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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Libre-penseuse, féministe avant l’heure et socialiste par conviction, George Sand (1804-1876) ne peut être réduite à ses amours tumultueuses avec Musset et Chopin, ou à la « bonne dame de Nohant ». Les extraits proposés dans ce hors-série permettent de prendre la mesure d’une œuvre considérable, accompagnés d’un entretien avec Michelle Perrot, de critiques et d’hommages, signés Baudelaire, Flaubert ou Sagan…
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George Sand, la libre-penseuse

Libre-penseuse, féministe avant l’heure et socialiste par conviction, George Sand (1804-1876) ne peut être réduite à ses amours tumultueuses avec Musset et Chopin, ou à la « bonne dame de Nohant ». Les extraits proposés dans ce hors-série permettent de prendre la mesure d’une œuvre considérable, accompagnés d’un entretien avec Michelle Perrot, de critiques et d’hommages, signés Baudelaire, Flaubert ou Sagan…



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h38
    |

Martine Reid (Professeure à l’université de Lille)







                        



   


Née à Paris en 1804, Aurore Dupin, devenue « George Sand » à l’occasion de la publication de son premier roman, Indiana, en 1832, n’est plus aujourd’hui réduite à ses amours tumultueuses ou à quelque image de « bonne dame » que le temps aurait assagie. Son œuvre ne se trouve plus limitée aux romans champêtres et leur lecture réservée aux enfants. Le temps a débarrassé l’œuvre et la vie des attaques et caricatures innombrables dont elles ont longtemps fait l’objet.
Comme Victor Hugo, George Sand occupe la scène littéraire pendant près d’un demi-siècle.
Comme lui, au nom de l’égalité, elle prend la défense du peuple, des paysans surtout, et affiche toute sa vie de fortes convictions socialistes et républicaines. L’œuvre qu’elle laisse est considérable : plus de soixante-dix romans, des contes et des nouvelles en nombre, une autobiographie monumentale, une vingtaine de pièces de théâtre, des essais, des récits de voyages, des centaines d’articles publiés dans les grands journaux et revues auxquels s’ajoute une correspondance comptant près de vingt-cinq mille lettres.
« Génie narratif »
Au-delà de sa grande inventivité formelle, l’ensemble témoigne d’une remarquable attention aux questions esthétiques, politiques, philosophiques et religieuses, à l’apport des Lumières et de la Révolution, au monde rural et à ses spécificités berrichonnes au moment où se développe l’intérêt pour le folklore, à la condition des femmes, enfin, que le code civil de 1804 a privées des droits civils et politiques.
Balzac, Musset, Delphine de Girardin, Marie d’Agoult, Hugo et Sainte-Beuve reconnaissent à George Sand ce « génie narratif » que Flaubert et Taine salueront plus tard. Tocqueville voit en elle « une manière d’homme politique » quand elle soutient activement la révolution de 1848 puis s’oppose à l’empire.
Quand elle meurt à Nohant, en 1876, Flaubert confie : « Il fallait la connaître comme je l’ai connue pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme, l’immensité de tendresse qui se trouvait dans ce génie », tandis que Victor Hugo déclare : « Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire. »
Le hors-série du Monde qui lui est consacré propose un portrait, signé Martine Reid, des extraits de l’œuvre de l’écrivain, un entretien avec l’historienne Michelle Perrot, des critiques de son œuvre et des hommages d’auteurs contemporains (Baudelaire, Barbey d’Aurevilly, Proudhon, Musset, Flaubert, etc.), ou modernes (Simone de Beauvoir, Julien Gracq, Françoise Sagan, etc.)…
Martine Reid est spécialiste de littérature du XIXe siècle et des auteures. Elle a consacré deux ouvrages à George Sand, dont une biographie (Signer Sand. L’œuvre et le nom, Belin, 2003 ; George Sand, Gallimard, Folio biographie, 2013). Elle a réédité plusieurs de ses romans et nouvelles, ainsi qu’Histoire de ma vie (Gallimard/Quarto, 2004).
« George Sand. L’insoumise », un hors-série du Monde, 124 p., 8,50 euros. En vente en kiosque ou sur la boutique du monde.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pendant son long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’ancienne capitale de l’empire khmer, sujet du dernier hors-série du « Monde ».
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Angkor, passion française

Pendant son long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’ancienne capitale de l’empire khmer, sujet du dernier hors-série du « Monde ».



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h37
    |

            Michel Lefebvre et 
Florence Evin








                        



                                


                            

Hors-série. D’Henri Mouhot à Louis Delaporte, de Pierre Loti à André Malraux, Angkor est une passion française. Le premier, le « découvreur », s’exclamait : « Quel est ce Michel-Ange de l’Orient qui a conçu ces merveilles ? » Le deuxième en a rapporté des moulages et des œuvres qui peuplent le merveilleux Musée Guimet à Paris. Le troisième a trouvé les mots les plus émouvants pour décrire le temple du Bayon : « La forêt l’enlace étroitement de toute part, l’étouffe et le broie (…). Voici les portes ; des racines, comme de vieilles chevelures les drapent de mille franges. »
Le dernier, futur grand écrivain, a été tellement enthousiasmé qu’il a voulu rapporter des souvenirs, quelques statues. Tour à tour, explorateurs, archéologues, écrivains sont revenus d’Angkor fascinés. Et même le général de Gaulle clamait son amour pour le Cambodge, sur place, en 1966, en déclarant avec son emphase inimitable : « L’amitié, la confiance ! Oui ! Entre le Cambodge et la France, quelle que soit la diversité des origines et des latitudes, que d’affinités, en effet ! »
Le Cambodge a subi un étrange colonialisme aussi bien prédateur que protecteur. Pendant ce long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’emprise de la forêt qui avait repris ses droits durant quatre siècles sur l’ancienne capitale de l’empire khmer. Après la parenthèse tragique de la barbarie des Khmers rouges dans la région (1972-1992), le site de nouveau abandonné, et miné, ne commencera à renaître qu’avec son classement sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, pour sa valeur universelle exceptionnelle.
400 kilomètres carrés
Désormais, aux côtés des Cambodgiens, la France n’est plus seule pour la sauvegarde des 400 kilomètres carrés du site monumental d’Angkor. Dans le cadre du Comité international...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Mihran Amtablian, président de l’Association de sauvegarde de l’Eglise de Varenne-l’Arconce, expose les limites du loto du patrimoine : ce ne sont que quelques monuments qui pourront être tirés d’affaires par les 15 à 20 millions d’euros attendus de l’opération.
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« Le loto du patrimoine ? Une grande opération de communication »

Mihran Amtablian, président de l’Association de sauvegarde de l’Eglise de Varenne-l’Arconce, expose les limites du loto du patrimoine : ce ne sont que quelques monuments qui pourront être tirés d’affaires par les 15 à 20 millions d’euros attendus de l’opération.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h32
    |

Mihran Amtablian (Président de l’Association de sauvegarde de l’église de Varenne-l’Arconce)







                        



                                


                            

Tribune. Le loto du patrimoine, voulu par le président de la République, apparaît pour ce qu’il est par nature : une grande opération de communication. C’est sa force et son talon d’Achille. Le sujet est bien choisi. « Sauver » le patrimoine fait consensus.
Comment cela pourrait-il en être autrement dans un pays qui a accumulé au cours des siècles une quantité exubérante d’œuvres de toutes natures et d’une si invraisemblable qualité sur toute l’étendue du territoire. Au-delà du consensus et de son effet euphorisant, il y a la réalité. Celle des monuments, celle de la conception de l’opération.
Le loto a un objectif restreint : les monuments en péril, c’est-à-dire les plus coupablement négligés et donc les plus onéreux à réhabiliter. Autant dire que ce ne sont que quelques monuments qui pourront être tirés d’affaires par les 15 à 20 millions d’euros attendus de l’opération. La prévention est toujours de meilleure politique et ne valait-il pas mieux axer la dotation sur des monuments vétustes avant qu’ils ne deviennent « en péril » ? Cela eut concerné plus de monuments et moins d’exclus.

L’église romane du XIIe siècle du village de Varenne-l’Arconce (Saône-et-Loire) en Bourgogne du sud, classée à l’inventaire des monuments historiques, dotée de peintures murales du XIIIe siècle est un bon exemple. Son état de vétusté intérieure a motivé le refus, à juste titre, de la DRAC de Bourgogne-Franche-Comté de réinstaller son christ roman, en bois polychrome, qui vient d’être restauré, pièce rare du XIe siècle, lui-même classé. Il est exposé maintenant au musée du Hiéron à Paray-le-Monial dans l’attente des travaux de l’église.
Comment fait-on ?
La restauration intérieure de l’église devrait avoisiner le million d’euros pour une commune de 130 habitants, au budget annuel de 70 000 euros ! Le bâtiment n’est cependant pas en péril. Le projet de restauration n’entre donc pas dans le cadre du loto du patrimoine. Alors ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.
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« Le passage aux 80 km/h apporte aux automobilistes des bienfaits financiers et écologiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Julien Dubuis rappelle que la réduction de la vitesse limite permettra d’épargner de 350 à 400 vies par an.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 13h06
    |

Julien Dubuis (Professeur de sciences économiques et sociales au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys et membre de la Ligue contre la violence routière)







                        



                                


                            

Tribune. La réduction de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h suscite de vives controverses et le mécontentement d’une grande partie de l’opinion. Cette mesure permettra d’épargner, selon le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), de 350 à 400 vies par an (Le Monde du 1er juillet). On peut aussi en attendre une baisse du nombre d’accidents non mortels, donc moins de blessés et moins de frais de santé, et de réparation des dégâts matériels.
Mais si cette mesure amenait, à terme, une baisse des vitesses moyennes de l’ordre de 10 km/h, on pourrait aussi en espérer d’autres bienfaits, moins évidents.
D’ordre économique, d’abord, pour tous les automobilistes, à proportion de leur kilométrage annuel. Dans le langage des économistes, on a ici une substitution du travail au capital (ce qui constitue un cas rare, à rebours de la tendance historique à substituer du capital au travail, avec la mécanisation puis la robotisation). Là, une baisse de capital circulant, à savoir le carburant, est compensée par un surcroît de travail, le temps de conduite.

Si on analyse la conduite automobile comme une autoproduction de service de transport – le secteur des taxis atteste que c’est bien une activité productive –, l’échange se joue entre l’automobiliste et Total : la réduction de la vitesse amène à « rémunérer » un peu plus l’automobiliste et un peu moins le groupe pétrolier.
Selon Bison futé, cette baisse de 10 km/h réduit la consommation aux 100 km d’environ 0,8 litre, soit une économie attendue de 1,20 euro aux 100 km pour une berline essence moyenne. Or, à 80 km/h plutôt que 90 km/h, il faut huit minutes de plus pour parcourir 100 km. Ces huit minutes de travail « économisateur » rapportent donc 1,20 euro, soit… 9 euros de l’heure ! Pas mal payé pour conduire tranquillement. Pour un couple d’automobilistes moyens, cela représenterait 240 euros d’économie par an pour le ménage, selon la Sécurité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Il est difficile d’obtenir de l’hydrogène sans émettre du CO2, mais aussi de le transporter, rappelle dans une tribune au « Monde » l’économiste Cédric Philibert, qui plaide pour des utilisations réalistes de ce mode de stockage de l’énergie
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« L’efficacité du cycle de l’hydrogène restera inférieure à celle de l’électricité »

Il est difficile d’obtenir de l’hydrogène sans émettre du CO2, mais aussi de le transporter, rappelle dans une tribune au « Monde » l’économiste Cédric Philibert, qui plaide pour des utilisations réalistes de ce mode de stockage de l’énergie



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h58
    |

Cédric Philibert (Spécialiste des énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis que Jules Verne en annonça l’avènement dans L’Ile mystérieuse, l’hydrogène revient périodiquement à la mode. « C’est une énergie d’avenir », disent certains – « et qui le restera », ironisent d’autres. Est-ce que cette fois ce sera différent, sur fond d’accords de Paris contre les changements climatiques, et de forte chute des prix de l’électricité éolienne et solaire ? C’est possible, à condition de ne pas se tromper de priorités.
Réputée être une « énergie propre », l’hydrogène aujourd’hui n’est ni propre ni… une énergie. Les 60 millions de tonnes d’hydrogène produites chaque année dans le monde viennent à 95 % de combustibles fossiles et engendrent des émissions de gaz carbonique de l’ordre du milliard de tonnes. Et la quasi-totalité de ses usages sont industriels plutôt qu’énergétiques : ôter le soufre des carburants, produire de l’ammoniac et du méthanol, matières premières de l’industrie chimique, de la verrerie, de l’agroalimentaire, etc.
Comment obtenir de l’hydrogène sans émettre de CO2 ? Une option serait de capturer et de stocker sous terre le CO2, une autre de décomposer de l’eau en oxygène et hydrogène par électrolyse. Il faut pour cela beaucoup d’électricité « verte » à un prix acceptable. L’expansion de l’éolien et du solaire dans la production d’électricité fera apparaître de temps à autre des « surplus » d’électricité, quasi gratuits. Mais il ne sera pas facile de rentabiliser l’investissement dans des électrolyseurs utilisés sporadiquement.
Plus probablement et plus utilement, cet hydrogène « vert » pourrait être produit dans des zones du globe dotées d’excellentes ressources éoliennes ou solaires. De l’Australie au Chili, de l’Afrique du Nord au Tibet, les zones favorables sont nombreuses et souvent peu peuplées ; la demande d’électricité y est faible par rapport à l’abondance de la ressource. Seule une fraction du potentiel électrique pourrait être évacuée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Selon Pierre-Etienne Franc, secrétaire du Conseil de l’hydrogène, cette molécule peut vraiment contribuer à une transition énergétique ambitieuse.
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Développement de la filière hydrogène en France : « De nouveaux horizons pour notre politique énergétique »

Selon Pierre-Etienne Franc, secrétaire du Conseil de l’hydrogène, cette molécule peut vraiment contribuer à une transition énergétique ambitieuse.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 13h10
    |

Pierre-Etienne Franc (Secrétaire du Conseil de l’hydrogène)







                        



                                


                            

Tribune. Le rapport du ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot sur le développement de la filière hydrogène en France ouvre de nouveaux horizons pour notre politique énergétique. Il est utile en effet de comprendre pourquoi l’hydrogène pourra contribuer à une transition énergétique plus ambitieuse.
La problématique énergétique nationale est traversée de débats parfois éloignés des enjeux posés par la contrainte climatique. Veut-on demain évoluer dans une société sobre en carbone mais économiquement sous contrainte, ou sobre en carbone mais industriellement ambitieuse ? L’enjeu est là.
Les débats qui ont accompagné la loi sur la transition énergétique de la précédente mandature avaient tendance à opposer deux grandes approches pour atteindre « l’objectif F4 » (réduire d’un facteur 4 nos émissions à l’horizon 2050, soit réduire de 560 millions à 140 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre).

Une option prônait la sobriété carbone avec une transformation de nos modèles économiques, de transports et de consommation. Elle misait sur une économie dont l’efficacité carbone exemplaire s’accompagnait surtout d’une industrie et d’une société sous contrainte au nom du climat.
Les projections menaient à une baisse effective de nos émissions par une réduction significative de nos consommations et de nos usages dans l’industrie, le secteur résidentiel et les transports. La contrainte sur les sources fossiles d’énergie (qui représentent les deux tiers de notre consommation finale), la réduction de la part du nucléaire, le refus de considérer le stockage à long terme d’énergie comme une manière de pallier les contraintes de l’intermittence du solaire et de l’éolien imposent la sobriété carbone en contraignant le système productif.
Changement de donne
Une autre vision, plus nucléaire, plus gazière, projetait le maintien d’une dynamique économique soutenue avec une demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La très médiocre qualité des conditions de travail françaises, en voie de dégradation depuis 2005, est nettement moins bonne que dans beaucoup d’autres pays européens, explique dans sa chronique la sociologue Dominique Méda.
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« La faible qualité du management français est confirmée par de nombreuses enquêtes de terrain »

La très médiocre qualité des conditions de travail françaises, en voie de dégradation depuis 2005, est nettement moins bonne que dans beaucoup d’autres pays européens, explique dans sa chronique la sociologue Dominique Méda.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h22
    |

                            Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales de l'université Paris-­Dauphine-­PSL)








                        



                                


                            

Entreprises. Neuf ans après les premières plaintes déposées en septembre 2009, les juges instructeurs du pôle de santé publique de Paris ont, le 12 juin, renvoyé devant le tribunal correctionnel l’entreprise France Telecom ainsi que son ancien PDG, Didier Lombard, et six autres dirigeants et cadres, pour harcèlement moral et/ou complicité de harcèlement moral.
Les juges ont considéré que cette équipe avait mené « une politique d’entreprise visant à déstabiliser les salariés » et « à créer un climat professionnel anxiogène » ayant notamment conduit dix-neuf salariés à se suicider, douze à tenter de le faire et huit à subir un épisode de dépression ou un arrêt de travail.

Les dérives du management et de ses méthodes avaient été mises en cause à l’époque des faits par plusieurs rapports, dont ceux du cabinet Technologia, qui avaient révélé les dégâts sur la santé physique et mentale des salariés à l’occasion du programme « Une nouvelle expérience des télécommunications », dont l’objectif était de faire partir 22 000 salariés par tous les moyens.
Dégradation depuis 2005
Cet événement est-il exceptionnel, ou est-il un révélateur ? Les plus récentes enquêtes décrivant l’évolution des conditions de travail en France – deux séries d’enquêtes européenne et française sur les conditions de travail – font pencher en faveur de la seconde réponse. Ces travaux mettent en effet en évidence la très médiocre qualité des conditions de travail françaises, en voie de dégradation depuis 2005 et nettement moins bonnes que dans beaucoup d’autres pays européens.
La dernière vague de l’enquête européenne pointe ainsi la faible qualité du management français, d’ailleurs confirmée par de nombreuses enquêtes de terrain qui soulignent les graves défauts d’un management fondé sur le diplôme, trop souvent incapable de connaître les contraintes réelles du travail concret et dès lors de fixer correctement les objectifs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Défiance envers les institutions, populisme, inégalités… La crise financière, qui coïncide avec la création de la revue en ligne « La Vie des idées », a été le point de départ de nouvelles perspectives de réflexion, nous dit son directeur de la rédaction.
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Florent Guénard : « L’élection ne peut pas être le seul gage démocratique »

Défiance envers les institutions, populisme, inégalités… La crise financière, qui coïncide avec la création de la revue en ligne « La Vie des idées », a été le point de départ de nouvelles perspectives de réflexion, nous dit son directeur de la rédaction.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 15h19
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                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Maître de conférences à l’université de Nantes, Florent Guénard est spécialiste de philosophie politique et morale. Il est notamment l’auteur de La Démocratie universelle. Philosophie d’un modèle politique (Seuil, 2016). Il dirige la rédaction de la revue en ligne Laviedesidees.fr qui fête ses 10 années d’existence.
« La Vie des idées » naît peu ou prou au moment où la crise financière s’abat sur le monde. Peut-on lire le reflet de ces années agitées dans la production intellectuelle ? Nous affrontons par exemple ce qu’il est convenu d’appeler une « fatigue démocratique », qui se traduit par des soutiens à des candidats populistes ou nationalistes, y compris en Europe. L’étude de la démocratie est-elle redevenue centrale dans les sciences humaines ?
Il me semble qu’en effet depuis dix ans La Vie des idées rend compte d’une production forte, intense et renouvelée sur la question démocratique. Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les années 1990-2000 ont été le moment où la réflexion politique est peu à peu sortie du face-à-face démocratie/totalitarisme. Il a fallu beaucoup de temps, mais on a cessé progressivement de considérer que la grande menace pour la démocratie était le régime totalitaire.
Cette conviction que la démocratie était menacée par quelque chose d’extérieur à elle a amené à la définir en termes minimaux. On lui a donné une forme restreinte, en gros purement électorale. Face à des régimes qui prétendaient savoir ce qu’est le bien commun ou le progrès, on a voulu défendre la démocratie en en faisant un régime dépourvu de valeurs substantielles. Face à des régimes où la politique envahissait toutes les sphères du social, on s’est efforcé de réduire la démocratie à son minimum : la liberté individuelle et l’élection.
Le philosophe Claude Lefort définissait pourtant la démocratie comme un « lieu vide ». Faut-il contester cette idée ?
Pour Lefort,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Si le comité interministériel de la biodiversité est un signal fort, le plan annoncé n’est pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.
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Biodiversité : fortes paroles, faibles moyens

Editorial. Si le comité interministériel de la biodiversité est un signal fort, le plan annoncé n’est pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h47
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La biodiversité, « tout le monde s’en fiche », avait lancé Nicolas Hulot aux députés, au mois de mars, en les appelant à un « sursaut d’indignation » devant l’extinction du vivant. « Moi, ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte », ajoutait le ministre de la transition écologique et solidaire. « Non, tout le monde ne s’en fiche pas, et certainement pas ce gouvernement », lui a répondu le premier ministre, Edouard Philippe, à l’issue d’un comité interministériel de la biodiversité réuni, mercredi 4 juillet, au Museum national d’histoire naturelle. Une première dans l’histoire politique française.
En elle-même, la présence d’une douzaine de ministres au chevet de la biodiversité est un signal fort. Elle montre que plus personne – jusqu’au sommet de l’Etat – ne peut continuer à ignorer, ou feindre d’ignorer, que la nature se meurt en silence, sous nos yeux. L’humanité est la première concernée. Non seulement parce qu’elle est responsable de l’épuisement de la planète, mais aussi parce qu’elle a destin lié avec l’ensemble du vivant.

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                Le gouvernement au chevet de la biodiversité



Les scientifiques ne cessent d’alerter sur cette folie autodestructrice. Au rythme actuel, rappelle Nicolas Hulot, « entre 40 % et 50 % du vivant pourrait avoir disparu de la surface du globe au milieu du siècle ». Plus de la moitié des terres de la planète sont déjà dégradées, devenues impropres à nourrir les hommes et à héberger la vie.

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                Dégradation massive des terres à l’échelle planétaire



La France n’échappe pas au désastre annoncé : les populations d’oiseaux des champs ont chuté d’un tiers au cours des deux dernières décennies, les chauves-souris ont perdu 40 % de leurs effectifs en dix ans, les insectes de nos campagnes sont décimés, près d’un tiers des récifs coralliens sont en régression.
C’est à ce déclin massif que doit s’attaquer le plan d’action pour la biodiversité présenté par le gouvernement. Il faut à cet égard saluer le fait qu’il ne repose pas sur les épaules du seul ministre de la transition écologique, mais qu’il soit porté par l’ensemble de l’exécutif.
Il faut aussi se féliciter de l’ambition affichée, qu’il s’agisse de « reconquérir la biodiversité dans les territoires », de « construire une économie sans pollution », de « protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes », ou de « renforcer l’éducation et la formation à la biodiversité ».
Il n’est plus temps de tergiverser
Encore convient-il que le gouvernement se donne les moyens de cette ambition. Or, déplorent les ONG environnementales, le compte n’y est pas. Edouard Philippe et Nicolas Hulot ont promis 600 millions d’euros de « crédits d’Etat supplémentaires », sur quatre ans, pour mettre en œuvre ce plan. Mais ces fonds seront pour partie prélevés sur le budget des agences de l’eau, ou correspondent, pour une autre partie, à des financements déjà annoncés. Surtout, estiment les associations, ils ne sont pas à la hauteur d’une cause que l’exécutif veut placer au même niveau que la lutte contre le changement climatique.
Les causes de la disparition du vivant sont pourtant connues. « Parmi les principales menaces, note l’Observatoire national de la biodiversité, on trouve en premier lieu la consommation de pesticides en agriculture. » S’y ajoutent le bétonnage des terres et l’étalement urbain, la pollution chimique, lumineuse et sonore, ainsi que le réchauffement.
Face à l’effondrement de la biodiversité, annonciateur de celui des sociétés humaines, il n’est plus temps de tergiverser, de lésiner ou de se payer de fortes paroles. On ne marchande pas avec la vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la francophonie, la nouvelle chaire aura pour première titulaire l’écrivaine haïtienne Yanick Lahens.
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Les « Mondes francophones » font leur entrée au Collège de France

Créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la francophonie, la nouvelle chaire aura pour première titulaire l’écrivaine haïtienne Yanick Lahens.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 15h21
    |

                            Gladys Marivat








                        



                                


                            
Montrer la richesse et la ­diversité des mondes francophones et donner une tribune aux chercheurs de ces pays. Telle est l’intention qui a présidé à la création de la chaire « Mondes francophones » du Collège de France.
Le 4 juillet, Alain Prochiantz, ­administrateur de l’institution, et Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), ont annoncé que Yanick Lahens serait la première titulaire de cette chaire. Créée dans un premier temps pour trois ans, elle sera successivement occupée par deux autres personnes venant de pays francophones, issues du monde des arts et des sciences.
Antoine Compagnon a porté la création de la chaire. Le professeur considère l’auteure, Prix Femina en 2014 pour son roman Bain de lune (Sabine Wespieser), comme « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française ». Née en 1953 à Port-au-Prince, Yanick Lahens a longtemps enseigné à l’université d’Etat d’Haïti, qu’elle a quittée en 1995, après avoir œuvré à l’introduction de l’enseignement du créole à l’école primaire.
Elle a été membre du conseil d’administration du Congrès international des études francophones et a participé à la fondation de l’Association des écrivains haïtiens. Auteure d’une œuvre traduite en six langues et récompensée par de nombreux prix, Yanick Lahens s’investit en Haïti dans la vie culturelle et la promotion de la lecture.
Contactée par téléphone, l’écrivaine se réjouit de la création de la chaire, qui ­arrive selon elle « à point nommé » : 
« Avons-nous un savoir partagé dans ces mondes francophones, à égalité ? Je ne pense pas. Aujourd’hui, les savoirs continuent de porter le poids d’un indéniable ethnocentrisme. Si je prends le cas d’Haïti, un jeune Haïtien normalement scolarisé en sait davantage au sortir du secondaire sur l’histoire de France qu’un Français qui a fait bac + 5 n’en sait sur Haïti. Or, une grande partie de l’histoire...




                        

                        


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« Aux Etats-Unis, une attaque frontale contre l’avortement provoquerait une tempête politique »

Le spécialiste des institutions à la Brookings Institution William Galston livre son analyse des conséquences du remplacement probable du juge de la Cour suprême Anthony Kennedy par un juge plus conservateur.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 15h23
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
William Galston, ancien membre de l’administration de Bill Clinton, est un spécialiste des institutions à la Brookings Institution. Il vient de publier Anti-pluralism. The Populist Threat to Liberal Democracy (Yale University Press, non traduit).
Aux Etats-Unis, le départ à la retraite d’un des neuf juges de la Cour suprême va permettre au président Donald Trump de nommer une figure plus conservatrice. Certains observateurs redoutent qu’à terme ce nouveau rapport de force débouche sur une remise en cause de l’avortement. Leurs craintes sont-elles justifiées ?
Le juge Anthony Kennedy, qui a annoncé son départ à la retraite le 27 juin, était effectivement un conservateur déterminé, mais sur les questions sociétales il s’était montré modéré. Certains craignent donc que son remplacement permette à la Cour de revenir sur certaines décisions – ils pensent notamment à l’arrêt « Roe v. Wade », qui a légalisé l’avortement aux Etats-Unis en 1973, ou à l’arrêt « Obergefell v. Hodges », qui a légalisé en 2015 le mariage homosexuel.
D’un point de vue juridique, il est en effet possible de revenir sur une décision précédente de la Cour suprême : en 1954, l’arrêt « Brown v. Board of Education », qui avait déclaré inconstitutionnelle la ségrégation dans les établissements scolaires, était contraire à plusieurs arrêts de la Cour suprême rendus un siècle plus tôt.

Le débat sur l’avortement est un sujet sensible qui divise la société américaine en deux camps à peu près égaux qui sont restés relativement figés depuis un demi-siècle. Je doute fort, cependant, que la Cour suprême revienne sur l’arrêt « Roe v. Wade ». Tout simplement parce que les conservateurs savent qu’une attaque frontale contre cette décision provoquerait une tempête politique et un choc sociétal qui leur seraient préjudiciables.

La crise serait encore plus profonde, à mon sens, si la Cour suprême revenait sur l’arrêt « Obergefell v. Hodges »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le Britannique, quadruple vainqueur du Tour de France, rappelle, à la veille du départ de la Grande Boucle, qu’il a été blanchi dans l’affaire de contrôle antidopage anormal.
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Chris Froome : « Je ne déshonorerai jamais le maillot jaune »

Dans une tribune au « Monde », le Britannique, quadruple vainqueur du Tour de France, rappelle, à la veille du départ de la Grande Boucle, qu’il a été blanchi dans l’affaire de contrôle antidopage anormal.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 12h07
    |

Chris Froome (Quadruple vainqueur du tour de France, leader de l'équipe Team Sky)







                        



                                


                            
Tribune. Très prochainement, le plus grand événement cycliste annuel va s’élancer depuis la Vendée. Je suis fier de prendre le départ de ce Tour de France en tant que tenant du titre. Comme tous les coureurs, je vais évidemment me battre autant que je le peux pour remporter de nouveau le maillot jaune.
Je dois cependant reconnaître que les préparatifs de cette course n’ont pas été des plus évidents. Que ce soit pour moi, pour les organisateurs de la course et pour vous, tous les fans de cyclisme et Français, bref tous ceux qui représentent le véritable cœur du Tour de France.
Des tests antidopage anormalement élevés en raison d’un traitement de mon asthme lors du dernier Tour d’Espagne ont soulevé de légitimes questions, à commencer par moi. Lundi 2 juillet, la décision de l’Union cycliste internationale (UCI), l’autorité mondiale du cyclisme, et de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a enfin permis de regarder vers l’avenir et surtout de tirer un trait définitif sur cette affaire de manière à me concentrer exclusivement sur le vélo et la course.

Cela étant dit, je dois reconnaître que ce sont des cas complexes, qui souvent vont être réduits à un titre ou à une phrase. J’en ai la conviction : les Français sont des personnes justes et à l’esprit aiguisé. Je sais par ailleurs que beaucoup d’entre vous n’auront pas pu suivre tous les détails de l’affaire. C’est pourquoi j’ai ressenti le désir d’exposer simplement les faits comme ils se sont déroulés afin que vous puissiez forger votre propre opinion.
Un contrôle anormal
Je souffre d’asthme depuis l’enfance et, comme des millions d’asthmatiques, j’utilise un inhalateur de Salbutamol afin d’en soulager les symptômes. Vers la fin du Tour d’Espagne (la Vuelta), mon asthme s’est aggravé, ce qui m’a conduit à augmenter le nombre de bouffées, conformément à l’avis médical dans le but de traiter le problème.
Je connais parfaitement les règles et je sais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le médecin sud-africain estime qu’« aux yeux de ceux qui soupçonnent le sport de se médicaliser, les explications de Froome apparaissent comme une couverture derrière laquelle se dissimule la “nouvelle forme” du dopage »
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Ross Tucker : « La carrière de Froome s’est poursuivie dans une opacité médicale permanente »

Dans une tribune au « Monde », le médecin sud-africain estime qu’« aux yeux de ceux qui soupçonnent le sport de se médicaliser, les explications de Froome apparaissent comme une couverture derrière laquelle se dissimule la “nouvelle forme” du dopage »



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 12h09
    |

Ross Tucker (Physiologiste du sport et consultant scientifique pour les sports de haut niveau)







                        



                                


                            

Tribune. « Ceux qui sont incapables de se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. » On ne peut accuser le cyclisme d’oublier son passé. Ce n’est pas faute d’essayer – beaucoup dans ce sport souhaiteraient y parvenir. Les personnes impliquées prétendent souvent oublier, et implorent même les amoureux du vélo de mettre de côté leurs souvenirs pollués et de « profiter de la compétition ». Et pourtant le cyclisme se souvient.
Il y a vingt ans de cela, une série de descentes dans des hôtels, d’arrestations et de grèves improvisées mettaient le Tour de France à genoux [ce Tour a été marqué par plusieurs affaires de dopage, dont l’affaire Festina]. On espérait que ces événements seraient les derniers. L’histoire s’en souvient comme des derniers en date. Affaire après affaire, les scandales se sont enchaînés.
Tout d’abord, on a vu apparaître le « sauveur » du Tour [Lance Armstrong], un Américain survivant du cancer qui promettait une nouvelle ère à coups d’appels vibrants à la confiance, aux rêves et à l’honneur du maillot jaune. Ensuite ce fut un double choc – lancée à la veille du Tour 2006, l’opération Puerto élimina de nombreux favoris avant même le premier coup de pédale, et la performance miraculeuse de l’Américain Floyd Landis dans l’étape vers Morzine fut dénoncée plus tard comme étant due aux médicaments.
Vingt ans après le Tour 1998, il est logique de se demander s’il existe quelque raison d’être optimiste et de penser que ces promesses brisées vont enfin être honorées
Ont suivi ensuite, parmi d’autres, la disqualification du Danois Michael Rasmussen en 2007 alors qu’il portait le maillot jaune, l’annulation après un contrôle positif au clenbutérol des titres remportés dans le Tour 2010 et le Giro 2011 par l’Espagnol Alberto Contador, et les révélations du groupe de hackeurs Fancy Bears concernant l’utilisation de puissants corticoïdes et peut-être d’autres produits par l’équipe Sky...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Les risques de crise politique avec la Chine sont exagérés, estime dans sa chronique Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.
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« La croisade protectionniste de Donald Trump inquiète les marchés financiers »

Les risques de crise politique avec la Chine sont exagérés, estime dans sa chronique Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 13h24
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d'investissement chez Carmignac)







                        



   


Les marchés d’actions sont visiblement très inquiets de la tournure des événements. Ils craignent en particulier que la croisade protectionniste de Donald Trump provoque une crise économique en Chine, ou, à tout le moins, un fort ralentissement. La Bourse chinoise a déjà perdu 15 % de sa valeur depuis le début de l’année, autant que le marché argentin, dont on admettra pourtant que les reins sont sensiblement moins solides.
Les obligations et les monnaies des pays émergents (y compris la monnaie chinoise) subissent également une grande défiance des investisseurs internationaux depuis un mois. Les investisseurs ont-ils raison de voir dans Donald Trump une sorte d’Achille moderne, que la colère propulse dans une violente confrontation avec l’ennemi, qui ne cessera que par l’anéantissement de ce dernier ? Ce n’est pas faire injure au président des Etats-Unis de douter qu’il ait le profil des héros homériques.

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                « En Bourse, le ralentissement économique sera le juge de paix »



Il est vrai que Donald Trump est entouré de conseillers (notamment Peter Navarro pour la politique commerciale et John Bolton pour la sécurité nationale) qui ont théorisé la menace stratégique, voire existentielle, que représente selon eux la Chine pour les Etats-Unis. Si les hostilités commerciales annoncées à ce jour ne constituent que les prémices d’un assaut majeur contre le plan Made in China 2025, sur lequel Xi Jinping fonde sa vision de moyen terme pour la Chine, alors la confrontation ne fait en effet que commencer.
Importance du scrutin du 6 novembre
Le président chinois ne renoncera pas à l’ambition de propulser son pays au sommet de la chaîne de valeurs dans l’industrie en général, et la technologie en particulier. Mais il serait un peu contradictoire de constater que Trump, à la manière opportuniste d’un businessman de l’immobilier, déroule son programme politique et économique de façon pragmatique, et de redouter en lui l’idéologue doctrinaire.

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                « La remontée des taux d’intérêt risque de pénaliser les marchés d’actions »



Son avenir politique passe d’abord par le scrutin du 6 novembre où le parti républicain tentera de conserver au Congrès une majorité qui est en passe de lui échapper. Donald Trump a parfaitement compris que la bataille de la balance commerciale constitue un thème politiquement porteur, comme l’est celui de l’immigration pour Matteo Salvini en Italie.
Mais il sait aussi que les grandes causes générales s’arrêtent au seuil des intérêts particuliers : quand un nombre suffisant d’entreprises américaines se sera exprimées en tant que victimes collatérales de sa campagne protectionniste, Donald Trump saura qu’il est temps d’exercer son talent de négociateur avec ses partenaires commerciaux pour parvenir au scrutin dans la meilleure des positions.
Menace à l’horizon de quelques mois
La Chine pourrait d’ailleurs assez facilement offrir un accord susceptible de représenter un trophée présentable pour Donald Trump, dès lors que ses ambitions de long terme seraient préservées. Pas sûr cependant que ce moment soit imminent, les élections ne se tenant que dans quatre mois. On peut donc anticiper une poursuite de la nervosité des marchés dans les prochaines semaines, avant qu’une nouvelle poignée de main, certainement virile, scelle enfin un accord.

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                « Les marchés ne doivent pas surestimer les conséquences d’une escalade protectionniste »



Le véritable risque pour les investisseurs de ces gesticulations protectionnistes est plus sournois qu’il en a l’air. A court terme, les mouvements de panique sont certainement excessifs, et ne relèvent que d’un regain de volatilité de marchés, causé par des postures et des surenchères typiques des négociations menées publiquement, a fortiori par un bateleur qui s’en glorifie.
Mais l’impact de cette incertitude sur la confiance des consommateurs, et sur celle des entreprises dans leurs chaînes d’approvisionnement globales fait planer une menace beaucoup plus sérieuse à l’horizon de quelques mois : celui d’être le catalyseur du retournement d’un cycle économique déjà fatigué et fragile, au moment où les banques centrales seront à court de munitions, et les marges de manœuvre budgétaires toujours très réduites, aux Etats-Unis comme en Europe.

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                Comprendre la correction des marchés






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique, Guillaume Fraissard, chef du service Culture du « Monde », estime que le manque de diversité des playlists des plateformes de streaming pourrait entraîner un gel des gouts musicaux.
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« A partir de 27 ans, un mal sournois vous guette : la paralysie musicale »

Dans sa chronique, Guillaume Fraissard, chef du service Culture du « Monde », estime que le manque de diversité des playlists des plateformes de streaming pourrait entraîner un gel des gouts musicaux.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 07h04
    |

            Guillaume Fraissard (chef du service Culture du « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Lecteurs qui venez de franchir le cap des 27 ans, gare à vous ! Un mal sournois vous guette, tapis dans l’ombre de votre discothèque ou dans le fil de vos oreillettes… Son nom : la « paralysie musicale ». Une atteinte qui, si vous n’y faites pas attention, laissera vos goûts en matière de musique figés pour les décennies suivantes au risque de ne pas apprécier à leur juste valeur les Drake, Beyoncé et autres U2 du futur.
En France, cette « paralysie » serait particulièrement opérante dans les trois mois passés le vingt-septième anniversaire. Elle est plus tardive en Allemagne (31 ans) et au Royaume-Uni (30 ans et six mois) mais plus précoce au Brésil (23 ans et deux mois).
Nulle revue de médecine à l’origine de ces données mais une étude commandée par la plate-forme d’écoute de musique en ligne Deezer et dévoilée le 26 juin. D’où il ressort que parmi les 5 000 personnes interrogées, 65 % se sentent « figés dans une ornière musicale, écoutant seulement des morceaux qu’ils connaissent déjà ». Bref, les clients parfaits pour alimenter les tournées nostalgiques de leurs idoles de jeunesse et assurer le train de vie des vieilles gloires en mal de nouveautés mais jamais avares de rééditions.
En février, le New York Times s’était également penché sur le sujet et en était arrivé à la conclusion que les hits sortis entre nos 13 ans et nos 14 ans, dans cette période où les émotions devant un morceau ou un groupe peuvent être si puissantes, avaient une influence majeure sur nos préférences musicales une fois devenus adultes.
Le travail, les enfants et « l’hyperchoix » 
Toujours selon Deezer, l’Allemagne et la France partagent des caractéristiques communes en matière de consommation de musique : l’âge du « pic musical », une période où l’envie de découverte atteint son climax, y est plus tardif (26 ans et 27 ans) que dans d’autres pays. Ce qui serait a contrario plutôt une bonne nouvelle pour l’éclectisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires dénonce, avec la fin du travail obligatoire en prison, l’indignité des conditions de travail imposées aux détenus.
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« Le droit du travail doit s’appliquer aux détenus. A quand la parole en actes ? », Monsieur Macron

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires dénonce, avec la fin du travail obligatoire en prison, l’indignité des conditions de travail imposées aux détenus.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 17h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Voilà plus de trente ans maintenant que la loi du 22 juin 1987 relative au service public pénitentiaire a mis fin au travail obligatoire en prison, rompant définitivement le lien, de sinistre mémoire, entre travail et peine. Depuis lors, le temps de la tâche laborieuse comme élément de la peine est théoriquement révolu. Le travail en prison s’est vu conférer les mêmes finalités qu’à l’extérieur : émancipation, acquisition de compétences, autonomie, insertion.
En ce sens, le code de procédure pénale affirme que le travail en prison (organisation, méthodes, rémunérations) doit « se rapprocher autant que possible des activités professionnelles extérieures afin notamment de préparer les détenus aux conditions normales du travail libre ».

Toutefois, en dépit de la suppression du travail obligatoire, le législateur est demeuré au milieu du gué. Le travail est devenu un droit, mais ceux qui y accèdent n’ont aucun statut. Et la loi pénitentiaire de 2009 n’a pas comblé ce vide, refusant de doter les détenus d’un véritable contrat assorti des garanties normalement liées au travail subordonné.
Des abus de toute sorte
Cette absence de cadre contribue, en termes d’horaires, de rémunération, d’hygiène et de sécurité, à toute sorte d’abus, maintes fois déplorés par le contrôleur des lieux de privation de liberté, les conditions de travail s’apparentant « davantage à celles du premier âge industriel qu’à celles de la France de ce jour ».
Comment prétendre alors que le travail en détention puisse constituer « un important levier de réinsertion » ? Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale soulignait, déjà en 2000, que « l’absence de respect du droit du travail ruine la conception même du travail pénal comme outil d’insertion ».

Depuis de nombreuses voix se sont élevées. De multiples rapports ont été déposés. Des associations, des organes de contrôles nationaux et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Face à l’inefficacité des politiques d’asile européennes, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet, membres de l’Institut Montaigne, dans une tribune au « Monde », en appellent à la responsabilité des pays membres de l’Union.
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Politique européenne du droit d’asile : « Au défaut de solidarité s’ajoute un défaut d’efficacité »

Face à l’inefficacité des politiques d’asile européennes, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet, membres de l’Institut Montaigne, dans une tribune au « Monde », en appellent à la responsabilité des pays membres de l’Union.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h41
    |

Thierry Pech (Directeur général de Terra Nova), Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet (Membres de l'Institut Montaigne)







                        



                                


                            

Tribune. La politique européenne du droit d’asile a révélé, ces dernières années, un grave défaut de solidarité et d’efficacité. Le système de Dublin a montré ses insuffisances : laisser au pays de première entrée dans l’Union européenne (UE) la charge d’examiner les demandes d’asile, c’est abandonner aux seuls « Etats frontières » de l’UE la responsabilité politique, administrative et opérationnelle de flux croissants de demandeurs.
A ce défaut de solidarité s’ajoute un défaut d’efficacité : les demandeurs qui auraient dû être reconduits dans le pays de leur première entrée ne l’ont été que très rarement. Ce système a aussi créé une inadmissible loterie : une même demande a des chances très variables d’aboutir selon l’Etat dans lequel elle est formulée, l’origine du demandeur, voire la date à laquelle elle est déposée. Au sein de l’Union européenne, la convention de Genève donne lieu à 27 interprétations différentes et fluctuantes !
Face à ce chaos, l’Union européenne a mis en place en 2015 un mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile entre Etats membres afin de soulager temporairement les plus sollicités. Dans le même temps, elle a conclu avec la Turquie un accord pour contenir les migrants qui y transitent.

L’Italie a aussi négocié avec la Libye des mesures de réduction des flux. Mais l’imposition de « quotas » a rencontré de fortes résistances au sein de l’UE, et les accords de « stockage » des demandeurs, s’ils ont permis de réduire les flux, nous ont mis en situation de dépendance face à Ankara et en délicatesse avec les obligations de la convention de Genève, puisque nous demandons à d’autres pays de bloquer sur leur territoire des demandeurs d’asile.
Aucune exception
L’Europe s’est donc à la fois désunie et dramatiquement éloignée des valeurs qui fondent son projet. L’accord de façade passé lors du Conseil européen des 28 et 29 juin n’a rien résolu sur le fond et il reste urgent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Alors qu’il est question de supprimer le mot « race » de la Constitution française, le haut fonctionnaire Jean-François de Montgolfier explique en quoi il est indissociable, selon lui, des termes « origine » et « religion ».
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« Interdire les distinctions de race ne présuppose pas l’existence des races mais seulement du racisme »

Alors qu’il est question de supprimer le mot « race » de la Constitution française, le haut fonctionnaire Jean-François de Montgolfier explique en quoi il est indissociable, selon lui, des termes « origine » et « religion ».



Le Monde
 |    05.07.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h43
    |

Jean-François de Montgolfier (Haut fonctionnaire et expert en droit constitutionnel)







                        



                                


                            
Comme toutes les réformes ou tentatives de réforme constitutionnelle depuis au moins vingt ans, celle qui sera discutée à partir du 10 juillet donne lieu à un débat autour du mot « race ». Faut-il supprimer ce terme qui figure à l’article premier de la Constitution de 1958 ? Le 27 juin, des amendements en ce sens ont été adoptés par la Commission des lois de l’Assemblée nationale : les uns arguent que les races n’ont pas d’existence scientifique, les autres que cette mention est aujourd’hui « mal comprise, à ­rebours de l’intention initiale ».
On peut objecter, comme cela a été fait par le passé, qu’il est un peu vain de supprimer le mot « race » de la Constitution de 1958 car il ­figure également dans le Préambule de la Constitution de 1946.
On peut aussi ajouter que ce mot est employé dans toutes les conventions internationales sur les droits de l’homme, qu’il s’agisse de la Déclaration universelle de 1948, de la Convention européenne de 1950, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2000 ou de la Convention relative au statut des réfugiés (dite « Convention de Genève ») de 1951.
On peut enfin souligner que l’inexistence scientifique des races n’est, au fond, pas la question car le mot ne présuppose pas l’existence de la chose : interdire les distinctions de race (au singulier !) ne présuppose pas l’existence des races mais seulement du racisme.
Un sens historique et juridique
Par le passé, ces arguments avaient suffi à ­convaincre le Parlement de ne pas adopter les amendements visant à supprimer le mot « race », mais ce n’est plus le cas. Dans la controverse qui s’est engagée sur cette ­réforme, il est utile d’expliquer le sens historique et juridique du mot « race » tel qu’il figure dans la Constitution de 1958.
Toute révolution constitutionnelle est faite à la fois d’un rejet et d’un projet : le rejet des régimes et des temps passés, le projet de droits et de valeurs nouvelles. N’échappant pas à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Agnès Audier, du cabinet de conseil Boston Consulting Group, et Axel Dauchez, du site Make.org, analysent dans une tribune au « Monde » les résultats d’un sondage participatif mené auprès de 12 000 jeunes de 18 à 25 ans à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.
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« Une jeunesse engagée, mais pragmatique »

Agnès Audier, du cabinet de conseil Boston Consulting Group, et Axel Dauchez, du site Make.org, analysent dans une tribune au « Monde » les résultats d’un sondage participatif mené auprès de 12 000 jeunes de 18 à 25 ans à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 13h18
    |

Agnès Audier (Directrice associée du Boston Consulting Group) et Axel Dauchez (Fondateur de make.org)







                        



                                


                            

Tribune. Dans le cadre des 18e Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, les 6,7 et 8 juillet, Le Cercle des économistes a fait appel à la plate-forme de réseau de « civic tech » Make.org pour consulter les 18-28 ans et mieux connaître leur rapport au monde et à l’action, afin d’alimenter de manière inédite les débats consacrés aux « Métamorphoses du monde », thème des Rencontres en 2018.
Que nous apprend cette consultation ?
Sans surprise, la jeunesse n’est pas un bloc monolithique traversé par les mêmes idées. Elle est animée par de puissants débats qui la divisent : plus de 50 % des propositions émises et soumises au jugement des 12 000 répondants ont suscité un débat, 13 % ont été rejetées en bloc, 37 % ont été plébiscitées par la majorité des votants. Les échanges sont décomplexés et portent sur une très grande variété de sujets, certains d’actualité (par exemple : autoriser la GPA), d’autres qu’on pourrait penser être “derrière nous” (par exemple le rétablissement de la peine de mort).
Ce qui frappe d’abord, c’est l’hyper réalisme des jeunes. Quasi aucune proposition pour éradiquer la faim dans le monde, ou atteindre une espérance de vie en bonne santé à 120 ans… ! Bref, rien de ce à quoi rêvent les gourous de la Silicon Valley. Au contraire, la jeunesse semble réclamer qu’on résolve les sujets clés hérités des générations précédentes : développer les aides aux étudiants, améliorer la prise en charge des sans-abri, comptabiliser le vote blanc dans les élections, instaurer le travail en prison…
Confiance des jeunes Français
Cette jeunesse hyperconnectée avec le monde qui l’entoure demande des actions et résultats concrets. Deux des dix propositions les plus plébiscitées l’illustrent clairement : Comas propose que « les tampons et les serviettes hygiéniques deviennent des produits de première nécessité pour qu’ils soient moins taxés », quand Mourad suggère de « créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Grâce à la victoire française au Mondial 1998, le football est passé, chez les intellectuels, du statut de passion vaguement honteuse à celui d’objet d’études fréquentable.
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Coupe du monde 2018 : et les grands esprits finirent par se prendre au jeu

Grâce à la victoire française au Mondial 1998, le football est passé, chez les intellectuels, du statut de passion vaguement honteuse à celui d’objet d’études fréquentable.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 10h01
    |

            Adrien Pécout








                        



                                


                            

Il y a vingt ans, Laurent Veyssière ose avouer l’inavouable : il aime le football ! L’étudiant présente bien, pourtant. Il sort alors de l’Ecole des chartes et passe « un concours très sérieux » à Paris, pour entrer à l’Institut national du patrimoine (INP). « A la fin du grand oral, on me demande : “Pouvez-vous nous parler de vos hobbies ?” Quand je me lance sur le football, les membres du jury ont l’air de me regarder avec des yeux disant “mais qu’est-ce que c’est que ce taré ?” » Fausse frayeur, il sera finalement admis.
L’anecdote date d’un peu avant la Coupe du monde 1998, avant ce mois de juillet qui a tant bousculé le rapport de la population française au football. Comme si la victoire de cette France « black-blanc-beur » à Saint-Denis avait soudain rendu la balle ronde moins encombrante dans l’espace public. Comme si les scènes de liesse partout dans le pays avaient rendu la passion moins honteuse, l’objet d’études plus fréquentable. Y compris dans le monde de la culture et des idées, qui affichait plutôt, jusque-là, indifférence, voire mépris.
Les intellectuels ont longtemps pris plutôt parti « contre le football », rappelle l’historien Yvan Gastaut, enseignant à l’université de Nice. A l’instar de Jean-Marie Brohm, qui, depuis les années 1970, développe dans ses ouvrages une critique radicale et systématique du sport, à travers une grille de lecture marxiste. Aujourd’hui encore, le sociologue continue à voir dans le football « une peste émotionnelle ». Dit autrement, un spectacle abêtissant, un lieu d’aliénation. Cette idée a souvent imprégné le monde de la culture, malgré le goût reconnu d’Albert Camus ou d’Henry de Montherlant pour le football, malgré l’interview de Michel Platini par Marguerite Duras pour le quotidien Libération, en 1987.
« La victoire en a déculpabilisé certains »
Le Mondial 1998 et, surtout, la victoire des Bleus – en « une » des journaux,...




                        

                        

