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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord n°8 : terre en vue

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 18h36
    |

            Patricia Jolly








                        





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le vortex de déchets du Pacifique Nord, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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#Plastique Pacifique : Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de micro-plastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au coeur de cette mixture mitonnée par l’homme qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.


   



Dix septième et dernier jour de mer… Soudainement le sondeur de Tara n’a plus indiqué que quelques centaines, puis quelques dizaines de mètres de profondeur. A la lueur des feux de navigation de la goélette, le bleu profond de l’océan Pacifique a tourné au vert boueux, marque de sa rencontre avec les alluvions de la Columbia River. De puissantes odeurs terriennes nous ont assaillis tandis que la VHF, mutique depuis Honolulu, se remettait à crachoter les messages des gardes-côtes et du bateau-pilote orange dépêché pour nous chaperonner entre les collines boisées d’Astoria (Oregon) qui barraient l’horizon rougeoyant.


   



Sur les haubans, le pavillon bleu-blanc-rouge et la Bannière Etoilée flottaient en parfaite symétrie, et ce symbole comptait double. Quelle ironie, en effet, que d’entrer aux Etats-Unis par la mer, au lendemain de l’annonce par le président Donald Trump de la démission de son climato-sceptique ministre de l’environnement, Scott Pruitt, après avoir traqué des jours durant les micro-plastiques qui infestent le Great Pacifique Garbage Patch...
Route vers le port d’Astoria
Comme pour fêter cela, Stéphane Mazevet, astrophysicien de l’Observatoire de Paris et invité du bord, a grillé un cigare en contemplant la terre que nous avions perdue de vue depuis des jours avec l’assurance de l’homme prêt à conquérir une exoplanète. Le photographe Samuel Bollendorff s’est mis à mitrailler le lever du soleil, sujet qui d’ordinaire répugne l’artiste qui sommeille en lui. Le capitaine Yohann Mucherie, lui, a entrepris le nettoyage du pare-brise du poste de pilotage, histoire d’épater le pilote d’Astoria, Steven Ackerman, prêt à sauter sur Tara pour la mener à quai. Obligeamment, le capitaine Ackerman, un John Wayne en veste de quart fluo et jeans repassés, a offert un casquette au maître de notre bord. Puis il s’est appliqué à pointer du doigt tout au long du chenal les meilleurs pubs de sa ville surnommé « la petite San Francisco » pour son relief accidenté. L’on pouvait dés lors gager qu’il y aurait sous peu quelques marins français pour chanter dans le port d’Astoria.


   



Dans sa bannette, Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine du Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-mer (Alpes-maritimes), cheffe de mission scientifique sur Tara, et auteure avec son équipe d’une campagne d’échantillonnage hors norme dans la grande poubelle de plastique du Pacifique tournait et se retournait. Les dizaines de mises à l’eau de ses filets collecteurs désormais lavés et remisés, et les 300 et quelques cryo-tubes bourrés de micro-plastiques qui dormaient dans les congélateurs du bateau dans l’attente d’être minutieusement analysés par différents laboratoires -français, américain et monégasque- étaient un motif de satisfaction mais l’avenir proche lui posait question.
Un an d’analyses
« Comment faire comprendre au public que le résultat de notre travail n’est pas instantané et que nous avons besoin d’un an pour mener des analyses minutieuses sur la génomique, la génétique bactérienne, les champignons, les cyano-bactéries, la faune et la flore qui colonisent les plastiques, ou sur leur concentration et leur taille, avant de pouvoir mettre en commun nos résultats pour dresser un état des lieux précis de la pollution dans le Pacifique nord permettant aux décideurs d’adopter des mesures concrètes pour en venir à bout ? », s’interrogeait la scientifique la veille, à l’issue de la présentation de son projet par Skype au ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à l’occasion d’un comité inter-ministériel de la biodiversité.


   



Nous l’avons laissée avec sa question à bord de Tara, dans le port d’Astoria, pour regagner la France en souhaitant que les consommateurs de produits plastiques comprennent dans l’instant l’urgence d’un changement de comportement sans attendre les résultats des analyses. La goélette qui doit maintenant faire escale à Portland (Oregon) repartira ensuite pour San Diego, afin de poursuivre l’expédition Tara Pacific, un périple entamé il y a deux ans, pour mesurer l’impact du changement climatique sur les récifs coralliens du Pacifique. Il doit s’achever le 27 octobre dans son port d’attache de Lorient.

« Tara », une série en plusieurs épisodes
Cap sur la « soupe » de plastiquesLes défis d’une navigation scientifique « propre »Veillée d’armes aux abords du vortex de déchets du Pacifique NordDans l’œil du vortex de déchets du Pacifique NordOn a plongé dans la grande poubelle du Pacifique... deux foisVariations sur le plastiqueAlgues, plancton et spleenTerre en vue





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.
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Richard Florida : « La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme »

Le géographe Richard Florida étudie l’évolution des villes. Après leur déclin puis leur gentrification, il constate qu’aujourd’hui les grandes métropoles internationales sont inaccessibles à ceux qui y travaillent.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 13h00
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Dans le petit monde de la pensée urbaine, il est un peu une « rock star », aimé ou critiqué, mais connu de tous. L’Américain Richard Florida, professeur à l’université de Toronto, s’est fait connaître grâce à son best-seller prémonitoire, The Rise of the Creative Class (Basic Books, non traduit). Paru en 2002, cet ouvrage raconte le grand mouvement de reconquête des villes américaines par les professions intellectuelles, les artistes, les jeunes actifs, les chercheurs, et l’essor de toute l’économie qui y est associée. Cette ­gentrification a été, selon lui, le moteur de la ­renaissance de nombreuses villes américaines. En 2017, Richard Florida, qui est aussi cofondateur du magazine CityLab, a publié The New ­Urban Crisis (« La Nouvelle Crise urbaine », non traduit). Il y raconte une tout autre histoire.
Les villes américaines ont été au centre de vos travaux de recherche. Quel récit ­faites-vous de leur histoire récente ?
Quand j’étais petit, dans les années 1960 et 1970, les villes américaines étaient en déclin. A Newark (New Jersey), où je vivais, les boutiques, les restaurants, les usines traditionnelles, comme celle de lunettes où travaillait mon père, fermaient. Tous ceux qui le pouvaient – c’est-à-dire toute la classe moyenne, dont je faisais partie – quittaient les villes. On a alors assisté à l’essor des banlieues résidentielles. ­Ensuite, à partir de la fin des années 1990, et surtout pendant les années 2000, de nombreux centres-villes délaissés ont commencé à être ­investis par la « classe créative ». Par les professions intellectuelles, les gays, les artistes… Bref, par tout un mouvement bohème qui a alimenté une nouvelle économie de boutiques, restaurants, de nouveaux services, de festivals, etc. Et qui a permis aux villes de redevenir attractives pour une grande partie de la population. Et je ne parle pas seulement de New York ou de San Francisco. Des villes comme Denver, Philadelphie, Detroit, Pittsburgh sont revenues sur le devant de la scène grâce à cette revitalisation postindustrielle.
Aujourd’hui, vous racontez que les villes sont à nouveau en crise. Quelle forme prend-elle ?
Le problème, c’est que quelques grandes ­métropoles internationales concentrent la ­majorité des richesses, et deviennent de plus en plus inaccessibles. Dans ces villes superstars, l’explosion des prix de l’immobilier chasse peu à peu les artistes, les professions intellectuelles, les créatifs des quartiers qu’ils avaient investis. Mais ce ne sont pas les moins bien lotis, car ceux-ci trouvent souvent d’autres quartiers ­populaires où ils peuvent s’installer. Ce qui est terrifiant, c’est que les policiers, les pompiers, les gens qui travaillent dans des boutiques ou des restaurants, les infirmiers, les artisans, les jardiniers doivent quitter ces grandes villes, devenues trop chères. Et vivre beaucoup plus loin, dans des zones mal desservies par les transports en commun. La nouvelle crise urbaine n’est pas une crise du déclin des villes, comme dans les années 1970. C’est une crise causée par leur succès. Et la conséquence, c’est qu’aux Etats-Unis nous avons d’un côté une petite vingtaine de métropoles superstars, entrées de plain-pied dans l’économie de la connaissance, et de plus en plus riches. Et tout le reste du pays qui plonge et s’appauvrit. La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme contemporain.
Les grandes villes européennes font-elles face, selon vous, aux mêmes défis ?
Oui, je crois. A mesure que la gentrification s’accélère, nous assistons à ce que l’essayiste ­Simon Kuper a appelé la « ploutocratisation » des grandes villes. Les métropoles ne sont plus des endroits pour héberger des gens, mais les supports de placements immobiliers peu risqués, réalisés par des personnes ou des entreprises très riches. Et cela va continuer. Pour des supervilles comme Paris, New York ou Londres, nous n’en sommes qu’au début. C’est un problème, car une ville sans diversité, sans ­mélange, cela devient une ville vide, neutre, blanche… Une ville meurt quand elle n’arrive pas à retenir son énergie créative et sa diversité. Le défi de Paris, comme celui de New York, c’est de trouver un modèle de développement ­urbain qui soit plus inclusif, et non pas à l’avantage des plus riches. La grande différence, c’est qu’en Europe, vous avez des gouvernements ­nationaux et locaux qui marchent, et qui ont un sens de l’action publique. Vous avez la possibilité de lancer des politiques dans les domaines des transports, de la construction de logements, des routes, de l’éducation, afin de remédier aux inégalités territoriales. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Vous, les Européens, devriez voir ­notre situation comme une alerte, un contre-exemple : ne suivez pas notre voie !
La crise urbaine, c’est donc d’abord celle des villes petites et moyennes, qui meurent petit à petit ?
Oui, c’est certain. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, il y a moins de pauvres dans les grandes métropoles que dans les villes périphériques et dans les zones rurales. C’est là que la crise des opioïdes fait des ravages. C’est là que les emplois disparaissent, à mesure que ferment les zones industrielles et les centres commerciaux. C’est là, où se concentrent toutes les difficultés économiques du pays, que les gens ont voté pour Donald Trump à la dernière élection présidentielle.
Mais le vote Trump, ce ne sont pas seulement les riches et les intellectuels des métropoles contre les classes moins favorisées des zones rurales et périphériques. C’est aussi un clash sur les valeurs. Les citadins, riches ou pauvres, ont tendance à valoriser davantage l’ouverture aux autres, l’accueil des immigrés, la liberté d’être homosexuel, l’égalité entre femmes et hommes… Habiter dans les grandes villes, c’est avoir un mode de vie plus cosmopolite et moins patriarcal qu’ailleurs – plus « européen », quelque part. Le reste du pays, qui subit de plein fouet la crise, se sent aussi menacé par ces nouvelles valeurs.
Vous avez écrit dans « CityLab » que ­certaines zones rurales attirent désormais des jeunes, des créatifs, des intellectuels. Est-ce une nouvelle tendance ?
Oui, c’est un mouvement qu’on observe aux Etats-Unis, mais qui n’est pas complètement nouveau – pensez au petit village de Woodstock qui continue d’attirer beaucoup de jeunes. En raison des prix des loyers dans les grandes villes, de plus en plus de créatifs s’installent dans de petites villes rurales, attirés par leur cadre de vie – il s’y développe une nouvelle économie autour du tourisme vert, de l’art, de la gastronomie… Mais cette évolution ne concernera qu’une ­petite minorité de villes rurales : celles qui ne sont pas trop loin des zones urbaines denses, qui sont bien connectées par les transports, qui se situent dans de belles régions proches d’un lac, de la mer, ou d’une université…
Amazon a lancé une compétition entre les villes nord-américaines pour accueillir son deuxième siège, avec des milliers d’emplois à la clé. Que pensez-vous de cette méthode ?
C’est n’importe quoi. Et c’est un jeu très dangereux. Même les maires les plus progressistes du pays sont en train de se mettre à genoux devant Amazon, et c’est à qui offrira les conditions ­fiscales les plus avantageuses à cette entreprise. Ces maires sacrifient de l’argent qui aurait pu être utilisé pour investir dans les transports ­publics ou dans le logement abordable. En ­Europe, tout le monde crierait au scandale ! Tout cela est grave, car cela mine les fondations de l’action politique, ce que je trouve terrifiant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Les trombes d’eau qui continuent à tomber rendent très difficiles les opérations de secours.
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Japon : des pluies torrentielles font au moins 30 morts et 1,6 million d’évacués

Les trombes d’eau qui continuent à tomber rendent très difficiles les opérations de secours.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 15h47
   





                        



   


Les pluies torrentielles qui s’abattent depuis quatre jours sur l’ouest du Japon, provoquant inondations et glissements de terrain, ont fait au moins 30 morts, ont annoncé les autorités samedi 7 juillet, tandis que la chaîne NHK a donné de son côté un bilan de 49 morts.
Les dégâts causés par les précipitations records enregistrées sur plusieurs régions, notamment Hiroshima, Kyoto et Okayama, s’aggravent d’heure en heure. Ces pluies torrentielles et exceptionnelles ont entraîné des crues inédites, des glissements de terrain et des inondations, piégeant de nombreux habitants malgré des ordres d’évacuation donnés par les autorités locales.
Les trombes d’eau qui continuent à tomber rendent très difficiles les opérations de secours. Le premier ministre Shinzo Abe, parlant de « situation extrêmement grave », a appelé à « un effort maximal » pour tenter de sauver les personnes prises au piège des inondations.
Alerte maximum
L’Agence météorologique du Japon a placé de nombreuses régions de l’ouest du pays en état d’alerte maximale – utilisé uniquement lorsque les précipitations atteignent des niveaux survenant une fois toutes les quelques décennies.
La télévision montre, notamment dans la région d’Hiroshima, des images d’un pont emporté par les flots d’une rivière boueuse, de secouristes tentant difficilement de creuser dans la boue recouvrant des maisons, ou de gens réfugiés sur les toits.
L’Agence météorologique prévoit que les pluies devraient continuer jusqu’à dimanche dans l’Ouest. Les précipitations devraient aussi commencer à toucher l’est du pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les antispécistes jugent que la violence n’est pas de leur côté.
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Des boucheries angevines visées par des défenseurs des animaux

Les antispécistes jugent que la violence n’est pas de leur côté.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h46
    |

                            Yves Tréca-Durand (Angers, correspondant)








                        



                                


                            
Une vitrine cassée et des tags saignants. Les vandales sont passés à l’acte dans la nuit du 26 au 27 juin à Angers. Le slogan de la boucherie – « L’art, le goût, la tradition » – a été détourné au marqueur noir : « L’art du meurtre, le goût de la mort, la tradition spéciste ».
Bertrand Lebouc, aimable boucher qui a quitté il y a quatre ans les bords de Loire pour ce quartier urbain dit de la place du Lycée, calme et bourgeois, n’a pas perdu le sourire, mais reste interdit. « De notre côté, nous ne sommes pas dans la provocation. On ne comprend pas ce genre de comportement agressif, confiait-il au lendemain de l’agression. Nos apprentis ont été choqués. Ils se sont demandé s’ils risquaient de se faire agresser. Et nos clients n’ont pas compris que des gens puissent ainsi imposer leurs idées par la violence. »
Boucher lui aussi, Yannis Lusson, est installé à moins d’un kilomètre de là, place de la Madeleine, un autre quartier cossu. Il a vécu une mésaventure désagréable mais nettement moins violente il y a quelques mois. « Un dimanche matin, ils sont entrés à trois et ont commencé à réciter une forme de prière, témoigne-t-il. J’étais affairé avec mes clients, je n’ai pas compris ce qu’ils disaient. » Il a suivi les consignes de sa fédération, il n’a pas bougé. « Je me demandais ce qui allait se passer, poursuit le commerçant. Ils sont restés cinq minutes et sont repartis. Mais cinq minutes, c’est très long dans ce genre de situation. »

Sébastien Rambaud, le président du Syndicat professionnel des artisans bouchers charcutiers traiteurs du Maine-et-Loire, se rassure. « Ce sont des actes isolés. Là, c’est la première fois qu’il y a de la casse. Je pense que les végans sont en train de se faire déborder par des zadistes », analyse-t-il. Avant d’ajouter, agacé : « On ne les a jamais forcés à manger de la viande et on n’a pas à se faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le plan biodiversité n’est en aucune manière en mesure de ralentir le rythme effréné auquel la vie s’érode, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »
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édition abonné


Environnement : « Les risques et les limites du “en même temps”»

Le plan biodiversité n’est en aucune manière en mesure de ralentir le rythme effréné auquel la vie s’érode, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h10
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La publication, mercredi 4 juillet, du plan pour la biodiversité porté par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, est l’une des plus frappantes illustrations du « en même temps » cher à Emmanuel Macron — et de ses limites. Il faut préserver l’environnement, et « en même temps » autoriser sa destruction. Il faut établir des principes protecteurs de la nature, et « en même temps » les rendre les plus inoffensifs possibles.

L’un des axes majeurs du plan est ainsi de parvenir à la fin de l’artificialisation nette des terres agricoles et des espaces naturels — dont le rythme est insoutenable —, mais c’est l’exécutif qui a fait appel de la décision de justice annulant la création de la zone d’aménagement du projet EuropaCity qui prévoit la construction, sur 280 hectares de terres agricoles d’Ile-de-France, de centres commerciaux et de parcs de loisirs. Et c’est encore le gouvernement qui a donné son imprimatur au « Grand contournement ouest » de Strasbourg, un projet autoroutier contesté de plus de 300 hectares.
Le plan présenté met aussi l’accent sur la préservation de la biodiversité dans les territoires d’outre-mer et à l’étranger. Mais le gouvernement envisage d’accorder à un consortium russo-canadien une concession minière dans la forêt guyanaise, en dépit des dégâts écologiques irréparables que provoquerait une telle exploitation. Et c’est encore le gouvernement qui autorise l’importation, par Total, de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’huile de palme, dont la production est l’une des causes majeures de déforestation dans l’archipel indonésien.
De fortes pressions
Il faut aussi lutter contre la prolifération du plastique, lit-on dans le plan. Il y a urgence car des microplastiques, on en retrouve désormais partout. Mais c’est encore le gouvernement qui a blackboulé un amendement destiné à interdire l’utilisation de plastique dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Outre les températures qui s’élevaient au-dessus des 40 °C, soixante incendies ont affecté 333 000 hectares. On dénombre un mort parmi les civils en Californie.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

L’Ouest américain en proie à une canicule record et des incendies

Outre les températures qui s’élevaient au-dessus des 40 °C, soixante incendies ont affecté 333 000 hectares. On dénombre un mort parmi les civils en Californie.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 09h58
   





                        



   


Il faisait 42 °C en début de soirée à Los Angeles (Californie), 44 °C à Phoenix (Arizona), 43 °C à Las Vegas (Nevada)… L’Ouest américain était en proie, vendredi 6 juillet, à une canicule record, attisant des dizaines d’immenses incendies qui nécessitaient l’évacuation de centaines de personnes.
« De larges feux s’étendent à travers le pays, de la Floride à l’Alaska », avec « actuellement soixante vastes incendies qui ont consumé plus de 333 000 hectares », mentionnait vendredi sur son site le Centre national interagence de prévention des incendies (NIFC), tandis que les températures s’élevaient par endroits bien au-dessus des 40 °C.
Vingt de ces incendies brûlaient en Alaska, sept au Nouveau-Mexique, quatre en Californie, huit dans le Colorado, d’autres dans le Nevada, l’Arizona ou au sud du pays (Texas et Floride).
L’agence californienne de lutte contre les feux, Calfire, a rapporté sur Twitter que le feu dit de Klamathon dans le comté de Siskiyou, près de la frontière avec l’Oregon, a fait une victime civile qui était en train d’être identifiée. Les circonstances de son décès n’ont pas été précisées.

        Lire aussi :
         

                Californie : plus de 2 000 pompiers mobilisés pour lutter contre un incendie



Des routes fermées
Des évacuations obligatoires étaient en place, notamment dans la région viticole de la Napa Valley ou au sud de la Californie, près de San Diego, où le gouverneur de Californie Jerry Brown a déclaré l’état d’urgence vendredi soir à cause de l’incendie dit de « West Fire ». Il s’est déclaré vendredi et se propageait rapidement. Il a déjà détruit des maisons, en menace d’autres, et a forcé la fermeture de routes, d’après la déclaration d’état d’urgence du gouverneur.
Les températures caniculaires qui ont battu plusieurs records historiques, notamment à Los Angeles vendredi, compliquaient le travail des autorités.
Déjà 1,17 million d’hectares sont partis en fumée aux Etats-Unis depuis le début de l’année, soit plus que les deux dernières années à la même époque mais moins qu’il y a trois ans quand plus de 1,25 million d’hectares avaient déjà été consumés par les flammes.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont placés sous surveillance tempête tropicale, tandis que la Dominique est sous surveillance ouragan.
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Le premier ouragan de la saison 2018, Beryl, arrive dans l’Atlantique

La Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont placés sous surveillance tempête tropicale, tandis que la Dominique est sous surveillance ouragan.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 04h50
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 09h01
   





                        



   


Le premier ouragan de la saison 2018 dans l’Atlantique, qui se dirige vers les Petites Antilles, a conduit les autorités à émettre une alerte niveau « surveillance ouragan » pour la Dominique, a signalé vendredi 6 juillet le Centre national des ouragans, basé à Miami. « Le gouvernement français a mis en place une surveillance tempête tropicale pour la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy », ajoute le Centre national des ouragans (NHC). Météo France a de son côté placé la Guadeloupe et la Martinique en vigilance jaune cyclone dans son dernier bulletin.
L’ouragan Beryl restait vendredi en catégorie 1 – sur l’échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5 – selon le dernier point d’information du NHC, à 23 heures (heure Paris).
« Les vents réguliers sont autour de 130 km/h, avec des rafales supérieures », ajoute cette même source, qui précise qu’ils pourraient se renforcer ces deux prochains jours. « Beryl pourrait toujours être un ouragan quand il atteindra les Petites Antilles tard dimanche ou lundi », souligne le Centre.

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Dix à seize tempêtes tropicales cette saison
Pour l’instant, l’ouragan se déplace vers l’ouest autour de 24 km/h et se trouve à 1 555 kilomètres des Petites Antilles. Un fléchissement n’est pas prévu avant lundi, lorsque Beryl atteindra la partie est de la mer des Caraïbes, précise le NHC.
Début juin, la tempête Alberto avait provoqué des inondations mortelles en remontant les Etats-Unis. Elle avait ouvert la saison des ouragans dans l’Atlantique avec une semaine d’avance.
Cette saison 2018 pourrait compter dix à seize tempêtes tropicales, a annoncé en mai l’Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA). Parmi elles, cinq à neuf pourraient se transformer en ouragans. Parmi ces derniers, un à quatre pourraient dépasser la catégorie 3 (ouragans dits majeurs, avec des vents supérieurs à 178 km/h).
Entre août et septembre 2017, les trois puissants ouragans Harvey, Irma et Maria ont tué des centaines de personnes et provoqué des milliards de dollars de dégâts dans les Caraïbes et le sud-est des Etats-Unis.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Alors que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse, « le changement n’est pas à l’échelle », reconnaît le ministre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/07/2018
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Nicolas Hulot tire un bilan sans complaisance de la première année de son « plan climat »

Alors que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse, « le changement n’est pas à l’échelle », reconnaît le ministre.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h26
    |

            Simon Roger








                        



   


Un point d’étape, certes, mais pas encore un bilan d’ensemble du plan climat de Nicolas Hulot. L’exercice auquel s’est livré le ministère de la transition écologique et solidaire, vendredi 6 juillet, à l’occasion du premier anniversaire de la feuille de route dévoilée à l’été 2017, n’était pas des plus faciles. Car ce plan interministériel orchestré par le numéro trois du gouvernement s’inscrit dans la durée du quinquennat et dessine une perspective à long terme : il vise à mettre la France sur la voie de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Or les échéances sortent largement du cadre du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. La fin de la production d’énergie fossile en France (traduit dans la loi hydrocarbures adoptée le 31 décembre 2017) comme celle de la vente de véhicules émetteurs de gaz à effet de serre – deux axes forts du plan climat – sont programmées à l’horizon 2040. Quant à l’objectif de porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, autre enjeu important, il est fixé à 2030.
« Pour l’instant, le changement n’est pas à l’échelle », a reconnu Nicolas Hulot, invité à ouvrir la séquence, poursuivie l’après-midi par quatre ateliers sur l’innovation, l’économie circulaire, les énergies renouvelables et le système agricole.
A l’autosatisfaction, l’ancien militant écologiste a préféré un état des lieux « franc, honnête et transparent, un dialogue sans complaisance ». « Malgré la mobilisation de tous les acteurs, le découplage entre les activités économiques et les émissions de gaz à effet de serre n’est toujours pas là, a-t-il insisté, avant de rejoindre le conseil des ministres. Les émissions de gaz à effet de serre sont le thermomètre de la santé de notre planète et de notre capacité à transformer l’accord de Paris en une réalité. »

   


Pétrole à bas prix
Les nouvelles planétaires ne sont pas bonnes puisque ces émissions d’origine humaine sont reparties à la hausse en 2017. A en juger par les chiffres communiqués le 6 juillet par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), la situation est tout aussi préoccupante pour le patient français.
Si les émissions des principaux gaz à effet de serre enregistrent globalement une tendance à la baisse de l’ordre de 17 %, sur la période 1990-2017, le total de l’année écoulée (estimé à 466 millions de tonnes équivalent CO2) est en revanche en progression en France de près de 2 % par rapport à 2016.
Poussant leur observation dans le détail, les experts du Citepa se sont livrés à une analyse sectorielle. Les émissions agricoles et sylvicoles, supposées diminuer de 5 % entre 2013 et 2017, sont quasiment constantes, en raison notamment de l’augmentation de l’utilisation des intrants (engrais azotés en hausse de 0,8 % en 2016) et de la hausse du cheptel bovin.
Les émissions émanant des transports ont elles aussi augmenté (+ 1,5 % en quatre ans), du fait de la densification du trafic routier dopé par un pétrole à bas prix. Indépendamment de ces facteurs conjoncturels, ce secteur est marqué par une « très forte inertie », estiment les experts du Citepa. Ils citent en exemple la flotte des voitures individuelles diesel, qui diminue de 70 000 véhicules par an, mais sans effet significatif à l’intérieur d’un parc de près de 21 millions de véhicules particuliers en France.
Le plan climat devra inverser aussi la tendance dans la production d’énergie, où les émissions ont grimpé continuellement de 2014 à 2017, du fait des conditions climatiques et d’arrêts imprévus dans le parc nucléaire, compensés par un plus grand recours aux centrales à charbon. Le charbon, qui ne compte que pour 2 % du mix électrique français, représente encore 25 % du total des émissions du secteur.
« Gages de crédibilité »
« Notre économie se désintoxique peu à peu des énergies fossiles », veut tout de même croire Nicolas Hulot, dont le plan climat programme la fermeture des quatre dernières centrales à charbon d’ici à 2022.
Au rayon des bonnes nouvelles, le ministre a mentionné également le « véritable succès » de la prime à la conversion de véhicules anciens pour des modèles neufs et peu polluants (prime de 2 000 euros pour les ménages non imposables, de 1 000 euros pour les autres). Quelque 75 000 propriétaires ont déjà bénéficié de ce dispositif, qui cible un objectif de 500 000 voitures durant le quinquennat.
La généralisation du chèque énergie (revalorisé de 150 à 200 euros en 2019) devrait aider quatre millions de ménages en situation de précarité énergétique, retient encore M. Hulot, parmi « douze mesures prioritaires » en direction des citoyens, des entreprises et des collectivités locales.
Les ONG lui opposent « douze gages de crédibilité », pour donner plus de place à la lutte contre le réchauffement climatique dans l’action gouvernementale. Elles demandent, entre autres, la création d’un fonds vélo doté de 200 millions d’euros par an, la division au moins par deux des émissions du secteur agricole à l’horizon 2050 ou le renoncement aux grands projets destructeurs de forêts, dont le complexe minier de la Montagne d’or en Guyane.
Un volet international
Après un an de déploiement du plan à l’échelon national, « on est encore loin du compte, estime Morgane Créach, la directrice du Réseau action climat. L’ambition s’arrête là où commence l’intérêt de quelques acteurs, notamment dans le secteur de l’énergie ».
La stratégie comprend aussi un volet international, incarné notamment par le One Planet Summit, le sommet sur les « finances climat » organisé par la France le 12 décembre 2017, pour le deuxième anniversaire de l’accord de Paris. Voulu par le chef de l’Etat – qui voyait là l’occasion de conforter son leadership sur la scène climatique –, ce rendez-vous annuel est désormais piloté depuis le ministère de la transition écologique.
Mais la présidence de la République ne semble pas prête à laisser le ministère seul à la manœuvre. Vendredi en fin d’après-midi, Emmanuel Macron a convié à l’Elysée la première ministre norvégienne Erna Solberg et les représentants des six plus gros fonds souverains de la planète.
Ces six acteurs incontournables de la finance mondiale (Norvège, Nouvelle-Zélande, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Koweït et Qatar), qui pèsent plus de 3 000 milliards de dollars (2 550 milliards d’euros), s’étaient engagés fin 2017 à verdir leurs portefeuilles. Le 6 juillet, ils ont franchi un pas supplémentaire en dévoilant une charte des bonnes conduites. Elle encourage les entreprises dans lesquelles ces fonds investissent à mieux intégrer les risques climatiques et à communiquer davantage sur leur stratégie bas carbone.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Plus de la moitié des eaux de surface des Etats membres ne respectent pas les normes européennes de qualité environnementale.
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Les lacs et rivières d’Europe sont en mauvais état écologique

Plus de la moitié des eaux de surface des Etats membres ne respectent pas les normes européennes de qualité environnementale.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 06h42
    |

                            Aline Nippert








                        


L’été est là, l’été est chaud. Mais sommes-nous condamnés à une baignade dans un lac enrichi aux métaux lourds, comme le mercure ou le cadmium ? L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) établit en effet un bilan inquiétant de la qualité des eaux dans l’Union européenne (UE). Seules 40 % des eaux superficielles – lacs, rivières, estuaires, eaux côtières et souterraines – sont en « bon état écologique ».
Malgré des progrès réalisés au cours des dernières décennies en Europe, de nombreux plans d’eau et même des aquifères restent victimes de la pollution, des barrages et de la surexploitation qui « représentent toujours des menaces majeures pour leur santé à long terme », prévient l’AEE.
« La grande majorité des masses d’eau européennes ne parviennent toujours pas à atteindre l’objectif minimum de “bon état” » fixé par la directive-cadre sur l’eau de 2000, précise l’agence. Cette directive imposait aux Etats membres d’atteindre le « bon état », aussi bien pour les eaux souterraines que celles de surface, à l’horizon 2015.

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On en est loin selon l’étude de l’AEE qui couvre la période 2010 à 2015 et analyse les données de vingt-cinq Etats de l’UE. Diagnostic : 40 % seulement de ces eaux superficielles sont en « bon » ou « très bon » état écologique et seules 38 % en « bon » ou « très bon » état chimique. Autrement dit : plus de la moitié des eaux de surface européennes sont de mauvaise qualité.
Pesticides et mercure
L’état écologique d’une masse d’eau est évalué non seulement en fonction de ses caractéristiques physico-chimiques, mais aussi hydromorphologiques (état des débits, profondeur et largeur de l’étendue d’eau, etc.), et il intègre également l’estimation de sa richesse biologique (populations de poissons, plantes aquatiques et autres macro-invertébrés).
L’étude évoque trois raisons majeures expliquant ces mauvais résultats : les interventions humaines qui modifient le fonctionnement naturel des cours d’eau sont mises en cause à hauteur de 40 %. Viennent ensuite les sources de pollutions diffuses qui comptent pour 38 % ; à ce sujet, l’AEE met clairement en cause les pratiques agricoles, désignant en particulier l’usage massif des pesticides. Enfin, les polluants atmosphériques font également partie des grands responsables, à hauteur de 38 %. Le mercure est l’élément chimique principal mis en cause.

   


« Si l’on décidait de ne pas prendre en compte le mercure ainsi que les autres substances prioritaires [les produits chimiques bromés, les tributylétains et certains hydrocarbures aromatiques polycycliques] dans nos estimations, seules 3 % des eaux de surface n’atteindraient pas un bon état chimique », précise le rapport.
Présents dans de nombreux objets du quotidien (thermomètres, batteries, plombages dentaires), les dépôts atmosphériques de ce métal lourd proviennent à 60 % de pollution naturelle en Europe, parfois due à des événements très anciens. Les volcans sont ainsi, lorsqu’ils se réveillent, de puissants cracheurs de mercure.

   


Des eaux souterraines mieux préservées
Provenant de l’infiltration des pluies dans le sol, les ressources souterraines sont essentielles : elles fournissent plus de la moitié de l’eau potable en Europe. L’étude de l’AEE rapporte que 74 % de ces masses d’eau respectent les valeurs fixées par la directive-cadre. Elles sont alors dites en « bon état chimique ». Et 90 % d’entre elles sont en « bon état quantitatif », c’est-à-dire que les volumes puisés dans la nappe souterraine pour répondre aux besoins des humains ne dépassent pas la capacité de renouvellement de celle-ci.
Des résultats encourageants, mais à nuancer. Car les 24 % des nappes souterraines en « mauvais état chimique » resteront polluées pour des années, voire des décennies, en raison de la lente décomposition de ces polluants.
Les nitrates et les produits phytosanitaires provenant de l’agriculture dite « conventionnelle » sont la principale cause de contamination des eaux souterraines. Au total, vingt-quatre Etats sur vingt-cinq ont décelé la présence de nitrates dans leurs eaux souterraines.

   


L’UE reste optimiste
Le commissaire européen à l’environnement, le Maltais Karmenu Vella, souligne les améliorations progressives de la qualité de l’eau douce « grâce à la mise en œuvre de la législation européenne ». Tout en ayant bien conscience qu’« il reste encore beaucoup à faire avant que tous les lacs, rivières, eaux côtières et masses d’eau souterraines soient en bon état ».
La dernière échéance que l’UE s’est donnée pour réaliser les objectifs de la directive-cadre sur l’eau est désormais repoussée à 2027.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.
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Etats-Unis : un ancien lobbyiste du charbon chargé de la protection de l’environnement

Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 06h40
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Un ancien lobbyiste du charbon va prendre la tête de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine. Le républicain Andrew Wheeler, actuel numéro deux de l’agence, va assurer l’intérim après la démission, jeudi 5 juillet, de Scott Pruitt, englué dans une série de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.
Son nom est bien connu des démocrates, qui ont été horrifiés lorsqu’il a été confirmé en avril à l’EPA, dont l’administrateur, équivalent d’un ministre de l’environnement, est nommé par le président américain et approuvé par le Congrès. « Il a passé des années à saper ou à faire pression contre les protections environnementales qu’il pourrait bientôt superviser », s’inquiétait sur CNN le sénateur de New York, Chuck Schumer.
Après le départ de Scott Pruitt, « nous avons maintenant son administrateur adjoint, et il n’est pas clair si cette personne s’est engagée à protéger l’environnement. C’est le vrai problème », a déclaré jeudi le sénateur du Maryland, Ben Cardin, sur la chaîne américaine. Il est peu probable que les orientations changent beaucoup à l’EPA sous la houlette d’Andrew Wheeler, dont les vues sur les réglementations environnementales sont tout aussi conservatrices que son prédécesseur.

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Critique envers Trump par le passé
Sur le site de l’EPA, la biographie d’Andrew Wheeler, né à Hamilton, dans l’Ohio, et âgé d’une cinquantaine d’années, vante une carrière « consacrée à l’avancement de politiques environnementales judicieuses ». Il avait déjà travaillé à l’EPA sous la présidence de George W. Bush.
Plus récemment, il a été lobbyiste auprès de nombreux clients de l’industrie du charbon et directeur de l’entreprise spécialisée dans l’énergie et l’environnement FaegreBD Consulting, où son meilleur client était la compagnie minière Murray Energy.
Selon le centre pour une politique réactive, qui étudie les effets de l’argent et du lobbyisme sur les politiques publiques, la compagnie minière a versé au moins 300 000 dollars (255 000 euros) par an à l’entreprise d’Andrew Wheeler entre 2009 et 2017.
Le président américain ne tarit pas d’éloges à son égard. « Il est avec moi depuis longtemps, c’était un soutien de Trump dès le début (…) Il va faire un travail fantastique », a-t-il assuré jeudi à bord d’Air Force One, en route pour le Montana.
Andrew Wheeler a pourtant déjà critiqué le président par le passé, relève le Washington Post. En 2016, quand il était encore lobbyiste, il avait écrit un message sur Facebook – effacé depuis – dans lequel il qualifiait le candidat à la Maison Blanche, d’« intimidateur » qui « a démontré à travers les débats et interviews qu’il ne comprend pas comment fonctionne le gouvernement », et il mettait en cause sa personnalité.
Interrogé en 2017 à ce sujet par le quotidien, Andrew Wheeler a expliqué qu’il s’était fié à ce qu’il avait vu lors des débats pendant les primaires, mais qu’après avoir examiné les politiques du président, il avait dit être « entièrement d’accord » avec lui.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.
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« Le passage aux 80 km/h apporte aux automobilistes des bienfaits financiers et écologiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h06
    |

Julien Dubuis (Professeur de sciences économiques et sociales au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys et membre de la Ligue contre la violence routière)







                        



                                


                            

Tribune. La réduction de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h suscite de vives controverses et le mécontentement d’une grande partie de l’opinion. Cette mesure permettra d’épargner, selon le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), de 350 à 400 vies par an (Le Monde du 1er juillet). On peut aussi en attendre une baisse du nombre d’accidents non mortels, donc moins de blessés et moins de frais de santé, et de réparation des dégâts matériels.
Mais si cette mesure amenait, à terme, une baisse des vitesses moyennes de l’ordre de 10 km/h, on pourrait aussi en espérer d’autres bienfaits, moins évidents.
D’ordre économique, d’abord, pour tous les automobilistes, à proportion de leur kilométrage annuel. Dans le langage des économistes, on a ici une substitution du travail au capital (ce qui constitue un cas rare, à rebours de la tendance historique à substituer du capital au travail, avec la mécanisation puis la robotisation). Là, une baisse de capital circulant, à savoir le carburant, est compensée par un surcroît de travail, le temps de conduite.

Si on analyse la conduite automobile comme une autoproduction de service de transport – le secteur des taxis atteste que c’est bien une activité productive –, l’échange se joue entre l’automobiliste et Total : la réduction de la vitesse amène à « rémunérer » un peu plus l’automobiliste et un peu moins le groupe pétrolier.
Selon Bison futé, cette baisse de 10 km/h réduit la consommation aux 100 km d’environ 0,8 litre, soit une économie attendue de 1,20 euro aux 100 km pour une berline essence moyenne. Or, à 80 km/h plutôt que 90 km/h, il faut huit minutes de plus pour parcourir 100 km. Ces huit minutes de travail « économisateur » rapportent donc 1,20 euro, soit… 9 euros de l’heure ! Pas mal payé pour conduire tranquillement. Pour un couple d’automobilistes moyens, cela représenterait 240 euros d’économie par an pour le ménage, selon la Sécurité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ En matière de développement urbain, la capitale finlandaise a trouvé sa voie entre le tout-technologique et le tout-participatif.
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A Helsinki, la smart city à hauteur de citoyen

En matière de développement urbain, la capitale finlandaise a trouvé sa voie entre le tout-technologique et le tout-participatif.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h00
    |

            Grégoire Allix (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Cernés par les eaux calmes du golfe de Finlande, des immeubles de brique à l’architecture sagement contemporaine s’élèvent bloc après bloc dans un ciel de grues sur l’ancien port de Sörnäinen. Le quartier de Kalasatama (« port de ­pêche » en finnois) est l’un des principaux développements urbains d’Helsinki. Rien de futuriste à première vue, pourtant cette opération de 175 hectares est l’une des plus intéressantes tentatives en Europe de donner corps au nébuleux concept de smart city. « Nous avons choisi Kalasatama pour être un terrain d’expérimentations, une plate-forme de coopération et d’innovation pour la ville, les ­acteurs économiques et les ­citoyens, explique Anni Sinnemäki, l’adjointe (écologiste) au maire d’Helsinki chargée de ­l’urbanisme. Les innovations qui fonctionnent à Kalasatama, nous les propagerons ailleurs. »
La capitale finlandaise doit résoudre une ­délicate équation : la municipalité s’est fixé en septembre 2017 l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2035, alors même que sa ­population devrait bondir de 640 000 résidents aujourd’hui à 780 000 d’ici là. « Nous voulons construire des logements pour tout le monde, mais pour atteindre nos objectifs ­climatiques nous devons penser en termes de smart city, en prêtant attention à l’aspect social et pas seulement à l’innovation technologique », complète Anni Sinnemäki.
« Partenariat public-privé-population »
Le district convoque l’artillerie lourde de la ville durable. Kalasatama est desservi par le métro, et plusieurs lignes de tramway sont à l’étude. Tous les bâtiments ont l’obligation de se connecter au réseau urbain de chauffage et de climatisation alimenté par d’énormes pompes à chaleur récupérant l’énergie des eaux usées de la ville. La centrale souterraine de ­Katri Vala, enfouie dans une caverne creusée dans la roche à deux pas de Kalasatama, est la plus grande du genre au monde. Les constructions doivent aussi intégrer un smart grid ­(« réseau intelligent »), qui va ­mutualiser ­l’électricité produite et consommée par le ­million de mètres carrés de logements et les 390 000 m2 de bureaux. Les exigences d’efficacité énergétique sont drastiques, les bâtiments doivent produire 30 % de leur énergie dès cette année et monter rapidement en puissance : Kalasatama veut afficher un bilan énergétique neutre en 2030, quand 25 000 habitants et 10 000 salariés peupleront le quartier…
Mais le plus intéressant n’est pas là. « Nous ne voulons pas juste faire des économies d’énergie : nous voulons nous centrer sur ­l’humain, la qualité de vie, les usages, créer un esprit de ­communauté », explique Veera ­Mustonen. La jeune femme travaille pour le Forum Virium, le ­département d’innovation de la ville ­d’Helsinki, une cellule de 35 personnes mise en place par la municipalité pour accélérer la mise en œuvre de la smart city. « C’est un partenariat public-privé-population : nous sommes là pour accompagner les grands groupes, les start-up, faciliter leurs expérimentations, les mettre en relation avec les services de la Ville, les centres de recherche, mais en ­incluant toujours les citoyens, qui sont ­cocréateurs et testeurs de toutes les innovations », ­explique-t-elle.
« Des villes comme Copenhague ont mis en place une grosse plate-forme de données sans réfléchir aux usages, c’est un échec » Veera Mustonen, Forum Virium
L’idée directrice : la smart city doit faire ­gagner une heure par jour à chacun. « Quand des entreprises viennent nous voir avec une idée ou un produit, on leur demande toujours ­comment cela va libérer du temps aux gens », explique Veera Mustonen. Kalasatama veut ainsi incarner une « troisième voie » de la smart city, entre le tout-technologique – capteurs et Big Brother – et le « tout-baratin », sans action sur le terrain. « Des villes comme Copenhague ont mis en place une grosse plate-forme de données sans réfléchir aux usages, c’est un échec », estime Veera Mustonen.
Pour garantir l’utilité sociale des innovations, les habitants sont mis à contribution. Trois mille personnes vivent déjà à Kalasatama, 2 000 de plus les rejoindront dans ­l’année qui vient. Le Forum Virium multiplie les ateliers entre tous les acteurs pour faire ­remonter idées et réactions. Un millier ­d’habitants ont déjà pris part à une vingtaine de programmes pilotes depuis deux ans, pour tester en conditions réelles des solutions proposées par des start-up : application de pilotage de l’énergie, plate-forme de partage de la nourriture pour éviter le gaspillage, application de coaching sportif, autopartage de véhicules électriques, bague connectée pour surveiller la tension… tous les sujets sont possibles. « La participation des habitants, c’est aussi un enjeu d’éducation à la ­citoyenneté et à la démocratie, c’est important pour le fonctionnement futur du quartier et de la ville », défend Veera Mustonen.
Esprit de communauté
Cette place laissée aux citoyens s’invite ­jusque dans le programme de construction. Chaque bloc mêle tous les types de logements autour de cœurs d’îlots dont les jardins et jeux d’enfants sont ouverts à tous, loin de la passion française pour les grilles et les clôtures. Surtout, la ville soustrait une partie des parcelles à l’appétit des promoteurs et les ­réserve à des coopératives d’habitants pour qu’ils y conçoivent et bâtissent leur propre projet. Une demi-douzaine d’entre eux sont déjà construits ou à l’étude, poussant parfois loin l’esprit de communauté. Marjut Helminem peut en témoigner. Cette ancienne journaliste et toujours écrivaine vit depuis 2015 dans la résidence pour personnes âgées Kotisatama, entièrement conçue par les quelque 80 résidents de ses 63 appartements.
« Nous avons travaillé pendant quatre ans à définir les espaces communs et les appartements avec un architecte, raconte-t-elle. Ici, il n’y a pas de directeur ni d’employés, ce n’est pas une maison de retraite ! » Les habitants, organisés en équipes, font tout eux-mêmes à tour de rôle : préparer les repas pour tout le monde dans une cuisine professionnelle, ­entretenir et nettoyer les parties communes : le réfectoire, une grande bibliothèque, des bureaux partagés, une buanderie collective, une chambre d’hôtes, sans oublier, sur le toit, des salons, des terrasses et les incontournables saunas. « C’est beaucoup de travail, ­beaucoup de discussions parfois frustrantes pour aboutir à des décisions collectives, mais c’est aussi très chouette de s’investir et de ­continuer à apprendre des choses », apprécie Mme Helminem.
Economie du partage
Connectés au quartier par un écran numérique et des tablettes partagées, les résidents de Kotisatama prennent part aux expérimentations de Kalasatama. Comme les patients et les médecins du centre de santé ultramoderne ouvert en février. Comme aussi les ­parents de l’école voisine, dont les méthodes pédagogiques innovantes attirent des visiteurs du monde entier et qui s’impose, avec son architecture colorée, comme le cœur du quartier. Le président du conseil de l’école, ­Juhana Harju, consultant en affaires publiques, dirige aussi l’association des résidents de Kalasatama. « Les associations de parents et d’habitants sont essentielles pour créer un ­esprit de communauté et participer à la ­conception du quartier, estime-t-il. La smart city, ça doit être des services intégrés à la vie de tous les jours, ça ne doit pas être intrusif et ne pas demander trop d’apprentissage, la technologie doit rester en arrière-plan. »
Parmi ces services à haute valeur d’usage et à technologie discrète, la municipalité veut généraliser à Kalasatama une économie du partage appliquée aux espaces, publics comme privés, grâce à des systèmes de clés numériques et des applications sur smartphone : tous les parkings sont accessibles à des utilisateurs non résidents pour accueillir des places mutualisées et des véhicules électriques partagés ; des immeubles résidentiels comportent en rez-de-chaussée des espaces de coworking, des cuisines communes, des salles polyvalentes qu’il est possible de réserver et louer, pour une heure ou à la journée. Le système pourrait être étendu aux équipements publics, comme l’école, en dehors des heures de cours. « On a pris l’habitude de ­résoudre tous les problèmes en faisant couler du béton, mais en réalité il faut penser en termes de besoins et de services, donc de partage », défend Juhana Harju.
De béton, Kalasatama ne manquera pas. ­Volontairement dense, le district voit s’élever jour après jour le tout premier gratte-ciel d’Helsinki. Au total, huit tours de 20 à 37 étages doivent pousser au-dessus d’un gros centre commercial attendu en septembre, un ­ensemble qui a provoqué de vifs débats dans la capitale. « Les gratte-ciel sont en dehors du centre historique, et il y aura assez d’habitants à Kalasatama pour faire cohabiter un centre commercial et des rues animées », assure Anni Sinnemäki à l’hôtel de ville. Même à Helsinki, la smart city reste un compromis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Il est difficile d’obtenir de l’hydrogène sans émettre du CO2, mais aussi de le transporter, rappelle dans une tribune au « Monde » l’économiste Cédric Philibert, qui plaide pour des utilisations réalistes de ce mode de stockage de l’énergie
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« L’efficacité du cycle de l’hydrogène restera inférieure à celle de l’électricité »

Il est difficile d’obtenir de l’hydrogène sans émettre du CO2, mais aussi de le transporter, rappelle dans une tribune au « Monde » l’économiste Cédric Philibert, qui plaide pour des utilisations réalistes de ce mode de stockage de l’énergie



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h58
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Cédric Philibert (Spécialiste des énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis que Jules Verne en annonça l’avènement dans L’Ile mystérieuse, l’hydrogène revient périodiquement à la mode. « C’est une énergie d’avenir », disent certains – « et qui le restera », ironisent d’autres. Est-ce que cette fois ce sera différent, sur fond d’accords de Paris contre les changements climatiques, et de forte chute des prix de l’électricité éolienne et solaire ? C’est possible, à condition de ne pas se tromper de priorités.
Réputée être une « énergie propre », l’hydrogène aujourd’hui n’est ni propre ni… une énergie. Les 60 millions de tonnes d’hydrogène produites chaque année dans le monde viennent à 95 % de combustibles fossiles et engendrent des émissions de gaz carbonique de l’ordre du milliard de tonnes. Et la quasi-totalité de ses usages sont industriels plutôt qu’énergétiques : ôter le soufre des carburants, produire de l’ammoniac et du méthanol, matières premières de l’industrie chimique, de la verrerie, de l’agroalimentaire, etc.
Comment obtenir de l’hydrogène sans émettre de CO2 ? Une option serait de capturer et de stocker sous terre le CO2, une autre de décomposer de l’eau en oxygène et hydrogène par électrolyse. Il faut pour cela beaucoup d’électricité « verte » à un prix acceptable. L’expansion de l’éolien et du solaire dans la production d’électricité fera apparaître de temps à autre des « surplus » d’électricité, quasi gratuits. Mais il ne sera pas facile de rentabiliser l’investissement dans des électrolyseurs utilisés sporadiquement.
Plus probablement et plus utilement, cet hydrogène « vert » pourrait être produit dans des zones du globe dotées d’excellentes ressources éoliennes ou solaires. De l’Australie au Chili, de l’Afrique du Nord au Tibet, les zones favorables sont nombreuses et souvent peu peuplées ; la demande d’électricité y est faible par rapport à l’abondance de la ressource. Seule une fraction du potentiel électrique pourrait être évacuée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Selon Pierre-Etienne Franc, secrétaire du Conseil de l’hydrogène, cette molécule peut vraiment contribuer à une transition énergétique ambitieuse.
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Développement de la filière hydrogène en France : « De nouveaux horizons pour notre politique énergétique »

Selon Pierre-Etienne Franc, secrétaire du Conseil de l’hydrogène, cette molécule peut vraiment contribuer à une transition énergétique ambitieuse.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 13h10
    |

Pierre-Etienne Franc (Secrétaire du Conseil de l’hydrogène)







                        



                                


                            

Tribune. Le rapport du ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot sur le développement de la filière hydrogène en France ouvre de nouveaux horizons pour notre politique énergétique. Il est utile en effet de comprendre pourquoi l’hydrogène pourra contribuer à une transition énergétique plus ambitieuse.
La problématique énergétique nationale est traversée de débats parfois éloignés des enjeux posés par la contrainte climatique. Veut-on demain évoluer dans une société sobre en carbone mais économiquement sous contrainte, ou sobre en carbone mais industriellement ambitieuse ? L’enjeu est là.
Les débats qui ont accompagné la loi sur la transition énergétique de la précédente mandature avaient tendance à opposer deux grandes approches pour atteindre « l’objectif F4 » (réduire d’un facteur 4 nos émissions à l’horizon 2050, soit réduire de 560 millions à 140 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre).

Une option prônait la sobriété carbone avec une transformation de nos modèles économiques, de transports et de consommation. Elle misait sur une économie dont l’efficacité carbone exemplaire s’accompagnait surtout d’une industrie et d’une société sous contrainte au nom du climat.
Les projections menaient à une baisse effective de nos émissions par une réduction significative de nos consommations et de nos usages dans l’industrie, le secteur résidentiel et les transports. La contrainte sur les sources fossiles d’énergie (qui représentent les deux tiers de notre consommation finale), la réduction de la part du nucléaire, le refus de considérer le stockage à long terme d’énergie comme une manière de pallier les contraintes de l’intermittence du solaire et de l’éolien imposent la sobriété carbone en contraignant le système productif.
Changement de donne
Une autre vision, plus nucléaire, plus gazière, projetait le maintien d’une dynamique économique soutenue avec une demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Si le comité interministériel de la biodiversité est un signal fort, le plan annoncé n’est pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut au même niveau que la lutte contre le changement climatique.
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Biodiversité : fortes paroles, faibles moyens

Editorial. Si le comité interministériel de la biodiversité est un signal fort, le plan annoncé n’est pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut au même niveau que la lutte contre le changement climatique.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 20h28
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La biodiversité, « tout le monde s’en fiche », avait lancé Nicolas Hulot aux députés, au mois de mars, en les appelant à un « sursaut d’indignation » devant l’extinction du vivant. « Moi, ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte », ajoutait le ministre de la transition écologique et solidaire. « Non, tout le monde ne s’en fiche pas, et certainement pas ce gouvernement », lui a répondu le premier ministre, Edouard Philippe, à l’issue d’un comité interministériel de la biodiversité réuni, mercredi 4 juillet, au Museum national d’histoire naturelle. Une première dans l’histoire politique française.
En elle-même, la présence d’une douzaine de ministres au chevet de la biodiversité est un signal fort. Elle montre que plus personne – jusqu’au sommet de l’Etat – ne peut continuer à ignorer, ou feindre d’ignorer, que la nature se meurt en silence, sous nos yeux. L’humanité est la première concernée. Non seulement parce qu’elle est responsable de l’épuisement de la planète, mais aussi parce qu’elle a destin lié avec l’ensemble du vivant.

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                Le gouvernement au chevet de la biodiversité



Les scientifiques ne cessent d’alerter sur cette folie autodestructrice. Au rythme actuel, rappelle Nicolas Hulot, « entre 40 % et 50 % du vivant pourrait avoir disparu de la surface du globe au milieu du siècle ». Plus de la moitié des terres de la planète sont déjà dégradées, devenues impropres à nourrir les hommes et à héberger la vie.

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                Dégradation massive des terres à l’échelle planétaire



La France n’échappe pas au désastre annoncé : les populations d’oiseaux des champs ont chuté d’un tiers au cours des deux dernières décennies, les chauves-souris ont perdu 40 % de leurs effectifs en dix ans, les insectes de nos campagnes sont décimés, près d’un tiers des récifs coralliens sont en régression.
C’est à ce déclin massif que doit s’attaquer le plan d’action pour la biodiversité présenté par le gouvernement. Il faut à cet égard saluer le fait qu’il ne repose pas sur les épaules du seul ministre de la transition écologique, mais qu’il soit porté par l’ensemble de l’exécutif.
Il faut aussi se féliciter de l’ambition affichée, qu’il s’agisse de « reconquérir la biodiversité dans les territoires », de « construire une économie sans pollution », de « protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes », ou de « renforcer l’éducation et la formation à la biodiversité ».
Il n’est plus temps de tergiverser
Encore convient-il que le gouvernement se donne les moyens de cette ambition. Or, déplorent les ONG environnementales, le compte n’y est pas. Edouard Philippe et Nicolas Hulot ont promis 600 millions d’euros de « crédits d’Etat supplémentaires », sur quatre ans, pour mettre en œuvre ce plan. Mais ces fonds seront pour partie prélevés sur le budget des agences de l’eau, ou correspondent, pour une autre partie, à des financements déjà annoncés. Surtout, estiment les associations, ils ne sont pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.
Les causes de la disparition du vivant sont pourtant connues. « Parmi les principales menaces, note l’Observatoire national de la biodiversité, on trouve en premier lieu la consommation de pesticides en agriculture. » S’y ajoutent le bétonnage des terres et l’étalement urbain, la pollution chimique, lumineuse et sonore, ainsi que le réchauffement.
Face à l’effondrement de la biodiversité, annonciateur de celui des sociétés humaines, il n’est plus temps de tergiverser, de lésiner ou de se payer de fortes paroles. On ne marchande pas avec la vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Selon ses promoteurs, ce projet minier permettrait d’extraire près de 7 tonnes d’or par an. Les associations de défense de l’environnement, elles, s’alarment.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Selon une étude du WWF publiée vendredi, les dix principales métropoles doivent doubler ou tripler leur effort avant 2030 pour tenir les engagements de l’accord de Paris.
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Les grandes villes françaises sont en passe de perdre la bataille du climat

Selon une étude du WWF publiée vendredi, les dix principales métropoles doivent doubler ou tripler leur effort avant 2030 pour tenir les engagements de l’accord de Paris.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h28
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Les métropoles françaises, qui se veulent en pointe dans la lutte contre le réchauffement, aiment répéter que c’est dans les villes que se gagnera la bataille du climat. Si l’on en croit le WWF (Fonds mondial pour la nature), au rythme actuel, cette bataille est perdue. L’organisation de défense de l’environnement publie, vendredi 6 juillet, à l’occasion du premier anniversaire du Plan climat porté par Nicolas Hulot, une étude sur « le défi climatique des villes ». 
Etabli avec la société de conseil, EcoAct, le document met en lumière, pour la première fois, le « budget carbone » des dix plus grandes métropoles françaises au regard à la fois de l’objectif national d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et de l’accord de Paris, adopté lors de la COP21, de maintenir le réchauffement global en dessous de 2 °C, voire de 1,5 °C.

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                Climat : le plan de Hulot vers la neutralité carbone



Le budget carbone désigne la quantité maximale de gaz à effet de serre que l’humanité peut encore émettre avant de dépasser l’objectif de limitation du réchauffement. Ce plafond a été estimé pour la première fois par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) en 2013. Pour leur étude, le WWF et EcoAct ont décliné ce budget carbone à l’échelle de la France, puis au niveau des dix premières métropoles, dans lesquelles vivent 20 % des Français.
« Près de quinze ans de retard »
Ils ont ensuite passé au crible les engagements des villes pour estimer l’évolution de leurs émissions jusqu’en 2050. Conclusion : « Sur la base de leurs engagements actuels, les métropoles ont près de quinze ans de retard pour l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 », écrit Pascal Canfin, le directeur général de WWF France.
Au rythme actuel, si elles ne revoient pas leurs ambitions, les dix agglomérations retenues auront épuisé leur budget carbone en 2036 pour un objectif de 2 °C, et dès 2022 pour une limite de réchauffement à 1,5 °C. La métropole du Grand Paris est l’une de celles où l’urgence est la plus forte, avec une échéance à 2025 pour un objectif de 2 °C, contre 2031 pour Lille et Lyon, 2039 pour Bordeaux. Pour corriger le tir, les métropoles doivent prendre des mesures immédiates et doubler ou tripler le niveau de leurs ambitions à l’horizon 2030, estime le WWF : « Tout retard pris à court terme rendra difficile, voire impossible le respect de son droit à émettre. »
« Les villes sont un écosystème très important pour la politique climat, elles concentrent 67 % des émissions de gaz à effet de serre en France, explique Pierre Cannet, responsable du programme climat au WWF France. Beaucoup de villes se sont fortement mobilisées, avec des engagements sur la neutralité carbone, sur les énergies renouvelables, une dynamique existe. Mais ce n’est pas suffisant, ça va trop lentement. La question des prochains mois, c’est comment massifier la décarbonation avec des solutions déjà existantes, sans attendre des innovations qui changeraient tout. »
« Ce sera un travail énorme »
Au moment où nombre de ces métropoles discutent de leur plan climat-air-énergie territorial, un projet de développement durable obligatoire avant la fin 2018, le WWF et EcoAct proposent à ces collectivités des scénarios de réduction drastiques de leurs émissions de gaz à effet de serre, en agissant sur l’énergie, les transports, les bâtiments, les déchets, l’alimentation…
Un objectif illusoire ? « Tout n’est pas perdu, il est possible de frôler le zéro émission et de compenser le peu qui reste par du stockage de carbone, en changeant les pratiques agricoles et la gestion des forêts, mais ce sera un travail énorme, on n’est qu’au début du virage », assure M. Cannet.
Pour le WWF, qui accompagne la métropole de Rouen-Normandie dans une « COP21 » locale pour impliquer tous les acteurs dans un processus débouchant sur un engagement contractuel, cette transition nécessitera une multiplication de partenariats locaux entre les collectivités, les acteurs économiques, le milieu rural environnant… et le gouvernement. « L’Etat doit aider les métropoles à tenir leurs objectifs en renforçant les moyens attribués à la transition écologique des territoires », plaide M. Cannet. Les maires demandent ainsi qu’une partie de la contribution climat énergie soit fléchée vers les collectivités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le dirigeant de l’EPA a présenté sa démission à Donald Trump, qui l’a acceptée, après plusieurs scandales sur son utilisation des fonds publics.
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Etats-Unis : le croisé anti-environnement Scott Pruitt emporté par les affaires

Le dirigeant de l’EPA a présenté sa démission à Donald Trump, qui l’a acceptée, après plusieurs scandales sur son utilisation des fonds publics.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 22h15
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 06h44
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Le liquidateur en chef de la politique de Barack Obama en faveur de l’environnement, Scott Pruitt, climatosceptique revendiqué, a fini par plier sous le poids de ses écarts. Lesté par un nombre invraisemblable d’affaires qui ont mis en évidence un esprit de lucre et une indifférence marquée pour les conflits d’intérêts, le directeur de l’Environmental Protection Agency (EPA) a présenté sa démission, jeudi 5 juillet, au président des Etats-Unis Donald Trump, qui l’a acceptée.
La Maison Blanche a pourtant longtemps donné l’impression que sa détermination à réduire l’influence d’une agence contre laquelle M. Pruitt n’avait cessé de guerroyer dans ses précédentes fonctions de procureur général de l’Oklahoma lui valait un blanc-seing. Jusqu’à ce que le poids des controverses devienne vraiment insoutenable.
Confirmé de justesse au Sénat en février 2017, Scott Pruitt avait tout d’abord attiré l’attention par des dépenses jugées surprenantes, comme les 43 000 dollars (37 000 euros) dépensés pour sécuriser ses conversations téléphoniques passées dans son bureau équipé par ailleurs de systèmes d’identification biométriques coûteux. S’y étaient ajoutés les billets d’avion de première classe justifiés au nom des menaces que sa frénésie dérégulatrice suscitait, ou encore le triplement de l’équipe du Secret Service, chargé de la protection des hauts responsables américains, qui veillait sur lui.

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Un feuilleton de plus en plus rocambolesque
Ces révélations, au cours de l’automne 2017, ont constitué le prélude à un feuilleton de plus en plus rocambolesque, sous le regard toujours plus circonspect du Congrès.
Le directeur de l’EPA, réputé pour ses liens avec l’industrie du pétrole, a dû ainsi avouer avoir bénéficié pendant des semaines d’un logement à Washington procuré à un prix défiant toute concurrence par un couple de lobbyistes travaillant pour des entreprises concernées par les décisions de son agence. Un logement dont sa famille avait également bénéficié.
La presse américaine a ensuite dévoilé que le directeur avait effectué un coûteux voyage au Maroc, théoriquement pour y plaider en faveur d’importations de gaz liquéfié américain, et que le déplacement avait été organisé par un autre lobbyiste qui avait obtenu ensuite un contrat conséquent de la part des autorités marocaines. Un comble pour un responsable nommé par un président ayant fait campagne sur la promesse d’« assécher le marigot » de Washington.
Le rythme des révélations s’est ensuite emballé, alimentées par d’anciens conseillers du directeur de l’EPA. En avril, il a dû reconnaître qu’il avait accordé de substantielles augmentations à des fidèles en dépit de l’opposition de la Maison Blanche, non sans avoir nié dans un premier temps, au cours d’un entretien à la chaîne conservatrice Fox News, la moindre responsabilité dans cette décision.
« C’est difficile de savoir par où commencer, avait jugé le sénateur démocrate du Nouveau-Mexique Tom Udall, au cours d’une audition délicate en mai, « il semble que chaque jour apporte un nouveau scandale et que vous êtes au beau milieu. »
La Maison Blanche a continué à défendre son protégé, tout en ajoutant progressivement des nuances. « Scott Pruitt fait un excellent travail dans les murs de l’EPA (…) il est attaqué très violemment par la presse. Je ne dis pas qu’il est irréprochable, mais on verra bien ce qu’il va se passer », avait ainsi indiqué Donald Trump, le 8 juin. Une semaine plus tard, le 15 juin, le président louait encore « un travail fantastique » en ajoutant cependant : « je vais être honnête, je ne suis pas content de certaines choses. »
Politique agressive
Les semaines suivantes n’ont pas fait baisser la tension, bien au contraire. La presse américaine a découvert que le directeur avait sollicité son cabinet pour prendre contact avec une chaîne de restauration rapide afin d’obtenir une franchise pour le bénéfice de son épouse, sans succès. Une démarche identique avait également été effectuée auprès de l’Association des procureurs généraux républicains.
Un ancien directeur adjoint de l’EPA, limogé en février, a même assuré avoir vu son supérieur rembourser lui-même 600 dollars à une jeune collaboratrice qui avait dû payer avec sa carte de crédit personnelle des chambres d’hôtel pour la famille Pruitt pendant les cérémonies d’investiture de Donald Trump, en janvier 2017. Fin juin, Scott Pruitt était sous le coup d’une douzaine d’enquêtes internes.
Son bilan, après dix-sept mois à la tête de l’EPA, reste pourtant considérable. Il a plaidé avec succès auprès de Donald Trump en faveur de la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique, liquidé le plan visant à fermer les centrales électriques à charbon les plus polluantes, supprimé de nombreux règlements encadrant la production pétrolière ou l’extraction de charbon, et milité activement contre une efficacité énergétique accrue pour les automobiles.

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Son départ ne devrait par remettre en cause cette politique agressive, qui se déploie souvent à rebours d’une opinion publique américaine toujours plus sensible aux défis environnementaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Edouard Philippe est en visite à Nantes, dans le cadre des négociations engagées avec les acteurs locaux pour l’élaboration d’un plan d’action pour le Grand Ouest.
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Aéroport de Nantes : création d’un fonds de compensation pour les riverains

Edouard Philippe est en visite à Nantes, dans le cadre des négociations engagées avec les acteurs locaux pour l’élaboration d’un plan d’action pour le Grand Ouest.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 14h47
   





                        



   


En déplacement à Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, jeudi 5 juillet, la création d’un « fonds de compensation » d’ici à la fin de l’année pour les riverains de l’aéroport de Nantes-Atlantique, après l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes.
« Ce fonds sera abondé par l’Etat, par le concessionnaire et le cas échéant par les collectivités », a déclaré le premier ministre, sans toutefois en dévoiler le montant global. Cette dotation devra notamment permettre aux habitants de financer « jusqu’à 90 % » les travaux d’insonorisation de leur logement, a-t-il précisé.
Il servira également à payer « le transfert des équipements publics » à proximité de l’aéroport, au premier rang desquels un collège et une école primaire situés dans l’axe des pistes. Enfin, ce fonds permettra de dédommager certains propriétaires souhaitant revendre leur terrain « dans des conditions correctes ».
Le premier ministre n’est pas rentré dans le détail du niveau d’abondement, car il veut « faire en sorte, dans le cadre de la négociation du futur contrat (de concession de l’aéroport), que le concessionnaire s’engage sur une participation dans ce fonds ». « Les sommes seront largement suffisantes pour financer la première ou les deux premières années d’existence », a-t-il assuré.

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Rétrocession d’une partie des terres de Notre-Dame-des-Landes au département
Edouard Philippe a également déclaré qu’il espérait signer le nouveau contrat de concession « en 2021 », après la résiliation de l’accord actuel avec Vinci, conséquence collatérale de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes. Il a aussi précisé que des « discussions » étaient toutefois en cours avec Vinci pour « qu’il puisse réaliser dès 2019 » des investissements à hauteur de « quelques dizaines de millions d’euros » en vue de l’« amélioration des conditions d’usage de Nantes-Atlantique ».
Par ailleurs, M. Philippe, qui s’est entretenu successivement jeudi avec les élus locaux (maire de Nantes, présidente de la région, président du conseil départemental, députés), a confirmé la rétrocession d’une partie des terres de Notre-Dame-des-Landes au département. Mais pas « à l’euro symbolique », comme réclamé par Philippe Grosvalet, président du conseil départemental.
Le premier ministre a également acté le reversement « d’ici la fin de l’été » aux collectivités territoriales des 29 millions d’euros déboursés par elles entre 2011 et 2013 pour la construction du nouvel aéroport.
Il s’est enfin engagé sur la signature avant la fin de l’année du « contrat d’avenir » avec la région listant des projets d’infrastructures, reposant sur quatre piliers : « Transport, transformation numérique, transition écologique et économie de la connaissance ».

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Pour tenter d’assurer la survie de cette sous-espèce de pachydermes, une équipe de chercheurs au Kenya ont fécondé en laboratoire des ovules avec une autre espèce.
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Reportage

L’éprouvette, dernier espoir des rhinocéros blancs du Nord

Pour tenter d’assurer la survie de cette sous-espèce de pachydermes, une équipe de chercheurs au Kenya ont fécondé en laboratoire des ovules avec une autre espèce.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 05.07.2018 à 12h20

     •
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        Mis à jour le 05.07.2018 à 12h21






    
Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort en mars 2018 à l’âge de 45 ans dans la réserve kényane d’Ol Pejeta.
Crédits : TONY KARUMBA / AFP


Un bébé-éprouvette rhinocéros blanc du Nord d’ici à trois ans ? C’est l’espoir de chercheurs ayant réussi à créer les premiers embryons in vitro de rhinocéros, une « étape essentielle » pour la survie de cette sous-espèce quasi éteinte du pachyderme. Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort en mars à l’âge de 45 ans dans la réserve kényane d’Ol Pejeta, laissant derrière lui sa fille et sa petite-fille, Najin et Fatu, dernières représentantes sur la planète de cette sous-espèce africaine décimée par le braconnage.

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Avec cette disparition, beaucoup comptaient sur la science pour assurer la perpétuation de ces pachydermes, dont les derniers individus sauvages ont été tués il y a plus de dix ans. Grâce à des procédures de procréation assistée inédites chez des rhinocéros, la « première étape essentielle pour sauver cette sous-espèce quasi éteinte » a été franchie, avec la création d’embryons hybrides in vitro, explique une équipe internationale de chercheurs dans la revue Nature Communications.
Sept embryons
Ils ont prélevé dans des zoos européens plus de 80 ovocytes sur des femelles rhinocéros blancs du Sud, sous-espèce dont il reste quelque 20 000 individus sauvages dans le sud de l’Afrique. Les ovules ont ensuite été fécondés en laboratoire, certaines par du sperme congelé de rhinocéros blancs du Nord et d’autres par celui de son cousin du Sud, grâce au laboratoire italien Avantea, spécialiste de la reproduction des chevaux et des bovins.
Résultat : sept embryons, dont trois ont été congelés. « Notre but est d’avoir d’ici à trois ans la naissance du premier petit rhinocéros blanc du Nord », assure Thomas Hildebrandt, de l’Institut Leibniz de recherche zoologique et animale de Berlin.

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« En prenant en compte les seize mois de grossesse, nous avons un peu plus d’un an pour réussir une implantation » sur une mère porteuse rhinocéros blanc du Sud, Najin et Fatu n’étant pas en mesure de mener une grossesse, poursuit-il.
Et le temps est compté. Les descendantes de Sudan sont les seules à « pouvoir apprendre la vie sociale à un rhinocéros blanc du Nord », souligne l’expert en reproduction animale. Mais pour l’instant, les embryons créés permettraient au mieux la naissance d’un hybride. Alors pour faire naître un petit rhinocéros blanc du Nord « pur », les chercheurs souhaitent recueillir les ovocytes des deux femelles du Kenya.
« Nous espérons pouvoir le faire d’ici à la fin de l’année », indique Jan Stejskal, du zoo tchèque de Dvur Kralove. Najin et Fatu sont nées en 1989 et 2000 dans ce parc qui avait tenté en vain des inséminations artificielles, avant de les envoyer au Kenya dans l’espoir, déçu, d’une reproduction naturelle.
Tenter de produire des gamètes
Pourquoi n’ont-ils pas prélevé plus tôt leurs ovocytes pour créer directement un embryon de rhinocéros blanc du Nord ? Ils attendent une autorisation des autorités kényanes pour cette intervention délicate. Ils ont également dû inventer et développer ces deux dernières années une technique et un ustensile de deux mètres de long pour prélever des ovocytes de rhinocéros blancs à l’anatomie particulière, explique Thomas Hildebrandt.
En parallèle, au cas où les ovocytes de Najin et Fatu ne puissent être prélevés, et pour assurer une diversité génétique des futurs petits, d’autres expériences sont en cours pour tenter de produire des gamètes (ovocytes et sperme) de rhinocéros blancs du Nord grâce à des cellules-souches pluripotentes induites, qui ont le potentiel de se transformer en n’importe quelle cellule.

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Mais « il reste improbable qu’une population viable de rhinocéros blancs du Nord soit restaurée », tempèrent Terri Roth et William Swanson, du centre de recherche du zoo de Cincinnati, qui n’ont pas participé à l’étude. « Des résultats impressionnants dans une boîte de Pétri ne se traduisent pas facilement en un troupeau de petits en bonne santé », ajoutent-ils.
Les auteurs de l’étude répondent déjà aux voix qui s’élèveront contre les sommes dépensées dans ces biotechnologies. Pour Jan Stejskal, le combat doit se mener sur tous les fronts : « Conservation sur le terrain, lutte contre la demande [de cornes] en Asie et soutien à la science ». Avec l’espoir, un jour, de voir les rhinocéros blancs du Nord « de nouveau à l’état sauvage ».

