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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Alors que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse, « le changement n’est pas à l’échelle », reconnaît le ministre.
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Nicolas Hulot tire un bilan sans complaisance de la première année de son « plan climat »

Alors que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse, « le changement n’est pas à l’échelle », reconnaît le ministre.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 17h38
    |

            Simon Roger








                        



   


Un point d’étape, certes, mais pas encore un bilan d’ensemble du plan climat de Nicolas Hulot. L’exercice auquel s’est livré le ministère de la transition écologique et solidaire, vendredi 6 juillet au matin, à l’occasion du premier anniversaire de la feuille de route dévoilée à l’été 2017, n’était pas des plus faciles. Car ce plan interministériel orchestré par le numéro trois du gouvernement s’inscrit dans la durée du quinquennat et dessine une perspective de long terme : il vise à mettre la France sur la voie de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Or les échéances sortent largement du cadre du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. La fin de la production d’énergie fossile en France (traduit dans la loi hydrocarbures adoptée le 31 décembre 2017) comme celle de la vente de véhicules émetteurs de gaz à effet de serre – deux axes forts du plan climat – sont programmées à l’horizon 2040. L’objectif de porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, autre enjeu important, est fixé à 2030.
« Pour l’instant, le changement n’est pas à l’échelle », a reconnu Nicolas Hulot, invité à ouvrir la séquence, poursuivie l’après-midi par quatre ateliers sur l’innovation, l’économie circulaire, les énergies renouvelables et le système agricole. A l’autosatisfaction, l’ancien militant écologiste a préféré un état des lieux « franc, honnête et transparent, un dialogue sans complaisance ». « Malgré la mobilisation de tous les acteurs, le découplage entre les activités économiques et les émissions de gaz à effet de serre n’est toujours pas là, a-t-il insisté, avant de rejoindre le conseil des ministres. Les émissions de gaz à effet de serre sont le thermomètre de la santé de notre planète et de notre capacité à transformer l’accord de Paris en une réalité. »
Pétrole à bas prix
Les nouvelles planétaires ne sont pas bonnes puisque ces émissions d’origine humaine sont reparties à la hausse en 2017. A en juger par les chiffres communiqués le 6 juillet par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), la situation est tout aussi préoccupante pour le patient français. Si les émissions des principaux gaz à effet de serre enregistrent globalement une tendance à la baisse de l’ordre de 17 %, sur la période 1990-2017, le total de l’année écoulée (estimé à 466 millions de tonnes équivalent CO2) est en revanche en progression en France de près de 2 % par rapport à 2016.
Poussant leur observation dans le détail, les experts du Citepa se sont livré à une analyse sectorielle. Les émissions agricoles et sylvicoles, supposées diminuer de 5 % entre 2013 et 2017, sont quasiment constantes, en raison notamment de l’augmentation de l’utilisation des intrants (engrais azotés en hausse de 0,8 % en 2016) et de la hausse du cheptel bovin.

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Les émissions émanant des transports ont elles aussi augmenté (+ 1,5 % en quatre ans), compte tenu de la densification du trafic routier dopé par un pétrole à bas prix. Indépendamment de ces facteurs conjoncturels, ce secteur est marqué par une « très forte inertie », estiment les experts du Citepa. Ils citent en exemple la flotte des voitures individuelles diesel, qui diminue de 70 000 véhicules par an, mais sans effet significatif à l’intérieur d’un parc de près de 21 millions de véhicules particuliers en France.
Le plan climat devra inverser aussi la tendance dans la production d’énergie, où les émissions ont grimpé continuellement de 2014 à 2017, du fait des conditions climatiques et d’arrêts imprévus dans le parc nucléaire, compensés par un plus grand recours aux centrales à charbon. Le charbon, qui ne contribue qu’à hauteur de 2 % du mix électrique français, représente encore 25 % du total des émissions du secteur.
« Gages de crédibilité »
« Notre économie se désintoxique peu à peu des énergies fossiles », veut tout de même croire Nicolas Hulot, dont le plan climat programme la fermeture des quatre dernières centrales à charbon d’ici à 2022. Au rayon des bonnes nouvelles, le ministre de la transition écologique et solidaire a mentionné également le « véritable succès » de la prime à la conversion de véhicules anciens pour des modèles neufs et peu polluants (prime de 2 000 euros pour les ménages non imposables, de 1 000 euros pour les autres). Quelque 75 000 propriétaires ont déjà bénéficié de ce dispositif, qui cible un objectif de 500 000 voitures durant le quinquennat.
La généralisation du chèque énergie (revalorisé de 150 à 200 euros en 2019) devrait aider 4 millions de ménages en situation de précarité énergétique, retient encore le ministre. Il s’agit de l’une des douze mesures prioritaires de cette première année de déploiement de son plan climat.
Les ONG lui opposent « douze gages de crédibilité », pour donner plus de place à la lutte contre le réchauffement climatique dans l’action gouvernementale. Ils suggèrent ainsi la création d’un fonds vélo doté de 200 millions d’euros, la division au moins par deux des émissions du secteur agricole à l’horizon 2050 ou le renoncement aux grands projets destructeurs de forêts, dont le complexe minier de la Montagne d’or en Guyane.
Après une année de plan de lutte pour limiter les gaz à effet de serre, « on est encore loin du compte, estime Morgane Créach, la directrice du Réseau action climat. L’ambition sur le climat s’arrête là où commence l’intérêt de quelques acteurs, notamment dans le secteur de l’énergie ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Plus de la moitié des eaux de surface des Etats membres ne respectent pas les normes européennes de qualité environnementale.
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Les lacs et rivières d’Europe sont en mauvais état écologique

Plus de la moitié des eaux de surface des Etats membres ne respectent pas les normes européennes de qualité environnementale.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 16h58
    |

                            Aline Nippert








                        


L’été est là, l’été est chaud. Mais sommes-nous condamnés à une baignade dans un lac enrichi aux métaux lourds, comme le mercure ou le cadmium ? L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) établit en effet un bilan inquiétant de la qualité des eaux dans l’UE. Seules 40 % des eaux superficielles – lacs, rivières, estuaires, eaux côtières et souterraines – sont en « bon état écologique ».
Malgré des progrès réalisés au cours des dernières décennies en Europe, de nombreux plans d’eau et même des aquifères restent victimes de la pollution, des barrages et de la surexploitation qui « représentent toujours des menaces majeures pour leur santé à long terme », prévient l’AEE. « La grande majorité des masses d’eau européennes ne parviennent toujours pas à atteindre l’objectif minimum de “bon état” » fixé par la directive-cadre sur l’eau de 2000, précise l’agence. Cette directive imposait aux Etats membres d’atteindre le « bon état », aussi bien pour les eaux souterraines que celles de surface, à l’horizon 2015.

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On en est loin selon l’étude de l’AEE qui couvre la période 2010 à 2015 et analyse les données de 25 Etats de l’UE. Diagnostic : 40 % seulement de ces eaux superficielles sont en « bon » ou « très bon » état écologique et seules 38 % en « bon » ou « très bon » état chimique. Autrement dit : plus de la moitié des eaux de surface européennes sont de mauvaise qualité.
Pesticides et mercure
L’état écologique d’une masse d’eau est évalué non seulement en fonction de ses caractéristiques physico-chimiques, mais aussi hydromorphologiques (état des débits, profondeur et largeur de l’étendue d’eau, etc.), et intègre également l’estimation de sa richesse biologique (populations de poissons, plantes aquatiques et autres macro-invertébrés).
L’étude évoque trois raisons majeures expliquant ces mauvais résultats : les interventions humaines qui modifient le fonctionnement naturel des cours d’eau sont mises en cause à hauteur de 40 %. Viennent ensuite les sources de pollutions diffuses qui comptent pour 38 %. A ce sujet, l’AEE met clairement en cause les pratiques agricoles, désignant en particulier l’usage massif des pesticides. Enfin, les polluants atmosphériques font également partie des grands responsables, à hauteur de 38 %. Le mercure est l’élément chimique principal mis en cause.

   


« Si l’on décidait de ne pas prendre en compte le mercure ainsi que les autres substances prioritaires [les produits chimiques bromés, les tributylétains et certains hydrocarbures aromatiques polycycliques] dans nos estimations, seules 3 % des eaux de surface n’atteindraient pas un bon état chimique », précise le rapport. Présents dans de nombreux objets du quotidien (thermomètres, batteries, plombages dentaires), les dépôts atmosphériques de ce métal lourd proviennent à 60 % de pollution naturelle en Europe, parfois due à des événements très anciens. Les volcans sont ainsi, lorsqu’ils se réveillent, de puissants cracheurs de mercure.

   


Des eaux souterraines mieux préservées
Provenant de l’infiltration des pluies dans le sol, les ressources souterraines sont essentielles : elles fournissent plus de la moitié de l’eau potable en Europe. L’étude de l’AEE rapporte que 74 % de ces masses d’eau respectent les valeurs fixées par la directive-cadre. Elles sont alors dites en « bon état chimique ». Et 90 % d’entre elles sont en « bon état quantitatif », c’est-à-dire que les volumes puisés dans la nappe souterraine pour répondre aux besoins des humains ne dépassent pas la capacité de renouvellement de celle-ci. Des résultats encourageants, mais à nuancer. Car les 24 % des nappes souterraines en « mauvais état chimique » resteront polluées pour des années, voire des décennies, en raison de la lente décomposition de ces polluants.
Les nitrates et les produits phytosanitaires provenant de l’agriculture dite « conventionnelle » sont la principale cause de contamination des eaux souterraines. Au total, 24 Etats sur 25 ont décelé la présence de nitrates dans leurs eaux souterraines.

   


L’UE reste optimiste
Le commissaire européen à l’environnement, Karmenu Vella, souligne les améliorations progressives de la qualité de l’eau douce « grâce à la mise en œuvre de la législation européenne ». Tout en ayant bien conscience qu’« il reste encore beaucoup à faire avant que tous les lacs, rivières, eaux côtières et masses d’eau souterraines soient en bon état ». La dernière échéance que l’UE s’est donnée pour réaliser les objectifs de la directive-cadre sur l’eau est désormais repoussée à 2027.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.
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Etats-Unis : un ancien lobbyiste du charbon chargé de la protection de l’environnement

Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 15h18
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Un ancien lobbyiste du charbon va prendre la tête de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine. Le républicain Andrew Wheeler, actuel numéro deux de l’agence, va assurer l’intérim après la démission, jeudi 5 juillet, de Scott Pruitt, englué dans une série de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.
Son nom est bien connu des démocrates, qui ont été horrifiés lorsqu’il a été confirmé en avril à l’EPA, dont l’administrateur, équivalent d’un ministre de l’environnement, est nommé par le président américain et approuvé par le Congrès. « Il a passé des années à saper ou à faire pression contre les protections environnementales qu’il pourrait bientôt superviser », s’inquiétait sur CNN le sénateur de New York, Chuck Schumer.
Après le départ de Scott Pruitt, « nous avons maintenant son administrateur adjoint, et il n’est pas clair si cette personne s’est engagée à protéger l’environnement. C’est le vrai problème », a déclaré jeudi le sénateur du Maryland, Ben Cardin, sur la chaîne américaine. Il est peu probable que les orientations changent beaucoup à l’EPA sous la houlette d’Andrew Wheeler, dont les vues sur les réglementations environnementales sont tout aussi conservatrices que son prédécesseur.

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Critique envers Trump par le passé
Sur le site de l’EPA, la biographie d’Andrew Wheeler, né à Hamilton, dans l’Ohio, et âgé d’une cinquantaine d’années, vante une carrière « consacrée à l’avancement de politiques environnementales judicieuses ». Il avait déjà travaillé à l’EPA sous la présidence de George W. Bush.
Plus récemment, il a été lobbyiste auprès de nombreux clients de l’industrie du charbon et directeur de l’entreprise spécialisée dans l’énergie et l’environnement FaegreBD Consulting, où son meilleur client était la compagnie minière Murray Energy.
Selon le centre pour une politique réactive, qui étudie les effets de l’argent et du lobbyisme sur les politiques publiques, la compagnie minière a versé au moins 300 000 dollars par an à l’entreprise d’Andrew Wheeler entre 2009 et 2017.
Le président américain ne tarit pas d’éloges à son égard. « Il est avec moi depuis longtemps, c’était un soutien de Trump dès le début […] Il va faire un travail fantastique », a-t-il assuré jeudi à bord d’Air Force One, en route pour le Montana.
Andrew Wheeler a pourtant déjà critiqué le président par le passé, relève le Washington Post. En 2016, quand il était encore lobbyiste, il avait écrit un message sur Facebook – effacé depuis – dans lequel il qualifiait Donald Trump, alors candidat à la Maison Blanche, d’« intimidateur » qui « a démontré à travers les débats et interviews qu’il ne comprend pas comment fonctionne le gouvernement », et mettait en cause sa personnalité. Interrogé en 2017 à ce sujet par le quotidien, Andrew Wheeler a expliqué qu’il s’était fié à ce qu’il avait vu lors des débats pendant les primaires, mais qu’après avoir examiné les politiques du président, il avait dit être « entièrement d’accord » avec lui.

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          les départs de l’administration Trump depuis l’investiture du président américain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.
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« Le passage aux 80 km/h apporte aux automobilistes des bienfaits financiers et écologiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h06
    |

Julien Dubuis (Professeur de sciences économiques et sociales au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys et membre de la Ligue contre la violence routière)







                        



                                


                            

Tribune. La réduction de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h suscite de vives controverses et le mécontentement d’une grande partie de l’opinion. Cette mesure permettra d’épargner, selon le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), de 350 à 400 vies par an (Le Monde du 1er juillet). On peut aussi en attendre une baisse du nombre d’accidents non mortels, donc moins de blessés et moins de frais de santé, et de réparation des dégâts matériels.
Mais si cette mesure amenait, à terme, une baisse des vitesses moyennes de l’ordre de 10 km/h, on pourrait aussi en espérer d’autres bienfaits, moins évidents.
D’ordre économique, d’abord, pour tous les automobilistes, à proportion de leur kilométrage annuel. Dans le langage des économistes, on a ici une substitution du travail au capital (ce qui constitue un cas rare, à rebours de la tendance historique à substituer du capital au travail, avec la mécanisation puis la robotisation). Là, une baisse de capital circulant, à savoir le carburant, est compensée par un surcroît de travail, le temps de conduite.

Si on analyse la conduite automobile comme une autoproduction de service de transport – le secteur des taxis atteste que c’est bien une activité productive –, l’échange se joue entre l’automobiliste et Total : la réduction de la vitesse amène à « rémunérer » un peu plus l’automobiliste et un peu moins le groupe pétrolier.
Selon Bison futé, cette baisse de 10 km/h réduit la consommation aux 100 km d’environ 0,8 litre, soit une économie attendue de 1,20 euro aux 100 km pour une berline essence moyenne. Or, à 80 km/h plutôt que 90 km/h, il faut huit minutes de plus pour parcourir 100 km. Ces huit minutes de travail « économisateur » rapportent donc 1,20 euro, soit… 9 euros de l’heure ! Pas mal payé pour conduire tranquillement. Pour un couple d’automobilistes moyens, cela représenterait 240 euros d’économie par an pour le ménage, selon la Sécurité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ En matière de développement urbain, la capitale finlandaise a trouvé sa voie entre le tout-technologique et le tout-participatif.
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A Helsinki, la smart city à hauteur de citoyen

En matière de développement urbain, la capitale finlandaise a trouvé sa voie entre le tout-technologique et le tout-participatif.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h00
    |

            Grégoire Allix (Helsinki, envoyé spécial)








                        



   


Cernés par les eaux calmes du golfe de Finlande, des immeubles de brique à l’architecture sagement contemporaine s’élèvent bloc après bloc dans un ciel de grues sur l’ancien port de Sörnäinen. Le quartier de Kalasatama (« port de ­pêche » en finnois) est l’un des principaux développements urbains d’Helsinki. Rien de futuriste à première vue, pourtant cette opération de 175 hectares est l’une des plus intéressantes tentatives en Europe de donner corps au nébuleux concept de smart city. « Nous avons choisi Kalasatama pour être un terrain d’expérimentations, une plate-forme de coopération et d’innovation pour la ville, les ­acteurs économiques et les ­citoyens, explique Anni Sinnemäki, l’adjointe (écologiste) au maire d’Helsinki chargée de ­l’urbanisme. Les innovations qui fonctionnent à Kalasatama, nous les propagerons ailleurs. »
La capitale finlandaise doit résoudre une ­délicate équation : la municipalité s’est fixé en septembre 2017 l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2035, alors même que sa ­population devrait bondir de 640 000 résidents aujourd’hui à 780 000 d’ici là. « Nous voulons construire des logements pour tout le monde, mais pour atteindre nos objectifs ­climatiques nous devons penser en termes de smart city, en prêtant attention à l’aspect social et pas seulement à l’innovation technologique », complète Anni Sinnemäki.
« Partenariat public-privé-population »
Le district convoque l’artillerie lourde de la ville durable. Kalasatama est desservi par le métro, et plusieurs lignes de tramway sont à l’étude. Tous les bâtiments ont l’obligation de se connecter au réseau urbain de chauffage et de climatisation alimenté par d’énormes pompes à chaleur récupérant l’énergie des eaux usées de la ville. La centrale souterraine de ­Katri Vala, enfouie dans une caverne creusée dans la roche à deux pas de Kalasatama, est la plus grande du genre au monde. Les constructions doivent aussi intégrer un smart grid ­(« réseau intelligent »), qui va ­mutualiser ­l’électricité produite et consommée par le ­million de mètres carrés de logements et les 390 000 m2 de bureaux. Les exigences d’efficacité énergétique sont drastiques, les bâtiments doivent produire 30 % de leur énergie dès cette année et monter rapidement en puissance : Kalasatama veut afficher un bilan énergétique neutre en 2030, quand 25 000 habitants et 10 000 salariés peupleront le quartier…
Mais le plus intéressant n’est pas là. « Nous ne voulons pas juste faire des économies d’énergie : nous voulons nous centrer sur ­l’humain, la qualité de vie, les usages, créer un esprit de ­communauté », explique Veera ­Mustonen. La jeune femme travaille pour le Forum Virium, le ­département d’innovation de la ville ­d’Helsinki, une cellule de 35 personnes mise en place par la municipalité pour accélérer la mise en œuvre de la smart city. « C’est un partenariat public-privé-population : nous sommes là pour accompagner les grands groupes, les start-up, faciliter leurs expérimentations, les mettre en relation avec les services de la Ville, les centres de recherche, mais en ­incluant toujours les citoyens, qui sont ­cocréateurs et testeurs de toutes les innovations », ­explique-t-elle.
« Des villes comme Copenhague ont mis en place une grosse plate-forme de données sans réfléchir aux usages, c’est un échec » Veera Mustonen, Forum Virium
L’idée directrice : la smart city doit faire ­gagner une heure par jour à chacun. « Quand des entreprises viennent nous voir avec une idée ou un produit, on leur demande toujours ­comment cela va libérer du temps aux gens », explique Veera Mustonen. Kalasatama veut ainsi incarner une « troisième voie » de la smart city, entre le tout-technologique – capteurs et Big Brother – et le « tout-baratin », sans action sur le terrain. « Des villes comme Copenhague ont mis en place une grosse plate-forme de données sans réfléchir aux usages, c’est un échec », estime Veera Mustonen.
Pour garantir l’utilité sociale des innovations, les habitants sont mis à contribution. Trois mille personnes vivent déjà à Kalasatama, 2 000 de plus les rejoindront dans ­l’année qui vient. Le Forum Virium multiplie les ateliers entre tous les acteurs pour faire ­remonter idées et réactions. Un millier ­d’habitants ont déjà pris part à une vingtaine de programmes pilotes depuis deux ans, pour tester en conditions réelles des solutions proposées par des start-up : application de pilotage de l’énergie, plate-forme de partage de la nourriture pour éviter le gaspillage, application de coaching sportif, autopartage de véhicules électriques, bague connectée pour surveiller la tension… tous les sujets sont possibles. « La participation des habitants, c’est aussi un enjeu d’éducation à la ­citoyenneté et à la démocratie, c’est important pour le fonctionnement futur du quartier et de la ville », défend Veera Mustonen.
Esprit de communauté
Cette place laissée aux citoyens s’invite ­jusque dans le programme de construction. Chaque bloc mêle tous les types de logements autour de cœurs d’îlots dont les jardins et jeux d’enfants sont ouverts à tous, loin de la passion française pour les grilles et les clôtures. Surtout, la ville soustrait une partie des parcelles à l’appétit des promoteurs et les ­réserve à des coopératives d’habitants pour qu’ils y conçoivent et bâtissent leur propre projet. Une demi-douzaine d’entre eux sont déjà construits ou à l’étude, poussant parfois loin l’esprit de communauté. Marjut Helminem peut en témoigner. Cette ancienne journaliste et toujours écrivaine vit depuis 2015 dans la résidence pour personnes âgées Kotisatama, entièrement conçue par les quelque 80 résidents de ses 63 appartements.
« Nous avons travaillé pendant quatre ans à définir les espaces communs et les appartements avec un architecte, raconte-t-elle. Ici, il n’y a pas de directeur ni d’employés, ce n’est pas une maison de retraite ! » Les habitants, organisés en équipes, font tout eux-mêmes à tour de rôle : préparer les repas pour tout le monde dans une cuisine professionnelle, ­entretenir et nettoyer les parties communes : le réfectoire, une grande bibliothèque, des bureaux partagés, une buanderie collective, une chambre d’hôtes, sans oublier, sur le toit, des salons, des terrasses et les incontournables saunas. « C’est beaucoup de travail, ­beaucoup de discussions parfois frustrantes pour aboutir à des décisions collectives, mais c’est aussi très chouette de s’investir et de ­continuer à apprendre des choses », apprécie Mme Helminem.
Economie du partage
Connectés au quartier par un écran numérique et des tablettes partagées, les résidents de Kotisatama prennent part aux expérimentations de Kalasatama. Comme les patients et les médecins du centre de santé ultramoderne ouvert en février. Comme aussi les ­parents de l’école voisine, dont les méthodes pédagogiques innovantes attirent des visiteurs du monde entier et qui s’impose, avec son architecture colorée, comme le cœur du quartier. Le président du conseil de l’école, ­Juhana Harju, consultant en affaires publiques, dirige aussi l’association des résidents de Kalasatama. « Les associations de parents et d’habitants sont essentielles pour créer un ­esprit de communauté et participer à la ­conception du quartier, estime-t-il. La smart city, ça doit être des services intégrés à la vie de tous les jours, ça ne doit pas être intrusif et ne pas demander trop d’apprentissage, la technologie doit rester en arrière-plan. »
Parmi ces services à haute valeur d’usage et à technologie discrète, la municipalité veut généraliser à Kalasatama une économie du partage appliquée aux espaces, publics comme privés, grâce à des systèmes de clés numériques et des applications sur smartphone : tous les parkings sont accessibles à des utilisateurs non résidents pour accueillir des places mutualisées et des véhicules électriques partagés ; des immeubles résidentiels comportent en rez-de-chaussée des espaces de coworking, des cuisines communes, des salles polyvalentes qu’il est possible de réserver et louer, pour une heure ou à la journée. Le système pourrait être étendu aux équipements publics, comme l’école, en dehors des heures de cours. « On a pris l’habitude de ­résoudre tous les problèmes en faisant couler du béton, mais en réalité il faut penser en termes de besoins et de services, donc de partage », défend Juhana Harju.
De béton, Kalasatama ne manquera pas. ­Volontairement dense, le district voit s’élever jour après jour le tout premier gratte-ciel d’Helsinki. Au total, huit tours de 20 à 37 étages doivent pousser au-dessus d’un gros centre commercial attendu en septembre, un ­ensemble qui a provoqué de vifs débats dans la capitale. « Les gratte-ciel sont en dehors du centre historique, et il y aura assez d’habitants à Kalasatama pour faire cohabiter un centre commercial et des rues animées », assure Anni Sinnemäki à l’hôtel de ville. Même à Helsinki, la smart city reste un compromis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Il est difficile d’obtenir de l’hydrogène sans émettre du CO2, mais aussi de le transporter, rappelle dans une tribune au « Monde » l’économiste Cédric Philibert, qui plaide pour des utilisations réalistes de ce mode de stockage de l’énergie
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« L’efficacité du cycle de l’hydrogène restera inférieure à celle de l’électricité »

Il est difficile d’obtenir de l’hydrogène sans émettre du CO2, mais aussi de le transporter, rappelle dans une tribune au « Monde » l’économiste Cédric Philibert, qui plaide pour des utilisations réalistes de ce mode de stockage de l’énergie



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h58
    |

Cédric Philibert (Spécialiste des énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis que Jules Verne en annonça l’avènement dans L’Ile mystérieuse, l’hydrogène revient périodiquement à la mode. « C’est une énergie d’avenir », disent certains – « et qui le restera », ironisent d’autres. Est-ce que cette fois ce sera différent, sur fond d’accords de Paris contre les changements climatiques, et de forte chute des prix de l’électricité éolienne et solaire ? C’est possible, à condition de ne pas se tromper de priorités.
Réputée être une « énergie propre », l’hydrogène aujourd’hui n’est ni propre ni… une énergie. Les 60 millions de tonnes d’hydrogène produites chaque année dans le monde viennent à 95 % de combustibles fossiles et engendrent des émissions de gaz carbonique de l’ordre du milliard de tonnes. Et la quasi-totalité de ses usages sont industriels plutôt qu’énergétiques : ôter le soufre des carburants, produire de l’ammoniac et du méthanol, matières premières de l’industrie chimique, de la verrerie, de l’agroalimentaire, etc.
Comment obtenir de l’hydrogène sans émettre de CO2 ? Une option serait de capturer et de stocker sous terre le CO2, une autre de décomposer de l’eau en oxygène et hydrogène par électrolyse. Il faut pour cela beaucoup d’électricité « verte » à un prix acceptable. L’expansion de l’éolien et du solaire dans la production d’électricité fera apparaître de temps à autre des « surplus » d’électricité, quasi gratuits. Mais il ne sera pas facile de rentabiliser l’investissement dans des électrolyseurs utilisés sporadiquement.
Plus probablement et plus utilement, cet hydrogène « vert » pourrait être produit dans des zones du globe dotées d’excellentes ressources éoliennes ou solaires. De l’Australie au Chili, de l’Afrique du Nord au Tibet, les zones favorables sont nombreuses et souvent peu peuplées ; la demande d’électricité y est faible par rapport à l’abondance de la ressource. Seule une fraction du potentiel électrique pourrait être évacuée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Selon Pierre-Etienne Franc, secrétaire du Conseil de l’hydrogène, cette molécule peut vraiment contribuer à une transition énergétique ambitieuse.
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Développement de la filière hydrogène en France : « De nouveaux horizons pour notre politique énergétique »

Selon Pierre-Etienne Franc, secrétaire du Conseil de l’hydrogène, cette molécule peut vraiment contribuer à une transition énergétique ambitieuse.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 13h10
    |

Pierre-Etienne Franc (Secrétaire du Conseil de l’hydrogène)







                        



                                


                            

Tribune. Le rapport du ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot sur le développement de la filière hydrogène en France ouvre de nouveaux horizons pour notre politique énergétique. Il est utile en effet de comprendre pourquoi l’hydrogène pourra contribuer à une transition énergétique plus ambitieuse.
La problématique énergétique nationale est traversée de débats parfois éloignés des enjeux posés par la contrainte climatique. Veut-on demain évoluer dans une société sobre en carbone mais économiquement sous contrainte, ou sobre en carbone mais industriellement ambitieuse ? L’enjeu est là.
Les débats qui ont accompagné la loi sur la transition énergétique de la précédente mandature avaient tendance à opposer deux grandes approches pour atteindre « l’objectif F4 » (réduire d’un facteur 4 nos émissions à l’horizon 2050, soit réduire de 560 millions à 140 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre).

Une option prônait la sobriété carbone avec une transformation de nos modèles économiques, de transports et de consommation. Elle misait sur une économie dont l’efficacité carbone exemplaire s’accompagnait surtout d’une industrie et d’une société sous contrainte au nom du climat.
Les projections menaient à une baisse effective de nos émissions par une réduction significative de nos consommations et de nos usages dans l’industrie, le secteur résidentiel et les transports. La contrainte sur les sources fossiles d’énergie (qui représentent les deux tiers de notre consommation finale), la réduction de la part du nucléaire, le refus de considérer le stockage à long terme d’énergie comme une manière de pallier les contraintes de l’intermittence du solaire et de l’éolien imposent la sobriété carbone en contraignant le système productif.
Changement de donne
Une autre vision, plus nucléaire, plus gazière, projetait le maintien d’une dynamique économique soutenue avec une demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Si le comité interministériel de la biodiversité est un signal fort, le plan annoncé n’est pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.
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Biodiversité : fortes paroles, faibles moyens

Editorial. Si le comité interministériel de la biodiversité est un signal fort, le plan annoncé n’est pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h47
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La biodiversité, « tout le monde s’en fiche », avait lancé Nicolas Hulot aux députés, au mois de mars, en les appelant à un « sursaut d’indignation » devant l’extinction du vivant. « Moi, ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte », ajoutait le ministre de la transition écologique et solidaire. « Non, tout le monde ne s’en fiche pas, et certainement pas ce gouvernement », lui a répondu le premier ministre, Edouard Philippe, à l’issue d’un comité interministériel de la biodiversité réuni, mercredi 4 juillet, au Museum national d’histoire naturelle. Une première dans l’histoire politique française.
En elle-même, la présence d’une douzaine de ministres au chevet de la biodiversité est un signal fort. Elle montre que plus personne – jusqu’au sommet de l’Etat – ne peut continuer à ignorer, ou feindre d’ignorer, que la nature se meurt en silence, sous nos yeux. L’humanité est la première concernée. Non seulement parce qu’elle est responsable de l’épuisement de la planète, mais aussi parce qu’elle a destin lié avec l’ensemble du vivant.

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                Le gouvernement au chevet de la biodiversité



Les scientifiques ne cessent d’alerter sur cette folie autodestructrice. Au rythme actuel, rappelle Nicolas Hulot, « entre 40 % et 50 % du vivant pourrait avoir disparu de la surface du globe au milieu du siècle ». Plus de la moitié des terres de la planète sont déjà dégradées, devenues impropres à nourrir les hommes et à héberger la vie.

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                Dégradation massive des terres à l’échelle planétaire



La France n’échappe pas au désastre annoncé : les populations d’oiseaux des champs ont chuté d’un tiers au cours des deux dernières décennies, les chauves-souris ont perdu 40 % de leurs effectifs en dix ans, les insectes de nos campagnes sont décimés, près d’un tiers des récifs coralliens sont en régression.
C’est à ce déclin massif que doit s’attaquer le plan d’action pour la biodiversité présenté par le gouvernement. Il faut à cet égard saluer le fait qu’il ne repose pas sur les épaules du seul ministre de la transition écologique, mais qu’il soit porté par l’ensemble de l’exécutif.
Il faut aussi se féliciter de l’ambition affichée, qu’il s’agisse de « reconquérir la biodiversité dans les territoires », de « construire une économie sans pollution », de « protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes », ou de « renforcer l’éducation et la formation à la biodiversité ».
Il n’est plus temps de tergiverser
Encore convient-il que le gouvernement se donne les moyens de cette ambition. Or, déplorent les ONG environnementales, le compte n’y est pas. Edouard Philippe et Nicolas Hulot ont promis 600 millions d’euros de « crédits d’Etat supplémentaires », sur quatre ans, pour mettre en œuvre ce plan. Mais ces fonds seront pour partie prélevés sur le budget des agences de l’eau, ou correspondent, pour une autre partie, à des financements déjà annoncés. Surtout, estiment les associations, ils ne sont pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.
Les causes de la disparition du vivant sont pourtant connues. « Parmi les principales menaces, note l’Observatoire national de la biodiversité, on trouve en premier lieu la consommation de pesticides en agriculture. » S’y ajoutent le bétonnage des terres et l’étalement urbain, la pollution chimique, lumineuse et sonore, ainsi que le réchauffement.
Face à l’effondrement de la biodiversité, annonciateur de celui des sociétés humaines, il n’est plus temps de tergiverser, de lésiner ou de se payer de fortes paroles. On ne marchande pas avec la vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Selon ses promoteurs, ce projet minier permettrait d’extraire près de 7 tonnes d’or par an. Les associations de défense de l’environnement, elles, s’alarment.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Selon une étude du WWF publiée vendredi, les dix principales métropoles doivent doubler ou tripler leur effort avant 2030 pour tenir les engagements de l’accord de Paris.
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Les grandes villes françaises sont en passe de perdre la bataille du climat

Selon une étude du WWF publiée vendredi, les dix principales métropoles doivent doubler ou tripler leur effort avant 2030 pour tenir les engagements de l’accord de Paris.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h28
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Les métropoles françaises, qui se veulent en pointe dans la lutte contre le réchauffement, aiment répéter que c’est dans les villes que se gagnera la bataille du climat. Si l’on en croit le WWF (Fonds mondial pour la nature), au rythme actuel, cette bataille est perdue. L’organisation de défense de l’environnement publie, vendredi 6 juillet, à l’occasion du premier anniversaire du Plan climat porté par Nicolas Hulot, une étude sur « le défi climatique des villes ». 
Etabli avec la société de conseil, EcoAct, le document met en lumière, pour la première fois, le « budget carbone » des dix plus grandes métropoles françaises au regard à la fois de l’objectif national d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et de l’accord de Paris, adopté lors de la COP21, de maintenir le réchauffement global en dessous de 2 °C, voire de 1,5 °C.

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Le budget carbone désigne la quantité maximale de gaz à effet de serre que l’humanité peut encore émettre avant de dépasser l’objectif de limitation du réchauffement. Ce plafond a été estimé pour la première fois par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) en 2013. Pour leur étude, le WWF et EcoAct ont décliné ce budget carbone à l’échelle de la France, puis au niveau des dix premières métropoles, dans lesquelles vivent 20 % des Français.
« Près de quinze ans de retard »
Ils ont ensuite passé au crible les engagements des villes pour estimer l’évolution de leurs émissions jusqu’en 2050. Conclusion : « Sur la base de leurs engagements actuels, les métropoles ont près de quinze ans de retard pour l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 », écrit Pascal Canfin, le directeur général de WWF France.
Au rythme actuel, si elles ne revoient pas leurs ambitions, les dix agglomérations retenues auront épuisé leur budget carbone en 2036 pour un objectif de 2 °C, et dès 2022 pour une limite de réchauffement à 1,5 °C. La métropole du Grand Paris est l’une de celles où l’urgence est la plus forte, avec une échéance à 2025 pour un objectif de 2 °C, contre 2031 pour Lille et Lyon, 2039 pour Bordeaux. Pour corriger le tir, les métropoles doivent prendre des mesures immédiates et doubler ou tripler le niveau de leurs ambitions à l’horizon 2030, estime le WWF : « Tout retard pris à court terme rendra difficile, voire impossible le respect de son droit à émettre. »
« Les villes sont un écosystème très important pour la politique climat, elles concentrent 67 % des émissions de gaz à effet de serre en France, explique Pierre Cannet, responsable du programme climat au WWF France. Beaucoup de villes se sont fortement mobilisées, avec des engagements sur la neutralité carbone, sur les énergies renouvelables, une dynamique existe. Mais ce n’est pas suffisant, ça va trop lentement. La question des prochains mois, c’est comment massifier la décarbonation avec des solutions déjà existantes, sans attendre des innovations qui changeraient tout. »
« Ce sera un travail énorme »
Au moment où nombre de ces métropoles discutent de leur plan climat-air-énergie territorial, un projet de développement durable obligatoire avant la fin 2018, le WWF et EcoAct proposent à ces collectivités des scénarios de réduction drastiques de leurs émissions de gaz à effet de serre, en agissant sur l’énergie, les transports, les bâtiments, les déchets, l’alimentation…
Un objectif illusoire ? « Tout n’est pas perdu, il est possible de frôler le zéro émission et de compenser le peu qui reste par du stockage de carbone, en changeant les pratiques agricoles et la gestion des forêts, mais ce sera un travail énorme, on n’est qu’au début du virage », assure M. Cannet.
Pour le WWF, qui accompagne la métropole de Rouen-Normandie dans une « COP21 » locale pour impliquer tous les acteurs dans un processus débouchant sur un engagement contractuel, cette transition nécessitera une multiplication de partenariats locaux entre les collectivités, les acteurs économiques, le milieu rural environnant… et le gouvernement. « L’Etat doit aider les métropoles à tenir leurs objectifs en renforçant les moyens attribués à la transition écologique des territoires », plaide M. Cannet. Les maires demandent ainsi qu’une partie de la contribution climat énergie soit fléchée vers les collectivités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le dirigeant de l’EPA a présenté sa démission à Donald Trump, qui l’a acceptée, après plusieurs scandales sur son utilisation des fonds publics.
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Etats-Unis : le croisé anti-environnement Scott Pruitt emporté par les affaires

Le dirigeant de l’EPA a présenté sa démission à Donald Trump, qui l’a acceptée, après plusieurs scandales sur son utilisation des fonds publics.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 22h15
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 06h44
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Le liquidateur en chef de la politique de Barack Obama en faveur de l’environnement, Scott Pruitt, climatosceptique revendiqué, a fini par plier sous le poids de ses écarts. Lesté par un nombre invraisemblable d’affaires qui ont mis en évidence un esprit de lucre et une indifférence marquée pour les conflits d’intérêts, le directeur de l’Environmental Protection Agency (EPA) a présenté sa démission, jeudi 5 juillet, au président des Etats-Unis Donald Trump, qui l’a acceptée.
La Maison Blanche a pourtant longtemps donné l’impression que sa détermination à réduire l’influence d’une agence contre laquelle M. Pruitt n’avait cessé de guerroyer dans ses précédentes fonctions de procureur général de l’Oklahoma lui valait un blanc-seing. Jusqu’à ce que le poids des controverses devienne vraiment insoutenable.
Confirmé de justesse au Sénat en février 2017, Scott Pruitt avait tout d’abord attiré l’attention par des dépenses jugées surprenantes, comme les 43 000 dollars (37 000 euros) dépensés pour sécuriser ses conversations téléphoniques passées dans son bureau équipé par ailleurs de systèmes d’identification biométriques coûteux. S’y étaient ajoutés les billets d’avion de première classe justifiés au nom des menaces que sa frénésie dérégulatrice suscitait, ou encore le triplement de l’équipe du Secret Service, chargé de la protection des hauts responsables américains, qui veillait sur lui.

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                Scott Pruitt, un climatosceptique pour éclairer Trump



Un feuilleton de plus en plus rocambolesque
Ces révélations, au cours de l’automne 2017, ont constitué le prélude à un feuilleton de plus en plus rocambolesque, sous le regard toujours plus circonspect du Congrès.
Le directeur de l’EPA, réputé pour ses liens avec l’industrie du pétrole, a dû ainsi avouer avoir bénéficié pendant des semaines d’un logement à Washington procuré à un prix défiant toute concurrence par un couple de lobbyistes travaillant pour des entreprises concernées par les décisions de son agence. Un logement dont sa famille avait également bénéficié.
La presse américaine a ensuite dévoilé que le directeur avait effectué un coûteux voyage au Maroc, théoriquement pour y plaider en faveur d’importations de gaz liquéfié américain, et que le déplacement avait été organisé par un autre lobbyiste qui avait obtenu ensuite un contrat conséquent de la part des autorités marocaines. Un comble pour un responsable nommé par un président ayant fait campagne sur la promesse d’« assécher le marigot » de Washington.
Le rythme des révélations s’est ensuite emballé, alimentées par d’anciens conseillers du directeur de l’EPA. En avril, il a dû reconnaître qu’il avait accordé de substantielles augmentations à des fidèles en dépit de l’opposition de la Maison Blanche, non sans avoir nié dans un premier temps, au cours d’un entretien à la chaîne conservatrice Fox News, la moindre responsabilité dans cette décision.
« C’est difficile de savoir par où commencer, avait jugé le sénateur démocrate du Nouveau-Mexique Tom Udall, au cours d’une audition délicate en mai, « il semble que chaque jour apporte un nouveau scandale et que vous êtes au beau milieu. »
La Maison Blanche a continué à défendre son protégé, tout en ajoutant progressivement des nuances. « Scott Pruitt fait un excellent travail dans les murs de l’EPA (…) il est attaqué très violemment par la presse. Je ne dis pas qu’il est irréprochable, mais on verra bien ce qu’il va se passer », avait ainsi indiqué Donald Trump, le 8 juin. Une semaine plus tard, le 15 juin, le président louait encore « un travail fantastique » en ajoutant cependant : « je vais être honnête, je ne suis pas content de certaines choses. »
Politique agressive
Les semaines suivantes n’ont pas fait baisser la tension, bien au contraire. La presse américaine a découvert que le directeur avait sollicité son cabinet pour prendre contact avec une chaîne de restauration rapide afin d’obtenir une franchise pour le bénéfice de son épouse, sans succès. Une démarche identique avait également été effectuée auprès de l’Association des procureurs généraux républicains.
Un ancien directeur adjoint de l’EPA, limogé en février, a même assuré avoir vu son supérieur rembourser lui-même 600 dollars à une jeune collaboratrice qui avait dû payer avec sa carte de crédit personnelle des chambres d’hôtel pour la famille Pruitt pendant les cérémonies d’investiture de Donald Trump, en janvier 2017. Fin juin, Scott Pruitt était sous le coup d’une douzaine d’enquêtes internes.
Son bilan, après dix-sept mois à la tête de l’EPA, reste pourtant considérable. Il a plaidé avec succès auprès de Donald Trump en faveur de la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique, liquidé le plan visant à fermer les centrales électriques à charbon les plus polluantes, supprimé de nombreux règlements encadrant la production pétrolière ou l’extraction de charbon, et milité activement contre une efficacité énergétique accrue pour les automobiles.

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                « Trump veut détruire l’Agence de protection de l’environnement »



Son départ ne devrait par remettre en cause cette politique agressive, qui se déploie souvent à rebours d’une opinion publique américaine toujours plus sensible aux défis environnementaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Edouard Philippe est en visite à Nantes, dans le cadre des négociations engagées avec les acteurs locaux pour l’élaboration d’un plan d’action pour le Grand Ouest.
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Aéroport de Nantes : création d’un fonds de compensation pour les riverains

Edouard Philippe est en visite à Nantes, dans le cadre des négociations engagées avec les acteurs locaux pour l’élaboration d’un plan d’action pour le Grand Ouest.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 14h47
   





                        



   


En déplacement à Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, jeudi 5 juillet, la création d’un « fonds de compensation » d’ici à la fin de l’année pour les riverains de l’aéroport de Nantes-Atlantique, après l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes.
« Ce fonds sera abondé par l’Etat, par le concessionnaire et le cas échéant par les collectivités », a déclaré le premier ministre, sans toutefois en dévoiler le montant global. Cette dotation devra notamment permettre aux habitants de financer « jusqu’à 90 % » les travaux d’insonorisation de leur logement, a-t-il précisé.
Il servira également à payer « le transfert des équipements publics » à proximité de l’aéroport, au premier rang desquels un collège et une école primaire situés dans l’axe des pistes. Enfin, ce fonds permettra de dédommager certains propriétaires souhaitant revendre leur terrain « dans des conditions correctes ».
Le premier ministre n’est pas rentré dans le détail du niveau d’abondement, car il veut « faire en sorte, dans le cadre de la négociation du futur contrat (de concession de l’aéroport), que le concessionnaire s’engage sur une participation dans ce fonds ». « Les sommes seront largement suffisantes pour financer la première ou les deux premières années d’existence », a-t-il assuré.

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Rétrocession d’une partie des terres de Notre-Dame-des-Landes au département
Edouard Philippe a également déclaré qu’il espérait signer le nouveau contrat de concession « en 2021 », après la résiliation de l’accord actuel avec Vinci, conséquence collatérale de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes. Il a aussi précisé que des « discussions » étaient toutefois en cours avec Vinci pour « qu’il puisse réaliser dès 2019 » des investissements à hauteur de « quelques dizaines de millions d’euros » en vue de l’« amélioration des conditions d’usage de Nantes-Atlantique ».
Par ailleurs, M. Philippe, qui s’est entretenu successivement jeudi avec les élus locaux (maire de Nantes, présidente de la région, président du conseil départemental, députés), a confirmé la rétrocession d’une partie des terres de Notre-Dame-des-Landes au département. Mais pas « à l’euro symbolique », comme réclamé par Philippe Grosvalet, président du conseil départemental.
Le premier ministre a également acté le reversement « d’ici la fin de l’été » aux collectivités territoriales des 29 millions d’euros déboursés par elles entre 2011 et 2013 pour la construction du nouvel aéroport.
Il s’est enfin engagé sur la signature avant la fin de l’année du « contrat d’avenir » avec la région listant des projets d’infrastructures, reposant sur quatre piliers : « Transport, transformation numérique, transition écologique et économie de la connaissance ».

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Reportage

L’éprouvette, dernier espoir des rhinocéros blancs du Nord

Pour tenter d’assurer la survie de cette sous-espèce de pachydermes, une équipe de chercheurs au Kenya ont fécondé en laboratoire des ovules avec une autre espèce.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 05.07.2018 à 12h20

     •
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        Mis à jour le 05.07.2018 à 12h21






    
Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort en mars 2018 à l’âge de 45 ans dans la réserve kényane d’Ol Pejeta.
Crédits : TONY KARUMBA / AFP


Un bébé-éprouvette rhinocéros blanc du Nord d’ici à trois ans ? C’est l’espoir de chercheurs ayant réussi à créer les premiers embryons in vitro de rhinocéros, une « étape essentielle » pour la survie de cette sous-espèce quasi éteinte du pachyderme. Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort en mars à l’âge de 45 ans dans la réserve kényane d’Ol Pejeta, laissant derrière lui sa fille et sa petite-fille, Najin et Fatu, dernières représentantes sur la planète de cette sous-espèce africaine décimée par le braconnage.

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Avec cette disparition, beaucoup comptaient sur la science pour assurer la perpétuation de ces pachydermes, dont les derniers individus sauvages ont été tués il y a plus de dix ans. Grâce à des procédures de procréation assistée inédites chez des rhinocéros, la « première étape essentielle pour sauver cette sous-espèce quasi éteinte » a été franchie, avec la création d’embryons hybrides in vitro, explique une équipe internationale de chercheurs dans la revue Nature Communications.
Sept embryons
Ils ont prélevé dans des zoos européens plus de 80 ovocytes sur des femelles rhinocéros blancs du Sud, sous-espèce dont il reste quelque 20 000 individus sauvages dans le sud de l’Afrique. Les ovules ont ensuite été fécondés en laboratoire, certaines par du sperme congelé de rhinocéros blancs du Nord et d’autres par celui de son cousin du Sud, grâce au laboratoire italien Avantea, spécialiste de la reproduction des chevaux et des bovins.
Résultat : sept embryons, dont trois ont été congelés. « Notre but est d’avoir d’ici à trois ans la naissance du premier petit rhinocéros blanc du Nord », assure Thomas Hildebrandt, de l’Institut Leibniz de recherche zoologique et animale de Berlin.

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« En prenant en compte les seize mois de grossesse, nous avons un peu plus d’un an pour réussir une implantation » sur une mère porteuse rhinocéros blanc du Sud, Najin et Fatu n’étant pas en mesure de mener une grossesse, poursuit-il.
Et le temps est compté. Les descendantes de Sudan sont les seules à « pouvoir apprendre la vie sociale à un rhinocéros blanc du Nord », souligne l’expert en reproduction animale. Mais pour l’instant, les embryons créés permettraient au mieux la naissance d’un hybride. Alors pour faire naître un petit rhinocéros blanc du Nord « pur », les chercheurs souhaitent recueillir les ovocytes des deux femelles du Kenya.
« Nous espérons pouvoir le faire d’ici à la fin de l’année », indique Jan Stejskal, du zoo tchèque de Dvur Kralove. Najin et Fatu sont nées en 1989 et 2000 dans ce parc qui avait tenté en vain des inséminations artificielles, avant de les envoyer au Kenya dans l’espoir, déçu, d’une reproduction naturelle.
Tenter de produire des gamètes
Pourquoi n’ont-ils pas prélevé plus tôt leurs ovocytes pour créer directement un embryon de rhinocéros blanc du Nord ? Ils attendent une autorisation des autorités kényanes pour cette intervention délicate. Ils ont également dû inventer et développer ces deux dernières années une technique et un ustensile de deux mètres de long pour prélever des ovocytes de rhinocéros blancs à l’anatomie particulière, explique Thomas Hildebrandt.
En parallèle, au cas où les ovocytes de Najin et Fatu ne puissent être prélevés, et pour assurer une diversité génétique des futurs petits, d’autres expériences sont en cours pour tenter de produire des gamètes (ovocytes et sperme) de rhinocéros blancs du Nord grâce à des cellules-souches pluripotentes induites, qui ont le potentiel de se transformer en n’importe quelle cellule.

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Mais « il reste improbable qu’une population viable de rhinocéros blancs du Nord soit restaurée », tempèrent Terri Roth et William Swanson, du centre de recherche du zoo de Cincinnati, qui n’ont pas participé à l’étude. « Des résultats impressionnants dans une boîte de Pétri ne se traduisent pas facilement en un troupeau de petits en bonne santé », ajoutent-ils.
Les auteurs de l’étude répondent déjà aux voix qui s’élèveront contre les sommes dépensées dans ces biotechnologies. Pour Jan Stejskal, le combat doit se mener sur tous les fronts : « Conservation sur le terrain, lutte contre la demande [de cornes] en Asie et soutien à la science ». Avec l’espoir, un jour, de voir les rhinocéros blancs du Nord « de nouveau à l’état sauvage ».


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Donner une seconde vie aux batteries de ses voitures électriques : un marché naissant pour le constructeur japonais.
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Quand 148 batteries de Nissan électrisent le stade d’Amsterdam

Donner une seconde vie aux batteries de ses voitures électriques : un marché naissant pour le constructeur japonais.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h13
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Il est midi : en ce vendredi 29 juin, le soleil inonde la Johan Cruijff Arena et ses 4 200 panneaux solaires. Plus tard, dans la soirée, une autre étoile enflammera le stade d’Amsterdam : la jeune pop star britannique Ed Sheeran donne un concert géant devant des dizaines de milliers de personnes. Le chanteur romantico-hip-pop sait-il que son show du soir revêt un caractère historique ? Pour la première fois, le réseau électrique du stade habituel de l’Ajax d’Amsterdam va fonctionner en plein concert tout en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe, tout juste mis en service, et constitué… de 148 batteries de voitures électriques.
Les initiateurs de ce projet spectaculaire – les gestionnaires du stade associés, entre autres, au géant automobile Nissan et au spécialiste britannique de l’énergie Eaton – font ici la démonstration que la batterie du véhicule électrique peut connaître une seconde vie après avoir fait rouler une voiture. « Il y a encore deux ans, nous ne savions pas faire ça, note Francisco Carranza, directeur de la branche services d’énergie de Nissan. Aujourd’hui, c’est une réalisation concrète sur laquelle des investisseurs ont misé 2,5 millions d’euros et en espèrent un retour sur investissement de 10 % sur dix ans. »
Stabiliser le réseau du quartier
Le système de stockage d’une capacité totale de 3 mégawatts (de quoi charger 500 000 iPhone ou fournir l’énergie à 7 000 foyers pendant une heure) est constitué des cellules de batteries reconditionnées de 148 Nissan Leaf, le modèle 100 % électrique de la marque japonaise alliée à Renault, qui est aussi la voiture à batterie la plus vendue au monde. Il permet de stocker le courant émis par les panneaux solaires du stade, de servir de système de secours à la place des vieux générateurs diesel et de soulager le réseau électrique en absorbant les pics de consommation observés durant les concerts.

Les concepteurs de ce stade de demain...




                        

                        


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En 2017, l’agriculture française a repris du poil de la bête

Après une année noire, la valeur de la production de la « ferme France » a progressé de 3,2 % l’an dernier, à 71,8 milliards d’euros.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 16h32
    |

            Laurence Girard








                        



   


Après une année noire pour l’agriculture française en 2016, 2017 a été celle du rebond. Un ressaisissement qui n’efface pas toutefois la chute précédente. C’est le constat fait par la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN), qui a publié les données de l’Insee, jeudi 5 juillet. La valeur de la production de la « ferme France » a progressé de 3,2 %, à 71,8 milliards d’euros, après un net recul de 6,4 % un an plus tôt. Avec, en moyenne, des prix stables et des volumes en progression de 3,3 %.
Ce retour à meilleure fortune doit beaucoup à l’élevage. Après plus de deux années catastrophiques, les éleveurs laitiers ont retrouvé un niveau de prix juste suffisant pour tenir la tête hors de l’eau. La valeur de la production laitière a augmenté de 10 % en 2017, selon l’Insee. Les éleveurs porcins ont, eux, vécu une véritable embellie entre le printemps 2016 et l’été 2017, avant que les cours au marché de Plérin (Côtes-d’Armor) ne replongent. Illustration de la rapidité d’évolution des cycles qui secouent les agriculteurs. Quant aux producteurs d’œufs, ils ont bénéficié de l’envolée des prix intervenue après la crise du fipronil, qui a éclaté à l’été 2017 et a réduit les volumes dans les pays les plus touchés, les Pays-Bas et la Belgique.

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Du côté des céréaliers, les moissons ont été fort bonnes. En quantité comme en qualité. Mais un gros point noir a assombri le tableau. Lestés par des volumes très importants dans la plupart des pays producteurs, et en particulier en Russie, premier exportateur mondial, les cours mondiaux sont restés au ras des pâquerettes. Ne couvrant souvent pas les coûts de production. La situation a toutefois été meilleure pour les oléagineux que pour le blé. Les producteurs de betteraves ont, eux, bénéficié de leur dernière année sous protection des quotas sucriers européens avant leur démantèlement en octobre 2017 et la déconfiture qui s’est ensuivie.

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Le vin est toujours la première production agricole française
Les vendanges en 2017 ont pâti des aléas météorologiques, mais la valorisation des vins, un exercice où la France excelle, avec ses appellations, progresse encore. Résultat, le vin est toujours la première production agricole française en valeur, avec une part de 15,8 % de l’ensemble. Viennent ensuite le lait et les produits laitiers (13,9 %), les céréales (13,2 %), les plantes fourragères, dont le maïs fourrager, plantes et fleurs (11,2 %), suivis des légumes et pommes de terre (7 %).

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Sans surprise, le niveau des subventions, essentiellement les aides de la politique agricole commune (PAC), s’érode. En 2017, l’agriculture française a touché 8 milliards d’euros, un montant en repli de 124 millions d’euros. Les éleveurs de canards et de volaille du Sud-Ouest, touchés deux années d’affilée par la grippe aviaire, ont reçu une dernière indemnité de 54 millions d’euros en 2017. Les exploitations fruitières affectées par les gelées ont, elles, bénéficié du versement de 48 millions d’euros au titre des calamités agricoles.
Dans ce contexte, selon l’Insee, le résultat brut par exploitant agricole a progressé de 14 % en 2017, retrouvant les niveaux de 2015. Une hausse à relativiser. D’abord, parce que ce chiffre correspond à une moyenne et ne reflète pas les situations de plus en plus contrastées sur le terrain. Ensuite, parce que 2015 n’est pas restée dans les mémoires comme une année faste pour les agriculteurs.

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« Inverser le rapport de force entre paysans et industriels »
Or, le sujet de la juste rémunération des agriculteurs et de la meilleure répartition de la valeur sur toute la chaîne agroalimentaire, du producteur au distributeur, en passant par les industriels, a été au cœur des débats des Etats généraux de l’alimentation, lancés à l’initiative du président de la République, Emmanuel Macron, en juillet 2017. Un an plus tard, l’heure est à la dernière main mise au projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. Les sénateurs ont adopté le texte en première lecture mardi 3 juillet.

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En l’état du texte législatif, la FNSEA, premier syndicat agricole, affiche sa satisfaction et parle d’« équilibre » et de « sagesse ». L’organisation salue le principe d’une construction des prix agricoles sur la base d’indicateurs de coûts de production diffusés par les interprofessions. Cette construction du prix se faisant « en marche avant », à partir de l’agriculteur. Le syndicat Coordination rurale regrette, lui, que les coûts de production ne soient pas fixés par l’organisme public FranceAgriMer ou par l’Observatoire de la formation des prix et des marges.
Pour sa part, la Confédération paysanne déplore le refus de parler d’arbitrage public des relations commerciales et d’établir un seuil de vente à perte au niveau des coûts de production, seuls outils à ses yeux capables « d’inverser le rapport de force entre paysans et industriels ». Toutefois, ce syndicat souligne que le texte pose « des jalons intéressants ». Comme l’amélioration de la définition du prix, abusivement bas, l’obligation d’inscrire un prix « déterminé ou déterminable » dans les contrats, ou la saisie du juge en la forme des référés en cas d’échec de la médiation. Reste maintenant à franchir l’étape parlementaire de la commission mixte paritaire.

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La France, première puissance agricole européenne
Avec ses 72 milliards d’euros, la France garde son statut de première puissance agricole européenne. Elle devance l’Allemagne et l’Italie, dont les productions atteignent respectivement 57 milliards et 55 milliards d’euros, même si l’Hexagone a connu une croissance plus faible (3,2 %) que la moyenne européenne, établie à 5,2 %. Les plus fortes augmentations de production ont été observées en Roumanie (15 %), au Royaume-Uni (10,2 %), en Pologne (8,9 %) et en Allemagne (8 %). Globalement, la branche agricole européenne a pesé 427 milliards d’euros en 2017.





                            


                        

                        


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Les ONG attaquent Total pour ses importations d’huile de palme

Des associations écologistes déposent un recours contre le décret autorisant la raffinerie de la Mède à produire des agrocarburants.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h00
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Sur le terrain de la lutte contre la perte de biodiveristé qui s’accélère, la raffinerie de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, fait figure de chiffon rouge pour les associations de défense de l’environnement. Les Amis de la Terre, Greenpeace France, France nature environnement (FNE) et la Ligue de protection des oiseaux-PACA ont déposé, jeudi 5 juillet, un recours au tribunal administratif de Marseille contre l’arrêté d’autorisation préfectorale de cette raffinerie de Total.
En tentant de faire annuler cet arrêté du 16 mai « autorisant Total-raffinage France à poursuivre l’exploitation de la raffinerie de Provence », les associations demandent la réouverture des discussions « pour une reconversion juste et durable de cette raffinerie ». Elles ont en ligne de mire les importations conséquentes d’huile de palme que le site va entraîner. Même si la possibilité est laissée à Total d’avoir aussi recours à d’autres oléagineux : colza, tournesol, soja…
En 2015, le pétrolier français annonçait son intention de fermer dans un premier temps la raffinerie, puis de la reconvertir en unité de production de biodiesel. L’arrêté préfectoral précise que le plan d’approvisionnement, « dans la limite de 650 000 tonnes par an », est composé « au maximum de 450 000 tonnes par an d’huiles végétales brutes de toutes natures » et « au minimum, chaque année, de 25 % de distillats d’acides gras, d’huiles alimentaires usagées ou de graisse animale ». Il indique aussi que « les biocarburants ne sont pas produits à partir de matières premières provenant de terres de grande valeur en termes de diversité biologique » ou « présentant un important stock de carbone ».
« Déforestation massive »
Les associations environnementales évaluent à 550 000 tonnes la future consommation d’huile de palme et de dérivés – qui peuvent aussi provenir de l’huile de palme, comme le PAFD (Palm Fatty Acid Distillate). Ce projet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Malgré les effets d’annonce de l’industrie et le volontarisme affiché des pouvoirs publics, les ventes annuelles peinent à atteindre les 50 000 exemplaires en France.
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La voiture 100 % électrique, un combat pour toute la filière automobile

Malgré les effets d’annonce de l’industrie et le volontarisme affiché des pouvoirs publics, les ventes annuelles peinent à atteindre les 50 000 exemplaires en France.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h43
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

C’est entendu, la révolution automobile électrique arrive. Oui, mais quand ? Incontestablement, le grand basculement se fait attendre. En France, au premier semestre 2018, 14 381 voitures particulières à batteries 100 % électriques ont été vendues. Certes, c’est trois fois plus qu’il y a quatre ans, mais la croissance cette année n’a rien de révolutionnaire : + 6 % par rapport aux six premiers mois de 2017 avec une part de marché de 1,2 %. D’autres types de motorisation font bien mieux : les hybrides (+ 33 %), par exemple, mais aussi les bonnes vieilles voitures à essence (+ 19 %).
Le constat est là : malgré les effets d’annonce de l’industrie, malgré le volontarisme affiché des pouvoirs publics, la voiture 100 % électrique peine à atteindre les 50 000 ventes annuelles en France, sur un marché de plus de 2 millions de véhicules. Et si la croissance en Europe est plus encourageante (+ 47 % pour les véhicules rechargeables au premier trimestre 2018), la part de marché reste elle aussi anecdotique, à moins de 2 %.
Il faut donc encore convaincre et faire entrer l’ensemble de l’écosystème automobile dans ce que l’on pourrait appeler la culture électrique. On s’y efforce au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, pionnier et numéro un de l’automobile électrique de masse, qui commercialise deux best-sellers du segment : la Nissan Leaf et ses 330 000 ventes mondiales depuis son lancement en 2010 et la Renault Zoe, en tête en Europe en 2017.
Adapter l’industrie
Direction l’usine Renault-Nissan de Flins (Yvelines), à 40 kilomètres de Paris. Sur la chaîne de montage, les Zoe se mêlent aux Clio et Micra à moteur thermique et il faut quelques minutes à un œil non averti pour repérer les voitures électriques, reconnaissables à leurs câbles orange, où passera le courant de 400 volts.
« Nous sortons une moyenne de 220 Zoe par jour, soit une sur quatre », détaille Yannick Prigent, chef adjoint du département montage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Les projets de bâtiments en brique ou en pisé se multiplient, mais la filière doit encore sécuriser ses normes.
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Construction : le retour à la terre tente les villes

Les projets de bâtiments en brique ou en pisé se multiplient, mais la filière doit encore sécuriser ses normes.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h17
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

C’est une remise en brique d’apparence ordinaire, qui annonce une petite révolution. Depuis ce printemps, Paris compte son premier édifice en terre crue : un modeste local à poubelles dans la cour d’un immeuble du bailleur social Paris Habitat, dans le 15e arrondissement. Des bâtiments plus ambitieux s’apprêtent à démontrer le potentiel de la terre crue, matériau de construction écologique encore très marginal en France. A Nanterre (Hauts-de-Seine), une école en pisé – de la terre comprimée – est en chantier. A Sevran (Seine-Saint-Denis) et à Angers (Maine-et-Loire), des ensembles de logements en terre crue sont à l’étude. A Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), tout un quartier en terre issue des tunnels du Grand Paris Express est programmé.
Les apôtres de l’argile ont déjà connu espoirs déçus et faux départs. Mais cette fois, une dynamique semble lancée. « Il y a un mouvement très fort, y compris à Paris : un tournant est en train de se dessiner », apprécie l’architecte Thierry Joffroy, directeur de recherche au laboratoire Craterre de l’école d’architecture de Grenoble, un des pionniers de la construction en terre crue. « Le nombre d’architectes intéressés explose, nous recevons des demandes d’assistance quotidiennes : les maires, les promoteurs, les bailleurs ont une injonction d’innover, de construire des bâtiments moins gourmands en énergie », renchérit son collègue de Craterre Arnaud Misse.
Les qualités du matériau sont connues. « Il offre une inertie thermique et une régulation de l’hygrométrie remarquables, c’est un produit sain, sans émanation de polluants, biodégradable et recyclable, avec un bilan carbone proche de zéro », liste l’architecte Paul-Emmanuel Loiret, l’un des animateurs de ce retour à la terre avec d’autres passionnés, souvent formés à ces techniques lors de voyages en Amérique du Sud et en Afrique. « La terre oblige à concevoir le projet à partir de la ressource disponible sur place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Bâtiments en bois, en terre, en paille, conception bioclimatique, rejet du tout-technologique : un manifeste tente de structurer la galaxie de l’écoconstruction.
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Plus de 4 000 professionnels s’engagent pour une architecture « frugale »

Bâtiments en bois, en terre, en paille, conception bioclimatique, rejet du tout-technologique : un manifeste tente de structurer la galaxie de l’écoconstruction.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h16
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            
Ils veulent sortir la construction « des visions technicistes et productivistes, gaspilleuses en énergie et en ressources de toutes sortes » : quelque 4 000 personnes – architectes, paysagistes, ingénieurs, élus, enseignants, intellectuels – ont signé depuis six mois le « Manifeste pour une frugalité heureuse », publié en janvier par l’ingénieur Alain Bornarel, l’architecte Dominique Gauzin-Müller et l’architecte et urbaniste Philippe Madec.
Derrière ce nom qui fleure la décroissance et l’écologie, prend forme un mouvement de structuration de méthodes constructives à contre-courant des normes et des techniques dominantes : bâtiments en bois, en terre crue, en paille plutôt qu’en béton et en acier ; ventilation naturelle, rafraîchissement passif et conception bioclimatique au lieu de la climatisation ; réhabilitation de l’existant quand on peut éviter de construire du neuf… « Beaucoup de gens se battent de manière isolée contre les règlements et les habitudes, désormais il faut travailler ensemble, explique Philippe Madec. On va arrêter de demander l’autorisation : il faut se mettre hors la loi pour changer la loi. »
Changer les mentalités
A l’origine du manifeste, la conviction que « le maintien des solutions architecturales urbanistiques et techniques d’hier est incompatible avec la tâche qui incombe à nos générations : contenir puis éradiquer les dérèglements globaux », alors que les bâtiments sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre.
Pour mettre en œuvre cette frugalité en énergie, en matériaux, en technique et en territoire, les signataires ont commencé à s’organiser en une douzaine de groupes régionaux et préparent des rencontres nationales pour la fin 2018. L’enjeu : changer les mentalités, faire évoluer les normes, mais aussi constituer des filières économiques viables, comme a su le faire le secteur de la construction en bois, « passée des maisons individuelles aux tours de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Après la publication d’un rapport parlementaire, les deux groupes ont réagi en pointant notamment des « erreurs factuelles ».
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Nucléaire : EDF et Orano dénoncent un rapport « orienté » à la tonalité « antinucléaire »

Après la publication d’un rapport parlementaire, les deux groupes ont réagi en pointant notamment des « erreurs factuelles ».



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 06h43
    |

                            Nabil Wakim








                        


Dans un rapport remis jeudi 5 juillet, une commission d’enquête recommande de renforcer la sécurité des centrales, notamment en encadrant mieux le travail des sous-traitants. EDF a répondu dans un communiqué qu’« aucun manquement aux obligations incombant à l’exploitant » n’avait été relevé dans la synthèse des députés.
« Lors d’une première lecture du rapport, EDF a constaté la présence d’un certain nombre d’erreurs factuelles », a dénoncé le groupe. Au vu des préconisations de la commission d’enquête, le groupe public « constate que les dispositifs mis en place en France pour assurer la sécurité des centrales nucléaires sont très largement validés ». Concernant la sûreté nucléaire, il rappelle que « l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN] a d’ailleurs jugé “globalement satisfaisante” la sûreté des centrales nucléaires françaises en 2017 ». 
« Lobby antinucléaire »
Dans une conférence de presse téléphonique avec des journalistes, Dominique Minière directeur exécutif chargé du parc nucléaire, a expliqué qu’EDF allait répondre point par point à ce qu’il considère être des erreurs dans le rapport. « La tonalité négative du rapport s’explique par le fait que deux tiers des verbatim qui l’appuient sont extraits d’auditions d’organisations ou de personnalités antinucléaires, qui d’ailleurs ne sont pas forcément des experts », a-t-il ajouté.
Il souligne également que sur le sujet de la sous-traitance, mis en lumière par le rapport, EDF n’a pas été interrogé par la commission. « Les prestataires bénéficient des mêmes protections que les salariés d’EDF, cela est fortement réglementé. Sur ce sujet, il est clair qu’un certain nombre de choses sont clairement fausses ou mal comprises. »
De son côté, Orano (ex-Areva) s’insurge contre la partie consacrée au recyclage des déchets nucléaires. « C’est le lobby antinucléaire qui s’est exprimé. Aucun élément n’est donné en faveur du recyclage, alors que nous avons répondu à toutes les questions de la commission », a expliqué au Monde un porte-parole du groupe. « La parole n’a été donnée qu’aux antinucléaires. C’est un rapport très orienté », s’insurge-t-il.

        Le détail du rapport :
         

          Nucléaire : un rapport parlementaire souligne les « failles » du parc français



Trente-trois mesures préconisées
Une commission d’enquête parlementaire a préconisé, jeudi, trente-trois mesures pour rendre les centrales nucléaires plus sûres face aux risques d’accident et de terrorisme, une publication qui tombe alors que la France s’interroge sur son avenir énergétique.
Renforcer le rôle de l’ASN, contrôler la sous-traitance dans le secteur, envisager d’autres modes de stockage des déchets, mettre plus de gendarmes dans les centrales ou encore publier un programme prévisionnel des réacteurs à démanteler… les députés se sont attaqués à de nombreux sujets.
Ces travaux font suite à la catastrophe de Fukushima, survenue au Japon en mars 2011, mais aussi à plusieurs intrusions dans des sites d’EDF de militants Greenpeace pour dénoncer le « risque nucléaire ». Encore mardi, un drone de l’organisation a survolé la centrale du Bugey (Ain), proche de Lyon.
« Grande clairvoyance »
L’ONG salue jeudi dans un communiqué « la grande clairvoyance » des conclusions de la commission d’enquête. « Aujourd’hui, la représentation nationale se saisit des grandes failles du nucléaire en France et EDF ne peut plus se défausser », commente Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France.
« Il faut désormais que les recommandations formulées par la commission soient prises en compte et mises en œuvre. Par exemple, les députés demandent très clairement que l’ASN, comme à l’étranger, puisse être dotée de compétences en matière de sécurité et que ses moyens soient renforcés. »
Invité à commenter sur France Inter le rapport publié jeudi, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Pascal Pavageau, a qualifié « de connerie monumentale » la sous-traitance dans le secteur nucléaire, en soulignant le « risque gigantesque » en matière de sécurité. « Ce que le rapport parlementaire est en train de découvrir, nous l’avons dit, en partie notamment sur la sous-traitance depuis maintenant à peu près six ans », a ajouté le numéro un de FO.



                            


                        

                        

