en plaques. Puis un rhumatologue pensera à une fibromyalgie.
Nouveaux symptômes
A posteriori, elle voit sur les comptes rendus qu’il lui a été ­demandé si elle avait été piquée par une ­tique, ou a eu un érythème ­migrant. A cette époque, elle n’avait jamais entendu parler de la maladie de Lyme. Elle sort sans diagnostic, mais avec de nouveaux médicaments : Laroxyl, ­naproxène (anti-inflammatoire)…
Toujours tenaillée par la fatigue, elle...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le vaccin d’une société franco-autrichienne contre diverses souches bactériennes responsables de la maladie de Lyme est en cours d’évaluation.
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Maladie de Lyme : un vaccin possible, mais pas avant cinq ans

Le vaccin d’une société franco-autrichienne contre diverses souches bactériennes responsables de la maladie de Lyme est en cours d’évaluation.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 11h51
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            Pascale Santi








                        



                                


                            
S’il existe aujourd’hui un vaccin pour protéger les chiens contre la maladie de Lyme, il n’en est rien pour l’homme. Un seul est à ce jour en développement clinique, mené par la société de biotechnologie franco-autrichienne Valneva. Elle attend le feu vert de la FDA (Food and Drug Administration) américaine pour lancer l’étude de phase 2 de VLA15, vaccin pour la prévention de la maladie de Lyme. Environ 300 0000 cas aux Etats-Unis sont recensés chaque année, et 200 000 cas estimés en Europe.

« La maladie de Lyme est devenue un gros problème en France et dans l’hémisphère Nord. La population de tiques augmente avec le réchauffement climatique », nous explique Thomas Lingelbach, président du directoire de Valneva. Le vaccin VLA15, qui cible la surface externe de la protéine de la Borrelia, la bactérie transmise par la tique, vise les six sérotypes de la borréliose de Lyme les plus courants dans le monde. « Les données précliniques ont révélé que ce candidat vaccin avait le potentiel pour offrir une protection contre la majorité des souches de Borrelia pathogènes pour l’homme », souligne Valvena.
Procédure d’autorisation accélérée
Le vaccin pourrait être administré dès l’âge de 2 ans, mais le schéma de vaccination n’est pas encore arrêté à ce stade. Il a obtenu le « fast track » (procédure d’autorisation accélérée) de la FDA en juillet 2017 et « les résultats initiaux ­positifs de phase 1 publiés en mars ont ­démontré un profil d’innocuité favorable et une immunogénicité [capacité qu’a un antigène de provoquer une ­réponse immunitaire bien spécifique] encourageante », souligne Thomas Lingelbach. Les 180 volontaires sains de l’étude ont été vaccinés à trois reprises à un mois d’intervalle.

Un vaccin contre la maladie de Lyme avait déjà été commercialisé aux Etats-Unis en 1998, le Lymerix, avec un mode d’action identique à celui du vaccin de Valneva : les anticorps ciblent...




                        

                        

