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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Rome remet en cause cette mesure emblématique, censée doper l’emploi, qui n’a guère contribué à réduire la dualité du marché du travail et à freiner la précarité.
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Le gouvernement populiste italien s’attaque au « Jobs Act » de Matteo Renzi

Rome remet en cause cette mesure emblématique, censée doper l’emploi, qui n’a guère contribué à réduire la dualité du marché du travail et à freiner la précarité.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 14h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Déclarer la guerre à la précarité, telle est l’ambition affichée ces derniers jours par Luigi Di Maio, vice-président du conseil italien et ministre du travail. Lundi 2 juillet, son gouvernement a adopté un « décret dignité », avec un objectif : mieux protéger les salariés en revenant en arrière sur le Jobs Act, la réforme qui avait flexibilisé le marché du travail en 2015. Pour le leader du Mouvement 5 étoiles (antisystème), il s’agit autant de tenir une promesse de campagne que de marquer des points face à Matteo Salvini, son allié d’extrême droite, au ministère de l’intérieur. Omniprésent, ce dernier ne rate pas une occasion de mettre en scène sur les réseaux sociaux ses diatribes anti-migrants.
Moins ambitieux que le projet initial – le ministre de l’économie Giovanni Tria a écarté les mesures les plus coûteuses –, le décret doit encore être approuvé d’ici deux mois par le Parlement, susceptible d’apporter des modifications. Notamment sous l’impulsion de la Ligue de Matteo Salvini, dont la base électorale, où les entrepreneurs sont nombreux, voient d’un mauvais œil ces nouvelles règles. Celles-ci visent à limiter les recours excessifs aux CDD. A l’avenir, ceux-ci ne pourront être renouvelés que quatre fois (contre cinq actuellement) et ne pourront pas dépasser deux ans (contre trois). Les employeurs qui les proposent seront davantage taxés. « Les CDD utilisés à tort et à travers, c’est terminé », a promis Luigi Di Maio.
En outre, la durée pendant laquelle un salarié pourra être licencié sans justification sera limitée à un an (contre trois aujourd’hui) et il bénéficiera d’indemnités majorées de 50 %. Enfin, les entreprises ayant reçu des subventions publiques devront les rembourser si elles délocalisent hors de l’Union européenne.

Un contrat à droit progressif
Sans surprise, ces mesures ont soulevé une vive opposition de la part du milieu des affaires et du patronat. « C’est une erreur, les emplois ne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les avocats Bernard Cazeneuve et Pierre Sellal plaident pour la mise en place d’un paquet européen anticorruption pour mieux traquer la grande délinquance financière.
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« Il faut corriger l’asymétrie » entre Europe et Etats-Unis dans la lutte contre la corruption

Les avocats Bernard Cazeneuve et Pierre Sellal plaident pour la mise en place d’un paquet européen anticorruption pour mieux traquer la grande délinquance financière.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h37
    |

Bernard Cazeneuve (Ancien premier ministre, avocat au barreau de Paris, associé au sein du cabinet August Debouzy) et Pierre Sellal (Ancien ambassa...







                        



                                


                            

Tribune. Les progrès législatifs récemment accomplis en France et en Europe pour lutter contre la corruption méritent d’être confortés. Alors que le Foreign Corruption Practices Act (FCPA) s’applique dans toute sa rigueur aux Etats-Unis depuis 1977, il aura fallu attendre 1997 pour que, dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit adoptée la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales, et 2005, pour que l’ONU publie la Convention des Nations unies contre la corruption.
Ce n’est que vingt ans plus tard que la loi Sapin 2 a été adoptée par le parlement français, avec la volonté d’appliquer dans notre pays les meilleurs standards internationaux de la lutte contre la corruption.
Trois grands piliers
Il n’est guère surprenant, dans un tel contexte, que le juge américain ait pris prétexte de l’extrême faiblesse des dispositifs de prévention et de pénalisation de la corruption en France et en Europe, pour légitimer l’extraterritorialité de ses procédures.
Or les mesures de prévention de la corruption prévues par les dispositions législatives et réglementaires les plus récentes ont aussi pour objectif de créer les conditions d’une concurrence économique équitable, seule à même de garantir une croissance durable dans une économie de plus en plus concurrentielle. Ce qui vaut pour le marché global vaut a fortiori pour le marché unique européen. On ne peut à la fois regretter la dimension asymétrique de la relation euroatlantique sur les sujets de conformité et de lutte anticorruption et ne rien faire pour la rééquilibrer.

Sur la question de la prévention de la corruption et de la pénalisation de ceux qui l’organisent, la mise en œuvre d’un paquet compliance (conformité) européen devrait constituer l’un des objectifs prioritaires de la mandature européenne qui s’ouvrira en 2020. Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Heinrich Hiesinger, qui avait réussi à redresser le groupe, est parti sous la pression de fonds activistes actionnaires opposés à sa stratégie.
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En Allemagne, des inquiétudes sur l’avenir de ThyssenKrupp après la démission de son patron

Heinrich Hiesinger, qui avait réussi à redresser le groupe, est parti sous la pression de fonds activistes actionnaires opposés à sa stratégie.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h55
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Avis de gros temps sur les grands conglomérats industriels : ThyssenKrupp (TK), l’un des plus importants et anciens d’Allemagne, est entré dans une période d’instabilité. Le président du directoire, Heinrich Hiesinger, a annoncé sa démission, jeudi 5 juillet dans la soirée, à la surprise générale. Après avoir réussi à redresser le groupe, au bord de la faillite à son arrivée en 2011, le patron est finalement tombé, sous la pression de fonds activistes qui s’opposaient depuis plusieurs mois à sa stratégie.
« Sans Heinrich Hiesinger, ThyssenKrupp n’existerait plus », a aussitôt réagi le président du conseil de surveillance, Ulrich Lehner, dans un hommage inhabituellement appuyé. Il n’est pas si loin le temps où le mythique groupe d’Essen, associé aux débuts de l’industrialisation allemande et à la reconstruction, faisait l’objet de toutes les inquiétudes. En 2011, sa situation financière était devenue extrêmement précaire après qu’un investissement ambitieux dans une aciérie en Amérique latine eut tourné au fiasco. Heinrich Hiesinger, ancien de Siemens, avait été alors appelé à la tête du groupe, à qui il a imposé une restructuration historique. Sept ans plus tard, son bilan est considérable : il a réduit l’énorme dette et recentré l’activité sur des secteurs à plus forte valeur ajoutée, comme la sous-traitance automobile, les ascenseurs et les sous-marins.
Un pas symbolique délicat
Mais surtout, Heinrich Hiesinger a osé faire un pas symbolique extrêmement délicat : fusionner les activités de sidérurgie, cœur historique de ThyssenKrupp, avec l’indien Tata, au sein d’une nouvelle coentreprise. ThyssenKrupp Steel Europe, dont le siège se trouve à Duisburg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est le fruit de mariages successifs entre différents sidérurgistes allemands de la région de la Ruhr. Il a aussi vu naître les premières grandes luttes sociales pour les droits des travailleurs.

La fondation d’entreprise Krupp, premier actionnaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’historien et sociologue Guillaume Mouralis, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Marc-Bloch à Berlin, explique comment les grandes firmes allemandes et leurs dirigeants ont dû rendre compte en 1947-1948 de leurs comportements sous le régime nazi.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Après la seconde guerre, les dirigeants des plus grandes entreprises allemandes ont été poursuivis en tant que personnes physique »

L’historien et sociologue Guillaume Mouralis, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Marc-Bloch à Berlin, explique comment les grandes firmes allemandes et leurs dirigeants ont dû rendre compte en 1947-1948 de leurs comportements sous le régime nazi.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 11h55
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            
Engager des poursuites judiciaires contre une entreprise pour « crimes contre l’humanité », comme c’est le cas dans l’affaire Lafarge, est-il une première historique ?
Guillaume Mouralis.- C’est semble-t-il une première en matière de poursuite d’une entreprise comme personne morale. En revanche, les dirigeants et cadres des plus grandes entreprises allemandes ont été poursuivis, jugés et condamnés en tant que personnes physiques pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en 1947 et 1948. Non pas par la justice allemande, ni par le tribunal militaire international (TMI) de Nuremberg, mais par les tribunaux militaires des occupants alliés, essentiellement américains.
Le droit pénal international, depuis Nuremberg jusqu’à aujourd’hui, ne connaît en effet que des délits et des crimes commis par des individus à l’encontre d’autres individus. Certes, le tribunal de Nuremberg a mis en accusation sept « organisations criminelles », dont trois ont été jugées coupables. Il s’agissait d’organisations politiques et administratives de l’Allemagne nazie – dont le parti hitlérien, le NSDAP, et la SS – mais pas d’entreprises.
Celles-ci ont donc échappé à leurs responsabilités en matière de participation aux crimes nazis ?
Pas leurs dirigeants, du moins quelques dizaines d’entre eux – et encore, provisoirement. Après le verdict de Nuremberg contre les dirigeants nazis, le 1er octobre 1946, les Américains organisent, en 1947 et 1948, ce qu’on appelle les « procès successeurs » pour juger les responsables « de second rang » selon les mêmes règles de droit que le TMI.
Sur douze procès, trois concernent les dirigeants des trois plus grands groupes industriels allemands, Krupp, Flick et IG Farben. Le procès Krupp condamne le fils du patron, Alfried Krupp, à douze ans de prison, et onze cadres à des peines diverses – y compris la confiscation de leurs biens – pour crime contre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La réélection du président a sonné le glas d’une alliance de circonstance.
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L’opposition turque déchirée par sa défaite face à Erdogan

La réélection du président a sonné le glas d’une alliance de circonstance.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 10h23
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Les lendemains sont difficiles pour l’opposition au président turc Recep Tayyip Erdogan, sonnée par ses piètres résultats lors du double scrutin – législatif et présidentiel – du 24 juin. Premier constat, l’alliance de circonstance formée par les partis d’opposition – les républicains du CHP, les nationalistes du Bon Parti, les islamistes du Parti de la félicité – afin de battre M. Erdogan dans les urnes, a cessé d’exister. « Cette alliance électorale n’a plus lieu d’être », a déclaré Aytun Çiray, le porte-parole du Bon Parti, qui n’a pas exclu de coopérer au parlement avec le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) actuellement dirigé par M. Erdogan.
L’AKP a obtenu 295 sièges sur les 600 que compte le nouveau Parlement mais son score est en déclin de 7 % par rapport aux législatives de novembre 2015. Ses résultats sont en baisse dans 70 des 81 départements du pays. Soucieux de « corriger les erreurs », le numéro un turc a avancé la date du congrès annuel au 18 août. Il se prépare aux élections municipales prévues pour mars 2019.
Grâce aux 49 sièges remportés par leurs alliés du Parti de l’action nationaliste (MHP, droite ultranationaliste), les islamo-conservateurs gardent la haute main sur le Parlement, devenu une simple chambre d’enregistrement dans le cadre de l’« hyperprésidence » que M. Erdogan s’apprête à endosser pleinement après sa prestation de serment, lundi 9 juillet.
Ce jour marquera l’entrée dans « l’ère Erdogan » qui s’inscrit dans la continuité de « l’ère ottomane » et de « l’ère seldjoukide », selon Ibrahim Karagül, l’éditorialiste du quotidien progouvernemental Yeni Safak. Sorti victorieux de l’élection présidentielle avec 52,59 % des voix, loin devant son rival, Muharrem Ince, le candidat du CHP, M. Erdogan a toute latitude pour institutionnaliser son régime autocratique et poursuivre son projet de « transformation civilisationnelle »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Résonances. Pour l’historienne Claire Judde de Larivière, le phénomène inédit que représente la sortie d’un pays de l’Union européenne induit des situations « ubuesques », symboles d’un gouvernement en terra icognita.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Le Brexit, une émancipation incontrôlable

Résonances. Pour l’historienne Claire Judde de Larivière, le phénomène inédit que représente la sortie d’un pays de l’Union européenne induit des situations « ubuesques », symboles d’un gouvernement en terra icognita.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 12h08
    |

                            Claire Judde de Larivière (Historienne et collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Il y a deux ans, le 24 juin 2016, les Britanniques se sont réveillés divisés. La moitié du pays ­sablait le champagne au petit déjeuner. L’autre moitié subissait une gueule de bois parmi les plus ­sévères de son histoire, dans une contrée où le syndrome est pourtant érigé en art de vivre. La nuit avait été digne des montagnes russes. A l’heure de se mettre au lit, le ballottage s’annonçait favorable au « Remain » (rester en Europe). Puis, au fur et à mesure du dépouillement, les estimations hésitaient, avant que ne soit annoncée, vers 4 h 30 du matin, la victoire du « Leave » (quitter ­l’Europe), avec presque 52 % des voix.
Depuis des heures, les traders du monde entier avaient joyeusement spéculé sur la livre sterling, et il semble même aujourd’hui, comme le révèle un article publié par Bloomberg Businessweek le 26 juin, que le leader de UKIP, le toujours hilare Nigel Farage, avait lui-même continué de prétendre avoir perdu – quand bien même il savait que le « Leave » l’emportait – pour aider plusieurs fonds d’investissement gérés par ses amis à spéculer sur la monnaie britannique et à s’enrichir massivement en quelques heures.
Le réveil, douloureux pour beaucoup, sonnait le départ en fanfare vers un grand « n’importe quoi » politique, qu’annonçaient deux scènes devenues iconiques. Le même Farage expliquait à la télé, dès 6 h 30 du matin, que l’un de ses plus fameux slogans de campagne, l’annonce du reversement au service de santé public des 350 millions de livres sterling dus chaque semaine à l’Europe était « l’une des erreurs que la campagne du “Leave” avait faite », et qu’il ne pouvait garantir une telle redistribution. Quant à Boris Johnson [alors député], les habitants du quartier d’Islington, à Londres, l’attendaient de pied ferme devant chez lui pour hurler en chœur « Shame on you, Boris ! »
Contradictions intrinsèques
Depuis deux ans, les épisodes de ce genre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le comité Syrie-Europe estime que ce qui se passe à Deraa pose aux pays de l’Union européenne la question de leur survie morale et politique en tant que démocraties et Etats de droit.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/07/2018
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« Le sud de la Syrie ou l’effondrement d’une conscience européenne »

Dans une tribune au « Monde », le comité Syrie-Europe estime que ce qui se passe à Deraa pose aux pays de l’Union européenne la question de leur survie morale et politique en tant que démocraties et Etats de droit.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h50
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le 19 juin, les forces du régime de Bachar Al-Assad ont brisé le cessez-le-feu en vigueur dans la province de Deraa pour reprendre le contrôle des territoires encore rebelles, dans le sud de la Syrie.
Plus que le terrible fracas des raids aériens de l’allié russe, ce qui interpelle est le silence assourdissant dans lequel se fait le retour des crimes et des drames qui, depuis sept ans, détruisent le pays : villes et hôpitaux bombardés, civils tués, cortèges de réfugiés, expropriations en masse des exilés, recomposition ethnique et confessionnelle (« chiitisation ») du pays.

En guise de réaction de la communauté internationale, les Nations unies (ONU) ont, par prudence, suspendu leurs convois humanitaires depuis la Jordanie et le secrétaire général Antonio Guterres, « profondément alarmé », a appelé « toutes les parties » au respect du droit international et de leurs engagements.
Le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas réuni en urgence. Les Etats-Unis, censés garantir le respect de cette zone de « désescalade », n’ont pas frappé du poing sur la table, sans doute parce que les forces iraniennes restent à bonne distance, et que Washington n’est plus très éloigné du point de vue exprimé par la Cour suprême de Russie, selon lequel il n’y a « pas de guerre en Syrie » mais une « opération antiterroriste ».
En attendant qu’une énième « ligne rouge » chimique ne soit de nouveau franchie ou que des massacres à grande échelle ne soient retransmis par les médias, les grandes puissances semblent cette fois résolues à laisser la zone retomber dans l’escarcelle du régime.
Aveu d’impuissance
Peut-être parce qu’elles sont parfaitement conscientes de cet abandon, dans plusieurs localités, les forces rebelles se sont résignées à signer leur reddition avec le vrai patron, la Russie. Rien n’assure que, dans les poches de résistance, la violence ne reprenne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Un destin italien (1/3). Dans une série d’articles, « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du nouveau gouvernement transalpin. Sa carrière politique a commencé à Milan, du temps où il se disait favorable à l’autonomie, voire à l’indépendance, d’une partie du nord du pays.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Les trois vies de Matteo Salvini : le temps du militant

Un destin italien (1/3). Dans une série d’articles, « Le Monde » retrace le parcours de l’homme fort du nouveau gouvernement transalpin. Sa carrière politique a commencé à Milan, du temps où il se disait favorable à l’autonomie, voire à l’indépendance, d’une partie du nord du pays.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 06h30
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Bien sûr, depuis, ses traits se sont épaissis, son visage s’est arrondi et son regard, devant l’objectif, a gagné en netteté, en profondeur. Pourtant, à vingt ans de distance, on le reconnaît tout de suite. Sur cette photographie prise en 1998, Matteo Salvini est à l’orée de sa carrière, il n’est pas encore un professionnel de la communication politique, mais c’est déjà un militant aguerri. Chemise verte ouverte, un peu crâneur, il pose, à 25 ans, en tant que membre des « Jeunesses padanes » et chef de file du groupe communiste du « parlement » de la « Padanie », une institution sans pouvoir aucun, parfaitement illégale, imaginée un an plus tôt par le père de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, et censée rassembler toutes les tendances politiques des régions septentrionales de l’Italie.
Le seul signe distinctif qu’on aperçoive, sur cette photographie, c’est un brassard aux couleurs du drapeau médiéval de la Ligue lombarde, que Matteo Salvini arbore ostensiblement. Était-il alors « communiste », comme il le prétend ? Rien n’est moins sûr. Au moment de constituer ce « parlement » un peu insolite, Umberto Bossi avait distribué les rôles, et sans doute le jeune Matteo avait-il eu à peine son mot à dire. Mais son engagement pour l’autonomie, voire l’indépendance de la Padanie, en revanche, ne fait pas de doute.
Virage spectaculaire
Vingt ans après, les choses ont bien changé, et celui qui est devenu l’homme fort du gouvernement italien, vice-président du conseil et ministre de l’intérieur, ne mentionne plus, depuis longtemps, cet objectif séparatiste. Mieux, depuis qu’il a entrepris de métamorphoser la Ligue en pivot de l’ensemble des droites nationales, des pentes alpines à la Sicile, de Trieste au détroit de Messine, il fait tout pour combattre les tenants de cette politique.
Malgré ses efforts pour occulter cet épisode de son parcours, Matteo Salvini est bien entré en politique avec pour ambition l’éclatement de l’Italie. Ce virage est spectaculaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que si l’Union européenne veut relancer sa machine à intégrer, il lui faut réapprendre à investir et à consommer.
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Thomas Piketty : « L’Europe, les migrants et le commerce »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que si l’Union européenne veut relancer sa machine à intégrer, il lui faut réapprendre à investir et à consommer.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 10h59
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Alors que les Vingt-Huit s’apprêtent à durcir les conditions d’entrée dans l’Union européenne (UE), il n’est pas inutile d’essayer d’y voir un peu plus clair sur les réalités migratoires actuelles et, plus généralement, sur le positionnement de l’Europe dans la mondialisation.
Les données disponibles sont imparfaites, mais suffisantes pour établir les principaux ordres de grandeur. Les plus complètes sont celles rassemblées par la division de la population des Nations unies (ONU), à partir des statistiques démographiques transmises par chaque pays et d’un patient travail d’homogénéisation.
Elles permettent de connaître l’évolution des flux migratoires entrants et sortants dans les différents pays du monde, et comprennent aussi les délicates « perspectives de la population mondiale » établies pour les décennies à venir. Si l’on examine les dernières données disponibles, deux faits ressortent clairement.
La mondialisation des années 1990-2018 est d’abord financière et commerciale, et n’a jamais atteint les niveaux migratoires observés lors de la période 1870-1914
Tout d’abord, les flux migratoires entrants dans les pays riches (nets des sorties) ont diminué depuis 2010. Ils étaient d’environ 2 millions de personnes par an de 1990 à 1995, 2,5 millions de 1995 à 2000, avant de dépasser les 3 millions de 2000 à 2010, puis de retomber autour de 2 millions entre 2010 et 2018, niveau auquel l’ONU situe sa pré­vision pour les années à venir.
La population des pays riches avoi­sinant le milliard d’habitants (500 millions pour l’UE, 350 millions pour Etats-Unis-Canada, 150 millions pour Japon-Océanie), cela signifie que le flux migratoire était inférieur à 0,2 % par an dans les années 1990, avant de monter à près de 0,3 % entre 2000 et 2010, puis de repasser au-dessous de 0,2 % par an depuis 2010.
Ces flux peuvent sembler minuscules, et, d’une certaine façon, ils le sont : la mondialisation des années 1990-2018...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La première ministre britannique a assuré que ses ministres, très divisés, étaient parvenus à une « position commune », incluant une zone de libre-échange.
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Theresa May impose un « Brexit doux » aux europhobes de son gouvernement

La première ministre britannique a assuré que ses ministres, très divisés, étaient parvenus à une « position commune », incluant une zone de libre-échange.



Le Monde
 |    07.07.2018 à 00h52
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 07h54
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Large alignement sur les règles de l’Union européenne (UE), quasi-union douanière, mobilité facilitée pour les Européens et respect partiel des décisions de la Cour de justice européenne. Alors que les industriels s’alarment des ravages sur l’emploi que produirait un échec des négociations avec Bruxelles, Theresa May a abandonné, vendredi 6 juillet, le « Brexit dur » qu’elle prône depuis deux ans, sans pour autant provoquer, au moins pour le moment, de fracture au sein de son gouvernement.
Au terme de douze heures de séminaire avec ses vingt-neuf ministres dans le cadre champêtre de sa résidence de Chequers, la cheffe de l’exécutif britannique a pu annoncer avec satisfaction que le gouvernement s’était « mis d’accord sur une position commune pour l’avenir de nos négociations avec l’UE ».

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                Le Brexit et « la débâcle du Royaume-Uni »



Après des mois de bagarres internes, le gouvernement britannique a commencé à accorder ses violons sur le type de relations qu’il souhaite avec le continent après le Brexit effectif, prévu pour le début 2021. La veille, alors que le contenu du compromis concocté par Downing Street avait commencé à s’étaler dans la presse, deux piliers de l’exécutif, Boris Johnson (chargé des affaires étrangères) et David Davies (chargé du Brexit) avaient, une fois encore, menacé de démissionner. L’habile organisation du séminaire par Mme May semble les en avoir dissuadés : les démissionnaires ne pourront pas rentrer à Londres dans leur voiture ministérielle, avait prévenu Downing Street alors que Chequers est à 70 km de la capitale. Quant aux téléphones portables, ils ont dû être déposés au vestiaire pour empêcher les rebelles de diffuser leurs critiques avant la déclaration de Mme May.
Les contestataires pourraient aussi s’être rendus à l’évidence – il n’existe pas de majorité parlementaire en faveur d’un « hard Brexit » – et avoir mesuré la lassitude et l’inquiétude de nombreux élus tories devant l’interminable cacophonie gouvernementale.
Mme May semble s’être décidée à siffler la fin de la récréation et a sommé MM. Johnson et Davis, désormais affaiblis, de se taire ou de prendre la porte. Dans une lettre adressée aux députés, la première ministre met les points sur les « i » : jusqu’à présent, écrit-elle, « j’avais autorisé les collègues à exprimer leurs points de vue personnels. L’accord [de vendredi] signifie que ce ne sera plus le cas et que la responsabilité collective est désormais totale. »
De la souplesse pour les services
L’avenir dira si les contestataires sont prêts à avaler les couleuvres que contient la synthèse de Mme May. Le texte, qui doit être développé dans un « livre blanc de 120 pages » à paraître la semaine prochaine, prévoit de « créer une zone de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’UE avec un ensemble de règles communes pour les biens industriels et les produits agricoles ». En théorie, le Parlement de Westminster pourrait y déroger. Mais dans ce cas, l’UE pourrait répliquer en bloquant l’accès à son marché intérieur.
En matière de services, les Britanniques souhaitent un alignement moins étroit leur permettant d’être plus compétitifs que l’UE dans ce secteur clé pour eux. Ils veulent fixer librement leurs droits de douane, mais proposent de prélever les taxes européennes si elles sont plus élevées, et de les rétrocéder à l’UE lorsque les marchandises sont destinées aux Vingt-Sept. Selon Downing Street, l’application de ces principes éviterait le retour d’une frontière physique en Irlande.
L’utilisation d’une étonnante novlangue – « zone douanière conjointe », « harmonisation continue » – permet à Mme May de prétendre que ses « lignes rouges » n’ont pas été franchies.
En réalité, la première ministre qui continue de jurer que son pays va quitter le marché unique européen, cherche désormais à y coller au maximum. Londres s’engagerait même à respecter les décisions de la Cour de justice de l’UE « dans les domaines où les règles communes s’appliquent ». Le principe de libre-circulation des personnes laisserait la place à un « schéma de mobilité ».
Une base de négociation avec les Vingt-Sept
Si l’accord obtenu à l’arraché vendredi soir représente pour Mme May une – tardive – victoire de politique intérieure, il constitue seulement une base de négociation avec les Vingt-Sept, et nullement une promesse d’accord de leur part.
Tout porte au contraire à croire que le savant découpage prôné par Mme May est inacceptable pour l’UE. La césure entre marchandise et services contrevient au principe d’unicité du marché intérieur et le compromis réclamé sur les droits de douane bouscule le principe d’autonomie de l’UE.
Le système de collecte des droits de douane inciterait à la fraude et repose sur une technologie inconnue. Quant à la compatibilité entre des liens si proches et la capacité revendiquée par Londres de négocier des traités commerciaux avec le reste du monde, elle reste plus qu’hypothétique. Vendredi, Michel Barnier, qui mène la négociation pour l’UE s’est voulu positif en se déclarant « prêt à adapter son offre » et en déclarant « bienvenue » la discussion de Chequers.

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                Brexit : le front européen se fissure face à Londres



Mais si l’on compare le Brexit à un avion à la recherche d’une piste d’atterrissage, la pilote Theresa May vient seulement de signifier, vendredi, après deux ans passés à tourner en rond, que ce terrain existe et se situe plus près de la Norvège (intégrée dans le marché unique) que du Canada (lié à l’UE par un simple accord de libre-échange). L’atterrissage, lui, n’est pas pour demain, alors que le carburant-temps est compté.

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur le Brexit :
six questions sur la situation au 29 mars 2018, soit un an jour pour jour avant la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européennele décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transitionl’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UEl’analyse du correspondant du Monde au Royaume-Uni, selon qui les Britanniques ne regrettent pas le Brexitle zoom sur la City de Londres, qui se rêve en terre d’accueil des capitaux d’Asie ou du Moyen-Orientles conséquences en Irlande, où le Brexit ébranle vingt années de paixla tribune de l’économiste Nicolas-Jean Brehon pour qui le Brexit pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-mêmecomprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneretour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le ministre de l’intérieur allemand préconise la flexibilité dans les négociations avec le Royaume-Uni, tandis que le chancelier autrichien envisage de prolonger la procédure de sortie de l’UE.
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Brexit : le front européen se fissure face à Londres

Le ministre de l’intérieur allemand préconise la flexibilité dans les négociations avec le Royaume-Uni, tandis que le chancelier autrichien envisage de prolonger la procédure de sortie de l’UE.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h59
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Jusqu’à présent, l’unité des Vingt-sept a remarquablement bien tenu face à Londres. Certains commencent cependant à faire entendre une petite musique dissonante à mesure que l’échéance du Brexit se rapproche (30 mars 2019), et alors que les négociations butent sur l’incapacité du gouvernement britannique à arrêter une ligne concernant l’épineuse question irlandaise.
Jeudi 5 juillet, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a tenu des propos pour le moins ambigus, suggérant qu’il serait possible, si les discussions entre Bruxelles et Londres n’aboutissaient pas fin mars 2019, de prolonger la procédure « article 50 », qui donnait deux ans aux parties pour boucler un accord de divorce. « Il nous faut garder de bonnes relations avec le Royaume-Uni. Sans solutions [sans accord], je plaide pour qu’on continue les négociations et pour éviter un Brexit “hard” », a déclaré le dirigeant conservateur, dont le pays a pris la présidence de l’Union européenne pour six mois le 1er juillet.
Réinterrogé vendredi 6 juillet, M. Kurz a un peu nuancé son propos sans revenir sur le message principal : « S’il n’y avait pas d’accord [en mars 2019], il faudrait certes une décision à l’unanimité [des 27 Etats membres] mais il faudra tout faire pour éviter un Brexit dur. »

Dans la même veine, Horst Seehofer, le ministre de l’intérieur (CSU, conservateur) d’Angela Merkel, qui lui a tenu la dragée haute sur la migration en l’obligeant à durcir sa position, a ouvert un nouveau front, en adoptant une position bien plus accommodante envers Londres que la chancelière.
Le Financial Times citait jeudi un courrier adressé à la Commission européenne, le 27 juin, dans lequel le Bavarois écrit que « garantir la sécurité des citoyens en Europe devrait l’emporter sur tous les autres aspects des négociations sur la sortie » du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Affaiblir l’architecture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’élu du parti d’extrême droite est le 10e à être mis en examen dans cette affaire, où les eurodéputés frontistes sont soupçonnés d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2015.
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Affaire des assistants parlementaires : Bruno Gollnisch mis en examen

L’élu du parti d’extrême droite est le 10e à être mis en examen dans cette affaire, où les eurodéputés frontistes sont soupçonnés d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2015.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h28
   





                        



   


Le représentant du Rassemblement national (RN, ex-Front national) au Parlement européen Bruno Gollnisch a été mis en examen vendredi 6 juillet par les juges d’instruction financiers parisiens pour « abus de confiance » pour l’emploi présumé fictif entre 2005 et 2015 d’assistants parlementaires, a t-on appris auprès de l’intéressé. Il s’agit de la 10e mise en examen dans cette affaire où sont déjà poursuivis le Rassemblement national (ancien Front National) en tant que personne morale et huit assistants ou eurodéputés, dont la présidente du parti d’extrême droite, Marine Le Pen, et le député des Pyrénées-Orientales Louis Aliot.
« C’est dérisoire. Je n’ai pas détourné un centime du Parlement européen », a réagi Bruno Gollnisch. « Au contraire, mes assistants parlementaires ont fourni un travail acharné, conformément à la législation et aux usages de la vie parlementaire », a-t-il fait valoir, parlant de ses deux assistants, Guillaume Lhuillier et Micheline Bruna. M. Gollnisch dénonce en outre le fait que « l’administration politisée du Parlement européen a déclaré devant le tribunal du Luxembourg qu’elle n’avait aucune procédure en cours contre moi, alors qu’elle s’est constituée partie civile contre quasi tous les élus FN » au Parlement européen. « Ce qui constitue un délit d’escroquerie au jugement », selon l’eurodéputé, proche de Jean-Marie Le Pen.
Le 7 mars, le tribunal de l’Union européenne (UE) à Luxembourg a rejeté une requête de Jean-Marie Le Pen, également eurodéputé, et de Bruno Gollnisch qui demandaient l’annulation de la décision du Parlement européen, début 2016, de leur faire restituer respectivement 320 026 et 275 984 euros qui auraient été indûment versés pour ces assistants parlementaires.
La justice de l’UE a aussi confirmé le 19 juin que Marine Le Pen devait rembourser près de 300 000 euros au Parlement européen pour l’emploi douteux d’une assistante quand elle était eurodéputée. Le préjudice total estimé par le Parlement européen est de 7 millions d’euros sur la période 2009 à 2017.

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                Assistants FN : le Parlement européen réévalue son préjudice à la hausse



Un possible détournement d’argent européen
Les juges d’instruction enquêtent sur un possible « système » organisé par le parti, devenu au début de juin Rassemblement national (RN), et par sa présidente, Marine Le Pen, pour faire rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l’embauche d’assistants parlementaires.
Le 4 juin, la cour d’appel de Paris a rejeté les recours formés par le FN et Marine Le Pen, qui contestait la compétence de la justice française, estimant aussi que l’enquête judiciaire s’affranchissait du principe de séparation des pouvoirs.
L’enquête, déclenchée en 2015 après un signalement de l’ex-président socialiste du Parlement européen Martin Schultz, vise 17 élus ou ex-élus frontistes et une quarantaine d’assistants. Les investigations ont mis au jour des courriels et des tableaux suggérant que les contrats d’assistant étaient ventilés selon les crédits disponibles sur les enveloppes des élus, sans nécessairement demander l’accord de ces derniers.
Marine Le Pen est notamment soupçonnée d’avoir « donné des instructions » afin que des eurodéputés engagent comme assistants des personnes « occupant en réalité des emplois » au FN, selon les termes de sa mise en examen survenue le 30 juin 2017, d’après une source proche du dossier.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Profitant du flou d’une mesure en faveur de la scolarisation des enfants de migrants, Campus Manilla – qui accueille à la rentrée la princesse Estelle de Suède – a préféré « intégrer » des Suédois aisés établis à l’étranger.
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A Stockholm, l’école de l’élite accueille des réfugiés… suédois


                      Profitant du flou d’une mesure en faveur de la scolarisation des enfants de migrants, Campus Manilla – qui accueille à la rentrée la princesse Estelle de Suède – a préféré « intégrer » des Suédois aisés établis à l’étranger.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h07
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        

Quand ils ont choisi l’école de leur fille Estelle, la princesse héritière suédoise Victoria et son époux le prince Daniel ont opté pour un des établissements les plus prestigieux de Stockholm, fréquenté par les héritiers du gratin suédois. Une école à l’impeccable réputation, qui aurait dû leur garantir le calme feutré des maisons bien tenues et le standing dévolu à leur rang. Raté : voilà Campus Manilla – le nom de l’école –, depuis vendredi 29 juin, au cœur d’un scandale. Le quotidien Dagens Nyheter vient de révéler que l’établissement avait détourné l’esprit d’un dispositif conçu pour accueillir des enfants de réfugiés au bénéfice des fils et filles de richissimes Suédois installés à l’étranger.
Une des meilleures écoles de Suède
Posé sur l’île de Djurgården, au centre de Stockholm, dans un imposant château de brique jaune entouré d’un parc, Campus Manilla a été fondé en 2013. Il s’agit d’une friskola – une « école libre » – gérée par une fondation, avec sa propre pédagogie, mais qui, comme tous les établissements de ce type en Suède, est financée par la commune, en fonction du nombre d’élèves inscrits. A la rentrée 2017, ils étaient 500 du primaire au collège et 250 environ au lycée.
En quelques années, l’école est parvenue à imposer sa réputation comme une des meilleures du pays. Conséquence : la liste d’attente pour y entrer est très longue. Les enfants peuvent y être inscrits dès leur premier anniversaire, mais leur chance d’intégrer l’établissement est maigre. En théorie, le sort de chacun dépend du nombre d’années dans la file d’attente et de la proximité avec l’école. Une priorité est aussi donnée aux enfants ayant des frères et sœurs déjà inscrits. Les règles sont les mêmes pour tout le royaume. Elles ont été mises en place pour limiter le favoritisme et la ségrégation.
Face à la crise des réfugiés, qui a vu arriver 250 000 demandeurs d’asile en Suède entre 2014 et 2015, le gouvernement, composé...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le mouvement païen traditionaliste Romuva, dont se revendique le chef du parti au gouvernement, pourrait être reconnu comme communauté religieuse et être enseigné à l’école. Ce qui inquiète de nombreux intellectuels.
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En Lituanie, le culte au dieu de la Foudre crée la polémique


                      Le mouvement païen traditionaliste Romuva, dont se revendique le chef du parti au gouvernement, pourrait être reconnu comme communauté religieuse et être enseigné à l’école. Ce qui inquiète de nombreux intellectuels.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h58
   





   


Quand elle célèbre un mariage, Inija Trinkuniene revêt sa cape immaculée brodée de motifs géométriques rouges et une coiffe blanche entoure son visage. Intronisée par ses pairs grande prêtresse du mouvement païen balte Romuva, elle a marié et baptisé une centaine de personnes en 2017. Cette année, les célébrations devraient être encore plus nombreuses. Pendant la cérémonie, elle invoque Zemyna, la Terre mère, et Perkunas, le dieu de la Foudre, tous deux au sommet du panthéon du paganisme lituanien, puis les époux boivent dans le même récipient.
Un texte, en discussion au Parlement lituanien, prévoit la reconnaissance de ce mouvement comme une communauté religieuse. Son vote, qui a de grandes chances de passer, vient d’être repoussé à l’automne. Si ce texte est adopté, les mariages suivant ce rite pourront être enregistrés par l’état civil, comme le sont ceux célébrés par les églises chrétiennes.
« Cela n’a rien à voir avec la religion, mais avec les intérêts d’un parti. » Nerija Putinaité, philosophe à l’Institut de sciences politiques de Vilnius
Lors du recensement de 2011, 5 118 Lituaniens se sont revendiqués de ce mouvement païen fondé « sur les sources historiques, les découvertes archéologiques et les traditions culturelles », selon Inija Trinkuniene. Mais, dans ce pays de moins de 3 millions d’habitants, les revendications de cette poignée de Lituaniens alarment de nombreux intellectuels, qui soulignent l’instrumentalisation politique de ce culte, sur fond de nationalisme. « Cela n’a rien à voir avec la religion, mais avec les intérêts d’un parti », estime ainsi Nerija Putinaité, philosophe et enseignante à l’Institut de sciences politiques de Vilnius.
Ce parti, c’est l’Union des paysans et des Verts de Lituanie, qui a remporté les législatives en 2016 et dirige le gouvernement. A sa tête, on trouve Ramunas Karbauskis, un très riche propriétaire terrien, païen déclaré et convaincu. Dans son fief de Naisiai, dans le nord de la Lituanie, il a fait ériger des statues en l’honneur des divinités baltes. L’une de ses premières déclarations, une fois son parti au pouvoir, a été de vouloir fournir un costume national à tous les élèves. Une décision en partie appliquée en début d’année. « Cette reconnaissance par le Parlement offrira des privilèges considérables », souligne encore Nerija Putinaité. Cette religion pourra être enseignée à l’école et accéder à des retransmissions télévisées du culte.

        Lire aussi :
         

                En Lituanie, un nouveau gouvernement pour lutter contre l’émigration des jeunes



Tadas, un jeune informaticien qui s’est marié et a baptisé son jeune fils selon les rites païens, voit, dans ce mouvement créé par le philosophe Jonas Trinkunas en 1967, autant une religion qu’une forme d’expression de la culture traditionnelle lituanienne et de communion avec la nature. La sociologue des religions Milda Alisauskiene, elle, déplore que le débat soit passé de la sphère académique au niveau politique. « C’est un phénomène de réaction à la mondialisation, avec la volonté de garder des traditions locales », analyse-t-elle. Mais pour Nerija Putinaité, comme pour d’autres, cela peut réveiller « un nationalisme primaire » et donne une image bien trop rustique de la Lituanie.
Récemment, la question théologique s’est imposée dans les débats au Parlement : les opposants à sa reconnaissance soulignent l’absence de sources pour cette religion, son manque de continuité historique. Ce sont les païens qui « ont assassiné à la hache » saint Bruno, lors de sa première tentative de christianisation, en 1009, a rappelé Andrius Kubilius, ex-premier ministre conservateur, en séance plénière. La question est sensible. La Lituanie est le dernier pays d’Europe à avoir été christianisé, à la fin du XIVe siècle. L’Eglise a été un des bastions de la résistance à la sécularisation de force du pays pendant la période soviétique. Elle est aujourd’hui toujours associée aux commémorations nationales des luttes pour l’indépendance. Autre motif d’inquiétude : la venue du pape dans le pays, en septembre. Un événement qui aurait pesé sur le choix de repousser le vote.
Par Marielle Vitureau



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ « La fraternité retrouve des couleurs » ; à l’instar du député PS Boris Vallaud, beaucoup de responsables politiques se réjouissent de la décision rendue vendredi par le Conseil.
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Aide aux migrants : la décision du Conseil constitutionnel saluée par la majorité et la gauche

« La fraternité retrouve des couleurs » ; à l’instar du député PS Boris Vallaud, beaucoup de responsables politiques se réjouissent de la décision rendue vendredi par le Conseil.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 17h47
   





                        


Saluée par la majorité, la décision du Conseil constitutionnel consacrant vendredi 6 juillet le « principe de fraternité », au nom duquel une aide désintéressée au « séjour irrégulier » des étrangers ne saurait être passible de poursuites, a été critiquée par Les Républicains (LR), qui jugent que le Conseil « se substitue au législateur ».

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                Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel consacre le « principe de fraternité »



Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, s’est félicité dans un communiqué « de ce que le Conseil constitutionnel a estimé qu’il serait disproportionné, au regard de la nécessaire préservation de l’ordre public et de la légitimité de l’Etat à réguler le droit au séjour des étrangers, d’étendre les exemptions existantes à l’aide à l’entrée irrégulière sur le territoire français, confortant ainsi pleinement la politique du gouvernement ».
Dans un communiqué commun, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, et Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne, ont estimé, de leur côté, que « la décision que vient de rendre le Conseil constitutionnel, relative au délit d’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger, pose deux problèmes majeurs auxquels les élus de la Nation ne peuvent pas se résigner. (…) Cela n’est pas acceptable. Le moment est venu de mettre un terme à ces dérives. »
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), a estimé sur Twitter qu’« après la décision du Conseil constitutionnel, ceux qui ont “par fraternité” aidé Rédoine Faïd peuvent dormir tranquille. On marche sur la tête et ça commence à faire peur ! » 
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a déclaré, également sur Twitter, que « le Conseil constitutionnel rappelle le principe de fraternité et censure le “délit de solidarité”. C’est le combat que nous avons porté lors du débat asile-immigration. Quand le président abandonne nos principes républicains, il serait temps que la majorité se réveille. »
Pour Philippe Bas, président LR de la commission des lois du Sénat, « cette décision est une avancée importante pour nos droits fondamentaux ». « Le Conseil constitutionnel (…) nous laisse le temps de trouver un bon équilibre entre la protection des actions généreuses et désintéressées et l’exigence de sévérité dans la lutte contre les réseaux de passeurs qui sont à l’œuvre dans notre pays ».
Aurélien Taché, député La République en marche (LRM) du Val-d’Oise, a salué sur Twitter « un grand jour pour la solidarité », et Florent Boudié, député LRM de Gironde, une « belle décision ». « Un nouveau principe constitutionnel est créé : le principe de Fraternité. Le groupe LRM à l’Assemblée avait été précurseur par sa réforme, le Sénat l’ayant cassée nous la rétablirons avec fierté ! »
« La fraternité retrouve des couleurs »
« Merci au Conseil constitutionnel qui rappelle le principe de fraternité en matière d’accueil des réfugiés et réaffirme ainsi avec force la devise de notre République. », a écrit sur son compte Twitter la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.
« La fraternité retrouve des couleurs, affirmée comme principe à valeur constitutionnelle. Cette décision du Conseil constitution est majeure et nous oblige », s’est réjoui le député PS des Landes, Boris Vallaud. 
« C’est une gifle contre tous ceux qui veulent tout fermer et mettre au placard notre humanité, alors qu’en plus, il y a moins de migrants aujourd’hui qu’en 2015. Cette décision envoie un message à Emmanuel Macron, Gérard Collomb, mais aussi à tous ceux qui, avant, n’ont pas abrogé ce délit, comme Bernard Cazeneuve » a jugé Esther Benbassa, sénatrice Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Paris, sur Public Sénat.
De son côté, le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, s’il a salué une « victoire » déplore tout de même le « temps perdu, les violences inutiles… Grenoble ville refuge, terre d’accueil, continuera ses actions de solidarité envers les exilés ».
« L’indigne délit de solidarité enfin abrogé. Le Conseil constitutionnel a eu le courage que n’a pas En marche ! Victoire des bénévoles de l’humanité qui sauvent des vies à nos frontières », s’est réjoui pour sa part Elsa Faucillon, député PCF des Hauts-de-Seine.

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                Immigration : pourquoi le « délit de solidarité » fait-il débat ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte flottera au-dessus de Londres pendant la visite du président américain vendredi 13 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le vibrionnant ministre britannique s’attire les foudres des milieux d’affaires, qui avertissent qu’un « hard Brexit » sans transition ni aménagement se traduira par des délocalisations, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »
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Brexit : « Le “fuck business” de Boris Johnson risque de se retourner en “fuck Britain” »

Le vibrionnant ministre britannique s’attire les foudres des milieux d’affaires, qui avertissent qu’un « hard Brexit » sans transition ni aménagement se traduira par des délocalisations, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 12h09
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Depuis sa création, en 1834, le Parti conservateur britannique représente les intérêts de l’aristocratie foncière, de la bourgeoisie et des milieux d’affaires. Pourtant, il se passe des choses étranges depuis deux ans dans la vénérable maison de Winston Churchill et de Margaret Thatcher. Comme une scène de ménage si violente que l’on se demande si elle va déboucher sur une réconciliation ou sur un divorce.
Le scandale est arrivé, comme souvent, par sa figure la plus pittoresque. Interrogé dans le cadre d’une réception privée sur l’hostilité des entreprises britanniques au Brexit, l’ancien maire de Londres et actuel ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, a lâché « fuck business ». De quoi choquer pour plusieurs générations le milieu policé du grand capital anglais.

Il faut dire que, depuis quelques semaines, les patrons britanniques perdent leur flegme. Pour eux, le pays va dans le mur s’il continue à mettre autant de mauvaise volonté à négocier les conditions de son départ de l’Union européenne. Ce vendredi 6 juillet, la première ministre, Theresa May, réunit le gouvernement dans sa résidence de campagne officielle de Chequers, au nord-ouest de Londres, pour arrêter une stratégie de sortie. Si celle-ci n’est pas acceptée avant la fin de l’année par l’UE, le Royaume-Uni quittera l’Europe d’un seul coup en mars 2019, sans transition ni aménagement. Un véritable cauchemar pour les entreprises les plus exportatrices.
Coup de grâce
Le premier avertissement est venu d’Airbus, qui a pointé la menace qui pèserait sur ses usines outre-Manche, si les frontières avec le continent étaient rétablies. Puis ce sont les propriétaires des plus grands sites industriels du pays qui sont montés au front.
A commencer par ceux de l’automobile, cœur de la renaissance industrielle britannique de ces dernières années, et qui emploie 700 000 personnes dans le pays. Coup sur coup, BMW, Honda et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le comité d’entreprise déplore le refus du PDG d’évoquer l’avenir du centre de recherche
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Automobile : chez Opel, « plus personne parmi les salariés n’a confiance dans la direction »

Le comité d’entreprise déplore le refus du PDG d’évoquer l’avenir du centre de recherche



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h33
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Lohscheller ne s’est pas présenté, jeudi 5 juillet au matin, devant les salariés d’Opel réunis à Rüsselsheim. Le PDG de la marque à l’éclair a décliné l’invitation du Betriebsrat, le conseil de représentation des salariés de l’entreprise, à venir s’expliquer sur l’avenir du centre de recherche et développement du groupe. Mardi, Le Monde avait révélé que le groupe PSA cherchait un repreneur pour une grande partie des activités du centre de R&D, parmi les plus traditionnelles d’Opel, comme l’ingénierie de propulsion. L’information a déclenché une vague d’émotion en Allemagne.

« M. Lohscheller n’est pas venu. Il n’a pas voulu se soumettre aux questions des salariés. Le personnel l’a très mal pris. Plus personne, parmi salariés aujourd’hui, n’a confiance dans la direction », explique Wolfgang Schäfer-Klug, président du Betriebsrat. Contacté, un porte-parole d’Opel a précisé qu’en raison du communiqué diffusé mercredi par le groupe, M. Lohscheller n’a pas jugé nécessaire d’apporter de nouvelles précisions. Ce communiqué explique « qu’aucune décision n’a encore été prise » concernant l’avenir du centre de R&D mais que, « dans le cadre de la forte diminution de la charge de travail de General Motors à Rüsselsheim, des partenariats stratégiques [étaient] évalués ».
La direction n’aurait pas dit la vérité
Le groupe assure que « tous les futurs modèles d’Opel seront développés à Rüsselsheim ». Les « partenariats », précise encore le groupe, avaient été évoqués comme option possible lors de la conclusion de l’accord de redressement, fin 2017.
Pas de quoi rassurer les salariés, jeudi matin. « Ils avaient effectivement mentionné ces partenariats, poursuit M. Schäfer-Klug, mais cela n’a jamais été discuté avec le Betriebsrat ou le syndicat. Nous avons toujours dit que nous étions opposés à une vente du centre de R&D. » Plus grave aux yeux des salariés et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Industriels et lobbys probusiness mettent en garde un Donald Trump imperturbable. La Fed souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique commerciale ».
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L’inquiétude grandit aux Etats-Unis à propos des conséquences des guerres commerciales

Industriels et lobbys probusiness mettent en garde un Donald Trump imperturbable. La Fed souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique commerciale ».



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 14h21
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Les avertissements s’accumulent pour Donald Trump. A la veille de l’entrée en vigueur des taxes visant des importations chinoises, la Réserve fédérale (Fed) a publié, jeudi 5 juillet, le compte rendu de sa dernière réunion, en juin. Elle y souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique en matière commerciale » qui « se sont intensifiés », soulignant qu’ils « peuvent éventuellement avoir des effets négatifs sur le sentiment des entreprises et les dépenses en investissement ».

Une semaine plus tôt, le géant de l’automobile General Motors (GM) s’était montré encore plus alarmiste dans une note transmise au département du commerce. « Augmenter les tarifs douaniers pourrait réduire la taille de GM, réduire la présence sur le plan national et à l’étranger de cette entreprise américaine emblématique et risque de réduire les emplois plutôt que de les augmenter », a assuré l’entreprise.
En marge des tensions entre les Etats-Unis et la Chine ou entre les Etats-Unis et l’Union européenne, la Maison Blanche a, en effet, annoncé, le 23 mai, que Donald Trump envisage d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations de véhicules. Le 27 juin, deux associations regroupant les principaux constructeurs mondiaux, l’Alliance of Automobile Manufacturers et l’Association of Global Automakers ont mis en garde contre des taxes qui « augmenteraient les prix pour les consommateurs américains, limiteraient leurs choix et supprimeraient les ventes et la production de véhicules américains ».
Choc tarifaire
Le 31 mai, Tom Donohue, le responsable de l’US Chamber of Commerce, une institution traditionnellement liée à l’aile probusiness du Parti républicain et avocate infatigable du libre-échange, avait déjà indiqué dans une note que la politique protectionniste de l’administration pèsera sur la forte croissance économique des Etats-Unis et pourra menacer jusqu’à 2,6 millions d’emplois....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Faisant cavalier seul, la chancelière allemande s’est dit « prête » à négocier une baisse des taxes sur les voitures. Paris n’est pas du tout sur cette ligne.
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Automobile : Angela Merkel divise l’Europe face à Donald Trump

Faisant cavalier seul, la chancelière allemande s’est dit « prête » à négocier une baisse des taxes sur les voitures. Paris n’est pas du tout sur cette ligne.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h20
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
                                Éric Béziat et 
                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

L’Allemagne, géant du marché automobile et locomotive exportatrice de l’Union européenne (UE), commencerait-elle à paniquer ? Alors que Donald Trump menace désormais de taxer davantage les importations de voitures étrangères aux Etats-Unis, après s’être attaqué à l’acier et l’aluminium, Angela Merkel a surpris, jeudi 5 juillet, en se déclarant « prête » à négocier une baisse généralisée des taxes sur l’automobile.
L’UE impose 10 % de droits de douane aux véhicules importés des Etats-Unis (y compris ceux fabriqués par des constructeurs européens, notamment allemands, qui possèdent d’importantes usines sur place). Les Etats-Unis, eux, taxent à 2,5 % les importations de voitures et à 25 % celles des camionnettes et pick-up.
Selon une récente étude de l’institut économique Ifo à Munich, un relèvement à 25 % des taxes américaines sur les voitures coûterait à l’Allemagne 5 milliards d’euros, soit 0,16 % de son produit intérieur brut. « Aucun pays n’aurait à craindre des pertes absolues plus importantes que l’Allemagne, si de tels droits de douane venaient à être mis en place. » 
« Une option que je peux imaginer »
La chancelière allemande a évoqué jeudi l’idée d’abaisser les taxes européennes : « C’est une option que je peux imaginer », a-t-elle dit, à condition de trouver « une position européenne commune » et d’impliquer « tous les pays avec lesquels nous commercialisons des voitures ». Cette prise de position a d’autant plus étonné, à Paris et à Bruxelles, que c’est à la Commission européenne de mener les discussions avec les Américains. Jean-Claude Juncker, son président, doit rencontrer le président Donald Trump fin juillet à Washington.
« Cela donnerait l’impression que l’Europe cède à M. Trump », souligne une source diplomatique française.
Le Luxembourgeois évoquera-t-il cette idée, qui serait pourtant combattue par Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce ? « L’Europe...




                        

                        

