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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le ministre de l’intérieur allemand préconise la flexibilité dans les négociations avec le Royaume-Uni, tandis que le chancelier autrichien envisage de prolonger la procédure de sortie de l’UE.
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Brexit : le front européen se fissure face à Londres

Le ministre de l’intérieur allemand préconise la flexibilité dans les négociations avec le Royaume-Uni, tandis que le chancelier autrichien envisage de prolonger la procédure de sortie de l’UE.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h59
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Jusqu’à présent, l’unité des Vingt-sept a remarquablement bien tenu face à Londres. Certains commencent cependant à faire entendre une petite musique dissonante à mesure que l’échéance du Brexit se rapproche (30 mars 2019), et alors que les négociations butent sur l’incapacité du gouvernement britannique à arrêter une ligne concernant l’épineuse question irlandaise.
Jeudi 5 juillet, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a tenu des propos pour le moins ambigus, suggérant qu’il serait possible, si les discussions entre Bruxelles et Londres n’aboutissaient pas fin mars 2019, de prolonger la procédure « article 50 », qui donnait deux ans aux parties pour boucler un accord de divorce. « Il nous faut garder de bonnes relations avec le Royaume-Uni. Sans solutions [sans accord], je plaide pour qu’on continue les négociations et pour éviter un Brexit “hard” », a déclaré le dirigeant conservateur, dont le pays a pris la présidence de l’Union européenne pour six mois le 1er juillet.
Réinterrogé vendredi 6 juillet, M. Kurz a un peu nuancé son propos sans revenir sur le message principal : « S’il n’y avait pas d’accord [en mars 2019], il faudrait certes une décision à l’unanimité [des 27 Etats membres] mais il faudra tout faire pour éviter un Brexit dur. »

Dans la même veine, Horst Seehofer, le ministre de l’intérieur (CSU, conservateur) d’Angela Merkel, qui lui a tenu la dragée haute sur la migration en l’obligeant à durcir sa position, a ouvert un nouveau front, en adoptant une position bien plus accommodante envers Londres que la chancelière.
Le Financial Times citait jeudi un courrier adressé à la Commission européenne, le 27 juin, dans lequel le Bavarois écrit que « garantir la sécurité des citoyens en Europe devrait l’emporter sur tous les autres aspects des négociations sur la sortie » du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Affaiblir l’architecture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’élu du parti d’extrême droite est le 10e à être mis en examen dans cette affaire, où les eurodéputés frontistes sont soupçonnés d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2015.
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Affaire des assistants parlementaires : Bruno Gollnisch mis en examen

L’élu du parti d’extrême droite est le 10e à être mis en examen dans cette affaire, où les eurodéputés frontistes sont soupçonnés d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2015.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h28
   





                        



   


Le représentant du Rassemblement national (RN, ex-Front national) au Parlement européen Bruno Gollnisch a été mis en examen vendredi 6 juillet par les juges d’instruction financiers parisiens pour « abus de confiance » pour l’emploi présumé fictif entre 2005 et 2015 d’assistants parlementaires, a t-on appris auprès de l’intéressé. Il s’agit de la 10e mise en examen dans cette affaire où sont déjà poursuivis le Rassemblement national (ancien Front National) en tant que personne morale et huit assistants ou eurodéputés, dont la présidente du parti d’extrême droite, Marine Le Pen, et le député des Pyrénées-Orientales Louis Aliot.
« C’est dérisoire. Je n’ai pas détourné un centime du Parlement européen », a réagi Bruno Gollnisch. « Au contraire, mes assistants parlementaires ont fourni un travail acharné, conformément à la législation et aux usages de la vie parlementaire », a-t-il fait valoir, parlant de ses deux assistants, Guillaume Lhuillier et Micheline Bruna. M. Gollnisch dénonce en outre le fait que « l’administration politisée du Parlement européen a déclaré devant le tribunal du Luxembourg qu’elle n’avait aucune procédure en cours contre moi, alors qu’elle s’est constituée partie civile contre quasi tous les élus FN » au Parlement européen. « Ce qui constitue un délit d’escroquerie au jugement », selon l’eurodéputé, proche de Jean-Marie Le Pen.
Le 7 mars, le tribunal de l’Union européenne (UE) à Luxembourg a rejeté une requête de Jean-Marie Le Pen, également eurodéputé, et de Bruno Gollnisch qui demandaient l’annulation de la décision du Parlement européen, début 2016, de leur faire restituer respectivement 320 026 et 275 984 euros qui auraient été indûment versés pour ces assistants parlementaires.
La justice de l’UE a aussi confirmé le 19 juin que Marine Le Pen devait rembourser près de 300 000 euros au Parlement européen pour l’emploi douteux d’une assistante quand elle était eurodéputée. Le préjudice total estimé par le Parlement européen est de 7 millions d’euros sur la période 2009 à 2017.

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                Assistants FN : le Parlement européen réévalue son préjudice à la hausse



Un possible détournement d’argent européen
Les juges d’instruction enquêtent sur un possible « système » organisé par le parti, devenu au début de juin Rassemblement national (RN), et par sa présidente, Marine Le Pen, pour faire rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l’embauche d’assistants parlementaires.
Le 4 juin, la cour d’appel de Paris a rejeté les recours formés par le FN et Marine Le Pen, qui contestait la compétence de la justice française, estimant aussi que l’enquête judiciaire s’affranchissait du principe de séparation des pouvoirs.
L’enquête, déclenchée en 2015 après un signalement de l’ex-président socialiste du Parlement européen Martin Schultz, vise 17 élus ou ex-élus frontistes et une quarantaine d’assistants. Les investigations ont mis au jour des courriels et des tableaux suggérant que les contrats d’assistant étaient ventilés selon les crédits disponibles sur les enveloppes des élus, sans nécessairement demander l’accord de ces derniers.
Marine Le Pen est notamment soupçonnée d’avoir « donné des instructions » afin que des eurodéputés engagent comme assistants des personnes « occupant en réalité des emplois » au FN, selon les termes de sa mise en examen survenue le 30 juin 2017, d’après une source proche du dossier.

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                Comprendre l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Profitant du flou d’une mesure en faveur de la scolarisation des enfants de migrants, Campus Manilla – qui accueille à la rentrée la princesse Estelle de Suède – a préféré « intégrer » des Suédois aisés établis à l’étranger.
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A Stockholm, l’école de l’élite accueille des réfugiés… suédois


                      Profitant du flou d’une mesure en faveur de la scolarisation des enfants de migrants, Campus Manilla – qui accueille à la rentrée la princesse Estelle de Suède – a préféré « intégrer » des Suédois aisés établis à l’étranger.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h07
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        

Quand ils ont choisi l’école de leur fille Estelle, la princesse héritière suédoise Victoria et son époux le prince Daniel ont opté pour un des établissements les plus prestigieux de Stockholm, fréquenté par les héritiers du gratin suédois. Une école à l’impeccable réputation, qui aurait dû leur garantir le calme feutré des maisons bien tenues et le standing dévolu à leur rang. Raté : voilà Campus Manilla – le nom de l’école –, depuis vendredi 29 juin, au cœur d’un scandale. Le quotidien Dagens Nyheter vient de révéler que l’établissement avait détourné l’esprit d’un dispositif conçu pour accueillir des enfants de réfugiés au bénéfice des fils et filles de richissimes Suédois installés à l’étranger.
Une des meilleures écoles de Suède
Posé sur l’île de Djurgården, au centre de Stockholm, dans un imposant château de brique jaune entouré d’un parc, Campus Manilla a été fondé en 2013. Il s’agit d’une friskola – une « école libre » – gérée par une fondation, avec sa propre pédagogie, mais qui, comme tous les établissements de ce type en Suède, est financée par la commune, en fonction du nombre d’élèves inscrits. A la rentrée 2017, ils étaient 500 du primaire au collège et 250 environ au lycée.
En quelques années, l’école est parvenue à imposer sa réputation comme une des meilleures du pays. Conséquence : la liste d’attente pour y entrer est très longue. Les enfants peuvent y être inscrits dès leur premier anniversaire, mais leur chance d’intégrer l’établissement est maigre. En théorie, le sort de chacun dépend du nombre d’années dans la file d’attente et de la proximité avec l’école. Une priorité est aussi donnée aux enfants ayant des frères et sœurs déjà inscrits. Les règles sont les mêmes pour tout le royaume. Elles ont été mises en place pour limiter le favoritisme et la ségrégation.
Face à la crise des réfugiés, qui a vu arriver 250 000 demandeurs d’asile en Suède entre 2014 et 2015, le gouvernement, composé...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le mouvement païen traditionaliste Romuva, dont se revendique le chef du parti au gouvernement, pourrait être reconnu comme communauté religieuse et être enseigné à l’école. Ce qui inquiète de nombreux intellectuels.
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En Lituanie, le culte au dieu de la Foudre crée la polémique


                      Le mouvement païen traditionaliste Romuva, dont se revendique le chef du parti au gouvernement, pourrait être reconnu comme communauté religieuse et être enseigné à l’école. Ce qui inquiète de nombreux intellectuels.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h58
   





   


Quand elle célèbre un mariage, Inija Trinkuniene revêt sa cape immaculée brodée de motifs géométriques rouges et une coiffe blanche entoure son visage. Intronisée par ses pairs grande prêtresse du mouvement païen balte Romuva, elle a marié et baptisé une centaine de personnes en 2017. Cette année, les célébrations devraient être encore plus nombreuses. Pendant la cérémonie, elle invoque Zemyna, la Terre mère, et Perkunas, le dieu de la Foudre, tous deux au sommet du panthéon du paganisme lituanien, puis les époux boivent dans le même récipient.
Un texte, en discussion au Parlement lituanien, prévoit la reconnaissance de ce mouvement comme une communauté religieuse. Son vote, qui a de grandes chances de passer, vient d’être repoussé à l’automne. Si ce texte est adopté, les mariages suivant ce rite pourront être enregistrés par l’état civil, comme le sont ceux célébrés par les églises chrétiennes.
« Cela n’a rien à voir avec la religion, mais avec les intérêts d’un parti. » Nerija Putinaité, philosophe à l’Institut de sciences politiques de Vilnius
Lors du recensement de 2011, 5 118 Lituaniens se sont revendiqués de ce mouvement païen fondé « sur les sources historiques, les découvertes archéologiques et les traditions culturelles », selon Inija Trinkuniene. Mais, dans ce pays de moins de 3 millions d’habitants, les revendications de cette poignée de Lituaniens alarment de nombreux intellectuels, qui soulignent l’instrumentalisation politique de ce culte, sur fond de nationalisme. « Cela n’a rien à voir avec la religion, mais avec les intérêts d’un parti », estime ainsi Nerija Putinaité, philosophe et enseignante à l’Institut de sciences politiques de Vilnius.
Ce parti, c’est l’Union des paysans et des Verts de Lituanie, qui a remporté les législatives en 2016 et dirige le gouvernement. A sa tête, on trouve Ramunas Karbauskis, un très riche propriétaire terrien, païen déclaré et convaincu. Dans son fief de Naisiai, dans le nord de la Lituanie, il a fait ériger des statues en l’honneur des divinités baltes. L’une de ses premières déclarations, une fois son parti au pouvoir, a été de vouloir fournir un costume national à tous les élèves. Une décision en partie appliquée en début d’année. « Cette reconnaissance par le Parlement offrira des privilèges considérables », souligne encore Nerija Putinaité. Cette religion pourra être enseignée à l’école et accéder à des retransmissions télévisées du culte.

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                En Lituanie, un nouveau gouvernement pour lutter contre l’émigration des jeunes



Tadas, un jeune informaticien qui s’est marié et a baptisé son jeune fils selon les rites païens, voit, dans ce mouvement créé par le philosophe Jonas Trinkunas en 1967, autant une religion qu’une forme d’expression de la culture traditionnelle lituanienne et de communion avec la nature. La sociologue des religions Milda Alisauskiene, elle, déplore que le débat soit passé de la sphère académique au niveau politique. « C’est un phénomène de réaction à la mondialisation, avec la volonté de garder des traditions locales », analyse-t-elle. Mais pour Nerija Putinaité, comme pour d’autres, cela peut réveiller « un nationalisme primaire » et donne une image bien trop rustique de la Lituanie.
Récemment, la question théologique s’est imposée dans les débats au Parlement : les opposants à sa reconnaissance soulignent l’absence de sources pour cette religion, son manque de continuité historique. Ce sont les païens qui « ont assassiné à la hache » saint Bruno, lors de sa première tentative de christianisation, en 1009, a rappelé Andrius Kubilius, ex-premier ministre conservateur, en séance plénière. La question est sensible. La Lituanie est le dernier pays d’Europe à avoir été christianisé, à la fin du XIVe siècle. L’Eglise a été un des bastions de la résistance à la sécularisation de force du pays pendant la période soviétique. Elle est aujourd’hui toujours associée aux commémorations nationales des luttes pour l’indépendance. Autre motif d’inquiétude : la venue du pape dans le pays, en septembre. Un événement qui aurait pesé sur le choix de repousser le vote.
Par Marielle Vitureau



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ « La fraternité retrouve des couleurs » ; à l’instar du député PS Boris Vallaud, beaucoup de responsables politiques se réjouissent de la décision rendue vendredi par le Conseil.
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Aide aux migrants : la décision du Conseil constitutionnel saluée par la majorité et la gauche

« La fraternité retrouve des couleurs » ; à l’instar du député PS Boris Vallaud, beaucoup de responsables politiques se réjouissent de la décision rendue vendredi par le Conseil.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 17h47
   





                        


Saluée par la majorité, la décision du Conseil constitutionnel consacrant vendredi 6 juillet le « principe de fraternité », au nom duquel une aide désintéressée au « séjour irrégulier » des étrangers ne saurait être passible de poursuites, a été critiquée par Les Républicains (LR), qui jugent que le Conseil « se substitue au législateur ».

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                Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel consacre le « principe de fraternité »



Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, s’est félicité dans un communiqué « de ce que le Conseil constitutionnel a estimé qu’il serait disproportionné, au regard de la nécessaire préservation de l’ordre public et de la légitimité de l’Etat à réguler le droit au séjour des étrangers, d’étendre les exemptions existantes à l’aide à l’entrée irrégulière sur le territoire français, confortant ainsi pleinement la politique du gouvernement ».
Dans un communiqué commun, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, et Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne, ont estimé, de leur côté, que « la décision que vient de rendre le Conseil constitutionnel, relative au délit d’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger, pose deux problèmes majeurs auxquels les élus de la Nation ne peuvent pas se résigner. (…) Cela n’est pas acceptable. Le moment est venu de mettre un terme à ces dérives. »
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), a estimé sur Twitter qu’« après la décision du Conseil constitutionnel, ceux qui ont “par fraternité” aidé Rédoine Faïd peuvent dormir tranquille. On marche sur la tête et ça commence à faire peur ! » 
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a déclaré, également sur Twitter, que « le Conseil constitutionnel rappelle le principe de fraternité et censure le “délit de solidarité”. C’est le combat que nous avons porté lors du débat asile-immigration. Quand le président abandonne nos principes républicains, il serait temps que la majorité se réveille. »
Pour Philippe Bas, président LR de la commission des lois du Sénat, « cette décision est une avancée importante pour nos droits fondamentaux ». « Le Conseil constitutionnel (…) nous laisse le temps de trouver un bon équilibre entre la protection des actions généreuses et désintéressées et l’exigence de sévérité dans la lutte contre les réseaux de passeurs qui sont à l’œuvre dans notre pays ».
Aurélien Taché, député La République en marche (LRM) du Val-d’Oise, a salué sur Twitter « un grand jour pour la solidarité », et Florent Boudié, député LRM de Gironde, une « belle décision ». « Un nouveau principe constitutionnel est créé : le principe de Fraternité. Le groupe LRM à l’Assemblée avait été précurseur par sa réforme, le Sénat l’ayant cassée nous la rétablirons avec fierté ! »
« La fraternité retrouve des couleurs »
« Merci au Conseil constitutionnel qui rappelle le principe de fraternité en matière d’accueil des réfugiés et réaffirme ainsi avec force la devise de notre République. », a écrit sur son compte Twitter la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.
« La fraternité retrouve des couleurs, affirmée comme principe à valeur constitutionnelle. Cette décision du Conseil constitution est majeure et nous oblige », s’est réjoui le député PS des Landes, Boris Vallaud. 
« C’est une gifle contre tous ceux qui veulent tout fermer et mettre au placard notre humanité, alors qu’en plus, il y a moins de migrants aujourd’hui qu’en 2015. Cette décision envoie un message à Emmanuel Macron, Gérard Collomb, mais aussi à tous ceux qui, avant, n’ont pas abrogé ce délit, comme Bernard Cazeneuve » a jugé Esther Benbassa, sénatrice Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Paris, sur Public Sénat.
De son côté, le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, s’il a salué une « victoire » déplore tout de même le « temps perdu, les violences inutiles… Grenoble ville refuge, terre d’accueil, continuera ses actions de solidarité envers les exilés ».
« L’indigne délit de solidarité enfin abrogé. Le Conseil constitutionnel a eu le courage que n’a pas En marche ! Victoire des bénévoles de l’humanité qui sauvent des vies à nos frontières », s’est réjoui pour sa part Elsa Faucillon, député PCF des Hauts-de-Seine.

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                Immigration : pourquoi le « délit de solidarité » fait-il débat ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte flottera au-dessus de Londres pendant la visite du président américain vendredi 13 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le vibrionnant ministre britannique s’attire les foudres des milieux d’affaires, qui avertissent qu’un « hard Brexit » sans transition ni aménagement se traduira par des délocalisations, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »
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Brexit : « Le “fuck business” de Boris Johnson risque de se retourner en “fuck Britain” »

Le vibrionnant ministre britannique s’attire les foudres des milieux d’affaires, qui avertissent qu’un « hard Brexit » sans transition ni aménagement se traduira par des délocalisations, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 12h09
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Depuis sa création, en 1834, le Parti conservateur britannique représente les intérêts de l’aristocratie foncière, de la bourgeoisie et des milieux d’affaires. Pourtant, il se passe des choses étranges depuis deux ans dans la vénérable maison de Winston Churchill et de Margaret Thatcher. Comme une scène de ménage si violente que l’on se demande si elle va déboucher sur une réconciliation ou sur un divorce.
Le scandale est arrivé, comme souvent, par sa figure la plus pittoresque. Interrogé dans le cadre d’une réception privée sur l’hostilité des entreprises britanniques au Brexit, l’ancien maire de Londres et actuel ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, a lâché « fuck business ». De quoi choquer pour plusieurs générations le milieu policé du grand capital anglais.

Il faut dire que, depuis quelques semaines, les patrons britanniques perdent leur flegme. Pour eux, le pays va dans le mur s’il continue à mettre autant de mauvaise volonté à négocier les conditions de son départ de l’Union européenne. Ce vendredi 6 juillet, la première ministre, Theresa May, réunit le gouvernement dans sa résidence de campagne officielle de Chequers, au nord-ouest de Londres, pour arrêter une stratégie de sortie. Si celle-ci n’est pas acceptée avant la fin de l’année par l’UE, le Royaume-Uni quittera l’Europe d’un seul coup en mars 2019, sans transition ni aménagement. Un véritable cauchemar pour les entreprises les plus exportatrices.
Coup de grâce
Le premier avertissement est venu d’Airbus, qui a pointé la menace qui pèserait sur ses usines outre-Manche, si les frontières avec le continent étaient rétablies. Puis ce sont les propriétaires des plus grands sites industriels du pays qui sont montés au front.
A commencer par ceux de l’automobile, cœur de la renaissance industrielle britannique de ces dernières années, et qui emploie 700 000 personnes dans le pays. Coup sur coup, BMW, Honda et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le comité d’entreprise déplore le refus du PDG d’évoquer l’avenir du centre de recherche
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Automobile : chez Opel, « plus personne parmi les salariés n’a confiance dans la direction »

Le comité d’entreprise déplore le refus du PDG d’évoquer l’avenir du centre de recherche



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h33
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Lohscheller ne s’est pas présenté, jeudi 5 juillet au matin, devant les salariés d’Opel réunis à Rüsselsheim. Le PDG de la marque à l’éclair a décliné l’invitation du Betriebsrat, le conseil de représentation des salariés de l’entreprise, à venir s’expliquer sur l’avenir du centre de recherche et développement du groupe. Mardi, Le Monde avait révélé que le groupe PSA cherchait un repreneur pour une grande partie des activités du centre de R&D, parmi les plus traditionnelles d’Opel, comme l’ingénierie de propulsion. L’information a déclenché une vague d’émotion en Allemagne.

« M. Lohscheller n’est pas venu. Il n’a pas voulu se soumettre aux questions des salariés. Le personnel l’a très mal pris. Plus personne, parmi salariés aujourd’hui, n’a confiance dans la direction », explique Wolfgang Schäfer-Klug, président du Betriebsrat. Contacté, un porte-parole d’Opel a précisé qu’en raison du communiqué diffusé mercredi par le groupe, M. Lohscheller n’a pas jugé nécessaire d’apporter de nouvelles précisions. Ce communiqué explique « qu’aucune décision n’a encore été prise » concernant l’avenir du centre de R&D mais que, « dans le cadre de la forte diminution de la charge de travail de General Motors à Rüsselsheim, des partenariats stratégiques [étaient] évalués ».
La direction n’aurait pas dit la vérité
Le groupe assure que « tous les futurs modèles d’Opel seront développés à Rüsselsheim ». Les « partenariats », précise encore le groupe, avaient été évoqués comme option possible lors de la conclusion de l’accord de redressement, fin 2017.
Pas de quoi rassurer les salariés, jeudi matin. « Ils avaient effectivement mentionné ces partenariats, poursuit M. Schäfer-Klug, mais cela n’a jamais été discuté avec le Betriebsrat ou le syndicat. Nous avons toujours dit que nous étions opposés à une vente du centre de R&D. » Plus grave aux yeux des salariés et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Industriels et lobbys probusiness mettent en garde un Donald Trump imperturbable. La Fed souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique commerciale ».
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L’inquiétude grandit aux Etats-Unis à propos des conséquences des guerres commerciales

Industriels et lobbys probusiness mettent en garde un Donald Trump imperturbable. La Fed souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique commerciale ».



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 14h21
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Les avertissements s’accumulent pour Donald Trump. A la veille de l’entrée en vigueur des taxes visant des importations chinoises, la Réserve fédérale (Fed) a publié, jeudi 5 juillet, le compte rendu de sa dernière réunion, en juin. Elle y souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique en matière commerciale » qui « se sont intensifiés », soulignant qu’ils « peuvent éventuellement avoir des effets négatifs sur le sentiment des entreprises et les dépenses en investissement ».

Une semaine plus tôt, le géant de l’automobile General Motors (GM) s’était montré encore plus alarmiste dans une note transmise au département du commerce. « Augmenter les tarifs douaniers pourrait réduire la taille de GM, réduire la présence sur le plan national et à l’étranger de cette entreprise américaine emblématique et risque de réduire les emplois plutôt que de les augmenter », a assuré l’entreprise.
En marge des tensions entre les Etats-Unis et la Chine ou entre les Etats-Unis et l’Union européenne, la Maison Blanche a, en effet, annoncé, le 23 mai, que Donald Trump envisage d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations de véhicules. Le 27 juin, deux associations regroupant les principaux constructeurs mondiaux, l’Alliance of Automobile Manufacturers et l’Association of Global Automakers ont mis en garde contre des taxes qui « augmenteraient les prix pour les consommateurs américains, limiteraient leurs choix et supprimeraient les ventes et la production de véhicules américains ».
Choc tarifaire
Le 31 mai, Tom Donohue, le responsable de l’US Chamber of Commerce, une institution traditionnellement liée à l’aile probusiness du Parti républicain et avocate infatigable du libre-échange, avait déjà indiqué dans une note que la politique protectionniste de l’administration pèsera sur la forte croissance économique des Etats-Unis et pourra menacer jusqu’à 2,6 millions d’emplois....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Faisant cavalier seul, la chancelière allemande s’est dit « prête » à négocier une baisse des taxes sur les voitures. Paris n’est pas du tout sur cette ligne.
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Automobile : Angela Merkel divise l’Europe face à Donald Trump

Faisant cavalier seul, la chancelière allemande s’est dit « prête » à négocier une baisse des taxes sur les voitures. Paris n’est pas du tout sur cette ligne.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h20
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
                                Éric Béziat et 
                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

L’Allemagne, géant du marché automobile et locomotive exportatrice de l’Union européenne (UE), commencerait-elle à paniquer ? Alors que Donald Trump menace désormais de taxer davantage les importations de voitures étrangères aux Etats-Unis, après s’être attaqué à l’acier et l’aluminium, Angela Merkel a surpris, jeudi 5 juillet, en se déclarant « prête » à négocier une baisse généralisée des taxes sur l’automobile.
L’UE impose 10 % de droits de douane aux véhicules importés des Etats-Unis (y compris ceux fabriqués par des constructeurs européens, notamment allemands, qui possèdent d’importantes usines sur place). Les Etats-Unis, eux, taxent à 2,5 % les importations de voitures et à 25 % celles des camionnettes et pick-up.
Selon une récente étude de l’institut économique Ifo à Munich, un relèvement à 25 % des taxes américaines sur les voitures coûterait à l’Allemagne 5 milliards d’euros, soit 0,16 % de son produit intérieur brut. « Aucun pays n’aurait à craindre des pertes absolues plus importantes que l’Allemagne, si de tels droits de douane venaient à être mis en place. » 
« Une option que je peux imaginer »
La chancelière allemande a évoqué jeudi l’idée d’abaisser les taxes européennes : « C’est une option que je peux imaginer », a-t-elle dit, à condition de trouver « une position européenne commune » et d’impliquer « tous les pays avec lesquels nous commercialisons des voitures ». Cette prise de position a d’autant plus étonné, à Paris et à Bruxelles, que c’est à la Commission européenne de mener les discussions avec les Américains. Jean-Claude Juncker, son président, doit rencontrer le président Donald Trump fin juillet à Washington.
« Cela donnerait l’impression que l’Europe cède à M. Trump », souligne une source diplomatique française.
Le Luxembourgeois évoquera-t-il cette idée, qui serait pourtant combattue par Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce ? « L’Europe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Hongrie, Autriche et Italie mettent en garde contre le refoulement de demandeurs d’asile par l’Allemagne.
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Entre Orban et le SPD, le grand écart de Merkel

Hongrie, Autriche et Italie mettent en garde contre le refoulement de demandeurs d’asile par l’Allemagne.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h10
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Vienne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est un compromis qui devrait sauver – au moins provisoirement – la « grande coalition » d’Angela Merkel. Après trois semaines d’un bras de fer qui a mis le gouvernement allemand au bord de la rupture, les sociaux-démocrates (SPD) et les conservateurs (CDU-CSU) se sont mis d’accord, jeudi 5 juillet, sur un texte de deux pages qui permet aux uns et aux autres de sauver la face. A condition toutefois qu’il puisse être mis en œuvre, ce qui est loin d’être acquis.
Depuis la mi-juin, le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer (CSU), exigeait que les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays européen soient désormais systématiquement refoulés à la frontière. Il a obtenu gain de cause. Le SPD s’est finalement rallié à cet objectif, moyennant deux garanties.
La première est que les personnes concernées ne soient pas parquées dans des « centres de transit » séparés – contrairement à ce qu’avaient envisagé, lundi, M. Seehofer et Mme Merkel. A la place, elles seront conduites dans des postes de police déjà existants près de la frontière autrichienne. « Il n’y aura pas de barbelés ou de choses comme ça », a assuré le ministre de l’intérieur, jeudi soir.

La seconde est que les procédures visant à vérifier quel pays est compétent pour l’examen des demandes d’asile des personnes concernées n’excèdent pas quarante-huit heures. C’était aussi une demande du SPD, qui voulait éviter que ces zones de rétention se transforment en « camps d’internement ». Pour que cela fonctionne, cela suppose toutefois que les Etats vers lesquels l’Allemagne déciderait de renvoyer ces demandeurs d’asile déboutés acceptent de les accueillir. Or, pour l’heure, rien n’est réglé de ce côté-là, comme l’a montré le déplacement de M. Seehofer à Vienne, un peu plus tôt dans la journée de jeudi.
Seehofer renvoie la balle à la chancelière
Entre le ministre allemand de l’intérieur et le chancelier autrichien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Selon le scénario le plus probable, le couple hospitalisé après avoir été exposé au Novitchok aurait touché accidentellement une seringue ou un flacon utilisé en mars contre un agent double russe et sa fille.
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Royaume-Uni : doutes sur l’efficacité de la décontamination à Salisbury après l’affaire Skripal

Selon le scénario le plus probable, le couple hospitalisé après avoir été exposé au Novitchok aurait touché accidentellement une seringue ou un flacon utilisé en mars contre un agent double russe et sa fille.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 10h59
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que les supporteurs anglais de football ont les yeux rivés sur la Russie, et à quelques jours d’un sommet de l’OTAN, la tension est remontée entre Londres et Moscou, jeudi 5 juillet, après l’hospitalisation dans un état critique d’un couple de Britanniques ayant été exposés au Novitchok, un puissant poison déjà utilisé en mars, dans la même région, contre l’agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia.
La Russie utilise la Grande-Bretagne comme « une décharge à poison », a accusé Sajid Javid, le ministre de l’intérieur devant le Parlement, en ajoutant : « Il est maintenant temps que l’Etat russe explique exactement ce qui s’est passé. Il est totalement inacceptable que nos citoyens soient des cibles délibérées ou accidentelles ou qu’on déverse du poison dans nos rues, nos parcs, nos villes. »

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Le gouvernement britannique avait accusé Moscou d’être responsable de l’empoisonnement, le 4 mars à Salisbury, de Sergueï et Ioulia Skripal, déclenchant une crise diplomatique avec la Russie, qui a toujours nié la moindre implication. Après un traitement médical lourd, les deux victimes sont sorties de l’hôpital en avril et en mai.
« Nous appelons les forces de l’ordre britanniques à ne pas céder aux sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe
Le Royaume-Uni a alerté une nouvelle fois, jeudi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). « Nous appelons les forces de l’ordre britanniques à ne pas céder aux sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres, a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe. Le gouvernement de Theresa May et ses représentants auront à s’excuser. »
Dawn Sturgess, 44 ans, et son compagnon, Charlie Rowley, 45 ans, ont été exposés au poison « après avoir manipulé un objet contaminé », a indiqué la police antiterroriste, dont une centaine d’agents mènent l’enquête. Mais samedi, lorsqu’ils sont tombés gravement malades, la police a d’abord cru à une overdose car, selon le Times, M. Rowley a un passé d’héroïnomane.
Ancien sans-abri, il vivait depuis quelques mois dans la maison où le couple a été retrouvé à Amesbury, à une douzaine de kilomètres de Salisbury. Quant à Dawn Sturgess, elle habitait dans un foyer pour sans-abri de Salisbury, qui a dû être évacué, jeudi. Le plus probable est que le couple, qu’aucun lien apparent ne relie à la Russie, ait trouvé et touché accidentellement une seringue ou un flacon ayant été utilisé contre les Skripal.

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Selon des amis des victimes, ces derniers ont passé la soirée de vendredi dans les jardins Reine Elizabeth de Salisbury, non loin de l’endroit où Sergueï Skripal et sa fille avaient été retrouvés dans un état second après leur empoisonnement. Une hypothèse est que « l’une des deux victimes a ramassé le contenant utilisé pour stocker l’agent neurotoxique utilisé contre les Skripal », a précisé le gouvernement.
Inquiétude des habitants
Ce possible scénario met en cause l’efficacité de l’impressionnante opération de décontamination menée dans la zone, depuis l’empoisonnement des Skripal, par des militaires et des spécialistes des armes chimiques du ministère de la défense. A l’époque, le poison aurait été appliqué sur la poignée de la porte d’entrée de la maison de l’ex-espion. Il se pourrait qu’une seringue ait été utilisée. Mais la police ne l’a jamais confirmé, pas plus qu’elle n’a donné le résultat de ses recherches sur la présence de poison dans les environs.
Jeudi, les experts du laboratoire spécialisé de Porton Down ont établi que Dawn Sturgess et Charlie Rowley ont été contaminés par le même type de Novitchok que celui utilisé contre les Skripal, sans pouvoir préciser si le poison provenait du même lot. Ce produit, conçu du temps de l’Union soviétique, agit sur le système nerveux. Cet agent ne s’évapore pas ou ne se décompose pas rapidement.

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Le ministre de l’intérieur a tenté de désamorcer l’hypothèse d’un défaut dans les opérations de décontamination en affirmant que le couple serait « entré en contact avec l’agent neurotoxique dans un endroit différent » des sites décontaminés depuis mars.
A Salisbury, où plusieurs lieux réputés suspects ont été fermés au public, les habitants sont à nouveau plongés dans l’inquiétude. Il n’est pas certain que les conseils de Sally Davies, médecin chef de santé publique, les rassurent. Elle demande au public « d’être vigilant lorsqu’il ramasse des objets inconnus ou dangereux comme des aiguilles ou des seringues ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les défenseurs du texte, rejeté en l’état jeudi par le Parlement, accusent les géants du Web d’avoir eu recours à un lobbying massif. Mais la réalité est nettement plus nuancée.
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Directive sur le droit d’auteur : une victoire du lobbying des GAFA, vraiment ?

Les défenseurs du texte, rejeté en l’état jeudi par le Parlement, accusent les géants du Web d’avoir eu recours à un lobbying massif. Mais la réalité est nettement plus nuancée.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h31
    |

                            Pixels








                        


« Triste jour pour l’indépendance culturelle et la presse en Europe : le Parlement européen s’est couché devant la propagande des GAFA. C’est un “Munich culturel”. » L’eurodéputé Jean-Marie Cavada, l’un des plus ardents partisans du projet de directive européenne sur le droit d’auteur, qui a subi un net revers jeudi 4 juillet au parlement européen, n’a pas mâché ses mots après le vote. Il n’a pas été le seul. « Google se paye l’Europe », écrit l’Adami (artistes, musiciens et interprètes) dans un communiqué, tandis que la SACD (auteurs et compositeurs) dénonce un « lobbying insensé et inédit fait de mensonges, de caricatures et de menaces ».
Le résultat du vote au Parlement a-t-il été, comme l’affirment avec insistance les représentants de l’industrie musicale, principalement le résultat d’une campagne de lobbying ? La réalité est plus complexe.
Chiffres fantaisistes
D’abord, si les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ont bien fait du lobbying sur cette directive, ils n’ont pas été les seuls. « Il y a eu un effort de lobbying important ces dernières semaines sur le texte, à la fois de la part des entreprises de la Silicon Valley et des ayants droit, note Olivier Hoedeman, chercheur pour l’ONG Corporate Europe Observatory, qui suit l’influence des lobbys à Bruxelles. Mais il y a aussi eu une campagne en ligne, avec des pétitions, des appels et des courriers aux députés, qui était, pour autant que je puisse en juger, authentiquement le fait de citoyens. » 
C’est aussi l’un des arguments clés utilisés par les GAFA et leurs représentants : « Ce débat a clairement nécessité une forte mobilisation des plates-formes numériques », reconnaît Siada El Ramly, directrice générale d’Edima, le lobby européen des grandes plates-formes numérique. « Mais si l’on regarde d’un côté, il faut aussi regarder de l’autre : les ayants droit ont aussi beaucoup dépensé, s’attachant le soutien de quantité de célébrités et artistes, au Parlement européen et dans les médias. » En France, un collectif de soixante-dix artistes avait publié, la veille du vote, une tribune remarquée, dans Le Monde, pour faire valoir leurs arguments en faveur du texte.

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L’ampleur de la campagne menée par les GAFA était réelle, estime M. Hoedeman, mais est à relativiser. « Un rapport erroné de l’industrie de la musique britannique, qui a beaucoup circulé en ligne ces derniers jours, affirmait que Google avait dépensé 31 millions d’euros pour influer sur ce vote : c’est tout simplement faux. Le budget annuel déclaré de lobbying de Google à Bruxelles était de 5,5 millions d’euros en 2016 ; le chiffre a très certainement augmenté depuis, mais couvre l’ensemble de leurs dépenses sur tous les sujets. Et d’après nos observations, Google fait beaucoup plus d’efforts de lobbying sur d’autres textes, et notamment sur la future directive e-privacy [qui prévoit de nouvelles règles contraignantes sur le respect de la vie privée], que sur le droit d’auteur. Cela ne veut pas dire que Google ne fait pas de lobbying, et que ce n’est pas problématique, mais on ne peut pas dire que les centaines de milliers de personnes qui ont participé à la campagne en ligne ont simplement été manipulées. »
Une coalition hétéroclite d’opposants
Les opposants à la directive formaient une coalition hétéroclite : on y trouvait effectivement les géants du Net, Google en tête, mais aussi de très nombreuses associations de défense des libertés, des figures fondatrices du Web, certaines versions nationales de Wikipedia… Autant de groupes qui s’opposent par ailleurs sur de nombreux sujets.
En France, la Quadrature du Net, qui appelait à voter « non » à la directive, est l’une des associations les plus critiques de Google et de Facebook. Cet attelage peu courant, décrit par la SACD comme l’alliance « des grandes plates-formes commerciales de l’Internet et les libertaires du Net », a mené des campagnes séparées, avec des outils très différents – lobbyistes professionnels pour les géants du Net, campagnes « de terrain », incitant les citoyens à contacter leurs élus pour les associations.
Dans l’esprit de certains défenseurs du texte, ces deux groupes ont parfois été amalgamés – dans une « alliance insensée des libertariens anarchistes et des GAFA », comme la décrit par exemple le directeur général délégué du Centre national du cinéma (CNC), Christophe Tardieu.
De son côté, Denis Bouchez, directeur du Syndicat de la presse quotidienne nationale française (SPQN, dont fait partie Le Monde) voit dans ce vote le résultat d’un « énorme lobbying des GAFA, qui est presque un déni de démocratie quand il s’agit de polluer les boîtes e-mail des députés avec des milliers de messages ». Pourtant, la plupart des courriels reçus par les députés émanaient de campagnes d’opposition au texte menées par des associations, et non par des GAFA.
Les représentants des médias étaient peut-être particulièrement échaudés sur la question du lobbying des GAFA parce que les géants du Web se sont très fortement opposés à l’article 11, qui obligeait les plates-formes à payer pour l’utilisation d’articles de presse, y compris sous forme de liens. Une évolution légale jugée très complexe – et onéreuse – à mettre en place pour les grandes plates-formes, et qui avait fait l’objet d’un lobbying remarqué : les éditeurs de presse faisant partie du fonds Digital News Initiative (DNI), dans lequel Google finance des projets de médias, avaient reçu, fin juin, un e-mail détaillant les raisons de l’opposition du géant du Web à la directive. « Le but du groupe de travail DNI est d’échanger nos points de vue et d’améliorer la collaboration entre l’industrie de la presse et Google », s’était défendu Google, après les protestations de médias.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Soraya Sáenz de Santamaría a remporté le premier tour de la primaire organisée pour désigner le successeur de Mariano Rajoy à la tête de la droite.
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Espagne : l’ex-numéro 2 du gouvernement en tête du premier tour de la primaire du Parti populaire

Soraya Sáenz de Santamaría a remporté le premier tour de la primaire organisée pour désigner le successeur de Mariano Rajoy à la tête de la droite.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 07h35
   





                        


L’ancienne numéro deux du gouvernement, Soraya Sáenz de Santamaría, a remporté le premier tour de la primaire du Parti populaire (PP) organisée pour désigner le successeur de Mariano Rajoy à la tête de la droite espagnole. Selon les résultats officiels, Soraya Sáenz de Santamaría, 47 ans, est arrivée en tête du scrutin devant Pablo Casado, 37 ans, actuel vice-secrétaire général en charge de la communication du PP, jeudi 5 juillet.
Figurant parmi les favoris, l’ancienne ministre de la défense et actuelle numéro deux du PP, María Dolores de Cospedal, arrivée troisième, est la grande perdante de ce scrutin pour lequel s’étaient inscrits seulement 7,6 % des 800 000 militants revendiqués par le parti.

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Deuxième tour lors du congrès du parti
Le deuxième tour de ces premières primaires de la droite espagnole aura lieu lors du congrès du parti les 20 et 21 juillet.
Renversé le 1er juin par une motion de censure socialiste après la condamnation de son parti dans un procès pour corruption, Rajoy avait annoncé le 5 juin son retrait de la scène politique après quatorze ans à la tête de la droite espagnole. Mais sans désigner de successeur, une première pour le parti. Rajoy avait été lui-même choisi par l’ancien chef du gouvernement José Maria Aznar en 2004 pour lui succéder.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ En échange de la réécriture du texte, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/07/2018
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La controverse reprend en Israël sur la loi mémorielle polonaise concernant la Shoah

En échange de la réécriture du texte, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise



Le Monde
 |    06.07.2018 à 00h44
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 09h14
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant) et 
                                Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


La prise de conscience a réclamé quelques jours, mais elle a fini par faire du bruit. Le compromis annoncé le 27 juin entre les gouvernements israélien et polonais au sujet de la loi sur la Shoah, qui avait été adoptée par le Parlement à Varsovie le 26 janvier, ressemblait à un succès diplomatique de l’Etat hébreu.
Après de longs échanges avec le gouvernement de Mateusz Morawiecki, ce dernier avait accepté de soutenir une révision du texte. La loi mémorielle controversée prévoyait jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité » dans le contexte de la seconde guerre mondiale. C’est ce volet pénal qui a été abandonné.

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Priorité au présent
Les autorités polonaises, au lieu de reconnaître leur recul, ont décidé de largement médiatiser la déclaration commune avec Israël, qui, à l’origine, n’existait qu’en anglais. A l’initiative exclusive de Varsovie, des pages entières ont été achetées dans de grands quotidiens européens, en quatre langues, et enfin en hébreu. « Les Polonais sont victimes d’un hubris énorme », peste un diplomate israélien.
Mais le cœur de la polémique est ailleurs. En échange de la réécriture de la loi, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise.
Le premier ministre israélien a accordé la priorité au présent, aux intérêts immédiats d’Israël plutôt que de tendre la relation bilatérale. Et ces intérêts passent, selon lui, par le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie).
M. Nétanyahou – qui doit accueillir le premier ministre hongrois, Viktor Orban, le 19 juillet à Jérusalem – considère ces pays, à divers titres, comme des chevaux de Troie au sein de l’Union européenne (UE). Celle-ci campe sur la dénonciation de la colonisation en Cisjordanie et le soutien à une « solution à deux Etats » avec les Palestiniens. Or, M. Nétanyahou joue sur ses bonnes relations avec les pays du groupe de Visegrad pour geler toute initiative de l’UE qui serait hostile à Israël. Il espère aussi que ces Etats membres suivront l’exemple américain, un jour, et transféreront leur ambassade à Jérusalem.
Contre la déclaration commune, un rare consensus
Mais la publication de la déclaration commune en Israël a ranimé un débat vif. Jeudi 5 juillet, Benyamin Nétanyahou s’est trouvé pris entre deux feux hostiles : celui de l’Institut international pour la mémoire de la Shoah, Yad Vashem, et celui de la droite messianique. Dans un rare consensus, ils ont dénoncé le « blanchiment de l’Histoire » orchestré par la droite polonaise, avec la complicité du chef du gouvernement israélien, sans toutefois le nommer.
Sur Twitter, le ministre de l’éducation, Naftali Bennett, chef de file du Foyer juif, parti ultranationaliste et sioniste religieux, a qualifié la déclaration commune de « honte saturée de mensonges, qui trahit la mémoire des victimes de l’Holocauste ».
Le mot « trahison » a également été employé par l’un des historiens les plus reconnus de la période, Yehuda Bauer. « Je ne sais pas ce qui s’est produit ici, écrit-il dans le quotidien Haaretz. De l’ignorance, de la stupidité ou la victoire clairement amorale d’intérêts passagers qui resteront pour nous une honte éternelle. » Dans un long et sévère communiqué, Yad Vashem a démonté les petits arrangements avec l’Histoire au cœur de cet accord, qui contient « des erreurs graves et des tromperies ».
L’argumentaire est révélateur du conflit mémoriel entre une écrasante majorité de la communauté des historiens et la narration, aux accents nationalistes, promue par une large frange de la droite polonaise. Elle concerne le rôle des populations civiles pendant l’occupation allemande du pays, leur participation à des pogroms, ou les positions du gouvernement polonais en exil.
Le jour de la signature de la déclaration commune, le premier ministre polonais, M. Morawiecki, avait ainsi dénoncé la « pédagogie de la honte » promue par ses prédécesseurs libéraux et par certains historiens polonais. « Nous voulons que le point de vue polonais soit perçu par un prisme positif. Et je crois profondément que ce sera le cas grâce à cette déclaration, par laquelle nous défendons l’honneur de nos ancêtres, (…) ainsi que l’héroïsme des Polonais dans le sauvetage de leurs concitoyens juifs », avait-il déclaré.
« Manœuvre cynique »
Cette réécriture fausse des responsabilités est inacceptable pour les spécialistes de Yad Vashem. « La tentative d’amplification de l’aide qui avait été accordée aux juifs, sa description comme un phénomène répandu et le fait de minimiser le rôle des Polonais dans les persécutions des juifs constituent une insulte à la vérité historique, mais aussi à la mémoire de l’héroïsme des Justes parmi les nations », est-il écrit.
En tout, 6620 Polonais sont considérés comme des Justes par Yad Vashem, qui rappelle cependant que l’aide offerte par des Polonais aux juifs était « relativement rare ». Yad Vashem met en cause la dissolution de l’identité des coupables nationaux, qui ont aidé les nazis dans leur entreprise de destruction. « Ils étaient polonais et catholiques, et ils ont collaboré avec l’occupant allemand, qu’ils détestaient, pour persécuter les citoyens juifs de Pologne. » 
Yad Vashem rappelle une nouvelle fois le non-sens que représente l’expression « camp de la mort polonais », dont l’usage a motivé la démarche législative initiée par le parti Droit et justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski. Mais il estime que qualifier son emploi d’« antipolonisme » est « fondamentalement anachronique » et ne devrait jamais être placé sur le même plan que l’antisémitisme.
Pour l’historien Jan Grabowski, un des plus éminents spécialistes polonais de l’histoire de la Shoah, cité par le quotidien Gazeta Wyborcza, « la déclaration de Yad Vashem met en lumière la manœuvre cynique des politiques polonais et israéliens, dont l’objectif était de donner au pouvoir nationaliste polonais un “certificat de respectabilité” et l’ouverture des salons diplomatiques, dont ils ont été exclus après l’adoption de la scandaleuse loi mémorielle. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les eurodéputés vont se déterminer de nouveau sur cette directive – sans doute en septembre – destinée à réformer le droit d’auteur pour l’adapter au numérique.
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Le Parlement européen écarte la directive controversée sur le droit d’auteur

Les eurodéputés vont se déterminer de nouveau sur cette directive – sans doute en septembre – destinée à réformer le droit d’auteur pour l’adapter au numérique.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 11h25
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
Alexandre Piquard, 
Martin Untersinger et 
Nicole Vulser








                        



   


Tout semblait sur les rails : le Parlement européen devait avaliser, jeudi 5 juillet, un projet de directive rénovant la loi européenne sur le droit d’auteur, prélude à une négociation avec le Conseil (les Etats membres). Mais dans un vote surprise, les eurodéputés s’y sont refusés, par 318 voix contre 278.
C’est une victoire pour l’industrie des nouvelles technologies et une défaite cinglante – et surprise – pour les industries culturelles et de la presse. « Nous pensions que tous les acteurs étaient convaincus », reconnaît sans ambages Denis Bouchez, directeur général du Syndicat de la presse quotidienne nationale française (SPQN). Ils pensaient avoir fait le plus dur avec le vote, le 20 juin, de la commission des affaires juridiques du Parlement.
Qu’a-t-il pu donc bien se passer en quinze jours et comment expliquer ce retournement de situation ? Un manque de mobilisation des auteurs ? Des absences remarquées de certains eurodéputés, les élus conservateurs espagnols, par exemple, étant repartis à Madrid pour des élections internes ? Ou, plus sûrement, un intense lobbying de la part des géants américains de l’Internet ? Les poids lourds du Web sont en effet directement visés par les deux articles les plus controversés de la directive.
Lobbying important
Le premier, l’article 11, entend obliger les plates-formes numériques à rémunérer les titres de presse dont elles utilisent des portions d’articles. Le second, l’article 13, leur impose de nouer des accords avec les ayants droit, et, dans le cas contraire, de mettre en place un filtrage automatique des contenus postés par leurs utilisateurs. Les défenseurs de ce texte y voyaient un moyen de compenser ce qu’ils perçoivent comme une asymétrie avec les grandes plates-formes numériques, qui profitent de contenus parfois soumis au droit d’auteur et postés sans autorisation. Ses opposants – un mélange hétéroclite des grands groupes de la Silicon Valley, des défenseurs des libertés numériques et du milieu des start-up – craignaient que la directive n’instaure un système de filtrage généralisé des contenus et ne mette à mal le mécanisme des liens, consubstantiel au fonctionnement du Web.

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Dans les jours précédant le vote à Strasbourg, les efforts de lobbying se sont nettement intensifiés. Du côté des opposants, en plus des activités d’influence habituelles des couloirs de Bruxelles en provenance des géants américains de la Silicon Valley, les eurodéputés ont reçu un déluge d’e-mails et d’appels de citoyens leur demandant de s’opposer à la directive. Une pétition en ce sens a réuni plus de 800 000 signatures. Plusieurs déclinaisons nationales de Wikipédia ont affiché clairement leur opposition au texte. « De mémoire, nous n’avons jamais connu une campagne de lobbying aussi intense », se sont émues plusieurs sources parlementaires.
« Il est incroyablement décevant qu’après avoir été férocement harcelé par des opposants utilisant de faux arguments, le Parlement européen ne se soit pas engagé à soutenir les droits justes des créateurs », a critiqué Jean-Michel Jarre, le président de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs. Pour Virginie Rozière, chef de file de la délégation socialiste et radicale de gauche sur ce sujet, « la campagne violente et virulente organisée par les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] a malheureusement porté ses fruits. Il faut le marteler : ceux-ci diffusent massivement les œuvres des artistes européens, souvent sans autorisation ni rémunération adéquate. Cette injustice qui met en danger la pérennité du financement de la culture en Europe ne peut plus durer ».
« On a perdu une bataille, mais pas la guerre »
De leur côté, les fameux GAFA ont salué l’action des eurodéputés. L’Edima, qui les représente à Bruxelles, a vu dans ce vote « une victoire pour la démocratie ». « Cela montre que la majorité des députés estiment que nous ne sommes pas allés au bout du débat sur ces questions, quels que soient les points de vue », estime sa directrice générale, Siada El Ramly. « Ce débat a clairement nécessité une forte mobilisation des plates-formes numériques mais si l’on regarde d’un côté, il faut aussi regarder de l’autre : les ayants droit ont aussi beaucoup dépensé, s’attachant le soutien de nombre de célébrités et artistes, au Parlement européen et dans les médias », précise-t-elle encore.

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                Directive sur le droit d’auteur : une victoire du lobbying des GAFA, vraiment ?



Les partisans de la directive ont en effet eux aussi jeté leurs dernières forces dans la bataille peu avant le vote à Strasbourg. Les eurodéputés ont ainsi reçu, la veille, un message de l’ancien Beatles Paul McCartney les incitant à voter le mandat de négociation. Deux jours auparavant, 70 artistes français de premier plan publiaient dans les colonnes du Monde une tribune en ce sens.

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Cela n’aura pas suffi, et les défenseurs du texte ont échoué à tirer parti du contexte politique favorable à une régulation plus importante des grandes firmes américaines du numérique. En Europe et dans les Etats membres, les initiatives et les pressions se multiplient depuis quelques années pour juguler sur ces grandes plates-formes les fausses informations, les discours de haine, le terrorisme ou encore les abus en matière de données personnelles.
Les députés devront remettre l’ouvrage sur le métier, probablement en septembre, lors d’une séance plénière où tous les élus pourront alors déposer des amendements. Or, vu les équilibres en présence et les divisions de presque tous les groupes politiques sur le sujet, un vote en faveur de la directive est loin d’être acquis, en particulier sur le point crucial du droit voisin pour les éditeurs de presse. « Les votes étaient déjà très serrés en commission des affaires juridiques », souligne Stéphanie Pochon, de la société de communication GPlus, qui travaille dans l’intérêt des éditeurs. « Nous mobiliserons nos artistes pour le vote en séance plénière en septembre », promet David El Sayegh, le secrétaire général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).
« On a perdu une bataille, mais pas la guerre », se rassure Pascal Rogard, directeur général de la SACD, qui représente les auteurs : « Mais si le prochain débat n’est pas terminé avant le renouvellement du Parlement, en mai 2019, le texte tombera. Ce serait épouvantable. » D’autres, comme le SPQN ou le député MoDem de Savoie Patrick Mignola, estiment qu’il faut déposer une proposition de loi créant un droit voisin pour la presse, pour ouvrir un nouveau front en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Estimant qu’il a gagné la bataille de la démocratie illibérale et celle de l’immigration, le premier ministre hongrois propose de changer le logiciel de la droite européenne, explique, dans sa chronique, Alain Salles, chef du service international du « Monde ».
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« Le putsch démocrate-chrétien d’Orban »

Estimant qu’il a gagné la bataille de la démocratie illibérale et celle de l’immigration, le premier ministre hongrois propose de changer le logiciel de la droite européenne, explique, dans sa chronique, Alain Salles, chef du service international du « Monde ».



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 11h49
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. Avant l’enterrement européen d’Helmut Kohl, mort le 16 juin 2017, la veuve de l’ancien chancelier allemand avait créé la polémique en laissant entendre qu’elle préférait un discours du premier ministre hongrois Viktor Orban plutôt que d’Angela Merkel. En vain. Un an plus tard, le 15 juin, Viktor Orban a célébré la mémoire de Kohl. La scène se passe à l’antenne hongroise de la Fondation Konrad Adenauer, un think-tank de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière allemande, d’Helmut Kohl et de Konrad Adenauer. Le lieu idéal pour lancer le putsch démocrate-chrétien de Viktor Orban.
Fini l’illibéralisme et ses modèles encombrants (Poutine, Erdogan), le premier ministre hongrois se place désormais sous l’aile tutélaire des deux plus importants chanceliers allemands du XXe siècle : Adenauer, l’homme de la reconstruction, et Kohl, celui de la réunification. Et c’est sous ce double patronnage qu’il poursuit son attaque contre sa principale cible depuis 2015 : leur successeure, Angela Merkel, une chancelière affaiblie qui ploie sous les coups de son parti-frère bavarois, la CSU, en guerre contre sa politique migratoire.
La hantise des capitales européennes
Le président du parti, Horst Seehofer, n’a jamais caché ses liens avec Viktor Orban qu’il préférait inviter à ses congrès plutôt que la chancelière du « Wir schaffen das » (« Nous y arriverons »). Cette formule, employée alors qu’un million de migrants avaient pris la route des Balkans, en 2015, la poursuit. Barricadant son pays derrière des clôtures, Viktor Orban a incarné l’opposition européenne à cette politique d’accueil de la chancelière. Tous deux sont pourtant membres du Parti populaire européen (PPE), la première force politique au Parlement de Strasbourg.
Le 15 juin, sous les auspices d’Adenauer et de Kohl, il commence par une menace voilée : « En ce qui concerne les élections au Parlement européen de 2019,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Une partie des fonds européens d’aide publique au développement sert en réalité à aider les pays de transit à bloquer les réfugiés, et non à lutter contre la pauvreté explique dans sa chronique l’économiste Thibault Gajdos.
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« Le nombre de réfugiés quittant un pays n’a aucun lien avec l’ampleur de l’aide qu’il reçoit »

Une partie des fonds européens d’aide publique au développement sert en réalité à aider les pays de transit à bloquer les réfugiés, et non à lutter contre la pauvreté explique dans sa chronique l’économiste Thibault Gajdos.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h37
    |

                            Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            

Tendances France. Depuis quelques mois, une petite musique persistante se fait entendre : il faut être implacable, mais généreux ; refouler impitoyablement les personnes qui tentent de venir en Europe, mais aider davantage les pays les plus pauvres. C’est Emmanuel Macron promettant devant l’ONU en 2017 de porter à 0,55 % du PIB l’aide publique au développement, mais condamnant il y a quelques jours les ONG portant secours aux naufragés en Méditerranée. C’est Laurent Wauquiez, déclarant le 28 juin : « Il faut que les navires ramènent les migrants sur les côtes dont ils sont originaires et il faut une aide au développement du côté africain. » Ce discours repose sur le raisonnement suivant : si les conditions de vie dans les pays les plus pauvres s’améliorent, leurs habitants auront moins de raisons de les quitter.
Raisonnement apparemment imparable… mais faux. Car on sait, depuis le début des années 1970 et les travaux du géographe américain Wilbur Zelinsky (1921-2013), qu’il existe une relation « en U inversé » entre migration et développement. Jusqu’à un certain stade, le taux d’émigration augmente avec le niveau de développement d’un pays ; puis cette relation se stabilise avant de s’inverser.
Processus d’accumulation de l’émigration
L’économiste Thu Hien Dao et ses collègues ont analysé les flux migratoires vers les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 2000 et 2010 (« Migration and Development : Dissecting the Anatomy of the Mobility Transition », Journal of Development Economics, n° 132, mai 2018).
Ils ont mis en évidence trois explications principales à cette relation à première vue paradoxale entre développement et migrations.
Tout d’abord, le niveau de qualification de la population augmente à mesure qu’un pays se développe. Or, les personnes qualifiées sont celles qui ont la plus forte propension à émigrer. Cela explique entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Des migrants secourus par l’ONG allemande en Méditerranée sont arrivés mercredi à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle. Ils racontent leur histoire et l’espoir que constitue l’arrivée en France.
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Dans l’avion pour Paris avec les réfugiés du « Lifeline »

Des migrants secourus par l’ONG allemande en Méditerranée sont arrivés mercredi à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle. Ils racontent leur histoire et l’espoir que constitue l’arrivée en France.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 11h33
    |

            Julia Pascual (La Valette - envoyée spéciale)








                        



   


D’ordinaire, ce sont les groupes de touristes qui se font remarquer. Avec leurs tee-shirts aux couleurs criardes, ils dénotent dans les allées de l’aéroport international de Malte. Ce jeudi 5 juillet, peu après 5 heures du matin, entre les boutiques de duty free et les comptoirs d’embarquement, ce sont des voyageurs d’un autre genre qui ont attiré les regards. Cinquante-deux migrants africains, tous vêtus du même tee-shirt orange, en shorts et en tongs, ont pris place dans la file du vol La Valette-Paris d’Air Malta. A l’issue de ce voyage commencé pour certains il y a plusieurs années, l’asile.
Depuis que l’Italie a refusé en juin l’accès à ses ports au bateau Aquarius et à ses 629 passagers, l’Europe se déchire autour de l’accueil des migrants. A Malte, 234 personnes ont été débarquées le 27 juin après que l’Italie a de nouveau refusé l’accès à ses ports. Elles avaient été secourues par le bateau Lifeline de l’ONG éponyme tandis qu’elles dérivaient dans deux embarcations de fortune, dans les eaux internationales.
La France a décidé d’offrir sa protection à 52 de ces rescapés, participant d’une forme de solidarité européenne, aux côtés de plusieurs autres Etats-membres. Alors que l’avion entamait sa descente vers l’aéroport de Roissy – Charles-de-Gaulle, jeudi, Moubarak, un Soudanais de 28 ans, confiait tout ignorer de la France. « Mais je vais beaucoup mieux depuis que je réalise que je vais retrouver un endroit où on considère l’être humain », assure-t-il.
« C’est une belle opération »
Les migrants accueillis à Paris jeudi ont déjà passé à Malte des entretiens avec des personnels de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ainsi que des « entretiens de sécurité » avec des fonctionnaires du ministère de l’intérieur. Ils devaient rejoindre des centres d’accueil à Toulouse et Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) où ils seront hébergés avant d’obtenir officiellement l’asile.
« C’est une belle opération », souligne Samia Khelifi, directrice adjointe de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, qui a accompagné le voyage depuis Malte avec la Direction générale des étrangers en France. Une majorité de ces migrants sont originaires du Soudan. Mais le groupe compte aussi trois Erythréens, une Somalienne, une Togolaise, trois Ivoiriens et un Tchadien. La plupart sont des hommes de moins de 30 ans, à l’exception de quatre femmes dont une mère et sa fille de 3 ans.
Pendant le vol, ils ont accepté de raconter leur histoire et leur traversée de la Méditerranée. Aïcha a laissé ses quatre enfants au Togo. Elle n’a pas eu de nouvelles d’eux depuis qu’elle a quitté son pays, il y a sept mois. Elle en pleure. Cette femme de 39 ans est passée par le Niger puis la Libye avant de tenter la traversée de la mer Méditerranée. Comme beaucoup, elle garde un souvenir très dur de son parcours migratoire, et notamment des geôles libyennes. Mohamed Idriss, un Soudanais de 24 ans, y a passé quarante-cinq jours.
« En ­Libye, je travaillais dans des champs et, un jour, on m’a attrapé et jeté en prison, sans que je sache pourquoi, dit-il. C’était horrible. J’ai été torturé. En ne nous laissait pas dormir et je n’avais presque rien à manger. » 
Un jour, alors qu’il faisait des travaux forcés dans un champ de pommes de terre, il a réussi à s’échapper. Il a alors tenté la traversée. « On sait que c’est très dangereux mais, s’il y a un infime espoir d’y arriver, on prend le risque », explique-t-il. Partis de Libye en pleine nuit, Mohamed Idriss et les autres réfugiés du Lifeline ont failli ne jamais voir l’Europe.
« On a découvert deux bateaux en détresse assez tôt le matin du 21 juin, se souvient Aline Watermann, chargée de communication de Lifeline. On a essayé de venir en aide aux gens en leur envoyant des gilets de sauvetage. Et puis, assez rapidement, on les a pris à bord. » 
Les garde-côtes libyens seraient arrivés après ces opérations de transbordement. « Le MRCC [Centre de coordination et de sauvetage maritime de Rome] nous a dit que les garde-côtes libyens arrivaient mais le débarquement avait déjà eu lieu, poursuit Mme Watermann. Les Libyens ont exigé de pouvoir reprendre les personnes mais notre réponse a été claire. On ne peut pas accepter ce qui est contraire au principe de non-refoulement [des demandeurs d’asile] et au droit international maritime qui veut que les personnes sauvées soient amenées vers le port sûr le plus proche. »
« Prêt à tout faire »
Après cet épisode, il aura fallu plusieurs jours pour que le Lifeline soit autorisé à accoster dans un port européen. Tous les migrants se souviennent de moments éprouvants. Aboubacar, un Ivoirien de 20 ans, évoque « une semaine de calvaire » : « L’équipage faisait des efforts mais il n’y avait pas de place sur le bateau, pas assez de nourriture et la mer était agitée. Les gens étaient tendus et il y a eu des échauffourées. » « Beaucoup étaient malades et vomissaient », ajoute Ange-Gabriel, un Camerounais de 19 ans.

   


Aujourd’hui, le jeune homme se dit « fier » d’être « sorti de la souffrance en Libye » où il est resté plus d’un an. Maintenant, il voudrait faire une formation en soudure et reprendre la boxe thaïe. Aïcha souhaiterait, elle, garder des enfants ou faire des ménages. Moubarak n’a pas de qualifications mais est « prêt à tout faire ». Qu’attendent-ils de la France ? « Je veux qu’on me donne la liberté de circuler et de participer à la vie de citoyen de tous les jours », espère Mohamed Idriss.
A l’atterrissage à Paris, jeudi vers 9 h 30, une véritable délégation attendait ces 52 réfugiés. Le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice, distribuait des « salam » chaleureux à chacun d’eux, tandis que des journalistes avançaient avec micros et caméras. Sans même le savoir, les réfugiés du Lifeline participaient d’une mise en scène de l’accueil français, et écrivaient à leur tour une page de la crise européenne autour des migrants.
Pendant ce temps, le navire était toujours placé sous séquestre à Malte, empêché de repartir.



                            


                        

                        


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Coupe du monde 2018 : et si les Russes avaient eux aussi appris de leurs visiteurs ?

Des centaines de milliers de supporteurs étrangers ont découvert la Russie grâce au football. Quid de leurs hôtes ? Petit tour d’horizon non exhaustif et forcément subjectif.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h06
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            Benoît Vitkine








                        



   


C’est un fait incontestable : le Mondial organisé cette année en Russie laissera une empreinte profonde chez les supporteurs venus de la planète entière y soutenir leur équipe. La Russie est un pays propice aux clichés – nombre d’entre eux ont été battus en brèche par l’organisation sans anicroche et la fête joyeuse que le pays a su offrir au monde.
Il faut dire que les Russes – mis à part ceux, nombreux, à ignorer totalement l’événement – se sont joyeusement joints au carnaval bigarré qui a déferlé sur les onze villes-hôtes, ou ont simplement mis un point d’honneur à accueillir au mieux leurs hôtes d’un mois. Les télévisions locales ne se sont pas privées d’insister avec avidité sur le contraste entre la joie des fans et « les horreurs que l’on raconte sur nous dans les médias étrangers ». A l’aéroport de Volgograd, des bénévoles distribuaient aux supporteurs anglais des brochures, prévenant : « Nous sommes des gens tout comme vous ; et non, les Russes ne boivent pas de la vodka à longueur de journée ! »
Des centaines de milliers de visiteurs, venant parfois de régions aux allures de terra incognita pour la Russie – Amérique latine, Afrique… – ont bel et bien découvert la Russie grâce au football. Et les Russes ? Qu’ont-ils découvert à la faveur de ce grand brassage planétaire ? Petit tour d’horizon non exhaustif et forcément subjectif.
De vrais chants de supporteurs
Pour les commentateurs de la télévision russe, ce fut un éternel sujet d’extase : ébahis, d’abord, par le nombre de supporteurs venus soutenir leur équipe match après match – avec un sérieux avantage pour les Sud-Américains –, mais surtout par la qualité et la diversité de leurs chansons. Au niveau du volume sonore, les Russes se sont bien défendus, durant les matchs de leur équipe, mais leur sempiternel « Ro-ssi-a ! Ro-ssi-a ! » apparaît un peu terne face à la profondeur des répertoires brésilien ou anglais.
Il faut dire que la Russie n’est qu’à moitié une terre de football, celui-ci se voyant concurrencé par le hockey. Et que jusqu’à la chute de l’Union soviétique, si crier pour encourager son équipe était permis, toute organisation structurée était regardée avec méfiance.

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Les petits gestes civiques du quotidien
La Russie n’est pas précisément le pays du tri sélectif. A vrai dire, elle n’est pas même le pays où l’on a le réflexe de débarrasser son plateau de fast-food. Alors, quand dès les premiers matchs, sont apparues des images montrant des supporteurs nettoyant les travées du stade à l’issue des rencontres, elles ont fait fureur. Pour ne pas tomber dans l’angélisme, signalons que la rue Nikolskaïa au petit matin a rarement la propreté d’une gare suisse.
Payer 5 000 roubles un taxi de l’aéroport et dire merci
Petit intermède mauvais esprit, puisqu’il en va ici des quelques escroqueries dont ont été victimes les visiteurs étrangers. On ignore leur ampleur, mais dès le début de la compétition, des différences de prix « significatives » ont été remarquées dans des restaurants entre les menus en russe et en anglais, une pratique inhabituelle en Russie. Plus courant en revanche durant ce genre d’événements, de nombreuses surfacturations ont été observées dans des taxis, la palme revenant à des Saoudiens qui ont payé 30 000 roubles (400 euros) au lieu de 3 000 le trajet entre l’aéroport et leur hôtel. A Samara, un chauffeur de taxi nous a donné le fin mot : « Tout le monde augmente ses prix, les hôtels en premier lieu, et nous on devrait continuer à gagner des misères ? A quoi il nous sert, ce Mondial ? »

   


Parler les langues étrangères…
La pratique de l’anglais progresse à grande vitesse en Russie. Et des efforts ont été faits pour ne pas laisser les supporteurs étrangers face à un mur linguistique. Des volontaires jeunes et anglophones sont venus de toute la Russie, et pas seulement des villes hôtes, pour aider les visiteurs aux abords des stades, dans les transports… On a même vu à Moscou des policiers affublés de brassards « Tourist police »… et on a été vite rassurés de constater que leur lexique allait rarement au-delà de « hello ».
Dans la catégorie choc linguistique, on signalera cette très belle rencontre entre l’envoyé spécial du Temps Lionel Pittet et Nikita, son « ami Google Translate ».
… et tout simplement, parler !
Dans les premiers jours, les policiers regardaient avec des yeux ronds les hordes de barbares peinturlurés déferlant sur leurs villes. Question d’habitude : en Russie, les rassemblements impromptus sont interdits, puisqu’ils peuvent s’assimiler à une manifestation non autorisée. Puis, leur visage s’est déridé, avant que le miracle ne se produise : des sourires, et parfois un « bonjour » glissé timidement.

Sweetest scene came when I saw two Russian police officers having a conversation in English (!!!) with two foreign… https://t.co/MomwTVm2b2— yaffaesque (@Joshua Yaffa)


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Dans un autre Tweet, le même Joshua Yaffa, correspondant du New Yorker, reconnaissait, comme nombre de Russes et d’étrangers, n’avoir jamais vu Moscou aussi ouverte, vivante, authentique, amicale… Et de s’interroger avec une pointe de scepticisme : « Espérons que ça continue après le mois de juillet. »
Les Russes de la rue, eux, ont attendu moins longtemps pour briser la glace. Les scènes de fraternisation entre supporteurs d’équipes rivales les ont rapidement séduits et ils se sont joints avec ferveur au carnaval bariolé qui a fait chavirer les onze villes-hôtes nuit et jour.
Au rayon des scènes improbables, citons celle-ci, rapportée par le journaliste britannique Oliver Caroll, correspondant de The Independent et de l’Evening Standard, à qui un fan anglais dit : « Je ne comprends pas. Les Russes sont TROP amicaux, c’est presque inquiétant. Je parlais avec un ultra qui avait “Marseille 2016” tatoué sur la jambe, et tout ce qu’il voulait faire c’est me prendre dans ses bras. » Pour mémoire, « Marseille 2016 » correspond à ce jour de l’Euro 2016 où des hooligans russes ont sévèrement corrigé des centaines de supporteurs anglais…

An English fan in Volgograd: “I don’t understand. The Russians are being TOO friendly. It’s almost worrying. I was… https://t.co/Nutf96Ppas— olliecarroll (@Oliver Carroll)


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Sans excès toutefois…
Fraternisation, chaleur, alcool… C’est un point sur lequel les Russes eux-mêmes ne se sont pas encore mis d’accord. Faut-il se réjouir ou condamner des rencontres, éphémères ou non, entre jeunes femmes russes et supporteurs étrangers ? La question a fait l’objet d’étranges débats, jusqu’au Kremlin.
Le début du tournoi a ainsi été marqué par la mise en garde de la députée Tamara Pletneva, présidente du comité de la Douma (le Parlement) à la famille, aux femmes et aux enfants, qui a averti les jeunes Russes des conséquences d’idylles avec des étrangers : larmes, séparation, grossesses, enfants enlevés… le tout aggravé si les parents sont « de race différente ». Face au tollé suscité, le porte-parole du Kremlin a dû rappeler que les femmes russes font bien ce qu’elles veulent.
On ignore si, comme après les Jeux olympiques de Moscou en 1980, le Mondial sera à l’origine d’un (modeste) boom démographique, mais on a effectivement vu des idylles se nouer dans un climat tout à fait joyeux. Cela n’a pas empêché le chroniqueur du Moskovski Komsomolets de remettre une pièce dans la machine en écrivant, le 27 juin, un long article intitulé : « Une génération de putains : les Russes au Mondial se déshonorent et déshonorent leur pays ».
La géographie et la tolérance
Entendu par une consœur de France 24 après le match Russie-Uruguay joué dans une chaleur étouffante :
- Ah ça les Uruguayens ils ont bien joué ! - C’est normal, là-bas en Afrique ils sont habitués à la chaleur.
Tout comme les amateurs de ballon rond apprennent dès leur plus tendre enfance la localisation des villes de Brno ou de Cluj, gageons que la Coupe du monde élargira l’horizon de nombreux Russes.

   


Signalons surtout que jusqu’à présent, la compétition n’a pas été marquée par de quelconques incidents racistes, à l’exception de chants nazis entendus à Volgograd, et dont la responsabilité revient, ex aequo, à des supporteurs russes et britanniques. Effet des avertissements très clairs du pouvoir qu’il ne tolérerait aucun incident ou changement en profondeur de la société russe ?
Et les droits de l’homme dans tout ça ?
Il fallait sans doute être naïf pour en attendre autre chose, mais on a du mal à imaginer que le Mondial change quoi que ce soit. Du côté des visiteurs, Mohamed Salah, et à travers lui une partie de l’Egypte, auront sans doute découvert certains aspects troubles de la Tchétchénie, où était hébergée la sélection égyptienne, mais pour le reste, les supporteurs étrangers en goguette sont rarement friands de découvrir les subtilités de la politique locale.
Un sondage – peu représentatif – mené sur quatre groupes de supporteurs étrangers nous l’a confirmé : tous ignoraient par exemple qui peut bien être Oleg Sentsov, prisonnier politique ukrainien détenu en Russie. La question des droits de l’homme en Russie ne se résume pas au cas Sentsov, mais celui-ci est d’autant plus emblématique que Sentsov tente, avec une grève de la faim débutée le 14 mai, d’utiliser l’aura de la compétition pour défendre la cause des quelque 70 prisonniers ukrainiens en Russie.
Dans l’autre sens, à moins que dans le secret des alcôves se déroulent des discussions passionnées sur la séparation des pouvoirs et le droit international, les questions politiques sensibles ne sont guère plus visibles aux yeux des Russes que d’ordinaire. Les quelques tentatives timides d’activistes LGBT d’évoquer le sujet de l’homophobie ou les appels d’ONG à la libération de défenseurs des droits de l’homme emprisonnés n’ont eu aucun écho dans le pays. Pour reprendre l’exemple d’Oleg Sentsov, son sort est très largement passé sous silence dans les médias russes. Et quand les officiels sont sommés de s’exprimer dessus, c’est pour assurer… que l’homme « a gagné des kilos ».



                            


                        

                        

