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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Piko Taro s’est fait connaître en 2016 lors de la publication d’une vidéo absurde sur Youtube. Le succès international de ce tube appelé « Pen-Pineapple-Apple-Pen » lui a permis d’accompagner Donald Trump et Shinzo Abe. Rencontre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Formé par des membres de Rage Against the Machine, Public Enemy et de Cypress Hill, la formation a sublimé cette trentième édition de sa rage entre metal et rap.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Prophets of Rage, super-groupe aux Eurockéennes de Belfort

Formé par des membres de Rage Against the Machine, Public Enemy et de Cypress Hill, la formation a sublimé cette trentième édition de sa rage entre metal et rap.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 17h51
    |

                            Stéphanie Binet








                        



   


S’il y a bien un groupe pour résumer l’histoire des Eurockéennes, qui fêtent ce week-end à Belfort sa trentième année d’existence, c’est Prophets of Rage. Vendredi 6 juillet, ce super-groupe, formé par une partie des membres de la formation rap metal Rage Against the Machine, une autre des très politiques et historiques du hip-hop Public Enemy et le rappeur nasillard de Cypress Hill, B-Real, ont réalisé une démonstration de force devant plus de 30 000 personnes. Tout juste opéré une vingtaine de jours plus tôt de l’avant-bras gauche, le guitariste Tom Morello n’a pas une seule fois défailli tandis que le leader de Public Enemy, Chuck D, envoyait ses textes uppercuts. A B-Real, portant un keffieh tel un Palestinien en lutte, de haranguer la foule à coups de slogans « Débarrassons-nous de Trump ».

Chacun de ces artistes était déjà venu jouer avec leur formation originelle aux précédentes éditions des Eurockéennes, preuve que le festival rock est engagé depuis très longtemps dans la programmation du hip-hop depuis le début des années 1990, à une époque où cette culture contestataire n’était pas si populaire. Public Enemy a été le premier groupe de rap à jouer sur la grande scène en 1994. Cypress Hill avait remplacé au pied levé les NTM, empêchés par un énième souci judiciaire de JoeyStarr. En 1995, les métalleux de Rage Against the Machine faisaient déjà résonner leurs trois accords de basse, leur riff de guitare et leur fameux regain de Killing in The Name : « Fuck you, I won’t do what you tell me ! »

En 2016, c’est le guitariste du groupe Tom Morello qui eut l’idée de réunir ses anciens collaborateurs, le batteur Brad Wilk, le bassiste Tim Commerford et de faire appel aux rappeurs Chuck D et B-Real. Deux heures avant le concert d’une heure et demie que la formation allait donner aux Eurocks, le leader de Public Enemy précisait l’objectif du collectif en coulisses : « Pendant la campagne présidentielle de 2016, Tom a créé ce groupe car il en avait marre de se contenter de répondre sur Twitter ou autres réseaux sociaux à des commentaires sur ce moment très particulier où Donald Trump prenait toute la place dans les médias. Il a voulu faire plus que commenter l’actualité, et c’est pour ça qu’il m’a contacté. » Le super-groupe se cherchant un nom, Tom Morello a choisi de lui donner le titre d’un des morceaux de Public Enemy, Prophets of Rage, publié sur leur deuxième album en 1988, It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back : « A la fin des années 1980, se rappelle Chuck D tout en dessinant les sous-bois des Eurockéennes sur un cahier de croquis, la situation politique à New York était très intense, c’était une ville qui se moquait complètement de la communauté noire. Mon boulot en tant que musicien était de rappeler que nous existions, et de montrer qu’il y avait dans cette ville deux mondes différents qui cohabitaient mais ne se croisaient jamais. Notre morceau Prophets of Rage rendait hommage aux héros dont personne ne parlait dans les autres médias : Malcom, Marcus Garvey. »

Selon lui, le groupe qu’il forme avec Tom Morello aurait pour but de réveiller les prophètes de demain, « de reprendre le pouvoir » comme ils le chantent à Belfort, en détaillant les dégâts provoqués par la politique de Donald Trump, ou en soutenant dans leur chanson, Living on the 110, les SDF qui vivent sous l’autoroute 110 à Los Angeles.

Sur sa guitare, Morello a d’ailleurs écrit : « Armons les sans-abri » et au dos « Fuck Trump ». Et Chuck D, le sage, de nuancer : « Evidemment que cet homme est affreux, sauf qu’il ne s’agit pas que de lui mais de son électorat. Cinquante pour cent des Etats-Unis d’Amérique pensent, à l’instar du président, que le reste du monde est inférieur, comme si nous étions tous le public d’un match de foot et que nous devions brailler que nous sommes les numéros 1. Cette vision du monde m’a toujours fatigué, encore plus aujourd’hui, après trente et un ans à voyager dans plus de 108 pays. » Avec Prophets of Rage, il n’a pas fini de tourner et d’enregistrer des disques. Leur troisième album, annoncé par un single le matin même, Heart Afire, devrait être publié sous peu. Vendredi soir, Tom Morello n’a pas oublié de féliciter le public des Eurockéennes pour « sa rage » et les Français de la victoire contre l’Uruguay. Un résultat que le rappeur belge Damso, programmé sur la grande scène à 20 h 45, devrait commenter en cette troisième journée des Eurockéennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Fondée il y a juste vingt ans, l’Académie européenne de musique du Festival d’Aix-en-Provence dirigée depuis 2008 par Emilie Delorme fait aujourd’hui figure de prototype.
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Aix : « Il est vital d’inventer de nouvelles histoires à l’opéra »

Fondée il y a juste vingt ans, l’Académie européenne de musique du Festival d’Aix-en-Provence dirigée depuis 2008 par Emilie Delorme fait aujourd’hui figure de prototype.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h22
    |

                            Marie-Aude Roux (envoyée spéciale)








                        



   


Une exposition intitulée L’Académie du Festival d’Aix - 20 ans de création et d’ouverture, célèbre jusqu’au 24 juillet à l’Hôtel Maynier d’Oppède d’Aix-en-Provence, l’histoire des deux décennies de l’institution créée en 1998 sous le mandat de Stéphane Lissner en direction des jeunes artistes. Nous avons rencontré Emilie Delorme, qui la dirige depuis 2008.
Qu’est-ce qui différencie l’Académie d’Aix de ses homologues ?
On a fondé une grande famille, avec des dispositifs d’accompagnement qui permettent aux artistes, chanteurs, instrumentistes, compositeurs, metteurs en scène, de se former sur plusieurs années. Cela nous a permis par exemple d’offrir à Sabine Devieilhe plusieurs prises de rôle, de passer au compositeur Ondrej Adamek, présent chaque été depuis 2011, la commande de son opéra, Seven Stones. Au-delà de l’apprentissage, l’enjeu est aussi de les aider à devenir des artistes du XXIème siècle.
Qu’entendez-vous exactement par là ?
Des artistes ouverts sur le monde. Pour cela nous travaillons autour de quatre axes. Il y a d’abord l’interdisciplinarité nécessaire au travail des chanteurs à l’opéra, mais aussi des instrumentistes, qui se retrouvent de plus en plus souvent sur le plateau. Le deuxième axe est celui de la création lyrique : il est vital d’inventer et de raconter de nouvelles histoires capables de toucher le plus grand public. Le troisième aspect concerne enfin la médiation, pour laquelle les artistes sont de plus en plus sollicités. Quant au dernier volet, il concerne l’interculturel.
Une impulsion avivée par l’accueil de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée ?
Ces jeunes musiciens ont été intégrés à l’Académie en 2014 mais ils sont invités à Aix depuis 2010. Ils y ont accompli un travail en profondeur qui irrigue toute l’Académie. Maintenant, nous accueillons des personnes venues de tout le monde méditerranéen, dans toutes les disciplines et ça change les pratiques. Il y a des résidences qui mêlent musiciens classiques et improvisateurs issus de traditions orales. C’est devenu organique.
Avoir aujourd’hui une vision globale de la culture n’est, selon vous, pas négociable…
Cela va dans le sens de l’histoire. Les structures culturelles se posent actuellement la question de l’équité et la diversité, même si la France est loin d’être un pays figure de proue. Dans l’équipe, il y a une personne entièrement dédiée à l’obtention des visas et cela devient très compliqué notamment pour les Syriens, Turcs et Égyptiens. Mais il faut lutter : certains artistes auraient cessé d’être musiciens dans leurs pays s’ils n’étaient venus à Aix. Cela contribue aussi à préserver des cultures menacées.
Pourquoi dans ce cas une telle focalisation sur l’opéra ?
L’opéra a une portée symbolique que ne possède pas la musique purement instrumentale. Son aspect narratif ainsi que la multiplicité de ses composantes scéniques en font un art populaire par essence, capable de toucher tout le monde. Cela reste aussi un lieu de pouvoir fréquenté par nos classes dirigeantes, lesquelles doivent également s’ouvrir à d’autres cultures. L’opéra permet de joindre les deux bouts de la chaîne.
Il fut un temps où la médiation rebutait la plupart des artistes. Qu’est-ce qui a changé ?
Les jeunes ont fait le pas. Des programmes sont en train d’être mis en place dans certains conservatoires. Nous avons constaté que pour la majorité d’entre eux, la rencontre avec d’autres publics est fondamentale. Surtout s’ils ont l’impression qu’ils peuvent changer la vie de quelqu’un. Cette pratique de la médiation va même jusqu’à nourrir leur interprétation des œuvres.
De quelle façon ?
On a fait une expérience avec le Quatuor Arod et la chanteuse Marlène Assayag, qui joueront le Deuxième quatuor de Schoenberg dans le concert du 8 juillet pour les vingt ans de l’Académie. Durant quatre jours, ils ont travaillé à élaborer un programme participatif avec des enfants à qui ils ont demandé de s’allonger par terre pour écouter le dernier mouvement avec voix. Le résultat a été si probant qu’ils ont intégré cette « dramaturgie » dans leurs propres concerts.
Vingt ans après sa fondation, l’Académie d’Aix-en-Provence fait donc figure d’exemplarité ?
3 000 artistes sont passés chez nous en vingt ans. De 2007 à 2018, sous le mandat de Bernard Foccroulle, de nouveaux réseaux européens ainsi qu’en direction de la Méditerranée ont été fondés tandis que les équipes de création au service d’une politique de commandes étaient renforcées. A l’heure où de nouvelles maisons d’art lyrique sont en train de surgir un peu partout, et notamment dans les pays d’Afrique du Nord, la réflexion sur l’avenir de l’opéra est cruciale. Un satisfecit pour l’Académie qui a toujours porté en germe la recherche de nouvelles formes scéniques et l’ouverture aux cultures extra-européennes. Pierre Boulez dans les années 1990 n’avait-il pas fait venir gamelan balinais et percussions africaines ? Une profession de foi que le Franco-Libanais, Pierre Audi, successeur de Bernard Foccroulle à partir de 2019, ne pourra que conforter.
Les 20 ans de l’Académie. Concerts au Conservatoire Darius Milhaud d’Aix-en-Provence (13). Avec Marlène Assayag et le Quatuor Arod le 8 juillet à 15 heures. Avec Stéphane Degout et Alain Planès le 9 juillet à 20 heures. De 8 € à 25 €.
Journée anniversaire le 13 juillet. Ateliers musicaux participatifs, de 16 à 19 heures à l’Hôtel Maynier d’Oppède (gratuit, sur réservation). Concert « L’Alto à l’honneur » avec Tabea Zimmermann, Andrea Hill et Edwige Herchenroder au Conservatoire Darius Milhaud à 20 heures. De 8 € à 25 €.
Jam session avec des artistes issus de l’Académie et du Festival à l’Hôtel Maynier d’Oppède à partir de 21h30 (gratuit, accès libre). Academie.festival-Aix.com
Sur France Musique, Carrefour de Lodéon le 7 juillet de 14h30 à 16h30 au Conservatoire Darius Milhaud, diffusion en différé à 18 heures). Gratuit, accès libre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Dans les stades de Russie ou sur les routes du Tour de France, qui débute samedi 7 juillet, les commentateurs sportifs radio s’attachent, entre émotion et information, à faire vivre l’événement
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Quand le sport donne de la voix

Dans les stades de Russie ou sur les routes du Tour de France, qui débute samedi 7 juillet, les commentateurs sportifs radio s’attachent, entre émotion et information, à faire vivre l’événement



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h00
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        



   


À trois jours du début du Tour de France, c’est déjà la course pour Fanny Lechevestrier. La journaliste du service des sports de Radio France confie : « J’étais justement en train de réviser mes fiches avant de prendre la route pour Noirmoutier », ville-départ de l’édition 2018 de la Grande Boucle, qui aura lieu du 7 au 29 juillet. Comme l’an passé, elle « transmettra ses émotions » depuis l’arrière d’une moto située au cœur du peloton. « En radio, peu importe le sport, il faut faire vivre l’action comme un spectacle. Notre rôle est de donner à voir ».
Une mission d’autant plus importante que l’offre de sport à la télévision est devenue onéreuse et clairsemée, obligeant le téléspectateur à jongler entre plusieurs abonnements, voire à se tourner vers la radio. Un média qui a la capacité de proposer un service gratuit, mais sans les images. À charge pour le commentateur de suppléer à ce manque, en jouant subtilement entre information et émotion.
Jean Rességuié, 54 ans, dont trente passés à RMC, fait partie de ces personnages connus pour leurs folles envolées. L’intéressé s’en explique : « On se doit d’être beaucoup plus dans le descriptif qu’en télévision. Il faut savoir s’exprimer rapidement pour faire comprendre à l’auditeur ce qu’il se passe sur le terrain, tout en lui permettant de se situer par rapport à l’action. »

   


Une hypotypose qui n’est pas sans rappeler des souvenirs à Christian Ollivier, chef du service des sports de RTL, élu meilleur commentateur sportif de l’année 2013. « Dans les années 1950, on allait jusqu’à dire “à votre gauche l’équipe de France, et de l’autre côté du transistor…” Rien que ça, c’était fabuleux », dit-il. Pour tout commentateur, l’objectif est de prendre l’auditeur par la main, et de l’emmener au stade en lui donnant un maximum d’images possible. « Certains décriront platement les actions, d’autres vivront au contraire le match avec passion », ajoute Bruno Salomon, qui officie lors des matchs du PSG sur les ondes de France Bleu Paris. Il est connu des supporters pour son fameux « goooaaal » inspiré des journalistes sud-américains.
Chez tous d’ailleurs, le mot « passion » revient comme un leitmotiv pour justifier le côté expansif et chargé d’émotion de leurs propos. Selon Stéphane Besnier, correspondant d’Europe 1 dans le Grand Ouest, vivre pleinement un moment ne veut pas dire en rajouter. « Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout le monde peut regarder le résumé d’une action. Il est donc impossible de travestir la qualité d’un match pour attirer l’auditeur », note-t-il. Un point de vue partagé par Christian Ollivier : « Surjouer en continue une rencontre qui est une purge, est un véritable dilemme. Transmettre des émotions est une chose, mentir en est une autre. On reste journalistes avant tout. »

   


Jean Rességuié lui assume ses envolées, en particulier lorsqu’il s’agit de l’équipe de France ou d’un club Français en coupe d’Europe. « Je me laisse facilement emporter. Cela fait partie de ma marque de fabrique de parler vite et fort. Parfois, on me dit que j’exagère car lorsque le ballon n’est pas tout à fait aux abords de la surface, mon débit s’intensifie. Mais mon travail, c’est de tout faire pour capter l’auditeur, et qu’il reste. »
Évolution du métier
Depuis quelques années, l’exercice du commentaire sportif sur les ondes a évolué. Ce qui consistait à parler de la première à la dernière seconde avec le même débit, et sans valeur ajoutée, n’existe plus. Aujourd’hui, à l’instar de la télévision, la tendance en radio est au dispositif. « À RTL par exemple, la proportion de commentaire est de 60 %. Le reste n’est que de la plus-value apportée par les consultants en studio à Paris », détaille Christian Ollivier. Sur RMC, Jean Rességuié concède également ne jamais commenter l’intégralité d’un match : « On ne dépasse pas généralement les deux minutes de commentaire, après quoi le présentateur reprend la main. J’interviens uniquement en cas d’action chaude ».
Résultat, quand un match est mauvais, les consultants peuvent prendre le relais évitant ainsi aux commentateurs de le survendre pour combler les silences. Ce changement touche aussi les radios locales. « À France Bleu, on commente toujours de bout en bout, mais depuis maintenant cinq ans, un consultant m’accompagne dans mon travail, explique Bruno Salomon. C’est plus facile à deux. On peut se raccrocher à plein de paramètres pour décrypter un rendez-vous, sans avoir besoin d’amplifier quoi que ce soit. »



Football, athlétisme, handball, tennis… D’une discipline à l’autre, l’exercice diffère sensiblement, ainsi que l’explique Fanny Lechevestrier, qui a suivi le Stade Français pendant six ans pour France Bleu Paris : « Même entre le foot et le rugby, qui sont a priori des sports assez proches, il existe des distinctions. On va par exemple avoir beaucoup plus d’arrêts de jeu au rugby avec l’utilisation de la vidéo ou lors des mêlées. Au foot, c’est en train de changer avec la VAR [assistance vidéo à l’arbitrage] mais globalement les moments de silences potentiels sont moins nombreux. »
Si au football et au rugby, la circulation du ballon rythme les propos du commentateur, la tâche s’avère plus ardue avec le tennis ou la Formule 1, comme le souligne Jean-Luc Roy, spécialiste des sports mécaniques à RMC : « Ce sont des sports chronophages. En Formule 1, quand c’est possible, on essaye de s’appuyer sur les liaisons radio entre pilotes et écuries. Mais le plus souvent notre propos est didactique afin d’expliquer les nombreuses règles qui régissent ce sport. » Autrement dit, plus il y a d’intensité, plus il est facile de commenter un sport.

   


« En théorie seulement », nuance Christophe Jousset, journaliste au service des sports de RFI : « En athlétisme, une finale de 100 mètres se fait en équilibre constant. La course dure au maximum 10 secondes. Si on bute sur le moindre mot, c’est foutu. Généralement, on se concentre sur le favori et ses deux plus gros concurrents. » Une particularité que l’on retrouve également en natation. « Sur un 50 mètres nage libre, il faut faire preuve d’une fulgurance incroyable », analyse Stéphane Besnier. « En cyclisme, seul les fins d’étapes sont intéressantes à commenter », remarque de son côté Christian Ollivier. « Le reste du temps, poursuit Fanny Lechevestrier, on donne des éléments techniques sur la course, les paysages, ou des anecdotes de peloton. » 
La télé se fait radio
On connaissait la radio filmée, mais moins la télévision qui se transforme en radio. « La Grande soirée » sur la chaîne L’Equipe apparaît comme l’application télévisée du dispositif radio. À savoir : deux commentateurs en cabine et des consultants en plateau prêts à réagir. Comme s’ils étaient en studio, les journalistes ne regardent jamais la caméra. Leurs yeux sont rivés sur des écrans que le téléspectateur ne voit pas.
Raphaël Sebaoun et Candice Rolland ont été associés au projet de radio numérique RTL-L‘Equipe, de 2007 à son abandon en 2012. Quand il leur a été proposé de commenter pour la chaîne L’Equipe des matchs sans images, ils ont tout de suite accepté. « On fait en quelque sorte ce qu’on faisait en radio. Simplement, il ne faut pas oublier que des gens nous regardent », précise Candice Rolland. « Notre objectif, c’est vraiment d’aller chercher un public qui ne va pas allumer la radio parce qu’il a besoin d’images », ajoute Raphaël Sebaoun, en place depuis la première rencontre, Chelsea-PSG, le 9 mars 2016. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le concept fonctionne. Inspiré d’un format italien, « La Grande Soirée » séduit en moyenne 200 000 téléspectateurs, avec un record établi à 380 000 en mars 2017, lors de l’emblématique Barcelone-PSG.
Le duo s’est rapidement adapté au format, avant de se constituer en trio avec le trublion et détonant Yoann Riou dès leur première saison. « Dans la préparation, explique Raphaël Sebaoun, l’approche est différente. Sur un commentaire TV, comme je viens en complément de l’image, je travaille davantage le fond qu’en radio où je sais que ma mission première est de décrire ce qu’il se passe. »

   


Mais le direct peut réserver quelques surprises. « Une fois, sur un Paris-Nice, il s’est mis à pleuvoir et les coureurs ont commencé à se couvrir. Du coup je n’arrivais plus à les distinguer, et il était très difficile pour moi de donner l’arrivée aux auditeurs », s’amuse Fanny Lechevestrier. Comme pour dire que si l’épreuve du commentaire est risquée, elle l’est davantage en radio, où tout repose parfois sur le seul commentateur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le Festival d’art lyrique accueille la création aixoise du chef-d’oeuvre de Prokofiev et la première mise en scène du Polonais Mariusz Trelinski en France.
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Aix : Un « Ange de feu » entre David Lynch et Thérèse d’Avila

Le Festival d’art lyrique accueille la création aixoise du chef-d’oeuvre de Prokofiev et la première mise en scène du Polonais Mariusz Trelinski en France.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h13
    |

                            Marie-Aude Roux (envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’opéra a ses modes et certains ouvrages longtemps silencieux donnent soudain de la voix. C’est le cas de L’Ange de feu de Prokofiev donné pour la première fois jeudi 5 juillet au Festival d’Aix-en-Provence, dont on a vu fleurir quelques récentes belles productions, à commencer par celle qui défrisa le début de saison en 2016 à l’Opéra de Lyon avec la soprano lituanienne Ausriné Stundyté et le chef d’orchestre Kazushi Ono, également présents au Grand Théâtre de Provence.
Composé entre 1919 et 1927 d’après le sulfureux roman symboliste de Valeri Brioussov, L’Ange de feu, dont la création a été accueillie en 1954 par le Théâtre des Champs-Elysées (une version de concert en français) parle d’amour et de possession diabolique, dont témoignent une écriture musicale à l’expressionnisme foisonnant. Visitée dès l’enfance par un « ange de feu », Madiel, la jeune Renata n’aura de cesse de s’unir à lui. Sa rencontre avec le comte Heinrich, incarnation possible de l’Ange, l’apaise avant qu’un nouvel abandon ne plonge la malheureuse dans une quête désespérée qu’accompagne le chevalier servant de Renata, Ruprecht, apprenti sorcier et auxiliaire en magie noire.

Le metteur en scène polonais, Mariusz Trelinski, ne croit visiblement pas au diable. Plus d’apparitions divines ou diaboliques pour Renata, paumée hystérique et junkie qui se suicidera à l’instar d’une héroïne de David Lynch (Trelinski, diplômé de l’Ecole de cinéma de Lodz, est également réalisateur). Dès lors la course à l’abîme de Ruprecht, pathétique représentant de commerce broyé dans les rouages d’une fascination équivoque, gagne en poignante humanité. L’aîné n’est pas loin : impossible de ne pas penser à Krzysztof Warlikowski devant ce monde interlope de prostituées, dealers, escrocs, faux mages et ces étranges guitaristes Rockabilly, succédanés de l’Ange, que rassemble un méchant motel de passe.

Seul hic : en faisant du dernier acte une sorte de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Thomas Jolly met en scène avec brio toute la démesure de la tragédie de Sénèque.
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Festival d’Avignon : la violence de « Thyeste » déchire les murs de la Cour d’honneur

Thomas Jolly met en scène avec brio toute la démesure de la tragédie de Sénèque.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 09h34
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 09h36
    |

            Brigitte Salino (envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il faisait encore jour quand une nuée d’enfants est entrée dans la Cour d’honneur, vendredi 6 juillet. Portant des masques blancs et des cheveux noirs, ils couraient en tous sens, et cela aurait pu être une joyeuse sarabande si des mots n’étaient venus la trouer, tels une épée s’enfonçant dans un corps. Des mots terribles, comme jamais il n’en fut entendu entre les murs du Palais des papes : ceux de Thyeste, de Sénèque, dans une mise en scène de Thomas Jolly, qui se joue jusqu’au 15 juillet et qui fera date, et sûrement débat. François Hollande et Françoise Nyssen, la ministre de la culture, étaient dans les gradins, à côté d’Olivier Py, le directeur du festival, et il soufflait juste assez de mistral pour que les éléments soient de la partie, dans une pièce où le soleil inverse sa course en plein jour, tant le monde est perturbé.

Par quoi ? La barbarie. Totale, définitive, brute. De celles qui font que les mots manquent, comme Sénèque lui-même le dit dans sa tragédie à nulle autre pareille, où l’innommable n’est pas montré, mais relaté : Thyeste mange ses trois fils, que son frère Atrée a tués, dépecés et fait cuisiner, parce qu’ils sont nés de la femme qu’il aimait et que Thyeste lui a pris. Cela pourrait suffire à l’horreur si Thyeste ne se retrouvait pas « enceint » de ses enfants, qu’il sent bouger dans ses entrailles. Ainsi le veut la malédiction de Tantale, qui n’a pas de limites et à qui Sénèque donne les habits noirs d’une langue, extraordinairement traduite par Florence Dupont, qui ne se refuse aucune fureur et n’hésite devant rien, ni l’imprécation, ni le lieu commun, ni le sentimentalisme.
Une pièce aussi particulière arrive rarement sans raison
Il y a une outrance insensée dans Thyeste, et il très probable que seul un metteur en scène comme Thomas Jolly pouvait aujourd’hui nous plonger dans cet univers où il vaut mieux écarter la question de pourquoi la barbarie advient, pour ne retenir que celle de comment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le Fonds régional d’art contemporain installera ses réserves au sein de la Fondation Fiminco.
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Le FRAC Ile-de-France s’implantera à Romainville fin 2019

Le Fonds régional d’art contemporain installera ses réserves au sein de la Fondation Fiminco.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 09h08
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                            Emmanuelle Lequeux








                        



   


Encore un converti aux joies du Grand Paris : l’an prochain, le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) Ile-de-France franchira le périphérique pour installer la totalité de ses réserves au sein de la Fondation Fiminco, structure créée en 2016 par le groupe immobilier du même nom. Dernière arrivée dans le paysage culturel, elle ouvrira ses portes en mai 2019 à l’orée de Romainville et de Pantin, et vient d’annoncer ce partenariat. Fort de 1 600 œuvres, le FRAC avait du mal à les conserver dignement sur son modeste site parisien des hauts de Belleville, et cherchait depuis quelques années à trouver un nouvel espace en banlieue.

        Lire le reportage :
         

          Pendant les travaux, la Fondation Fiminco ouvre ses portes



La plupart des ses équivalents en région avaient en effet déjà franchi, au début des années 2010, le stade de la « nouvelle génération », en s’offrant des bâtiments flambant neuf qui leur avaient permis de passer à la vitesse supérieure. Certes, son directeur Xavier Franceschi avait bien étendu l’empire en ouvrant un second lieu, à Rentilly : il investit désormais, en plus de ses expositions parisiennes, un manoir retapé avec éclat par le plasticien Xavier Veilhan, qui lui permet de dédoubler sa programmation culturelle.
« Une réserve active »
Mais l’urgence se faisait sentir. Le FRAC rejoint donc l’aventure de la Fondation d’entreprise Fiminco, qui sera dotée sur 11 000 m2 d’une vingtaine de résidences et d’ateliers d’artistes, de deux studios de danse, d’un auditorium, et accueillera également cinq galeries de joli calibre, elles aussi décidées à sortir de Paris : Fabienne Leclerc, Jocelyn Wolff, Air de Paris, Imane Farès et Vincent Sator.
Gérald Azancot, président du groupe Fiminco : « Le FRAC couvrira 2 000 m2, dont un tiers ouvert au public »
« Nous avons sollicité différentes institutions, mais le FRAC nous a semblé le plus opportun, détaille Gérald Azancot, président du groupe Fiminco. Il couvrira 2 000 m2, dont un tiers ouvert au public, ce qui lui permettra de créer une réserve véritablement active, voire interactive. Les visiteurs pourront demander à consulter les œuvres, qui pourront être déballées sur place ».
Installée dans une ancienne usine pharmaceutique, entièrement réhabilitée par la jeune agence d’architecture Freaks (également chargée avec l’agence Big de construire la future Meca, Maison de l’économie créative de Bordeaux), la Fondation sera également équipée d’une salle d’exposition installée dans une impressionnante chaufferie, cathédrale industrielle dotée d’un mur de briques de verre de 18 mètres de haut. « Nous la mettrons à disposition des galeries, mais aussi bien sûr du FRAC, tout comme nous leur mettrons à disposition des ateliers qui pourront accueillir les artistes à qui ils commandent des œuvres. »
« Un véritable écosystème »
Déjà mécène dans le domaine de la musique (le groupe soutient notamment l’orchestre de Paris), Fiminco cherche à créer dans cette zone plutôt déshéritée, proche de la N3, un « véritable écosystème » qui viendrait en pendant d’un autre gros projet qu’il mène en parallèle, de l’autre côté de la rue : un vaste village de marques, des logements réalisés par Jean-Michel Vilmotte, et des ateliers d’artisans d’art. « Ce site ne nous intéressait pas au début, il devait être démoli, mais dès la première visite, j’ai compris son potentiel, poursuit Gérald Azancot. Le FRAC l’avait déjà visité avant nous, mais avait renoncé pour des raisons budgétaires. Notre force de frappe a permis de réaliser de grosses économies d’échelle qui ont rendu le projet de réhabilitation réalisable. »
En bonne intelligence public/privé, c’est le conseil régional, co-tutelle du FRAC avec l’Etat, qui se porte acquéreur du futur bâtiment, livré au dernier trimestre 2019. Mais ce n’est qu’un début : Fiminco promet des projets d’aussi grande envergure, à une encablure de là, autour du spectacle vivant.
Sur le Web : www.fraciledefrance.com et www.fondationfiminco.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Pour Gaël Leiblang qui interprète « Tu seras un homme papa », le mondial de football est un rendez-vous lourd d’émotions retenues. On a regardé avec lui France-Uruguay.
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A Avignon, la Coupe du monde vue des loges

Pour Gaël Leiblang qui interprète « Tu seras un homme papa », le mondial de football est un rendez-vous lourd d’émotions retenues. On a regardé avec lui France-Uruguay.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h59
    |

            Laurent Carpentier








                        



   


Et un et deux et trois zéro… en 2014, année de la dernière Coupe du monde de football, cette scansion victorieuse, il la criait pour son fils, Roman, son troisième enfant, qui venait de naître. Et puis ils avaient perdu. Leur fils. Roman souffrant d’une maladie congénitale n’avait survécu que treize jours à sa naissance prématurée. « Treize jours c’est court », souffle-t-il sur scène, racontant cette promesse de l’aube devenue cauchemar et dont il a fait une pièce entre requiem et catharsis : Tu seras un homme, papa.
Théâtre de La Luna. Avignon, vendredi 6 juillet. 16 h 40. Dans sa loge, Gaël Leiblang, 41 ans, lève les deux bras. Sur un coup franc de Griezmann, Varane vient de tromper le gardien uruguayen. Goaaaal… Le comédien a posé son smartphone sur la table de maquillage. Pendant qu’il se prépare physiquement (sur scène il boxe, court, déclame en faisant de la corde à sauter) il ne quitte pas des yeux la retransmission. Entre lui et la Coupe du monde c’est une longue histoire.
A commencer par celle de 1986, lorsque ses parents se sont séparés, que son père est parti, Alain Leiblang, journaliste sportif, longtemps rédacteur en chef du magazine Onze, bras droit de Platini à la fédération française, chef du service de presse pour la Coupe du monde de 1998. Peut-être est-ce pour lui faire plaisir que le jeune Gaël a voulu lui aussi devenir journaliste sportif avant de se tourner vers le documentaire et d’être aujourd’hui sur les tréteaux du Off en Avignon.
Pas question de reporter quoi que ce soit
Zut. La retransmission bloque. Vite, un reset sur le téléphone. De toute façon son spectacle démarre comme tous les jours à 17 h 25, il ne pourra pas voir la fin du match. Pas question de reporter quoi que ce soit. Dans ces petites salles (ici, 67 places) les horaires sont aussi verrouillés que les prix de location. Car, même si une trentaine de dates sont déjà prévues à Paris au Lucernaire cet automne, c’est ici que se fait le marché…
Tu seras un homme, papa : quand, de cette chronique qu’il avait tenue pendant la trop courte vie de son fils, Gaël Leiblang a imaginé faire une pièce de théâtre, il a tout de suite pensé à Thibault Amorfini. Les deux hommes se sont connus, enfants, à traîner dans les vestiaires lorsqu’ils accompagnaient leurs pères au Variétés football club où ceux-ci jouaient (Jean-Jacques Amorfini est un ancien milieu défensif du Red star). Thibault a une compagnie de théâtre depuis une dizaine d’années. Dernièrement, il assistait Vincent Macaigne sur sa pièce Je suis un pays au théâtre de la Colline à Paris.
60e minute du match. Frappe de Griezmann. Deuxième but de la France. Delphine Menjaud, qui travaille avec Olivier Saksik sur la promotion de la pièce, a du mal à ne pas hurler. Son père à elle est arbitre. Mais ici, pas le droit de faire du bruit : derrière la fine cloison, le spectacle précédent se termine. Gaël et Thibault se tapent les mains sans les claquer.

        Lire aussi :
         

                Avignon : la jeune garde qui bouscule le théâtre public



Et sans un regard pour la fin du match, du haut de son 1 m 87, le comédien monte sur scène. Pour tenter de rendre supportable cette plongée dans les limbes de la vie, les deux hommes filent la métaphore sportive. Où l’on voit le comédien, maniant l’autodérision, expliquer au médecin qui remarque à l’échographie que la taille du fémur de Roman est trop courte : « Bah on peut être un grand sportif et petit de taille, c’est bien d’avoir un centre de gravité bas. Lionel Messi fait 1 m 69 ». 50 minutes plus tard, comme tous les jours, les lois de la gravité le rattrapent. Tristesse. Applaudissements. Rappels. Dans la loge, son smartphone affirme que la France est en demi-finale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Connu dans le monde entier, l’architecte évoque sa vision de la discipline et les difficiles rapports qu’il entretient avec sa ville Osaka. Le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective à Paris cet automne, dans le cadre de cette manifestation.
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« Japonismes 2018 » : Tadao Ando, combattant de l’architecture japonaise

Connu dans le monde entier, l’architecte évoque sa vision de la discipline et les difficiles rapports qu’il entretient avec sa ville Osaka. Le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective à Paris cet automne, dans le cadre de cette manifestation.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h00
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

A Osaka, la ville natale de Tadao Ando, le plus célèbre des architectes japonais, son bureau est construit le long de la voie ferrée. Ce n’est pas un ouvrage impressionnant, on passerait à côté sans le remarquer, et pourtant. Il est son laboratoire d’essais, son terrain d’expérimentation, son « exercice de style » comme il dit. Construit, déconstruit, reconstruit, six fois au fil des années.
Dans la salle de réunion, le mur de béton est fendu d’une trouée horizontale qui permet, lorsqu’on est assis à la longue table, de regarder passer les trains. « Pourquoi une si longue table ? Parce que les délégations chinoises débarquent toujours en nombre. Et j’ai beaucoup de clients chinois ces derniers temps. Depuis que j’ai réchappé de la maladie, les Chinois voient en moi un porte-bonheur. Certains débarquent alors qu’ils n’ont jamais vu mon travail », s’amuse l’architecte, lauréat du Pritzker Prize 1995, râblé et au nez du boxeur qu’il fut autrefois.
Ses yeux vous jaugent, ses paroles tranchent, et le petit aréopage d’assistants qui l’entourent tremble dès que le maître âgé de 76 ans fait mine de vouloir un feutre pour dessiner. « Les Français, quand ils luttent, ils le font à fond, dit-il en souriant. En mai 1968, j’étais à Paris, j’ai vu Sartre et Beauvoir de loin, tout le monde jetait des pierres et moi aussi… La semaine dernière, j’étais à Paris, c’était la grève générale… »
Sur tous les fronts
On suggère que son ami ­François Pinault, pour qui il réagence aujourd’hui la Bourse de commerce de Paris, n’était pas sur les barricades. Le maître ne rebondit pas. Proche du couturier Issey Miyake depuis plus de cinquante ans, de Karl Lagerfeld qui lui a présenté François Pinault, du rockeur Bono (« Il est venu me voir dans l’Eglise de la lumière que j’ai construite à Ibaraki, il a chanté “Amazing Grace”, j’ai compris… »), intime de l’artiste sud-coréen Lee Ufan dont il conçoit en ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Entre Tokyo et Osaka, voyage à la rencontre des artistes, plasticiens, designers et metteurs en scène, qui participent à cet événement qui se déroule de juillet 2018 à mars 2019.
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« Japonismes 2018 » : Paris accueille le meilleur de la création nippone

Entre Tokyo et Osaka, voyage à la rencontre des artistes, plasticiens, designers et metteurs en scène, qui participent à cet événement qui se déroule de juillet 2018 à mars 2019.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h00
    |

            Laurent Carpentier (Tokyo et Osaka (Japon)








                        



                                


                            

L’odeur de la terre remonte des maraîchages alentour. Une fraîcheur de printemps enveloppe les vieilles maisons ­traditionnelles. La porte ouverte d’un hangar vétuste laisse entrevoir un distributeur automatique de laitues pour qui veut s’arrêter là et y glisser quelques yens. Au loin, des deux ­côtés du fleuve Ujigawa (ou Yodo), dans cette ­banlieue de Kyoto, les barres d’immeubles déferlent par vagues. Et dans le soir qui tombe, de gros moustiques viennent tarauder un ­zèbre empaillé.
C’est ici que l’artiste Kohei Nawa a installé son quartier général. Une ancienne fabrique de sandwichs où s’agitent, studieux et silencieux, une trentaine de graphistes, plasticiens, designers et architectes. D’un seul mouvement, l’œil embrasse ce que l’opération « Japonismes 2018 : les âmes en résonance » – qui, jusqu’en mars 2019, va rassembler en France une cinquantaine d’événements prestigieux – voudrait avant tout nous donner à voir : le mariage de la tradition et de la modernité.
Combinaison de travail noire impeccable, décontractée et chic, sandales en tissu stylisées blanc et noir, Kohei Nawa reçoit en son atelier. Autour de lui : sculptures passées et à venir ; grands tableaux où, à coups de coulures géométriques, il interroge les lois de la gravité ; et puis ces cerfs taxidermisés, prisonniers d’une enveloppe de bulles de verre comme d’immenses furoncles transparents et déformants, qui l’ont fait connaître.
Un trône sous la Pyramide du Louvre
« Au début, je n’étais pas vraiment conscient d’être un artiste japonais, mais à force de côtoyer des artistes étrangers, j’ai réalisé que je défendais quelque chose de ma culture », raconte celui qui, il y a encore quelques années, du temps où il participait à l’exposition collective « Bye Bye Kitty !!! », plaidait pour l’universalité.
C’est à cette coqueluche des collectionneurs asiatiques, quasi inconnue en France (l’art contemporain japonais reste à 80 % un ­marché domestique) que la Fondation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Parmi les parutions qui marquent les 70 ans de l’Etat d’Israël, fondé en 1948, l’important « Persévérance du fait juif », de Danny Trom, revient aux sources bibliques pour éclairer le destin politique du pays.
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Israël, les raisons d’être. Entretien avec Danny Trom

Parmi les parutions qui marquent les 70 ans de l’Etat d’Israël, fondé en 1948, l’important « Persévérance du fait juif », de Danny Trom, revient aux sources bibliques pour éclairer le destin politique du pays.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h00
    |

                            David Zerbib (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Persévérance du fait juif. Une théorie politique de la survie, de Danny Trom, EHESS/Gallimard/Seuil, « Hautes études », 512 p., 28 €.

Danny Trom, chercheur au CNRS, s’efforce de bâtir une sociologie de l’expérience politique. Après avoir travaillé, notamment, sur les problèmes publics dans la ville et sur les conflits dans l’aménagement du territoire, il s’est spécialisé dans l’étude des collectifs ­politiques modernes. Son nouvel essai, ­Persévérance du fait juif, analyse, à l’heure où l’on commémore le 70e anniversaire de la naissance d’Israël, les fondements mal identifiés d’une tradition politique juive.

Votre livre interroge ce qui relie les juifs de la diaspora à l’Etat d’Israël, bien qu’il leur soit a priori étranger. ­Chaque fois qu’Israël est menacé, ­relevez-vous, ils sont saisis d’une ­angoisse, comme la philosophe ­Hannah Arendt lors de la guerre des Six-Jours, en 1967. Comment ana­lysez-vous ce paradoxe ?
Ce rapport particulier n’a pas trouvé d’explication théorique. Le paradoxe est d’autant plus saillant dans le cas de juifs dits « émancipés », comme Hannah Arendt ou, en France, Raymond Aron, qui écrivit par exemple à cette époque : « Ce petit Etat qui n’est pas le mien, s’il ­venait à disparaître, m’ôterait jusqu’à ­l’envie de vivre. » Pourquoi réagit-il ainsi ? La réponse est à chercher dans une forme d’expérience politique de la précarité, que le rétablissement de la république et des Etats-nations en Europe après la guerre n’a pas suffi à apaiser. Il y a eu un affaiblissement de la confiance des juifs dans l’Etat, lié aux événements qui vont de la montée de l’antisémitisme au XIXe siècle jusqu’à la Shoah, en passant, en France, par Vichy. L’Etat d’Israël joue alors un rôle de réassurance à travers un Etat supplémentaire, pris essentiellement dans sa fonction protectrice.
Vous montrez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ André Chouraqui, Michel Abitbol, James Horrox… les livres essentiels qui marquent cet événement.
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Soixante-dix ans de l’Etat d’Israël, les parutions

André Chouraqui, Michel Abitbol, James Horrox… les livres essentiels qui marquent cet événement.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 07h46
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                            Florent Georgesco








                        



                                


                            Entretien. Ferveur et la lucidité d’André Chouraqui
A l’heure d’Israël, de Léon Askénazi et André Chouraqui, édité par Denis Charbit, Albin Michel, « Présences du judaïsme », 224 p., 17,50 €.
L’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël offre l’occasion de réveiller le souvenir d’un de ses citoyens les plus remuants, et les plus ardemment dévoués à en préserver les promesses : l’écrivain, traducteur, juriste et homme politique André Chouraqui (1917-2007). Deux inédits paraissent en même temps – un livre d’entretien et sa thèse de doctorat en droit –, rappelant que cette fidélité, chez un homme qui, Français d’Algérie, s’installa à Jérusalem dès 1950, pouvait être fervente, absolue, amoureuse et, aussi bien, d’une lucidité intransigeante sur les trahisons de l’idéal universaliste sans lequel, à ses yeux, Israël ne serait plus lui-même.
Ces dispositions inséparables ressortent fortement de sa conversation avec le rabbin, spécialiste du Talmud, Léon Askénazi (1922-1996). Enregistrée à Jérusalem durant l’été 1987, elle n’avait pas été transcrite jusqu’à la présente exhumation, menée sous la direction du sociologue et politologue Denis Charbit. « Ensemble, dit André Chouraqui à son ami, nous avons vécu l’histoire de cette extraordinaire génération (…) qui a eu le privilège unique de voir, après les abîmes de la persécution et de la déréliction, les cimes de la renaissance (…). Et aujourd’hui, face à ce paysage qui est celui de notre Jérusalem historique, nous nous rencontrons pour faire le bilan. »
Dans sa belle présentation, Denis Charbit montre que ce bilan se focalise sur les relations qui, selon les deux hommes, structurent la vie d’Israël : des juifs avec les chrétiens et les musulmans, d’Israël avec la diaspora, du politique et du théologique… Et, bien sûr, des Israéliens et des Palestiniens, sujet qui permet à André Chouraqui d’exprimer, face à un Askénazi moins enthousiaste,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Auteure des mangas « A Silent Voice » et « To Your Eternity », la dessinatrice de 29 ans était l’une des invitées de la convention Japan Expo, le grand rendez-vous en France de la culture japonaise.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Yoshitoki Oima, mangaka : « Je n’ai pas envie d’épargner mes personnages »

Auteure des mangas « A Silent Voice » et « To Your Eternity », la dessinatrice de 29 ans était l’une des invitées de la convention Japan Expo, le grand rendez-vous en France de la culture japonaise.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 07h00
    |

            Pauline Croquet (Propos recueillis par)








                        



   


En 2015, les lecteurs français de manga acclament Yoshitoki Oima, jeune auteure de moins de 30 ans qui signait un manga pour adolescents poignant et original, abordant le thème du harcèlement et du handicap. A Silent Voice, dont l’adaptation en film animé débarque dans les salles de cinéma en août prochain (deux ans après le Japon), raconte comment Shoya, un ancien harceleur, reprend contact une fois lycéen pour s’excuser auprès de sa victime, Shoko, une ancienne camarade de classe de primaire sourde et muette.
Deux ans plus tard, la mangaka surprend de nouveau avec la publication d’une nouvelle série dramatique difficilement descriptible, et construite comme une quête d’identité. To Your Eternity commence avec l’arrivée sur Terre d’un être immortel et immatériel. Une force pure qui va prendre, au fil de son expérience et de son apprentissage, la forme d’animaux puis d’êtres humains qu’il pourra croiser. Pour sa première visite en France, Yoshitoki Oima est allée à la rencontre de ses lecteurs à Japan Expo, qui se tient au Parc des expositions de Villepinte jusqu’à dimanche 8 juillet. L’auteure se laisse difficilement percer à jour et semble aussi mystérieuse que sa série.
Rares sont les mangas qui parlent de handicap. D’où vous est venue l’idée de « A Silent Voice » ?
Il y a une personne malentendante dans mon entourage, j’ai été touchée directement par ce sujet. A l’époque où j’ai imaginé A Silent Voice, je n’étais pas encore mangaka installée à Tokyo. Je me suis dit que si je voulais avancer un peu plus vite dans ma carrière, il serait plus judicieux de parler de choses qui m’étaient proches.
Comment avez-vous travaillé pour aborder de façon la plus réaliste possible la situation de Shoko, l’héroïne ce manga ?
Il se trouve que ma mère est interprète en langue des signes, ce qui m’a permis d’être au plus proche de ce langage. Pour le reste, les détails techniques, ils sont le fruit de recherches sur Internet.
La série, très acclamée en France, revient sur le devant de la scène avec la sortie du film en août prochain. Celui-ci vous a t-il donné envie d’enrichir votre histoire avec de nouveaux chapitres ou, de votre côté, « A Silent Voice » est bel et bien terminé ?
L’histoire n’a pas de suite. Je ne pense pas que je me pencherai sur d’autres chapitres. Je pourrais bien entendu le faire, mais je ne pense pas que je puisse apporter quelque chose d’intéressant. Il est mieux de préserver l’œuvre.
C’est grâce à cette série que vous avez été reconnue internationalement. Aviez-vous peur que l’on vous cantonne à ce style de manga plutôt social ?
Je n’ai parlé du thème de la surdité que parce qu’il s’agissait d’une situation que je connaissais. Je ne me sentirais pas en mesure d’écrire sur d’autres handicaps par exemple, donc la question ne s’est même pas posée.

    Hit #manga artist Yoshitoka Oima, creator of #ASilentVoice / #KoeNoKatachi meeting fans and promoting her new book, To Your Eternity at #JapanExpo! #JapanExpo2018 Une publication partagée par  What's A Geek (@whatsageek) le 6 Juil. 2018 à 4 :18 PDT 

Votre série suivante, « To Your Eternity », change radicalement et rassemble différents styles de dessins et d’influences. D’où est parti le concept ?
J’ai moi-même du mal à décrire cette série, mais je peux vous dire que j’ai l’impression de raconter ma propre histoire. A Silent Voice avait un motif fort, et je souhaiterais que les lecteurs abordent To Your Eternity avec plus de légèreté, même si c’est une histoire qui nécessite de réfléchir beaucoup et que je ne pense pas encore avoir fourni tous les éléments de compréhension de l’histoire aux lecteurs.
Il semble aussi que vous abordiez en majorité des thématiques difficiles, sombres. Est-ce une démarche volontaire ? Vous décririez-vous comme quelqu’un de triste ?
Dans les trois séries que j’ai écrites [Mardock Scramble, sa première série adaptée de romans a été publiée en 2009 au Japon], il y a un thème commun : comment arriver à se satisfaire de la vie qu’on a, comment on y survit. Chaque série à mon sens fonctionne de la même manière et me permet de rester cohérente.
Après, il est certain que mes histoires sont le reflet d’une partie de ma personnalité. Sinon, cela ne serait pas plaisant à faire.
Vous n’avez aucune difficulté à vous séparer de personnages, à les faire mourir quand d’autres mangakas renoncent à le faire. C’est absolument nécessaire ?
Les personnes que je côtoie dans ma vie personnelle vont mourir pour des raisons indépendantes de mon fait. Cela me paraît normal de répercuter ça dans mon travail, je n’ai pas envie d’épargner ou de prendre soin coûte que coûte de mes personnages, surtout si cela ne sert pas l’histoire. Ce que l’on peut faire en une vie est limité et je n’aime pas l’idée que je peux mourir sans avoir fait tout ce que je souhaitais. Je veux confronter mes personnages à cette idée.

        Lire aussi :
         

                « A Silent Voice », harcèlement scolaire et handicap






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » vous propose une sélection d’émissions à voir ou écouter en différé.
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Paroles de pères, bêtises de chiots, femmes au front : nos replays du week-end

Chaque samedi, « La Matinale » vous propose une sélection d’émissions à voir ou écouter en différé.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 06h38
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Du foot surréaliste à Bucarest, des femmes photographes de guerre, d’adorables chiots et un podcast sur les pères : des replays pour agrémenter un week-end ensoleillé.
« Match retour » sous Ceausescu

   


Célèbre cinéaste de la talentueuse école roumaine, Corneliu Porumbiu signait il y a cinq ans cet incroyable Match retour. Son principe ? Commenter, en compagnie de son père, Adrian, le match au sommet disputé le 3 décembre 1988 sous la neige de Bucarest et télévisé en direct à l’époque entre le Steaua et le Dinamo, les deux clubs de football les plus prestigieux de la capitale roumaine. Adrian Porumbiu arbitrait cette rencontre à haut risque entre le club de l’armée cher à Nicolae Ceausescu, et celui de la tristement célèbre Securitate.
Pendant que les images (« à la qualité préhistorique », comme le souligne Adrian) du match défilent, le père et le fils dialoguent en voix off. Corneliu fait parler Adrian sur sa façon d’arbitrer, les enjeux politiques, les pressions subies. Et voilà comment un match de championnat roumain disputé il y a trente ans sur un terrain à la limite du praticable devient une formidable leçon d’histoire. Un document à ne pas rater. Alain Constant
« Match retour », de Corneliu Porumbiu (Roumanie, 2013, 92 min). Sur Arte.+7 jusqu’au 8 juillet.
La guerre dans l’œil des femmes



Voilà un beau documentaire qui rend hommage aux femmes photographes de guerre. Existe-t-il un regard spécifiquement féminin sur les conflits armés ? Pourquoi certaines partent-elles si jeunes au front ? Des questions qui trouvent parfois des réponses à travers les portraits de plusieurs fortes personnalités.
De la Viennoise Alice Schalek (1874-1956), devenue la première correspondante de guerre au monde, à la Française Christine Spengler qui a travaillé sur des terrains aussi dangereux que l’Afghanistan, le Tchad ou le Kosovo, en passant par la célèbre Gerda Taro, morte à 26 ans, écrasée par un char lors de la guerre civile espagnole, ces femmes ont photographié les horreurs de la guerre au plus près.
Sans oublier la mythique Lee Miller (1907-1977), peinte à six reprises par Picasso, adorée par Man Ray et dont les photos de guerre, notamment celles prises en 1944 au cœur de l’Allemagne dévastée, sont passées à la postérité. « Pour moi, photographier la guerre, c’est du surréalisme devenu réalité ! », disait-elle. A.Ct
« Femmes photographes de guerre », de Sigrid Faltin (Allemagne, 2016, 52 min). Sur Arte+7.
Au plus près des chiots



Filmé à hauteur de toutou, ce programme original suit les aventures de chiots en plein apprentissage de la vie : de leur naissance à leurs débuts dans le monde extérieur. Le réalisateur Peter Chinn et ses équipes ont notamment accompagné des portées de chiots pendant les premières semaines de leur existence, afin d’étudier leurs comportements. Des tribus de dalmatiens, de labradors ou encore de braques de Weimar, à travers toute l’Angleterre. De races variées, tous les chiots ont leur spécificité et leur personnalité, que n’oublie pas de souligner la voix off.
Sans prétention, ce documentaire dresse un portrait émouvant de ces petites bêtes. Parfois simpliste, jamais barbant. Caméra posée la plupart du temps au sol, le film offre quelques plans cocasses, aux accents enfantins. Rempli d’humour et de légèreté, il ravira les petits et les grands. Camille Langlade
« Une vie de chiot, nouvelle génération », de Peter Chinn (Royaume-Uni, 2016, 85 min). Sur France.tv
« C’est papa » : en l’absence des fils

   


Les messages laissés par les pères sur le répondeur de leurs fils débutent souvent par un classique : « Allô c’est papa ». La suite, comme on peut l’entendre dans le documentaire de Mathilde Guermonprez, peut réserver diverses variations. Tels les appels sans raison, « Bon j’ai vraiment rien à te dire mais c’était simplement que je voulais entendre ton répondeur » ; les absurdes, « Je t’appelle pour savoir si tu regardes dans le ciel en ce moment parce qu’il y a un truc énorme qui tourne (…), peut-être des ovnis ». Et bien sûr, les appels à l’aide souvent liés aux nouvelles technologies – question de génération – « Si tu peux me rappeler à propos de la air box », « J’ai un problème avec mon Mac… »
Pour obtenir ces instantanés de vie, Mathilde Guermonprez a récolté 214 messages vocaux en lançant un appel à contribution sur les réseaux sociaux. La méthode avait déjà fonctionné dans sa version « C’est maman », en avril 2015. Et, là encore, elle nous donne envie de consulter notre messagerie pour réentendre les nôtres d’une autre oreille. Léa Demirdjian
« C’est papa », de Mathilde Guermonprez (France, 2018, 4 min) sur Arte Radio.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. La série créée par Ben Sinclair et Katja Blichfeld constitue un portrait enchanteur de la New York « bobo » d’aujourd’hui (sur OCS à la demande).
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TV – « High Maintenance », d’une grâce stupéfiante

Notre choix du soir. La série créée par Ben Sinclair et Katja Blichfeld constitue un portrait enchanteur de la New York « bobo » d’aujourd’hui (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS à la demande

High Maintenance (2012-2015), de Ben Sinclair et Katja ­Blichfeld, a commencé sa carrière sur Internet. La plate-forme de vidéo à la ­demande Vimeo en a d’abord diffusé, entre novembre 2012 et ­février 2015, les cinq premiers « cycles » – car il est difficile de parler de « saisons » pour cet ­ensemble de 5 × 3 épisodes (ou 4, dans le cas du cycle 2) de huit à vingt minutes.
L’originalité du ton, du scénario et la fantaisie douce-amère des auteurs ont convaincu la chaîne câblée nord-américaine HBO, qui n’a pas froid aux yeux en matière de sujets « sensibles », d’en commander un nouveau cycle de six épisodes de quelque trente minutes chacun. Une deuxième saison de dix épisodes a suivi et l’on sait, depuis février, que HBO a confirmé la commande d’une troisième.
Chaque épisode conte une histoire différente, jouée par des acteurs en général non récurrents, à l’exception de « The Guy » (« le Mec »), un dealer new-yorkais de marijuana à bicyclette, « aux allures de John Malkovich jeune » (ainsi que le décrit un personnage), formidablement interprété par Ben Sinclair lui-même.
Chaque visite du dealer chez ses clients est l’occasion pour lui d’être l’oreille plus ou moins consentante de leurs névroses, souvent carabinées, voire le complice forcé d’événements tragicomiques de leurs vies.

   


L’un des épisodes les plus intéressants de la saison 1 se concentre sur l’existence morose d’un chien – son maître, dépressif et boulimique, n’étant que rarement filmé au-dessus des épaules. La caméra suit l’animal, qui retrouve la joie de vivre au contact d’une « dog walker » (une « promeneuse de chiens ») avant de s’enfuir, recueilli par de nouveaux maîtres.
Cet épisode n’entretient qu’un rapport ténu avec la drogue, qui semble ne constituer qu’un simple et allusif prétexte à inclure ce petit bijou passablement excentrique au propos.
Le premier épisode de la saison 2 montre comment tout un groupe de jeunes bobos se voit chamboulé de manière tragicomique en apprenant, au réveil, une nouvelle qui allait, au-delà de leurs ­pires cauchemars, changer la face des Etats-Unis. Evidemment, « le Mec » fait ce jour-là l’une des meilleures recettes de sa carrière, tant étaient nombreux ceux à vouloir s’abstraire de cette réalité.

   


Cette nouvelle sidérante, traitée différemment, était aussi l’« accroche » du premier épisode de « Cult », la septième saison ­d’American Horror Story, créée par le prolifique Ryan Murphy. Elle était développée ensuite comme un ressort dramatique, alors que, dans High Maintenance, la « bulle » bobo, une fois le choc initial encaissé, n’en semble pas ­affectée.
On aura décelé une sorte d’amollissement du récit au mitan de la saison 2. Dans l’épisode 5, « le Mec » fait une chute et se retrouve aux urgences. Ce qui est l’occasion d’une pause assez étrange et passablement longuette qui ferait presque décrocher le spectateur. L’épisode 6 est lui aussi un peu creux, malgré sa fonction de « séquence onirique ». Mais la suite de la saison ramène l’enchantement qu’on avait cru, à tort, compromis.
A vrai dire, High Maintenance n’a rien, dramatiquement, d’une série. Mieux vaut la considérer comme un enchaînement de nouvelles (au sens littéraire du terme) filmées qui finissent, en s’agrégeant, par créer un tout en forme de portrait de la New York bourgeoise bohème d’aujourd’hui, ­bigarrée, excentrique, aussi agaçante qu’attachante.
High Maintenance, saisons 1 et 2, série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair. Avec Ben Sinclair (EU, 2016-2018, 6 × 20 min et 10 × 20 min). OCS Go à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A voir aussi ce soir. Gabriele Mainetti transpose avec fantaisie l’univers des super-héros en bord de Tibre (sur Canal+ Cinéma à 23 h 25).
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TV – « On l’appelle Jeeg Robot » : trop fort ce Romain

A voir aussi ce soir. Gabriele Mainetti transpose avec fantaisie l’univers des super-héros en bord de Tibre (sur Canal+ Cinéma à 23 h 25).



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h30
    |

                            Thomas Sotinel








                        


Film sur Canal+ Cinéma à 23 h 25

A quoi sert un super- héros ? Si l’on en croit les multinationales Marvel ou DC, à pallier les insuffisances de l’humanité, que les scénaristes de comics et de films confondent avec la nation états-unienne. L’insécurité, le réchauffement climatique, les tensions internationales, la réforme de l’éducation… Rien qui soit hors de portée d’un Superman, de trois ou quatre Fantastiques, d’un géant vert et caractériel.
Mais que reste-t-il du reste, de l’humanité, cette immense majorité qui n’est pas titulaire d’un passeport américain ? Avec le film de Gabriele Mainetti, les Italiens disposent de Jeeg Robot, un pauvre type d’une cité sordide de la périphérie romaine à qui sa déliquescence morale confère des super­pouvoirs issus d’une des activités favorites de la Mafia, le traitement frauduleux des déchets.
Un super-héros à la fois fort et corrompu, hors-la-loi et dernier rempart de la cohésion sociale, un rêve italien, donc, mis en scène avec un mélange de sauvagerie satirique et de premier degré. Quand on découvre Enzo Ceccotti (Claudio Santamaria), il court dans les rues du centre de Rome pour échapper aux policiers. En plongeant dans le Tibre, il perce un baril dont s’échappe un liquide noir. Remonté à la surface, Enzo regagne son appartement où il se livre à son occupation favorite : se masturber devant des films pornographiques tout en avalant des quantités de crème dessert. Cette quiétude est troublée lorsque notre lamentable héros s’aperçoit qu’il est doué d’une force surhumaine.
Un finale pendant Lazio-Roma
Celle-ci lui permet d’arracher un distributeur de billets. Mais aussi de sauver sa jolie voisine des griffes d’un gang de narcotrafiquants. Alessia (Ilenia Pastorelli) souffre de troubles psychiques post-traumatiques, qui la conduisent à confondre le monde réel et celui des anime japonais. Elle rebaptise Enzo « Jeeg Robot » et le lance sur la voie de la justice.
Le scénario et la mise en scène jouent avec habileté du va-et-vient entre le film de gangsters à la ­Romanzo criminale, et la fantaisie. La seule constante est l’attachement à l’environnement romain, et le film culmine en un finale presque apocalyptique pendant un derby Lazio-Roma. Il y a une certaine justice poétique à voir les jeux du cirque revenir au bercail.
On l’appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti. Avec Ilenia Pastorelli, Luca Marinelli (It., 2015, 118 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Né au Cameroun, Sifoør est l’une des figures de l’afro-rap. Il s’inspire du makossa et du hip-hop américain.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤         

Sifoør, la nouvelle scène du rap camerounais



LE MONDE
              datetime="2018-07-06T16:50:59+02:00"

        Le 06.07.2018 à 16h50






Durée : 03:13 | 

Dans ses chansons aux rythmes entraînants, Sifoør célèbre l’amusement et le travail, ce qu’il appelle le « ndjoka ». Après une enfance à Douala, le rappeur a passé son adolescence au Kenya, puis a poursuivi ses études de marketing en France, où il a commencé des collaborations avec des artistes de la scène rap française comme Black Kent. Son nouvel EP, O’Bosso vol 2, sort en septembre.


                

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                     Au Maroc, indignation après la condamnation des meneurs du Hirak


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Avec son projet « El Sueño Americano » (« Le rêve américain »), l’Américain Tom Kiefer photographie les objets que transportent les migrants sans papiers.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ 
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<filnamedate="20180707"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180707"><AAMMJJHH="2018070719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Dix ans après le lancement du projet, un espace éphémère, préfigurant le futur lieu culturel, ouvre ses portes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Les Ateliers Médicis pour réenchanter Clichy-sous-Bois

Dix ans après le lancement du projet, un espace éphémère, préfigurant le futur lieu culturel, ouvre ses portes.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h52
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Au bout de l’allée des Cinq-Continents de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le long de la promenade de la Dhuys, des enfants ont pris d’assaut les hamacs rouges qui joignent les poutres d’un gros portique en bois. D’autres jouent au ping-pong, à côté ; sur la tranche des tables, on peut lire « C’EST OUVERT ! ». Avec leur classe, ils sont venus découvrir les Ateliers Médicis – du nom du lieu de résidence pour artistes à Rome –, nouvelle institution consacrée à la création artistique et à la transmission dans cette banlieue ­emblématique des échecs répétés de la politique de la ville.
A peine sortis de la présentation d’un ­projet photographique réalisé dans le cadre d’une résidence hors les murs, les gamins ont pris possession des lieux. Devant le bâtiment, les médiateurs, jeunes adultes originaires de Clichy et de Montfermeil, semblent eux aussi dans leur élément. Calés dans des fauteuils sculptés dans le même bois de récupération que les tables de ping-pong, ils se querellent mollement. « La France n’a que de la haine pour nous », assène l’un d’eux, tandis qu’un autre s’échine à démontrer que la naissance de ce lieu prouve le contraire : « Elle t’aime, la France, et tu ne t’en rends même pas compte ! »
Edifiée en à peine un an, cette grosse cabane de bois et de taule de 800 m2 coiffée d’un chapiteau carmin vient colmater une brèche honteuse, vieille de plus de dix ans. L’idée des Ateliers Médicis est née en 2005, au lendemain des émeutes de ­Clichy-sous-Bois qu’avait déclenchées la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna ­Traoré, alors qu’ils étaient poursuivis par la police.
Pour héberger l’établissement, on a d’abord voulu réhabiliter la tour Utrillo
En réaction, les maires de ­Clichy et de Montfermeil ont ­exploré diverses pistes pour désenclaver leurs communes, et la construction d’un grand équipement culturel doté d’une résidence d’artistes travaillant main dans la main avec la ­jeunesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Malgré une belle distribution, la mise en scène de la Britannique parasite le chef-d’œuvre de Richard Strauss.
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Aix : une « Ariane » tourmentée par Katie Mitchell

Malgré une belle distribution, la mise en scène de la Britannique parasite le chef-d’œuvre de Richard Strauss.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h24
    |

                            Marie-Aude Roux (Aix-en-Provence, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Pilier du Festival d’Aix-en-Provence depuis 2012, la Britannique Katie Mitchell y présentait ce 4 juillet sa sixième mise en scène, pour la première fois dans le mythique Théâtre de l’Archevêché qui scella les débuts de la manifestation lyrique en 1948, il y a juste 70 ans. Après les réussites de la création de Written on Skin, de George Benjamin, du baroque Alcina, de Haendel, et de l’inclassable du XXe siècle qu’est le Debussy de Pelléas et Mélisande, c’est au tour d’Ariane à Naxos, de Richard Strauss, autre inclassable.
Entre révérence mozartienne et tentation wagnérienne (difficile de croire qu’elle n’est que parodique), Ariane est un opéra à thèse, qui pose en virtuose la question du genre au théâtre (confrontation entre tragédie et comédie) et à l’opéra – à qui accorder la primauté, texte ou musique ? Les tragiques, donc (Bacchus, Ariane et ses « nymphes »), versus les comiques (Zerbinette et ses acolytes).
Le genre est l’affaire de Katie Mitchell, comme le prouvent un Maître à danser en « folle » à talons aiguilles aussi déhanché qu’un balancier d’horloge comtoise ou le couple « le plus riche de Vienne » qui voit l’homme et la femme échanger robe rouge de diva et smoking. Des mécènes capricieux et béotiens, dont, affirme la metteuse en scène, il convient d’« interroger la relation » avec l’opéra.
Numéro de haute voltige
Une relation brouillonne qui rassemble les artistes sur le plateau à l’instar d’une nouvelle domesticité, et fait passer les interprètes au second plan. A commencer par le malheureux Compositeur, dont la profession de foi, harcelée par une direction d’acteur mouche du coche, finit par laisser triompher le primat d’une mise en scène à la boulimie narcissique.
Que Katie Mitchell n’ait rien à dire et se doive de le dissimuler sous un amoncellement de détails scéniques de fourmilière ne serait pas si grave s’il s’agissait...




                        

                        

