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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ De Deraa à Malakoff… Etonnant périple pour cette lycéenne syrienne de 20 ans, qui tentera, lundi, de décrocher au rattrapage son baccalauréat, le plus beau de tous les diplômes d’intégration.
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Eibaa Kasem, réfugiée syrienne, un bac S pour viatique

De Deraa à Malakoff… Etonnant périple pour cette lycéenne syrienne de 20 ans, qui tentera, lundi, de décrocher au rattrapage son baccalauréat, le plus beau de tous les diplômes d’intégration.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 17h43
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 18h04
    |

            Pascal Galinier








                        



   


Comme des milliers de candidats au bac 2018, Eibaa Kasem s’est rendue le cœur battant dans son lycée de Montrouge (Hauts-de-Seine) pour obtenir les résultats de l’examen, vendredi 6 juillet. Cette jeune Syrienne, réfugiée en France depuis trois ans, devra finalement passer le rattrapage, lundi.
Obtenir le bac S, ce serait un beau cadeau pour ses 20 ans. Et surtout pour son père, resté au pays. Un ingénieur « civil », précise celle qui aimerait suivre les traces paternelles. Eibaa n’y croit qu’à moitié. Comme nombre de candidats de la série scientifique, elle a trouvé l’épreuve de mathématiques « trop difficile ». Et comme beaucoup de lycéens en attente de leurs résultats, elle se persuade qu’elle ne l’aura pas, ce bac, elle qui se considère comme « une élève dans la moyenne ».

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                Bac maths 2018 : une pétition dénonce le sujet « trop difficile » de la série S



Une lycéenne comme les autres
Décrocher le diplôme serait pour elle la meilleure des reconnaissances, dans tous les sens du terme. Celle qu’elle doit d’abord à ses deux oncles maternels, qui vivent à Malakoff et lui ont permis très vite de s’inscrire au lycée voisin, Maurice-Genevoix à Montrouge, et à sa mère, qui était professeure en Syrie, et ne lui a jamais lâché ni la bride ni sa confiance. Reconnaissance aussi à sa nouvelle amie Céline, avec qui elle a révisé.
Reconnaissance enfin, surtout, à ceux qui l’ont aidée au plus vite à s’intégrer. Cette association Revivre qui lui a fait rencontrer ce couple de médecins avec qui elle a appris le français « dans leur maison en Normandie ». Certes, au premier examen, en classe de seconde, en 2015, « je n’ai eu que 11/20… Mais avec un prof de français qui ne mettait jamais plus de 12 ! », se rassure-t-elle. Une remarque qui montre qu’elle a déjà gagné son premier pari : être une lycéenne comme les autres.
Reconnaissance, en retour, de la discipline qu’elle s’est imposée pour trouver sa place, pour se fondre dans la masse des lycéens. Depuis son atterrissage à Malakoff, en 2015, avec sa mère et deux de ses trois sœurs, Eibaa Kasem n’est pas restée les bras croisés. Cours de français dix heures par semaine la première année ; et maths, maths, maths… Car Eibaa est matheuse, comme son père. C’est sa chance et son challenge.
Regroupement familial
De Deraa à Malakoff, étonnant parcours que celui de cette jeune fille qui a dû fuir à 17 ans ce pays adoré où sa famille, relativement aisée mais résolument modérée, se refusait à choisir « entre deux camps belliqueux », dit-elle dans son français châtié, soigneusement appris et pratiqué. Deraa, à une vingtaine de kilomètres de la Jordanie, fut le théâtre des premiers pas de la révolution syrienne, en mars 2011. « Les enfants de Deraa ne sont pas la raison de la révolution, ils en sont l’étincelle », racontait au Monde, en 2013, un militant des droits de l’homme originaire de cette ville.

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                Les enfants de Deraa, l'étincelle de l'insurrection syrienne



En 2018, Eibaa Kasem attend une autre étincelle, celle de ce fameux bac S, donc, qui vaut tous les diplômes d’intégration. Elle sait déjà ce qu’elle en fera : « Des études d’ingénieur civil, comme mon père. » Sur Parcoursup, la lycéenne a coché la case de l’IUT génie civil de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Et elle se cherche activement une entreprise pour « faire [son] apprentissage ». Un diplôme « de maturité », dirait le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, qui permettrait à la jeune fille de s’inscrire dans la lignée de ses deux grandes sœurs, l’une dentiste, l’autre dans la finance à Dubaï.
L’heure est au regroupement de toute la famille ; en France si possible. Son frère de 24 ans a pris à son tour la route de l’exil. Il serait actuellement quelque part entre la Turquie et la Grèce. Mais comme « il a plus de 18 ans, il ne peut pas bénéficier du regroupement familial ». Elle s’est formée et informée, Eibaa…
Entre évidence et résignation
Le retour au pays ? Elle y pense, sans trop y croire. Certes, elle a gardé quelques amies là-bas, via Internet. Mais elle en a une nouvelle ici, cette Céline avec qui elle a révisé le bac. A Malakoff, elle a travaillé comme animatrice à la base de loisirs et n’exclut pas de passer le BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur). Elle dit n’avoir pas croisé d’hostilité ici. « Les gens qui ne nous aiment pas, ils ne nous parlent même pas. C’est aussi simple que ça. » 
La jeune bachelière en puissance se sait plutôt privilégiée, comparée à tant d’autres migrants qui ont pris comme elle la route de l’exil en cette terrible année 2015. Eibaa, sa mère et ses sœurs sont venues en avion. Elles n’ont pas eu à chercher longtemps logement et papiers, les oncles ayant déployé leurs réseaux amicaux et professionnels. Le père et le frère furent, eux, « interdits de sortie », soupire-t-elle, entre évidence et résignation.
« Wir schaffen das ! » (« on va y arriver ! ») : Eibaa ne parle pas (encore) allemand, mais nul doute qu’elle ferait sienne la phrase fétiche d’Angela Merkel.

Bac 2018 : résultats, reportages et infos sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus a organisé une journée de direct pour suivre la publication des résultats du bac dans chaque académie, vendredi 6 juillet, avec également deux tchats avec des spécialistes, sur le niveau de l’examen et l’évaluation des élèves et sur l’orientation post-bac et Parcoursup. Voici nos principaux articles :
Résultats bac 2018 : académie par académie, retrouvez-les en un clic
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Rattrapage bac 2018 : tout ce qu’il faut savoir pour réussir les oraux
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le ministre de l’intérieur allemand préconise la flexibilité dans les négociations avec le Royaume-Uni, tandis que le chancelier autrichien envisage de prolonger la procédure de sortie de l’UE.
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Brexit : le front européen se fissure face à Londres

Le ministre de l’intérieur allemand préconise la flexibilité dans les négociations avec le Royaume-Uni, tandis que le chancelier autrichien envisage de prolonger la procédure de sortie de l’UE.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h59
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Jusqu’à présent, l’unité des Vingt-sept a remarquablement bien tenu face à Londres. Certains commencent cependant à faire entendre une petite musique dissonante à mesure que l’échéance du Brexit se rapproche (30 mars 2019), et alors que les négociations butent sur l’incapacité du gouvernement britannique à arrêter une ligne concernant l’épineuse question irlandaise.
Jeudi 5 juillet, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a tenu des propos pour le moins ambigus, suggérant qu’il serait possible, si les discussions entre Bruxelles et Londres n’aboutissaient pas fin mars 2019, de prolonger la procédure « article 50 », qui donnait deux ans aux parties pour boucler un accord de divorce. « Il nous faut garder de bonnes relations avec le Royaume-Uni. Sans solutions [sans accord], je plaide pour qu’on continue les négociations et pour éviter un Brexit “hard” », a déclaré le dirigeant conservateur, dont le pays a pris la présidence de l’Union européenne pour six mois le 1er juillet.
Réinterrogé vendredi 6 juillet, M. Kurz a un peu nuancé son propos sans revenir sur le message principal : « S’il n’y avait pas d’accord [en mars 2019], il faudrait certes une décision à l’unanimité [des 27 Etats membres] mais il faudra tout faire pour éviter un Brexit dur. »

Dans la même veine, Horst Seehofer, le ministre de l’intérieur (CSU, conservateur) d’Angela Merkel, qui lui a tenu la dragée haute sur la migration en l’obligeant à durcir sa position, a ouvert un nouveau front, en adoptant une position bien plus accommodante envers Londres que la chancelière.
Le Financial Times citait jeudi un courrier adressé à la Commission européenne, le 27 juin, dans lequel le Bavarois écrit que « garantir la sécurité des citoyens en Europe devrait l’emporter sur tous les autres aspects des négociations sur la sortie » du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Affaiblir l’architecture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Avec son projet « El Sueño Americano » (« Le rêve américain »), l’Américain Tom Kiefer photographie les objets que transportent les migrants sans papiers.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Nawaz Sharif, qui devra également s’acquitter d’une amende de 9 millions d’euros, avait été destitué en juillet 2017 par la Cour suprême à la suite de révélations sur ses luxueux logements non déclarés à l’administration fiscale.
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Pakistan : l’ex-premier ministre Sharif condamné à dix ans de prison pour corruption

Nawaz Sharif, qui devra également s’acquitter d’une amende de 9 millions d’euros, avait été destitué en juillet 2017 par la Cour suprême à la suite de révélations sur ses luxueux logements non déclarés à l’administration fiscale.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h51
   





                        



   


L’ancien premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a été condamné vendredi 6 juillet à une peine de dix ans de prison par un tribunal anticorruption, selon des sources judiciaires, ce qui porte un coup sérieux à son parti avant des élections législatives prévues le 25 juillet.
M. Sharif, absent à l’audience qui s’est déroulée dans un tribunal d’Islamabad, « a été condamné à dix ans de prison et à une amende de huit millions de livres sterling » (9 millions d’euros) dans une affaire concernant l’achat de plusieurs appartements de luxe à Londres, a déclaré son avocat, Mohammad Aurangzeb. Selon le procureur Sardar Muzaffar Abbas, le tribunal a en outre ordonné la saisie des appartements en question par le gouvernement fédéral.
Trois des quatre enfants de M. Sharif étaient également mis en cause dans l’affaire des appartements, dont sa fille et présumée héritière politique Maryam Sharif. Cette dernière a été condamnée vendredi à sept ans de prison. M. Sharif se trouve actuellement à Londres au chevet de son épouse, atteinte d’un cancer, de même que sa fille.

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                Pakistan : l’étoile noire de Nawaz Sharif



La famille Sharif dénonce une décision « injuste »
En juillet 2017, la Cour suprême pakistanaise avait mis fin prématurément au troisième mandat de Nawaz Sharif à la tête du gouvernement, à la suite des révélations sur de luxueux biens immobiliers détenus par sa famille par l’entremise de holdings offshore. La justice pakistanaise a ensuite interdit à M. Sharif de diriger son parti, le Pakistan Muslim League (N) (PML-N, la « Ligue musulmane du Pakistan Nawaz ») puis de participer à tout scrutin à vie. Son clan nie toute malversation et laisse entendre que Nawaz Sharif est victime d’une conspiration ourdie par la puissante armée pakistanaise.
Le parti PML-N est actuellement dirigé par son frère Shahbaz Sharif et est l’un des principaux partis en lice aux élections législatives prévues le 25 juillet dans le pays. Son principal rival est le PTI, dirigé par l’ancien champion de cricket Imran Khan.
« Nous rejetons cette décision » judiciaire, a immédiatement réagi Shahbaz Sharif depuis son fief de Lahore lors d’un point de presse retransmis à la télévision. « Je vais descendre dans les rues et parler aux gens de cette décision injuste et nous défendrons notre cause devant le tribunal du peuple le 25 juillet », a-t-il poursuivi. « Nous allons mener notre campagne électorale et protester de manière pacifique contre cette décision », a-t-il ajouté.
On ignorait dans l’immédiat si Nawaz Sharif entendait revenir au Pakistan après le verdict, qui le place dans une « position difficile », selon l’analyste politique Rasool Bukhsh Rais. « Si Sharif ne revient pas, son parti est fini », estime-t-il. « S’il revient, il faudra qu’il se batte devant les tribunaux et il va beaucoup souffrir. Mais au moins il sauvera son parti », dit-il.

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                Un mandat d’arrêt délivré contre Nawaz Sharif, l’ex-premier ministre pakistanais






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/06/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’ex-président de la société nationale avait doublé, dans les années 1980, le chiffre d’affaires du constructeur aéronautique connu pour le Concorde, Ariane et Airbus.
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L’ancien PDG d’Aérospatiale, Henri Martre, est mort

L’ex-président de la société nationale avait doublé, dans les années 1980, le chiffre d’affaires du constructeur aéronautique connu pour le Concorde, Ariane et Airbus.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 17h05
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

« L’Europe ne doit pas démissionner chaque fois que les Etats-Unis froncent les sourcils. » Cet avertissement particulièrement d’actualité remonte à… 1987. Voici trente et un ans, à la veille du Salon aéronautique du Bourget, Henri Martre, alors président de la société nationale Aérospatiale, dénonçait les pressions de toutes sortes que les Américains exercent sur la clientèle internationale pour enlever des marchés aux Européens. « Les industriels européens doivent choisir la bataille avec leurs concurrents américains et n’avoir aucun complexe face à eux. »
L’ancien patron de l’Aérospatiale est mort le 3 juillet. Il avait 90 ans. Ce polytechnicien, fier d’être ariégeois, étant né à Bélesta le 6 février 1928, était resté discret tout au long de la première partie de sa carrière, celle d’ingénieur de l’armement au ministère de la défense qui le fit accéder, en mars 1977, à la tête de son corps d’origine, la direction générale de l’armement (DGA). Un poste qu’il occupera pendant six ans.
Dès juillet 1980, le patron de la DGA fut parmi les quelques responsables militaires à considérer qu’il était de son devoir, par esprit républicain, d’informer des problèmes de défense le candidat du PS à la présidentielle. Elu à l’Elysée, François Mitterrand n’hésita pas un seul instant à prolonger Henri Martre à la DGA, puis à le nommer à la présidence de l’Aérospatiale, en mai 1983, succédant à son frère, le général Jacques Mitterrand.
Records d’exportations
Henri Martre se révélera vraiment aux commandes de cette entreprise publique connue pour le Concorde, les Airbus ou la fusée Ariane. Durant ses neuf années de présidence, le chiffre d’affaires du groupe aura plus que doublé, avec des records à l’exportation, et les effectifs se seront accrus de quelque 20 %. Et malgré les turbulences politiques, deux changements de majorité et quatre gouvernements, il sera maintenu et renouvelé par trois fois à son poste.
En juin 1992, plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’élu du parti d’extrême droite est le 10e à être mis en examen dans cette affaire, où les eurodéputés frontistes sont soupçonnés d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2015.
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Affaire des assistants parlementaires : Bruno Gollnisch mis en examen

L’élu du parti d’extrême droite est le 10e à être mis en examen dans cette affaire, où les eurodéputés frontistes sont soupçonnés d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires européens au service du parti entre 2005 et 2015.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h28
   





                        



   


Le représentant du Rassemblement national (RN, ex-Front national) au Parlement européen Bruno Gollnisch a été mis en examen vendredi 6 juillet par les juges d’instruction financiers parisiens pour « abus de confiance » pour l’emploi présumé fictif entre 2005 et 2015 d’assistants parlementaires, a t-on appris auprès de l’intéressé. Il s’agit de la 10e mise en examen dans cette affaire où sont déjà poursuivis le Rassemblement national (ancien Front National) en tant que personne morale et huit assistants ou eurodéputés, dont la présidente du parti d’extrême droite, Marine Le Pen, et le député des Pyrénées-Orientales Louis Aliot.
« C’est dérisoire. Je n’ai pas détourné un centime du Parlement européen », a réagi Bruno Gollnisch. « Au contraire, mes assistants parlementaires ont fourni un travail acharné, conformément à la législation et aux usages de la vie parlementaire », a-t-il fait valoir, parlant de ses deux assistants, Guillaume Lhuillier et Micheline Bruna. M. Gollnisch dénonce en outre le fait que « l’administration politisée du Parlement européen a déclaré devant le tribunal du Luxembourg qu’elle n’avait aucune procédure en cours contre moi, alors qu’elle s’est constituée partie civile contre quasi tous les élus FN » au Parlement européen. « Ce qui constitue un délit d’escroquerie au jugement », selon l’eurodéputé, proche de Jean-Marie Le Pen.
Le 7 mars, le tribunal de l’Union européenne (UE) à Luxembourg a rejeté une requête de Jean-Marie Le Pen, également eurodéputé, et de Bruno Gollnisch qui demandaient l’annulation de la décision du Parlement européen, début 2016, de leur faire restituer respectivement 320 026 et 275 984 euros qui auraient été indûment versés pour ces assistants parlementaires.
La justice de l’UE a aussi confirmé le 19 juin que Marine Le Pen devait rembourser près de 300 000 euros au Parlement européen pour l’emploi douteux d’une assistante quand elle était eurodéputée. Le préjudice total estimé par le Parlement européen est de 7 millions d’euros sur la période 2009 à 2017.

        Lire aussi :
         

                Assistants FN : le Parlement européen réévalue son préjudice à la hausse



Un possible détournement d’argent européen
Les juges d’instruction enquêtent sur un possible « système » organisé par le parti, devenu au début de juin Rassemblement national (RN), et par sa présidente, Marine Le Pen, pour faire rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l’embauche d’assistants parlementaires.
Le 4 juin, la cour d’appel de Paris a rejeté les recours formés par le FN et Marine Le Pen, qui contestait la compétence de la justice française, estimant aussi que l’enquête judiciaire s’affranchissait du principe de séparation des pouvoirs.
L’enquête, déclenchée en 2015 après un signalement de l’ex-président socialiste du Parlement européen Martin Schultz, vise 17 élus ou ex-élus frontistes et une quarantaine d’assistants. Les investigations ont mis au jour des courriels et des tableaux suggérant que les contrats d’assistant étaient ventilés selon les crédits disponibles sur les enveloppes des élus, sans nécessairement demander l’accord de ces derniers.
Marine Le Pen est notamment soupçonnée d’avoir « donné des instructions » afin que des eurodéputés engagent comme assistants des personnes « occupant en réalité des emplois » au FN, selon les termes de sa mise en examen survenue le 30 juin 2017, d’après une source proche du dossier.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Etats-Unis : un ancien lobbyiste du charbon chargé de la protection de l’environnement

Andrew Wheeler, jusqu’à présent numéro deux de l’Agence de protection de l’environnement, va assurer l’intérim de Scott Pruitt, qui a démissionné jeudi à cause d’une série de scandales.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 15h18
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Un ancien lobbyiste du charbon va prendre la tête de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine. Le républicain Andrew Wheeler, actuel numéro deux de l’agence, va assurer l’intérim après la démission, jeudi 5 juillet, de Scott Pruitt, englué dans une série de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.
Son nom est bien connu des démocrates, qui ont été horrifiés lorsqu’il a été confirmé en avril à l’EPA, dont l’administrateur, équivalent d’un ministre de l’environnement, est nommé par le président américain et approuvé par le Congrès. « Il a passé des années à saper ou à faire pression contre les protections environnementales qu’il pourrait bientôt superviser », s’inquiétait sur CNN le sénateur de New York, Chuck Schumer.
Après le départ de Scott Pruitt, « nous avons maintenant son administrateur adjoint, et il n’est pas clair si cette personne s’est engagée à protéger l’environnement. C’est le vrai problème », a déclaré jeudi le sénateur du Maryland, Ben Cardin, sur la chaîne américaine. Il est peu probable que les orientations changent beaucoup à l’EPA sous la houlette d’Andrew Wheeler, dont les vues sur les réglementations environnementales sont tout aussi conservatrices que son prédécesseur.

        Comprendre :
         

          Le croisé anti-environnement Scott Pruitt emporté par les affaires



Critique envers Trump par le passé
Sur le site de l’EPA, la biographie d’Andrew Wheeler, né à Hamilton, dans l’Ohio, et âgé d’une cinquantaine d’années, vante une carrière « consacrée à l’avancement de politiques environnementales judicieuses ». Il avait déjà travaillé à l’EPA sous la présidence de George W. Bush.
Plus récemment, il a été lobbyiste auprès de nombreux clients de l’industrie du charbon et directeur de l’entreprise spécialisée dans l’énergie et l’environnement FaegreBD Consulting, où son meilleur client était la compagnie minière Murray Energy.
Selon le centre pour une politique réactive, qui étudie les effets de l’argent et du lobbyisme sur les politiques publiques, la compagnie minière a versé au moins 300 000 dollars par an à l’entreprise d’Andrew Wheeler entre 2009 et 2017.
Le président américain ne tarit pas d’éloges à son égard. « Il est avec moi depuis longtemps, c’était un soutien de Trump dès le début […] Il va faire un travail fantastique », a-t-il assuré jeudi à bord d’Air Force One, en route pour le Montana.
Andrew Wheeler a pourtant déjà critiqué le président par le passé, relève le Washington Post. En 2016, quand il était encore lobbyiste, il avait écrit un message sur Facebook – effacé depuis – dans lequel il qualifiait Donald Trump, alors candidat à la Maison Blanche, d’« intimidateur » qui « a démontré à travers les débats et interviews qu’il ne comprend pas comment fonctionne le gouvernement », et mettait en cause sa personnalité. Interrogé en 2017 à ce sujet par le quotidien, Andrew Wheeler a expliqué qu’il s’était fié à ce qu’il avait vu lors des débats pendant les primaires, mais qu’après avoir examiné les politiques du président, il avait dit être « entièrement d’accord » avec lui.

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          les départs de l’administration Trump depuis l’investiture du président américain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pendant son long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’ancienne capitale de l’empire khmer, sujet du dernier hors-série du « Monde ».
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Angkor, passion française

Pendant son long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’ancienne capitale de l’empire khmer, sujet du dernier hors-série du « Monde ».



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h37
    |

            Michel Lefebvre et 
Florence Evin








                        



                                


                            

Hors-série. D’Henri Mouhot à Louis Delaporte, de Pierre Loti à André Malraux, Angkor est une passion française. Le premier, le « découvreur », s’exclamait : « Quel est ce Michel-Ange de l’Orient qui a conçu ces merveilles ? » Le deuxième en a rapporté des moulages et des œuvres qui peuplent le merveilleux Musée Guimet à Paris. Le troisième a trouvé les mots les plus émouvants pour décrire le temple du Bayon : « La forêt l’enlace étroitement de toute part, l’étouffe et le broie (…). Voici les portes ; des racines, comme de vieilles chevelures les drapent de mille franges. »
Le dernier, futur grand écrivain, a été tellement enthousiasmé qu’il a voulu rapporter des souvenirs, quelques statues. Tour à tour, explorateurs, archéologues, écrivains sont revenus d’Angkor fascinés. Et même le général de Gaulle clamait son amour pour le Cambodge, sur place, en 1966, en déclarant avec son emphase inimitable : « L’amitié, la confiance ! Oui ! Entre le Cambodge et la France, quelle que soit la diversité des origines et des latitudes, que d’affinités, en effet ! »
Le Cambodge a subi un étrange colonialisme aussi bien prédateur que protecteur. Pendant ce long protectorat (1863-1953), la France, avec son Ecole française d’Extrême-Orient présente à Angkor dès 1907, a contribué à dégager et à restaurer les temples de l’emprise de la forêt qui avait repris ses droits durant quatre siècles sur l’ancienne capitale de l’empire khmer. Après la parenthèse tragique de la barbarie des Khmers rouges dans la région (1972-1992), le site de nouveau abandonné, et miné, ne commencera à renaître qu’avec son classement sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, pour sa valeur universelle exceptionnelle.
400 kilomètres carrés
Désormais, aux côtés des Cambodgiens, la France n’est plus seule pour la sauvegarde des 400 kilomètres carrés du site monumental d’Angkor. Dans le cadre du Comité international...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ « La fraternité retrouve des couleurs » ; à l’instar du député PS Boris Vallaud, beaucoup de responsables politiques se réjouissent de la décision rendue vendredi par le Conseil.
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Aide aux migrants : la décision du Conseil constitutionnel saluée par la majorité et la gauche

« La fraternité retrouve des couleurs » ; à l’instar du député PS Boris Vallaud, beaucoup de responsables politiques se réjouissent de la décision rendue vendredi par le Conseil.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 17h47
   





                        


Saluée par la majorité, la décision du Conseil constitutionnel consacrant vendredi 6 juillet le « principe de fraternité », au nom duquel une aide désintéressée au « séjour irrégulier » des étrangers ne saurait être passible de poursuites, a été critiquée par Les Républicains (LR), qui jugent que le Conseil « se substitue au législateur ».

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                Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel consacre le « principe de fraternité »



Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, s’est félicité dans un communiqué « de ce que le Conseil constitutionnel a estimé qu’il serait disproportionné, au regard de la nécessaire préservation de l’ordre public et de la légitimité de l’Etat à réguler le droit au séjour des étrangers, d’étendre les exemptions existantes à l’aide à l’entrée irrégulière sur le territoire français, confortant ainsi pleinement la politique du gouvernement ».
Dans un communiqué commun, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, et Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne, ont estimé, de leur côté, que « la décision que vient de rendre le Conseil constitutionnel, relative au délit d’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger, pose deux problèmes majeurs auxquels les élus de la Nation ne peuvent pas se résigner. (…) Cela n’est pas acceptable. Le moment est venu de mettre un terme à ces dérives. »
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), a estimé sur Twitter qu’« après la décision du Conseil constitutionnel, ceux qui ont “par fraternité” aidé Rédoine Faïd peuvent dormir tranquille. On marche sur la tête et ça commence à faire peur ! » 
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a déclaré, également sur Twitter, que « le Conseil constitutionnel rappelle le principe de fraternité et censure le “délit de solidarité”. C’est le combat que nous avons porté lors du débat asile-immigration. Quand le président abandonne nos principes républicains, il serait temps que la majorité se réveille. »
Pour Philippe Bas, président LR de la commission des lois du Sénat, « cette décision est une avancée importante pour nos droits fondamentaux ». « Le Conseil constitutionnel (…) nous laisse le temps de trouver un bon équilibre entre la protection des actions généreuses et désintéressées et l’exigence de sévérité dans la lutte contre les réseaux de passeurs qui sont à l’œuvre dans notre pays ».
Aurélien Taché, député La République en marche (LRM) du Val-d’Oise, a salué sur Twitter « un grand jour pour la solidarité », et Florent Boudié, député LRM de Gironde, une « belle décision ». « Un nouveau principe constitutionnel est créé : le principe de Fraternité. Le groupe LRM à l’Assemblée avait été précurseur par sa réforme, le Sénat l’ayant cassée nous la rétablirons avec fierté ! »
« La fraternité retrouve des couleurs »
« Merci au Conseil constitutionnel qui rappelle le principe de fraternité en matière d’accueil des réfugiés et réaffirme ainsi avec force la devise de notre République. », a écrit sur son compte Twitter la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.
« La fraternité retrouve des couleurs, affirmée comme principe à valeur constitutionnelle. Cette décision du Conseil constitution est majeure et nous oblige », s’est réjoui le député PS des Landes, Boris Vallaud. 
« C’est une gifle contre tous ceux qui veulent tout fermer et mettre au placard notre humanité, alors qu’en plus, il y a moins de migrants aujourd’hui qu’en 2015. Cette décision envoie un message à Emmanuel Macron, Gérard Collomb, mais aussi à tous ceux qui, avant, n’ont pas abrogé ce délit, comme Bernard Cazeneuve » a jugé Esther Benbassa, sénatrice Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Paris, sur Public Sénat.
De son côté, le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, s’il a salué une « victoire » déplore tout de même le « temps perdu, les violences inutiles… Grenoble ville refuge, terre d’accueil, continuera ses actions de solidarité envers les exilés ».
« L’indigne délit de solidarité enfin abrogé. Le Conseil constitutionnel a eu le courage que n’a pas En marche ! Victoire des bénévoles de l’humanité qui sauvent des vies à nos frontières », s’est réjoui pour sa part Elsa Faucillon, député PCF des Hauts-de-Seine.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La longue histoire du monde mandingue a influencé les pratiques économiques, les transferts culturels et les circulations humaines en Afrique contemporaine.
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Décryptage

Quand les commerçants dioula faisaient rayonner l’Afrique de l’Ouest

La longue histoire du monde mandingue a influencé les pratiques économiques, les transferts culturels et les circulations humaines en Afrique contemporaine.

Par                Chikouna Cissé



LE MONDE
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        Le 06.07.2018 à 12h33

     •
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        Mis à jour le 06.07.2018 à 14h20






    
Un jeune homme porte un tee-shirt à l’effigie du président ivoirien Alassane Ouattara, durant un congrès du parti du RDR, le 5 mai 2018 à Abidjan.
Crédits : Sia Kambou / AFP


Comment comprendre les tensions politiques qui agitent la Côte d’Ivoire contemporaine en ignorant les profondes mutations propres à son histoire longue ? Trop souvent, les analystes résument ces dernières à l’ascension et au parcours de l’ambitieux Alassane Ouattara, l’actuel président qui vient de dissoudre le gouvernement.
Alassane Ouattara appartient au groupe social malinké (aussi appelé mandingue), originaire du Mandé, espace compris aujourd’hui entre le Mali et la Guinée. C’est de cette communauté que sont issus les Dioula, une importante classe commerçante. Cette communauté aurait tout particulièrement bouleversé les équilibres traditionnels de la société ivoirienne depuis ces dernières décennies, en brisant les cadres sociaux et politiques dans lesquels elle évoluait.
Une expansion autour de l’or
Mais l’émancipation des Dioula est-elle si récente ? Cette dernière a en effet influencé les pratiques économiques, les transferts culturels et les circulations humaines en Afrique de l’Ouest contemporaine. Dans un article publié en 1982, Yves Person, spécialiste reconnu de la civilisation mandingue, faisait d’ailleurs remarquer que l’Afrique ne pourrait se comprendre sans prendre en compte la longue histoire du monde mandingue.
Le phénomène commercial dioula, né au plus tard au XVe siècle, est aujourd’hui encore un agent culturel dont la migration a une projection planétaire. On doit à Fernand Braudel la notion d’économie-monde entendue comme « un morceau de la planète économiquement autonome, capable pour l’essentiel de se suffire à lui-même et auquel ses liaisons et ses échanges intérieurs confèrent une certaine unité organique ».

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Ce postulat théorique laisse entendre que l’Europe est loin d’être l’unique centre de gravité du commerce mondial au XVIe siècle, ce qui suggère l’existence de divers réseaux commerciaux et culturels à travers la planète.
La célèbre métaphore de l’historien portugais Vittorino Maghalaes Godinho, « la victoire de la caravelle sur la caravane » pour caractériser la suprématie du commerce portugais en Afrique dès le XVe siècle, ne rend que partiellement compte de l’insertion du continent noir dans les circuits commerciaux globalisés. C’est à l’époque médiévale, bien avant la geste portugaise, que les échanges économiques à longue distance se sont imposés en Afrique. Ils étaient animés par les réseaux marchands jaxanké sur l’axe de la Gambie, haoussa entre Tchad et Niger et dioula dans la boucle du Niger.

    
Le Soudan occidental (VIIIᵉ-XVIᵉ siècle), issu de « Les Territoires du médiéviste », de Benoît Cursente et Mireille Mousnier (Presses universitaires de Rennes, 2005).
Crédits : Brahim Diop/OpenEdition, CC BY-NC-ND


L’ouverture de la mer commença lorsque l’expansion mandingue relia le Soudan nigérien à la côte Atlantique, depuis la Sénégambie jusqu’à la côte de l’or. A Elmina sur les côtes de l’actuel Ghana, les Dioula apportaient au XVe siècle des marchandises en provenance de la boucle du Niger. Partis de Djenné et de Tombouctou, ces commerçants musulmans allaient jusqu’à Begho chercher l’or qui était destiné au trafic avec l’Afrique du Nord et l’Europe. Cet or soudanais allait se trouver au cœur des bouleversements économiques qui redistribueraient les cartes en Europe, au XVe siècle.
Durant les premières décades de ce siècle, l’or du Soudan commence à ne plus parvenir, du moins en quantité aussi considérable, jusqu’aux villes d’Afrique du Nord qui font office de relais entre les mines du Soudan et l’Europe, via la Méditerranée. Comme l’explique Fernand Braudel, c’est la capture des trafics sahariens par les Portugais dès 1482 qui prive brusquement l’Europe d’une part importante de son ravitaillement en or. A cette époque, les Portugais se présentent sur la côte de la « Mine » avec des tissus, des hambels (les grosses et rustiques couvertures de l’Alentejo), des bassins de cuivre fournis par le commerce anversois et, denrées plus précieuses encore, des chevaux et du blé marocains.
Autour de la triade islam-commerce-migration
Ils se procurent en échange des esclaves noirs et de la poudre d’or. Les Portugais détournent à leur profit une grosse part, sinon la totalité, du métal précieux produit par les orpailleurs soudanais. Ils y réussissent en poussant leurs propres marchands, agents politiques, aventuriers, découvreurs de routes et initiateurs de trafics, à travers les Etats et les tribus indigènes, entre le golfe et le bassin du Niger.
Il s’agit, pour Fernand Braudel, d’un événement capital, de portée mondiale. Le rôle des Portugais est immense : voilà l’or soudanais dérouté vers l’Atlantique. Voilà également comment l’Afrique, par le biais de ses réseaux marchands, celui des Dioula en particulier, s’est positionnée comme un acteur majeur du commerce international au XVe siècle. A cet égard, ces réseaux constituèrent un rameau actif des réseaux de l’ancien monde qui contribuèrent à intégrer et relier les sociétés locales à l’ensemble du système spatial transcontinental.

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Cette pure rationalité économique cadre imparfaitement avec la labilité de l’identité dioula, irréductible à la seule dimension d’Homo economicus, qui a longtemps structuré les études sur leur diaspora marchande. Je partage sur ce point l’analyse d’Yves Person et de Richard Roberts qui contestent l’approche trop purement économique du commerce de l’ancienne Afrique, notamment à l’œuvre dans le désormais classique Economic History of West Africa de l’historien britannique Gérald Hopkins.
En effet, les marqueurs identitaires dioula, stables sur une longue durée, sont construits autour de la triade islam-commerce-migration. Ils renvoient aux phénomènes d’hybridation qui caractérisent les situations de contact, donc de transferts de culture. Connecteurs d’espaces économiques, mais également passeurs de civilisations, les Dioula sont connus pour leur rôle dans l’islamisation de franges importantes des sociétés d’accueil, au gré de leurs longues pérégrinations en Afrique de l’Ouest.
La musique mandingue (dont la kora est l’instrument de base), les fêtes religieuses musulmanes (ramadan, tabaski, etc.), le style vestimentaire incarné par le port du boubou traditionnel, ont contribué à asseoir une identité culturelle qui se diffuse encore aujourd’hui grâce à l’existence de communautés diasporiques en Afrique de l’Ouest et ailleurs dans le reste du monde.



Ce champ historique transnational défini par les commerçants dioula se révéla décisif au moment des luttes africaines pour l’indépendance entre les années 1940 et 1960. Le Rassemblement démocratique africain (RDA créé en 1946) s’appuya par exemple sur les réseaux économiques et sociaux transfrontaliers dioula dans sa lutte contre l’ordre colonial français. Ce tournant est d’autant plus visible en Côte d’Ivoire, aux lendemains du décès de Félix Houphouët-Boigny en 1993.
La reconversion d’une frange importante de Dioula en entrepreneurs politiques devient l’une des tendances majeures des mutations à l’œuvre dans le monde malinké de la Côte d’Ivoire postcoloniale. Si certaines oppositions violentes à l’expansion dioula se sont manifestées chez certains peuples du sud de la Côte d’Ivoire, en raison de leurs accointances avec l’ordre colonial français, il reste que la distribution spatiale des communautés, essentielle dans l’issue des joutes politiques ivoiriennes à fort relent d’ethnicisme, reste sustentée par le maillage territorial à l’œuvre de longue date chez les Dioula de Côte d’Ivoire, un maillage toujours aussi puissant aujourd’hui.
Chikouna Cissé est maître de conférence en histoire de l’Afrique, à l’ Université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan.
Cet article a d’abord été publié sur le site de The Conversation.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte flottera au-dessus de Londres pendant la visite du président américain vendredi 13 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les armées de l’OTAN tirent les leçons des combats blindés en Ukraine, en Syrie et au Yémen. A l’heure de la cyberguerre et des missiles guidés de haute précision, les tanks se modernisent et semblent plus que jamais avoir leur place dans les conflits futurs.
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Sur le champ de bataille, le char d’assaut contre-attaque

Les armées de l’OTAN tirent les leçons des combats blindés en Ukraine, en Syrie et au Yémen. A l’heure de la cyberguerre et des missiles guidés de haute précision, les tanks se modernisent et semblent plus que jamais avoir leur place dans les conflits futurs.



Le Monde
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            Nathalie Guibert (Grafenwohr (Allemagne) envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Davaï ! Davaï ! » (« Allez ! Allez ! ») Sous les hurlements de leurs camarades, les tankistes polonais achèvent en titubant leur tour de stade pour l’épreuve du relais, un obus-flèche pour la perforation des blindages sur l’épaule droite, une caisse de munitions dans la main gauche. Quatre soldats américains survitaminés enchaînent, un morceau de chenille en acier de cinquante kilos sur le dos. Bienvenue au Strong Europe Tank Challenge 2018, la compétition de chars d’assaut du XXIe siècle.
Sur le camp militaire américain de Grafenwöhr, au cœur de la forêt bavaroise, en ­Allemagne, huit armées se sont affrontées amicalement une semaine durant, début juin. Allemagne, Autriche, Etats-Unis, France, Pologne, Royaume-Uni, Suède et Ukraine ont engagé leurs meilleurs équipages de chars de combat pour ces jeux romains à la mode blindée : séances de tir au canon de 120 mm, parcours « explosifs improvisés » en colonne, conduite aveugle avec tous les épiscopes obstrués, épreuves de « sport »…

Allemagne, Autriche, Etats-Unis, France, Pologne, Royaume-Uni, Suède et Ukraine ont engagé leurs meilleurs équipages de chars de combat pour ces jeux romains à la mode blindée
L’esprit du char d’assaut plane sur ­Grafenwöhr, une ancienne base de l’Afrikakorps de Rommel, bombardée en avril 1945 par les Alliés et aussitôt occupée par la division blindée de la 3e armée du général Patton. Sur des routes parfaites, entre bois, logements militaires et fast-foods, les mastodontes fumants ont leur voie réservée, croisant les voitures civiles de la base avec un cliquetis métallique. Le Tank Challenge s’est tenu durant toute la guerre froide jusqu’à la chute de l’URSS, en 1991. La compétition était à l’époque labellisée par l’OTAN. Elle a été relancée en 2016 par les Etats-Unis. L’événement s’est ainsi inscrit dans la réaction des Occidentaux à l’annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014. Le maître d’œuvre, le Centre d’entraînement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le vibrionnant ministre britannique s’attire les foudres des milieux d’affaires, qui avertissent qu’un « hard Brexit » sans transition ni aménagement se traduira par des délocalisations, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Brexit : « Le “fuck business” de Boris Johnson risque de se retourner en “fuck Britain” »

Le vibrionnant ministre britannique s’attire les foudres des milieux d’affaires, qui avertissent qu’un « hard Brexit » sans transition ni aménagement se traduira par des délocalisations, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »



Le Monde
 |    06.07.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 12h09
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Depuis sa création, en 1834, le Parti conservateur britannique représente les intérêts de l’aristocratie foncière, de la bourgeoisie et des milieux d’affaires. Pourtant, il se passe des choses étranges depuis deux ans dans la vénérable maison de Winston Churchill et de Margaret Thatcher. Comme une scène de ménage si violente que l’on se demande si elle va déboucher sur une réconciliation ou sur un divorce.
Le scandale est arrivé, comme souvent, par sa figure la plus pittoresque. Interrogé dans le cadre d’une réception privée sur l’hostilité des entreprises britanniques au Brexit, l’ancien maire de Londres et actuel ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, a lâché « fuck business ». De quoi choquer pour plusieurs générations le milieu policé du grand capital anglais.

Il faut dire que, depuis quelques semaines, les patrons britanniques perdent leur flegme. Pour eux, le pays va dans le mur s’il continue à mettre autant de mauvaise volonté à négocier les conditions de son départ de l’Union européenne. Ce vendredi 6 juillet, la première ministre, Theresa May, réunit le gouvernement dans sa résidence de campagne officielle de Chequers, au nord-ouest de Londres, pour arrêter une stratégie de sortie. Si celle-ci n’est pas acceptée avant la fin de l’année par l’UE, le Royaume-Uni quittera l’Europe d’un seul coup en mars 2019, sans transition ni aménagement. Un véritable cauchemar pour les entreprises les plus exportatrices.
Coup de grâce
Le premier avertissement est venu d’Airbus, qui a pointé la menace qui pèserait sur ses usines outre-Manche, si les frontières avec le continent étaient rétablies. Puis ce sont les propriétaires des plus grands sites industriels du pays qui sont montés au front.
A commencer par ceux de l’automobile, cœur de la renaissance industrielle britannique de ces dernières années, et qui emploie 700 000 personnes dans le pays. Coup sur coup, BMW, Honda et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le comité d’entreprise déplore le refus du PDG d’évoquer l’avenir du centre de recherche
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Automobile : chez Opel, « plus personne parmi les salariés n’a confiance dans la direction »

Le comité d’entreprise déplore le refus du PDG d’évoquer l’avenir du centre de recherche



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h33
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Lohscheller ne s’est pas présenté, jeudi 5 juillet au matin, devant les salariés d’Opel réunis à Rüsselsheim. Le PDG de la marque à l’éclair a décliné l’invitation du Betriebsrat, le conseil de représentation des salariés de l’entreprise, à venir s’expliquer sur l’avenir du centre de recherche et développement du groupe. Mardi, Le Monde avait révélé que le groupe PSA cherchait un repreneur pour une grande partie des activités du centre de R&D, parmi les plus traditionnelles d’Opel, comme l’ingénierie de propulsion. L’information a déclenché une vague d’émotion en Allemagne.

« M. Lohscheller n’est pas venu. Il n’a pas voulu se soumettre aux questions des salariés. Le personnel l’a très mal pris. Plus personne, parmi salariés aujourd’hui, n’a confiance dans la direction », explique Wolfgang Schäfer-Klug, président du Betriebsrat. Contacté, un porte-parole d’Opel a précisé qu’en raison du communiqué diffusé mercredi par le groupe, M. Lohscheller n’a pas jugé nécessaire d’apporter de nouvelles précisions. Ce communiqué explique « qu’aucune décision n’a encore été prise » concernant l’avenir du centre de R&D mais que, « dans le cadre de la forte diminution de la charge de travail de General Motors à Rüsselsheim, des partenariats stratégiques [étaient] évalués ».
La direction n’aurait pas dit la vérité
Le groupe assure que « tous les futurs modèles d’Opel seront développés à Rüsselsheim ». Les « partenariats », précise encore le groupe, avaient été évoqués comme option possible lors de la conclusion de l’accord de redressement, fin 2017.
Pas de quoi rassurer les salariés, jeudi matin. « Ils avaient effectivement mentionné ces partenariats, poursuit M. Schäfer-Klug, mais cela n’a jamais été discuté avec le Betriebsrat ou le syndicat. Nous avons toujours dit que nous étions opposés à une vente du centre de R&D. » Plus grave aux yeux des salariés et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Industriels et lobbys probusiness mettent en garde un Donald Trump imperturbable. La Fed souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique commerciale ».
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L’inquiétude grandit aux Etats-Unis à propos des conséquences des guerres commerciales

Industriels et lobbys probusiness mettent en garde un Donald Trump imperturbable. La Fed souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique commerciale ».



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 14h21
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Les avertissements s’accumulent pour Donald Trump. A la veille de l’entrée en vigueur des taxes visant des importations chinoises, la Réserve fédérale (Fed) a publié, jeudi 5 juillet, le compte rendu de sa dernière réunion, en juin. Elle y souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique en matière commerciale » qui « se sont intensifiés », soulignant qu’ils « peuvent éventuellement avoir des effets négatifs sur le sentiment des entreprises et les dépenses en investissement ».

Une semaine plus tôt, le géant de l’automobile General Motors (GM) s’était montré encore plus alarmiste dans une note transmise au département du commerce. « Augmenter les tarifs douaniers pourrait réduire la taille de GM, réduire la présence sur le plan national et à l’étranger de cette entreprise américaine emblématique et risque de réduire les emplois plutôt que de les augmenter », a assuré l’entreprise.
En marge des tensions entre les Etats-Unis et la Chine ou entre les Etats-Unis et l’Union européenne, la Maison Blanche a, en effet, annoncé, le 23 mai, que Donald Trump envisage d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations de véhicules. Le 27 juin, deux associations regroupant les principaux constructeurs mondiaux, l’Alliance of Automobile Manufacturers et l’Association of Global Automakers ont mis en garde contre des taxes qui « augmenteraient les prix pour les consommateurs américains, limiteraient leurs choix et supprimeraient les ventes et la production de véhicules américains ».
Choc tarifaire
Le 31 mai, Tom Donohue, le responsable de l’US Chamber of Commerce, une institution traditionnellement liée à l’aile probusiness du Parti républicain et avocate infatigable du libre-échange, avait déjà indiqué dans une note que la politique protectionniste de l’administration pèsera sur la forte croissance économique des Etats-Unis et pourra menacer jusqu’à 2,6 millions d’emplois....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Discret ancien « ministre des affaires étrangères » de Jean Paul II, il était l’un des Français les plus haut placés au sein de la curie romaine. Il est mort jeudi à l’âge de 75 ans.
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Le cardinal Jean-Louis Tauran, très impliqué dans le dialogue avec l’islam, est mort

Discret ancien « ministre des affaires étrangères » de Jean Paul II, il était l’un des Français les plus haut placés au sein de la curie romaine. Il est mort jeudi à l’âge de 75 ans.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 14h15
    |

                            Henri Tincq








                        



   


Le cardinal français Jean-Louis Tauran, ancien « ministre des affaires étrangères » de Jean Paul II, responsable, sous Benoît XVI et le pape François, des relations de l’Eglise avec les autres religions, est mort jeudi 5 juillet à l’âge de 75 ans, a fait savoir le Vatican. Il souffrait de la maladie de Parkinson et avait récemment été hospitalisé aux Etats-Unis.
Jean-Louis Tauran, né le 5 avril 1943, à Bordeaux, était le plus romain des cardinaux français et le plus français des cardinaux romains. Avant le 13 mars 2013, peu de Français connaissaient cet homme discret et timide qui, de 1990 à 2018, aura servi trois papes. Ce soir-là, au balcon de la basilique Saint-Pierre, cerné par les caméras du monde entier, c’est lui, premier des « cardinaux-diacres », qui prononce le fameux Habemus papam et révèle le nom quasi inconnu du nouvel élu : Jorge-Mario Bergoglio, devenu pape François.
Au sein du Vatican où, depuis le très francophile Paul VI (1963-1978), la France ne joue plus qu’un rôle marginal, le diplomate Jean-Louis Tauran, polyglotte, passionné de musique baroque, est l’un des rares à avoir maintenu le prestige de la culture et de la diplomatie françaises. Précocement, ce jeune vicaire d’une paroisse bordelaise se forge un destin romain. Il intègre l’université grégorienne, puis l’Académie pontificale, l’« école des nonces ». Ses premiers états de service le conduisent surtout au Liban en pleine guerre civile.
L’un des maîtres d’œuvre de la politique de Jean Paul II
En 1990, le pape Jean Paul II, au sommet de sa gloire après la chute du mur de Berlin, renouvelle son gouvernement. Il nomme un nouveau secrétaire d’Etat, le cardinal Angelo Sodano, et appelle à la tête de son « ministère des affaires étrangères » un diplomate français inconnu de 47 ans, Jean-Louis Tauran, le plus jeune ayant jamais accédé à ce poste dans l’histoire récente de l’Eglise.
Il sera pourtant l’un des maîtres d’œuvre de la politique de Jean Paul II, devenu, à la fin de sa vie, le « mendiant de la paix ». Il le soutient quand il jette ses dernières forces pour éviter, dans un déluge de critiques, la guerre en Irak. Arpente avec lui le Liban et la Syrie pour appeler à la coexistence des communautés. Foule les territoires de l’ex-Yougoslavie où la diplomatie pontificale est active et les appels du pape aux Eglises orthodoxes sont insistants. Jean-Louis Tauran est l’un de ceux qui vont convaincre le pape de reconnaître, dès 1992, l’indépendance de la Croatie catholique, ce qui va le disqualifier aux yeux des Serbes orthodoxes. Un bilan en demi-teinte.
Il reste à la curie après la mort du pape (avril 2005) qui l’avait créé cardinal deux ans plus tôt. En 2007, Jean-Louis Tauran est nommé par Benoît XVI président du conseil pour le dialogue interreligieux, fonction qu’il gardera jusqu’à la fin. Ce petit dicastère (ministère) du Vatican est l’un des plus exposés depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le discours de Benoît XVI à Ratisbonne, en septembre 2006, qui, évoquant un lien entre islam et violence, avait enflammé le monde musulman.

   


Dialogue entre l’Eglise et les pays d’islam
Avec sa modestie cultivée, son économie de mots et son entregent, le cardinal Tauran va recoller les morceaux du dialogue entre l’Eglise et les pays d’islam. A longueur de rencontres et de colloques, il tisse des liens avec des dignitaires jordaniens, libanais, saoudiens, répète que ce qui menace le monde, « ce n’est pas le choc des civilisations, mais celui des ignorances et des radicalismes » ; se défend de tout relativisme et complaisance avec l’islam. Ne cache pas la tragédie des chrétiens au Moyen-Orient sommés de se convertir ou de fuir. Combat le terrorisme : « Ils veulent démontrer l’impossibilité du vivre-ensemble. Nous croyons exactement le contraire. »
Aux catholiques sceptiques devant ce « dialogue » avec l’islam et les initiatives du pape François en faveur des immigrés musulmans, le cardinal français résiste : « Nous ne devons pas avoir peur de l’islam, si nous sommes des chrétiens formés, prêts à dialoguer et à se rencontrer. »
Sa dernière visite, à la mi-avril 2018, en Arabie saoudite, patrie du wahhabisme où la construction d’églises demeure interdite, restera son testament. Devant les autorités de Riyad et de la Ligue islamique mondiale, il dénonce « un système de deux poids deux mesures » imposé aux croyants, qui alimente à la fois l’islamophobie et la christianophobie. Et lance avec clarté : « Toutes les religions doivent être traitées sans discrimination, parce que leurs fidèles, comme les citoyens qui ne professent aucune religion, doivent être traités sans discrimination. » Une voix devenue rare dans le monde.

Jean-Louis Tauran, en quelques dates
5 avril 1943 Naissance à Bordeaux
1969 Nommé prêtre à Bordeaux
1990 Jean Paul II le nomme secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats
2003 Nommé cardinal par le pape Jean Paul II
2007 Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux
2014 Nommé « camerlingue », celui qui assure l’intérim à la mort d’un pape
5 juillet 2018 Mort aux Etats-Unis





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Hongrie, Autriche et Italie mettent en garde contre le refoulement de demandeurs d’asile par l’Allemagne.
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Entre Orban et le SPD, le grand écart de Merkel

Hongrie, Autriche et Italie mettent en garde contre le refoulement de demandeurs d’asile par l’Allemagne.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h10
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Vienne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est un compromis qui devrait sauver – au moins provisoirement – la « grande coalition » d’Angela Merkel. Après trois semaines d’un bras de fer qui a mis le gouvernement allemand au bord de la rupture, les sociaux-démocrates (SPD) et les conservateurs (CDU-CSU) se sont mis d’accord, jeudi 5 juillet, sur un texte de deux pages qui permet aux uns et aux autres de sauver la face. A condition toutefois qu’il puisse être mis en œuvre, ce qui est loin d’être acquis.
Depuis la mi-juin, le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer (CSU), exigeait que les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays européen soient désormais systématiquement refoulés à la frontière. Il a obtenu gain de cause. Le SPD s’est finalement rallié à cet objectif, moyennant deux garanties.
La première est que les personnes concernées ne soient pas parquées dans des « centres de transit » séparés – contrairement à ce qu’avaient envisagé, lundi, M. Seehofer et Mme Merkel. A la place, elles seront conduites dans des postes de police déjà existants près de la frontière autrichienne. « Il n’y aura pas de barbelés ou de choses comme ça », a assuré le ministre de l’intérieur, jeudi soir.

La seconde est que les procédures visant à vérifier quel pays est compétent pour l’examen des demandes d’asile des personnes concernées n’excèdent pas quarante-huit heures. C’était aussi une demande du SPD, qui voulait éviter que ces zones de rétention se transforment en « camps d’internement ». Pour que cela fonctionne, cela suppose toutefois que les Etats vers lesquels l’Allemagne déciderait de renvoyer ces demandeurs d’asile déboutés acceptent de les accueillir. Or, pour l’heure, rien n’est réglé de ce côté-là, comme l’a montré le déplacement de M. Seehofer à Vienne, un peu plus tôt dans la journée de jeudi.
Seehofer renvoie la balle à la chancelière
Entre le ministre allemand de l’intérieur et le chancelier autrichien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Selon le scénario le plus probable, le couple hospitalisé après avoir été exposé au Novitchok aurait touché accidentellement une seringue ou un flacon utilisé en mars contre un agent double russe et sa fille.
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Royaume-Uni : doutes sur l’efficacité de la décontamination à Salisbury après l’affaire Skripal

Selon le scénario le plus probable, le couple hospitalisé après avoir été exposé au Novitchok aurait touché accidentellement une seringue ou un flacon utilisé en mars contre un agent double russe et sa fille.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 10h59
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que les supporteurs anglais de football ont les yeux rivés sur la Russie, et à quelques jours d’un sommet de l’OTAN, la tension est remontée entre Londres et Moscou, jeudi 5 juillet, après l’hospitalisation dans un état critique d’un couple de Britanniques ayant été exposés au Novitchok, un puissant poison déjà utilisé en mars, dans la même région, contre l’agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia.
La Russie utilise la Grande-Bretagne comme « une décharge à poison », a accusé Sajid Javid, le ministre de l’intérieur devant le Parlement, en ajoutant : « Il est maintenant temps que l’Etat russe explique exactement ce qui s’est passé. Il est totalement inacceptable que nos citoyens soient des cibles délibérées ou accidentelles ou qu’on déverse du poison dans nos rues, nos parcs, nos villes. »

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Le gouvernement britannique avait accusé Moscou d’être responsable de l’empoisonnement, le 4 mars à Salisbury, de Sergueï et Ioulia Skripal, déclenchant une crise diplomatique avec la Russie, qui a toujours nié la moindre implication. Après un traitement médical lourd, les deux victimes sont sorties de l’hôpital en avril et en mai.
« Nous appelons les forces de l’ordre britanniques à ne pas céder aux sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe
Le Royaume-Uni a alerté une nouvelle fois, jeudi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). « Nous appelons les forces de l’ordre britanniques à ne pas céder aux sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres, a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe. Le gouvernement de Theresa May et ses représentants auront à s’excuser. »
Dawn Sturgess, 44 ans, et son compagnon, Charlie Rowley, 45 ans, ont été exposés au poison « après avoir manipulé un objet contaminé », a indiqué la police antiterroriste, dont une centaine d’agents mènent l’enquête. Mais samedi, lorsqu’ils sont tombés gravement malades, la police a d’abord cru à une overdose car, selon le Times, M. Rowley a un passé d’héroïnomane.
Ancien sans-abri, il vivait depuis quelques mois dans la maison où le couple a été retrouvé à Amesbury, à une douzaine de kilomètres de Salisbury. Quant à Dawn Sturgess, elle habitait dans un foyer pour sans-abri de Salisbury, qui a dû être évacué, jeudi. Le plus probable est que le couple, qu’aucun lien apparent ne relie à la Russie, ait trouvé et touché accidentellement une seringue ou un flacon ayant été utilisé contre les Skripal.

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Selon des amis des victimes, ces derniers ont passé la soirée de vendredi dans les jardins Reine Elizabeth de Salisbury, non loin de l’endroit où Sergueï Skripal et sa fille avaient été retrouvés dans un état second après leur empoisonnement. Une hypothèse est que « l’une des deux victimes a ramassé le contenant utilisé pour stocker l’agent neurotoxique utilisé contre les Skripal », a précisé le gouvernement.
Inquiétude des habitants
Ce possible scénario met en cause l’efficacité de l’impressionnante opération de décontamination menée dans la zone, depuis l’empoisonnement des Skripal, par des militaires et des spécialistes des armes chimiques du ministère de la défense. A l’époque, le poison aurait été appliqué sur la poignée de la porte d’entrée de la maison de l’ex-espion. Il se pourrait qu’une seringue ait été utilisée. Mais la police ne l’a jamais confirmé, pas plus qu’elle n’a donné le résultat de ses recherches sur la présence de poison dans les environs.
Jeudi, les experts du laboratoire spécialisé de Porton Down ont établi que Dawn Sturgess et Charlie Rowley ont été contaminés par le même type de Novitchok que celui utilisé contre les Skripal, sans pouvoir préciser si le poison provenait du même lot. Ce produit, conçu du temps de l’Union soviétique, agit sur le système nerveux. Cet agent ne s’évapore pas ou ne se décompose pas rapidement.

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Le ministre de l’intérieur a tenté de désamorcer l’hypothèse d’un défaut dans les opérations de décontamination en affirmant que le couple serait « entré en contact avec l’agent neurotoxique dans un endroit différent » des sites décontaminés depuis mars.
A Salisbury, où plusieurs lieux réputés suspects ont été fermés au public, les habitants sont à nouveau plongés dans l’inquiétude. Il n’est pas certain que les conseils de Sally Davies, médecin chef de santé publique, les rassurent. Elle demande au public « d’être vigilant lorsqu’il ramasse des objets inconnus ou dangereux comme des aiguilles ou des seringues ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les défenseurs du texte, rejeté en l’état jeudi par le Parlement, accusent les géants du Web d’avoir eu recours à un lobbying massif. Mais la réalité est nettement plus nuancée.
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Directive sur le droit d’auteur : une victoire du lobbying des GAFA, vraiment ?

Les défenseurs du texte, rejeté en l’état jeudi par le Parlement, accusent les géants du Web d’avoir eu recours à un lobbying massif. Mais la réalité est nettement plus nuancée.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h31
    |

                            Pixels








                        


« Triste jour pour l’indépendance culturelle et la presse en Europe : le Parlement européen s’est couché devant la propagande des GAFA. C’est un “Munich culturel”. » L’eurodéputé Jean-Marie Cavada, l’un des plus ardents partisans du projet de directive européenne sur le droit d’auteur, qui a subi un net revers jeudi 4 juillet au parlement européen, n’a pas mâché ses mots après le vote. Il n’a pas été le seul. « Google se paye l’Europe », écrit l’Adami (artistes, musiciens et interprètes) dans un communiqué, tandis que la SACD (auteurs et compositeurs) dénonce un « lobbying insensé et inédit fait de mensonges, de caricatures et de menaces ».
Le résultat du vote au Parlement a-t-il été, comme l’affirment avec insistance les représentants de l’industrie musicale, principalement le résultat d’une campagne de lobbying ? La réalité est plus complexe.
Chiffres fantaisistes
D’abord, si les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ont bien fait du lobbying sur cette directive, ils n’ont pas été les seuls. « Il y a eu un effort de lobbying important ces dernières semaines sur le texte, à la fois de la part des entreprises de la Silicon Valley et des ayants droit, note Olivier Hoedeman, chercheur pour l’ONG Corporate Europe Observatory, qui suit l’influence des lobbys à Bruxelles. Mais il y a aussi eu une campagne en ligne, avec des pétitions, des appels et des courriers aux députés, qui était, pour autant que je puisse en juger, authentiquement le fait de citoyens. » 
C’est aussi l’un des arguments clés utilisés par les GAFA et leurs représentants : « Ce débat a clairement nécessité une forte mobilisation des plates-formes numériques », reconnaît Siada El Ramly, directrice générale d’Edima, le lobby européen des grandes plates-formes numérique. « Mais si l’on regarde d’un côté, il faut aussi regarder de l’autre : les ayants droit ont aussi beaucoup dépensé, s’attachant le soutien de quantité de célébrités et artistes, au Parlement européen et dans les médias. » En France, un collectif de soixante-dix artistes avait publié, la veille du vote, une tribune remarquée, dans Le Monde, pour faire valoir leurs arguments en faveur du texte.

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                « Si on ne peut pas vivre de nos œuvres, nous, créateurs, sommes condamnés à disparaître »



L’ampleur de la campagne menée par les GAFA était réelle, estime M. Hoedeman, mais est à relativiser. « Un rapport erroné de l’industrie de la musique britannique, qui a beaucoup circulé en ligne ces derniers jours, affirmait que Google avait dépensé 31 millions d’euros pour influer sur ce vote : c’est tout simplement faux. Le budget annuel déclaré de lobbying de Google à Bruxelles était de 5,5 millions d’euros en 2016 ; le chiffre a très certainement augmenté depuis, mais couvre l’ensemble de leurs dépenses sur tous les sujets. Et d’après nos observations, Google fait beaucoup plus d’efforts de lobbying sur d’autres textes, et notamment sur la future directive e-privacy [qui prévoit de nouvelles règles contraignantes sur le respect de la vie privée], que sur le droit d’auteur. Cela ne veut pas dire que Google ne fait pas de lobbying, et que ce n’est pas problématique, mais on ne peut pas dire que les centaines de milliers de personnes qui ont participé à la campagne en ligne ont simplement été manipulées. »
Une coalition hétéroclite d’opposants
Les opposants à la directive formaient une coalition hétéroclite : on y trouvait effectivement les géants du Net, Google en tête, mais aussi de très nombreuses associations de défense des libertés, des figures fondatrices du Web, certaines versions nationales de Wikipedia… Autant de groupes qui s’opposent par ailleurs sur de nombreux sujets.
En France, la Quadrature du Net, qui appelait à voter « non » à la directive, est l’une des associations les plus critiques de Google et de Facebook. Cet attelage peu courant, décrit par la SACD comme l’alliance « des grandes plates-formes commerciales de l’Internet et les libertaires du Net », a mené des campagnes séparées, avec des outils très différents – lobbyistes professionnels pour les géants du Net, campagnes « de terrain », incitant les citoyens à contacter leurs élus pour les associations.
Dans l’esprit de certains défenseurs du texte, ces deux groupes ont parfois été amalgamés – dans une « alliance insensée des libertariens anarchistes et des GAFA », comme la décrit par exemple le directeur général délégué du Centre national du cinéma (CNC), Christophe Tardieu.
De son côté, Denis Bouchez, directeur du Syndicat de la presse quotidienne nationale française (SPQN, dont fait partie Le Monde) voit dans ce vote le résultat d’un « énorme lobbying des GAFA, qui est presque un déni de démocratie quand il s’agit de polluer les boîtes e-mail des députés avec des milliers de messages ». Pourtant, la plupart des courriels reçus par les députés émanaient de campagnes d’opposition au texte menées par des associations, et non par des GAFA.
Les représentants des médias étaient peut-être particulièrement échaudés sur la question du lobbying des GAFA parce que les géants du Web se sont très fortement opposés à l’article 11, qui obligeait les plates-formes à payer pour l’utilisation d’articles de presse, y compris sous forme de liens. Une évolution légale jugée très complexe – et onéreuse – à mettre en place pour les grandes plates-formes, et qui avait fait l’objet d’un lobbying remarqué : les éditeurs de presse faisant partie du fonds Digital News Initiative (DNI), dans lequel Google finance des projets de médias, avaient reçu, fin juin, un e-mail détaillant les raisons de l’opposition du géant du Web à la directive. « Le but du groupe de travail DNI est d’échanger nos points de vue et d’améliorer la collaboration entre l’industrie de la presse et Google », s’était défendu Google, après les protestations de médias.



                            


                        

                        


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La Chine dénonce « la guerre commerciale » lancée par les Etats-Unis et annonce une « riposte »

Pékin a réagi immédiatement, vendredi, à l’entrée en vigueur de l’augmentation de droits de douanes américains sur les importations chinoises.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 08h30
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 13h42
   





                        



   


La Chine n’aura pas tardé à répliquer à l’entrée en vigueur, vendredi 6 juillet, de droits de douanes prohibitifs décidée par les Etats-Unis sur les importations chinoises. Ces taxes américaines de 25 % sur 34 milliards de dollars d’importations frappent désormais 818 produits, dont des voitures, des composants d’avion ou des disques durs d’ordinateur.
Pékin a dénoncé « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique » et promis de défendre ses droits auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « La Chine a promis de ne pas tirer la première, mais pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population, elle est contrainte à une nécessaire riposte », a fait savoir le ministère chinois du commerce dans un communiqué.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          La guerre commerciale est une folie



Dans la matinée, le ministère chinois des affaires étrangères a ensuite annoncé que des mesures contre les Etats-Unis avaient « pris effet immédiatement ». Le porte-parole du ministère, Lu Kang, n’a pas voulu détailler ni la nature ni le montant des mesures de rétorsion, mais Pékin avait averti précédemment qu’il imposerait des taxes sur 34 milliards d’importations américaines, rendant ainsi coup pour coup à Washington.
En visite à Sofia, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a tenu à avertir les Etats-Unis :
« Si un pays veut augmenter les droits de douane, la Chine répondra pour se défendre. Une guerre commerciale ne profite à personne car elle nuit au libre-échange et au processus multilatéral. »

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De nouvelles taxes déjà prévues ?
Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront affectées par les mesures américaines destinées à compenser ce que l’administration Trump considère être le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies.
Le second lot de taxes sur seize milliards d’importations chinoises, qui fait pour l’heure l’objet d’un examen supplémentaire de la part du représentant au commerce (USTR) Robert Lighthizer, entrera prochainement en vigueur, sans doute « dans deux semaines », selon M. Trump.
Cette « guerre économique » ne devrait pas en rester là puisque Donald Trump a demandé à M. Lighthizer « d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de taxes supplémentaires de 10 % ». Et le président américain, qui souhaite rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux pays, s’est dit prêt à taxer 200 milliards de dollars de biens additionnels, « si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers » en réaction.

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