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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ En demeurant fidèle à son terroir premier cru ancestral et rare, au sud de la côte des Blancs, le prestigieux champagne consolide la cohérence de ses cuvées.
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Fourny & Fils réinvente le savoir-faire


                      En demeurant fidèle à son terroir premier cru ancestral et rare, au sud de la côte des Blancs, le prestigieux champagne consolide la cohérence de ses cuvées.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 18h15
    |

                            Ophélie Neiman (Vertus, Marne, envoyée spéciale)








                              

                        

Difficile de croire, en voyant ces deux presque quinquas, qu’ils sont frères. « L’un a tout pris du père, l’autre de la mère, remarque en souriant Emmanuel Fourny. Nous sommes très différents mais complémentaires. » Il faut chercher dans les détails, remarquer l’effort conjoint de se tenir très droit, le mouvement de sourcil similaire. Et les écouter parler, façon ping-pong, pour comprendre leur complicité.
Treize mois seulement séparent Charles et Emmanuel, qui copilotent la maison de champagne Veuve Fourny & Fils, à Vertus. Le premier assure la commercialisation, le second se charge de la production. Pour Emmanuel, le cadet, le secret de leur entente réside dans le fait que « chacun s’occupe de ses affaires et n’intervient pas dans celles de l’autre ».
La Veuve Fourny, c’est leur maman. Veuve à 36 ans, en 1979. Les deux frères ont alors 9 et 10 ans. En dehors du père décédé (à qui la « Cuvée R » rend aujourd’hui hommage), personne ne sait faire du champagne. La survie du domaine créé par le grand-père semble impossible. Comment cette petite maison a-t-elle réussi, en moins d’une quarantaine d’années, à se hisser parmi les marques respectées pour la qualité de leur champagne, exportant 80 % de leur production ? Il y a dans son histoire tous les bons ingrédients : de l’entraide, un beau terroir, de judicieuses idées et une remise en question permanente.
Arômes de zan et de graphite
L’aide vient d’un ami de la famille, qui demande au chef de la maison Duval-Leroy de l’époque d’épauler le domaine pendant quelques années. Durant ce temps, les deux garçons sont en pension, puis partent étudier. Leur mère ne souhaite pas leur imposer la reprise de l’affaire. Ils le feront pourtant, à partir de 1993, après des expériences dans des vignobles hors de la région, voire de France.
« Une famille, un clos, un premier cru. » La devise qui orne la maison depuis l’année 2000 est des plus efficaces. Outre la valeur...




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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La CGT-Cheminots et SUD-Rail, toujours mobilisés contre la réforme ferroviaire, ont également appelé à faire grève samedi.
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Grève à la SNCF : les prévisions pour vendredi

La CGT-Cheminots et SUD-Rail, toujours mobilisés contre la réforme ferroviaire, ont également appelé à faire grève samedi.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h08
   





                        



   


Le trafic du premier jour de grands départs en vacances sera perturbé. Quatre TGV et TER sur cinq, deux trains Intercités sur trois et trois trains Transilien sur quatre circuleront en moyenne vendredi, en raison d’une grève à l’appel de la CGT et de SUD, a fait savoir jeudi 5 juillet la direction de la SNCF.
Le trafic des trains internationaux sera « normal » pour les Eurostar, Thalys et la liaison France-Espagne, « quasi normal » pour la liaison France-Allemagne, selon les prévisions de la direction. Côté Lyria, il y aura un train sur deux, tandis que deux trains sur trois sont prévus pour la liaison France-Italie.
La CGT-Cheminots et SUD-Rail, toujours mobilisés contre la réforme ferroviaire, ont également appelé à faire grève samedi. Selon les prévisions publiées, le trafic sera un peu moins perturbé vendredi par cette grève à deux syndicats que lors de la dernière journée de la grève unitaire à quatre organisations, le 28 juin.

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                SNCF : la grève du rail en échec



« Près de 100 % de trains garantis pour les destinations touristiques »
« Plus de 600 TGV circuleront chaque jour, vendredi et samedi, avec près de 100 % de trains garantis pour les destinations touristiques telles que Paris-Marseille, Paris-Nice, Paris-Montpellier, Paris-Perpignan, Paris-Bordeaux, Paris-Rennes », expose la direction de la SNCF dans un communiqué.
Tous les voyageurs qui avaient effectué une réservation « ont été recontactés ces derniers jours par SMS ou e-mail » et « les billets restent remboursables et échangeables sans surcoût », ajoute le groupe ferroviaire.
L’UNSA et la CFDT, les deux autres syndicats représentatifs à la SNCF, ont décidé de ne pas faire grève pendant la période des congés d’été. Le trafic SNCF a été perturbé pendant trois mois, du 3 avril au 28 juin, par un mouvement unitaire contre la réforme ferroviaire organisé en 18 épisodes de deux jours de grève sur cinq jours.

        Lire aussi :
         

                SNCF : sur la durée, la grève des cheminots est l’une des plus suivies depuis vingt ans






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Face à l’inefficacité des politiques d’asile européennes, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet, membres de l’Institut Montaigne, dans une tribune au « Monde », en appellent à la responsabilité des pays membres de l’Union.
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Politique européenne du droit d’asile : « Au défaut de solidarité s’ajoute un défaut d’efficacité »

Face à l’inefficacité des politiques d’asile européennes, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet, membres de l’Institut Montaigne, dans une tribune au « Monde », en appellent à la responsabilité des pays membres de l’Union.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h41
    |

Thierry Pech (Directeur général de Terra Nova), Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet (Membres de l'Institut Montaigne)







                        



                                


                            

Tribune. La politique européenne du droit d’asile a révélé, ces dernières années, un grave défaut de solidarité et d’efficacité. Le système de Dublin a montré ses insuffisances : laisser au pays de première entrée dans l’Union européenne (UE) la charge d’examiner les demandes d’asile, c’est abandonner aux seuls « Etats frontières » de l’UE la responsabilité politique, administrative et opérationnelle de flux croissants de demandeurs.
A ce défaut de solidarité s’ajoute un défaut d’efficacité : les demandeurs qui auraient dû être reconduits dans le pays de leur première entrée ne l’ont été que très rarement. Ce système a aussi créé une inadmissible loterie : une même demande a des chances très variables d’aboutir selon l’Etat dans lequel elle est formulée, l’origine du demandeur, voire la date à laquelle elle est déposée. Au sein de l’Union européenne, la convention de Genève donne lieu à 27 interprétations différentes et fluctuantes !
Face à ce chaos, l’Union européenne a mis en place en 2015 un mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile entre Etats membres afin de soulager temporairement les plus sollicités. Dans le même temps, elle a conclu avec la Turquie un accord pour contenir les migrants qui y transitent.

L’Italie a aussi négocié avec la Libye des mesures de réduction des flux. Mais l’imposition de « quotas » a rencontré de fortes résistances au sein de l’UE, et les accords de « stockage » des demandeurs, s’ils ont permis de réduire les flux, nous ont mis en situation de dépendance face à Ankara et en délicatesse avec les obligations de la convention de Genève, puisque nous demandons à d’autres pays de bloquer sur leur territoire des demandeurs d’asile.
Aucune exception
L’Europe s’est donc à la fois désunie et dramatiquement éloignée des valeurs qui fondent son projet. L’accord de façade passé lors du Conseil européen des 28 et 29 juin n’a rien résolu sur le fond et il reste urgent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Agnès Audier, du cabinet de conseil Boston Consulting Group, et Axel Dauchez, du site Make.org, analysent dans une tribune au « Monde » les résultats d’un sondage participatif mené auprès de 12 000 jeunes de 18 à 25 ans à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.
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« Une jeunesse engagée, mais pragmatique »

Agnès Audier, du cabinet de conseil Boston Consulting Group, et Axel Dauchez, du site Make.org, analysent dans une tribune au « Monde » les résultats d’un sondage participatif mené auprès de 12 000 jeunes de 18 à 25 ans à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 13h18
    |

Agnès Audier (Directrice associée du Boston Consulting Group) et Axel Dauchez (Fondateur de make.org)







                        



                                


                            

Tribune. Dans le cadre des 18e Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, les 6,7 et 8 juillet, Le Cercle des économistes a fait appel à la plate-forme de réseau de « civic tech » Make.org pour consulter les 18-28 ans et mieux connaître leur rapport au monde et à l’action, afin d’alimenter de manière inédite les débats consacrés aux « Métamorphoses du monde », thème des Rencontres en 2018.
Que nous apprend cette consultation ?
Sans surprise, la jeunesse n’est pas un bloc monolithique traversé par les mêmes idées. Elle est animée par de puissants débats qui la divisent : plus de 50 % des propositions émises et soumises au jugement des 12 000 répondants ont suscité un débat, 13 % ont été rejetées en bloc, 37 % ont été plébiscitées par la majorité des votants. Les échanges sont décomplexés et portent sur une très grande variété de sujets, certains d’actualité (par exemple : autoriser la GPA), d’autres qu’on pourrait penser être “derrière nous” (par exemple le rétablissement de la peine de mort).
Ce qui frappe d’abord, c’est l’hyper réalisme des jeunes. Quasi aucune proposition pour éradiquer la faim dans le monde, ou atteindre une espérance de vie en bonne santé à 120 ans… ! Bref, rien de ce à quoi rêvent les gourous de la Silicon Valley. Au contraire, la jeunesse semble réclamer qu’on résolve les sujets clés hérités des générations précédentes : développer les aides aux étudiants, améliorer la prise en charge des sans-abri, comptabiliser le vote blanc dans les élections, instaurer le travail en prison…
Confiance des jeunes Français
Cette jeunesse hyperconnectée avec le monde qui l’entoure demande des actions et résultats concrets. Deux des dix propositions les plus plébiscitées l’illustrent clairement : Comas propose que « les tampons et les serviettes hygiéniques deviennent des produits de première nécessité pour qu’ils soient moins taxés », quand Mourad suggère de « créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Les copropriétaires ont donné mandat au syndic pour agir devant le tribunal et demandé la résolution judiciaire du bail pour violation des dispositions du règlement de copropriété et cessation des troubles de voisinage.
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<filnamedate="20180705"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180705"><AAMMJJHH="2018070521">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Dans le cadre du concours « La parole aux étudiants », « Le Monde » publie des extraits du texte de Marc Lozza, futur architecte, qui défend la possibilité d’influer sur le réel en additionnant toutes les bonnes volontés individuelles.
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« Sept milliards de tâches insignifiantes peuvent changer le monde »

Dans le cadre du concours « La parole aux étudiants », « Le Monde » publie des extraits du texte de Marc Lozza, futur architecte, qui défend la possibilité d’influer sur le réel en additionnant toutes les bonnes volontés individuelles.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 12h41
    |

Marc Lozza (Elève à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse)







                        



                                


                            

Tribune. Remontons la pierre sur le flanc de sa colline. Faisons-le avec joie, humilité et courage ; nous en aurons besoin pour construire demain. La clé du monde est là, déjà présente ; elle n’a besoin que de notre sueur de travailleur pour exister. Et si l’on ne peut pas changer le passé, il nous reste alors à construire le futur.
A nous de le faire avec conscience et bienveillance. L’incroyable miracle qui a façonné notre civilisation nous rend redevables. La danse fragile qui voit l’humanité osciller entre le meilleur et le pire nous impose le respect du temps passé, mais surtout la responsabilité vigilante de l’héritage futur. C’est un joyeux défi que se transmettent les générations sans interruption depuis tant de siècles. Allons-nous changer le monde ? Oui ! A nous de décider comment ; imposons-nous le temps de la patience et de la réflexion, et travaillons dans la joie de la besogne commune.
L’histoire du colibri
Une légende amérindienne raconte l’histoire d’un colibri. La forêt est en feu. Les animaux sont terrifiés, résignés. Le petit oiseau ne renonce pas et participe au combat contre les flammes avec les quelques précieuses gouttes d’eau que son bec peut transporter : il fait sa part. Imitons-le et prenons part au merveilleux labeur qui fera que la joie de la vie existera pour longtemps encore. Loin du rêve infécond ou du terrible renoncement, œuvrons avec les compétences et les moyens de chacun pour que la perspective heureuse annonce notre avenir.

Alignons nos réalités de consommateurs sur nos revendications de citoyens. Travaillons pour l’intérêt collectif : associations, entreprises, actions solidaires, engagements locaux… Ces efforts silencieux forment une masse dont le bruit éclatant fera résonner le nécessaire vote quinquennal dans l’harmonie de la construction commune. Rome ne s’est pas faite en un jour, le monde ne se changera pas seul !
Bien sûr, il y aura des moments de doutes, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans le cadre du concours « La parole aux étudiants », organisé à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix­-en-­Provence, « Le Monde » publie un texte choisi par le Cercle des économistes. Elias Orphelin propose la création d’une monnaie mondiale cohabitant avec des monnaies locales aux fiscalités différenciées, afin de faciliter les circuits courts sans recourir au protectionnisme.
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Pour « la création d’un système bi-monétaire mondial »

Dans le cadre du concours « La parole aux étudiants », organisé à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix­-en-­Provence, « Le Monde » publie un texte choisi par le Cercle des économistes. Elias Orphelin propose la création d’une monnaie mondiale cohabitant avec des monnaies locales aux fiscalités différenciées, afin de faciliter les circuits courts sans recourir au protectionnisme.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 13h19
    |

Elias Orphelin (Elève en classe préparatoire économique et commerciale, option économie, au lycée Nelson-Mandela, à Nantes)







                        



                                


                            

Tribune. « Il n’y a pas de gagnants dans une guerre commerciale » rappelait la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström le 7 mars 2018, après que Donald Trump eut annoncé la mise en place de taxes sur les importations américaines.
De fait, depuis la Révolution industrielle, l’ouverture des économies a permis une accélération du développement économique, social et politique des différents pays du globe. Le libre-échange est aujourd’hui nécessaire dans un monde dont les pays sont interdépendants. Une résurgence du protectionnisme est à combattre, car il menace la cohésion internationale.
Mais le libre-échange a aussi des tares indéniables, notamment en ce qui concerne la dégradation de l’environnement. Selon le Forum international des transports, le fret international de marchandises est à l’origine de 7 % des émissions mondiales de CO2 – une proportion qui ne devrait qu’augmenter dans les prochaines années : le volume du transport de marchandises pourrait être multiplié par quatre d’ici à 2050.
Posture protectionniste
Ces chiffres sont vertigineux au regard des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que proposent les accords de Paris, qui pourtant ne sont pas suffisants pour limiter à 2°C la hausse des températures.
C’est l’une des raisons pour lesquelles se développent de plus en plus de mouvements visant à mettre en avant les productions locales et à favoriser les circuits courts pour réduire au maximum les trajets de marchandises. Mais cette démarche a une limite : comment convaincre le plus grand nombre de choisir des productions qui, certes, ont un bilan carbone moindre, mais dont le prix est égal, voire supérieur, à celui de marchandises exportées depuis l’autre côté du monde ?
Une idée consisterait à créer une taxe à l’importation de produits étrangers, afin de faire augmenter leur prix relatif. Cette solution permet de favoriser la production nationale, mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Donner une seconde vie aux batteries de ses voitures électriques : un marché naissant pour le constructeur japonais.
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Quand 148 batteries de Nissan électrisent le stade d’Amsterdam

Donner une seconde vie aux batteries de ses voitures électriques : un marché naissant pour le constructeur japonais.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h13
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Il est midi : en ce vendredi 29 juin, le soleil inonde la Johan Cruijff Arena et ses 4 200 panneaux solaires. Plus tard, dans la soirée, une autre étoile enflammera le stade d’Amsterdam : la jeune pop star britannique Ed Sheeran donne un concert géant devant des dizaines de milliers de personnes. Le chanteur romantico-hip-pop sait-il que son show du soir revêt un caractère historique ? Pour la première fois, le réseau électrique du stade habituel de l’Ajax d’Amsterdam va fonctionner en plein concert tout en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe, tout juste mis en service, et constitué… de 148 batteries de voitures électriques.
Les initiateurs de ce projet spectaculaire – les gestionnaires du stade associés, entre autres, au géant automobile Nissan et au spécialiste britannique de l’énergie Eaton – font ici la démonstration que la batterie du véhicule électrique peut connaître une seconde vie après avoir fait rouler une voiture. « Il y a encore deux ans, nous ne savions pas faire ça, note Francisco Carranza, directeur de la branche services d’énergie de Nissan. Aujourd’hui, c’est une réalisation concrète sur laquelle des investisseurs ont misé 2,5 millions d’euros et en espèrent un retour sur investissement de 10 % sur dix ans. »
Stabiliser le réseau du quartier
Le système de stockage d’une capacité totale de 3 mégawatts (de quoi charger 500 000 iPhone ou fournir l’énergie à 7 000 foyers pendant une heure) est constitué des cellules de batteries reconditionnées de 148 Nissan Leaf, le modèle 100 % électrique de la marque japonaise alliée à Renault, qui est aussi la voiture à batterie la plus vendue au monde. Il permet de stocker le courant émis par les panneaux solaires du stade, de servir de système de secours à la place des vieux générateurs diesel et de soulager le réseau électrique en absorbant les pics de consommation observés durant les concerts.

Les concepteurs de ce stade de demain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Sur les réseaux sociaux, des arnaqueurs endossent l’identité des stars préférées des adolescents pour leur demander d’appeler des numéros surtaxés.
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Numéros surtaxés : la nouvelle combine des arnaqueurs pour viser les ados

Sur les réseaux sociaux, des arnaqueurs endossent l’identité des stars préférées des adolescents pour leur demander d’appeler des numéros surtaxés.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h18
    |

            Laura Motet








                        



   


C’est un jour de chance qui a coûté très cher à ses parents. Ce 24 avril, Marie*, 15 ans, voit passer sur son fil d’actualité Facebook un jeu concours proposé par la page « Disneylandparis.offre ». Pour gagner des places pour le célèbre parc d’attraction, rien de plus simple : il suffit qu’elle aime la publication, puis qu’elle envoie, par message privé, son nom et son adresse. Marie se précipite. « Félicitations, vous êtes parmi les 400 gagnants ! », lui répond-on dans les minutes qui suivent. L’adolescente exulte.
Reste une dernière « petite » étape pour recevoir les billets. Téléphoner plusieurs fois à un numéro surtaxé, noter le code qui sera délivré pendant l’appel et l’envoyer sur la conversation privée. L’interlocuteur, très réactif, se montre rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est gratuit, car ce numéro, il nous appartient, le répondeur dit 2,99 €, c’est juste un prix (…) contre les arnaques ! » (sic). Marie se laisse convaincre, elle qui rêve d’inviter ses meilleures amies à Disney. Elle appelle et envoie les codes au fur et à mesure. Mais ce n’est jamais assez pour le destinataire, qui prétexte des dysfonctionnements ou le besoin de payer pour la livraison, et en réclame de nouveaux.
Las, elle finit par abandonner. Terminées alors, les réponses sucrées de son interlocuteur, dont le ton devient menaçant :
« Quand tu participes et tu réserves les billets C obligé que tu continues [parce que] personne peut gagner ce Disneyland sauf toi. [Si] tu le termines pas tu vas payer plus que 800 € à la police [emoji policier]. » (sic)
Terrorisée, Marie appelle son père, formateur aux outils numériques, qui ira porter plainte. Quelques jours plus tard, la « note » tombe : 194 euros. Un petit commerce qui peut s’avérer juteux pour les éditeurs de numéros surtaxés frauduleux. Le 31 mai, quatre personnes gérant l’un d’entre eux, Viva Multimedia, ont été mises en examen. En trois ans, ils avaient amassé 38 millions d’euros, révèle Le Parisien, jeudi 5 juillet.
Une fraude à onze milliards d’euros en UE
Aucun adolescent n’est à l’abri. Parmi les victimes, on trouve aussi bien la fille de onze ans de Martine, modeste aide à domicile (660 euros de facture) que le fils de douze ans d’un député suppléant (185 euros). Tous ont été hameçonnés sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat, Musical.ly), par un faux compte de leur star préférée se proposant de leur offrir des places de parc d’attraction, un ordinateur ou le dernier iPhone. Ils constituent des victimes faciles, grâce aux solutions de « micropaiement » proposées par les éditeurs de numéros surtaxés, qui permettent de leur soutirer des centaines d’euros en une petite journée, sans avoir à demander d’autorisation à un adulte.

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Face au raz-de-marée de faux comptes, les célébrités sont d’ailleurs, elles aussi, désemparées. « Régulièrement, on publie sur les réseaux sociaux les comptes fakes trouvés, et on met en garde contre tous ces escrocs… D’autant que les fans d’Esteban [ancien membre du groupe d’enfants Kids United] et de Diego sont très jeunes », explique Nathalie, la mère de Diego et manageuse officieuse du duo de cousins. Et de poursuivre : « Il est arrivé que des fans les insultent. Mais ils n’ont jamais [été mêlés à une affaire judiciaire]. »
Et pour cause : sur la trentaine de victimes contactées par Le Monde, seules cinq ont porté plainte. Les autres évoquent leur culpabilité, le sentiment que cela ne servira à rien, le préjudice financier relativement faible, l’absence de temps pour se rendre en gendarmerie… ou encore le refus par l’autorité publique de prendre leur plainte, sous prétexte que leur enfant n’a pas été forcé d’attraper le combiné.
Reste que la fraude aux numéros surtaxés a bel et bien été repérée par le ministère de l’intérieur, qui note dans son dernier rapport sur « la menace liée au numérique » :
« Ce type de cybercriminalité pourrait encore connaître un accroissement rapide. Selon une étude d’Europol, le préjudice de cette fraude dans l’Union européenne serait passé de moins de deux milliards d’euros en 2013 à onze milliards en 2017. »

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Cinq à dix appels pour un code
Le principe de cette arnaque est simple : tous ceux qui tentent leur chance au jeu concours proposé par l’escroc gagnent. Pour finaliser l’envoi de leur prix, ils doivent « seulement » appeler un serveur vocal, qui leur délivrera des codes. L’argumentaire est bancal, mais l’enthousiasme des adolescents les aveugle souvent. Au fur et à mesure de leurs appels, ils découvrent qu’ils doivent appeler entre cinq et dix fois pour obtenir un seul code. Ils se mettent donc à appeler trente ou cinquante fois le numéro, pour donner à leur interlocuteur la demi-douzaine de codes exigée. Si l’escroc est si pressé de recevoir ces suites de caractères alphanumériques, c’est qu’elles lui sont nécessaires pour récupérer le fruit de son larcin.
Le type de numéro surtaxé qu’il donne à ses victimes est, en fait, une solution de micropaiement tout à fait légale, proposée à tout un chacun, par des éditeurs de numéros surtaxés comme YouPass.

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A l’origine, cette entreprise niçoise, née en 2011 sous le nom « Remboursez votre forfait », proposait aux personnes ayant un forfait bloqué de « vider » le reliquat de leur forfait en appelant un numéro surtaxé et de récupérer ce reliquat (moins une commission) sur leur compte Paypal ou sous forme de bons d’achat. Pour cela, rien de plus simple, il suffisait donner le code délivré par le serveur vocal et de l’entrer sur le site de l’entreprise. Cette solution était alors déjà très populaire chez les adolescents, qui y voyaient une manière de se faire de l’argent de poche tout en échappant à la vigilance de leurs parents.
Des escrocs à la petite semaine
Depuis, les forfaits illimités ont remplacé les forfaits bloqués dans les smartphones des jeunes. Et « Remboursez votre forfait », devenu MegaTransfert puis YouPass en 2014, s’est mis à proposer des solutions de micropaiement, toujours à destination des ados, mais aussi des millenials et des gamers. Ces solutions permettent, par exemple, aux joueurs d’acheter des accessoires ou des vies supplémentaires pour leur personnage de jeu vidéo. Dans les deux cas, le « client » appelle le numéro surtaxé, récupère un code et le remet au « vendeur » pour qu’il puisse récupérer auprès de l’éditeur du numéro surtaxé la somme générée par l’appel, moins la commission de l’opérateur téléphonique et de l’éditeur de numéros.
Nul besoin de connaissances techniques pour monter ce type d’arnaque, donc : il suffit d’une connexion Internet, d’ouvrir des comptes sur les réseaux sociaux et de détourner un système de micropaiement légal déjà en place.
L’arnaque est tellement simple qu’à ses débuts, des escrocs à la petite semaine l’ont utilisée sans vraiment se protéger. D’autant que les policiers, faute de temps, de formation et de moyens, ne se bousculaient pas toujours pour retrouver les auteurs de préjudice qui leur paraissaient modestes. Une attitude choquante pour Francis, le beau-père de Jason, 15 ans, qui a perdu 78 euros en tentant de gagner un iPhone 7 :
« A notre sortie de la brigade, le gendarme a bien précisé qu’on ne devait rien attendre de notre plainte, que ce serait de toute façon classé sans suite. […] Nous voulions lui donner les informations sur YouPass [qui propose aux victimes de donner aux autorités judiciaires le nom des bénéficiaires de l’arnaque si elles portent plainte], mais il n’a rien noté ! »
Malgré l’inertie de certains services, d’autres plaintes ont abouti, arrêtant les auteurs, souvent déjà connus pour des faits mineurs.

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Des adolescents comme prête-noms
Certains ont donc trouvé une nouvelle parade : utiliser, de nouveau, des adolescents, mais cette fois comme prête-noms. C’est la mésaventure qui est arrivée à Léo, 18 ans au moment des faits. Depuis plusieurs années, ce dernier utilisait YouPass pour vider son forfait bloqué. En avril 2016, il est contacté par un individu lui demandant s’il peut valider pour lui des codes sur YouPass, contre une « généreuse » commission. « Il disait que ça venait d’un petit commerce vidéoludique […] et qu’il ne pouvait pas avoir accès à YouPass, étant au Maroc, explique Léo. J’ai accepté, j’avais besoin de la thune. »
Chaque jour, l’inconnu lui envoie de codes à valider. Plus de 3 000 euros transitent par son compte YouPass en trois semaines, jusqu’à ce que son compte de micropaiement soit bloqué. Peu de temps après, il est convoqué devant la justice. Une victime de l’arnaqueur a porté plainte pour un préjudice de 300 euros. Léo est finalement relaxé, tandis que l’arnaqueur, est, lui, démasqué. Il s’agissait d’un jeune homme résidant en Belgique, opérant seul, et se cachant derrière une adresse IP (qui permet d’identifier la localisation d’un appareil connecté à Internet) au Kazakhstan.
De son côté, YouPass a remboursé la victime ayant porté plainte, tandis que le reste de l’argent accumulé sur le compte de Léo a été reversé dans les comptes de l’entreprise, dans une catégorie comptable au nom évocateur (« soldes utilisateurs dormants ou frauduleux, autres produits divers de gestion et avantages en nature »), qui rassemblait en 2016 la somme de 519 266 euros. A titre de comparaison, cette même année, la catégorie « remboursement utilisateurs » (aux victimes ayant fait des réclamations) s’élevait à 5 562 euros. L’entreprise niçoise n’a pas, pour l’heure, répondu à nos questions.
Multiplication des intermédiaires
L’escroquerie aux numéros surtaxés est si lucrative qu’elle n’a pas tardé à attirer des professionnels de l’arnaque. Ceux-là voient plus grand. Ils décident de créer leur propre société éditrice de numéros surtaxés et de vendre ces numéros à des clients, escrocs comme eux. Ce sont ces clients-amis qui se chargeront de monter de fausses pages sur les réseaux sociaux et de pousser leurs cibles à appeler les numéros.
« C’est vraiment un petit milieu où tout le monde se connaît », explique le commissaire divisionnaire François-Xavier Masson, chef de l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).
Pour détourner l’attention des enquêteurs, ces éditeurs de numéros surtaxés peu scrupuleux multiplient les intermédiaires, achetant parfois des numéros à d’autres éditeurs, pas toujours, eux, dans la confidence.
Youpass, l’éditeur niçois, en a d’ailleurs fait les frais : d’après ses comptes en 2016, un tiers des créances détenues par l’entreprise provenaient de « clients douteux » (532 000 euros, contre 1 018 000 pour les clients « normaux »). Il s’agit concrètement d’autres éditeurs de numéros surtaxés, qui ne paieront sans doute jamais leurs achats de numéros à Youpass, puisqu’ils sont suspectés de faits d’escroquerie.
Mais ce genre de tour de passe-passe ne dure qu’un temps. Le 31 mai, l’OCLCTIC a procédé à la mise en examen de quatre personnes pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment ». Ils géraient l’un de ces éditeurs de numéros surtaxés peu scrupuleux, Viva Multimedia, dont les profits frauduleusement acquis s’élèvent à 38 millions d’euros en trois ans. Cette fois, le plaignant n’était pas l’une des jeunes victimes directes d’une escroquerie, mais un groupe de médias particulièrement apprécié des jeunes, dont la marque avait été usurpée par les arnaqueurs sur les réseaux sociaux.
Le ministère de l’intérieur prévoit de mettre en place, d’ici la fin de l’année, un système de plainte en ligne, appelé Thesee (traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries). Auparavant éparpillées sur tout le territoire, ces plaintes seront désormais directement analysées par un service de police spécialisé, au sein même de l’OCLCTIC. Une première piste pour ralentir le boom des arnaques aux numéros surtaxés.
*Tous les prénoms des victimes ont été modifiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Pour un collectif de trente-sept économistes, parmi lesquels Esther Duflo (MIT), Philippe Martin (CAE) et Etienne Wasmer (Sciences Po), la clé de voûte d’une bonne acceptation démocratique des politiques publiques passe par des évaluations d’impact régulières.
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« Mesurer l’impact des politiques publiques est un exercice indispensable »

Pour un collectif de trente-sept économistes, parmi lesquels Esther Duflo (MIT), Philippe Martin (CAE) et Etienne Wasmer (Sciences Po), la clé de voûte d’une bonne acceptation démocratique des politiques publiques passe par des évaluations d’impact régulières.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 13h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Assemblée nationale a organisé le 28 juin « Le printemps de l’évaluation », une conférence consacrée à la mesure de l’impact des politiques publiques. Y ont été présentés, à titre d’illustrations, des travaux sur des thèmes divers (éducation, emploi, fiscalité…), empruntant des méthodes variées (expérimentation aléatoire, analyse de données administratives, microsimulation).
Quel est l’impact des classes de CP à 12 élèves sur les apprentissages ? Quels sont les effets des hausses et des baisses de TVA sur les prix ? Quel est l’effet de l’assurance-chômage sur la reprise d’activité ? Ce sont quelques-unes des questions décisives pour la décision politique qui ont été discutées au cours de cette journée. Répondre à ces questions, c’est nous donner les moyens de comprendre quels sont les instruments efficaces pour une société plus juste.
Pourquoi une telle conférence ? Parce que mesurer l’impact des politiques publiques est un exercice indispensable, mais pas évident. Nous ne disposons pas de machine à remonter le temps : comment savoir ce qui se serait produit si une politique différente avait été mise en place ? Depuis deux décennies, les méthodes pour répondre à cette question ne cessent de faire des progrès.
Ni ruineux, ni compliqué
Pour ce faire, il faut mobiliser des sources de données administratives ou produire des enquêtes, organiser lorsque c’est possible des protocoles expérimentaux, et mobiliser les acquis de la recherche. Contrairement à ce qu’on entend parfois, ces approches ne sont ni ruineuses, ni effroyablement compliquées, et ne posent le plus souvent aucun problème éthique. Leur usage s’est répandu dans de nombreux pays. Mais elles demandent du soin et du temps. C’est pourquoi plusieurs institutions de recherche ont été les partenaires de cette conférence.
Aujourd’hui, l’évaluation des politiques publiques est extrêmement vivante, et la demande émanant de l’Etat et des collectivités territoriales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Après une année noire, la valeur de la production de la « ferme France » a progressé de 3,2 % l’an dernier, à 71,8 milliards d’euros.
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En 2017, l’agriculture française a repris du poil de la bête

Après une année noire, la valeur de la production de la « ferme France » a progressé de 3,2 % l’an dernier, à 71,8 milliards d’euros.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 16h32
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            Laurence Girard








                        



   


Après une année noire pour l’agriculture française en 2016, 2017 a été celle du rebond. Un ressaisissement qui n’efface pas toutefois la chute précédente. C’est le constat fait par la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN), qui a publié les données de l’Insee, jeudi 5 juillet. La valeur de la production de la « ferme France » a progressé de 3,2 %, à 71,8 milliards d’euros, après un net recul de 6,4 % un an plus tôt. Avec, en moyenne, des prix stables et des volumes en progression de 3,3 %.
Ce retour à meilleure fortune doit beaucoup à l’élevage. Après plus de deux années catastrophiques, les éleveurs laitiers ont retrouvé un niveau de prix juste suffisant pour tenir la tête hors de l’eau. La valeur de la production laitière a augmenté de 10 % en 2017, selon l’Insee. Les éleveurs porcins ont, eux, vécu une véritable embellie entre le printemps 2016 et l’été 2017, avant que les cours au marché de Plérin (Côtes-d’Armor) ne replongent. Illustration de la rapidité d’évolution des cycles qui secouent les agriculteurs. Quant aux producteurs d’œufs, ils ont bénéficié de l’envolée des prix intervenue après la crise du fipronil, qui a éclaté à l’été 2017 et a réduit les volumes dans les pays les plus touchés, les Pays-Bas et la Belgique.

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Du côté des céréaliers, les moissons ont été fort bonnes. En quantité comme en qualité. Mais un gros point noir a assombri le tableau. Lestés par des volumes très importants dans la plupart des pays producteurs, et en particulier en Russie, premier exportateur mondial, les cours mondiaux sont restés au ras des pâquerettes. Ne couvrant souvent pas les coûts de production. La situation a toutefois été meilleure pour les oléagineux que pour le blé. Les producteurs de betteraves ont, eux, bénéficié de leur dernière année sous protection des quotas sucriers européens avant leur démantèlement en octobre 2017 et la déconfiture qui s’est ensuivie.

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Le vin est toujours la première production agricole française
Les vendanges en 2017 ont pâti des aléas météorologiques, mais la valorisation des vins, un exercice où la France excelle, avec ses appellations, progresse encore. Résultat, le vin est toujours la première production agricole française en valeur, avec une part de 15,8 % de l’ensemble. Viennent ensuite le lait et les produits laitiers (13,9 %), les céréales (13,2 %), les plantes fourragères, dont le maïs fourrager, plantes et fleurs (11,2 %), suivis des légumes et pommes de terre (7 %).

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Sans surprise, le niveau des subventions, essentiellement les aides de la politique agricole commune (PAC), s’érode. En 2017, l’agriculture française a touché 8 milliards d’euros, un montant en repli de 124 millions d’euros. Les éleveurs de canards et de volaille du Sud-Ouest, touchés deux années d’affilée par la grippe aviaire, ont reçu une dernière indemnité de 54 millions d’euros en 2017. Les exploitations fruitières affectées par les gelées ont, elles, bénéficié du versement de 48 millions d’euros au titre des calamités agricoles.
Dans ce contexte, selon l’Insee, le résultat brut par exploitant agricole a progressé de 14 % en 2017, retrouvant les niveaux de 2015. Une hausse à relativiser. D’abord, parce que ce chiffre correspond à une moyenne et ne reflète pas les situations de plus en plus contrastées sur le terrain. Ensuite, parce que 2015 n’est pas restée dans les mémoires comme une année faste pour les agriculteurs.

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« Inverser le rapport de force entre paysans et industriels »
Or, le sujet de la juste rémunération des agriculteurs et de la meilleure répartition de la valeur sur toute la chaîne agroalimentaire, du producteur au distributeur, en passant par les industriels, a été au cœur des débats des Etats généraux de l’alimentation, lancés à l’initiative du président de la République, Emmanuel Macron, en juillet 2017. Un an plus tard, l’heure est à la dernière main mise au projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. Les sénateurs ont adopté le texte en première lecture mardi 3 juillet.

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En l’état du texte législatif, la FNSEA, premier syndicat agricole, affiche sa satisfaction et parle d’« équilibre » et de « sagesse ». L’organisation salue le principe d’une construction des prix agricoles sur la base d’indicateurs de coûts de production diffusés par les interprofessions. Cette construction du prix se faisant « en marche avant », à partir de l’agriculteur. Le syndicat Coordination rurale regrette, lui, que les coûts de production ne soient pas fixés par l’organisme public FranceAgriMer ou par l’Observatoire de la formation des prix et des marges.
Pour sa part, la Confédération paysanne déplore le refus de parler d’arbitrage public des relations commerciales et d’établir un seuil de vente à perte au niveau des coûts de production, seuls outils à ses yeux capables « d’inverser le rapport de force entre paysans et industriels ». Toutefois, ce syndicat souligne que le texte pose « des jalons intéressants ». Comme l’amélioration de la définition du prix, abusivement bas, l’obligation d’inscrire un prix « déterminé ou déterminable » dans les contrats, ou la saisie du juge en la forme des référés en cas d’échec de la médiation. Reste maintenant à franchir l’étape parlementaire de la commission mixte paritaire.

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La France, première puissance agricole européenne
Avec ses 72 milliards d’euros, la France garde son statut de première puissance agricole européenne. Elle devance l’Allemagne et l’Italie, dont les productions atteignent respectivement 57 milliards et 55 milliards d’euros, même si l’Hexagone a connu une croissance plus faible (3,2 %) que la moyenne européenne, établie à 5,2 %. Les plus fortes augmentations de production ont été observées en Roumanie (15 %), au Royaume-Uni (10,2 %), en Pologne (8,9 %) et en Allemagne (8 %). Globalement, la branche agricole européenne a pesé 427 milliards d’euros en 2017.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Le relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis et les mesures de rétorsion des autres acteurs de l’économie mondiale risquent d’avoir de lourdes conséquences.
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La guerre commerciale est une folie

Editorial. Le relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis et les mesures de rétorsion des autres acteurs de l’économie mondiale risquent d’avoir de lourdes conséquences.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h00
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05.07.2018 à 19h00
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’engrenage infernal de la guerre commerciale peut-il encore être stoppé ? Depuis que Donald Trump s’est lancé dans sa croisade pour réduire le déficit des échanges extérieurs américains, on assiste, impuissant, à un scénario aussi prévisible que dommageable pour l’économie mondiale.
Les menaces de relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis proférées depuis des mois ont commencé à être mises à exécution, entraînant à leur tour des mesures de rétorsion, qui elles-mêmes sont sur le point de provoquer une nouvelle surenchère de la part de Washington, au mépris du droit international. Ainsi, de nouvelles sanctions sur des produits chinois pourraient être mises en œuvre dès le 6 juillet, tandis que les voitures européennes risquent prochainement de subir des taxes de 25 %.
« Les gouvernements étrangers ne peuvent pas réellement donner à Trump ce qu’il veut, parce qu’il leur demande d’arrêter de faire des choses qu’ils ne font pas vraiment. » Paul Krugman, Prix Nobel d’économie
Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est en train de se concrétiser, sans qu’on puisse à ce stade identifier ce qui pourrait ramener M. Trump à la raison. Pourtant, toute une série de voyants commence à clignoter. Les marchés financiers sont de plus en plus nerveux. Il y a quelques jours, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a alerté sur le fait que les entreprises envisagent de reporter investissements et embauches. Alors qu’un tiers des terres cultivées aux Etats-Unis sont destinées à produire pour l’exportation, les agriculteurs américains, qui ont pourtant voté en masse pour M. Trump, craignent de devenir les victimes collatérales de ses foucades protectionnistes.
Contrairement à ce que le président américain affirme, il n’y aura pas de vainqueur dans cet affrontement, comme l’anticipe la note publiée le 3 juillet par le Conseil d’analyse économique, qui parle d’« avis de tempête sur le commerce international ». Plusieurs scénarios sont envisagés, dont celui d’une « guerre commerciale totale », qui entraînerait pour les Etats-Unis, la Chine et l’UE un recul de 3 à 4 points de leur PIB. Les échanges entre la France et le reste du monde, hors UE, s’effondreraient de 42 %, avec un impact qui serait comparable à celui de la crise de 2008.

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La situation est d’autant plus grave qu’elle échappe à toute rationalité. Comme le résume le Prix Nobel d’économie, l’Américain Paul Krugman, « les gouvernements étrangers ne peuvent pas réellement donner à Trump ce qu’il veut, parce qu‘il leur demande d’arrêter de faire des choses qu’ils ne font pas vraiment ». En fait, le constat du président américain, basé sur des calculs de politique intérieure, est erroné. Si les Etats-Unis accusent un déficit avec la plupart de leurs partenaires commerciaux, c’est parce que les Américains n’épargnent pas assez et vivent au-dessus de leurs moyens. De ce point de vue, la réforme fiscale récemment adoptée par le Congrès, en creusant dangereusement le déficit budgétaire, ne peut qu’amplifier le phénomène.
Dresser des herses aux frontières n’améliorera rien et risque au contraire de provoquer une réaction en chaîne inéluctable. L’augmentation des droits de douane va nourrir l’inflation, que la Réserve fédérale sera obligée de juguler en accélérant le relèvement de ses taux d’intérêt, ce qui aboutira à faire chuter l’investissement et la ­consommation. De façon irresponsable, Washington met en danger l’économie mondiale. Si le point de non-retour n’est pas encore atteint, il n’a jamais été aussi proche. La mauvaise nouvelle est que le seul qui puisse arrêter cette folie est le ­président des Etats-Unis le plus imprévi­sible de l’Histoire.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Malgré les effets d’annonce de l’industrie et le volontarisme affiché des pouvoirs publics, les ventes annuelles peinent à atteindre les 50 000 exemplaires en France.
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La voiture 100 % électrique, un combat pour toute la filière automobile

Malgré les effets d’annonce de l’industrie et le volontarisme affiché des pouvoirs publics, les ventes annuelles peinent à atteindre les 50 000 exemplaires en France.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h43
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

C’est entendu, la révolution automobile électrique arrive. Oui, mais quand ? Incontestablement, le grand basculement se fait attendre. En France, au premier semestre 2018, 14 381 voitures particulières à batteries 100 % électriques ont été vendues. Certes, c’est trois fois plus qu’il y a quatre ans, mais la croissance cette année n’a rien de révolutionnaire : + 6 % par rapport aux six premiers mois de 2017 avec une part de marché de 1,2 %. D’autres types de motorisation font bien mieux : les hybrides (+ 33 %), par exemple, mais aussi les bonnes vieilles voitures à essence (+ 19 %).
Le constat est là : malgré les effets d’annonce de l’industrie, malgré le volontarisme affiché des pouvoirs publics, la voiture 100 % électrique peine à atteindre les 50 000 ventes annuelles en France, sur un marché de plus de 2 millions de véhicules. Et si la croissance en Europe est plus encourageante (+ 47 % pour les véhicules rechargeables au premier trimestre 2018), la part de marché reste elle aussi anecdotique, à moins de 2 %.
Il faut donc encore convaincre et faire entrer l’ensemble de l’écosystème automobile dans ce que l’on pourrait appeler la culture électrique. On s’y efforce au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, pionnier et numéro un de l’automobile électrique de masse, qui commercialise deux best-sellers du segment : la Nissan Leaf et ses 330 000 ventes mondiales depuis son lancement en 2010 et la Renault Zoe, en tête en Europe en 2017.
Adapter l’industrie
Direction l’usine Renault-Nissan de Flins (Yvelines), à 40 kilomètres de Paris. Sur la chaîne de montage, les Zoe se mêlent aux Clio et Micra à moteur thermique et il faut quelques minutes à un œil non averti pour repérer les voitures électriques, reconnaissables à leurs câbles orange, où passera le courant de 400 volts.
« Nous sortons une moyenne de 220 Zoe par jour, soit une sur quatre », détaille Yannick Prigent, chef adjoint du département montage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Une partie des fonds européens d’aide publique au développement sert en réalité à aider les pays de transit à bloquer les réfugiés, et non à lutter contre la pauvreté explique dans sa chronique l’économiste Thibault Gajdos.
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« Le nombre de réfugiés quittant un pays n’a aucun lien avec l’ampleur de l’aide qu’il reçoit »

Une partie des fonds européens d’aide publique au développement sert en réalité à aider les pays de transit à bloquer les réfugiés, et non à lutter contre la pauvreté explique dans sa chronique l’économiste Thibault Gajdos.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h37
    |

                            Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            

Tendances France. Depuis quelques mois, une petite musique persistante se fait entendre : il faut être implacable, mais généreux ; refouler impitoyablement les personnes qui tentent de venir en Europe, mais aider davantage les pays les plus pauvres. C’est Emmanuel Macron promettant devant l’ONU en 2017 de porter à 0,55 % du PIB l’aide publique au développement, mais condamnant il y a quelques jours les ONG portant secours aux naufragés en Méditerranée. C’est Laurent Wauquiez, déclarant le 28 juin : « Il faut que les navires ramènent les migrants sur les côtes dont ils sont originaires et il faut une aide au développement du côté africain. » Ce discours repose sur le raisonnement suivant : si les conditions de vie dans les pays les plus pauvres s’améliorent, leurs habitants auront moins de raisons de les quitter.
Raisonnement apparemment imparable… mais faux. Car on sait, depuis le début des années 1970 et les travaux du géographe américain Wilbur Zelinsky (1921-2013), qu’il existe une relation « en U inversé » entre migration et développement. Jusqu’à un certain stade, le taux d’émigration augmente avec le niveau de développement d’un pays ; puis cette relation se stabilise avant de s’inverser.
Processus d’accumulation de l’émigration
L’économiste Thu Hien Dao et ses collègues ont analysé les flux migratoires vers les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 2000 et 2010 (« Migration and Development : Dissecting the Anatomy of the Mobility Transition », Journal of Development Economics, n° 132, mai 2018).
Ils ont mis en évidence trois explications principales à cette relation à première vue paradoxale entre développement et migrations.
Tout d’abord, le niveau de qualification de la population augmente à mesure qu’un pays se développe. Or, les personnes qualifiées sont celles qui ont la plus forte propension à émigrer. Cela explique entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Après deux années record, les exportations d’armement de la France sont descendues à 6,9 milliards d’euros en 2017. La ministre Florence Parly dévoile jeudi sa réforme de la Direction générale de l’armement.
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L’export, le nerf de la guerre, même pour les armées

Après deux années record, les exportations d’armement de la France sont descendues à 6,9 milliards d’euros en 2017. La ministre Florence Parly dévoile jeudi sa réforme de la Direction générale de l’armement.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h36
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Les succès du Rafale en Egypte, au Qatar et en Inde avaient permis à la France d’afficher des records en matière d’exportation d’armements, à 17 milliards d’euros en 2015 puis 14 milliards d’euros en 2016. Avec 6,9 milliards d’euros de prises de commandes de missiles et autres hélicoptères, le bilan 2017 se retrouve « dans la moyenne des années antérieures aux contrats export Rafale », constate le rapport au Parlement présenté, mercredi 4 juillet, par la ministre des armées Florence Parly.
« Le ralentissement économique qui a touché la plupart des pays producteurs de pétrole a entraîné le report de certains projets d’acquisition de systèmes d’armement », explique ce rapport qui pointe aussi une explication plus inattendue : l’élection présidentielle a suscité « un certain attentisme chez les partenaires traditionnels de la France ».
D’importants contrats étant toutefois entrés en vigueur en 2018 – comme 12 avions de combat Rafale supplémentaires pour le Qatar – l’année en cours s’annonce déjà « nettement au-dessus » de la précédente en matière de montants, souligne-t-on dans l’entourage de la ministre.
Des ONG dénoncent les livraisons à l’Egypte et l’Arabie saoudite
Certains s’inquiètent de ces conquêtes. Lundi 2 juillet, quatre associations de défense des droits humains ont dénoncé la livraison par la France d’armes et de systèmes de surveillance à l’Egypte du président Abdel Fattah Al-Sissi. En parallèle, une coalition d’ONG a épinglé une vingtaine de pays, dont la France, pour avoir fourni à l’Arabie saoudite des équipements malgré les accusations de violation des droits humanitaires par la coalition engagée dans le conflit au Yémen. Entre 2008 et 2017, Riyad a été le deuxième plus gros client de la France, avec quelque 11 milliards d’euros d’équipements militaires acquis, devant l’Egypte et derrière l’Inde.

Du côté du ministère des armées, on assure veiller à ce que les armes vendues...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les artistes exhortent les parlementaires européens à protéger le droit d’auteur. Mais la communauté du Net met en garde contre le risque de brider sa croissance à force de contraintes, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« McCartney contre Wikipédia, le clivage culturel qui traverse les siècles »

Les artistes exhortent les parlementaires européens à protéger le droit d’auteur. Mais la communauté du Net met en garde contre le risque de brider sa croissance à force de contraintes, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h20
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Sir Paul McCartney n’écrit pas que des chansons inoubliables. Il écrit aussi aux députés. Suffisamment rarement pour que sa prose fasse de l’effet. Dans une lettre ouverte aux parlementaires européens, il les supplie de voter la directive sur les droits d’auteur (copyright), ce jeudi 5 juillet. Il n’est pas le seul à monter au front. Le musicien français Jean-Michel Jarre l’a précédé, ainsi qu’un aréopage de vedettes françaises, de Françoise Hardy à Julien Doré. Tous réclament une juste rémunération de la diffusion de leur œuvre sur Internet.
Mais cela ne plaît pas à tout le monde. Dans un style moins épistolaire, le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, appelle, sur Twitter, les députés à s’opposer à ce texte au nom de la démocratie et de la liberté. Une position soutenue par la quasi-totalité du monde de l’Internet, et pas seulement les géants américains.
La communauté des start-up, mais aussi les écologistes et autres défenseurs de la gratuité sur le réseau, de l’ouverture à tous de la connaissance, se liguent pour tenter de bloquer ce texte qui va multiplier les contrôles. Après le règlement général sur la protection des données (RGPD), l’Europe tente une fois de plus de domestiquer le génie du Net tout en se demandant si, à force de l’entraver, on ne va pas en brider la croissance, et une partie de ce qui fait justement son génie.
Chaque camp en appelle aux grandes valeurs : la liberté, la démocratie, le savoir. Ce combat dévoile un clivage qui n’est ni politique ni même sociétal, géographique ou sociologique, mais culturel. Les libertaires contre les légalistes. Un débat qui traverse les siècles. En 1834, Balzac crée, avec ses amis Victor Hugo et Alexandre Dumas, la Société des gens de lettres. A l’époque, selon lui, « la loi protège la terre, elle protège la maison du prolétaire qui a sué ; elle confisque l’ouvrage du poète qui a pensé ».
Comme au temps de Balzac
Rémunérer un artiste pour son travail est une idée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les projets de bâtiments en brique ou en pisé se multiplient, mais la filière doit encore sécuriser ses normes.
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Construction : le retour à la terre tente les villes

Les projets de bâtiments en brique ou en pisé se multiplient, mais la filière doit encore sécuriser ses normes.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h17
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

C’est une remise en brique d’apparence ordinaire, qui annonce une petite révolution. Depuis ce printemps, Paris compte son premier édifice en terre crue : un modeste local à poubelles dans la cour d’un immeuble du bailleur social Paris Habitat, dans le 15e arrondissement. Des bâtiments plus ambitieux s’apprêtent à démontrer le potentiel de la terre crue, matériau de construction écologique encore très marginal en France. A Nanterre (Hauts-de-Seine), une école en pisé – de la terre comprimée – est en chantier. A Sevran (Seine-Saint-Denis) et à Angers (Maine-et-Loire), des ensembles de logements en terre crue sont à l’étude. A Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), tout un quartier en terre issue des tunnels du Grand Paris Express est programmé.
Les apôtres de l’argile ont déjà connu espoirs déçus et faux départs. Mais cette fois, une dynamique semble lancée. « Il y a un mouvement très fort, y compris à Paris : un tournant est en train de se dessiner », apprécie l’architecte Thierry Joffroy, directeur de recherche au laboratoire Craterre de l’école d’architecture de Grenoble, un des pionniers de la construction en terre crue. « Le nombre d’architectes intéressés explose, nous recevons des demandes d’assistance quotidiennes : les maires, les promoteurs, les bailleurs ont une injonction d’innover, de construire des bâtiments moins gourmands en énergie », renchérit son collègue de Craterre Arnaud Misse.
Les qualités du matériau sont connues. « Il offre une inertie thermique et une régulation de l’hygrométrie remarquables, c’est un produit sain, sans émanation de polluants, biodégradable et recyclable, avec un bilan carbone proche de zéro », liste l’architecte Paul-Emmanuel Loiret, l’un des animateurs de ce retour à la terre avec d’autres passionnés, souvent formés à ces techniques lors de voyages en Amérique du Sud et en Afrique. « La terre oblige à concevoir le projet à partir de la ressource disponible sur place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Bâtiments en bois, en terre, en paille, conception bioclimatique, rejet du tout-technologique : un manifeste tente de structurer la galaxie de l’écoconstruction.
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Plus de 4 000 professionnels s’engagent pour une architecture « frugale »

Bâtiments en bois, en terre, en paille, conception bioclimatique, rejet du tout-technologique : un manifeste tente de structurer la galaxie de l’écoconstruction.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h16
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            
Ils veulent sortir la construction « des visions technicistes et productivistes, gaspilleuses en énergie et en ressources de toutes sortes » : quelque 4 000 personnes – architectes, paysagistes, ingénieurs, élus, enseignants, intellectuels – ont signé depuis six mois le « Manifeste pour une frugalité heureuse », publié en janvier par l’ingénieur Alain Bornarel, l’architecte Dominique Gauzin-Müller et l’architecte et urbaniste Philippe Madec.
Derrière ce nom qui fleure la décroissance et l’écologie, prend forme un mouvement de structuration de méthodes constructives à contre-courant des normes et des techniques dominantes : bâtiments en bois, en terre crue, en paille plutôt qu’en béton et en acier ; ventilation naturelle, rafraîchissement passif et conception bioclimatique au lieu de la climatisation ; réhabilitation de l’existant quand on peut éviter de construire du neuf… « Beaucoup de gens se battent de manière isolée contre les règlements et les habitudes, désormais il faut travailler ensemble, explique Philippe Madec. On va arrêter de demander l’autorisation : il faut se mettre hors la loi pour changer la loi. »
Changer les mentalités
A l’origine du manifeste, la conviction que « le maintien des solutions architecturales urbanistiques et techniques d’hier est incompatible avec la tâche qui incombe à nos générations : contenir puis éradiquer les dérèglements globaux », alors que les bâtiments sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre.
Pour mettre en œuvre cette frugalité en énergie, en matériaux, en technique et en territoire, les signataires ont commencé à s’organiser en une douzaine de groupes régionaux et préparent des rencontres nationales pour la fin 2018. L’enjeu : changer les mentalités, faire évoluer les normes, mais aussi constituer des filières économiques viables, comme a su le faire le secteur de la construction en bois, « passée des maisons individuelles aux tours de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Ancienne cité industrielle, cette commune mosellane de 10 000 habitants a réussi sa reconversion dans les années 1980 grâce un pôle thermal de premier plan, combinant une cure, un spa et un bassin ludique.
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Amnéville-les-Thermes : du bassin sidérurgique aux bassins aquatiques


                      Ancienne cité industrielle, cette commune mosellane de 10 000 habitants a réussi sa reconversion dans les années 1980 grâce un pôle thermal de premier plan, combinant une cure, un spa et un bassin ludique.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h09
    |

            Catherine Rollot








                              

                        

Les peignoirs blancs et claquettes, en transhumance quotidienne vers l’application de boue ou la douche au jet du centre thermal Saint-Eloy, ne font plus attention à ce « Merci docteur » inscrit en grosses lettres sur la photographie de l’homme en costume croisé sur fond de parterre fleuri, accrochée à l’entrée des salles de soins.
Pourtant, au cœur de l’ancien bassin sidérurgique lorrain, on sait que, sans le docteur Jean Kiffer, Amnéville ne serait jamais devenue Amnéville-les-Thermes (Moselle). Médecin de formation, maire de 1965 à 2011, cet anticommuniste farouche, très marqué à droite et condamné à plusieurs reprises, pour outrage à magistrat, entre autres, a à son crédit la reconversion réussie de la cité industrielle en un vaste site touristique et de loisirs.
« L’eau miraculeuse » de Saint-Eloy
Aujourd’hui, près de 6 millions de visiteurs, touristes et curistes, viennent chaque année profiter des soixante-dix activités bâties sur d’anciens crassiers sidérurgiques en pleine nature. Un zoo, une piste de ski indoor, un casino, un golf, une salle de spectacle de plus de 12 000 places, plusieurs cinémas… et un pôle thermal de premier plan. Le tout, à une dizaine de kilomètres de la vallée de la Fensch et des hauts-fourneaux à l’arrêt de Hayange et de Florange.
. Avec succès : en 2017, 630 000 visiteurs ont profité des bienfaits de l’eau de Saint-Eloy.
A la source du succès de la commune lorraine de 10 000 habitants, l’exploitation, depuis 1986, d’une eau ferrugineuse à 41 °C reconnue pour traiter les affections rhumatologiques et respiratoires. « Une eau miraculeuse », sourit Anne Bello, PDG du pôle thermal, qui regroupe, outre la cure Saint-Eloy (8e rang des 110 établissements thermaux français en 2017 par le nombre de curistes médicaux), Thermapolis, un espace de 2 800 m2...




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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Sur fond de divergences entre les pays de l’Est et de l’Ouest, le Parlement de Strasbourg a rejeté trois textes.
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Conditions de travail dans le transport : les Européens incapables de se mettre d’accord

Sur fond de divergences entre les pays de l’Est et de l’Ouest, le Parlement de Strasbourg a rejeté trois textes.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 09h40
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

S’il fallait encore une preuve du fossé qui s’est creusé entre l’Est et l’Ouest, le Parlement européen en a donné une démonstration éclatante, mercredi 4 juillet, en rejetant trois textes, pourtant issus d’un long travail de négociation au sein de la commission spéciale sur le transport de l’hémicycle strasbourgeois.
Les eurodéputés avaient à se prononcer sur des propositions de loi de l’Union remettant à plat les conditions de travail dans le transport, envisageant notamment les modalités d’application de la directive révisée sur le travail détaché (même salaire sur un même lieu de travail) à ce secteur où, par essence, les travailleurs sont ultramobiles.
Mais, entre les élus de l’Ouest, davantage soucieux des intérêts et des conditions de travail des chauffeurs, et ceux de l’Est, du Nord, mais aussi d’Espagne et du Portugal, obnubilés par la compétitivité de leurs routiers, la discussion a, ces derniers mois, tourné au dialogue de sourds. « Même sur la migration, nous parvenons à adopter des positions communes, ici, au Parlement, c’est dire ! », soulignait une source parlementaire, mercredi.

Début juin, à l’issue d’un vote préliminaire très serré en commission transport, l’Est et les Etats « périphériques » étaient parvenus à prendre l’avantage d’une très courte tête. Ils avaient obtenu qu’un conducteur effectuant une livraison « internationale » (traversant plusieurs pays de l’Union) soit totalement exempté du détachement.
Reprendre tout le travail à zéro
Rien n’obligerait, donc, son employeur à le rémunérer selon les normes des différents pays traversés durant son temps de trajet sur ces territoires. Le repos des chauffeurs « en cabine » était autorisé, à condition que les parkings soient « de qualité », alors que les élus français s’opposaient totalement à une telle flexibilité.
Outrés (et pratiquement tous partis politiques confondus), les élus français ou allemands ont travaillé à renverser...




                        

                        

